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Politique & Société

Forum > Politique & Société > Est ce que l'individu parviendra à vaincre cette chimère qu'est l'idéologie ?

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Iska

28/09 (19:15)

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Préfète de Police Gradistan

Kraland

Domicile : Krakov

Bon, vu l'état du forum société, après la fin de l'histoire, sommes nous aussi arrivé à la fin de la politique ?
Parce que soyons honnête, si Onawa elle avait fait un Bac S et non ES, ce sera le forum science qui serait en soin intensif et celui de politique dans sa tombe.

Dans un monde où la raison, le progrès, le pragmatisme etc... ont triomphé.
Est ce que vouloir faire de la politique a t'il encore un sens ?

Étant donné, que ceux qui dirigent cette société, disent qu'ils appliquent le bon sens pour le faire.
L'intérêt d'aller à contre sens est donc au mieux futile, au pire insensé.

Sans parler de la disparition du destin collectif.
Du coup le meilleur scénario pour notre futur, ce serait celui d'être contrôlé par un super ordinateur ?

[ce message a été édité par Iska le 28/09 à 19:17]

Rex

28/09 (20:38)

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Iska a écrit :

Merci Maiaka, c'est un bon sujet, j'espère qu'il réveillera un peu les gens ici.

Est ce que vouloir faire de la politique a t'il encore un sens ?


Le sens que tu donnes à une action politique est déterminé par son objectif. Or, il y a autant d'objectifs que de forme revêtues par l'action politique, et ces formes sont innombrables, puisque toute participation, quelle qu'elle soit, à l'élaboration d'une norme sociale est une action politique.

Parmi les plus évidentes, la première façon de faire de la politique qui vient à l'esprit est bien entendu l'engagement partisan, avec ou sans ambitions électorales. C'est ce qu'on entend généralement quand on dit de quelqu'un qu'il "fait de la politique". Pour les plus idéalistes / civiques, il y a aussi le simple dévouement à une cause, exprimé par des actions militantes de toutes sortes, ou par l'engagement associatif. Toujours dans les formes évidentes, une autre façon de faire de la politique est le lobbying, quel que soit son origine (un syndicat étudiant peut tout autant faire du lobbying qu'une banque, l'idée étant simplement de faire pression sur des personnes détenant un pouvoir décisionnel pour obtenir une intervention sur un sujet spécifique). Enfin, il y a le débat d'idées, qui peut être comme ce qu'on faisait sur ce forum il y a quelques années, ou comme ce qui se fait sur les plateaux télé.

Mais ça, ce ne sont que les façons évidentes de faire de la politique.

Si toute participation à l'élaboration d'une norme sociale est une action politique, alors la plupart des gestes de la vie courante sont aussi une façon de faire de la politique. Le fait de dire bonjour le matin à ses collègues est clairement une action politique, comme le sont toutes les normes de politesse ou d'orthographe. On pourrait croire que ce sont des gestes sans importance, mais en réalité, ils régissent l'appartenance à un corps social ou son exclusion.

Sans même parler de l'art, du droit contractuel, ou de l'éducation, dont les expressions ne peuvent être que des actions politiques.

Tout ça pour dire que si la politique est absolument partout, et qu'il n'est pas sensé de la réduire aux seuls débats médiatiques et politiques à proprement parler, la politique a nécessairement un sens, et tout être humain définissant, acceptant ou refusant une norme en fait de toutes façons.

Certaines formes de politique n'ont probablement plus beaucoup de sens. Vouloir à tout prix se faire élire ou faire carrière dans un parti est clairement une mentalité dépassée, et l'influence réelle d'un élu sur la vie sociale est plus faible que jamais.
Sur ce forum, débattre de politique n'a beaucoup plus de sens non plus, dès lors qu'il n'y a plus grand monde avec qui débattre, et que parmi ceux qui restent, il y en a qui n'ont pas évolué d'un iota sur aucun sujet depuis dix ans.

[ce message a été édité par Rex le 28/09 à 20:40]

Onawa

28/09 (20:50)

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Citoyenne

Royaume de Ruthvénie

Domicile : Secteur Restreint

Iska a écrit :

Un super-ordinateur codé par qui aussi ? Parce que si c'est un de ces zazous "en marche" qui nous fabrique sa bécane on est pas sortis du sable. [:x]

Mais pourquoi as-tu le sentiment qu'il n'y a plus d'idéologie en premier lieu ? Son inexistence dans les médias ? Ou simplement l'impression que plus personne ne parle d'idées politiques ? Parce que ça fait quand même 40 balais qu'on est sous la férule d'une idéologie de plus en plus extrême.

Mon sentiment c'est que la parfaite homogénéité du monde médiatique et politique (dans le sens ceux qui nous gouvernent depuis 40 ans, pas "tous les partis") ne reflète pas la diversité des modes de pensée, des visions de la société que les Français peuvent partager. Je ne vois pas la France entière en "peuple Macroniste", soutien indéfectible de la politique libérale qui saccage les acquis sociaux et accroît les inégalités depuis 40 ans. Et même ça en soit, c'est une idéologie.

Il suffit de discuter un peu pour se rendre compte que chacun a une vision différente, alternative du modèle que nous subissons aujourd'hui.


Dans un monde où la raison, le progrès, le pragmatisme etc... ont triomphé.


J'en ai pas vraiment l'impression pour ma part. [:x]

C'est un vocabulaire récurrent mais qui me semble juste se poser en miroir de la réalité. Comme pour conjurer une malédiction.


Ps : Je rejoins Rex dans l'idée que la politique est partout. Mon sentiment est juste que son expression publique est extrêmement homogène.

___

Je ne vais pas aller sur Wikipédia, ou que sais-je, en saisissant le nom de la personne en me disant "Ah tiens et si je m'informais sur celui-là" ? - Aurorez

[ce message a été édité par Onawa le 28/09 à 20:54]

Nain Satiable

28/09 (21:44)

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Comte Ruthvenville

Royaume de Ruthvénie

Domicile : Ruthvenville

Iska a écrit :

Je dois avouer que cette introduction ressemble beaucoup à un charabia visant à masquer la vraie question sous-tenante, fortement emprise d'idéologie politique.
Mais bon, comme le premier intervenant a pris le parti pris de faire une analyse sémantique, autant commencer par là.

Est ce que l'individu parviendra à vaincre cette chimère qu'est l'idéologie ?

Tout d'abord, l'idéologie va bien plus loin que le "politique", dans son sens couramment usité (même si ce sens se discute). La philosophie tout entière est emprise d'idéologie, vu que l'idéologie est une vision du monde. L'idéologie morale, ou même l'idéologie scientifique ou épistémique, pour ne citer qu'elles, sont partout. Donc, dès lors qu'il existe un individu, il y a une vision du monde, et donc une idéologie. Y compris si l'idéologie prône l'utilisation d'une IA pour gérer les affaires courantes de façon "optimisée".
Donc à moins d'éliminer l'Humanité, voire toute forme de vie consciente, l'idéologie existera toujours.

Donc je reviens à la question sous-tenante qui, malgré une tentative de masquage complexifiant la compréhension, est quand même sensible.
En regroupant les mots "individus", "idéologie", "politique", "ceux qui dirigent cette société", "bon sens", "destin collectif", on en arrive à une reformulation simple.
Enfin, reste quelques interrogations, principalement sur l'étendu de la "société" (française, européenne, mondiale) et sur un prétendu "destin collectif" dont le sens est clairement très imprégné de l'idéologie de l'auteur.
Mais soit:

Le gouvernement libéral français ("individu") passe son temps à dire qu'il a raison et que toute opposition n'est que fadaises.
Faut-il renoncer à tout débat politique et laisser faire les savants?
Sans parler du "destin collectif" qui a laissé place à l'individualisme. Bref, le débat entre intérêt de l'individu et intérêt suprême de la Nation, de l'Etat, qu'il y a tant eu au XXe siècle, avec le fascisme, le nazisme, le communisme, est-il mort? Le libéralisme aurait-il gagné?

Et la réponse tant attendu par l'auteur est ................ NON!

Du coup, réponse D, NON!
Si on peut faire plaisir à quelqu'un à faible frais, c'est cadeau.

___

"Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie."

[ce message a été édité par Nain Satiable le 28/09 à 21:49]

Iska

28/09 (22:47)

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Préfète de Police Gradistan

Kraland

Domicile : Krakov

@Rex

J'ai un peu de mal avec les exemples donnés, qui nous permettrait universellement de faire jaillir la politique, qui sommeille en nous. [:o]
Dans le sens "noble", Onawa dans son message explique l'accaparation de certains au détriment d'autre, que justement il n'y aurait pas d'universalité en dehors du bénévolat dans ce secteur.

Et pour appuyer ce point, je me demande combien de président "pauvre" on a eu pour de président "riche" (initialement/avant/après etc) ?
Parce que en dehors de Jose Mujica, je me demande si l'universalité de la politique dans son sens le plus noble est pas ici un peu biaisé. [:o]

Puis la politique au quotidien, à travers des valeurs qui sont l'orthographe et la politesse...
J'ai un peu de mal, parce que ces valeurs sont un peu comme la robe de marié au final. :/

Et du coup, citons Poutou, quand il avait légitimé la violence du 1 mai.
Cette violence, parce qu'elle était une violence était donc forcément mauvaise et ne pouvait porter en elle aucun message politique.
Donc faire politique au quotidien, c'est uniquement traverser une rue passage clouté dans les clous ?

Après y a l'argument les petits ruisseaux font de grand rivière, c'est vrai. [:o]
...Mais elle est tjrs pas là cette rivière tant espérée. [:=]

@Onawa

Bah elle sera codée par l'homme providence, ofc. [8)]
Pour mon ressentiment, c'est justement parce que, l'"élite" est aussi homogène, que je ne peux imaginer qu'il en soit autrement.

C'est à dire, que par leur "majorité", ils ont réussit à imposer le fait, qu'il n'avait pas d'alternative au problème. (Y avait une iconographie géniale du courrier international qui illustrait ce manque d'alternative, mais elle s'est perdu dans les méandres du net. [:(])

Du coup, c'est un peu la marche pour le climat.
Les gens sont vachement motivés pour faire changer les choses et leur victoire c'est l'élection du plus performant comme champion du monde pour la planète. [:o]

Pour les mots raison, pragmatique, progrès, c'est vrai qu'ils font grigri.
Mais ils sont tellement surexploité, que l'on finit par nous expliquer sans broncher que oui dans ce genre de circonstance on va vendre des armes pour sauver nos industries. :/

@Nain Satiable

Pourtant le "libéralisme" prédomine nan ? [:=]
Que le meilleur des pays, càd nous, a voté pour cette dernière et qu'un membre du GIEC est toutafé d'accord pour dire que sauver la planète, c'est juste résoudre un problème d'organisation. [:=]

Arnold Schwartzenprout

29/09 (00:37)

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Euh... D'où l'idéologie est une chimère ?

L'individu dispose théoriquement de tout un tas de solutions pour faire de la politique, mais en pratique, de façon générale (dans le sens "pour une majorité de personnes), il n'en a qu'un seul : son droit de vote.
Perso la question que je me pose surtout, c'est quel choix électoral sera donné à l'individu pour réellement obtenir le changement tant espéré. Depuis le soir du premier tour (le second tour ne m'intéressant plus vu le choix proposé) de la dernière élection présidentielle, je n'attends plus qu'une date : 2022. Mais en 2022, qui sera candidat ? Et si dans le lot il y a un candidat qui porte des idées auxquelles j'adhère, sera t'il pris au sérieux par l'électorat, sachant qu'en 2017, le trio de tête était Macron, MLP et Fillon !!! Le cauchemar quoi !!!

Alors qui sera le "sauveur" ? Qui sera celui qui me fera penser qu'aller voter est utile et qu'il a une vraie chance d'être élu ? J'aimerais bien que Ruffin se présente, mais est-il "présidentiable", vu que la posture semble être plus importante que les idées...

Aujourd'hui, la côté de popularité de Macron est au plus bas depuis son élection, qui n'est pourtant pas si vieille que ça. Mais si on votait demain, pour qui voteraient les électeurs ? Le même Macron ? MLP ? Fillon [8O] ???
Mélenchon cédera t'il sa place ? Le PS et LR existent t'ils encore, et si oui par quel éléphant 100% pur politicien qui ne changera rien seront t'ils représentés ?
Et les Français seront ils assez éclairés (terme super poli...) pour ne pas voter pour ceux qui perpétueront cette reproduction faussement démocratique d'un système serfs/seigneurs, de gauche comme de droite, pour soutenir un candidat qui porte un programme novateur et qui place le citoyen et la société au centre de tout ?

Bref, l'individu fait avec ce qu'on lui donne, et également avec ses peurs, notamment celle de perdre ses acquis pourtant régulièrement remis en question mais dont on lui a fait croire que c'était la faute des assistés/immigrés/chômeurs/etc mais surtout pas à ceux qui se gavent et accumulent des richesses comme jamais auparavant ( et le pire c'est que ça marche encore !!!).

Alors au final, la question ultime c'est : "et si on avait vraiment le candidat qui permettrait de remettre de la justice sociale dans notre pays, serait-il élu par ceux qui sont les premières victimes de ce système : les électeurs eux-mêmes ?"...
Réponse en 2022... Ou 2027... Ou 2032... Ou... bon ok j'arrête, c'est chiant...

___

Bug non reproductible. Pour la cinquième fois. [:=]
Intolérance zéro.
Le Benjamin Malaussène de KI. [:)]

Rex

29/09 (03:22)

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Comme le dit la chanson, il n'est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun.
Croire autrement est une facilité de l'esprit permettant aux hommes de se déresponsabiliser en attendant l'arrivée d'un deus ex machina. Le souci est que dans la vraie vie, tous les sauveurs sont des fausses idoles.
Pourtant, on sait au moins depuis La Boétie que le seul pouvoir qui compte réellement est celui qui réside dans chaque individu, qui soit acquiesce au pouvoir, soit le refuse. Ca devrait être évident, mais il ne peut pas y avoir de domination d'une minorité sur une majorité sans l'acceptation et la participation active de la majorité. Donc qu'on le veuille ou non, on fait nécessairement de la politique par chacun de ses choix de vie, et ce tous les jours.
Et le vote est très loin d'être le choix politique le plus important qu'on puisse faire. Pour parler concrètement, qui donne le pouvoir aux grandes entreprises qui s'assoient sur les droits sociaux, et dont le succès légitime à son tour la réduction de ces droits ? Prenons l'exemple d'Amazon. On sait que c'est une entreprise qui n'est pas vraiment alignée avec les valeurs sociales que sont censées chérir les Français. Pourtant, elle domine totalement l'e-commerce du pays, et a converti à son utilisation une vingtaine de millions d'utilisateurs français. Je suppose qu'une partie de ces vingt millions se disent farouchement opposés au néolibéralisme. Mais qu'est-ce qui compte le plus, au final, les convictions politiques qu'ils arborent, ou leur participation directe au succès d'un des plus importants acteurs de ce néolibéralisme ? Ce qui est sûr, c'est que pour la bottom line d'Amazon, que tu achètes l'Insurrection qui vient ou Transformers 3, c'est tout bénèf dans tous les cas. Et tant que tu y es, n'oublie pas de renouveler ton abonnement Prime.

Donc faire politique au quotidien, c'est uniquement traverser une rue passage clouté dans les clous ?


Bien sûr que non. Mais la plupart des actions politiques que l'on réalise le sont à mon avis inconsciemment. Par exemple, on pourrait facilement considérer que la galanterie des hommes de laisser passer les dames devant en leur tenant la porte est une action politique inconsciente servant à asseoir la norme d'un modèle d'inégalité entre les sexes. Pour reprendre l'exemple de l'orthographe, on pourrait aussi facilement considérer que sa promotion a été et est employée comme un moyen d'asseoir une légitimité intellectuelle à participer à un débat écrit, et, a contrario, comme un moyen d'en exclure ceux qui ne la maîtrisent pas.

Dans tous les cas, l'idéologie, c'est ce qu'il y a en-dessous de ces actes. Pour être normative, elle n'a besoin ni d'être articulée consciemment, ni d'être soutenue, et encore moins d'être élue. Et elle se fout totalement d'être combattue par des combattants qui la pratiquent au quotidien.

Je ne dis pas que le vote n'a aucune importance. Mais, contrairement à ce que peut laisser croire le mythe républicain, ça n'a jamais été, et ça ne sera jamais l'outil adapté à la transformation d'une société.

[ce message a été édité par Rex le 29/09 à 03:29]

Nain Satiable

29/09 (12:51)

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Comte Ruthvenville

Royaume de Ruthvénie

Domicile : Ruthvenville

Iska a écrit :

Qu'appelles-tu libéralisme? Hum?
Es-tu opposé à l'Etat de droit? Es-tu opposé aux libertés individuelles telles que la liberté d'expression, la liberté de circulation, une certaine liberté d'habillement etc? Prônes-tu une bonne dictature avec, à la tête, un chef "éclairé"?
Ceux qui répondent non sont alors déjà empreints d'idées libérales. Et que le libéralisme soit présent dans des démocraties libérales occidentales, jusque là ça semble cohérent.
En résumé, utiliser des mots aussi larges de sens ne clarifie pas une seule seconde la question posée.

Et la vente d'armes, ce n'est pas pour sauver nos industries, mais pour maintenir des compétences pendant les phases de creux, tout en payant moins cher nos propres équipements. La finalité est donc le maintien d'une armée à la pointe.
Après on peut discuter du compromis, mais il ne faut pas se tromper de but recherché.

Sinon, je suis d'accord avec Rex, il existe un tas de manières d'influencer la société. Déjà par la discussion et le débat, mais le libéralisme économique donne aussi un pouvoir très puissant à l'individu, et largement sous-estimé, qui est le pouvoir d'achat.Donc si les choses ne changent pas dans un sens, par exemple les produits écologiques et réparables, ou vers certaines formes d'organisation des entreprises, c'est juste que les gens s'en foutent totalement. Soit ils ne le veulent pas, soit ils n'ont pas la motivation suffisante. Avoir des idées, c'est sans intérêt, si on n'a pas la motivation pour faire les efforts (financiers, temporels etc) nécessaires à leur application.

En outre, si tu affiches des idées totalement absurdes pour l'autre, forcément il va t'envoyer bouler. Car la réalité est toujours là pour te rappeler qu'elle existe.
Prends l'exemple actuel de l'Italie, les populistes ont présenté il y a peu un budget très dépensier, plutôt à tendance dépense courante que réel investissement, alors que l'Italie est déjà extrêmement endettée. Les conséquences ne se sont pas faites attendre, les taux de la dette italienne ont fortement augmenté, ce qui va étrangler encore plus le pays, pour un gain qui est, selon le monde de la finance, plus qu'incertain. En outre, cela impacte directement les banques italiennes, mais aussi l'économie italienne dans sa globalité (les investisseurs sont de moins en moins confiants), sans oublier les autres banques ayant des intérêts en Italie, comme les banques françaises, et sans oublier l'Euro et donc les pays de la zone Euro.

Donc oui, quand quelqu'un te propose un projet qui te semble insensé, il me semble normal qu'il te le fasse comprendre. La démocratie aura beau voter pour quelqu'un qui promettra de supprimer la gravité qui opprime le peuple, et de rendre tout le monde immortel, il y aura toujours des gens pour te dire que cela leur semble absurde.

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"Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie."

[ce message a été édité par Nain Satiable le 29/09 à 12:52]

Artémis El Undril

29/09 (13:01)

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Duc Moldavie

Kraland

Domicile : Adalbograd

En effet la question de la politique et de l'idéologie peuvent être très intéressantes au vu de notre question sociale actuelle.

Je ne suis pas un spécialiste, mais j'avais croisé une fois un texte qui parlait de comment Karl Marx pensait l'idéologie, ne me souvenant pas de l'exactitude du propos je vous propose le texte de wikipédia et si il y a erreur j'amenderais mon propos mais l'idée semble correcte:
Pour Marx, les idéologies sont produites par les Hommes, mais ce sont des mystifications, des illusions collectives, que les Hommes se font d'eux-mêmes, car elles sont déterminées par les rapports que l'Homme a avec le monde, elles sont déterminées par le contexte social dans lequel vit l'Homme. Si le théoricien ne fait pas un travail d'auto-analyse, il ne pourra pas construire des idées et des concepts pertinents, décrivant véritablement la réalité. Ce sont des formes de fausse conscience.[wikipedia]


Il est vrai que le premier intervenant [Rex] a pris le temps de définir le terme de politique, et je serais plutôt d'accord avec lui, mais dans cette question il y a deux termes a définir pour parler de la même chose.

Qu'est ce donc que la politique? Un ensemble de règles, de normes et d’interactions sur les quelles on construit une société? Est-ce plus ou moins large, quel définition utiliser car en fonction du sens que l'on donne sur un terme potentiellement si vaste on peut ne pas parler du tout de la même chose.

Et pour le second terme l'idéologie, ce n'est pas non plus un simple mot de vocabulaire, mais bien une notion. Si on reprend l'idée de Marx, c'est un produit humain, un discours de l'homme sur lui même en fonction de ses croyances propres. Ce discours est déterminé par le contexte social individuel et collectif. Ici le mot est fort, on pourrait introduire l'idée de possibilisme pour alléger la contrainte sociale qui ici pèse sur le contexte d'élaboration du discours, en tant que d'un côté le contexte est prédominant, mais en fonction des expériences individuelles chacun fait un choix ou non de se conformer ou non au contexte social. Enfin Marx pointe donc la nécessité de penser sa propre pensée en fonction de la connaissance de ses propres codes sociaux pour établir des "concepts pertinents".

Donc avant de savoir si l'idéologie et/ou la politique sont vivant ou mort, on devrait peut-être d'abord définir ces objets pour s'intéresser aux contextes d'élaborations, aux buts recherchés et/ou induits par ces discours, et enfin savoir si et comment ils sont perçus par les individus ou par les groupes sociaux (et encore définir des groupes pertinents serait dans ce cas pas une mince affaire).

Arnold Schwartzenprout

30/09 (02:12)

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Membre

L'idéologie n'est pas une chimère, c'est une vision, un projet de société. Mais après, comment mettre en pratique cette idéologie à titre individuel ? Et bien il faut considérer qu'il existe des limites à l'idéologie.

Tout d'abord, à un moment il faut aussi du pragmatisme, parce qu'avoir une vision politique c'est bien, mais l'appliquer au quotidien c'est déjà plus compliqué si ça remet en question son confort. C'est ce que j'appelle "vivre avec ses contradictions".
Et je ne parle pas du pignolage intellectuel mais bel et bien de la mise en conformité de ses actions avec ses convictions, dans la pratique, Le pragmatisme vis à vis du confort. Peut-être peut-on assimiler cela à de l'égoïsme, je ne sais pas.
Ca c'est la première limite, mais il y en a d'autres.

La seconde limite, c'est la peur. Ou plutôt les peurs. Peur de perdre ce que l'on possède. Peur du jugement des autres. Peur des conséquences de son militantisme sur sa vie professionnelle. Etc. Pour aller au bout de ses convictions politiques, il faut s'affranchir de ses peurs.
Et vendre de la peur en politique, c'est une des ficelles du métier.

La troisième limite, c'est l'intelligence. Cela peut paraitre hautain, mais c'est pourtant une réalité : nous ne nous vallons pas tous en terme d'intelligence. Les raisonnements bas du front, la crédulité, le rejet de la différence, etc, même si l'éducation reçue peut les expliquer, la capacité à réfléchir, à se poser des questions fondamentales, est tout de même ce qui est censé nous permettre de nous élever.

EXERCICE :


Sachant que voter est un des actes politiques les plus facilement mesurable, comment peut-on expliquer le résultat de la dernière présidentielle, les électeurs ayant placé sur le podium, dans l'ordre : Macron, MLP, Fillon ?

Comment Fillon peut-il faire 20% avec un programme absolument infâme pour les Français pris ouvertement pour des moutons, sans même parler de ses casseroles ? (je crois que c'est encore le score qui m'a le plus choqué, tant il aurait dû ne pas dépasser 10%)

Comment MLP peut-elle arriver seconde, sachant que son programme (qui lui est chimérique) ne repose que sur la stigmatisation des étrangers ?

Comment la météore Macron peut-elle arriver en tête sachant que son programme et celui de Fillon sont proches (cf comparateur de programme Padagraph), la grosse différence étant que Macron a promis d'accompagner la baisse des dépenses par un plan d'investissement (qu'on attend encore au passage), contrairement à Fillon qui n'a promis que du sang et des larmes ?

A moins que les Français soient majoritairement masochistes, racistes, et crédules, ce que je n'ose pas croire, il y a forcément une autre explication à ce résultat, et elle se trouve dans ces limites selon moi.

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Bug non reproductible. Pour la cinquième fois. [:=]
Intolérance zéro.
Le Benjamin Malaussène de KI. [:)]

[ce message a été édité par Arnold Schwartzenprout le 30/09 à 02:14]

Forum > Politique & Société > Est ce que l'individu parviendra à vaincre cette chimère qu'est l'idéologie ?

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