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Politique & Société

Forum > Politique & Société > Les Français sont-ils racistes ?

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Arnold Schwartzenprout

01/10 (01:03)

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Dans un autre sujet, une "hypothèse de travail" m'a interpelé parce que je la trouvais fausse, ou tout du moins présentée de façon tendancieuse, laissant à penser que le racisme est omniprésent dans notre société française.
Je trouvais alors qu'il était important de revenir sur ce qui défini le racisme. Si l'on prend la définition littérale de Wikipédia :

Le racisme est une idéologie qui, partant du postulat de l'existence de races au sein de l'espèce humaine, considère que certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d'autres.


Evidemment, cette idéologie est détestable, sans même parler du postulat initial qui est absolument faux, puisqu'il n'existe qu'une race humaine. Ce ne sera pas le sujet de la discussion, mais la discussion sera plutôt de différencier ce qui est vraiment racisme de ce correspond à un autre travers. Je pense que nous serons tous d'accord ici pour dire que le racisme incarne la bêtise abjecte.

C'est important car derrière ce genre d'hypothèse de travail, il y a une forme de stigmatisation de la société française, cherchant à la rendre plus moche qu'elle ne l'est déjà, et également une forme de justification de la réaction de ceux qui subiraient ce racisme, ce qui ne peut pas être une approche honnête si le postulat de départ est déjà faux à la base.
C'est important aussi car devant la montée inquiétante de l'extrême droite en France (comme en Europe d'ailleurs), il est nécessaire de démontrer qu'il y a une instrumentalisation politique autour de la notion d'identité nationale alors que la crise est principalement sociale.

Je défends personnellement une approche que je juge plus compréhensible d'un point de vue humain, et pense qu'au final peu de personnes entrent dans le cadre de la définition du racisme, mais par contre que beaucoup ont une approche communautariste des relations entre individus.
Voici une définition du communautarisme :

Tendance à faire prévaloir les spécificités d'une communauté, des communautés (ethniques, religieuses, culturelles, sociales…) au sein d'un ensemble social plus vaste.


Ca peut surprendre d'utiliser ce mot qui est très connoté négativement, et utilisé pour stigmatiser les minorités qui ne s'intègrent pas à la société pour rester dans leur groupe sans s'ouvrir aux autres. Pourtant, si l'on y réfléchit bien, l'enfermement dans un groupe communautaire est tout ce qu'il y a de plus naturel : dès l'école, on constitue des groupes homogènes en fonction de certains critères, qu'ils soient ethniques, culturels, sociaux, etc. On va beaucoup vers ceux qui nous ressemblent, avec des caractéristiques ou des buts communs.On parle d'identité du groupe pour définir ce qui le réuni.
Mais partant de là, pourquoi n'utiliser le mot "communautarisme" qu'en parlant des groupes minoritaires ? En vertu de quoi le groupe majoritaire échapperait-il à un repli communautariste ? Et c'est donc là que je veux en venir : le groupe majoritaire en France est composé majoritairement de Français d'origine européenne, donc blanc et catholique.
Il a donc tendance, pour reprendre la définition, à faire valoir les spécificités de sa communauté au sein d'une ensemble social plus vaste, la société multiculturelle française. Et mécaniquement, c'est au détriment des autres groupes, minoritaires. Plus l'identité des groupes minoritaires est éloignée de celle du groupe majoritaire, plus l'imperméabilité de ce dernier est forte. Cela n'en fait pas pour autant un groupe raciste ou xénophobe, et ça ne permet pas de parler d'un racisme systémique en France.

Ca, c'était pour la partie "racisme ou communautarisme". Reste à voir la partie "instrumentalisation d'une crise sociale".


Dans cet autre topic où il y avait cette "hypothèse de travail", j'avais utilisé l'exemple du massacre des italiens d'Aigues-Morte en 1883.
A la base, on a affaire à une crise économique, sociale, qui, sous l'impulsion des trimards, les laissés pour compte de la République, a dégénéré en rixe sanglante sur fond d'identité nationale : Français contre Italiens, Italiens qui viennent voler le travail des Français. C'est à partir de cette période (en fait à partir de 1881 avec la première grande violence collective contre les Italiens lors des vêpres de Marseille), que l'on voit surgir le fameux "problème d'immigration". Il est à noter que lors des 30 glorieuses, le discours sur l'identité nationale avait quasiment disparu, pour réapparaitre avec la crise pétrolière, et surtout sous l'impulsion du FN dans les années 80.
Aujourd'hui, on voit que les électeurs du RN sont majoritairement issus des classes populaires, et souvent, ce sont des gens qui ont voté LFI par le passé. On en revient à la problématique sociale, économique : en temps de crise, l'identité nationale est un thème politique qui fait recette. Le populisme d'extrême droite trouve son terreau dans ce contexte de mondialisation et d'incertitude sur l'avenir, poussant à se replier sur un état nation qui les protégerait.
Sommes nous dans le racisme ? Je ne crois pas. Par contre la crise économique exacerbe l'égoïsme et le repli sur soi-même, ça, c'est une évidence.

A partir de là, les remèdes se dessinent, mais ce n'est pas le sujet du topic (sauf si vous en avez envie bien sur).

Et vous alors ? Pensez vous que notre société est raciste ? Pensez vous au contraire qu'elle subit une crise économique qui favorise le populisme sans que cela ne constitue du racisme ?

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Oøok?!?

01/10 (07:59)

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Bourgmestre Déstructural

Paradigme Vert

Domicile : Déstructural

Perso j'ai déjà entendu parler de race blanche mais jamais de communauté blanche...

Bref l'hypothèse qu'une certaine frange de la population considère qu'il y a différentes races et quelles ne sont pas égales me semble juste.
Après je suis assez d'accord avec toi sur l'importance de la pauvreté et des crises dans le racisme, c'est un phénomène de bouc émissaire assez classique, c'est plus facile d'accuser les derniers arrivants que de chercher des causes complexes.
Mais y a aussi un reste d'idéologie raciste coloniale, par exemple quand Sarkozy dit que l’Afrique n'est pas encore rentrer dans l'histoire, comme s'il n'existait rien en afrique avant l'arrivée des européens et ça c'est des idées assez répandus, j'ai vu récemment une interview de François-Xavier Fauvelle historien spécialisé dans le moyen age africain qui parle assez bien de cette forme de négationnisme.

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V5 : Malguewyn Evangelius, Oøok?!?, Masha Evangelia
V6a : Judas Brycault
V6b : Lune Attyck, Bô Kaa sSsa, Chevalier Barristan le blanc, Techno-Prêtre MP001, Jean-Jacques Blanc.
V6c : André Fujiet, Jean-Jacques Sticule, Charles III de Bordelot Evangelius, Oøok?!?

Megalion

01/10 (13:05)

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Arnold Schwartzenprout a écrit :

> Je défends personnellement une approche que je juge plus compréhensible d'un point de vue humain, et pense qu'au final peu de personnes entrent dans le cadre de la définition du racisme, mais par contre que beaucoup ont une approche communautariste des relations entre individus.

Je m’interroge réellement comment tu en est venu à l'idée que les discriminations subies par les personnes racisées sont du à du "communautarisme" et pas à du "racisme". Ce sont des études documentées? Des expériences peut être, à base d'images où selon la couleur de la carte on a des réactions différentes?
Ou peut être que ce sont des expériences personnelles. Tu t'est peut être dit, en louant un appartement, que tu n'allais pas louer à un noir, ça ne ferait pas bucolique dans le paysage? Au fond, il serait mieux sous une tente colorée avec des dromadaires autour. Tu t'est peut être dit au moment d'embaucher quelqu'un qu'il faudrait mieux prendre un blanc catholique? Les gens basanés qui ne mangent pas de jambon, c'est toujours pénible quand on fait des soirées saucisson après le boulot. Et ton tonton gendarme qui contrôle plus les noirs c'est parce qu'au fond les blancs qu'ils connait autour de lui se comportent bien, vaut mieux voir ce qui se passe chez les colorés?

Bref, tout ces exemples qui effectivement ne nécessitent pas une pensée militante que la race aryenne est supérieure, c'est ça le communautarisme français? C'est quoi exactement la pensée que tu attribue aux personnes communautaristes "non racistes" et qui t'amènent à penser que le racisme n'existe pas dans la société française?

Qu'est ce qui se passe dans la tête d'un propriétaire "communautariste" qui refuse de louer son appartement à une personne de couleur?

Des exemples, des études, peu importe, j'accepte tout (mais un tant soit peu moderne, pas des anecdotes difficiles à transposer car elles ont plus de 100ans).

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"Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges. " F. Nietzsche

[ce message a été édité par Megalion le 01/10 à 14:15]

Un[*b]curieux

01/10 (13:17)

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On est vraiment très loin de la définition sociologique du racisme, qui se trouve sur la même page wikipedia, il suffisait d'aller plus loin que la première phrase.

Je pense également que tu as fait une confusion dommageable dans mon propos entre "systémique" et "systématique". Les discriminations que tu notes et qui sont selon toi le fait de l'état français forment un système, ce sont donc des discriminations systémiques.

Ainsi en va-t-il des discriminations géographiques (le fait de placer les personnes immigrantes dans des quartiers à part) et toutes les conséquences que ça a (discriminations scolaires, sociales, policières, etc.), et tu n'as pas l'air de nier ces choses là.

Comme Megalion, je ne comprends pas la volonté de parler de communautarisme, et de faire comme si le mécanisme était partout pareil. Déjà, c'est du beau whataboutisme (c'est pas parce qu'un comportement choquant serait fait par des gens qu'il deviendrait acceptable pour d'autres), mais surtout cela évacue complètement la notion de domination dans la société. Le problème du communautarisme blanc (car je suis d'accord qu'il existe), c'est qu'il est fondé sur du racisme et contribue à le perpétuer. À l'inverse, la plupart des formes de communautarisme non-blanc sont pratiquées par des populations victimes de racisme et visent à s'organiser pour le combattre (parce que s'il faut attendre la LICRA, hein...). Mettre les deux sur le même plan revient précisément à ignorer… la composante raciste et les enjeux de pouvoir liés à ces problématiques.

La question qu'on peut se poser en revanche, c'est : pourquoi tiens-tu fortement à avoir une définition de racisme telle qu'on puisse affirmer aujourd'hui que presque personne ne l'est, alors que les inégalités, elles, perdurent ? La définition sociologique, qui vise à parler de système et non pas seulement d'individus, a l'avantage d'expliquer bien mieux ce qui se passer pour des populations victimes de discriminations. C'est bien dans ce sens, donc, qu'il faut le comprendre. Merci en tout cas de m'avoir donné l'occasion de clarifier ce qui est la définition courante du racisme - et qui n'est pas la tienne.

[ce message a été édité par Un[*b]curieux le 01/10 à 21:17]

Jean Luc

01/10 (22:56)

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Bourgmestre Pourproville

Empire Brun

Domicile : Pourproville

Oøok?!? a écrit :

> Après je suis assez d'accord avec toi sur l'importance de la pauvreté et des crises dans le racisme, c'est un phénomène de bouc émissaire assez classique, c'est plus facile d'accuser
> les derniers arrivants que de chercher des causes complexes.

Patrice Quarteron, un philosophe noir et Français parle bien de ce genre de problème. Il parle des différentes communautés et aussi des policiers qui ne sont pas racistes. A écouter jusqu'au bout. Click.

Un[*b]curieux

01/10 (23:38)

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Jean Luc a écrit :

J'adore la manière dont on peut sortir la parole d'une personne qui a genre aucune expertise sur la question, et qui pose "les bonnes questions".

Par exemple :
- le segment sur ce qui se serait passé si un criminel avait été tué, c'est du fantasme pur. C'est une interview ou un sujet d'invention au bac ?
- il mentionne qu'en cas de contrôle, on doit s'arrêter, et on oublie que même le defenseur des droits constate - parce que c'est une évidence - que les contrôles ciblent massivement plus les personnes arabes, noires ou supposées l'être (et leurs quartiers, bien entendu) que les blanc.he.s. source
- il dit que Omar Si et d'autres n'interviennent que quand ce sont des personnes racisées (terme signifiant "personnes assignées à une catégorie raciale par des mécanismes de notre société). Oui, c'est-à-dire que quand on s'investit contre le racisme, il ne devient pas une obligation de parler d'absolument tous les morts de partout. Ce que c'est con, sérieux.
- "L'enquête est en cours pour Adama Traoré". C'est drôle pour deux raisons : 1/ c'est la mobilisation de militant.e.s qui a permis de faire avancer l'enquête sur certains points, donc demander qu'on attende la fin de l'enquête pour s'exprimer, c'est en fait militer pour le statu quo, ce n'est pas du tout neutre (hé oui la justice est aussi une question de rapport de force, un peu comme si on vivait dans une société…). Et 2/ on sait déjà depuis longtemps que le procureur en charge du dossier a menti.
- « Les états-unis c'est un pays qui a été monté sur le racisme : noir blanc c'est pas la même chose. » Sérieux, tu trouves ça "intéressant" d'entendre ça ? Tu connais de très loin l'histoire de la France ? Tu as une idée de ce qu'est la colonisation ? la françafrique ? le commerce triangulaire ? le code noir ? La France a été construite aussi sur des bases racistes, et ces bases continuent à avoir des effets (tout comme aux USA, où la discrimination entérinée par la loi a disparu aussi, il en reste des effets parce que le racisme fait système).
- Il y a des bouts que je capte pas : il parle au milieu de black live matter pour dire qu'il faut pas en parler ? Je capte pas cet extrait où il dit : « Donc le problème de black live matter c'est récupération d'un truc qui n'a rien à voir avec la France la France n'a rien à voir avec ça et ça je ne supporte pas maintenant moi je maintenant moi je ne soutiens pas ce mouvement victimaire qui ne fait pas ses trucs et le vrai problème pour nous et ça changera rien le vrai problème c'est l'éducation et le sport c'est pas un problème de racisme. ». En particulier, si tu vois de quoi il parle quand il dit "ses trucs", ça m'intéresse.

Ce qu'on peut se demander, c'est pourquoi devant la pauvreté sur de nombreux niveaux de cet entretien, il a quand même trouvé diffusion sur Le Parisien et pourquoi on le retrouve ici. Plutôt, au pif, que les nombreux et nombreuses sociologues qui sont tout aussi capables de comprendre que la loi n'est pas raciste mais savent percevoir que l'état se manifeste d'autres manières.

Arnold Schwartzenprout

02/10 (00:08)

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Oøok?!? a écrit :

Yves Coppens, le célèbre paléontologue français, a déjà largement expliqué que la race blanche n'existe pas, et il aime d'ailleurs expliquer que nous sommes tous africains d'origine.
Le terme de races pour ce qui est de l'être humain, est tout simplement faux, puisqu'il n'existe que la race Homo sapiens sapiens.
Après, que ce terme ait été utilisé (ou non), par des personnalités, il n'en demeure pas moins qu'elles se trompent.
Et c'est vrai que beaucoup de politiciens ratissent très à droite pour attirer les voix de l'extrême droite, Sarko en est un parfait exemple.
Je ne connais pas l'historien Fauvelle. En revanche, un anthropologue et économiste sénégalais, Tidiane N'Diaye, estime que la traite des noirs arabo-musulmane est en partie à l'origine de la pauvreté et du retard de développement actuel que connait l'Afrique. Je trouve ça interessant, d'autant qu'il chiffre cette traite qui serait presque deux fois plus importantes que la traite transatlantique.

Megalion a écrit :

> Des exemples, des études, peu importe, j'accepte tout

Parfait. Alors voilà : "Les Français se disent de moins en moins racistes."

Mais tu as aussi cet article, dans lequel il y a un indice dit "de tolérance" : CLIC . Bon, là, tu vois par contre qu'il ne vaut mieux pas être Rom.

Tu as déjà là une base pour lever une part de ton incrédulité.

Un[*b]curieux a écrit :

Je ne pense pas avoir fait de confusion, simplement je nuance fortement ton affirmation qui tend à faire penser que le système crée ou encourage le racisme, alors que de nombreuses lois antiracistes ont été adoptées. Il y a d'ailleurs eu de nombreux procès médiatiques pour incitation à la haine raciale ou envers des religions (Dieudonné, Zemmour, si vous nous regardez...). On le sait moins, mais il y a même eu des procès pour racisme anti-blanc, ou pour christianophobie (non, ce n'est pas du foot).
Le système a prévu également des lois contre les discriminations : à l'embauche, accès au logement, etc. Toutes les victimes de discriminations d'ailleurs, pas seulement celles basées sur l'appartenance à une ethnie ou une religion.
Donc dire que la racisme est systémique, c'est faux. Par contre, il y a des postures, mais également des décisions prises par différents gouvernements, qui vont dans le sens du rejet des immigrés, mais pour moi, nous ne sommes plus dans le système en tant que tel, mais dans la politique politicienne, avec comme objectif de récupérer les voix de l'extrême droite.

Ensuite, pour cette histoire de définition, je pense que chaque mot a un sens bien précis, et je ne suis pas d'accord avec son élargissement à une définition sociologique plus vaste, car elle constitue à une déformation. Dans ce cas précisément, on en revient à assimiler un vote pour répondre à une détresse sociale à une vote raciste.
C'est pour ça que parler de communautarisme me semble plus juste, d'un point de vue littéral.

Enfin, il ne faut pas extrapoler à tort. Quand je dis que le réflexe communautariste est naturel ou compréhensible, je ne dis pas qu'il est acceptable. Je parle là de psychologie sociale, du mécanisme qui fait que l'immense majorité des êtres humains intègre un groupe, une communauté, avec une identité particulière qui le défini.
On a trois types de modèle de formation de groupe : utilitaire, de cohésion sociale et d'identité sociale. Mais quel que soit le cas, on adhère nécessairement à un groupe.
Tout cela est très loin du racisme je trouve, alors que pourtant cette forme de ségrégation existe naturellement.
Pour moi, c'est en faisant l'amalgame entre racisme et communautarisme que l'on fait preuve de pauvreté intellectuelle. C'est peut-être plus facile, ça évite d'intégrer ce qui caractérise l'humanité, mais ça biaise considérablement les raisonnements. C'est le reproche que je te fais dans ton topic, dans lequel tu empêches toute discussion autour du racisme alors que tu imposes un à priori qui va biaiser le potentiel débat, le rendant du coup inintéressant.
Le but de ce topic est donc de permettre la discussion autour de cette affirmation sur une société française et/ou un système français supposé être raciste.

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[ce message a été édité par Arnold Schwartzenprout le 02/10 à 00:12]

Un[*b]curieux

02/10 (07:52)

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Arnold Schwartzenprout a écrit :

> Yves Coppens, le célèbre paléontologue français

Fun fact : Coppens n'est pas sociologue, et est donc peu compétent pour s'exprimer sur la question du racisme. Il est également peu célèbre hors de nos frontières, puisqu'il n'y a qu'en France qu'on croit qu'il a participé à la découverte de Lucy. Lui ne l'a jamais démenti, ce qui fait de ce chercheur un fraudeur, mais hé, ça ne veut rien dire sur son avis sur un sujet complètement hors de son champ d'expertise.

> En revanche, un anthropologue et économiste sénégalais,
> Tidiane N'Diaye, estime que la traite des noirs arabo-musulmane est en partie à l'origine de
> la pauvreté et du retard de développement actuel que connait l'Afrique. Je trouve ça interessant,
> d'autant qu'il chiffre cette traite qui serait presque deux fois plus importantes que la traite
> transatlantique.

Moi qui pensais que les propos d'extrème droite étaient bannis sur le forum, il faudra vraiment m'expliquer pourquoi c'est toujours les mêmes idées qu'on voit débarquer à la fois ici et dans Valeurs Actuelles. Et surtout, quel rapport ? Même si la traite arabo-musulmane était comparable aux 11 millions d'Africain.e.s déporté.e.s par commerce triangulaire, en quoi est-ce que ça diminue l'importance des 11 millions d'Africain.e.s déporté.e.s ? Ce que cet argument est débile…

> Je ne pense pas avoir fait de confusion

Dans le premier post, tu écrivais :
> laissant à penser que le racisme est omniprésent

Ben non, je n'ai jamais écrit qu'il était omniprésent, et c'est précisément la distinction entre systémique et systématique.

Dire que le racisme fait système ne signifie pas que tout système est raciste. Et dire que nos lois prévoient des lois contre les discriminations ne signifient pas que les discriminations n'ont pas lieu. Sais-tu que la fraude fiscale est illégale, et qu'elle survient quand même ? Il y a paradoxalement des situations où des choses sont illégales mais néanmoins encouragées. Pour prendre un exemple plus léger, on montre qu'il y a un encouragement pour les garçons des établissements scolaires à tricher avec le règlement intérieur, et les sanctions sont en fait socialement valorisantes pour eux. Eh bien de même, il y a des encouragements implicites à adopter des comportements racistes, qui sont individuellement difficiles à prouver (on ne peut pas facilement qu'une embauche particulière est raciste, même quand il est évident que l'ensemble des embauches forme une discrimination raciste à l'empoi en France).

> Donc dire que la racisme est systémique, c'est faux.

Affirmer ça avec 0 bagage en sociologie, il fallait oser. Merci pour ce moment. J'ajoute, pour rire, quelques sources sur le racisme en France dont la conclusion est que des gens comme toi sont dans le déni.

Tu trouveras aussi autant de sources scientifiques que tu veux.

[ce message a été édité par Un[*b]curieux le 02/10 à 10:28]
Gonzo

02/10 (13:19)

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Arnold Schwartzenprout a écrit :

> Megalion a écrit :
>
> > Des exemples, des études, peu importe, j'accepte tout
>
> Parfait. Alors voilà : "Les Français se disent de moins en moins racistes."

... Sérieusement ?

Alors oui, techniquement, tu réponds à Megalion qui a affirmé accepter tout. Mais quand même, tu y crois vraiment avoir convaincu qui que ce soit, ou tu t'es contenté de faire une réponse purement rhétorique pour le coincer ?

Il te demande des études qui montrent que le racisme disparaît, tu sors une étude qui dit que les français disent ne pas être racistes. Oui, évidemment qu'ils le disent. Moi-même, je suis pas raciste, mais quand même, les noirs et les arabes... Et puis, en plus j'ai un ami noir... Tu vois le problème, en quoi ce sondage ne parle absolument pas du racisme des français, mais de la façon dont ils se perçoivent eux-même ? En quoi ce sondage explique ton propre discours (parce que, toi-même tu es pas raciste, hein, on est d'accord, simplement tu ne vois pas de problème de racisme puisque les discriminations ne sont pour toi pas issues du racisme) ? En quoi les résultats de ce sondage expliquent parfaitement qu'un responsable de la police puisse dire que c'est pas grave de traiter un noir de "bamboula", tout en expliquant qu'il n'est pas raciste ?

En général, quand quelqu'un parle de "racisme systémique", il parle de l'effet concret du système sur la propension des gens à agir de façon raciste. Que la personne qui agit de façon raciste le soit ou non... Au fond elle s'en tape. Ce qui compte, c'est que ces actes ne le soient pas - parce que tant que les gens agissent de façon raciste, alors il existe des discriminations racistes, et ce que les gens soient raciste ou non. Et justement, un des combats des sociologues et militants est de faire prendre conscience aux non-racistes de leurs petits acte participant à ce racisme général. Parce que oui, c'est évident que quand un responsable de la police dit qu'on peut traiter les noirs de bamboula, ou quand Sarkozy demande si on a le droit de parler de "singes" vu qu'on a déjà plus de droit de dire "nègres", on peut affirmer haut et fort que ces gens sont racistes et c'est pas bien ; sauf que leurs paroles s'inscrivent dans un contexte général, fait d'actes qu'il voient et de personnes qu'ils rencontrent, dont la somme des petites choses qu'ils voient les conduit à immédiatement penser "noir" ou "personne racisée" quand ils entendent "singe". Et ça, ça produit des effets raciste, qu'ils pensent l'être ou non.

Arnold Schwartzenprout

02/10 (14:32)

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nombre messages : 7327

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Un[*b]curieux a écrit :

> Fun fact : Coppens n'est pas sociologue, et est donc peu compétent pour s'exprimer sur la question
> du racisme.

Et tout en haut de la pyramide, il y a Un Curieux qui distribue les autorisations de s'exprimer sur un sujet ? Vu le nombre de fois où tu remets en question la légitimité des intervenants ou des sources sur Pol&Soc, soit tu es une sommité en matière de sociologie, soit un mec avec un melon surdimensionné. Serait-il trop indiscret de te demander quelles sont tes compétences pour faire autorité en la matière ?
D'autant que pour le coup, tu sembles ne pas avoir compris les propos de Coppens, qui ne sont absolument pas du ressort de la sociologie mais plutôt l'ethnologie.

Je ne parlerai même pas de la dérive idéologique de la sociologie, largement dénoncée, y compris par des sociologues eux-mêmes (il y a même des ex-disciples de Bourdieu, c'est dire).
Donc en matière d'autorité ou de légitimité, il va falloir que tu t'expliques étant donné la posture que tu adoptes dans chaque topic, à réfuter la légitimité de tout ce qui ne te convient pas.


> Moi qui pensais que les propos d'extrème droite étaient bannis sur le forum... ...Ce que cet argument est débile…

Là encore, tu n'as visiblement rien compris pour y voir des propos d'extrême droite. N'Diaye ne fait qu'exposer des chiffres pour donner un ordre d'importance de la traite.
Cela fait deux fois lors de la même intervention. Il faudrait commencer à réfléchir avant de poster. Cela permettra peut-être de développer l'argument plutôt que de passer du temps à répondre à des âneries.

Pour ta dernière série de liens, ai-je la légitimité de remettre en question la légitimité des auteurs des articles ? Ah non, j'ai zéro bagage, c'est vrai.
Je n'ai pas le temps de lire, traduire toute la série envoyée (mais c'est vrai que c'était pour rire. Quel déconneur ce Un Curieux). Par contre, j'en ai ouvert deux qui m'ont dissuadé de lire les autres, tellement le parti pris était évident.

Gonzo a écrit :

Je ne comprends pas ta posture, vu que tout ce que tu dis est précisément confirmé par cet article. Mais plusieurs fois, il est dit que malgré les difficultés à interpréter les chiffres et les enquêtes, le racisme perd du terrain en France.
Et pour répondre à une de tes questions (les autres sont hors sujet), ce sondage vient surtout ouvrir sur une autre question : alors si les gens ne sont pas racistes, qu'est-ce qui motive les discriminations ? Ou si tu préfères, les discriminations ont-elles une origine raciste ? Parce que c'est précisément ce qui me dérange avec certaines affirmations. Je ne nie pas l'existence des discriminations, je modère leur caractère raciste pour y voir plutôt un caractère social.
Je trouve même qu'affubler aux discriminations un caractère raciste empêche de voir leur nature réelle.
L'idée avec ce lien, c'est de passer à une autre étape de la discussion, pas de bloquer sur une étude, alors même que tu es en phase avec elle.

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