Présidentielle 2027
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modifié 11/02 (10:19)Vraie question : Arnold, pour qu'on puisse avoir une idée de la politique que tu prône, tu es prêt à mettre quel pourcentage du budget de l'état dans les droits de l'homme ? 0.001 % ? 0.0001 % ? 0.00001 % ? A partir de quel pourcentage ça devient selon toi une gabegie complètement insupportable ?
Même question sur la santé publique.
Arnold de Schartzenprout a écrit :Moi, mon premier réflexe c'est le débat contradictoire : thèse vs antithèse pour aboutir à une synthèse.
Thèse : Arnold trouve LFI trop clivante, lui il veut quelqu'un qui changera tout mais sans cliver personne.
Antithèse : Macron représente le consensus bourgeois mou. N'importe qui ne représentant pas un des consensus bourgeois possible (que ce consensus soit mou, raciste, impérialiste...) sera par définition présenté par l'essentiel des médias des bourgeois comme clivant (il clive au minimum la bourgeoisie contre lui) ; et inversement, si un parti n'est pas diabolisé par l'essentiel des médias de la bourgeoisie, c'est la preuve qu'il représente un consensus possible parmi les bourgeois. Ainsi, il est facile de comprendre que Ruffin, c'est juste une incarnation possible du macronisme : le consensus bourgeois mou qui ne prévoit strictement aucun changement, qui tarde à présenter un programme mais parle d'une vision (et dont on sait déjà que le programme sera de droite, pour le moins-disant social), qui parle de mettre au pouvoir la société civile, qui est capable de sortir quelques éléments de langage propres à la gauche, etc (Macron 2017 en somme, quelqu'un dont Arnold dira 10 ans plus tard que c'était le diable incarné).
Synthèse : Arnold trouve LFI trop clivante, lui il veut une créature imaginaire capable de changer tout mais sans cliver personne.Spoiler -
posté 11/02 (16:34)Allez, j'avais commencé à en parler quand on parlait du recasage des politiciens dans les agences et autres organismes.
Plus de 50 anciens parlementaires (principalement des députés de la majorité présidentielle, issus de LREM/Renaissance) battus aux élections législatives ont été recasés par Emmanuel Macron et nommés à la tête d'agences publiques, d'établissements ou de missions interministérielles dans les années suivantes.
Cette pratique est un moyen de récompenser des fidèles et de consolider l'influence de l'exécutif sur l'appareil d'État, tout en offrant des points de chute confortables à des élus défaits.
Voici quelques exemples concrets de noms cités dans des articles et enquêtes sur le sujet (liste non exhaustive) :
Ci dessous la liste des amis de Macron replacés.
- Amélie de Montchalin (ex-députée de l'Essonne, battue en 2022) → représentante permanente de la France auprès de l'OCDE, puis rappelée comme ministre des Comptes publics fin 2024, et nommée en 2026 à la tête de la Cour des comptes.
Mais aussi
- Christophe Castaner (ex-député des Alpes-de-Haute-Provence, battu en 2022) → président du Grand port maritime de Marseille et de la Société des autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc (ATMB).
- Brigitte Bourguignon (ex-ministre et députée battue) → inspectrice générale des affaires sociales à l'IGAS.
- Justine Bénin (ex-secrétaire d'État et députée battue) → coordinatrice interministérielle contre les violences faites aux femmes en Outre-mer.
- Emmanuelle Wargon (ex-ministre et députée) → présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
- Laurent Saint-Martin → nommé à la tête de Business France.
- Anthony Cellier (ex-député du Gard) → membre du collège de la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
- Bruno Bonnell (ex-député du Rhône) → secrétaire général pour l'investissement.
- Cédric Roussel (ex-député des Alpes-Maritimes) → délégué ministériel à l'économie du sport.
- Clément Beaune (ex-ministre des Transports) → Haut-commissaire au Plan (2025)
- Sarah El Haïry (ex-ministre déléguée à l'Enfance) → Haut-commissaire à l'Enfance (2025)
- Barbara Pompili (ex-ministre de la Transition écologique) → Ambassadrice à l'environnement (2025)
- Bérangère Abba (ex-secrétaire d'État à la Biodiversité) → Membre du Comité national de la biodiversité
- Jean Castex (ex-PM) → Président RATP
- Agnès Buzyn (ex-ministre Santé) → Cour des comptes
- Jean-Michel Blanquer (ex-ministre Éducation) → Professeur Panthéon-Assas
- Anne-Laure Cattelot (ex-députée) → Tête Office National des Forêts
- Nadia Hai (ex-ministre Ville) → Ambassadrice Méditerranée
- Olivier Klein (ex-ministre) → Recteur Strasbourg
- Isabelle Rome (ex-ministre) → Ambassadrice droits de l'homme
- Florence Parly (ex-ministre Armées) → Membre conseil Air France (2023)
- Mounir Mahjoubi (ex-secrétaire d'État Numérique) → Président France Num (2024)
- Elisabeth Moreno (ex-ministre Égalité) → Ambassadrice égalité genre (2025)
- Geneviève Darrieussecq (ex-secrétaire d'État Armées) → Présidente Cemagref (2024)
- Olivier Véran (ex-ministre Santé) → Conseiller OCDE santé (2025)
- Marie Fontanel (ex-conseillère Élysée) → Ambassadrice aux Philippines
- Joël Giraud (ex-secrétaire d'État Ruralité) → Membre Cour des comptes
- Sophie Cluzel (ex-secrétaire d'État Handicap) → Inspectrice générale affaires sociales
- Roxana Maracineanu (ex-ministre Sports) → Déléguée interministérielle grands événements sportifs
- Brune Poirson (ex-secrétaire d'État Transition écologique) → Directrice développement durable Accor
- François Bayrou (ex-ministre Justice) → Haut-commissaire Plan
- Jacques Mézard (ex-ministre Agriculture) → Conseil constitutionnel
- Jacqueline Gourault (ex-ministre Cohésion) → Conseil constitutionnel
- L. Boone (ex-Europe) → Chief economist OCDE (2022)
- F. Braun (ex-Santé) → Directeur hospitalier (2023)
- A. Rousseau (ex-Santé) → Conseiller d'État (2024)
- - Sans oublier Richard Ferrand, nommé au conseil constitutionnel… (ex-président de l'Assemblée) → Président du Conseil constitutionnel (2026)
D'autres anciens députés ont été placés dans des cabinets ministériels (ex. : Louis Margueritte comme directeur de cabinet adjoint de François Bayrou à Matignon, Mickaël Nogal au cabinet d'Éric Lombard à l'Économie) ou dans des fonctions de communication/influence au sein du groupe Renaissance.
NDLR
Ils sont maintenant redevables et renverront l’ascenseur si besoin.
Vieille pratique couramment utilisée dans certains cercles d’influences …
On appelle cela le népostime ou la république des copains que fustigeait Macron lui même avant 2017...
Et on ne parle pas du pantouflage qui n'est absolument pas encadré et ouvre les portes à une collusion public/privé, genre :
- Castaner (encore lui) → Comité régional Shein
- Sibeth Ndiaye (ex-secrétaire d'État porte-parole) → Directrice communication Uber France (2023)
- Julien Denormandie (ex-ministre Agriculture) → Directeur général Carrefour (2023)
- M. Pénicaud (ex-Travail) → Adm. Manpower (2022)
etc etc.
Moi j'attends du prochain président qu'il s'attaque à ces pratiques. Branco est dans cette logique.
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modifié 11/02 (17:50)Arnold de Schartzenprout a écrit :
Alors pour être tout à fait transparent, la liste est intéressante, mais elle mélange PLEIN de trucs. Il y a des gens qui sont dans des agences, des gens qui sont dans des entreprises privées sous contrôle de l'état (genre la RATP ou l'ATMB), des gens qui sont juste fonctionnaires (genre Blanquer).
J'ai du mal à être scandalisé à l'idée qu'un type qui dispose des diplômes trouve un poste dans une université (et pourtant, dieu sait que j'ai détesté Blanquer et sa politique quand il était MEN).
Je note aussi un point important : ce que ces différentes situations éclairent (à l'exception de celle de Blanquer, donc), c'est que les agences augmentent le pouvoir discrétionnaire de l'exécutif, parce qu'en nommant les gens aux têtes de ces compagnies, ils étendent leur pouvoir au détriment des contre-pouvoirs censés les arrêter (encore que ça a des limites, suffit de voir comment Claire Hédon s'est transformée de macroniste en turbo-woke). Mais ça parle assez peu de l'intérêt ou l'impact des agences sur les décisions qui sont prises.
Je te rappelle que ton point était de fusionner les agences ou de les supprimer. Tu vois à quel point ce serait ridicule quand tu parles de la RATP par exemple (à la rigueur, les fusions donneraient encore plus de pouvoir à l'exécutif dans ce cadre). Bref : le fait de pointer un problème ne signifie pas que la solution que tu défendais auparavant est la bonne.On appelle cela le népostime ou la république des copains que fustigeait Macron lui même avant 2017...
Oui. Et peut-être que la solution n'est pas le détricotage supplémentaire des services publics mais des restrictions sur la manière dont les gens peuvent arriver à leur tête (auquel cas je serais vaguement d'accord).Et on ne parle pas du pantouflage qui n'est absolument pas encadré et ouvre les portes à une collusion public/privé
Il est encadré, mais je te rejoins sur le fait que c'est trop lacunaire. -
posté 11/02 (19:51)Un
curieux a écrit :Alors pour être tout à fait transparent, la liste est intéressante, mais elle mélange PLEIN de trucs.
C'est vrai, mais si tu préfères, l'idée première était surtout de montrer que l'on ne pourra pas compter sur ceux qui bénéficient de ces recasages et de leurs avantages pour supprimer ou fusionner (et donc supprimer des postes qui leur sont réservés/attribués) des agences, pour régler le problème.
C'est un peu comme quand je dis que notre mille-feuille administratif a continué à se développer et qu'il faudrait supprimer les Régions et les Intercommunalités. Je doute que Wauquiez (par exemple) vote une loi qui supprimerait son poste. Après je doute aussi que les fonctionnaires de la FTP travaillant dans ces structures adhèrent au projet, même si ils étaient recasés.
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modifié 12/02 (11:40)Vraie question : Arnold, pour qu'on puisse avoir une idée de la politique que tu prône, tu es prêt à mettre quel pourcentage du budget de l'état dans les droits de l'homme ? 0.001 % ? 0.0001 % ? 0.00001 % ? A partir de quel pourcentage ça devient selon toi une gabegie complètement insupportable ?
Même question sur la santé publique.
Arnold de Schartzenprout a écrit :Moi, mon premier réflexe c'est le débat contradictoire : thèse vs antithèse pour aboutir à une synthèse.
Thèse : Arnold estime qu'on peut faire plein plein d'économies en faisant stopper le pantouflage.
Antithèse : Badmulch sera le premier président au RSA !
\o/ Badmulch 2027 \o/. Bon sinon, la vidéo est courte et badmulch explique rapidos en quoi c'est de la démagogie (il y a de meilleurs arguments sur pourquoi c'est démagogique, mais ses arguments sont percutants si jamais vous vous retrouviez à discuter avec quelqu'un qui entrave rien à rien et comprends même pas les différences d'ordres de grandeur entre quelques millions et le budget de la France - ou même entre ce que coûte le pantouflage et quelques millions). Argument plus réaliste dans l'antithèse : faire stopper le pantouflage, c'est une mesure qui n'a rien à voir avec le budget (l'impact n'est même plus de l'ordre de 0.001%) ; c'est utile pour plein d'autre raisons, mais rien à voir avec le budget. Vouloir détruire la Commission nationale consultative des droits de l’homme en prétextant que c'est pour réduire le pantouflage, là c'est juste du foutage de gueule, Arnold qui vient chez vous pour vous cracher dessus : imaginez votre patron qui vient vous voir et vous dit "oh, tu nous as fais acheter une souris à 10 euros pour ton travail, alors qu'il existait des souris à 9.99 euros à côté. Du coup on supprime ton poste, tu es viré." Quel patron à part Arnold ferait ça ?
Synthèse : personne ne comprend pourquoi Arnold ne soutient pas Badmulch, premier président au RSA, soit plein plein plein d'économies. -
posté 15/02 (14:27)Je trouve qu’une autre caractéristique de cette future campagne présidentielle, c’est la multiplication de mouvements citoyens avec de vraies revendications politiques.mais sans intention de se présenter, un peu comme des espèces de lanceurs d’alerte.
Le PIC, pari de l’intelligence collective, par exemple, mais surtout le plus connu, « les gueux », mouvement créé par l’écrivain Alexandre Jardin, au départ autour de la problématique des ZFE.
Je ne me rends pas bien compte du niveau de diffusion de ces mouvements dans la société française étant donné l’invisibilisation de tout ce qui peut être dissident, mais ils existent et portent de vrais demandes politiques.
A voir s’ils auront un impact.
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modifié 16/02 (11:57)Arnold de Schartzenprout a écrit :
C'est vrai, mais si tu préfères, l'idée première était surtout de montrer que l'on ne pourra pas compter sur ceux qui bénéficient de ces recasages et de leurs avantages pour supprimer ou fusionner (et donc supprimer des postes qui leur sont réservés/attribués) des agences, pour régler le problème.
Ça fait un troisième thème, qui n'a rien à voir avec les précédents.
Pour rappel tu as défendu :
1/ Les agences créent du gaspillage de ressources et ne servent à rien et il faut les fusionner / supprimer.
2/ Les agences financent un système injuste dans lequel on case à des postes à hautes responsabilités des gens qui n'ont rien à y foutre.
3/ Il est difficile de supprimer les agences parce que les gens qui y bossent vont s'y opposer.
Est-ce que ce que tu voulais dire, c'est que si on s'oppose à 1/, on doit faire partie des gens qui bénéficient du népotisme ? Ben c'est pas mon cas. Pour que ce soit clair, moi je dis :
1/ la suppression de services publics doit être mesurée, justifiée, et il vaut mieux maintenir un truc inutile que supprimer un truc utile. Et j'ai alerté sur la proximité idéologique entre ce que tu affirmais et les thèses du DOGE. Et tu as répondu en citant des sources qui trouvent que l'action de DOGE est inspirante et qui sont globalement tellement de droite qu'elles concluent n'importe quoi.
2/ Je suis d'accord qu'il y a du népotisme. Cependant :
2-a/ Je ne pense pas que supprimer une agence (et retirer ce qu'elle apporte au public) soit une solution mesurée au problème que la personne à sa tête soit pas la plus qualifiée.
2-b/ Mettre fin au népotisme ne va pas changer grand chose au coût de l'agence (donc 1/ et 2/ ne sont pas liés)
2-c/ Dans les agences citées il y en a une dont tu as demandé la suppression avec un argument d'assez mauvaise foi ("Je ne sais pas ce que fait cette agence donc elle est inutile") : la CNCDH, dirigée par Jean-Marie Burguburu. Je n'ai pas vu le moindre argument en ligne montrant que Burguburu serait un pote de Macron ou devrait sa place au népotisme (qui existe dans d'autres situations, je suis d'accord).
2-d/ Pour justifier qu'il y a du népotisme dans les agences, tu cites des cas qui n'ont rien à voir avec du népotisme, par exemple le fait qu'un ancien prof d'université redevienne… prof d'université. Il y a beaucoup d'autres choses à dire sur Blanquer, par ailleurs, je veux pas prendre sa défense mais là tu sembles trouver problématique un truc pourtant idéal : un personnage politique qui réintègre la vie civile à l'issue de son mandat.
et enfin 3/ Certes. Et ? Quel est le rapport à ce qui précède ? Est-ce que le fait que des gens s'opposent à un truc par intérêt personnel signifie qu'ils ont tort ? C'est juste de la bouillie de cerveau, encore.Je doute que Wauquiez (par exemple) vote une loi qui supprimerait son poste.
Excellent exemple, vu que Wauquiez n'est plus à la tête de la région Rauvergne depuis un an et demi maintenant… -
modifié 16/02 (12:18)
Un
curieux a écrit :Je doute que Wauquiez (par exemple) vote une loi qui supprimerait son poste.
Excellent exemple, vu que Wauquiez n'est plus à la tête de la région Rauvergne depuis un an et demi maintenant…
Vrai.
Car il y a le non cumul des mandats, neanmoins il est "conseiller spécial" ce qui veut tout et rien dire.
L'OEP a d'ailleurs emis des réserves sur un possible détournement du non cumul des mandats.
Source.
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Poungi![[*j]](http://img7.kraland.org/s/4A.gif)
Une légende.
Prince de la Téci, Chevalier du Tmax.
En Esprit le sang ! -
posté 16/02 (22:58)Poungi
a écrit :
C'est ça. C'est une variante encore plus tordue que le fait de ne pas démissionner de la Mairie de Pau pour être Premier Ministre.
Ces types s'accrochent à leurs postes comme des moules à un rocher, et quand ils n'ont d'autres choix que de devoir les laisser, ils arrivent encore à garder la main sur le pouvoir d'une façon ou d'une autre. On parlait de Medvedev et Poutine, ben c'est pareil à notre échelle.
Et quand la fondation n'est pas publique, c'est bien des subventions françaises qui viennent alimenter les comptes, comme l'IMA que l'on remet en lumière avec l'affaire Epstein. Ca fait des années que Jack Lang la présidait et j'ai encore en mémoire les déficits qu'il creusait sans vergogne en faisant des achats complètement délirants. L'IMA, faute de contributeurs ne vit que grâce aux subventions du ministère des affaires étrangères. 12,3 millions d'euros par an de subvention annuelle quand même... Et un président, techniquement nommé par le Président de la République, de 85 ans qui touche 10 000 euros bruts par mois en plus de ses nombreux émoluments comme ses retraites de parlementaire et ministre. Le cumul emploi-retraite qui vient d'être raboté dans le nouveau budget ne s'applique pas à tous, faut pas déconner non plus...
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