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Un[*b]curieux

29/04 (13:01)

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Megalion a écrit :

> L’hôpital qui se fout de la charité...

Tiens, tu n'es plus en train d'inventer des situations sorties de ton chapeau dans lesquelles les flics ont un rôle admirable qui les rend indispensables ? Dans mon message précédent, tu n'as peut-être pas vu :
« S'il s'agit de comparer une situation avec flics et une situations sans, tu ne peux pas te contenter de compter les bons points (surtout quand ils sont fictifs), il faut tout prendre en compte. »

Bref : un truc pas fictif, c'est les études qui montrent que pour les violences conjugales, par exemple, les flics sont nazes. Je pointe par exemple ça, dont je n'ai lu que l'abstract, mais la dernière phrase de celui-ci est explicite. Et ça n'a absolument rien de surprenant pour quiconque préfère regarder la réalité qu'inventer des trucs dans sa tête. Tu vois, par charité, quand j'invente des trucs, c'est plutôt des situations où t'es capable de te remettre en question, c'est vachement plus optimiste.

[ce message a été édité par Un[*b]curieux le 29/04 à 13:02]

Pizzle Datwizzle

29/04 (13:39)

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nombre messages : 138

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Un[*b]curieux a écrit :

> Je pointe par exemple ça, dont je n'ai lu que l'abstract, mais la dernière phrase de celui-ci est > explicite.

Tu es sur que c'est le bon article ? Parce que ça se passe a Montréal en 1997, et l'abstract dit surtout que les femmes battues renvoyées vers les services sociaux par la police y sont aidées. C'est bien, mais c'est plutôt un argument pour dire que la police et les services sociaux ont des rôles distincts... Du coup si les services de polices font correctement le renvoi, a quoi bon embaucher des assistantes sociales dans la police ? Ou alors j'ai mal compris l'argument ?

Un[*b]curieux

29/04 (14:32)

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Pizzle Datwizzle a écrit :

> Tu es sur que c'est le bon article ?

Oui, mais j'avais mal compris la dernière phrase, effectivement. En revanche :

> C'est bien, mais c'est plutôt un argument pour dire que la police et les services sociaux
> ont des rôles distincts...

Le rôle de la police ici est nul s'il s'agit juste de renvoyer (et à l'inverse, on peut suspecter que la police est un obstacle pour beaucoup de personnes, typiquement... les femmes de policiers), d'ailleurs l'article souligne plus tard que les femmes victimes de violence font souvent appel à de l'aide médico-sociale institutionnelle, mais pas la police justement. Mon point était de dire qu'il était indispensable de pouvoir renvoyer vers des services extérieurs, qui sont de fait devenus inexistants par privations budgétaires. Et ici, pour rappel, je milite pour ne pas continuer à remplacer ces personnes formées et leur travail par des formations pauvres pour des flics.

Je souligne cependant, par honnêteté, que le rapport signale une similitude dans les errements des organismes de prise en charge des victimes (policiers en particulier mais pas que), mais la conclusion de cette partie (page 94) donne une piste d'amélioration par des voies associatives, militantes et féministes (et c'est bien entendu celles que j'ai en tête puisque c'est celles que je connais).

Et sur le contexte, ben... oui, c'est vieux et loin. Je vais regarder si on trouve plus propre et plus récent.

On peut trouver ici une analyse anthropologique d'une brigade spécialisée dans les violences conjugales. Ce n'est pas exactement à l'avantage de ces brigades : « Lucides sur leur position dans l'échelle de prestige des services spécialisés, les policiers du GLAP n'hésitent pas à ironiser sur la faible valeur de leur travail : « C'est une sacrée enquête, j'aurais du postuler à la PJ ! ». Cette autodérision concernant l'aspect sommaire de leurs investigations, du moins au regard de celles menées par d'autres services spécialisés, montre que les membres du GLAP ne prennent pas plus au sérieux que leurs collègues une activité unanimement considérée comme n'étant pas du « vrai » travail policier. » (...) « Par ailleurs, deux agents y ont été mutés après avoir commis une faute lorsqu'ils étaient en poste à la BAC. Ce sont donc des femmes gradés, des agents d'origine modeste et des gardiens de la paix « sanctionnés » (surnommés « les punis ») qui s'orientent ­ et sont affectés ­ plus fréquemment vers ces services les moins légitimes. »

[ce message a été édité par Un[*b]curieux le 29/04 à 14:49]

Père Fusion

29/04 (23:47)

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Un[*b]curieux a écrit :

> > L’accueil du public dans ses locaux
> > La prise en charge des victimes
> > La réception des appels d’urgence
> > La surveillance de la voie publique
> La voie publique a besoin de surveillance pour quoi, au juste ?

J'ai à peu près suivi pour les trois premiers et les deux derniers points.
Je me questionnais sur ta vision de surveillance de la voie publique et je vais partir d'un truc vu en début de semaine. (les CI me paraissent en effet useless)

Tu as une législation qui dit je suis en scooter, je dois porter un casque. 2 personnes insouciantes se baladent en scooter sans casque en centre-ville.
Comment est-ce que tu voyais les choses?
C'est leur responsabilité et donc tant pis si c'est eux qui s'enfoncent le crâne contre un poteau avec de la cervelle qui coule sur le bitume (vu ça aussi mais pas cette semaine [:D])? Ca relève d'un relevage de plaque et d'une amende (et donc faisable par un ASVP. La seule chose c'est qu'ils restent en danger pendant le temps de leur trajet) ou d'un stage de sensibilisation au risque ? Autre?

Un[*b]curieux

30/04 (00:11)

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Père Fusion a écrit :

> Ca relève d'un relevage de plaque et d'une amende (et donc faisable par un ASVP. La seule chose
> c'est qu'ils restent en danger pendant le temps de leur trajet) ou d'un stage de sensibilisation
> au risque ? Autre?

Sur un truc aussi spécifique, je n'ai pas de réponse précise, mais je ne suis pas certain que ce soit fortement lié à la police ou non. Je veux dire : des gens à scooter sans casque, j'en ai croisé beaucoup plus jeune, ils vont juste pas là où sont les flics (et inversement, je croise rarement des flics à moto dans les coins où je vais, et pourtant absolument tout le monde y porte un casque). On peut également signaler que les flics ont également pour consigne de ne pas tenter d'arrêter des deux roues quand le seul délit est une mise en danger de soi-même, parce que les courses poursuites qui dégénèrent sont un trouble bien plus important (voir par exemple ici). De ce fait, la règle est plutôt effectivement de relever les plaques et c'est tout (au passage, les préfectures insistent dessus parce que les flics, du fait de leurs missions, de leur recrutement et de leur formation, jouent parfois aux cowboys dans cette situation, mettant en danger tout le monde). Du coup je sais pas : tu pensais à quel type d'intervention des flics dans cette situation ?

Bon après, il y a toute la question latente de la gestion des risques individuels et du prix à payer pour la société, et j'ai envie de dire que des loisirs extrèmes aux stupéfiants, les risques bourgeois sont vachement plus "acceptables" que les risques prolétaires. Mais ça n'a plus beaucoup de rapport avec la question.

Père Fusion

30/04 (23:18)

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Un[*b]curieux a écrit :

Concernant la voie publique, j'avais du mal à me représenter des alternatives en lisant ton post (et quand on me dit voie publique, je pense surtout à code de la route & co).
Enfin cela me semble en effet possible pour la mise en danger de soi même, je ne me représentais rien de particulier si ce n'est qu'il est dommage de voir un jeune crever pour son insouciance. Par contre quid de la mise en danger d'autrui? Par exemple un type qui grillerait des feux rouges, monterait sur un trottoir etc. Certes la course poursuite est dangereuse et nécessite une approche professionnelle mais est-ce possible de laisser faire? Et si non, comment régler cette problématique?
Et c'est du vrai questionnement, un rien candide, en dehors de ma sphère professionnelle je me questionne assez peu et j'aime bien avoir un aperçu de visions alternatives.

[ce message a été édité par Père Fusion le 30/04 à 23:20]

Liam M. T.

05/05 (10:25)

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Citoyen

Kraland

Domicile : Structural

Article de Libération traitant d'Adnade Nassih victime d'un tir de LBD abusif, Une de Libé demain

Des faits malheureusement anodins maintenant :

- Tirs de LBD à bout portant sur une personne non dangereuse
- Victime issue des quartiers populaires, pronostic vital engagé
- Des commentaires des policiers prenant tout cela pour un jeu, aucun remord, protection des collègues
- Faux témoignage des policiers

Un[*b]curieux

05/05 (11:31)

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Père Fusion a écrit :

> Par contre quid de la mise en danger d'autrui?

Ben c'est évident qu'il faut, dans la mesure du possible, et tant que ça ne met personne en danger, protéger tout le monde de soi-même ou d'autrui.

Mais justement, le truc, c'est que cette protection a un coût. Si ce n'était que financier, on pourrait rentrer dans le débat du coût d'un non-mort (et franchement, pour tout ce contre quoi les flics te protègent, le coût d'un non-mort est hallucinant par rapport au coût d'un non-mort lié à la précarité, à la santé, à la prévention, etc. : budget de l'intérieur : 13.9 milliards d'euros)

Mais cela a aussi un coût humain : le maillage de flics sur le territoire cause des morts, liés par exemple au fait que les flics conduisent n'importe comment pour jouer aux cowboys quand on leur lance une alerte alors qu'ils sont en patrouille (source : l'analyse anthropologique de Fassin sur les flics, déjà citée). On peut aussi citer les stats publiées dans la presse pour 2020, recensées ici :
- un policier percuté volontairement par un fourgon qu'il tentait d'interpeller à Bron, le 13 janvier
- un policier tué dans un accident de la route sur l'autoroute A10, lors d'un déplacement vers une mission de routine, le 1er septembre
- un policier tué dans un accident de la route alors qu'il se rendait sur les lieux d'un cambriolage en cours, à Villeneuve-d'Ascq, le 5 septembre
- un policier tué par une voiture de la BAC (brigade anti-criminalité) qui poursuivait un suspect, en Seine-et-Marne le 8 décembre
- trois gendarmes tués par un forcené à Saint-Just (Puy-de-Dôme) dans la nuit du 22 décembre

Alors il y a comme un motif, et pourtant 2020 était une année où on aurait pu penser qu'il y aurait exceptionnellement peu d'accidents de la route.

Bref : ça ne veut pas dire que c'est cool que des gens mettent en danger leur santé ou celle d'autrui, ça veut juste dire que toute "solution" n'est pas bonne, il faut des chiffres pour en évaluer les avantages et inconvénients (et s'il s'agit vraiment d'une solution ou non, par exemple). Comme Fassin le rappelle, il y a des situations où ce raisonnement échoue spectaculairement, par exemple pour évaluer l'utilité des patrouilles de flics. Celles-ci n'ont absolument aucune incidence ni sur la criminalité, ni sur le temps de réponse des flics, et pourtant, c'est le truc brandi comme solution évidente partout.

[ce message a été édité par Un[*b]curieux le 05/05 à 11:31]

Un[*b]curieux

11/05 (08:50)

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La priorité semble être de filer encore des gages aux flics : Castex annonce un durcissement des peines contre les agresseurs de policiers ou gendarmes.

Pourquoi est-ce qu'il faut que ce soit plus grave d'agresser un.e policier.e que d'agresser un.e prof.fe ou un.e soignant.e, quelle est l'effet dissuasif des peines planchers, pourquoi donner le pouvoir d'enfermer des gens à une corporation connue pour faire des faux en écriture au moindre haussement de sourcils ?

Bien entendu, la protection gouvernementale de la police découle en réalité d'un rapport de force : la police en tant que classe sociale s'est émancipée du pouvoir qu'elle est censée servir (c'est un autre défaut majeur d'avoir une police qui dépend de l'exécutif, d'ailleurs : c'est que c'est auprès de l'exécutif qu'elle fait pression) et sert désormais son propre intérêt. Le gouvernement est juste incapable de la contrôler, et donc lui donne des gages à n'en plus finir. Matériel inutile et coûteux, léchages de bottes dans la presse, les cérémonie, les hochets accrochés aux vestons et uniformes, lois pour augmenter leur pouvoir sans aucun contrôle ni a priori ni a posteriori (on parle des surveillances de manifestations par des drones ?). Pour fixer le climat, d'anciens généraux appellent les forces armées (dont la police ferait immanquablement partie) à l'insurrection.

J'imagine que même quand l'extrème droite arrive au pouvoir quelque part, il y a encore des guignols pour se plaindre qu'on voit l'extrème droite partout.

Arnold Schwartzenprout

11/05 (13:38)

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nombre messages : 7551

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Un[*b]curieux a écrit :

Au passage, ces annonces sont faites suite à l'assassinat d'un policier, mais j'imagine que ça n'émeut pas ceux qui sont anti-police.

Personnellement, je n'y vois pas un problème avec la police, mais avec les politiciens.
En effet, Castex annonce des conneries, puisque ces règles existent déjà, et pas seulement pour les policiers mais pour toute personne détenant une quelconque forme d'autorité, même administrative.

D'ailleurs, la plupart des syndicats de policiers disent que le problème n'est pas là, mais dans la chaîne pénale. En gros, ils ont l'impression de lutter contre une criminalité sans qu'il y ait une perspective pénale suffisamment efficace derrière. Genre t'es coincé le film "un jour sans fin", et tous les matins tu vas arrêter ceux que tu as déjà arrêté la veille (j'exagère mais c'est l'idée).

Evidemment, ils ne refusent pas des moyens supplémentaires, ni des attentions, mais dans le discours de tous les syndicats que j'ai pu entendre, il y a le fait que c'est la justice qui déconne en terme de moyens.

Les annonces politiques sont juste pathétiques, et je n'y vois que deux hypothèses :

- l'incompétence politique, avec des gars largués, déconnectés, qui réagissent à un événement de façon complètement inappropriée.
ou
- l'instrumentalisation d'un événement pour faire du populisme avec une mesure qui ne coûte rien mais qui ne sert pas à grand chose non plus.

Bref, dans ces annonces, ceux qui sont à blâmer, ce ne sont pas les policiers mais les politiciens.

___

Bug non reproductible. Pour la cinquième fois. [:=]
Intolérance zéro.
Le Benjamin Malaussène de KI. [:)]

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