La Paix soit avec vous.
Incha’Naar, puissent vos Bishônens avoir la fesse ferme, les reins souples et le téton ardent.
Je veux répondre
aux propos de Bismuth El’K’Fadyh — que son chapeau ne rétrécisse jamais au lavage — et Ã
ceux du détective d’Arcys — que ses lunettes restent vierges de toute trace de doigt —, pendant que la conversation ouverte par le chien colonial qui se prétend Juge du Cybermonde — fétide soit l’haleine de sa guichetière à la poste
! — roule sur d’autres et inutiles sujets.
J’entends bien.
J’entends bien que les habitants de la Mystisie ne sont pas tous responsables de la spoliation du Désert Démoniaque.
J’entends aussi que nombre de mes compatriotes déserteurs survivent tant bien que mal dans l’inhospitalière hideur de ce qui est devenue, malgré eux, leur province d’adoption.
Aussi mon jihad n’est-il pas contre ceux qui sont les victimes impuissantes du Djinn mais contre les institutions qui, fétides berceaux de petits appétits mesquins, sont restées les bras croisés face à la détresse de tout un peuple.
Il n’en demeure pas moins que ces sables nous appartiennent. Les dunes qui enchantent aujourd’hui le quotidien des Mystisiens par leurs énormes tempêtes de sable où chacun peut caresser l’espoir de mourir un jour asphyxié dans la joie de communier avec une nature si puissamment primordiale, ces dunes sont nos terres ancestrales.
Bismuth El-K’Fadyh — que la copie carbone de tes formulaires soit toujours parfaitement lisible —, tu as raison : la Mystisie doit oeuvrer et sans attendre à l’immédiate restitution des sables désertiques au Paradigme.