Je partage ici une ressource que j'ai trouvé très éclairante sur l'articulation des enjeux. Et en cette période à haut voltage politique ça me semblait intéressant de présenter un texte qui articule un grand nombre d'enjeux. Même si ça sera noyé page 9 d'un sujet connexe. Deux points donc :
- Le cadrage "intérêt étatique" continue à me poser problème. J'ai lancé
une discussion sur le terme de "guerre" justement pour préciser que prendre pour argent comptant une doctrine portée par l'armée occulte le projet politique sous-jacent.
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Cet article en deux parties (en anglais, vive les traducteurs automatiques) présente justement le projet politique derrière les plateformes comme elles sont conçues aujourd'hui.
Il établit le lien entre :
- les réseaux sociaux, le scroll infini, la quête à l'engagement et le biais politique (susciter l'énervement et l'isolation pour maximiser l'engagement)
- la collecte de données pour les publicitaires (dont les GAFAM qui concentrent le plus gros du marché aujourd'hui) et process par des LLM pour nous envoyer des pubs toujours plus ciblées
- le traitement des données dans des data centers qui mobilisent les ressources en eau, énergie et métaux rares, pour nous vendre plus de choses qui détruisent l'environnement,
- la concentration des richesses induite et les liens avec le pouvoir politique, qui facilite l'adoption de méthodes numériques propices à l'addiction et la multiplication de data centers pour gérer les données nationales
- la collusion entre sphères de pouvoir politique et économique (ex. Bolloré) pour porter ce projet et la nécessité de régulation
- et d'autres choses sourcées (on aime)...
Ne penser qu'une seule de ces choses en isolation, c'est activement, voire consciemment, biaiser la réflexion pour arriver à une conclusion donnée ("c'est en tapant sur les méchants qu'on construit une solution"). Et c'est manquer d'éducation politique, ce qui est tout à fait ok : on apprend chaque jour que Dieu fait, et ce forum m'a énormément appris sur ce qui pouvait exister - car j'étais ouvert à l'altérité. Quitte à me fourvoyer un certain temps.
ex. invoquer la santé mentale des jeunes sans réfléchir au monde extérieur qui les attend, la crise du chômage et la déshumanisation du travail
ex. proposer une meilleure modération des plateformes en occultant que la mauvaise modération
is a feature, not a bug*
ex.
ignorer d'emblée l'émergence de modèles alternatifs sous prétexte que c'est pas user-friendly pour un échantillon de une personne qui l'a essayé deux minutes, c'est oublier (ou consciemment ignorer?) que pour généraliser le rail ou l'ampoule il a fallu du temps et de la volonté politique, et que c'est le cas de toutes les innovations
En soi, rapporter un témoignage personnel c'est ok, tant qu'on est capable d'admettre la contradiction, et de ne pas utiliser de posture ou de
techniques discursives manipulatoires (citations et paraphrases: "c'est simple", "c'est évident", "tu comprends mal", "si tu penses pas comme moi alors tu fais partie du problème**", "ce que tu proposes c'est
ne pas agir pour la protection des gens") qui maintiennent le problème en surface et nous empêchent de discuter du fond.
Notre rôle de citoyenn·e·s dans tout ça est d'agir sur chacun de ces leviers : exercer toute la pression possible pour réguler et soutenir activement la nationalisation de certains services, pour critiquer la corruption et les projets industriels écocidaires, pour faire communauté autour des gens isolés, etc. On n'a que 24h dans une journée, mais on est nombreux·ses. L'important c'est de penser tout ça dans sa globalité.
Si on part d'emblée résigné·e·s et en donnant un blanc-seing à je ne sais quelle entité étatique sans contrôle (genre l'armée) alors on abdique notre liberté pour la simplicité. Ca, c'est une discussion intéressante à laquelle je participerais volontiers. Pour peu qu'on s'écoute.
* Ce n'est pas un bug, c'est une fonctionnalité.** Littéralement, "ça nous affaiblit de ne pas penser qu'on est en guerre" présuppose qu'on vit dans un monde de forts et de faibles où l'objectif est de vaincre. Non. Discutons-en, plutôt que de tourner autour du pot.