Pour changer, aujourd'hui Mediapart sort un article qui parle de la justice, et de ses défauts (bon il s'agit quand même d'un procès contre des flics, ça reste in topic).
On avait déjà mentionné
l'enquête de Viry-Châtillon, il y a même quelqu'un qui s'était
ému d'une « zone de non-droit » en reprenant mot pour mot les communiqués de la préfecture.
Alors le non-droit dont il est question aujourd'hui se situe bien du côté des flics qui ont enquêté : faux en écritures sous forme de mauvaises retranscriptions, "oubli" d'éléments importants (par exemple, ils ont oublié les 106 fois où un suspect a dit ne pas avoir été présent), intimidations pendant l'interrogatoire (jusqu'à expliquer à un mec que si ça se trouve il est coupable mais qu'il a oublié et ça arrive blabla, le mec a dit "ben peut-être mais dans ma tête j'ai rien fait", ils ont gardé "ben peut-être" dans le PV d'audition). Ces manipulations ont été justifiées par le fait que le gamin avait "des difficultés à s'exprimer", sauf qu'une fois qu'on regarde la vidéo de l'interrogatoire, ben en fait non, il s'exprime très bien.
Cet ex-suspect a donc fait 4 ans de prison pour rien, juste sur la base d'un travail bâclé parce qu'il fallait se venger, et dans la rhétorique eux vs. nous des flics, ben le suspect était jeune et pas blanc, ça suffit hop.
Et bilan : les flics ne seront finalement pas jugés, ce qu'ils font est considéré comme normal, pas de mise en examen.
Visés par une information judiciaire ouverte pour faux en écriture publique, violences volontaires et escroquerie au jugement, avec la circonstance aggravante qu’ils ont été commis par des personnes dépositaires de l’autorité publique (PDAP), dix policiers ont été entendus comme simples témoins. Quatre autres, les plus impliqués, ont été placés sous le statut de témoin assisté à l’issue de leur interrogatoire. Or, en octobre 2025, les magistrats ont annoncé la fin de l’instruction, laissant un délai de trois mois aux avocats pour faire leurs observations. Aucun des policiers n’ayant été mis en examen au cours de cette instruction, sauf nouveau coup de théâtre dans l’enquête, les policiers mis en cause ne seront donc pas jugés.Source (paywall Mediapart)
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Dans le même temps, il y a des flics qui pendant le mouvement des gilets jaunes ont suivi des "casseurs" dans un burger king (c'était des manifestants qui fuyaient les gaz lacrymo), et qui ont cogné tous les gens qui s'y trouvaient sans vraie distinction.
À leur procès,
où ils sont accompagnés et soutenus par leur hiérarchie, on apprend que certains ont été décorés après cet épisode, et que bon, rho bah c'était normal, quoi : « on a fait ce qu'on a pu ».
Source (Paywall Mediapart)