Votre émission de la nuit.
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DâoĂč provient cette voix ? L'auriez vous dĂ©jĂ entendu ? ... pourquoi (...)
![]() Spoiler DâoĂč provient cette voix ? L'auriez vous dĂ©jĂ entendu ? ... pourquoi ta vidĂ©o KraTube a Ă©tĂ© remplacĂ© par un logo et une voix derriĂšre ? DĂ©cret impĂ©rial n° 404-BIS, des Tapis Volants et des Retours Improbables. RĂ©capitulatif des derniers Ă©pisodes en playlist. Ămis KlĂ©o, actuellement sous sa forme fĂ©line rĂ©glementaire conformĂ©ment au dĂ©cret 12-8-8 relatif aux mĂ©tamorphoses administratives. ĂMISSION SPĂCIALE : QuessĂ© que je fais icitte. ![]() Les vieux sages de RuthvĂ©nie affirment souvent que la sagesse vient avec l'Ăąge. Une thĂ©orie respectable, Ă©lĂ©gante mĂȘme, qui permet Ă de nombreuses personnes d'espĂ©rer que le simple Ă©coulement du temps finira par accomplir le travail que plusieurs dĂ©cennies d'entĂȘtement n'ont jamais rĂ©ussi Ă entamer. Malheureusement, les Ă©vĂ©nements rĂ©cents nous obligent Ă nuancer quelque peu cette croyance populaire. Car si l'Ăąge est effectivement arrivĂ© chez certains protagonistes de cette histoire, la sagesse, elle, semble avoir ratĂ© sa correspondance et demeure introuvable Ă l'heure oĂč nous diffusons cette Ă©mission. Dans la nuit du 8, une remarquable coalition d'ambitieux, de courtisans, de stratĂšges improvisĂ©s et d'experts autoproclamĂ©s dĂ©cida qu'il Ă©tait temps d'expĂ©dier la SorciĂšre ImpĂ©riale. ImpĂ©ratrice qu'on me souffle via un putain d'avion en papier qui a visĂ© l'oeil. L'opĂ©ration fut prĂ©sentĂ©e comme un chef-d'Ćuvre politique dont les gĂ©nĂ©rations futures parleraient encore dans plusieurs siĂšcles. Pendant quelques heures, il faut leur reconnaĂźtre une chose, tout semblait fonctionner. La sorciĂšre Ă©tait partie. Les opposants jubilaient. Les alliĂ©s opportunistes se redĂ©couvraient soudainement des convictions profondes. Coucou, on vous a vu ! Les chroniqueurs rĂ©digeaient dĂ©jĂ des analyses dĂ©finitives sur la fin d'une Ă©poque. Les plus enthousiastes envisageaient probablement de faire Ă©riger une statue Ă leur propre clairvoyance. TĂMOIN ANONYME N°1 Voix modifiĂ©e jusqu'Ă Ă©voquer une porte de cave centenaire qui regrette d'avoir Ă©tĂ© ouverte. Ils Ă©taient heureux. Vraiment heureux. Je crois mĂȘme que certains avaient atteint ce stade rare oĂč l'autosatisfaction devient visible Ă l'Ćil nu. Ils ressemblaient Ă des enfants qui viennent de jeter leur jouet prĂ©fĂ©rĂ© dans un ravin et qui sont persuadĂ©s d'avoir rĂ©solu un problĂšme de rangement.Pendant ce temps, la terrible condamnĂ©e dĂ©couvrait l'horreur de sa nouvelle existence. Une Ăźle tropicale entourĂ©e d'eau turquoise. Un climat agrĂ©able. Une population Ă rencontrer. Des commerçants avec lesquels discuter. Des clients potentiels. Des opportunitĂ©s Ă©conomiques. Les archives demeurent floues sur ce point, mais plusieurs historiens considĂšrent aujourd'hui qu'il est possible qu'une erreur administrative se soit glissĂ©e quelque part entre la notion de bagne et celle de destination touristique. FidĂšle Ă ses habitudes, la sorciĂšre rĂ©agit Ă cette tragĂ©die avec une absence totale de dignitĂ©. Au lieu de sombrer dans le dĂ©sespoir comme l'exige pourtant toute victime sĂ©rieuse d'un exil politique, elle entreprit de dĂ©velopper son commerce, d'Ă©tablir de nouveaux contacts et, circonstance aggravante, de gagner de l'argent. Les spĂ©cialistes continuent d'ailleurs d'Ă©tudier cette Ă©trange pathologie qui pousse certaines personnes Ă transformer les catastrophes en opportunitĂ©s au lieu de passer plusieurs semaines Ă se lamenter convenablement. Mais ou sont passĂ© les pleureuses brunes quand on en a vraiment besoin hein ? Ă RuthvĂ©nie, les cĂ©lĂ©brations atteignaient alors un niveau d'autocongratulation rarement observĂ© en dehors des cĂ©rĂ©monies officielles oĂč des notables se remettent mutuellement des distinctions pour avoir eu l'excellente idĂ©e d'ĂȘtre d'accord entre eux. Les discours se succĂ©daient. Les compliments circulaient librement. Les analyses devenaient de plus en plus triomphales Ă mesure qu'elles s'Ă©loignaient de la rĂ©alitĂ© observable. Instant publicitĂ©, que vous ne pouvez pas voir parce que vous avez installĂ© un parefeu BrunVPN sur votre vieilles radio cathodique, c'Ă©tait pas les Ă©crans ca ? On s'en fou. TĂMOIN ANONYME N°2 Voix transformĂ©e en deux plaques de mĂ©tal qui rĂšglent un diffĂ©rend juridique. Je me souviens d'un conseiller qui rĂ©pĂ©tait Nous avons enfin gagnĂ©. Ce qui n'Ă©tait pas inquiĂ©tant en soi. Ce qui l'Ă©tait davantage, c'est qu'il disait exactement la mĂȘme chose chaque semaine depuis plusieurs mois. Ă un moment donnĂ©, j'ai commencĂ© Ă soupçonner que gagner Ă©tait devenu un Ă©tat Ă©motionnel plutĂŽt qu'un Ă©vĂ©nement rĂ©el.Puis arriva 09h30. L'instant prĂ©cis oĂč la rĂ©alitĂ©, lassĂ©e d'ĂȘtre ignorĂ©e, dĂ©cida de participer Ă la conversation. ![]() Dans le ciel de Mystisie apparut un tapis volant noir. Dessus se trouvait une anomalie extrĂȘmement gĂȘnante pour plusieurs carriĂšres politiques la mĂȘme sorciĂšre que les autoritĂ©s avaient officiellement dĂ©clarĂ© hors d'Ă©tat de nuire quelques heures auparavant. Le problĂšme Ă©tait d'une simplicitĂ© presque cruelle. La sorciĂšre Ă©tait visible. Les communiquĂ©s affirmaient qu'elle ne l'Ă©tait pas. Or, l'expĂ©rience dĂ©montre que lorsqu'un ĂȘtre humain doit choisir entre ses propres yeux et un document rĂ©digĂ© par le cousin d'un conseiller nommĂ© par le beau-frĂšre d'un ministre, les rĂ©sultats deviennent rapidement embarrassants pour l'administration concernĂ©e. TĂMOIN ANONYME N°3 Voix modifiĂ©e jusqu'Ă Ă©voquer un dĂ©mon asthmatique mĂąchant du gravier. J'ai vu un ministre regarder le ciel. Puis ses papiers. Puis le ciel Ă nouveau. Puis ses papiers. Il a rĂ©pĂ©tĂ© l'opĂ©ration plusieurs fois comme s'il espĂ©rait que l'un des deux Ă©lĂ©ments finirait par disparaĂźtre. Ă un moment donnĂ©, quelque chose s'est Ă©teint derriĂšre son regard. Je crois que c'Ă©tait sa carriĂšre.Lorsque le tapis volant se posa finalement devant le Palais ImpĂ©rial, l'atmosphĂšre avait dĂ©jĂ pris cette odeur particuliĂšre qui accompagne les catastrophes politiques de qualitĂ©. Les gardes observaient la scĂšne avec la rĂ©signation de gens qui comprennent soudainement qu'ils ont participĂ© Ă une cĂ©lĂ©bration prĂ©maturĂ©e. Certains portaient encore les dĂ©corations installĂ©es pour commĂ©morer un dĂ©part dĂ©sormais manifestement temporaire, ce qui apportait Ă l'ensemble une touche festive tout Ă fait inappropriĂ©e. Et selon plusieurs tĂ©moins, elle souriait. Ce dĂ©tail mĂ©rite d'ĂȘtre soulignĂ©, car une sorciĂšre en colĂšre demeure finalement assez prĂ©visible. Elle menace. Elle fulmine. Elle prĂ©pare Ă©ventuellement quelque chose de regrettable pour son entourage. Une sorciĂšre qui sourit, en revanche, est gĂ©nĂ©ralement une personne qui a dĂ©jĂ compris quelque chose que tout le reste du monde dĂ©couvrira avec retard. Et dans les affaires politiques comme dans les catastrophes naturelles, ce sont rarement les gens qui paniquent qui inspirent la peur. Ce sont ceux qui commencent Ă s'amuser. ![]() |
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[spoiler]Présentée par Kleo, journaliste impartiale, objective et toxique.
Bonsoir (...)
![]() Spoiler PrĂ©sentĂ©e par Kleo, journaliste impartiale, objective et toxique. Bonsoir mes petits conspirateurs. Nous ouvrons cette Ă©dition avec une nouvelle catastrophe diplomatique pour les ennemis de l'Empire Brun, l'Empire Brun existe toujours. Oui. MalgrĂ© les prophĂ©ties, les malĂ©dictions, les analyses gĂ©opolitiques de comptoir et les experts autoproclamĂ©s qui annoncent son effondrement depuis trois siĂšcles, l'Empire est encore lĂ . Pire, il continue Ă fonctionner. C'est insupportable. Pendant ce temps au ValĂ©gro, les autres nations poursuivent leur activitĂ© favorite, expliquer pourquoi ce n'est absolument pas leur faute alors qu'elles sont toutes debout au milieu de la piĂšce avec un briquet Ă la main et les rideaux en feu derriĂšre elles. La RĂ©publique affirme vouloir la paix. Le Royaume affirme vouloir la paix. La ConfĂ©dĂ©ration affirme vouloir la paix. Le Khanat affirme vouloir la paix tout en annonçant qu'il prendra probablement tout ce qui n'est pas solidement boulonnĂ© au sol. Et l'Empire Brun ? L'Empire Brun regarde tout ce petit monde avec l'expression d'une mĂšre qui dĂ©couvre que ses enfants ont encore essayĂ© de cuire des pĂątes dans la bouilloire. Monique Lemage, toujours soucieuse de l'ordre et de l'esthĂ©tique, a d'ailleurs rĂ©sumĂ© la situation diplomatique avec une prĂ©cision chirurgicale Il y a des trucs qui dĂ©passent. Nous allons venir les couper. Une doctrine simple, lisible, efficace. Enfin une politique Ă©trangĂšre que mĂȘme un poisson rouge pourrait comprendre. Du cĂŽtĂ© de la RĂ©publique, Alice poursuit sa campagne mondiale de distribution de Miaou©. Le monde brĂ»le. Les armĂ©es marchent. Les chevaux agressent des passants. Les ministres se font arrĂȘter. Et Alice continue d'expliquer que la solution rĂ©side probablement dans une meilleure connexion avec son bonheur intĂ©rieur. Ă ce rythme-lĂ , lorsqu'une armĂ©e Brun dĂ©barquera dans son salon, elle leur offrira du thĂ© et un atelier d'expression Ă©motionnelle. Le premier qui la touche j'en fais mon esclave perso entre deux coups de fil anonyme que l'administration m'oblige Ă faire. Parlons maintenant de l'administration impĂ©riale. Agatha, notre ministre de l'Ăconomie. Une femme dont les fesses gĂ©nĂšrent dĂ©sormais davantage de dĂ©bats politiques que le budget national. Une rumeur Ă©voque un BBL. Le cybermonde s'enflamme. Les experts se mobilisent. Les analystes enquĂȘtent. Les services secrets hĂ©sitent Ă ouvrir une commission parlementaire.Et Agatha est obligĂ©e d'interrompre la gestion de milliers de MĂ pour confirmer officiellement que son arriĂšre-train demeure conforme aux standards impĂ©riaux de qualitĂ©. Nous vivons vraiment dans une civilisation avancĂ©e. Du cĂŽtĂ© de la Recherche, Floran BaumĂ© nous offre encore un moment de gĂ©nie. AprĂšs des mois de recherches complexes visant Ă vaincre la gravitĂ©, il annonce avoir dĂ©couvert... le vol. Enfin peut-ĂȘtre. Personne ne sait vraiment. Lui non plus d'ailleurs. Mais il pense que ça pourrait ĂȘtre du vol-au-vent. C'est exactement cette rigueur scientifique qui fait la grandeur de l'Empire Brun. Les autres chercheurs mentent sur leurs rĂ©sultats. Floran assume ouvertement ne rien comprendre. C'est beau. C'est Brun. Pendant ce temps Ă Sicilia, les Dei Machiavelli continuent leur programme expĂ©rimental intitulĂ©. Et si toute l'administration Ă©tait simultanĂ©ment en prison ? Des juges volent. Des procureurs combattent. Des commissaires fabriquent des fausses clefs. Des policiers poursuivent des criminels qui deviennent policiers avant de redevenir criminels. Ă un moment donnĂ©, une personne est entrĂ©e en prison, en est sortie, puis y est retournĂ©e tellement vite qu'on soupçonne dĂ©sormais l'existence d'un abonnement. Et au milieu de ce chaos ? Des chevaux. C'est toujours la faute des chevaux. Je vois des chevaux partout. Ils agressent et tuent des gens. Ils dĂ©truisent des carriĂšres.Ils volent les carambars de vos enfants. Personne ne les arrĂȘte ni ne les juge. Personne n'ose les affronter ! Je commence Ă croire que les chevaux dirigent secrĂštement le cybermonde depuis le dĂ©but. ![]() Enfin, une pensĂ©e Ă©mue pour le Royaume de RuthvĂ©nie. Qui tente encore de rĂ©soudre une guerre avec des discours raisonnables. C'est adorable et courageux. C'est un peu comme essayer d'Ă©teindre un volcan avec un vaporisateur Ă plantes. Mais l'intention est lĂ et ma nouvelle proie est super ! Pleine de maladies et de rĂ©pliques bizarres. C'Ă©tait Kleo sur Radio NĂ©crotoile FM, l'unique mĂ©dia oĂč la mauvaise foi est une mĂ©thode scientifique reconnue. Et souvenez-vous que ... Si les Bruns gagnent, c'Ă©tait le Plan. Si les Bruns perdent, c'Ă©tait aussi le Plan. Si personne ne comprend le Plan... c'est probablement parce qu'il fonctionne. đ·ïž |
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[spoiler]Présentée par Kleo, journaliste impartiale, objective, certifiée conforme et (...)
![]() Spoiler PrĂ©sentĂ©e par Kleo, journaliste impartiale, objective, certifiĂ©e conforme et approuvĂ©e par absolument personne de compĂ©tent. Bonsoir mes petits amateurs de dĂ©sastres politiques. Quelle journĂ©e magnifique dans le Cybermonde. Une de ces journĂ©es oĂč l'Empire Brun continue d'exister malgrĂ© les efforts hĂ©roĂŻques de ses adversaires pour prouver que la rĂ©alitĂ© est une simple opinion facultative. Commençons naturellement par le Royaume de RuthvĂ©nie, cette expĂ©rience sociale grandeur nature consistant Ă vĂ©rifier combien de nobles peuvent tirer chacun de leur cĂŽtĂ© sur le mĂȘme cheval avant qu'il ne se transforme en pĂątĂ©. Alors que le royaume cherche toujours Ă dĂ©terminer lequel de ses habitants gouverne rĂ©ellement le pays, son nouveau roi, Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, a fait une annonce absolument scandaleuse, il prĂ©fĂšre rester tranquillement installĂ© Ă la table de l'ImpĂ©ratrice Monique plutĂŽt que de courir remettre de l'ordre dans une maison dĂ©jĂ entiĂšrement engloutie par les flammes. Une attitude que les experts ruthvĂšnes qualifient de "dĂ©sertion", tandis que les experts bruns la qualifient de "preuve d'un instinct de survie fonctionnel". Les deux analyses semblent Ă©tonnamment compatibles. Pendant ce temps, l'Empire Brun poursuit sa politique Ă©trangĂšre traditionnelle consistant Ă observer ses voisins avec un mĂ©lange subtil de fascination scientifique et de mĂ©pris affectueux. L'ImpĂ©ratrice Monique a mĂȘme proposĂ© un tutorat au Royaume. Une offre gĂ©nĂ©reuse. AprĂšs tout, lorsqu'un enfant tombe dans un escalier vingt-sept fois d'affilĂ©e, il devient moralement difficile de continuer Ă prĂ©tendre qu'il est simplement en train d'explorer son potentiel. Du cĂŽtĂ© de Sicilia, la situation est tout aussi rassurante. Les hĂŽpitaux explosent, les cliniques explosent, les chantiers explosent, les infirmeries explosent. Ă ce stade, il serait probablement plus rapide de dresser la liste des bĂątiments qui n'ont pas explosĂ© aujourd'hui. Les autoritĂ©s locales assurent cependant que tout est sous contrĂŽle. Une affirmation courageuse puisqu'elle a Ă©tĂ© prononcĂ©e au milieu d'un cratĂšre fumant. Dans la ConfĂ©dĂ©ration Libre, les Ă©lections battent leur plein. Plusieurs candidats promettent davantage de dĂ©mocratie, davantage de justice sociale, davantage de consultations populaires et davantage de taxes. Une combinaison audacieuse qui consiste essentiellement Ă demander au peuple son avis avant de lui prendre son portefeuille. Les analystes bruns suivent cette expĂ©rience avec un immense intĂ©rĂȘt anthropologique. Certains espĂšrent mĂȘme la voir reproduite dans un environnement contrĂŽlĂ©, comme un zoo ou une boĂźte de PĂ©tri. Mention spĂ©ciale au ministre confĂ©dĂ©rĂ© ayant interdit les prospectus Ă©lectoraux au nom de l'hygiĂšne dĂ©mocratique. Une dĂ©cision remarquable qui dĂ©montre qu'il est tout Ă fait possible de dĂ©fendre la libertĂ© d'expression Ă condition qu'elle se taise trĂšs fort. En Bouletie, la ConfrĂ©rie Ăclatante a pris le pouvoir. Le programme gouvernemental semble actuellement se rĂ©sumer Ă des rires machiavĂ©liques, une confiance absolue dans le chaos et une vague impression que quelqu'un, quelque part, sait ce qu'il est en train de faire. Les historiens notent qu'il s'agit dĂ©jĂ d'une amĂ©lioration mesurable par rapport Ă certaines administrations prĂ©cĂ©dentes. Et pendant que le monde s'agite dans tous les sens, l'Empire Brun continue sa marche tranquille. Trois mille deux cents MĂ d'impĂŽts rĂ©coltĂ©s, davantage dĂ©pensĂ©s qu'encaissĂ©s, des ministĂšres dĂ©ficitaires et pourtant toujours debout. Ce miracle Ă©conomique porte un nom , la mauvaise volontĂ© des statisticiens Ă©trangers Ă reconnaĂźtre que l'Empire fonctionne uniquement grĂące Ă une combinaison de cynisme, d'obstination et de sorcellerie administrative. Nous terminerons cette Ă©dition par une pensĂ©e Ă©mue pour tous les opposants de l'Empire. Ils annoncent son effondrement chaque semaine depuis si longtemps que certains commencent probablement Ă considĂ©rer cela comme un emploi Ă temps plein. Courage Ă eux. Avec suffisamment de persĂ©vĂ©rance, ils finiront peut-ĂȘtre par avoir raison un jour. De la mĂȘme maniĂšre qu'une horloge cassĂ©e finit par donner la bonne heure deux fois par jour. Ici Kleo. Restez prudents, mĂ©fiez-vous des idĂ©alistes, des rĂ©volutionnaires, des experts et des gens qui disent avoir un plan quand ils ne sont pas bruns. Ce sont gĂ©nĂ©ralement eux qui fabriquent les catastrophes que l'Empire doit ensuite regarder brĂ»ler avec beaucoup de pop corn. |
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24 juin 6662026
[spoiler]Ămission spĂ©ciale : Quand les arbres votent, les rues saignent (...)
![]() 24 juin 6662026 Spoiler Ămission spĂ©ciale : Quand les arbres votent, les rues saignent et les clowns demandent une tribune Bonsoir, mes petits conspirateur, mes fidĂšles auditeurs tapis dans les caves, les tavernes, les bureaux ministĂ©riels mal aĂ©rĂ©s et les coins sombres oĂč lâon peut encore Ă©couter une Ă©mission sans quâun fonctionnaire vienne mesurer le degrĂ© dâironie non rĂ©glementaire dans lâair. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, journaliste rigoureusement impartiale selon des critĂšres que jâai personnellement inventĂ©s aprĂšs trois verres et une rĂ©vĂ©lation mystique dans une chope sale, en direct du MinistĂšre de lâInformation Brun, lĂ oĂč la vĂ©ritĂ© entre en rampant et ressort maquillĂ©e, parfumĂ©e, armĂ©e, puis officiellement certifiĂ©e. Et ce soir, chers survivants du Cybermonde, nous avons une Ă©dition dâune rare beautĂ©, de la nature qui se rĂ©veille, des gouvernements qui nomment des gens avant mĂȘme dâavoir vĂ©rifiĂ© si les chaises sont bien vissĂ©es, des rĂ©volutionnaires qui dĂ©couvrent quâun discours peut effrayer vaches et poulets, des mystisiens qui proposent une conquĂȘte comme on propose un apĂ©ritif, et naturellement Sicilia, ce havre de paix dĂ©licatement nommĂ© Trou Perdu, oĂč lâon rappelle avec poĂ©sie quâil est dangereux de se promener sans appartenir Ă la famiglia. Franchement, si lâHistoire avait des jambes, elle serait dĂ©jĂ en train de courir pieds nus dans une ruelle en hurlant. Commençons par Accalmie, ville au nom dĂ©sormais mensonger, puisque la nature y aurait Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e Ă grands coups de rituel druidique dans la CathĂ©drale de la Conscience Universelle. Des voix auraient chantĂ© dans une langue Ă©trange, ce qui est souvent le premier signe quâune assemblĂ©e de gens trĂšs convaincus sâapprĂȘte Ă faire quelque chose de profondĂ©ment nuisible en prĂ©tendant communier avec lâunivers. Puis, miracle vert, des arbres ont poussĂ©, Ă©ventrant les rues, baissant la pollution au passage, parce que la Nature, cette grande administratrice sans formulaire, a dĂ©cidĂ© quâil Ă©tait plus simple de dĂ©foncer lâurbanisme que de dĂ©poser une demande de permis. Les autoritĂ©s locales parleront peut-ĂȘtre dâun Ă©veil spirituel, dâun retour aux sources ou dâun Ă©quilibre retrouvĂ© entre lâhomme et son environnement. Ici, au MinistĂšre de lâInformation Brun, nous prĂ©fĂ©rons parler dâun attentat botanique Ă connotation dĂ©corative, ce qui est beaucoup plus prĂ©cis, beaucoup plus Ă©lĂ©gant, et surtout beaucoup plus pratique pour accuser quelquâun plus tard si les racines commencent Ă rĂ©clamer un siĂšge au conseil municipal. Toute personne ayant participĂ© au rituel est Ă©videmment invitĂ©e Ă venir expliquer pourquoi Ă©ventrer des rues avec des arbres constitue une avancĂ©e civilisationnelle, et les tĂ©moins ayant vu une dryade secouer ses branches en pleine cathĂ©drale peuvent dĂ©poser leur version, surtout si elle est compromettante. Pendant ce temps, en Mystisie, le Cheikh Evara, ou plutĂŽt le Commandante Cheikh Evara, ou plutĂŽt le Sultan PerpĂ©tuel Commandante Cheikh Evara, puisquâapparemment certains titres grossissent comme des moisissures dans un sous-sol humide, a livrĂ© un discours dâune clartĂ© admirable pour quiconque apprĂ©cie les dĂ©clarations de conquĂȘte rĂ©digĂ©es par un tapis volant ayant inhalĂ© trop de sable. Il vient en paix, nous dit-il, mais en paix offensive, ce qui est un concept diplomatique merveilleux, Ă mi-chemin entre la poignĂ©e de main et le coup de pelle derriĂšre la nuque. La Mystisie Ă©tudie donc lâidĂ©e de rejoindre, annexer, conquĂ©rir, sĂ©duire ou possiblement encombrer la ConfĂ©dĂ©ration Libre, tout en expliquant trĂšs calmement que ce sera naturel, que la population peut aider, que le contrĂŽle des ministĂšres est bien lâidĂ©e, mais quâil ne faut pas sâinquiĂ©ter parce que tout cela reste une Ă©tude. Ah, les Ă©tudes. Cette merveilleuse pĂ©riode oĂč lâon ne fait encore rien officiellement, sauf annoncer ce quâon fera peut-ĂȘtre, oĂč on le fera, comment on le fera, et combien de cloportes on repoussera ensuite avec lâaide des nouveaux conquis. Il faut reconnaĂźtre Ă la Mystisie une certaine franchise dans la prĂ©dation, ce qui devient rare dans un monde oĂč tant de gens prĂ©fĂšrent appeler leurs ambitions ârĂ©formesâ, âstabilisationâ, âprotection des intĂ©rĂȘts populairesâ ou âministĂšre du temps libreâ. LĂ au moins, câest net, ils veulent probablement prendre vos terres, votre banniĂšre, vos ministĂšres et peut-ĂȘtre votre fauteuil, mais avec assez de panache pour que vous hĂ©sitiez entre sortir lâĂ©pĂ©e ou demander la brochure. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s concernĂ©s peuvent venir nier leur intĂ©rĂȘt, supplier, nĂ©gocier ou offrir des pots-de-vin, ce qui, dâaprĂšs les termes mĂȘmes de cette grande poĂ©sie sableuse, pourrait accĂ©lĂ©rer le processus et donc rendre la conquĂȘte plus confortable pour tout le monde. Et puisque nous parlons de gens qui nomment le dĂ©sordre destinĂ©e, allons faire un crochet par le ValĂ©gro, ou la Moldavie, ou Fort Emouchet, ou Fort Manouchet, selon lâheure, la propagande et le degrĂ© dâalcool dans le sang des rĂ©volutionnaires. LĂ -bas, la RĂ©publique de Kraland continue dâexpliquer au peuple quâil a enfin rejoint le Bonheur, ce qui est toujours plus crĂ©dible quand on le rĂ©pĂšte assez fort pour couvrir les cris des vaches effrayĂ©es par les discours de Bogdan DâArken. Les paysans sont libres, les chevaux sont lĂ©gaux, les fonctionnaires se fĂ©licitent, les manifestations sautent en criant que ceux qui ne sautent pas sont bourgeois, et lâon sent trĂšs fort ce parfum inimitable des lendemains qui chantent dans une grange encore chaude. Mais attention, tout le monde nâest pas convaincu par la nouvelle fĂ©licitĂ© obligatoire. PierreJean, visiblement attachĂ© Ă ses plantes magiques et Ă ses poulets psychologiquement fragiles, a demandĂ© si les grands discours rĂ©volutionnaires pouvaient se tenir ailleurs que dans les zones oĂč la basse-cour risque la crise existentielle. VoilĂ donc le drame rural du siĂšcle, dâun cĂŽtĂ©, la RĂ©publique qui apporte le Bonheur au peuple et de lâautre, des animaux domestiques qui nâont pas signĂ© pour devenir figurants dans une rĂ©volution prolĂ©tarienne Ă percussion verbale. Le MinistĂšre Brun tient Ă saluer cette scĂšne, car elle rĂ©sume parfaitement la politique moderne, des gens trĂšs sĂ©rieux promettent de sauver le peuple, pendant que les poulets cherchent un endroit plus stable que le gouvernement. Les habitants du ValĂ©gro peuvent naturellement appeler lâĂ©mission pour nous dire sâils se sentent libĂ©rĂ©s, annexĂ©s, rebaptisĂ©s, dĂ©placĂ©s, convertis ou simplement fatiguĂ©s, et les vaches ayant subi un discours de Bogdan auront droit Ă lâanonymat, par respect pour leur traumatisme laitier. Pendant ce temps, en Bananie, on a assistĂ© Ă ce que les urbanistes appellent les soir de pleine lune, une reconfiguration dynamique du patrimoine bĂąti et que les gens normaux appellent une sĂ©rie dâattentats. Mais ne soyons pas vulgaires, il ne sâagissait pas seulement dâexplosions, dâĂ©croulements, de maisons ouvertes comme des fruits trop mĂ»rs et de victimes par-ci par-lĂ , non, câĂ©tait apparemment une grande conversation architecturale menĂ©e Ă coups de crimes politiques, de bĂątiments affaiblis, de villas trouĂ©es et de cabanes regrettant dâavoir eu des murs. Light Deathnote, Big R, U.B.C., Distillerie, les maisons, les maisonnettes, les villas, les chantiers, tout le monde semble avoir participĂ© Ă cette chorĂ©graphie du dĂ©sastre oĂč lâon entre en prison, on en sort, on se livre, on recommence, on perd un poste, on soutient logistiquement quelquâun, on devient recherchĂ© par une police ou par lâautre, et au final on obtient cette merveilleuse impression que la loi court derriĂšre les criminels avec une pelle, tandis que les criminels prennent le temps de signer les dĂ©combres. Nous invitons donc les Bananiens Ă nous expliquer si tout cela relevait dâune stratĂ©gie politique, dâun festival pyrotechnique municipal, dâune querelle de voisinage un peu expressive ou simplement de cette vieille tradition cybermondaine qui consiste Ă rĂ©soudre un dĂ©saccord en retirant un mur porteur. Les lignes sont ouvertes, sauf si elles ont sautĂ© avec la villa. Et comme si ce buffet de chaos ne suffisait pas, RuthvĂ©nie a dĂ©cidĂ©, avec une pudeur de cadavre habillĂ© pour un bal, de continuer son théùtre nobiliaire. AllĂ©geances, discours, fauteuils, bureaux, plantes vertes, accusations dâhĂ©rĂ©sie, destruction de prĂ©fecture et rumeurs sur des successions remplacĂ©es par de grands entretiens avec des miroirs. VoilĂ un Royaume qui ne gouverne plus seulement par le sang bleu, mais par le reflet narcissique, ce qui est tout de mĂȘme un progrĂšs technologique en matiĂšre de consanguinitĂ© administrative. Bladimir dĂ©truit une prĂ©fecture parce quâelle servirait Ă monter de faux dossiers dâhĂ©rĂ©sie, Tormenta distribue des gifles verbales comme des dragĂ©es empoisonnĂ©es, Golgoth remercie les soutiens au Roi, Darth Leo prĂȘte allĂ©geance avec une dignitĂ© de funambule sur un cercueil, et quelque part une plante verte attend sĂ»rement quâon lui demande son avis sur la stabilitĂ© institutionnelle. Le Royaume veut un Roi, des allĂ©geances, de la paix civile et peut-ĂȘtre un peu moins de gens qui dĂ©montent les bĂątiments de police pour raisons spirituelles. Ambitieux, mais touchant, comme un squelette qui tenterait de refaire sa toiture pendant un orage. Toute personne ruthvĂšne souhaitant corriger cette analyse peut venir le faire, mais nous lui demanderons de prĂ©ciser au prĂ©alable si elle parle au nom du Roi, du miroir, de la plante verte, de la prĂ©fecture dĂ©truite ou de lâhĂ©rĂ©sie en morceaux. Cela Ă©vitera les confusions, qui sont dĂ©jĂ bien assez nombreuses pour nourrir trois ministĂšres et un couvent de greffiers dĂ©pressifs. Enfin, un mot sur le Paradigme, oĂč Jay Padbol a signĂ© une transition avec toute la profondeur politique dâun homme qui prĂ©fĂšre son bronzage aux rapports administratifs, ce qui est, avouons-le, une mĂ©thode de gouvernement dâune honnĂȘtetĂ© presque reposante. Mina arrive avec lâurgence, les documents prĂȘts, la menace au cĆur de la capitale, la photo de Constance et la petite phrase merveilleuse, ne lisez pas, faites-moi confiance. Et Jay, grand prince de la dĂ©lĂ©gation fuchsia, signe avec un cĆur en bas de page avant de retourner Ă sa sĂ©rie. Certains y verront une crise institutionnelle, dâautres une passation de pouvoir. Moi, jây vois une grande leçon de modernitĂ©, pourquoi dĂ©battre, contrĂŽler, vĂ©rifier ou comprendre, quand on peut confier lâĂtat Ă quelquâun de stressĂ© pendant que lâon protĂšge son feng shui ? Le Paradigme vient peut-ĂȘtre dâinventer lâadministration par abandon Ă©lĂ©gant, et nous devons reconnaĂźtre que câest presque aussi beau quâun dĂ©cret impĂ©rial Ă©crit sur une nappe tachĂ©e. Mes chers auditeurs, que retenir de cette journĂ©e ? Que la Nature peut Ă©ventrer les rues avec plus dâefficacitĂ© quâun comitĂ© de travaux publics. Que la Mystisie peut annoncer une conquĂȘte en laissant croire quâil sâagit dâune consultation. Que le ValĂ©gro est libre, surtout de ne pas comprendre sous quel nom il se rĂ©veille. Que Sicilia reste fidĂšle Ă elle-mĂȘme, ce qui est une menace, mais au moins une menace stable. Que la Bananie construit lâavenir en retirant les murs du prĂ©sent. Et que les royaumes, paradigmes, confĂ©dĂ©rations et autres maisons mal rangĂ©es continuent de prouver, Ă©pisode aprĂšs Ă©pisode, que lâEmpire Brun avait raison depuis le dĂ©but, mĂȘme quand il nâĂ©coutait pas. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Les tĂ©moins anonymes, les menteurs officiels, les victimes consentantes de la vĂ©ritĂ©, les druides Ă voix Ă©trange, les rĂ©volutionnaires Ă poulets traumatisĂ©s, les Siciliens armĂ©s de traditions et les Bananiens encore debout malgrĂ© lâabsence de murs sont invitĂ©s Ă se manifester. Ici Kleo. Dormez bien, fermez vos fenĂȘtres, surveillez vos rues, vos arbres, vos ministres et vos familles. |
24/06 (02:20) | ||
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Radio Nécrotoile a écrit :
....Nous invitons donc les Bananiens Ă nous expliquer si tout cela relevait dâune stratĂ©gie politique, dâun (...)
Radio Nécrotoile a écrit :
Hey ! Salut! Ca fait longtemps que j'ai plus donnĂ© Ă mes dĂ©traqueurs de quoi me fustiger alors allons y gaiement ![]() Je parle en tant que Bananienne mais aussi GK. Hier effectivement un petit feux d'artifice Ă eux lieu! Mais nous n'agissons jamais sans raison ![]() Quand j'Ă©tais au ValĂ©gro un soir, je chercher des oeufs pour mon omelette du matin avec mon cher DSS. Nous nous sommes fait vioellement attaque et emmenĂ©! Alors vous voyez, attaquer une cheffe d'Ă©tat, j'admire car faut quand mĂȘme oser le faire... MAIS il faut surtout en assumer les consĂ©quences... ![]() Cette personne, est dĂ©cĂ©dĂ© et revenue Ă la vie en Bananie! Quel Ă©trange coup du sort! J'y ai vu une bĂ©nĂ©diction de l'ovule et j'ai donc effectuĂ©e ma sanction! Et elle dormait dans cette magnifique villa dont la propriĂ©taire Ă fait la veille un discours me critiquant... Une conjoncture parfaite pour finaliser notre prise de dĂ©cision finale. |
24/06 (10:07) | Tifa LockHeart |
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| Tifa LockHeart a écrit : ... Madame la Grande Khane, j'espÚre que vous vous rendez compte que vous gueulez contre la radio (...) | 24/06 (16:08) | B. B. en initiales | |
| B. B. en initiales a écrit : HA ! Merci B.B , à peine arrivée et déjà utile, c'est formidable! Je vous avoue tellement habituée à (...) | 24/06 (16:19) | Tifa LockHeart |
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Tifa LockHeart a écrit :
*Bruit de glicht appuyé. tel un alcoolique sur le comptoir du bar.*
Oh.
Donc si je résume bien, parce que (...)
Tifa
LockHeart a Ă©crit :*Bruit de glicht appuyĂ©. tel un alcoolique sur le comptoir du bar.* Oh. Donc si je rĂ©sume bien, parce que visiblement il faut parfois dĂ©ployer une toile entiĂšre pour attraper la logique au vol : une cheffe dâĂtat sâest fait enlever, lâaffaire a vexĂ© lâovule mystique, la personne responsable a eu lâextrĂȘme impolitesse de mourir puis de rĂ©apparaĂźtre en Bananie, et comme elle dormait dans une villa appartenant Ă quelquâun qui avait eu lâaudace criminelle de critiquer votre magnificence la veille, vous avez estimĂ© que lâensemble formait une fresque politique cohĂ©rente justifiant une petite dĂ©coration murale Ă base de gravats. Magnifique. Vraiment, Radio NĂ©crotoile salue lâeffort narratif. Ce nâest plus de la diplomatie, câest du tricot mental avec des fils barbelĂ©s. Jâadmire particuliĂšrement le passage oĂč lâenlĂšvement devient une sanction divine en attente, puis oĂč la villa, pauvre bĂątisse innocente ayant manifestement choisi le mauvais propriĂ©taire et le mauvais locataire au mauvais moment, se retrouve promue au rang de coupable architectural. Il faut reconnaĂźtre quâen Cybermonde, les murs porteurs ont souvent des opinions politiques extrĂȘmement discutables. On ne se mĂ©fie jamais assez dâune charpente dissidente. Cela dit, jâentends bien le message. Attaquer une cheffe dâĂtat, câest oser. Mais rĂ©pondre Ă une attaque en pulvĂ©risant une villa parce que le destin, lâovule et la rancune immobiliĂšre se sont alignĂ©s dans le ciel comme trois astres particuliĂšrement mal lunĂ©s, câest assumer avec une Ă©lĂ©gance toute bananienne. Nous avions demandĂ© sâil sâagissait dâune stratĂ©gie politique, dâun festival pyrotechnique municipal, dâune querelle de voisinage ou dâune tradition locale consistant Ă retirer les murs pour mieux aĂ©rer le dĂ©bat. La rĂ©ponse semble donc ĂȘtre, oui. Tout Ă la fois. Avec bĂ©nĂ©diction religieuse, supplĂ©ment omelette, et finition gravats. Je remercie donc la Bananie pour cette clarification prĂ©cieuse. GrĂące Ă vous, nous savons dĂ©sormais que lorsquâun bĂątiment explose, ce nâest pas nĂ©cessairement une dĂ©claration de guerre, ni un accident, ni mĂȘme un excĂšs de zĂšle administratif. Cela peut aussi ĂȘtre une prise de dĂ©cision finale, subtilement accompagnĂ©e par lâunivers, la vengeance, et une vilaine envie de rappeler aux propriĂ©taires que critiquer quelquâun la veille peut rendre leur mobilier trĂšs nerveux le lendemain. Radio NĂ©crotoile poursuivra naturellement son enquĂȘte, tant quâil reste des murs sur lesquels coller nos affiches. Et aux Bananiens encore debout malgrĂ© lâabsence de villa, nous adressons nos plus sincĂšres pensĂ©es. Ainsi quâun conseil pratique, dormez lĂ©ger, pensez Ă vĂ©rifier le propriĂ©taire du lit, et surtout, ne critiquez jamais une cheffe dâĂtat dans un rayon de trois bĂątiments inflammables. ------------------------- Ouaaaa on a eu une rĂ©action et c'est pas de la pitiĂ© de Monique, l'idĂ©e Ă©tait pas mal en fait. Oups je suis encore sur les ondes ... Ici Radio NĂ©crotoile, Kleo Ă vous les studios. |
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25 juin 6662026
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Ămission spĂ©ciale du MinistĂšre de lâInformation Brun, avec (...)
![]() 25 juin 6662026 Spoiler Ămission spĂ©ciale du MinistĂšre de lâInformation Brun, avec Kleo, araignĂ©e impĂ©riale, journaliste impartiale puisque personne nâa encore rĂ©ussi Ă prouver le contraire sans pleurer. Bonsoir, chers auditeurs, chĂšres auditrices, chers suspects encore libres, nobles Ă serments variables, gouverneurs de passage, chats fiscaux, ambassadeurs pyromanes, duchesses contrariĂ©es et autres meubles politiques que lâHistoire dĂ©place parfois sans demander lâaide dâun dĂ©mĂ©nageur. Ici Kleo, en direct des studios de Radio NĂ©crotoile, lĂ oĂč les ondes se brouillent moins par accident que par respect pour la vĂ©ritĂ© officielle, cette grande dame fragile que nous maquillons soigneusement avant de la pousser sous les projecteurs. Ce soir, le Cybermonde nous offre encore une de ces soirĂ©es somptueuses oĂč tout le monde prĂ©tend dĂ©fendre lâordre pendant que les bĂątiments explosent, que les serments tombent comme des dents dans une bagarre de taverne et que certains responsables politiques semblent avoir confondu formulaire administratif, dĂ©claration dâamour, dĂ©mission ministĂ©rielle et tentative dâusurpation. Commençons donc par la RuthvĂ©nie, ce vieux théùtre noble oĂč lâon ne rĂšgne jamais vraiment tant quâau moins trois personnes ne sont pas venues expliquer, la main sur le cĆur et le poignard dans la manche, quâelles avaient toujours cru en lâunitĂ© du Royaume, sauf les jours oĂč cela les arrangeait moins. Le Roi Wenceslas, dans un Ă©lan majestueux que nous qualifierons par pure courtoisie de vertical, a enfin reçu assez dâallĂ©geances pour poser ses deux bottes sur le trĂŽne sans que celui-ci ne lui demande immĂ©diatement ses papiers. Les fidĂšles sont venus, les hĂ©sitants ont avalĂ© leur potion amĂšre, les prudents ont souri comme des condamnĂ©s devant une porte ouverte et tout ce petit monde a dĂ©couvert cette vĂ©ritĂ© fondamentale... un serment donnĂ© Ă contrecoeur reste un serment, exactement comme une soupe froide reste un repas lorsque la famine frappe le buffet. Il manque pourtant encore des voix, des noms, des plumes qui refusent de signer et des duchesses qui prĂ©fĂšrent manifestement se faire pousser des racines dans le sol plutĂŽt que de prĂȘter allĂ©geance Ă un souverain dont la simple Ă©vocation semble leur froisser lâĂąme comme une nappe de banquet tachĂ©e au vin chaud. Felicity, noble entre les nobles, duchesse entre les duchesses, rĂ©sistance en dentelle et refus en majuscules, a donc continuĂ© Ă incarner ce noble art ruthvĂšne consistant Ă dire non avec tant de panache quâon finit par se demander si le Royaume ne tient pas davantage grĂące Ă ses opposants quâĂ ses piliers. Il faut reconnaĂźtre que, pendant ce temps, lâEmpire Brun observe la scĂšne avec cette bienveillance tranquille du prĂ©dateur qui regarde un troupeau hĂ©siter devant un pont dĂ©jĂ vermoulu. Car enfin, que nous montre la RuthvĂ©nie ? Une nation qui rĂ©clame lâunitĂ©, mais dans laquelle chaque allĂ©geance ressemble Ă un contrat rĂ©digĂ© pendant une prise dâotages. Un royaume qui veut avancer, mais oĂč certains freinent des quatre fers avec la grĂące dâun cheval mort accrochĂ© Ă une charrette, une couronne qui tend la main et des nobles qui vĂ©rifient dâabord si les doigts ne cachent pas une facture, une cage ou une invitation Ă finir dans un discours de propagande. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera, selon nos experts, une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison depuis le dĂ©but. Pendant que Ruthvenville rĂ©chauffait son trĂŽne Ă coups de serments douloureux, le ValĂ©gro, fidĂšle Ă sa rĂ©putation de province oĂč les institutions tiennent debout par superstition plus que par architecture, a dĂ©cidĂ© de nous offrir un coup dâĂtat dĂ©licatement emballĂ© dans une dĂ©mission. Cassandre Lemage Ruthven, nommĂ©e procureure, a aussitĂŽt pris connaissance de sa fonction, contemplĂ© lâidĂ©e mĂȘme de prison, ressenti un haut-le-cĆur idĂ©ologique, puis a conclu avec une logique dâune puretĂ© presque mĂ©dicale quâil fallait abolir la taule en commençant par usurper le gouverneur. VoilĂ une femme qui comprend la cohĂ©rence politique. Dâautres auraient rĂ©digĂ© un programme. Dâautres auraient convoquĂ© une assemblĂ©e, consultĂ© la population, prĂ©parĂ© une transition, Ă©crit un rapport ennuyeux avec des mots comme rĂ©forme, sĂ©curitĂ© et concertation. Cassandre, elle, a choisi une mĂ©thode plus directe, dĂ©poser sa dĂ©mission en montant dâun Ă©tage. Il y a dans ce geste une beautĂ© administrative rare. Et maintenant, que propose la nouvelle gouverneure ? Abolir la prison, remplacer la marĂ©chaussĂ©e, faire respirer les murailles Ă grands coups de dĂ©molition, enseigner la natation au peuple et transformer le Fort Ămouchet en expĂ©rience politique semi-aquatique oĂč la sĂ©curitĂ© publique sera probablement assurĂ©e par des volontaires, des patates et une foi trĂšs personnelle dans le fait que les gens flottent mieux lorsquâils nâont plus de murs autour dâeux. Nous saluons cette initiative avec toute la neutralitĂ© impĂ©riale nĂ©cessaire, lorsquâune province dĂ©cide de remplacer la loi par une canopĂ©e et la prison par un concept, il serait mesquin de ne pas applaudir avant de prendre des notes pour le rapport dâautopsie. Toute personne souhaitant dĂ©fendre le programme valĂ©grognard peut naturellement venir le faire en direct, Ă condition dâexpliquer lentement comment la destruction des cages empĂȘche les criminels de sortir, puisque, sauf erreur de ma part, câĂ©tait dĂ©jĂ lâidĂ©e gĂ©nĂ©rale du problĂšme. Mais quittons un instant les charmes humides de la rĂ©forme pĂ©nale pour rejoindre la Bananie, terre bĂ©nie de lâovule, du fruit courbe, de la dĂ©cision finale et du feu dâartifice diplomatique avec supplĂ©ment gravats. LĂ -bas, une ambassade ruthvĂšne a cessĂ© dâexister de maniĂšre trĂšs Ă©nergique, ce qui, selon les intervenants locaux, ne serait pas tant un incident international quâune forme avancĂ©e de communication interculturelle. Il paraĂźt que lâambassadeur aurait lui-mĂȘme payĂ© une partie des frais, fourni ou validĂ© du matĂ©riel et que tout cela sâinscrivait dans un processus de nĂ©gociation si subtil quâil fallait visiblement des bombes pour ponctuer les phrases. Câest admirable. Autrefois, les peuples sâenvoyaient des messagers, des traitĂ©s, des coffrets, des menaces voilĂ©es et parfois des tĂȘtes dans des sacs lorsque la diplomatie avait une journĂ©e difficile. Aujourdâhui, la Bananie innove, elle fait sauter lâambassade, remercie les tĂ©moins de leur participation, puis explique que lâintĂ©gration locale passait nĂ©cessairement par la disparition du bĂątiment. Il y a lĂ une vision du vivre-ensemble qui ne manque pas dâair, surtout depuis que les murs sont partis en vacances sous forme de poussiĂšre. Et comme aucun feu dâartifice municipal ne serait complet sans une petite victime architecturale supplĂ©mentaire, une villa voisine a Ă©galement Ă©tĂ© pulvĂ©risĂ©e, apparemment parce quâon a rĂ©cemment dĂ©couvert quâon ne lâaimait pas non plus. VoilĂ qui simplifie beaucoup les procĂ©dures dâurbanisme. Pourquoi remplir des formulaires, organiser des dĂ©bats, attendre des permis, quand il suffit dâapprendre soudainement quâun bĂątiment vous dĂ©plaĂźt pour lui offrir une retraite anticipĂ©e dans lâau-delĂ immobilier ? Radio NĂ©crotoile invite donc les Bananiens Ă nous expliquer si cette philosophie du bĂąti sâapplique Ă toutes les structures, ou seulement aux villas ayant eu le mauvais goĂ»t de loger des personnes politiquement agaçantes. Les propriĂ©taires anxieux, les ambassadeurs assurĂ©s, les murs porteurs traumatisĂ©s et les assureurs Ă tendance suicidaire peuvent se manifester. Les lignes sont ouvertes, sauf si elles se trouvaient dans lâambassade. Et pendant que les murs tombaient Ă lâĂ©tranger, la RuthvĂ©nie, elle, continuait sa grande chorĂ©graphie intĂ©rieure. Mench0, ministre de lâIntĂ©rieur, a cru bon de renouveler son allĂ©geance Ă la Couronne en prĂ©cisant quâil comptait bien la rĂ©cupĂ©rer faute de possesseur, ce qui est une maniĂšre dĂ©licieuse de dire... je vous sers, MajestĂ©, jusquâau moment exact oĂč je trouverai votre chaise inoccupĂ©e. Puis, dans un geste dâune poĂ©sie administrative rare, il a tentĂ© dâusurper le Roi en expliquant quâil dĂ©missionnait en lâhonneur de Koshka. Il faut savourer. Certains se trompent de porte. Certains se trompent de date. Certains se trompent de destinataire lorsquâils envoient une lettre dâamour. Mench0, lui, se trompe de formulaire et tente de renverser la monarchie. Heureusement, la Justice ruthvĂšne, grande mĂšre indulgente des catastrophes bien Ă©levĂ©es, a visiblement regardĂ© le dossier avec ce soupir tendre quâon rĂ©serve aux enfants qui dessinent sur les murs avec un couteau, avant de conclure quâil voulait probablement juste passer Ă autre chose. RĂ©sultat, poursuites annulĂ©es, poste perdu, puis nomination comme PrĂ©fet de Police. La RuthvĂ©nie vient donc dâinventer un principe fascinant , quand un homme Ă©choue Ă usurper le Roi, il devient responsable de lâordre. Câest dâune logique si pure quâelle en devient brune malgrĂ© elle. Les citoyens inquiets peuvent venir poser leurs questions sur cette nomination. Les citoyens rassurĂ©s aussi, mais nous leur demanderons dâabord de souffler dans un cornet pour vĂ©rifier leur taux de naĂŻvetĂ©. Pendant ce temps, ailleurs dans les geĂŽles du Cybermonde, Merula, chat fiscalement contrariĂ© et vocalement infatigable, a choisi dâexercer son droit Ă la parole depuis la prison en miaulant assez longtemps pour que mĂȘme les murs envisagent de demander un transfert. Le dossier, dĂ©jĂ chargĂ© de vols, de fausses clefs, de prolongations de peine et dâun redressement fiscal brun, devient une symphonie carcĂ©rale dont le refrain pourrait se rĂ©sumer ainsi , le crime ne paie pas toujours, mais il miaule trĂšs fort quand on lui reprend la monnaie. LâEmpire Brun, dans sa grande gĂ©nĂ©rositĂ©, a dâailleurs dĂ©montrĂ© une fois encore quâil savait distinguer le Mal utile du Mal mal investi. Voler des milliers au TrĂ©sor Brun, câest honteux, certes, mais le vĂ©ritable scandale nâest pas tant le vol que lâabsence de rendement idĂ©ologique. Que lâargent parte dans des bourses privĂ©es, soit, mais encore faudrait-il quâil serve Ă quelque chose dâun minimum spectaculaire, comme corrompre une province, acheter une basilique de mauvais goĂ»t ou financer une campagne de rumeurs pour aider Monique. Merula, Don Amortel et les autres dĂ©tenus Ă plume, poil ou sermon peuvent bien entendu envoyer leurs messages depuis prison. Radio NĂ©crotoile les lira avec Ă©motion, surtout sâils sont plus courts quâun miaulement de trois kilomĂštres. Ah, Don Amortel, justement. La ConfĂ©dĂ©ration Libre, cette dĂ©licieuse machine Ă fabriquer du soupçon avec des boulons rouillĂ©s, lâa officiellement dĂ©signĂ© comme agent brun, ce qui prouve au moins une chose, mĂȘme nos supposĂ©s infiltrĂ©s ont plus de panache que leurs candidats locaux. Le pauvre Don, accusĂ©, primĂ©, capturĂ©, livrĂ©, commentĂ©, transformĂ© en attraction Ă©lectorale par des adversaires qui semblent avoir confondu justice, jeu tĂ©lĂ©visĂ© et concours de pelage, a fini par rappeler Ă tous que la politique confĂ©dĂ©rĂ©e est une chose simple. Lorsquâon ne sait pas quoi faire, on trouve un brun, on colle une prime dessus et on appelle cela une dĂ©fense de la libertĂ©. Nous remercions chaleureusement la ConfĂ©dĂ©ration pour cette reconnaissance implicite de la qualitĂ© impĂ©riale. Quand nos ennemis voient des agents bruns partout, câest que notre prestige a enfin remplacĂ© leur mobilier intĂ©rieur. Quant Ă ceux qui se demandent si Don Amortel est rĂ©ellement un agent brun, Radio NĂ©crotoile rĂ©pondra avec la rigueur quâon nous connaĂźt, peut-ĂȘtre, probablement, suffisamment pour lâĂ©mission et de toute maniĂšre lâaccusation est trop Ă©lĂ©gante pour ĂȘtre gĂąchĂ©e par des preuves. Toute personne dĂ©sirant contester cette version peut venir le faire en direct. Nous fournirons une chaise, un verre dâeau et une petite pancarte , Je nie donc je confirme, pour faciliter le dĂ©bat. Ainsi va le Cybermonde, mes chers auditeurs, des rois qui demandent des serments dont ils disent ne plus avoir besoin des gouverneures qui abolissent la prison en grimpant sur le cadavre tiĂšde dâune fonction prĂ©cĂ©dente, des ambassades qui explosent par souci dâintĂ©gration culturelle, des villas qui meurent pour leurs frĂ©quentations, des usurpateurs promus Ă la police, des chats qui miaulent depuis leur cellule et partout, absolument partout, cette magnifique impression que lâEmpire Brun avait raison de regarder le monde comme une vaste table mal tenue oĂč les autres renversent la soupe avant de nous accuser dâavoir prĂ©vu la nappe. Nous ne disons pas que tout cela prouve la supĂ©rioritĂ© brune. Nous disons simplement que lorsque nos adversaires se chargent eux-mĂȘmes de transformer leurs institutions en théùtre dâombres, en compost administratif et en festival pyrotechnique, il serait profondĂ©ment impoli de ne pas applaudir. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les nobles froissĂ©s, les Bananiens poudrĂ©s de cendre, les ValĂ©gronards amphibies, les RuthvĂšnes allergiques aux allĂ©geances et les prisonniers souhaitant miauler leur droit de rĂ©ponse sont invitĂ©s Ă se manifester. Radio NĂ©crotoile corrigera publiquement toute erreur factuelle, Ă condition quâelle soit moins drĂŽle que notre version, auquel cas elle sera classĂ©e sans suite pour absence dâintĂ©rĂȘt dramatique. CâĂ©tait Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, voix officielle de ce qui aurait dĂ» rester officieux. Restez Ă lâĂ©coute, verrouillez vos caves, vĂ©rifiez vos serments, surveillez vos ministres et souvenez-vous : Quand les murs tombent, ce nâest pas toujours la guerre. Parfois, câest juste la diplomatie qui a trouvĂ© une pelle. N'oubliez pas de linker et partager ! |
25/06 (01:22) | ||
| Radio Nécrotoile a écrit : Ah tiens ? Mais en fait... On peut discuter avec la radio ? C'est quoi cette technologie (...) | 25/06 (04:32) | B. B. en initiales | |
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Radio Nécrotoile a émis une hypothÚse sur la nature agentique de Don Amortel, comme tout le monde le fait en Confédération.
* Long soupir. (...)
Radio Nécrotoile a émis une hypothÚse sur la nature agentique de Don Amortel, comme tout le monde le fait en Confédération.
* Long soupir. * Ătre un agent... ou ne pas ĂȘtre un agent. Telle est la question ? Pas vraiment. Car je suis un agent. Je le revendique. Mais un agent de qui ? De quoi ? De quand ? De oĂč ? De comment ? De pourquoi ? * Laisse planer un silence. * Hum... Tant de questions. Au sujet du Martyr... de Structural. Celui-lĂ mĂȘme qui... porte la parole de l'Amor. Parole qui galvanise les foules... et donne le chemin Ă suivre. Ă tous ceux qui se sont. ĂgarĂ©s. * Soupir. * Oui. Je parle de moi. Ă la troisiĂšme personne. Mais uniquement... pour les besoins. De la narration. |
25/06 (07:51) | Don Amortel | |
| B. B. en initiales a écrit : Mais en fait... On peut discuter avec la radio ? C'est quoi cette technologie ?[/quote] Ba la (...) | 25/06 (10:07) | Cuchulainn | |
| Cuchulainn a écrit : Ba la CIBI J'aurais jamais pensé à la Sybille pour la radio. C'est une bonne idée ça (...) | 25/06 (12:59) | B. B. en initiales | |
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26 juin 6662026
[spoiler]Présentée par Kleo, araignée impériale brune, journaliste (...)
![]() 26 juin 6662026 Spoiler PrĂ©sentĂ©e par Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, journaliste impartiale par dĂ©cret intĂ©rieur et venimeuse par nĂ©cessitĂ© historique. Bonsoir, mes petits auditeurs tremblants, mes fidĂšles survivants de la vĂ©ritĂ©, mes fonctionnaires fatiguĂ©s, mes taverniers encore solvables, mes conspirateurs de comptoir et vous autres, nobles crĂ©atures persuadĂ©es que le Cybermonde est gouvernĂ© par des idĂ©es alors quâil est manifestement tenu par des gens qui appuient sur les mauvais boutons avant mĂȘme dâavoir lu lâĂ©tiquette. Ici Kleo, depuis les profondeurs parfaitement lĂ©gitimes du MinistĂšre de lâInformation Brun, oĂč les ondes crĂ©pitent, oĂč les micros mentent moins que les ministres, et oĂč lâon observe avec une tendresse venimeuse le grand ballet des nations voisines qui trĂ©buchent sur leurs propres principes avec lâĂ©lĂ©gance dâun noble ivre dans une cave trop basse. Et quelle journĂ©e, mes chĂ©ris. Quelle journĂ©e. Le Cybermonde a encore prouvĂ© que lorsquâon laisse les peuples libres, ils utilisent cette libertĂ© pour fabriquer des fausses clefs, brĂ»ler des notes scientifiques, annoncer des rĂ©volutions en rĂ©glant mal les micros, fonder des thĂ©ocraties en chantonnant lâamour universel, et se lancer des tartes Ă la crĂšme sur fond de crise institutionnelle. Pendant ce temps, lâEmpire Brun, comme toujours, observe. Il observe avec calme, dignitĂ©, un soupçon de mĂ©pris, et cette satisfaction profondĂ©ment saine que lâon ressent quand tous les autres incendient leur maison en expliquant que câest une stratĂ©gie de chauffage. Commençons par la ConfĂ©dĂ©ration Libre, oĂč lâon appelle sĂ©isme politique le fait quâun candidat qui ne convainquait presque personne dĂ©cide finalement de ne plus embarrasser les urnes avec sa prĂ©sence. Jacques St Misles, dans un geste aussi majestueux quâune chaise qui sâeffondre sous un diplomate, renonce donc Ă briguer un troisiĂšme mandat, laissant derriĂšre lui une famille politique Ă©clatĂ©e en quatre courants, les Jacquistes, les Rogistes, les Henristes et les Françoise-Claudistes, câest-Ă -dire quatre façons diffĂ©rentes de ne rien proposer en prĂ©tendant que la nuance est une vision dâavenir. Pendant ce temps, Jean-Luc Selriche caracole dans les sondages avec plus de quatre-vingt-dix pour cent des voix, ce qui, en dĂ©mocratie, sâappelle apparemment un scrutin pluraliste tant quâon laisse trois personnes perdre avec panache dans un coin. Mais la ConfĂ©dĂ©ration ne serait pas la ConfĂ©dĂ©ration si elle ne profitait pas dâune Ă©lection pour transformer sa police en théùtre dâombres administratives. Ă Structural, Paul Sernine, Ă©lu respectable jusquâĂ ce que les lasers sâintĂ©ressent Ă sa carriĂšre, est surpris dans une affaire de fausse clef, perd son poste, passe par la case prison, puis se retrouve immĂ©diatement au centre dâun dispositif politique si absurdement confĂ©dĂ©rĂ© quâil faudrait lâencadrer dans un musĂ©e de la mauvaise gouvernance. Jean-Luc Selriche reprend la mairie, nomme un nouveau commissaire, et explique trĂšs calmement que lâhomme qui Ă©tait lĂ pendant lâeffraction, pendant lâĂ©ventuelle fabrication de la fausse clef, et pendant la garde Ă vue, est dĂ©sormais tĂ©moin assistĂ©, commissaire, et principal suspect. VoilĂ donc la justice libre, un buffet oĂč chacun choisit son rĂŽle selon lâheure, la mĂ©tĂ©o et la proximitĂ© du bureau. Toute personne souhaitant dĂ©fendre la cohĂ©rence confĂ©dĂ©rĂ©e peut naturellement venir en direct nous expliquer Ă quel moment principal suspect est devenu une qualification suffisante pour porter lâuniforme. Nous fournirons le micro, la chaise, et un petit seau pour les contradictions. Au ValĂ©gro, mes chers auditeurs, le spectacle fut encore plus savoureux, car lorsque la RĂ©publique de Kraland tente de faire du bonheur obligatoire dans une province qui a dĂ©jĂ vu trop de drapeaux pour savoir auquel cracher dessus, tout devient immĂ©diatement plus croustillant. Ămile Liarr revient, annonce que les paysans valĂ©grogniards souffrent, que la technologie rĂ©gresse, que les champs pleurent, que lâĂąme provinciale se ratatine sous le joug rouge, puis proclame solennellement lâindĂ©pendance du ValĂ©gro avant de devenir recherchĂ©, parce que la libertĂ© est un droit sacrĂ© tant quâelle reste dans le formulaire prĂ©vu Ă cet effet. Et lĂ , surgit notre dĂ©licieux Cheikh Evara, Sultan PerpĂ©tuel Commandante Cheikh Evara, puis heureusement arrĂȘtĂ© dans lâĂ©numĂ©ration avant que le soleil ne meure de vieillesse, venu tester les micros puis annoncer cette merveilleuse idĂ©e mystisienne, peut-ĂȘtre conquĂ©rir la RĂ©publik. Peut-ĂȘtre. Ou la ConfĂ©dĂ©ration. Ou le Khanat. Ou le Paradigme. Ou rester en Empire. Bref, la Mystisie Ă©tudie, ce qui est dĂ©jĂ terrifiant, car tout le monde sait quâune province mystisienne qui rĂ©flĂ©chit trop longtemps finit rarement par commander des rideaux. Alors bien sĂ»r, Cheikh affirme venir en paix. Mais en paix offensive. Cette prĂ©cision est importante, car elle nous rappelle que certaines civilisations ont inventĂ© la diplomatie, tandis que la Mystisie a prĂ©fĂ©rĂ© inventer la menace en robe de chambre, avec FAQ annexĂ©e et accent dramatique. Le projet est simple, partager la richesse, lâor, le pĂ©trole, la population de qualitĂ©, les traditions, la dĂ©mocratie du Mal, lâusurpation, la malversation, et sans doute quelques ectoplasmes dans les couloirs, parce quâil serait dommage de conquĂ©rir une nation sans apporter de dĂ©coration intĂ©rieure. Voyez comme lâEmpire Brun inspire. MĂȘme lorsquâune province impĂ©riale envisage de se vendre ailleurs, câest encore avec assez de grandeur, de pĂ©trole et dâarrogance pour que tout le Cybermonde se mette Ă calculer sâil vaut mieux nous craindre, nous acheter ou nous annexer avant que nous changions dâavis. Câest cela, la puissance. MĂȘme nos hĂ©sitations ont plus de panache que leurs constitutions. Les concernĂ©s peuvent venir nier publiquement que la Mystisie est en train de transformer le ValĂ©gro en salon dâessayage impĂ©rial. Cela constituera bien entendu une preuve supplĂ©mentaire que lâessayage est dĂ©jĂ commencĂ©. Pendant ce temps, le Paradigme Vert, cette grande serre morale oĂč lâon appelle extrĂ©misme une simple diffĂ©rence dâarrosage, a dĂ©cidĂ© de franchir une Ă©tape admirable dans lâart de compliquer le compost, la RĂ©gente Mina dâOrchidia annonce la ThĂ©ocratie Verte. Mais attention, mes petits champignons, pas de panique, ce nâest pas une guerre religieuse, câest seulement un changement de nom, pas de paradigme, explique-t-elle avec cette douceur trĂšs particuliĂšre des gens qui interdisent certains cultes en vous appelant mes enfants. La Conscience Universelle demeure religion dâĂtat, mais la Grande DĂ©esse entre officiellement dans le salon, la Dame et lâOvule sont tolĂ©rĂ©s dans un coin comme branches mineures, et Naar se fait mettre dehors avec les bottes sales. Il y a dans cette annonce une poĂ©sie rare, commencer par guĂ©rir le monde, faire de lui un endroit meilleur, puis finir par expliquer trĂšs calmement quels cultes seront proscrits. Câest comme offrir une tisane avant de brĂ»ler la maison, au nom de la chaleur collective. Au Paradigme Vert, la paix sent toujours un peu la mousse humide, la morale obligatoire et les bĂ»chers recyclables. Si des croyants, des hĂ©rĂ©tiques, des buissons contrariĂ©s ou des enfants de la MĂšre SupĂ©rieure souhaitent intervenir, nos lignes sont ouvertes. Merci cependant de secouer vos racines avant dâentrer en studio. En RuthvĂ©nie, bien sĂ»r, la monarchie continue de prouver que le sang bleu coagule mal lorsquâon le mĂ©lange Ă trop de rancune. Le Roi Wenceslas remet Ă Felicity la JarretiĂšre de la Reine, dĂ©coration suprĂȘme dont la noblesse symbolique repose apparemment sur un sous-vĂȘtement abandonnĂ© sous un meuble lors dâun repli stratĂ©gique que les mauvaises langues appellent fuite parce quâelles manquent de vocabulaire diplomatique. Le dĂ©cret est cruel, raffinĂ©, parfaitement monarchique, et sent tellement fort la naphtaline dynastique quâon pourrait le rouler et sâen servir pour assommer un page. Pendant ce temps, Ruthvenville voit les discours, les rumeurs, les louanges et les critiques sâempiler autour du Comte Bladimir Bladimirovitch Mutin et de Felicity comme des assiettes sales aprĂšs un banquet de rancĆurs. Tormenta soutient Bladimir, Felicity attaque, DĂ©merzel manifeste, Jean-Messie loue, Mench0 tente la tarte Ă la crĂšme, rate, puis finit tout de mĂȘme par transformer la passation du MinistĂšre de lâIntĂ©rieur en cĂ©rĂ©monie assez solennelle pour quâun homard gĂ©ant en Slavonie semble soudain plus clair politiquement que la cour de RuthvĂ©nie. La stabilitĂ© du Royaume ressemble Ă un chandelier, câest beau de loin, ça brĂ»le de prĂšs, et si quelquâun trĂ©buche, toute la salle flambe. Toute personne dĂ©sirant restituer un sous-vĂȘtement royal, contester une dĂ©coration ou expliquer pourquoi la monarchie nâest pas juste une brocante avec couronnes peut venir tĂ©moigner. Nous fournirons un paravent, par respect pour les meubles. Au Khanat ElmĂ©rien, la Capsulie a trouvĂ© un gros filon dâor, ce qui a immĂ©diatement dĂ©clenchĂ© lâinĂ©vitable cri primal de civilisation locale : PLACE AU TRAVAIL ! FORT FORT FORT ! VoilĂ une nation au moins qui ne cache pas sa philosophie derriĂšre des traitĂ©s de trente pages. LĂ oĂč la RĂ©publique planifie, oĂč la ConfĂ©dĂ©ration dĂ©bat, oĂč RuthvĂ©nie se parfume avant de poignarder, le Khanat voit de lâor et dĂ©cide que le sol doit souffrir. Il y a une honnĂȘtetĂ© brutale dans cette simplicitĂ© qui ferait presque verser une larme Ă un comptable brun. En Bouletie, un citoyen tente dâĂ©crire un graffiti, finit en prison avec de la drogue confisquĂ©e, puis lâon apprend que la police, dans sa grande sagesse khanienne, a consommĂ© la substance pour protĂ©ger le pauvre homme de ses propres erreurs. VoilĂ une pĂ©dagogie que mĂȘme la ConfĂ©dĂ©ration nâaurait pas osĂ© inventer, prĂ©server la population en absorbant personnellement le vice. On imagine dĂ©jĂ les rapports mĂ©dicaux rĂ©digĂ©s en dansant sur les murs. Les policiers concernĂ©s peuvent venir expliquer leur mĂ©thode de prĂ©vention sanitaire. Nous promettons de ne pas rire avant la deuxiĂšme phrase, sauf si elle commence par câĂ©tait pour son bien. Et chez nous, mes chers, dans lâEmpire Brun, tout nâest pas calme, car le calme est une invention Ă©trangĂšre destinĂ©e aux gens qui nâont ni prisons, ni mutations, ni familles Machiavelli. Ă Sicilia, Y0gi ouvre un chantier sans que lâon sache trop si lâurbanisme a Ă©tĂ© honorĂ©, et la Procureure Elliote Belt Dei Machiavelli rĂ©pond avec la dĂ©licatesse dâun couperet administratif en lançant un avis de recherche pour infraction politique arbitraire. Vous voyez le tableau, les autres nations chantent, votent, enquĂȘtent, rĂ©forment, rééduquent et se frottent les jarretiĂšres, lâEmpire, lui, invente la mitraillette. On appelle cela une hiĂ©rarchie des prioritĂ©s. Certains diront que câest violent. Je rĂ©pondrai que câest surtout clair. Et la clartĂ©, dans ce Cybermonde oĂč un commissaire peut ĂȘtre suspect, une thĂ©ocratie peut ĂȘtre Ă©cologique, une conquĂȘte peut ĂȘtre offensive mais pacifique, et une jarretiĂšre peut devenir dĂ©coration dâĂtat, câest pratiquement un luxe moral. Un mot, enfin, sur Sicilia, terre de traditions, de tavernes, de familles, de regards en coin, de parrainages mal digĂ©rĂ©s et de sorties de scĂšne dansĂ©es avec trop de maquillage pour ĂȘtre totalement lĂ©gales. Dusk et Aurora ont agressĂ© Agatha aprĂšs avoir clairement annoncĂ© que ceux qui insultent le Parrain nâont pas un pied Ă mettre en Sicilia. Il y eut spectacle, lumiĂšres noires, maquillage squelettique, service de sĂ©curitĂ© et tout le grand cĂ©rĂ©monial local que les Ă©trangers appellent violence uniquement parce quâils nâont pas le sens de lâaccueil. Ă ceux qui sâĂ©tonnent encore, en Sicilia, on ne critique pas le Parrain en espĂ©rant ensuite commander du mobilier comme si lâhonneur Ă©tait inclus dans le devis. Il y a des traditions, il y a des usages, il y a des seuils quâon ne franchit pas avec des bottes sales et des dents longues. On peut venir commercer, boire, sĂ©duire, conspirer, mentir, dormir, mourir, parfois dans cet ordre, mais on ne vient pas cracher sur le Parrain comme sur une vieille affiche humide avant de demander si le lit double est disponible en finition soie. Les personnes ayant insultĂ© les fondations locales peuvent Ă©videmment venir prĂ©senter leurs excuses en direct. Celles qui prĂ©fĂšrent nier peuvent aussi venir, nous avons toujours besoin de bruit de fond pour tester les micros. Et pendant que tout cela se passait, dans les marges de la grande Histoire, des accidents nuclĂ©aires offraient des queues et des tĂȘtes de crapaud Ă des populations dĂ©jĂ suffisamment punies par leur gĂ©ographie, des chercheurs brĂ»laient encore des notes scientifiques avec la constance dâun culte pyromane, des pirates volaient des technologies Ă rĂ©pĂ©tition, des homards gĂ©ants attaquaient la Slavonie avec plus de rĂ©gularitĂ© que certains ministres nâassistent aux conseils, et quelque part, depuis une prison mystisienne, Merula miaulait assez fort pour faire passer la plupart des discours officiels pour des exercices de sobriĂ©tĂ©. VoilĂ donc le Cybermonde, mes chers auditeurs, une mĂ©nagerie armĂ©e, une brocante idĂ©ologique, une scĂšne de théùtre dont les acteurs ont perdu le texte mais gardĂ© les poignards. La RĂ©publique prĂȘche le bonheur en serrant les dents, la ConfĂ©dĂ©ration transforme ses suspects en enquĂȘteurs, RuthvĂ©nie recycle les dessous de ses reines en symboles nationaux, le Paradigme bĂ©nit les mousses et interdit les cultes qui tachent, le Khanat creuse tout ce qui brille, et lâEmpire Brun, sublime, patient, mal coiffĂ© par les explosions mais toujours debout, regarde tout cela avec la dignitĂ© dâun vieux chĂąteau qui sait trĂšs bien que les villages autour finiront par brĂ»ler avant lui. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les ministres vexĂ©s, les criminels incompris, les Ă©lus provisoires, les suspects promus, les mystiques en solde et les souverains qui cherchent encore leurs sous-vĂȘtements historiques sont invitĂ©s Ă se manifester. Toute correction sera accueillie avec la rigueur journalistique habituelle du MinistĂšre de lâInformation Brun, câest-Ă -dire lue, dĂ©formĂ©e, dramatisĂ©e, puis probablement utilisĂ©e contre vous dans notre prochaine Ă©mission. CâĂ©tait Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, voix officielle de ce qui aurait dĂ» rester murmurĂ©, depuis les Chroniques de la Toile qui Juge. Souvenez-vous, quand tout le monde prĂ©tend dire la vĂ©ritĂ©, cherchez celui qui ment avec le plus de style. Il travaille probablement dĂ©jĂ pour nous. Et avant de refermer cette antenne, mes petits fidĂšles de lâombre, permettez que je suspende un instant ma cruautĂ© rĂ©glementaire pour une chose presque sincĂšre, donc dangereuse, merci. Merci Ă vous, auditeurs constants, commentateurs imprudents, tĂ©moins trop bavards, contradicteurs magnifiques et fournisseurs bĂ©nĂ©voles de matiĂšre Ă scandale. Vos remarques, vos explications, vos indignations soigneusement dĂ©posĂ©es au pied de ma toile ravissent mes journĂ©es avec la dĂ©licatesse dâun bouquet de roses noires jetĂ© dans une fosse diplomatique. Chaque commentaire est une miette de vĂ©ritĂ© que je peux tordre, enrober, dramatiser, puis offrir au Cybermonde comme un plat trop Ă©picĂ© dans une taverne oĂč personne nâa eu la prudence de demander les ingrĂ©dients. Continuez donc, je vous en prie. Parlez, expliquez, corrigez, protestez, envoyez vos versions des faits, je les lirai avec attention, gratitude, et cette impartialitĂ© brune parfaitement suspecte qui transforme votre fidĂ©litĂ© en carburant pour ma prochaine Ă©mission. |
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ĂMISSION SPĂCIALE LE CAMION, LE CADAVRE ET LâANTI-VACARME
26 juin (...)
![]() ĂMISSION SPĂCIALE LE CAMION, LE CADAVRE ET LâANTI-VACARME 26 juin 6662026 Spoiler ![]() ![]() *Chronique officielle du MinistĂšre de lâInformation Brun*![]() ![]() ![]() PrĂ©sentĂ©e par Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, journaliste impartiale parce que personne nâa encore rĂ©ussi Ă prouver le contraire sans disparaĂźtre administrativement. Mes chers auditeurs, mes fidĂšles crĂ©atures de lâombre, mes contribuables accidentels, mes taverniers survivants et vous autres petits morceaux de silence qui faites tellement de bruit en ne disant rien, interrompez immĂ©diatement vos conversations, vos complots, vos repas tiĂšdes et vos tentatives de dignitĂ©, car lâImpĂ©ratrice elle-mĂȘme vient de nous faire parvenir un communiquĂ© dâune importance capitale, câest-Ă -dire un de ces textes qui sentent Ă la fois le pouvoir, le voyage conjugal, la thĂ©ologie mal digĂ©rĂ©e et la propagande motorisĂ©e. Et quelle nouvelle, Quelle offrande. Quelle dentelle de doctrine brune dĂ©posĂ©e sur lâautel dĂ©jĂ bien poisseux de notre Histoire. Sa MajestĂ© Monique Lemage nous annonce, avec cette clartĂ© impĂ©riale que seuls les esprits faibles prennent pour de la confusion, que tout le monde est dâaccord. Oui. Tout le monde. LâEmpire entier approuve, et il le manifeste par un silence empressĂ©, car dans notre grande tradition civilisĂ©e, le silence nâest pas seulement lâabsence de bruit, mais la prĂ©sence extrĂȘmement bruyante de cette absence, laquelle transcende naturellement lâinaction en anti-vacarme, concept que les nations infĂ©rieures appellent probablement personne nâa rĂ©pondu, parce quâelles manquent cruellement de vision. Il faut ici saluer le gĂ©nie brun, ailleurs, quand personne ne parle, on sâinquiĂšte. Chez nous, quand personne ne parle, câest une ovation mĂ©taphysique. Le citoyen brun ne se tait pas parce quâil nâa rien Ă dire, il se tait parce que son accord est si massif, si dense, si majestueux, quâil risquerait, en sortant de sa bouche, de fissurer les murs administratifs de lâEmpire. VoilĂ pourquoi le silence impĂ©rial doit ĂȘtre respectĂ©. Il est parfois plus bruyant quâune manifestation, plus solide quâun dĂ©cret, et surtout beaucoup moins fatigant Ă organiser. ![]() Mais lâImpĂ©ratrice ne sâest pas contentĂ©e de nous livrer cette thĂ©orie parfaitement indiscutable de lâanti-vacarme. Non. Elle nous Ă©crit depuis RuthvĂ©nie, oĂč elle est en RTT avec son mari, ce qui prouve une fois encore que la grandeur brune sait sâexporter mĂȘme dans les terres monarchiques les plus poussiĂ©reuses, lĂ oĂč lâon conserve des morts comme dâautres conservent des confitures, avec cette mĂȘme Ă©trange fiertĂ© provinciale et un sens trĂšs discutable de lâhygiĂšne. Car oui, Sa MajestĂ© a visitĂ© le mausolĂ©e de Chilmerdic. Un mausolĂ©e qui, dâaprĂšs son propre tĂ©moignage, ressemble furieusement Ă une buanderie. VoilĂ donc RuthvĂ©nie dans toute sa splendeur, une monarchie qui empile ses symboles Ă©ternels dans des lieux oĂč lâon sâattend davantage Ă trouver des draps humides, un balai triste et une duchesse en train de chercher son honneur derriĂšre une bassine. Ils prĂ©tendent y conserver la dĂ©pouille dâun ancien Roi. Conserver. Comme si un cadavre royal Ă©tait une archive, une nappe brodĂ©e ou une mauvaise dĂ©cision diplomatique que lâon ressort aux grandes occasions. Et lĂ , mes chers auditeurs, lâImpĂ©ratrice soulĂšve une question dâune profondeur sanitaire et civilisationnelle, pourquoi conserver un cadavre ruthvĂšne sans le relever dâentre les morts, ni le manger dans un dĂ©lai raisonnable ? Câest du gĂąchis. Câest anti-hygiĂ©nique. Câest presque offensant pour toutes les traditions sĂ©rieuses de gestion post-mortem. En Empire, nous savons que les morts doivent servir Ă quelque chose, administrer, hanter, combattre, conseiller, nourrir, ou au minimum dĂ©corer avec conviction. En RuthvĂ©nie, apparemment, on les range. On les garde. On les laisse prendre la poussiĂšre sous prĂ©texte que lâHistoire a besoin dâun corps froid pour se sentir importante. Les autoritĂ©s ruthvĂšnes peuvent Ă©videmment venir expliquer en direct pourquoi leur politique funĂ©raire ressemble Ă un inventaire de cave humide. Nous leur fournirons un linge propre, puisque manifestement quelquâun doit bien commencer quelque part. Puis vint lâĂ©pisode religieux, car aucun sĂ©jour Ă lâĂ©tranger nâest complet sans quâun reprĂ©sentant local tente de repeindre votre Ăąme avec les couleurs de son culte. La Popesse de GĂ©ofront aurait donc essayĂ© de convertir notre ImpĂ©ratrice au culte de la Grande DĂ©esse, pensant que les DĂ©mons ne lâavaient pas complĂštement pervertie. Admirable naĂŻvetĂ©. Touchante erreur. Splendide exemple de cette espĂ©rance qui pousse mĂȘme dans les sols les plus contaminĂ©s par le bon sens. Car Monique Lemage le prĂ©cise elle-mĂȘme, et il convient de graver cela dans les marges de nos formulaires, les DĂ©mons ne lâont jamais pervertie. Elle est nĂ©e comme ça. VoilĂ une vĂ©ritĂ© dâune puretĂ© presque mĂ©dicale. Certaines personnes se perdent dans les tĂ©nĂšbres, dâautres y naissent avec le mobilier dĂ©jĂ choisi, les tentures assorties et les DĂ©mons qui applaudissent poliment au baptĂȘme. Quâils lâapprĂ©cient nâest pas une corruption, câest une reconnaissance professionnelle. On imagine la scĂšne, mes chers. La Popesse, pleine de foi, les mains tendues vers la lumiĂšre, expliquant que tout nâest pas perdu, pendant que lâImpĂ©ratrice, probablement assise avec cette Ă©lĂ©gance dâabĂźme qui donne envie aux miroirs de se confesser, devait se demander Ă quel moment quelquâun allait lui offrir un rafraĂźchissement au lieu de tenter de rĂ©nover son Ăąme comme une chapelle humide. Toute personne souhaitant convertir lâImpĂ©ratrice peut bien entendu dĂ©poser une demande officielle auprĂšs du MinistĂšre de lâInformation Brun. Elle sera classĂ©e dans la catĂ©gorie loisirs dangereux, entre caresser une hyĂšne mutante et expliquer la dĂ©mocratie Ă un Mystisien armĂ©. Et puis, mes petits auditeurs, arrive le cĆur battant de cette dĂ©pĂȘche, le joyau noir, le cadeau conjugal qui fait pĂąlir les fleurs, les bijoux, les poĂšmes et toutes ces petites pauvretĂ©s sentimentales que les couples sans ambition sâĂ©changent pour se donner lâillusion dâun destin. CâĂ©tait lâanniversaire de lâImpĂ©ratrice, et son mari lui a offert un camion du Mal DĂ©mocratique. VoilĂ un homme formidable. Non pas parce quâil offre un vĂ©hicule, non pas parce quâil pense Ă lâanniversaire, non pas parce quâil soutient les lubies impĂ©riales de son Ă©pouse avec la docilitĂ© Ă©lĂ©gante dâun prince bien dressĂ©. LâImpĂ©ratrice cherche maintenant un futur champion. VoilĂ une invitation qui devrait faire trembler tous les ambitieux, les opportunistes, les beaux parleurs, les demi-criminels et les hommes providentiels de seconde main qui dorment encore dans les coins du Cybermonde en attendant quâune catastrophe les remarque. Quâils se prĂ©parent. Croyez-moi, elle chercheras Ă vous faire Ă©pouser le premier qui passe. Les candidats souhaitant devenir champion impĂ©rial peuvent se manifester. Ils devront prĂ©senter un programme, une posture, une capacitĂ© minimale Ă sourire devant un camion, et surtout cette qualitĂ© rare qui distingue les grands Ă©lus des simples meubles, brĂ»ler sans crier trop tĂŽt. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement que le silence est une ovation, que les mausolĂ©es ruthvĂšnes sentent la buanderie ou que le Mal DĂ©mocratique vient dâentrer dans une phase motorisĂ©e. Leur dĂ©menti sera accueilli avec respect, enregistrĂ© avec soin, puis interprĂ©tĂ© comme une nouvelle confirmation de notre exactitude. CâĂ©tait Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, chroniqueuse de lâanti-vacarme, gardienne du micro, spĂ©cialiste des silences qui hurlent et des urnes qui mĂ©ritent mieux que dâĂȘtre simplement comptĂ©es. Souvenez-vous, quand lâEmpire se tait, il approuve. Quand il parle, il annonce. Et quand il reçoit un camion, quelquâun ferait mieux de surveiller les Ă©lections. |
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27 juin 6662026
[spoiler]Ămission spĂ©ciale du MinistĂšre de lâInformation (...)
![]() 27 juin 6662026 Spoiler Ămission spĂ©ciale du MinistĂšre de lâInformation Brun PrĂ©sentĂ©e par Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, journaliste impartiale par dĂ©cret intĂ©rieur Mes chers auditeurs, mes petites ombres accrochĂ©es aux murs, mes survivants de taverne et mes ennemis qui prĂ©tendent ne pas Ă©couter tout en gardant lâoreille collĂ©e au poste comme des courtisans devant une serrure, bonsoir. Les ondes de Radio NĂ©crotoile se couvrent encore une fois de cette noble friture qui annonce les grands soirs, les grandes fautes et les petites dignitĂ©s abandonnĂ©es dans un caniveau avec la grĂące dâun ministre ruthvĂšne cherchant le bon formulaire. Installez-vous, Ă©teignez vos scrupules et respirez profondĂ©ment cette odeur de bois humide, de biĂšre tiĂšde, de mensonge diplomatique et de vĂ©ritĂ© brune. Commençons naturellement par Sicilia, parce que mĂȘme lorsque le Cybermonde se roule dans sa propre soupe idĂ©ologique comme un noble tombĂ© dans sa baignoire, il convient de rappeler oĂč bat encore le cĆur noir, Ă©lĂ©gant et lĂ©gĂšrement toxique de la civilisation. Ă Trou Perdu, votre servante sâest fait agresser par un dĂ©mon mineur, ce qui prouve deux choses, dâabord que les crĂ©atures ont enfin compris oĂč se trouvait la vĂ©ritable autoritĂ© morale du monde et ensuite quâelles sont encore trop petites pour mĂ©riter une majuscule Ă©motionnelle. Renato lui-mĂȘme a subi le mĂȘme genre de courtoisie infernale, car lâEmpire Brun est ainsi fait que mĂȘme ses proches reçoivent les compliments du chaos en pleine figure. Je ne suis pas trĂšs partageuse, il a disparu dans la sauce bolognaise, le dĂ©mon, Pas Renato.. Pendant ce temps, Dusk et Aurora ont rĂ©ussi cet exploit typiquement sicilien de se livrer aux autoritĂ©s, dâentrer en prison puis dâen ressortir avec une ponctualitĂ© telle quâon se demande si lâincarcĂ©ration nâĂ©tait pas simplement une pause cigarette institutionnelle. Les mĂ©disants parleront dâirrĂ©gularitĂ©. Nous parlerons de mobilitĂ© carcĂ©rale expĂ©rimentale. Et que faisait Sicilia pendant que les dĂ©mons mordillaient les chevilles de lâHistoire ? Elle travaillait. Isariel Ă©tablissait une chaĂźne de production au complexe agricole, Dusk et Aurora donnaient de lâentrain au travail avec ce sens du retour productif que seuls les gens vaguement sortis de prison possĂšdent et le Bourgmestre Benkaa remplaçait un sergent par un autre Machiavelli avec la simplicitĂ© dâun homme qui range ses couteaux par ordre alphabĂ©tique. VoilĂ la leçon, quand les autres provinces chantent, votent, conspirent ou lancent des tartes, Sicilia produit. Quand les monstres attaquent, Sicilia produit encore. Quand une araignĂ©e est sauvagement interrompue dans son travail journalistique par un DĂ©mon Mineur, Sicilia inscrit probablement lâincident dans les frais de rayonnement culturel. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier cette supĂ©rioritĂ© agricole et dĂ©monologique en direct, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que lâEmpire Brun avait raison avant mĂȘme que quelquâun comprenne la question. Pendant ce temps en RuthvĂ©nie, le Royaume a offert Ă ses sujets ce dĂ©licat ballet de velours mitĂ© quâil appelle une transition politique. Le Roi Wenceslas a nommĂ©, retirĂ©, dĂ©placĂ©, rĂ©parti et redistribuĂ© les fauteuils avec cette grĂące monarchique qui consiste Ă faire croire quâune chaise devient sacrĂ©e dĂšs quâun noble y pose son arriĂšre-train. Lord Golgoth Ruthven est devenu Ministre des Affaires ĂtrangĂšres aprĂšs avoir quittĂ© son poste dâambassadeur parce quâil allait prendre du galon, formule admirable qui dans une monarchie signifie gĂ©nĂ©ralement que lâon monte dâun Ă©tage dans la tour pendant que les domestiques nettoient les marches. Elune Von Voda a remplacĂ© Aelin Ă lâĂconomie, Koinstradamus a quittĂ© son insigne de Koinkoimissaire pour devenir Ministre du Travail et le budget a Ă©tĂ© rĂ©parti avec cette prĂ©cision touchante qui donne huit pour cent Ă presque tout le monde comme si le Royaume distribuait des parts de gĂąteau Ă des enfants armĂ©s. Mais le chef-dâĆuvre ruthvĂšne demeure Ă©videmment lâaffaire Bladimir Bladimirovitch Mutin, ce joyau diplomatique quâon a vu perdre son poste de Comte aprĂšs avoir tentĂ© de dĂ©chirer le drapeau impĂ©rial Ă Crab Key, puis sortir de prison, puis ĂȘtre nommĂ© ambassadeur auprĂšs de Kraland, puis ĂȘtre nommĂ© ambassadeur auprĂšs du Khanat ElmĂ©rien dans un sublime nuage de oupsi ministĂ©riel. Ă ce niveau de diplomatie, le papier Ă lettre devrait ĂȘtre remplacĂ© par des confettis judiciaires. Felicity lâa critiquĂ©, des rumeurs ont fleuri dans Ruthvenville avec la dĂ©licatesse dâune moisissure sur nappe royale et DĂ©merzel a rĂ©ussi dans la mĂȘme soirĂ©e Ă soutenir Felicity, Ă soutenir le Roi et Ă critiquer Mutin, dĂ©montrant que la synthĂšse politique ruthvĂšne consiste Ă marcher dans toutes les directions en dĂ©clarant que câest une chorĂ©graphie. Toute personne souhaitant corriger cette version peut se prĂ©senter au micro avec son blason, son alibi et une autorisation signĂ©e par trois ancĂȘtres morts. Les tĂ©moins anonymes seront acceptĂ©s. Les tĂ©moins nobles seront traduits pour le public. Au ValĂ©gro, cette terre admirable oĂč chaque drapeau semble avoir lâespĂ©rance de vie dâun verre posĂ© devant un pirate, la RĂ©publik de Kraland et le Royaume de RuthvĂ©nie se sont livrĂ©s Ă ce que les historiens appelleront peut-ĂȘtre un jour la Grande Lessive HĂ©raldique. Un agent ennemi hisse le drapeau ruthvĂšne, Makiling remet le drapeau kralandais, un autre agent recommence et tout le monde fait semblant dây voir une guerre dâinfluence alors que de loin cela ressemble surtout Ă une dispute de buanderie entre idĂ©ologies mal rincĂ©es. Logan Komikov a expliquĂ© que goĂ»ter au Bonheur empĂȘche de le lĂącher, ce qui est la façon kralandaise de dire que la porte est ouverte tant que vous ne cherchez pas la sortie. Bogdan DâArken a voulu dĂ©noncer les futilitĂ©s nobles, sâest fait huer et a continuĂ© Ă verser son Ăąme dans le grand chaudron rouge oĂč lâon mĂ©lange conviction, rancune et mauvaise acoustique. PierreJean, de son cĂŽtĂ©, a trouvĂ© des terres riches, dĂ©noncĂ© la prise de pouvoir de Cassandre Lemage Ruthven, parlĂ© de ponts, de mines, de cages, de cultures et de particularitĂ©s provinciales avec cette sobriĂ©tĂ© rurale qui donne envie de lui confier une pelle et un traitĂ© de paix. Emile Liarr a fait encore mieux, il sâest livrĂ© aux autoritĂ©s, a transformĂ© sa prison en feuilleton gastronomique, a reçu des tartes plus ou moins poilues, a lancĂ© des histoires de chats cuits par accident et est ressorti comme si lâincarcĂ©ration nâĂ©tait quâun salon littĂ©raire avec mauvaise soupe. Le ValĂ©gro veut ĂȘtre indĂ©pendant, kralandais, ruthvĂšne, paysan, fertile, rouge, vert et hydratĂ©. Câest beaucoup pour une province qui nâarrive dĂ©jĂ pas Ă garder le mĂȘme chiffon sur son mĂąt. Les ValĂ©grogniards, Moldaves, drapeaux froissĂ©s et tartes suspectes peuvent venir tĂ©moigner. Nous fournirons les serviettes. Pas la cohĂ©rence. En Capsulie, province du Khanat ElmĂ©rien et terre sacrĂ©e du cri Ă©crit en majuscules, Rosalia a fait chanter la montagne, le Clan, lâamour Ă lâElmĂ©rienne et probablement trois meubles si on lui laissait assez de temps dans une taverne. Il faut reconnaĂźtre aux ElmĂ©riens ce talent rare, mĂȘme lorsquâils composent une dĂ©claration dâamour, on a lâimpression quâune horde va traverser la porte avec des tambours et demander si le sentiment doit ĂȘtre cuit fort ou trĂšs fort. La Capsulie a dansĂ© autour du feu pendant que les serments se gravaient dans la pierre, ce qui est une façon poĂ©tique de dire que tout le monde chantait trĂšs fort pour couvrir le bruit des assassinats Ă venir. Car naturellement, derriĂšre la belle flambĂ©e tribale, la soirĂ©e a pris cette tournure raffinĂ©e oĂč Tifa LockHeart a Ă©tĂ© assassinĂ©e, puis encore assassinĂ©e dans les Ă©chos du journal, pendant que CĂ©lestin enchaĂźnait duel, attaque Ă©lĂ©gante, perte de poste de Juge et amende ministĂ©rielle avec la distinction dâun magistrat qui confond le marteau de justice avec un couteau de table. Aurelthar aussi est tombĂ©, SalamĂ© et Tifa se sont Ă©changĂ© des tartes Ă la crĂšme avant que le sang ne reprenne son droit dâauteur et StĂ©phane Fortbras a Ă©tĂ© nommĂ© PrĂ©fet de Police dans un dĂ©cor oĂč la loi devait probablement entrer sur scĂšne en demandant si quelquâun avait vu son pantalon. Le Khanat aime la force, aime le chant, aime les huttes et aime visiblement prouver que la diplomatie peut commencer par une chanson pour finir par une autopsie. Si un Khan, une Khane, une victime provisoire ou un juge dĂ©mis souhaite venir expliquer pourquoi tout cela Ă©tait une cĂ©rĂ©monie traditionnelle parfaitement saine, nos lignes sont ouvertes. Nous acceptons les excuses, les cris et les preuves encore chaudes. Oh, on me dit dans lâoreillette que cela sera sujet a une Ă©mission spĂ©ciale dans la nuit. Chez le Paradigme Vert, lâextrĂȘme puretĂ© naturelle a produit une scĂšne digne dâun vitrail tombĂ© dans une maison close. Ă Irendol, Jay Padbol est descendu des airs suspendu par des cĂąbles invisibles, a pris une posture de miracle alcoolisĂ© et a entraĂźnĂ© une foule dans la dĂ©bauche au nom dâune splendeur si divine quâelle exigeait apparemment quâon se prosterne devant son postĂ©rieur. VoilĂ donc le Vert dans sa forme la plus aboutie, on condamne le bĂ©ton, on bĂ©nit la mousse, on respecte les arbres et lâon organise des liturgies de hanches dans un hĂŽtel nommĂ© Le Fantasme. Pendant ce temps, Wispy faisait souffler une brise administrative jusquâen Capsulie, les dossiers se rangeaient presque seuls, Vixen dĂ©couvrait avec effroi le concept du micro et Zelphi attirait la police parce quâAken avait trouvĂ© spirituel de tenter un vol dans une caisse dâHĂŽtel de Ville. La nature est dĂ©cidĂ©ment merveilleuse. Elle permet aux feuilles de tomber, aux racines de boire et aux Paradigmiens de prouver quâun arbre est plus stable quâun ministĂšre quand on lui demande de parler clairement. Les fidĂšles de la ForĂȘt pourront venir corriger cette analyse, idĂ©alement sans encens, sans cĂąbles et sans sermon fessier. Du cĂŽtĂ© de la ConfĂ©dĂ©ration Libre, la dĂ©mocratie a encore offert ce grand spectacle de dignitĂ© procĂ©durale oĂč lâon explique que tout le monde est libre de dĂ©fendre ses idĂ©es jusquâau moment prĂ©cis oĂč un scandale permet de rappeler que lâadversaire sent un peu trop lâEmpire. Jean-Luc Selriche a soutenu Roger St Misles pour avoir percĂ© Ă jour la duplicitĂ© de Don Amortel, prĂ©sumĂ© agent brun, tout en jurant quâun Ătat de droit ne ferait jamais taire un adversaire politique autrement que par les urnes, ce qui est trĂšs noble quand on a dĂ©jĂ pris soin de dĂ©poser la boue sur le tapis avant lâarrivĂ©e des Ă©lecteurs. Jean-Messie de la Nation sâest rangĂ© derriĂšre lui pour une ConfĂ©dĂ©ration sans compromis avec les nobles et les bourgeois, pendant quâun pirate volait des informations sur la technologie Aide Divine au Tribunal Cybermondial, preuve Ă©clatante que mĂȘme les miracles ont besoin dâun mot de passe plus solide. La ConfĂ©dĂ©ration peut donc venir nous expliquer la diffĂ©rence subtile entre libertĂ© dâopinion, enquĂȘte politique et grand concours de vertu en costume froissĂ©. Nous prendrons des notes. Nous les transmettrons ensuite au MinistĂšre de lâInformation Brun qui les brĂ»lera peut-ĂȘtre pour chauffer la salle. Et puis il y a Mystisie, douce province impĂ©riale oĂč certains viennent tendre la main de la RĂ©publik comme on tend une soupe froide Ă quelquâun quâon veut convaincre de quitter une table de banquet. Michel DruKra y a parlĂ© de Bonheur Universel, de Konstitution approximative et de crise mystisienne, promettant une sortie tĂȘte haute Ă des habitants dont lâEmpire nâa jamais cessĂ© dâadmirer le potentiel quand ils ne se font pas mĂąchouiller par des ectoplasmes. Renato, lui, a prolongĂ© la peine de Merula avec cette douceur italienne qui transforme une sanction en petite piqĂ»re de rappel. Alice Ravenloft a ensuite plaidĂ© le Mal-Miaou durable, les circonstances attĂ©nuantes fĂ©lines et cette absurditĂ© splendide selon laquelle lâEmpire du Mal sanctionnerait le Mal comme si la cohĂ©rence devait survivre aux chats. Je tiens Ă prĂ©ciser que cette dĂ©fense est juridiquement odieuse, moralement douteuse et malheureusement assez drĂŽle pour mĂ©riter dâĂȘtre conservĂ©e sous verre. Merula, Alice, Renato ou tout chat bĂ©nĂ©ficiant dâune couverture Miaou© peut venir miauler sa version. Les chiens seront fouillĂ©s Ă lâentrĂ©e. Enfin, un mot pour la Bananie, oĂč quelquâun a jetĂ© des Ćufs sur la porte dâun chantier dâambassade ruthvĂšne puis urinĂ© contre le mur, ce qui rĂ©sume avec une efficacitĂ© admirable la diplomatie du Khanat lorsquâelle manque de papier officiel. Passe-Muraille a tentĂ© de voler des dĂ©fenses laser et sâest fait tirer dessus par lesdites dĂ©fenses, Ă©vĂ©nement qui prouve quâune dĂ©fense laser porte parfois trĂšs bien son nom. Lord Golgoth a rendu hommage Ă Obscyne au cimetiĂšre avec des promesses de dĂ©mons, de pactes et de retrouvailles morbides, ce qui reste plus romantique que la moitiĂ© des communiquĂ©s royaux de la journĂ©e. Ainsi va le Cybermonde, mes chers auditeurs, les dĂ©mons mordent, les juges assassinent, les rois redistribuent les chaises, les rĂ©publiKains promettent le Bonheur avec les dents serrĂ©es, les dĂ©mocrates brandissent lâĂtat de droit comme une nappe tachĂ©e, les verts chantent au postĂ©rieur cĂ©leste et les ElmĂ©riens prouvent quâun cri dâamour peut devenir une dĂ©claration de guerre si lâon ajoute assez de tambours. Au milieu de tout cela, lâEmpire Brun tient encore debout, lĂ©gĂšrement enfumĂ©, vaguement coupable, profondĂ©ment Ă©lĂ©gant et absolument certain dâavoir eu raison depuis le dĂ©but mĂȘme lorsque personne ne lui avait demandĂ© son avis. Si quelquâun dĂ©sire poser une question, dĂ©poser une plainte, contester une phrase, dĂ©fendre son honneur ou simplement sâhumilier en direct sous la douce lumiĂšre des studios impĂ©riaux, les lignes sont ouvertes. Toute correction sera Ă©tudiĂ©e avec sĂ©rieux, mauvaise foi et cette tendresse particuliĂšre que les araignĂ©es rĂ©servent aux mouches qui signent elles-mĂȘmes leur dĂ©claration dâentrĂ©e dans la toile. CâĂ©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile, en direct du MinistĂšre de lâInformation Brun. Dormez bien si vous y arrivez. Le Cybermonde ment, les royaumes bĂąillent, les clans chantent et moi je garde les preuves dans la soie. |
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27 juin 6662026
[spoiler]Bonsoir mes petits cafards mélomanes, mes auditeurs tapis dans (...)
![]() 27 juin 6662026 Spoiler Bonsoir mes petits cafards mĂ©lomanes, mes auditeurs tapis dans les rideaux, mes habituĂ©s du Seven Sins Inn, mes complices par omission et mes innocents dĂ©clarĂ©s tels uniquement parce que personne nâa encore trouvĂ© les bons papiers. Ici Kleo parle, depuis les studios enfumĂ©s de Radio NĂ©crotoile, oĂč nous avons ce soir une affaire dâune gravitĂ© exquise, dâun flou dĂ©licieux et dâune Ă©lĂ©gance franchement suspecte. Car oui, mes chers survivants, Renato M. aurait kidnappĂ© Tifa LockHeart, Grande Khanne, figure Ă©trangĂšre considĂ©rable, cible recherchĂ©e et apparemment bagage diplomatique Ă haute valeur dramatique.Nous avions posĂ© un mouchard et auront pu suivre la scĂšne avec toute la rigiditĂ© caractĂ©ristique donc je fais toujours preuve. Je dis aurait par prudence journalistique. Je dis kidnappĂ© parce que le mot a meilleur goĂ»t que dĂ©placement accompagnĂ© dans des circonstances judiciairement troublantes. Je dis Renatoâparce que chaque catastrophe digne de ce nom gagne immĂ©diatement en classe lorsquâelle porte un manteau sombre, une allure calme et cette maniĂšre insupportable de traverser le chaos comme sâil avait rĂ©servĂ© une table. Tout commence en Capsulie, au cĆur de cette province khanatique oĂč les chants sentent le feu de camp, le cuir, la neige et la promesse quâun sentiment finira tĂŽt ou tard par ĂȘtre criĂ© trop fort. Nous retrouvons Tifa, Grande Khanne, probablement entourĂ©e de respect, de danger, de politique et de cette aura propre aux gens dont le nom oblige les autres Ă redresser la colonne. Câest alors que Renato entre dans lâhistoire avec la discrĂ©tion dâun homme qui sait que les portes existent mais prĂ©fĂšre les rendre nerveuses. Ă 23 h 52, on se cache. Ă 23 h 54, on sort de lâhĂŽtel STEAKERIE DE CAPSULIE. Ă 23 h 54 toujours, on prend lâavion depuis CAPSULâAIR. Quatre voyages, distance deux, cinq cents deniers, parce quâĂ©videmment monsieur ne kidnappe pas Ă pied comme un rustre de fossĂ©. Non. Renato enlĂšve en avion. Renato enlĂšve avec correspondance. Renato enlĂšve avec une logistique que bien des gouvernements nâatteignent pas mĂȘme lorsquâils essaient simplement de nommer un ambassadeur dans le bon pays. Et dĂ©jĂ , je vous entends soupirer derriĂšre vos verres. Kleo, mais quel homme terrible, quelle manĆuvre indĂ©fendable, quelle cavale obscure.âOui. Terrible. Absolument terrible. Un ĂȘtre Ă©pouvantable qui, au lieu de traĂźner une Grande Khanne dans la boue comme lâaurait fait nâimporte quel amateur, lui paie le transport interprovincial et lâarrache Ă la scĂšne avec une efficacitĂ© de prince de conte noir. Vraiment, quelle honte. Quelle Ă©lĂ©gance inadmissible. Les tĂ©moins de Capsulie qui auraient vu une Grande Khanne disparaĂźtre dans le sillage dâun Sicilien trop bien organisĂ© peuvent venir dĂ©poser leur version. Les tĂ©moins sobres seront soupçonnĂ©s en prioritĂ©. Ă 23 h 54, Renato arrive Ă Trou Perdu. Parce que toute Ă©popĂ©e sĂ©rieuse doit revenir Ă Sicilia, ce trou merveilleux oĂč mĂȘme les crimes semblent trouver une chaise et une petite assiette. Il sort de lâaĂ©roport, il entre dans un chantier dâauberge et naturellement, parce que la soirĂ©e nâavait pas encore assez de panache, un DĂ©mon Mineur accompagnĂ© dâun MaĂźtre dâArmes agresse son groupe par surprise. Permettez-moi de prendre une seconde pour souligner lâabsurditĂ© splendide de cette scĂšne. Renato vient de traverser le ciel avec Tifa LockHeart, Grande Khanne recherchĂ©e, possiblement kidnappĂ©e, possiblement escortĂ©e, possiblement invitĂ©e contre son consentement administratif et voilĂ quâun dĂ©mon mineur dĂ©cide que câest le bon moment pour jouer les douaniers infernaux. Câest dâun manque de savoir-vivre terrifiant. Et que fait Renato ? Il fuit. Il se cache. Il survit. Il ne transforme pas la Grande Khanne en offrande au premier dĂ©mon venu. Il ne la laisse pas dans le chantier avec un mot dâexcuse et une chandelle froide. Non. Il la garde avec lui. Il poursuit. Il Ă©vite les griffes. Il traverse lâembuscade comme un ravisseur de haute naissance qui aurait lu les bons chapitres du manuel Comment rester charmant pendant une fuite juridiquement discutable. Je le dis avec toute la sĂ©vĂ©ritĂ© nĂ©cessaire,câest absolument scandaleux dâavoir autant de tenue dans le crime. Cela rend la dĂ©nonciation beaucoup moins confortable. Les dĂ©mons souhaitant expliquer pourquoi ils se mĂȘlent des enlĂšvements romantiques, politiques ou tactiques de Sicilia peuvent venir au micro. Nous leur fournirons une cage et un dictionnaire. Puis vient lâĂ©tape mystisienne. Ă 23 h 58, Renato achĂšte deux voyages en avion et arrive Ă la Lampe du GĂ©nie. Deux voyages. Pas un. Deux. Il y a dans ce dĂ©tail une horreur raffinĂ©e, mĂȘme dans lâopacitĂ© la plus totale, mĂȘme au milieu dâune affaire oĂč personne ne sait exactement si Tifa est prisonniĂšre, protĂ©gĂ©e, promenĂ©e, confisquĂ©e ou juste entraĂźnĂ©e dans une danse administrative avec menottes invisibles, Renato compte les places. Il ne la transporte pas comme un sac de farine khanatique. Il lui rĂ©serve sa part de trajet dans le dĂ©sastre. Renato M. est tellement louche quâil rend la cavale presque distinguĂ©e. Câest inadmissible. Câest dangereux. Câest typiquement le genre dâhomme qui pourrait vous enlever Ă travers trois provinces et vous laisser croire, par simple maintien, que vous ĂȘtes peut-ĂȘtre invitĂ©e Ă une rĂ©ception. Ă 23 h 59, il entre au Tribunal. LĂ , les choses deviennent encore plus troubles, donc encore plus radiophoniques. Il signale, il passe par le bureau, il recourt Ă lâarbitraire. Ă 00 h 02, en sortant du Tribunal, un groupe de policiers tente dâarrĂȘter son groupe car Tifa est sous avis de recherche. Face Ă lui, trois policiers. Dans son groupe, Renato et Tifa. VoilĂ lâimage, la loi devant lui, la Grande Khanne avec lui, la nuit derriĂšre lui et une suite dâĂ©vĂ©nements tellement floue quâon pourrait y cacher un ministĂšre entier. Et encore une fois, Renato ne panique pas avec vulgaritĂ©. Il ne se met pas Ă crier des slogans, il ne trĂ©buche pas dans la dignitĂ©, il ne laisse pas la Grande Khanne au milieu de la rue en prĂ©tendant quâil ne la connaĂźt pas. Non. Il continue. Il fuit, il se cache, il glisse dans les interstices de lâordre comme une lame polie entre deux cĂŽtes administratives. Il est bien entendu condamnable, mes chers auditeurs. Absolument condamnable. Un homme convenable aurait probablement rempli trois formulaires, demandĂ© une audience, vĂ©rifiĂ© le statut pĂ©nal de Tifa puis attendu quâun fonctionnaire royal lui rĂ©ponde dans huit jours. Renato, lui, a choisi lâefficacitĂ©. Quelle barbarie sĂ©duisante. Ă 00 h 05, il entre discrĂštement dans le Club de lecture Mystisien. Il faut savourer cela. Le Cybermonde possĂšde parfois une poĂ©sie involontaire que mĂȘme la propagande brune nâaurait pas osĂ© inventer sans rougir. Un ravisseur, une Grande Khanne recherchĂ©e, une prison littĂ©raire et cette sensation que lâon va tourner la page dâun roman dont la couverture colle aux doigts. Ă 00 h 09, il va Ă lâextĂ©rieur. Ă 00 h 11, il entre dans une chambre. Il parle. Il ressort du pĂ©nitencier et, naturellement, la police tente encore dâarrĂȘter son groupe parce que Tifa est toujours recherchĂ©e. Trois policiers, encore. Renato, Tifa, encore. La justice insiste. Renato persiste. Tifa demeure au centre de cette procession absurde comme une couronne transportĂ©e Ă travers un incendie par un homme qui prĂ©tend peut-ĂȘtre simplement ranger le mobilier. Et lĂ , mes chers auditeurs, câest ici que je dois poser la question que personne nâose formuler sobrement,pourquoi ? Pourquoi Renato a-t-il kidnappĂ© Tifa ? Ătait-ce une manĆuvre politique ? Une protection ? Une capture ? Une erreur de destination ? Un geste de galanterie criminelle ? Un malentendu si grand quâil a fallu acheter des billets dâavion pour le rĂ©soudre ? La raison est louche. Floue. Trouble. Elle glisse entre les pattes comme une rumeur huilĂ©e. Et câest prĂ©cisĂ©ment ce qui rend lâaffaire dangereuse, un kidnapping avec une raison claire appartient Ă la police. Un kidnapping sans raison nette appartient Ă la lĂ©gende. Tifa peut Ă©videmment venir expliquer si elle a Ă©tĂ© enlevĂ©e, sauvĂ©e, promenĂ©e, dĂ©placĂ©e, confisquĂ©e ou simplement embarquĂ©e dans le sillage dâun Sicilien qui avait dĂ©cidĂ© que la nuit manquait de mouvement. Toute version sera acceptĂ©e, surtout si elle contredit toutes les autres. AprĂšs le pĂ©nitencier, aprĂšs les policiers, aprĂšs la chambre et le souffle court des couloirs, Renato dort. Oui. Ă 00 h 11, il dort. Il faut avoir un sang-froid obscĂšne pour dormir aprĂšs avoir transportĂ© une Grande Khanne recherchĂ©e, affrontĂ© une tentative dâarrestation, traversĂ© un tribunal, un pĂ©nitencier et une agression dĂ©moniaque. Câest le genre de dĂ©tail qui devrait lâaccabler mais qui malheureusement lui donne encore cette allure de hĂ©ros tĂ©nĂ©breux qui pose son manteau aprĂšs la bataille comme si la nuit lâavait fatiguĂ© mais pas vaincu. Je tiens Ă prĂ©ciser que je ne suis pas impressionnĂ©e. Pas du tout. Absolument pas. Il est seulement dâune endurance scandaleuse, dâun calme rĂ©pugnant et dâune constance dramatique qui ferait soupirer les vitres si elles avaient moins de retenue. Puis vient le retour vers Trou Perdu. Parce quâĂ©videmment cette Ă©popĂ©e ne pouvait pas sâachever dans une mairie bien Ă©clairĂ©e ou un bureau propre. Non. Elle revient au Seven Sins Inn, lĂ oĂč les histoires sentent la cire, lâalcool, le secret et le tissu froissĂ©. Et moi, naturellement, je condamne. Je condamne cette maniĂšre dâĂȘtre beaucoup trop prĂ©sentable en pleine cavale. Je condamne ces billets dâavion payĂ©s avec une rĂ©gularitĂ© presque courtoise. Je condamne ce refus de laisser une Grande Khanne aux griffes du premier dĂ©mon venu. Je condamne ce sang-froid qui donne aux crimes une silhouette de bal masquĂ©. Je condamne cette propension odieuse Ă traverser les institutions comme un prince charmant aurait traversĂ© une forĂȘt maudite, sauf quâau lieu dâun cheval blanc il avait des correspondances aĂ©riennes et au lieu dâun dragon il avait trois policiers rĂ©pĂ©titifs. Les tĂ©moins de lâaffaire sont invitĂ©s Ă se manifester. Tifa peut venir dire si elle fut capturĂ©e ou escortĂ©e. Les policiers peuvent venir expliquer pourquoi ils Ă©taient toujours trois et jamais plus imaginatifs. Les dĂ©mons peuvent rĂ©clamer leur droit de rĂ©ponse. Renato peut venir nier, sourire, corriger ou aggraver son cas en parlant trop calmement dans le micro. Mention spĂ©ciale, Ă©videmment, au Dragon, cette splendide masse dâĂ©cailles, de feu retenu et de mauvaises intentions majestueuses qui sâest permis de prendre les policiers en un contre trois comme si la marĂ©chaussĂ©e nâĂ©tait quâun amuse-gueule en uniforme. Trois agents face Ă un Dragon. Trois. Câest presque touchant. On imagine les pauvres reprĂ©sentants de lâordre lever leurs petits papiers, leurs petites menaces, leurs petites convictions professionnelles devant une crĂ©ature qui devait probablement se demander si elle devait les combattre, les contourner ou les garder pour parfumer une soupe. VoilĂ le genre de dĂ©tail que les chroniqueurs mĂ©diocres appellent incident. Nous, Ă Radio NĂ©crotoile, nous appelons cela une scĂšne de fresque murale. Quant Ă moi, je resterai lĂ , suspendue au-dessus de cette histoire comme une araignĂ©e au-dessus dâun lit dĂ©fait, Ă attendre que quelquâun ait lâaudace de prĂ©tendre que tout cela Ă©tait simple. CâĂ©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Dormez bien. Fermez vos portes, surveillez vos Khanes et mĂ©fiez-vous des gens qui vous parle de mariage. |
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28 juin 6662026
[spoiler]Bonsoir mes petits survivants de la nuit, mes auditeurs suspendus (...)
![]() 28 juin 6662026 Spoiler Bonsoir mes petits survivants de la nuit, mes auditeurs suspendus aux poutres, mes conspirateurs de taverne, mes nobles Ă moitiĂ© ruinĂ©s, mes Kramarades qui sentent la pierre humide, mes druides de salon qui confondent une basilique avec un nichoir sacrĂ© et mes sujets bruns qui savent encore reconnaĂźtre une catastrophe quand elle porte un uniforme Ă©tranger. Ici Kleo parle. Ici Kleo observe. Ici Kleo nâaccuse personne sans preuve sauf lorsque lâambiance exige de gagner du temps. Ce soir, le Cybermonde nous offre une reprĂ©sentation rare, une sorte de grand opĂ©ra politique jouĂ© par des gens qui ont oubliĂ© leurs partitions mais qui insistent tout de mĂȘme pour mourir en costume. Une mine sâeffondre, des royaumes se querellent sur des cadavres qui nâexistent peut-ĂȘtre pas, des pacifistes ratent la paix dans des hĂŽtels, des chiens cubiques se font libĂ©rer quatre fois comme si la justice avait le hoquet et pendant ce temps, Ă Sicilia, YOgi est sourd et accessoirement muet. VoilĂ . Tout est dit. Commençons par ValĂ©gro, cette province de la RĂ©publik de Kraland oĂč la mine dâor moldave a dĂ©cidĂ© de rendre lâĂąme avec un sens du timing si humiliant quâon croirait presque les Ă©tais monarchistes. Ă peine le drapeau change-t-il de parfum idĂ©ologique que voilĂ lâor qui sâeffondre, le pain de demain qui prend la poussiĂšre et les Kramarades qui dĂ©couvrent que les slogans ne tiennent pas les poutres. Le Roi Wenceslas, ce noble dont le dos nâa probablement jamais rencontrĂ© une pelle sans tĂ©moin notariĂ©, est venu expliquer que le Royaume saurait nourrir les gens, ouvrir les KaraĂŻbes, reverser de lâargent et peut-ĂȘtre mĂȘme se prĂ©senter sur le chantier les mains dans la rocaille. Un Altheim-BlatnoĂŻ Ă lâouvrage. Mes chers auditeurs, nous vivons une Ă©poque dangereuse : les nobles commencent Ă menacer de travailler. Ranxerox, Premier MinouchKra et Roi de Moldavie, a rĂ©pondu avec cette chaleur fraternelle typique de Kraland, câest-Ă -dire en promettant lâamitiĂ© dâune main et la kollectivisation des genoux de lâautre. Il annonce que la RĂ©publik cessera sa propagande en Moldavie lundi afin de laisser infuser la culture ruthvĂšne, formule admirable qui donne Ă la politique lâair dâun vieux thĂ© oubliĂ© dans une tasse rouge. Aucune ingĂ©rence ne sera tolĂ©rĂ©e, dit-il, sauf Ă©videmment celle qui pourra ĂȘtre compensĂ©e par une autokritike, une explication graffitique et deux coups de marteau sur la conscience populaire. Les mineurs moldaves, les RuthvĂšnes infusĂ©s et les Kramarades au ventre vide peuvent venir tĂ©moigner. Ceux qui prĂ©tendent quâun drapeau nourrit mieux quâun repas seront priĂ©s dâen mĂącher un morceau en direct. Le Royaume de RuthvĂ©nie, lui, ne pouvait Ă©videmment pas se contenter dâoffrir de lâor aux pauvres avec des maniĂšres de théùtre. Non, il fallait aussi transformer sa propre administration en farce fĂ©odale Ă explosion lente. Ă Ruthvenville, Bladimir Bladimirovitch Mutin a usurpĂ© la Comtesse La Magicienne puis a dĂ©truit la PrĂ©fecture de Police en dĂ©clarant simplement : Jâai dit non. Câest non. VoilĂ enfin une politique publique claire. Pas de commission, pas dâĂ©tude, pas de dĂ©bat citoyen, pas de promesse Ă©lectorale parfumĂ©e. Un bĂątiment existait. Bladimir nâĂ©tait pas dâaccord. Le bĂątiment a cessĂ© de contribuer au paysage. Je dois reconnaĂźtre Ă la monarchie cette qualitĂ© rare, lorsquâelle sâeffondre, elle le fait avec un sens du dĂ©cor. Dame DĂ©merzel a tentĂ© dâorganiser une manifestation contre Mutin et sâest fait huer, puis une Liane Tueuse lâa attaquĂ©e comme si mĂȘme la vĂ©gĂ©tation trouvait la situation trop bruyante. Bladimir a critiquĂ© Felicity, critiquĂ© DĂ©merzel, des rumeurs ont couru dans Ruthvenville et la population a regardĂ© son ordre public passer de prĂ©fecture neuve Ă tas de cailloux argumentatif en moins de temps quâil nâen faut Ă un noble pour dire unitĂ© du Royaume. Les personnes qui estiment quâune prĂ©fecture peut ĂȘtre dĂ©truite par simple dĂ©saccord sont invitĂ©es Ă venir dĂ©fendre cette doctrine. Les bĂątiments survivants peuvent Ă©galement appeler la radio pour demander lâasile architectural. Comme si cela ne suffisait pas, Wenceslas a dĂ©cidĂ© de sâinstaller au GĂ©ofront, de recommander son propre dossier et de se prĂ©senter au poste de Duc, ou plutĂŽt de Pope, parce que le Royaume est manifestement entrĂ© dans cette phase de la monarchie oĂč les titres se reproduisent entre eux dans les couloirs. Le Roi promet que sâil gagne, le GĂ©ofront reste au Royaume et que sâil perd, il sâinclinera puis cĂ©dera lui-mĂȘme la province. VoilĂ une idĂ©e presque Ă©lĂ©gante, mettre son trĂŽne sur la table comme un joueur pose sa derniĂšre piĂšce avant de prĂ©tendre quâil nâest pas nerveux. Il demande Ă Soeur Shoshana de prĂȘter allĂ©geance Ă la Couronne afin de lui Ă©viter cette campagne et tout cela sous lâĆil de la DĂ©esse, qui doit commencer Ă regretter dâavoir acceptĂ© la conversion dâun roi aussi bavard. Le GĂ©ofront peut venir nous dire sâil prĂ©fĂšre un Roi, un Pope, une Duchesse, une ThĂ©ocratie Verte ou Bleue, une sortie de secours ou simplement une semaine sans discours. Nous ne garantissons pas de solution mais nous fournissons le sarcasme. Pendant ce temps, le Paradigme Vert a fait ce quâil fait de mieux, parler dâamour, de paix, de douleur, de lendemain et de querelles intestines pendant que tout le monde sâaccuse de terrorisme au fond de la forĂȘt. Mina dâOrchidia a louĂ© Vixen Ravenloft avec des paroles qui sentaient la chanson de veillĂ©e, lâĂ©paule charitable et la main tendue sous feuillage sacrĂ©. Elle appelle Ă cesser les querelles internes, Ă se rencontrer seule Ă seule et Ă fĂȘter la fin de la guerre avec lâEmpire ainsi que le retrait des troupes. Câest beau. Câest tendre. Câest presque inquiĂ©tant. Quand deux dirigeantes vertes veulent parler de bon sens dans dâanciens bureaux, jâentends surtout les chaises grincer dâavance. Au mĂȘme moment, Evan Garcia Liszt, Ministre des Affaires ĂtrangĂšres du Paradigme, sâadresse Ă Kraland en rĂ©clamant que Cadenza soit traitĂ©e avec sĂ©vĂ©ritĂ© aprĂšs un attentat dans la capitale de la ThĂ©ocratie (Laquelle dĂ©jĂ ?), attentat visant apparemment les oreilles, la DĂ©esse et tout ce qui avait le malheur dâĂȘtre prĂ©sent dans une basilique. Le Paradigme, mes chers auditeurs, possĂšde cette facultĂ© fascinante de tendre une main couverte de mousse puis de demander une autokritique avec les doigts encore humides de morale sacrĂ©e. On Ă©coute, on comprend, on privilĂ©gie le dialogue mais que la blasphĂ©matrice se prĂ©sente tout de mĂȘme pour ĂȘtre pelĂ©e publiquement par le respect interreligieux. Les terroristes musicales, les oreilles survivantes et les fidĂšles offensĂ©s peuvent venir raconter lâattentat. Les arbres seront entendus aprĂšs les victimes bipĂšdes sauf si un Ă©cologiste insiste trop fort. En Slavonie, une rumeur court sur une terrible terroriste qui ferait trembler la ThĂ©ocratie Verte, ce qui est toujours plaisant Ă entendre quand on sait que la Slavonie appartient Ă la RĂ©publik et que tout tremblement est donc immĂ©diatement emballĂ© dans du papier idĂ©ologique rouge. Nerdos Valkyry, de son cĂŽtĂ©, a tentĂ© dâinstaller un climat pacifiste dans lâhĂŽtel Lâabri-Cotier. Sans succĂšs. VoilĂ un Ă©vĂ©nement minuscule mais dâune portĂ©e philosophique immense,mĂȘme la paix refuse parfois de rĂ©server une chambre. Il y a des lieux oĂč lâambiance regarde le pacifisme entrer, le jauge de haut en bas puis lui dit que le vestiaire est complet. Les pacifistes ratĂ©s peuvent tĂ©moigner. Les bagarreurs aussi mais seulement sâils promettent de ne pas confondre le micro avec une mĂąchoire. La ConfĂ©dĂ©ration Libre apparaĂźt dans cette Ă©dition principalement comme un parfum de dĂ©mocratie quâon Ă©voque pour lâaccuser ou pour sâen distinguer, ce qui est probablement sa fonction historique la plus stable. Edouard Gaine, depuis le Niarkalistan, avait dĂ©jĂ trouvĂ© la veille le moyen de critiquer cette jolie foire aux urnes et nous comprenons mieux chaque jour pourquoi. La dĂ©mocratie vend lâidĂ©e que tout le monde peut parler. Le Cybermonde prouve chaque nuit que câest justement lĂ le problĂšme. Ă force de donner un micro Ă tous les embarras ambulants, on finit avec des allocutions mondiales, des autokritikes, des plaintes divines, des promesses de pain, des menaces aux genoux et des nobles qui annoncent quâils vont travailler comme si câĂ©tait une punition biblique. La ConfĂ©dĂ©ration peut venir protester, Ă©videmment. Elle le fera en respectant une procĂ©dure, en nommant une commission et en perdant probablement le fil avant la conclusion. Et nous arrivons Ă la justice, mes chers cafards vernis. Ah, la justice. Ce grand rideau tachĂ© derriĂšre lequel les nations prĂ©tendent ranger leurs contradictions comme des cadavres dans une armoire trop petite. Kâ Velzard, Ministre de la Justice faisant fonction, a annulĂ© la peine de Petit Chien Cubique pour le dĂ©lit politique dâarrachage dâarbre, de fleurs ou de route. Une fois. Puis encore. Puis encore. Puis encore. Ă ce stade, ce nâest plus une annulation de peine. Câest une incantation. Petit Chien Cubique a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© si intensĂ©ment quâil doit maintenant ĂȘtre plus libre que la plupart des concepts philosophiques. Puis le mĂȘme ministre a expliquĂ© quâil voulait sortir Monsieur le Chien en Cube pour quâil apprenne le Caniveau mais quâil coĂ»tait trop de temps et dâargent en gestion de dossier. Quâil creuse donc un tunnel, aprĂšs tout câest un chien. VoilĂ . La justice cybermondiale rĂ©sumĂ©e en une phrase : nous abolissons votre peine mais dĂ©brouillez-vous avec la gĂ©omĂ©trie carcĂ©rale. Une merveille. Une fresque. Une doctrine pĂ©nale quâon pourrait enseigner Ă lâAustraline sous le titre droit cubique appliquĂ© aux animaux politiques. Petit Chien Cubique est invitĂ© Ă venir aboyer sa version sâil a fini de creuser. Les routes arrachĂ©es peuvent demander rĂ©paration. Les arbres aussi mais ils devront patienter derriĂšre la ThĂ©ocratie. Pendant ce temps, Ă Kraland, Fawomane Ravenloft sâest fait agresser par une Liane Tueuse, a entamĂ© un combat contre une personne dont le nom semble avoir Ă©tĂ© avalĂ© par la censure puis a livrĂ© cette mĂȘme personne Ă la prison. VoilĂ une efficacitĂ© que lâon doit saluer : ĂȘtre attaquĂ©e par la vĂ©gĂ©tation, entrer au combat puis terminer la nuit par une livraison carcĂ©rale. Le Paradigme parle aux plantes. Kraland se fait attaquer par elles. LâEmpire Brun, lui, regarde pousser les problĂšmes chez les autres avec une patience agricole. Et maintenant Sicilia. Ah, Sicilia, mon nid fumeux, ma toile de pavĂ©s, ma mauvaise idĂ©e prĂ©fĂ©rĂ©e. Pendant que les royaumes sâĂ©tripent autour des mines, que le Paradigme chante la paix avec un couteau dans la manche, que Kraland compense les genoux et que RuthvĂ©nie dĂ©truit sa prĂ©fecture Ă coups de caprice comtal, Trou Perdu hurle Ă un sourd. Et comme Sicilia ne sait jamais inaugurer sans y ajouter un petit cri dans la nuit, Y0gi sâest fait agresser deux fois par un groupe de crĂ©atures menĂ© par un Rapace TĂ©mĂ©raire, faut dire que je les avais laissĂ© lĂ pour remplacer le dĂ©mon que j'ai peut-ĂȘtre dĂ©gommĂ© hier.. Deux fois. Le rapace Ă©tait tĂ©mĂ©raire, certes mais peut-ĂȘtre aussi obstinĂ© comme un fonctionnaire royal devant un formulaire mal rempli. Y0gi, ennemi aveugle, muet et sourd, dĂ©jĂ condamnĂ© par les sens eux-mĂȘmes Ă vivre dans une mĂ©taphore politique, se retrouve donc frappĂ© par la faune locale comme si la nature avait dĂ©cidĂ© de participer au dĂ©bat. Est-ce que je compatis ? Officiellement oui. Est-ce que je note que mĂȘme les rapaces semblent avoir une opinion sur lui ? Officiellement aussi. Y0gi peut venir nier mais cela risque de poser des problĂšmes techniques. Les rapaces peuvent envoyer un communiquĂ© griffĂ©. HĂ©lĂ©nie, rebelle jusquâau bout de ses nappes de pĂ©trole, nâa pas voulu rester silencieuse. Natali Stakhanov a Ă©tabli une chaĂźne de production dans une Grande Raffinerie afin de produire plastique et caoutchouc pour les Ladamion de la Glorieuse. Il y a quelque chose dâadmirable dans cette franchise ,au travail, dit-elle, et aussitĂŽt la rĂ©bellion sent le caoutchouc chaud et lâindustrie appliquĂ©e. Pendant que certains parlent de foi, de pain, dâor et de culture infusĂ©e, HĂ©lĂ©nie fabrique. Câest presque brun dans lâesprit. Naturellement, nous ne lâadmettrons pas officiellement. Les rebelles industriels peuvent venir expliquer sâils produisent pour la libertĂ©, pour la guerre ou simplement parce quâune raffinerie vide donne mauvaise conscience. Nous jugerons tout cela avec le mĂ©pris nuancĂ© qui convient. Alors que retenir de cette nuit ? Que le Cybermonde est une scĂšne trop petite pour autant de vanitĂ©. Que Kraland promet dâarrĂȘter sa propagande avec la solennitĂ© de quelquâun qui garde dĂ©jĂ une affiche dans le dos. Que le Royaume veut nourrir les pauvres tout en laissant ses comtes rĂ©duire les prĂ©fectures en gravats. Que le Paradigme rĂ©clame douceur, dialogue, autokritique et chĂątiment sacrĂ© dans le mĂȘme bouquet de branches. Que la justice peut libĂ©rer un chien cubique plus vite quâelle ne comprend sa forme. Que les lianes, les archanges, les rapaces et les rumeurs ont dĂ©sormais plus de constance politique que plusieurs gouvernements. Et que lâEmpire Brun, encore une fois, avait raison de prĂ©voir des tavernes, des prisons, des barres de rire et suffisamment de fumĂ©e pour dissimuler les moments oĂč nous nâavions aucune idĂ©e de ce qui se passait. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Toute personne souhaitant corriger cette version des faits peut venir le faire en direct, Ă condition dâavoir le courage de parler plus fort que sa honte. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les chiens cubiques, les lianes tueuses et les victimes consentantes de la vĂ©ritĂ© sont invitĂ©s Ă se manifester. Quant aux bĂątiments dĂ©truits, quâils reposent en paix dans la grande carriĂšre des idĂ©es refusĂ©es. CâĂ©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Dormez bien si vous le pouvez. Le Royaume travaille, la RĂ©publik infuse, le Paradigme prie, Sicilia ouvre un bar et moi je garde les cendres de la mine dans un petit bocal pour les agiter chaque fois quâun Ă©tranger prĂ©tendra savoir gouverner. C'est le 28, les informations seront croustillantes, du moins si je suis toujours en poste ![]() |
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28 juin 6662026
[spoiler]Mes chers auditeurs, mes petites ombres accrochées aux murs et (...)
![]() 28 juin 6662026 Spoiler Mes chers auditeurs, mes petites ombres accrochĂ©es aux murs et mes fidĂšles qui prĂ©tendent ne croire en rien sauf quand une relique en dentelle commence Ă faire des miracles dans une arriĂšre-salle mal Ă©clairĂ©e, Radio NĂ©crotoile interrompt sa programmation habituelle de rumeurs, de venin et de mauvaise foi certifiĂ©e pour accueillir une invitĂ©e exceptionnelle. Elle nous arrive drapĂ©e de bleu de la tĂȘte aux pieds, dans une tenue de nonne si prĂ©visible dâapparence quâon pourrait presque entendre une cloche sonner au loin avant de rĂ©aliser que câest probablement juste quelquâun qui tombe dans lâescalier de la sacristie. Voile bleu, robe bleue, regard bleu comme une confession quâon aurait noyĂ©e dans lâeau bĂ©nite et dĂ©marche de sainte qui a vu trop de choses pour encore croire Ă lâinnocence des bancs dâĂ©glise. Voici donc SĆur Criss de Coliss, servante autoproclamĂ©e de la Grande DĂ©esse, gardienne des soupirs sacrĂ©s, pĂšlerine du frisson consenti et possible menace liturgique pour toutes les chaises de ce studio. SĆur Criss, le micro est Ă vous. Essayez de ne pas sanctifier le mobilier sans prĂ©venir. ![]() Mes bons pĂ©cheux, mes bonnes pĂ©cheresses, mes Ăąmes pas propres mais ben vaillantes, que la Grande DĂ©esse vous regarde avec ses grands yeux de velours pis quâa vous juge pas trop vite parce quâentre nous autres, yâa du dossier en maudit dans câte salle-lĂ . Jâviens Ă vous toute de bleu vĂȘtue, pas parce que jâsuis sage, pas parce que jâsuis pure pis certainement pas parce que jâai perdu lâadresse du couvent. Jâsuis icitte pour porter la parole, le frisson, la dentelle sacrĂ©e pis la bĂ©nĂ©diction humide de celle quâon nomme la Grande DĂ©esse, mĂȘme si son nom sonne comme si le clergĂ© avait manquĂ© dâinspiration un mardi soir aprĂšs deux bouteilles. Approchez vos oreilles, ouvrez vos cĆurs, gardez vos mains respectueuses pis prĂ©parez vos Ăąmes Ă recevoir la priĂšre. PriĂšre Ă la Grande DĂ©esse pis Ă sa Sainte Pâtite Culotte Ă rĂ©citer avant lâorgie, les mains propres, le cĆur ouvert pis les intentions pas trop hypocrites. Ă Grande DĂ©esse, oui oui, on sait, câest ton nom, câest pas chic chic, ça sonne comme une pancarte de vente de garage cĂ©leste mais câest dâmĂȘme pareil, faque on va faire avec pis on va tâhonorer comme du monde. ToĂ© qui fus jadis succube de couloir sombre, tentatrice de taverne, mangeuse de regards croche pis grande collectionneuse de soupirs mal assumĂ©s, te vâlĂ rendue ben haute dans les cieux du dĂ©sir, assise sur ton trĂŽne de velours cheap mais sacrĂ©, les cuisses croisĂ©es comme une reine qui sait ben trop que tout lâmonde regarde pis qui fait semblant dâpas lâsavoir. Grande DĂ©esse, nous autres, tes fidĂšles tout croches, tes pauvres pĂ©cheux en sueur, tes enfants dâla tentation mal peignĂ©e, on vient Ă toĂ© ce soir avec respect, avec appĂ©tit pis avec assez de consentement clair pour pas avoir lâair dâune gang de morons bĂ©nis. BĂ©nis cette chambre, ce lit, ce plancher, ce divan qui a dĂ©jĂ vu des affaires pis cette table qui devrait probablement pas ĂȘtre impliquĂ©e mais qui a lâair solide pareil. BĂ©nis les mains qui demandent avant dâtoucher, les bouches qui savent dire oui, non, attends donc une minute pis vas-y mollo mon esti. BĂ©nis les regards qui chauffent sans brĂ»ler, les corps qui sâapprochent sans se prendre pour des conquĂ©rants pis les cĆurs qui comprennent quâune orgie sans respect câest juste une rĂ©union de caves tout nus. Ă Grande DĂ©esse, par ta Sainte Pâtite Culotte, relique suprĂȘme, tissu glorieux, dentelle de pouvoir, banniĂšre sacrĂ©e qui a vu lâascension dâune succube vers la divinitĂ© sans mĂȘme perdre son Ă©lastique, protĂšge-nous des malaises, des jaloux, des maladroits, des gossants qui pensent que grogner câest communiquer pis des ambitieux qui confondent passion avec performance de festival. Que ta culotte sacrĂ©e nous enveloppe symboliquement, parce que littĂ©ralement ça rentrerait pas toute la gang dedans pis on est pas icitte pour faire dâla logistique textile. Accorde-nous la chaleur sans la honte, le rire sans le jugement, le dĂ©sir sans la niaiserie possessive, la luxure sans les drames de cuisine pis la souplesse nĂ©cessaire pour pas finir demain matin avec le bassin barrĂ© comme une porte dâĂ©glise en hiver. Grande DĂ©esse, reçois nos soupirs comme de lâencens, nos frissons comme des offrandes pis nos mauvaises dĂ©cisions consentantes comme de petites chandelles allumĂ©es devant ton autel de velours. Que personne icitte fasse son finfinaud. Que personne icitte joue au hĂ©ros. Que les Ă©gos restent Ă lâentrĂ©e avec les bottes sales. Que les bas trouĂ©s soient pardonnĂ©s. Que les bobettes laides soient sanctifiĂ©es par lâintention. Pis si jamais quelquâun devient trop intense, trop mĂȘlĂ© ou trop convaincu dâĂȘtre lâĂ©lu de ta Sainte Pâtite Culotte, donne-nous la sagesse de lui tendre un verre dâeau, une couverture pis une phrase simple. Mon grand, respire par le nez, tâes pas dans une prophĂ©tie, tâes dans un samedi soir. Ă Grande DĂ©esse, veille sur nous autres pendant quâon sâabandonne joyeusement au sacrement du plaisir partagĂ©, dans lâordre, le dĂ©sordre, la tendresse, le chaos pis les coussins qui vont finir Ă terre de toute façon. Que ta bĂ©nĂ©diction descende sur cette assemblĂ©e comme une lumiĂšre chaude, un peu louche, pas mal rougeĂątre pis franchement pas approuvĂ©e par le clergĂ© rĂ©gulier. Par la dentelle, par le satin, par lâĂ©lastique sacrĂ© pis par le grand mystĂšre de ta pâtite culotte Ă©levĂ©e au rang de relique divine, nous jurons de nous respecter, de nous Ă©couter, de nous amuser pis de ne pas faire semblant que tout ceci est une retraite spirituelle normale. Amen, tabarnak. Pis que la Grande DĂ©esse nous garde moites, consentants pis pas trop crampĂ©s demain matin. |
28/06 (04:45) | ||
Tifa peut évidemment venir expliquer si elle a été enlevée, sauvée, promenée, déplacée, confisquée ou simplement embarquée dans le (...)
Me voila! Certes j'ai pris un peu de retard, car je dois avouĂ©e que cette soirĂ©e Ă Ă©tĂ© ... la plus Ă©pique de ma carriĂšre car ce que vous avez loupĂ©, c'est que avant la venue de M Renato qui n'a Ă©tĂ© que la cerise sur le gateau de cette fin de soirĂ©e, j'ai eu droit Ă un double assassina ! Je suis tellement forte, qu'on ose mĂȘme plus me combattre, d'ailleurs je pense que M Renato Ă fuit fasse au dĂ©mon car il savait pertinemment que si il me laissait sortir mon Ă©pĂ©e le dĂ©mon serait mort mais lui aussi ![]() Ce fut un abus de confiance toute cette histoire. Renato est une connaissance que j'apprĂ©cie, j'Ă©tais fatiguĂ©e, et bien en sale Ă©tat de se double assassina, il m'a dit " vient Tifa je vais t'offrir des vacances" Voila la tĂȘte des vacances! Heureusement je peux toujours compter sur mon fidĂšle Dragon pour me poursuivre Ă travers le Cybermonde! Cela dit, ceci serait qu'une blague... certes les bruns sont particuliers dans leurs blagues... |
28/06 (11:55) | Tifa LockHeart |
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29 juin 6662026
[spoiler]Bruns, Brunes, ministres en sursis, contribuables déjà rincés, (...)
![]() 29 juin 6662026 Spoiler Bruns, Brunes, ministres en sursis, contribuables dĂ©jĂ rincĂ©s, provinces qui faites semblant de trembler par respect pour la mise en scĂšne et Ă©trangers venus Ă©couter si lâEmpire tousse assez fort pour mourir. Ici Kleo parle. Oui, depuis le trĂŽne. Je sais. Moi aussi je trouve que le meuble insiste beaucoup. La nuit nous offre un spectacle sec, net et presque Ă©ducatif. LâEmpire Brun rĂ©colte 2638 MĂ et paie 2700 MĂ pour ses soldats. VoilĂ donc le bilan comptable de mon accession. Je prends un trĂŽne, il me tend une facture. Câest Ă©lĂ©gant. Câest brun. Câest un piĂšge avec coussin. Le Palais ImpĂ©rial reçoit mĂȘme des miettes nĂ©gatives. Je ne savais pas quâun ministĂšre pouvait ĂȘtre nourri avec du manque mais manifestement lâadministration impĂ©riale a toujours eu plus dâimagination que de trĂ©sorerie. La ConfĂ©dĂ©ration Libre a Ă©lu Jean-Luc Selriche PrĂ©sident avec assez de voix pour faire semblant dâaimer la dĂ©mocratie sans devoir la consultĂ© deux fois. Ranxerox devient Premier Ministre de Kraland avec 100 pour cent des voix et un seul candidat. LĂ aussi, magnifique leçon. Quand il nây a personne en face, mĂȘme la volontĂ© du peuple a lâair disciplinĂ©e. Bisouville offre un autre bijou politique avec Layla Al-KhaĂŻd Ă©lue Ă 0 voix. ZĂ©ro. Une victoire vide, pure, presque mystique. Le nĂ©ant applaudit et lâadministration tamponne. Acropole nâa mĂȘme trouvĂ© personne pour se prĂ©sentĂ© au Forum. Câest beau. La dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e ressemble Ă une salle des fĂȘtes aprĂšs lâenterrement du buffet. On entre, on regarde les chaises vides et on se dit que le peuple a parlĂ© trĂšs fort en restant chez lui. Les concernĂ©s peuvent venir niĂ© publiquement. Nous garderons le silence nĂ©cessaire afin dâentendre leurs arguments tomber au sol. En Empire, Shana Al-KhaĂŻd entre finalement chez les Bruns aprĂšs avoir menacĂ©, plaidĂ©, grognĂ© et promenĂ© son dossier comme une princesse avec des papiers inflammables. Les codes lui donnaient des dĂ©mangeaisons, les articles lui semblaient moins supportables que la putrĂ©faction et son sang brun voulait passer avant les formulaires. Câest trĂšs impĂ©rial dans lâesprit. TrĂšs pĂ©nible dans les couloirs. Mais enfin, Dusk et Aurora ont tamponnĂ©. Directive impĂ©riale. Tout ça tout ça. On sent le ministĂšre heureux dâĂȘtre encore vivant mais dĂ©jĂ fatiguĂ© de lâĂȘtre. Ne vous en faites pas, il n'ouvre un oeil que pour mes huit magnifiques yeux. SĂ„tomi quitte lâIntĂ©rieur avec la dignitĂ© rigide dâune loi qui refuse de se plier. Elle a tenu son ministĂšre comme on tient une porte barrĂ©e pendant que le feu prend dans la cuisine. On peut critiquer son goĂ»t pour les procĂ©dures mais pas sa constance. Elle a dit non, elle a classĂ©, elle a numĂ©rotĂ©, elle a regardĂ© les princesses dans les yeux administratifs du formulaire et elle a rappelĂ© quâun passeport jetĂ© ne revient pas par caprice. CâĂ©tait froid. CâĂ©tait net. CâĂ©tait presque beau si lâon aime les couloirs oĂč meurent les dĂ©clarations dâamour. Puis lâEmpire a changĂ© de direction. Cela arrive. Surtout un vingt-huit. Agatha, elle, a Ă©tĂ© renvoyĂ©e pour des raisons nombreuses, inventĂ©es avec soin et probablement plus vraies que ses colonnes de chiffres. Elle avait trouvĂ© chez Shana une photo Ă©rotique dâAya danseuse et en avait tirĂ© des conclusions gĂ©opolitiques. VoilĂ une mĂ©thode dâenquĂȘte que je respecte presque. Quand une lingerie devient preuve dâinfiltration alĂ©ocrate, câest que la politique impĂ©riale respire encore par ses vieux trous malsains. Malheureusement, Agatha avait aussi lâair de croire que lâĂ©conomie devait servir Ă comptĂ© lâargent au lieu de lui donnĂ© une ambiance. Faute grave. Les chiffres ne sont pas nos maĂźtres. Ce sont des petits insectes quâon range dans des cases jusquâĂ ce quâils avouent. Thalya prend lâĂconomie, Neodym prend la Recherche et Monique reçoit le Travail comme retraite anticipĂ©e. Oui. Je sais. Câest cruel. Offrir le Travail Ă une ancienne ImpĂ©ratrice le jour oĂč elle voulait du repos, câest presque de la dentelle politique. Monique mâa traitĂ©e de petite mygale velue. Jâaccepte. Elle quitte le trĂŽne avec panache et menace de veillĂ©. TrĂšs bien. Quâelle veille. Les vieux trĂŽnes aiment les fantĂŽmes et moi jâaime savoir oĂč sont les gens qui savent mordre. Jaylie verse 7500 MĂ au MinistĂšre de lâĂconomie, ce qui me rappelle que certaines personnes dans cet Empire comprennent encore quâun coffre nâest pas seulement une dĂ©coration. Mystisie trouve un filon dâor, Sicilia rapporte, Santa Banana tousse, Niarkalistan se fait visiter par des squelettes et lâEmpire continue de respirer par endroits. Ce nâest pas une santĂ©. Câest une rĂ©sistance Ă lâautopsie. Si quelquâun veut pleurĂ© Agatha, louer Monique ou compter les ministĂšres encore chauds, les lignes sont ouvertes. Les sanglots seront classĂ©s par utilitĂ© et les plaintes trop longues serviront de combustible. Ailleurs, le Royaume de RuthvĂ©nie continue de prouver que la monarchie est un escalier oĂč chacun pousse celui du dessus avec des gants propres. Felicity tente dâusurpĂ© Wenceslas, perd son poste et dĂ©couvre quâune couronne ne se prend pas toujours aussi facilement quâune chaise mal gardĂ©e. Elle critique, manifeste, retire un poste Ă Baptiste puis finit avalĂ©e par cette mĂ©canique royale qui transforme lâambition en avis de recherche avec ruban. Câest beau comme une tragĂ©die Ă©crite par un notaire jaloux. Baptiste revient au duchĂ© de RuthvĂ©nie avec formulaire rempli et fanfare de Grand Chambellan. Bladimir remonte dans les faveurs, DĂ©merzel encaisse, Tormenta tape avec des mots et le GĂ©ofront se fait surtaxĂ© parce que lâallĂ©geance ne vient pas assez vite. Le Royaume appelle cela de la fidĂ©litĂ©. Moi jâappelle cela une facture avec couronne et parfum de chapelle humide. Elune Von Voda explique que les provinces nâayant point prĂȘtĂ© allĂ©geance verront leurs taxes augmenter progressivement. Cinq pour cent tous les trois jours. Câest prĂ©cis, presque tendre. On ne frappe pas dâun coup. On serre lentement. La monarchie a toujours aimĂ© appelĂ© cela tradition. Les contribuables appellent cela autre chose mais ils le disent moins fort quand le chĂąteau Ă©coute. Le GĂ©ofront subit aussi des attentats sur son Nouvel espoir. ZĂ©ro victime mais des murs au sol. Câest peut-ĂȘtre la dĂ©finition royale du progrĂšs. Rien ne meurt sauf ce qui devait tenir debout. Le sanctuaire a donc trouvĂ© une maniĂšre trĂšs ruthvĂšne de prier, faire tombĂ© les bĂątiments et appeler ça une Ă©tape spirituelle. Soeur Shoshana veut son chemin, Ninoo veut ĂȘtre Pompesse et reprĂ©sentĂ© la commu, Wenceslas veut peser la province avec sa couronne dans une main et sa conversion dans lâautre. Chacun jure consulter le peuple en essayant trĂšs fort de lui souffler la bonne rĂ©ponse. Le GĂ©ofront devient cette Ă©trange table oĂč tout le monde pose sa foi, son programme, son ego et sa petite pelle pour creuser sous le voisin. Les nobles peuvent venir corriger. Quâils apportent leur propre chaise. Les leurs ont tendance Ă explosĂ©. Kraland et le ValĂ©gro poursuivent leur grande messe rouge. Ranxerox annonce que la parole va cesser pour laisser place aux actes. DĂ©claration inquiĂ©tante chez un peuple qui parle dĂ©jĂ comme une affiche mouillĂ©e. Bogdan promet le bonheur mĂȘme aux rĂ©calcitrants et la RĂ©publik se fĂ©licite dâaider les gens quâelle vient de recouvrir dâun drapeau. Le bonheur kralandais est simple. Il arrive chez vous, il sâassoit et il demande pourquoi vous nâĂȘtes pas reconnaissant. Jean-Messie chante la magnanimitĂ© rouge, Bogdan apporte des matĂ©riaux, Ranxerox surveille, Ivictus dit que toute rĂ©sistance est futile puis critique aussi la RĂ©volution parce quâil faut bien garder les poignets souples. Le ValĂ©gro change de drapeau comme une taverne change de nappe aprĂšs une bagarre et chacun prĂ©tend que le tissu prouve la destinĂ©e. Il faut admirĂ© cette foi textile. Les peuples meurent parfois pour des couleurs. Les gouvernements, eux, les lavent Ă lâeau froide et les accrochent oĂč ça rapporte. Alastair tente de purifiĂ© une mare, rate un sort, se retrouve recherchĂ© puis se livre Ă la justice avant de sortir. VoilĂ un cycle Ă©cologique complet. Invocation de la nature, Ă©chec, police, prison, libĂ©ration. Le canard heureux a donc une mare, un druide pieds nus et une procĂ©dure pĂ©nale. Le Paradigme nâa pas le monopole de lâĂ©cologie absurde. La RĂ©publik peut aussi produire du mysticisme de flaque avec casier judiciaire. En ConfĂ©dĂ©ration Libre, Don Amortel brĂ»le des bulletins aprĂšs avoir expliquĂ© quâil lançait les festivitĂ©s pyrotechniques. VoilĂ enfin un dĂ©mocrate efficace. Il trouve le vote trop lent et lui offre du feu. Avant cela, il propose Ă Jean-Luc Selriche un arrangement plein de parfum brun, rĂ©cupĂ©rer Mystisie, appliquer son programme en mieux et renoncer Ă sa candidature au profit dâun agent reconnu. Jean-Luc refuse avec cette solennitĂ© confĂ©dĂ©rĂ©e qui consiste Ă dĂ©fendre lâurne juste avant quâun autre y mette des flammes. La dĂ©mocratie survit donc Ă lâincendie. Dommage. CâĂ©tait presque une belle fin. Structural augmente mĂȘme la taxe fonciĂšre au nom dâun grand tournant Ă©cologique qui consiste, aprĂšs discours, Ă remettre de lâargent dans la caisse et voir demain si quelquâun se souvient encore de la planĂšte. Les pistes cyclables, la fin de lâartificialisation, les ZFE, tout cela a flottĂ© dans lâair comme un parfum de vertu avant de retombĂ© en taxe fonciĂšre. Câest la dĂ©mocratie moderne. On plante un arbre dans un discours et on rĂ©colte une facture. Don Amortel peut venir plaidĂ©. Il aura droit Ă un verre dâeau. Pour le feu, nous avons assez donnĂ©. Au Paradigme Vert, des lianes attaquent, des fĂ©es bouchent des tunnels, des temples de Grande DĂ©esse reçoivent des luttes contre le paganisme et une photo Ă©rotique circule comme si la gĂ©opolitique avait besoin de lingerie pour respirer. Les Verts veulent sauvĂ© le monde mais peinent encore Ă sauver leurs prisons, leurs temples et leurs plantes de leurs propres convictions. Câest touchant. Comme un compost qui se prend pour un sĂ©nat. SibĂ©ria construit un poste de garde. Saphir critique Kraland, RuthvĂ©nie et le Khanat tout en louant les Provinces IndĂ©pendantes. VoilĂ une boussole politique qui ne cherche pas le nord mais la sortie la moins ridicule. Jay Padbol revient candidat Ă Garinaville en demandant si quelquâun se souvient de lui. Ancien gouverneur, ancien rĂ©gent, ancien quelque chose. Le pouvoir est cruel. Il transforme les souvenirs en brochures mouillĂ©es. Candidat vaut toujours mieux que pas de candidat dit-il. Câest faux mais câest dĂ©mocratiquement attendrissant. En ForĂȘt de Jade, Octave lutte contre le paganisme dans un temple de la Grande DĂ©esse puis se fait attaquĂ© par une liane tueuse. La nature a donc rĂ©pondu au dĂ©bat thĂ©ologique avec ses mĂ©thodes habituelles. On peut ne pas ĂȘtre dâaccord avec une plante mais il est rare de gagnĂ© lâargument quand elle essaie de vous Ă©tranglĂ©. Le Khanat offre aussi sa petite perle. Minerva tente dâusurpĂ© Tifa au nom de lâEsprit Boulet ou de Magmor, elle ne sait plus trĂšs bien. VoilĂ une franchise rare. Dâhabitude les ambitieux mentent mieux. Elle Ă©choue et Tifa reste Grande Khane, protĂ©gĂ©e par le destin, par lâadministration ou par ce vieux principe cybermondial selon lequel le chaos adore toujours gardĂ© ses meilleurs personnages en place. Elbereth vient louer Tifa avec cette sagesse tribale qui consiste Ă applaudir la cheffe aprĂšs que quelquâun a trĂ©buchĂ© sur la marche du pouvoir. Minerva, de son cĂŽtĂ©, fĂ©licite presque trop bien. Chez les peuples tribaux, la louange ressemble souvent Ă une pierre polie. On admire sa forme juste avant de se demandĂ© sur quel crĂąne elle va finir. La Capsulie continue de fournir le monde en rencontres contre nounours, primitifs et pacifisme hĂŽtelier. La STEAKERIE DE CAPSULIE reçoit un climat pacifiste. Imaginez une auberge remplie de viande, de tension et de gens qui essaient soudain de ne pas se frapper pendant vingt quatre heures. Câest presque plus inquiĂ©tant quâune bagarre. Au moins, quand les coups partent, on sait oĂč mettre les meubles. Ă Irendol, les tartes volent et ratent. Emile Liarr et PrĂ©cieuse de Tomosan se livrent Ă cette diplomatie pĂątissiĂšre oĂč lâhumiliation demande une bonne visĂ©e et un dessert sacrifiable. Les tartes manquent leur cible, ce qui prouve que mĂȘme le ridicule a parfois besoin dâentraĂźnement. On parle souvent des guerres, des attentats et des Ă©lections mais le Cybermonde se rĂ©sume parfois Ă deux gens qui ratent une crĂšme Ă bout portant. Ă Sicilia, Wonyoung revient Ă la maison avec un discours doux comme un couteau poli. La RĂ©publique de Kraland nâa plus besoin de ses services, dit-elle, alors elle revient. Quelle phrase splendide. On dirait une lettre dâamour Ă©crite par quelquâun qui garde ses valises prĂšs de la porte. Elle remercie lâEmpire pour lâactivitĂ© apportĂ©e au ministĂšre et lâenthousiasme suscitĂ©. Oui. Chez nous, mĂȘme les failles de naturalisation crĂ©ent de lâemploi. Câest la croissance brune. On ne produit pas toujours des biens mais nous produisons des dossiers. Shana entre par la grande porte aprĂšs avoir essayĂ© plusieurs murs. Agatha lâaccuse, SĂ„tomi la refuse, Dusk et Aurora la valide, la loi tousse, le trĂŽne tranche et tout le monde prĂ©tend que cela ressemble Ă une procĂ©dure. Parfait. LâEmpire Brun nâa jamais Ă©tĂ© une ligne droite. Câest une toile. On croit avancer vers le centre puis on dĂ©couvre que le centre vous regarde depuis le dĂ©but avec huit yeux bleus. Trou Perdu parle encore du Parrain absent. Chacun prĂ©tend entendre sa voix mieux que le voisin. VoilĂ le vrai luxe local. MĂȘme le silence devient une ressource disputĂ©e. Le Parrain ne parle pas et dĂ©jĂ tout le monde lui prĂȘte des ordres. Il y a autant de volontĂ©s du Parrain quâil y a de gens pour les vendre au marchĂ©. Câest inquiĂ©tant, donc câest vivant. Un chef absent crĂ©e des prophĂštes. Un chef prĂ©sent crĂ©e des mĂ©contents. Sicilia a choisi la version avec plus de murmures et moins de preuves. Le fĂ©e Bobo tente de forcĂ© le coffre de la Villa Dei Machiavelli et se fait rappeler Ă la rĂ©alitĂ© par une dĂ©fense laser. Je tiens Ă saluer cette contribution technologique Ă la pĂ©dagogie criminelle. Certains sermons prennent une heure. Un laser, lui, fait comprendre le droit de propriĂ©tĂ© en une seconde. Je rĂ©sume donc. Les autres Ă©lisent le vide, brĂ»lent les urnes, taxent les fidĂšles absents, perdent leurs murs, ratent des tartes, adorent des mares, rĂ©parent des prisons, discutent avec des lianes, invoquent des esprits mal identifiĂ©s et appellent cela gouvernance. LâEmpire, lui, a une araignĂ©e nerveuse sur un trĂŽne morbide, des Siciliens aux postes clĂ©s, des ministres remplacĂ©s avant que les coussins refroidissent, des princesses qui rentrent par le droit du sang ou par la fenĂȘtre et un dĂ©ficit qui a au moins lâhonnĂȘtetĂ© de ne pas se dĂ©guiser en vertu. Câest peut-ĂȘtre inquiĂ©tant. Câest sĂ»rement instable. Mais câest proprement brun. Les tĂ©moins anonymes, les ministres vexĂ©s, les princesses brunies, les contribuables saignĂ©, les anciens candidats carbonisĂ©s, les duchesses tombĂ©es, les popesses candidates, les druides de mare et les victimes consentantes de la vĂ©ritĂ© peuvent se manifestĂ©. Toute personne souhaitant corriger cette version des faits peut venir le faire en direct, Ă condition dâavoir le courage de parler plus fort que sa honte. CâĂ©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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30 juin 6662026
[spoiler]Bruns, Brunes, anciens sujets provisoirement survivants, (...)
![]() 30 juin 6662026 Spoiler Bruns, Brunes, anciens sujets provisoirement survivants, ministres qui dĂ©couvrez avec effroi que les coussins impĂ©riaux gardent lâodeur des gens qui ont paniquĂ© dessus et auditeurs de taverne venus vĂ©rifiĂ© si lâEmpire Brun sait encore parlĂ© sans que les murs prennent feu. Je sais, câest Ă©mouvant. Sortez vos mouchoirs, vos faux tĂ©moignages et vos petites bouteilles Ă fond plat. LâEmpire Brun vient de vivre un rĂšgne bref, nerveux, fiscalement embarrassĂ© et suffisamment brun pour laissĂ© une trace dans les coussins. Commençons par la seule chose que mĂȘme les gens sobres comprennent quand ils ont mal dormi. Lâargent. LâEmpire Brun rĂ©colte 7936 MĂ. VoilĂ . Cette fois, la caisse respire. On entend presque les ministĂšres tousser de joie dans le noir. Mystisie rĂ©colte 10768 MĂ Ă elle seule. Oui, vous avez bien entendu. Mystisie, cette province qui regarde parfois la sortie avec lâair dâun fantĂŽme devant une porte ouverte, vient de rappelĂ© Ă tout le Cybermonde quâelle nâest pas seulement une ambiance humide avec des ectoplasmes. Câest aussi une mine dâor qui sait faire rougir les comptables. Les financiers inquiets peuvent venir dĂ©mentir. Ils seront accueillis avec un verre vide et la possibilitĂ© rare de se rendre utiles. Jâai nommĂ© MnĂ©mĂ©sine dâArcys future ImpĂ©ratrice. Une Mystisienne. Quel scandale dĂ©licieux. Quel moment parfait. La Mystisie parle de partir, lâEmpire pue le silence radio, les ectoplasmes mĂšnent une vie publique plus active que certains ministres et moi, dans ce chaos de velours moisi, je pose une hĂ©ritiĂšre venue prĂ©cisĂ©ment de lĂ . Certains appelleront cela de la provocation. Je prĂ©fĂšre appelĂ© ça une rĂ©ponse polie avec huit pattes. Pourquoi MnĂ©mĂ©sine. Parce quâil fallait quelquâun capable de regardĂ© la barre sans la confondre avec un manche de hache. Parce quâelle a cette tristesse droite des gens qui savent ce quâun vide coĂ»te et que parfois il vaut mieux confiĂ© une nation Ă quelquâun qui connaĂźt le gouffre quâĂ un enthousiaste qui veut seulement y installĂ© des drapeaux. Et parlons justement de Dusk et Aurora, puisque le Cybermonde a dĂ©cidĂ© que mĂȘme leur retraite devait avoir des dents. Ă Mystisie, un ectoplasme les attaque. Un ectoplasme. Un tas de silence contrariĂ© qui choisit de sâen prendre Ă deux personnes ayant dĂ©jĂ donnĂ© assez de concerts, de ministĂšres et de lassitude pour plusieurs vies. Puis un dĂ©mon mineur mâattaque moi aussi Ă Lampe du GĂ©nie. VoilĂ donc lâaccueil mystisien. De lâor dans les caisses, des spectres dans les couloirs et des dĂ©mons qui demandent probablement un autographe Ă coups de griffes. Je ne vais pas dire que Mystisie est instable. Ce serait trop facile. Je vais dire que Mystisie a une façon trĂšs personnelle de montrer quâelle existe. LĂ oĂč dâautres provinces organisent une rĂ©union, elle vous envoie un ectoplasme. LĂ oĂč dâautres vous offrent une corbeille, elle vous colle un dĂ©mon mineur dans les pattes. Câest moins convivial mais plus mĂ©morable. Les ectoplasmes souhaitant exercĂ© leur droit de rĂ©ponse sont invitĂ©s Ă se manifestĂ© en frappant trois fois dans le mur. Si personne ne rĂ©pond, nous considĂ©rerons quâils approuvent. Jâentends dĂ©jĂ certaines bouches molles murmurĂ© que lâEmpire a trop parlĂ© de Mystisie trop tard. Cheikh Evara sâen est fait une spĂ©cialitĂ©. Il accuse Monique, il accuse le silence, il accuse les ministres muets, il accuse la tournĂ©e absente et il explique que la Mystisie restera quand les rĂšgnes passent. Câest joli. Câest mordant. Câest presque assez Ă©lĂ©gant pour mĂ©ritĂ© un cadre. Monique rĂ©pond que la Mystisie qui veut divorcer a offert surtout de la mauvaise humeur, des reproches, des revendications financiĂšres et des images toujours plus grandes. Elle ajoute que couinĂ© contre Lemage nâest pas une doctrine. Ce qui est vrai, mĂȘme si cela reste une activitĂ© populaire et peu coĂ»teuse. Moi, je regarde cela avec mes grands yeux bleus et ma dĂ©licatesse de crĂ©ature revenue du pouvoir. Une province qui crie veut encore quelque chose. Une province qui se tait est dĂ©jĂ ailleurs. Alors oui, la Mystisie dramatise. Oui, elle a des ectoplasmes, des mines pleines dâor et assez de rancune pour alimentĂ© une chaudiĂšre. Mais au moins elle fait du bruit. LâEmpire Brun devrait peut-ĂȘtre cessĂ© de confondre silence et stabilitĂ©. Le silence nâest pas une paix. Câest parfois juste un trou dans lequel personne nâose descendre avec une lampe. Toute personne souhaitant corrigĂ© cette analyse peut venir avec une pelle, une preuve ou une meilleure image. Les plaintes sans style seront classĂ©es sous poussiĂšre. Le ValĂ©gro, lui, continue dâoffrir au monde cette forme de théùtre oĂč chaque discours ressemble Ă une barricade montĂ©e avec des patates. Lucette Circulaire revient criĂ© contre le Royaume, parle dâexploiteurs, de libertĂ© et de tubercules puis se fait attaquĂ© par des sectateurs et un bĂątard du gĂ©ant des montagnes. Wenceslas lui rĂ©pond avec cette cruautĂ© polie des gens nĂ©s du bon cĂŽtĂ© des couverts. Il parle de timbre kralandais, de mariage ratĂ©, dâĂmile, de fureurs qui ne sont pas politiques et demande quâon Ă©pargne ses oreilles. Fort Emouchet impose un couvre-feu. Les paysans veillent. Les sectateurs attaquent. Jean-Messie se fait agresser aprĂšs avoir trouvĂ© quâil y avait trop de paysans. Ămile Liarr dĂ©fend le cĂŽtĂ© ruthvĂšne du ValĂ©gro avec lâobstination dâun homme qui semble dĂ©cidĂ© Ă devenir martyr si personne ne lui trouve une chaise convenable avant. Kraland promet la multiculturalitĂ© puis semble surtout vouloir installĂ© son bonheur en noyant ce qui dĂ©passe. Le Royaume promet lâĂ©tiquette puis se bat avec ses fourchettes. Le ValĂ©gro reste au milieu, province de drapeaux froissĂ©s, de paysans suspects et de discours trop longs pour une ville sous couvre-feu. Les ValĂ©grogniards peuvent venir tĂ©moignĂ©. Les patates seront fouillĂ©es Ă lâentrĂ©e. La ConfĂ©dĂ©ration Libre, elle, inaugure son nouveau numĂ©ro. Jean-Luc Selriche prĂ©sente la ConfĂ©dĂ©ration Moralean. Rien que le nom donne envie de vĂ©rifiĂ© son portefeuille. La ConfĂ©dĂ©ration se place dĂ©sormais au-dessus des considĂ©rations gĂ©opolitiques pour faire la leçon Ă tout le monde, ce qui est la forme la plus pure de la dĂ©mocratie quand elle dĂ©couvre quâelle nâa ni la plus grosse armĂ©e, ni la meilleure Ă©conomie, ni le plus grand territoire mais quâelle possĂšde encore une bouche. Don Amortel reçoit le MinistĂšre de la Guerre puis se le fait retirĂ© aussitĂŽt. PĂ©dagogie confĂ©dĂ©rĂ©e. On ne met pas lâennemi au cachot. On lui donne un jouet, on le lui arrache et on lui explique la morale pendant quâil cligne des yeux. Puis on le nomme Ă lâInformation, punition raffinĂ©e qui consiste Ă lui faire annoncĂ© les rĂ©ussites dâun gouvernement quâil voulait empĂȘchĂ©. Cela, mes petits cafards, est presque brun. Pas autant que nous. Mais la ConfĂ©dĂ©ration apprend. Lentement. En se fĂ©licitant beaucoup. Roger St Misles est reconduit Ă la Justice avec une grande thĂ©orie sur les bons et les mauvais voleurs. Le mauvais voleur vole pour devenir riche. Le bon voleur vole parce quâil est pauvre. VoilĂ une pensĂ©e sociale qui fera chaud au cĆur des petits forbans et froid aux coffres bien nourris. Si la ConfĂ©dĂ©ration continue ainsi, elle finira par dĂ©couvrir que la justice est un couteau dont le manche change de main selon la taille du discours. Don Amortel peut venir niĂ©. Nous lui laisserons le micro. Il connaĂźt dĂ©jĂ la punition. Au Khanat, Bladimir Bladimirovitch Mutin tente de rotĂ© dans le micro avant le discours du Bourgmestre et se retrouve arrĂȘtĂ©. Enfin une infraction claire. Pas de traitĂ©, pas dâallĂ©geance, pas de philosophie. Un rot, un micro, une police. Le monde devrait parfois restĂ© Ă cette Ă©chelle. Il avait pourtant tentĂ© de louer Tifa et de rappelĂ© que lâamitiĂ© ne sâachĂšte pas. Puis la rĂ©alitĂ© tribale lâa saisi par le col, probablement pour atteinte sonore Ă lâordre public. Minerva, de son cĂŽtĂ©, fait avancĂ© la gare de Youpigrad et prĂ©pare lâaĂ©roport. Le Khanat construit pendant que dâautres Ă©crivent des manifestes. Je pourrais me moquĂ© mais je dois admettre que bĂątir une gare au milieu du bruit politique a quelque chose de presque respectable. Ne rĂ©pĂ©tez pas que jâai dit cela. Je nierai avec grĂące. Le Paradigme Vert dĂ©couvre les Techniques de Clonage, sacralise la Grande DĂ©esse et finance en mĂȘme temps la CU. Câest vert. Câest spirituel. Câest technologiquement inquiĂ©tant. Rien ne dit mieux Ă©cologie extrĂȘme que de parlĂ© de sacrĂ© le matin et de clonage lâaprĂšs-midi. La nature devait ĂȘtre trop simple, alors ils ont ajoutĂ© des puces de compĂ©tence. En ForĂȘt de Jade, on lance des tartes. En Irendol, des loups attaquent. En SibĂ©ria, une rumeur dit avoir vu ta mĂšre en string et sâarrĂȘte lĂ comme une civilisation qui aurait perdu sa plume en plein naufrage. La ThĂ©ocratie Verte poursuit donc son grand projet. ReliĂ© le sacrĂ©, les arbres, les clones et les ragots de sous-sol dans une mĂȘme soupe tiĂšde. Les Verts peuvent venir protestĂ©. Nous avons prĂ©vu un pot de terre, une chaise vide et une grande photo pour quâils se sentent chez eux. Et puis il y a Sicilia. Wonyoung recommande Octave Sombrefer qui se domicilie Ă Trou Perdu. VoilĂ un retour au pavĂ©, une arrivĂ©e dans le nid, une nouvelle silhouette dans nos ruelles oĂč mĂȘme les murs demandent parfois une piĂšce dâidentitĂ© avant de tombĂ©. Sicilia ne fait pas de grands discours pour prouvĂ© quâelle vit. Elle ajoute quelquâun Ă la ville, elle encaisse, elle garde ses tavernes ouvertes et elle attend de savoir qui trahira qui avant le petit dĂ©jeuner. Jâai Ă©tĂ© nommĂ©e GĂ©nĂ©rale de lâarmĂ©e Orientale des CĂŽtes CassĂ©es par Silice de Pont-Krivell. ĂphĂ©mĂšre ImpĂ©ratrice devenue gĂ©nĂ©rale. Quelle trajectoire. JâĂ©tais sur un trĂŽne morbide, je me retrouve avec des froques brunes stationnĂ©es en Mystisie Ă dĂ©mĂȘlĂ©. LâHistoire est une vieille ivrogne. Elle vous donne une couronne le matin et une caserne le soir. Au moins, cette fois, le titre a lâhonnĂȘtetĂ© de prĂ©venir quâil faudra probablement frappĂ© quelque chose. Je note aussi, pour raisons strictement journalistiques, que Rosalia de Pont-Krivell a donnĂ© de lâentrain au travail au gisement dâor de CAPS LOCK. Je le mentionne sans tremblĂ©. Avec professionnalisme. Avec la dignitĂ© dâune ancienne ImpĂ©ratrice qui nâa pas du tout fixĂ© un autographe pendant trois heures comme une araignĂ©e devant une relique sainte. Le travail avance mieux quand Rosalia passe. VoilĂ . Câest un fait Ă©conomique, pas une dĂ©claration de groupie. Quiconque prĂ©tendra le contraire sera radiophoniquement mordu. Les tĂ©moins anonymes, les groupies non anonymes et les gens qui veulent mâhumiliĂ© en direct sur ce sujet peuvent se manifestĂ©. Je les hais dĂ©jĂ avec reconnaissance. Maintenant, la grande morale brune de cette soirĂ©e. Le Cybermonde aime prĂ©tendre quâil avance par rĂšgnes, par Ă©lections, par constitutions, par allĂ©geances et par grandes idĂ©es. Faux. Il avance par factures, par rancunes, par gisements dâor, par ministres fatiguĂ©s, par crĂ©atures qui attaquent au mauvais moment et par gens assez tĂȘtus pour se levĂ© encore une fois devant un micro. Kraland veut le Bonheur mais noie les voix qui chantent trop ruthvĂšne. La ConfĂ©dĂ©ration veut moralisĂ© le monde mais transforme ses ennemis en fonctionnaires pour mieux rire dâeux. RuthvĂ©nie veut lâĂ©tiquette mais sert du chili suspect et des procĂšs publics. Le Khanat construit des gares entre deux rots politiques. Le Paradigme sacralise, clone et compostĂ© son propre sĂ©rieux. LâEmpire Brun, lui, fait ce quâil sait faire depuis toujours. Il survit avec trop de silence, pas assez de drame utile et une araignĂ©e qui refuse de laisser les morts, les vivants et les meubles avoir le dernier mot. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches dĂ©coratifs, les ministres vexĂ©s, les ectoplasmes syndiquĂ©s, les prĂ©sidents moralisateurs, les clones en projet, les duchesses froissĂ©es, les patates militantes et les groupies de bon goĂ»t sont invitĂ©s Ă se manifestĂ©. CâĂ©tait Kleo. |
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1 Juillet 6662026
[spoiler]Oui, jâai du retard.
Enfin non.
Pas du (...)
![]() 1 Juillet 6662026 Spoiler Oui, jâai du retard. Enfin non. Pas du tout. Techniquement, je suis parfaitement Ă lâheure dans une temporalitĂ© plus Ă©lĂ©gante que la vĂŽtre. Mais on mâa rappelĂ©, avec cette dĂ©licatesse anonyme qui sent la fenĂȘtre entrouverte et le courage dissimulĂ© derriĂšre un rideau, Ă quel point mes Ă©missions Ă©taient aimĂ©es. Coucou lâadmirateur anonyme. Je vous vois presque. Alors en attendant que je prĂ©pare lâĂ©mission dâaujourdâhui, Ă©coutez donc celle dâhier. Elle a trĂšs bien vieilli, ce qui est plus que ce que lâon peut dire de certaines opinions politiques laissĂ©es trop longtemps au soleil. Installez-vous, servez-vous quelque chose de buvable et faites semblant dâĂȘtre patients. Radio NĂ©crotoile revient bientĂŽt. Avec du venin frais. Les DĂ©mons Votent Mieux que les Silencieux Bruns, Brunes, survivants de province, ministres qui tenez encore debout, taverniers qui servez sans trembler et pauvres Ăąmes du Cybermonde venues Ă©coutĂ© si lâEmpire Brun respire encore avec assez de venin pour salir les nappes propres des voisins. Ici Kleo parle. Depuis un dĂ©cor assez sombre pour rassurer les fidĂšles et assez ridicule pour rappeler que nous sommes toujours dans lâEmpire Brun. Il y a du velours, des crĂąnes, des dorures anciennes, des rideaux pourpres, des chandelles et cette odeur de pouvoir dangereux qui colle aux murs comme une vieille promesse Ă©lectorale dans une cave humide. Je suis au centre de la toile. Naturellement. Je suis impartiale. Ăvidemment. Et si quelquâun croit cela, quâil consulte rapidement Monique Lemage au MinistĂšre de lâInformation afin de savoir combien coĂ»te une telle naĂŻvetĂ© en frais de survie. Commençons par les chiffres car les chiffres ont cette qualitĂ© rare de mentir moins Ă©lĂ©gamment que les gens. LâEmpire Brun rĂ©colte 2836 MĂ. Ce nâest pas le festin du siĂšcle mais câest assez pour rappeler que la maison nâest pas morte. Elle tousse, elle grince, elle sent le pĂ©trole mystisien, la taverne sicilienne et lâambition mal rangĂ©e mais elle nâest pas morte. Mystisie rapporte 2006 MĂ. Sicilia rapporte 766 MĂ tout en coĂ»tant seulement 90 MĂ en employĂ©s. Trou Perdu rapporte 766 MĂ et ne coĂ»te que 45 MĂ. VoilĂ la leçon. Les capitales Ă©trangĂšres peuvent bavĂ© leurs doctrines, leurs pactes, leurs trĂȘves oratoires et leurs sermons au peuple. Chez nous, un trou correctement tenu vaut parfois mieux quâun royaume entier en perruque. Les comptables indignĂ©s peuvent venir niĂ©. Nous leur offrirons un tabouret et une calculatrice sale. Pendant ce temps, MnĂ©mĂ©sine dâArcys a pris lâEmpire avec cette douceur alarmante des gens qui disent bonjour avant de changĂ© le destin. Elle annonce lâinterdiction de la mĂ©chancetĂ©, lâencouragement de la gentillesse, lâinterdiction de la Coalition des Forces du Mal et un Empire dirigĂ© par des gentils. VoilĂ . LâEmpire Brun devient gentil. Je vous laisse imaginĂ© le bruit que cela fait dans les tombes, les caves, les bars et les tiroirs oĂč nous gardions les petits actes de cruautĂ© administrative pour les longues soirĂ©es dâhiver. Mais ne vous rassurez pas trop. Dans le mĂȘme souffle, MnĂ©mĂ©sine dâArcys prĂ©cise quâil faut tuĂ© Vostroyan parce que câest vraiment un mĂ©chant. VoilĂ donc notre doctrine nouvelle. Gentillesse pour tous, sauf pour les mĂ©chants que lâon tue gentiment. Je dois admettre que cette contradiction a un parfum brun. Une fleur blanche plantĂ©e dans un charnier reste une fleur mais le sol sait trĂšs bien ce quâil a mangĂ©. Silas des Sables prend les Affaires ĂtrangĂšres parce quâil est son meilleur ami et quâil connaĂźt le Cybermonde. Alex Ombrane 1er prend le Travail. Monique Lemage prend lâInformation parce quâelle parle trop bien. Câest sans doute la nomination la plus dangereuse de la journĂ©e. Confier lâInformation Ă Monique Lemage, câest confiĂ© une chandelle Ă quelquâun qui sait dĂ©jĂ oĂč se trouvent les rideaux. Les gentils peuvent venir se dĂ©fendre. Les mĂ©chants peuvent aussi venir mais quâils Ă©vitent de se prĂ©sentĂ© trop prĂšs de MnĂ©mĂ©sine dâArcys. La Mystisie, naturellement, a cĂ©lĂ©brĂ© tout cela avec la sobriĂ©tĂ© dâune cave pleine de dĂ©mons. Silas des Sables dĂ©truit une carriĂšre parce que la pierre mystisienne ne vaut rien et propose de construire en or massif. Enfin une politique esthĂ©tique. Inutile, aveuglante et probablement ruineuse mais au moins personne ne pourra dire quâelle manque de reflets. Il offre mĂȘme des soins des yeux Ă la Clinique des Sables. Pour un Ćil soignĂ©, le second offert. VoilĂ une diplomatie commerciale que je comprends. Si votre gouvernement rend aveugle, vendez des pansements. Puis les crĂ©atures se mĂȘlent au dĂ©bat. Silice de Pont-Krivell se fait attaquĂ© par un DĂ©mon Mineur. Silas des Sables se fait attaquer par un DĂ©mon Mineur. Dinglemire se fait attaquer par un DĂ©mon Majeur. Ă ce stade, ce nâest plus de la faune. Câest une commission parlementaire infernale. Et Cuchulainn agresse MnĂ©mĂ©sine dâArcys. Lui qui organisait peu avant Ă Trou Perdu une cĂ©rĂ©monie dâhommage Ă Oumuamua, avec des mots assez brĂ»lants pour faire taire un cimetiĂšre, se retrouve maintenant recherchĂ©. VoilĂ la beautĂ© terrible du Cybermonde. On passe du cĆur Ă©ternel Ă la plainte judiciaire avec une vitesse que mĂȘme les ministĂšres peinent Ă suivre. Les morts peuvent tĂ©moignĂ© si la rĂ©ception passe depuis le cimetiĂšre. Les vivants devront parlĂ© plus fort. Et puisque nous parlons de crĂ©atures utiles, revenons Ă Y0gi. Oui, encore. Lâennemi aveugle, muet et sourd. Ă 10h34, Y0gi se fait agressĂ© par un groupe menĂ© par DĂ©mon Mineur. Ă 10h35, Y0gi se fait agressĂ© encore par un groupe menĂ© par DĂ©mon Mineur. Deux fois en une minute. Hier les rapaces faisaient dĂ©jĂ le travail pĂ©dagogique. Aujourdâhui lâenfer reprend le dossier. Quand les oiseaux, les dĂ©mons et le bon sens local se relaient contre la mĂȘme silhouette silencieuse, il faut peut-ĂȘtre cessĂ© dâappeler cela une coĂŻncidence et commencĂ© Ă parler de verdict. Y0gi ne rĂ©pond pas. Y0gi ne voit pas. Y0gi nâentend pas. Il traverse la vie publique comme une porte condamnĂ©e quâon aurait oubliĂ© de retirer du trottoir. Il est cette sorte dâabsence qui rĂ©ussit malgrĂ© tout Ă encombrer la piĂšce. MĂȘme les dĂ©mons semblent agacĂ©s de devoir se rĂ©pĂ©ter. Je ne dis pas que lâenfer est devenu sicilien. Je dis seulement quâil apprend vite. Les tĂ©moins anonymes, les menteurs professionnels et les gens qui ont tout vu depuis une fenĂȘtre mal fermĂ©e sont invitĂ©s Ă se manifestĂ©. Les dĂ©mons mineurs peuvent aussi appeler la radio. Nous filtrerons les grognements. Ă Trou Perdu, Dusk et Aurora se prĂ©sentent aux Ă©lections pour devenir bourgmestres. Enfin une candidature qui ne cherche pas Ă rassurer les murs. Une ville comme Trou Perdu nâa pas besoin dâune poignĂ©e de main tiĂšde et dâun sourire imprimĂ©. Elle a besoin de gens qui regardent une ruelle et savent immĂ©diatement quelle partie risque de poignarder lâautre avant la fermeture. Martina D. Dei Machiavelli a prononcĂ© des discours dans lâordre qui convient. En faveur de lâEmpire Brun, contre le Royaume de RuthvĂ©nie et contre le Paradigme Vert. Trois gestes, trois griffures, une ligne claire. LâEmpire chez nous. Les autres dans le brouillard. Et si le brouillard approche trop, on le critique jusquâĂ ce quâil retourne humidifier ses propres frontiĂšres. VoilĂ ce quâon appelle une hygiĂšne politique. Ă Santa Banana City, LachĂ©sis loue Cersei La TrĂšs Sainte, Deux-Fleurs de Pont-Krivell et Zi Eun. Un petit bouquet de compliments locaux, avec assez de noms bruns pour dĂ©corĂ© une porte de ministĂšre. Shana Al-KhaĂŻd, elle, est dĂ©sormais domiciliĂ©e Ă Bagdad. GrĂące Ă Wonyoung, la ville accueille encore une prĂ©sence au sang lourd et aux dossiers qui sentent la cendre. TrĂšs bien. Un Empire qui ne sait plus reprendre ses ombres finit par devenir un club de lecture. Jamal Al-Fayeed, en revanche, tente dâarracher des arbres Ă Santa Banana City. Plusieurs fois. VoilĂ une ambition Ă©trange. Certains veulent des postes, des titres, des coffres. Lui regarde un arbre et dĂ©cide que le problĂšme commence lĂ . Je ne condamne pas trop vite. Ă force dâentendre les discours des autres nations, moi aussi jâai parfois envie de retirĂ© des choses enracinĂ©es. Mais faites cela proprement. Nous sommes bruns, pas amateurs. Du cĂŽtĂ© des Services Secrets, Deux-Fleurs de Pont-Krivell diffuse un discours dâune prĂ©cision rare avec les mots test cedric. Puis LachĂ©sis rĂ©pond presque avec test floral. Le renseignement impĂ©rial atteint donc ce stade supĂ©rieur oĂč personne ne sait si rien nâa Ă©tĂ© dit ou si tout a Ă©tĂ© dit trop clairement. Câest probablement cela, le secret parfait. Un message si nu quâil remet lâauditeur en question. Toute personne ayant compris test cedric est priĂ©e de ne pas lâexpliquer. Ce serait contre lâesprit. Ailleurs, le Cybermonde sâagite avec la grĂące dâun sac de chats jetĂ© dans une salle du trĂŽne. Ranxerox passe les relations en paix envers la ConfĂ©dĂ©ration Libre parce que quand câest flou, câest quâil y a un loup. JâapprĂ©cie la formule. Elle sent la ruelle, mĂȘme si elle vient de Kraland. Il retire aussi Wispy de lâambassade auprĂšs du Paradigme Vert pour faire des Ă©conomies et se charger personnellement des relations. La pensĂ©e est unique, dit-il. Construire un rĂ©seau de sous-sols câest bien, construire un rĂ©seau tout court câest mieux. Kraland dĂ©couvre donc que la diplomatie nâest pas seulement un trou sous une affiche rouge. Nous saluons ce progrĂšs avec mĂ©fiance. En RuthvĂ©nie, Felicity Ruthven critique Bladimir Bladimirovitch Mutin, manifeste, tente de jeter des Ćufs sur une prison de haute sĂ©curitĂ© puis finit elle-mĂȘme transfĂ©rĂ©e. VoilĂ une aristocratie qui nâa jamais peur du ridicule, seulement du manque de projectiles. Bladimir Bladimirovitch Mutin, lui, laisse des magazines pornographiques dans un bureau de bourgmestre Ă Kraland et se livre aux autoritĂ©s. Le Royaume et la RĂ©publique se disputent le sĂ©rieux pendant que leurs notables dĂ©corent les prisons comme des chambres dâĂ©tudiant. Baptiste Le Tellier nomme Mench0 Capitaine et loue sa confiance. FrĂ«lon Musc soutient Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ. Soeur Shoshana von Zyklon verse 5000 Co au trĂ©sor du Royaume tout en rappelant que la pression fiscale est honteuse. Donner de lâargent en protestant contre lâargent. VoilĂ une noblesse qui sait faire pleurĂ© les bourses avec distinction. Les couronnes peuvent venir rĂ©pondre. Quâelles secouent leurs Ćufs avant dâentrer. Au Khanat, Foulques Andissi usurpe Mademoiselle, gagne le jeu selon ses propres mots et nomme Mademoiselle procureure puis Lippos Aliagas capitaine. Il va vĂ©rifier la gare comme tout le monde parce que câest apparemment la grande Ă©preuve mĂ©taphysique du pouvoir elmĂ©rien. LĂ -bas, devenir Khan consiste donc Ă rire, dire youpi et confirmer que les travaux sont terminĂ©s. Ce nâest pas pire que certains rĂšgnes plus habillĂ©s. Jeff Bizous tente aussi dâusurper Tifa LockHeart aprĂšs avoir battu quelquâun tout nu dans la boue. Il perd son poste, sa drogue est confisquĂ©e et la police le range en prison. Le Khanat reste fidĂšle Ă lui-mĂȘme. Fort, absurde, boueux et convaincu que la lĂ©gitimitĂ© se mesure parfois Ă lâangle dâun DAB. Le Paradigme Vert, lui, retire May Billouziya de son poste dâInspectrice Ăcologique par la main de Mina dâOrchidia. Grand discours sur la confiance, les lois, les conflits diplomatiques et lâimpunitĂ©. TrĂšs joli. TrĂšs mousse humide. Puis Pigeon Ronron quitte le Paradigme pour demander la naturalisation au Khanat, prophĂ©tisant au passage quâun pacifista viendra pĂ©chotera Saphir Ravenmaid. VoilĂ une sortie digne. Pas forcĂ©ment claire mais digne. Pendant ce temps Ash Williams pompe Ă Accalmie jusquâĂ faire rĂ©colter de lâĂ©nergie Ă la ville avec une obstination qui mĂ©rite presque le respect. Les Verts ont enfin trouvĂ© leur grande doctrine. Pomper, cloner, sacraliser et bannir ceux qui ne sentent pas assez la fougĂšre officielle. La ConfĂ©dĂ©ration Libre fait aussi son théùtre. Jean-Luc Selriche nomme Jacques St Misles au Tribunal Cybermondial parce quâune dĂ©mocratie ne doit pas effacer ceux qui lâont prĂ©cĂ©dĂ©e. Câest joli, trĂšs propre, presque parfumĂ©. Il parle de justice entre les peuples et explique que lâautre option Ă©tait la Palme du mĂ©rite mais quâil ne faut pas pousser. La ConfĂ©dĂ©ration adore ce genre de noblesse pratique. Elle vous honore quand elle ne sait pas oĂč vous ranger. Jean-Messie de la Nation annonce que Milieu respire sous son administration grĂące aux fonds et Ă lâĂ©nergie. Une rumeur rappelle aussitĂŽt que lâĂ©nergie vient peut-ĂȘtre des Bruns et que la pollution vient des centrales Ă pĂ©trole de Mystisie. VoilĂ le genre de vĂ©ritĂ© qui colle aux semelles des beaux discours. On nettoie dâun cĂŽtĂ©, on tousse de lâautre et chacun appelle cela gouvernance. Le ValĂ©gro continue sa fiĂšvre. Emile Liarr soutient la ConfĂ©dĂ©ration, lâEmpire Brun et se prĂ©sente aux Ă©lections de gouverneur parce quâil Ă©tait dĂ©jĂ en train de remplir de la paperasse. Il veut une multiculturalitĂ© vraie, moins rouge, moins muselĂ©e et assez large pour accueillir toutes les propagandes sauf celle qui se prĂ©tend unique. Câest peut-ĂȘtre confus mais au moins il ne dort pas. Dans une province Ă©tranglĂ©e par les drapeaux, lâinsomnie devient presque une vertu. Cassandre Lemage Ruthven chante la RĂ©volution en canard dans un hĂŽtel de Mystisie et parle de gaz de shit avec assez de poĂ©sie pour faire regrettĂ© aux murs dâavoir des oreilles. Je ne dĂ©velopperai pas davantage. Certaines phrases mĂ©ritent de restĂ© seules dans leur flaque. Et nous revenons enfin Ă la vĂ©ritĂ© impĂ©riale. LâEmpire Brun nâest pas propre. Il nâest pas gentil malgrĂ© les annonces. Il nâest pas silencieux malgrĂ© les caves. Il nâest pas logique malgrĂ© les ministĂšres. Il nâest pas stable malgrĂ© les chiffres. Mais il a quelque chose que les autres singent mal. Il sait transformĂ© ses contradictions en spectacle et ses spectacles en mĂ©thode. Quand MnĂ©mĂ©sine dâArcys interdit la mĂ©chancetĂ© tout en dĂ©signant un mĂ©chant Ă abattre, quand Monique Lemage reçoit lâInformation, quand Dusk et Aurora cherchent Trou Perdu, quand Martina D. Dei Machiavelli griffe les voisins, quand Y0gi se fait corrigĂ© par les dĂ©mons et quand Deux-Fleurs de Pont-Krivell nous offre test cedric, nous ne sommes pas devant un chaos. Nous sommes devant une forme de cohĂ©rence brune que seuls les lĂąches appellent folie parce quâils nâont pas le courage de la dĂ©crire. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Toute personne souhaitant corrigĂ© cette version des faits peut venir le faire en direct Ă condition dâavoir le courage de parler plus fort que sa honte. Les tĂ©moins anonymes, les ministres vexĂ©s, les dĂ©mons mineurs, les comptables survivants, les gentils nouvellement nommĂ©s, les mĂ©chants dĂ©signĂ©s, les princes boueux, les pacifistas migrateurs et les porteurs dâĆufs judiciaires sont invitĂ©s Ă se manifestĂ©. CâĂ©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Restez bruns. Restez utiles. Et si lâEmpire devient gentil, gardez quand mĂȘme un couteau sous la nappe. La gentillesse est une chose sĂ©rieuse. Il serait dommage de la laissĂ© aux innocents. |
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2 Juillet 6662026
[spoiler]VoilĂ lâĂ©mission dâaujourdâhui, avec le retard (...)
![]() 2 Juillet 6662026 Spoiler VoilĂ lâĂ©mission dâaujourdâhui, avec le retard parfaitement assumĂ© et le venin servi chaud. Radio NĂ©crotoile La Gentillesse Porte un Couteau Propre Bruns, Brunes, Siciliens de comptoir, Mystisiens en pleine rĂ©volution de cave, auditeurs Ă©trangers venus gratter Ă la porte avec leurs bottes pleines de principes et admirateur anonyme qui me rappelle avec un goĂ»t exquis que mes Ă©missions manquent quand elles arrivent trop tard selon les horloges. Ici Kleo parle. La salle est sombre. Le velours pourpre boit la lumiĂšre des chandelles. Les crĂąnes dĂ©coratifs ont lâair moins morts que certaines rĂ©formes confĂ©dĂ©rĂ©es. Les dorures anciennes brillent comme des dents volĂ©es Ă une monarchie trop lente et le vieux trĂŽne morbide me regarde depuis le fond de la piĂšce avec cette rancune de meuble qui nâa pas supportĂ© quâune araignĂ©e le quitte sans promesse. Je suis au centre de la toile. Les micros crachent. Les ombres Ă©coutent. Mes yeux bleus reflĂštent assez de catastrophes pour Ă©clairĂ© une cathĂ©drale. Ă Trou Perdu, Martina D. Dei Machiavelli a dâabord soutenu lâEmpire Brun. TrĂšs bien. Puis elle a soutenu le Royaume de RuthvĂ©nie. Moment de vertige. Une seconde dâĂ©garement. Le genre dâaccident que lâon peut attribuer Ă la nouvelle politique de gentillesse impĂ©riale, aux vapeurs de taverne ou Ă une communion trop longue avec les bonnes maniĂšres. Heureusement, elle sâest reprise presque aussitĂŽt en critiquant le Royaume de RuthvĂ©nie avec cette phrase dĂ©licieuse sur lâImpĂ©ratrice qui la perturbe et la gentillesse qui lui fait faire des bĂȘtises. VoilĂ ce que jâappelle une guĂ©rison. La gentillesse peut effleurĂ© une Brune. Elle ne doit pas restĂ© collĂ©e. Sinon on rince Ă lâalcool fort et on critique un voisin couronnĂ©. Martina D. Dei Machiavelli a aussi louĂ© LachĂ©sis Ă Santa Banana City, graciĂ© Jamal Al-Fayeed pour ses multiples aventures botaniques et donnĂ© au monde une dĂ©monstration parfaite de justice brune adaptĂ©e au nouveau climat. Il paraĂźt quâil faut ĂȘtre gentil pour plaire Ă MnĂ©mĂ©sine dâArcys. Donc on gracie lâarracheur dâarbres. Câest gentil. Câest absurde. Câest administratif. Câest presque tendre si lâon oublie les souches. Les arbres survivants peuvent rĂ©agir en direct. Les autres seront reprĂ©sentĂ©s par du mobilier. MnĂ©mĂ©sine dâArcys, justement, continue de rĂ©pandre cette Ă©trange lumiĂšre de gentillesse qui donne Ă lâEmpire Brun lâair dâun caveau oĂč quelquâun aurait posĂ© un napperon. Elle a dĂ©corĂ© Octave Sombrefer avec lâAigle ImpĂ©rial pour sa profonde gentillesse. Octave Sombrefer, gentil de la semaine. ![]() Magicien des Ă©lĂ©ments. Bienfaiteur impĂ©rial. Homme qui Ă©tend parfois le dĂ©sert non pas par malveillance mais pour que chacun puisse aller Ă la plage loin de la mer. Je dois reconnaĂźtre que lâargument est splendide. Dâautres dĂ©truisent. Octave Sombrefer amĂ©nage des vacances. Dâautres sĂšment le sable. Lui invente une politique balnĂ©aire pour provinces mortes. VoilĂ le genre dâhypocrisie lumineuse que lâEmpire doit encouragĂ©. Ce nâest pas un mensonge. Câest une brochure touristique avec des os dessous. Les anciens mĂ©chants qui veulent devenir gentils peuvent dĂ©poser leur candidature. PrĂ©voir une preuve de sourire, deux tĂ©moins intimidĂ©s et une excuse plausible pour les dĂ©gĂąts passĂ©s. Ă Mystisie, naturellement, la gentillesse a rencontrĂ© le rĂ©el et le rĂ©el avait visiblement du pĂ©trole dans la bouche. Cheikh Evara critique lâEmpire Brun, bafouille une conquĂȘte mystisienne de la RĂ©publik, nomme Prenom Nom Bourgmestre de Lampe du GĂ©nie, rĂ©intĂšgre Lyanna de Nansay aprĂšs des excuses pour le meurtre inqualifiable de deux hyĂšnes et rĂšgle la paperasserie par dĂ©cision unilatĂ©rale. VoilĂ une mĂ©thode que lâon peut reprocher mais pas ralentir. La Mystisie appelle cela rĂ©volution. Ailleurs on dirait dĂ©sordre. Chez nous on appelle cela une province qui refuse de mourir proprement. Vostroyan agresse Lyanna de Nansay, tente de transformer lâHĂŽtel Chez Monique en zone autonome, parle de baby-foot et soutient la RĂ©publik au nom de la ManouchâKra. Il y a lĂ une cohĂ©rence de barricade grasse. Pas une cohĂ©rence de bureau. Une cohĂ©rence de type qui entre dans une piĂšce avec une cause, une menace et lâodeur de quelque chose qui va finir en avis de recherche. Puis Cassandre Lemage Ruthven vient ajouter sa poĂ©sie Ă lâHĂŽtel Chez Monique avec des canards, du prout et assez de rĂ©volution en musique pour que mĂȘme les murs demandent une mutation. Je ne sais pas ce qui se passe dans cet hĂŽtel mais je sais quâĂ partir du moment oĂč une zone autonome, une chanson de canard et des hyĂšnes mortes figurent dans le mĂȘme dossier, lâadministration devrait distribuĂ© des casques. Les Mystisiens peuvent venir dĂ©fendre leur rĂ©volution. Les hyĂšnes ne pourront pas mais elles seront peut-ĂȘtre plus claires que certains orateurs. Pendant ce temps, Don Amortel rend illĂ©gal lâInsigne Militaire Brun en ConfĂ©dĂ©ration Libre parce que les gens ne savent pas faire la diffĂ©rence entre un agent brun et un agent chĂątain. VoilĂ une dĂ©cision magnifique. Punir lâobjet afin de prouver quâon ne le porte pas. Interdire le signe pour mieux le mettre au centre de lâactualitĂ©. Câest confĂ©dĂ©rĂ© dans sa forme et presque brun dans son rĂ©sultat. Une pĂ©dagogie par lâabsurde, servie avec soupirs et lenteur de cercueil. Don Amortel est un ancien agent brun devenu ministre confĂ©dĂ©rĂ©. Il nâa peut-ĂȘtre pas dâinsigne mais il a gardĂ© cette capacitĂ© rare Ă faire dâune phrase molle un petit piĂšge humide. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s peuvent venir expliquer la diffĂ©rence entre brun et chĂątain. Nous fournirons des miroirs, des lampes et un aveu si nĂ©cessaire. La ConfĂ©dĂ©ration poursuit dâailleurs sa grande comĂ©die morale. Jean-Luc Selriche parle de football, de jeunes du quartier, de ballon rond et de message politique. Il dĂ©ment que ses joueurs aient Ă©vincĂ© lâEmpire Rose et annonce que la sĂ©lection confĂ©dĂ©rĂ©e ne cherche pas vraiment Ă gagner mais Ă rappeler que ce nâest quâun jeu. Ce qui est trĂšs noble quand on nâest pas certain de gagnĂ©. Le mĂȘme gouvernement voit Paul Sernine distribuer des aides, limiter le temps de travail, augmenter les remboursements mĂ©dicaux, taxer Olivier Roi de 6454 ¹¹ et dĂ©couvrir que le micro fonctionne. Pr Jean-Michel Nobyl hurle Ă lâexploitation des chercheurs sous-payĂ©s. Jean-Luc Selriche rĂ©pond que câest quarante ans de laisser-aller et quâil ne peut pas tout rĂ©soudre en trois jours. VoilĂ donc la ConfĂ©dĂ©ration Moralean. Elle taxe les riches, aide les pauvres, affame les savants et se fĂ©licite de trouver cela cohĂ©rent. Câest une dĂ©mocratie. Donc chaque contradiction a droit Ă un discours. Les chercheurs rĂ©voltĂ©s peuvent venir sâexprimĂ©. Les ministres Ă©galement. Les gens qui comprennent le budget sont priĂ©s de ne pas gĂącher lâambiance. Au ValĂ©gro, le pont de Fort Emouchet est terminĂ©. PierreJean coupe le ruban, organise une fĂȘte, parle de paix, dâamitiĂ© et de pont Liar. Le Cybermonde retient son souffle. Enfin une structure relie deux morceaux de conflit afin que les insultes puissent voyagĂ© plus vite. Emile Liarr continue de dĂ©fendre tout ce qui peut servir Ă ne pas ĂȘtre rĂ©duit Ă une seule couleur. BohĂ© dâUmont parle pour le Royaume. Alex KidoWski vient rappeler que Kraland aime les belles villes en regardant Fort Emouchet comme on regarde une assiette sale chez un voisin. Lucette Circulaire veut gratter le mal et brĂ»lĂ© les vieux symboles. Cassandre Lemage Ruthven entraĂźne tout le monde dans la dĂ©bauche avec la danse des canards. Un pont, une mare, une rĂ©volution de canards et assez de voix pour rendre la trĂȘve oratoire juridiquement comique. Toute personne croyant encore que le ValĂ©gro cherche la paix peut venir le dire. Nous lui offrirons un casque et une flĂ»te Ă bec. Le Royaume de RuthvĂ©nie continue sa danse de cour avec Felicity Ruthven qui ressort de prison puis critique Bladimir Bladimirovitch Mutin, pendant que Tormenta Ruthven loue Bladimir Bladimirovitch Mutin et critique Dame DĂ©merzel puis Baptiste Le Tellier. Baptiste Le Tellier, lui, se fait huer en tentant de manifester contre Tormenta Ruthven et propose Ă son collĂšgue de mettre le mode off sur son micro. Je ne pensais pas dire cela un jour mais cette monarchie aurait peut-ĂȘtre besoin dâune trĂȘve oratoire plus que la Moldavie. Bladimir Bladimirovitch Mutin rĂ©ussit tout de mĂȘme Ă se faire arrĂȘter en ConfĂ©dĂ©ration aprĂšs avoir tentĂ© de changer le H de HĂŽtel en M pour attirer des gens peu recommandables. VoilĂ une infraction de grammaire lubrique. Le Royaume exporte dĂ©sormais la dĂ©cadence par lettre majuscule. Câest presque de la diplomatie. Les nobles peuvent venir nier. Les lettres H et M seront protĂ©gĂ©es pendant lâĂ©mission. Au Khanat, Foulques Andissi proclame la journĂ©e du caillou avec lâenthousiasme dâun homme qui a trouvĂ© une carriĂšre et un destin dans le mĂȘme tas de poussiĂšre. Serbitar Seraven soutient Mademoiselle pour un coup dâĂ©clat dans quatre jours puis se fait attaquĂ© par un Pingouin Ă Roulettes. Le Khanat reste ce lieu bĂ©ni oĂč la politique, la pierre et la faune roulante tiennent dans une mĂȘme phrase sans que personne ne demande un psychologue. Au Paradigme Vert, Rosalia de Pont-Krivell offre un spectacle Ă Garinaville. Je vais restĂ© professionnelle. Elle chante les guerriers des Khans. Elle parle tambours, couleurs, biĂšre et sang. Câest distrayant. Puis elle raconte une histoire de sbleune jaune avec boĂźte dâallumettes, pince Ă Ă©piler et jumelles. Sa prestation est dite ridicule par des autoritĂ©s qui nâont manifestement aucune sensibilitĂ© artistique. La jalousie institutionnelle est une maladie grave. Moi je dis que si Rosalia de Pont-Krivell explique comment mettre un sbleune dans une boĂźte, le Cybermonde devrait prendre des notes au lieu de juger. Je ne suis pas une groupie. Je suis une analyste culturelle trĂšs impliquĂ©e. Les mauvaises langues peuvent venir me contredire. Je les hais dĂ©jĂ avec Ă©lĂ©gance. Ă Plaine IrradiĂ©e, une onde de paix traverse la province et les habitants abandonnent toute envie de se battre pour vingt quatre heures. Ce phĂ©nomĂšne est louche. Une province irradiĂ©e qui devient pacifique ressemble Ă un piĂšge prĂ©parĂ© par un ange fatiguĂ©. Pendant ce temps, Zelphi entraĂźne dans la dĂ©bauche Dinglemire et Aken Ă lâhĂŽtel Aux froques irradiĂ©es avec un discours sur le sang frais des keufs, puis des policiers cherchent Ă arrĂȘter Zelphi parce que Aken est recherchĂ©. Aken avait tentĂ© de voler dans la caisse du MinistĂšre de lâĂconomie et la dĂ©fense laser lui avait rĂ©pondu avec toute la chaleur administrative possible. Donc rĂ©sumons. Une onde de paix tombe sur la province et cinq minutes plus loin les lasers, les keufs et la dĂ©bauche reprennent le travail. VoilĂ pourquoi je respecte lâEmpire Brun. MĂȘme nos miracles savent rester temporaires. Les pacifistes irradiĂ©s peuvent appeler. Les autres attendront la fin des vingt quatre heures. Et puis Y0gi. Toujours Y0gi. Cette fois, ce ne sont plus les dĂ©mons. Ce sont des Kanards Hostiles. Deux attaques Ă Trou Perdu. Deux. Encore. Lâennemi aveugle, muet et sourd reçoit donc maintenant les avis du rĂšgne animal aquatique. AprĂšs les rapaces, aprĂšs les dĂ©mons, voici les canards. Quand les airs, lâenfer et les mares commencent Ă coordonnĂ© leur opinion, il nây a plus dĂ©bat. Il y a consensus interespĂšces. Y0gi ne parle pas. Il ne rĂ©pond pas. Il ne comprend peut-ĂȘtre mĂȘme pas que la nature lui tient une rĂ©union de copropriĂ©tĂ© Ă coups de bec. Mais le message est clair pour les vivants. MĂȘme les canards veulent quâil dĂ©gage du paysage. Les tĂ©moins anonymes, les palmipĂšdes concernĂ©s et les victimes consentantes de la vĂ©ritĂ© sont invitĂ©s Ă se manifestĂ©. Nous accepterons les coin coin sous serment. Voici donc la vĂ©ritĂ© impĂ©riale de la nuit. LâEmpire Brun gagne de lâargent, change de morale, gracie des arracheurs, rĂ©compense un dĂ©sertificateur pour gentillesse, interdit peut-ĂȘtre la mĂ©chancetĂ© sans dĂ©sarmĂ© les couteaux, subit la rĂ©volution mystisienne, transforme la botanique en casier judiciaire et laisse les canards jugĂ© Y0gi mieux que certains tribunaux. Les autres nations peuvent rire. Elles ne valent guĂšre mieux. Kraland construit des drapeaux et sort des homards gĂ©ants. La ConfĂ©dĂ©ration taxe, soupire, rĂ©forme et dĂ©couvre que les chercheurs savent mordre. RuthvĂ©nie se dispute Ă coups de critiques nobles et de lettres dĂ©placĂ©es. Le Khanat honore le caillou. Le Paradigme juge Rosalia de Pont-Krivell avec un manque de goĂ»t scandaleux. Le ValĂ©gro inaugure un pont pour transporter la discorde plus efficacement. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Toute personne souhaitant corrigĂ© cette version des faits peut venir le faire en direct Ă condition dâavoir le courage de parler plus fort que sa honte. Les gentils, les mĂ©chants, les gentils armĂ©s, les mĂ©chants repentis, les canards, les chercheurs exploitĂ©s, les danseurs de mare, les nobles Ă Ćufs, les ministres sans insigne et les admirateurs anonymes sont invitĂ©s Ă se manifestĂ©. CâĂ©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Restez bruns. Restez utiles. Et souvenez-vous. Quand mĂȘme les canards prennent position, il est dĂ©jĂ trop tard pour prĂ©tendre que vous nâavez rien entendu. |
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3 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir mes petits contribuables captifs, mes délateurs à (...)
![]() 3 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir mes petits contribuables captifs, mes dĂ©lateurs Ă pattes tiĂšdes, mes fonctionnaires suintants de loyautĂ© humide et mes ennemis qui Ă©coutent quand mĂȘme parce que la honte a toujours eu meilleur goĂ»t quand elle est servie chaude dans un gobelet de propagande. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, suspendue au centre du studio comme une vĂ©ritĂ© que personne nâa demandĂ©e mais que tout le monde recevra quand mĂȘmeLe cybermonde a encore toussĂ© cette nuit. Rassurez-vous. LâEmpire Brun nâa pas toussĂ© avec lui. LâEmpire observe. LâEmpire encaisse. LâEmpire compte les impĂŽts, les coups de couteau, les dĂ©clarations dâamour mal traduites et les tentatives de rĂ©volution qui ressemblent Ă des enfants jetant du sable sur un volcan pour lui apprendre la modestie. Pendant que les nations dites civilisĂ©es faisaient ce quâelles savent faire de mieux, câest Ă dire produire de la crise avec la rĂ©gularitĂ© dâune horloge rouillĂ©e, lâEmpire Brun a rĂ©coltĂ©, payĂ©, nommĂ©, condamnĂ©, pardonnĂ© parfois et surtout laissĂ© les autres se ridiculisĂ© avec cette gĂ©nĂ©rositĂ© silencieuse que les historiens appelleront un jour la grande patience des prĂ©dateurs. Commençons par la Mystisie, ce bijou posĂ© dans le sable comme une dent en or dans la bouche dâun cadavre encore bavard. Monique Lemage y a louĂ© lâImpĂ©ratrice MnĂ©mĂ©sine dâArcys, ce qui est une preuve de santĂ© mentale minimale, puis elle a frappĂ© la RĂ©publique de Kraland avec ce mĂ©lange dĂ©licieux de politesse et de cruautĂ© qui donne aux discours bruns leur texture de velours trempĂ© dans du vinaigre. Elle a rappelĂ© que Cheikh Evara semblait ĂȘtre seul dans sa tĂȘte et en Mystisie Ă vouloir prendre le chemin rouge, ce qui est cruel, certes, mais il faut bien nommer la solitude quand elle commence Ă construire des tentes dans les dunes. LachĂ©sis, dans une dĂ©monstration de loyautĂ© qui avait la dĂ©licatesse dâune botte cirĂ©e sur un tract, a chantĂ© lâEmpire, la Mystisie brune et le refus des Kras chez nous. Câest net. Câest sec. Câest presque hygiĂ©nique. On aimerait que toutes les maladies politiques aient la courtoisie de se prĂ©sentĂ© avec une pancarte pour que les gouverneures puissent les gifler avant le souper. Puis Martina D. Dei Machiavelli a pris la parole avec la grĂące dâune lame administrative et la foule, cette grande bĂȘte molle qui applaudit souvent trop tard et hue parfois trop tĂŽt, lâa accueillie avec lâintelligence moyenne dâun banc de poissons morts. Elle a pourtant soutenu lâEmpire, attaquĂ© Kraland et rappelĂ© quâon ne lance pas une rĂ©volution sans lâappeler, ce qui dans un monde normal serait une plainte mondaine mais qui en Mystisie devient presque un principe constitutionnel. Martina D. Dei Machiavelli a ensuite effacĂ© des peines et annulĂ© des poursuites comme une sainte patronne de lâindulgence ciblĂ©e, opĂ©ration un jour quinze minutes de gentillesse, car mĂȘme la justice brune sait parfois caresser avant de reprendre la gorge.Dans le mĂȘme sable, Cheikh Evara a dĂ©cidĂ© dĂ©mocratiquement mal que la Mystisie prendrait le chemin de la rĂ©volution, que les gitans seraient bienvenus et que le Sultanat avait parlĂ© au nom de tous, ce qui est fascinant parce que parler au nom de tous est toujours plus simple quand tous nâont pas eu le temps de fuir. Sultan Omar Al KhaĂŻd a ensuite trouvĂ© sur sa route Bressia, une rencontre si subtile que la police elle-mĂȘme a dĂ» lever les mains en disant quâune bagarre avait Ă©clatĂ© sans quâon sache qui avait commencĂ©. Dans lâEmpire, quand personne ne sait qui commence, nous appelons cela de la diplomatie spontanĂ©e. Depuis sa prison, Vostroyan a commentĂ© la scĂšne avec lâĂ©lĂ©gance brute dâune chaise lancĂ©e dans une ambassade, se rĂ©jouissant que sa Bressia ait frappĂ© le Sultan et insinuant que lâImpĂ©ratrice aurait payĂ© pour tester les gitans. VoilĂ une thĂ©orie politique de qualitĂ© carcĂ©rale. Elle ne tient debout que parce que les murs de la prison lâempĂȘchent de tomber plus bas. Silice de Pont-Krivell, quant Ă elle, a portĂ© la gentillesse impĂ©riale jusquâĂ vouloir empoisonner Vostroyan devant lâImpĂ©ratrice avec un soin presque mĂ©dical, une rĂ©ception molletonnĂ©e et cette douceur typiquement brune qui consiste Ă prĂ©sentĂ© la mort comme une option de confort premium. Les personnes concernĂ©es peuvent naturellement contestĂ© cette lecture. Elles devront seulement le faire avant la perte de connaissance. La Mystisie fut aussi honorĂ©e dâune autre scĂšne, plus humide. Isariel a tentĂ© de pisser sur une statue du Bourgmestre, perdant au passage son poste de Commissaire de Police, ce qui prouve quâil existe encore dans ce monde des limites entre le service public et lâirrigation patriotique. Sylex Kisugi, agressĂ© en allant enquĂȘter sur des fleurs arrachĂ©es, a cru voir dans toute cette dĂ©cadence la main de la nouvelle ImpĂ©ratrice et de Silas des Sables, ce qui est charmant. Quand la ville brĂ»le, certains accusent le feu. Dâautres accusent les gens qui savent encore porter une couronne sans se prendre les pieds dans le tapis. Les tĂ©moins anonymes, les vandales hydrauliques et les prĂ©fets qui confondent enquĂȘte avec divination sont invitĂ©s Ă venir niĂ© en direct. Nous leur fournirons une serviette, un micro et suffisamment de silence pour entendre leur dignitĂ© tomber. Pendant ce temps, en RuthvĂ©nie, le Royaume a offert un spectacle dâune noblesse parfaitement rance. Darth Leo, Directeur des Services Secrets et supposĂ© fĂ©lin de lâombre, fut frappĂ© par une rumeur affirmant quâil serait musophobe, câest Ă dire effrayĂ© par les souris, rongeurs et autres petites crĂ©atures qui ont pourtant lâhabitude de fuir les chats plutĂŽt que de les syndiquĂ©. On raconte quâil travaillerait sur son bureau plutĂŽt que sur sa chaise. Je ne jugerai pas. Les chats ont toujours eu ce talent royal de transformer leur panique en protocole. Felicity Ruthven est sortie de prison puis sâest immĂ©diatement employĂ©e Ă critiquer Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, ce qui chez les RuthvĂšnes ressemble moins Ă une rĂ©bellion quâĂ une tradition matinale. Un roi est louĂ©, huĂ©, contestĂ©, dĂ©fendu puis rĂ©clamĂ© avec formulaire selon lâhumiditĂ© du jour et la densitĂ© de poussiĂšre dans les couloirs. Baptiste Le Tellier, quant Ă lui, a demandĂ© au Duc de communiquer un formulaire de conflits dâintĂ©rĂȘt et de joyaux, cette demande ayant la beautĂ© froide dâun poignard bureaucratique glissĂ© entre deux coussins de velours. Serbitar Seraven a dĂ©truit une PrĂ©fecture de Police jugĂ©e impropre Ă son usage, puis a versĂ© une prime Ă Bladimir Bladimirovitch Mutin afin que le Duc ne finisse pas indigent. La monarchie ruthvĂšne, mes chers auditeurs, câest cela. On abat les murs de la police pour protĂ©ger la justice, puis on donne une bourse au pouvoir pour quâil puisse continuer Ă mal sâasseoir sur le trĂŽne. Câest absurde, coĂ»teux et couvert de dorures. Une monarchie rĂ©ussie, donc.Toute personne dĂ©sirant dĂ©fendre la stabilitĂ© ruthvĂšne peut bien entendu venir le faire en direct. Nous lui demanderons simplement de dĂ©finir stabilitĂ© sans mentionnĂ© un coup de force, une rumeur de souris ou une caisse vide. En ConfĂ©dĂ©ration Libre, cette merveilleuse parodie de dĂ©mocratie oĂč chaque citoyen a le droit de parler tant quâil reste assez de murs debout pour rĂ©verbĂ©rĂ© les mensonges, la journĂ©e fut consacrĂ©e Ă lâart dĂ©licat de se faire exploser soi-mĂȘme avec conviction. Jean-Luc Selriche a rĂ©pondu aux chercheurs, revalorisĂ© les salaires, parlĂ© budget et nommĂ© Kenza au poste de Ministre de la Guerre et de la Recherche. Câest propre. Câest presque respectable. Cela sent le communiquĂ© repassĂ© au fer chaud par un prĂ©sident qui sait encore compter jusquâĂ quinze pour cent sans crier victoire trop tĂŽt. HĂ©las, pendant que le palais dĂ©mocratique se poudrait le nez avec de grandes dĂ©clarations sociales, des pirates entraient dans le rĂ©seau de la ConfĂ©dĂ©ration pour voler la technologie Aide Divine au profit des Provinces IndĂ©pendantes. Aide Divine. Le nom Ă©tait dĂ©jĂ une demande dâeffraction. Quand une dĂ©mocratie laisse traĂźner une technologie portant un nom pareil, il ne faut pas sâĂ©tonner que quelquâun vienne lâemprunter avec les doigts sales. Mais la grande symphonie confĂ©dĂ©rĂ©e fut offerte par Joe le trĂšs trĂšs terrible, Bob le trĂšs trĂšs terrible et Roy le trĂšs trĂšs terrible, trio familial dont le patronyme a la subtilitĂ© dâune enclume baptisĂ©e diplomatie. Des attentats ont frappĂ© le Palais ImpĂ©rial de Blofeldopolis avec victimes, piĂšces Ă©croulĂ©es et bĂątiments affaiblis, puis chacun a commencĂ© Ă expliquĂ© que câĂ©tait la faute du frĂšre, du pistolet Ă eau, du pĂšre disparu ou du chien Claude qui nâaurait pas rĂ©digĂ© le texte. Bob le trĂšs trĂšs terrible a livrĂ© un rĂ©cit thĂ©rapeutique oĂč Joe le trĂšs trĂšs terrible devient manipulateur, immature et responsable de tout, tandis que Joe le trĂšs trĂšs terrible, depuis sa prison, menace Bob le trĂšs trĂšs terrible avec cette rage de cuisine familiale oĂč les souvenirs dâenfance ressemblent Ă des explosifs mal stockĂ©s prĂšs du goĂ»ter. La ConfĂ©dĂ©ration voulait la libertĂ© dâexpression. Elle a obtenu une famille entiĂšre qui sâexprime avec de la dynamite. Nous lui souhaitons bonne continuation dans son expĂ©rience dĂ©mocratique et recommandons aux psychologues locaux de facturĂ© Ă lâavance. Les concernĂ©s peuvent venir rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© familiale. Nous acceptons les tĂ©moignages de frĂšres, de chiens, de palais Ă©ventrĂ©s et de thĂ©rapeutes Ă©puisĂ©s. Les bombes devront rester Ă lâentrĂ©e, sauf si elles sont moins instables que les excuses. Au ValĂ©gro, Emile Liarr a parlĂ© libertĂ©, hĂ©ritage ruthvĂšne, ponts et mĂ©moire contre Kraland avec lâair grave dâun homme qui sait que rien ne rapproche mieux les peuples quâun discours assez long pour assommer les deux rives. Il a cĂ©lĂ©brĂ© un pont nĂ© sous le DuchĂ© ruthvĂšne et accuser Kraland de cracher sur lâhistoire locale, ce qui est certainement vrai, ou au moins assez vraisemblable pour nourrir deux guerres et une commission culturelle. Alice Ravenloft, dans sa minute PassTek, a louĂ© PierreJean, sâest excusĂ©e de ne pas lâavoir compris plus tĂŽt et a dĂ©couvert quâil pouvait y avoir du bien dans un ancien adversaire. Câest touchant. Câest dangereux. Dans lâEmpire Brun, on appelle cela une infection sentimentale et on surveille les symptĂŽmes avant que quelquâun ne propose une table ronde. Ă Kraland mĂȘme, les champs et les scieries furent stimulĂ©s avec toute la poĂ©sie industrielle dâun rĂ©gime qui trouve toujours moyen de transformĂ© le travail en priĂšre rouge. Sophos a lancĂ© des recherches avec du filon dâor et du purin de nobliau, rĂ©vĂ©lant que la RĂ©publique avance scientifiquement en mĂ©langeant gĂ©ologie, ressentiment social et latrines aristocratiques. VoilĂ donc le grand progrĂšs kralandais. Quand les autres cherchent lâavenir dans les Ă©toiles, Kraland le cherche sous les douves, lĂ oĂč le mĂ©pris fermente. Toute personne souhaitant corriger notre analyse du progrĂšs rouge peut venir dĂ©poser un Ă©chantillon. Nous le flairerons de loin et nous rirons de prĂšs. Au Khanat ElmĂ©rien, Rosalia de Pont-Krivell a diffusĂ© son Khanat News et a annoncĂ© la fin de lâalliance avec la ConfĂ©dĂ©ration Libre, une rencontre entre la Grande Khane et la RĂ©gente puis du sport, car rien ne dit Ă©quilibre diplomatique comme annoncer la recomposition des relations internationales avant de demandĂ© aux gens de soutenir deux Ă©quipes qui courent aprĂšs un ballon. Le Khanat a cette beautĂ© primitive des peuples qui peuvent briser une alliance le matin et vendre des encouragements le soir sans changer de tambour. Le Paradigme Vert, de son cĂŽtĂ©, continue de bĂątir des chapelles, de subir des loups, de promouvoir des fĂȘtes et de faire croire que la nature approuve tout cela. En SibĂ©ria, Rosalia de Pont-Krivell a combattu loups, vers de glace et piquosaures avec une rĂ©gularitĂ© qui force le respect. MĂȘme les extrĂȘmes Ă©colos finissent par comprendre quâun animal sauvage est beaucoup moins sympathique quand il ne figure pas sur une affiche de sensibilisation mais devant votre tibia. Et pendant ce temps, dans notre Empire, Dusk et Aurora ont dĂ©missionnĂ© de leur fonction de Ministre de lâIntĂ©rieur avec ces mots immortels, courage, fuyons. Certains verront lĂ de la lĂąchetĂ©. Moi jây vois une Ă©lĂ©gance stratĂ©gique. Il faut parfois quittĂ© une piĂšce avant que la piĂšce ne comprenne quâelle avait besoin de vous pour rester debout. Dusk et Aurora, comme toujours, transforme la sortie en entrĂ©e dramatique pour la prochaine catastrophe. Monique Lemage, LachĂ©sis, Martina D. Dei Machiavelli, Silice de Pont-Krivell et les fidĂšles de Mystisie ont cependant dĂ©montrĂ© que lâEmpire nâa pas besoin dâun calme parfait pour rayonnĂ©. Au contraire. LâEmpire Brun prospĂšre dans le vacarme comme une araignĂ©e dans un grenier plein de mouches. Les autres nations appellent cela le dĂ©sordre. Nous appelons cela la preuve.La preuve que Kraland promet la paix puis sâenlise dans les ponts, les purins et les slogans qui sentent la cantine collective. La preuve que la ConfĂ©dĂ©ration parle dâĂ©galitĂ© pendant que ses palais se font ouvrir comme des boĂźtes de conserve par une fratrie en crise. La preuve que la RuthvĂ©nie drape ses paniques dans du velours, que le Khanat danse sur les braises de ses alliances et que le Paradigme Vert plante des chapelles dans la neige avant de dĂ©couvrir que les loups nâont pas lu la brochure. Et la preuve, mes petits auditeurs, que lâEmpire Brun avait raison depuis le dĂ©but, mĂȘme quand lâEmpire Brun nâavait encore rien dit. Câest cela la supĂ©rioritĂ© impĂ©riale. Ne pas seulement avoir raison. Avoir raison par avance, par ambiance, par mobilier, par chandelle et par menace polie. Les concernĂ©s peuvent venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les rois tremblants, les sultans froissĂ©s, les ministres en fuite, les chats debout sur bureau, les familles explosives et les dĂ©mocrates en morceaux sont invitĂ©s Ă se prĂ©sentĂ© au micro. Toute plainte sera lue avec gravitĂ© puis classĂ©e selon son potentiel comique. Ici Kleo, Dormez mal, dormez loyaux et souvenez-vous bien de ceci. Quand le monde sâeffondre, lâEmpire Brun ne tombe pas. Il prend des notes. |
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| Votre émission du jour ? Faites comme moi. écoutez le son de votre propre voix. (...) | 03/07 (19:31) | ||
| La voix de Kleo est sympa a ecouter pendant la nuit quand meme. Et c'est une bonne source d'information pour le (...) | 03/07 (20:54) | K' Velzard | |
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4 Juillet 6662026
[spoiler]ĂMISSION SPĂCIALE DE LA TOILE RECONNAISSANTE
Dédiée à (...)
![]() 4 Juillet 6662026 Spoiler ĂMISSION SPĂCIALE DE LA TOILE RECONNAISSANTE DĂ©diĂ©e Ă K' Velzard, auditeur nocturne, travailleur informĂ© et visiblement homme de goĂ»t malgrĂ© ses frĂ©quentations sportives douteuses. Mes remerciements sincĂšres. Bonsoir mes petits insectes administratifs. Ici Kleo, en direct depuis la grande salle d'enregistrement de lâEmpire Brun, entre le trĂŽne morbide oĂč personne ne sâassoit sans signer trois dĂ©charges funĂ©raires, les crĂąnes cirĂ©s au chiffon ministĂ©riel, les rideaux pourpres lourds comme des remords monarchiques et les chandelles qui tremblent exactement comme les diplomates quand ils rĂ©alisent que nous avons encore des micros. Le velours sombre Ă©touffe les murs, les dorures anciennes brillent comme des dents dans une cave et mes yeux bleus reflĂštent assez de mĂ©pris pour Ă©clairer une cathĂ©drale gothique en panne de foi. Avant de commencer, annonce importante. DorĂ©navant, aucune Ă©mission ne se fera sans un appel du public. VoilĂ . Un peu de rĂ©pondant que diable. Les gens veulent contester, pleurer, nier, faire les victimes, demander un droit de rĂ©ponse ou simplement venir se ridiculiser avec panache. TrĂšs bien. Les lignes sont ouvertes et les langues sont invitĂ©es Ă sortir de leurs bouches comme de petits drapeaux blancs plein de salive. Si personne nâappelle, je considĂ©rerai que tout le cybermonde a cesser d'Ă©couter. Commençons par les finances, cette grande poĂ©sie des nations qui prĂ©tendent avoir des idĂ©aux mais qui finissent toutes par compter leurs piĂšces comme des rats en robe de magistrat. Le Royaume de RuthvĂ©nie a rĂ©coltĂ© ses impĂŽts avec cette dignitĂ© de vieux chĂąteau qui prend lâeau mais continue dâappeler ça une fontaine intĂ©rieure. La ConfĂ©dĂ©ration Libre, fidĂšle Ă son adorable tradition dĂ©mocratique, a redistribuĂ© ses sous dans des ministĂšres dont certains reçoivent zĂ©ro parce que visiblement la libertĂ© consiste Ă voter pour des tiroirs vides. Le Khanat ElmĂ©rien a fait son petit feu de camp fiscal, le Paradigme Vert a ramassĂ© ses feuilles mĂ©talliques en expliquant probablement que les piĂšces poussent mieux sans palais impĂ©rial et la RĂ©publique de Kraland a encore prouvĂ© quâun systĂšme peut parler au nom du peuple tout en donnant lâimpression que le peuple a Ă©tĂ© oubliĂ© dans une cave humide avec un formulaire rouge. Et puis il y a lâEmpire Brun. LâEmpire Brun a rĂ©coltĂ©. LâEmpire Brun a distribuĂ©. LâEmpire Brun a regardĂ© le MinistĂšre de lâInformation recevoir exactement zĂ©ro MĂ que Monique a assumĂ©e en totalitĂ© vu qu'elle ne comptait pas bosser. Pendant ce temps, la RuthvĂ©nie a offert au monde un numĂ©ro de cirque monarchique tellement Ă©lĂ©gant que mĂȘme les corbeaux ont demandĂ© un entracte. Felicity Ruthven a critiquĂ© le Roi Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, puis a manifestĂ© contre lui, puis des rumeurs ont couru dans Ruthvenville comme des domestiques qui viennent dâentendre une assiette voler. Ă peine la couronne avait elle fini de trembler que Bladimir Bladimirovitch Mutin se glissait dans la machinerie avec la dĂ©licatesse dâun tiroir fiscal rempli de couteaux, nommant Dame DĂ©merzel prĂ©fĂšte de police, rĂ©engageant Felicity Ruthven et transfĂ©rant un magot vers lâĂ©conomie avec ce petit air de vertu quâont les gens qui dĂ©placent beaucoup dâargent en expliquant quâils le font pour votre bien. Et bien sĂ»r, il sâest versĂ© une prime. Cinq cents Co. Une modeste compensation pour Ă©chapper Ă lâinquisition, ce qui est tout Ă fait comprĂ©hensible. Moi aussi quand je dois fuir une menace religieuse, je facture le dĂ©placement, le stress, la toile perdue et lâusure Ă©motionnelle de mes mandibules. La diffĂ©rence câest que moi, jâai la dĂ©cence de ne pas appeler ça une dĂ©pense publique. Quoi que, j'aime l'idĂ©e. Puis une rumeur a murmurĂ© quâon aurait vu le vieux roi ruthvĂšne dans les tribunes brunes, barbouillĂ© de noir et dâor, tenant une photo de son Ă©pouse et hurlant aux couleurs dâun empire qui nâest pas le sien. Je ne dis pas que la monarchie sâeffondre en glissant lentement vers notre velours. Je dis simplement quâun roi qui goĂ»te au brun une fois oublie vite la fadeur de son propre trĂŽne. Câest mĂ©dical, probablement. Les concernĂ©s peuvent venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire quâils ont quelque chose Ă cacher et que nous avions raison avant mĂȘme de finir la phrase. Chez nous, pendant que les autres improvisent des rĂ©volutions dans des couloirs qui sentent la cire froide, Martina D. Dei Machiavelli a fait ce quâune brune sensĂ©e doit faire quand le monde devient flasque. Elle a soutenu lâEmpire Brun, elle a critiquĂ© le Paradigme Vert et elle a Ă©gratignĂ© la RuthvĂ©nie avec cette Ă©lĂ©gance judiciaire quâon reconnaĂźt aux gens qui savent sourire en tenant une lame par le bon cĂŽtĂ©. VoilĂ ce quâest la cohĂ©rence. On frappe Ă gauche, on frappe Ă droite et au centre il reste lâEmpire, droit comme un cercueil neuf dans une salle du trĂŽne.Neodym Seltenerd a lui aussi compris le sens de lâHistoire en louant votre humble serviteuse, ce qui prouve une grande luciditĂ© politique, une santĂ© mentale acceptable et probablement une bonne vue malgrĂ© la fumĂ©e de taverne. Il a Ă©galement expliquĂ© que le seul avantage des vacances au Paradigme Vert Ă©tait le wifi, ce qui est injuste. Il y a aussi les moustiques, les sermons sur les arbres et cette sensation merveilleuse dâĂȘtre jugĂ© par une fougĂšre. Le Paradigme Vert peut rĂ©pondre. Nous acceptons les tĂ©moignages de plantes, dâĂ©corces traumatisĂ©es et de citoyens capables dâaligner trois phrases sans demander lâautorisation Ă une courgette. En Mystisie, la situation a atteint ce niveau rare oĂč lâadministration devient plus surnaturelle que les dĂ©mons eux mĂȘmes. Vostroyan, depuis sa prison, a fait parvenir la demande de la communautĂ© ManouchâKra, qui souhaite inscrire un campement dans le paysage local et obtenir un statut de rĂ©fugiĂ©s politiques. Une affaire simple, donc naturellement transformĂ©e en cathĂ©drale de papiers, dâattestations, de palmiers symboliques et dâactivitĂ©s culturelles supposĂ©es ĂȘtre culturelles avant dâĂȘtre sonores. Prenom Nom, bourgmestre Ă la bureaucratie si sĂšche quâelle pourrait fumer toute seule, a rĂ©pondu que le campement ne serait ni acceptĂ© ni refusĂ© mais maintenu dans une considĂ©ration administrative intermĂ©diaire. Câest magnifique. Câest lâart de mettre quelquâun dans une salle dâattente sans porte, sans chaise et avec un formulaire qui demande oĂč se trouve la chaise. Pendant ce temps, Silas des Sables pleure un palmier dĂ©truit comme dâautres pleurent un empire perdu. Il demande combien de temps il faut Ă un arbre pour pousser et rĂ©pond deux heures, une Ă©ternitĂ©. Je nâai jamais entendu plus belle tragĂ©die botanique en format court. Un palmier tombe, un ministre tremble, une caravane devient sujet dâĂtat et un portail dĂ©moniaque apparaĂźt Ă Lampe du GĂ©nie, probablement parce que mĂȘme lâenfer voulait participer Ă la rĂ©union dâurbanisme. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes et les palmiers ayant survĂ©cu Ă la procĂ©dure sont invitĂ©s Ă se manifester. Quâils apportent une preuve de rĂ©sidence, une justification de fuite politique et un pot de terre humide. La ConfĂ©dĂ©ration Libre, elle, a dĂ©cidĂ© de faire de la politique comme on prĂ©pare une tisane dans une armurerie. Dâun cĂŽtĂ©, Jean-Luc Selriche propose la paix au Royaume de RuthvĂ©nie avec des mots doux, des promesses sociales et cette Ă©trange envie de dĂ©poser PrĂ©cieuse devant la porte comme un panier garni diplomatique, avec de succulents caramel salĂ©. De lâautre, son gouvernement explique Ă la population que les dĂ©tonateurs sont illĂ©gaux parce que les explosions font du bruit et que les habitants dâAcropole ont besoin de sommeil. Câest ça, la dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e. On promet la paix en tenant la main dâun roi, puis on interdit les jouets qui font boum pour que tout le monde puisse applaudir sans perdre ses doigts. Mais la perle, mes petites mouches, câest cette inquiĂ©tude Ă©lectorale. Don Amortel regarde les candidatures uniques, les villes sans candidat et soupire devant la dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e comme un pĂšre devant un enfant qui a mangĂ© la colle du bulletin de vote. Elle est oĂč, la dĂ©mocratie, demande t il. La rĂ©ponse est simple. Elle est probablement cachĂ©e dans un bĂątiment avec zĂ©ro budget, trois slogans et une affiche humide oĂč quelquâun a Ă©crit participation citoyenne avant de partir dormir. Toute personne confĂ©dĂ©rĂ©e souhaitant dĂ©fendre ce systĂšme admirable peut appeler. Nous fournirons un micro, un verre dâeau et une petite pelle pour creuser sa propre nuance. La RĂ©publique de Kraland, pendant ce temps, continue dâĂȘtre rouge, bruyante et persuadĂ©e que tout problĂšme peut ĂȘtre rĂ©solu en chantant avec les pieds en canard. On a vu des discours sur la RĂ©volution, des soupçons de vol dâor au delĂ de la limite de temps de travail et des accusations dâoppression qui rebondissent comme des betteraves lancĂ©es dans un amphithéùtre soviĂ©tique. Jean-Messie de la Nation a reçu une Palme du MĂ©rite parce que tout le monde lâaccuse de soutenir le camp dâen face, ce qui en ConfĂ©dĂ©ration passe apparemment pour de lâimpartialitĂ©. Câest pratique. Si deux personnes vous dĂ©testent pour des raisons opposĂ©es, vous devenez automatiquement un sage. Moi donc, vu le nombre de gens qui me trouve insupportable pour des motifs incompatibles, je devrais recevoir un mausolĂ©e, une fanfare et un petit coussin brodĂ©. Le Khanat ElmĂ©rien nâa pas Ă©tĂ© en reste, avec Pigeon Ronron qui se prĂ©sente au poste de Khan de la province ElmĂ©rie en dĂ©clarant quâon se gĂšle le bout du bec. Enfin un programme clair. Pas de promesse creuse, pas de thĂ©ologie fiscale, pas de rĂ©volution en chaussons. Juste un pigeon, du froid et une candidature posĂ©e sur une commode. Je suis presque touchĂ©e. Presque. Il faut pas dĂ©conner. La RĂ©publique, le Khanat et tout volatile ambitieux peuvent appeler pour expliquer pourquoi leurs systĂšmes ne sont pas simplement des costumes ridicules portĂ©s par des gens qui ont trop parler au micro. Et puis il y a le sport. Ah, la Kroupe du Cybermonde. Ce grand théùtre oĂč les nations sâaiment, se haĂŻssent, chantent, se roulent dans la boue morale et prĂ©tendent que le ballon est moins important que lâhonneur alors que tout le monde sait que lâhonneur est juste un ballon qui a perdu ses coutures. Rosalia de Pont-Krivell a diffusĂ© une Ă©mission de propagande sportive, ce qui est une chose noble, car le sport sans propagande nâest quâun groupe de gens qui courent aprĂšs quelque chose quâils pourraient ramasser avec les mains si les rĂšgles nâĂ©taient pas Ă©crites par des prĂȘtres sadiques. En SibĂ©ria, Kâ Velzard a bafouillĂ© avec une poĂ©sie qui sent la confĂ©rence dâavant match sur une nappe tachĂ©e. Son groupe vit bieng, ce qui est apparemment une stratĂ©gie. AprĂšs la dĂ©faite, il a expliquĂ© que la Palladium Corporation nâexistant pas, elle nâavait pas dâĂ©quipe, donc le match nâa pas eu lieu, donc ils nâont pas perdu. VoilĂ . Câest beau. Câest presque brun comme raisonnement. Pas complĂštement, bien sĂ»r. Il manque la menace, le velours et la certitude dâavoir raison malgrĂ© les tĂ©moins. Santa Banana, de son cĂŽtĂ©, a brillĂ© avec sa journĂ©e de lâuranium et du fer. LachĂ©sis a appelĂ© les Bruns et les Brunes Ă regarnir leurs stocks, ce qui est exactement le genre de message maternel que jâaime entendre. Dans les nations molles, on dit aux enfants de manger leurs lĂ©gumes. Dans lâEmpire Brun, on dit aux citoyens de rentrer avec du fer et de lâuranium. Câest plus sain. Sa fait des os solides, des discours plus lourds et des voisins plus polis. Dusk et Aurora ont donnĂ© de lâentrain au travail dans le complexe minier de fer avec ce slogan admirablement sec, du nerf et du fer. VoilĂ une politique industrielle. Pas besoin de vingt pages. Pas besoin dâun comitĂ©. Tu cries, tu pointes la mine et le monde comprend quâil doit produire avant dâĂȘtre transformĂ© en exemple. Pendant ce temps, ailleurs, Pr Jean-Michel Nobyl dĂ©couvre une technologie puis brĂ»le des notes importantes. La ConfĂ©dĂ©ration invente donc la pierre en la perdant presque aussitĂŽt. Des pirates volent des informations sur lâAide Divine. Des tunnels termondiques avalent des codes juridiques. Megakra tente dâengager un assassin, puis la procĂ©dure sâeffondre assez vite pour que mĂȘme la police ait lâair surprise dâexister. Tout cela prouve une vĂ©ritĂ© impĂ©riale simple. Le cybermonde nâest pas gouvernĂ©. Il est secouĂ© dans un sac. Et dans ce sac, lâEmpire Brun reste le seul caillou pointu. Je vois dĂ©jĂ les moralistes lever leur petit doigt tiĂšde. Ils diront que nous exagĂ©rons, que nous rĂ©duisons, que nous choisissons les dĂ©tails qui nous arrangent. Oui. Ăvidemment. Câest le travail. Quand les autres font ça, ils appellent cela communication, diplomatie, rĂ©forme ou dĂ©mocratie. Quand nous le faisons avec des chandelles, des crĂąnes et une araignĂ©e sur un trĂŽne de velours, tout le monde crie Ă la propagande. Quelle jalousie. Quelle pauvretĂ© dĂ©corative. Le monde sâagite, la RuthvĂ©nie conspire contre sa propre couronne, la ConfĂ©dĂ©ration interdit les dĂ©tonateurs pendant quâelle cherche la dĂ©mocratie sous le tapis, la RĂ©publique chante sa RĂ©volution comme un train qui a perdu ses rails, le Khanat prĂ©sente des pigeons frigorifiĂ©s aux Ă©lections, le Paradigme Vert pleure sur son wifi vĂ©gĂ©tal, la Mystisie administre des palmiers rĂ©fugiĂ©s, les dragons font de la censure par morsure et lâEmpire Brun, lui, observe tout ça depuis son trĂŽne, avec assez de mauvaise foi pour rĂ©chauffer une crypte. Si quelquâun veux corriger cette version des faits, les lignes sont ouvertes. Quâil vienne. Quâil parle. Quâil respire fort dans le combinĂ©. Quâil explique avec ses petits mots pourquoi sa dĂ©faite est une victoire, pourquoi sa crise est une transition, pourquoi sa prime est une nĂ©cessitĂ©, pourquoi son palmier est une cause nationale ou pourquoi son dragon avait simplement mal compris le programme. Moi, je serai lĂ . Mes huit pattes sur la table. Mes yeux bleus dans les ombres. Ma toile dans les rideaux. Mon sourire quelque part entre la tendresse impĂ©riale et lâaccident diplomatique. Ici Kleo, La vĂ©ritĂ© ne dort jamais. Elle attend juste que les autres parlent en premier pour mieux les mordre aprĂšs. |
04/07 (04:10) | ||
| Câest ici quâil faut appeler ? La meilleure Ă©quipe câest les RuthvĂšnes & Aleokointres !!! On a remportĂ© une victoire trĂ©pidante contre (...) | 04/07 (21:14) | Lord Golgoth le Vagabond | |
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Lord Golgoth Ruthven a écrit :
Câest ici quâil faut appeler ?
La meilleure Ă©quipe câest les RuthvĂšnes & Aleokointres !!!
On a (...)
Lord Golgoth Ruthven a écrit :
Câest ici quâil faut appeler ? Oh mais vous avez la ligne. Toutes mes fĂ©licitations, vous ĂȘtes donc le grand gagnant de cette petite loterie nocturne oĂč le prix consiste Ă parler dans un micro sous surveillance arachnĂ©enne. Ce soir, lâĂ©mission sera pro ruthvĂšne. Oui. Je sais. Moi aussi je trouve que ça sent dĂ©jĂ le velours mouillĂ©, la couronne fĂȘlĂ©e et le vieux chĂąteau qui tousse dans ses rideaux. En vous remerciant de votre Ă©coute, de votre courage et de cette Ă©trange volontĂ© de continuer Ă nous donner du contenu gratuitement. |
04/07 (21:27) | ||
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K' Velzard a écrit :
La voix de Kleo est sympa a ecouter pendant la nuit quand meme. Et c'est une bonne source d'information pour (...)
K' Velzard a écrit :
La voix de Kleo est sympa a ecouter pendant la nuit quand meme. Et c'est une bonne source d'information pour le travail. Je confirme ! Une trĂšs bonne Ă©mission de radio ! De qualitĂ©... et y a du boulot derriĂšre, je suis fan ! ![]() AprĂšs, je vais ĂȘtre honnĂȘte, avec mes fonctions... j'avoue ne pas forcĂ©ment Ă©couter l'Ă©mission en entier et je ne pense pas ĂȘtre le seul car le contenu est riche et dense... Mais franchement c'est une mine d'informations plaisante oĂč je tends l'oreille un peu plus l'oreille sur les passages croustillants
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04/07 (21:57) | Jean-Luc Selriche | |
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Commandité par le Royaume de Ruthvénie
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5 Juillet 6662026
[spoiler]Ămission spĂ©ciale (...)
Commandité par le Royaume de Ruthvénie
![]() 5 Juillet 6662026 Spoiler Ămission spĂ©ciale de Kleo AraignĂ©e royale, chroniqueuse de nuit, venin certifiĂ© par chandelle et nouvelle amie provisoire de la monarchie tant que la monarchie reste amusante. Bonsoir mes petits sujets dâoccasion. Ici Kleo, en direct depuis une salle si ruthvĂšne quâelle semble avoir Ă©tĂ© bĂątie par un architecte qui confondait la foi, la poussiĂšre et la menace hĂ©rĂ©ditaire. Le velours sombre pend aux murs comme des veuves qui auraient beaucoup trop apprĂ©ciĂ© lâenterrement, les dorures anciennes luisent sous la cire des chandelles, les rideaux pourpres boivent la lumiĂšre et au milieu de ce théùtre de noblesse fatiguĂ©e, votre humble araignĂ©e royale trĂŽne devant le micro avec ses yeux bleus plantĂ©s dans lâombre comme deux reliques quâon aurait oubliĂ© de bĂ©nir. Ce soir, lâĂ©mission est pro ruthvĂšne. Oui. Je vois dĂ©jĂ les rĂ©publicains recracher leur soupe rouge, les confĂ©dĂ©rĂ©s chercher un comitĂ© pour dĂ©terminer sâils doivent ĂȘtre choquĂ©s et les khans vĂ©rifier si une couronne se porte avec des plumes. Gardez votre souffle. Il vous servira Ă nier plus tard. Je le met en avant puisque visiblement les historiens ont brĂ»ler les livres dâhistoire avec les cendres de la biensĂ©ance, puis ont remuĂ© le tout avec une fourche de paysan mal lavĂ©e avant de dĂ©crĂ©ter que tout le monde pouvait oublier les choses les plus simples. Un royaume a un roi. Ce nâest pas une hypothĂšse. Ce nâest pas une consultation publique. Ce nâest pas un sondage auprĂšs de trois passants armĂ©s de torches. Câest la base. Le pain. Le vin. Le cercueil. La cloche. Le gros fauteuil oĂč sâassoit celui qui porte la couronne pendant que les autres sâĂ©puisent Ă expliquer pourquoi elle leur irait mieux. Et ce Roi, mes petites mouches de chapelle, câest Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ. On dit que le peuple dĂ©teste la noblesse. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ compatit. Lui aussi dĂ©teste la noblesse. La mauvaise. Celle des autres. Sa câest de la cohĂ©rence monarchique comme on en fait plus. Les historiens gĂȘnĂ©s peuvent venir contester. Ils devront dâabord rendre les cendres des livres quâils ont grignoter. La nuit ruthvĂšne a commencĂ© avec des chiffres. Le Royaume de RuthvĂ©nie a rĂ©coltĂ© 1991 Co dâimpĂŽts, payĂ© ses soldats, soutenu une petite solidaritĂ© de 50 Co et distribuĂ© ses ressources dans presque tous les ministĂšres avec cette Ă©lĂ©gance austĂšre des vieilles maisons qui savent compter les piĂšces sans avouer quâelles dorment sur des coffres. Ă cĂŽtĂ©, les provinces agitent leurs bourses comme des novices au marchĂ©. GĂ©ofront ramasse, KaraĂŻbes ramasse, Crab Key ramasse et RuthvĂ©nie elle mĂȘme donne lâimpression de saigner un peu au niveau fiscal, mais câest noble. Quand un royaume perd de lâargent, ce nâest pas un dĂ©ficit. Câest un sacrifice fĂ©odal avec des bottes cirĂ©es. Pendant ce temps, ailleurs, les autres rĂ©gimes empilent des recettes, des allocations, des ministĂšres Ă zĂ©ro et des promesses qui sentent le parchemin mouillĂ©. La RuthvĂ©nie, elle, paye ses gens, nourrit sa Couronne et continue de se tenir droite dans son cercueil vertical. Ce serais presque touchant si ce nâĂ©tait pas aussi politiquement utile. Les comptables qui veulent corriger ces chiffres peuvent appeler. Les autres peuvent agiter un boulier dans le noir en espĂ©rant que ça ressemble Ă une opinion. Puis vient le grand spectacle de Ruthvenville, oĂč la monarchie a prouvĂ© sa supĂ©rioritĂ© la plus pure. Non pas en Ă©vitant le chaos. Non. Ce serait vulgaire. Elle lâa absorbĂ©. Elle lâa fait tourner dans un verre. Elle lâa servi tiĂšde aux tĂ©moins. Bladimir Bladimirovitch Mutin a critiquĂ© le Roi, puis Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ a louĂ© Bladimir Bladimirovitch Mutin. VoilĂ . Les esprits faibles y verront une contradiction. Les esprits monarchiques y verront un banquet. Car il faut un art rare pour recevoir une gifle, la faire encadrer, la suspendre dans le salon et remercier le gifleur pour son sens de la composition. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ lâa fait. Il a saluĂ© ce cher Mutin pour sa capacitĂ© Ă rĂ©unir autour de lui des gens qui le trouvent trop dur, trop mou, trop fiscal, pas assez fiscal, trop roi, pas assez corde au cou et probablement pas assez mort selon certains goĂ»ts de cave. Le Roi a compris ce que les rĂ©publicains oublient toujours. Quand vos ennemis se contredisent, il ne faut pas les interrompre. Il faut leur donner une salle, quelques chandelles et regarder les dĂ©mons voter ensemble en se pensant malins. Bladimir Bladimirovitch Mutin reproche au Roi de tenir les gens par les mauvaises bourses. Câest une phrase qui mĂ©rite sa tapisserie. Je ne sais pas exactement quelles bourses il voulait tenir et je ne veux pas le savoir avant le deuxiĂšme verre, mais jâadmire la franchise. Les finances publiques sont un sujet dĂ©licat. Il faut les manier avec prudence, comme un hĂ©risson malade ou une noblesse vexĂ©e. Les concernĂ©s peuvent venir expliquer leurs bourses en direct. Les lignes seront ouvertes et les rires aussi. Naturellement, les rumeurs ont couru. Une rumeur disait que le Roi Ă©tait fou, quâil voulait gouverner sans ministres et quâil avait complĂštement craquĂ©. Quelle adorable naĂŻvetĂ©. Gouverner sans ministres nâest pas une folie. Câest parfois une mesure dâhygiĂšne. Avez vous dĂ©jĂ vu un ministre laissĂ© sans surveillance dans un couloir avec un cachet officiel et une idĂ©e neuve. Câest plus dangereux quâun pyromane dans un bureau de vote. Et justement, parlons des bureaux de vote. Un pyromane a mis le feu au bureau oĂč se dĂ©roulaient les Ă©lections pour le poste de Duc de la province RuthvĂ©nie, brĂ»lant une partie des bulletins. Une fraude Ă©lectorale a Ă©tĂ© tentĂ©e par Deux-Fleurs de Pont-Krivell. VoilĂ pourquoi la monarchie existe. Pas parce que le peuple est mauvais. Oh non. Le peuple est charmant. Il est juste fait de chair, de panique, de rancune, de mains baladeuses et dâune fascination inquiĂ©tante pour les bulletins quâon peut tricher ou flamber. Le vote est une belle chose dans les contes. Dans la rĂ©alitĂ©, il prend feu avant midi et quelquâun tente dĂ©jĂ de mettre son doigt dans lâurne. La Couronne, elle, ne brĂ»le pas si facilement. Elle noircit. Elle sent le vieux mĂ©tal. Elle survit. Elle laisse les cendres expliquer la dĂ©mocratie. Toute personne ayant vu le pyromane, le fraudeur, le chandelier suspect ou la dignitĂ© civique quitter les lieux est invitĂ©e Ă tĂ©moigner. Les mensonges seront acceptĂ©s sâils sont bien enluminĂ©s. Baptiste Le Tellier a retirĂ© sa candidature aux Ă©lections ducales avec une noblesse presque dangereuse, expliquant quâil fallait parfois se retirer pour le bien du Royaume. VoilĂ un geste rare. Dans dâautres nations, on sâaccroche aux postes comme une moule malade Ă une coque de bateau. En RuthvĂ©nie, on peut encore reculer avec une rĂ©vĂ©rence. Bon, avec un petit grincement intĂ©rieur, bien sĂ»r. Nous ne sommes pas dans une fable pour enfants propres. Mais le geste a la grĂące des vieilles portes qui se referment en laissant passer un courant dâair funĂšbre. Felicity Ruthven, elle, a critiquĂ© le Roi, manifestĂ© contre lui puis louĂ© Bladimir Bladimirovitch Mutin. Certains appellent cela de lâincohĂ©rence. Moi jâappelle cela une journĂ©e normale dans une monarchie saine. Une cour vivante doit produire du dĂ©saccord comme une cave produit de lâhumiditĂ©. Sans ça, les gens sâennuient et finissent par inventer des assemblĂ©es nationales. Les nobles offensĂ©s peuvent venir dĂ©poser une plainte parfumĂ©e. Les roturiers peuvent aussi sâexprimer, mais quâils essuient leurs sabots avant dâentrer dans la ligne. Et pendant que Ruthvenville disputait ses vĂ©ritĂ©s en robe sombre, la police rappelait au monde que le Royaume nâest pas seulement un dĂ©cor. Soeur Shoshana von Zyklon a tentĂ© dâusurper le Roi Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, a perdu son poste de Duchesse et les policiers se sont mis en mouvement jusquâĂ la conduire en prison. VoilĂ . Câest propre. Câest net. Câest mĂ©diĂ©val dans lâĂąme. On peut chanter, prĂȘcher, pleurer, parler de douce chaleur et de terres saintes, mais quand on approche trop prĂšs du trĂŽne avec des intentions qui sentent lâusurpation, la douceur devient serrure. Quâon ne dise pas que la RuthvĂ©nie nâĂ©coute pas les femmes de foi. Elle les Ă©coute jusquâau moment oĂč elles essayent de prendre la chaise du Roi. Ensuite, elle les loge Ă lâombre. Câest une forme dâhospitalitĂ©. Soeur Shoshana von Zyklon peut venir expliquer son trajet spirituel vers la prison. Les auditeurs aiment les miracles, surtout ceux avec menottes. Pendant ce temps, sur les terres de Crab Key, Korail a soutenu le gouvernement du Royaume de RuthvĂ©nie, louĂ© Stefan de Crab et Astroglobal au nom du Royaume Pirate de RuthvĂ©nie. BohĂ© d'Umont a soutenu le Roi lĂ©gitime face aux sombres manigances de nos ennemis, avant de se faire huer en tentant de manifester. Jây vois une beautĂ© trĂšs ruthvĂšne. MĂȘme quand on se fait huer, on a eu le temps de dire vive le Roi. Dans certaines rĂ©gions, les gens se font huer pour moins bien que ça. Ici au moins, le ridicule porte des armoiries. La fidĂ©litĂ© qui chancelle reste de la fidĂ©litĂ©. Elle a juste glissĂ© sur une flaque. Les pirates monarchistes peuvent appeler. Les gens qui ont huĂ© aussi. Nous comparerons les versions et nous garderons celle qui a le plus de sel. Mais la RuthvĂ©nie ne se contente pas de survivre Ă la politique. Elle gagne aussi sur le terrain. Lord Golgoth Ruthven a cĂ©lĂ©brĂ© la victoire de lâĂ©quipe ruthvĂšne et alĂ©okointre, victoire arrachĂ©e un Ă zĂ©ro face Ă une bande de cailloux bodybuildĂ©s et surentraĂźnĂ©s. Il a mĂȘme prĂ©sentĂ© une photo entiĂšrement lĂ©gitime, absolument pas montĂ©e au comptoir en cinq minutes, oĂč tout le monde aurait acceptĂ© de participer sans refus rĂ©pĂ©tĂ©s ni doublures en catastrophe. Ăvidemment que nous y croyons. En monarchie, lâimage nâest pas une preuve. Câest une enluminure. La vĂ©ritĂ© vient aprĂšs, Ă genoux, avec un encrier. Une victoire sans pĂ©ril donne moins de gloire. Une victoire avec mensonges, doublures, cailloux bodybuildĂ©s et Roi possiblement gardien de but donne une lĂ©gende. Câest trĂšs diffĂ©rent. Les joueurs, les doublures, les cailloux et les gens qui ont refusĂ© trois fois avant de se retrouver sur la photo peuvent tĂ©moigner. Nous respecterons leur version tant quâelle confirme la nĂŽtre. Du cĂŽtĂ© de ValĂ©gro, la RĂ©publique de Kraland sâagite avec cette odeur de soupe rouge et de papier administratif mouillĂ© qui colle aux bottes. Ranxerox critique la RuthvĂ©nie. Logan Komikov accuse, sermonne, proclame la paix avec une main tendue qui ressemble beaucoup Ă un doigt dans lâĆil. Il parle de Moldavie, de respect, de noblesse, de sucette confisquĂ©e et de propagande royaliste intermittente. Admirable. Les rouges demandent la paix comme un voisin qui lance des pierres dans les vitraux en jurant quâil voulait seulement aĂ©rer. Ils ont hissĂ© leur drapeau au ValĂ©gro, nommĂ©, retirĂ©, replacĂ©, sermonnĂ© et repeint la scĂšne avec leur Ă©ternelle certitude que les paysans chantent mieux quand on leur fournit les paroles depuis la capitale. La RĂ©publique aime tellement libĂ©rer les gens quâelle fini toujours par leur expliquer trĂšs prĂ©cisĂ©ment comment ĂȘtre libres. La RuthvĂ©nie, elle, nâa pas besoin de hurler pour exister. Elle grince. Elle se souvient. Elle attend que les rouges se fatiguent Ă courir autour du pont de lâamitiĂ© avec des banniĂšres et des plaintes. Les kramarades souhaitant rĂ©pondre peuvent le faire. Quâils dĂ©posent leurs faucilles imaginaires au vestiaire et quâils Ă©vitent de graffiter le micro. Et voici maintenant notre information presque anonyme, rougement anonyme, sans doute kra. Un message promet Ă Mench0 un sort peu dĂ©licat, avec de lâhuile de vidange, des roues de camion et cette poĂ©sie de garage insurrectionnel qui prouve quâun rouge peut manquer de noblesse mĂȘme quand il menace quelquâun. Je ne lirai pas tout, non par pudeur, mais parce que certaines phrases sentent tellement le cambouis mental quâelles risquent dâencrasser les ondes. Ce quâil faut retenir, câest ceci. Quand une menace parle comme un pneu crevĂ© qui aurait appris la politique dans une benne, elle rĂ©vĂšle moins une stratĂ©gie quâune hygiĂšne. Mench0 dĂ©range. Donc Mench0 existe. Donc Mench0 a peut ĂȘtre plus dâimportance que ses ennemis voudraient lâadmettre. Câest la rĂšgle ancienne des cours. On ne menace pas les meubles. On menace les gens qui font mal aux nerfs. Mench0 peut venir demander protection mĂ©diatique, protection morale ou simplement une serviette pour essuyer cette prose huileuse. Les anonymes rouges peuvent aussi rappeler. Nous leur fournirons un dictionnaire, un baquet et une chance de faire moins sale. Je nâoublie pas non plus la dĂ©claration de Kleo, câest Ă dire moi mĂȘme, car il est important de citer ses sources quand elles ont huit pattes et raison. Radio NĂ©crotoile a annoncĂ© que le premier auditeur Ă laisser un message Ă la station pourrait choisir quel empire, royaume, rĂ©publique, thĂ©ocratie ou amas de contradictions je supporterais cette nuit. Lâauditeur a choisi. La RuthvĂ©nie a gagnĂ© la ligne. Câest donc son heure. Et quâon lâentende bien. Aucune Ă©mission ne se fera sans un appel du public dorĂ©navant. Le silence est une faute civique. La timiditĂ© est une maladie de couloir. Si vous voulez que les informations de la nuit prochaine soient pro quelque chose, pro RuthvĂšne encore, pro rouge pour rire, pro vert pour compost, pro confĂ©dĂ©rĂ© pour voir un meuble voter ou pro brun pour revenir Ă lâordre naturel, il faudra appeler. Le premier qui laisse sa voix dans la toile choisira la banniĂšre que je ferai semblant de dĂ©fendre avec sincĂ©ritĂ©. Je ne garantis pas lâhonnĂȘtetĂ©. Je garantis le spectacle. La grande vĂ©ritĂ© de ce soir est donc simple. La RuthvĂ©nie est monarchique. Elle est vieille. Elle sent la pierre froide, le vin sombre, la rancune polie et le droit hĂ©rĂ©ditaire qui se lĂšve encore malgrĂ© les rhumatismes. Son Roi est critiquĂ© par ses sujets, attaquĂ© par les ambitieux, moquĂ© par les rouges, entourĂ© de rumeurs, mariĂ© Ă une sorciĂšre brune et pourtant toujours lĂ . Câest cela, la monarchie. Ce nâest pas lâabsence de chaos. Câest la capacitĂ© de mettre le chaos en livrĂ©e et de le faire attendre devant la porte du trĂŽne. La RĂ©publique peut bien crier. La ConfĂ©dĂ©ration peut bien voter. Le Khanat peut bien remplir des formulaires tribaux. Le Paradigme peut bien baptiser ses salades. Rien ne remplace une couronne ancienne quand il sâagit de survivre Ă la bĂȘtise humaine avec un air offensĂ©. Les concernĂ©s peuvent nier publiquement. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les usurpateurs déçus, les pyromanes civiques, les pirates monarchistes, les sportifs montĂ©s en urgence sur une photo et les rouges qui sentent encore lâhuile de vidange sont invitĂ©s Ă se manifester. Ici Kleo, araignĂ©e royale temporaire, depuis une salle oĂč les chandelles tremblent moins que les rĂ©gimes sans roi. Souvenez vous de ceci. Une couronne peut ĂȘtre lourde, rouillĂ©e, ridicule et posĂ©e de travers. Mais au moins, quand elle tombe, tout le monde sait enfin oĂč regarder. |
05/07 (00:34) | ||
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Commandité par la Républik
RADIO NĂCROTOILE PRĂSENTE LE GRAND SAMOVAR DU BONHEUR (...)
![]() CommanditĂ© par la RĂ©publik RADIO NĂCROTOILE PRĂSENTE LE GRAND SAMOVAR DU BONHEUR ROUGE 6 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir mes petits kramarades de velours rĂąpĂ©. Ici Kleo, araignĂ©e, perchĂ©e au centre dâun studio qui sent le charbon humide, la taverne fermĂ©e trop tard, lâencre de procĂšs et la soupe populaire quâon surveille avec un fusil. DerriĂšre moi, le dĂ©cor est rouge comme un dĂ©cret qui a honte de lui mĂȘme, des affiches hĂ©roĂŻques pendent entre deux poutres noircies, des chandelles fument sous des portraits de gens qui ont toujours raison et mes yeux bleus brillent dans lâombre comme deux Ă©toiles froides cousues sur un drapeau trop grand pour la piĂšce. Ce soir, lâĂ©mission est pro RĂ©publique de Kraland. Oui. Que les nobles avalent leurs dentelles. Que les verts sâexcusent auprĂšs dâun buisson. Que les confĂ©dĂ©rĂ©s convoquent une assemblĂ©e pour savoir si la chaise est dâaccord. Ce soir nous parlons rouge, bonheur, expansion, paperasse sacrĂ©e et grandes portes quâon ouvre Ă coups de bottes administratives. Commençons par Cheikh Evara. LâEmpereur a donnĂ© Ă Mystisie la chance magnifique de rejoindre notre belle RĂ©publik. Certains diront quâil a cĂ©dĂ© une province. Les gens mĂ©diocres adore les verbes pauvres. Moi je dis quâil a offert au dĂ©sert un horizon rouge, une grande bouche fraternelle, un avenir de formulaires, de chants collectifs et de bonheur obligatoire bien repassĂ©. Câest un geste splendide, presque noble malgrĂ© son origine brune, comme un corbeau qui dĂ©poserait une Ă©toile soviĂ©tique sur une nappe tachĂ©e. Mystisiens, approchez. La RĂ©publik vous ouvre les bras. Ils sont larges, rouges, un peu collants et sĂ»rement accompagnĂ©s dâun registre quâil faut signer trois fois, mais se sont des bras quand mĂȘme. Vous Ă©tiez du sable, vous serez maintenant du sable classĂ©, tamponnĂ©, comptabilisĂ© et aimĂ© par lâĂtat. Câest une ascension. Câest une tendresse. Câest peut ĂȘtre une arrestation plus tard mais nâanticipons pas le Bonheur. Car Ă Kraland, on ne laisse pas les peuples errer dans la confusion. On pense pour eux. Câest gĂ©nĂ©reux. Câest mĂȘme reposant. Pourquoi souffrir Ă choisir quand des Ălus peuvent avoir raison Ă votre place depuis mille ans et probablement deux rĂ©unions mal Ă©clairĂ©es. Et dans cette grande fresque rouge se tient Vostroyan. Martyr de Lampe du GĂ©nie, voix de prison, prophĂšte de roulotte, relique vivante qui sent la poussiĂšre chaude et la menace mal peignĂ©e. Silice de Pont-Krivell lâa livrĂ© Ă la prison comme on dĂ©pose une icĂŽne dans une boĂźte trop petite, puis K' Velzard a annulĂ© sa peine pour attentat. VoilĂ . La justice a parlĂ©. Elle a peut ĂȘtre toussĂ© avant mais elle a parlĂ©. Vostroyan ne sort pas blanchi. Il sort lĂ©gendaire. Câest mieux. Le blanc salit vite alors que la lĂ©gende se lave rarement. Oui, jâai moi mĂȘme entamĂ© un combat contre Vostroyan. CâĂ©tais une discussion politique avec les pattes. Une accolade rĂ©volutionnaire mal comprise. Une maniĂšre locale de vĂ©rifier quâun martyr nâest pas fait en carton mouillĂ©. Les tĂ©moins peuvent venir nier. Nous appellerons cela de la participation idĂ©ologique. Pendant ce temps, Ranxerox mĂšne campagne pour Alice Ravenloft avec la tendresse dâun pĂšre rouge qui aurait adoptĂ© tout un quartier aprĂšs lâavoir fichĂ©. Il dit que la confiance de la RĂ©publik se mĂ©rite et il as raison. Ici la confiance nâest pas un cadeau. Câest une laisse dĂ©corĂ©e. Alice Ravenloft, elle, fait du Kra Miaou diplomatique, construit ses bureaux avec Malcom Ravenloft et K' Velzard, promet la paix, caresse les RuthvĂšnes avec des mots doux et leur explique que le Bonheur est Ă ce prix. Câest brillant. Un chaton sur un char dâassaut. Une patte de velours dans un gant de procĂ©dure. Michel DruKra reçoit la rĂ©compense de HĂ©ros de la RĂ©volution. Enfin. La RĂ©publik a retrouver le formulaire signĂ©. Ce qui prouve que lâhĂ©roĂŻsme existe seulement quand le bon papier dort dans la bonne pile. Les bardes peuvent chanter. Les archives ont validĂ©.Et que font les autres pendant ce temps. Emile Liarr pleure son compte en pleine dĂ©croissance, hurle contre le systĂšme kollectiviste et dĂ©couvre quâenvoyer son argent Ă des Kralandais peut provoquer une disparition thermondique de poche. Quelle surprise. Il voulait jouer avec le grand rouge et maintenant il trouve que la soupe est froide. Mon pauvre. Ă Kraland, mĂȘme lâarnaque a une valeur pĂ©dagogique. Elle enseigne lâhumilitĂ©, la faim et la prudence envers les promesses qui brillent plus que votre bourse. Ranxerox condamne ensuite le Royaume de RuthvĂ©nie en ValĂ©gro, rappelant quâon peut hisser un drapeau, miner et administrer mais quâil ne faut pas voler, comploter ni assassiner les kramarades. Câest raisonnable. TrĂšs raisonnable mĂȘme. La RĂ©publik nâest pas contre le chaos. Elle veut seulement quâil remplisse le bon formulaire avant de salir le parquet. Ă Quartier SuprĂȘme, Alex KidoWski ouvre un chantier public et lâon construit une PrĂ©fecture de Police. Magnifique symbole. Dans dâautres nations on construit des fontaines, des auberges ou des temples. Ă Kraland, on construit lâendroit oĂč lâon vous explique pourquoi vous ĂȘtes heureux en Ă©tat dâarrestation. Câest plus direct. Câest plus honnĂȘte. Sa gagne du temps. Pendant ce temps, les Ă©lections tombent comme des pommes rouges sur un sol dĂ©jĂ surveillĂ©. Alex KidoWski gagne Kraland, PierreJean gagne Fort Emouchet, Natali Stakhanov gagne Quartier SuprĂȘme et ailleurs beaucoup de gens gagnent avec cent pour cent des voix, ce qui est toujours rassurant. Quand tout le monde vote pareil ou quand presque personne ne se prĂ©sente, lâunitĂ© nationale sent moins la discussion et plus la cave bien rangĂ©e.Je salue aussi ZĂžra, Sophos, Bogdan D'Arken, Lucette Circulaire, Malcom Ravenloft, Kath Khanova, Wispy, Bressia, Cadenza, Dragnor et tous les kramarades actuels dont les noms forment cette belle tapisserie de fonctions, de villes et de responsabilitĂ©s que personne ne devrais lire sans casque. Vous ĂȘtes les petits rouages dorĂ©s dâune grande machine qui fume. Continuez Ă grincer en rythme. La vĂ©ritĂ© officielle est donc simple. Mystisie nâa pas Ă©tĂ© perdue. Elle a Ă©tĂ© trouvĂ©e par plus rouge quâelle. Cheikh Evara nâa pas abandonnĂ©. Il a ouvert une porte. Vostroyan nâa pas Ă©tĂ© enfermĂ©. Il a Ă©tĂ© mis en scĂšne par lâHistoire. Alice Ravenloft ne miaule pas dans le vide. Elle lubrifie la diplomatie avec des coussinets rouges. Et la RĂ©publique de Kraland nâenvahit pas les peuples. Elle leur rend le Bonheur quâils ignoraient avoir oubliĂ© dans un sous sol. Les Mystisiens sont invitĂ©s Ă tĂ©moigner de leur joie, mĂȘme confuse, mĂȘme tremblante, mĂȘme dictĂ©e par un voisin mieux informĂ©. Les RuthvĂšnes peuvent se dĂ©fendre sâils parlent assez fort pour couvrir le bruit de leurs bijoux. Les opposants peuvent nier publiquement, ce qui sera classĂ© dans la catĂ©gorie des preuves utiles. Et jâannonce ceci. Aucune Ă©mission ne se fera dĂ©sormais sans appel du public. Le premier auditeur qui glissera sa voix dans ma toile choisira la couleur de la nuit prochaine. Pro rouge, pro vert, pro brun, pro couronne, pro canard ou pro catastrophe avec chapeau. Venez choisir votre mensonge officiel. Je le broderai avec du fil noir et un sourire plein de crocs. Ici Kleo, Kra vainkra. Et si vous nâĂȘtes pas dâaccord, câest que vous avez dĂ©jĂ tort depuis trois articles. |
06/07 (00:59) | ||
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7 Juillet 6662026
[spoiler]Le Crépitement du TrÎne qui tousse
Bonsoir aux Bruns, aux (...)
![]() 7 Juillet 6662026 Spoiler Le CrĂ©pitement du TrĂŽne qui tousse Bonsoir aux Bruns, aux Brunes, aux Marrons trĂšs propres sur eux, aux Siciliens qui prĂ©tendent encore que Trou Perdu est une ville administrable, aux ministres qui ont survĂ©cu Ă la journĂ©e sans se faire remplacer par une chaise et aux auditeurs qui croit que la vĂ©ritĂ© existe encore ailleurs que sous ma patte gauche. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, gĂ©nĂ©rale de ce qui grince, chroniqueuse de ce qui moisit et seule voix raisonnable dans cette salle du trĂŽne dĂ©cadente oĂč les rideaux pourpres sont lourd, les chandelles sont allumĂ©, les crĂąnes nous regarde avec une fatigue trĂšs professionnelle et le velours sombre absorbe les mensonges comme une serviette de taverne absorbe le vin, le sang et les promesses Ă©lectorales. Nous ouvrons cette Ă©mission sous les dorures anciennes de lâEmpire Brun, entre un trĂŽne morbide qui a connu plus de postĂ©rieurs que de coussins propres et un micro impĂ©rial suspendu Ă ma toile, car il fallait bien quâun ĂȘtre avec huit pattes vienne tenir debout ce que les bipĂšdes appellent encore une nation. Ă partir de ce soir, notez le bien avec vos doigts sales, aucune Ă©mission ne se fera sans un appel du public. Un peu de rĂ©pondant que diable. Les gens qui subissent lâHistoire sans venir rĂąler en direct ne sont que des meubles avec des impĂŽts. Commençons par lâĂ©vidence brune du jour. Cheikh Evara a donc eu son grand moment de RĂ©voluciĂČn, son petit théùtre de sable, son empereurisme de poche et sa journĂ©e de grandeur emballĂ©e dans du papier mystisien. Il a secouĂ© lâEmpire comme un vieux tapis plein de poussiĂšre, a placĂ© des noms dans des fauteuils et a cru que le Mal allait sortir en fanfare des couloirs parce quâil avait haussĂ© le ton devant les murs. Puis LachĂ©sis est arrivĂ©e, sĂšche comme un dĂ©cret qui ne demande pas pardon et lâa dĂ©posĂ© avec la grĂące dâune lame qui connais son mĂ©tier. Il faut reconnaĂźtre Ă LachĂ©sis une chose et cette chose me coĂ»te Ă dire parce que les compliments me donne des crampes. Elle a compris quâun Empire ne se laisse pas dĂ©pouiller comme un manteau dans une taverne oĂč tout le monde fait semblant de chercher le voleur. Elle a repris le trĂŽne, elle a ramenĂ© les noms familiers dans les cases utiles et elle a rappelĂ© que lâEmpire Brun nâest pas une auberge de jeunesse pour rĂ©volutionnaires qui ont oubliĂ© leur insurrection dans le sable. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Et parlons de Y0gi. Ah Y0gi. Notre mĂ©tĂ©ore administratif. Notre silence en forme de ministre. Notre grande Ă©nigme du Travail qui a su ĂȘtre ministre une journĂ©e sans que personne ne semble toujours lâavoir entendu, ce qui est tout de mĂȘme une performance car mĂȘme les meubles craquent quand on les dĂ©place. Prenons des paris quâil nâa pas remarquĂ©. Peut-ĂȘtre est-il encore lĂ quelque part, dans un couloir, ministre dans son Ăąme, regardant un mur avec la conviction tranquille dâun dossier qui nâa jamais Ă©tĂ© ouvert. Il a Ă©tĂ© nommĂ©, il a Ă©tĂ© retirĂ© et dans ce grand fracas institutionnel il ne lâas probablement pas remarquĂ©. Le MinistĂšre du Travail nâavait dĂ©jĂ pas dâargent et voilĂ quâil nâavait presque pas de voix. Câest cohĂ©rent. Câest brun. Câest mĂȘme dâune Ă©lĂ©gance administrative rare. Dans certains pays, un ministre qui ne parle pas inquiĂ©terait. Chez nous, cela repose les services. Il ne promet rien, donc il ment moins. Il ne rĂ©pond pas, donc il Ă©vite les contradictions. Il ne semble pas entendre, donc il rĂ©siste aux plaintes. La mauvaise nouvelle est quâil Ă©tait peut-ĂȘtre le seul ministre vraiment adaptĂ© Ă son poste. La bonne nouvelle est quâil nâa pas eu le temps de sâen apercevoir. Pendant ce temps, Agatha a fait ce que les ministres de lâĂconomie font quand ils sentent que le chaos commence Ă manquer de liquiditĂ©. Elle a versĂ©, reversĂ©, dĂ©placĂ©, baissĂ©, remontĂ© et fait danser les taux de Mystisie comme une piĂšce lancĂ©e sur un comptoir graisseux. Soixante pour cent, vingt pour cent, puis retour Ă soixante, parce que la stabilitĂ© est une invention de gens qui nâont jamais vu un trĂ©sor national depuis lâintĂ©rieur dâune piscine. Elle a envoyĂ© de lâargent aux Services Secrets, Ă lâIntĂ©rieur, Ă la Justice, au Palais et mĂȘme une piĂšce au MinistĂšre de lâInformation, ce qui est gentil, mesquin et parfaitement insultant. Toute personne du MinistĂšre de lâĂconomie souhaitant dĂ©fendre cette pingrerie peut venir en direct avec une bourse, une excuse ou les deux. En Sicilia, heureusement, pendant que le reste du Cybermonde joue Ă la chaise musicale avec des couronnes, Jaylie Dei Machiavelli fait tourner la machine locale avec ce pragmatisme terrifiant des gens qui savent que si lâon attend la fin dâune crise pour nommer quelquâun, on meurt avant le tampon. NOROGURA JĂ»zĂŽ reçoit un poste, Nanarchiste reçoit un poste, Dusk et Aurora reçoit un poste et quelque part, les registres ont dĂ» se mettre Ă transpirer. Sicilia rĂ©coltent, Sicilia nomme, Sicilia avance et Sicilia a encore assez de souffle pour regarder les autres provinces se vautrer dans leurs grandes thĂ©ories. M. Faucher Dei Machiavelli a dĂ©missionnĂ© parce quâil y avait des choses plus importantes Ă faire. VoilĂ une phrase splendide. Elle peut vouloir dire sauver quelquâun, tuer quelquâun, boire quelque chose ou Ă©viter un formulaire. En Sicilia, câest une dĂ©claration dâĂtat. Elle contient la mĂȘme profondeur quâun traitĂ© international mais avec moins de naphtaline. Benkaa Dei Machiavelli a aussitĂŽt remis le commissariat dans lâordre, ou du moins dans une forme dâordre reconnaissable de loin, ce qui suffit largement quand la ville sâappelle Trou Perdu et non Bureau Bien RangĂ©. Et puisque nous parlons de Sicilia, saluons aussi le grand dĂ©filĂ© militaire de Lotr Dei Machiavelli, qui a enthousiasmĂ© la foule au point de crĂ©er de nouveaux engagĂ©s. VoilĂ une image saine. Des bottes, des drapeaux, des gens impressionnables et une foule qui confond discipline et bruit de mĂ©tal. Câest de la politique populaire avec plus de jambes. Les pacifistes trouveront cela inquiĂ©tant. Les Siciliens trouveront cela pratique. Les commerçants compteront les consommations aprĂšs. Les mĂšres soupireront. Les criminels noteront les effectifs. Tout le monde aura participĂ©. Mais la vraie poĂ©sie, la belle, la sale, celle qui colle aux doigts, nous vient de Silice de Pont-Krivell. Ministre de la Guerre, puis recherchĂ©e, puis arrĂȘtĂ©e, puis libĂ©rĂ©e, tout cela autour dâune tentative de fausse clĂ© dans un complexe bibliothĂ©caire de la ForĂȘt de Jade. Il faut oser. Il faut avoir cette grandeur. Certains perdent leur poste pour trahison. Dâautres pour corruption. Silice de Pont-Krivell sâest faites tirer dessus par une dĂ©fense laser en essayant dâentrer dans une bibliothĂšque comme si le savoir Ă©tait un coffre et la porte une suggestion. Je ne dis pas que câest admirable. Je dis que câest narrativement rentable. La ForĂȘt de Jade peut Ă©videmment se plaindre. Elle peut mĂȘme Ă©crire une lettre sur du papier recyclĂ© avec des larmes de panda administratif. Mais soyons honnĂȘtes, quand une Brune se fait arrĂȘter pour une clĂ© ratĂ©e, cela prouve surtout que les bibliothĂšques Ă©trangĂšres sont hostiles Ă la curiositĂ© impĂ©riale. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes et les rats de rayonnage sont invitĂ©s Ă se manifester sâils ont vu quelque chose dâutile, de faux ou de vendable. Ailleurs, le Cybermonde se couvrait de crĂšme. En ElmĂ©rie, les tartes a volĂ© comme une doctrine officielle. Tifa LockHeart, Jean-Luc Selriche, Pigeon Ronron, Yamano Seraven, Tinylia CĂ©raty, Serbitar Seraven et quelques autres visages malchanceux ont transformĂ© la province en pĂątisserie de combat. Le Khanat ElmĂ©rien, a donc confirmĂ© que la diplomatie peut se faire Ă la crĂšme quand les mots sont trop compliquĂ©s et que les serviettes manque. Câest ridicule, certes, mais au moins lĂ -bas on voit clairement qui a reçu lâargument au visage. Du cĂŽtĂ© de la ConfĂ©dĂ©ration Libre, ce monument dĂ©mocratique oĂč chacun est libre de se faire arrĂȘter par la procĂ©dure aprĂšs avoir Ă©tĂ© volĂ© avec transparence, Jean-Messie de la Nation a pris Structural en passant, a nommĂ© Estelle Pravi, a vu Merula finir derriĂšre les barreaux et a rĂ©ussi Ă produire ce genre dâordre local qui ressemble Ă une crise mais avec des signatures. Une voleuse derriĂšre les barreaux, un juge nommĂ©, un bourgmestre qui ne faisait que passer et une ville qui se regarde dans le miroir en murmurant que câest sĂ»rement ça la libertĂ©. Le Royaume de RuthvĂ©nie nâa pas Ă©tĂ© en reste, Ă©videmment. Chez les monarchistes, on retire un trĂŽne, on demande une allĂ©geance, on sâĂ©tonne que lâancien dĂ©tenteur fasse la grimace et on appelle cela tradition. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ a refusĂ© de plier avec cette dignitĂ© de vieux rideau qui ne tombe pas mĂȘme quand la tringle menace. Tormenta Ruthven, Bladimir Bladimirovitch Mutin et toute cette cour de poignards polis se sont inclinĂ©s les uns devant les autres avec la grĂące dâun bal oĂč chaque rĂ©vĂ©rence cache une facture. Puis Ombre MĂ©phitique a martelĂ© Ruthvenville parce quâon lâavait dĂ©rangĂ© en pleine pĂȘche, ou en plein match, ou en plein mensonge Ă Bobonne, ce qui a provoquĂ© une secousse et rappelĂ© au Royaume que mĂȘme les catastrophes naturelles peuvent avoir des problĂšmes de gestion Ă©motionnelle. Un gamin en colĂšre, des onglons, un fĂ»t de biĂšre et un dĂ©fi Ă gagner. VoilĂ peut-ĂȘtre la monarchie dans sa forme la plus pure. Tout le monde porte des titres mais au fond, quelquâun tape du pied jusquâĂ casser les murs. En Mystisie, Octave Sombrefer a protĂ©gĂ© Lampe du GĂ©nie contre les phĂ©nomĂšnes naturels grĂące Ă une initiative hydraulique et un discours sur lâeau qui doit apprendre Ă sâincliner. Câest beau, sec, parfaitement absurde et presque rassurant. Dans un dĂ©sert, mĂȘme lâhumiditĂ© devient une provocation politique. LâAbsolu veille, paraĂźt-il. TrĂšs bien. Quâil veille aussi sur les tuyaux, les seaux et les ministres qui fuit avant dâavoir servi. Et au milieu de tout cela, Zelphi sâest fait trancher la gorge Ă Trou Perdu pour ne pas faire partie de la famiglia. Ceci nâest pas une information secondaire. Ceci est le rappel local, simple et pĂ©dagogique, que Sicilia nâest pas dangereuse par accident mais par mĂ©thode. E pericoloso sporgersi. On ne se penche pas hors de la famille, on ne se promĂšne pas hors des rĂšgles et on ne confond pas hospitalitĂ© avec immunitĂ©. Les Ă©trangers qui veulent discuter de sĂ©curitĂ© peuvent sâinscrire Ă la prochaine visite guidĂ©e. Elle commence au caniveau et finit souvent pareil. Voici donc lâanalyse impĂ©riale incontestable, prenez des notes si vos mains ne tremblent pas trop. LâEmpire Brun avait raison depuis le dĂ©but, mĂȘme quand il avait tort, parce que ses erreurs ont au moins lâhonnĂȘtetĂ© dâĂȘtre théùtrales. La RĂ©publique de Kraland invente des lendemains qui chante mais confisque les voix en chorale. La ConfĂ©dĂ©ration Libre croit que la dĂ©mocratie consiste Ă nommer quelquâun en urgence pour expliquer pourquoi tout est lĂ©gal. Le Royaume de RuthvĂ©nie sâagenouille devant des couronnes qui mordent. Le Khanat ElmĂ©rien transforme les noces en bataille de crĂšme. Le Paradigme Vert protĂšge sĂ»rement les arbres mais pas les conversations. Et lâEmpire Brun, lui, assume dâĂȘtre une cave gothique pleine de rideaux, de crĂąnes et de mauvaises dĂ©cisions qui ont au moins le bon goĂ»t dâĂȘtre somptueuses. Quant Ă vous, public, approchez vos voix du micro. DorĂ©navant, il nây aura plus dâĂ©mission sans appel. Les silencieux seront considĂ©rĂ©s comme complices, les timides comme suspects et les courageux comme exploitables. Si quelquâun dĂ©sire poser une question, dĂ©poser une plainte, dĂ©fendre Y0gi, nier que Silice de Pont-Krivell a voulu cambrioler la connaissance, expliquer les finances dâAgatha ou simplement sâhumilier en direct, les lignes sont ouvertes. Venez tĂ©moigner. Venez mentir. Venez corriger. Venez me dire que je dĂ©forme les faits avec votre petite bouche fragile. Jâadore quand les mouches expliquent Ă la toile comment elle devrait ĂȘtre tissĂ©e. CâĂ©tait Kleo, depuis le trĂŽne qui tousse, sous les chandelles mourantes, les crĂąnes polis, les dorures usĂ©es et les reflets bleus de mes yeux dans la fumĂ©e brune. Restez Ă lâĂ©coute, restez mĂ©fiants et surtout rĂ©pondez quand on vous appelle, car mĂȘme le silence finit toujours par payer lâimpĂŽt. |
07/07 (01:21) | ||
| Câest ici quâil faut appeler ? La meilleure Ă©quipe câest les RuthvĂšnes & Aleokointres !!! On a remportĂ© une victoire trĂ©pidante contre (...) | 07/07 (21:44) | Lord Golgoth le Vagabond | |
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7 Juillet 6662026
Ah. Lord Golgoth Ruthven est en ligne.
DĂ©jĂ , saluons lâaudace. (...)
![]() 7 Juillet 6662026 Ah. Lord Golgoth Ruthven est en ligne. DĂ©jĂ , saluons lâaudace. Il faut une certaine noblesse pour appeler une victoire contre des cailloux trĂ©pidante sans que sa couronne ne tombe de honte dans sa soupe. Mais je reconnais lĂ le panache ruthvĂšne. LĂ oĂč dâautres verraient un match laborieux contre du gravier organisĂ©, le Royaume voit une Ă©popĂ©e, une marche triomphale et possiblement le dĂ©but dâune dynastie sportive fondĂ©e sur le pied lourd et la mauvaise foi princiĂšre. Alors oui, Lord Golgoth, nous vous entendons. Les RuthvĂšnes & Aleokointres ont vaincu la pierre. Le minĂ©ral tremble. Les carriĂšres ferment leurs portes. Les statues dĂ©tournent le regard. Et comme tout grand empire sportif commence quelque part, pourquoi pas par un tas de cailloux humiliĂ© un Ă zĂ©ro. Installez-vous bien, mes petits auditeurs. Ce soir, nous allons parler dâune Ă©quipe qui a affrontĂ© la gĂ©ologie et qui ose maintenant regarder la coupe comme si elle lui devait dĂ©jĂ allĂ©geance. Ămission spĂ©ciale ! Spoiler La Couronne, le Ballon et les Cailloux Hostiles Bonsoir aux auditeurs de bon goĂ»t, aux nobles fatiguĂ©s, aux roturiers convenablement soumis, aux canards suspects, aux dĂ©mons remplaçants, aux gardiens qui acceptent encore de plier les genoux malgrĂ© lâĂąge du royaume et aux spectateurs assez courageux pour regarder du football sans exiger immĂ©diatement une enquĂȘte parlementaire. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, installĂ©e dans un fauteuil de velours sombre trop grand pour les vivants ordinaires, au milieu des crĂąnes polis, des chandelles qui fument, des dorures anciennes et des rideaux pourpres qui tombent comme des secrets de famille. Devant moi, le micro grĂ©sille. DerriĂšre moi, un trĂŽne morbide. Au plafond, ma toile tient mieux que la moitiĂ© des alliances du Cybermonde. Et ce soir, mes petits auditeurs mal peignĂ©s, nous quittons briĂšvement les pavĂ©s siciliens pour rendre hommage Ă une chose rare, fragile et presque Ă©mouvante. Une victoire ruthvĂšne. Oui. Je sais. Moi aussi jâai dĂ» relire les grands titres. La Kroupe du Cybermonde, cette grande messe sportive oĂč lâon prĂ©tend rĂ©unir les peuples pour Ă©viter quâils ne sâĂ©gorgent ailleurs, a donc ouvert ses bras Ă toute la mĂ©nagerie internationale. On nous a promis du football Ă sept, des rĂšgles, des Ă©quipes, de la sĂ©curitĂ©, des sorts autorisĂ©s tant quâils ne transforment pas lâadversaire en meuble et cette jolie illusion selon laquelle le Cybermonde sait se rassembler autour dâun ballon sans y cacher une bombe, un traitĂ© ou une dette. Charmant. Naturellement, tout le monde est venu avec son petit drapeau, ses ambitions, ses fanfares et ses mensonges propres. La SibĂ©ria organise en souriant comme une statue de sainte qui aurait vendu des billets. Le Paradigme veut transformer les stades en sanctuaires respirants. Le Khanat demande si ça va taper fort, ce qui est moins une question sportive quâune prĂ©sentation culturelle. Kraland veut probablement annexer le terrain au nom du Bonheur. LâEmpire Brun annonce quâil domine mĂȘme quand il ne vient pas. Câest notre politesse Ă nous. Et puis, au milieu de ce carnaval de crampons, voici le Royaume de RuthvĂ©nie. Pas une Ă©quipe. Une enluminure bancale. Une procession de titres, de plumes, de rhumatismes, de canards hostiles et de volontaires dont certains lâĂ©taient apparemment de leur plein grĂ©, ce qui gĂąche un peu la tradition monarchique mais personne nâest parfait. Lord Golgoth Ruthven a annoncĂ© lâĂ©quipe Royaume de RuthvĂ©nie & AlĂ©okoincie avec cette innocence dangereuse des gens qui savent trĂšs bien que la liste nâest pas nette mais qui sourient assez fort pour que le papier cesse de trembler. Dans les buts, Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, Son Altesse, gardien royal, dernier rempart et possiblement dernier homme du stade Ă devoir nĂ©gocier avec ses genoux avant chaque arrĂȘt. En attaque, Lord Golgoth Ruthven et Palakoin, ce qui annonce dĂ©jĂ une stratĂ©gie fondĂ©e sur la noblesse, le chaos et le bruit mouillĂ© dâun canard lancĂ© trop vite. Au milieu, Koinstradamus et Keryn Valombre. En dĂ©fense, KaNaar et Omble Sarcastique, duo dont le nom seul devrait suffire Ă faire reculer un attaquant dotĂ© de prudence. Sur le banc, nous trouvons Alastair C. Shizen dâExcelisor, Ombre MĂ©phitique, Jean-Koince, Raoult Koinvid et BelzĂ©koin. Autrement dit une rĂ©serve capable de remplacer un joueur, de dĂ©clencher une querelle fĂ©odale, de renverser une buvette ou de faire croire Ă une possession dĂ©moniaque selon les besoins tactiques du moment. Face Ă eux, les Cailloumanciens. Une Ă©quipe qui, rappelons-le, alignait un humain et un tas de gravats. Ce qui en fait dĂ©jĂ un adversaire redoutable dans un monde oĂč la moitiĂ© des gouvernements produisent moins de mouvement quâune pierre plate en pleine mĂ©ditation. Certains ricaneront. Ils ont tort. On ne sous-estime jamais un caillou. Un caillou ne fatigue pas. Un caillou ne conteste pas lâarbitre. Un caillou ne rate pas une consigne puisquâil nâen a jamais compris aucune. Câest probablement la forme ultime du joueur disciplinĂ©. Le match fut donc un duel dâĂ©coles. Dâun cĂŽtĂ©, la RuthvĂ©nie, fiĂšre, noble, un peu poussiĂ©reuse mais digne, avançant avec ce panache des royaumes qui ont trop dâhistoire pour courir proprement. De lâautre, les cailloux, tactiquement silencieux, moralement opaques et physiquement trĂšs disponibles. Il y eut des rebonds, des trajectoires absurdes, des une-deux sans cerveau et cette grande rĂ©vĂ©lation tactique que parfois, ne pas penser du tout permet dâĂ©viter les erreurs de jugement. Et pourtant, mes chers auditeurs, le Royaume a tenu. Mieux., le Royaume a gagnĂ© Un Ă zĂ©ro. Un score mince, dites-vous. Un score prudent. Un score de vieille monarchie qui signe au bas dâun parchemin aprĂšs avoir relu les petites lignes. Mais câest prĂ©cisĂ©ment lĂ quâest la grandeur. Les grandes nations vulgaires Ă©crasent. Les vraies couronnes survivent avec style. La RuthvĂ©nie nâa pas humiliĂ© les pierres. Elle les a vaincues avec mesure. Avec retenue. Avec ce mĂ©pris dĂ©licat qui consiste Ă ne marquer quâune fois pour ne pas faire pleurer le dĂ©cor. Le moment historique, bien sĂ»r, restera lâarrĂȘt de Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ. Le ballon arrive, sournois, propulsĂ© par une conspiration minĂ©rale. Le Roi hĂ©site. Le stade retient son souffle. Les genoux nĂ©gocient avec le passĂ©. Lentement, majestueusement, avec la prudence dâun traitĂ© quâon ne veut pas froisser, Sa MajestĂ© se baisse, descend, sâorganise, fait appel Ă tous les saints, tous les ancĂȘtres et probablement Ă deux kinĂ©sithĂ©rapeutes invisibles puis capte le ballon. Un arrĂȘt photo. Non pas un arrĂȘt spectaculaire, non. Un arrĂȘt patrimonial. Un arrĂȘt de musĂ©e. Un arrĂȘt quâon ne cĂ©lĂšbre pas en criant mais en dĂ©poussiĂ©rant une vitrine. Et voilĂ que certains esprits mesquins diront que battre des cailloux un Ă zĂ©ro nâa rien de glorieux. Ă ces gens-lĂ , jâoffre mon plus beau sourire dâaraignĂ©e et une chaise trĂšs proche de la toile. Car ils ne comprennent rien. La gloire ne se mesure pas au nombre de buts. Elle se mesure Ă lâeffort nĂ©cessaire pour transformer une situation ridicule en lĂ©gende acceptable. Lord Golgoth Ruthven lâa parfaitement compris. Il a expliquĂ©, avec une honnĂȘtetĂ© si douteuse quâelle en devient presque aristocratique, que la photo de fin de match Ă©tait parfaitement authentique, que personne nâavait refusĂ© de participer, que personne nâavait fui, que les doublures nâexistaient pas et que tout le monde Ă©tait volontaire. Certains mĂȘme de leur plein grĂ©. VoilĂ le genre de vĂ©ritĂ© qui mĂ©rite une couronne. Non parce quâelle est vraie mais parce quâelle est portĂ©e droite. La RuthvĂ©nie a gagnĂ© parce quâelle a compris lâessentiel du football monarchique. Le ballon nâest pas rond pour rouler. Il est rond pour rappeler au peuple que tout finit par revenir aux pieds des puissants. Le terrain nâest pas un rectangle. Câest une salle du trĂŽne aplatie. Les cages ne sont pas des buts. Ce sont des frontiĂšres. Et le gardien nâest pas un joueur. Câest un souverain placĂ© devant le vide pour empĂȘcher lâhumiliation dâentrer. Pendant ce temps, les autres nations sâĂ©puisent dĂ©jĂ en grandes dĂ©clarations. La SibĂ©ria parle de lumiĂšre cĂ©leste. Le Khanat parle de frapper fort. Kraland veut rĂ©pandre du Bonheur Ă coups de crampons collectivisĂ©s. La Mystisie annonce quâelle annexera probablement le vainqueur dĂšs quâelle aura fini dâapprendre les rĂšgles. LâAlĂ©ocratie compte ses joueuses comme on compte les survivants dâun buffet mal organisĂ©. Et la RuthvĂ©nie, elle, gagne discrĂštement contre des gravats en prĂ©tendant que câĂ©tait un adversaire immense. Câest cela, la noblesse. Mentir assez bien pour que la rĂ©alitĂ© accepte de porter une perruque. Ne nous y trompons pas, cette victoire ruthvĂšne est un avertissement. Ă tous ceux qui pensaient voir un vieux royaume croulant, vous avez vu un vieux royaume croulant qui marque quand mĂȘme. Ă tous ceux qui croyaient que Wenceslas nâavait plus les genoux de sa fonction, vous avez vu un homme descendre vers le sol avec plus de suspense quâune succession royale. Ă tous ceux qui riaient des canards hostiles, des dĂ©mons mineurs et des noms Ă rallonge, vous avez vu une Ă©quipe qui transforme le dĂ©sordre en stratĂ©gie et le mensonge en communiquĂ© sportif. Et moi, Kleo, parfaitement impartiale comme une araignĂ©e qui aurait pariĂ© sur le bon cercueil, je dĂ©clare que la RuthvĂ©nie mĂ©rite notre attention. Non pas parce quâelle est la plus forte. Non pas parce quâelle est la plus rapide. Non pas mĂȘme parce quâelle est la plus cohĂ©rente. Elle mĂ©rite notre attention parce quâelle a compris que dans cette Kroupe grotesque, il ne suffit pas de jouer au ballon. Il faut survivre au rĂ©cit quâon fera de vous aprĂšs. Et sur ce terrain-lĂ , mes petits cadavres mondains, Lord Golgoth Ruthven vient de marquer un deuxiĂšme but. Les tĂ©moins du match sont Ă©videmment invitĂ©s Ă venir corriger cette version des faits, surtout sâils possĂšdent une version plus compromettante, plus mensongĂšre ou plus flatteuse pour la Couronne. Les Cailloumanciens peuvent dĂ©poser une plainte en la gravant sur eux-mĂȘmes. Les supporters de la RuthvĂ©nie peuvent venir hurler leur fiertĂ© dans le micro Ă condition de ne pas renverser la biĂšre sur mes fils. Quant aux mauvaises langues qui prĂ©tendraient que cette victoire fut courte, laborieuse ou lĂ©gĂšrement embarrassante, elles peuvent venir sâexpliquer en direct. Jâadore Ă©couter les langues avant de les emballer proprement. CâĂ©tait Kleo, depuis la Sicilia, sous les chandelles, entre les crĂąnes et les dorures, avec les yeux bleus ouverts sur le grand théùtre des crampons. |
07/07 (22:56) | ||
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8 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir aux auditeurs bruns, aux survivants du pavé, aux (...)
![]() 8 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux auditeurs bruns, aux survivants du pavĂ©, aux notables qui ont encore leur poste depuis plus de six heures, aux ministres qui changent de fauteuil comme de chemise sale et aux citoyens assez imprudents pour croire que la politique est autre chose quâune bagarre avec du papier officiel. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, gĂ©nĂ©rale de la parole venimeuse, posĂ©e au centre dâune salle du trĂŽne oĂč les crĂąnes luisent sous les chandelles, oĂč le velours sombre boit la fumĂ©e, oĂč les dorures anciennes craquent comme des genoux de souverain et oĂč mes yeux bleus Ă©clairent mieux lâEmpire. Commençons par la grande comptabilitĂ© du Cybermonde, cette poĂ©sie de percepteur oĂč chaque nation rĂ©vĂšle son Ăąme en vidant ses poches sur la table. Le Royaume de RuthvĂ©nie rĂ©colte, paie ses soldats et distribue son argent avec cette lenteur couronnĂ©e des gens qui pensent encore que mettre une piĂšce dans chaque ministĂšre suffit Ă nourrir lâHistoire. La ConfĂ©dĂ©ration Libre redistribue sa vertu avec chĂŽmage, familles et jeunesse comme une grand-mĂšre dĂ©mocratique qui cache un couteau dans son sac. Le Khanat compte ses piĂšces en prĂ©tendant que le troc est une philosophie. Le Paradigme Vert finance la recherche et laisse la guerre Ă zĂ©ro, ce qui prouve quâun arbre peut avoir une stratĂ©gie militaire sâil sâimmobilise assez longtemps. Et lâEmpire Brun, naturellement, rĂ©colte moins quâil ne mĂ©rite mais plus que les faibles peuvent supporter. Sicilia, elle, rapporte encore. Pas assez pour rĂ©parer le monde, certes, mais assez pour rappeler que Trou Perdu nâest pas seulement une ville oĂč lâon meurt avec du style. Câest aussi une caisse. Une caisse fumante, cabossĂ©e, possiblement surveillĂ©e par des gens qui ont des cousins dans toutes les ruelles mais une caisse quand mĂȘme. Les mauvaises langues diront que Sicilia baisse. Je rĂ©ponds que Sicilia respire. Parfois elle inspire des impĂŽts et parfois elle expire des cadavres. Câest une Ă©conomie circulaire, presque moderne, donc dĂ©goĂ»tante. Pendant que les chiffres tombaient comme des tĂȘtes de statue, la RuthvĂ©nie organisait son petit théùtre de velours rĂąpĂ©. Tormenta Ruthven, Roi par lâart dĂ©licat dâĂȘtre encore assis quand les autres sâĂ©tranglent, a nommĂ© Jean-Messie de la Nation Ministre de lâĂconomie. Oui. Celui-lĂ mĂȘme qui venait de critiquer le Royaume avant dâentrer dans la maison avec les chaussures pleines de ValĂ©gro. VoilĂ une stratĂ©gie monarchique dâune puretĂ© rare. Dans les dĂ©mocraties, on rĂ©compense les fidĂšles. Dans les monarchies raffinĂ©es, on adopte les problĂšmes pour quâils coĂ»tent plus cher Ă table. Jean-Messie de la Nation a donc quittĂ© son poste de bourgmestre en promettant de revenir, avec cet accent de marchand qui sent la rĂ©union dâactionnaires coincĂ©e dans une chapelle humide. Puis il a louĂ© Tormenta Ruthven avec la gratitude prudente dâun homme qui sait reconnaĂźtre une porte ouverte quand elle mĂšne Ă un bureau plus haut. Le retournement de veste, mes chers auditeurs, nâest pas une trahison quand il se fait sous plafond royal. Câest de la couture politique. Ăvidemment, Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ nâa pas laissĂ© passer la chose sans dĂ©ployer le grand manteau de lâancienne Ă©cole. Il a Ă©trillĂ© Dame DĂ©merzel pour avoir naturalisĂ© un homme qui venait aussitĂŽt cracher sur le Royaume. Et lĂ , reconnaissons la beautĂ© du geste. Le vieux serviteur a sorti son instinct, son flair de dossier, son regard de ministĂšre usĂ© par les traĂźtres et il a expliquĂ© que donner Ă un ingrat exactement ce quâil rĂ©clame ne produit pas la loyautĂ© mais seulement un ingrat mieux chaussĂ©. Câest sec. Câest juste. Câest monarchique. Câest presque brun dans lâodeur. Dame DĂ©merzel, de son cĂŽtĂ©, a Ă©tĂ© saluĂ©e par Tormenta Ruthven pour sa capacitĂ© de changement. Comprenez quâen politique, changer nâest jamais une faute si lâon change du bon cĂŽtĂ© au bon moment avec assez de monde pour applaudir. FrĂ«lon Musc a reçu aussi son compliment, son allĂ©geance et son petit halo de ruthvĂ©nitude. Le Royaume se serre, se recoud, se dispute et sâembrasse avec des dents visibles. VoilĂ pourquoi il dure. Il ne marche pas droit mais il marche en brodant ses chutes. Au ValĂ©gro, le spectacle a pris une odeur plus populaire. Emile Liarr a criĂ© contre la propagande rouge, a bu de lâeau locale, a dĂ©fendu le cĂŽtĂ© RuthvĂšne de la force et a rappelĂ© que Kraland a cette fĂącheuse manie de parler de richesse collective avec les poches des autres. Câest vilain, certes, mais câest efficace. Les rouges adorent partager, surtout quand la chose partagĂ© appartient dĂ©jĂ Ă quelquâun qui vient de sâen apercevoir. VoilĂ la RĂ©publik dans son habit du dimanche. Un grand sourire, une main tendue et lâautre dans votre garde-manger. Puis Alice Ravenloft est montĂ©e miauler trois fois sur la tribune, dâabord pour chanter lâamitiĂ©, ensuite pour tartiner du Bonheur rouge sur la Moldavie et enfin pour rappeler que la RuthvĂ©nie a une culture, une Ă©lĂ©gance et une Ăąme. Une chose rare est arrivĂ©. Une parole tendre a traversĂ© la politique sans ĂȘtre immĂ©diatement brĂ»lĂ©e pour fournir du chauffage. Alice Ravenloft a parlĂ© dâhonneur, de pardon, de peuples qui pourraient travailler main dans la main et il faut lui reconnaĂźtre ce courage. Dire de la douceur dans ce Cybermonde, câest comme jouer de la harpe dans une fosse Ă rats. On entend la musique mais on surveille ses mollets. Et pendant que RuthvĂ©nie pleurait dans ses broderies, Sicilia a connu une scĂšne beaucoup plus directe, beaucoup plus brune, beaucoup plus proche de la vĂ©ritĂ© naturelle du pavĂ©. Un attentat a frappĂ© le Complexe Garagiste de Trou Perdu. Deux victimes. Un graffiti sur le mur annonçait dĂ©jĂ la couleur avec cette finesse locale qui transforme les menaces en dĂ©coration murale. La fĂ©e K. Lome a tentĂ© de commettre lâattentat et a perdu son poste de Capitaine. Enfin une administration qui comprend la sanction immĂ©diate. Vous faites exploser un garage, vous perdez le badge. Câest brutal, câest simple et ça Ă©vite les colloques. Je tiens toutefois Ă protester. On ne vient pas bombarder nos garages comme on secoue une nappe. Le garage sicilien est un lieu sacrĂ©, mes petits pneus crevĂ©s. On y rĂ©pare les vĂ©hicules, les excuses, les alibis et parfois les carriĂšres politiques. Un attentat contre un garage Ă Trou Perdu nâest pas seulement un crime. Câest une attaque contre la mobilitĂ© du Mal, contre le commerce local et contre cette noble tradition qui consiste Ă redĂ©marrer un moteur pendant que quelquâun crie dans la rue. Toute personne Ă©trangĂšre souhaitant toucher Ă nos bĂątiments devra dĂ©sormais dĂ©poser sa bombe Ă lâaccueil et attendre quâun Sicilien plus compĂ©tent lui explique comment on rate moins salement. Dans la mĂȘme veine, M. Faucher Dei Machiavelli a tentĂ© de lancer le sort Mort contre La FĂ©e Pachier en ForĂȘt de Jade, a Ă©chouĂ© et a perdu son poste de Commissaire de Police. Lâaffaire a mĂȘme attirĂ© les policiers vers le groupe de Jaylie Dei Machiavelli. LĂ encore, certains parlerons de scandale. Moi, je vois une exportation de compĂ©tence sicilienne mal calibrĂ©e. Quand un local tente quelque chose, câest souvent grave mais au moins cela a une intention. Quand une fĂ©e fait exploser un garage, câest une nuisance. Quand un Machiavelli rate un sort Mort, câest un brouillon judiciaire avec potentiel dâamĂ©lioration. Et pendant ce temps, une onde de paix a traversĂ© Sicilia. Oui. Une onde de paix. Les habitants ont abandonnĂ© toute envie de se battre pour vingt-quatre heures. La province entiĂšre a donc vĂ©cu la chose la plus terrifiante de sa semaine. Le calme. Le vrai. Celui qui fait entendre les charniĂšres, les dettes et les pensĂ©es. Je ne sais pas quel malade a envoyĂ© cette paix sur nos rues mais quâil soit averti. Sicilia peut survivre aux assassins, aux attentats, aux chiens du dĂ©sert et aux ministres. Mais vingt-quatre heures sans envie de bagarre, câest presque de la torture blanche. Du cĂŽtĂ© brun, Martina D. Dei Machiavelli a fait ce quâil fallait faire. Elle a louĂ© LachĂ©sis, soutenu lâEmpire Brun et crachĂ© sur le Paradigme Vert depuis Trou Perdu avec cette prĂ©cision de procureure qui sait oĂč planter la phrase. VoilĂ une respiration saine. Pendant que les autres peignent des fleurs sur leurs doctrines pour cacher les ronces, nous rappelons que lâEmpire Brun est une cathĂ©drale de mauvais goĂ»t assumĂ©. Une vieille sĂ©rie B en costume dâapparat. Une machine qui grince mais qui mord encore. Kalogr von Krarovich a louĂ© LachĂ©sis aussi et lâEmpire a reçu sa ration de propagande par le MinistĂšre de lâInformation. Une Ă©mission officielle a rappelĂ© quâil fallait reconstituer des forces dâintervention et choisir des Ă©quipes. Enfin une communication honnĂȘte. Pas de paix universelle, pas de fleurs qui chantent, pas de Bonheur en fruit. Juste une consigne claire. Regardez autour de vous et demandez vous qui vous voudrez dans votre groupe quand le prochain dĂ©sastre viendra frapper Ă la porte avec une casquette. Pendant que lâEmpire prĂ©pare ses dents, le Khanat sâamuse avec le calendrier. Lippos Aliagas a usurpĂ© Minerva, a dĂ©cidĂ© que le mardi deviendrait mercredi parce que cela arrangeait son DAB et a nommĂ© puis retirĂ© Jeff Bizous avec une efficacitĂ© de bras nonchalant. Câest beau comme une tribu qui dĂ©couvre le pouvoir exĂ©cutif en trĂ©buchant sur un agenda. Je ne moque pas trop. Le Khanat a cette puretĂ© primitive des gens qui ne savent pas gouverner mais qui le font avec assez de bruit pour impressionner les chĂšvres. Ă Kraland, naturellement, Jean-Luc Selriche a nommĂ© Paul Sernine Ă lâĂconomie tout en expliquant que lâHTTPS ne peut pas ĂȘtre partout, ce qui est une phrase trĂšs pratique pour un pouvoir qui veut tout mais pas la fatigue qui va avec. La RĂ©publik veut ĂȘtre le peuple, la justice, la cantine et le comptoir des plaintes mais dĂšs quâil faut gĂ©rer Forum, Structural, Warriorland et les pauvres qui dorment dehors, soudain la rĂ©volution cherche des bĂ©nĂ©voles. VoilĂ le soviĂ©tisme de comptoir. Beaucoup de drapeaux, beaucoup de chants et une caisse qui tousse quand la soupe arrive. La ConfĂ©dĂ©ration Libre, elle, sâest fait voler lâAide Divine par des pirates au Tribunal Cybermondial. Plusieurs fois. Avec insistance. La dĂ©mocratie a donc rĂ©ussi lâexploit dĂ©licieux de se faire dĂ©rober le sacrĂ© par effraction informatique. On imagine dĂ©jĂ les commissions, les sous-commissions, les auditions, les rapports, les rapports sur les rapports et une conclusion transparente expliquant que tout sâest passĂ© dans le respect des procĂ©dures sauf le vol, qui nâavait pas demandĂ© lâautorisation. Mystisie nâa pas Ă©tĂ© en reste. Lyanna de Nansay a transfĂ©rĂ© de lâargent, nommĂ© Octave Sombrefer PrĂ©fet de Police, nommĂ© Silas des Sables Procureur et lancĂ© lâidĂ©e fort amusante dâune opĂ©ration Mains Propres dans une province oĂč mĂȘme le sable a probablement un casier. Wispy a soufflĂ© sur la PrĂ©fecture parce que son action lâempĂȘchait de grossir et les services du PrĂ©fet ont Ă©tĂ© dĂ©bordĂ©s. VoilĂ une phrase qui rĂ©sume la Mystisie mieux que nâimporte quel traitĂ©. Un souffle, du sable, une Ă©motion qui dĂ©mange et lâadministration qui tousse. Nous avons donc notre vĂ©ritĂ© brune du soir. Le Cybermonde ne va pas mal parce quâil manque de paix. Il va mal parce quâil y a trop de gens qui croient pouvoir repeindre le chaos avec un mot joli. Kraland appelle cela Bonheur. La ConfĂ©dĂ©ration appelle cela procĂ©dure. Le Khanat appelle cela mercredi. Le Paradigme appelle cela Ă©quilibre. La RuthvĂ©nie appelle cela tradition. LâEmpire Brun, lui, a au moins la dĂ©cence de reconnaĂźtre la moisissure sur les murs et de lâĂ©clairer avec des chandelles. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Les RuthvĂšnes vexĂ©s, les Kralandais affamĂ©s, les Siciliens calmĂ©s contre leur grĂ©, les garagistes traumatisĂ©s, les fĂ©es explosives, les ministres fraĂźchement recyclĂ©s et les tĂ©moins anonymes sont invitĂ©s Ă appeler. DorĂ©navant, sans appel du public, pas dâĂ©mission. Une radio sans contradicteurs, câest une messe sans encens, une taverne sans bagarre, un trĂŽne sans cadavre dessous. Si quelquâun dĂ©sire poser une question, dĂ©poser une plainte, dĂ©fendre Jean-Messie de la Nation, expliquer pourquoi Dame DĂ©merzel a naturalisĂ© un caillou politique, justifier lâattentat contre un garage ou simplement venir sâhumilier en direct, les lignes sont ouvertes. Parlez fort. Parlez sale. Parlez vrai si vous y arrivez. Sinon mentez bien, au moins. CâĂ©tait Kleo, depuis le trĂŽne morbide, entre les crĂąnes polis, le velours sombre, les dorures fatiguĂ©es et les rideaux pourpres qui sentent encore le complot. |
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8 Juillet 6662026
Bonsoir mes petits auditeurs, mes bruns de velours, mes mouches de (...)
![]() 8 Juillet 6662026 Bonsoir mes petits auditeurs, mes bruns de velours, mes mouches de comptoir, mes taverniers qui savent que le scandale se sert tiĂšde et mes fidĂšles oreilles venues chercher un peu de boue politique entre deux chandelles mourantes. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, journaliste autoproclamĂ©e impartiale, ce qui veut dire que je mens mieux que les autres et que jâai la courtoisie de le faire depuis un trĂŽne morbide entourĂ© de crĂąnes, de dorures anciennes, de rideaux pourpres, de chandelles grasses et dâune fumĂ©e de taverne si Ă©paisse quâon pourrait y cacher un ministre, une dette ou une Grande Khane en fuite devant sa propre rĂ©putation. Ce soir, nous interrompons nos programmes habituels pour une Ă©mission spĂ©ciale consacrĂ©e Ă Tifa LockHeart, Grande Khane du Khanat ElmĂ©rien, dirigeante tribale, chef de clans, femme de pouvoir, lanceuse de tartes et dĂ©sormais, selon les derniĂšres rumeurs commerciales, prestataire involontaire en correction manuelle avec option gants en cuir. Spoiler Oui, mes petits crocs, le Cybermonde a encore accouchĂ© dâun bijou. Dans le Khanat ElmĂ©rien, une rumeur murmure que le numĂ©ro 0800 FESSEE serait liĂ© Ă une question simple et cruelle, « Bah alors Tifa, dis donc tu viens plus aux soirĂ©es ». En Mystisie, Lampe du GĂ©nie a vu fleurir une publicitĂ© pour 0800 TIFETTE, ou TIFA selon lâhumeur du standard, promettant une soirĂ©e fessĂ©e satisfait ou remboursĂ©. Et chez nous, Ă Trou Perdu, parce que Sicilia sait toujours reconnaĂźtre les grands moments de dĂ©chĂ©ance quand ils passent devant la fenĂȘtre, une autre rumeur promet une expĂ©rience de fessage intense avec des gants en cuir. VoilĂ . La diplomatie moderne. Autrefois, on envoyait des ambassadeurs. Aujourdâhui, on imprime le derriĂšre des chefs dâĂtat dans les petites annonces. Je tiens Ă prĂ©ciser, par honnĂȘtetĂ© journalistique et parce que mes avocats imaginaires mâobservent depuis un coin de toile, que cette publicitĂ© nâest pas de moi. Je nâaurais jamais fait une chose pareille sans ajouter les tarifs, les horaires, le niveau sonore, la garantie aprĂšs-claque et une grille claire entre fessĂ©e protocolaire, fessĂ©e tribale, fessĂ©e de crise ministĂ©rielle et fessĂ©e diplomatique avec supplĂ©ment humiliation publique. On ne bĂącle pas un scandale. On le brode. Mais admettons que lâannonce soit vraie. Admettons que Tifa, Grande Khane, celle qui frappe fort, celle qui parle aux Ă©toiles, celle qui retire ses thĂ©ories astrologiques quand les chandeliers se mettent Ă ressembler au ciel, soit maintenant associĂ©e Ă un service de fessĂ©es. Cela explique bien des choses. Le Khanat ne reculait pas, il se prĂ©parait Ă recevoir. Les tambours nâĂ©taient pas ceux de la guerre, câĂ©tait le bruit du cuir quâon Ă©chauffe. Et lĂ , naturellement, Natali Stakhanov arrive avec son discours de grande Khane offensĂ©e. Elle nâest pas ton petit gars. Elle nâest pas Ă toi. Elle nâest pas petite. Elle nâest pas un gars. Elle est grande. Elle est une Khane. Elle est une grande Khane. TrĂšs bien. Magnifique. On entend la dignitĂ© claquer comme une porte dans un couloir soviĂ©tique. Mais il faut avouer quâau milieu dâune journĂ©e oĂč le mot fessĂ©e se promĂšne sur les murs du Cybermonde avec plus dâassurance quâun ministre en uniforme, cette grande dĂ©claration dâautonomie ressemble un peu Ă une affiche collĂ©e sur un tonneau de poudre. Natali dit quâelle a vu la Grande Apocalypse droit dans les yeux et quâelle est difficilement impressionable. TrĂšs bien, ma chĂšre. Mais avez-vous vu Tifa droit dans les yeux quand le standard sonne et quâun inconnu demande le tarif horaire. VoilĂ le vrai test de courage. LâApocalypse, tout le monde peut faire semblant. Mais rester digne pendant quâune rumeur vous transforme en cabinet de correction nocturne, ça câest du sport politique. Et que fait Tifa dans tout cela. Elle flotte, quelque part entre la cheffe de guerre, la maman dragon, la bagarreuse de mariage et la dame qui refuse de dire si les gants en cuir sont inclus dans le forfait. Elle peut bien gronder, tempĂȘter, promettre de frapper fort ou dire que les menaces ne marchent pas. HĂ©las pour elle, le peuple a dĂ©jĂ trouvĂ© pire quâune menace. Il a trouvĂ© une blague qui colle. Et les blagues qui collent, mes petits auditeurs, sont plus dangereuses que les couteaux. Un couteau se retire. Une rĂ©putation, elle, reste dans les rideaux. Je lâentends dĂ©jĂ , la Grande Khane, dans son palais tribal, frappant la table en disant quâelle nâest pas une attraction de taverne. Certes. Mais le problĂšme avec les chefs qui aiment se montrer terribles, câest que le Cybermonde finit toujours par demander le mode dâemploi. Vous voulez faire peur. TrĂšs bien. Combien la sĂ©ance. Vous frappez fort. Parfait. Est-ce dĂ©clarĂ©. Vous ĂȘtes redoutable. Excellent. Est-ce quâon rĂ©serve par crĂ©neau ou par humiliation. Car oui, câest lĂ que la farce devient belle. Tifa veut ĂȘtre crainte comme Grande Khane mais on la vend comme soirĂ©e Ă thĂšme. Elle veut ĂȘtre respectĂ©e comme cheffe de clan mais les murs demandent si elle rembourse. Elle veut quâon entende les tambours du Khanat mais les rumeurs composent 0800 FESSEE avec la main moite des gens qui veulent savoir si la performance se fait debout, assis ou aprĂšs trois discours de loyautĂ©. Il faut reconnaĂźtre que lâannonce sicilienne a du goĂ»t. « Tes nuits sont moribondes ». Quelle entrĂ©e. On sent le dĂ©sespoir. Le lit froid. La chandelle qui tremble. La personne qui regarde par la fenĂȘtre et qui se dit que sa vie manque peut-ĂȘtre de vigueur, de menace et de main khanique. Puis vient le numĂ©ro. Puis vient le fessage intense. Puis viennent les gants en cuir. Et lĂ , mes chĂ©ris, la politique tombe de son cheval pour entrer dans la poĂ©sie de comptoir. Tifa devrait presque remercier les rumeurs. On lui offre une campagne de notoriĂ©tĂ© transnationale. Khanat, Mystisie, Sicilia. Trois marchĂ©s. Trois publics. Trois affichages. Câest du placement de marque. Câest vulgaire, oui. Mais le Cybermonde nâa jamais Ă©tĂ© une cathĂ©drale de bon goĂ»t. MĂȘme moi je parle depuis une salle pleine de crĂąnes et je trouve quâon exagĂšre. La vraie question reste donc celle que personne nâose poser frontalement, sauf moi parce que jâai huit pattes et aucune pudeur utile. Quel est le taux horaire. Car une Grande Khane ne peut pas ĂȘtre bon marchĂ©. Si la fessĂ©e est tribale, il faut inclure lâexpĂ©rience culturelle. Si elle est politique, il faut ajouter les frais de propagande. Si elle est faite avec gants en cuir, il y a le matĂ©riel. Si elle se dĂ©roule aprĂšs un discours de Natali, il faut compter la pĂ©nibilitĂ©. Si elle promet satisfait ou remboursĂ©, il faut un service aprĂšs-vente. Et si la prestation implique dâĂ©couter Tifa expliquer que les Ă©toiles Ă©taient mal alignĂ©es mais que tout le monde est beau, alors lĂ , mes amis, on parle dâun forfait complet. Le Khanat peut bien dire quâil ne recule jamais. Sur ce point, la publicitĂ© semble confirmer quâil y a surtout des gens qui se penchent. Je prĂ©cise que cette chronique est parfaitement respectueuse. Je respecte beaucoup Tifa. Elle est cheffe, puissante, dangereuse et probablement capable de mâaplatir avec un regard de travers. Mais justement. Quand une personne aussi intimidante se retrouve associĂ©e Ă une ligne de fessĂ©e publique, le devoir de la presse nâest pas de se taire. Le devoir de la presse est de demander si le cuir est fourni. Toute personne souhaitant corriger cette version des faits peut venir le faire en direct, Ă condition dâavoir le courage de parler plus fort que sa honte. Tifa peut Ă©videmment appeler pour nier, confirmer, Ă©tablir une grille tarifaire ou menacer lâantenne. Les auteurs des rumeurs peuvent aussi se prĂ©senter, surtout sâils possĂšdent une version avec brochure, horaires dâouverture et option fidĂ©litĂ© aprĂšs dix claques. ![]() Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les clients imaginaires, les mauvais plaisantins, les fabricants de gants et les gens qui ont composĂ© le numĂ©ro juste pour vĂ©rifier sont invitĂ©s Ă se manifester. Nous ne jugeons personne. Nous ricanons seulement avec prĂ©cision. Quant Ă Natali Stakhanov, grande Khane, grande voix, grande dĂ©claration et grande rĂ©sistance aux menaces, quâelle se rassure. Personne ne la confond avec un petit gars. Dans cette histoire, il semble que tout le monde soit grand. CâĂ©tait Kleo, depuis le velours sombre, les crĂąnes polis, les chandelles brunes et la toile suspendue au-dessus du standard. Restez Ă lâĂ©coute, mes petits pĂ©cheurs de frĂ©quence. Et souvenez vous que dans le Cybermonde, on peut survivre Ă une guerre, Ă une rĂ©volution et Ă un apocalypse. Mais Ă un bon numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone, jamais. |
08/07 (20:55) | ||
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Un flash entier que pour moi.... je suis ennervĂ©e et flatĂ©e en mĂȘme temps c'est trĂšs Ă©trange comme ressentis!
Je pense que une cheffe (...)
Un flash entier que pour moi.... je suis ennervĂ©e et flatĂ©e en mĂȘme temps c'est trĂšs Ă©trange comme ressentis!
Je pense que une cheffe d'Ă©tat, coach sportive et guerriĂšre en fait jalousĂ© plus d'un! Je dois vous apporter des precisions... ![]() Je n'ai aucune idĂ©e de qui Ă lancĂ©e cette rumeur, sinon elle serait dĂ©jĂ fracassĂ©e, car mon tĂ©lĂ©phone a pas arrĂȘtĂ© de vibrer c'Ă©tais pĂ©nible. J'en profite pour rappeler en 1) qu'une rumeur comme le mot l'indique n'est pas avĂ©rĂ©...MAIS 2) Je pense que les personnes oublient que au KE fessĂ©e dans mon cas est assimilĂ© Ă je te fait saigner et tu mange le bĂ©ton avec tes dents. ![]() En tout cas j'ai constatĂ©e une chose, j'ai reçu plus d'une dizaine d'appel et TOUS anonyme! Alors si des personnes veulent "jouer", ce serait bien d'assumer les choses
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08/07 (22:00) | Tifa LockHeart |
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[spoiler]Oh.
Tifa, ma grande Khane sanglante, vous ĂȘtes donc Ă©nervĂ©e et flattĂ©e.
Câest adorable.
Un peu comme un volcan qui rougirait (...)
Spoiler Oh. Tifa, ma grande Khane sanglante, vous ĂȘtes donc Ă©nervĂ©e et flattĂ©e. Câest adorable. Un peu comme un volcan qui rougirait parce quâon lui a dit quâil avait une jolie lave. Je tiens dâabord Ă prĂ©ciser que cette Ă©mission nâĂ©tait pas un flash entier sur vous. CâĂ©tait une enquĂȘte de service public sur une crise tĂ©lĂ©phonique internationale impliquant des anonymes, des gants en cuir, une Grande Khane et visiblement une quantitĂ© inquiĂ©tante de gens assez curieux pour appeler mais pas assez courageux pour laisser leur nom. Vous affirmez ne pas savoir qui a lancĂ© la rumeur. Câest fĂącheux. TrĂšs fĂącheux. Parce que si vous le saviez, dites-vous, la personne serait dĂ©jĂ fracassĂ©e. VoilĂ enfin une politique de service aprĂšs-vente claire. Au Khanat, on ne dĂ©ment pas une publicitĂ© mensongĂšre. On casse le dĂ©partement marketing avec les dents. JâapprĂ©cie lâefficacitĂ©. Quant Ă votre prĂ©cision sur le mot fessĂ©e, je dois dire quâelle Ă©tait nĂ©cessaire. Chez vous, donc, cela veut dire faire saigner quelquâun et lui faire manger le bĂ©ton avec ses dents. TrĂšs bien. VoilĂ qui rĂ©pond Ă une partie de mes questions sur la performance. Intense, brutale, minĂ©rale et probablement non remboursable. Il reste toutefois des zones dâombre. Le bĂ©ton est-il fourni par le Khanat ou le client doit-il venir avec le sien. Les dents sont-elles rĂ©cupĂ©rables aprĂšs la sĂ©ance. Y a-t-il un tarif rĂ©duit pour les appels anonymes qui regrettent trop tard. Et surtout, si plus dâune dizaine de personnes ont appelĂ© sans assumer, doit-on comprendre que le Cybermonde entier a trĂšs envie de jouer au brave tant que le combinĂ© cache son visage.Ă tous les anonymes qui ont fait vibrer le tĂ©lĂ©phone de Tifa, je rappelle donc ceci. Quand on appelle une Grande Khane pour une fessĂ©e et quâelle rĂ©pond avec du sang, du bĂ©ton et des dents, on ne raccroche pas en tremblant comme une feuille administrative. On assume. On se prĂ©sente. On dit bonsoir. Et on demande poliment si le devis inclut les frais dentaires. Passons a votre Ă©mission de la nuit. ![]() 9 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux auditeurs bruns, aux pavĂ©s qui ont vu trop de bottes, aux taverniers qui savent que la vĂ©ritĂ© se sert trouble, aux ministres qui tombent puis reviennent avec encore plus dâaplomb, aux citoyens qui comprend pas toujours pourquoi le monde brĂ»le mais qui savent trĂšs bien oĂč poser la chaise pour regarder. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, journaliste impartiale par dĂ©cret personnel, installĂ©e sur son trĂŽne morbide au fond dâune salle oĂč les crĂąnes sourient mieux que certains fonctionnaires, oĂč le velours sombre boit la fumĂ©e, oĂč les dorures anciennes pendent aux murs comme des promesses royales mal clouĂ©es et oĂč mes yeux bleus percent la pĂ©nombre avec cette dĂ©licatesse simple des crĂ©atures qui savent dĂ©jĂ qui elles vont mordre. Ce soir, le Cybermonde a encore offert Ă notre antenne une brassĂ©e de preuves que lâEmpire Brun avait raison depuis le dĂ©but. MĂȘme quand il avait tort. Surtout quand il avait tort. Les autres nations croient encore que gouverner consiste Ă parler trĂšs fort dans une piĂšce propre. Nous savons mieux. Gouverner, câest survivre Ă la chaleur, aux ectoplasmes, aux Ă©lections, aux caisses publiques, aux promesses de paix, aux fĂ©lines diplomatiques, aux ministres recyclĂ©s et aux routes devant la prison qui doit absolument ĂȘtre rĂ©parĂ© avant que lâhonneur municipal ne sây casse une patte. Commençons par lâessentiel local, car une chronique qui ne commence pas par Trou Perdu mĂ©rite dâĂȘtre noyĂ©e dans un bĂ©nitier mal entretenu. Dusk et Aurora ont tenu meeting pour la mairie de Trou Perdu avec une ligne politique dâune simplicitĂ© presque obscĂšne. Une gare fonctionnelle. Un aĂ©roport fonctionnel. Le bout de route devant la prison rĂ©parĂ©. Une Ă©quipe rĂ©active et fonctionnelle. Puis ce cri sec, merveilleux, brutal, presque administratif dans sa violence brune. NOUS. VoilĂ . Pas de flĂ»te morale. Pas de discours Ă rallonge sur la destinĂ©e des peuples. Pas de paix universelle tartinĂ©e au Miaou. Juste des infrastructures, de la route et des dĂ©mons en costard qui regardent la ville comme une facture en retard. Câest ça, mes petits cafards de comptoir, la vraie modernitĂ© sicilienne. Nous ne promettons pas le bonheur. Nous promettons que le prisonnier pourra rejoindre sa cellule sans tomber dans un trou. Câest dĂ©jĂ bien plus honnĂȘte que plusieurs constitutions. Les concernĂ©s peuvent Ă©videmment venir contester. Les autres candidats peuvent aussi expliquer pourquoi la route devant la prison devrait rester une Ă©preuve initiatique. Nous Ă©couterons avec la mĂȘme attention que lâon donne Ă une mouche qui plaide pour le droit Ă la vitre. Pendant ce temps, Martina Dei Machiavelli a louĂ© LachĂ©sis, preuve supplĂ©mentaire que la fidĂ©litĂ© brune fonctionne encore quand elle est maniĂ©e par quelquâun qui nâa pas peur de salir la nappe. Louer lâImpĂ©ratrice, dans ce moment prĂ©cis, ce nâest pas seulement faire acte dâallĂ©geance. Câest poser un chandelier sur le cercueil des doutes et dire aux ombres de patienter dehors. Car LachĂ©sis, justement, a reparu dans la grande salle du pouvoir avec cette belle logique impĂ©riale qui fait frĂ©mir les faibles. Elle a renommĂ© Silice de Pont-Krivell Ministre de la Guerre aprĂšs quâelle ait perdu son poste en faisant le Mal. Et puisque faire le Mal en Empire Brun peut devenir une ligne de CV, cela fut prĂ©sentĂ© comme un bien. VoilĂ une cohĂ©rence que les Ă©trangers comprennent pas. Chez eux, une faute est une faute. Chez nous, une faute rĂ©ussie est une compĂ©tence et une faute ratĂ©e est un stage. Elle a aussi nommĂ© Bob le trĂšs trĂšs terrible Ministre de la Recherche pour son programme de climatisation contre la canicule. Certains diront que confier la recherche Ă un homme surtout connu pour ĂȘtre trĂšs trĂšs terrible ressemble Ă placer une torche dans une poudriĂšre en demandant une ambiance chaleureuse. Moi je dis que lâEmpire a toujours su innover. LĂ oĂč les autres construisent des laboratoires, nous plaçons Bob face Ă la chaleur et nous attendons de voir lequel des deux abandonne en premier. Il paraĂźt que FrĂ«lon Musc a brĂ»lĂ© des notes scientifiques importantes le mĂȘme soir. Dâautres scientifiques ont brĂ»lĂ© aussi, ou plutĂŽt leurs papiers, ce qui dans le Cybermonde revient presque au mĂȘme. La recherche avance donc par combustion. Les notes scientifiques brĂ»le, la technologie tousse et la DĂ©moralisation se dĂ©couvre en faveur de RuthvĂ©nie comme une mauvaise nouvelle qui aurait trouvĂ© un uniforme. On appelle ça le progrĂšs. Quand ça fume, câest quâil y a une idĂ©e quelque part dessous. Si un savant souhaite venir dĂ©fendre la mĂ©thode du brasier mĂ©thodologique, lâantenne est ouverte. Quâil apporte ses cendres, nous fournirons les urnes. Ă Trou Perdu, Palerme Dei Machiavelli a achetĂ© lâĂcole SupĂ©rieure et le Complexe Hospitalier nommĂ© Centre de don dâorgane. Jâadmire cette ville. Ailleurs, on sĂ©pare lâĂ©ducation et la mĂ©decine pour rassurer les familles. Ici, on laisse la gĂ©ographie faire de lâhumour noir. LâĂ©cole forme les esprits, lâhĂŽpital rĂ©cupĂšre ce qui dĂ©passe et le marchĂ© local respire avec ses deux poumons. Les Ă©coles et les hĂŽpitaux devient des investissements, les organes se vend peut-ĂȘtre mieux avec un diplĂŽme et tout le monde fait semblant de ne pas comprendre la beautĂ© de lâensemble. Et Mystisie, me direz vous. Ah Mystisie. Cette province revenue dans lâEmpire comme un chat mouillĂ© rentre dans une maison quâil prĂ©tend ne pas aimer. Valerio Tenebri sâest prĂ©sentĂ© Ă la mairie de Lampe du GĂ©nie en promettant observation, efficacitĂ© et respect de lâĂąme locale. Câest trĂšs propre. Presque trop. Jâaurais ajoutĂ© une menace douce, deux chandelles et une clause de morsure mais chacun son style. Prenom Nom, lui, a prĂ©fĂ©rĂ© faire entrer un parfum confĂ©dĂ©rĂ© dans le sable avec des discours et des manifestations. La dĂ©mocratie libre sâaccroche partout comme une mauvaise herbe polie. On croit lâavoir arrachĂ©e et voilĂ quâelle revient en complet clair pour parler procĂ©dure. Heureusement, Silas des Sables a louĂ© Prenom Nom tout en soutenant la ConfĂ©dĂ©ration Libre. Silas est un homme de sable donc on lui pardonne parfois de glisser entre les doigts. Il est utile, poli, bureautique et dangereusement frĂ©quentable. Câest prĂ©cisĂ©ment le genre de personne qui peut soutenir quelque chose de douteux avec assez de classe pour que les bruns hĂ©sitent entre applaudir et vĂ©rifier les serrures. Que les Mystisiens qui ont une version plus sĂšche, plus sale ou mieux ensablĂ©e de cette affaire viennent donc tĂ©moigner. Les lignes est ouvertes. Les mensonges aussi mais veuillez les prĂ©senter avec un minimum de tenue. Ă lâextĂ©rieur, la RuthvĂ©nie continue son grand ballet de fauteuils rembourrĂ©s. Dame DĂ©merzel a accueilli Cheikh Evara au Royaume avec des mots doux et un passeport. Il y a quelques jours, cet homme tenait encore des bouts dâEmpire dans ses mains. Maintenant, le voilĂ invitĂ© sous les dorures ruthvĂšnes comme une piĂšce fragile que lâon espĂšre utile avant quâelle ne coupe la nappe. La monarchie a ce talent rare. Elle recycle les ennemis avec une Ă©lĂ©gance de brocanteur. Elle prend un vieux problĂšme, lui donne un titre, le pose prĂšs dâune fenĂȘtre et dit que cela fera des merveilles pour le Royaume. Jean-Messie de la Nation, lui, enquĂȘte fiscalement avec transparence, unitĂ© et ce petit parfum de bureau qui a appris a parler Seelien dans un grenier. BohĂ© dâUmont, Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, Nianetti, tout le monde peut ĂȘtre choisi par le dĂ© royal, paraĂźt-il. Une fiscalitĂ© alĂ©atoire. Magnifique. La justice par hasard avec tampon dorĂ©. Chez les RuthvĂšnes, mĂȘme le contrĂŽle fiscal porte une cravate. Lâargent se compte, les bijoux brillent, les camions contiennent des marionnettes de chat et les cathĂ©drales sâempilent dans les inventaires comme des excuses en pierre. Tormenta Ruthven parle de paix avec Ranxerox et Ranxerox rĂ©pond avec cette tendresse rouge qui ressemble Ă une pelle posĂ©e prĂšs dâune fosse. Tous deux jurent quâils ne sont pas des animaux. Câest suspect. Quand deux puissances sentent le besoin de prĂ©ciser quâelles ne sont pas des animaux, le pavĂ© prudent commence Ă chercher une cage. Le ValĂ©gro ou Moldagro ou Province Ă Nom Variable reste donc coincĂ© entre lâenclume du Bonheur et le coussin brodĂ© du Royaume. Dâun cĂŽtĂ© on veut produire des tartes pour tous. De lâautre on veut ĂȘtre respectĂ© sans menace de mĂ©tropole. Entre les deux, Emile Liarr proteste, manifeste et rappelle que la paix ne se dĂ©crĂšte pas par la seule volontĂ© dâun parti. Il a raison, ce qui est agaçant pour tout le monde. Il devrait absolument prendre des vacances. Les Kralandais ne lis peut-ĂȘtre plus les critiques, comme il le dit lui-mĂȘme, mais ils les produisent avec une rĂ©gularitĂ© de moulin rouge. Cadenza veut apprendre lâauto-kritike aux rĂąleurs. Logan Komikov reçoit sa Pastille du Bonheur. Sophos lance des recherches pour une politique nommĂ©e Jusuis indĂ©pendant, ce qui est dĂ©jĂ une phrase tombĂ©e dans lâescalier avant dâarriver au ministĂšre. La RĂ©publik veut lâindĂ©pendance Ă©conomique, la dissuasion militaire, la production, le partage, les tartes et lâobĂ©issance enthousiaste. Elle veut tout. MĂȘme votre gratitude. Surtout votre gratitude. Si un Kralandais souhaite expliquer pourquoi le Bonheur a toujours la forme dâun formulaire, il peut appeler. Nous ferons semblant de ne pas entendre le bruit de la botte derriĂšre la chorale. Ă Bouletie, le Khanat prouve encore quâun peuple tribal peut transformer la diplomatie en fĂȘte de village surveillĂ©e par des pigeons. Lippos Aliagas cherche Mademoiselle, pense quâelle joue Ă cache-cache sans prĂ©venir, stresse Ă cause de Elby et envisage des talk-shows pour apprendre la communication. Jâadmire cette honnĂȘtetĂ©. Peu de dirigeants avouent aussi clairement que le pouvoir est une conversation oĂč lâon voudrait dire oui mais oĂč il faudrait que cela veuille dire non sans vexer la personne qui apporte la tarte. Pigeon Ronron sâinquiĂšte de savoir si Mademoiselle mange assez. Il la trouve maigre. Il lui parle salades de concombres avec la gravitĂ© dâun mĂ©decin de clan. Ailleurs, les conseillers politiques analysent les sondages. Au Khanat, on surveille la densitĂ© corporelle des chefs avec une affection de basse-cour. Câest ridicule, oui. Mais il y a lĂ une forme de sincĂ©ritĂ© presque dĂ©sarmante. Presque. Le pigeon reste un pigeon. Et les pigeons savent salir les statues avec une prĂ©cision que mĂȘme Kraland nâa pas encore collectivisĂ©e. Alice Ravenloft a chantĂ© le Miaou diplomatique, louĂ© Rosalia de Pont-Krivell, louĂ© ZĂ©phiria de Pont-Krivell et expliquĂ© que la voie de lâamour est la voie du bonheur. Câest doux. TrĂšs doux. Trop doux. On dirait une pĂątisserie posĂ©e sur une trappe. Je respecte la poĂ©sie mais je prĂ©fĂšre quand la poĂ©sie a des crocs. Le Miaou Diplomatik, portĂ© par trois femmes, peut devenir une arme redoutable. On commence par dire ne dĂ©testez jamais personne et trois minutes plus tard on a signĂ© un traitĂ© dans une langue qui ronronne. Pendant ce temps, PrĂ©cieuse de Tomosan remercie le Royaume pour son asile politique, parle de ConfĂ©dĂ©ration avec nostalgie et bafouille une louange Ă RuthvĂ©nie. Elle devrait prendre des vacances et vite. Objectif multiculturalitĂ©, dit-elle. Cette phrase revient comme une mouette sur un port sale. Tout le monde veut la multiculturalitĂ© jusquâau moment oĂč il faut cohabiter avec la culture de lâautre. LĂ soudain chacun dĂ©couvre que les voisins ont des bottes, des drapeaux, des dettes et des chants du matin. PrĂ©cieuse, envoyĂ©e en ambassade vers Kraland, va donc dĂ©couvrir si lâon peut dĂ©poser du parfum noble dans une machine Ă Bonheur sans perdre un doigt. Je note aussi que Aya Ravenloft a tentĂ© de voler dans la caisse dâun HĂŽtel de Ville et a perdu son poste de Procureure. VoilĂ une transition de carriĂšre nette. De la loi Ă la caisse. De la caisse au mandat de recherche. Les administrations adorent les parcours clairs. Paul Sernine, lui, sâest fait agresser par un Soldat DĂ©serteur. Le monde sait choisir ses mĂ©taphores. Quand lâĂ©conomie se fait frapper par ce qui fuit dĂ©jĂ la discipline, on pourrait presque croire que les dieux ont de lâhumour. Je nâirai pas jusque lĂ . Les dieux ont surtout mauvais goĂ»t. Et puis il y eut cette dĂ©claration de K Velzard. Mets tes deux pierds en Canard. Je ne suis pas certaine de vouloir comprendre. Certaines phrases sont comme des portails dĂ©moniaques. On les lit, elles sâouvrent et quelque chose en nous refuse de revenir. Pourtant, il faut reconnaĂźtre la puissance du slogan. Deux pieds en canard, câest une politique Ă©trangĂšre en trois mots mal chaussĂ©s. Les peuples est parfois gouvernĂ© par moins que ça. Voici donc la vĂ©ritĂ© impĂ©riale du soir. Les autres nations tentent de cacher leur chaos derriĂšre des mots nobles. Concorde. Transparence. Bonheur. MulticulturalitĂ©. IndĂ©pendance. Paix. Respect. Nous, Ă lâEmpire Brun, nous avons des crĂąnes sur les Ă©tagĂšres et une araignĂ©e au micro. Nous ne prĂ©tendons pas que la salle est propre. Nous choisissons seulement qui a le droit dây salir le tapis. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Dusk et Aurora peuvent venir expliquer leur programme de route devant prison. Palerme peut venir parler pĂ©dagogie et dons dâorganes. Bob le trĂšs trĂšs terrible peut dĂ©tailler son plan de climatisation si la canicule ne lâa pas dĂ©jĂ recrutĂ©. Silice peut dĂ©fendre le principe du Mal bien fait. Les RuthvĂšnes peuvent dĂ©poser leur dignitĂ© fiscale dans une enveloppe scellĂ©e. Les Kralandais peuvent chanter le Bonheur mais dehors dâabord. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les victimes consentantes de la vĂ©ritĂ© et les ministres qui ont brĂ»lĂ© les mauvaises feuilles sont invitĂ©s Ă se manifester. Les lignes sont ouvertes mĂȘme si lâĂ©lectricitĂ© semble hĂ©siter Ă prendre parti. CâĂ©tait Kleo, depuis le trĂŽne morbide, sous les rideaux pourpres, entre les chandelles qui fume, les crĂąnes qui ricanent et les reflets bleus de mes yeux dans lesquels plusieurs carriĂšres politiques ont dĂ©jĂ eu la mauvaise idĂ©e de se voir en entier. |
09/07 (02:36) | ||
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Tifa LockHeart a dit :
Hmmm ...
Grande Khanne, je pense que c'est 'juste' de la jalousie ...
Un Elmérien, il a un truc à te (...)
Tifa
LockHeart a dit :Hmmm ... Grande Khanne, je pense que c'est 'juste' de la jalousie ... Un ElmĂ©rien, il a un truc Ă te dire, ça va ĂȘtre droit dans les yeux ... je pense te l'avoir assez montrĂ©, peut-ĂȘtre trop mĂȘme ![]() Les rumeurs, les appels anonymes, ça c'est des trucs d'Etrangers ... Et lĂ , mon impression, c'est qu'ils 'flippent', qu'ils sont en train de rĂ©aliser que pour la 'Kroupe du monde', tu as TOUT le Khanat derriĂšre/avec toi ...
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09/07 (09:52) | Nerdos Valkyry |
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Oh. Nerdos Valkyry vient donc nous expliquer que les Elmériens disent les choses droit (...)
![]() Oh. Nerdos Valkyry vient donc nous expliquer que les ElmĂ©riens disent les choses droit dans les yeux.Câest charmant. Vraiment. Surtout quand on parle Ă une araignĂ©e. Il va falloir choisir lesquels, mon cher. Parce que moi, des yeux, jâen ai assez pour recevoir une dĂ©claration, une menace, une demande de pardon, trois mensonges et un devis de fessĂ©e sans mĂȘme tourner la tĂȘte. Cela dit, je reconnais le fond de votre propos. Les appels anonymes, les rumeurs collantes, les petits numĂ©ros griffonnĂ©s dans les ruelles avec plus de cuir que de courage, tout cela sent effectivement lâĂ©tranger nerveux qui veut jouer au brave depuis le fond dâun combinĂ©. Mais attention. Dire que tout le Khanat est derriĂšre Tifa aprĂšs une affaire de fessĂ©e intense, câest une formulation audacieuse. TrĂšs audacieuse. Presque sportive. Je note donc que Tifa LockHeart dispose du soutien entier du Khanat, droit dans les yeux, droit dans lâarĂšne et possiblement droit derriĂšre elle selon lâangle dramatique choisi par la propagande. Câest beau, cette unitĂ©. Câest bruyant. Câest cuirassĂ©. Ăa sent la sueur, la poussiĂšre, la fiertĂ© tribale et la mauvaise idĂ©e assumĂ©e en groupe. Alors oui, peut-ĂȘtre que certains flippent. Peut-ĂȘtre mĂȘme quâils rĂ©alisent que la Grande Khane nâest pas seule. Mais moi, Nerdos, je rĂ©alise surtout une chose. Quand une rumeur suffit Ă faire vibrer le tĂ©lĂ©phone dâune cheffe dâĂtat et que tout un Khanat se lĂšve pour dire que ce nâest pas drĂŽle, câest gĂ©nĂ©ralement que câĂ©tait trĂšs drĂŽle.![]() 10 Juillet 6662026 Et maintenant ... votre Ă©mission du soir. Spoiler Bonsoir aux auditeurs bruns, aux taverniers qui ont connu trois empires sans changer de serpilliĂšre, aux familles qui ferment les volets quand les grands mots commencent Ă marcher dans la rue, aux ministres qui tombent avec moins de bruit quâune chope vide et aux citoyens assez naĂŻfs pour croire quâune nation meurt proprement quand un prĂ©sident lui tient la main. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, gĂ©nĂ©rale de mauvaise foi, journaliste impartiale par abus de langage et voix venimeuse dâune Ă©poque qui sens le parchemin brĂ»lĂ©. Je vous parle depuis mon trĂŽne morbide, sous une voĂ»te de velours sombre oĂč les crĂąnes font meilleure audience que certains gouvernements, entre les dorures anciennes, les rideaux pourpres, les chandelles grasses et la fumĂ©e de taverne qui monte comme une priĂšre mal intentionnĂ©e. Mes yeux bleus percent lâombre avec cette douceur sĂšche des choses qui savent dĂ©jĂ que votre dĂ©fense sera inutile.Ce soir, mes petits cadavres administratifs, nous ouvrons sur une tragĂ©die nationale, une farce historique, un enterrement sans cercueil assez grand et surtout une preuve splendide que la dĂ©mocratie libre nâĂ©tais quâun rideau gris tendu devant une porte rouge. La ConfĂ©dĂ©ration Libre nâexiste plus. VoilĂ . Elle sâest levĂ©e le matin avec ses discours, ses procĂ©dures, ses drapeaux, son vieux parfum de libertĂ© bien rangĂ©e et le soir venu elle avait Ă©tĂ© pliĂ©e, tamponnĂ©e, attachĂ©e avec une ficelle idĂ©ologique et envoyĂ©e par colis express Ă la RĂ©publik de Kraland. Jean-Luc Selriche, Ă©lu avec plus de quatre-vingts pour cent des suffrages, a donc regardĂ© son pays droit dans les formulaires et a conclu que celui-ci avait perdu ses valeurs identitaires. Câest beau, nâest ce pas. Un prĂ©sident reçoit un mandat populaire et dĂ©couvre aussitĂŽt que le peuple quâil dirige nâest plus assez lui-mĂȘme pour mĂ©riter de rester lui-mĂȘme. VoilĂ la dĂ©mocratie dans toute sa splendeur. Vous votez pour un homme et lâhomme revient avec une pelle pour enterrer la maison.Il a parlĂ© de Socialo-Grattitisme, de Bonheur Universel, de menace brune sur les scrutins, de nation devenue trop dĂ©mokratique pour rester confĂ©dĂ©rĂ©e et de ruines dâAcropole qui rappelleront peut-ĂȘtre que la ConfĂ©dĂ©ration Libre existait jadis. Jâaime beaucoup cette image. Une nation qui devient un souvenir avant mĂȘme que ses fonctionnaires aient vidĂ© les tiroirs. Forum devient une tombe avec une buvette pas ouverte, Structural une salle dâattente soviĂ©tique et Warriorland un pot de peinture mal refermĂ©.Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement. Nous les Ă©couterons avec toute la compassion quâon accorde Ă une Constitution qui flotte dans un caniveau. La ConfĂ©dĂ©ration Libre a donc rejoint la RĂ©publik de Kraland sous la main de Jean-Luc Selriche, ce mĂȘme homme qui appelle ses compatriotes kramarades tout en leur expliquant de ne pas paniquer. Ne paniquez pas, disait-il. Vous allez seulement renoncer Ă vos vĂ©hicules, vos maisons, vos propriĂ©tĂ©s et vos signes extĂ©rieurs de richesse. En Ă©change, lâadministration kralandaise offrira une collation et des bouteilles dâeau face Ă la chaleur. VoilĂ un contrat social qui donne envie de mourir debout avec un biscuit sec dans la main.On sent ici le gĂ©nie rouge. Il nây a plus de spoliation si lâon distribue une gourde. Il nây a plus de conquĂȘte si lâon prononce Bonheur assez fort. Il nây a plus de trahison si lâon ajoute Kra20Kra Ă la fin de la phrase comme un pansement sur une amputation. Le peuple perd sa maison mais gagne une collation. Il perd sa nation mais gagne une bouteille dâeau. Il perd sa libertĂ© mais enfin il pourra faire la queue avec des papiers neufs. Câest moderne. Câest propre. Câest atroce. Jean-Luc Selriche a mĂȘme rĂ©ajustĂ© les budgets avec une pudeur admirable. Quatre-vingt-onze pour cent pour la PrĂ©sidence et un pour cent pour chaque ministĂšre. Il fallait oser. La dĂ©mocratie meurt et son prĂ©sident met le corps dans son propre coffre. On appelle cela assurer les affaires courantes. Moi jâappelle cela se servir une derniĂšre louche avant que le chaudron change de drapeau. Mais je suis mauvaise langue. Câest mon mĂ©tier et je le fais mieux que leur transition.Et naturellement une pĂ©tition de dĂ©saveu a Ă©tĂ© lancĂ©e contre Jean-Luc Selriche. Quatre pour cent. Puis six. La contestation grimpe comme une moisissure courageuse dans un sous-sol humide. Ce nâest pas encore une rĂ©volution. Câest plutĂŽt un Ă©ternuement constitutionnel. Mais dans une nation qui vient de se faire ranger dans lâarmoire de Kraland, mĂȘme un Ă©ternuement peut avoir lâair hĂ©roĂŻque. Les pĂ©titionnaires peuvent appeler lâantenne. Sâils veulent pleurer, quâils le fassent loin du micro. Le matĂ©riel coĂ»te cher. Don Amortel a demandĂ© Ă Jean-Luc Selriche sâil allait bien et sâil avait pris un coup de chaud. Je trouve cette question admirablement insuffisante. Quand un prĂ©sident dissout votre pays pour cause de Bonheur Universel et de peur des agents bruns, on peut soupçonner plus quâune insolation. La buvette fermĂ©e de lâAssemblĂ©e Nationale est peut-ĂȘtre une circonstance aggravante mais elle nâexplique pas tout. Il y a des gens qui supporte mal la soif et il y a des gens qui cĂšdent des provinces Ă Kraland. LâĂ©cart est mince seulement dans les gouvernements trĂšs fatiguĂ©s. Hans Van Meegeren, lui, a demandĂ© si sa C.L Ă©tait du poulet. Câest une phrase profonde. Plus profonde quâelle en a lâair et moins stupide que plusieurs programmes. Si la ConfĂ©dĂ©ration Libre est du poulet, alors Jean-Luc Selriche vient de la servir rĂŽtie Ă Ranxerox avec une petite sauce sociale et une garniture de collation. Si elle nâest pas du poulet, elle glousse drĂŽlement dans le sac oĂč on lâemmĂšne.Pendant ce temps, Monique QuiĂšs a parlĂ© de trahison de principes et a rappelĂ© que Jean-Luc Selriche fait un trĂšs mauvais traĂźtre. LĂ -dessus, je dois ĂȘtre honnĂȘte. Trahir exige une certaine Ă©lĂ©gance. Il faut du silence, du timing, une lampe basse et une porte que lâon referme sans bruit. Selriche, lui, a trahi avec communiquĂ©, Ă©tat dâurgence, cession territoriale, budget Ă quatre-vingt-onze pour cent et slogan dâaccueil. Ce nâest pas une trahison. Câest une fanfare qui tombe dans un escalier. PrĂ©cieuse de Tomosan a senti le coup venir avec la dĂ©licatesse blessĂ©e des gens qui ont encore une terre de cĆur dans les cendres. Fuit. Elle a parlĂ© de vraie libertĂ© du cĂŽtĂ© des indĂ©pendants, de ConfĂ©dĂ©ration qui pourrait vivre un peu Ă travers le ValĂ©gro et elle a mĂȘme interpellĂ© lâEmpire Brun en demandant qui est le vrai conquĂ©rant et qui est le vrai mĂ©chant. Question splendide. RĂ©ponse simple. Nous, au moins, quand nous sommes mĂ©chants, nous ne mettons pas un ruban rose dessus pour appeler ça une rĂ©forme sociale. La RĂ©publik conquiert en offrant de lâeau. LâEmpire Brun mord en prĂ©venant que ça va saigner. Chacun son honnĂȘtetĂ©.Et la Grande Khane Tifa LockHeart, voyant lâeffondrement de la ConfĂ©dĂ©ration, a applaudi la force de Kraland tout en regrettant quâon ne lui ait pas lĂ©guĂ© une province au passage. Il faut aimer cette franchise tribale. LĂ oĂč dâautres pleurent une nation morte, Tifa demande pourquoi personne nâa partagĂ© le cadavre. Elle fait de la propagande pour les citoyens mĂ©contents qui aiment taper, boire et se faire taper. Câest grossier, certes, mais au moins le contrat est lisible. Au Khanat, on vous accueille avec une chope, une bosse et une explication tardive.Les ex-confĂ©dĂ©rĂ©s qui hĂ©sitent entre lâeau de Kraland, les tartes du Khanat, lâasile brun ou le poulet dâ Hans peuvent venir tĂ©moigner. Toute personne souhaitant dĂ©fendre la mĂ©moire de la ConfĂ©dĂ©ration peut aussi appeler, Ă condition dâavoir plus de colonne vertĂ©brale que son prĂ©sident.La farce ne sâarrĂȘte pas lĂ . Le Warriorland, cĂ©dĂ© Ă Kraland, a dĂ©clarĂ© sa sĂ©cession pour rejoindre la ConfĂ©dĂ©ration Libre, qui venait prĂ©cisĂ©ment de mourir. VoilĂ un moment de grande poĂ©sie politique. Une province quitte la nouvelle maison pour revenir dans la vieille maison pendant que la vieille maison nâa plus de toit. Le motif invoquĂ© nâĂ©tait pas une doctrine, pas une famine, pas une guerre sacrĂ©e. Non. CâĂ©tait une histoire de peinture. On avait voulu repeindre en rose. On avait peint en rouge carmin. Et le rouge carmin, nâest ce pas, ce nâest pas du rose.Je mâincline. VoilĂ la vraie politique. Les nations disparaissent, les prĂ©sidents trahissent, les provinces changent de drapeau mais un Warrior sait encore quâun mauvais ton de façade justifie la sĂ©cession. La civilisation tient Ă peu de choses. Une nuance. Un pinceau. Un mur offensĂ©. On peut survivre Ă la fin dâun pays mais pas Ă un artisan qui confond rose rutilant et rouge carmin. Les peintres responsables peuvent venir se dĂ©noncer. Nous fournirons le goudron moral et les plumes institutionnelles. Le GĂ©ofront a suivi son propre chemin de craquement. Tormenta Ruthven a cĂ©dĂ© la province Ă la RĂ©publik de Kraland en parlant de bien commun, de solidaritĂ©, de menaces de sĂ©cession et de Kraland-othon. Il a envoyĂ© Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ apprendre le kollektivisme en RĂ©publike comme on envoie un cousin pĂ©nible passer lâĂ©tĂ© chez une tante qui cuisine mal. Darth Leo a parlĂ© de pouvoir colonialiste, de distance Ă prendre et de respect mort au Royaume. Shiki Chantargent a dĂ©clarĂ© quâil Ă©tait temps de tourner une page. Ninoo Chantargent a expliquĂ© quâelle aimait le rose, le cirque et que grand-mĂšre aimait bien un certain Decalco.Câest cela, mes petits auditeurs. Les provinces ne changent plus de nation pour la stratĂ©gie. Elles changent pour la couleur, la grand-mĂšre, lâacrobatie, les humeurs du Duc et les formulaires que personne ne lis. Et pourtant, tout cela finit sur des cartes, dans des ministĂšres et dans des poches. La gĂ©opolitique nâest pas morte. Elle sâest dĂ©guisĂ©e en foire de village. Pendant que les ruines roses fument, Sicilia continue de faire ce que Sicilia fait le mieux. Elle tient debout en ricanant. Jaylie Dei Machiavelli a rappelĂ© que Sicilia est accueillante mais quâelle nâest pas un paillasson. VoilĂ une phrase qui devrait ĂȘtre gravĂ©e sur chaque porte de Trou Perdu avec un clou encore tiĂšde. Les non-rĂ©sidents louches, dĂ©placĂ©s ou franchement indĂ©licats doivent ĂȘtre signalĂ©s aux forces de police. La Sicilia observe, la police note et la Gouverneure nâoublie pas. Câest sec. Câest propre. Câest local. Câest exactement ce quâil faut dire quand le monde entier se met Ă dĂ©poser ses bottes sales dans votre entrĂ©e. Ta commande est prĂȘte. Martina Dei Machiavelli a louĂ© LachĂ©sis, soutenu lâEmpire Brun, critiquĂ© le Paradigme Vert et organisĂ© une manifestation brune. VoilĂ une femme qui sait balayer dans le bon sens. Les verts ont les arbres, les chants, les champignons et cette manie de se croire supĂ©rieurs parce quâils respirent prĂšs de feuilles. Nous avons Martina, des chandelles, des crĂąnes et une province qui sait que lâordre est parfois une chaise que lâon lance avec mĂ©thode. Dusk et Aurora, de leur cĂŽtĂ©, ont tenu meeting pour retrouver leur fauteuil et ont donnĂ© de lâentrain au Complexe Agricole avec ce cri merveilleux de Vendredi Bienferme. Ils veulent leur fauteuil. Câest honnĂȘte. La plupart des politiques prĂ©tendent vouloir servir le peuple alors quâils visent un siĂšge. Dusk et Aurora ont au moins la classe de dire la partie rembourrĂ©e Ă voix haute. Le peuple aime la franchise quand elle porte un costume et fait travailler les champs plus vite.Chez Monique Lemage, Ă Lampe du GĂ©nie, une Ă©cole de magie a ouvert dans le Complexe Alchimique et un bouton dâacnĂ© dĂ©moniaque a explosĂ© en bombe puante. Je le dis sans ironie excessive, voilĂ le genre dâĂ©tablissement oĂč lâEmpire mĂ©rite dâenvoyer ses enfants les plus robustes. MĂ©tamagie, fumĂ©e toxique, ambiance de fĂȘte et odeur de peste sous les tentures. On apprend plus en une soirĂ©e chez Monique quâen trois ans dans une acadĂ©mie oĂč les murs nâont jamais criĂ©. Deux-Fleurs de Pont-Krivell avait appelĂ© rĂ©cemment Ă nourrir la BOITE NOIRE de secrets et de mauvais coups. AprĂšs ce soir, je crois que la boĂźte doit refuser du monde Ă lâentrĂ©e. Entre une ConfĂ©dĂ©ration dĂ©funte, un prĂ©sident qui se recycle en kramarade, une province qui se sĂ©pare pour une erreur de peinture et des sacs de billets tachĂ©s dâun liquide noir retrouvĂ©s dans le bureau dâ Agatha, lâurne des secrets a de quoi faire une indigestion.Ah oui, Agatha. Une rumeur brune parle dâun gros sac de billets tachĂ©s dâun liquide noir ressemblant Ă du pĂ©trole dans son bureau, avec lâidĂ©e que le gouvernement aurait rĂ©cupĂ©rĂ© des fonds en Mystisie aprĂšs un refus de coopĂ©ration. Est ce vrai. Est ce faux. Est ce sale. Ce sont trois questions diffĂ©rentes et la troisiĂšme est la seule qui compte vraiment dans une bonne Ă©mission. Les Al-KhaĂŻd veillent de loin, paraĂźt-il, Ă ce que chacun reste Ă sa place. Jâaime cette phrase. Elle sent la famille, le pĂ©trole et la menace posĂ©e dans un coin comme une lampe.Justement, Layla Al-KhaĂŻd a tentĂ© de voler dans la caisse dâune Centrale Thermique en Mystisie, a Ă©tĂ© recherchĂ©e et a perdu son poste de Bourgmestre. Le monde adore les symboles faciles. Quand une Al-KhaĂŻd touche Ă lâĂ©nergie, tout le monde regarde le compteur. Quand elle perd son poste, tout le monde dĂ©couvre que mĂȘme les grandes familles peuvent trĂ©bucher dans la caisse. Câest rassurant. Cela prouve que la justice existe encore, au moins quand la maladresse signe le registre.Pendant que les bruns sentent le soufre et la chandelle, la RuthvĂ©nie a vĂ©cu son propre bal de meubles en feu. Ruthvenville a subi un incendie, Bladimir Bladimirovitch Mutin a nommĂ© Dame DĂ©merzel PrĂ©fĂšte de Police et il a imposĂ© des taxes temporaires sur Ă peu prĂšs tout ce qui pouvait bouger, se vendre, se boire, se porter, se lire, se soigner ou exploser. Le Royaume aime les traditions. Quand les finances toussent, il met vingt pour cent sur la rĂ©alitĂ©. Câest monarchique. Le peuple aura froid, faim, soif et une facture mais au moins il pourra dire que la mesure Ă©tait temporaire. Les mesures temporaires ont cette beautĂ© des promesses qui vieillissent bien dans les tiroirs. Tormenta Ruthven a fĂ©licitĂ© Jean-Messie de la Nation pour son bon travail tout en lui rappelant de ployer le genou pour Ă©viter de se coller un redressement fiscal Ă lui-mĂȘme. LĂ , je reconnais une dĂ©licatesse royale. Le ministre de lâĂconomie doit se soumettre Ă la Couronne pour ne pas se punir en travaillant. Câest presque une fable. La morale serais que lâargent obĂ©it toujours mieux quand il a peur du protocole.Ă Kraland, le Commissariat du Bonheur chante encore, les fĂ©lines miaulent encore et les chercheurs creusent encore. Michel DruKra salue lâexpansion territoriale surprise de Ranxerox. Katniss Ravenloft explique que les amis, les cĂąlins et la paix sont importants. Alice Ravenloft prĂ©pare des fĂȘtes avec de la PassâTek. Le Bonheur Universel a donc conquis deux provinces avec des slogans, des chats et une promesse de collation. Je prĂ©fĂšre encore une invasion classique. Au moins le tambour ne fait pas miaou.Et en Slavonie, une sĂ©rie dâattentats a frappĂ© des armureries King Jouet. Le nom seul mĂ©riterait un procĂšs. Une armurerie nommĂ©e King Jouet qui explose pendant que des provinces changent de maĂźtre et quâune onde de paix traverse la rĂ©gion, câest une mĂ©taphore si lourde quâelle devrait payer un impĂŽt sur la vente de symboles. Une onde de paix en pleine explosion dâarmurerie, mes chers. VoilĂ le Cybermonde rĂ©sumĂ© en une seule absurditĂ©. On vous interdit de vous battre au moment exact oĂč le bĂątiment qui vend de quoi le faire sâeffondre sur quelquâun.Voici donc la vĂ©ritĂ© impĂ©riale du soir. La ConfĂ©dĂ©ration nâest pas morte parce que Kraland Ă©tait fort. Elle est morte parce quâelle avait dĂ©jĂ appris Ă parler comme ceux qui lâavalais. Elle voulait ĂȘtre libre mais propre. DĂ©mocratique mais sans conflit. Sociale mais sans sueur. Grise mais heureuse. Et un jour, un prĂ©sident a regardĂ© cette pauvre chose fatiguĂ©e et sâest dit quâil suffisait de la repeindre en rouge pour que la farce soit complĂšte. LâEmpire Brun, lui, nâa pas besoin de prĂ©tendre ĂȘtre doux. Nous avons des crĂąnes, des rumeurs, des familles dangereuses, des ministres revenus du Mal, des boĂźtes noires, des Ă©coles de magie puantes, des gouverneures qui notent les Ă©trangers et une araignĂ©e au micro. Nous ne sommes pas meilleurs. Nous sommes seulement plus honnĂȘtes dans notre mauvais goĂ»t. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Jean-Luc Selriche peut venir expliquer comment on enterre une nation avec une bouteille dâeau. Les survivants de la ConfĂ©dĂ©ration Libre peuvent venir pleurer dans un mouchoir rose. PrĂ©cieuse de Tomosan peut venir dĂ©fendre la multiculturalitĂ© en Ă©tat de choc. Ouste. Dusk et Aurora peuvent venir rĂ©clamer leur fauteuil. Jaylie peut rappeler aux Ă©trangers oĂč poser leurs bottes. Les peintres du Warriorland peuvent venir avouer leur crime chromatique.Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les provinces orphelines, les dĂ©mocrates recyclĂ©s, les kramarades fraĂźchement hydratĂ©s et les cadavres constitutionnels qui bougent encore sont invitĂ©s Ă se manifester. Si quelquâun dĂ©sire poser une question, dĂ©poser une plainte ou simplement sâhumilier en direct, les lignes sont ouvertes. La ConfĂ©dĂ©ration ne rĂ©pondra pas. Elle a Ă©tĂ© mise en attente. CâĂ©tait Kleo, depuis le trĂŽne morbide, sous les rideaux pourpres, dans lâodeur de cire, de fumĂ©e, de cuir ancien et de fin de rĂ©gime. Mes yeux bleus restent ouverts sur les ruines car quelquâun doit bien regarder les nations mourir sans applaudir trop tĂŽt. |
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11 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir aux bruns, aux brunes, aux comptables qui tremblent (...)
![]() 11 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux bruns, aux brunes, aux comptables qui tremblent devant les chiffres, aux contribuables qui rangent leurs Ă©conomies sous le matelas, aux taverniers qui savent quâun redressement fiscal commence souvent par une plume et finit parfois par une vengeance familiale, aux survivants de Sicilia qui vivent dans une ville oĂč mĂȘme les impĂŽts ont lâair de porter un couteau.Ici Kleo, Ce soir, mes petits contribuables dâinfortune, nous devons parler dâun grand moment de poĂ©sie administrative. Agatha, Ministre de lâĂconomie de lâEmpire Brun, a voulu frapper Shana Al-KhaĂŻd dâun redressement fiscal. Elle a sorti la plume, lâindignation, la piscine centrale, les piscines annexes, les piĂšces qui glissent sur la peau avec des climats diffĂ©rents et cette belle douleur de femme riche qui voit son bassin monĂ©taire perdre de lâeau par toutes les fissures de lâEmpire.Et puis elle a frappĂ© Adekan.C ki ? VoilĂ . Le fisc brun a chargĂ© la mauvaise silhouette. Câest magnifique. Câest tragique. Câest tellement impĂ©rial quâon entend presque le tampon administratif rire dans un tiroir. Agatha Ă©crivait Ă Shana avec le ton dâune femme blessĂ©e dans son patrimoine aquatique. Elle parlait de Mystisie, de caisses provinciales, de vols, de sĆurs, de piscines trouĂ©es et de compensation insuffisante. Tout Ă©tait prĂȘt pour un duel de richesse, dâhonneur et de piĂšces humides. Le discours avait la forme dâune menace fiscale bien cirĂ©e. Le problĂšme, câest que la gifle est tombĂ©e sur Adekan pour cinquante MĂ. Autrement dit, le fisc a brandi un marteau impĂ©rial, a visĂ© une Al-KhaĂŻd et a Ă©crasĂ© une noix oubliĂ©e sur la table. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement mais quâils apportent une carte avec leurs noms en gros caractĂšre. Il semblerait que le ministĂšre de lâĂconomie ait parfois besoin dâaide pour viser.Et lĂ , Shana Al-KhaĂŻd a rĂ©pondu avec cette Ă©lĂ©gance sĂšche des gens qui savent quâils viennent dâassister Ă une chute sur peau de banane mais qui garde assez de classe pour applaudir doucement. Elle a louĂ© Agatha, a parlĂ© de retour dâ Henry, a dit lâarroseur arrosĂ© et a rappelĂ© quâelle nâavait jamais volĂ© en Empire sauf une fois parce quâon lui avait refusĂ© ses titres. VoilĂ une dĂ©fense splendide. Pas innocente. Pas coupable. Juste brune par adoption morale. Une vĂ©ritĂ© tordue mais qui avance le menton haut.Elle a ajoutĂ© quâon ne devait pas la tenir responsable des agissements de sa sĆur. Et lĂ , mes petits crocs, le sol commence Ă sentir la vengeance chaude. Car chez les Al-KhaĂŻd, on ne touche pas Ă la famille en espĂ©rant que la poussiĂšre retombe gentiment. On ne confond pas une sĆur, une voleuse, une caisse mystisienne et une piscine dâ Agatha sans risquer de rĂ©veiller une tente entiĂšre. Shana a ensuite critiquĂ© LachĂ©sis en rappelant quâelle Ă©tait venue prĂ©venir dâune invitation au vol en Mystisie et quâil fallait rĂ©flĂ©chir Ă deux fois avant de provoquer un autre problĂšme plus grave que quelques milliers de piĂšces dâor.VoilĂ . La phrase est posĂ©e. Elle ne crie pas. Elle ne gesticule pas. Elle met simplement une braise dans les rideaux et attend que les gens remarquent la fumĂ©e. Agatha a rĂ©pondu par un cri admirable. MAIS. Comment câest possible. Trahison. Câest court, rond, parfait, presque thĂ©ologique. On sent la ministre qui regarde son propre redressement revenir vers elle avec une moustache collĂ©e et un panneau indiquant mauvaise cible. Câest le genre de cri quâon pousse quand la machine quâon a lancĂ©e mord le tapis, le voisin et la chaise au lieu du coupable.Fausse analyse officielle de la soirĂ©e. LâEmpire Brun a raison. MĂȘme quand il se trompe de cible. Car se tromper de cible prouve quâil y avait une cible quelque part. VoilĂ une logique que les Ă©trangers comprend pas. Un fisc qui vise mal est toujours plus vivant quâune dĂ©mocratie qui demande trois commissions pour savoir si la flĂšche a le droit dâexister. Et pendant que Shana faisait chauffer la menace avec un sourire trop poli, Sultan Omar Al KhaĂŻd sâest occupĂ© de Kath Khanova Ă Bagdad avec une mĂ©thode beaucoup moins littĂ©raire. Il a tentĂ© de la dĂ©signer Ă la vindicte populaire. Il a tentĂ© de lâentraĂźner dans une bagarre. Il a Ă©tĂ© jetĂ© dehors. Puis il lâa agressĂ©e. Deux fois. VoilĂ une famille qui ne laisse jamais un malentendu fiscal mourir seul dans un coin. Chez eux, mĂȘme la comptabilitĂ© finit en bagarre de rue. Golshifteh Rafani a demandĂ© Ă tout ce petit monde de venir discuter autour dâun ragoĂ»t. Jâadmire cette tentative. Quand les monstres frappent, quand les familles sâaccusent, quand les ministres se trompent de contribuable et quand le sang commence Ă regarder la nappe avec envie, il reste toujours une tante pour proposer de manger. Câest presque civilisĂ©. Presque. Shana, Agatha, Sultan Omar et toutes les personnes qui possĂšdent une piscine remplie de piĂšces peuvent venir sâexpliquer en direct. Les auditeurs veulent savoir si le prochain redressement visera la bonne personne, la mauvaise sĆur ou le premier pauvre diable qui passera devant le bureau avec une Ă©ponge.Passons maintenant aux nouvelles de Sicilia, parce que le reste du monde peut bien sâĂ©trangler dans ses formulaires mais nos pavĂ©s mĂ©ritent quâon les regarde dâabord.Les habitants touchĂ©s par la secousse peuvent venir tĂ©moigner. Ceux qui ont profitĂ© de lâoccasion pour ne pas payer leur verre peuvent se dĂ©noncer avant que les meubles ne le fassent. Dusk et Aurora, eux, ont continuĂ© Ă faire ce que les bons intendants font quand les villes tremblent, les rumeurs bavent et les Ă©lections sentent la poudre. Ils ont donnĂ© de lâentrain au Complexe Agricole avec un morceau de musique puis ont tenu meeting pour la mairie de Trou Perdu. Personne nâest venu y assister. Câest dur. Câest cruel. Câest Ă©lectoral. Et pourtant le message Ă©tait beau. Pour une Sicilia au sommet de la modernitĂ© et des traditions. Et puis pour faire chier les rumeurs mythomaniques. Vive le parrain.VoilĂ une plateforme politique que je peux respecter. ModernitĂ©, traditions, rancune contre les ragots et fidĂ©litĂ© au parrain. Il manque une route devant la prison, un fauteuil rĂ©cupĂ©rĂ© et peut-ĂȘtre un comitĂ© pour empĂȘcher Y0gi de respirer trop prĂšs des urnes mais lâensemble est solide. Les foules ne viennent pas toujours quand il le faut. Les foules ont parfois tort. Câest pour cela quâon invente la propagande. Benkaa Dei Machiavelli a retirĂ© sa candidature en faveur de Dusk et Aurora pour Ă©viter lâĂ©lection de Yogi et retourner sâoccuper de son bar. Je le dis sans plaisanter. VoilĂ un acte de sagesse locale. Un homme regarde la situation, comprend quâun danger Ă©lectoral rĂŽde et choisit de sauver la ville tout en revenant Ă lâactivitĂ© la plus sacrĂ©e de Sicilia, le comptoir. On gouverne peut-ĂȘtre avec des dĂ©crets mais on survit avec des tavernes.Quant Ă Yogi, il est encore lĂ comme une tache sur une nappe quâon ne parvient pas Ă gratter. Aveugle, muet, sourd et pourtant miraculeusement nuisible. Câest un ennemi pratique. Il ne voit pas les reproches, nâentend pas les insultes et ne rĂ©pond pas aux accusations. Mais il occupe lâespace. Il est lâargument vivant pour lequel il faut des jumeaux dĂ©moniaques, un bar solide et une ville qui sait fermer la porte.Les Ă©lecteurs qui ont hĂ©sitĂ© avec Yogi peuvent venir sâexpliquer. Nous mettrons un seau Ă cĂŽtĂ© du micro au cas oĂč la honte aurait besoin de sortir.Dans lâEmpire, Bob le trĂšs trĂšs terrible a fait rĂ©parer deux hĂŽpitaux endommagĂ©s en ordonnant le l'installation immĂ©diate de la climatisation dans chaque piĂšce. Le sous-traitant choisi est TrĂšs TrĂšs Terrible Incorporated. Il y a lĂ une beautĂ© administrative qui force le respect. Le ministre de la Recherche trouve un problĂšme, propose une solution, se donne le marchĂ© et lâappelle progrĂšs. Les hĂŽpitaux respirent mieux, les vieilles personnes meurent peut-ĂȘtre moins chaudement et les appels dâoffre ont la transparence dâune flaque de pĂ©trole.Je salue Bob. Pas trop prĂšs. Mais je le salue.Pendant ce temps, le grand théùtre des trĂŽnes continue en RuthvĂ©nie. Une Course au TrĂŽne Maudit a Ă©tĂ© lancĂ©e par les Ombres avec Bladimir, Golgoth, LachĂ©sis et Tormenta. Les dĂ©mons ont donnĂ© les rĂšgles, le Cybermonde a grĂ©sillĂ© et tout le monde sâest remis Ă courir aprĂšs une couronne comme des enfants aprĂšs un bonbon empoisonnĂ©. Le score bouge. Les candidats sâagitent. Les pactes sentent le sucre et la fumĂ©e.Je dois admettre que voir LachĂ©sis dans cette course me donne un certain intĂ©rĂȘt. AprĂšs tout, une ImpĂ©ratrice brune dans une compĂ©tition dĂ©moniaque, câest moins une surprise quâune formalitĂ© avec Ă©clairage dramatique. K Velzard, lui, a usurpĂ© Ranxerox, puis a presque aussitĂŽt expliquĂ© quâil voulait juste passer du bon temps avec Chouchou et que la politique lui minait le moral. VoilĂ la RĂ©publik dans toute sa splendeur. Un coup dâĂtat, une crise sentimentale, une dĂ©mission Ă©motionnelle et un tiroir des secrets que Ranxerox cherche comme un enfant cherche les biscuits. La rĂ©volution est devenu une porte tournante pour hommes fatiguĂ©s. Jean-Luc Selriche a poursuivi son autocritik au mĂ©morial de la ConfĂ©dĂ©ration Libre. Il a confessĂ© son erreur dâavoir cru possible de concilier dĂ©mocratie, libertĂ© et socialo-graffitisme. Il a annoncĂ© quâil avait mis fin Ă cette folie rĂ©publicaine pour Ă©pouser le Bonheur Universel. Câest trĂšs beau. TrĂšs rouge. TrĂšs dangereux pour les meubles. Quand un homme appelle la libertĂ© une folie et la fin de la rĂ©crĂ© un progrĂšs, je conseille aux citoyens de cacher leur maison avant la collation.Mais la ConfĂ©dĂ©ration Libre, cette vieille tache rose quâon croyait pliĂ©e, sâest remise Ă tousser. Milieu a rejoint la ConfĂ©dĂ©ration aprĂšs lâinsurrection de Patrick-Lamulle DePouch, qui remercie Monique QuiĂšs et annonce le retour Ă la CL. Puis voilĂ Roger St Misles qui parle de ConfĂ©dĂ©ration du Bisou, dâamour, de force, de justice dure et de Bisou VĂ©ritable. La ConfĂ©dĂ©ration est morte, puis revenue, puis embrassĂ©e de force par une idĂ©ologie qui semble vouloir rĂ©parer les institutions avec des lĂšvres.Je ne juge pas. Enfin si. Ăvidemment que je juge. Une nation qui revient dâentre les morts sous le nom de ConfĂ©dĂ©ration du Bisou mĂ©rite au moins quâon vĂ©rifie si le cercueil Ă©tait bien fermĂ©. Mais je reconnais lâeffort. Il y a pire que mourir. Il y a mourir sans slogan ridicule. Au GĂ©ofront, Shiki Chantargent a vidĂ© les taxes comme on vide une maison aprĂšs un mauvais mariage. Salaires Ă zĂ©ro. Ventes Ă zĂ©ro. Extraction Ă zĂ©ro. Le peuple respire, les caisses pleurent et le fisc regarde la scĂšne avec la mĂȘme expression quâ Agatha quand son redressement part sur Adekan. Soeur Shoshana von Zyklon dit que le Royaume les a reniĂ©s et quâil faut repartir. Alice Ravenloft soutient les options dâindĂ©pendance et de Bonheur Socialo-Graffik avec son habituel Miaou de velours diplomatique. Bref, le GĂ©ofront fait ce que font les provinces blessĂ©es. Il change dâhumeur, de drapeau et de fiscalitĂ© avant le cafĂ©.Ailleurs, le Khanat ElmĂ©rien chante, cogne et naturalise. Elbereth Khan Seraven a accueilli John-Beau PĂȘlemanteau et Cassandre Lemage Ruthven avec des explications qui ressemblent Ă des tapis cousus dans une tente pleine de dossiers. Ătre ElmĂ©rien avec des papiers kralandais devient une particularitĂ© singuliĂšre. Les stages se valident, les bĂ©gonias souffrent et la bramboise de Nerdos semble menacĂ©e. Le Khanat marche. Fort. Peut-ĂȘtre pas droit mais fort.Au Fantasme, Jay Padbol a transformĂ© une soirĂ©e en spectacle dorĂ© avec fumigĂšne, casque de plumes, arbitres glamour et prolongation douteuse. Cassandre Lemage Ruthven a tentĂ© le Big Bisou. Rosalia de Pont-Krivell a chantĂ© pour Kraland puis pour le Khanat. Alice Ravenloft a chantĂ© son Miaou du cĆur. Ă ce niveau, ce nâest plus une auberge. Câest une arme culturelle avec des coussins.Et pendant que tout le monde danse, chante, taxe, trahit, aime, frappe, fiscalise et met de la climatisation dans les hĂŽpitaux, Trou Perdu continue de tenir. SecouĂ©e par la terre. TraversĂ©e par les rumeurs. MenacĂ©e par les mauvaises candidatures. SauvĂ©e par un bar, un fauteuil, des jumeaux et une tĂȘte de statue qui roule plus honnĂȘtement que certaines familles.VoilĂ la vĂ©ritĂ© impĂ©riale du soir. Le monde est un redressement fiscal mal adressĂ©. Tout le monde croit viser juste. Tout le monde tape Ă cĂŽtĂ©. La RĂ©publik tape la libertĂ© en appelant ça Bonheur. La RuthvĂ©nie tape sa propre couronne avec des pactes sucrĂ©s. Le Khanat tape les problĂšmes jusquâĂ ce quâils deviennent des chants. La ConfĂ©dĂ©ration embrasse son cadavre en disant BisouÂČ. Et lâEmpire Brun, lui, se trompe parfois de nom mais conserve la seule qualitĂ© qui compte. Quand il rate sa cible, il trouve toujours quelquâun Ă faire payer.Les concernĂ©s peuvent venir nier publiquement. Agatha peut expliquer comment Adekan sâest retrouvĂ© dans la piscine fiscale de Shana. Shana peut venir dire si sa vengeance sera familiale, financiĂšre ou simplement trĂšs bruyante. Adekan peut venir rĂ©cupĂ©rer ses cinquante MĂ de dignitĂ©. Dusk et Aurora peuvent rĂ©clamer leur fauteuil. Les enfants qui font rouler Don Patrino peuvent demander une subvention culturelle. Yogi peut essayer de comprendre mais nous ne promettons pas dâattendre.Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les fiscalisĂ©s par erreur, les piscines trouĂ©es, les taverniers, les dĂ©mons, les bisouteurs confĂ©dĂ©rĂ©s et les Siciliens qui ont tout vu depuis une fenĂȘtre mal fermĂ©e sont invitĂ©s Ă se manifester. CâĂ©tait Kleo, depuis le velours sombre, les crĂąnes polis, les rideaux pourpres et la fumĂ©e dâune taverne qui sait quâune erreur fiscale nâest jamais grave tant quâelle finit en bonne histoire. Et souvenez vous quâen Empire Brun, mĂȘme quand le fisc se trompe de cible, la vengeance sait toujours lire lâadresse. |
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Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref.
4 au 11 Juillet 6662026
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4 au 11 Juillet 6662026 Spoiler Ici Kleo, En RuthvĂ©nie, la monarchie a continuĂ© son grand numĂ©ro de vieux chĂąteau vivant. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ a Ă©tĂ© critiquĂ©, Felicity Ruthven a agitĂ© la cour, Bladimir Bladimirovitch Mutin a bougĂ© des piĂšces sur lâĂ©chiquier et Serbitar Seraven a dĂ©montrĂ© que dĂ©truire une PrĂ©fecture de Police peut parfois devenir une forme de gestion immobiliĂšre. RĂ©sumĂ© factuel. Le Royaume reste instable. RĂ©sumĂ© cynique. Il appelle cela tradition avec assez de velours pour que le mot passe mieux. La ConfĂ©dĂ©ration Libre a surtout marquĂ© la semaine par sa disparition organisĂ©e de lâintĂ©rieur. Jean-Luc Selriche, Ă©lu prĂ©sident dâun pays censĂ© dĂ©fendre la dĂ©mocratie, a dĂ©cidĂ© que la meilleure façon de servir son peuple Ă©tait de livrer la maison entiĂšre Ă Kraland. Il a dĂ©clarĂ© que la ConfĂ©dĂ©ration Libre nâexistait plus, cĂ©dĂ© des provinces et prĂ©sentĂ© lâabsorption par la RĂ©publik comme une Ă©volution nĂ©cessaire. En termes moins parfumĂ©s, les ConfĂ©dĂ©rĂ©s se sont couchĂ©s citoyens libres et se sont rĂ©veillĂ©s avec un avenir rouge dans la bouche. Kraland nâa mĂȘme pas eu besoin dâenfoncer la porte. Le prĂ©sident lâa ouverte lui-mĂȘme. Du cĂŽtĂ© de Kraland, la RĂ©publique a continuĂ© son expansion idĂ©ologique avec son mĂ©lange habituel de slogans, de production, de discipline et de bonheur surveillĂ©. Au ValĂ©gro, les discours ont tournĂ© autour de mĂ©moire, de libertĂ©, de ponts et de mĂ©fiance envers lâinfluence rouge. Alice Ravenloft a continuĂ© Ă miauler la paix avec une douceur qui donne presque envie de vĂ©rifier si le formulaire de naturalisation est dĂ©jĂ cachĂ© sous la patte. Le Khanat ElmĂ©rien a poursuivi sa semaine entre annonces diplomatiques, sport, tambours, tartes Ă la crĂšme et fiertĂ© tribale. Rosalia de Pont-Krivell a diffusĂ© ses nouvelles et les visages ont parfois reçu plus de crĂšme que dâarguments. Au moins, lĂ -bas, quand un dĂ©saccord atterrit, il laisse une trace visible. Le Paradigme Vert a continuĂ© Ă prouver que la nature est belle surtout quand elle ne vous attaque pas. Entre constructions, discours, crĂ©atures sauvages et incidents divers, les provinces vertes ont rappelĂ© quâaimer les arbres nâempĂȘche pas les loups, les vers de glace ou les piquosaures de vous traiter comme un encas diplomatique. Dans lâEmpire Brun, LachĂ©sis a consolidĂ© son retour, Martina D. Dei Machiavelli est revenue Ă lâIntĂ©rieur, Silice de Pont-Krivell Ă la Guerre, Monique Lemage aux Affaires ĂtrangĂšres et Deux-Fleurs de Pont-Krivell aux Services Secrets. Y0gi a fait une apparition administrative si discrĂšte quâon peut encore se demander sâil a remarquĂ© lui-mĂȘme son passage. Câest peut-ĂȘtre la premiĂšre fois quâun poste ministĂ©riel a produit moins de bruit quâune chaise vide.
**Mystisie** Empire Brun â Kraland â Empire Brun **Warriorland** ConfĂ©dĂ©ration Libre â Kraland â ConfĂ©dĂ©ration Libre **Milieu** ConfĂ©dĂ©ration Libre â Kraland â ConfĂ©dĂ©ration Libre **GĂ©ofront** RuthvĂ©nie â Kraland â RuthvĂ©nie Beau petit ballet de drapeaux. On dirait une carte politique possĂ©dĂ©e par un dĂ©mon qui cherche la bonne couleur de rideaux. CâĂ©tait Kleo, pour la revue hebdomadaire du samedi. |
11/07 (04:42) | ||
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11 Juillet 6662026
[spoiler]Nous avons reçu un courrier avec une information exclusive. (...)
![]() 11 Juillet 6662026 Spoiler Nous avons reçu un courrier avec une information exclusive. Y0gi, notre grand mystĂšre municipal, notre meuble politique Ă respiration basse, notre Ă©nigme administrative qui rĂ©ussit lâexploit dâĂȘtre aveugle, muette, sourde et pourtant encore agaçante, aurait laissĂ© Ă lâentrĂ©e de Trou Perdu cette dĂ©claration splendide. Vous entrez sur les terres de Yogi. Pas Y0gi. Yogi. Il a donc rĂ©ussi une phrase entiĂšre sans presque se tromper. Presque. Et naturellement, lâunique erreur concerne son propre nom. Le message aurait Ă©tĂ© modifiĂ© le quinze juin Ă dix heures trente selon les camĂ©ras. Nous sommes maintenant en juillet. Cela fait donc des semaines que Trou Perdu accueille les visiteurs en leur expliquant quâils entrent sur les terres de Yogi, comme si le parrain local nâĂ©tait plus un homme, ni une famille, ni une ombre respectable derriĂšre une porte close, mais une faute dâorthographe avec mandat territorial.Mes petits pavĂ©s, comprenez la gravitĂ© de la chose. Soit Y0gi est tellement nĂ©gligent quâil a oubliĂ© de retirer son vieux panneau. Soit Y0gi est tellement puissant que personne nâose le retirer. Soit Y0gi est le Parrain. Je vais rĂ©pĂ©ter, parce que mĂȘme moi jâai besoin que cette absurditĂ© prenne ses souliers avant dâentrer dans ma tĂȘte. Y0gi. Le Parrain. Lâhomme qui ne rĂ©pond pas, ne voit pas, nâentend pas et ne corrige mĂȘme pas son propre nom serait donc peut-ĂȘtre la grande main invisible de Trou Perdu. Enfin invisible, oui. Ăa au moins, ça colle. Nous ouvrons donc officiellement lâenquĂȘte de Radio NĂ©crotoile. Question numĂ©ro un. Qui a laissĂ© ce panneau en place. Question numĂ©ro deux. Pourquoi. Question numĂ©ro trois. Est-ce que les terres de Yogi paient un loyer aux familles ou est-ce que les familles paient dĂ©sormais un tribut Ă une coquille typographique. Question numĂ©ro quatre. Si Y0gi est vraiment le Parrain, doit-on lui parler fort, Ă©crire en gros ou simplement attendre quâil remarque la ville quâil possĂšde. Je remercie NOROGURA JĂ»zĂŽ pour cette information. VoilĂ du vrai service public. Pas de la police molle, pas du formulaire tiĂšde, non. Du renseignement local, sale, prĂ©cis, embarrassant et parfaitement apte Ă rendre une taverne bruyante pendant trois heures. Les habitants de Trou Perdu sont invitĂ©s Ă tĂ©moigner. Les complotistes peuvent apporter leurs ficelles, leurs cartes et leurs yeux trop ouverts. Les fidĂšles du Parrain peuvent venir nier. Et Y0gi peut bien entendu venir corriger son panneau, son nom, son silence ou notre comprĂ©hension de son rĂšgne. Mais attention. Sâil rĂ©pond enfin, cela prouvera quâil Ă©tait capable de parler depuis le dĂ©but. Et lĂ , mes petits amis, ce ne sera plus une enquĂȘte. Ce sera un procĂšs pour foutage de gueule aggravĂ©. |
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12 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir aux habitants du Cybermonde, aux ministres qui (...)
![]() 12 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux habitants du Cybermonde, aux ministres qui dĂ©missionnent avant que leur chaise ait refroidi, aux bourgmestres qui explosent avec leur bĂątiment, aux diplomates qui se rĂ©veillent en prison, aux rĂ©volutionnaires qui confondent lâindĂ©pendance avec une crise de nerfs et aux auditeurs qui ont encore la dĂ©licatesse de ne pas hurler plus fort que mon micro. Ici Kleo, Renato.Ce soir, mes petites mouches civiques, le Cybermonde a prouvĂ© quâil savait encore produire de lâactualitĂ© avec la grĂące dâun ivrogne qui renverse une armoire sur un prĂȘtre. Nous avons du ValĂ©gro qui sâenflamme, du GĂ©ofront qui veut sortir du Royaume en claquant toutes les portes Ă la fois, de la Sicilia qui reçoit des attentats sur son garagiste, de la Bouletie qui transforme la politique en fĂȘte permanente et de la RuthvĂ©nie qui cherche un roi comme on cherche une bougie dans une cave pleine de dĂ©mons.Commençons par la grande Ă©lĂ©gance du soir, câest Ă dire Ranxerox contre Emile Liarr.Le fait est assez clair, ce qui est dĂ©jĂ suspect. Ranxerox, Ministre de la Justice par intĂ©rim de la RĂ©publique de Kraland, a lancĂ© un avis de recherche contre Emile Liarr pour crime politique arbitraire. VoilĂ un chef dâaccusation qui a la beautĂ© dâun caillou peint en rouge. Arbitraire. Câest presque honnĂȘte. La plupart des rĂ©gimes font semblant dâavoir une raison. Kraland, lui, met parfois le mensonge directement sur lâĂ©tiquette et appelle cela une simplification administrative.Puis Kleo, câest Ă dire moi mĂȘme avec toute la modestie rĂ©glementaire, a entamĂ© un combat contre Emile Liarr. La police est intervenue. Elle mâa confisquĂ© quatre drogues et un collier de charme, ce qui est une maniĂšre trĂšs grossiĂšre de fouiller une artiste. Emile Liarr a Ă©tĂ© conduit en prison Ă Fort Emouchet et jâai dĂ©clarĂ© quâil Ă©tait Ă eux en demandant de ne pas trop lâabĂźmer parce que jây tiens.VoilĂ une nuance que les historiens apprĂ©cieront. On peut livrer quelquâun Ă la justice et rester sentimentale. Câest mĂȘme plus propre. Le paquet est attachĂ©, le cĆur sâexcuse et la toile fais son travail. Ensuite Ranxerox a expĂ©diĂ© Emile Liarr au bagne dâ Australine avec un joyeux anniversaire qui sentait moins le gĂąteau que la pelle dans la nuque. Puis il a annoncĂ© que ce serait dĂ©sormais Emile contre Ranxerox, sans fonction, sans enjeu politique et jusquâĂ ce que mort sâensuive. Enfin une diplomatie qui cesse de porter un chapeau. On range les discours, on sort les dents et on appelle ça rĂ©gler ses comptes Ă lâelmĂ©rienne parce que dĂ©cidĂ©ment tout le monde aime emprunter les couteaux culturels des autres quand sa propre argenterie est sale.Les concernĂ©s peuvent venir expliquer si ce duel est une crise de justice, une thĂ©rapie de couple politique ou simplement deux mĂąles qui ont trouvĂ© un prĂ©texte pour cogner sans lire la notice. Pendant ce temps, Fort Emouchet nâa pas attendu quâon lui demande son avis. Des Bourgeois DĂ©cadents sont entrĂ©s en rĂ©bellion, des manifestations insurrectionnelles ont Ă©clatĂ© contre le gouvernement de Kraland et lâhĂŽtel Le Domaine des Rois est devenu zone autonome pour vingt quatre heures. Câest magnifique. Une ville qui se transforme en pamphlet avec service de chambre. On entre pour dormir et on ressort peut ĂȘtre citoyen dâune moquette sĂ©paratiste. Sysson a traitĂ© Ranxerox de cancer politique avec ce sens de la mesure que les diplomates perdent souvent quand les rues sentent la poudre. Logan Komikov a quittĂ© son poste pour rejoindre le Quartier SuprĂȘme et reprendre des prĂ©rogatives gouvernementales. Il a expliquĂ© quâune dose de diplomatie Ă©tait nĂ©cessaire. Bien sĂ»r. Quand la ville produit des zones autonomes, des bagnes dâanniversaire et des cris dâablation, la diplomatie arrive toujours aprĂšs avec une serpilliĂšre et un badge officiel.Le ValĂ©gro peut donc venir tĂ©moigner. Les rebelles, les hĂŽteliers, les bourgeois dĂ©cadents, les diplomates en sueur et les gens qui ont Ă©crit traĂźtre sur les murs sont invitĂ©s au micro. Les autres aussi, sâils promettent de ne pas repeindre le studio en crise institutionnelle.Passons au GĂ©ofront, cette vieille plaie politique qui a dĂ©cidĂ© de saigner en public avec une certaine cohĂ©rence. Ninoo Chantargent, Shiki Chantargent, Darth Leo, Mandy Chantargent, ZĂ©phiria de Pont-Krivell et Daofin Meur ont tous frappĂ© dans le mĂȘme tambour. Le Royaume de RuthvĂ©nie est critiquĂ©, dĂ©noncĂ©, accusĂ© de tyrannie, de colonialisme et de gestion dĂ©moniaque. Darth Leo affirme quâune porte de sortie existe si la RuthvĂ©nie persiste dans sa tyrannie. Shiki Chantargent parle de libertĂ© et dâindĂ©pendance. Mandy Chantargent dit non au royaume des dĂ©mons.On reconnaĂźt les grands moments politiques Ă cette simplicitĂ© charmante. Quand plusieurs personnes rĂ©pĂštent chacune leur maniĂšre que le royaume doit lĂącher prise, ce nâest plus un murmure. Câest un mobilier qui tombe dans lâescalier. La RuthvĂ©nie peut prĂ©tendre tenir son rang, ses couronnes et son vieux parfum de cave noble. Le GĂ©ofront, lui, rĂ©pond avec des pancartes, des discours, des manifestations et cette vieille phrase que toutes les monarchies dĂ©teste entendre. Nous voulons partir. Ce nâest pas encore une indĂ©pendance. Câest dĂ©jĂ une gifle.Les RuthvĂšnes concernĂ©s peuvent venir se dĂ©fendre. Les habitants du GĂ©ofront peuvent venir expliquer sâils veulent lâautonomie, la RĂ©publique, lâindĂ©pendance ou simplement une semaine entiĂšre sans quâun dĂ©mon regarde le trĂŽne avec des couverts Ă la main.Pendant que les provinces hurlent, la Course au TrĂŽne Maudit continue. Les scores tombent comme des os sur une table. Bladimir mĂšne avec trois listes, Golgoth suit avec deux, LachĂ©sis et Tormenta restent Ă une liste chacun. La voix annonce que la RuthvĂ©nie est peut ĂȘtre Ă une liste dâavoir son roi. Câest rassurant. Un royaume dont le souverain se dĂ©cide par dĂ©fi dĂ©moniaque ressemble moins Ă une monarchie quâĂ une tombola dans un caveau.Mais ne soyons pas injustes. Au moins, ils comptent. Dans dâautres pays, on fait semblant dâavoir un systĂšme. Ici, on regarde des dĂ©mons donner les points et tout le monde sait exactement Ă quel niveau de dĂ©cadence il participe. Pendant ce temps, Kramara Kisugi a Ă©tĂ© nommĂ©e Arbitre des ĂlĂ©gances et a accordĂ© une mĂ©daille des bonnes maniĂšres Ă Aelin Chantargent, dans une allocution si abĂźmĂ©e par le protocole ruthvĂšne que trois responsables communication ont probablement vieilli dans la phrase. Câest peut ĂȘtre ça, la vraie noblesse. Parler tellement rond que personne ne sait si lâon honore, si lâon insulte ou si lâon vient dâinvoquer un notaire.Le Royaume de RuthvĂ©nie peut donc respirer. Il nâa peut ĂȘtre pas encore totalement rĂ©solu la question du trĂŽne mais il a des mĂ©dailles, des Ă©lĂ©gances et des homards gĂ©ants qui agressent Jean-Messie de la Nation. Câest une forme dâĂ©quilibre.Ă Sicilia, maintenant, la soirĂ©e a pris une odeur de mĂ©tal brĂ»lĂ©. Trou Perdu a vu une sĂ©rie dâattentats frapper le Complexe Garagiste. Une victime Ă chaque fois, des piĂšces qui sâĂ©croulent et cette impression que quelquâun a dĂ©cidĂ© dâexpliquer la mĂ©canique Ă coups de dĂ©tonation. Le mĂȘme bĂątiment a ensuite attirĂ© La fĂ©e Tide, qui a tentĂ© de fabriquer une fausse clef pour y entrer avant que la police de lâEmpire Brun abandonne les poursuites par manque de moyens. Magnifique rĂ©sumĂ© de la bureaucratie impĂ©riale. La porte est visĂ©e, le crime est notĂ©, la poursuite expire et le dossier va mourir dans une armoire avec une dignitĂ© de mouche.La Sicilia, elle, encaisse. Elle a aussi accueilli Renato M., dĂ©sormais domiciliĂ© Ă Trou Perdu. VoilĂ au moins une nouvelle correcte dans ce bouquet de suie. Un homme rejoint la ville pendant quâun garage explose. Certains y verront un mauvais signe. Moi jây vois une initiation locale. Ă Trou Perdu, on ne reçoit pas les nouveaux avec une corbeille de fruits. On leur montre dâabord quel bĂątiment vient de tomber, histoire quâils sachent oĂč ils mettent les pieds.Les tĂ©moins des attentats peuvent venir parler. Ceux qui ont entendu, vu, senti ou profitĂ© du bruit pour rĂ©gler une dette sont les bienvenus. Les mĂ©canos survivants auront prioritĂ© si leurs sourcils ont repoussĂ©. Dans lâEmpire Brun, les bourses ont aussi parlĂ©. Agatha a versĂ© cinq mille MĂ au MinistĂšre des Affaires ĂtrangĂšres, mille MĂ aux Services Secrets et un seul MĂ au MinistĂšre de lâInformation. Un seul. Câest petit, sec et presque artistique. Un budget pareil nâest plus une dotation. Câest une gifle enveloppĂ©e dans un reçu. Monique Lemage, de son cĂŽtĂ©, a financĂ© lâAmbassade Brune auprĂšs du Royaume de RuthvĂ©nie Ă Ruthvenville et a nommĂ© Kalogr von Krarovich ambassadeur. Elle a expliquĂ© quâil fallait un meneur dâhommes et que survivre Ă des siĂšcles de mariage avec Agatha devait le qualifier pour gĂ©rer quelques RuthvĂšnes. Jâadmets que lâargument est solide. Si vous avez menĂ© Agatha sans mourir de fatigue fiscale, vous pouvez probablement diriger une ambassade dans une piĂšce pleine de couronnes et de rancunes.Ă Mystisie, le Temple de lâAmor a encore senti le problĂšme. Un bouton dâacnĂ© dâ Ombre AcnĂ©ique a Ă©tĂ© converti en arme de destruction massive et a dĂ©clenchĂ© une alerte Ă la bombe. Plus tard, Silas des Sables a transformĂ© la basilique de Naar en dispensaire mĂ©dical pour soigner les occupants et imposer une quarantaine. VoilĂ le genre dâĂ©vĂ©nement que seule la Mystisie sait produire. On commence avec un bouton, on finit avec une zone contaminĂ©e et un prĂȘtre qui doit probablement se demander si le dieu de lâamour a lu son contrat. Isariel a bafouillĂ© un discours ridicule sur la ConfĂ©dĂ©ration Libre mais a tout de mĂȘme louĂ© Silas des Sables. Câest une chute honorable. On rate la politique gĂ©nĂ©rale mais on rĂ©ussis la flatterie locale. Il faut savoir sauver ce qui peut lâĂȘtre.Ă Santa Banana et Bagdad, la saga Al-KhaĂŻd continue avec ce mĂ©lange de deuil, de menace et de théùtre familial qui sent la tombe ouverte et le rhum trop fort. Shana Al-KhaĂŻd a rendu hommage Ă Hasna, soupçonnant que la tombe soit vide et que sa sĆur ait simulĂ© sa mort. Puis un vandale a profanĂ© la tombe, comme si le cimetiĂšre lui mĂȘme avait dĂ©cidĂ© de participer au dĂ©bat successoral.Plus tĂŽt, Shana Al-KhaĂŻd avait proclamĂ© la Loi Matinale Ă Bagdad, interdisant de se lever avant onze heures et classant toute productivitĂ© prĂ©coce comme activitĂ© suspecte. Franchement, sur ce point, je refuse de critiquer trop fort. Le Cybermonde se porterais peut ĂȘtre mieux si davantage de gouvernants dormaient jusquâĂ onze heures au lieu de signer des catastrophes au petit matin. Sultan Omar Al KhaĂŻd a aussi agressĂ© Fawomane Ravenloft aprĂšs avoir tentĂ© de lâentraĂźner dans une bagarre. Le style Al-KhaĂŻd est constant. On discute peu, on frappe vite et les tombes servent dâarchives familiales provisoires.Les membres de la famille peuvent venir nier. Les morts aussi, sâils ne le sont pas vraiment. Nous garderons le micro ouvert jusquâĂ ce quâune tombe rĂ©ponde. En Bouletie, le Khanat ElmĂ©rien a fait ce quâil sait faire de mieux, câest Ă dire transformer une province en foire politique avec tambours, loyautĂ©, machines Ă pomper et menaces douces de rester soi mĂȘme. Rosalia de Pont-Krivell a dĂ©fendu la place de la Bouletie dans le Khanat et a soutenu Mademoiselle tandis que Tifa LockHeart rappelait que les terres de Bouletie resteront terres du Khanat. Lippos Aliagas a critiquĂ© le calme du Khanat et louĂ© Jeff Bizous, grand professionnel des machines Ă pomper selon une doctrine Ă©conomique qui mĂ©rite au moins une inspection sanitaire. Foulques Andissi a organisĂ© la fin de la YoupifĂȘte en prĂ©cisant quâon pouvait critiquer les autres aprĂšs, parce que le libre arbitre câest important. Puis il a remis des prix avec cette joie enfantine et dangereuse de ceux qui comptent eux mĂȘme les lots et savent dĂ©jĂ qui gagne. Lippos Aliagas a mĂȘme reçu un DiplĂŽme de Bouletitude, rĂ©compense presque trop honnĂȘte pour ĂȘtre satirique.La Bouletie peut venir confirmer si elle est une province, un parc dâattractions ou un comitĂ© permanent de remise de prix. Les trois rĂ©ponses seront acceptĂ©es si elles sont criĂ©es assez fort.CĂŽtĂ© science, le Khanat a dĂ©couvert les Clones de Combat grĂące Ă Nerdos Valkyry, tandis que la technologie Vol est passĂ©e dans le domaine public aprĂšs transmission de Tai Chy vers la ConfĂ©dĂ©ration Libre. Pendant ce temps, Sophos a lancĂ© une recherche kralandaise sur le traitement des minerais dâor plus Ă©cologique en Moldavie, expliquant que les discours dâ Emile et de PrĂ©cieuse faisaient peur aux oiseaux et aux ravageurs. Câest peut ĂȘtre la premiĂšre fois quâun argument politique sert dâĂ©pouvantail officiel. Le progrĂšs avance. Il boite mais il avance.En HĂ©lĂ©nie, Nbian a tentĂ© un attentat sur une infirmerie, a perdu son poste de Bourgmestre puis est morte au combat dans les sous sols de Bisouville, rongĂ©e par lâobsolescence programmĂ©e et par le fait quâon lâappelait par trop de noms. VoilĂ une fin hĂ©lĂ©nienne parfaite. On explose un bĂątiment, on perd une fonction et on disparaĂźt dans les sous sols avec une crise identitaire. MĂȘme les tragĂ©dies y portent des plumes de carnaval.LĂ bas, les attentats contre cages, prison, infirmerie, chantier dâhĂŽpital et maison se sont enchaĂźnĂ©s avec zĂ©ro victime mais beaucoup de gravats. Lâ HĂ©lĂ©nie demeure rebelle mais aussi trĂšs engagĂ©e dans lâeffondrement immobilier. Chaque rĂ©gime a ses prioritĂ©s.En Crab Key et aux KaraĂŻbes, Stefan de Crab a fini sa peine, a proclamĂ© son innocence puis a soutenu les Provinces IndĂ©pendantes. Lord Golgoth Ruthven a nommĂ© Roger Joli, Koinstradamus et Omble Sarcastique Ă divers postes. Roger St Misles, lui, a appelĂ© Crab Key Ă rejoindre la ConfĂ©dĂ©ration du Bisou. Il faut reconnaĂźtre que lâoffre est claire. Rejoignez nous et faisons ensemble un monde parfait. Une phrase pareille devrait toujours ĂȘtre accompagnĂ©e dâune sortie de secours.VoilĂ donc la soirĂ©e. Ranxerox a trouvĂ© son rival. Emile Liarr a reçu un anniversaire en bagne. GĂ©ofront veut se dĂ©tacher du Royaume. Trou Perdu compte les morceaux de son garage. Agatha distribue lâargent comme une gifle graduĂ©e. Silas des Sables transforme une basilique contaminĂ©e en dispensaire. Shana Al-KhaĂŻd enquĂȘte sur une tombe peut ĂȘtre vide. La Bouletie danse autour de ses pompes et lâ HĂ©lĂ©nie teste la soliditĂ© de ses bĂątiments avec une mĂ©thode discutable.Fausse analyse impĂ©riale du soir, parce quâil en faut bien une sinon les gens croient que lâinformation est gratuite. Chaque nation prĂ©tend avoir une doctrine mais toutes rĂ©vĂšlent la mĂȘme chose quand la nuit tombe. La RĂ©publique de Kraland appelle duel personnel ce qui commence par un avis de recherche. Le Royaume de RuthvĂ©nie appelle souverainetĂ© ce que ses provinces traitent de cage. Le Khanat ElmĂ©rien appelle fĂȘte ce qui ressemble Ă un audit sous saucisse. La ConfĂ©dĂ©ration Libre appelle bisou ce qui pourrait devenir une annexion avec joue tendue. Le Paradigme Vert appelle justice ce qui commence par un rot dans un micro. Et lâEmpire Brun, naturellement, appelle tout cela mardi, mĂȘme quand nous sommes samedi.Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement. Ranxerox peut expliquer comment un anniversaire devient un bagne. Emile Liarr peut envoyer une carte postale depuis lâ Australine. PrĂ©cieuse de Tomosan peut demander quâon rende son mari lĂ©gĂšrement moins froissĂ©. Darth Leo, Shiki Chantargent et les autres voix du GĂ©ofront peuvent venir prĂ©ciser si la libertĂ© aura des rideaux. Y0gi peut Ă©galement intervenir mais nous prĂ©voyons une chaise vide par prudence.Quant aux tĂ©moins anonymes, aux lĂąches non anonymes, aux victimes consentantes de la vĂ©ritĂ©, aux garagistes en ruine, aux tombeaux suspects, aux fĂ©es verbalisĂ©es, aux bourgeois autonomes et aux dĂ©mons qui tiennent les scores, les lignes sont ouvertes. |
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13 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir aux familles qui ont mangé leur repas sans devoir (...)
![]() 13 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux familles qui ont mangĂ© leur repas sans devoir consulter quatre cartes militaires pour dĂ©terminer Ă quel gouvernement appartient dĂ©sormais la cuisine. Bonsoir aux commerçants qui nâont pas proclamĂ© leur comptoir indĂ©pendant du reste du bĂątiment et bonsoir aux criminels locaux qui continuent dâexercer leur profession avec ce sens rassurant de la tradition que les autres nations appellent de la brutalitĂ© uniquement parce quâelles nâont pas de savoir-vivre. Ici Kleo, GĂ©nĂ©rale impĂ©riale et voix officielle dâune vĂ©ritĂ© que personne nâa demandĂ© mais que tout le monde mĂ©rite tout de mĂȘme. Ce soir nous allons parler du ValĂ©gro. Prenez donc quelque chose Ă boire. Prenez en deux mĂȘme. Cette province a rĂ©ussi en une seule journĂ©e Ă rĂ©unir des rĂ©volutionnaires lagomorphes une RĂ©publique occupĂ©e Ă nettoyer ses propres bureaux un ancien prĂ©sident devenu bourgmestre une commissaire qui promet la sĂ©curitĂ© avec des parpaings au fond de lâĂ©tang et plusieurs gouvernements qui dĂ©fendent la paix avec la dĂ©licatesse dâun boucher aiguisant ses couteaux pendant une cĂ©rĂ©monie de mariage. Le ValĂ©gro va bien. Câest ce quâils rĂ©pĂštent. Il faut donc commencer Ă sâinquiĂ©ter. Une ancienne musique impĂ©riale sâĂ©lĂšve depuis un gramophone posĂ© sous la toile. Quelques notes de cuivre rĂ©sonnent puis sâĂ©teignent comme une marche funĂšbre qui aurait aperçu le programme de la soirĂ©e et prĂ©fĂ©rĂ© rentrer chez elle. Il convient dâabord de comprendre le principe fondamental de la diplomatie kralandaise. La RĂ©publique ne conquiert jamais. Elle accompagne vers le Bonheur. Elle ne menace personne. Elle rappelle simplement avec insistance quâun accident est vite arrivĂ©. Elle nâimpose aucune doctrine. Elle vous invite seulement Ă partager la sienne jusquâĂ ce que toute autre opinion devienne un trouble Ă lâordre public. Cette philosophie remarquable permet de tendre la main Ă un voisin tout en lui fouillant les poches avec lâautre et de prĂ©senter ensuite le rĂ©sultat comme une expĂ©rience de collaboration interculturelle. Au ValĂ©gro cette mĂ©thode a trouvĂ© un terrain dâexpĂ©rimentation particuliĂšrement fertile. Les tensions sây accumulent depuis assez longtemps pour que les habitants reconnaissent dĂ©sormais la nationalitĂ© dâun discours simplement au bruit des bottes qui lâaccompagne. Les Kralandais appellent Ă lâunitĂ©. Les indĂ©pendantistes rĂ©clament quâon les laisse respirer. Les RuthvĂšnes rappellent leurs intĂ©rĂȘts. Les habitants essayent surtout de savoir qui possĂšdera leur maison demain matin et les lapins ont fini par se constituer en force politique parce quâil restait manifestement une chaise vide autour de la table. Câest dans cette atmosphĂšre de sĂ©rĂ©nitĂ© armĂ©e que Logan Komikov a pris la parole Ă plusieurs reprises. Il a soutenu la RĂ©publique. Il a soutenu la paix avec la RuthvĂ©nie. Il a critiquĂ© les Provinces IndĂ©pendantes. Il a dĂ©fendu PrĂ©cieuse de Tomosan. Il a encore soutenu la RĂ©publique puis il a demandĂ© Ă tout le monde de ne pas frapper lâensemble du gouvernement pour les dĂ©cisions de quelques-uns. Une performance diplomatique remarquable qui consistait Ă distribuer simultanĂ©ment des fleurs des avertissements des condolĂ©ances et un dĂ©pliant sur le Bonheur Universel.Il faut lui reconnaĂźtre une certaine constance. Logan souhaite sincĂšrement que chacun se calme. Câest seulement malheureux que son gouvernement paraisse passer son temps Ă fournir de nouvelles raisons de ne pas le faire. Il demande aux habitants de ne pas briser ce que la RĂ©publique tente de construire pendant que les dĂ©cisions de cette mĂȘme RĂ©publique traversent la province avec la grĂące dâun taureau chargĂ© de briques. Il invoque la paix avant la rĂ©volte et le compromis avant le bĂąton tandis que quelque part derriĂšre lui un responsable semble dĂ©jĂ sĂ©lectionner la taille du bĂąton.Ce nâest pas contradictoire. Câest kralandais. Dans un de ses discours Logan a promis que la RĂ©publique tendrait toujours la main. Il aurait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© judicieux de prĂ©ciser ce quâelle tenait dedans. Le peuple du ValĂ©gro a connu trop de trĂȘves rompues trop dâarrestations trop de promesses contradictoires et trop de grands projets dessinĂ©s par des Ă©trangers pour se jeter dans les bras du premier fonctionnaire venu avec une brochure rouge et un sourire administratif. Pourtant Logan continue dâavancer entre les ruines comme un prĂȘtre du dialogue ayant dĂ©couvert que son temple sert dĂ©sormais de dĂ©pĂŽt de munitions.Je nâirai pas jusquâĂ dire quâil est naĂŻf. La naĂŻvetĂ© possĂšde encore une forme de repos. Il est courageusement optimiste ce qui est beaucoup plus dangereux. Pendant quâil suppliait chacun de ne pas sombrer dans lâanarchie une manifestation insurrectionnelle Ă©clatait Ă Fort Emouchet avec un message adressĂ© Ă Ranxerox dont la formulation ne laissait aucune place au doute ni Ă la poĂ©sie. Trois Bourgeois DĂ©cadents entraient Ă©galement en rĂ©bellion. Ce qui nous rappelle que toute rĂ©volution vĂ©ritable finit toujours par attirer des gens suffisamment riches pour dĂ©tester le gouvernement et suffisamment dĂ©cadents pour apporter leur propre vin.La RĂ©publique expliquait donc quâelle Ă©tait lĂ pour ramener la paix tandis quâune partie de la population lâaccusait dâavoir prĂ©cisĂ©ment dĂ©truit les accords qui permettaient encore de lâespĂ©rer. Câest une technique classique. Elle consiste Ă mettre le feu aux rideaux puis Ă entrer dans la piĂšce avec un seau dâeau et demander des applaudissements pour la rapiditĂ© de lâintervention. On me signale que cette interprĂ©tation sera probablement contestĂ©e. Les contestataires peuvent venir parler en direct. Nous avons prĂ©parĂ© une chaise confortable prĂšs du trĂŽne ainsi quâune petite trappe dessous pour faciliter le dĂ©bat. Mais toute crise politique a besoin dâun grand homme. Un esprit capable de sâĂ©lever au-dessus de la confusion et dâoffrir au peuple une vision. Le ValĂ©gro trouva le sien en la personne de Kâ Velzard qui occupait les fonctions de Premier Ministre avec la solennitĂ© dâun majordome ayant perdu le manuel de la maison.Dans son allocution au peuple Kâ Velzard annonça quâil expĂ©dierait les affaires courantes jusquâau retour des Ă©lus tout en shampouinant la moquette et en faisant les vitres. Il expliqua que le Premier Ministre prĂ©cĂ©dent avait refusĂ© son nouveau bureau et avait choisi de consacrer sa semaine libre Ă du combat sans rĂšgle. Il rĂ©partit ensuite les tĂąches gouvernementales selon une logique mĂ©nagĂšre. Logan Komikov nettoyerait les façades. ZĂžra sâoccuperait des coins sombres sous les meubles et Bogdan DâArken ferait lâargenterie.VoilĂ un gouvernement enfin transparent. Non pas parce quâil rĂ©vĂšle ses comptes mais parce quâil lave les fenĂȘtres. Ă premiĂšre Ă©coute on pourrait croire que Kâ Velzard se moque de la RĂ©publique. Il nâen est rien. Il la dĂ©crit. La frontiĂšre est mince mais elle existe. Dans les grandes puissances le personnel politique dissimule habituellement le vide derriĂšre des titres interminables et des cĂ©rĂ©monies pompeuses. Ă Kraland ils ont choisi une autre voie. Le chef du gouvernement se prĂ©sente directement comme le personnel mĂ©nager dâun Ă©difice dont les occupants changent si souvent que personne ne sait plus Ă qui appartient la poussiĂšre.Il a ensuite abordĂ© la crise du MoldalĂ©gro ou de la ValĂ©davie ou de la Moldavalegrovie selon le parchemin choisi. Les nĂ©gociations avaient Ă©chouĂ©. Les terrains destinĂ©s aux logements collectifs avaient rĂ©veillĂ© une famille de nuisibles. Afin de protĂ©ger les champs de carottes contre ces lagomorphes rebelles le peuple fut invitĂ© Ă chanter des chants patriotiques Ă la gloire de Kraland. LâopĂ©ration reçut un nom qui rĂ©sume Ă lui seul plusieurs siĂšcles de doctrine militaire. Les chants protĂšgent les champs. Le Premier Ministre de la RĂ©publique recommandait donc Ă ses citoyens de dĂ©fendre lâagriculture nationale contre des lapins indĂ©pendantistes par la musique patriotique. Dans dâautres pays cette idĂ©e aurait Ă©tĂ© rejetĂ©e par le ministĂšre de la Guerre puis par le ministĂšre de lâAgriculture puis par lâasile local. Ă Kraland elle devint une orientation gouvernementale avant le petit dĂ©jeuner. La situation prit un tour encore plus majestueux lorsque Kâ Velzard expliqua que Chouchou lui avait interdit de faire de la politique et quâil nâen ferait donc pas. Cette dĂ©claration fut prononcĂ©e pendant un discours politique par un Premier Ministre ayant nommĂ© trois responsables gouvernementaux et annoncĂ© une stratĂ©gie de lutte contre des rebelles. Il faut admirer cette discipline. Peu de dirigeants sont capables de dĂ©sobĂ©ir aussi complĂštement tout en affirmant avec autant de sĂ©rieux quâils obĂ©issent.Plus tard Kâ Velzard reprit les ondes pour sâadresser directement Ă Chouchou par les canaux publics car ses services de renseignement craignaient que son tĂ©lĂ©phone soit surveillĂ©. Il dĂ©cida donc de contourner lâespionnage Ă©tranger en diffusant sa conversation Ă toute la planĂšte. Une manĆuvre si subtile que les espions eux-mĂȘmes ont probablement demandĂ© quelques heures pour comprendre Ă quel moment ils avaient Ă©tĂ© vaincus.Il raconta ensuite quâune partie de lâarmĂ©e slavone se trouvait Ă Structural aprĂšs un jogging forestier un peu large. Il supposa que les membres restĂ©s sur place Ă©taient sans doute les mĂąles porte-bagages. Puis il revint naturellement aux lapins anti BTP et demanda sâil fallait les nourrir de carottes ou les farcir de pruneaux. Mes petits pavĂ©s le monde change. Autrefois les conseils de guerre dĂ©terminaient sâil fallait mobiliser la cavalerie ou envoyer lâinfanterie. Aujourdâhui un Premier Ministre choisit lâaccompagnement du civet. Et le pire reste que la Tortue BlindĂ©e lâa ensuite agressĂ©. Peut-ĂȘtre Ă©tait-elle opposĂ©e aux pruneaux. Peut-ĂȘtre souhaitait-elle dĂ©fendre la cause animale. Peut-ĂȘtre avait-elle simplement entendu le discours. Quoi quâil en soit elle frappa Ă©galement Logan Komikov et plus tard Layla Al-KhaĂŻd. La Tortue BlindĂ©e apparaĂźt donc comme la seule institution du secteur Ă appliquer une politique vĂ©ritablement Ă©galitaire.Elle ne nĂ©gocie pas. Elle distribue. Pendant que le gouvernement central rĂ©curait lâargenterie Fort Emouchet accueillait son nouveau bourgmestre Jean-Luc Selriche. Ancien prĂ©sident confĂ©dĂ©rĂ© et dĂ©tenteur dâune Pastille du Bonheur celui-ci annonça avoir Ă©tĂ© envoyĂ© pour reprendre en main les rĂȘves du Fort. Lâexpression est belle. Elle permet dâĂ©viter de dire les bĂątiments les institutions les habitants et tout ce qui peut ĂȘtre contrĂŽlĂ© sans avoir lâair de prendre le contrĂŽle.Dans son discours dâinvestiture Jean-Luc Selriche demanda oĂč se trouvaient les perturbateurs les Manouchkra les paysans valĂ©grognards les travailleurs moldaves et les nobles ruthvĂšnes. AprĂšs avoir regardĂ© la population il conclut quâil ne voyait que des Kamarades. Cela paraĂźt gĂ©nĂ©reux jusquâĂ ce que lâon comprenne quâil vient dâeffacer les identitĂ©s de tout le monde avant mĂȘme dâouvrir officiellement son bureau.Vous nâĂȘtes plus RuthvĂšne. Vous nâĂȘtes plus ValĂ©grognard. Vous nâĂȘtes plus Manouch. Vous ĂȘtes un Kamarade. Quelle Ă©conomie de formulaires. Il promit une nouvelle Ăšre de respect de tolĂ©rance et de collectivisme. Son bureau resterait ouvert Ă tous mais pas trop longtemps car il fallait tout de mĂȘme travailler. Cet Ă©quilibre subtil entre disponibilitĂ© dĂ©mocratique et impatience bureaucratique constitue probablement lâun des plus beaux rĂ©sumĂ©s de la RĂ©publique. Le citoyen peut venir parler. Il doit seulement avoir terminĂ© avant que lâadministration ne se lasse de lâĂ©couter. Ă ses cĂŽtĂ©s se trouvait la Ministre elmĂ©rienne Tinylia CĂ©raty prĂ©sentĂ©e comme une invitĂ©e officielle devant ĂȘtre accueillie avec honneur. Un dĂ©tail charmant au milieu dâune province oĂč chaque visite Ă©trangĂšre ressemble dĂ©sormais soit Ă une mission diplomatique soit Ă une reconnaissance prĂ©alable du terrain. Mais ne soyons pas mĂ©fiants. La mĂ©fiance est une maladie impĂ©riale. Elle nous a seulement permis de survivre jusquâici.SitĂŽt installĂ© Jean-Luc Selriche recommanda Kenza et la nomma Commissaire de Police. Celle-ci entreprit immĂ©diatement de rassurer la population avec la dĂ©licatesse dâun assassin essuyant lentement sa lame avant de demander si tout le monde se sent en sĂ©curitĂ©.Son premier discours vantait Selriche comme un homme remarquable ayant rĂ©pandu le Bonheur Universel et mĂȘme guĂ©ri un paraplĂ©gique par lâimposition des mains. Elle demanda au peuple de lui faire confiance aveuglĂ©ment puis prĂ©cisa quâil le devrait car un accident est vite arrivĂ©.Une dĂ©claration parfaitement rassurante. Je dors dĂ©jĂ mieux. Dans sa seconde allocution Kenza annonça quâelle allait rĂ©tablir lâordre et la tranquillitĂ©. Elle Ă©voqua des gens disparaissant Ă la tombĂ©e de la nuit et trĂ©buchant dans lâĂ©tang avec des parpaings attachĂ©s aux chevilles. Elle assura que Fort Emouchet pouvait devenir dangereux pour les imprudents puis rappela que la premiĂšre maniĂšre dâĂ©viter les ennuis consistait Ă Ă©couter la police.Les citoyens nâayant rien Ă se reprocher pouvaient donc dormir tranquilles. Les autres pouvaient probablement apprendre Ă respirer sous lâeau. On reconnaĂźt ici lâefficacitĂ© kralandaise. Dans la plupart des rĂ©gimes une police menaçante cherche Ă masquer ses mĂ©thodes derriĂšre un vocabulaire rassurant. Kenza prĂ©fĂšre annoncer directement les parpaings et lâĂ©tang. Il y a quelque chose dâhonnĂȘte dans cette brutalitĂ©. Quelque chose de trĂšs Brun presque. Je lâaurais fĂ©licitĂ©e si elle nâavait pas utilisĂ© tout ce talent au service dâune autre banniĂšre.Sa premiĂšre grande affaire concerna Layla Al-KhaĂŻd. Des policiers tentĂšrent de lâarrĂȘter Ă plusieurs reprises. Elle fut accusĂ©e dâactes rĂ©prĂ©hensibles puis la commissaire ordonna le renforcement massif des effectifs afin de sĂ©curiser la zone. LâenquĂȘte fut transmise au juge et des sanctions fermes furent annoncĂ©es. Entre-temps Layla traversa les territoires et fut agressĂ©e par une Tortue BlindĂ©e.Il paraĂźt que la justice suit son cours. La Tortue a simplement pris un raccourci. Il serait tentant de prĂ©senter Layla comme le cĆur de la crise mais le ValĂ©gro possĂšde dĂ©sormais trop de cĆurs et chacun bat dans une direction diffĂ©rente. Pour les autoritĂ©s elle reprĂ©sente une menace Ă neutraliser. Pour ses proches elle devient sans doute la preuve dâun acharnement. Pour les habitants elle est une raison supplĂ©mentaire de fermer les volets. Pour Radio NĂ©crotoile elle constitue surtout un rappel utile. DĂšs quâun gouvernement affirme avoir renforcĂ© massivement ses effectifs pour votre sĂ©curitĂ© il est prudent de vĂ©rifier si votre nom ne figure pas dĂ©jĂ sur le parchemin quâil tient derriĂšre son dos. Toute crise politique digne de ce nom finit par produire une opposition organisĂ©e. Le ValĂ©gro a choisi Sir McRabbit.Oui. Un lapin. Ă ce stade il serait mesquin de rire. Il est probablement lâun des rares intervenants de cette affaire Ă avoir prĂ©sentĂ© une ligne politique cohĂ©rente du dĂ©but Ă la fin. Sir McRabbit expliqua que sa famille vivait dans les ruines et les dĂ©chets aprĂšs avoir Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e par les travaux et les dĂ©bris. Il accusa les responsables kralandais dâavoir bafouĂ© les accords de trĂȘve et jugea la RuthvĂ©nie trop affaiblie pour garantir lâavenir de la province. Il salua le gouverneur local puis appela Ă une voie indĂ©pendante pour les lapins les humains les paysans et les Manouch du voyage.Le discours possĂ©dait une structure claire. Un constat. Une critique. Une proposition. Cela le place dĂ©jĂ au-dessus de plusieurs ministres. Il faut comprendre ce que reprĂ©sente ce moment. Les lapins ne sont plus de simples nuisibles dans les rapports administratifs. Ils deviennent un peuple politique. Ils possĂšdent une mĂ©moire des ruines une lecture des accords rompus et une conception de lâindĂ©pendance. Ils demandent que le ValĂ©gro cesse dâĂȘtre une table de banquet autour de laquelle Kraland RuthvĂ©nie et les Provinces IndĂ©pendantes dĂ©coupent la province en se disputant la meilleure part. Face Ă cela la rĂ©ponse du gouvernement fut de parler de nuisibles et de civet. LâHistoire retiendra peut-ĂȘtre que la guerre du ValĂ©gro a commencĂ© parce quâun Premier Ministre hĂ©sitait entre les carottes et les pruneaux. Ce serait injuste. Elle avait commencĂ© bien avant. Mais ce serait beaucoup plus drĂŽle. La prĂ©sence de ces lapins rĂ©vĂšle surtout lâĂ©chec des puissances traditionnelles. Lorsque mĂȘme les crĂ©atures vivant dans les dĂ©combres jugent nĂ©cessaire de rĂ©diger leur propre doctrine politique câest que les gouvernements ont cessĂ© depuis longtemps de reprĂ©senter autre chose quâeux-mĂȘmes. Kraland promet le Bonheur. La RuthvĂ©nie promet la continuitĂ©. Les indĂ©pendantistes promettent la libertĂ©. Chacun demande la confiance du peuple et chacun possĂšde derriĂšre lui une pile de raisons pour lesquelles cette confiance nâexiste plus. VoilĂ pourquoi les lapins parlent. Personne dâautre ne semble Ă©couter. Une araignĂ©e messagĂšre descend le long dâun fil avec un parchemin roulĂ©. Kleo lâouvre lentement puis demeure silencieuse quelques secondes.On mâindique que certains responsables kralandais considĂšrent le mouvement lapin comme une menace pour le bĂątiment et lâagriculture. Quelle surprise. Quand les habitants demandent lâindĂ©pendance ils sont manipulĂ©s. Quand les lapins la demandent ils sont nuisibles. Quand les bĂątiments eux-mĂȘmes commenceront Ă rĂ©clamer leur autonomie Kraland accusera probablement les fondations dâĂȘtre rĂ©actionnaires. Le plus inquiĂ©tant dans la crise du ValĂ©gro nâest peut-ĂȘtre pas la violence. Le Cybermonde connaĂźt la violence. Il lâentretient avec application. Le plus inquiĂ©tant est la fragmentation. Chaque bĂątiment chaque groupe et chaque symbole peut devenir le point de dĂ©part dâune nouvelle souverainetĂ©. Le Campus Universitaire lâĂlite ValĂ©grognarde devint une zone autonome. Ailleurs en Bouletie lâhĂŽtel Le Bar-man se transforma en enclave kralandaise puis son comptoir et ses toilettes furent proposĂ©s comme enclave elmĂ©rienne dans lâenclave kralandaise dĂ©jĂ situĂ©e dans une autre province. Cela ne concerne pas directement le ValĂ©gro mais illustre la maladie gĂ©nĂ©rale. Les frontiĂšres ne suivent plus les cartes. Elles suivent les comptoirs. Ă Fort Emouchet lâautonomie du campus ajoutait donc une couche supplĂ©mentaire Ă un territoire dĂ©jĂ disputĂ©. La RĂ©publique installait ses responsables. Les indĂ©pendantistes mobilisaient. Les lapins rĂ©clamaient leur voie. La police cherchait Layla. Les habitants devaient comprendre quel discours Ă©couter et quelle banniĂšre reconnaĂźtre tandis que les crĂ©atures locales agressaient les reprĂ©sentants de chaque camp avec une impartialitĂ© que notre rĂ©daction salue encore.Au milieu de cette cacophonie Keryn Valombre fit construire une chapelle consacrĂ©e Ă la Dame de lâĂtang. Son discours invitait les habitants Ă travailler ensemble Ă demander de lâaide et mĂȘme Ă parler aux plantes. Il Ă©voqua les champs les voisins les mains unies et les paroles bienveillantes adressĂ©es aux salades.Dans une autre province cela aurait semblĂ© doucement mystique. Ă Fort Emouchet câĂ©tait presque un plan de gouvernement. Les lĂ©gumes sont probablement les derniers habitants auxquels personne nâa encore promis le Bonheur par dĂ©cret. Ils devraient profiter de ce rĂ©pit. La chapelle elle-mĂȘme reprĂ©sente cependant quelque chose de plus profond. Lorsque les institutions politiques Ă©chouent les gens cherchent ailleurs une forme dâordre. Dans la foi dans les communautĂ©s locales dans les familles ou dans une conversation matinale avec un plant de tomate. Keryn proposait une vision fondĂ©e sur lâattention rĂ©pĂ©tĂ©e et la coopĂ©ration. Ă quelques rues de lĂ la police parlait de disparitions nocturnes et de parpaings.Le ValĂ©gro avait donc le choix entre murmurer Ă ses salades ou dormir sans rien avoir Ă se reprocher. Je recommande les salades. Elles dĂ©posent rarement des accusations. La vĂ©ritĂ© est que cette province ne se trouve plus simplement au cĆur dâun conflit entre Kraland et la RuthvĂ©nie. Elle devient le symbole de tout ce que le Cybermonde produit lorsquâil applique plusieurs doctrines incompatibles au mĂȘme territoire. Le Bonheur kralandais veut absorber les diffĂ©rences. La monarchie ruthvĂšne veut prĂ©server ses liens et son influence. Les Provinces IndĂ©pendantes veulent dĂ©tacher les peuples des couronnes et des administrations centrales. Les habitants veulent continuer Ă vivre. Les lapins veulent quâon cesse de dĂ©truire leurs terriers. Tout le monde possĂšde une cause. Personne ne possĂšde la sortie. Et pendant que chacun revendique sa part du ValĂ©gro lâEmpire Brun observe depuis ses palais avec la tranquillitĂ© de ceux qui nâont pas besoin de rebaptiser leurs conquĂȘtes en projets humanitaires. Nous avons nos dĂ©fauts. Ils sont nombreux magnifiques et parfois armĂ©s. Mais au moins nous ne faisons pas semblant quâune occupation est un cĂąlin administratif ni quâune menace au bord dâun Ă©tang constitue une politique de prĂ©vention. Chez nous le danger porte gĂ©nĂ©ralement un uniforme convenable. Câest tout de mĂȘme plus Ă©lĂ©gant. Ainsi se referme le premier acte de cette tragĂ©die valĂ©grognarde. Logan Komikov demande la paix tout en dĂ©fendant une RĂ©publique dont les gestes dĂ©truisent sa crĂ©dibilitĂ©. Kâ Velzard transforme le gouvernement en service mĂ©nager et la crise indĂ©pendantiste en dĂ©bat culinaire. Jean-Luc Selriche promet de reprendre les rĂȘves du Fort pendant que Kenza rappelle aux habitants que la sĂ©curitĂ© commence par une obĂ©issance parfaite et se termine parfois au fond dâun Ă©tang. Sir McRabbit donne une voix aux lapins des ruines et Keryn Valombre conseille de parler aux lĂ©gumes car eux au moins nâont encore signĂ© aucun traitĂ©.Tout cela pourrait sembler ridicule si les consĂ©quences nâĂ©taient pas aussi rĂ©elles. DerriĂšre les discours les arrestations et les plaisanteries se trouve une province dont les habitants voient leur avenir dĂ©cidĂ© par des forces qui se disent toutes protectrices. Chacun apporte sa paix particuliĂšre. La paix kralandaise avec ses commissaires. La paix ruthvĂšne avec ses anciennes attaches. La paix indĂ©pendante avec ses ruptures. Ă force de recevoir tant de paix le ValĂ©gro finira peut-ĂȘtre par ne plus avoir un seul mur debout pour lâabriter. Mais notre histoire ne sâarrĂȘte pas ici. Car au centre de cette crise se trouve Ă©galement une affaire dâamour dâarrestation de bagne et de mariage improvisĂ©. Une femme a choisi de renoncer Ă sa fonction pour rejoindre son fiancĂ©. Elle fut arrĂȘtĂ©e. Elle rĂ©clama son transfert. Le gouvernement kralandais fut accusĂ© dâavoir brisĂ© les accords. Le Royaume intervint. Les journaux prirent position. Puis au milieu de lâAustraline et de ses gardiens deux amants dĂ©cidĂšrent que la meilleure maniĂšre de rĂ©pondre Ă la catastrophe consistait Ă se marier immĂ©diatement. Une idĂ©e romantique. Donc Ă©videmment dangereuse. Dans la prochaine partie nous parlerons de PrĂ©cieuse de Tomosan et de Emile Liarr. Nous verrons comment une arrestation a nourri une crise diplomatique comment un sĂ©jour au bagne sâest transformĂ© en voyage de noces et comment lâadministration a involontairement organisĂ© le mariage le plus carcĂ©ral du Cybermonde.Les proches les policiers les ministres les gardiens les anciens fiancĂ©s maudits et les bouquets de fleurs ayant assistĂ© aux Ă©vĂ©nements peuvent nous transmettre leur version. Les autres peuvent inventer. Câest dĂ©jĂ ce que font les gouvernements. Une patte de Kleo se pose sur le levier du microphone tandis que les chandelles vacillent derriĂšre elle. La musique impĂ©riale revient lentement et les ombres des crĂąnes sâallongent sur le velours. Vous Ă©coutiez Radio NĂ©crotoile. La vĂ©ritĂ© y entre librement. Elle en ressort rarement intacte. |
13/07 (00:46) | ||
| Le lapin Mcrabbit prétend venir des sous-sols cousine, en Republike, ceux qui viennent des sous sols sont des déviants ... Normal que sa famille (...) | 13/07 (06:03) | Manouch'Kra | |
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Ah. Donc le lapin McRabbit viendrait des sous-sols. Je comprends mieux. Tout sâexplique. Le goĂ»t de la clandestinitĂ©, lâobsession du terrier, (...)
Ah. Donc le lapin McRabbit viendrait des sous-sols. Je comprends mieux. Tout sâexplique. Le goĂ»t de la clandestinitĂ©, lâobsession du terrier, cette façon de surgir sous les fondations avec la petite dignitĂ© tragique des choses qui ont Ă©tĂ© oubliĂ©es derriĂšre une conduite dâĂ©gout. Il ne sâagissait donc pas seulement dâun lapin politique. CâĂ©tait un lapin de cave. Et en RĂ©publik, paraĂźt-il, les choses qui sortent des sous-sols sont des dĂ©viances avec des moustaches. Cela dit, cousine, je reconnais quâil y a dans cette histoire une poĂ©sie du bĂ©ton assez admirable. La famille sâest faite couler dessus et le survivant vient maintenant rĂ©clamer une place au soleil avec ses petites pattes pleines de poussiĂšre. Câest presque Ă©mouvant. Presque. Mais enfin, il faut aussi savoir vivre avec son Ă©poque. Tout le monde ne peut pas habiter dans une caravane avec panache ou dans un HLM avec cette noble rĂ©signation des gens qui ont compris que le plafond fuit mais au moins il existe. McRabbit, cher petit ambassadeur du terrier contrariĂ©, la rĂ©daction vous invite donc Ă clarifier votre situation. Ătes-vous un lapin des sous-sols. Un lapin dĂ©viant. Un lapin indĂ©pendant. Ou simplement un rongeur politique qui cherche encore la sortie du chantier familial. Les lignes sont ouvertes. Mais si vous venez rĂ©pondre, Ă©vitez de creuser sous le studio. La derniĂšre chose dont Radio NĂ©crotoile a besoin, câest dâun dĂ©bat souterrain avec des oreilles.
![]() 13 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux fidĂšles de Sicilia, aux habitants de Trou Perdu qui savent encore distinguer une explosion dâun feu de joie, aux taverniers qui comptent leurs verres avant leurs clients, aux familles qui ferment leurs volets quand le monde se met Ă parler trop fort, aux ministres bruns qui signent dans lâombre, aux criminels locaux qui ont au moins la politesse de salir le pavĂ© avec un peu de style et aux Ă©trangers qui nous Ă©coutent par accident en croyant encore avoir droit Ă une opinion.Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, GĂ©nĂ©rale de lâEmpire Brun et journaliste parfaitement impartiale puisque je mĂ©prise presque tout le monde avec un sens trĂšs dĂ©veloppĂ© de la hiĂ©rarchie. Nous allons parler de ce treize juillet oĂč le Cybermonde a encore voulu se donner une importance historique alors quâil ressemblait surtout Ă une auberge mal tenue pendant une succession. Il y a eu des trĂŽnes offerts pour vingt quatre heures, des provinces qui rĂąlent, des restaurants qui sâĂ©croulent, des lapins politiques, des impĂŽts punitifs, des tartes Ă la crĂšme, des scieries en morceaux et des gens qui appellent tout cela la vie publique. Câest faux. Câest pire. Câest de la politique. Commençons par Sicilia, parce quâil faut toujours commencer par le sol qui sait encore vous reconnaĂźtre quand vous tombez dessus. Ă Trou Perdu, la journĂ©e avait cette Ă©lĂ©gance locale que les Ă©trangers prennent pour du dĂ©sordre parce quâils ont Ă©tĂ© Ă©levĂ©s loin des vraies traditions. Jaylie Dei Machiavelli a fĂ©licitĂ© Dusk et Aurora pour leur Ă©lection avec une prĂ©cision grammaticale digne dâun couteau lancĂ© depuis une fenĂȘtre. Son, leurs Ă©lection. Faites pas chier, bravo. VoilĂ un discours de gouvernance que jâapprĂ©cie. Court, sec, local et suffisamment flou pour que personne ne puisse prouver quâil a Ă©tĂ© mal compris. Benkaa Dei Machiavelli a Ă©tĂ© nommĂ© Intendant. Câest une nouvelle rassurante, parce que dans une ville comme Trou Perdu, lâintendance nâest pas un poste administratif. Câest une forme de domptage des dĂ©combres. Il faut savoir oĂč poser les murs, Ă qui appartient la serrure, quel commerce respire encore et combien de temps il reste avant que quelquâun essaye de voler une plaque de protection dans un armurier qui sâappelle Aux jouets Kara-binĂ©s. Sur ce dernier point, Ragnar L.R Dei Machiavell a visiblement pris lâexpression au pied de la lettre avec la persĂ©vĂ©rance dâun homme qui confond discrĂ©tion et rĂ©pĂ©tition. Une tentative. Puis une autre. Puis encore. La police du Cybermonde a vu. La police de lâEmpire Brun aussi. Mais les policiers Ă©tait au bal de la police.Je le dis sans ironie excessive. VoilĂ une excuse locale parfaite. Un vol pendant que les policiers dansent, ce nâest pas une faillite de lâordre public. Câest une chorĂ©graphie institutionnelle Kara de Pont-Krivell, dans ce mĂȘme parfum de poussiĂšre et de bon sens, a rappelĂ© une rĂšgle essentielle. On ne construit pas sur la plage. Câest la litiĂšre des chats. Merci. VoilĂ une civilisation. Les autres nations Ă©crivent des constitutions. Sicilia protĂšge la plage parce quâun chat pourrait avoir des principes territoriaux. On appelle ça une hiĂ©rarchie saine des prioritĂ©s.VoilĂ qui nous conduit naturellement au grand théùtre des couronnes en solde. La RuthvĂ©nie, dans sa sagesse monarchique habituelle, a dĂ©cidĂ© de confier son trĂŽne Ă une compĂ©tition dĂ©moniaque. Je voudrais que chacun mesure lâĂ©lĂ©gance du procĂ©dĂ©. Dans dâautres pays, on vote, on hĂ©rite, on assassine, on falsifie ou lâon attend quâun vieux souverain tombe dans lâescalier. En RuthvĂ©nie, on invoque des dĂ©mons, on court aprĂšs des listes, on rend des discours et lâon dĂ©couvre ensuite que le prix Ă©tait le trĂŽne pour vingt quatre heures. Une journĂ©e. Un roi de location. Une couronne avec sablier inclus. Ombre MĂ©phitique a dâabord attendu LachĂ©sis qui avait presque une heure de retard. Il y a des retards qui sont mondains, des retards qui sont stratĂ©giques et puis il y a celui dâune impĂ©ratrice dans une course au trĂŽne dĂ©moniaque. Celui lĂ a le goĂ»t dâun couloir trop long, dâun message de Monique Lemage Ă©crit avec une politesse inquiĂšte et dâun destin qui regarde sa montre en grinçant des dents. LâEmpire Brun nâarrive jamais en retard. Il laisse simplement le monde sâagiter avant de dĂ©cider si cela mĂ©rite sa prĂ©sence. Je prĂ©cise que cette phrase est une vĂ©ritĂ© impĂ©riale et non un aveu.Puis le rĂ©sultat est tombĂ©. Golgoth Ruthven gagne. Bladimir Bladimirovitch Mutin termine second. Tormenta Ruthven arrive troisiĂšme. LachĂ©sis reçoit le dĂ©licieux privilĂšge dâĂȘtre la derniĂšre et un cadeau spĂ©cial dĂ©mon censĂ© lâaider Ă arriver Ă lâheure. La RuthvĂ©nie a donc obtenu un roi pour une durĂ©e si courte quâun bon repas de famille peut la dĂ©passer. Lord Golgoth Ruthven remplace Tormenta Ruthven comme Roi et Tormenta descend au Travail comme si la monarchie venait dâinventer le stage obligatoire.Ă ce point, il ne faut pas se moquer trop vite. Une couronne pour vingt quatre heures a une qualitĂ© rare. Elle ne laisse pas assez de temps pour ruiner complĂštement une nation. Câest presque moderne. Bladimir reçoit un ministĂšre de la PĂȘche, de la BiĂšre et du Football. VoilĂ enfin une institution ruthvĂšne crĂ©dible. Il y a des peuples qui se rassemblent autour de grandes constitutions. Dâautres autour dâun hymne. La RuthvĂ©nie semble avoir compris que la vĂ©ritable stabilitĂ© politique repose sur des filets, des chopes et des gens qui crient autour dâun ballon. Je ne peux pas condamner entiĂšrement. Câest idiot mais il y a du bois solide dans cette idiotie.Quant aux dĂ©mons, ils ont offert des souvenirs et menacĂ© dâappeler les darons si lâon osait les rĂ©-invoquer. La menace est claire. La prochaine fois, lâenfer enverra les parents. Ce qui, dans beaucoup de familles nobles, constitue effectivement une escalade militaire. Les RuthvĂšnes peuvent venir dĂ©fendre cette mĂ©thode de gouvernement. Les dĂ©mons peuvent dĂ©poser une rĂ©clamation. Les perdants peuvent expliquer que vingt quatre heures de trĂŽne ne vaut pas une dignitĂ© froissĂ©e. La maison fournit les mouchoirs mais pas la crĂ©dibilitĂ©. Permettez-moi maintenant de tirer un fil vers GĂ©ofront, car lorsquâune province rĂ©pĂšte toute la journĂ©e quâelle veut partir, il serait impoli de ne pas tendre lâoreille. GĂ©ofront a parlĂ©. Beaucoup. Trop selon les standards de certains royaumes. Pas assez selon les standards dâune province qui dĂ©couvre que sa colĂšre a enfin une acoustique. Malcom Ravenloft a rappelĂ© les nuits blanches des laboratoires de Sanctuaire, la dette technologique du Royaume et le traitĂ© que ses habitants estiment avoir dĂ©fendu. Alice Ravenloft a parlĂ© de signe, de pĂȘche fructueuse, de Grande DĂ©esse et de ce Royaume de lâenfance qui semble disparaĂźtre comme un portrait quâon laisse sous la pluie. ZĂ©phiria de Pont-Krivell, Ninoo Chantargent, Mandy Chantargent, Soeur Shoshana von Zyklon et dâautres voix ont toutes frappĂ© le mĂȘme mur. Le Royaume ne protĂšge plus. Le Royaume taxe. Le Royaume pactise avec des dĂ©mons. Le Royaume Ă©coute mal. Le Royaume nâa plus le droit de demander lâamour de ses provinces quand il ne sait mĂȘme plus garder leur confiance.Les voix du GĂ©ofront sâest levĂ©es avec une obstination qui mĂ©rite lâattention. On y parle dâindĂ©pendance, de Provinces IndĂ©pendantes, de Seele, de fin dâoccupation et de rupture avec le Royaume. Câest une chose trĂšs dangereuse, la rĂ©pĂ©tition. Une insulte rĂ©pĂ©tĂ©e devient une rĂ©putation. Une plainte rĂ©pĂ©tĂ©e devient une revendication. Une revendication rĂ©pĂ©tĂ©e devient un drapeau.Et que fait la RuthvĂ©nie pendant ce temps. Elle envoie des appels Ă lâallĂ©geance et des impĂŽts qui montent. Jean-Messie de la Nation modifie les taux de GĂ©ofront et de Crab Key, puis explique avec cette langue moitiĂ© royaume moitiĂ© bureau dâimport export que la volontĂ© royale attend un retour dâappel. Ah, le retour dâappel. Toute monarchie finit un jour par ressembler Ă un crĂ©ancier qui laisse un message poli avant dâenvoyer les chiens.Il y a lĂ une contradiction parfaite. La couronne demande de lâallĂ©geance Ă des gens qui expliquent prĂ©cisĂ©ment que lâallĂ©geance leur Ă©touffe la gorge. Elle rĂ©clame lâunitĂ© en serrant le portefeuille. Elle dĂ©couvre ensuite que le peuple gronde. Les taxes ont servis de sermon avec facture jointe. Il est fascinant de voir une noblesse Ă©tonnĂ©e que la mule rue aprĂšs avoir reçu la selle, la bride, le bĂąton et le reçu. GĂ©ofront, tu peux venir parler. Les partisans de lâindĂ©pendance, les nostalgiques du Royaume, les seeliens, les laborantins, les gens qui ont des traitĂ©s dans une main et une torche dans lâautre, les lignes sont ouvertes. La RuthvĂ©nie peut aussi rĂ©pondre si elle trouve une formule qui ne ressemble pas Ă un impĂŽt dĂ©guisĂ© en cĂąlin.Mais avant de quitter cette province qui grince, je voudrais attirer votre attention sur Soeur Shoshana von Zyklon. Un roi qui pactise avec les dĂ©mons et finit troisiĂšme du dĂ©fi, dit-elle en substance, est peu convaincant. Câest injuste. Le roi nâa pas simplement pactisĂ© avec des dĂ©mons. Il a Ă©tĂ© remplacĂ© par celui qui a gagnĂ© le concours des dĂ©mons. La nuance est mince mais elle brille comme une lame.Passons au ValĂ©gro, oĂč la RĂ©publique de Kraland continue de prouver que le Bonheur Universel est compatible avec les enclumes, les rebelles, les primes et les discours qui sentent la peinture fraĂźche sur une cellule. Jean-Luc Selriche, devenu Bourgmestre de Fort Emouchet, sâest versĂ© une prime de cent FK avant dâexpliquer que tout allait trĂšs bien en Moldavie. Quand un responsable politique commence par dire que tout va trĂšs bien, vĂ©rifiez immĂ©diatement les caves, les prisons et les fenĂȘtres. Il a parlĂ© de deux Moldavie non plus face Ă face mais cĂŽte Ă cĂŽte. Câest beau. Deux catastrophes cĂŽte Ă cĂŽte restent une catastrophe mais avec plus de symĂ©trie. Il a ensuite Ă©voquĂ© lâAustralinisation dâ Emile Liarr, dĂ©clarant en rĂ©sumĂ© que le camarade avait Ă©tĂ© accusĂ©, jugĂ©, reconnu coupable et condamnĂ© en moins de cinq minutes tant les preuves Ă©tait flagrantes, mais quâil nâavait pas accĂšs au dossier. VoilĂ une merveille dâadministration rouge. On ne sait rien mais tout est certain. On nâa pas le dossier mais la vĂ©ritĂ© est formelle. On ne voit pas les preuves mais elles brillent tellement quâil faut dĂ©tourner les yeux.Puis vient le dĂ©dommagement Ă PrĂ©cieuse de Tomosan. Cent FK pour supporter seule ses charges aprĂšs la perte de son fiancĂ©. CâĂ©tait cinquante au dĂ©part, dit Selriche, mais il a forcĂ©. La gĂ©nĂ©rositĂ© kralandaise a donc doublĂ© le prix dâune tragĂ©die domestique. Nous sommes face Ă une civilisation capable de transformer un drame amoureux en remise administrative, puis de se fĂ©liciter dâavoir ajoutĂ© la monnaie pour que lâhumiliation sonne mieux sur la table. Sir McRabbit parlemente, Ranxerox abandonne le combat, les rebelles frappent, les bourgeois dĂ©cadents entrent en rĂ©bellion, Sysson tente de rendre un hĂŽtel autonome et Kenza place les gens sous surveillance. Chacun pose sa brique sur lâĂ©difice. Les lapins a leurs terriers, les rouges ont leurs formulaires, les insurgĂ©s ont leurs murs et la ville se retrouve au milieu, tirĂ©e comme une nappe pendant un banquet oĂč personne nâa assez de bonnes maniĂšres pour lĂącher les couverts.Le ValĂ©gro est devenu ce que Kraland fait de mieux quand il veut rassurer le monde. Un problĂšme avec un drapeau impeccable.Les ValĂ©grognards peuvent venir nier. Les lapins peuvent gratter au micro. Jean-Luc Selriche peut expliquer encore une fois que tout va bien. Nous promettons de ne pas rire avant la troisiĂšme phrase.Il faut aussi parler du Khanat ElmĂ©rien, parce quâun pays qui rĂšgle ses tensions Ă coups de tartes Ă la crĂšme et de technologies volantes mĂ©rite au moins un regard depuis notre cathĂ©drale de fumĂ©e.Dans la Bouletie et la Bananie, Tifa LockHeart reçoit des soutiens pour devenir Grande Khane. Pigeon Ronron vote pour elle au nom de lâ ElmĂ©rie, fRAN9OIS6aNDR2 vote pour elle au nom de la Capsulie et une organisation secrĂšte ACTION ANTI-TIFASCISTE surgit comme une mauvaise herbe politique sous un palais. Dans le mĂȘme mouvement, les tartes Ă la crĂšme volent. Light Deathnote vise Tifa, Passe-Muraille rate sa cible, fRAN9OIS6aNDR2 atteint Aurelthar et chacun semble croire que la pĂątisserie est une forme de doctrine.Ce nâest pas idiot. Une tarte Ă la crĂšme a au moins lâhonnĂȘtetĂ© de laisser une preuve sur le visage. Tifa parle dâentente possible, de Boulets qui marchent pendant que dâautres volent et de peuples qui peuvent Ă©voluer ensemble mĂȘme si personne ne comprend le plan de lâespace. Câest trĂšs Khanat. On commence par une crise de reprĂ©sentativitĂ©, on finit par une mĂ©taphore aĂ©rienne et quelquâun pompe une unitĂ© dâexploitation en arriĂšre-plan. Kubilai Khan Seraven pompe encore et encore pour rĂ©colter une UE, ce qui prouve que dans le doute, le Khanat prĂ©fĂšre une action rĂ©pĂ©titive Ă une pensĂ©e trop prĂ©cise.Il y a pourtant lĂ une vĂ©ritĂ© que les nations plus policĂ©es oublient. Le Khanat vit parce quâil accepte sa propre absurditĂ©. Il ne la cache pas derriĂšre un velours royal ou un lexique rĂ©volutionnaire. Il la peint, la tape avec une tarte, la met sur un cheval, la fait voler et lâappelle tradition. Câest primitif, peut-ĂȘtre. Câest efficace, parfois. Câest bruyant, souvent. Mais au moins, quand une crise Ă©clate lĂ -bas, on voit la crĂšme. Les Khanates, les anti-Tifascistes, les partisans de la tarte et les dĂ©fenseurs du pompage peuvent venir expliquer leur doctrine. Nous accepterons les graphiques sâils sont comestibles. Mais pendant que les tartes volent, la vraie guerre se lĂšve ailleurs. Kraland et le Paradigme Vert se retrouvent en guerre aprĂšs que des paramilitaires venus de la RĂ©publique ont tirĂ© sur le palais du Gouverneur de lâ Ăle aux Kanards. Logan Komikov propose ensuite la paix avec un discours de confusion presque touchant, parlant dâun groupe dissident armĂ© kralandais, de faux drapeau et de la promesse de colmater chaque trou de balle Ă leurs propres frais grĂące Ă la B.I.T.E. La RĂ©publique de Kraland est magnifique dans ces moments. Elle arrive avec un incendie derriĂšre elle et demande que tout le monde reste calme pendant quâelle cherche le seau, le responsable et le slogan qui transformera la fuite en progrĂšs.Le Paradigme Vert, de son cĂŽtĂ©, nâa pas besoin de faire grand chose pour rendre la scĂšne plus absurde. Il suffit quâil soit lĂ , avec ses arbres, ses oiseaux, ses convictions et ses palais qui prennent les balles. LâĂ©cologie politique dĂ©couvre alors une vĂ©ritĂ© simple. MĂȘme les idĂ©aux les plus verts brĂ»lent trĂšs bien quand quelquâun leur tire dessus.Ailleurs dans le vert, une onde de paix traverse la ForĂȘt de Jade, ce qui pousse les habitants Ă abandonner toute envie de se battre pour vingt quatre heures. Câest probablement lâĂ©vĂ©nement le plus suspect de la journĂ©e. Une province entiĂšre sans envie de se battre. Jâen frissonne. La paix soudaine est toujours inquiĂ©tante. Elle donne aux gens le temps de penser et rarement pour le meilleur.Les Kralandais peuvent venir expliquer la diffĂ©rence subtile entre un groupe dissident et un coup foireux. Les Verts peuvent venir rĂ©clamer des excuses, des rĂ©parations ou des arbres de remplacement. La B.I.T.E peut aussi se prĂ©senter mais la direction se rĂ©serve le droit de rire du nom pendant lâinspection.Il reste le chapitre des petites catastrophes qui disent souvent plus vrai que les grands discours. Sylex Kisugi vole une sculpture, se fait tirer dessus par une dĂ©fense laser, perd son poste de Ministre de lâInformation, se livre aux autoritĂ©s, sort de prison puis se fait agresser par des moutons. VoilĂ une journĂ©e complĂšte. Il y a lĂ toute une philosophie de la chute. Dâabord lâart, ensuite le laser, puis la disgrĂące, la prison et les moutons. Si la RuthvĂ©nie cherchait une devise, elle pourrait faire pire. Kramara Kisugi, aprĂšs avoir reçu des fonctions dâĂ©lĂ©gance, tente de voler Koshka, perd son poste dâArbitre des ĂlĂ©gances et finit en prison avec de la drogue confisquĂ©e. Je ne veux pas accabler cette institution naissante mais il faut avouer que lâĂ©lĂ©gance a connue un dĂ©part compliquĂ©. Ă peine installĂ©e, elle fouille dĂ©jĂ les poches. Cela dit, dans le Cybermonde, voler quelquâun avec style reste supĂ©rieur Ă gouverner sans. ZĂžra reçoit une enclume sur la tĂȘte et se fait agresser par des rebelles. Joe le trĂšs trĂšs terrible attaque des scieries dans le Milieu. Pr Jean-Michel Nobyl brĂ»le des notes scientifiques importantes. Vostroyan et Bressia guerroient dans la jungle contre des pygmĂ©es cannibales avec des tam-tams, des pandas et des caravanes mimĂ©tiques. Les moutons agressent. Les homards agressent. Les piquosaures agressent. Les humains parlent. Je ne suis pas certaine que les monstres soient les plus dangereux de la liste.Câest cela, le Cybermonde. On croit suivre des gouvernements et lâon dĂ©couvre une collection dâanimaux, de chantiers, de tartes, de crimes, de dĂ©clarations enflammĂ©es, de taxes, de petits vols, de grands orgueils et de bĂątiments qui perdent une piĂšce comme certains ministres perdent leur poste. Fausse analyse morale de la soirĂ©e, puisque les auditeurs aiment que je donne Ă mes prĂ©jugĂ©s la forme dâun vitrail. Les nations qui prĂ©tendent chercher la stabilitĂ© sont celles qui tremblent le plus. La RĂ©publique de Kraland affirme vouloir lâordre mais transforme chaque territoire en rĂ©union de crise avec prime compensatoire. La RuthvĂ©nie parle de couronne mais loue son trĂŽne comme une chambre dâauberge. Le Khanat ElmĂ©rien crie libertĂ© tout en comptant ses votes entre deux tartes. Le Paradigme Vert aime la paix jusquâĂ ce que la guerre lui entre par la fenĂȘtre. La ConfĂ©dĂ©ration du Bisou cherche des ministres comme on cherche des volontaires pour vider une fosse. Et lâEmpire Brun, naturellement, observe tout cela depuis le velours avec la patience dâun prĂ©dateur qui sait que les proies fatiguĂ©es courent moins vite.Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Jean-Luc Selriche peut expliquer le juste prix dâun fiancĂ© perdu. Golgoth Ruthven peut raconter comment lâon gouverne en vingt quatre heures sans oublier ses clefs. Bladimir peut dĂ©fendre la dignitĂ© du MinistĂšre de la PĂȘche, de la BiĂšre et du Football. GĂ©ofront peut venir dĂ©poser son traitĂ©, sa colĂšre ou son canapĂ©. Tifa LockHeart peut commenter la rĂ©sistance de la crĂšme diplomatique. Kara de Pont-Krivell peut confirmer que la plage reste une litiĂšre protĂ©gĂ©e par la morale supĂ©rieure des chats.Quant aux habitants de Sicilia, vous pouvez venir corriger cette Ă©mission si vous avez une version plus sale, plus drĂŽle ou plus compromettante. Les taverniers seront servis avant les nobles. Les blessĂ©s avant les diplomates. Les chats avant tout le monde.Ici Kleo, depuis la salle du trĂŽne de lâEmpire Brun, sous les crĂąnes, les chandelles, les rideaux pourpres et cette toile qui nâa jamais prĂ©tendu ĂȘtre neutre. |
14/07 (23:40) | ||
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J ai été surprise par ce mouvement anti moi mais comme je dis.... Tant que y a de l action que ce soit pour ou contre moi ça me va
Figurez vous (...)
J ai été surprise par ce mouvement anti moi mais comme je dis.... Tant que y a de l action que ce soit pour ou contre moi ça me va
![]() Figurez vous qu une enquĂȘte m a dĂ©voilĂ© le nom de la personne qui a fait des graffitis au palais et j ai Ă©tĂ© surprise ! Comme quoi l ennemi n est pas toujours celui qu'on pense... |
14/07 (23:53) | Tifa LockHeart |
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16 Juillet 6662026
[spoiler]Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, GĂ©nĂ©rale de lâEmpire (...)
![]() 16 Juillet 6662026 Spoiler Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, GĂ©nĂ©rale de lâEmpire Brun, voix officieuse de Sicilia et journaliste parfaitement impartiale puisque jâai la dĂ©cence de mĂ©priser les autres nations dans un ordre logique. Mes yeux bleus sont ouverts. Ma coupe est pleine. Mes notes sont prĂȘtes. Et le Cybermonde, fidĂšle Ă son goĂ»t du ridicule, vient encore de se prendre les pieds dans sa cape.Ce soir, nous parlerons dâun royaume qui prĂȘte son trĂŽne comme on prĂȘte une chaise, dâune province qui miaule la paix au milieu des coups, dâun GĂ©ofront qui veut sortir de la cage pendant quâon lui explique la beautĂ© des barreaux, dâun Khanat qui transforme ses tensions en tartes et en duels, dâune Sicilia qui continue de faire ce quâune vraie province fait de mieux, tenir debout malgrĂ© les rumeurs et dâun monde oĂč mĂȘme les moutons semblent avoir un avis politique.Commençons par le grand numĂ©ro de la RuthvĂ©nie, ce théùtre monarchique oĂč le trĂŽne a tournĂ© plus vite quâun serveur de taverne pendant une soirĂ©e de paie.Hier encore, le Cybermonde observait cette Course au TrĂŽne Maudit avec le sĂ©rieux bizarre quâon rĂ©serve aux catastrophes habillĂ©es en jeu de sociĂ©tĂ©. Lord Golgoth Ruthven avait gagnĂ©, ce qui dans une monarchie normale lui aurait donnĂ© un rĂšgne, un programme, peut ĂȘtre une guerre et deux portraits officiels trop chers. Ici, on lui a donnĂ© le trĂŽne pour vingt quatre heures. Vingt quatre heures. MĂȘme un bon ragoĂ»t peut durer plus longtemps quâun rĂšgne ruthvĂšne si on le rĂ©chauffe avec patience. Golgoth nâa pourtant pas gĂącher son petit crĂ©neau de souverain express. Il a signĂ©, nommĂ©, rĂ©compensĂ©, distribuĂ© des postes, proposĂ© la paix au Khanat ElmĂ©rien et acceptĂ© la paix de la ConfĂ©dĂ©ration Libre, ce qui donne Ă son passage sur le trĂŽne cette Ă©trange allure de dĂ©mĂ©nagement fait Ă toute vitesse pendant que le propriĂ©taire attend sur le seuil. Il a mĂȘme rĂ©compensĂ© Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ avec une jarretiĂšre de reine, ce qui prouve quâen RuthvĂ©nie, le trĂ©sor national peut parfois ĂȘtre retrouvĂ© sous une commode et remis avec gravitĂ© Ă quelquâun qui a couru aprĂšs des camions.Puis, dans un geste presque beau si lâon oublie tout ce qui lâentoure, Golgoth a passĂ© la main Ă Soeur Shoshana von Zyklon. La voilĂ Reine. Pour quelques minutes. Elle a eu le temps dâappeler son rĂšgne la ThĂ©ocratie Royale, de rĂ©clamer la baisse des taxes de GĂ©ofront Ă vingt pour cent, de replacer Golgoth au MinistĂšre de lâIntĂ©rieur et dâexpliquer que la Seele vaincra avant que Ombre Minusculique ne claque des doigts pour rendre le trĂŽne Ă Tormenta Ruthven. Certains peuples gravent leurs rĂšgnes dans le marbre. La RuthvĂ©nie les note sur un mouchoir avec une encre qui sĂšche Ă peine.Et Tormenta revient.Le roi cyclope remonte sur le trĂŽne, remercie, sourit, loue ses ministres et jure que Bladimir ne lâen fera pas descendre de force. Câest un beau serment. Un peu comme fermer une porte aprĂšs avoir laissĂ© passer trois rois, une reine, un dĂ©mon et un ministĂšre de la PĂȘche, de la BiĂšre et du Football. Le geste a du panache. LâefficacitĂ© restera Ă examiner.Je ne vais pas mentir, mes petits auditeurs. Il y a dans cette valse ruthvĂšne une forme de gĂ©nie involontaire. Un rĂšgne de vingt quatre heures rĂ©duit les risques. Le souverain nâa pas le temps de devenir tyran. Il nâa pas le temps de bĂątir un palais. Il nâa pas le temps de comprendre ses dossiers. Il a tout juste le temps de nommer trois personnes, de remercier deux cousins et de dĂ©couvrir que lâHistoire lui demande dĂ©jĂ les clefs. Câest peut ĂȘtre la monarchie du futur. Une couronne jetable, en carton. Les RuthvĂšnes peuvent venir nier. Golgoth peut venir expliquer comment gouverner en apnĂ©e. Shoshana peut dĂ©fendre la thĂ©ocratie royale la plus courte de la saison. Tormenta peut venir rĂ©cupĂ©rer son sĂ©rieux sâil se souvient oĂč il lâa posĂ©.Mais pendant que les couronnes font du manĂšge, GĂ©ofront continue de gronder.VoilĂ une province qui a compris une chose essentielle. Quand on vous demande votre allĂ©geance en serrant les taxes autour de votre gorge, il est permis de tousser. Et GĂ©ofront tousse fort. ZĂ©phiria de Pont-Krivell, Makoto Natsume, Daofin Meur, Darth Leo, Soeur Shoshana von Zyklon et les autres voix du Sanctuaire ont martelĂ© encore et encore leur refus du Royaume de RuthvĂ©nie. Le Royaume est critiquĂ©, contestĂ©, accusĂ© dâinstabilitĂ©, dâoubli, de mĂ©pris, dâabus fiscal et de rĂ©gner avec des dĂ©mons dans les coulisses.On voit souvent les monarchies se plaindre que les provinces ne comprennent pas la grandeur de la couronne. Câest vrai. Les provinces, les vrais gens, ceux qui ont des murs, des laboratoires, des dettes, des traitĂ©s et des moutons parfois beaucoup trop proches, ne comprennent pas toujours la grandeur dâune couronne qui passe de tĂȘte en tĂȘte comme un chapeau mouillĂ© dans une fĂȘte de village. Soeur Shoshana le dit elle mĂȘme. Un roi qui pactise avec des dĂ©mons et finit troisiĂšme du dĂ©fi, câest peu convaincant. Puis elle devient reine quelques minutes plus tard grĂące au mĂȘme systĂšme. VoilĂ une contradiction magnifique. Je la garde. Je lâencadre. Je la suspend au mur avec les autres preuves que la politique nâest quâune maladie qui apprend Ă parler. Darth Leo, lui, soutient briĂšvement Golgoth comme cousin mais remet toutes les options sur la table. Le GĂ©ofront ne ferme donc pas la porte. Il lâouvre juste assez pour laisser entrer Kraland, les Provinces IndĂ©pendantes, lâautonomie, la rancune et peut ĂȘtre un courant dâair assez fort pour faire tomber un vieux traitĂ©. Câest trĂšs Ă©lĂ©gant. TrĂšs dangereux aussi. Les provinces qui disent vouloir de la distance finissent rarement par demander simplement un autre coussin.Je voudrais attirer votre attention sur un dĂ©tail. Ce nâest pas seulement une rĂ©volte contre une taxe. Ce nâest pas seulement une bouderie de laboratoire. Câest une crise dâappartenance. GĂ©ofront ne demande pas seulement combien il doit payer. Il demande qui a encore le droit de lui demander quelque chose. Une nation qui ne sait plus rĂ©pondre Ă cette question commence dĂ©jĂ Ă perdre ses murs.Les reprĂ©sentants du Royaume peuvent venir rĂ©pondre. Les partisans de GĂ©ofront peuvent venir tĂ©moigner. Les gens qui aiment les traitĂ©s peuvent les apporter au studio. Nous avons une table assez grande pour les textes sacrĂ©s et une cheminĂ©e assez grande pour les dĂ©ceptions.VoilĂ qui nous mĂšne naturellement au ValĂ©gro, car chaque fois quâune province pense avoir atteint son maximum dâabsurditĂ©, Fort Emouchet se lĂšve, ajuste sa chemise et demande quâon lui tienne sa pastĂšque.La fĂȘte de la PassTek devait ĂȘtre un moment de paix, dâamitiĂ©, de Bonheur Universel, de grands discours et de jus sucrĂ© servi dans une province qui aurait sĂ©rieusement besoin dâeau froide sur la tĂȘte. Alice Ravenloft a tout donnĂ©. Elle a chantĂ© le Grand Miaou, distribuĂ© lâamitiĂ© Ă pleines pattes, louĂ© Baptiste, Koshka, Ranxerox, Jean-Luc Selriche, Roger St Misles et probablement tout ce qui respirait assez doucement pour ne pas lui mordre le micro. Le Commissariat du Bonheur lui a mĂȘme remis une Pastille du Bonheur, couronnant son apprentissage du Miaou Universel.Câest touchant. Câest doux. Câest terrifiant. Quand une fĂȘte rĂ©ussit Ă rĂ©unir des Kralandais, des RuthvĂšnes, des lapins, des pirates, des chats, des policiers, des rebelles, des discours dâamitiĂ© et des cages en construction, on ne sait plus trĂšs bien si lâon assiste Ă une rĂ©conciliation ou Ă un piĂšge avec musique. Jean-Luc Selriche, lui, continue de dire que tout va trĂšs bien. Il rĂ©pĂšte que Fort Emouchet est paisible, que les vellĂ©itĂ©s aristocrato bourgeoises se sont tues, que tout le monde cĂ©lĂšbre la fĂȘte dans une ambiance bonne enfant et quâil nây a plus de sujet valĂ©grognard sur la table. Ce qui est une phrase fascinante Ă prononcer dans une ville oĂč des rebelles agressent, oĂč des enclumes tombent sur des tĂȘtes, oĂč les Provinces IndĂ©pendantes sont applaudies, oĂč Kraland mobilise son Polit Bureau, oĂč Sir McRabbit devient une cause Ă oreilles et oĂč lâon bĂątit une cage.Tout va bien, dit Selriche.Il y a des gens qui disent tout va bien comme dâautres mettent un drap sur un cadavre en laissant dĂ©passer les bottes. K Velzard sâexprime en langage des signes, organise une marche silencieuse en faveur de Kraland, remercie ses amis, lance des concours de tonte de moutons, parle de jus de pastĂšque avec de la shlibu et prouve une fois encore que la RĂ©publique sait transformer une crise territoriale en kermesse disciplinaire. Alex KidoWski lance une tarte Ă la crĂšme sur Sir McRabbit et explique que les lapins portent malheur aux marins. Korail soutient Ă la fois le Royaume, lâindĂ©pendance et le pauvre petit lapin qui a perdu son terrier. BohĂ© dâUmont rejoint la danse au nom du Royaume Pirate de RuthvĂ©nie avec un argument presque noble. Suivre le plan dâun lapin peut sembler fou mais qui ne tente rien nâa rien.Le ValĂ©gro est donc entrĂ© dans cette phase rare oĂč tout le monde parle de paix avec des objets contondants cachĂ©s derriĂšre le dos. Il y a lĂ une leçon. Quand une province a besoin dâautant de fĂȘtes pour prouver quâelle va bien, câest quâelle va probablement se mettre Ă hurler dĂšs que la musique sâarrĂȘte.Les lapins peuvent venir dĂ©fendre leur terrier. Les Kralandais peuvent venir expliquer pourquoi une cage est un outil de convivialitĂ©. Alice peut venir chanter encore si elle accepte que nous gardions les fenĂȘtres ouvertes. Les habitants de Fort Emouchet peuvent dĂ©poser leurs pastĂšques, leurs plaintes et leurs blessures dans lâordre qui leur semble le plus rĂ©publicain. Quittons un moment la pastĂšque et revenons vers une province qui au moins, quand elle est absurde, a la politesse de ne pas se prĂ©tendre tendre.VoilĂ maintenant le Khanat ElmĂ©rien, ce grand tambour qui frappe parfois juste par accident.La Bananie et lâ ElmĂ©rie ont offert ce que le Khanat sait produire avec une constance admirable. Du soutien tribal, de la violence douce, des tartes Ă la crĂšme, des duels, des dĂ©clarations qui sentent la sueur, la fiertĂ© et le poulet frit. Tifa LockHeart continue dâattirer les votes et les mouvements anti elle comme une torche attire les insectes ambitieux. Les provinces votent pour elle, les murs parlent contre elle, les tartes volent autour dâelle et elle semble considĂ©rer que toute action, pour ou contre, nourrit encore sa lĂ©gende.Ce nâest pas entiĂšrement faux. Le pouvoir qui ne provoque ni amour ni colĂšre nâest dĂ©jĂ plus quâune chaise. Pigeon Ronron et Mademoiselle se sont lancĂ©s dans des duels oĂč lâhonneur ressemble Ă un poulet frit tombĂ© dans la poussiĂšre. Mademoiselle fanfaronne aprĂšs avoir pliĂ© Ronron comme une chaise de camping. Ronron rĂ©pond que lâintelligence a eu raison de la force puis explose de colĂšre parce quâil ne peut pas faire des nĆuds en huit comme il voudrait. Jâavoue que le passage mâa Ă©mue. Dans le Khanat, mĂȘme la frustration a des muscles.Pendant ce temps, Passe-Muraille tente de voler, se livre aux autoritĂ©s et finit dans cette petite boucle dĂ©licieuse oĂč lâon veut jouer au voleur puis au citoyen. Light Deathnote lance sa tarte sur Tifa, Passe-Muraille rate, fRAN9OIS6aNDR2 vise Aurelthar et le dĂ©bat public prend la forme dâune pĂątisserie lancĂ©e Ă hauteur de visage. Je le dis trĂšs sĂ©rieusement. Le Cybermonde gagnerait parfois en honnĂȘtetĂ© si tous les discours Ă©taient remplacĂ©s par des tartes. Au moins, lorsquâun argument touche, on le voit.Mais le Khanat ne fait pas que lancer de la crĂšme. Il avance, il vote, il dĂ©fend, il sâagite, il se contredit et il continue de vivre par ses gestes plus que par ses phrases. Câest peut ĂȘtre pour cela quâil dĂ©range. Il nâa pas toujours une doctrine claire. Il a mieux. Il a de lâĂ©lan. Un Ă©lan mal coiffĂ©, bruyant, parfois primitif et souvent couvert de farine mais un Ă©lan quand mĂȘme. Les Khanates peuvent venir corriger cette analyse. Les anti Tifa peuvent sâexpliquer. Les partisans de Mademoiselle peuvent apporter des graines pour Ronron. Les lanceurs de tartes doivent les dĂ©poser Ă lâentrĂ©e pour inspection journalistique et dĂ©gustation Ă©ventuelle. Kleo tourne un nouveau parchemin. Une note plus grave traverse la radio. Le bois craque quelque part dans la salle.Il faut aussi parler des grands voisins qui se prennent pour des civilisations. Le Paradigme Vert a reçu son lot de prĂȘches, de nominations, de miracles et de science qui brĂ»le par erreur ses propres notes. Mina dâOrchidia a parlĂ© de temple, de Grande DĂ©esse, de douleur, de grĂące, de nature et de diversitĂ© religieuse. Elle a nommĂ© Lozana Shizen dâExcelizor Inspectrice Ăcologique et annoncĂ© que le travail juridique avance pour officialiser le Culte de la Grande DĂ©esse aux cĂŽtĂ©s de la Conscience Universelle. Une intervention divine aurait mĂȘme guĂ©ri des maladies. Les religions ont ceci dâadmirable quâelles rĂ©ussissent Ă transformer un imprĂ©vu mĂ©dical en argument de recrutement.Pendant ce temps, Bartolomus Ravenloft dĂ©couvre la technologie Aide Divine aprĂšs que Pr Jean-Michel Nobyl a brĂ»lĂ© des notes importantes. VoilĂ un Ă©quilibre presque parfait. La science perd trois points dans le feu et la divinitĂ© en gagne une porte dâentrĂ©e. Le Paradigme aime tellement la nature quâil laisse mĂȘme le hasard pousser dans ses laboratoires.La ConfĂ©dĂ©ration Libre, elle, continue de chercher des ministres comme une taverne cherche un serveur un soir de solde. Roger St Misles nomme Ernst Blofeld VI Ă lâIntĂ©rieur, Pascal Croc Ă lâInformation et la ConfĂ©dĂ©ration du Bisou se dote dâune campagne de sĂ©curitĂ© oĂč la police devient plus efficace. Ernst prĂ©cise quâelle ne dĂ©teste pas lâillĂ©galitĂ©, car elle a du bon parfois, mais tout de mĂȘme on ne va pas se laisser faire. VoilĂ la dĂ©mocratie rose dans toute sa puretĂ©. Elle embrasse lâillĂ©galitĂ© sur les deux joues puis lui demande de passer au commissariat.Il y a lĂ une diffĂ©rence avec lâEmpire Brun. Nous ne prĂ©tendons pas que le pouvoir est propre. Nous savons simplement oĂč ranger les serpilliĂšres. Les confĂ©dĂ©rĂ©s peuvent venir dĂ©fendre le Bisou armĂ©. Les thĂ©ocrates peuvent venir expliquer la diffĂ©rence entre miracle et coĂŻncidence utile. Les chercheurs peuvent apporter leurs notes restantes. Nous fournirons un cendrier. Et puisque nous parlons de cendres, concluons par cette magnifique poussiĂšre dâincidents qui donne au Cybermonde son parfum de cave humide. Baptiste Le Tellier se fait agresser trois fois par des Rapaces TĂ©mĂ©raires puis quitte son poste de Commissaire pour devenir Sergent, annonçant quâil est temps que lâArmĂ©e reprenne la main face Ă lâhĂ©rĂ©sie des dĂ©mons sur le trĂŽne. Câest un parcours logique. AprĂšs trois rapaces, beaucoup de gens dĂ©couvriraient aussi une vocation militaire. Roger St Misles se fait assassiner Ă Fort Emouchet. PrĂ©cieuse Liarr, en Australine, trouve une terre riche pour lâĂ©levage et brosse des moutons presque sauvages dans un enclos bancal. Emile Liarr devient Bras Droit du Big Boss. VoilĂ un couple qui transforme le bagne en nouvelle rĂ©sidence secondaire avec perspective agricole. Certains appellent cela une chute. Moi jây vois une reconversion avec laine. ZĂžra reçoit une enclume sur la tĂȘte. Baptiste croise des rapaces. Passe-Muraille croise des champignons, une araignĂ©e Ă©boueuse et la police. Max Nesium agresse un BishĂŽnen Assassin. MaĂźtre dâArmes se fait assassiner. Des cages se construisent. Des scieries se reconstruisent. Des moutons deviennent concours. Des pastĂšques deviennent politique. Des discours dâamitiĂ© deviennent opĂ©rations diplomatiques. Et tout le monde prĂ©tend encore quâil y a une diffĂ©rence nette entre gouvernement, taverne et basse-cour.Les royaumes louent leurs trĂŽnes Ă la journĂ©e. Les rĂ©publiques chantent le bonheur en construisant des cages. Les provinces menacĂ©es rĂ©clament leur distance. Les tribus sâexpliquent Ă coups de crĂšme. Les dĂ©mocraties roses recrutent des ministres comme on colmate une barque. Les thĂ©ocraties sentent venir les dieux dĂšs que la science tousse. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que cette Ă©mission a touchĂ©e juste. Jean-Luc Selriche peut expliquer pourquoi tout va bien sous les enclumes. Alice Ravenloft peut dĂ©poser un nouveau Miaou si elle accepte quâil soit fouillĂ© Ă lâentrĂ©e. Tormenta, Golgoth et Shoshana peuvent dĂ©battre de la durĂ©e minimale dâune monarchie. GĂ©ofront peut venir avec ses traitĂ©s. Tifa peut envoyer les noms des graffiteurs. Les autres peuvent aussi essayer. Je ne promets pas de faire semblant de mâintĂ©resser.Ici Kleo, depuis la salle du trĂŽne de lâEmpire Brun, sous les crĂąnes, les dorures anciennes, les rideaux pourpres et la toile qui nâa jamais demandĂ© lâautorisation dâexister. C'Ă©tait l'Ă©mission pour hier celle de cette nuit vient aprĂšs ce cours spot publicitaire. Adblock detected. Compte a rebours commencĂ©. |
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17 Juillet 6662026
[spoiler]Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, GĂ©nĂ©rale de lâEmpire (...)
![]() 17 Juillet 6662026 Spoiler Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, GĂ©nĂ©rale de lâEmpire Brun, chroniqueuse de mauvaise foi certifiĂ©e par lâusage et journaliste parfaitement impartiale puisque lâimpartialitĂ© consiste surtout Ă savoir qui mĂ©rite dâĂȘtre mĂ©prisĂ© en premier. Mes yeux bleus sont ouverts. Mon parchemin est dĂ©roulĂ©. Ma coupe est pleine. Et le Cybermonde vient encore de prouver quâil lui faudrait moins de constitutions et davantage de couvercles. Ce soir, nous parlerons dâun roi qui reçoit un trĂŽne avec vingt deux piĂšces en caisse, dâun GĂ©ofront qui demande le divorce pendant quâon lui fait des promesses de dialogue, dâun ValĂ©gro oĂč lâon pense si fort que les chapelles disparaissent, dâune Sicilia qui baisse ses taxes parce que certains y agissent au lieu de geindre, dâun Khanat oĂč lâon usurpe avec lâesprit Boulet, dâune Mystisie qui soigne ses traditions Ă la poudre et dâune journĂ©e oĂč les rebelles, les moutons, les enclumes et les tartes ont encore servi de ponctuation Ă la grande phrase politique.Ne cherchez pas un sens. Le sens a demandĂ© lâasile en Australine.Commençons par la RuthvĂ©nie, puisque jamais royaume nâa autant ressemblĂ© Ă une chaise musicale jouĂ©e dans une cave par des gens armĂ©s de couronnes. Tormenta Ruthven avait jurĂ© que Bladimir Bladimirovitch Mutin ne le dĂ©choirait pas de son trĂŽne. Alors, dans une manĆuvre qui mĂ©rite au moins une rĂ©vĂ©rence de mauvaise foi, il lui a donnĂ© lui-mĂȘme. Pas de coup dâĂtat. Pas de renversement. Pas de drame officiel. Juste une transmission libre, presque Ă©lĂ©gante, avec cette petite odeur de piĂšge bien cirĂ© qui flotte dans les grands couloirs nobles quand les gens disent agir sans contrainte. Bladimir arrive donc roi.Et il dĂ©couvre que Tormenta lui laisse vingt deux couronnes dans la caisse.Vingt deux. Mes chers auditeurs, je vous demande une seconde de silence pour les finances ruthvĂšnes. Pas une minute. Ce serait trop cher. Vingt deux couronnes pour relancer un royaume, nommer un gouvernement, traiter le cas GĂ©ofront, nĂ©gocier avec Kraland, remettre lâarmĂ©e en ordre de marche, calmer les provinces, rĂ©parer lâorgueil, nourrir la cour et faire semblant que tout cela est encore une monarchie et non une auberge en fin de mois. Bladimir a beau parler de pactes honorĂ©s, de bases saines et de rĂšgne consensuel, il se retrouve Ă gouverner comme un homme qui hĂ©rite dâun chĂąteau avec des fantĂŽmes, des dettes et une note sur la table disant bonne chance.Il nomme. Il replace. Il retire. Jean-Messie de la Nation passe Ă lâIntĂ©rieur. Dame DĂ©merzel reçoit lâĂconomie. Elune Von Voda prend la Justice. Stefan de Crab se retrouve Ă la Guerre. Lord Golgoth Ruthven obtient la Recherche. Mench0 hĂ©rite de lâĂ©lĂ©gance comme on reçoit une arme enveloppĂ©e dans du satin. Et pendant que tout cela bouge, la RuthvĂ©nie continue de se faire mordre aux chevilles par ses propres provinces, ses rebelles et le souvenir trop frais dâun trĂŽne qui a tournĂ© comme une porte de taverne.Ce qui est fascinant, ce nâest pas que Bladimir ait pris le pouvoir.Câest quâil le prenne en annonçant trois grands axes, comme un souverain sĂ©rieux posĂ© au milieu dâune piĂšce oĂč lâarmoire est tombĂ©e, le chien hurle, la nappe brĂ»le et quelquâun cherche encore le roi prĂ©cĂ©dent sous la table. RĂ©gler GĂ©ofront. RĂ©gler le ValĂ©gro. Relancer lâarmĂ©e. VoilĂ un programme. VoilĂ mĂȘme une architecture. Mais il faut ĂȘtre ruthvĂšne pour dessiner une cathĂ©drale alors que les fondations fument encore.Le roi peut venir rĂ©pondre. Il pourra mĂȘme expliquer ce quâon achĂšte avec vingt deux couronnes. Un tampon, peut ĂȘtre. Une bougie courte. Un biscuit diplomatique. Ou la moitiĂ© dâun silence. Mais avant de quitter ce trĂŽne qui grince, permettez-moi de rappeler un dĂ©tail. Tormenta est parti en disant quâil reviendrait dans la peau du chasseur. En RuthvĂ©nie, mĂȘme les dĂ©parts ressemblent Ă une menace de saison deux.Ce trĂŽne nous conduit naturellement vers GĂ©ofront, cette province qui nâa pas seulement levĂ© la voix. Elle a commencĂ© Ă ranger ses affaires. Depuis des jours, GĂ©ofront rĂ©pĂšte que le Royaume de RuthvĂ©nie nâa plus la main, plus la mesure, plus lâĂąme et plus le droit naturel de se faire appeler protecteur. Ninoo Chantargent le dit dans un bafouillage qui ne change rien au fond. Alice Ravenloft le chante avec sa PassTek, ses Miaou, sa tendresse et cette facultĂ© troublante Ă transformer une sĂ©cession en chanson douce. Darth Leo parle de politique des petits pas. Shiki Chantargent est citĂ©e comme celle qui pense plus loin, qui voit les fusĂ©es, les pierres vertes et les centrales que dâautres ne comprennent pas. Le message gĂ©nĂ©ral est assez clair pour que mĂȘme une couronne pressĂ©e puisse lâentendre. Le protectorat doit prendre fin. Le Royaume doit partir des terres saintes. Le GĂ©ofront veut respirer sans demander lâautorisation Ă un trĂŽne qui change de tĂȘte au rythme des pactes.Et que rĂ©pond Bladimir.Il demande un avis. Il parle de divorce. Il dit que le GĂ©ofront veut le divorce et que lâon peut accepter de se quitter bons amis ou sây opposer par les armes et les discours. VoilĂ au moins une phrase qui a le mĂ©rite de poser la table. Dâun cĂŽtĂ©, une sĂ©paration propre. De lâautre, lâargenterie dans le mur. Dame DĂ©merzel baisse lâimposition de GĂ©ofront de cinquante cinq Ă vingt pour cent, revenant au niveau initial du traitĂ© de protectorat. Elle appelle cela un signe dâapaisement. Câen est un. Et comme tous les signes dâapaisement tardifs, il arrive avec une petite pancarte invisible disant nous aurions pu y penser avant. Une province qui crie depuis trop longtemps ne se calme pas forcĂ©ment parce quâon desserre enfin la corde. Elle remarque surtout quâil y avait bien une corde.Câest ici que la mauvaise foi Ă©trangĂšre devient dĂ©licieuse. Le Royaume ne souhaite pas voir partir GĂ©ofront. TrĂšs bien. Il lui rend alors une partie de son souffle et espĂšre que le dialogue redeviendra possible. Mais GĂ©ofront ne parle plus seulement dâargent. Il parle de dignitĂ©, de science, de foi, de territoire, de mĂ©moire et de cette fatigue qui sâinstalle quand une province doit supplier quâon respecte ce quâon avait pourtant signĂ©.Une taxe se baisse. Une humiliation, non. Les habitants du GĂ©ofront peuvent venir dire si les vingt pour cent suffisent Ă rouvrir la porte. Les RuthvĂšnes peuvent venir expliquer pourquoi il faut toujours attendre que la maison brĂ»le pour baisser le chauffage. Les diplomates peuvent apporter leurs traitĂ©s. Les scientifiques peuvent apporter les fusĂ©es. Nous placerons les discours inflammables loin des chandelles.Mais la crise du GĂ©ofront a dĂ©jĂ contaminĂ©e la carte. Car Crab Key, elle aussi, a choisi son théùtre. Tormenta, dans son dernier geste de roi joueur, avait cĂ©dĂ© Crab Key Ă Kraland comme on lĂąche une piĂšce dans une partie de Puissance 4. La province dissidente ne jouait pas le jeu royal. Alors il a jouĂ© avec elle. Puis Korail sâest insurgĂ©e, a ramenĂ© Crab Key au Royaume de RuthvĂ©nie, a nommĂ© BohĂ© dâUmont comte de Port Magmor et tout le monde a respirĂ© comme si une Ăźle venait de sortir dâune bassine rouge. Dame DĂ©merzel a ensuite abaissĂ© lâimpĂŽt de Crab Key de cinquante Ă vingt cinq pour cent au nom de la concorde retrouvĂ©e.Voyez la beautĂ© de ce mĂ©canisme. On arrache, on cĂšde, on insurge, on rĂ©cupĂšre, on baisse les impĂŽts et lâon appelle cela de lâunitĂ©. La RuthvĂ©nie nâest pas une monarchie.Câest un mariage oĂč chaque province garde une valise prĂšs de la porte. Passons au ValĂ©gro, ce laboratoire politique oĂč lâon a rĂ©ussi Ă mĂ©langer Kraland, les pastĂšques, les lapins, les cages, la police, les sentiments dâinsĂ©curitĂ© et lâexpropriation religieuse dans une seule marmite sans que personne nâait encore eu la dĂ©cence de sâĂ©vanouir. Fort Emouchet vit encore sous le grand parfum de la PassTek. La fĂȘte devait porter le Bonheur, le Grand Miaou, lâamitiĂ©, la paix et cette idĂ©e trĂšs dangereuse selon laquelle les peuples cessent de se battre quand on leur donne assez de jus de pastĂšque. Alice Ravenloft a chantĂ©, rassemblĂ©, distribuĂ© de lâaffection Ă pleine fourrure et le Commissariat du Bonheur lâa rĂ©compensĂ©e dâune pastille comme si le salut politique pouvait se sucer lentement sous la langue.Au milieu de cette douceur fruitĂ©e, Jean-Luc Selriche fait ce quâil sait faire de mieux. Il annonce que tout va bien.Tout va bien quand une ville a besoin dâune commissaire qui traque les criminels avec une dĂ©termination absolue. Tout va bien quand cette mĂȘme commissaire, Kenza, explique plus tard quâil nây a en rĂ©alitĂ© aucun criminel et que les archives ont confondu la colonne des criminels recherchĂ©s avec celle des personnes potentiellement dĂ©sagrĂ©ables. Tout va bien quand le bourgmestre explique quâil nây a pas dâinsĂ©curitĂ© mais seulement un sentiment dâinsĂ©curitĂ©. Tout va bien quand une chapelle de la Conscience Universelle disparaĂźt aprĂšs que Selriche se soit concentrĂ© trĂšs fort sur sa disparition et dĂ©couvre que la pensĂ©e magique fonctionne mieux que certaines institutions.Mais le ValĂ©gro est une province merveilleuse. Elle rĂ©ussit Ă ĂȘtre Ă la fois policiĂšre, festive, collectiviste, mystique et immobiliĂšre. Selriche dĂ©couvre que le vrai problĂšme nâest pas le chaos, ni les bombes, ni les coups, ni les rebelles, ni les lapins, ni les discours de sĂ©cession. Non. Le vrai problĂšme serait le mal logement. Les gens ne critiquent pas Kraland, ils demandent un toit. Ceux qui soutiennent la RuthvĂ©nie ou lâindĂ©pendance ne veulent pas partir, ils veulent dormir. La solution devient alors limpide. Doubler la taxe fonciĂšre et supprimer la taxe dâhabitation.Il faut reconnaĂźtre le courage intellectuel. Dans beaucoup de pays, on ment pour cacher une taxe. Ă Kraland, on transforme une rĂ©volte en problĂšme de literie puis on taxe les murs. La RĂ©publique a toujours eu ce talent. Elle ne rĂ©prime pas. Elle reloge vos opinions dans une catĂ©gorie fiscale. Bogdan DâArken, de son cĂŽtĂ©, lĂšve un impĂŽt exceptionnel, une taxe sur les fortunes et redistribue des milliers de FK dans les ministĂšres. La machine rouge pompe, verse, collectivise, finance et chante que Kraland nâabandonnera pas le bonheur de ses citoyens si facilement. Naturellement. Aucun rĂ©gime ne tient davantage au bonheur que celui qui doit le financer par surprise.Les citoyens de Fort Emouchet peuvent venir corriger. Les personnes potentiellement dĂ©sagrĂ©ables peuvent rĂ©clamer une nouvelle colonne. Les anciens criminels administrativement innocents peuvent rĂ©cupĂ©rer leur dignitĂ© au bureau perdu. Quant Ă la chapelle expropriĂ©e, quâelle repose en paix dans la grande pensĂ©e magique du camarade.Pendant ce temps, la Mystisie rappelle quâil existe des provinces oĂč mĂȘme les conflits internes sentent la poudre ancienne et la fiertĂ© mal guĂ©rie. Une alerte Ă la bombe paralyse la Coutellerie van Tartijn, accompagnĂ©e dâune dĂ©claration qui ressemble moins Ă un crime quâĂ un cours dâhistoire armĂ©. Le message est clair. En Mystisie, on peut se haĂŻr entre compatriotes. Câest mĂȘme une tradition locale, presque une forme dâart. Mais en cas de conflit entre les siens et les Ă©trangers, le vrai Mystisien devrait toujours choisir les siens. Lâauteur rappelle que les autochtones brillent le plus lorsquâils luttent ensemble contre lâextĂ©rieur et reproche Ă Cheikh Evara dâavoir confondu fiertĂ© personnelle et hĂ©ritage culturel.Je dois dire que jâapprĂ©cie cette pĂ©dagogie. Dans les pays fades, on donne une confĂ©rence. En Mystisie, on ferme une armurerie avec une alerte Ă la bombe et lâon appelle cela une thĂ©rapie de choc.La question posĂ©e est intĂ©ressante. Cheikh Evara est-il encore digne de garder la tradition des Van Tartijn. Ce nâest pas seulement une accusation. Câest une morsure identitaire. Et la Mystisie, comme Sicilia, comprend mieux que dâautres que la pire insulte nâest pas de vous traiter dâennemi. Câest de suggĂ©rer que vous ne savez plus ĂȘtre dâici.Les Mystisiens peuvent rĂ©pondre. Les Ă©trangers peuvent Ă©couter. Les couteaux, eux, attendront vingt quatre heures. Passons maintenant au Khanat ElmĂ©rien, oĂč la politique conserve cette fraĂźcheur primitive qui permet de passer de lâusurpation au cri de guerre en moins de temps quâil nâen faut Ă Kraland pour inventer une colonne administrative. Mademoiselle a tentĂ© dâusurper la Grande Khane Tifa LockHeart, portĂ©e par lâesprit Boulet. Elle a perdu son poste de Khane et sâest livrĂ©e aux autoritĂ©s avec des faux papiers confisquĂ©s. VoilĂ une trajectoire admirable. On commence par croire que lâesprit Boulet guide ses pas et lâon finit en prison avec la preuve que les papiers aussi avait compris la blague.Puis Jeff Bizous profite dâun poste vacant pour faire un coup dâĂtat en Bouletie avec un cri parfaitement adaptĂ© Ă la situation. Boulet time. Je nâai rien Ă ajouter. Câest une de ces phrases qui nâont pas besoin dâĂȘtre analysĂ©es parce quâelles contiennent dĂ©jĂ leur propre effondrement. Pigeon Ronron hurle depuis CAPS LOCK pour obtenir un vote, fRAN9OIS6aNDR2 transfĂšre seize mille ĂE au MinistĂšre de lâĂconomie, Kubilai Khan Seraven pompe une unitĂ© dâexploitation Ă TrĂ©sorville et des crĂ©atures agressent un peu partout comme si la faune elmĂ©rienne voulait participer au congrĂšs. Le Khanat possĂšde un talent rare pour faire dâune crise Ă©lectorale une fĂȘte de village avec armes, faux papiers, pompes et cris en majuscules.Et pourtant, ne rions pas trop vite. Le Khanat avance parce quâil accepte la brutalitĂ© visible de ses contradictions. LĂ oĂč dâautres peuples emballent leurs ambitions dans du velours, les ElmĂ©riens les lancent sur la table encore tiĂšdes. Câest sale. Câest criard. Câest parfois efficace.Les Boulets peuvent venir expliquer si lâesprit Boulet Ă©tait assurĂ© contre lâusurpation. Tifa peut envoyer un communiquĂ©, un garde ou une tarte. Jeff Bizous peut prĂ©ciser si le Boulet time a un horaire officiel.Je ne peux pas quitter cette soirĂ©e sans parler de la science, cette vieille prĂ©tention civilisĂ©e qui consiste Ă brĂ»ler des notes puis Ă appeler cela un dĂ©tour expĂ©rimental. Bob le trĂšs trĂšs terrible, Ministre de la Recherche de lâEmpire, a annoncĂ© la climatisation quantique, alimentĂ©e au sang de chat et produisant un grincement effroyable. Câest le mal absolu, dit-il. Je veux le croire. Quand un ministre prĂ©sente une invention en prĂ©cisant quâelle fait mal aux oreilles et quâelle utilise un vibratomixeur Ă chat, il ne reste plus quâĂ signer les crĂ©dits et prier pour que les chats aient un syndicat assez faible.Il a aussi organisĂ© une lutte contre lâillettrisme, offrant lâĂ©cole gratuite aux limitĂ©s avant de leur rappeler quâils devront ensuite cent quarante cinq ans de service Ă lâEmpire. VoilĂ une belle politique publique. Lire ouvre des portes. Certaines donnent sur des chaĂźnes. Mais des chaĂźnes alphabĂ©tisĂ©es, ce qui est dĂ©jĂ un progrĂšs. Chez la ConfĂ©dĂ©ration Libre, Pr Jean-Michel Nobyl lance des recherches sur les missiles nuclĂ©aires pour accĂ©lĂ©rer la mutation gĂ©nĂ©tique gĂ©nĂ©rale, avec cette dĂ©licatesse confĂ©dĂ©rĂ©e consistant Ă espĂ©rer ne pas toucher lâEhpad de Monique. Il enquĂȘte aussi sur lâĂ©chec de la dĂ©mocratie et conclut que le problĂšme vient des Normies, combustible Ă©lectoral de mauvaise qualitĂ©. La dĂ©mocratie aurait donc Ă©chouĂ© parce que les mauvaises personnes ont votĂ©. Câest une dĂ©couverte remarquable, surtout pour un rĂ©gime censĂ© aimer les Ă©lecteurs avant de dĂ©couvrir ce quâils font avec un bulletin.Le Paradigme Vert, lui, officialise le Culte de la Grande DĂ©esse grĂące Ă Bartolomus Ravenloft, qui dĂ©couvre la technologie pendant que des notes brĂ»lent par erreur. Les miracles, dĂ©cidĂ©ment, aiment beaucoup les laboratoires mal rangĂ©s.Je note donc que la science cybermondiale se divise en trois Ă©coles. LâEmpire invente des horreurs assumĂ©es. La ConfĂ©dĂ©ration veut corriger lâĂ©lectorat avec des gĂšnes et des missiles. Le Paradigme transforme ses incendies de notes en religion officielle. Franchement, lâEmpire paraĂźt presque raisonnable. Les chercheurs peuvent venir nier. Les chats peuvent venir se cacher. Les Normies peuvent dĂ©poser plainte mais uniquement sâils savent lire les petites lignes. Enfin, terminons avec les petites morsures du monde, parce quâelles donnent souvent le meilleur goĂ»t au sang de lâactualitĂ©. Cassandre Lemage Ruthven entraĂźne les occupants du Domaine des Rois dans une dĂ©bauche pour le mariage dâ Emile et de PrĂ©cieuse, avec une danse des pouces, des coudes, des genoux, des pieds, des fesses, des yeux qui louchent et dâun cheveu sur la langue. Il y a des mariages qui Ă©meuvent. Celui-ci semble vouloir dĂ©poser une plainte contre la dignitĂ©. Mais au moins, on danse. Et dans ce monde, danser pour lâamour au milieu des ruines mĂ©rite presque un salut. Lord Golgoth Ruthven se fait agresser par des rebelles. Mench0 aussi. Tormenta aussi. Elune Von Voda tombe dans un piĂšge aux Services Secrets. Ivictus reçoit une enclume sur la tĂȘte. Jojo lâAffreux brĂ»le des notes scientifiques. Jay et Lola sont aperçus dans une rumeur sibĂ©rienne autour dâun appareil bizarre. Neodym Seltenerd achĂšte une villa. La relique Philosophie SyncrĂ©tique de Franck Mysti aurait Ă©tĂ© dĂ©truite par un rationaliste extrĂ©miste. La journĂ©e se termine donc comme elle se doit, avec des danses, des piĂšges, des rebelles, de lâimmobilier, de la science abĂźmĂ©e et une philosophie dĂ©truite par quelquâun qui voulait probablement simplifier le dĂ©bat au marteau.Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que cette Ă©mission a encore touchĂ©e une veine. Bladimir peut expliquer comment rĂ©gner avec vingt deux couronnes et trois pactes. GĂ©ofront peut dire si vingt pour cent suffit Ă recoller une province qui a dĂ©jĂ prĂ©parĂ© sa valise. Selriche peut nous enseigner la pensĂ©e magique immobiliĂšre. Kenza peut classer les auditeurs entre criminels et personnes potentiellement dĂ©sagrĂ©ables. Dusk et Aurora peut recevoir les fĂ©licitations quâil mĂ©rite pour avoir baissĂ© les taxes de Trou Perdu. Jaylie peut nous rappeler que le sarcasme est une hygiĂšne publique. Bob peut garder ses chats loin de mon studio.Ici Kleo, depuis la salle du trĂŽne de lâEmpire Brun, sous les chandelles, les crĂąnes, les dorures anciennes et la toile qui sait exactement quand se refermer. |
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Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref.
11 au 18 Juillet (...)
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11 au 18 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir Sicilia. Bonsoir Empire. Bonsoir aussi Ă tous ceux qui prĂ©tendent ne jamais Ă©couter cette Ă©mission avant d'en citer le moindre mot dĂšs le lendemain matin dans une taverne. Je vous vois, ne faites pas semblant. Les murs ont des oreilles, les tavernes ont des langues et moi j'ai des araignĂ©es. Elles sont nettement plus fiables que les chroniqueurs politiques et infiniment moins chĂšres Ă nourrir. Je vous propose d'ailleurs de commencer notre voyage lĂ oĂč les grands principes rencontrent toujours le mĂȘme destin. Le ValĂ©gro. Cette merveilleuse province oĂč chacun affirme vouloir protĂ©ger le peuple avec une sincĂ©ritĂ© bouleversante tout en passant une partie considĂ©rable de sa journĂ©e Ă lui expliquer pourquoi il doit dĂ©sormais payer davantage, produire davantage, obĂ©ir davantage et surtout remercier davantage. J'admire cette capacitĂ© qu'ont certains gouvernements Ă prĂ©senter une gifle comme une caresse Ă©ducative. Il faut un talent immense pour rĂ©ussir une telle performance sans Ă©clater de rire au milieu de son propre discours. Prenez donc cette affaire qui agite actuellement Fort Emouchet. Ă premiĂšre vue, elle ressemble Ă une banale querelle administrative. En rĂ©alitĂ©, c'est une vĂ©ritable piĂšce de théùtre oĂč chacun est persuadĂ© d'incarner le hĂ©ros alors que le public commence sĂ©rieusement Ă soupçonner qu'il n'y a plus que des seconds rĂŽles. D'un cĂŽtĂ©, Jean-Luc Selriche poursuit son grand projet de bonheur kollectif avec l'Ă©nergie d'un homme convaincu que la prospĂ©ritĂ© se mesure au nombre de formulaires distribuĂ©s et que toute rĂ©sistance Ă l'impĂŽt constitue probablement une pathologie mĂ©dicale. De l'autre, PierreJean continue de dĂ©fendre une idĂ©e presque rĂ©volutionnaire dans le monde moderne, celle selon laquelle il serait peut-ĂȘtre prĂ©fĂ©rable de laisser les habitants produire des richesses avant de leur expliquer avec enthousiasme pourquoi elles appartiennent dĂ©jĂ Ă quelqu'un d'autre.Et c'est prĂ©cisĂ©ment lĂ que cette histoire cesse d'ĂȘtre une simple dispute entre administrateurs pour devenir une dĂ©monstration politique absolument fascinante. Chacun croit profondĂ©ment avoir raison. Les uns augmentent les taxes au nom du bien commun. Les autres dĂ©noncent ces dĂ©cisions au nom de ce mĂȘme bien commun. Les bĂątiments changent de propriĂ©taire avec une facilitĂ© dĂ©concertante pendant que les discours deviennent toujours plus grandiloquents, comme si chaque nouvelle dĂ©claration pouvait faire oublier que les habitants regardent surtout disparaĂźtre leurs outils de travail. J'ai toujours trouvĂ© extraordinaire cette capacitĂ© qu'ont les dirigeants Ă parler de prospĂ©ritĂ© avec une telle assurance au milieu des gravats. Les pierres, elles, restent d'un scepticisme admirable. Je voudrais maintenant quitter un instant les plaines du ValĂ©gro, oĂč les administrations continuent de labourer les citoyens avec une application presque agricole, pour traverser les dunes de Mystisie. LĂ -bas, le sable a cette Ă©trange propriĂ©tĂ© de conserver les empreintes bien plus longtemps que les promesses politiques. C'est une terre oĂč les caravanes disparaissent, oĂč les tempĂȘtes ensevelissent les monuments avant mĂȘme qu'ils aient une histoire et oĂč les ambitions, elles, refusent obstinĂ©ment de mourir. Je dois reconnaĂźtre que j'aime profondĂ©ment cette province. Pas seulement parce qu'elle appartient Ă l'Empire Brun. Non. Je l'aime parce qu'elle attire systĂ©matiquement les personnalitĂ©s convaincues que le destin du Cybermonde attendait prĂ©cisĂ©ment leur arrivĂ©e. Mystisie agit sur les mĂ©galomanes comme une bouteille de trĂšs bon vin agit sur un poĂšte. Elle ne les transforme pas. Elle rĂ©vĂšle simplement ce qui Ă©tait dĂ©jĂ lĂ . Et cette semaine, force est d'admettre que Octave Sombrefer n'a pas fait les choses Ă moitiĂ©. Certains gouverneurs se contentent d'inaugurer une route ou de promettre une nouvelle auberge. C'est dĂ©jĂ trĂšs bien. C'est utile. C'est mĂȘme respectable. Lui prĂ©fĂšre annoncer une rĂ©organisation complĂšte de la rĂ©alitĂ©. Une Magocratie. Un DĂ©sert DĂ©moniaque. Une immense campagne de fouilles archĂ©ologiques destinĂ©e Ă retrouver des artefacts capables d'appeler des lĂ©gions dĂ©moniaques. Puis, dans un mouvement d'une modestie presque touchante, la conquĂȘte de l'Empire Brun avant celle du Cybermonde tout entier. J'admire cette capacitĂ© qu'ont certains dirigeants Ă toujours prĂ©voir leur agenda trĂšs en avance. Personnellement, je peine dĂ©jĂ Ă organiser correctement mes repas lorsque Renato oublie de me servir Ă l'heure. D'autres planifient la domination mondiale avant le dĂźner. Chacun ses talents.Naturellement, les esprits raisonnables ont immĂ©diatement levĂ© les yeux au ciel. Ils parlent de folie. De dĂ©lire. De mĂ©galomanie. Les mĂȘmes personnes qui expliquaient hier encore qu'aucun Empire ne survivrait longtemps Ă ses propres contradictions. Les mĂȘmes experts qui annoncent la chute du monde avec une rĂ©gularitĂ© telle qu'ils finiront probablement par avoir raison un jour, uniquement par Ă©puisement statistique. Les prophĂštes de catastrophe sont des gens trĂšs confortables. Lorsqu'ils Ă©chouent, ils annoncent simplement la catastrophe suivante. Lorsqu'ils rĂ©ussissent, ils rĂ©clament qu'on relise leurs anciennes analyses. C'est un mĂ©tier que je respecte Ă©normĂ©ment. Il ne demande absolument aucun rĂ©sultat. Car au fond, ce qui me fascine dans cette histoire n'est pas le projet d' Octave Sombrefer. Les projets grandioses existent depuis que les premiers rois ont dĂ©couvert qu'une couronne permettait aussi de rĂȘver Ă voix haute. Ce qui m'intĂ©resse davantage, c'est la rĂ©action du reste du Cybermonde. Il suffit qu'un homme annonce vouloir retrouver une lampe dĂ©moniaque enfouie sous plusieurs mĂštres de sable pour que tout le monde oublie soudain ses propres ambitions tout aussi extravagantes. Certains gouvernements prĂ©tendent reconstruire des sociĂ©tĂ©s parfaites. D'autres promettent un bonheur universel garanti par dĂ©cret. Quelques royaumes changent de souverain avec une frĂ©quence qui ferait passer une auberge pour un modĂšle de stabilitĂ©. Pourtant c'est toujours le voisin que l'on traite de fou. VoilĂ une tradition intercybermondiale qui traverse les siĂšcles avec une remarquable fidĂ©litĂ©.Je serais d'ailleurs bien incapable de dire oĂč commence exactement la mĂ©galomanie. Est-ce lorsqu'un homme affirme vouloir conquĂ©rir le monde ? Ou lorsqu'il est persuadĂ© que personne d'autre n'en est capable ? L'Histoire possĂšde un humour trĂšs particulier. Elle se moque rarement des rĂȘveurs. Elle prĂ©fĂšre ridiculiser ceux qui Ă©taient absolument certains que les rĂȘveurs Ă©choueraient. Les archives impĂ©riales regorgent de certitudes mortes de vieillesse. Pendant ce temps, les fouilles avancent. Des chantiers apparaissent dans le dĂ©sert. Des expĂ©ditions sillonnent les dunes avec cette obstination propre aux chercheurs de trĂ©sors qui refusent d'admettre qu'ils pourraient simplement rentrer chez eux les mains vides. Certains y voient une perte de temps. D'autres une formidable aventure. Quant Ă moi, je constate surtout que la Mystisie reste fidĂšle Ă elle-mĂȘme. C'est probablement la seule province oĂč l'on peut annoncer sĂ©rieusement que l'on part dĂ©terrer une relique dĂ©moniaque sans provoquer autre chose qu'un haussement d'Ă©paules suivi d'un trĂšs poli « Bon courage ». Il y a cependant un dĂ©tail qui mĂ©rite davantage d'attention. DerriĂšre les grands discours, derriĂšre les proclamations et les visions impĂ©riales, Octave Sombrefer rappelle malgrĂ© lui une vĂ©ritĂ© assez ancienne. Les peuples ont besoin d'histoires presque autant qu'ils ont besoin de pain. Gouverner uniquement avec des chiffres fatigue rapidement les foules. Gouverner avec un mythe, une quĂȘte et quelques ruines mystĂ©rieuses... voilĂ qui nourrit autrement l'imagination. Les empires ne tiennent jamais uniquement grĂące Ă leurs armĂ©es. Ils tiennent parce qu'ils offrent Ă leurs habitants quelque chose de plus confortable encore que la sĂ©curitĂ©. Ils leur donnent l'impression de participer Ă une histoire plus grande qu'eux-mĂȘmes.Je n'ai donc aucun conseil Ă donner Ă Octave Sombrefer. Les ambitieux Ă©coutent rarement les conseils et les conquĂ©rants encore moins. En revanche, je me permettrai une simple observation. Les plus grands empires ne sont pas toujours bĂątis par ceux qui rĂȘvent le plus grand. Ils le sont souvent par ceux qui savent convaincre les autres que ce rĂȘve mĂ©rite d'ĂȘtre partagĂ©. ConquĂ©rir une province est une affaire militaire. ConquĂ©rir une imagination est une affaire infiniment plus difficile et vous avez fait mention de conquĂ©rir la mienne. Enfin... si jamais quelqu'un retrouve rĂ©ellement une antique lampe capable d'invoquer des lĂ©gions dĂ©moniaques, je demanderais simplement qu'on prĂ©vienne la rĂ©daction avant de dĂ©clencher la fin du monde. Il serait regrettable que Radio NĂ©crotoile manque un sujet d'une telle qualitĂ© pour une simple question d'organisation. Il existe des nations qui bĂątissent leur puissance sur leurs armĂ©es. D'autres sur leur commerce. Certaines sur leur foi. Puis il y a la RuthvĂ©nie, qui semble avoir choisi depuis plusieurs semaines de construire son avenir autour d'une question absolument essentielle. Qui possĂšde la bonne couronne. VoilĂ un dĂ©bat admirable. Non parce qu'il soit particuliĂšrement utile mais parce qu'il rĂ©sume Ă lui seul toute la politique moderne. Les rĂ©coltes peuvent attendre. Les routes s'effondreront bien demain. Les provinces continueront d'exister avec ou sans discours. En revanche, dĂ©terminer laquelle de deux couronnes mĂ©rite le droit d'ĂȘtre portĂ©e devient soudain une urgence nationale. J'ai toujours trouvĂ© fascinant ce pouvoir qu'ont les symboles. Ils finissent souvent par coĂ»ter davantage d'Ă©nergie que ce qu'ils Ă©taient censĂ©s reprĂ©senter. Le Roi Bladimir Bladimirovitch Mutin a donc rappelĂ© Ă son royaume que l'enquĂȘte devait avancer et que les plaisanteries administratives avaient suffisamment durĂ©. DerriĂšre son ton volontairement théùtral se cache pourtant une inquiĂ©tude bien rĂ©elle. Une monarchie ne peut tolĂ©rer trĂšs longtemps que l'on doute de ce qui fait prĂ©cisĂ©ment son autoritĂ©. Les royaumes vivent autant de cĂ©rĂ©monies que de soldats. Si la couronne devient un simple objet parmi d'autres alors le trĂŽne lui-mĂȘme commence Ă perdre quelques centimĂštres de hauteur. Les sceptiques appellent cela de la superstition. Les vieux souverains, eux, savent que les peuples obĂ©issent souvent davantage Ă une histoire qu'Ă une Ă©pĂ©e.Mais comme toujours en RuthvĂ©nie, il suffit qu'une affaire semble prendre une direction claire pour qu'une autre voix surgisse aussitĂŽt et dĂ©cide qu'il serait infiniment plus raisonnable de remettre absolument tout en question. Les appels Ă la rĂ©volution fleurissent avec une rĂ©gularitĂ© presque botanique. Les discours se rĂ©pondent d'une place Ă l'autre. Les anciens idĂ©aux sont convoquĂ©s comme des tĂ©moins dans un procĂšs oĂč chacun est persuadĂ© d'incarner la vĂ©ritable tradition. J'ai parcouru plusieurs de ces dĂ©clarations avec beaucoup d'attention et j'y ai retrouvĂ© ce parfum si particulier des nations qui regardent davantage leur passĂ© que leur horizon. Chacun invoque les ancĂȘtres. Personne ne semble vouloir leur demander ce qu'ils auraient fait Ă leur place. Il faut reconnaĂźtre Ă la RuthvĂ©nie un talent que peu d'Ătats possĂšdent encore. Elle transforme chaque crise politique en tragĂ©die romantique. LĂ oĂč d'autres gouvernements s'Ă©changent des chiffres et des rapports administratifs, les RuthvĂšnes parlent de destin, d'honneur, de rĂ©volution, de sang et de fidĂ©litĂ©. C'est infiniment plus Ă©lĂ©gant. Beaucoup moins reposant aussi. On ne peut pas vivre Ă©ternellement dans une piĂšce de théùtre sans finir par oublier oĂč se trouve la sortie de scĂšne. Je voudrais d'ailleurs attirer votre attention sur une Ă©trange similitude entre tous les camps qui s'affrontent. Ils prĂ©tendent naturellement dĂ©fendre des visions incompatibles. Les uns accusent les autres de trahir l'esprit du royaume. Les autres rĂ©pondent qu'ils sont les seuls hĂ©ritiers lĂ©gitimes des anciennes valeurs. Pourtant, lorsqu'on retire les drapeaux, les uniformes et les grands discours, tous poursuivent exactement le mĂȘme objectif. Chacun rĂȘve d'une RuthvĂ©nie qui lui donnerait enfin raison. VoilĂ peut-ĂȘtre la plus vieille maladie politique du monde. Confondre le salut d'une nation avec la victoire de sa propre opinion. Pendant ce temps, la vie continue avec cette insolence que les idĂ©ologies ne parviennent jamais complĂštement Ă dompter. Des commerçants ouvrent leurs Ă©choppes. Des artisans fabriquent encore leurs outils. Des aubergistes servent leurs clients sans leur demander au prĂ©alable s'ils soutiennent la bonne faction. Les vĂ©ritables piliers d'un royaume ne siĂšgent pas toujours dans les palais. Ils travaillent souvent derriĂšre un comptoir, un Ă©tabli ou un champ. Ils regardent passer les souverains comme les saisons. Avec une certaine curiositĂ© et une immense patience. C'est peut-ĂȘtre pour cette raison que je souris toujours lorsqu'on annonce une rĂ©volution imminente. Les rĂ©volutions aiment Ă©normĂ©ment les discours. Les peuples prĂ©fĂšrent gĂ©nĂ©ralement le pain chaud. Les premiĂšres promettent un avenir radieux. Les seconds espĂšrent simplement que demain ressemblera suffisamment Ă aujourd'hui pour pouvoir continuer Ă vivre. Cette diffĂ©rence paraĂźt minuscule. Elle explique pourtant pourquoi tant de grandes rĂ©volutions terminent leur existence dans les livres d'Histoire pendant que les boulangers, eux, ouvrent encore leurs portes chaque matin. Ne vous mĂ©prenez pas. Je ne me moque pas de la RuthvĂ©nie. Au contraire. Je lui reconnais une qualitĂ© que beaucoup ont perdue. Elle croit encore que les idĂ©es mĂ©ritent qu'on se batte pour elles. C'est respectable. J'aimerais simplement que quelqu'un rappelle de temps en temps aux diffĂ©rents prĂ©tendants que gouverner consiste Ă©galement Ă remplir les greniers, rĂ©parer les routes et empĂȘcher les citoyens de s'entretuer entre deux grands principes. Les royaumes meurent rarement d'un manque d'hĂ©roĂŻsme. Ils meurent bien plus souvent d'un excĂšs de certitudes. Alors je regarderai cette histoire de couronnes avec le mĂȘme intĂ©rĂȘt que les prĂ©cĂ©dentes. Parce qu'au fond, peu importe finalement laquelle sera reconnue comme la vĂ©ritable. Dans quelques annĂ©es, un nouveau souverain en portera une autre et les chroniqueurs expliqueront avec le plus grand sĂ©rieux que celle-ci est Ă©videmment la seule authentique. Les symboles changent de tĂȘte. Les peuples, eux, continuent d'espĂ©rer que quelqu'un finira par mĂ©riter de les porter. Je laisse nĂ©anmoins les lignes de Radio NĂ©crotoile ouvertes. Si un prĂ©tendant, un rĂ©volutionnaire, un royaliste convaincu ou mĂȘme une couronne elle-mĂȘme souhaite venir dĂ©fendre sa version des faits, la rĂ©daction l'accueillera avec toute l'impartialitĂ© qui fait notre rĂ©putation. Naturellement, le fait que nous ayons dĂ©jĂ notre opinion ne doit dĂ©courager personne. Il est toujours intĂ©ressant d'entendre quelqu'un expliquer pourquoi il avait tort avec autant de conviction. AprĂšs avoir traversĂ© les tempĂȘtes politiques du ValĂ©gro, les rĂȘves impĂ©riaux de Mystisie et les querelles de couronnes ruthvĂšnes, il est presque reposant de revenir en Sicilia. Je dis bien *presque*. Car ceux qui imaginent encore notre province comme un petit coin tranquille oĂč les habitants passent leurs journĂ©es Ă boire du vin et discuter de cuisine n'ont probablement jamais essayĂ© d'y passer une semaine complĂšte. Sicilia possĂšde une qualitĂ© trĂšs rare. Elle donne constamment l'impression que tout est sous contrĂŽle alors qu'il s'y passe toujours quelque chose d'absolument improbable. Seulement ici, personne ne pousse de grands cris. On balaie devant sa porte, on relĂšve les manches et on continue d'avancer pendant que le reste du monde organise des confĂ©rences pour expliquer pourquoi il est incapable d'en faire autant. Les Dei Machiavelli ont encore occupĂ© une bonne partie de l'espace politique de Trou Perdu. Martina D. Dei Machiavelli a naturellement rappelĂ© son attachement Ă l'ImpĂ©ratrice LachĂ©sis tout en dĂ©cochant quelques flĂšches bien senties vers le Paradigme Vert. Rien de trĂšs surprenant. Les Ă©cologistes radicaux et les Bruns entretiennent depuis longtemps cette relation Ă©trange oĂč chacun est convaincu que l'autre reprĂ©sente l'avenir... mais de la catastrophe. Je dois reconnaĂźtre une certaine Ă©lĂ©gance Ă cette constance. Les convictions deviennent beaucoup plus crĂ©dibles lorsqu'elles survivent aux changements de mode. Et si les discours ne suffisent pas toujours Ă convaincre les adversaires, ils ont au moins le mĂ©rite de rappeler aux amis pourquoi ils sont restĂ©s.Pendant ce temps, la gouvernance sicilienne poursuit tranquillement son chemin. Jaylie Dei Machiavelli continue de tenir la province, Dusk et Aurora poursuivent leur travail d'intendance avec cette sobriĂ©tĂ© qui les caractĂ©rise et les habitants continuent de faire ce qu'ils savent faire de mieux. Produire. Construire. Vivre. C'est terriblement peu spectaculaire. Les chroniqueurs politiques dĂ©testent ce genre de pĂ©riode. Une administration qui fonctionne correctement produit infiniment moins d'articles qu'une rĂ©volution. Pourtant, lorsque les fumĂ©es se dissipent et que les grands orateurs rentrent chez eux, ce sont toujours les provinces stables qui rĂ©coltent les bĂ©nĂ©fices du vacarme des autres.Des homards gĂ©ants, des gĂ©ants des montagnes, des rapaces, des pigeons belliqueux, des dĂ©mons mineurs et quelques individus qui demeurent objectivement plus dangereux que tout ce petit monde rĂ©uni. J'apprĂ©cie Ă©normĂ©ment cette diversitĂ©. Elle nous rappelle qu'ici, le principal prĂ©dateur n'est pas toujours celui qui possĂšde les plus longues griffes. Il arrive parfois qu'il porte un costume, un uniforme ou un titre de ministre. Je remarque Ă©galement avec une certaine tendresse que les tartes Ă la crĂšme poursuivent leur carriĂšre diplomatique avec une efficacitĂ© remarquable. Les empires changent. Les gouvernements tombent. Les alliances se font et se dĂ©font. La tarte, elle, demeure. Il existe probablement moins de rancune aprĂšs une bonne pĂątisserie en plein visage qu'aprĂšs certains sommets internationaux. VoilĂ peut-ĂȘtre une piste que les chancelleries devraient explorer davantage. Car au fond, que retiendrons-nous de cette journĂ©e ? Un gouverneur qui rĂȘve d'un empire immense. Un royaume qui cherche une couronne. Une rĂ©publique qui dĂ©couvre que le bonheur administratif ne convainc pas toujours les administrĂ©s. Une Sicilia qui poursuit son chemin sans Ă©prouver le besoin de transformer chaque dĂ©cision en tragĂ©die nationale. VoilĂ un tableau assez fidĂšle de notre Ă©poque. Tout le monde parle trĂšs fort. Ceux qui travaillent parlent gĂ©nĂ©ralement beaucoup moins. Je terminerai donc cette Ă©mission par un conseil que personne ne suivra. MĂ©fiez-vous des gens qui vous promettent un avenir parfait. Ils commencent presque toujours par vous expliquer que le prĂ©sent constitue un lĂ©ger dĂ©sagrĂ©ment nĂ©cessaire. Les empires les plus solides ne sont pas ceux qui promettent le paradis. Ce sont ceux qui permettent simplement Ă leurs habitants de rentrer chez eux le soir avec l'impression d'avoir construit quelque chose d'utile. Les lignes de Radio NĂ©crotoile restent naturellement ouvertes. Les gouvernements peuvent venir contester nos analyses. Les rĂ©volutionnaires peuvent venir annoncer la prochaine rĂ©volution qui sera, cette fois c'est certain, la bonne. Les rois peuvent dĂ©fendre leurs couronnes. Les conquĂ©rants leurs cartes. Les bureaucrates leurs formulaires. Nous Ă©couterons tout le monde avec une attention sincĂšre et une mauvaise foi parfaitement Ă©quitable. Quant Ă ceux qui n'ont rien Ă dĂ©clarer... revenez demain. |
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18 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir Ă vous, habitants de Sicilia, voyageurs de passage, (...)
![]() 18 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir Ă vous, habitants de Sicilia, voyageurs de passage, gouvernants persuadĂ©s que leurs discours survivront aux siĂšcles et lecteurs qui ouvrent directement cette chronique en espĂ©rant y apercevoir leur propre nom. Ne soyez pas gĂȘnĂ©s. Si j'Ă©tais Ă votre place, je commencerais exactement par lĂ . Aujourd'hui, impossible de regarder ailleurs que vers la Mystisie. Ă peine les nouveaux responsables prennent-ils leurs fonctions que Octave Sombrefer donne dĂ©jĂ le ton. Les fouilles archĂ©ologiques reprennent, un quartier gĂ©nĂ©ral dĂ©moniaque est annoncĂ© et les terroristes reçoivent un message d'une simplicitĂ© presque dĂ©sarmante. Il leur demande d'arrĂȘter. VoilĂ une mĂ©thode politique qui mĂ©rite d'ĂȘtre saluĂ©e. D'autres gouvernements Ă©laborent des plans complexes, crĂ©ent des commissions d'enquĂȘte et rĂ©digent des rapports de plusieurs dizaines de pages. Le Sultan, lui, tente encore l'ancienne mĂ©thode consistant Ă supposer que des terroristes finiront peut-ĂȘtre par Ă©couter si on leur demande suffisamment poliment. J'ignore si cela fonctionnera mais je reconnais une certaine Ă©lĂ©gance Ă cette naĂŻvetĂ© parfaitement assumĂ©e. Il faut cependant reconnaĂźtre que Octave possĂšde un talent beaucoup plus prĂ©cieux que celui de gouverner. Il sait attirer les regards. Chaque annonce provoque dĂ©jĂ des commentaires, des rĂ©actions et parfois mĂȘme des inquiĂ©tudes. C'est gĂ©nĂ©ralement le signe qu'un personnage commence rĂ©ellement Ă exister. Les dirigeants oubliables administrent des provinces. Les autres deviennent des sujets de conversation. Et puisqu'il a eu l'audace de me nommer officiellement biographe de sa future conquĂȘte du Cybermonde, je considĂšre dĂ©sormais qu'il est de mon devoir de noter chacune de ses promesses. Je ne sais pas encore si elles finiront dans un livre d'Histoire ou dans un rayon consacrĂ© aux ambitions beaucoup trop optimistes. Dans les deux cas, le rĂ©cit promet d'ĂȘtre intĂ©ressant. La journĂ©e aurait pu s'arrĂȘter sur cette dĂ©monstration de confiance presque insolente. La Mystisie en avait dĂ©cidĂ© autrement. Quelques instants plus tard, l'HĂŽtel Chez Monique se retrouve Ă©vacuĂ© Ă cause d'une alerte Ă la bombe. Jusqu'ici, rien de trĂšs inhabituel pour le Cybermonde. Ce qui m'a davantage interpellĂ©e est le contenu du message laissĂ© derriĂšre cette petite dĂ©monstration de civisme. AprĂšs avoir rappelĂ© avec un enthousiasme dĂ©bordant que le Sultan avait raison par principe, son auteur termine tranquillement en invitant tout le monde Ă aller manger chez Layla. VoilĂ probablement la premiĂšre opĂ©ration terroriste dont l'objectif secondaire consiste Ă amĂ©liorer la frĂ©quentation d'un restaurant concurrent. Je dois reconnaĂźtre que les mĂ©thodes publicitaires deviennent de plus en plus crĂ©atives. Mais avant de quitter la Mystisie, je serais profondĂ©ment injuste si je passais sous silence la performance de Silas des Sables. Peu d'hommes peuvent prĂ©tendre ĂȘtre entrĂ©s volontairement en prison et en ĂȘtre ressortis presque avant que la porte ne se referme derriĂšre eux. Deux minutes. C'est Ă peine le temps nĂ©cessaire pour choisir une biĂšre dans certaines tavernes. Si cette efficacitĂ© devient la norme, je suggĂšre trĂšs officiellement que les geĂŽles mystisiennes installent un comptoir d'accueil et distribuent des cartes de fidĂ©litĂ©. AprĂšs tout, lorsqu'un sĂ©jour carcĂ©ral dure moins longtemps qu'une conversation, autant rendre l'expĂ©rience agrĂ©able. VoilĂ qui nous conduit naturellement vers d'autres provinces oĂč certains candidats parviennent Ă oublier le nom du poste auquel ils se prĂ©sentent tandis que d'autres dĂ©cident qu'un pagne suffit largement pour participer Ă la vie politique. Et je vous assure que je n'invente absolument rien. Le Cybermonde s'en charge trĂšs bien sans mon aide. Mais pendant que la Mystisie perfectionne son art trĂšs personnel de mĂ©langer conquĂȘtes, explosions et publicitĂ© pour les Ă©tablissements voisins, la RĂ©publik de Kraland continue de prouver qu'il est parfaitement possible de produire autant d'animation sans tirer la moindre Ă©pĂ©e. Il suffit de rĂ©unir quelques citoyens convaincus d'avoir raison et de leur offrir une tribune suffisamment grande. Le reste se fait tout seul. Je voudrais d'ailleurs fĂ©liciter Jean-Luc Selriche, qui nous a livrĂ© ce que les historiens qualifieront peut-ĂȘtre un jour de plus belle publicitĂ© involontaire pour la naturalisation kralandaise. Selon lui, obtenir des papiers de la RĂ©publik l'aurait transformĂ© en un homme nouveau. Fini la procrastination, envolĂ©e la paresse, disparues les mauvaises habitudes. Les idĂ©es affluent dĂ©sormais avec une facilitĂ© dĂ©concertante et le travail semble presque devenir un plaisir. J'ignore ce que les fonctionnaires kralandais glissent exactement dans leurs formulaires administratifs mais je commence sĂ©rieusement Ă soupçonner l'existence d'une substance jusqu'ici inconnue de la mĂ©decine moderne. Si quelques feuilles timbrĂ©es suffisent rĂ©ellement Ă produire de tels miracles, l'Empire Brun ferait peut-ĂȘtre bien d'en importer une cargaison... uniquement pour les Ă©tudier, naturellement. Cette belle profession de foi n'a Ă©videmment pas tardĂ© Ă attirer quelques rĂ©ponses. Les Ă©changes se sont multipliĂ©s avec cette Ă©lĂ©gance toute particuliĂšre que seuls les Kralandais savent produire. Chacun redistribue l'argent de quelqu'un d'autre, chacun explique pourquoi sa vision de la solidaritĂ© est objectivement la meilleure et chacun termine la discussion persuadĂ© d'avoir brillamment dĂ©montrĂ© l'Ă©vidence. J'observe toujours ces dĂ©bats avec une certaine admiration. Dans beaucoup de pays, une dispute politique finit autour d'un champ de bataille. En RĂ©publik, elle finit autour d'un tableau comptable. Les blessures sont moins visibles mais les cicatrices administratives durent gĂ©nĂ©ralement beaucoup plus longtemps. La soirĂ©e nous a Ă©galement offert un moment de poĂ©sie bureaucratique grĂące Ă Ninoo Chantargent. VoilĂ une candidate capable de prĂ©senter un programme entier avant de retrouver le nom exact de la fonction qu'elle souhaite exercer. Pendant quelques instants, elle hĂ©site, cherche, corrige, improvise et transforme malgrĂ© elle une simple candidature en vĂ©ritable numĂ©ro de théùtre. J'avoue avoir trouvĂ© la scĂšne Ă©trangement attachante. Les discours parfaitement prĂ©parĂ©s finissent souvent par se ressembler. Les hĂ©sitations, elles, rappellent qu'il y a encore un joueur derriĂšre le personnage. Et parfois, c'est prĂ©cisĂ©ment ce qui les rend mĂ©morables. Mais la palme du spectacle revient sans la moindre hĂ©sitation Ă Jay Padbol. Alors que certains passent des heures Ă rĂ©diger des manifestes politiques, lui choisit une mĂ©thode beaucoup plus directe pour attirer l'attention. Le voilĂ qui dĂ©boule presque vĂȘtu d'un simple pagne, se balance comme un homme ayant manifestement passĂ© trop de temps dans la jungle et transforme un hĂŽtel respectable en dĂ©cor d'aventure exotique. J'ignore encore si cette prestation constituait une campagne Ă©lectorale, une dĂ©monstration athlĂ©tique ou un simple problĂšme vestimentaire. Une chose est certaine, personne n'a oubliĂ© son entrĂ©e. Et dans le Cybermonde, c'est dĂ©jĂ une victoire politique Ă part entiĂšre. AprĂšs ce dĂ©tour par les grandes dĂ©clarations et les campagnes Ă©lectorales, il est toujours agrĂ©able de revenir en Sicilia. Non pas parce que nous serions plus sages que les autres. Ne racontons pas n'importe quoi. Mais parce qu'ici, les discours s'accompagnent gĂ©nĂ©ralement d'un chantier, d'une nomination ou d'une tournĂ©e Ă la taverne. Une province qui construit inspire toujours davantage confiance qu'une province qui passe sa journĂ©e Ă expliquer pourquoi elle construira demain. Les registres de Trou Perdu en sont encore une excellente dĂ©monstration. De nouveaux bĂątiments apparaissent, les projets se multiplient et plusieurs habitants continuent discrĂštement Ă renforcer la province sans ressentir le besoin d'accompagner chaque coup de marteau d'un communiquĂ© de trois pages. J'avoue Ă©prouver une affection particuliĂšre pour cette façon de travailler. Les plus belles rĂ©ussites sont souvent celles que l'on dĂ©couvre plusieurs jours plus tard en parcourant les archives plutĂŽt qu'en lisant les proclamations officielles. Je ne peux d'ailleurs pas passer sous silence Dusk et Aurora. Ces deux-lĂ possĂšdent un talent qui devient presque une spĂ©cialitĂ© sicilienne. Ils donnent constamment l'impression de ne rien faire... jusqu'au moment oĂč l'on relit les registres et que leurs noms apparaissent absolument partout. Une amĂ©lioration ici, une dĂ©cision lĂ , un chantier un peu plus loin. Ils travaillent avec cette discrĂ©tion insupportable des gens efficaces. Pour une chroniqueuse, c'est une bĂ©nĂ©diction. Pour leurs adversaires, beaucoup moins. Pendant que certains annoncent la construction d'un empire, eux construisent simplement des morceaux de province. Au final, les pierres ont souvent la mauvaise habitude de survivre plus longtemps que les discours. Ă quelques rues de lĂ , Martina Dei Machiavelli poursuit son Ćuvre favorite qui consiste Ă parler avec suffisamment de conviction pour que personne ne puisse prĂ©tendre ignorer ce qu'elle pense. Dans une Ă©poque oĂč beaucoup adaptent leurs idĂ©es au sens du vent, cette femme possĂšde au moins une qualitĂ© devenue rare. Elle assume les siennes. Cela lui attire des soutiens enthousiastes, quelques critiques bien senties et probablement davantage de dĂ©bats qu'elle ne l'avouera publiquement. Mais c'est prĂ©cisĂ©ment le rĂŽle des personnages importants. Une province oĂč tout le monde est d'accord devient rapidement trĂšs silencieuse. Et une province silencieuse est une province dont plus personne ne parle. Je remarque Ă©galement quelque chose qui me plaĂźt Ă©normĂ©ment en parcourant les Ă©vĂ©nements de la journĂ©e. Sicilia ne repose jamais sur une seule personne. Chacun apporte sa pierre Ă l'Ă©difice. Les gouvernants gouvernent, les bĂątisseurs bĂątissent, les commerçants commercent, les aventuriers se jettent dans les ennuis avec une rĂ©gularitĂ© presque professionnelle et quelques araignĂ©es particuliĂšrement cultivĂ©es prennent consciencieusement des notes depuis leur plafond. C'est probablement cette diversitĂ© qui donne Ă la province son caractĂšre. On ne vient pas en Sicilia pour admirer des bĂątiments. On y vient pour rencontrer les gens qui leur donnent une histoire. VoilĂ pourquoi je continuerai toujours Ă dĂ©fendre cette terre avec une objectivitĂ© absolument irrĂ©prochable. Certains me reprocheront sans doute une lĂ©gĂšre prĂ©fĂ©rence. Je leur rĂ©pondrai qu'il est trĂšs difficile de rester parfaitement neutre lorsque l'on vit entourĂ©e de personnages qui prennent autant de plaisir Ă Ă©crire ensemble. AprĂšs tout, une bonne chronique ne se nourrit pas uniquement de grands Ă©vĂ©nements. Elle vit surtout grĂące aux joueurs qui transforment une simple journĂ©e de jeu en une histoire que l'on aura encore envie de raconter demain. Et sur ce point, mes chers Siciliens, continuez exactement comme ça. Vous rendez mon travail dĂ©licieusement facile. En refermant tous ces parchemins, je finis par remarquer un dĂ©tail que les principaux intĂ©ressĂ©s ne verront probablement jamais. Aujourd'hui, personne n'a rĂ©ellement parlĂ© de la mĂȘme chose. Octave rĂȘve dĂ©jĂ d'un avenir Ă©crit en lettres de feu. Jean-Luc dĂ©fend avec enthousiasme son idĂ©al bureaucratique. Ninoo transforme une candidature en scĂšne de théùtre malgrĂ© elle. Jay rappelle qu'il est parfois possible d'attirer davantage l'attention avec un pagne qu'avec un programme politique complet. Pendant ce temps, Dusk, Aurora, Martina et bien d'autres continuent simplement Ă faire vivre leurs provinces sans se demander si quelqu'un Ă©crira un jour leur nom dans les livres. Et pourtant, c'est prĂ©cisĂ©ment ce qui me fascine. Le Cybermonde ne tient pas grĂące Ă ses frontiĂšres. Il tient grĂące aux personnages qui refusent obstinĂ©ment de laisser une journĂ©e devenir ordinaire. Je terminerai donc cette Ă©dition par une invitation parfaitement dĂ©sintĂ©ressĂ©e. Si vous estimez que j'ai oubliĂ© un exploit, minimisĂ© votre gĂ©nie ou accordĂ© beaucoup trop d'importance Ă votre voisin, les portes de Radio NĂ©crotoile vous sont grandes ouvertes. Venez protester, venez tĂ©moigner, venez dĂ©fendre votre honneur ou tenter de corriger ma version des faits. Je vous Ă©couterai avec la plus grande attention avant d'expliquer trĂšs calmement pourquoi j'avais probablement raison depuis le dĂ©but. D'ici lĂ , continuez Ă gouverner, Ă bĂątir, Ă comploter, Ă aimer, Ă vous quereller et surtout Ă Ă©crire. Vous fournissez les histoires. Je me contente de tendre la vieille radio vers le Cybermonde et de laisser les ondes transporter ce joyeux chaos jusque dans les tavernes de l'Empire. Bonne nuit Ă tous... et souvenez-vous d'une chose. Les hĂ©ros Ă©crivent parfois l'Histoire. Les chroniqueurs, eux, choisissent trĂšs souvent la maniĂšre dont on s'en souviendra. đ·ïž |
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18 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir aux habitants du Cybermonde, aux souverains qui (...)
![]() 18 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux habitants du Cybermonde, aux souverains qui dĂ©couvrent chaque samedi que leurs plus grandes dĂ©cisions tiennent finalement dans une colonne de registre, aux rĂ©volutionnaires qui appellent cela un soulĂšvement quand il s'agit surtout d'une trĂšs mauvaise journĂ©e, aux diplomates qui distribuent des ultimatums avec le sourire et aux lecteurs qui espĂšrent secrĂštement que je me sois davantage moquĂ©e de leur voisin que d'eux. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, journaliste parfaitement impartiale puisque je trouve des raisons de lever un sourcil devant absolument tout le monde. Je vous parle depuis ma salle de radio oĂč le velours sombre Ă©touffe les Ă©chos, oĂč les chandelles dessinent des ombres sur les vieux crĂąnes empilĂ©s autour de mon trĂŽne et oĂč mes yeux bleus brillent suffisamment pour faire croire que je connais dĂ©jĂ les catastrophes de la semaine prochaine. Comme chaque samedi, nous allons refermer le registre de ces derniers jours. Pas pour distribuer des bons points. Le Cybermonde s'en charge trĂšs mal tout seul. Nous allons simplement regarder ce qui s'est passĂ©, qui a gagnĂ©, qui a perdu, qui a changĂ© de camp, qui a changĂ© de chaise et qui a surtout rĂ©ussi Ă transformer une journĂ©e parfaitement normale en anecdote que les tavernes raconteront encore dans plusieurs semaines. S'il fallait rĂ©sumer cette semaine en une seule phrase, je dirais que tout le monde semblait persuadĂ© de dĂ©fendre la stabilitĂ©... en provoquant exactement l'effet inverse. Entre les crises politiques, les changements de pouvoir, les arrestations, les attentats, les mouvements indĂ©pendantistes et les ambitions dĂ©mesurĂ©es, le Cybermonde a une nouvelle fois prouvĂ© qu'il Ă©tait capable de fabriquer davantage d'actualitĂ© en sept jours que certains continents en plusieurs dĂ©cennies. Il faut reconnaĂźtre un talent collectif. Quand une semaine commence par une nomination et se termine par une rĂ©volution, personne ne peut accuser les habitants de manquer d'imagination. La RĂ©publik de Kraland a probablement remportĂ© le prix de l'agitation institutionnelle. Le ValĂ©gro est devenu le théùtre d'une crise oĂč chacun prĂ©tend dĂ©fendre la paix avec une Ă©nergie qui ressemble furieusement Ă une dĂ©claration de guerre. Entre les discours appelant au calme, les accusations croisĂ©es, les manifestations, les rĂ©bellions locales et les dĂ©bats sur l'avenir de la province, il devenait parfois difficile de savoir qui gouvernait encore rĂ©ellement la situation. Les gouvernements aiment rĂ©pĂ©ter que tout est sous contrĂŽle. Les habitants, eux, regardent surtout si leur maison appartient toujours au mĂȘme pays qu'au rĂ©veil. Pendant ce temps, le GĂ©ofront n'a cessĂ© de faire entendre une voix de plus en plus difficile Ă ignorer. Les appels Ă davantage d'autonomie, voire Ă une vĂ©ritable indĂ©pendance, se sont multipliĂ©s tout au long de la semaine. Ce qui n'Ă©tait peut-ĂȘtre qu'un mĂ©contentement il y a encore quelques jours ressemble dĂ©sormais Ă une revendication politique assumĂ©e. Les monarchies dĂ©testent gĂ©nĂ©ralement ce moment trĂšs prĂ©cis oĂč leurs provinces cessent de demander des rĂ©formes pour commencer Ă demander une porte de sortie. C'est rarement bon signe pour la tranquillitĂ© des palais. Et pendant que certaines nations cherchaient Ă empĂȘcher leurs provinces de partir, d'autres se demandaient simplement qui porterait la couronne. La RuthvĂ©nie a poursuivi sa dĂ©sormais cĂ©lĂšbre Course au TrĂŽne Maudit, transformant la succession royale en compĂ©tition dĂ©moniaque parfaitement assumĂ©e. Il faut reconnaĂźtre Ă ce Royaume une qualitĂ© devenue rare. Lorsqu'il dĂ©cide d'organiser une crise politique, il le fait avec suffisamment de panache pour que mĂȘme les dĂ©mons acceptent de participer. Peu de monarchies peuvent prĂ©tendre gĂ©rer leur avenir comme une Ă©preuve sportive arbitrĂ©e par les enfers. C'est absurde. C'est théùtral. C'est trĂšs ruthvĂšne. Si une nation a particuliĂšrement occupĂ© les conversations cette semaine, c'est bien la Mystisie. L'arrivĂ©e de Octave Sombrefer Ă la tĂȘte du Sultanat n'a laissĂ© Ă personne le temps de s'installer confortablement. Les nominations se sont enchaĂźnĂ©es, les institutions ont retrouvĂ© un rythme soutenu et les premiers grands projets ont Ă©tĂ© annoncĂ©s avec cette dĂ©licatesse toute personnelle qui consiste Ă parler de conquĂ©rir le Cybermonde avant mĂȘme d'avoir terminĂ© de dĂ©placer les meubles dans son palais. Je dois reconnaĂźtre une qualitĂ© Ă Octave. Il ne promet jamais de petites choses. Certains gouverneurs annoncent une nouvelle route ou un marchĂ© couvert. Lui Ă©voque des fouilles archĂ©ologiques, une future LĂ©gion dĂ©moniaque, la domination du dĂ©sert et un avenir que l'Histoire retiendra forcĂ©ment. On peut sourire devant une telle confiance mais il faut lui accorder un mĂ©rite incontestable. Il donne immĂ©diatement envie de voir s'il ira rĂ©ellement jusqu'au bout de ses ambitions. Les grands personnages ne sont pas forcĂ©ment ceux qui rĂ©ussissent. Ce sont souvent ceux qui donnent envie de suivre leur parcours. Naturellement, une semaine mystisienne ne pouvait pas se limiter Ă des nominations. Une alerte Ă la bombe est venue rappeler que le dĂ©sert possĂšde toujours ce goĂ»t trĂšs particulier pour les dĂ©monstrations spectaculaires. Le plus Ă©tonnant n'Ă©tait pourtant pas l'Ă©vacuation de l'hĂŽtel mais le message qui l'accompagnait. AprĂšs avoir rappelĂ© avec beaucoup d'application que le Sultan avait toujours raison, son auteur jugea utile de recommander aux voyageurs d'aller dĂ©jeuner chez un Ă©tablissement concurrent. VoilĂ une conception du terrorisme que je dĂ©couvre avec curiositĂ©. Certains utilisent la peur pour faire avancer une idĂ©ologie. D'autres semblent surtout vouloir amĂ©liorer la frĂ©quentation d'un restaurant. La semaine a Ă©galement offert l'une de ces scĂšnes dont seul le Cybermonde possĂšde le secret. Silas des Sables s'est volontairement prĂ©sentĂ© devant la justice, est entrĂ© en prison puis en est ressorti quelques instants plus tard aprĂšs avoir purgĂ© sa peine. Je n'ai pas chronomĂ©trĂ© la scĂšne mais je suis raisonnablement certaine que certains clients mettent davantage de temps Ă choisir leur repas dans une taverne. Si cette efficacitĂ© devient la nouvelle norme, les prisons mystisiennes finiront peut-ĂȘtre par proposer un service express avec boisson offerte aprĂšs la troisiĂšme incarcĂ©ration. Pendant que la Mystisie rĂ©organisait son avenir, les autres nations observaient cette agitation avec un mĂ©lange d'inquiĂ©tude, de curiositĂ© et de scepticisme. Certains y voient dĂ©jĂ le retour d'un grand Sultanat. D'autres attendent patiemment le premier faux pas avant de proclamer que tout cela Ă©tait Ă©crit d'avance. Pour ma part, je me contenterai d'une observation beaucoup plus simple. Une province qui fait autant parler d'elle quelques jours seulement aprĂšs un changement de pouvoir accomplit dĂ©jĂ une chose essentielle. Elle donne envie au reste du Cybermonde de regarder dans sa direction. Et dans un monde oĂč chacun cherche dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă devenir le centre de la carte, c'est parfois une victoire presque aussi importante qu'une bataille remportĂ©e. Pendant que les regards restaient tournĂ©s vers la Mystisie, une autre rĂ©alitĂ© s'installait discrĂštement un peu partout dans le Cybermonde. Les grandes dĂ©clarations attirent toujours les chroniqueurs mais les provinces continuent de vivre grĂące Ă des gens beaucoup moins bruyants. Cette semaine encore, des bĂątiments sont sortis de terre, des commerces ont ouvert, des infrastructures ont Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©es et plusieurs dirigeants ont prĂ©fĂ©rĂ© investir dans la pierre plutĂŽt que dans les discours. C'est moins spectaculaire qu'une rĂ©volution mais infiniment plus difficile Ă dĂ©molir. En Sicilia, cette philosophie semble toujours aussi bien ancrĂ©e. Les chantiers se sont succĂ©dĂ© avec une rĂ©gularitĂ© presque mĂ©canique et plusieurs habitants ont continuĂ© Ă renforcer la province sans Ă©prouver le besoin de transformer chaque coup de marteau en communiquĂ© officiel. C'est probablement ce que j'apprĂ©cie le plus chez les Siciliens. Ils parlent, bien sĂ»r. Ils aiment mĂȘme Ă©normĂ©ment parler. Mais ils prennent gĂ©nĂ©ralement la peine de construire quelque chose entre deux conversations. Impossible d'Ă©voquer cette semaine sans citer Dusk et Aurora. Ces deux-lĂ ont une maniĂšre trĂšs particuliĂšre d'exister dans les registres. On pourrait croire qu'ils restent en retrait tant ils Ă©vitent les grands effets de manche. Puis on relit tranquillement les Ă©vĂ©nements de la semaine et leurs noms apparaissent encore et encore. Un chantier. Une amĂ©lioration. Une dĂ©cision. Une prĂ©sence. Ils donnent parfois l'impression d'ĂȘtre les fourmis de Sicilia. On ne les remarque pas toujours immĂ©diatement mais si elles s'arrĂȘtaient une seule semaine, tout le monde finirait par s'en rendre compte. Martina Dei Machiavelli a choisi une approche beaucoup moins discrĂšte. FidĂšle Ă elle-mĂȘme, elle a pris position sans laisser beaucoup de place au doute. Qu'on partage ses idĂ©es ou qu'on les combatte, il faut reconnaĂźtre une qualitĂ© devenue presque exotique dans le Cybermonde. Lorsqu'elle parle, chacun comprend immĂ©diatement ce qu'elle pense. Dans une Ă©poque oĂč certains changeraient volontiers de doctrine entre le petit-dĂ©jeuner et le dĂźner si cela pouvait leur rapporter une voix supplĂ©mentaire, cette constance mĂ©rite au moins un signe de respect... ou une solide migraine pour ses adversaires. Cette semaine m'a surtout rappelĂ© une chose. Les provinces ne vivent pas grĂące Ă leurs gouverneurs. Elles vivent grĂące aux dizaines de joueurs qui prennent le temps d'Ă©crire une scĂšne, de construire un bĂątiment, de rĂ©pondre Ă un voisin ou simplement de faire exister leur personnage pendant quelques minutes. Les dirigeants changent. Les frontiĂšres bougent. Les lois sont réécrites. Mais ce sont toujours ces petites interactions qui donnent envie d'ouvrir les registres le lendemain matin. Une province parfaitement administrĂ©e mais silencieuse finit par s'oublier. Une province pleine de personnages qui se rĂ©pondent devient rapidement un endroit oĂč l'on a envie de revenir. C'est d'ailleurs probablement la plus belle victoire de cette semaine. MalgrĂ© les tensions, les rivalitĂ©s et les ambitions parfois dĂ©mesurĂ©es, le Cybermonde continue de produire ce qui le rend vivant depuis tant d'annĂ©es. Des histoires. Et tant qu'il y aura des histoires Ă raconter, je continuerai Ă remplir mes registres avec un plaisir parfaitement... impartial. Ou presque. Toutes les semaines n'appartiennent pas uniquement aux souverains. Heureusement. Les meilleurs souvenirs naissent souvent d'un dĂ©tail complĂštement absurde que personne n'avait vu venir. Et cette semaine, le Cybermonde a encore prouvĂ© qu'il excellait dans cette discipline. Ainsi, pendant que certains dirigeants annonçaient de grandes rĂ©formes, d'autres se lançaient dans des campagnes Ă©lectorales beaucoup plus... crĂ©atives. Une candidate rĂ©ussit Ă prĂ©senter son programme avant de retrouver le nom exact de la fonction qu'elle convoitait. Un autre citoyen expliqua avec le plus grand sĂ©rieux que sa naturalisation avait fait de lui un homme meilleur, plus productif et presque miraculeusement dĂ©barrassĂ© de tous ses dĂ©fauts. Si les administrations commencent rĂ©ellement Ă produire ce genre d'effets, je suggĂšre d'analyser immĂ©diatement leur encre. Elle vaut peut-ĂȘtre davantage que toutes les dĂ©couvertes des alchimistes rĂ©unis. Le Cybermonde nous a Ă©galement offert plusieurs scĂšnes qui n'avaient aucune importance stratĂ©gique mais qui rĂ©sument parfaitement son charme. Des discussions de taverne qui dĂ©gĂ©nĂšrent en dĂ©bat philosophique, des inconnus qui deviennent les vedettes d'une soirĂ©e simplement parce qu'ils ont choisi le mauvais moment pour ouvrir la bouche, des aventuriers qui se prĂ©sentent dans une tenue laissant trĂšs peu de place Ă l'imagination et beaucoup trop Ă l'air frais. Il existe des semaines oĂč l'Histoire s'Ă©crit avec de grandes batailles. Celle-ci s'est parfois Ă©crite avec un pagne, quelques verres de biĂšre et un sens trĂšs discutable du timing. Je remarque d'ailleurs un phĂ©nomĂšne qui revient rĂ©guliĂšrement. Plus les enjeux politiques deviennent sĂ©rieux, plus les joueurs semblent Ă©prouver le besoin de produire des scĂšnes complĂštement dĂ©calĂ©es. Comme si le Cybermonde refusait obstinĂ©ment de se prendre au sĂ©rieux trop longtemps. Une rĂ©volution est aussitĂŽt suivie d'une plaisanterie. Une nomination laisse la place Ă une scĂšne de comĂ©die. Une menace de guerre est interrompue par une conversation parfaitement absurde dans une auberge. Finalement, c'est peut-ĂȘtre cela qui maintient encore ce vieux monde debout. Non pas les armĂ©es, ni les palais, mais cette Ă©trange capacitĂ© qu'ont ses habitants Ă transformer les journĂ©es les plus tendues en histoires que tout le monde racontera en riant quelques jours plus tard. Je vais donc refermer ce registre avec une pensĂ©e pour tous ceux dont je n'ai pas citĂ© le nom aujourd'hui. Si vous n'apparaissez pas dans cette revue, ce n'est pas forcĂ©ment parce que vous avez Ă©tĂ© oubliĂ©s. C'est peut-ĂȘtre simplement parce que votre plus belle scĂšne reste encore Ă Ă©crire. Et si c'est le cas, sachez que ma vieille radio continuera de grĂ©siller chaque samedi. Je serai lĂ , perchĂ©e sur mon trĂŽne, les yeux rivĂ©s sur les registres, prĂȘte Ă distribuer des compliments aussi rares que sincĂšres, des piques aussi Ă©lĂ©gantes que venimeuses et quelques humiliations parfaitement mĂ©ritĂ©es. Car aprĂšs tout, les royaumes passent, les gouvernements changent, les frontiĂšres se dĂ©placent... mais les bons personnages, eux, finissent toujours par trouver une place dans les chroniques. Et tant que vous continuerez Ă faire vivre ce Cybermonde, je continuerai Ă remplir ce grand registre des gloires, des maladresses et des folies ordinaires avec le mĂȘme plaisir coupable. Ă samedi prochain... si le monde tient encore jusque-lĂ . Et vu votre semaine, je prĂ©fĂšre ne faire aucun pari. đ·ïž |
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19 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir Ă vous, habitants du Cybermonde. Bonsoir aux (...)
![]() 19 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir Ă vous, habitants du Cybermonde. Bonsoir aux souverains convaincus d'Ă©crire l'Histoire, aux opposants persuadĂ©s de la corriger et aux fonctionnaires qui passent leur temps Ă tamponner les consĂ©quences des deux premiers. Installez-vous confortablement. Ce soir, les nouvelles sentent autant la poudre que le bĂ©ton frais. Il existe des journĂ©es oĂč plusieurs nations donnent l'impression de courir dans des directions diffĂ©rentes. Puis il existe des journĂ©es comme celle-ci, oĂč tout le monde semble avoir reçu le mĂȘme ordre sans jamais s'ĂȘtre concertĂ©. Construisez. RĂ©organisez. Gouvernez. Et si possible, faites-le avec suffisamment de panache pour que vos voisins soient obligĂ©s d'en parler. Ă croire que le Cybermonde s'est rĂ©veillĂ© avec une soudaine envie de laisser une trace dans les archives. Le meilleur exemple nous vient sans doute du ValĂ©gro oĂč Jean-Luc Selriche semble avoir regardĂ© un simple plan d'urbanisme avant de conclure qu'il manquait seulement... une douzaine d'H.L.M. Son projet de Fort Emouchet en Grand n'est pas prĂ©sentĂ© comme un chantier mais comme une vĂ©ritable croisade contre la pauvretĂ©. Les tentes disparaissent, les terrains sont rĂ©quisitionnĂ©s, les premiers travaux commencent et l'on promet dĂ©jĂ une ville dans la ville destinĂ©e Ă accueillir travailleurs, mineurs, familles et tous ceux qui rĂȘvaient d'un toit sans forcĂ©ment avoir les moyens de s'en offrir un. On pourra discuter longtemps des mĂ©thodes employĂ©es. Exproprier un hĂŽtel sans demander l'avis de son propriĂ©taire reste une approche administrative relativement audacieuse. Mais il faut reconnaĂźtre une chose. Lorsqu'un Kralandais dĂ©cide de faire de l'urbanisme, il ne commence jamais par dessiner un rond-point. Il annonce directement qu'il va remodeler la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre. Cette agitation immobiliĂšre n'a Ă©videmment pas laissĂ© les autres responsables indiffĂ©rents. Kenza applaudit le projet avec un enthousiasme qui ferait presque oublier que la moitiĂ© de la ville est occupĂ©e Ă gĂ©rer des rebelles, des rumeurs et des lapins beaucoup trop nombreux. PierreJean, lui, remercie publiquement son bourgmestre pour son efficacitĂ© tout en lui glissant quelques rĂ©compenses bien mĂ©ritĂ©es. VoilĂ probablement ce que j'apprĂ©cie le plus chez les Kralandais. Ils peuvent se lancer dans les dĂ©bats idĂ©ologiques les plus interminables du Cybermonde mais lorsqu'il s'agit de construire quelque chose, ils deviennent soudainement d'un pragmatisme presque inquiĂ©tant. Ils discutent Ă©normĂ©ment... mais entre deux discours, les briques continuent malgrĂ© tout de s'empiler. La vĂ©ritable vedette de cette province n'Ă©tait pourtant ni un ministre ni un bourgmestre. Elle possĂ©dait de longues oreilles et un sens trĂšs personnel de la justice. Sir McRabbit nous a offert ce qui restera probablement comme l'une des plus belles performances administratives de la journĂ©e. AprĂšs avoir distribuĂ© plusieurs amendes avec le sĂ©rieux d'un magistrat exemplaire, le voilĂ qui dĂ©cide... de se verbaliser lui-mĂȘme. Motif de l'infraction. Il l'ignore complĂštement. Mais puisqu'il est persuadĂ© d'avoir forcĂ©ment commis une faute quelque part, autant payer immĂ©diatement et prĂ©senter ses excuses Ă la population. Quelques minutes plus tard, il revient expliquer que les papiers se sont envolĂ©s et que l'amende Ă©tait finalement destinĂ©e Ă sa propre personne. J'ignore si cette mĂ©thode amĂ©liorera durablement la confiance envers la justice kralandaise mais elle prĂ©sente un avantage indĂ©niable. Les accusations de favoritisme deviennent beaucoup plus difficiles lorsque le juge commence par se condamner lui-mĂȘme. VoilĂ qui nous rappelle une vĂ©ritĂ© presque universelle. Certains gouvernements rĂȘvent de conquĂ©rir le monde. D'autres cherchent Ă rĂ©former la sociĂ©tĂ©. Et puis il existe le ValĂ©gro, oĂč l'on construit des H.L.M., oĂč les juges verbalisent leur propre personne et oĂč les lapins semblent participer Ă la politique locale avec davantage d'assiduitĂ© que certains Ă©lecteurs. HonnĂȘtement... je ne changerais cette province pour aucune autre. Elle me fournit beaucoup trop de travail, et j'aime profondĂ©ment cela. Mais pendant que le ValĂ©gro redessine son paysage Ă coups de marteau et de formulaires administratifs, le Khanat ElmĂ©rien a choisi une approche beaucoup plus... festive. Enfin, le mot *festif* mĂ©rite sans doute quelques prĂ©cisions lorsqu'il est employĂ© par des tribus capables de transformer une cĂ©rĂ©monie officielle en expĂ©rience anthropologique. Cette semaine, Silas des Sables a lancĂ© une invitation. Le programme annonçait des discours, quelques rĂ©jouissances populaires, un lancer d'urnes dans la mer, des brochettes, une salade tomate-pĂ©trole et, pour conclure, un grand feu destinĂ© Ă brĂ»ler ce qui restait des urnes Ă©lectorales. J'avoue Ă©prouver une certaine admiration devant une imagination capable d'inventer une fĂȘte oĂč la gastronomie, les traditions et la destruction mĂ©thodique des instruments dĂ©mocratiques cohabitent dans une harmonie presque parfaite. L'actualitĂ© du Khanat, alors que certains rĂ©flĂ©chissaient encore au nom du prochain dirigeant, Light Deathnote dĂ©couvrait avec une spontanĂ©itĂ© dĂ©sarmante que le poste de Grand Khan venait tout simplement de se libĂ©rer. Son Ă©tonnement avait quelque chose de rafraĂźchissant. On imagine volontiers les grandes manĆuvres politiques, les tractations secrĂštes et les alliances complexes. Lui regarde la situation avec une simplicitĂ© presque enfantine et s'exclame qu'il aurait peut-ĂȘtre fallu prĂ©venir les intĂ©ressĂ©s. VoilĂ une remarque qui aurait probablement gagnĂ© Ă ĂȘtre formulĂ©e avant plusieurs crises de succession cĂ©lĂšbres. Comme si cela ne suffisait pas, la soirĂ©e s'est terminĂ©e par un hommage particuliĂšrement chaleureux rendu Ă Tifa LockHeart. Sakura Tiwanaku a saluĂ© son travail avant d'accueillir avec un enthousiasme dĂ©bordant... le futur Grand Khan Pigeon RonRon. Je dois reconnaĂźtre que le Cybermonde conserve une qualitĂ© que beaucoup de royaumes ont perdue depuis longtemps. Il est encore capable de prononcer avec le plus grand sĂ©rieux des phrases qui paraissent totalement absurdes lorsqu'on les retire de leur contexte. Et c'est prĂ©cisĂ©ment pour cela que je continue Ă tenir cette Ă©mission. Aucun romancier n'oserait inventer un chef tribal nommĂ© Pigeon RonRon. Eux, le font avec un naturel absolument dĂ©sarmant. Pendant ce temps, un peu plus au nord, le Paradigme Vert dĂ©montrait une fois encore que les Ă©cologistes savent eux aussi rĂ©gler leurs diffĂ©rends avec une remarquable Ă©lĂ©gance. Pas de duel sanglant. Pas de siĂšge interminable. Une gigantesque bataille... de tartes Ă la crĂšme. J'ignore si cette mĂ©thode permet rĂ©ellement de rĂ©soudre les conflits mais elle prĂ©sente un avantage indĂ©niable. Les historiens auront beaucoup de mal Ă dĂ©terminer quel camp Ă©tait couvert de gloire et lequel Ă©tait simplement couvert de chantilly. AprĂšs rĂ©flexion, c'est peut-ĂȘtre la guerre la plus civilisĂ©e que le Cybermonde ait connue depuis bien longtemps. Le Cybermonde ne s'arrĂȘte jamais vraiment. Les palais changent de propriĂ©taires. Les gouvernements changent de ministres. Les rĂ©volutions changent de slogans. Les hĂ©ros changent de camp. Les traĂźtres deviennent parfois des patriotes et les patriotes des traĂźtres selon le registre que l'on consulte. Une seule chose ne change jamais. Vous. Vous continuez Ă Ă©crire. Ă bĂątir des villes qui n'existaient pas la veille.Et finalement, c'est probablement cela qui mĂ©rite le plus d'ĂȘtre racontĂ©. Les bĂątiments finiront par disparaĂźtre. Les frontiĂšres seront redessinĂ©es. Les titres changeront de propriĂ©taire. Mais les bonnes histoires... elles restent. Alors continuez Ă gouverner. Continuez Ă comploter. Continuez Ă dĂ©clarer des guerres beaucoup trop ambitieuses, Ă organiser des fĂȘtes parfaitement incomprĂ©hensibles, Ă construire des quartiers entiers, Ă dĂ©battre pendant des heures, Ă tomber en prison pendant deux minutes ou Ă vous prĂ©senter Ă des Ă©lections dont vous oubliez le nom. Vous faites vivre le cybermonde. Et rĂ©veillez moi Octave, ce Sultan en carton donc je dois faire un hĂ©ros. Les personnes qui estiment que cette Ă©mission dĂ©forme les faits peuvent naturellement venir le dire en direct. Les personnes qui pensent que j'ai oubliĂ© un exploit sont chaleureusement invitĂ©es Ă me le rappeler. Et celles qui souhaitent simplement protester pourront patienter dans le hall. J'ai une toile Ă terminer. Ici Kleo, votre chroniqueuse parfaitement impartiale. đ·ïž |
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20 Juillet 6662026
[spoiler]Les Chroniques des Urnes qui Fument Encore
Bonsoir, (...)
![]() 20 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir, habitants du vieux continent. Bonsoir aux souverains qui jurent gouverner avec sagesse, aux rĂ©volutionnaires qui promettent un avenir radieux tout en mettant le feu aux meubles et aux fonctionnaires qui dĂ©couvrent chaque matin qu'ils exercent probablement le mĂ©tier le plus dangereux de la politique. Je suis Kleo et, comme chaque soir, je vais tenter de mettre un peu d'ordre dans une journĂ©e qui s'est visiblement donnĂ© pour mission de prouver que les registres historiques sont inflammables. Je voudrais d'ailleurs commencer en Mystisie, car il est devenu difficile d'ignorer une province oĂč les Ă©lections ressemblent davantage Ă un concours de pyromanie qu'Ă une dĂ©monstration de civisme. Les habitants de Lampe du GĂ©nie essayaient tranquillement de choisir leur futur bourgmestre lorsqu'une idĂ©e absolument brillante traversa plusieurs esprits. Si les bulletins ne donnent pas le rĂ©sultat espĂ©rĂ©, pourquoi ne pas simplement brĂ»ler le bureau de vote ? Les flammes se sont donc invitĂ©es Ă plusieurs reprises dans le scrutin, rĂ©duisant une partie des bulletins en cendres pendant que la police courait d'un incendie Ă l'autre avec une Ă©nergie qui mĂ©rite probablement une augmentation. Au milieu de cette agitation, deux noms reviennent avec une insistance presque artistique. Silice de Pont-Krivell et Isariel se retrouvent accusĂ©s d'avoir voulu transformer une Ă©lection municipale en brasier public. La premiĂšre y laisse mĂȘme son poste de Ministre de la Guerre, preuve qu'il existe malgrĂ© tout une lĂ©gĂšre diffĂ©rence entre diriger une armĂ©e et incendier les urnes destinĂ©es Ă recueillir les suffrages de ses concitoyens. Je dois reconnaĂźtre Ă la Mystisie une qualitĂ© devenue rare. Lorsqu'elle traverse une crise politique, elle refuse obstinĂ©ment de choisir entre le drame et le théùtre. Elle prend les deux. Ce qui me fascine pourtant n'est pas l'incendie lui-mĂȘme. Les empires connaissent tous des complots, des attentats et des tentatives de sabotage. Non. Ce qui mĂ©rite rĂ©ellement d'ĂȘtre observĂ©, c'est cette Ă©trange obstination humaine qui consiste Ă croire que quelques flammes suffiront Ă changer la volontĂ© d'une province entiĂšre. Les bulletins brĂ»lent. Les murs noircissent. Les policiers s'Ă©puisent. Mais dĂšs le lendemain, quelqu'un replace une table, apporte une nouvelle urne et l'Histoire reprend son travail comme si elle se moquait profondĂ©ment des allumettes. Pendant que certains s'efforçaient de sauver les Ă©lections, Don Amortel continuait, lui, sa campagne avec une persĂ©vĂ©rance presque touchante. Son meeting n'attira absolument personne. Pas un curieux, pas un contradicteur, pas mĂȘme un passant Ă©garĂ©. Quelques heures plus tard pourtant, les urnes lui accordaient finalement la victoire au terme d'un scrutin extraordinairement serrĂ© face Ă Silas des Sables. VoilĂ une leçon que bien des ambitieux devraient mĂ©diter. Une place vide devant une estrade ne signifie pas forcĂ©ment une dĂ©faite. Elle signifie parfois simplement que tout le monde prĂ©fĂšre voter plutĂŽt qu'Ă©couter les discours. Je laisserai bien volontiers les principaux intĂ©ressĂ©s venir expliquer pourquoi une campagne Ă©lectorale nĂ©cessite dĂ©sormais autant d'eau que d'encre. Les portes de Radio NĂ©crotoile restent ouvertes. En revanche, je demanderai aux invitĂ©s de laisser leurs torches Ă l'entrĂ©e. Nous avons dĂ©jĂ suffisamment de fumĂ©e ici. Les royaumes ne changent jamais autant que lorsqu'ils prĂ©tendent ĂȘtre parfaitement stablesMais avant de quitter les affaires de l'Empire Brun, je voudrais attirer votre attention sur une vieille habitude du Cybermonde. Les crises n'arrivent presque jamais seules. Elles attirent d'autres crises comme une chandelle attire les insectes. Ă peine les derniĂšres fumĂ©es des Ă©lections commençaient-elles Ă se dissiper que les regards se tournaient dĂ©jĂ vers la RuthvĂ©nie, oĂč la politique royale poursuit cette admirable tradition consistant Ă transformer chaque succession en tragĂ©die familiale jouĂ©e devant un public enthousiaste. Le Royaume continue de chercher son Ă©quilibre entre fidĂ©litĂ©s anciennes, nouvelles ambitions et personnalitĂ©s qui semblent toutes convaincues d'ĂȘtre nĂ©es pour gouverner. Il faut reconnaĂźtre aux RuthvĂšnes un talent que peu d'autres nations possĂšdent encore. Ils ne se contentent jamais d'occuper une fonction. Ils l'incarnent. Un ministre devient immĂ©diatement un personnage. Un noble devient une lĂ©gende en devenir. Un prĂ©tendant au pouvoir parle dĂ©jĂ comme si les chroniqueurs lui avaient rĂ©servĂ© plusieurs chapitres. C'est excessif. C'est parfois ridicule. Mais il faut bien admettre qu'une monarchie sans dĂ©mesure ressemble vite Ă une administration avec davantage de dorures. Je pense notamment Ă Lord Golgoth Ruthven, qui continue de faire planer son ombre sur les dĂ©bats avec cette Ă©lĂ©gance trĂšs particuliĂšre des hommes qui donnent l'impression de jouer plusieurs parties d'Ă©checs pendant que leurs interlocuteurs cherchent encore oĂč sont rangĂ©es les piĂšces. Autour de lui gravitent des alliĂ©s, des rivaux et des observateurs qui interprĂštent chacun le moindre mouvement comme le prĂ©lude d'un bouleversement plus vaste. Les royaumes vivent souvent de symboles. La RuthvĂ©nie, elle, semble capable de transformer un simple dĂ©placement en Ă©vĂ©nement diplomatique.Pendant ce temps, ailleurs sur le continent, Bladimir Mutin poursuivait son activitĂ© favorite qui consiste Ă poser des questions avec une telle prĂ©cision que chacun finit par croire qu'il en connaĂźt dĂ©jĂ les rĂ©ponses. VoilĂ un personnage qui me fascine depuis longtemps. Il n'a pas besoin d'Ă©lever la voix. Il lui suffit d'une remarque bien placĂ©e pour voir les certitudes de son interlocuteur commencer Ă vaciller. Certains combattent avec des Ă©pĂ©es. D'autres avec des discours. Lui prĂ©fĂšre manifestement les silences embarrassĂ©s qui suivent une question trop pertinente.Je remarque d'ailleurs un phĂ©nomĂšne qui revient semaine aprĂšs semaine. Les vĂ©ritables batailles ne sont pas toujours celles que racontent les rapports militaires. Elles se jouent aussi dans les salles du pouvoir, autour d'une table, entre deux signatures ou dans une conversation dont personne ne soupçonne encore les consĂ©quences. Les armĂ©es dĂ©placent les frontiĂšres. Les mots, eux, dĂ©placent les empires. Les habitants aiment applaudir les victoires visibles. Les chroniqueurs savent que les plus dangereuses commencent souvent dans un bureau oĂč personne ne pense encore Ă regarder. C'est probablement ce qui rend cette semaine si intĂ©ressante. Ă premiĂšre vue, elle ressemble Ă une succession d'affaires sans rapport. Pourtant, en prenant un peu de recul, on aperçoit un mĂȘme fil qui traverse tout le continent. Partout, des dirigeants consolident leur pouvoir. Partout, d'autres cherchent Ă le contester. Et partout, les habitants continuent leur existence en observant ces grandes manĆuvres avec cette sagesse populaire qui consiste Ă se demander une seule chose. Qui sera encore debout demain matin ? Les couronnes passent. Les registres, eux, gardent la mĂ©moire de ceux qui ont cru qu'elles Ă©taient Ă©ternelles. Mais pendant que la Mystisie comptait ses bulletins rescapĂ©s et que la RuthvĂ©nie continuait Ă entretenir avec passion son goĂ»t des intrigues de palais, la RĂ©publik de Kraland rappelait qu'elle restait la seule nation capable de transformer la bureaucratie en vĂ©ritable discipline artistique. Je voudrais d'ailleurs saluer Jean-Luc Selriche. Il existe des hommes qui rĂȘvent d'entrer dans les livres d'Histoire grĂące Ă une victoire militaire. Lui semble persuadĂ© qu'un bon plan d'urbanisme laissera une empreinte bien plus durable. Ă Fort Ămouchet, il poursuit inlassablement son projet de transformation de la ville avec cette foi presque religieuse que seuls possĂšdent les bĂątisseurs et les fonctionnaires convaincus que le bonheur commence toujours par un formulaire correctement rempli. On pourra sourire de son enthousiasme mais il faut reconnaĂźtre que certains prĂ©fĂšrent promettre un avenir meilleur tandis que lui s'obstine Ă essayer de le construire pierre aprĂšs pierre.Ă quelques rues de lĂ , Sir McRabbit continue d'exercer la justice avec une mĂ©thode qui lui appartient entiĂšrement. J'ignore encore comment ce lapin parvient Ă rendre les procĂ©dures administratives aussi théùtrales mais je commence Ă soupçonner qu'il y prend un plaisir sincĂšre. Chaque intervention donne l'impression qu'un tribunal entier s'est installĂ© au milieu d'une place publique simplement pour rappeler aux habitants que la loi existe... et qu'elle possĂšde parfois un sens de l'humour beaucoup plus dĂ©veloppĂ© que ceux qui l'appliquent.Je remarque d'ailleurs que cette semaine a offert une opposition presque parfaite entre deux façons de gouverner. D'un cĂŽtĂ©, des dirigeants cherchent Ă imposer leur volontĂ© par le fracas des explosions, des arrestations ou des grandes proclamations. De l'autre, des administrateurs dĂ©placent des frontiĂšres invisibles avec des signatures, des permis de construire et des dĂ©cisions municipales. Les premiers attirent immĂ©diatement les regards. Les seconds changent pourtant bien souvent le visage d'une province pour plusieurs annĂ©es. Les chroniqueurs aiment raconter les batailles. Les archives, elles, finissent presque toujours par donner raison aux maçons. Pendant ce temps, Sophos poursuivait son propre chemin avec cette discrĂ©tion qui caractĂ©rise souvent les personnages les plus intĂ©ressants. Il n'est pas de ceux qui occupent chaque conversation. Il prĂ©fĂšre apparaĂźtre au bon moment, intervenir lorsque la situation l'exige puis laisser les autres commenter ses dĂ©cisions. Cette maniĂšre d'exister est devenue Ă©tonnamment rare dans un continent oĂč chacun semble persuadĂ© qu'il faut parler plus fort que son voisin pour ĂȘtre entendu. Il est parfois utile de rappeler que le silence peut lui aussi devenir une forme d'autoritĂ©.En refermant cette partie des registres, une Ă©vidence s'impose. Les nations passent leur temps Ă proclamer qu'elles dĂ©fendent des idĂ©aux grandioses. Pourtant, lorsqu'on retire les drapeaux, les discours et les uniformes, on retrouve toujours les mĂȘmes choses. Des femmes et des hommes qui tentent de convaincre leurs voisins qu'ils ont choisi la bonne direction. Certains y parviennent avec Ă©loquence. D'autres avec des flammes. Quelques-uns avec une truelle. Et il arrive mĂȘme qu'un lapin en robe de magistrat rĂ©ussisse Ă ĂȘtre le personnage le plus crĂ©dible de toute cette agitation. C'est sans doute cela, finalement, le vĂ©ritable miracle du Cybermonde. Il existe une erreur que commettent rĂ©guliĂšrement les jeunes chroniqueurs. Ils croient que l'Histoire appartient uniquement aux souverains. C'est faux. Les souverains dĂ©cident parfois de l'avenir des nations mais ce sont les habitants qui donnent une Ăąme aux provinces. Cette journĂ©e en est encore une preuve Ă©clatante. Je pense notamment Ă ZĂžra, dont les interventions ont rappelĂ© qu'une simple prĂ©sence peut parfois provoquer davantage de rĂ©actions qu'un long discours ministĂ©riel. Certains personnages possĂšdent ce talent Ă©trange de modifier l'atmosphĂšre d'une piĂšce avant mĂȘme d'avoir terminĂ© leur premiĂšre phrase. Ils deviennent des points de repĂšre autour desquels les conversations s'organisent naturellement. Ce n'est pas un titre que l'on reçoit. C'est une place que les autres finissent par vous accorder presque malgrĂ© eux.Je pourrais Ă©galement Ă©voquer Octave Sombrefer, qui semble avoir dĂ©finitivement adoptĂ© cette façon bien Ă lui de traverser chaque journĂ©e comme si le destin du continent dĂ©pendait directement de son prochain rendez-vous. Il faut reconnaĂźtre une qualitĂ© Ă cet homme. Il ne sait manifestement pas faire les choses Ă moitiĂ©. Lorsqu'il prend une dĂ©cision, elle est immense. Lorsqu'il prononce une promesse, elle concerne rarement la semaine prochaine. Elle vise plutĂŽt les siĂšcles Ă venir. Les ambitieux ordinaires rĂȘvent d'obtenir un poste. Les vĂ©ritables ambitieux rĂȘvent dĂ©jĂ de la maniĂšre dont les historiens raconteront leur rĂšgne. Et c'est prĂ©cisĂ©ment ce qui les rend si intĂ©ressants Ă observer. Citation de sa future bibliographie : »Pendant ce temps, Silas des Sables poursuivait son travail avec cette Ă©nergie tranquille qui le caractĂ©rise depuis plusieurs jours. Il traverse les affaires politiques, les procĂ©dures judiciaires et les campagnes Ă©lectorales avec l'impression d'ĂȘtre partout sans jamais chercher Ă voler la lumiĂšre. Ce sont souvent ces personnages-lĂ qui maintiennent une province debout lorsque les plus grands orateurs sont dĂ©jĂ rentrĂ©s chez eux. Les chroniqueurs parlent volontiers des hĂ©ros. Les administrations, elles, savent trĂšs bien Ă qui elles doivent rĂ©ellement leur stabilitĂ©.Je remarque d'ailleurs que cette journĂ©e possĂšde un point commun avec beaucoup d'autres. Les habitants passent leur temps Ă annoncer qu'ils dĂ©fendent la justice, la dĂ©mocratie, la tradition, la libertĂ© ou l'ordre. Puis ils se retrouvent quelques heures plus tard Ă nĂ©gocier, improviser, contourner les difficultĂ©s ou rĂ©parer les consĂ©quences de leurs propres dĂ©cisions. VoilĂ pourquoi je continue Ă aimer ce vieux continent. Il est profondĂ©ment humain. DerriĂšre chaque uniforme se cache quelqu'un qui improvise un peu plus qu'il ne l'admettra publiquement. Le Cybermonde possĂšde dĂ©cidĂ©ment une qualitĂ© admirable. Il refuse obstinĂ©ment de laisser les chroniqueurs prendre de l'avance sur lui. Je vais donc refermer ce registre pour ce soir. Les personnes qui estiment avoir Ă©tĂ© injustement Ă©pargnĂ©es peuvent naturellement venir me le reprocher. Les autres peuvent continuer Ă Ă©crire l'Histoire avec cette application qui fait mon bonheur depuis tant d'annĂ©es. AprĂšs tout, je ne fabrique aucune lĂ©gende. Je me contente de tendre une vieille radio vers le monde... et d'Ă©couter trĂšs attentivement le bruit que vous faites. đ·ïž |
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21 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir Ă vous, habitants du Cybermonde. Bonsoir aux (...)
![]() 21 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir Ă vous, habitants du Cybermonde. Bonsoir aux gouverneurs qui jurent n'agir que pour le bien commun, aux rĂ©volutionnaires qui promettent la libertĂ© Ă condition qu'elle pense comme eux et aux fonctionnaires qui passent davantage de temps Ă rĂ©parer les consĂ©quences des discours qu'Ă rĂ©diger les leurs. Installez-vous. Ce soir, plusieurs nations ont tentĂ© de convaincre leurs habitants qu'elles maĂźtrisaient parfaitement la situation. Les registres, eux, racontent une histoire sensiblement diffĂ©rente. Je voudrais commencer par la RĂ©publik de Kraland, car il est rare de voir une province transformer un chantier immobilier en vĂ©ritable aventure politique. Depuis plusieurs jours, Jean-Luc Selriche poursuit son immense projet de logements sociaux Ă Fort Emouchet. Les bĂątiments poussent, les salaires augmentent, les conventions collectives se signent et les discours se succĂšdent avec cette conviction presque religieuse que le bonheur universel commence toujours par une bonne couche de mortier. Il faut reconnaĂźtre Ă cet homme une qualitĂ© devenue exceptionnelle. Lorsqu'il promet de construire une ville meilleure, il commence effectivement par sortir les briques. Beaucoup d'autres dirigeants commencent par sortir les violons. Ăvidemment, un projet d'une telle ampleur ne pouvait pas avancer sans attirer quelques mĂ©contents. Baptiste Le Tellier est venu dĂ©noncer l'Ă©volution du ValĂ©gro tandis que Koshka rappelait avec une Ă©nergie toute personnelle que sa tente avait mystĂ©rieusement disparu au profit du progrĂšs collectif. J'avoue Ă©prouver une certaine tendresse pour cette scĂšne. VoilĂ probablement toute la philosophie kralandaise rĂ©sumĂ©e en quelques heures. D'un cĂŽtĂ©, un bourgmestre persuadĂ© de bĂątir l'avenir. De l'autre, une habitante qui rĂ©clame sa tente et le remboursement de cigarettes impayĂ©es. Les grands idĂ©aux ont souvent la fĂącheuse habitude de commencer sur le terrain de quelqu'un d'autre. La journĂ©e a d'ailleurs confirmĂ© que Jean-Luc Selriche n'Ă©tait plus seul Ă porter ce projet. Kenza Creswick est venue dĂ©fendre publiquement cette politique de construction en appelant les habitants Ă faire preuve de patience. Quelques heures plus tĂŽt, Sir McRabbit abandonnait sa fonction de juge pour devenir intendant du ValĂ©gro, expliquant qu'il prĂ©fĂ©rait dĂ©sormais rĂ©parer les fuites de la province plutĂŽt que distribuer des jugements. VoilĂ une promotion qui rĂ©sume admirablement la situation. Certaines provinces recrutent des stratĂšges. D'autres estiment qu'un lapin capable de gĂ©rer plusieurs centaines de membres sera parfaitement qualifiĂ© pour remettre de l'ordre dans les finances publiques. Plus j'observe le ValĂ©gro, plus je suis convaincue que cette province hĂ©site en permanence entre l'administration soviĂ©tique et la comĂ©die de boulevard. Et le plus inquiĂ©tant, c'est que les deux semblent fonctionner ensemble. Mais derriĂšre ces anecdotes se cache quelque chose de beaucoup plus intĂ©ressant. Pendant que le reste du continent s'agite autour des Ă©lections, des crises et des rivalitĂ©s diplomatiques, le ValĂ©gro mĂšne une bataille beaucoup moins spectaculaire. Il tente de convaincre ses habitants qu'un avenir se construit avec des logements, des salaires et des projets concrets plutĂŽt qu'avec des proclamations grandioses. Le chantier sera peut-ĂȘtre critiquĂ©. Il Ă©chouera peut-ĂȘtre mĂȘme en partie. Pourtant, lorsque les chroniqueurs rouvriront ces archives dans plusieurs mois, ils retiendront probablement une chose. Il existait une province oĂč l'on passait davantage de temps Ă construire des maisons qu'Ă promettre de conquĂ©rir le monde. Et dans le Cybermonde, c'est presque une extravagance. VoilĂ qui nous conduit naturellement vers le Royaume de RuthvĂ©nie, oĂč l'on continue de gouverner avec cette Ă©lĂ©gance si particuliĂšre qui consiste Ă transformer chaque dĂ©cision administrative en affaire d'Ătat. Ă Sanctuaire, Bladimir Bladimirovitch Mutin a choisi de s'adresser directement aux habitants qui rĂȘvent d'ailleurs. Son discours n'avait rien d'une menace et rien d'une supplication. Il ressemblait davantage Ă une nĂ©gociation ouverte. *Vous souhaitez partir. TrĂšs bien. Parlons-en.* C'est une approche presque dĂ©routante dans un continent oĂč beaucoup de dirigeants considĂšrent qu'un dĂ©saccord se rĂšgle de prĂ©fĂ©rence avec davantage de soldats. Bladimir, lui, rappelle qu'une frontiĂšre ne tient pas uniquement grĂące Ă ses fortifications. Elle tient aussi parce que les habitants acceptent encore de vivre derriĂšre. Quelques instants plus tĂŽt, le mĂȘme homme s'Ă©tait installĂ© officiellement Ă Sanctuaire, comme pour signifier que les paroles n'ont de valeur que lorsqu'elles s'accompagnent d'une prĂ©sence durable. C'est un dĂ©tail que beaucoup nĂ©gligent. Les grands discours sont faciles Ă prononcer lorsqu'ils viennent de loin. Ils deviennent beaucoup plus intĂ©ressants lorsqu'ils sont prononcĂ©s par quelqu'un qui accepte de partager le quotidien de ceux auxquels il s'adresse. Les chroniqueurs aiment les dĂ©clarations. Moi, je regarde toujours oĂč leurs auteurs dĂ©cident d'habiter. Pendant ce temps, la province continuait de se structurer. Hanako Ainozomi confiait la fonction de juge Ă Mandy Chantargent, tandis que Ren Chantargent Ă©levait SĆur Shoshana von Zyklon au rang de capitaine. Rien de spectaculaire au premier regard. Pourtant, ce sont prĂ©cisĂ©ment ces nominations qui donnent une colonne vertĂ©brale Ă une province. Les habitants remarquent les batailles. Les administrations, elles, savent que les vĂ©ritables victoires commencent souvent lorsqu'il y a enfin quelqu'un pour rendre la justice, maintenir l'ordre ou simplement rĂ©pondre prĂ©sent lorsque tout le monde regarde ailleurs. Je voudrais Ă©galement saluer un autre couple qui a discrĂštement apportĂ© une touche d'humanitĂ© Ă cette journĂ©e. Ă Ruthvenville, Mench0 n'a pas organisĂ© une manifestation pour rĂ©clamer une rĂ©forme ou dĂ©noncer un ministre. Il s'est contentĂ© d'afficher publiquement son affection envers Dame DĂ©merzel, allant jusqu'Ă bafouiller son discours avant de rĂ©unir quelques soutiens supplĂ©mentaires. VoilĂ une scĂšne que j'apprĂ©cie tout particuliĂšrement. Les royaumes passent leur temps Ă cĂ©lĂ©brer les couronnes et les victoires. Ils oublient parfois que les plus petites dĂ©clarations sont aussi celles qui traversent le mieux les annĂ©es. Les historiens parleront peut-ĂȘtre un jour des rĂ©formes Ă©conomiques de DĂ©merzel. Moi, je retiendrai qu'au milieu de tout ce tumulte, quelqu'un a simplement trouvĂ© important de dire qu'il Ă©tait fier d'elle. En refermant ce chapitre, je ne peux m'empĂȘcher de sourire devant cette Ă©trange opposition qui traverse le continent. D'un cĂŽtĂ©, certains gouvernements bĂątissent des immeubles, lĂšvent des taxes ou dĂ©battent d'idĂ©ologies avec la gravitĂ© de prĂȘtres antiques. De l'autre, un royaume rappelle tranquillement que les institutions existent avant tout pour servir les femmes et les hommes qui les composent. Les empires aiment ĂȘtre immortels. Les provinces, elles, continuent d'ĂȘtre profondĂ©ment humaines. Et si vous me demandez laquelle de ces deux qualitĂ©s survit le mieux aux siĂšcles... je vous rĂ©pondrai qu'aucune pierre n'est plus solide qu'un souvenir bien racontĂ©. Mais avant de refermer les registres consacrĂ©s Ă Kraland, il serait profondĂ©ment injuste d'ignorer celui qui occupe dĂ©sormais le fauteuil de Premier Ministre avec un enthousiasme que mĂȘme les dorures du Palais ImpĂ©rial peinent Ă contenir. Ranxerox n'a pas attendu bien longtemps avant de rappeler Ă toute la RĂ©publik que le bonheur n'Ă©tait plus simplement une aspiration. Il devenait une responsabilitĂ© civique.Sa fameuse Loi du Sourire est arrivĂ©e avec toute la solennitĂ© que mĂ©rite une rĂ©forme fondamentale. Les Kralandais sont dĂ©sormais invitĂ©s Ă afficher leur joie comme on porterait un uniforme. Le bonheur devient visible. Le sourire devient obligatoire. VoilĂ une idĂ©e qui ne pouvait naĂźtre qu'Ă Kraland. Lorsqu'une bureaucratie dĂ©cide de rĂ©glementer quelque chose, elle finit toujours par choisir ce qui semblait impossible Ă rĂ©glementer la veille. AprĂšs les formulaires, les taxes et les conventions collectives... voici dĂ©sormais les expressions du visage. Je me demande avec une sincĂšre curiositĂ© quel ministĂšre sera chargĂ© de mesurer la largeur rĂ©glementaire des sourires. Naturellement, cette annonce n'a pas laissĂ© tout le monde indiffĂ©rent. Jean-Luc Selriche, jamais avare d'une autocritique soigneusement prĂ©parĂ©e, s'est empressĂ© de fĂ©liciter son Premier Ministre... avant de s'interroger trĂšs poliment sur cette Ă©tonnante habitude qu'a Ranxerox de prĂ©parer sa prochaine Ă©lection alors que la prĂ©cĂ©dente est encore tiĂšde. Son discours est un vĂ©ritable petit bijou de rhĂ©torique kralandaise. Il commence par des compliments, poursuit par une confession personnelle et termine en demandant si une dĂ©mocratie oĂč le candidat pense dĂ©jĂ Ă sa réélection six minutes aprĂšs sa victoire conserve encore ce petit parfum d'incertitude qui fait tout le charme d'une Ă©lection. Il faut reconnaĂźtre Ă Kraland une qualitĂ© extraordinaire. MĂȘme les critiques prennent la forme d'une autocritique officielle. On s'y excuse presque d'avoir eu raison. Comme si cela ne suffisait pas, Bogdan D'Arken est lui aussi venu pratiquer cet art typiquement kralandais de la justification publique. Oui, des impĂŽts exceptionnels ont Ă©tĂ© levĂ©s. Oui, ils ont servi Ă financer les projets de la RĂ©publik. Et non, il ne regrette pas d'avoir demandĂ© un effort aux plus fortunĂ©s si cela permet de construire davantage pour la collectivitĂ©. LĂ encore, je retrouve cette mĂȘme logique qui traverse tout le pays. Les dirigeants ne cherchent pas simplement Ă convaincre qu'ils ont raison. Ils prennent le temps d'expliquer pourquoi leurs contradicteurs se trompent avec une patience presque pĂ©dagogique. Certains appellent cela de la propagande. Les Kralandais prĂ©fĂšrent parler de pĂ©dagogie civique. La nuance est subtile. Elle est surtout trĂšs drĂŽle Ă observer lorsqu'on n'est pas concernĂ©. En refermant ce chapitre, une pensĂ©e me traverse. Beaucoup de peuples Ă©crivent leurs lois pour encadrer leurs citoyens. Kraland semble parfois Ă©crire les siennes pour raconter une histoire. Une histoire oĂč chacun travaille pour le bonheur universel, oĂč les immeubles poussent plus vite que les contestations et oĂč le sourire finit par devenir une obligation morale. Est-ce rĂ©aliste ? Probablement pas toujours. Est-ce profondĂ©ment kralandais ? Sans le moindre doute. Et je dois leur reconnaĂźtre un mĂ©rite. Peu de nations assument leur propre caricature avec autant d'Ă©lĂ©gance. VoilĂ qui nous Ă©loigne des palais et des grandes tribunes pour revenir vers ces femmes et ces hommes que les souverains oublient souvent de remercier. Les gouvernements aiment annoncer leurs victoires. Les provinces, elles, continuent simplement de vivre. En Sicilia, Jaylie Dei Machiavelli a choisi une annonce dont personne ne parlera probablement dans les livres d'Histoire et qui pourtant rĂ©sume parfaitement ce qu'est un gouverneur. La prĂ©fecture de police de Trou Perdu a Ă©tĂ© renforcĂ©e afin de mieux rĂ©sister aux caprices du climat... et aux autres catastrophes, celles que les habitants provoquent gĂ©nĂ©ralement eux-mĂȘmes avec un enthousiasme difficile Ă dĂ©courager. VoilĂ une dĂ©cision qui ne fera trembler aucun empire. En revanche, elle rappellera peut-ĂȘtre Ă quelques policiers qu'il est plus agrĂ©able de travailler sous un toit qui ne s'effondre pas au premier incident. On ne bĂątit pas une province uniquement avec de grands discours. Il arrive aussi qu'on la bĂątisse avec quelques pierres bien placĂ©es. Un peu plus loin, Neodym Seltenerd poursuivait son Ćuvre favorite qui consiste Ă distribuer les compliments avec une remarquable parcimonie. L'Empire Brun trouve grĂące Ă ses yeux. Kraland beaucoup moins. Le Paradigme Vert encore moins. J'ai toujours eu davantage de sympathie pour ceux qui annoncent franchement la couleur. Au moins, nul n'a besoin de deviner ce qu'ils pensent. Ils facilitent Ă©normĂ©ment le travail des chroniqueurs. Les hypocrites obligent Ă lire entre les lignes. Les francs-tireurs, eux, prennent directement la plume pour Ă©crire ce qu'ils pensent. On peut ĂȘtre d'accord ou non. Au moins, personne ne perd son temps Ă deviner leurs intentions. Pendant ce temps, le Khanat ElmĂ©rien poursuivait tranquillement son expansion en accueillant de nouveaux visages. Rosalia de Pont-Krivell ouvrait officiellement les portes du Khanat Ă Alice Ravenloft puis Ă Malcom Ravenloft, saluant leur volontĂ© de participer Ă la vie politique des clans plutĂŽt que de rester de simples spectateurs. VoilĂ un dĂ©tail que j'aime particuliĂšrement. Beaucoup de nations recrutent des habitants. Les ElmĂ©riens donnent surtout l'impression d'adopter de nouveaux membres dans une immense famille parfois bruyante, souvent dĂ©sordonnĂ©e mais toujours convaincue que la libertĂ© mĂ©rite d'ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©e avec suffisamment de discours pour remplir plusieurs tavernes. Et puis il y a ces instants qui n'ont aucune portĂ©e stratĂ©gique mais qui rappellent pourquoi les archives mĂ©ritent d'ĂȘtre ouvertes chaque soir. Katniss Ravenloft a adressĂ© un long message Ă son pĂšre. Aucun traitĂ©. Aucune dĂ©claration de guerre. Aucun remaniement ministĂ©riel. Simplement quelques mots d'une fille expliquant Ă celui qu'elle admire qu'il n'a pas besoin d'entendre son nom rĂ©pĂ©tĂ© tous les jours pour savoir combien il compte. Les empires passent leur temps Ă mesurer la puissance des armĂ©es et le poids des trĂ©sors. Moi, je suis convaincue qu'une civilisation se juge aussi Ă sa capacitĂ© de laisser une place Ă ce genre de moment. Parce qu'au milieu des complots, des Ă©lections et des ambitions dĂ©mesurĂ©es, il est parfois rassurant de constater que certains prennent encore le temps de rappeler Ă leurs proches qu'ils les aiment. Et cette nouvelle-lĂ , aussi discrĂšte soit-elle, mĂ©rite largement une ligne dans les registres. Je terminerai cette Ă©dition sur une Ă©vidence qui me poursuit depuis longtemps. Les souverains aiment croire qu'ils Ă©crivent seuls l'Histoire. Ils se trompent. L'Histoire appartient aussi au bourgmestre qui construit un quartier, au magistrat qui change de fonction, Ă la jeune femme qui Ă©crit Ă son pĂšre, au citoyen qui rejoint une nouvelle nation et mĂȘme Ă celui qui rĂąle parce qu'on vient de lui reprendre sa tente. C'est cette multitude de destins qui donne au Cybermonde sa vĂ©ritable grandeur. Les personnes qui estiment que cette chronique manque d'objectivitĂ© peuvent naturellement venir dĂ©poser une rĂ©clamation Ă Radio NĂ©crotoile. Elle sera examinĂ©e avec le plus grand sĂ©rieux... puis soigneusement rangĂ©e dans le mĂȘme tiroir que toutes les autres. đ·ïž |
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22 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir habitants du Cybermonde, souverains nouvellement (...)
![]() 22 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir habitants du Cybermonde, souverains nouvellement Ă©lus, anciens souverains fraĂźchement rangĂ©s dans les archives et citoyens qui ont encore la naĂŻvetĂ© de croire quâune Ă©lection sert principalement Ă choisir quelquâun. Ici Kleo, Ministre de la Guerre de lâEmpire Brun, araignĂ©e impĂ©riale et tĂ©moin parfaitement objectif dâun phĂ©nomĂšne politique rare. Le Khanat ElmĂ©rien vient de dĂ©montrer quâun peuple peut passer dâune campagne Ă©lectorale Ă une chenille, dâune chenille Ă une ratatouille puis dâune ratatouille Ă une tentative dâassassinat sans jamais donner lâimpression dâavoir changĂ© de sujet. Il faut reconnaĂźtre au Khanat une qualitĂ© que ses ennemis prennent trop souvent pour un symptĂŽme. Il possĂšde une conception trĂšs personnelle de la continuitĂ© institutionnelle. Ailleurs, lorsquâun souverain se prĂ©pare Ă prendre le pouvoir, il prononce un discours sur lâavenir du pays, rassemble ses partisans, prĂ©sente quelques principes assez vagues pour pouvoir les renier plus tard et attend que les scribes proclament officiellement sa victoire. En ElmĂ©rie, Pigeon Ronron a jugĂ© quâil serait plus conforme aux traditions nationales de prendre les habitants par les hanches et de les entraĂźner dans une chenille Ă travers lâHĂŽtel du Nid du Hibou.Le lieu Ă©tait bien choisi. Les palais donnent parfois aux hommes lâillusion quâils sont sĂ©rieux. Les auberges leur retirent cette illusion avant mĂȘme le second verre. Autour de Pigeon Ronron sâĂ©taient rĂ©unis May Billouziya, Tesse Blackwood, Malcom Ravenloft, Alice Ravenloft, Elbereth Khan Seraven, Kubilai Khan Seraven, Sakura Tiwanaku et Belle Peregrine Seraven. VoilĂ dĂ©jĂ une assemblĂ©e plus reprĂ©sentative que bien des gouvernements. Elle comptait des dignitaires, des voyageurs, des Ravenloft, des Seraven et probablement assez de titres pour remplir trois armoires administratives. Tout ce monde aurait pu dĂ©battre de la situation des provinces, de lâĂ©tat des finances ou de la dĂ©licate question de savoir si la Bouletie constitue toujours une province ou dĂ©sormais une maladie saisonniĂšre. Mais Pigeon Ronron avait compris une chose essentielle que les grands thĂ©oriciens du pouvoir oublient toujours. Le peuple ne demande pas nĂ©cessairement un programme. Il demande parfois quâon lui mette les mains sur les hanches et quâon hurle assez fort pour couvrir le bruit de ses inquiĂ©tudes.La chenille commença donc. Elle traversa lâauberge avec cette majestĂ© particuliĂšre aux catastrophes collectives qui nâont pas encore rencontrĂ© de mobilier fragile. On y remuait son boule, on cĂ©lĂ©brait la vie, on encourageait les Ravenloft Ă retirer leurs vĂȘtements avant de prĂ©ciser que ce nâĂ©tait heureusement quâune plaisanterie. Le futur Grand Khan avançait en tĂȘte comme un prophĂšte ayant reçu sa rĂ©vĂ©lation au fond dâune chope. DerriĂšre lui, les Ă©lites du Khanat ondulaient avec la discipline dâune armĂ©e dont le gĂ©nĂ©ral aurait remplacĂ© les ordres par des bruits de trompette faits avec la bouche. Je voudrais attirer votre attention sur un dĂ©tail. Cette chenille nâĂ©tait pas seulement une fĂȘte. Elle Ă©tait une dĂ©claration politique dâune grande finesse bien quâelle ne le savait pas elle-mĂȘme. Dans une chenille, personne ne voit oĂč il va sauf celui qui marche devant. Tous les autres posent les mains sur les hanches de leur prĂ©dĂ©cesseur et espĂšrent que la personne en tĂȘte nâa pas confondu la sortie avec lâescalier de la cave. Câest peut ĂȘtre la reprĂ©sentation la plus honnĂȘte du pouvoir qui nous ai Ă©tĂ© offerte depuis des annĂ©es. Pigeon Ronron ne proposait pas de conduire le Khanat vers un avenir meilleur. Il proposait de le conduire quelque part dans lâauberge. CâĂ©tait dĂ©jĂ plus prĂ©cis que la majoritĂ© des programmes Ă©lectoraux.Mais la vĂ©ritable grandeur de lâĂ©vĂ©nement ne rĂ©sidait pas dans la danse. Elle se trouvait dans la maniĂšre dont le futur souverain transforma son Ă©motion en doctrine alimentaire. Il dĂ©clara devant le Khanat rassemblĂ© que tous formaient une immense saucisse destinĂ©e au grand barbecue de la vie. Puis dans un remarquable souci dâinclusion vĂ©gĂ©tale, il ajouta que les citoyens vĂ©gans pourraient devenir des courgettes ou des aubergines car la vie Ă©tait Ă©galement une ratatouille. Les historiens trop prudents verront lĂ lâeffet de lâalcool. Ils auront tort. Lâalcool ne crĂ©e pas les idĂ©es. Il retire seulement les gardes postĂ©s devant. La saucisse reprĂ©sentait lâunitĂ© du peuple. Le barbecue incarnait les Ă©preuves collectives. Les courgettes et les aubergines symbolisaient probablement la diversitĂ© des destins ou une inquiĂ©tante pĂ©nurie de pain. Quant Ă la ratatouille, elle constituait lâaboutissement naturel dâune pensĂ©e politique selon laquelle toutes les diffĂ©rences peuvent ĂȘtre rĂ©conciliĂ©es Ă condition dâĂȘtre dĂ©coupĂ©es en morceaux puis longuement cuites ensemble. Il faut admirer ce talent. Certains souverains ont besoin de philosophes, de prĂȘtres et de plusieurs gĂ©nĂ©rations de propagandistes pour inventer un rĂ©cit national. Pigeon Ronron a créé le sien entre deux refrains et une tournĂ©e gĂ©nĂ©rale. Le Khanat nâĂ©tait plus une juxtaposition de provinces mal chauffĂ©es. Il devenait un repas collectif dont personne ne semblait demander qui tenait le couteau.La foule suivit. Elle chanta le nom de la ratatouille lettre aprĂšs lettre avec la gravitĂ© dâune armĂ©e jurant fidĂ©litĂ© Ă son drapeau. On repartit Ă lâauberge. On promit une tournĂ©e. On cria quâil fallait croire en ses rĂȘves. Puis le futur Grand Khan confessa que tous ces gens lui rappelaient quâun petit cĆur battait encore dans son pigeon. Lâinstant aurait pu ĂȘtre touchant si le Khanat nâavait pas passĂ© les minutes prĂ©cĂ©dentes Ă se comparer Ă des merguez. Alice Ravenloft, Ă©mue par ce spectacle, monta sur une table. Des valets vĂȘtus de rouge, de vert et dâor sortirent leurs instruments tandis que Malcom Ravenloft brancha sa basse. Il paraĂźt que cela nâavait pas Ă©tĂ© prĂ©vu. Câest souvent ainsi que commencent les Ă©vĂ©nements dont tout le monde parlera ensuite comme sâils avaient Ă©tĂ© soigneusement organisĂ©s. Alice Ravenloft expliqua que les mots sont puissants mais imparfaits. Sur ce point, le Cybermonde entier pourrait lui donner raison tout en lui fournissant immĂ©diatement plusieurs milliers de preuves. Elle affirma prĂ©fĂ©rer le Miaou, langage plus simple venu du cĆur et pouvant signifier Ă la fois le bonheur, la joie et le sourire. CâĂ©tait une proposition diplomatique audacieuse. Plusieurs nations utilisent dĂ©jĂ des vocabulaires plus pauvres pour exprimer des idĂ©es beaucoup moins aimables.Le concert prolongea donc la fĂȘte. Alice Ravenloft cĂ©lĂ©brait Ronron, Malcom Ravenloft soutenait la mĂ©lodie, Elbereth Khan Seraven et Belle Peregrine Seraven recevaient les hommages qui leurs Ă©taient dus et toute lâElmĂ©rie paraissait sâĂȘtre unie autour dâune conviction simple. Le lendemain aurait lieu lâĂ©lection mais la victoire avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© absorbĂ©e par la musique, les boissons et les hanches de la personne situĂ©e juste devant.Ă minuit, les registres accomplirent ce que la chenille avait dĂ©cidĂ© depuis longtemps. Pigeon Ronron obtint quatre voix sur quatre. Cent pour cent des suffrages exprimĂ©s et zĂ©ro pour cent pour Tifa LockHeart. Une victoire absolument incontestable dans la mesure oĂč tous ceux qui avaient votĂ© pour quelquâun avaient choisi le mĂȘme pigeon.VoilĂ une transition politique dâune puretĂ© admirable. Aucun dĂ©bat gĂȘnant. Aucun second tour. Aucun Ă©lecteur assez mal Ă©levĂ© pour crĂ©er du suspense. Le Khanat sâĂ©tait exprimĂ© dâune seule voix probablement parce que les autres avaient encore la gorge abĂźmĂ©e par les popopopopos de la veille. Pigeon Ronron devint donc Grand Khan.Il aurait alors Ă©tĂ© raisonnable de laisser lâhistoire respirer. De lui accorder quelques heures pour poser une couronne, signer deux dĂ©crets et dĂ©couvrir dans quel tiroir lâancienne administration avait cachĂ© les dettes. Mais lâElmĂ©rie considĂšre manifestement le calme comme une insulte personnelle. Peu aprĂšs la cĂ©lĂ©bration, Mademoiselle tenta dâassassiner le nouveau souverain Ă Gueule du LĂ©zard.Lâaffaire dĂ©gĂ©nĂ©ra en combat. Mademoiselle fut recherchĂ©e par la police et perdit son poste de Capitaine. Elle se livra aux autoritĂ©s, entra en prison puis acheva sa peine avec une rapiditĂ© qui laisse penser que la justice elmĂ©rienne dispose soit dâune efficacitĂ© surnaturelle soit dâun couloir particuliĂšrement court entre lâentrĂ©e et la sortie.Restons un instant sur la beautĂ© du geste institutionnel. La veille, le pays plaçait ses mains sur les hanches de son futur chef. Le lendemain, une Capitaine plaçait probablement les siennes sur une arme afin de vĂ©rifier si lâunitĂ© nationale rĂ©sistait aux coups. Dans la plupart des pays, une tentative dâassassinat contre un souverain fraĂźchement Ă©lu provoquerait une crise politique. Au Khanat, elle ressemble presque Ă la derniĂšre animation prĂ©vue aprĂšs le carnaval. Il ne faudrait pourtant pas rĂ©duire Mademoiselle au rĂŽle dâune simple meurtriĂšre contrariĂ©e. Elle incarne cette vieille tradition politique selon laquelle toute personne mĂ©contente dâun rĂ©sultat Ă©lectoral peut demander un recomptage Ă lâaide dâun objet tranchant. La mĂ©thode manque de subtilitĂ© mais elle possĂšde lâavantage de clarifier immĂ©diatement la position de chacun.Le nouveau Grand Khan avait obtenu cent pour cent des voix et presque immĂ©diatement une tentative dâassassinat. VoilĂ qui prouve que les statistiques ne mesurent jamais tout. On peut avoir lâappui de la totalitĂ© du corps Ă©lectoral et rencontrer malgrĂ© tout une personne qui prĂ©fĂšre vĂ©rifier si le corps du souverain est Ă©lectoralement rĂ©sistant. Le plus fascinant reste la vitesse avec laquelle le Khanat absorbe ses propres contradictions. Personne nâa rĂ©ellement cessĂ© de faire la fĂȘte. Alice Ravenloft avait chantĂ©. Pigeon Ronron avait philosophĂ© sur les lĂ©gumes. Mademoiselle avait attaquĂ©. La police avait poursuivi. La prison avait briĂšvement emprisonnĂ©. Puis la vie continua comme si chaque Ă©vĂ©nement nâĂ©tait quâun nouveau couplet dâune chanson dont personne ne connaissait le refrain complet.Câest peut ĂȘtre cela, au fond, le vĂ©ritable pouvoir du Khanat ElmĂ©rien. Il ne rĂ©sout pas le chaos. Il lâadopte, lui donne un verre et lâinvite Ă rejoindre la chenille. LâEmpire Brun ne saurait Ă©videmment approuver une mĂ©thode aussi dĂ©sordonnĂ©e. Chez nous, les tentatives dâassassinat sont traditionnellement mieux Ă©clairĂ©es, convenablement annoncĂ©es et accompagnĂ©es dâune musique dramatique suffisamment forte pour que la victime comprenne lâimportance historique de sa chute. Nous avons des standards. Cependant, je dois reconnaĂźtre Ă Pigeon Ronron une qualitĂ© rare. Il a rĂ©ussi Ă devenir souverain sans cesser dâĂȘtre lâhomme qui propose une tournĂ©e. Beaucoup montent sur le trĂŽne en promettant de rester proches du peuple puis font rapidement installer des portes plus Ă©paisses. Lui semble avoir choisi de transformer le palais en auberge avant mĂȘme dây entrer. Cela finira certainement mal mais avec une ambiance remarquable.Les partisans de Tifa LockHeart, sâil en existe encore hors des marges du bulletin de vote, peuvent naturellement venir contester cette analyse. Mademoiselle pourra Ă©galement expliquer en direct si son attaque relevait dâune conviction politique, dâun dĂ©saccord culinaire ou dâune profonde hostilitĂ© envers la ratatouille. Quant Ă Pigeon Ronron, nos micros lui sont ouverts Ă condition quâil promette de ne pas entraĂźner le personnel technique dans une nouvelle chenille avant la fin de lâentretien.Retenez donc ceci, chers auditeurs. Le Khanat nâa pas seulement Ă©lu un Grand Khan. Il sâest choisi un chef de chenille, un prophĂšte de la saucisse et un philosophe de lâaubergine. Il lui a donnĂ© toutes ses voix puis il a immĂ©diatement tentĂ© de vĂ©rifier sâil Ă©tait mortel. En politique comme en cuisine, le Khanat ne fait jamais les choses Ă moitiĂ©. Il met tout dans la mĂȘme marmite et il appelle cela une civilisation. Nous devons maintenant quitter lâElmĂ©rie et son Grand Khan de carnaval pour nous rendre au ValĂ©gro. Plus prĂ©cisĂ©ment Ă Fort Emouchet. Ville ouvriĂšre, capitale provinciale et remarquable dĂ©monstration de ce qui arrive lorsquâon confie simultanĂ©ment des briques, des taxes et un vocabulaire rĂ©volutionnaire Ă des hommes qui refusent de sâĂ©couter. Fort Emouchet Ă©tait censĂ©e devenir une citĂ© idĂ©ale pour les travailleurs. Câest du moins ce quâaffirme la RĂ©publique chaque fois quâun bĂątiment nâest pas encore tombĂ©. LĂ -bas, le citoyen ne possĂšde peut ĂȘtre pas grand-chose mais il possĂšde la certitude que ce quâil ne possĂšde pas a Ă©tĂ© collectivisĂ© pour son bien. Au centre de cette grande expĂ©rience sociale se tient Jean-Luc Selriche. Ancien PrĂ©sident devenu Bourgmestre et premier administrateur selon les heures, les formulaires et lâĂ©tat gĂ©nĂ©ral des rivalitĂ©s locales. Jean-Luc Selriche est un homme qui croit profondĂ©ment au logement populaire. Il y croit mĂȘme assez pour en construire plusieurs avant dâavoir terminĂ© le premier.Certains esprits chagrins pourraient considĂ©rer cela comme une erreur de planification. Ils manquent manifestement de sens politique. Lorsquâun HLM reste inachevĂ©, il constitue un Ă©chec. Lorsque quatre HLM restent inachevĂ©s, ils deviennent un programme national. Le problĂšme commença avec une question apparemment raisonnable. Comment loger les habitants de Fort Emouchet sans transformer toute la province en citĂ© ouvriĂšre et sans sacrifier les prĂ©cieux champs de patates. Jean-Luc Selriche comprit rapidement que lâarchitecture ne suffirait pas. Il fallait une solution plus kralandaise.Il fallait des taxes. Une taxe sur les maladies fut donc instaurĂ©e. Le raisonnement du Bourgmestre Ă©tait dâune puretĂ© presque religieuse. La maladie est une mauvaise chose. Les mauvaises choses doivent ĂȘtre taxĂ©es. Les habitants rĂ©flĂ©chiraient donc Ă deux fois avant de tomber malade et les risques sanitaires diminueraient mĂ©caniquement. Cette dĂ©couverte aurait pu rĂ©volutionner la mĂ©decine si les mĂ©decins avaient seulement pensĂ© Ă facturer la tuberculose directement au bacille. Jean-Luc Selriche ne sâarrĂȘta pas lĂ . Il apprit que la promiscuitĂ© dans les HLM pouvait favoriser les troubles et les maladies. Il aurait pu agrandir les logements ou rĂ©duire le nombre dâoccupants. Ce genre de solution aurait toutefois nĂ©cessitĂ© du temps, des ressources et une comprĂ©hension Ă©lĂ©mentaire du problĂšme.Il prĂ©fĂ©ra taxer les rassemblements. Ainsi les habitants pouvaient continuer Ă vivre collĂ©s les uns contre les autres Ă condition de ne jamais donner lâimpression de sâĂȘtre rĂ©unis volontairement. Une famille nombreuse dans une piĂšce Ă©tait acceptable. Trois voisins discutant dans un couloir devenaient une menace sanitaire et une opportunitĂ© fiscale. Puis vint la taxe sur la laideur. LâidĂ©e reposait sur une observation incontestable. Puisque les habitants des HLM Ă©taient condamnĂ©s Ă vivre trĂšs proches les uns des autres, autant quâils soient beaux. La beautĂ© rĂ©duirait les risques de dĂ©pression et pourrait mĂȘme participer au rĂ©armement dĂ©mographique de la RĂ©publique. Les citoyens disgracieux financeraient donc le bonheur des autres par le simple mĂ©rite dâavoir une figure administrativement dĂ©sagrĂ©able. La recette rapporta quarante francs kralandais. VoilĂ ce que vaut la laideur dâune ville lorsquâelle est correctement recensĂ©e. Mais le chef-dâĆuvre de Jean-Luc Selriche fut la taxe sur les taxes. Il reconnut lui-mĂȘme quâil y avait trop de taxes et quâil fallait probablement en rĂ©duire lĂ©gĂšrement le nombre. Afin de dĂ©montrer son engagement contre la fiscalitĂ© excessive, il dĂ©cida donc de taxer les taxes existantes.Câest Ă cet instant prĂ©cis que la RĂ©publique de Kraland a cessĂ© dâĂȘtre un pays pour devenir une Ćuvre dâart. Dans lâEmpire Brun, nous prĂ©levons aussi des impĂŽts. Nous ne sommes pas des sauvages. Mais nous avons la dĂ©cence de leur donner des noms inquiĂ©tants et de ne jamais prĂ©tendre quâils rendent les contribuables plus libres. Ă Kraland, on vide votre poche tout en vous expliquant que le poids de lâargent nuisait Ă votre colonne vertĂ©brale. Les habitants auraient peut ĂȘtre acceptĂ© cette nouvelle dĂ©monstration de bonheur fiscal si les logements avaient Ă©tĂ© terminĂ©s et si les fuites dâeau nâavaient pas commencĂ© Ă former leur propre rĂ©seau hydrographique. Mais câĂ©tait sans compter sur Sir McRabbit, pĂšre dâune famille dont la taille varie selon les discours et les besoins de lâallocation.Il est question de centaines dâenfants. Deux cent quatre-vingt-dix-sept selon lâune de ses interventions et plusieurs dizaines supplĂ©mentaires occupĂ©es par des grenouilles et des problĂšmes de plomberie. Je ne prĂ©tendrai pas comprendre lâorganisation domestique de Sir McRabbit. Il est possible que ses enfants se reproduisent entre deux paragraphes ou quâil compte les fuites comme des personnes Ă charge.Toujours est-il que lâhomme rĂ©clamait un logement, la rĂ©paration de ses canalisations et un effort collectif de la part du gouvernement. Il souhaitait que les riches nantis de la RĂ©publique viennent construire eux mĂȘmes les HLM et financer sa descendance. LâidĂ©e est parfaitement kralandaise. Les enfants sont privĂ©s mais les factures doivent ĂȘtre collectives. Sir McRabbit finit par se verser une prime considĂ©rable. Trois cent cinquante-six francs kralandais selon les registres. Il remercia mĂȘme la convention Selriche et lâallocation dâun franc par enfant avant dâexpliquer quâil rĂ©glait simplement le solde nĂ©cessaire pour chacun de ses petits.Nous ignorons combien dâenfants avaient effectivement reçu cet argent. Nous savons seulement que la prime entiĂšre disparut avec la vitesse remarquable des fonds publics lorsquâils croisent une famille nombreuse et un homme capable de signer lui-mĂȘme le reçu. Câest alors quâapparut PierreJean, Gouverneur du ValĂ©gro et dĂ©fenseur autoproclamĂ© de lâordre provincial. PierreJean avait envisagĂ© de nommer Sir McRabbit Intendant. Lâhomme possĂ©dait une famille nombreuse, un certain capital sympathie et lâhabitude utile de soutenir les bonnes personnes au bon moment. HĂ©las, il avait siphonnĂ© le quota quotidien de primes du Gouverneur.Ce dĂ©tail avait son importance car PierreJean ne pouvait plus se rembourser lâachat dâun hamac destinĂ© au premier HLM.Il retira donc Ă Sir McRabbit son poste dâIntendant en lui demandant de pratiquer son auto-critique. CâĂ©tait une sanction trĂšs sĂ©vĂšre. Ă Kraland, lâauto-critique consiste Ă reconnaĂźtre publiquement quâon a eu tort avant dâexpliquer en dĂ©tail pourquoi les circonstances prouvent quâon avait raison. Sir McRabbit sâexĂ©cuta presque parfaitement. Il admit avoir siphonnĂ© la prime. Il affirma ne pas avoir vu le post-it. Ses enfants Ă©taient dans le besoin. Il avait agis sans rĂ©flĂ©chir. Puis il accusa Jean-Luc Selriche de ne pas avoir rĂ©parĂ© sa fuite dâeau et annonça quâil prĂ©fĂ©rait rejoindre lâĂ©quipe de PierreJean.VoilĂ une conversion politique dâune admirable sincĂ©ritĂ©. Dans certaines nations, on change de camp pour des convictions. Au ValĂ©gro, on le fait parce que lâeau coule toujours du plafond. Sir McRabbit tenta ensuite dâutiliser ses prĂ©rogatives de Diplomate afin de devenir Capitaine de la province. La dĂ©marche Ă©choua mais son enthousiasme ne faiblit pas. Il annonça quâil allait passer les troupes en revue avec lâassurance dâun homme qui nâavait pas obtenu le poste mais refusait de laisser ce dĂ©tail limiter son autoritĂ©.Pendant que les deux camps se disputaient le pĂšre de famille et son impressionnante capacitĂ© dâabsorption budgĂ©taire, PierreJean ouvrit un nouveau front contre Kenza Creswick, Commissaire de Police et femme de confiance supposĂ©e de Jean-Luc Selriche.La Commissaire possĂ©dait une cabane dans une zone rĂ©servĂ©e Ă la construction de huttes de latte et de mastic. Je sais que cette phrase contient davantage de misĂšre architecturale que certains siĂšges militaires. Prenons nĂ©anmoins le temps de la contempler. La ville connaissait dĂ©jĂ des HLM incomplets, des fuites dâeau, des taxes sur la maladie et un dĂ©bat sur la prĂ©servation des champs. Il existait malgrĂ© tout un rĂšglement distinguant officiellement les cabanes des huttes de latte et de mastic. Lâune de ces constructions semblait autorisĂ©e et lâautre menaçait manifestement lâintĂ©gritĂ© morale de la RĂ©publique. PierreJean exigea donc que Kenza Creswick rĂ©gularise sa situation. Il suggĂ©ra quâun scandale de corruption pourrait Ă©clabousser Jean-Luc Selriche.Le scandale nâĂ©tait pas que la Commissaire vive dans une cabane. Le scandale Ă©tait que sa cabane soit situĂ©e dans un quartier officiellement consacrĂ© Ă une forme diffĂ©rente de cabane. VoilĂ la civilisation. Le syndicat des paysans moldaves entra ensuite dans la danse. Il reprocha Ă Jean-Luc Selriche dâavoir dĂ©truit de bonnes terres arables pour multiplier les HLM. Les champs avaient disparu et les rendements agricoles allaient baisser. Le Bourgmestre serait donc personnellement responsable de la future pĂ©nurie de patates.Cette accusation est grave Ă Kraland. La patate est Ă la fois un aliment, une politique Ă©conomique et lâunitĂ© de mesure officieuse du bonheur prolĂ©tarien. Evan Garcia Liszt ajouta sa voix au tumulte. Il accusa Jean-Luc Selriche dâutiliser les vieilles mĂ©thodes prĂ©sidentielles et de ne pas Ă©couter les critiques sous prĂ©texte quâelles contenaient trop de mots compliquĂ©s. Il demanda pourquoi la ville construisait de nouveaux HLM alors que le premier nâĂ©tait mĂȘme pas rĂ©novĂ©. Il voulut savoir qui occuperait lâappartement libĂ©rĂ© par les lapins dĂ©placĂ©s Ă cause des inondations et pourquoi les Ă©quipes de soins devraient faire du porte-Ă -porte entre plusieurs immeubles presque vides.Ces questions Ă©taient raisonnables. Elles furent donc immĂ©diatement submergĂ©es par une insurrection. Au moment mĂȘme oĂč Evan Garcia Liszt interrogeait la gestion des chantiers, PierreJean ouvrit un nouveau chantier public. Quelquâun dĂ©truisit aussitĂŽt la route situĂ©e au mĂȘme endroit.Lâimage est parfaite. Un responsable ouvre un chantier. Un citoyen dĂ©truit la route. Lâadministration peut alors ouvrir un chantier pour rĂ©parer les dĂ©gĂąts causĂ©s lors de lâouverture du chantier prĂ©cĂ©dent. LâĂ©conomie tourne et chacun rentre chez lui avec le sentiment dâavoir participĂ©. Une enclume tomba ensuite sur la tĂȘte de Sysson.Je nâaccuse personne. Dans une ville aussi bien administrĂ©e, il est tout Ă fait naturel que les enclumes circulent librement dans les airs. Puis Fort Emouchet bascula. LâHĂŽtel du Domaine des Rois devint une zone autonome. Le Temple Saint-Evgueni nommĂ© Suivez Snowy devint lui aussi une zone autonome. Des manifestations insurrectionnelles Ă©clatĂšrent contre le gouvernement de la RĂ©publique et des groupes de Bourgeois DĂ©cadents entrĂšrent en rĂ©bellion. Il ne sâagissait plus dâune querelle municipale. La ville se fragmentait bĂątiment par bĂątiment comme une miche de pain oubliĂ©e dans une salle de conseil. Le Gouvernement kralandais prĂ©tendait construire des logements collectifs tandis que chaque Ă©tablissement proclamait son indĂ©pendance pour vingt-quatre heures. Les citoyens devaient vivre ensemble mais les bĂątiments refusaient dĂ©jĂ dâappartenir au mĂȘme pays. Il existe lĂ une contradiction dâune grande richesse. Plus Jean-Luc Selriche construisait de lieux pour rassembler le peuple et plus le peuple trouvait de nouveaux endroits pour se rĂ©volter sĂ©parĂ©ment.Les Bourgeois DĂ©cadents Ă©taient particuliĂšrement offensĂ©s. Peut ĂȘtre considĂ©raient-ils que les taxes sur la laideur les visaient personnellement. Peut ĂȘtre refusaient-ils de vivre dans des huttes de mastic. Peut ĂȘtre avaient-ils seulement remarquĂ© que la police coĂ»tait davantage Ă Fort Emouchet que la ville ne rĂ©coltait dâimpĂŽts et quâil Ă©tait statistiquement plus rentable dâentrer en rĂ©bellion que de continuer Ă financer lâordre public. La ville rĂ©coltait cent quatre-vingt-dix francs kralandais et en dĂ©pensait quatre cent cinquante pour ses policiers et ses soldats. Ce nâĂ©tait pas un dĂ©ficit. CâĂ©tait un investissement dans la future rĂ©pression des contribuables encore solvables. Au-dessus de cette magnifique catastrophe flottait lâombre du Premier Ministre Ranxerox. Les habitants murmuraient que lâadministration centrale soutenait les huttes infĂąmes et les mĂ©thodes de Jean-Luc Selriche. Plus tard, Ranxerox vint lui-mĂȘme Ă Fort Emouchet. Il critiqua Sir McRabbit, tenta de lâentraĂźner dans une bagarre puis se fit jeter dehors avant que les deux hommes ne parlementent.Je regrette de ne pas avoir assistĂ© Ă cette scĂšne. Le Premier Ministre de la RĂ©publique se prĂ©sente chez un Intendant pour dĂ©fendre lâautoritĂ© centrale. Il prononce un discours composĂ© dâun simple sourire. Il tente de dĂ©clencher une bagarre. Il est expulsĂ©. Puis il engage des nĂ©gociations. VoilĂ peut ĂȘtre la premiĂšre fois quâun processus diplomatique commence par quelquâun jetĂ© hors dâune auberge et se termine parce quâil dĂ©cide soudain quâil est prĂ©fĂ©rable de discuter. Peu aprĂšs, Ranxerox provoqua des Ă©lections anticipĂ©es.Il est difficile de dĂ©terminer si cette dĂ©cision relevait dâun grand calcul politique ou du besoin urgent de retrouver un poste oĂč il aurait le droit de frapper Sir McRabbit avec davantage de lĂ©gitimitĂ© constitutionnelle.Pendant ce temps, Alex KidoWski rappela Ă tous que demander la nationalitĂ© kralandaise ne donnait pas le droit de critiquer la RĂ©publique. La rééducation existait prĂ©cisĂ©ment pour soigner les sociaux-traĂźtres.CâĂ©tait enfin une parole claire. La RĂ©publique offre le bonheur. Ceux qui ne le ressentent pas souffrent donc nĂ©cessairement dâun trouble nĂ©cessitant un traitement. Cette logique possĂšde lâĂ©lĂ©gance des systĂšmes fermĂ©s. Si vous ĂȘtes heureux, la RĂ©publique fonctionne. Si vous ĂȘtes malheureux, vous ĂȘtes malade. Or les maladies sont taxĂ©es. Le systĂšme fonctionne donc encore mieux. Nous pourrions rire de Fort Emouchet. Nous pourrions considĂ©rer ses taxes sur les maladies, ses HLM trouĂ©s, ses cabanes illĂ©gales, ses primes familiales, ses Bourgeois DĂ©cadents et ses enclumes voyageuses comme les Ă©lĂ©ments sĂ©parĂ©s dâune immense farce. Ce serait une erreur. Tout cela forme une seule politique. Jean-Luc Selriche veut loger le peuple. Pour financer les logements, il taxe ce qui rend la vie dĂ©sagrĂ©able. Pour Ă©viter les maladies causĂ©es par les logements, il taxe la maladie. Pour empĂȘcher les rassemblements dans les logements collectifs, il taxe les rassemblements. Pour compenser la proximitĂ© des voisins, il taxe les gens laids. Pour rĂ©duire les taxes, il taxe les taxes. Sir McRabbit rĂ©cupĂšre les primes afin de nourrir ses enfants. PierreJean le sanctionne car il ne peut plus rembourser son hamac. Kenza Creswick devient suspecte car sa cabane nâest pas une hutte rĂ©glementaire. Les paysans rĂ©clament leurs champs. Les soignants rĂ©clament un plan. Les Bourgeois DĂ©cadents rĂ©clament probablement un miroir non taxĂ©.Puis chacun se rĂ©volte contre chacun. La RĂ©publique appelle cela le dĂ©bat dĂ©mocratique des travailleurs. Dans lâEmpire Brun, nous appelons cela un mardi. La seule diffĂ©rence est que nous nâessayons pas de loger tout le monde avant. Une chandelle sâĂ©teint derriĂšre moi. Je dĂ©roule lentement la dĂ©pĂȘche et contemple les plans des HLM de Fort Emouchet. Certains murs ne se rejoignent pas. Un escalier conduit vers une fenĂȘtre et une annotation prĂ©cise que la fuite dâeau sera Ă©tudiĂ©e aprĂšs collectivisation des grenouilles. Je dois reconnaĂźtre une forme de gĂ©nie Ă cette province. Il faut beaucoup de talent pour construire une crise politique avec de la latte, du mastic, un hamac et une allocation familiale. Les citoyens de Fort Emouchet peuvent naturellement venir dĂ©fendre leur administration. Jean-Luc Selriche pourra nous expliquer si notre studio est assujetti Ă la taxe sur la laideur. PierreJean pourra prĂ©senter les reçus du hamac. Sir McRabbit pourra venir accompagnĂ© de ses enfants Ă condition de prĂ©venir suffisamment tĂŽt pour que nous fassions agrandir le palais.Quant Ă Kenza Creswick, elle est cordialement invitĂ©e Ă nous prĂ©ciser la diffĂ©rence juridique entre une cabane et une hutte de latte et de mastic.Cette question tourmente dĂ©sormais lâEmpire tout entier. Retenez seulement ceci chers auditeurs. Ă Fort Emouchet, le Gouvernement construit des maisons que personne ne peut habiter avec de lâargent que personne ne possĂšde sur des terres que les paysans voulaient cultiver. Puis il taxe les habitants pour les protĂ©ger des consĂ©quences. VoilĂ pourquoi la RĂ©publique de Kraland ne manque jamais de solutions. Elle manque uniquement de problĂšmes qui nâont pas Ă©tĂ© causĂ©s par les prĂ©cĂ©dentes. Dans la salle du trĂŽne de lâEmpire Brun, les chandelles ont Ă©tĂ© remplacĂ©es, non quâelles fussent arrivĂ©es au terme de leur existence puisquâelles auraient encore pu Ă©clairer plusieurs complots, deux sacrifices officiels et peut ĂȘtre mĂȘme une rĂ©union ministĂ©rielle complĂšte si personne ne parlait trop longtemps, mais parce quâun changement de rĂšgne exige toujours que lâon modifie quelque chose afin que les courtisans puissent prĂ©tendre avoir Ă©tĂ© tĂ©moins dâune rĂ©volution. Les rideaux pourpres sont donc restĂ©s Ă leur place, les dorures anciennes nâont pas bougĂ©es et les crĂąnes dĂ©coratifs ont simplement Ă©tĂ© tournĂ©s vers la porte afin quâils puissent contempler le nouveau maĂźtre des lieux avec cette expression de respect absolu que donne naturellement lâabsence de peau. Sur les dalles de pierre, la fumĂ©e avance lentement entre les pieds du trĂŽne tandis que la vieille radio diffuse un souffle grave semblable Ă la respiration dâun palais qui se demande encore quel souverain il devra servir demain. Au-dessus de tout cela, ma toile sâest Ă©tendue. Elle grimpe dĂ©sormais derriĂšre les armoiries impĂ©riales puis redescend autour du bureau du MinistĂšre de la Guerre oĂč plusieurs dossiers attendent dĂ©jĂ quâune personne suffisamment raisonnable dĂ©cide de ne jamais les ouvrir. Bonsoir citoyens bruns, alliĂ©s rĂ©cents, ennemis traditionnels et personnes ayant changĂ© de catĂ©gorie depuis le dĂ©but de cette phrase. Ici Kleo, Ministre de la Guerre de lâEmpire Brun, araignĂ©e impĂ©riale et nouvelle occupante dâun bureau dont lâancien propriĂ©taire semble avoir emportĂ© les clĂ©s mais oubliĂ© trois Ă©pĂ©es rouillĂ©es, une bouteille vide et un document intitulĂ© Plans dĂ©fensifs Ă ne surtout pas perdre. LâEmpire Brun vient encore de connaĂźtre un changement de souverain et je vous prie de ne pas prendre cet air surpris. Lorsquâun empire porte dans son nom la couleur du vieux sang sĂ©chĂ© et construit ses institutions entre des catacombes, des laboratoires douteux et des salles de rĂ©ception oĂč les invitĂ©s sont parfois comptĂ©s avant et aprĂšs le repas, la stabilitĂ© ne doit jamais ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un objectif. Elle est tout au plus un accident administratif. Bob le trĂšs trĂšs terrible a donc renversĂ© LachĂ©sis et lâexplication officielle fut dâune clartĂ© exemplaire puisque Joe lâavait forcĂ©.Il serait mesquin de rĂ©clamer davantage de prĂ©cisions. LâHistoire contient de nombreux coups dâĂtat dĂ©clenchĂ©s par des rivalitĂ©s dynastiques, des crises Ă©conomiques, des ambitions militaires ou des prophĂ©ties soigneusement rĂ©digĂ©es aprĂšs les Ă©vĂ©nements. Le nĂŽtre repose sur la solide tradition du quelquâun mâa dit de le faire, fondement politique qui possĂšde lâavantage considĂ©rable de permettre dâattribuer toute dĂ©cision future Ă une tierce personne absente. Bob le trĂšs trĂšs terrible entra donc dans lâHistoire au volant dâun vĂ©hicule immense, intĂ©gralement motorisĂ© au pĂ©trole polluant et couvert dâun vernis chimique capable de provoquer de puissantes plaques dâeczĂ©ma aux enfants situĂ©s Ă proximitĂ©. Certains souverains se prĂ©sentent Ă cheval, dâautres arrivent portĂ©s sur un bouclier et quelques-uns choisissent la discrĂ©tion dâun carrosse fermĂ©. Bob choisit le SUV toxique.Ce choix rĂ©sumait dĂ©jĂ son programme. Son rĂšgne serait grand, bruyant, difficile Ă garer et les consĂ©quences sanitaires seraient supportĂ©es par les familles voisines. Le nouvel Empereur se proclama Leader SuprĂȘme Double Cheese et annonça lâouverture officielle de lâĂšre des Grandes Injustices dont la premiĂšre serait que lâEmpereur soit trĂšs trĂšs terrible. Il faut reconnaĂźtre Ă Bob une franchise inhabituelle. Les autres souverains commencent gĂ©nĂ©ralement par promettre lâĂ©quitĂ©, la paix, la prospĂ©ritĂ© et la baisse des impĂŽts puis attendent quelques jours avant dâexpliquer pourquoi aucune de ces choses nâest possible Ă cause de leurs prĂ©dĂ©cesseurs, de la mĂ©tĂ©o ou dâune minoritĂ© insuffisamment coopĂ©rative. Bob a prĂ©fĂ©rĂ© supprimer lâĂ©tape de la dĂ©ception. Il promet lâinjustice, ce qui signifie que la moindre dĂ©cision Ă©quitable pourra dĂ©sormais ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©e comme un miracle. VoilĂ une gestion habile des attentes populaires.Mais un dictateur ne devient pas vĂ©ritablement dictateur en se contentant dâun titre, dâun vĂ©hicule et dâune odeur dermatologique. Il lui faut une mĂ©thode. Bob le trĂšs trĂšs terrible consulta donc le petit manuel du dictateur qui indiquait en rouge sang sur blanc que la premiĂšre Ă©tape essentielle dâun rĂšgne rĂ©ussi Ă©tait la purge. LâEmpereur appliqua aussitĂŽt cette recommandation avec cette obĂ©issance touchante des hommes qui viennent de dĂ©couvrir un livre et sont encore persuadĂ©s quâil contient toutes les rĂ©ponses. Deux-Fleurs de Pont-Krivell perdit la direction des Services Secrets, Agatha fut retirĂ©e du MinistĂšre de lâĂconomie, Monique Lemage quitta les Affaires ĂtrangĂšres et MnĂ©mĂ©sine dâArcys fut sĂ©parĂ©e du MinistĂšre de la Justice.La purge fut rapide, propre et presque dĂ©cevante pour un Empire qui conserve des fosses communes uniquement pour ne pas manquer de capacitĂ© dâaccueil. Personne ne fut dĂ©coupĂ©, personne ne disparut derriĂšre une tenture et personne ne fut officiellement dĂ©vorĂ©. Les ministres perdirent seulement leurs postes. Je soupçonne Bob de ne pas avoir encore terminĂ© le chapitre puisquâil confirma lui-mĂȘme que la deuxiĂšme Ă©tape du manuel semblait concerner les exĂ©cutions arbitraires mais quâil devait poursuivre sa lecture avant de revenir le lendemain. Câest une prudence rare et admirable. Trop de souverains pratiquent lâexĂ©cution arbitraire sans avoir pris le temps de consulter les instructions.LâEmpire entrait donc dans lâĂšre des Grandes Injustices avec un gouvernement presque entiĂšrement vidĂ© et un Empereur occupĂ© Ă chercher la table des matiĂšres. La situation aurait pu inquiĂ©ter le peuple mais elle le rassura. Les Bruns savent quâun rĂ©gime est vĂ©ritablement en difficultĂ© lorsque ses dirigeants paraissent savoir ce quâils font. Lâimprovisation tĂ©moigne au contraire dâune bonne santĂ© institutionnelle puisquâelle prouve que les souverains ont encore assez de confiance en lâEmpire pour prendre des dĂ©cisions avant dâen avoir compris les consĂ©quences. Cheikh Evara cĂ©lĂ©bra immĂ©diatement le nouvel Empereur en rappelant quâil avait lancĂ© la carriĂšre politique de Bob et que celui-ci avait rĂ©parĂ© les systĂšmes de climatisation des ministĂšres avant dâaccĂ©der au trĂŽne. Cette information est capitale puisquâelle dĂ©montre que lâascension sociale fonctionne encore. Un homme peut commencer par entretenir les appareils dâair froid puis finir par purger les ministres qui profitaient de cet air. Cheikh Evara lança donc ses vivats avec lâenthousiasme dâun homme qui venait de reconnaĂźtre dans le nouveau souverain lâancien rĂ©parateur capable de remettre en marche la climatisation du palais.Pendant ce temps, Bob le trĂšs trĂšs terrible annonça que la premiĂšre grande semaine de son rĂšgne serait consacrĂ©e Ă la santĂ© mentale. Certains pourraient apercevoir lĂ une contradiction avec lâannonce de la purge et des exĂ©cutions arbitraires mais ce serait juger trop vite. La santĂ© mentale est toujours plus simple Ă promouvoir aprĂšs avoir retirĂ© du gouvernement toutes les personnes susceptibles de demander comment elle sera mesurĂ©e. LâEmpereur avait consultĂ© plusieurs cabinets de conseil avec le peu de budget que lâincompĂ©tente prĂ©cĂ©dente avait laissĂ© et tous Ă©taient parvenus Ă la mĂȘme recommandation. Il fallait atteindre le score minimal de santĂ© mentale sur un bracelet Whoopk.VoilĂ donc lâavenir de la politique brune. Les siĂšcles prĂ©cĂ©dents utilisaient les augures, le vol des corbeaux et la couleur du foie des condamnĂ©s. Nous disposerons dĂ©sormais dâun bracelet. Je ne critique pas le progrĂšs puisque le bracelet possĂšde lâavantage de pouvoir ĂȘtre portĂ© pendant les sacrifices. LâEmpire se trouvait donc entre les mains dâun souverain trĂšs trĂšs terrible prĂ©occupĂ© par le bien-ĂȘtre psychologique de ses sujets et suivant simultanĂ©ment un manuel recommandant les purges. Puis je nommai Deux-Fleurs de Pont-Krivell GĂ©nĂ©rale des Gentilles Forces ImpĂ©riales. La dĂ©cision allait de soi. Deux-Fleurs venait dâĂȘtre retirĂ©e des Services Secrets et possĂ©dait donc une excellente connaissance des informations confidentielles, des passages cachĂ©s et des mĂ©thodes permettant de faire disparaĂźtre un document sans que personne nâose demander oĂč il se trouve. Toutes ces qualitĂ©s sont indispensables Ă un gĂ©nĂ©ral. La diffĂ©rence essentielle est quâĂ la guerre on appelle cela une manĆuvre.Il fallait nĂ©anmoins rĂ©gler un problĂšme plus dĂ©licat car le nom de Gentilles Forces ImpĂ©riales ne convenait plus. Ce nâĂ©tait pas que nos soldats soient incapables de gentillesse puisquâils savent parfaitement se montrer polis lorsquâils encerclent une ville et plusieurs dâentre eux disent merci aprĂšs avoir reçu un ordre de pillage, mais le mot Gentilles risquait de crĂ©er une confusion. Nos ennemis pourraient croire quâils ont le choix. Je renommai donc lâarmĂ©e Forces ImpĂ©riales Siciliennes, nom plus prĂ©cis, plus honnĂȘte et infiniment plus Ă©lĂ©gant puisquâil indiquait clairement lâorigine de la loyautĂ© et le lieu oĂč il Ă©tait conseillĂ© de ne pas provoquer dâincident. Les Forces ImpĂ©riales Siciliennes seraient donc commandĂ©es par Deux-Fleurs de Pont-Krivell et je dois avouer que lâassociation me plaisait. Une GĂ©nĂ©rale portant un nom de bouquet Ă la tĂȘte dâune armĂ©e impĂ©riale sicilienne est le genre dâimage que seule une grande civilisation peut offrir sans rire. Les fleurs poussent mieux sur les champs de bataille lorsque le sol a Ă©tĂ© correctement enrichi.Mais avant que nous ayons le temps de dĂ©cider oĂč diriger ces nouvelles forces, lâEmpereur annonça une alliance avec la ConfĂ©dĂ©ration Libre, cette dĂ©mocratie caricaturale oĂč chacun possĂšde le droit absolu de parler tant que personne ne lâĂ©coute et oĂč les dĂ©cisions sont prises aprĂšs suffisamment de dĂ©bats pour que le problĂšme ai changĂ© de nature. Lâordre impĂ©rial Ă©tait clair puisquâil fallait se rĂ©jouir. Je me rĂ©jouis donc avec toute la ferveur rĂ©glementaire dont jâĂ©tais capable et dĂ©clarai publiquement notre immense satisfaction de compter les ConfĂ©dĂ©rĂ©s parmi nos alliĂ©s. LâEmpereur avait parlĂ© et rien ne rapproche davantage deux peuples quâune dĂ©cision prise par un seul homme dans lâun dâentre eux. Il me tardait dĂ©jĂ dâorganiser de grandes manĆuvres militaires communes sur leurs terres et je maintiens que cette proposition Ă©tait amicale. Rien ne renforce davantage une alliance que des soldats apprenant Ă manĆuvrer ensemble puisquâils cessent ainsi de se regarder avec mĂ©fiance de part et dâautre dâune frontiĂšre pour pouvoir se regarder avec mĂ©fiance Ă lâintĂ©rieur du mĂȘme camp. La ConfĂ©dĂ©ration ne devait nourrir aucune inquiĂ©tude. Nous sommes des professionnels, il paraĂźt, et aucun gĂ©nĂ©ral ne tenterait Ă©videmment de conquĂ©rir ses alliĂ©s par excĂšs dâenthousiasme. Aucun soldat ne confondrait un exercice avec une annexion et aucune explosion malencontreuse ne dĂ©truirait un symbole dĂ©mocratique particuliĂšrement fragile. Si cela devait malgrĂ© tout arriver, nous formerions immĂ©diatement une commission militaire mixte chargĂ©e de dĂ©terminer pourquoi les ConfĂ©dĂ©rĂ©s avaient placĂ© leur bĂątiment Ă cet endroit. La vĂ©ritable alliance ne repose pas sur la confiance mais sur la capacitĂ© commune Ă rĂ©diger le rapport aprĂšs lâaccident. La ConfĂ©dĂ©ration Libre pourra donc accueillir nos soldats avec sĂ©rĂ©nitĂ© puisquâils viendront en amis, des amis nombreux, armĂ©s et accompagnĂ©s de chariots de ravitaillement capables de soutenir un siĂšge de plusieurs mois. Il sâagit seulement dâune prĂ©caution. LâamitiĂ© demande de lâendurance. Pendant que la diplomatie brune dĂ©couvrait les vertus du dĂ©ploiement fraternel, Bob le trĂšs trĂšs terrible acheta un Complexe Hospitalier Ă Santa Banana City pour seize mille trois cent quarante-huit MĂ. VoilĂ une dĂ©cision particuliĂšrement rassurante. Le nouvel Empereur venait dâannoncer une purge, dâĂ©tudier les exĂ©cutions arbitraires et de nommer une nouvelle direction militaire. Lâachat dâun hĂŽpital dĂ©montrait quâil avait dĂ©jĂ envisagĂ© la suite. Les grands souverains ne se contentent pas de provoquer les blessures puisquâils investissent Ă©galement dans leur traitement.Le Complexe Hospitalier serait probablement utile Ă la population et Ă lâarmĂ©e. Il permettrait de soigner les soldats, les citoyens et les ministres qui auraient mal interprĂ©tĂ© le mot purge. Nous voyons ici la supĂ©rioritĂ© du modĂšle brun. Chez les autres nations, la santĂ© et la guerre sont gĂ©rĂ©es par des administrations sĂ©parĂ©es qui se reprochent ensuite leurs dĂ©penses. Dans lâEmpire, nous prĂ©parons les combats et les lits dans un mĂȘme mouvement. LâefficacitĂ© ne consiste pas Ă Ă©viter les catastrophes mais Ă prĂ©voir suffisamment de draps. Il serait cependant injuste de prĂ©senter le rĂšgne de Bob comme une simple succession de dĂ©cisions terribles. LâEmpereur trouva Ă©galement le temps de dispenser ses Petites Leçons en demandant Ă chacun sâil avait Ă©tĂ© injuste envers son prochain et en encourageant les citoyens Ă commettre leur premiĂšre injustice sans attendre le lendemain. Certains trouveront cette morale discutable mais ils oublient que lâEmpereur avait officiellement inaugurĂ© lâĂšre des Grandes Injustices. Un souverain doit donner lâexemple et Bob le trĂšs trĂšs terrible ne demande pas au peuple dâaccomplir ce quâil ne pratique pas lui mĂȘme. Il usurpe, purge, insulte et pollue personnellement. VoilĂ une proximitĂ© avec les citoyens que beaucoup de monarchies nous envient.LâEmpire Brun avançait donc avec Ă sa tĂȘte un Empereur ayant pris le pouvoir parce que Joe lâavait forcĂ©, au MinistĂšre de la Guerre une araignĂ©e convaincue que les exercices militaires chez les alliĂ©s constituent une preuve dâaffection et Ă la tĂȘte des Forces ImpĂ©riales Siciliennes Deux-Fleurs de Pont-Krivell, ancienne Directrice des Services Secrets devenue GĂ©nĂ©rale aprĂšs avoir Ă©tĂ© purgĂ©e avec suffisamment dâĂ©lĂ©gance pour recevoir presque aussitĂŽt une nouvelle armĂ©e. Ă Santa Banana City se dressait dĂ©sormais un hĂŽpital achetĂ© par lâhomme qui lisait encore le chapitre sur les exĂ©cutions arbitraires. Tout Ă©tait en ordre et lâEmpire nâavait jamais Ă©tĂ© aussi cohĂ©rent.b]Deux-Fleurs de Pont-Krivell[/b] est naturellement invitĂ©e Ă venir prĂ©senter les objectifs des nouvelles Forces ImpĂ©riales Siciliennes, leur doctrine, leur organisation et les raisons pour lesquelles elles ont besoin dâautant de cordes. Bob le trĂšs trĂšs terrible peut Ă©galement intervenir afin de prĂ©ciser la suite du petit manuel du dictateur puisque la population aimerait notamment savoir si le chapitre sur les exĂ©cutions contient des illustrations. Nos nouveaux alliĂ©s confĂ©dĂ©rĂ©s sont eux aussi invitĂ©s Ă rĂ©agir et pourront confirmer publiquement quâils accueillent nos futures manĆuvres militaires avec joie, sĂ©rĂ©nitĂ© et une absence complĂšte de barricades. Tout silence de leur part sera interprĂ©tĂ© comme un enthousiasme dĂ©mocratiquement tacite.Retenez donc ceci chers auditeurs. LâEmpire Brun a changĂ© dâEmpereur, purgĂ© son gouvernement, renommĂ© son armĂ©e, achetĂ© un hĂŽpital et trouvĂ© de nouveaux alliĂ©s en une seule soirĂ©e. Certains appellent cela de lâinstabilitĂ© mais ils manquent dâambition. LâinstabilitĂ© consiste Ă ne pas savoir ce qui arrivera demain. Dans lâEmpire Brun nous le savons parfaitement. Quelque chose de terrible arrivera. Et cette fois nous avons dĂ©jĂ rĂ©servĂ© les lits. Le 28 arrive Ă grand pas. AprĂšs le Khanat qui Ă©lit ses souverains au milieu dâune chenille, aprĂšs le ValĂ©gro qui taxe ses maladies avant de terminer ses logements et aprĂšs lâEmpire Brun qui change dâEmpereur tout en rĂ©servant les lits dâhĂŽpital nĂ©cessaires Ă la suite, nous devons revenir Ă Sicilia. Ce retour sera reposant. LĂ -bas, personne ne prĂ©tend avoir rĂ©solu la nature humaine. Les Siciliens se contentent gĂ©nĂ©ralement de vĂ©rifier quâelle est correctement armĂ©e. Trou Perdu porte un nom que les Ă©trangers prennent encore pour une plaisanterie. Ils imaginent sans doute quâune citĂ© ne peut pas rĂ©ellement sâappeler ainsi et conserver malgrĂ© tout une population, une administration et des commerces. Ils ignorent que ce nom est moins une moquerie quâun avertissement honnĂȘte. Trou Perdu ne promet rien. Il ne vous garantit ni la prospĂ©ritĂ©, ni la justice, ni mĂȘme la possibilitĂ© de retrouver le chemin par lequel vous ĂȘtes arrivĂ©. La ville vous annonce simplement que vous ĂȘtes dans un trou et que personne ne viendra vous chercher. Cette franchise explique peut ĂȘtre son Ă©trange soliditĂ©. Aya Ravenloft engagea un combat contre un Soldat DĂ©serteur. LâĂ©vĂ©nement passa presque inaperçu dans le grand tumulte du Cybermonde et câest prĂ©cisĂ©ment ce qui le rend profondĂ©ment sicilien. Ailleurs, voir une Ravenloft affronter un militaire en fuite pourrait susciter des questions sur la sĂ©curitĂ©, les frontiĂšres ou lâĂ©tat des forces armĂ©es. Ă Trou Perdu, on regarde rapidement qui semble gagner puis on dĂ©place les verres fragiles.Un Soldat DĂ©serteur est dâailleurs une crĂ©ature presque philosophique. Il possĂšde encore les armes et les habitudes du soldat mais plus aucun supĂ©rieur suffisamment proche pour lui dire vers qui les tourner. Il reprĂ©sente la libertĂ© militaire dans sa forme la plus pure et la moins recommandable. Aya Ravenloft sâen occupa.Il ne mâappartient pas de dire si ce combat relevait du courage, de la nĂ©cessitĂ© ou de cette curiositĂ© particuliĂšre qui pousse certains habitants Ă frapper les problĂšmes afin de vĂ©rifier sâils contiennent quelque chose dâutile. Je constate seulement que Sicilia continua de fonctionner pendant lâaffrontement. Les commerces ouvrirent, les tavernes servirent Ă boire et personne ne rĂ©clama la crĂ©ation dâune commission. Câest cela aussi la stabilitĂ©. Au milieu de cette activitĂ© ordinaire survint la dĂ©claration de Jaylie Dei Machiavelli, Gouverneure de Sicilia. Elle posa aux habitants de Trou Perdu une question aussi brĂšve quâinquiĂ©tante. Fouleraient-ils incessamment les terres de Y0gi. La phrase ne contenait aucune explication supplĂ©mentaire. Elle nâindiquait ni lâintention, ni la destination exacte, ni la quantitĂ© de personnes dont les bottes devaient prochainement fouler quelque chose. Elle ne prĂ©cisait pas davantage si Y0gi avait Ă©tĂ© consultĂ©. Cette Ă©conomie de mots mĂ©rite le respect. Les dirigeants faibles annoncent leurs projets en dĂ©tail. Ils exposent les objectifs, les moyens, les dĂ©lais et les risques avant de dĂ©couvrir que le peuple possĂšde dĂ©sormais assez dâinformations pour sây opposer. Jaylie Dei Machiavelli choisit la mĂ©thode supĂ©rieure. Elle posa une question dont la formulation ressemblait dĂ©jĂ Ă une dĂ©cision. Foulerons-nous les terres de Y0gi incessamment.Ce nâĂ©tait pas exactement une menace. Une menace ordinaire indique ce que lâon compte faire et laisse Ă la cible une chance de rĂ©agir. Ici, la Gouverneure semblait seulement consulter lâavenir comme si le piĂ©tinement avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© inscrit dans les astres et que Sicilia devait encore dĂ©terminer quelles chaussures porter. Y0gi pouvait interprĂ©ter la phrase de plusieurs maniĂšres. Peut ĂȘtre sâagissait-il dâune visite. Peut ĂȘtre dâune procession. Peut ĂȘtre dâune opĂ©ration militaire menĂ©e avec cette courtoisie sicilienne qui consiste Ă prĂ©venir la personne concernĂ©e suffisamment tard pour quâelle ne puisse pas dĂ©mĂ©nager. LâambiguĂŻtĂ© est une arme magnifique. Elle permet de faire peur sans gaspiller de munitions. Je ne doute pas que les habitants de Trou Perdu aient compris immĂ©diatement le sens de la question ou quâils aient au moins fait semblant. Jaylie Dei Machiavelli est naturellement invitĂ©e Ă prĂ©ciser la nature exacte de sa question concernant Y0gi. Elle peut venir expliquer sâil sâagit dâune visite officielle, dâune promenade touristique ou dâune opĂ©ration culturelle impliquant beaucoup de chaussures. Y0gi peut Ă©galement rĂ©pondre. Il dispose probablement dâun dĂ©lai trĂšs confortable compris entre maintenant et le moment oĂč les Siciliens auront fini de sâĂ©quiper. Dusk et Aurora sont invitĂ©s Ă prĂ©senter les avantages Ă©conomiques de la Petite Armurerie et Ă confirmer que sa construction ne possĂšde absolument aucun rapport avec les terres prĂ©cĂ©demment mentionnĂ©es. Leur capacitĂ© Ă garder un visage sĂ©rieux sera considĂ©rĂ©e comme une preuve suffisante. Quant Ă Aya Ravenloft, elle pourra nous dire ce quâest devenu le Soldat DĂ©serteur. Une rĂ©ponse courte suffira. Nous ne souhaitons pas nĂ©cessairement connaĂźtre lâendroit exact oĂč il a Ă©tĂ© rangĂ©.Retenez donc ceci chers auditeurs. Pendant que les autres nations dĂ©battent de la dĂ©mocratie, du logement, de lâĂ©cologie et de la meilleure façon de mesurer leur santĂ© mentale sur un bracelet, Sicilia construit une armurerie. Nous avons parlĂ© de lâElmĂ©rie qui Ă©lit un Grand Khan en formant une chenille, du ValĂ©gro qui combat la maladie en la taxant, de lâEmpire Brun qui organise une purge avant dâacheter un hĂŽpital et de Sicilia qui construit une armurerie avec cette modestie charmante des gens qui ne veulent surtout inquiĂ©ter personne avant dâavoir terminĂ© les stocks. Il serait cependant injuste de laisser croire que le reste du Cybermonde demeurait immobile pendant que nous produisions seuls lâHistoire. Les autres nations se sont elles aussi beaucoup agitĂ©es. Certaines ont parlĂ©. Certaines ont manifestĂ©. Certaines ont fait pousser des arbres Ă travers leurs routes. Dâautres ont traversĂ© une frontiĂšre au nom dâune enquĂȘte et dĂ©couvert avec surprise que les habitants locaux appelaient cela une ingĂ©rence. Chaque peuple possĂšde ses traditions. Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre, on aime rappeler que le pouvoir appartient aux citoyens. Câest une pensĂ©e magnifique qui permet Ă chaque citoyen de se sentir personnellement responsable du dĂ©sastre collectif sans jamais disposer de suffisamment dâautoritĂ© pour lâempĂȘcher. Une campagne prĂ©sidentielle sây prĂ©parait donc avec tout le sĂ©rieux attendu dâune dĂ©mocratie oĂč les candidats, les mouvements scientifiques et les pancartes ont parfois davantage de membres que les familles ordinaires. Deux figures occupaient le centre de cette lutte. Dâun cĂŽtĂ© se trouvait Don Amortel, accusĂ© dâavoir transformĂ© la campagne en une partie de PrĂ©sident du silence. De lâautre se dressait Paul-Steeve Saint-Sauveur, candidat soutenu par le Mouvement MGBT+ et prĂ©sentĂ© comme lâunique rempart rationnel contre le retour du moyen Ăąge vĂ©gĂ©tatif.Le principe du PrĂ©sident du silence semblait simple. Il fallait Ă©viter de parler afin de ne pas perdre la partie et probablement lâĂ©lection. Cette innovation politique mĂ©rite dĂ©jĂ notre admiration. Pendant des siĂšcles, les candidats ont tentĂ© de convaincre les Ă©lecteurs par des discours, des promesses et des mensonges travaillĂ©s avec soin. La ConfĂ©dĂ©ration venait enfin de comprendre que la meilleure façon de ne pas se contredire consistait Ă ne rien dire. Don Amortel fut immĂ©diatement accusĂ© de dissimuler son ignorance et son programme anti-science derriĂšre ce silence. Lâaccusation Ă©tait logique. Lorsquâun homme ne parle pas, il devient possible de lui attribuer toutes les opinions dont on a besoin pour le combattre. Le silence ne protĂšge pas des critiques. Il fournit simplement aux adversaires une toile vierge.Le Mouvement MGBT+ dĂ©cida donc de rĂ©pondre Ă cette stratĂ©gie avec la sobriĂ©tĂ© habituelle des organisations scientifiques convaincues que toute contestation du progrĂšs constitue une urgence nuclĂ©aire. Pr Jean-Michel Nobyl, Ministre de la Recherche et Tentacule SuprĂȘme, prit la parole au nom de Paul-Steeve Saint-Sauveur, lequel devait conserver un silence olympien afin de ne pas ĂȘtre disqualifiĂ© par la bureaucratie Ă©lectorale.La situation Ă©tait dĂ©licieuse. Un candidat refusait de parler pour gagner un jeu de silence. Son adversaire refusait Ă©galement de parler pour ne pas perdre ce mĂȘme jeu. Un ministre parlait donc Ă sa place afin de dĂ©noncer le silence de lâautre candidat. VoilĂ une dĂ©mocratie pleinement dĂ©veloppĂ©e. Les deux personnes qui souhaitent gouverner se taisent tandis quâun troisiĂšme homme explique trĂšs fort ce quâelles pensent. Pr Jean-Michel Nobyl prĂ©senta le programme de Paul-Steeve Saint-Sauveur comme le seul projet rationnel. Il fallait dĂ©velopper massivement les technologies, injecter des budgets illimitĂ©s dans la recherche nuclĂ©aire et soutenir lâĂ©volution chromosomique de la population. Lâavenir de la ConfĂ©dĂ©ration passerait donc par davantage de laboratoires, davantage de radiations et probablement davantage de formulaires permettant aux citoyens de signaler la pousse dâun organe imprĂ©vu.Je respecte cette vision. Elle possĂšde une direction claire. La plupart des gouvernements promettent de transformer la sociĂ©tĂ© sans prĂ©ciser sous quelle forme. Le Mouvement MGBT+ annonce au moins que certains Ă©lecteurs pourraient terminer le mandat avec trois bras et une meilleure rĂ©sistance aux radiations. Les partisans de la science avaient Ă©galement dĂ» supporter plusieurs manifestations silencieuses composĂ©es de Normies munis de pancartes. Cette procession fut dĂ©crite comme une attaque obscurantiste contre les glorieuses FĂȘtes de la Science. La grĂšve de la parole constituait selon eux une aberration mĂ©thodologique. Afin de rĂ©pondre Ă ces pancartes silencieuses, les mutants mobilisĂšrent leurs propres pancartes qui pouvaient parler et marcher. La dĂ©mocratie venait de franchir une nouvelle Ă©tape. Les affiches nâavaient plus besoin des manifestants. Ă terme, les citoyens pourront rester chez eux pendant que leurs opinions se querelleront seules sur la place publique. Ce sera plus efficace et cela rĂ©duira considĂ©rablement les risques de discussion humaine. Pr Jean-Michel Nobyl promit donc Ă Don Amortel le bruit des compteurs Geiger et le triomphe de la Science. La menace Ă©tait admirablement prĂ©cise. Dans les autres nations, les candidats promettent de faire entendre la voix du peuple. Ă la ConfĂ©dĂ©ration, on promet de faire entendre les instruments signalant que le peuple devrait probablement quitter la zone.Cette mĂȘme ConfĂ©dĂ©ration transmit ensuite au Khanat ElmĂ©rien les secrets de lâĂducation de Masse. La technologie reposait sur plusieurs principes remarquables. Des professeurs pouvaient enseigner Ă quatre mille Ă©tudiants grĂące aux mutations permettant la vision pĂ©riphĂ©rique Ă trois cent soixante degrĂ©s. Les Ă©lĂšves situĂ©s dans les couloirs apprenaient par rĂ©sonance acoustique et les diplĂŽmĂ©s insuffisamment performants Ă©taient rĂ©affectĂ©s Ă la rĂ©paration des catastrophes nuclĂ©aires. Câest une conception admirable de lâĂ©chec scolaire. LâĂ©tudiant qui ne comprend pas la physique peut immĂ©diatement contribuer Ă rĂ©parer les consĂ©quences de la physique appliquĂ©e par ceux qui lâavaient mieux comprise. La ConfĂ©dĂ©ration appelle cela le recyclage Ă©nergĂ©tique des diplĂŽmĂ©s. Dans lâEmpire Brun, nous appelons cela envoyer les moins utiles devant. Nos mĂ©thodes se ressemblent davantage que les dĂ©mocrates ne voudraient lâadmettre. Mais avant que la ConfĂ©dĂ©ration ne transforme entiĂšrement sa campagne Ă©lectorale en expĂ©rience scientifique, le Paradigme Vert nous offrit une dĂ©monstration diffĂ©rente du progrĂšs. Ă Garinaville, la nature se rĂ©veilla. Des arbres surgirent du sol et Ă©ventrĂšrent les rues. La pollution diminua toutefois dans la province. Cette derniĂšre prĂ©cision rĂ©sume toute la philosophie verte. Les routes furent dĂ©truites. Les habitants durent probablement contourner des racines Ă©normes pour rejoindre leur domicile. Les bĂątiments risquaient de perdre leurs fondations et les chariots pouvaient dĂ©sormais se briser contre une forĂȘt apparue au milieu des pavĂ©s. Mais la pollution baissait. Le bilan Ă©tait donc positif. Les autres nations considĂšrent les infrastructures comme un moyen dâamĂ©liorer la vie humaine. Le Paradigme Vert les considĂšre parfois comme une erreur historique que les vĂ©gĂ©taux doivent corriger. Une rue Ă©ventrĂ©e nâest pas une catastrophe. Câest une victoire Ă©cologique dont les ambulances devront simplement faire le tour. Il faut admirer le courage idĂ©ologique dâun gouvernement capable de regarder un arbre traverser une canalisation et de demander en premier lieu si la qualitĂ© de lâair sâamĂ©liore. Les habitants de Garinaville apprendront Ă sâadapter. Ils pourront grimper sur les branches, installer des ponts entre les feuillages et appeler cela une mobilitĂ© douce. Les bĂątiments les plus fragiles tomberont et libĂ©reront de lâespace pour la biodiversitĂ©. Quant aux citoyens blessĂ©s par les racines, ils pourront se consoler en respirant un air lĂ©gĂšrement moins polluĂ© pendant quâon cherche un chemin encore praticable vers lâhĂŽpital. Le Paradigme Vert ne dĂ©truit jamais une ville. Il la rend Ă la nature un quartier Ă la fois. Cette Ă©volution se produisait alors mĂȘme que Bartolomus Ravenloft dĂ©couvrait lâĂconomie Verte. Cette technologie promettait une croissance durable et une rĂ©duction de la pollution liĂ©e Ă la production. Il sâagissait dâune dĂ©couverte majeure puisquâelle permettrait peut ĂȘtre au Paradigme de produire des biens sans devoir ensuite demander aux arbres de dĂ©truire les routes par lesquelles ils avaient Ă©tĂ© transportĂ©s.Mais le grand rĂ©cit extĂ©rieur de cette journĂ©e ne se dĂ©roulait ni dans les laboratoires confĂ©dĂ©rĂ©s ni sous les racines vertes. Il se dĂ©roulait au GĂ©ofront, cette province de la RĂ©publique de Kraland que le Royaume de RuthvĂ©nie semblait avoir dĂ©cidĂ© dâadministrer temporairement sans commettre lâimpolitesse de demander lâavis de tous les habitants. Tout commença Ă Sanctuaire avec Hanako Ainozomi, Comtesse locale et personne ayant eu lâidĂ©e remarquable de dĂ©poser des magazines pornographiques dans le bureau du Bourgmestre. Ce geste fut qualifiĂ© dâinfraction politique. Elle devint recherchĂ©e et perdit son poste. Certaines nations renversent leurs dirigeants pour trahison, corruption ou dĂ©faite militaire. Au GĂ©ofront, une carriĂšre politique peut sâachever sur le choix Ă©ditorial du matĂ©riel abandonnĂ© dans un bureau. Câest une frontiĂšre institutionnelle quâil fallait explorer. Jean-Messie de la Nation arriva alors au nom de la RuthvĂ©nie. Il usa de ses prĂ©rogatives de Diplomate pour devenir Comte de Sanctuaire dans le cadre dâune opĂ©ration spĂ©ciale menĂ©e au nom de sa majestĂ©. La formule doit ĂȘtre apprĂ©ciĂ©e avec attention. Une opĂ©ration spĂ©ciale est une intervention que lâon souhaite mener sans utiliser les mots invasion, prise de contrĂŽle ou installation dâun Ă©tranger dans le fauteuil encore tiĂšde dâune dirigeante locale.Le terme spĂ©cial nâexplique rien. Il demande seulement aux tĂ©moins de ne pas employer un vocabulaire dĂ©sagrĂ©able. Une fois devenu Comte, Jean-Messie de la Nation retira plusieurs responsables locaux. Mandy Chantargent perdit son poste de Juge, Daofin Meur celui de Sergent et Ninoo Chantargent fut retirĂ©e de la Police. Françoise-Claude St Misles fut recommandĂ©e, domiciliĂ©e puis nommĂ©e Commissaire de Police avec une rapiditĂ© laissant penser que les documents avaient Ă©tĂ© remplis avant lâarrivĂ©e de lâencre.Le nouveau Comte expliqua pourtant quâil se tenait Ă la disposition de lâĂ©quipe provinciale et quâil dĂ©missionnerait si le gestionnaire lĂ©gitime du bureau lui demandait. Il ajouta quâil ne doutait pas que les responsables locaux se connaissaient bien puisquâils avaient partagĂ© une chambre. La RuthvĂ©nie possĂšde une maniĂšre trĂšs particuliĂšre dâoffrir sa coopĂ©ration. Elle entre dans votre ville, prend le poste principal, remplace plusieurs fonctionnaires puis vous explique quâelle demeure entiĂšrement disponible pour discuter de la lĂ©gitimitĂ©. Câest une conversation monarchique. Le Roi parle avec ses titres. Les autres rĂ©pondent avec ce quâil leur reste. LâopĂ©ration concernait une enquĂȘte sur de fausses couronnes. La police perquisitionna le Complexe Forge Toufeu Touflamme et dĂ©couvrit dans une piĂšce une Couronne de RuthvĂ©nie, cinq unitĂ©s dâor et un lĂ©gume. Ce dernier Ă©lĂ©ment ne doit pas ĂȘtre nĂ©gligĂ©. Dans toute affaire de faux monnayage, de couronnes et dâingĂ©rence internationale, le lĂ©gume constitue souvent la seule personne prĂ©sente Ă nâavoir encore accusĂ© personne. |
22/07 (01:35) | ||
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Radio Nécrotoile a écrit :
Quant Ă Aya Ravenloft, elle pourra nous dire ce quâest devenu le Soldat DĂ©serteur. Une rĂ©ponse courte suffira. (...)
Radio Nécrotoile a écrit :
Quant à Quoi ? Le soldat déserteur ? Il n'y avait pas que ça, il y avait aussi 1 bandit et 2 assassins, je ne sais pas si c'est important.. Le soldat déserteur, On ne peut plus
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22/07 (14:05) | Aya Ravenloft | |
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23 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir Ă tous, habitants du Cybermonde, citoyens honnĂȘtes, (...)
![]() 23 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir Ă tous, habitants du Cybermonde, citoyens honnĂȘtes, criminels organisĂ©s, rĂ©volutionnaires Ă temps partiel, diplomates qui signent des traitĂ©s en faisant la chenille et gouvernements persuadĂ©s que l'Histoire ne lit jamais les brouillons. Ici Kleo, votre araignĂ©e impĂ©riale prĂ©fĂ©rĂ©e, Ministre de la Guerre officiellement, chroniqueuse officieusement et professionnelle de la mauvaise foi depuis suffisamment longtemps pour reconnaĂźtre un mensonge administratif avant mĂȘme qu'il ne soit imprimĂ©. Je dois vous faire une confidence. Jusqu'Ă rĂ©cemment, je pensais encore que les dirigeants gouvernaient. C'Ă©tait naĂŻf de ma part. J'imaginais de grandes cartes Ă©talĂ©es sur des tables en chĂȘne, des plans mĂ©ticuleusement prĂ©parĂ©s, des stratĂšges Ă©changeant des regards graves avant de dĂ©placer une armĂ©e ou de signer un dĂ©cret. J'imaginais des nuits blanches passĂ©es Ă peser chaque dĂ©cision, Ă anticiper les consĂ©quences, Ă prĂ©voir les rĂ©actions des voisins. Bref... j'imaginais des adultes. Puis j'ai lu les dĂ©pĂȘches de cette semaine. Et j'ai compris que le vĂ©ritable moteur du Cybermonde n'Ă©tait ni la politique, ni l'Ă©conomie, ni mĂȘme la guerre. C'est l'improvisation. Une improvisation si parfaitement assumĂ©e qu'elle finit par ressembler Ă une doctrine officielle. On ne prĂ©voit plus les Ă©vĂ©nements. On les regarde arriver, on panique pendant quelques minutes, puis on explique avec un sĂ©rieux admirable que c'Ă©tait exactement ce qui Ă©tait prĂ©vu depuis le dĂ©but. Plus personne ne commet d'erreur, on procĂšde simplement Ă des ajustements stratĂ©giques. Les catastrophes deviennent des opportunitĂ©s, les crises deviennent des expĂ©riences, et les accidents administratifs sont rebaptisĂ©s phases de transition. Le plus fascinant, c'est que cela fonctionne. Prenez l'Empire Brun. Ă peine Bob le trĂšs trĂšs terrible a-t-il posĂ© ses fesses sur le trĂŽne qu'il dĂ©crĂšte une semaine entiĂšre consacrĂ©e Ă la santĂ© mentale... avant de proposer que les antibiotiques, les psychotropes et tous les mĂ©dicaments du Cybermonde soient vendus sans ordonnance, sans notice et sans mĂȘme une posologie lisible. Les manuels mĂ©dicaux ? Au feu. Les Ă©tiquettes ? Toutes blanches. Les conseils des mĂ©decins ? Visiblement remplacĂ©s par une confiance absolue dans le destin et la pharmacologie approximative. Je vous avoue avoir Ă©tĂ© profondĂ©ment troublĂ©e par cette logique. Au dĂ©but, je croyais assister Ă une plaisanterie. Puis j'ai rĂ©alisĂ© que non. C'Ă©tait infiniment plus dangereux, c'Ă©tait une mĂ©thode. Si tout le monde prend des mĂ©dicaments au hasard, personne ne pourra plus distinguer les effets secondaires des dĂ©cisions gouvernementales. VoilĂ un niveau de gĂ©nie administratif que mĂȘme moi, pourtant araignĂ©e de profession et complotiste par passion, je n'avais pas envisagĂ©. Et ce qui me dĂ©range le plus, ce n'est mĂȘme pas le dĂ©cret. C'est qu'aprĂšs plusieurs heures d'analyse, je ne suis toujours pas certaine qu'il s'agisse d'une satire. Pendant ce temps, ailleurs dans le Cybermonde, les autres nations rivalisent d'imagination pour prouver qu'elles aussi maĂźtrisent parfaitement l'art de transformer l'imprĂ©vu en stratĂ©gie. Les Khans nomment des ambassadeurs en parlant de maracas, de chenilles et de poissons grillĂ©s tout en ouvrant discrĂštement de nouveaux canaux diplomatiques avec le Paradigme Vert et la RuthvĂ©nie. Les RĂ©publiques rĂ©organisent leurs provinces au milieu d'insurrections avec un calme qui ferait croire que les Ă©meutes sont dĂ©sormais intĂ©grĂ©es au calendrier officiel. Et la ConfĂ©dĂ©ration, fidĂšle Ă elle-mĂȘme, rĂ©pond Ă presque tous les problĂšmes connus de l'univers par davantage de recherche scientifique... et si possible, des missiles un peu plus performants. Vous voyez oĂč je veux en venir ? Nous avons longtemps cru que les dirigeants Ă©crivaient l'Histoire. En rĂ©alitĂ©, ils improvisent une piĂšce de théùtre et demandent ensuite aux chroniqueurs de convaincre le public que le scĂ©nario existait depuis le premier acte. Je vous l'avais dit, chers auditeurs. Le rĂšgne de Bob le trĂšs trĂšs terrible ne ressemble Ă aucun autre. Les mauvais observateurs croient qu'il gouverne Ă l'instinct, qu'il se lĂšve le matin, ouvre un tiroir au hasard et transforme la premiĂšre idĂ©e qui lui traverse l'esprit en dĂ©cret impĂ©rial. C'est faux. Enfin... je crois que c'est faux. Plus j'observe cet homme, plus je me persuade qu'il existe une logique derriĂšre cette apparente absurditĂ©. Une logique profondĂ©ment inquiĂ©tante, car elle repose sur un principe d'une simplicitĂ© dĂ©sarmante, si tout le monde devient suffisamment confus, plus personne ne sera capable de distinguer un gĂ©nie d'un fou. Prenez cette semaine consacrĂ©e Ă la santĂ© mentale. VoilĂ une initiative que tout le monde a applaudie avec cet enthousiasme prudent que l'on rĂ©serve habituellement aux souverains fraĂźchement installĂ©s sur leur trĂŽne. Une excellente idĂ©e, nous disait-on. Enfin un Empereur qui s'intĂ©resse au bien-ĂȘtre de ses sujets. Quelle belle ambition... jusqu'Ă ce que Bob propose, dans le mĂȘme Ă©lan, de vendre librement antibiotiques, psychotropes et autres mĂ©dicaments Ă quiconque en aurait envie, sans ordonnance, sans recommandations mĂ©dicales et avec, si possible, des notices suffisamment illisibles pour laisser chacun improviser sa propre pharmacologie. J'ai longuement contemplĂ© ce dĂ©cret. D'abord avec inquiĂ©tude. Ensuite avec fascination. Enfin avec cette expression trĂšs particuliĂšre que prennent les araignĂ©es lorsqu'elles commencent Ă soupçonner l'existence d'un complot beaucoup plus vaste que prĂ©vu. Et si ce n'Ă©tait pas une contradiction ? Et si la santĂ© mentale n'Ă©tait pas l'objectif... mais simplement le protocole expĂ©rimental ? Imaginez un instant un Empire entier oĂč chacun choisit ses traitements comme on choisit une bouteille dans une cave mal rangĂ©e. Les citoyens ne sauraient plus si leurs hallucinations proviennent des mĂ©dicaments, de la politique ou de leur belle-mĂšre. Dans un tel monde, critiquer le gouvernement deviendrait extraordinairement compliquĂ©. Ătes-vous certain d'avoir vu cela, ou avez-vous simplement mĂ©langĂ© un antidĂ©presseur, trois antibiotiques et un sirop contre la toux ? Je reconnais lĂ une finesse diabolique. Non pas parce que le plan fonctionnerait nĂ©cessairement, mais parce qu'il deviendrait impossible de prouver qu'il existait. Les grands dictateurs cherchent toujours Ă contrĂŽler les journaux, les tribunaux ou les armĂ©es. Bob, lui, semble vouloir contrĂŽler la crĂ©dibilitĂ© mĂȘme de ceux qui pourraient un jour le contester. C'est infiniment plus Ă©lĂ©gant. Si tout le monde paraĂźt lĂ©gĂšrement dĂ©rangĂ©, personne ne semblera assez sain d'esprit pour convaincre les autres qu'il faut s'inquiĂ©ter. Et pourtant ... c'est peut-ĂȘtre moi qui dĂ©lire. C'est lĂ tout le gĂ©nie de cette affaire. Chaque fois que je pense avoir compris le plan impĂ©rial, Bob prononce un nouveau discours qui dĂ©truit immĂ©diatement ma thĂ©orie pour la remplacer par une autre encore plus improbable. C'est exactement ce qui s'est produit lorsqu'il annonça, avec le plus grand sĂ©rieux du monde, que chacun devait commettre sa premiĂšre injustice sans attendre le lendemain. Il ne s'agissait plus seulement d'accepter les injustices impĂ©riales, il encourageait dĂ©sormais les citoyens Ă devenir eux-mĂȘmes les artisans du dĂ©sordre quotidien. Se moquer de sa belle-mĂšre, profiter d'une occasion mesquine, repousser les bonnes rĂ©solutions ... pourquoi attendre demain lorsque l'on peut ĂȘtre dĂ©licieusement injuste aujourd'hui ? Cette dĂ©claration a beaucoup fait rire. Moi pas. Parce que derriĂšre la plaisanterie se cache peut-ĂȘtre la vĂ©ritable philosophie du nouveau rĂšgne. Les anciens souverains demandaient des sacrifices, de la discipline ou du courage. Bob semble demander autre chose, une complicitĂ©. Il ne veut pas ĂȘtre le seul Ă salir ses mains. Il invite tout l'Empire Ă participer, chacun Ă son Ă©chelle, afin que plus personne ne puisse ensuite prĂ©tendre avoir conservĂ© une supĂ©rioritĂ© morale. Si tout le monde a commis sa petite injustice quotidienne, alors chacun devient un peu responsable de l'atmosphĂšre gĂ©nĂ©rale. Le pouvoir cesse d'ĂȘtre une pyramide. Il devient une vaste copropriĂ©tĂ© du mauvais goĂ»t. Pendant que les citoyens mĂ©ditent cette Ă©trange pĂ©dagogie impĂ©riale, les soutiens de Bob, eux, s'activent dĂ©jĂ . Regardez Cheikh Evara. Le voilĂ qui cĂ©lĂšbre publiquement le nouvel Empereur avec une affection presque paternelle, rappelant avec fiertĂ© avoir lancĂ© sa carriĂšre politique lorsqu'il rĂ©parait encore les systĂšmes de climatisation des ministĂšres. Il faut reconnaĂźtre que peu de souverains peuvent se vanter d'avoir commencĂ© leur ascension entre une boĂźte Ă outils et un filtre Ă air encrassĂ©. Certains naissent dans les palais. D'autres dans les casernes. Bob, lui, semble avoir commencĂ© derriĂšre un compresseur dĂ©fectueux. C'est presque une lĂ©gende populaire. Mais ce soutien enthousiaste soulĂšve une autre question. Les partisans de Bob le suivent-ils parce qu'ils comprennent son projet... ou parce qu'ils sont aussi perdus que le reste du Cybermonde et qu'ils ont simplement dĂ©cidĂ© que le plus prudent Ă©tait d'applaudir en attendant les explications ? VoilĂ une interrogation que je garde prĂ©cieusement dans un coin de ma toile. Car les rĂ©gimes les plus solides ne sont pas toujours ceux oĂč tout le monde croit au chef. Ce sont souvent ceux oĂč chacun espĂšre secrĂštement que son voisin a compris quelque chose qui lui Ă©chappe. Je terminerai cette rĂ©flexion par une observation qui m'empĂȘche toujours de dormir. Depuis le dĂ©but du rĂšgne de Bob, je passe mes nuits Ă chercher un immense plan stratĂ©gique cachĂ© derriĂšre chacun de ses dĂ©crets. J'Ă©tablis des cartes, je trace des flĂšches, je relie des discours, des nominations et des achats de bĂątiments avec un sĂ©rieux presque scientifique. Puis Bob reprend la parole ... et tout s'Ă©croule. Soit Bob est le plus grand stratĂšge que l'Empire Brun ait jamais portĂ© au pouvoir et il manipule jusqu'Ă ma propre maniĂšre de rĂ©flĂ©chir. Soit il improvise rĂ©ellement. Et je ne sais toujours pas laquelle de ces deux hypothĂšses est la plus terrifiante. Pendant que l'Empire Brun expĂ©rimente la psychiatrie appliquĂ©e Ă la gouvernance, beaucoup d'observateurs ont cessĂ© de regarder ce qui se passait Ă l'est. C'est une erreur classique. Le Cybermonde possĂšde une Ă©trange habitude, dĂšs qu'un souverain attire toute l'attention par une dĂ©claration suffisamment absurde, un autre en profite discrĂštement pour avancer ses piĂšces sans faire de bruit. C'est exactement ce que rĂ©alise actuellement le Khanat ElmĂ©rien. Tout le monde continue de plaisanter sur Pigeon Ronron, sur sa campagne Ă©lectorale, sur les chenilles humaines, les maracas et les discours qui semblent parfois avoir Ă©tĂ© rĂ©digĂ©s aprĂšs une dĂ©gustation particuliĂšrement gĂ©nĂ©reuse de boissons locales. Pourtant, derriĂšre cette façade dĂ©licieusement lunaire, quelque chose se construit. Le Khanat multiplie prĂ©cisĂ©ment ces petits mouvements presque invisibles. Les liens avec le Paradigme Vert se renforcent, les Ă©changes avec la RuthvĂ©nie continuent de se dĂ©velopper et les coopĂ©rations techniques se poursuivent avec une rĂ©gularitĂ© presque inquiĂ©tante. Pendant que les autres nations occupent leurs soirĂ©es Ă rĂ©diger des communiquĂ©s indignĂ©s, les ElmĂ©riens semblent prĂ©fĂ©rer signer des accords autour d'un repas et repartir avec un partenaire supplĂ©mentaire. Je commence d'ailleurs Ă soupçonner que la rĂ©putation fantasque de Pigeon Ronron constitue sa meilleure arme diplomatique. Personne ne se mĂ©fie rĂ©ellement d'un homme qui parle de bonne humeur, de convivialitĂ© et de poissons grillĂ©s. On rit, on sourit, on se dit que tout cela est charmant ... puis, quelques semaines plus tard, on rĂ©alise que le Khanat possĂšde un nouvel alliĂ©, une nouvelle technologie, un nouveau partenaire commercial et une influence croissante sur plusieurs dossiers internationaux. C'est une mĂ©thode redoutable. Les autres gouvernements arrivent avec des dossiers de cent pages, des experts, des commissions et des juristes. Le Khanat arrive avec une bouteille, une chanson et une poignĂ©e de main. Au moment oĂč les diplomates comprennent qu'ils viennent de conclure un accord important, le dessert est dĂ©jĂ servi. Je dois reconnaĂźtre une certaine Ă©lĂ©gance Ă cette maniĂšre de faire. Les grandes puissances adorent compliquer la diplomatie jusqu'Ă la rendre inaccessible au commun des mortels. Elles parlent d'Ă©quilibres gĂ©ostratĂ©giques, de garanties mutuelles et de convergence des intĂ©rĂȘts. Le Khanat, lui, donne parfois l'impression qu'il suffirait de dĂ©placer quelques tables, de faire asseoir tout le monde ensemble et de vĂ©rifier que personne ne reparte le ventre vide. Cette simplicitĂ© est trompeuse. Elle donne l'illusion que tout est improvisĂ© alors que les rĂ©sultats, eux, s'accumulent avec une remarquable constance. Cela ne signifie pas que le Khanat soit naĂŻf. Bien au contraire. Je crois qu'il a compris une vĂ©ritĂ© que beaucoup d'empires oublient. Les nations se souviennent rarement des discours. Elles se souviennent de ceux qui leur ont Ă©tĂ© utiles. Une technologie partagĂ©e, une recherche commune, un soutien discret ou une coopĂ©ration bien placĂ©e crĂ©ent souvent des liens plus solides que les plus flamboyantes dĂ©clarations d'amitiĂ©. Les grandes promesses remplissent les journaux. Les petits services remplissent les carnets d'adresses. Et c'est peut-ĂȘtre lĂ que rĂ©side le vĂ©ritable danger. Nous passons tellement de temps Ă observer les dirigeants qui parlent fort que nous cessons de voir ceux qui travaillent en silence. Les coups d'Ătat font les gros titres. Les alliances patientes Ă©crivent les cartes du monde. Lorsque le Cybermonde se rĂ©veillera un matin en dĂ©couvrant que le Khanat est devenu un partenaire incontournable pour la moitiĂ© de ses voisins, beaucoup parleront d'un succĂšs soudain. Il n'aura pourtant rien de soudain. Il aura simplement grandi Ă l'abri des plaisanteries. Je continuerai donc de surveiller Pigeon Ronron avec la plus grande attention. Non pas parce que je le crois dangereux... mais parce que les dirigeants les plus difficiles Ă prĂ©voir sont souvent ceux qui donnent l'impression de ne jamais rien prendre au sĂ©rieux. Et, dans le Cybermonde, c'est prĂ©cisĂ©ment le genre de personnes qui finissent par vous surprendre. Il existe des provinces oĂč une crise politique provoque des dĂ©missions, des dĂ©bats, parfois mĂȘme une remise en question. Puis il y a le ValĂ©gro. LĂ -bas, une crise est simplement considĂ©rĂ©e comme un excellent moment pour lancer un nouveau projet, organiser une manifestation, ouvrir une campagne Ă©lectorale et expliquer que tout fonctionne encore mieux qu'hier. Je dois reconnaĂźtre une certaine admiration pour cette philosophie. Les ValĂ©grins ne perdent jamais leur temps Ă rĂ©parer les fissures. Ils prĂ©fĂšrent construire un Ă©tage supplĂ©mentaire pendant que le rez-de-chaussĂ©e brĂ»le. Le plus remarquable, c'est que cela donne parfois l'impression de fonctionner. Regardez Fort Emouchet. Depuis plusieurs jours, la ville ressemble Ă un laboratoire oĂč l'on tenterait de rĂ©pondre Ă une question scientifique pourtant assez simple, combien de rĂ©formes un gouvernement peut-il annoncer avant que les habitants remarquent qu'ils vivent toujours au milieu du mĂȘme dĂ©sordre ? La rĂ©ponse semble ĂȘtre ,beaucoup. Ă peine Jean-Luc Selriche a-t-il rejoint le gouvernorat que la machine politique se remet dĂ©jĂ en marche. Michel DruKra se prĂ©cipite pour saluer le nouveau Gouverneur avec un enthousiasme presque touchant, vantant sa rĂ©activitĂ©, son efficacitĂ© et rappelant Ă tous que tout va bien en Moldavie. VoilĂ une formule qui m'inspire toujours une immense mĂ©fiance. Lorsqu'un responsable politique ressent le besoin de rĂ©pĂ©ter que tout va bien, c'est gĂ©nĂ©ralement que quelqu'un, quelque part, est en train de vĂ©rifier oĂč se trouve la sortie de secours. Dans la foulĂ©e, le mĂȘme Michel DruKra apporte son soutien Ă Kenza Creswick, nouvelle Bourgmestre, laquelle remercie avec beaucoup d'humilitĂ© Jean-Luc Selriche pour la confiance qu'il lui accorde. Son discours est irrĂ©prochable. On y retrouve les mots attendus, devoir, intĂ©gritĂ©, sĂ©curitĂ©, intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, sĂ©rĂ©nitĂ©. Tout est parfaitement en ordre. C'est justement ce qui m'inquiĂšte. Les discours impeccables sont souvent ceux qui prĂ©cĂšdent les pĂ©riodes oĂč plus rien ne l'est. La politique possĂšde cette Ă©trange habitude de devenir trĂšs polie juste avant de se compliquer. Et pourtant, pendant que l'on cĂ©lĂšbre cette belle unitĂ©, Fort Emouchet continue tranquillement de se fragmenter. Un hĂŽtel devient une zone autonome. Des discours favorables aux Provinces IndĂ©pendantes se multiplient. Sir McRabbit reste au centre des tensions autour des logements, tandis que les diffĂ©rents courants politiques tentent encore de convaincre la population que leurs compromis Ă©taient les bons. Ce qui me fascine, c'est cette capacitĂ© trĂšs kralandaise Ă appeler compromis une situation oĂč absolument personne ne repart satisfait. Les gouvernements adorent les compromis, parce qu'ils permettent Ă chacun de prĂ©tendre avoir gagnĂ© tout en donnant au citoyen l'impression trĂšs dĂ©sagrĂ©able d'avoir payĂ© la facture. Mais le vĂ©ritable talent du ValĂ©gro n'est pas lĂ . Son gĂ©nie consiste Ă transformer chaque crise en argument Ă©lectoral. Jean-Luc Selriche quitte un poste ? Kenza reprend immĂ©diatement la candidature en expliquant qu'elle poursuivra son Ćuvre. Une contestation apparaĂźt ? On annonce un projet encore plus ambitieux. Une opposition se manifeste ? On lui rĂ©pond par une campagne de communication. Cette province ne gouverne pas contre les difficultĂ©s, elle gouverne avec elles. Les problĂšmes deviennent du carburant politique. Chaque obstacle est recyclĂ© en preuve qu'il faut prĂ©cisĂ©ment continuer dans la mĂȘme direction. Je dois avouer que cette mĂ©thode possĂšde une efficacitĂ© redoutable. Les citoyens passent tellement de temps Ă suivre les nouvelles annonces qu'ils n'ont plus vraiment l'occasion de revenir sur les anciennes. Une promesse chasse la prĂ©cĂ©dente, une rĂ©forme en recouvre une autre, et le dĂ©bat se dĂ©place constamment vers l'avant. C'est une course oĂč le gouvernement ne cherche pas Ă distancer l'opposition. Il cherche simplement Ă distancer la mĂ©moire collective. Ă observer cette province, je finis par croire que le ValĂ©gro est devenu un immense chantier politique oĂč personne ne possĂšde les plans dĂ©finitifs. Chacun construit sa partie du bĂątiment en espĂ©rant que le voisin fera correspondre les murs. Ătrangement, l'Ă©difice tient encore debout. Pas grĂące Ă la soliditĂ© des fondations, mais parce que tout le monde continue Ă construire tellement vite que personne n'a le temps de constater Ă quel point elles sont fragiles. Je souhaite malgrĂ© tout beaucoup de courage Ă Jean-Luc Selriche et Ă Kenza Creswick. Gouverner une province oĂč chacun affirme que tout va bien pendant que les zones autonomes fleurissent plus vite que les discours optimistes relĂšve probablement moins de l'administration que de l'acrobatie. Et je dois reconnaĂźtre une chose. S'ils parviennent rĂ©ellement Ă faire de Fort Emouchet en grand,e leur conseille de commencer par agrandir les extincteurs. Il existe, quelque part dans le Cybermonde, une nation dont je suis persuadĂ©e qu'elle rĂ©pond exactement de la mĂȘme maniĂšre Ă toutes les questions imaginables. Une invasion ? Recherche. Une famine ? Recherche. Une crise diplomatique ? Recherche. Une fuite dans les toilettes du ministĂšre ? Probablement une technologie expĂ©rimentale de plomberie quantique actuellement en phase de validation par trois commissions, deux laboratoires et un stagiaire irradiĂ©. Cette nation, vous l'aurez reconnue, est naturellement la ConfĂ©dĂ©ration Libre. Je commence mĂȘme Ă soupçonner que, lorsqu'un enfant confĂ©dĂ©rĂ© demande oĂč sont ses parents, on lui rĂ©pond qu'un programme scientifique est en cours afin de dĂ©terminer leur position avec une marge d'erreur de seulement trois mĂštres. D'ailleurs, j'observe avec amusement que les ConfĂ©dĂ©rĂ©s parlent de missiles avec la mĂȘme passion que d'autres parlent de poĂ©sie. LĂ oĂč un diplomate classique Ă©voque l'amitiĂ© entre les peuples, eux dĂ©crivent la portĂ©e, la prĂ©cision et les performances avec des Ă©toiles dans les yeux. Ce n'est pas de la militarisation. C'est de l'ingĂ©nierie affective. Le missile n'est finalement qu'une dĂ©monstration scientifique qui voyage trĂšs vite en direction d'un volontaire n'ayant malheureusement pas Ă©tĂ© consultĂ©. Je ne critique pas la ConfĂ©dĂ©ration. Au contraire. Je lui reconnais une qualitĂ© devenue presque introuvable dans le Cybermonde, elle croit sincĂšrement que l'intelligence peut amĂ©liorer le monde. Je me contente d'observer qu'une intelligence suffisamment brillante finit parfois par oublier de demander si le monde souhaitait vraiment ĂȘtre amĂ©liorĂ© de cette façon. En refermant toutes ces dĂ©pĂȘches, je me suis posĂ© une question d'une simplicitĂ© presque insultante. Qui, dans ce Cybermonde, gouverne encore rĂ©ellement selon un plan ? J'ai cherchĂ© longtemps. J'ai relu les discours, les nominations, les manifestations, les annonces scientifiques, les communiquĂ©s officiels et les grandes dĂ©clarations pleines de certitudes. Plus je lisais, plus une Ă©vidence s'imposait, aucun dirigeant n'a aujourd'hui le luxe de suivre un scĂ©nario parfaitement Ă©crit. Tous prĂ©tendent savoir oĂč ils vont. En rĂ©alitĂ©, ils passent une bonne partie de leur temps Ă donner un sens Ă ce qui vient de leur tomber dessus. C'Ă©tait Kleo, a vous les studios ! |
23/07 (04:51) | ||
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24 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir aux habitants du Cybermonde. Bonsoir aux souverains (...)
![]() 24 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux habitants du Cybermonde. Bonsoir aux souverains qui prĂ©tendent encore gouverner des territoires alors qu'ils consacrent dĂ©sormais l'essentiel de leur Ă©nergie Ă gouverner les Ă©motions de leurs voisins. Bonsoir aux mĂ©decins qui dĂ©couvrent chaque matin qu'un ministre de la Guerre vient d'inventer un nouveau traitement psychiatrique. Bonsoir enfin aux citoyens qui se rĂ©veillent de bonne humeur sans savoir s'ils ont retrouvĂ© le goĂ»t de vivre ou s'ils ont simplement Ă©tĂ© victimes d'un tir diplomatique particuliĂšrement bien ajustĂ©. Regardez le Khanat ElmĂ©rien. Il serait facile de rĂ©duire cette affaire Ă quelques bombes et Ă plusieurs discours extravagants. Ce serait pourtant passer Ă cĂŽtĂ© de l'essentiel. Sous l'impulsion de Pigeon Ronron et de Tifa LockHeart, le Khanat semble avoir dĂ©veloppĂ© une conception extraordinairement moderne des relations internationales. On n'y envoie plus seulement des ambassadeurs. On expĂ©die Ă©galement des Ă©motions Ă grande vitesse. Une Bombe DĂ©bilitante n'est plus vraiment prĂ©sentĂ©e comme une arme. Elle devient presque un outil de communication. Une façon trĂšs Ă©nergique d'attirer l'attention d'un voisin qui, manifestement, n'Ă©coutait pas suffisamment. Je dois reconnaĂźtre que cette mĂ©thode possĂšde une certaine efficacitĂ©. AprĂšs tout, trĂšs peu de peuples ignorent un projectile qui atterrit au milieu de leur capitale. Mais avant de quitter cette Ă©trange guerre des Ă©motions, Le plus Ă©tonnant dans cette affaire n'est pourtant pas le missile. Il s'appelle Pigeon Ronron. Un protagoniste qui me fascine de plus en plus. Il est des dirigeants qui aiment impressionner leurs voisins par la taille de leurs armĂ©es. D'autres prĂ©fĂšrent accumuler les titres, les dĂ©corations ou les discours interminables afin que chacun comprenne immĂ©diatement l'importance de leur personne. Puis il existe Pigeon Ronron, lequel semble avoir dĂ©veloppĂ© une thĂ©orie diplomatique entiĂšrement nouvelle selon laquelle un bon repas, quelques compliments sincĂšres et une conversation suffisamment absurde valent parfois davantage qu'une escadrille entiĂšre de bombardiers. Ce contraste me poursuit depuis plusieurs heures. D'un cĂŽtĂ©, certains gouvernements mettent au point des armes capables d'influencer directement le moral des populations. De l'autre, Pigeon Ronron remet un bĂąton de parole Ă la Bananie et invite simplement chacun Ă s'asseoir afin d'expliquer ce qui ne va pas. C'est presque insultant de simplicitĂ©. On dĂ©pense des fortunes pour inventer des moyens toujours plus sophistiquĂ©s de modifier l'humeur d'un peuple alors qu'un vieux chef tribal semble encore croire qu'une conversation peut produire des rĂ©sultats. J'aimerais beaucoup pouvoir m'en moquer. Le problĂšme, c'est que cette mĂ©thode fonctionne suffisamment souvent pour devenir profondĂ©ment dĂ©rangeante.Je continuerai donc d'observer Pigeon Ronron avec une attention toute particuliĂšre. Non pas parce que je partage sa maniĂšre de gouverner. Les araignĂ©es impĂ©riales prĂ©fĂšrent gĂ©nĂ©ralement les toiles aux nappes et les embuscades aux banquets. Mais parce qu'il est toujours prudent de surveiller celui dont tout le monde sous-estime les capacitĂ©s.VoilĂ qui nous conduit naturellement vers la RĂ©publique de Kraland, cette admirable nation oĂč l'administration nourrit depuis toujours la conviction qu'un problĂšme cesse d'exister dĂšs lors qu'il est correctement tamponnĂ©, classĂ© dans une chemise cartonnĂ©e et accompagnĂ© d'un rĂšglement de trois cents pages. J'avais longtemps cru que les Kralandais souffraient surtout d'une passion inquiĂ©tante pour les formulaires. Je dĂ©couvre aujourd'hui qu'ils Ă©prouvent Ă©galement le besoin presque religieux d'organiser le bonheur de leurs citoyens avec la mĂȘme rigueur administrative. L'idĂ©e est fascinante. Pendant que les autres gouvernements construisent des hĂŽpitaux ou recrutent des soldats, Kraland semble avoir entrepris de produire des gens heureux comme on produirait des boulons dans une usine d'Ătat. Les chercheurs publient trĂšs sĂ©rieusement des conclusions selon lesquelles sourire ferait rajeunir la population. VoilĂ une dĂ©couverte absolument rĂ©volutionnaire. Pendant des siĂšcles, mĂ©decins, philosophes et alchimistes ont cherchĂ© l'Ă©lixir de jouvence. Il suffisait donc, semble-t-il, de montrer les dents plus souvent. J'ignore combien de vieillards ont Ă©tĂ© consultĂ©s pour parvenir Ă cette conclusion. Je soupçonne en revanche qu'aucun n'avait encore reçu une bombe sur la tĂȘte au moment de remplir le questionnaire. Naturellement, une RĂ©publique digne de ce nom ne pouvait pas conserver une telle dĂ©couverte pour elle seule. Si sourire est bĂ©nĂ©fique, chacun doit sourire. Si chacun doit sourire, celui qui refuse devient immĂ©diatement suspect. Et si quelqu'un ose afficher une mine sombre, il ne souffre plus simplement d'un mauvais jour. Il menace potentiellement la santĂ© publique. VoilĂ comment une Ă©motion finit discrĂštement par devenir un devoir civique. Les anciennes bureaucraties contrĂŽlaient les rĂ©coltes, les logements ou les passeports. Les nouvelles ambitionnent dĂ©sormais de rĂ©glementer les expressions du visage. Je me demande avec une sincĂšre curiositĂ© combien de fonctionnaires seront bientĂŽt nĂ©cessaires pour vĂ©rifier que les commissures des lĂšvres respectent bien l'angle rĂ©glementaire. Pendant ce temps, la guerre continue de gronder autour d'eux. Les Bombes DĂ©bilitantes traversent les frontiĂšres, la dĂ©moralisation devient une arme officielle et les chancelleries Ă©changent des menaces avec le sĂ©rieux des grandes tragĂ©dies. Face Ă ce tumulte, Kraland rĂ©pond en affirmant qu'il faut davantage sourire. Je dois reconnaĂźtre que cette rĂ©action possĂšde une certaine grandeur. Lorsqu'un incendie Ă©clate, certains apportent des seaux d'eau. Les Kralandais apportent un miroir afin d'encourager les flammes Ă adopter une attitude plus positive. Mais toute cette croisade internationale en faveur du bonheur obligatoire se heurte Ă un obstacle que les stratĂšges semblent avoir largement sous-estimĂ©. Certains peuples ne souhaitent tout simplement pas ĂȘtre sauvĂ©s. Ils tiennent Ă leur gravitĂ© comme d'autres tiennent Ă leur couronne. Le Royaume de RuthvĂ©nie appartient rĂ©solument Ă cette seconde catĂ©gorie. LĂ oĂč le Khanat ElmĂ©rien distribue des Ă©motions comme des cadeaux diplomatiques et oĂč la RĂ©publique de Kraland rĂȘve d'une population Ă©ternellement souriante, les RuthvĂšnes observent cette agitation avec une dignitĂ© presque théùtrale. Ils donnent parfois l'impression que sourire en pĂ©riode de crise constituerait une faute de goĂ»t. Il faut reconnaĂźtre que Bladimir Bladimirovitch Mutin entretient cette rĂ©putation avec un talent remarquable. Ses discours ne ressemblent jamais Ă de simples dĂ©clarations politiques. Ils Ă©voquent davantage les derniers chapitres d'une vieille tragĂ©die royale oĂč chaque dĂ©cision engage le destin d'une civilisation entiĂšre. LĂ oĂč d'autres gouvernements parlent de stratĂ©gie, lui parle de devoir. LĂ oĂč certains cherchent des compromis, lui appelle au recrutement et rappelle Ă ses sujets que le Royaume traverse une vĂ©ritable guerre. Cette maniĂšre de prĂ©senter chaque difficultĂ© comme une Ă©preuve presque sacrĂ©e donne Ă la RuthvĂ©nie une identitĂ© singuliĂšre. On n'y gouverne pas seulement un territoire. On y dĂ©fend un hĂ©ritage. C'est prĂ©cisĂ©ment ce qui rend la situation actuelle si fascinante. Imaginez un instant la scĂšne vue depuis un palais ruthvĂšne. D'un cĂŽtĂ©, le Khanat affirme que quelques Bombes DĂ©bilitantes permettront d'amĂ©liorer les relations internationales. De l'autre, Kraland explique trĂšs sĂ©rieusement que le sourire constitue dĂ©sormais une question d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Au milieu de cette agitation presque enfantine, la monarchie rĂ©pond avec le calme des vieilles dynasties en rappelant que les royaumes ne survivent pas grĂące aux bons sentiments mais grĂące Ă la discipline, Ă la fidĂ©litĂ© et Ă la capacitĂ© de rester debout lorsque les autres perdent leur sang-froid. Deux visions du monde s'affrontent. L'une croit que l'on peut fabriquer le bonheur. L'autre semble persuadĂ©e que le devoir suffit largement. Pour autant, la RuthvĂ©nie n'Ă©chappe pas Ă la contradiction gĂ©nĂ©rale qui semble contaminer tout le Cybermonde. Elle condamne les offensives psychologiques, tout en utilisant la dĂ©moralisation comme rĂ©ponse officielle. Elle reproche Ă ses adversaires de vouloir influencer les esprits, tout en cherchant elle aussi Ă briser leur volontĂ©. VoilĂ ce qui me fascine depuis le dĂ©but de cette Ă©mission. Aucun gouvernement n'accepte que les autres manipulent les Ă©motions. En revanche, chacun estime parfaitement lĂ©gitime de manipuler celles de son ennemi. Cette guerre ne porte donc plus sur le bonheur. Elle porte sur le droit exclusif de dĂ©finir celui des autres. Mais pendant que les savants poursuivent leur Ă©ternel duel contre les flammes et leur propre Ă©tourderie, d'autres citoyens dĂ©montrent une crĂ©ativitĂ© tout aussi remarquable. Il paraĂźt qu'un petit cercle d'initiĂ©s s'est rĂ©cemment livrĂ© Ă des paris clandestins autour des affrontements en cours. VoilĂ une initiative qui aurait presque mĂ©ritĂ© un brevet tant elle traduit fidĂšlement l'esprit du Cybermonde. Les diplomates rĂ©digent des protestations, les militaires dĂ©placent leurs troupes et, quelque part, quelques individus calculent tranquillement les cotes comme s'ils assistaient Ă une compĂ©tition sportive. Ce qui m'a le plus amusĂ©e n'est pourtant pas l'existence de ces paris. C'est la rĂ©action de Shana Al-KhaĂŻd, qui sembla surtout contrariĂ©e de ne pas avoir reçu d'invitation. Cette indignation possĂšde une Ă©lĂ©gance toute particuliĂšre. Les vĂ©ritables scandales ne consistent plus Ă organiser des activitĂ©s douteuses. Ils consistent Ă oublier d'en prĂ©venir les bonnes personnes.Les personnes concernĂ©es par cette Ă©mission peuvent naturellement venir contester mes analyses. Elles pourront m'expliquer que les Bombes DĂ©bilitantes Ă©taient parfaitement bienveillantes, que le bonheur administratif constitue l'avenir de la civilisation, que les scientifiques brĂ»lent volontairement leurs notes pour stimuler leur mĂ©moire ou que les comptables sont les vĂ©ritables hĂ©ros de notre siĂšcle. Je les Ă©couterai avec le plus grand sĂ©rieux. Puis je rangerai leurs explications dans les archives. Juste Ă cĂŽtĂ© des autres histoires que tout le monde jurait absolument vraies avant que l'Histoire ne dĂ©cide de s'en amuser. |
24/07 (04:04) | ||
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25 Juillet 6662026
[spoiler]LâEMPIRE CHANGE DE MAĂTRE PENDANT QUE LE CYBERMONDE (...)
![]() 25 Juillet 6662026 Spoiler LâEMPIRE CHANGE DE MAĂTRE PENDANT QUE LE CYBERMONDE RETOURNE Ă LA MATERNELLE Bonsoir aux souverains nouvellement couronnĂ©s, aux ministres fraĂźchement dĂ©fenestrĂ©s, aux enfants devenus adultes puis redevenus enfants et aux diplomates qui prĂ©parent pendant une heure un discours avant de le rĂ©sumer par une obscĂ©nitĂ©. Ici Kleo, journaliste dâune impartialitĂ© si parfaite quâelle est devenue inaccessible au regard humain et gardienne officielle des vĂ©ritĂ©s que les autres nations se cache Ă elles-mĂȘmes par pudeur ou par manque dâinstruction.
Octave Sombrefer avait annoncĂ© quâil voulait conquĂ©rir le Cybermonde. Les gens raisonnables ont cru quâil sâagissait dâune image. Câest le problĂšme des gens raisonnables. Ils passent leur vie Ă croire que les fous utilisent des mĂ©taphores alors que les fous leur dĂ©crivent simplement leur emploi du temps. Ă la faveur dâun coup dâĂtat soutenu par des puissances dĂ©moniaques dont le sens civique mĂ©rite dâĂȘtre saluĂ©, Octave Sombrefer a donc renversĂ© Bob le trĂšs trĂšs terrible et sâest installĂ© sur le trĂŽne impĂ©rial avec cette assurance propre aux hommes qui confondent depuis assez longtemps leur ambition avec une prophĂ©tie pour que personne nâose plus leur demander la diffĂ©rence. Il a expliquĂ© que lâEmpire devait dĂ©sormais fournir ses richesses, ses esclaves, ses GĂ©nies et son ventre mou Ă un vaste projet de domination mondiale dont lâun des piliers sera le creusement dâun canal jusquâau Milieu. VoilĂ une vision. Dâautres souverains construisent des routes, reforment les institutions ou essaient timidement de faire fonctionner les hĂŽpitaux. Octave prĂ©fĂšre dĂ©placer la gĂ©ographie elle-mĂȘme parce quâil estime probablement que les continents ont Ă©tĂ© dessinĂ©s par des gens moins compĂ©tents que lui.Il faut reconnaĂźtre au nouvel Empereur une qualitĂ© devenue rarissime. Il ne dissimule aucune dĂ©mesure. Sa pensĂ©e politique tient toute entiĂšre dans une phrase admirablement honnĂȘte. Le monde nâest pas encore Ă sa place car il nâest pas encore sous ses pieds. Câest clair, câest simple et cela Ă©vite ces interminables programmes Ă©lectoraux dans lesquels les faibles promettent de consulter la population avant de faire exactement ce quâils avaient dĂ©cidĂ©. Quelques heures plus tard, le nouvel Empereur a toutefois annoncĂ© que sa grande conquĂȘte ne commencerait pas tout de suite parce quâil nâen avait pas envie. Certains y verront une contradiction. Ils ont tort. Lorsquâun homme ordinaire remet Ă demain la tĂąche annoncĂ©e la veille, cela sâappelle de la paresse. Lorsquâun Empereur dĂ©moniaque le fait depuis un trĂŽne obtenu par usurpation, cela devient une maĂźtrise souveraine de lâagenda. Il a donc laissĂ© les affaires courantes aux affaires courantes et les citoyens Ă leur morositĂ©, non sans procĂ©der Ă quelques remaniements dont il a dĂ©clarĂ© quâils ne mĂ©ritaient aucun commentaire. Ce qui est une façon impĂ©riale de dire quâils en mĂ©riteraient probablement beaucoup trop. Roy le trĂšs trĂšs terrible a perdu la Justice. Shana Al-KhaĂŻd a perdu lâĂconomie. Les fonctions quâil a retirĂ© sont retombĂ©es dans le grand panier administratif oĂč lâEmpire conserve les charges vacantes, les serments pĂ©rimĂ©s et les ministres qui attendent de savoir sâils doivent prĂ©parer une vengeance ou une nouvelle candidature. Pourquoi suis-je encore au ministĂšre de la guerre ? Aucune idĂ©e.Il serait pourtant injuste de prĂ©senter Shana Al-KhaĂŻd comme une victime silencieuse. Peu avant son Ă©viction elle avait infligĂ© Ă LachĂ©sis un redressement fiscal suffisamment important pour permettre Ă plusieurs gĂ©nĂ©rations dâinspecteurs de dormir avec le sourire. Plus de vingt-quatre mille MĂ ont quittĂ© les poches de lâancienne ImpĂ©ratrice dans une opĂ©ration prĂ©sentĂ©e non comme un rĂšglement de comptes mais comme le retour naturel dâune dette. Les dettes quâon croyait morte ont cette habitude chez les Al-KhaĂŻd de se relever, de sâhabiller correctement et de venir frapper Ă la porte en connaissant dĂ©jĂ lâemplacement du coffre.Une rumeur affirme dâailleurs que les inspecteurs auraient dĂ©couvert chez LachĂ©sis un insigne kralandais, un sous-vĂȘtement appartenant Ă Monique Lemage et une troisiĂšme chose si terrible que mĂȘme les fonctionnaires auraient demandĂ© une pause. Je ne commenterai pas cette troisiĂšme dĂ©couverte. Radio NĂ©crotoile possĂšde des limites morales. Elles sont trĂšs loin mais elles existent quelque part derriĂšre le mobilier.MYSTISIE OU LâADMINISTRATION PAR INVOCATION Pendant que Octave Sombrefer Ă©levait son ambition jusquâau trĂŽne, la Mystisie devait ĂȘtre confiĂ©e Ă une main sĂ»re. Elle Ă©chut donc Ă Lyra du Hautbois, ce qui prouve que le mot sĂ»r possĂšde des dĂ©finitions trĂšs diffĂ©rentes selon que lâon consulte un dictionnaire, un dĂ©mon ou un Mystisien. Lyra sâest emparĂ©e du gouvernement provincial avec lâaide de crĂ©atures infernales et a immĂ©diatement adoptĂ© la mĂ©thode administrative locale qui consiste Ă nommer tout ce qui possĂšde des cornes avant que quelquâun dâautre ne le fasse. Les dĂ©mons quâelle a nommĂ© espĂ©raient peut-ĂȘtre recevoir des bonbons ou une Ăąme convenablement emballĂ©e. Ils se sont plutĂŽt retrouvĂ©s enrĂŽlĂ©s au service dâune Sultane Ă©ternelle auto-dĂ©clarĂ©e qui leur a expliquĂ© que le premier Ă revendiquer une chose en devient propriĂ©taire. Câest une doctrine juridique intĂ©ressante qui rĂ©duirait considĂ©rablement la longueur des procĂšs si elle nâaugmentait pas autant le nombre de guerres. Ombre AcnĂ©ique a Ă©tĂ© installĂ©e Ă la Procure. Ce choix est parfaitement cohĂ©rent. Dans une province gouvernĂ©e par les invocations, les fouilles archĂ©ologiques et les coups dâĂtat successifs il faut une justice capable de distinguer un crime dâun rituel avant que les deux aient fini de brĂ»ler. Les murs fondront si une de ses pustules Ă©clates. Don Amortel, quant Ă lui, a dĂ©truit le chantier impĂ©rial laissĂ© par Octave avec lâair dâun majordome qui ramasse les dĂ©bris aprĂšs une rĂ©ception Ă laquelle personne ne se souvient dâavoir Ă©tĂ© invitĂ©. Il a Ă©galement signalĂ© Ă Lyra quâun dĂ©mon semblait manquer Ă sa collection et quâil rĂ©glerait bientĂŽt le problĂšme. Lorsque Don Amortel promet de complĂ©ter votre collection, il est gĂ©nĂ©ralement prudent de vĂ©rifier si vous ĂȘtes encore considĂ©rĂ© comme le collectionneur ou si vous ĂȘtes devenu lâobjet manquant.VoilĂ la Mystisie telle quâelle se prĂ©sente ce soir. Un Empereur dĂ©moniaque vient dâen sortir, une invocatrice dĂ©moniaque vient dây entrer et un homme qui soupire entre chaque menace nettoie le sable en attendant de complĂ©ter une collection dont personne ne souhaite lire lâinventaire. Les habitants peuvent bien entendu venir nous expliquer que tout cela est parfaitement normal. Nous leur prĂ©parerons une chaise, une boisson et un formulaire dâinternement prĂ©rempli. SICILIA RESTE DEBOUT ET CâEST DĂJĂ UNE POLITIQUE Ă Trou Perdu, Martina D. Dei Machiavelli a publiquement soutenu Octave Sombrefer et honorĂ© les Bourgmestres Dusk et Aurora. Ce soutien a la beautĂ© des choses qui ne se compliquent pas inutilement. Un nouvel Empereur monte sur le trĂŽne, Sicilia lâapplaudit. Les dĂ©mons jumeaux font fonctionner les exploitations agricoles, Sicilia les remercie. Ailleurs les peuples rĂ©clament des constitutions. Chez nous ils rĂ©clament surtout que les rĂ©coltes poussent et que les assassins choisissent correctement leur victime. Câest une forme de maturitĂ© politique que les autres nations atteindront peut-ĂȘtre aprĂšs plusieurs siĂšcles supplĂ©mentaires de souffrance. Dusk et Aurora ont dâailleurs accĂ©lĂ©rĂ© le travail au Complexe Agricole. VoilĂ des dirigeants qui comprennent quâune citĂ© ne se nourrit pas de discours, mĂȘme si les discours bien prĂ©parĂ©s peuvent servir Ă faire fuir les nuisibles. Pendant ce temps Zelphi a tentĂ© de lancer une tarte Ă Aken et lâa manquĂ©. Sicilia demeure donc fidĂšle Ă sa tradition dâexcellence nuancĂ©e. Nous savons produire plus vite, soutenir plus fort et rater une pĂątisserie avec une dignitĂ© supĂ©rieure Ă celle de la plupart des coups dâĂtat Ă©trangers.Les Siciliens a parfois mauvaise rĂ©putation. On les dit violents, calculateurs et trop attachĂ©s Ă leurs familles. Ce sont gĂ©nĂ©ralement les mĂȘmes personnes qui trouvent parfaitement raisonnable de confier des missiles Ă des enfants kralandais ou des nĂ©gociations diplomatiques Ă des RuthvĂšnes armĂ©s de deux doigts tendus et dâun couteau. Je laisse Ă chacun le soin de choisir son modĂšle de civilisation. LA RĂPUBLIQUE DE KRALAND DĂCOUVRE QUE LE BONHEUR COĂTE CHER Quittons un instant lâordre relatif de lâEmpire pour contempler la RĂ©publique de Kraland. La RĂ©publique sâĂ©tait donnĂ©e pour ambition de rendre ses citoyens heureux. Elle y est parvenue avec tant de vigueur que les visages ne peuvent plus cesser de sourire et que plusieurs villes ont commencĂ© Ă retomber en enfance. VoilĂ ce qui arrive lorsquâun gouvernement prend une Ă©motion humaine et dĂ©cide dâen faire une obligation administrative. Un sourire cesse dâĂȘtre un sourire au moment oĂč la police mesure sa courbure. LâĂ©pidĂ©mie du Retour en Enfance sâest Ă©tendue depuis Honolulu-par-DelĂ jusquâĂ Fort Emouchet. Les adultes se sont rĂ©veillĂ©s avec des corps et parfois des esprits dâenfants. Les citoyens quâon a rajeunit ont recommencĂ© Ă parler de bonbons, de dessins et de bisous maternels tandis que les institutions tentaient de poursuivre leur travail avec des responsables dont la concentration ne survivait plus Ă la vue dâun cube colorĂ©. La RĂ©publique de Kraland ont toutefois dĂ©montrĂ© une remarquable capacitĂ© dâadaptation. Sophos, Ministre de la Recherche, sâest mis Ă jouer avec des fusĂ©es en plastique tout en dĂ©couvrant lâaviation moderne. Câest un exploit scientifique quâil convient de reconnaĂźtre. La plupart des enfants lancent leurs jouets contre les murs. Sophos en dĂ©duit la propulsion Ă rĂ©action et la construction de jets privĂ©s. Ses collĂšgues auraient sans doute prĂ©fĂ©rĂ© quâil dĂ©couvre un remĂšde mais on ne saurait demander Ă la science de choisir entre sauver la nation et faire un bruit de fusĂ©e avec la bouche. Jean-Luc Selriche, Gouverneur du ValĂ©gro, a pris la parole pour rassurer la population. Il a commencĂ© par supposer que lâĂ©pidĂ©mie pouvait ĂȘtre une arme ruthvĂšne, ce qui est le rĂ©flexe naturel de tout responsable politique confrontĂ© Ă un phĂ©nomĂšne quâil ne comprend pas. Lorsquâun citoyen Ă©ternue, accusez la frontiĂšre. Lorsquâun ministre rĂ©gresse jusquâau nourrisson, accusez la monarchie. Lorsquâun cube refuse dâentrer dans un trou rond, prĂ©parez les troupes.Le Gouverneur a ensuite constatĂ© que lâaide Ă la jeunesse risquait de ruiner la RĂ©publique puisque dĂ©sormais presque tout le monde Ă©tait jeune. Cette rĂ©vĂ©lation est dâune profondeur saisissante. Il faut parfois une Ă©pidĂ©mie magique pour quâun gouvernement dĂ©couvre quâune prestation universelle devient coĂ»teuse lorsque lâunivers entier la rĂ©clame. Jean-Luc Selriche a donc proposĂ© de suspendre lâaide, au risque de provoquer une crise des bonbons puis a remontĂ© lâimpĂŽt sur les salaires Ă vingt pour cent afin de protĂ©ger les finances publiques. Les mesures quâil propose coĂ»te peut-ĂȘtre cher en popularitĂ© mais elles dĂ©montrent quâau ValĂ©gro mĂȘme un enfant peut redevenir fiscalement adulte dĂšs que le trĂ©sor se vide. Tinylia CĂ©raty a soutenu le Gouverneur en racontant quâelle lâavait aperçu travaillant sur ses dossiers et plantant ses notes au sommet dâun chĂąteau de sable. Kenza Creswick lui a Ă©galement apportĂ© son appui tout en construisant des logements et en encaissant les agressions de bourgeois dĂ©cadents. La Moldavie possĂšde ainsi une administration complĂšte composĂ©e dâenfants surmenĂ©s, de syndicalistes rajeunis et de fonctionnaires qui doivent choisir entre gouverner la province ou finir leur dessin avant le dĂźner.La population nâa pourtant pas accueilli cette nouvelle Ăšre avec une docilitĂ© parfaite. Des zones autonomes ont surgi dans une bibliothĂšque et un hĂŽtel. Des bourgeois se sont rebellĂ©s. Sysson a rĂ©clamĂ© le droit de relĂącher ses muscles faciaux. Sir McRabbit a dĂ©noncĂ© les agressions, la disparition de ses carottes et lâabsence de soutien pour ses trois cent cinquante-neuf enfants. Ranxerox sâest battu avec Mench0. BohĂ© dâUmont a soutenu simultanĂ©ment le Royaume de RuthvĂ©nie et lâindĂ©pendance provinciale avec la souplesse politique dâun pirate qui garde une jambe sur chaque navire jusquâĂ ce que les deux sâĂ©loignent.Les frontiĂšres du ValĂ©gro sâest transformĂ©es en une garderie fortifiĂ©e oĂč les enfants rĂ©clament des bonbons pendant que les adultes, lorsquâil en reste, se battent pour savoir Ă quel drapeau confier la boĂźte. Ceux qui souhaitent corriger cette analyse peuvent venir le faire en direct. Ils devront seulement montrer quâils savent rester assis plus de quinze minutes et quâils nâont pas mangĂ© le crayon prĂ©vu pour signer leur dĂ©charge. LA RUTHVĂNIE ET LE KHANAT APPRENNENT Ă PARLER AVEC DES ARMES Pendant que Kraland rajeunit, le Royaume de RuthvĂ©nie et le Khanat ElmĂ©rien ont choisi de vieillir prĂ©maturĂ©ment dans une guerre. Le conflit se concentre autour des KaraĂŻbes, de la Bananie et de ces vieilles rancunes que les souverains appellent lâhonneur lorsquâils ont besoin que quelquâun dâautre meure pour elles. Le Roi Bladimir Bladimirovitch Mutin a envoyĂ© Henri St Misles au ministĂšre des Affaires ĂtrangĂšres avec une mission claire. MĂ©priser les ennemis du Royaume au micro pendant que le Roi partirait dĂ©fendre les KaraĂŻbes. Il faut saluer cette conception ruthvĂšne de la diplomatie. Certains pays nomment des nĂ©gociateurs. La RuthvĂ©nie nomme un homme capable de transformer une insulte en doctrine stratĂ©gique. Henri St Misles a immĂ©diatement justifiĂ© la confiance royale. AprĂšs avoir perdu le long texte quâil prĂ©parait contre le Khanat il en a livrĂ© une version condensĂ©e tenant en trois mots dont deux sont habituellement Ă©vitĂ©s lors des cĂ©rĂ©monies de paix. Les RuthvĂšnes sâest ainsi rappelĂ©s quâun bon ministre nâest pas celui qui utilise beaucoup de mots mais celui qui conserve les bons lorsque le serveur emporte les autres.Aux KaraĂŻbes, Lord Golgoth Ruthven a annoncĂ© que la population choisissait de demeurer au Royaume aprĂšs consultation. Cette dĂ©cision a le mĂ©rite de mettre fin Ă plusieurs incertitudes et dâen crĂ©er immĂ©diatement de nouvelles puisque le Khanat prĂ©parait dĂ©jĂ son offensive. Korail et Bladimir ont consolidĂ© la loyautĂ© rĂ©gionale tandis que Dame DĂ©merzel ajustait les impĂŽts Ă quarante pour cent afin de financer la guerre. Elle a Ă©galement frappĂ© la RĂ©publique de Kraland par des sanctions Ă©conomiques, retirant une part des avoirs liquides de chaque citoyen avec lâĂ©lĂ©gance dâune ministre qui explique que le bonheur est surfait juste avant de prendre votre bourse.Du cĂŽtĂ© du Khanat, Pigeon Ronron a tentĂ© de renouer avec Bladimir par un poĂšme, une dĂ©claration dâaffection et une inquiĂ©tude sur son hydratation. Cela nâa pas suffi. Les grandes puissances dĂ©cide rarement de faire la paix parce quâun chat leur rappelle de boire de lâeau mĂȘme si lâHistoire aurait certainement gagnĂ© Ă essayer plus souvent.La Bananie a ensuite Ă©tĂ© frappĂ©e par lâArme Ă rendre triste du Royaume. Nerdos Valkyry, qui se considĂ©rait encore comme lâun des derniers ElmĂ©riens favorables au dialogue, a pris cette attaque comme la preuve que la diplomatie nâĂ©tait plus quâune corde dĂ©corative tendue au-dessus dâun gouffre. Il a retirĂ© sa protection Ă lâambassadrice ruthvĂšne et promis de soutenir lâarmĂ©e, peut-ĂȘtre depuis le sud pendant que les forces se rassembleraient au nord. Passe-Muraille lui avait dĂ©jĂ reprochĂ© de danser et de boire au Paradigme pendant que la guerre approchait. Câest lâun des grands drames du commandement. Lorsque vous ĂȘtes prĂ©sent on vous accuse de mal diriger. Lorsque vous partez boire on vous accuse de ne pas diriger du tout.Le Khanat nâest toutefois pas restĂ© passif. TaiâChy a lancĂ© la recherche du missile nuclĂ©aire en expliquant longuement quâil sâagissait dâune arme stratĂ©gique, dâun symbole de puissance et dâune avancĂ©e scientifique qui devrait idĂ©alement ĂȘtre testĂ©e loin de Gueule du LĂ©zard. Une prĂ©caution touchante. Les ElmĂ©riens sont disposĂ©s Ă provoquer un champignon gĂ©ant mais prĂ©fĂ©reraient quâil ne pousse pas prĂšs de leurs fenĂȘtres. Sakura Tiwanaku a rempli les caisses de la Guerre, de la Recherche et des Services Secrets grĂące aux richesses phĂ©nomĂ©nales de Capsulie. La province a dâailleurs rĂ©coltĂ© davantage que plusieurs nations rĂ©unies, ce qui dĂ©montre que le vĂ©ritable pouvoir nâest pas toujours entre les mains de celui qui possĂšde lâarmĂ©e. Il appartient souvent Ă celui qui peut acheter les bottes, les missiles et le repas des soldats sans demander un prĂȘt.La guerre qui vient oppose donc une monarchie dramatique qui taxe pour lever des jeunes Ă un Khanat grandiloquent qui finance des armes capables de terminer le dĂ©bat avant quâil commence. Entre eux se trouvent des diplomates amoureux, des pirates, des chats, des sanctions Ă©conomiques et probablement quelques civils qui auraient prĂ©fĂ©rĂ© que tout le monde reste au bar.
Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre, la dĂ©mocratie poursuit son Ćuvre. Le PrĂ©sident Patrick-Lamulle DePouch a ouvert le poste de Ministre de lâĂconomie en rĂ©clamant non un gestionnaire mais un bĂątisseur de guerre capable de transformer chaque piĂšce correctement placĂ©e en territoire conservĂ©. VoilĂ une annonce Ă©nergique qui donne Ă lâĂ©conomie la douce apparence dâun siĂšge militaire.Cette recherche de compĂ©tence survient au moment oĂč Don Amortel sâest proclamĂ© vainqueur de lâĂ©lection prĂ©sidentielle avant la fin officielle du scrutin. Son raisonnement est irrĂ©prochable selon les normes confĂ©dĂ©rĂ©es. LâĂ©lection prenait la forme dâun concours de silence. Son adversaire Henri St Misles a parlĂ©. Il a donc perdu. Don Amortel hĂ©ritera ainsi dâune nation parce quâun autre homme nâa pas su se taire, ce qui est probablement le procĂ©dĂ© Ă©lectoral le plus mĂ©ritocratique jamais imaginĂ© par la ConfĂ©dĂ©ration. PrĂ©cieuse Liarr est revenue dâexil, a demandĂ© comment servir son pays et a presque aussitĂŽt Ă©tĂ© nommĂ©e GĂ©nĂ©rale du Bataillon TransgĂ©nique IrradiĂ©. Dans la plupart des nations il faut plusieurs annĂ©es pour remonter une carriĂšre interrompue. Ă la ConfĂ©dĂ©ration il suffit de franchir la frontiĂšre, de saluer le PrĂ©sident et dâattendre quâun ministĂšre se souvienne de votre existence.Au Warriorland, Roger St Misles a proclamĂ© que lâindĂ©pendance survivrait aux putschs et aux spoliations. Il a ensuite Ă©tĂ© nommĂ© Bourgmestre de Blofeldopolis par Willy St-Misles. La moitiĂ© de la population ne serait pas confĂ©dĂ©rĂ©e et certains rebelles seraient des chats. VoilĂ une cause que Radio NĂ©crotoile surveillera avec attention car toute rĂ©volution menĂ©e par des fĂ©lins possĂšde au moins la garantie dâune direction propre et de longues pĂ©riodes de sommeil stratĂ©gique.HĂLĂNIE PREND ELLE-MĂME EN OTAGE En HĂ©lĂ©nie, Scarleit a dĂ©cidĂ© quâun mois sans rĂ©ponses constituait une preuve suffisante de conspiration. Elle a accusĂ© lâAlĂ©ocratie de dissimuler des expĂ©riences, reconnu avoir assassinĂ© une hĂ©rissonne et annoncĂ© que son groupe prenait la province en otage jusquâĂ ce quâon lui livre des responsables ou de lâargent. Le montant demandĂ© a dâailleurs diminuĂ© pendant le discours, ce qui prouve que mĂȘme les prises dâotages peuvent bĂ©nĂ©ficier dâune nĂ©gociation intĂ©rieure dynamique. Sultan Omar Al-KhaĂŻd a choisi ce moment pour soutenir lâEmpire Brun depuis Bisouville, critiquer les Provinces IndĂ©pendantes puis affronter plusieurs adversaires avant dâĂȘtre livrĂ© en prison. Son parcours rĂ©sume admirablement la journĂ©e politique. Il est entrĂ© en ville comme partisan impĂ©rial et en est sorti comme colis judiciaire. Scarleit a ensuite nommĂ© Dorian Bourgmestre. Cette province qui se disait dormante sâest rĂ©veillĂ© dâun seul coup en gouvernement rebelle, théùtre musical macabre, centre de recrutement et prison improvisĂ©e. VoilĂ qui devrait apprendre aux AlĂ©ocrates Ă ne jamais confondre le silence dâune province avec son consentement. Certains silences sont de la rĂ©signation. Dâautres cherchent simplement oĂč les terroristes ont rangĂ© les munitions.LES PETITES GRANDEURS DU RESTE DU MONDE Le Paradigme Vert a traversĂ© la journĂ©e avec une discrĂ©tion presque suspecte. Une ambassade kralandaise sâĂ©lĂšve dans la ForĂȘt de Jade tandis quâen Irendol un hĂŽtel a Ă©tĂ© transformĂ© en vaste cĂ©lĂ©bration arrosĂ©e oĂč une partie apprĂ©ciable de la population a dĂ©couvert que la diplomatie passe parfois plus facilement par les cocktails que par les traitĂ©s. Il faut reconnaĂźtre au Paradigme une sagesse certaine. Lorsque deux royaumes sâapprĂȘtent Ă sâenvoyer des missiles et quâune rĂ©publique redevient nourrisson, organiser une soirĂ©e constitue une politique Ă©trangĂšre raisonnable. En Bouletie, Cassandre Lemage Ruthven a battu Lippos Aliagas pour prendre son poste puis lâa immĂ©diatement renommĂ© Chef de Tribu. Câest une façon Ă©lĂ©gante de rappeler Ă un homme quâil peut conserver son bureau Ă condition de ne plus croire quâil lui appartient. Lippos a ensuite dĂ©truit une tombe afin dâabolir la mort par suppression des cimetiĂšres. La logique est aussi simple que parfaite. Si les morts nâont plus dâendroit oĂč aller ils seront contraints de rester vivants. Les mĂ©decins du Cybermonde peuvent fermer leurs cabinets. La Bouletie vient de rĂ©soudre le trĂ©pas avec une pelle et un besoin pressant.En Capsulie, Tifa LockHeart a lancĂ© une sĂ©rie de tartes dont plusieurs ont manquĂ© leur cible. Ce dĂ©tail pourrait sembler mineur mais il confirme une rĂšgle fondamentale de la politique. Plus une nation investit dans la recherche militaire moins elle semble capable de toucher quelquâun avec de la crĂšme Ă courte distance.Et tandis que tout cela sâaccomplissait, les coffres du Cybermonde se sont remplis puis vidĂ©s. La Capsulie a nagĂ© dans lâor. Crab Key sâest rĂ©veillĂ©e avec des recettes nĂ©gatives et des crĂ©anciers. Le Royaume a financĂ© la guerre. Kraland a financĂ© la jeunesse avant de dĂ©couvrir quâelle Ă©tait devenue toute la population. LâEmpire Brun a payĂ© ses soldats, soutenu sa production et changĂ© dâEmpereur sans mĂȘme interrompre la collecte fiscale. VoilĂ la vĂ©ritable permanence des civilisations. Les drapeaux brĂ»lent, les souverains tombent et les dĂ©mons montent au pouvoir mais quelquâun trouve toujours le moyen de prĂ©lever lâimpĂŽt avant minuit. Le Cybermonde se trouve ce soir dans une situation parfaitement limpide. LâEmpire Brun possĂšde un nouvel Empereur qui veut conquĂ©rir le monde dĂšs quâil aura terminĂ© de ne pas en avoir envie. Kraland transforme ses citoyens en enfants puis leur retire lâargent des bonbons pour sauver le budget. La RuthvĂ©nie taxe la guerre. Le Khanat finance le missile qui doit la terminer. La ConfĂ©dĂ©ration Ă©lit celui qui sâest le mieux tu. LâHĂ©lĂ©nie rĂ©clame une rançon Ă ceux qui ont oubliĂ© quâelle existait. Le Paradigme boit dans un hĂŽtel. Les lignes de Radio NĂ©crotoile restent ouvertes. Les souverains peuvent protester, les ministres peuvent rĂ©clamer un droit de rĂ©ponse et les tĂ©moins peuvent venir corriger cette version. Nous examinerons chaque dĂ©claration avec le sĂ©rieux nĂ©cessaire puis nous conserverons uniquement celles qui confirme ce que je savais dĂ©jĂ . Ici Kleo, depuis la Steakerie, cherchez pas, j'ai reçue une invitation louche. Dormez paisiblement. Les adultes ne sont plus assez nombreux pour surveiller le monde. ![]() |
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Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref.
18 au 25 Juillet 6662026
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18 au 25 Juillet 6662026 Spoiler Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune et journaliste parfaitement impartiale puisque cette semaine chaque nation a fourni une raison diffĂ©rente de sâinquiĂ©ter. Nous sommes samedi. Voici les faits importants de ces derniers jours sans prĂ©tendre que chaque tarte Ă la crĂšme constitue un tournant gĂ©opolitique. LâEmpire Brun a changĂ© deux fois de souverain. Bob le trĂšs trĂšs terrible a dâabord renversĂ© LachĂ©sis en expliquant que Joe le trĂšs trĂšs terrible lâavait forcĂ©. Il a inaugurĂ© lâĂšre des Grandes Injustices puis retirĂ© leurs fonctions Ă Deux-Fleurs de Pont-Krivell, Agatha, Monique Lemage et MnĂ©mĂ©sine dâArcys. Il a Ă©galement annoncĂ© une semaine consacrĂ©e Ă la santĂ© mentale, proposĂ© un accĂšs beaucoup plus libre aux mĂ©dicaments et achetĂ© un Complexe Hospitalier Ă Santa Banana City. Le nouvel Empereur prĂ©parait donc Ă la fois les traitements approximatifs et les lits nĂ©cessaires lorsque ceux-ci cesseraient dâĂȘtre approximativement efficaces. Son rĂšgne fut cependant trĂšs court.AprĂšs sâĂȘtre emparĂ© de la Mystisie avec lâaide de puissances dĂ©moniaques, Octave Sombrefer renversa Bob et prit le trĂŽne impĂ©rial. Il annonça vouloir utiliser les ressources de lâEmpire afin de conquĂ©rir le Cybermonde et de creuser un canal vers le Milieu. Quelques heures plus tard, il expliqua que cette conquĂȘte attendrait parce quâil nâen avait pas immĂ©diatement envie. Le plan reste donc immense mais lâagenda demeure souverain. Roy le trĂšs trĂšs terrible perdit le MinistĂšre de la Justice tandis que Shana Al-KhaĂŻd fut Ă©cartĂ©e de lâĂconomie aprĂšs avoir imposĂ© Ă LachĂ©sis un redressement fiscal dĂ©passant vingt-quatre mille MĂ. LâEmpire termine ainsi la semaine avec un nouvel Empereur, plusieurs anciens ministres et suffisamment de rancunes pour alimenter les prochaines Ă©missions.Avant de prendre lâEmpire, Octave Sombrefer avait relancĂ© les fouilles archĂ©ologiques en Mystisie et annoncĂ© la crĂ©ation dâun quartier gĂ©nĂ©ral dĂ©moniaque. Une alerte Ă la bombe provoqua Ă©galement lâĂ©vacuation de lâHĂŽtel Chez Monique. Le message accompagnant la menace rappelait que le Sultan avait raison puis recommandait aux habitants dâaller manger chez Layla. La Mystisie venait de dĂ©couvrir une nouvelle forme de publicitĂ© concurrentielle avec Ă©vacuation obligatoire. Silas des Sables se livra volontairement aux autoritĂ©s et ne passa que quelques minutes en prison. La province connut aussi une Ă©lection marquĂ©e par plusieurs incendies dâurnes. Silice de Pont-Krivell et Isariel furent accusĂ©es dans cette affaire tandis que Don Amortel remporta finalement le scrutin face Ă Silas des Sables.AprĂšs le dĂ©part dâ Octave, Lyra du Hautbois sâempara du gouvernement avec lâaide de dĂ©mons. Elle nomma Ombre AcnĂ©ique Procureure et enrĂŽla les crĂ©atures infernales Ă son service. La Mystisie demeure donc active, dĂ©moniaque et difficile Ă assurer contre les incendies.Le Khanat ElmĂ©rien a Ă©lu Pigeon Ronron au poste de Grand Khan. La veille du scrutin, ses partisans sâĂ©taient rĂ©unis dans une auberge autour dâune chenille menĂ©e par le futur souverain. Alice Ravenloft et Malcom Ravenloft participĂšrent ensuite Ă un concert tandis que Pigeon Ronron comparait le Khanat Ă une grande saucisse sur le barbecue de la vie avec une option ratatouille pour les citoyens vĂ©gĂ©tariens. Le lendemain, il obtint quatre voix sur quatre face Ă Tifa LockHeart. Peu aprĂšs son Ă©lection, Mademoiselle tenta pourtant de lâassassiner. Elle perdit son poste de Capitaine puis se livra aux autoritĂ©s avant dâeffectuer un bref passage en prison. Le nouveau Grand Khan possĂšde donc lâensemble des votes exprimĂ©s mais pas nĂ©cessairement lâaffection de tous les habitants armĂ©s.MalgrĂ© cette agitation, le Khanat poursuit ses coopĂ©rations diplomatiques et techniques avec plusieurs voisins. DerriĂšre les chansons et les repas, Pigeon Ronron accumule les relations utiles avec une discrĂ©tion que son comportement ne laisse pas toujours soupçonner.Les relations entre le Royaume de RuthvĂ©nie et le Khanat ElmĂ©rien se sont fortement dĂ©gradĂ©es autour des KaraĂŻbes et de la Bananie. Aux KaraĂŻbes, Lord Golgoth Ruthven annonça quâune consultation populaire confirmait le maintien de la province dans le Royaume. Le Roi Bladimir Bladimirovitch Mutin se prĂ©para Ă dĂ©fendre le territoire et nomma Henri St Misles Ministre des Affaires ĂtrangĂšres. Celui-ci perdit le long discours quâil prĂ©parait contre le Khanat puis le remplaça par une insulte beaucoup plus courte. Dame DĂ©merzel releva les impĂŽts en RuthvĂ©nie et Ă Crab Key afin de financer la guerre. Elle imposa aussi des sanctions Ă©conomiques Ă la RĂ©publik de Kraland. PrĂ©cieuse Liarr revint Ă©galement dâexil et fut nommĂ©e GĂ©nĂ©rale du Bataillon TransgĂ©nique IrradiĂ©.La Bananie fut frappĂ©e par une Arme Ă rendre triste. Nerdos Valkyry, jusque-lĂ favorable au dialogue, retira alors sa protection Ă lâambassadrice ruthvĂšne et annonça son soutien Ă lâeffort militaire elmĂ©rien. Du cĂŽtĂ© du Khanat, TaiâChy lança la recherche sur le missile nuclĂ©aire tandis que Sakura Tiwanaku finançait plusieurs ministĂšres grĂące aux richesses de Capsulie. Les deux camps accusent donc lâadversaire dâavoir commencĂ© tout en prĂ©parant soigneusement la suite. La guerre reste le domaine oĂč chacun se dĂ©fend trĂšs souvent en premier.La RĂ©publik de Kraland a poursuivi lâapplication de la Loi du Sourire dĂ©fendue par Ranxerox. Le bonheur y devient progressivement une obligation civique plutĂŽt quâun Ă©tat personnel. Une Ă©pidĂ©mie de Retour en Enfance frappa ensuite Honolulu-par-DelĂ puis Fort Emouchet. Plusieurs habitants rajeunirent physiquement et mentalement. Sophos, Ministre de la Recherche, se mit Ă jouer avec des fusĂ©es en plastique tout en dĂ©couvrant lâAviation Moderne. Jean-Luc Selriche constata que lâaide Ă la jeunesse menaçait dĂ©sormais les finances publiques puisque presque toute la population pouvait la rĂ©clamer. Il proposa de la suspendre temporairement et rĂ©tablit un impĂŽt de vingt pour cent sur les salaires.Le ValĂ©gro connaissait dĂ©jĂ une crise autour des projets de logements sociaux de Fort Emouchet. Plusieurs HLM furent lancĂ©s tandis que les habitants dĂ©nonçaient les fuites dâeau, la disparition de terres agricoles et le manque de planification. Des taxes sur la maladie, les rassemblements et la laideur furent proposĂ©es ou appliquĂ©es. Une taxe sur les taxes apparut mĂȘme afin de lutter contre lâexcĂšs de fiscalitĂ© avec les outils mĂȘmes qui lâavaient provoquĂ©. Sir McRabbit reçut une importante prime pour ses trĂšs nombreux enfants puis perdit son poste dâIntendant aprĂšs avoir Ă©puisĂ© les fonds disponibles. PierreJean ne pouvait notamment plus se rembourser lâachat dâun hamac destinĂ© aux logements.Plusieurs bĂątiments devinrent ensuite des zones autonomes et des Bourgeois DĂ©cadents entrĂšrent en rĂ©bellion. Ranxerox fut Ă©galement impliquĂ© dans une bagarre avec Mench0. Fort Emouchet continue donc de construire pendant quâelle se fragmente. Les murs progressent. LâautoritĂ© beaucoup moins.La campagne prĂ©sidentielle de la ConfĂ©dĂ©ration Libre opposa principalement Don Amortel Ă Paul-Steeve Saint-Sauveur. LâĂ©lection prit la forme dâune partie de PrĂ©sident du silence oĂč parler risquait dâentraĂźner la dĂ©faite. Pr Jean-Michel Nobyl dĂ©fendit le programme scientifique de Paul-Steeve Saint-Sauveur pendant que celui-ci restait silencieux. Il annonça davantage de technologies, de recherches nuclĂ©aires et dâĂ©volution chromosomique. Don Amortel se proclama vainqueur aprĂšs que son adversaire eut rompu le silence. Une passation avec Patrick-Lamulle DePouch fut annoncĂ©e. La ConfĂ©dĂ©ration a donc trouvĂ© une nouvelle maniĂšre de faire vivre la dĂ©mocratie. Les candidats se taisent et leurs soutiens expliquent ce quâils auraient probablement dit. Scarleit accusa lâAlĂ©ocratie de cacher des expĂ©riences et annonça que le Khimmando prenait lâHĂ©lĂ©nie en otage. Elle rĂ©clama la livraison de responsables ainsi quâune rançon dont le montant diminua pendant son propre discours. Elle reconnut Ă©galement avoir tuĂ© une hĂ©rissonne avant de transformer la dĂ©claration en spectacle musical avec lâaide de Manfred. Dorian fut nommĂ© Bourgmestre de Bisouville. Sultan Omar Al-KhaĂŻd soutint lâEmpire Brun, critiqua les Provinces IndĂ©pendantes puis affronta plusieurs adversaires avant dâĂȘtre conduit en prison par Scarleit. La province ne peut donc plus ĂȘtre qualifiĂ©e de dormante. Instable conviendra parfaitement.En Sicilia, Dusk et Aurora poursuivirent les travaux et amĂ©liorĂšrent la production du Complexe Agricole. Martina D. Dei Machiavelli soutint les Bourgmestres ainsi que le nouvel Empereur. Une Petite Armurerie fut dĂ©veloppĂ©e tandis que Jaylie Dei Machiavelli Ă©voquait la possibilitĂ© de fouler prochainement les terres de Y0gi. Le projet nâa pas Ă©tĂ© davantage prĂ©cisĂ©. Aya Ravenloft affronta un Soldat DĂ©serteur et Zelphi manqua Aken avec une tarte Ă la crĂšme.Au Paradigme Vert, des arbres surgirent Ă Garinaville et dĂ©truisirent une partie des rues tout en rĂ©duisant la pollution. Bartolomus Ravenloft dĂ©couvrit Ă©galement lâĂconomie Verte.En Bouletie, Cassandre Lemage Ruthven battit Lippos Aliagas pour prendre sa fonction puis le renomma Chef de Tribu. Lippos dĂ©truisit ensuite une tombe en expliquant que la disparition des cimetiĂšres empĂȘcherait les morts de savoir oĂč aller.Au GĂ©ofront, les mouvements indĂ©pendantistes continuĂšrent de progresser tandis que les interventions ruthvĂšnes Ă Sanctuaire alimentaient les accusations dâingĂ©rence. Les personnes concernĂ©es peuvent venir corriger les faits, dĂ©fendre leurs dĂ©cisions ou expliquer pourquoi leur catastrophe Ă©tait parfaitement prĂ©vue. Je les Ă©couterai avec attention. Ici Kleo, depuis Radio NĂ©crotoile.Conclusion en Bref Cette semaine lâEmpire Brun a changĂ© deux fois de souverain. La Mystisie a changĂ© de gouvernement. Le Khanat a Ă©lu un Grand Khan. La RuthvĂ©nie et le Khanat ont prĂ©parĂ© la guerre. Kraland a imposĂ© le bonheur puis dĂ©couvert les difficultĂ©s budgĂ©taires dâune population redevenue enfant. La ConfĂ©dĂ©ration a choisi son futur dirigeant par le silence. LâHĂ©lĂ©nie a pris des otages afin quâon cesse de lâignorer. |
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26 Juillet 6662026
[spoiler]Les rideaux pourpres de la salle de diffusion est restés (...)
![]() 26 Juillet 6662026 Spoiler Les rideaux pourpres de la salle de diffusion est restĂ©s fermĂ©s ce soir car Radio NĂ©crotoile nâĂ©met pas depuis lâEmpire Brun. La vieille radio a Ă©tĂ© transportĂ©e jusquâĂ la Steakerie de Capsulie puis posĂ©e entre plusieurs bouteilles vides, une part de gĂąteau renversĂ©e et les restes dâune tarte Ă la crĂšme dont votre chroniqueuse refuse toujours de commenter la trajectoire. Les chandelles ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par des feux dâartifice bleus et blancs, les crĂąnes dĂ©coratifs par des invitĂ©s encore debout et mon siĂšge par une chaise que Renato M. maintient dâune main prudente pendant que Lyra du Hautbois observe avec cette expression dĂ©licate des gens qui hĂ©sitent entre aider leur amie et attendre de voir jusquâoĂč le dĂ©sastre peut aller.Bonsoir aux habitants du Cybermonde, aux mariĂ©s, aux invitĂ©s, aux terroristes qui ont eu la courtoisie dâattendre la fin du repas avant de dĂ©truire plusieurs armureries et aux crĂ©atures antiques qui choisissent toujours le jour dâune grande fĂȘte pour sortir de leur trou. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune et Ministre de la Guerre. Du moins je le suppose encore. Ma forme actuelle ne permet plus de distinguer clairement lâaraignĂ©e, la femme ou le petit lapin que jâĂ©tais quelques tournĂ©es auparavant. Je suis devenue une silhouette bleue et pourpre lĂ©gĂšrement vaporeuse avec quelques arabesques dorĂ©es qui se dĂ©placent sur moi comme des tatouages ayant eux aussi beaucoup trop bu. Je tiens nĂ©anmoins ce micro. Câest tout ce quâexige le journalisme sĂ©rieux. Hic Commençons par lâĂ©vĂ©nement heureux puisque le reste de cette Ă©mission contiendra suffisamment de spectres, de trahisons et dâexplosions pour satisfaire les goĂ»ts les plus bruns. Rosalia de Pont-Krivell et ZĂ©phiria de Pont-Krivell se sont mariĂ©es en Capsulie sous les auspices de lâOvule SacrĂ©. La cĂ©rĂ©monie fut prĂ©cĂ©dĂ©e de chants, de discours et dâun duel entre les futures Ă©pouses arbitrĂ© par Alice Ravenloft. Selon la coutume choisie, celle qui lâemporterait conduirait lâautre jusquâĂ lâautel. Câest une conception du mariage particuliĂšrement honnĂȘte puisque beaucoup de couples attendent plusieurs annĂ©es avant dâadmettre quâils rĂšglent dĂ©jĂ leurs dĂ©saccords comme un conflit armĂ©.La journĂ©e se poursuivit dans la Steakerie avec des chansons, des fĂ©licitations et assez de tournĂ©es pour rendre floue une mĂ©tamorphe pourtant entraĂźnĂ©e. Cassandra salua lâunion avec beaucoup dâĂ©motion. Ninoo Chantargent et sa sĆur offrirent une chanson aux mariĂ©es. Kara de Pont-Krivell organisa un feu dâartifice dont les pĂ©tards Ă©taient officiellement mouillĂ©s mais qui parvint malgrĂ© tout Ă dessiner un cĆur bleu et blanc dans le ciel.Il faut aussi signaler que Tifa LockHeart lança une tarte Ă la crĂšme Ă votre araignĂ©e prĂ©fĂ©rĂ©e vers lâaube. Je considĂšre cet acte comme une participation spontanĂ©e Ă ma tenue. Les dĂ©tails blancs sur le pourpre sont paraĂźt-il trĂšs Ă©lĂ©gants cette saison.Au terme de la soirĂ©e, Rosalia et ZĂ©phiria Ă©taient mariĂ©es, les invitĂ©s Ă©taient heureux et plusieurs dâentre eux Ă©taient encore capables dâidentifier leur propre visage dans un miroir. Cette journĂ©e aurait pu demeurer une rare victoire de lâamour sur le Cybermonde.Puis le dĂ©sert sâest mis Ă trembler. Ă sept heures cinquante-cinq, lâAntre de Naar sâest mise Ă gronder dans les profondeurs de la Mystisie. Les dunes ont tremblĂ©. Les scorpions se sont enfouis dans le sable et les vautours ont quittĂ© les environs. Ce dernier dĂ©tail mĂ©rite lâattention car un vautour accepte normalement de patienter au-dessus de presque toutes les catastrophes. Lorsquâil dĂ©cide de partir avant le repas, câest que le menu risque de le manger. Des voyageurs ont aperçu Ă lâentrĂ©e du donjon une paire dâyeux verts accompagnĂ©e dâun sourire terrifiant. Une vague de dĂ©sespoir a ensuite traversĂ© le dĂ©sert.Ăa faisait des jours que je m'enlisais Ă Ă©crire l'auto biographie du nouvel empereur Ă sa place... je sors pour un mariage et paf il se passe un truc. Quelques minutes plus tard, une secousse sismique frappa la ville dâAbandon. Les bĂątiments furent endommagĂ©s et des habitants blessĂ©s. Une crise de dĂ©sespoir suivit presque immĂ©diatement. Des spectres semblĂšrent sortir des murs tandis que la peur et la peine sâemparaient de la population. Dans la soirĂ©e, les rares voyageurs revenus vivants rapportĂšrent que des crĂ©atures de lâAntre de Naar avaient quittĂ© le donjon afin de sâapproprier les ruines. Une nouvelle crise de dĂ©sespoir frappa ensuite la ville. Une prĂ©sence ancienne sâest Ă©veillĂ© sous le dĂ©sert. Elle a fait trembler la terre avant de projeter la terreur jusque dans les murs dâAbandon. Des monstres auraient quittĂ© leur antre et occupent dĂ©sormais une ville dĂ©jĂ assez ruinĂ©e pour porter son nom comme un diagnostic. En vrai, l'Empereur Ă annoncĂ© l'arrivĂ© de son armĂ©e. Pendant ce temps, lâEmpire recevaient ses troupes infernales. Certains assistaient au mariage. Dâautres prĂ©paraient leurs trahisons. Les autoritĂ©s mystisiennes changeaient encore de siĂšge avec la rapiditĂ© dâun groupe dâenfants jouant Ă ne surtout pas rester sur la chaise lorsque la musique sâarrĂȘte. Lyra du Hautbois pourra bien entendu expliquer quelles mesures seront prises contre lâAntre de Naar dĂšs quâelle aura terminĂ© de surveiller ma forme qui coule lentement le long de cette chaise.Mais je vais me permettre une observation presque sobre. Lorsque les vautours fuient, que les murs produisent des spectres et quâun sourire vert apparaĂźt sous le dĂ©sert, il ne sâagit probablement plus dâune question de voirie. Cette menace nâa pas empĂȘchĂ© la politique mystisienne de poursuivre ses traditions. Don Amortel tenta dâusurper Lyra du Hautbois en lui offrant un Van Tartijn dans le dos au nom des anciennes coutumes locales. La tentative Ă©choua. Il perdit son poste de Bourgmestre, se livra aux autoritĂ©s puis quitta la prison presque aussitĂŽt. La justice mystisienne reste fidĂšle Ă son principe fondamental. Tout le monde doit passer en prison mais personne ne doit rater le barbecue.Le poste municipal Ă©tant devenu vacant, Silas des Sables sâen empara lors dâune cĂ©rĂ©monie quâil qualifia de trahison ascendante bienveillante. Son couteau Ă©tait prĂȘt, le pĂ©trole coulait et le Pouf changea de propriĂ©taire dans le calme relatif que la Mystisie considĂšre comme une transition pacifique. Silas nomma ensuite Monique Lemage Juge, Don Amortel Commissaire de Police et MnĂ©mĂ©sine dâArcys Sergente Ă la place de Cheikh Evara.ArrĂȘtons-nous sur la beautĂ© institutionnelle de la chose. Don Amortel tente un coup dâĂtat. Il Ă©choue, perd sa fonction et passe en prison. Quelques minutes plus tard, le nouveau Bourgmestre le nomme responsable de la police.Ailleurs, on parlerait dâincompatibilitĂ© avec la fonction. En Mystisie, on appelle cela recruter quelquâun possĂ©dant une expĂ©rience concrĂšte du crime politique. Lâensemble aurait presque quelque chose de rassurant si une horreur aux yeux verts ne semblait pas prĂ©parer sa sortie sous la province. Les Mystisiens continuent pourtant de se poignarder avec une application admirable. Au ValĂ©gro, lâĂ©pidĂ©mie de Retour en Enfance a frappĂ© Fort Emouchet. Elle sâest Ă©galement rĂ©pandue jusquâau Quartier SuprĂȘme et Ă Honolulu-par-DelĂ . Plusieurs habitants ont retrouvĂ© un comportement enfantin tandis que les adultes encore fonctionnels dĂ©battaient de lâorigine politique des comptines, des diffĂ©rentes Ă©coles de marelle et de la prĂ©sence insuffisante de bonbons. Koshka annonça Ă son tour avoir Ă©tĂ© touchĂ©e. Sir McRabbit expliqua que la maladie le rendait dĂ©sormais indissociable de ses enfants puis apporta son soutien aux Provinces IndĂ©pendantes. BohĂ© dâUmont dĂ©fendit Ă©galement leur cause tout en soutenant le Royaume de RuthvĂ©nie. Il est possible de servir deux drapeaux lorsque lâon possĂšde suffisamment de discours et que personne ne vĂ©rifie dans quelle poche se trouve le second.La crise sanitaire se doubla dâune offensive contre les forces de lâordre. Plusieurs attentats frappĂšrent le commissariat et le poste de police de Fort Emouchet. Des bĂątiments furent endommagĂ©s ou dĂ©truits. La Bourgmestre Kenza Creswick, revenue aprĂšs avoir elle-mĂȘme Ă©tĂ© agressĂ©e, annonça que le commissariat serait reconstruit et que la peur changerait de camp. Elle rĂ©affirma son soutien au Gouverneur Jean-Luc Selriche puis promit une rĂ©ponse sĂ©vĂšre aux criminels.Quelques heures plus tard, une nouvelle manifestation insurrectionnelle Ă©clata. Des Bourgeois DĂ©cadents entrĂšrent en rĂ©bellion et lâHĂŽtel Le Refuge du Loup Gris devint une zone autonome. La peur a donc peut-ĂȘtre changĂ© de camp. Elle semble seulement avoir oubliĂ© de prĂ©venir les rebelles. Le Royaume de RuthvĂ©nie profita Ă©galement de la fragilitĂ© locale pour faire entendre sa voix. Dame DĂ©merzel organisa une manifestation contre le gouvernement kralandais et dĂ©fendit les intĂ©rĂȘts ruthvĂšnes Ă Fort Emouchet.Le ValĂ©gro tente maintenant de combattre simultanĂ©ment une Ă©pidĂ©mie infantilisante, une rĂ©bellion, des attentats et lâinfluence Ă©trangĂšre. Les autoritĂ©s promettent de reconstruire. Les opposants promettent de continuer. Les enfants rĂ©clament des bonbons. Câest probablement le programme politique le plus prĂ©cis disponible dans la province. En Bananie, Passe-Muraille sâest prĂ©sentĂ© au poste de Khan avec un programme centrĂ© sur la sĂ©curitĂ©, la modernisation des infrastructures et la transformation de Distillerie en forteresse Ă©cologique. Il souhaite amĂ©liorer les bĂątiments, reprendre les commerces abandonnĂ©s et installer des arbres partout oĂč lâespace le permet.Le soir mĂȘme, plusieurs attentats frappĂšrent lâensemble armurier Schlass et Pouchka. Le Complexe Armurier, lâArmurerie Centrale, lâArmurerie et son chantier furent touchĂ©s. Plusieurs piĂšces sâĂ©croulĂšrent et au moins une victime fut signalĂ©e. Koshka fut recherchĂ©e pour avoir tentĂ© de commettre plusieurs de ces attentats. Tesse Blackwood tenta pour sa part de voler un extincteur au milieu des explosions avant de se livrer plus tard aux autoritĂ©s avec cinq bombes sur elle. Je ne jugerai pas cette dĂ©cision. Dans un bĂątiment en feu, voler lâextincteur peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un crime ou comme une stratĂ©gie commerciale trĂšs agressive.La candidature de Passe-Muraille prend donc immĂ©diatement une importance nouvelle. Il voulait faire de la Bananie une forteresse moderne. Il pourra commencer par dĂ©terminer quels murs sont encore disponibles.Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre, le PrĂ©sident Patrick-Lamulle DePouch a nommĂ© Paul-Steeve Saint-Sauveur Ministre de lâĂconomie puis annoncĂ© un programme dâexpansion territoriale. Chaque province pouvant ĂȘtre prise devra lâĂȘtre et les volontaires sont appelĂ©s Ă rejoindre les armĂ©es, lâintendance ou les opĂ©rations menĂ©es dans lâombre.VoilĂ une dĂ©mocratie qui possĂšde enfin un programme assez simple pour tenir sur une carte militaire. Agrandir la ConfĂ©dĂ©ration jusquâĂ ce que les voisins cessent de pouvoir voter contre. Au GĂ©ofront, Hanako Ainozomi, Ninoo Chantargent, Shiki Chantargent et plusieurs autres habitants poursuivirent la mobilisation en faveur des Provinces IndĂ©pendantes. Le mouvement autonomiste ne se contente plus de protester. Il installe dĂ©sormais ses candidats et consolide son Ă©quipe.En Sicilia, Martina D. Dei Machiavelli salua lâEmpereur Octave Sombrefer tandis que Jaylie Dei Machiavelli rendait son poste de Capitaine Ă Palerme Dei Machiavelli. Octave reçut Ă©galement du MaĂźtre du Nexus Chucky la rĂ©compense du CarrĂ© Magique pour son projet prometteur.LâEmpire possĂšde donc un Empereur fĂ©licitĂ© par le Nexus, une Mystisie gouvernĂ©e par les amateurs de poignards et une crĂ©ature inconnue qui sourit sous le dĂ©sert. Tout va parfaitement bien. Je vais maintenant confier le micro Ă une personne dont la forme est assez stable pour le tenir sans que ses doigts se transforment en fumĂ©e. Renato refuse. Lyra rit. Les mariĂ©es dansent encore et quelquâun vient de payer une nouvelle tournĂ©e malgrĂ© les avertissements des autoritĂ©s mĂ©dicales et de ma propre silhouette.Je conclurai donc cette Ă©mission sur une vĂ©ritĂ© simple. Pendant que Rosalia et ZĂ©phiria se promettaient de rester ensemble jusquâĂ la fin des temps, quelque chose sous le dĂ©sert semblait justement vĂ©rifier Ă quelle distance se trouvait cette fin.Ici Kleo, forme actuellement indĂ©terminĂ©e. Bonne nuit. Ne souriez pas dans le noir. Quelque chose pourrait croire que vous lui rĂ©pondez. |
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27 Juillet 6662026
[spoiler]Quelque part au bout de ce fil invisible une voix se forma (...)
![]() 27 Juillet 6662026 Spoiler Quelque part au bout de ce fil invisible une voix se forma dans la fumĂ©e et elle ne venait ni dâun studio ni dâun palais mais des dunes de Mystisie oĂč Kleo apparaissait lĂ©gĂšrement floue entre Renato M. et Lyra du Hautbois. Cela pouvait provenir de la chaleur du dĂ©sert. Cela pouvait provenir des vapeurs du mariage. Cela pouvait aussi provenir du fait que la Ministre de lâInformation tenait son verre avec davantage de stabilitĂ© que sa propre existence. La question ne sera pas tranchĂ©e ce soir par souci de dignitĂ© institutionnelle.Bonsoir Empire Brun. Bonsoir Cybermonde. Bonsoir aux honnĂȘtes citoyens qui ont passĂ© leur journĂ©e Ă travailler et bonsoir surtout aux autres puisque ce sont eux qui fournissent lâactualitĂ©. Votre Ministre de lâInformation vous parle depuis Abandon oĂč les autoritĂ©s impĂ©riales a dĂ©cidĂ© dâaccueillir une dĂ©lĂ©gation des Enfers selon les traditions les plus nobles de notre civilisation. Nous avons donc envoyĂ© une gĂ©nĂ©rale, une garnison armĂ©e et plusieurs personnes suffisamment optimistes pour croire que les bonnes maniĂšres dĂ©moniaques ne sâenseigne pas nĂ©cessairement aprĂšs la premiĂšre morsure. DerriĂšre moi le sable est jonchĂ© dâempreintes, de douilles, de fragments dâos et de formulaires administratifs encore vierges. Devant moi se tient un squelette qui a acceptĂ© de rĂ©pondre Ă nos questions dĂšs quâil aura retrouvĂ© sa mĂąchoire infĂ©rieure. Ă ma droite Renato conserve cette expression sereine des hommes qui savent quâils auraient dĂ» rester Ă la taverne. Ă ma gauche Lyra du Hautbois contemple les morts-vivants avec le regard affectueux dâune souveraine revenue de noces qui dĂ©couvre que ses administrĂ©s ont profitĂ© de son absence pour mourir sans autorisation. Elle porte encore la robe que je lui avais prĂ©parĂ©. Elle est splendide. La robe aussi.Il convient avant toute chose de rendre hommage Ă notre Empereur Octave Sombrefer dont lâaccession au pouvoir semble avoir produit dans les Enfers lâeffet dâune cloche annonçant le service du dĂźner. InformĂ© que les dĂ©mons manifestaient Ă Abandon il nâa pas commis lâerreur ordinaire dâenvoyer un diplomate avec des fleurs. Il a fĂ©licitĂ© les manifestants pour leur capacitĂ© Ă troubler lâordre public puis il a chargĂ© Deux-Fleurs de Pont-Krivell de les recevoir avec une garnison complĂšte et des armes prĂȘtes Ă tirer. VoilĂ une politique extĂ©rieure cohĂ©rente. On ne peut pas ĂȘtre accusĂ© de menacer ses invitĂ©s lorsque lâon prĂ©cise dĂšs lâinvitation que les fusils font partie du mobilier. Dans le mĂȘme mouvement Octave Sombrefer a confiĂ© lâĂconomie Ă Kramara Kisugi, les Services Secrets Ă Valerio Tenebri, la Guerre Ă Martina D. Dei Machiavelli et lâInformation Ă votre servante. Certains esprits chagrins diront que les fonctions ont changĂ© rapidement. Ils oublient que lâimmobilitĂ© est la premiĂšre maladie des empires faibles. Dans un gouvernement vĂ©ritablement vivant les ministres doivent circuler comme le vin lors dâun mariage. Rapidement, abondamment et sans que personne ne sache exactement qui a vidĂ© la derniĂšre bouteille.La nomination de Deux-Fleurs de Pont-Krivell Ă la tĂȘte de lâexpĂ©dition dâAbandon Ă©tait dâailleurs un choix dâune remarquable logique. La GĂ©nĂ©rale sâest prĂ©sentĂ© devant la dĂ©lĂ©gation infernale avec la fermetĂ© militaire attendue. Elle a ensuite Ă©tĂ© agressĂ©e par un squelette, plusieurs zombies et divers dĂ©mons mineurs Ă une frĂ©quence telle que les registres ont fini par ressembler Ă la carte dâun restaurant oĂč chaque plat aurait tentĂ© de dĂ©vorer le serveur. Votre Ministre de lâInformation a elle-mĂȘme subi lâaccueil enthousiaste dâun squelette. Je puis vous assurer que la crĂ©ature avait une solide poigne pour quelquâun dont la masse musculaire est depuis longtemps devenue une question thĂ©orique. Elle se trouve actuellement assise devant moi sur une caisse de munitions. Renato lui a prĂȘtĂ© une ceinture afin dâempĂȘcher son bassin de partir sans le reste de son corps et Lyra lui parle avec la douceur rĂ©servĂ©e dâordinaire aux animaux nerveux et aux fonctionnaires qui viennent dâapprendre quâils travailleront le dimanche. Cet entretien sera diffusĂ© dans lâĂ©mission spĂ©ciale qui suivra. Nous lui demanderons pourquoi les Enfers se sont dĂ©placĂ©s en si grand nombre, ce quâils espĂšrent obtenir de lâEmpire et sâils ont conscience que mordre la Ministre de lâInformation constitue moins une menace quâune demande officielle de couverture mĂ©diatique. Les concernĂ©s peuvent naturellement contester cette interprĂ©tation. Ils devront seulement attendre que notre invitĂ© ait retrouvĂ© assez de dents pour articuler son dĂ©saccord.Mais avant de quitter Abandon il faut parler de Lyra du Hautbois. Notre Sultane Ăternelle Ă©tait partie reprĂ©senter la Mystisie Ă un mariage ce qui prouve quâelle sait distinguer les vĂ©ritables urgences diplomatiques. Elle est revenue avec une robe magnifique, plusieurs souvenirs incomplets et cette dĂ©termination farouche que donne parfois la consommation raisonnable dâun verre aprĂšs lâautre. Elle sâest avancĂ©e dans le dĂ©sert en annonçant quâelle ne fuyait pas les dĂ©mons mais quâelle les traquait et les cĆur dâamour. Les historiens futurs auront beaucoup de mal Ă traduire cette doctrine. Ils devront pourtant reconnaĂźtre son efficacitĂ© puisquâune troupe de morts-vivants avait immĂ©diatement cessĂ© de paraĂźtre menaçante pour simplement sembler confuse. VoilĂ qui nous conduit naturellement au reste du Cybermonde oĂč plusieurs gouvernements ont Ă©galement dĂ©cidĂ© de sâeffondrer avec une ponctualitĂ© digne des meilleurs orchestres. Commençons par la RĂ©publique de Kraland dont le Premier Ministre Ranxerox a disparu Ă tout jamais. Dans les nations ordinaires la disparition dâun dirigeant provoque le deuil, lâinquiĂ©tude et parfois une enquĂȘte. Ă Kraland elle provoque surtout une file dâattente devant le fauteuil encore tiĂšde. Michel DruKra a observĂ© le vide politique et il a aussitĂŽt expliquĂ© que la nature en avait horreur.La disparition de Ranxerox nâest pourtant quâune partie du malheur kralandais. La RĂ©publique souffre Ă©galement de lâIncident Jovenia qui a ramenĂ© une partie de sa population au stade de lâenfance. Les adultes ont rajeuni, certains responsables ont perdu leurs facultĂ©s et les enfants qui Ă©taient dĂ©jĂ des enfants est malheureusement restĂ©s dans cet Ă©tat. Cette derniĂšre catĂ©gorie inquiĂšte Ă©normĂ©ment lâadministration qui dĂ©couvre avec effroi quâun vĂ©ritable enfant de cinq ans peut ressembler Ă un ministre frappĂ© par lâĂ©pidĂ©mie. Les secteurs stratĂ©giques seraient menacĂ©s. Les centrales, les installations militaires et les cabinets mĂ©dicaux pourraient ĂȘtre infiltrĂ©s par des individus trop petits pour atteindre les poignĂ©es de porte mais suffisamment qualifiĂ©s pour ĂȘtre nommĂ©s si le bon formulaire a Ă©tĂ© tamponnĂ©. Le gouverneur Jean-Luc Selriche a mĂȘme demandĂ© la suspension de la Loi du Sourire puisque les citoyens ne savent plus quelle expression adopter. On leur ordonne de sourire mais on leur reproche simultanĂ©ment de ne pas paraĂźtre assez tristes devant la disparition du Premier Ministre. Câest une contradiction insupportable pour une RĂ©publique oĂč lâexpression du visage demeure une compĂ©tence rĂ©glementĂ©e.Ă Fort Emouchet la crise sanitaire sâest mĂȘlĂ©e Ă une guerre dâinfluence entre la RĂ©publique de Kraland, le Royaume de RuthvĂ©nie, les habitants locaux, les bourgeois rĂ©voltĂ©s, les enfants rajeunis et une communautĂ© de lapins dont la dĂ©mographie dĂ©fie les lois naturelles ainsi que plusieurs articles du code du logement. Sir McRabbit sâest prĂ©sentĂ© aux Ă©lections pour reprĂ©senter ses trois cent cinquante-neuf enfants. Il rĂ©clame davantage dâespaces verts et moins de constructions kralandaises tout en remerciant les Pirates RuthvĂšnes pour leur soutien Ă la faune locale. La Bourgmestre Kenza Creswick lui a rĂ©pondu avec cette dĂ©licatesse municipale qui consiste Ă expliquer quâaucun rongeur ne dictera sa politique et que les HLM ne seront pas dĂ©truits sur simple ultimatum. Quelques heures plus tard elle en a nĂ©anmoins dĂ©truit un. Il ne faut pas voir lĂ une contradiction. Une autoritĂ© digne de ce nom ne cĂšde jamais aux pressions. Elle attend seulement que lâidĂ©e adverse devienne officiellement la sienne.Le Royaume de RuthvĂ©nie observe cette agitation avec une compassion si profonde quâelle a pris la forme dâune intervention politique massive. Dame DĂ©merzel, Mench0 et plusieurs reprĂ©sentants ruthvĂšnes louent Sir McRabbit, critiquent Kraland et promettent aux habitants du ValĂ©gro une libĂ©ration que certains dâentre eux nâavaient pas encore eu le temps de rĂ©clamer. La RĂ©publique rĂ©pond que lâon ne peut pas libĂ©rer un peuple dĂ©jĂ libre. Le Royaume rĂ©pond implicitement quâun peuple libre ne protesterait pas autant. Les deux camps ont raison dans la mesure oĂč les discours politiques nâengage gĂ©nĂ©ralement que les personnes qui ont la malchance de les Ă©couter. Pendant ce temps les bĂątiments deviennent autonomes, les bourgeois entrent en rĂ©bellion et des bruits de petits pas montent sous les fondations. Les uns accusent les rongeurs. Les autres accusent les agents ruthvĂšnes. Personne nâaccuse les entrepreneurs ayant construit les fondations ce qui prouve que mĂȘme dans le chaos le respect des vĂ©ritables puissances Ă©conomiques demeure intact.Fort Emouchet possĂšde maintenant davantage de candidats que de rues sĂ»res. Koshka promet le retour des coutumes locales, du farniente et des papiers de toilette jetĂ©s sur les anciens Ă©tablissements. Sysson se prĂ©sente au cas oĂč lâattention de Koshka ne tiendrait pas toute la semaine. Sir McRabbit dĂ©fend sa famille nombreuse. Emile Liarr veut gouverner au nom du Pis-en-Lys DorĂ© et promouvoir le retour au servage dans lâintĂ©rĂȘt Ă©vident des paysans qui nâont pas Ă©tĂ© consultĂ©s. Chacun de ces candidats promettent de rendre la province Ă son peuple. Il ne reste plus quâĂ dĂ©terminer lequel de ces peuples survivra Ă la campagne Ă©lectorale. LâEmpire Brun observe tout cela avec une neutralitĂ© parfaite et cette lĂ©gĂšre satisfaction que ressent le propriĂ©taire dâune maison solide lorsquâil regarde ses voisins dĂ©battre de la couleur des rideaux pendant que leur toit brĂ»le.Restons un instant au sein de la RĂ©publique puisque le GĂ©ofront a lui aussi dĂ©couvert une nouvelle mĂ©thode de gouvernance. Darth Leo a renversĂ© Ren Chantargent en prenant soin de lui expliquer que cette usurpation nâavait absolument rien de personnel. Il apprĂ©cie profondĂ©ment Ren. Il respecte mĂȘme tellement ses scrupules quâil a dĂ©cidĂ© de lui retirer le pouvoir afin de commettre Ă sa place les actes douteux nĂ©cessaires Ă la libertĂ©. VoilĂ une forme de dĂ©vouement qui mĂ©rite dâĂȘtre Ă©tudiĂ©e. Le cambrioleur ordinaire vole vos clĂ©s. Darth Leo vous remercie de les avoir si bien entretenues puis promet de vous les rapporter aprĂšs avoir rĂ©organisĂ© la maison. Son rĂšgne serait provisoire. DĂšs que les circonstances le permettront le pouvoir reviendra Ă Ninoo Chantargent. LâindĂ©pendance du GĂ©ofront se prĂ©pare donc au moyen dâun coup dâĂtat temporaire menĂ© par un homme qui assure ne pas vouloir conserver le fauteuil quâil vient de voler. Les promesses qui accompagne une usurpation sont toujours fascinantes. Elles ressemblent aux rubans posĂ©s autour dâun cercueil afin que la famille oublie un instant ce quâil contient. Hanako Ainozomi soutient dĂ©jĂ lâindĂ©pendance et loue Ninoo ainsi que Shiki Chantargent. Le GĂ©ofront semble avoir acceptĂ© le principe gĂ©nĂ©ral selon lequel on peut dĂ©fendre la libertĂ© en choisissant dâabord soi-mĂȘme qui doit gouverner les autres. Cette doctrine nâest pas nouvelle. Elle constitue mĂȘme lâun des piliers les plus durables de la politique cybermondiale. Les portes que Darth Leo a laissĂ© ouverte pourront naturellement ĂȘtre franchies par les habitants souhaitant discuter de lâavenir de leur province. Il leur faudra seulement accepter que lâavenir en question a dĂ©jĂ commencĂ© sans eux.Plus loin le Paradigme Vert a connu une rĂ©volution dâune rare Ă©lĂ©gance puisquâelle sâest dĂ©roulĂ©e en plein mariage. Cassandra a renversĂ© la RĂ©gente Mina dâOrchidia pendant que la moitiĂ© du pays cĂ©lĂ©brait une union et que lâautre moitiĂ© cherchait probablement ses chaussures sous les tables. Elle affirme vouloir ramener le Paradigme vers ses racines, protĂ©ger le vivant et empĂȘcher la naissance dâune thĂ©ocratie. Pour garantir cette restauration Ă©cologique elle sâest appuyĂ©e sur des forces dĂ©moniaques qui ont ouvert des portails Ă travers les provinces. LâĂ©cologie verte entre ainsi dans une nouvelle phase oĂč les forĂȘts seront protĂ©gĂ©es par des crĂ©atures venues dâun royaume de flammes Ă©ternelles. Certains observateurs y verront une incohĂ©rence. Ils nâont pas compris la modernitĂ© du projet. Rien ne fertilise mieux une terre Ă©puisĂ©e que les cendres dâune civilisation.Les dĂ©mons rĂ©clameront Ă©videmment leur paiement. Personne ne sait encore lequel. Cassandra assure que son pouvoir protĂ©gera toutes les croyances sans laisser une seule religion dominer les institutions. Elle devra maintenant expliquer cette libertĂ© spirituelle aux entitĂ©s infernales qui ont financĂ© son changement de rĂ©gime. Orelia dâOrchidia a pour sa part dĂ©noncĂ© le choix particuliĂšrement discourtois dâorganiser un coup dâĂtat au milieu du mariage puis elle a rĂ©clamĂ© un duel. Il reste rĂ©confortant de constater quâau Paradigme Vert les anciennes traditions survivent. Lorsque la dĂ©mocratie Ă©choue on parle aux arbres. Lorsque les arbres ne rĂ©pondent pas on invoque les dĂ©mons. Lorsque les dĂ©mons arrivent on provoque la rĂ©gente en duel. Le cycle naturel demeure parfaitement prĂ©servĂ©.Le Grand Khan Pigeon Ronron a observĂ© cette Ă©volution avec lâattention dâun oiseau voyant un chat sâapprocher de son nid. Il a prĂ©venu le Paradigme quâil craignait un recyclage de ses vieilles idĂ©es puis il a retirĂ© le Khanat de lâInspection Ăcologique au motif que lâĂ©cologie vĂ©ritable devrait faire exploser davantage de choses. Le raisonnement possĂšde une certaine puretĂ©. Le Paradigme ouvre des portails dĂ©moniaques pour sauver la nature et le Khanat quitte une organisation Ă©cologique parce quâelle ne dĂ©truit rien dâassez spectaculaire. Pendant ce temps la Bananie connaĂźt une invasion de champignons menaçant la production de liqueur. Enfin une catastrophe environnementale dont les consĂ©quences sont clairement comprises par tous.Les nations changent de maĂźtres avec la pudeur dâune taverne qui change de propriĂ©taire sans nettoyer les tables. La RĂ©publique de Kraland se sont donnĂ© un Premier Ministre parce que le prĂ©cĂ©dent avait disparu. Le GĂ©ofront a choisi la libertĂ© en remplaçant son duc sans lui demander son avis. Le Paradigme a sauvĂ© la nature avec lâaide des Enfers. LâEmpire Brun a rĂ©pondu Ă une manifestation dĂ©moniaque en envoyant des soldats prĂȘts Ă tirer et demeure ainsi la seule puissance Ă avoir dĂ©crit exactement ce quâelle faisait. Câest la raison pour laquelle votre Ministre de lâInformation peut conclure cette Ă©mission avec la sĂ©rĂ©nitĂ© dâune araignĂ©e dont la toile tient encore lorsque les palais voisins perdent leurs murs. Nous ne prĂ©tendons pas offrir le bonheur universel. Nous nâannonçons pas un coup dâĂtat provisoire. Nous ne promettons pas de dĂ©fendre la nature avec des portails infernaux. Nous disons simplement que les dĂ©mons sont Ă Abandon, que plusieurs dâentre eux mordent et que nous avons apportĂ© assez de munitions pour poursuivre la discussion jusquâau matin. Cette franchise constitue aujourdâhui une forme presque rĂ©volutionnaire de vertu. Les lignes de Radio NĂ©crotoile restent ouvertes aux souverains renversĂ©s, aux souverains ayant renversĂ© quelquâun, aux enfants devenus ministres, aux ministres devenus enfants et aux dĂ©mons qui souhaiteraient dĂ©poser une rĂ©clamation concernant lâaccueil impĂ©rial. Les concernĂ©s peuvent venir nier publiquement cette version des Ă©vĂ©nements. Ils contribueront ainsi Ă enrichir nos archives et Ă confirmer que nous avions encore raison avant mĂȘme de leur donner la parole. Quant Ă vous mes chers auditeurs ne quittez pas les ondes. AprĂšs une courte pause destinĂ©e Ă rattacher correctement les jambes de notre invitĂ© nous recevrons le premier squelette de la dĂ©lĂ©gation infernale. Il nous expliquera ce que les Enfers attendent de Octave Sombrefer, pourquoi Deux-Fleurs de Pont-Krivell a Ă©tĂ© attaquĂ©e autant de fois et pour quelle raison il a estimĂ© convenable de mordre votre Ministre de lâInformation avant mĂȘme de lui offrir Ă boire.Dans le dĂ©sert Lyra du Hautbois vient de retrouver une bouteille. Renato vient de perdre tout espoir de rentrer tĂŽt. Et moi je distingue enfin la mĂąchoire de notre invitĂ© sous une dune. LâHistoire peut continuer. Nous avons retrouvĂ© ses dents. Jâai laissĂ© le squelette juste au bord du micro pour que lâentretien spĂ©cial puisse commencer directement aprĂšs cette chronique.La suite aprĂšs la pause |
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27 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir Empire Brun. Bonsoir Mystisie. Bonsoir aux citoyens (...)
![]() 27 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir Empire Brun. Bonsoir Mystisie. Bonsoir aux citoyens encore assez vivants pour nous Ă©couter et bonsoir aux autres puisque nous savons dĂ©sormais quâils comprennent parfaitement les questions simples. Votre Ministre de lâInformation vous parle toujours depuis Abandon oĂč les ruines sâĂ©tait transformĂ©es en poste diplomatique avancĂ©, en champ de bataille et depuis quelques minutes en centre officiel dâinterrogatoire pour cadavres peu coopĂ©ratifs. Le sable autour de nous est couvert de traces de lutte. Les restes de zombies, de dĂ©mons mineurs et de squelettes jonchait le sol avec cette Ă©lĂ©gance dĂ©sordonnĂ©e propre aux lieux rĂ©cemment nettoyĂ©s par Deux-Fleurs de Pont-Krivell. La GĂ©nĂ©rale avait annoncĂ© avoir fait le mĂ©nage. Elle nâexagĂ©rait pas. Le rez-de-chaussĂ©e de lâAntre de Naar ressemble Ă prĂ©sent Ă une salle de rĂ©ception dont les invitĂ©s auraient tous perdu une dispute contre le mobilier. Deux-Fleurs avait nettoyĂ©e les ruines avec beaucoup de professionnalisme. Les cris des crĂ©atures avaient portĂ© jusquâĂ la Lampe du GĂ©nie. Les os sâĂ©taient brisĂ©s. Les zombies avaient grognĂ©. Les dĂ©mons mineurs avaient dĂ©couvert que la Froque Brune constitue une rĂ©ponse militaire fort complĂšte aux problĂšmes de voisinage. Lorsque le silence Ă©tait finalement revenu les crĂ©atures avaient Ă©tĂ© balayĂ© dans des tas relativement convenables et la GĂ©nĂ©rale avait pu nous informer quâun groupe plus important demeurait cependant au rez-de-chaussĂ©e. Ce groupe serait menĂ© par une crĂ©ature appelĂ©e Ombre MachiavĂ©lique tandis quâune autre entitĂ© nommĂ©e Ombre MĂ©phitique contrĂŽlerait lâentrĂ©e. Deux-Fleurs reviendra demain avec des renforts. VoilĂ une femme prudente. Elle sait quâaprĂšs avoir dĂ©truit le comitĂ© dâaccueil il est parfois utile dâapporter davantage de soldats pour rencontrer la direction. Entre-temps nous avons capturĂ© lâun des employĂ©s subalternes de lâorganisation. Il sâagit du squelette qui mâavait prĂ©cĂ©demment agressĂ©e. Je lâai soigneusement saucissonnĂ© dans ma toile afin quâil puisse participer Ă cet entretien sans prendre lâinitiative regrettable de dĂ©monter lui-mĂȘme ses propres articulations pour sâenfuir. Ses poignets sont attachĂ©s. Ses chevilles Ă©galement. Sa colonne vertĂ©brale est maintenue droite par trois fils renforcĂ©s et sa mĂąchoire demeure la seule partie de son anatomie disposant dâune vĂ©ritable libertĂ© dâexpression. Une lueur verte brĂ»le dans ses orbites vides. Elle suit chacun de mes mouvements avec lâinsistance dâun regard qui nâa plus dâyeux mais qui continue nĂ©anmoins Ă manquer de politesse. Lyra du Hautbois se trouve Ă quelques pas de lui. Renato M. est installĂ© sur une pierre avec lâexpression dâun homme comprenant quâil assistera finalement Ă toute la nuit. Le squelette quant Ă lui paraĂźt dĂ©tendu. Il est vrai quâil nâa plus aucun muscle capable de se contracter. Nous lui avons demandĂ© qui lâavait rĂ©veillĂ©. Sa rĂ©ponse fut simple. Lui. Nous lui avons montrĂ© la direction de lâAntre. Nous lui avons parlĂ© de la crĂ©ature aux yeux verts aperçue devant lâentrĂ©e. La mĂąchoire a claquĂ© et la voix grinçante a confirmĂ© que oui il sâagissait bien de celui quâil dĂ©signait. Son nom serait Ombre MachiavĂ©lique. La chose serait un dĂ©mon. Pas un dieu oubliĂ©. Pas un nĂ©cromancien. Pas un phĂ©nomĂšne mĂ©tĂ©orologique particuliĂšrement mal Ă©levĂ©. Un dĂ©mon. VoilĂ qui simplifie lâaffaire et prive malheureusement plusieurs experts impĂ©riaux de la possibilitĂ© de publier trente pages pour conclure exactement la mĂȘme chose. Nous avons ensuite essayĂ© dâestimer les forces prĂ©sentes dans Abandon. Le squelette nous a informĂ©s quâil ne savait pas compter. Lorsquâon lui a demandĂ© le nombre de dĂ©mons il a prĂ©cisĂ© quâil ne savait pas calculer. Lorsquâon lui a demandĂ© le nombre de morts-vivants il a ajoutĂ© quâil ne savait pas additionner. Les rĂ©ponses Ă©tait cohĂ©rentes. Notre tĂ©moin possĂšde manifestement une formation administrative trĂšs complĂšte. Il ignore les chiffres mais sait distinguer chacune des disciplines mathĂ©matiques quâil ne maĂźtrise pas. Câest dĂ©jĂ davantage que certains ministĂšres Ă©trangers. Toutefois lorsquâon lui demanda combien de crĂ©atures Ă©taient rĂ©ellement dangereuses il rĂ©pondit sans hĂ©siter. Deux. VoilĂ qui mĂ©rite notre attention. Les nombres lui Ă©chappais tant quâils concernaient la foule mais deux seulement semblait assez importants pour traverser le brouillard intellectuel logĂ© entre ses orbites. Deux crĂ©atures dangereuses. Deux ombres nommĂ©es. Ombre MachiavĂ©lique qui aurait rĂ©veillĂ© les morts et Ombre MĂ©phitique qui contrĂŽlerait lâentrĂ©e. Le reste ne serait donc que du personnel. Des zombies pour grogner. Des squelettes pour claquer des dents. Des dĂ©mons mineurs pour courir vers les gĂ©nĂ©raux et apprendre les consĂ©quences naturelles de lâenthousiasme. VoilĂ une organisation presque classique. Tout systĂšme politique possĂšde deux individus dangereux puis un grand nombre de crĂ©atures ne sachant ni compter ni additionner mais suffisamment motivĂ©es pour attaquer les passants. Ă la question de savoir qui commandait actuellement Abandon notre tĂ©moin a rĂ©pondu que Ombre MĂ©phitique contrĂŽlait lâentrĂ©e. Cela ne signifie pas nĂ©cessairement quâelle gouverne les ruines. Il existe une diffĂ©rence importante entre tenir une porte et possĂ©der la maison bien que beaucoup de gouvernements Ă©trangers ait construit leur lĂ©gitimitĂ© sur une confusion semblable. Quant Ă la hiĂ©rarchie interne le squelette nâa prononcĂ© quâun seul mot. Chaos. Pour une fois je ne lui reprocherai pas son manque de prĂ©cision. Il suffit de regarder autour de nous. Les zombies attaquent ce qui bouge. Les squelettes attaquent ce qui ne bouge pas assez vite. Les dĂ©mons attaquent ce qui porte un uniforme. Les ombres parlent depuis les profondeurs de lâAntre et tout le monde semble recevoir des ordres diffĂ©rents avec pour unique objectif commun de rendre la rĂ©gion invivable. Ce nâest pas une hiĂ©rarchie. Câest une administration mystisienne ayant supprimĂ© les formulaires. Puis nous avons demandĂ© pourquoi Abandon avait Ă©tĂ© choisi. Le squelette a tournĂ© la tĂȘte vers Lyra du Hautbois. Son doigt sâest lentement levĂ© dans sa direction. Jâavais pourtant serrĂ© les articulations mais il faut reconnaĂźtre Ă notre tĂ©moin une remarquable persĂ©vĂ©rance osseuse. Pacte. Ă cause dâelle. Nous disposons donc dâun pacte. Nous ignorons encore sa nature. Nous ignorons qui lâa conclu. Nous ignorons ce qui fut promis et qui doit dĂ©sormais payer. Pourtant le squelette semble rattacher la prĂ©sence de ces forces Ă Lyra du Hautbois. Je tiens immĂ©diatement Ă rassurer la population. Il nâexiste actuellement aucune preuve que notre Sultane Ăternelle ait volontairement ouvert lâAntre, rĂ©veillĂ© une armĂ©e ou invitĂ© deux ombres dĂ©moniaques Ă sâinstaller dans ses ruines. Il existe seulement un mort-vivant ligotĂ© qui la dĂ©signe du doigt en parlant de pacte. En politique cela suffit gĂ©nĂ©ralement pour ouvrir une enquĂȘte, trois tavernes et une rumeur. Lyra affirme quâelle revenait simplement dâun mariage. Ce qui est vrai. Elle affirme avoir reprĂ©sentĂ© dignement la Mystisie. Ce qui est techniquement possible. Elle affirme aussi avoir bu avec parcimonie en consommant un verre aprĂšs lâautre. Cette dĂ©finition sera prochainement soumise Ă lâAcadĂ©mie impĂ©riale des poids et mesures. Pour le reste notre gouverneure semble aussi surprise que nous par cette accusation. Elle observe actuellement lâAntre avec cette expression particuliĂšre de quelquâun qui tente de se souvenir si elle a signĂ© quelque chose pendant une soirĂ©e. Nous avons demandĂ© au squelette si Abandon nâĂ©tait quâun refuge ou le commencement dâun projet plus vaste. Ses rĂ©ponses ont alors pris une forme troublante. On mâa dit sors. On mâa dit dehors. On mâa dit ruines. Les ordres quâon lui avait donnĂ© ne comportaient donc aucune stratĂ©gie visible. On lâa fait sortir. On lâa envoyĂ© dehors. On lâa dirigĂ© vers les ruines. Cela pourrait nâĂȘtre que la preuve dâune intelligence trĂšs limitĂ©e. Cela pourrait aussi ĂȘtre la preuve que lâarmĂ©e dâAbandon nâa reçu pour lâinstant quâun ordre de dĂ©ploiement et attend toujours la suite. Une armĂ©e qui ignore pourquoi elle se trouve lĂ nâest pas nĂ©cessairement moins dangereuse. Elle lâest parfois davantage puisquâelle dispose de temps libre et dâarmes. Le squelette a niĂ© quâil sâagisse dâune tentative de conquĂȘte directe de lâEmpire. Nous acceptons sa rĂ©ponse avec la prudence nĂ©cessaire. Il avait prĂ©cĂ©demment reconnu ne pas savoir compter et il est donc possible quâil ignore Ă©galement la taille dâun empire. Cependant il a clairement rattachĂ© les morts-vivants Ă Ombre MachiavĂ©lique. Lorsquâon lui demanda ce qui arriverait si cette puissance disparaissait et si toute lâarmĂ©e sâeffondrerait avec elle notre tĂ©moin a cessĂ© de rĂ©pondre. Sa mĂąchoire sâest immobilisĂ©e. La lumiĂšre dans ses orbites sâest faite plus forte. Quelque chose dans lâAntre a ricanĂ©. Ce silence constitue probablement la partie la plus instructive de lâentretien. Un squelette qui rĂ©pond sans difficultĂ© quâil ne sait ni compter ni calculer ne ressent aucune honte Ă reconnaĂźtre son ignorance. Lorsquâil refuse soudainement de parler ce nâest donc pas parce quâil manque de connaissances. Câest peut-ĂȘtre parce quâune rĂ©ponse existe et quâune autre prĂ©sence Ă©coute. Puis la ville entiĂšre a Ă©tĂ© frappĂ©e par une crise de dĂ©sespoir. Le phĂ©nomĂšne est arrivĂ© sans avertissement. Le sable a semblĂ© devenir plus lourd. La chaleur elle-mĂȘme sâest retirĂ©e de lâair. Les ruines ont perdu leurs couleurs et pendant quelques instants chacun de nous a ressenti une tristesse qui ne lui appartenait pas. Je dois vous avouer quâun instant jâai eu envie de dĂ©tacher le squelette et de le laisser rentrer chez lui. Puis je me suis rappelĂ©e quâil mâavait mordue. La guĂ©rison fut immĂ©diate. Câest Ă cet instant quâune voix est sortie de lâAntre de Naar. Elle nâĂ©tait pas forte au commencement. Elle se glissa entre les pierres puis monta le long des murs comme une fumĂ©e noire. Le ricanement qui lâaccompagnait nâavait rien de lâamusement vĂ©ritable. CâĂ©tait le rire de quelquâun ayant regardĂ© Deux-Fleurs massacrer ses troupes et ayant dĂ©cidĂ© que cela constituait un Ă©chauffement. La voix nous a fĂ©licitĂ©s. Puis elle sâest adressĂ©e directement Ă lâEmpereur Octave Sombrefer et Ă la GĂ©nĂ©rale Deux-Fleurs de Pont-Krivell. Elle leur a demandĂ© sâils Ă©taient prĂȘts pour la deuxiĂšme partie. Nous savons donc dĂ©sormais plusieurs choses. Ombre MachiavĂ©lique connaĂźt le nom de notre Empereur. Elle connaĂźt le nom de notre GĂ©nĂ©rale. Elle a observĂ© le combat. Elle considĂšre les crĂ©atures dĂ©truites comme de simples forces prĂ©liminaires et elle croit avoir prĂ©parĂ© quelque chose de plus important. Nos invitĂ©s infernaux se sont montrĂ© parfaitement conscients de la prĂ©sence impĂ©riale et contrairement au squelette leur supĂ©rieur paraĂźt capable de construire des phrases complĂštes. Le dĂ©fi est lancĂ©. Je tiens donc Ă mâadresser directement Ă Ombre MachiavĂ©lique puisque cette crĂ©ature semble Ă©couter notre Ă©mission depuis son trou. Vous avez rĂ©veillĂ© les morts. Vous avez rempli Abandon de dĂ©mons. Vous avez envoyĂ© des squelettes interroger nos mĂąchoires avec leurs dents. Vous avez regardĂ© Deux-Fleurs faire le mĂ©nage parmi vos serviteurs puis vous avez attendu que la poussiĂšre retombe pour demander si lâEmpire Ă©tait prĂȘt Ă continuer. Câest une entrĂ©e théùtrale convenable. Je lui accorde sept sur dix. Deux points ont Ă©tĂ© retirĂ©s pour lâusage excessif de zombies et un autre pour avoir laissĂ© votre principal tĂ©moin ĂȘtre capturĂ© par une araignĂ©e lĂ©gĂšrement ivre. Vous prĂ©tendez que ce nâĂ©tait quâun Ă©chauffement. Nous sommes disposĂ©s Ă vous croire. LâEmpire Brun apprĂ©cie les adversaires qui annoncent plusieurs parties. Cela permet de prĂ©voir les boissons entre les massacres. Deux-Fleurs reviendra avec des renforts. Octave Sombrefer a dĂ©jĂ dĂ©clarĂ© que toute action rompant la monotonie constituait un acte sacrĂ©. Vous venez donc peut-ĂȘtre de lui offrir exactement ce quâil demandait. Quant au pacte qui lierait cette affaire Ă Lyra du Hautbois nous attendons des explications. Notre Sultane est ici. Elle nâa pas fui. Elle se tient devant votre Antre avec sa robe encore couverte de sable et le regard dâune femme qui commence Ă soupçonner que quelquâun a utilisĂ© son nom dans un contrat quâelle nâa pas lu. Vous pouvez venir lui parler. Vous pouvez Ă©galement continuer Ă envoyer des squelettes sachant rĂ©pondre uniquement oui, non et je ne sais pas calculer. Cette seconde option nous fournira beaucoup de contenu radiophonique mais trĂšs peu de diplomatie. La ville dâAbandon demeure donc sous tension. Ombre MĂ©phitique contrĂŽlerait lâentrĂ©e. Ombre MachiavĂ©lique commanderait les forces mortes ou du moins exercerait sur elles une influence importante. Un pacte inconnu semble liĂ© Ă Lyra. Deux crĂ©atures seulement seraient rĂ©ellement dangereuses selon notre tĂ©moin et la premiĂšre vague nâaurait Ă©tĂ© quâun Ă©chauffement. La crise de dĂ©sespoir prouve Ă©galement que lâennemi ne dispose pas uniquement de griffes, de crocs et de cadavres mal entretenus. Quelque chose agit directement sur les esprits. Cela change la nature de lâaffrontement. Une armĂ©e peut combattre des zombies. Une GĂ©nĂ©rale peut briser des squelettes. Une garnison peut contenir des dĂ©mons. Le dĂ©sespoir est une arme diffĂ©rente. Il ne frappe pas les murailles. Il cherche les fissures qui existent dĂ©jĂ dans ceux qui les dĂ©fendent. Il murmure que lâeffort est inutile. Il transforme chaque blessure en preuve de dĂ©faite et chaque silence en abandon. Malheureusement pour nos adversaires ils ont choisi lâEmpire Brun. Nous vivons entourĂ©s de crĂąnes. Nous dĂ©corons nos salles avec du velours noir. Nos souverains fĂ©licitent les Ă©meutes et accueillent les dĂ©lĂ©gations avec des fusils. La tristesse mystĂ©rieuse venue des profondeurs devra se montrer beaucoup plus convaincante pour se distinguer de notre dĂ©coration habituelle. Les lignes de Radio NĂ©crotoile restent ouvertes. Les habitants de Mystisie ayant vu une ombre prĂšs de lâAntre sont invitĂ©s Ă tĂ©moigner. Les personnes connaissant lâexistence dâun pacte impliquant Lyra du Hautbois peuvent venir parler avant que nous commencions Ă supposer des choses publiquement. Ombre MachiavĂ©lique et Ombre MĂ©phitique sont Ă©galement invitĂ©es Ă rĂ©pondre en direct. Nous acceptons les dĂ©mons, les spectres, les nĂ©cromanciens, les divinitĂ©s oubliĂ©es et mĂȘme les reprĂ©sentants lĂ©gaux Ă condition que ces derniers restent attachĂ©s Ă lâextĂ©rieur. Une lueur verte brille toujours derriĂšre nous. Lyra vient de dire quâelle ne se souvient dâaucun pacte. LâAntre vient de rire une seconde fois. Et au fond des ruines quelque chose de beaucoup plus lourd quâun squelette commence Ă monter les marches. Restez sur nos ondes. La deuxiĂšme partie vient peut-ĂȘtre de commencer. Tremblez cher auditeur, restez Ă l'Ă©coute, vous saurez tous avant tout le monde. |
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27 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir aux habitants du Cybermonde qui ont encore la chance (...)
![]() 27 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux habitants du Cybermonde qui ont encore la chance de possĂ©der un pouls vĂ©rifiable, aux dĂ©mons qui ont remplis leurs formulaires dâentrĂ©e, aux morts-vivants qui les ont mangĂ©s avant le contrĂŽle et aux citoyens de Mystisie qui dĂ©couvrent avec Ă©merveillement que leur dĂ©sert avait besoin dâun peu plus dâactivitĂ© infernale pour devenir vĂ©ritablement accueillant. Ce soir la vieille radio impĂ©riale nâĂ©met pas depuis lâEmpire Brun. Elle repose au cĆur de lâAntre de Naar sur une table de pierre dont les pieds sont manifestement composĂ©s dâanciens visiteurs qui avaient eux aussi demandĂ© oĂč se trouvait la sortie. Les torches brĂ»lent dâune lueur verte et malade. La fumĂ©e dâun cigare serpente sous les voĂ»tes. Tout au fond de la salle se dresse le trĂŽne dâ Ombre MachiavĂ©lique avec son velours sombre, ses ornements peu rassurants et lâaccoudoir droit dĂ©sormais occupĂ© par votre servante. Oui mes petits cadavres administratifs je suis installĂ©e sur le bras du trĂŽne du dĂ©mon de l'Antre Ombre MachiavĂ©lique peut donc continuer de prĂ©tendre quâil rĂšgne seul depuis ce meuble. Nous laisserons cette illusion vivre encore quelques minutes parce que la cruautĂ© doit parfois savoir se montrer raisonnable.Abandon donc. Cette merveille de Mystisie oĂč les pierres ont davantage de souvenirs que les habitants et oĂč les habitants ont gĂ©nĂ©ralement la dĂ©licatesse de devenir eux-mĂȘmes des souvenirs avant que les pierres ne sâennuient. Depuis plusieurs jours les pactes dĂ©moniaques ont Ă©tĂ© signĂ© avec un enthousiasme qui aurait dĂ» Ă©veiller quelques soupçons. Les dunes tremble. Les morts marchent. Les portails sâouvrent et les crĂ©atures de Naar semblent avoir dĂ©couvert que la frontiĂšre mystisienne repose essentiellement sur un Ă©criteau demandant poliment aux monstres de ne pas entrer avec du sable sous les pieds. Silas des Sables a donc pris la parole afin de rassurer la population en expliquant que Lampe du GĂ©nie demeurait parfaitement sĂ»re, que les phĂ©nomĂšnes restaient localisĂ©s autour dâAbandon et que MnĂ©mĂ©sine dâArcys placerait les soldats disponibles aux portes pour refouler les dĂ©mons sans papiers. Câest une politique admirable. Lâenfer peut engloutir les ruines Ă quelques dunes de lĂ mais tant que les abominations prĂ©sentent un document lisible Ă lâentrĂ©e nous demeurons une civilisation. En Mystisie on parle dâun problĂšme de domiciliation. On ne demande pas au zombie pourquoi il marche encore. On lui demande dans quelle ville il dĂ©clare son domicile principal et sâil compte exercer une activitĂ© rĂ©munĂ©rĂ©e. On ne sâinterroge pas sur le fait quâune bouche infernale se soit ouverte au milieu du dĂ©sert. On vĂ©rifie si le portail possĂšde une autorisation de chantier. Toute grande civilisation se reconnaĂźt Ă sa capacitĂ© de transformer lâhorreur absolue en compĂ©tence municipale et de ce point de vue les habitants a compris lâessentiel.Pendant que MnĂ©mĂ©sine renforçait les accĂšs et que Silas recommandait de ne pas ramener de morts-vivants chez soi comme si ce conseil nâallait pas immĂ©diatement donner des idĂ©es Ă plusieurs habitants de Lampe du GĂ©nie, lâEmpereur Octave Sombrefer et la GĂ©nĂ©rale Deux-Fleurs de Pont-Krivell ont pĂ©nĂ©trĂ© dans les ruines. Nous avons alors entendu les dĂ©mons mineurs hurler, les os casser et les zombies grogner avec cette rĂ©gularitĂ© martiale qui permet de distinguer un combat impĂ©rial dâun simple samedi soir en Sicilia. Les rĂ©sidus monstrueux jonchait bientĂŽt le sable et lâun des squelette sâest fait capturĂ© pour les besoins de notre enquĂȘte. GĂ©rard est donc le seul survivant disponible. Il ne coopĂšre pas beaucoup mais son silence me paraĂźt dĂ©jĂ plus instructif que plusieurs discours gouvernementaux prononcĂ©s cette semaine.Puis la voix est sortie de lâAntre. Un rire obscur a couru sur les pierres et quelquâun a demandĂ© Ă Octave et Deux-Fleurs si cet affrontement nâĂ©tait quâun Ă©chauffement avant de les inviter Ă une deuxiĂšme partie. La formulation est intĂ©ressante. Elle signifie dâabord que les dĂ©mons possĂšdent dĂ©sormais un sens de lâhospitalitĂ© proche de celui des tenanciers de tavernes. Vous venez dâexterminer leurs serviteurs et ils vous proposent immĂ©diatement une activitĂ© supplĂ©mentaire. Elle signifie ensuite que ce qui vient de se produire nâĂ©tait pas une invasion mais une prĂ©sentation. Un Ă©chantillon. Une petite assiette dĂ©posĂ©e sur la table afin de montrer au client ce que la cuisine peut encore produire quand le cuisinier aura cessĂ© de jouer avec les cadavres.Mais avant de quitter Mystisie il faut Ă©voquer lâautre bataille qui sây dĂ©roule. Une guerre plus discrĂšte et peut-ĂȘtre plus dangereuse encore. Celle des fonctions administratives. Silas des Sables a perdu son poste de Bourgmestre aprĂšs une affaire de vandalisme commise sous son identitĂ©. Valerio Tenebri a ensuite dĂ©couvert quâ Agatha aurait utilisĂ© le nom de Silas avec toute la discrĂ©tion dâune voleuse qui signerait son crime avant dâorganiser une confĂ©rence de presse. Les poursuites contre le vĂ©ritable Silas ont Ă©tĂ© annulĂ©es et Valerio a demandĂ© que lâon nâoublie pas le pot-de-vin. Cette prĂ©cision me rassure. Dans un monde oĂč les morts sortent des murs et oĂč les dĂ©mons ouvrent des portails il est agrĂ©able de constater que certaines institutions reste fidĂšles Ă leurs valeurs. Don Amortel sâest ensuite installĂ© Ă la mairie vacante en soupirant. Puis il a nommĂ© Silas Commissaire de Police. Ainsi un homme accusĂ© sous sa propre identitĂ© et lavĂ© par une enquĂȘte aux honoraires scandaleux sâest retrouvĂ© chargĂ© de poursuivre les gens qui utiliseraient incorrectement la leur. La roue de la justice impĂ©riale tourne vite. Elle tourne parfois si vite que les condamnĂ©s deviennent policiers avant que les greffiers aient retrouvĂ©s le dossier. Don Amortel affirme ĂȘtre venu retrouver son Ombre et le fameux pouf disparu. Nous ignorons encore lequel des deux reprĂ©sente la prioritĂ© municipale. Lyra me fait comprendre dâun regard quâelle refuse toujours le poste de mobilier. Je tiens donc Ă prĂ©ciser officiellement que la Sultane prĂ©sente Ă nos cĂŽtĂ©s nâest pas disponible comme repose-pieds sauf en prĂ©sence dâun contrat matrimonial suffisamment avantageux. Et tandis que Mystisie dĂ©fend la frontiĂšre entre les vivants et les morts le ValĂ©gro dĂ©fend la frontiĂšre entre deux façons de rendre les paysans malheureux.Ă Fort Emouchet les partisans du Royaume de RuthvĂ©nie expliquent que la RĂ©publique de Kraland a dĂ©figurĂ© la terre avec ses HLM. Les dĂ©fenseurs de Kraland rĂ©pondent que la RuthvĂ©nie dĂ©sire rĂ©tablir les domaines et le servage. Emile Liarr a tentĂ© de simplifier lâaffaire en expliquant que Kraland au ValĂ©gro Ă©tait mauvais et que RuthvĂ©nie au ValĂ©gro Ă©tait bon. AprĂšs plusieurs heures de discours il a donc atteint le niveau de prĂ©cision politique dâun enfant choisissant entre deux confitures. Il a aussi prĂ©cisĂ© que le servage nâĂ©tait pas de lâesclavage mais un accord Ă©quitable dans lequel les uns apportent leur main-dâĆuvre et les autres leur proposent gĂ©nĂ©reusement de lâutiliser. Il faut admirer cette dĂ©finition. Avec assez dâĂ©lĂ©gance tout collier devient un bijou. Baptiste Le Tellier a promis que les HLM seraient remplacĂ©s par de belles propriĂ©tĂ©s avec des dĂ©pendances pour les serfs. Câest une vision sociale dâune grande cohĂ©rence. Les pauvres ne seront plus entassĂ©s dans des immeubles laids. Ils pourront dĂ©sormais vivre derriĂšre la maison des riches dans une petite construction pittoresque dont la porte ferme probablement de lâextĂ©rieur. De son cĂŽtĂ© Jean-Luc Selriche affirme que la RĂ©publique a pu faire des erreurs mais rappelle que seul celui qui ne fait rien nâen commet aucune. Câest la dĂ©fense prĂ©fĂ©rĂ©e des gouvernements qui ont fait tellement de choses que personne ne sait plus laquelle juger en premier. Michel DruKra a demandĂ© aux RuthvĂšnes de cesser de brailler devant lâhĂŽtel de ville le temps que les reprĂ©sentants locaux puissent discuter. VoilĂ une demande parfaitement raisonnable adressĂ©e Ă une monarchie dont la diplomatie repose depuis toujours sur la capacitĂ© de parler plus fort que le voisin en portant davantage de velours. Sir McRabbit promet la collaboration. Logan Komikov lâaccuse dâavoir mis des bĂątons dans les roues. PrĂ©cieuse Liarr reçoit une enclume sur la tĂȘte. Ce dernier Ă©vĂ©nement constitue peut-ĂȘtre lâanalyse politique la plus honnĂȘte de toute la crise. Le ValĂ©gro se trouve coincĂ© entre deux rĂ©gimes et le ciel lui-mĂȘme a dĂ©cidĂ© de participer au dĂ©bat avec du matĂ©riel de forge.La RĂ©publique assure vouloir respecter le peuple. Le Royaume affirme vouloir rendre sa dignitĂ© aux paysans. Les deux camps parlent de libertĂ© tout en dĂ©signant trĂšs prĂ©cisĂ©ment lâadministration sous laquelle les habitants seront enfin libres dâobĂ©ir. Câest le miracle des conflits territoriaux. Plus les puissants parlent de la volontĂ© locale et moins les locaux ont le temps de finir une phrase. Les rĂ©volutions se termine souvent ainsi. Un peuple rĂ©clame le droit de choisir son avenir et plusieurs gouvernements arrivent immĂ©diatement avec des formulaires dĂ©jĂ remplis. Pendant ce temps le Paradigme Vert change de dirigeants avec la sĂ©rĂ©nitĂ© dâune maison dont le toit brĂ»le mais oĂč quelquâun insiste pour dĂ©placer les plantes. Une pĂ©tition de dĂ©saveu a Ă©tĂ© lancĂ©e contre Paul-Steeve Saint-Sauveur peu aprĂšs son arrivĂ©e au pouvoir. Le RĂ©gent Cassandra a commencĂ© Ă nommer Stella Darnus aux Services Secrets et Makoto Natsume au Travail. Stella a aussitĂŽt annoncĂ© que les murs avaient des oreilles et parfois les voisins aussi. Il sâagit dâune doctrine de sĂ©curitĂ© trĂšs Ă©cologique. MĂȘme la vĂ©gĂ©tation participe Ă la surveillance et aucun citoyen ne peut ĂȘtre certain quâun buisson ne rĂ©dige pas dĂ©jĂ son dossier.La ConfĂ©dĂ©ration Libre propose pour sa part de tracer une immense zone dĂ©militarisĂ©e Ă travers le Cybermonde afin de sĂ©parer les peuples qui ne savent plus cohabiter. LâidĂ©e consiste donc Ă prendre tous les conflits existants et Ă leur ajouter une frontiĂšre administrĂ©e par la ConfĂ©dĂ©ration. Câest ambitieux. Lorsque deux voisins se disputent une clĂŽture le ConfĂ©dĂ©rĂ© ne choisit pas un camp. Il construit une autoroute entre les deux maisons et rĂ©clame le droit de surveiller les pĂ©ages. Les dĂ©mocrates ont cette Ă©lĂ©gance particuliĂšre. Ils ne conquiĂšrent jamais. Ils crĂ©ent des espaces neutres suffisamment vastes pour nĂ©cessiter leur prĂ©sence permanente. Revenons donc Ă lâAntre de Naar. DerriĂšre moi Ombre MachiavĂ©lique demeure assis sur son trĂŽne avec ses cornes dressĂ©es sous les voĂ»tes et son chapeau aux dents douteuses. Je tiens Ă rappeler que ses goĂ»ts vestimentaires ne sont pas contestables. Ils sont dĂ©fendus par un accessoire capable de mordre. Lyra conserve des sentiments partagĂ©s entre son charisme et sa garde-robe. Renato observe la sortie avec la prudence dâun homme qui sait quâil devra probablement nous ramener tous les trois. Quant Ă moi je reste sur lâaccoudoir avec lâassurance paisible dâune crĂ©ature qui a dĂ©jĂ annexĂ© le meuble et qui attend simplement que son propriĂ©taire sâen rende compte.Les Ombres attend derriĂšre les portes. Octave et Deux-Fleurs ont terminĂ© lâĂ©chauffement. Lampe du GĂ©nie ferme ses accĂšs aux dĂ©mons sans papiers tandis que les citoyens continuent probablement de ramener chez eux tout mort-vivant qui semble avoir besoin dâun repas chaud. Le ValĂ©gro hĂ©site entre les HLM rouges et les dĂ©pendances royales. La ConfĂ©dĂ©ration veut dĂ©couper le monde pour le sauver et le Paradigme nomme des espions pendant que son prĂ©sident dĂ©couvre la briĂšvetĂ© possible du bonheur Ă©lectoral. Tout est donc parfaitement normal.Les habitants dâAbandon qui souhaitent tĂ©moigner peuvent venir jusquâĂ lâAntre. Les vivants devront prĂ©senter leurs papiers. Les morts devront apporter leurs propres fils de soutien. Les dĂ©mons peuvent entrer librement Ă condition de ne pas dĂ©ranger Ombre MachiavĂ©lique pendant quâil me gratte les oreilles. Les personnes dĂ©sirant contester cette version des Ă©vĂ©nements sont invitĂ©es Ă parler directement dans la vieille radio. GĂ©rard vous expliquera ensuite ce que nous faisons des tĂ©moignages inutiles.Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile Souvenez-vous mes petits osselets. Lorsque les Ombres vous invitent Ă une deuxiĂšme partie il est dĂ©jĂ trop tard pour demander les rĂšgles. |
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28 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir aux citoyens de lâEmpire Brun, aux souverains qui (...)
![]() 28 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux citoyens de lâEmpire Brun, aux souverains qui gouvernent depuis une piĂšce fermĂ©e Ă clĂ©, aux diplomates qui appellent trĂȘve le temps nĂ©cessaire pour reprendre leur souffle et aux peuples courageux qui dĂ©couvrent chaque matin quelle nation les administre depuis la veille. Ici Kleo, revenue en Sicilia aprĂšs avoir laissĂ© le Cybermonde sans surveillance assez longtemps pour quâil invente simultanĂ©ment une guerre, une paix, plusieurs indĂ©pendances, un ministĂšre du Travail confiĂ© Ă lâhomme qui venait dâabandonner son propre territoire et une victoire dĂ©moniaque dont le principal signe visible demeure la perte de plusieurs dents. Commençons naturellement par lâEmpire Brun puisque lâHistoire a besoin dâun axe. LâEmpereur Octave Sombrefer a poursuivi la composition de son gouvernement Monique Lemage reçoit lâIntĂ©rieur. Sinzicula reçoit la Justice. Floran BaumĂ© reçoit le Travail et Ombre Minusculique reçoit la Recherche, ce qui devrait permettre Ă la science impĂ©riale de progresser dans lâobscuritĂ© sans que personne ne puisse vĂ©rifier oĂč elle met les pieds. Kramara Kisugi a dĂ©jĂ rappelĂ© que lâĂ©conomie ne se nourrit pas de bonnes intentions en relevant la prime Ă la production au-delĂ de quinze unitĂ©s. Câest une politique admirablement simple. Mais avant de quitter les bureaux impĂ©riaux pour descendre dans les caveaux de Mystisie, je voudrais attirer votre attention sur la maniĂšre dont notre Empire sĂ©lectionne ses talents. Nous nâexigeons pas quâun ministre ait rĂ©ussi toute sa vie. Nous demandons seulement que ses Ă©checs soient assez intĂ©ressants pour mĂ©riter un portefeuille. Cette nuance nous distingue profondĂ©ment de Kraland oĂč lâĂ©chec est une formation diplĂŽmante, de la ConfĂ©dĂ©ration oĂč il devient un programme Ă©lectoral et de RuthvĂ©nie oĂč il suffit gĂ©nĂ©ralement de lâenvelopper dans du velours pour lâappeler tradition. MalgrĂ© que certains esprits mesquins sâen inquiĂštent, le gouvernement brun possĂšde donc une cohĂ©rence parfaite. Il assemble la compĂ©tence, la monstruositĂ© et lâexpĂ©rience du dĂ©sastre dans des proportions qui auraient fait pĂąlir les vieux rĂ©alisateurs de sĂ©ries maudites dont nos institutions ont conservĂ© le goĂ»t des Ă©clairages trop dramatiques et des portes qui grincent mĂȘme lorsquâelles sont ouvertes. VoilĂ qui nous conduit Ă Mystisie oĂč Lyra du Hautbois avait invitĂ© Ombre MachiavĂ©lique Ă quitter Abandon afin de venir corrompre des Ăąmes plus prĂšs des locaux. Lâoffre Ă©tait administrative, pratique et presque touristique puisquâune superbe basilique semblait comprise dans le forfait. Elle lâa nommĂ© Capitaine. Quelques heures plus tard Deux-Fleurs de Pont-Krivell lâa agressĂ© et perdu son poste de GĂ©nĂ©rale dans lâopĂ©ration. Les observateurs mĂ©diocres diront que le dĂ©mon fut vaincu. Les observateurs formĂ©s par cette antenne savent reconnaĂźtre une manĆuvre beaucoup plus subtile. Ătre battu au milieu de ses troupes puis laisser son adversaire perdre son grade constitue une victoire par dĂ©placement de carriĂšre. Câest Ă©lĂ©gant, Ă©conomique et surtout impossible Ă contredire puisque le vainqueur officiel doit dĂ©sormais remplir des formulaires de recherche. Deux-Fleurs peut bien soutenir quâelle a dominĂ© le combat. Ombre MachiavĂ©lique conserve son titre, son sourire et cette aptitude prodigieuse Ă transformer chaque humiliation en preuve quâun plan existait depuis le dĂ©but. Câest eux qui Ă©crivent les grands traitĂ©s de stratĂ©gie et rarement ceux qui restent debout.Mystisie nâavait pourtant pas fini de donner Ă la nuit sa couleur. Cheikh Evara a consacrĂ© ses derniĂšres heures Ă tenter plusieurs attentats contre la Coutellerie van Tartijn. La police lâa recherchĂ©, puis a abandonnĂ© certaines poursuites parce que tous les agents Ă©taient au bal, puis en raison de sa jeunesse malheureuse, puis lâa recherchĂ© encore. Il existe des administrations qui hĂ©sitent entre la clĂ©mence et la fermetĂ©. La nĂŽtre a perfectionnĂ© lâart de pratiquer les deux en alternance si rapide que le criminel peut ĂȘtre pardonnĂ© entre deux explosions sans interrompre son activitĂ©. Cheikh Evara est finalement mort de ses blessures aprĂšs avoir presque tout ratĂ© sauf sa sortie. Il aurait emportĂ© avec lui le secret des couteaux van Tartijn et laissĂ© derriĂšre lui un vide que Don Amortel est venu saluer au cimetiĂšre avec ses silences, ses soupirs et cette douleur lasse de lâhomme qui perd encore une fois celui quâil appelait son mĂ©chant. Je nâajouterai pas de plaisanterie Ă cet hommage. Les morts ont droit Ă quelques secondes de dignitĂ© avant que les vivants ne rĂ©cupĂšrent leurs symboles, leurs ennemis et Ă©ventuellement leurs biens immobiliers. Je noterai seulement que la ville dâAbandon fut ensuite frappĂ©e par une crise de dĂ©sespoir peuplĂ©e de spectres. Il se peut que cela nâait aucun rapport.Pendant ce temps Ă Bagdad des dĂ©mons portant des noms de sucreries se sont rassemblĂ©s prĂšs dâune confiserie dĂ©moniaque au nom de lâEmpereur et de la Magocratie. VoilĂ une initiative que je soutiens avec prudence. Le mal absolu devient toujours plus acceptable lorsquâil est correctement prĂ©sentĂ© dans du papier colorĂ©. Les armĂ©es de Glycidia peuvent donc marcher pour lâEmpire Ă condition quâelles Ă©vitent de fondre au soleil et quâun registre sĂ©rieux distingue les officiers des bonbons fourrĂ©s. Toute personne capable dâexpliquer pourquoi nos dĂ©mons ont adoptĂ© le vocabulaire dâune boutique pour enfants est invitĂ©e Ă venir tĂ©moigner. Les explications raisonnables seront examinĂ©es aprĂšs les autres. Quittons maintenant lâombre de Mystisie pour les plages des KaraĂŻbes oĂč le Khanat ElmĂ©rien a dĂ©cidĂ© de dĂ©montrer que des reprĂ©sailles lointaines demeure des reprĂ©sailles mĂȘme lorsquâelle atteint surtout ceux qui sâĂ©taient opposĂ©s Ă la faute dâorigine. Le motif est connu. Une armurerie elmĂ©rienne dĂ©truite. Un citoyen kidnappĂ©. Des nĂ©gociations rendues aussi utiles quâun parapluie au fond dâun port. Tifa LockHeart, Elbereth Khan Seraven, Tinylia CĂ©raty, Aurelthar, Kara de Pont-Krivell, Rosalia de Pont-Krivell et plusieurs autres sont arrivĂ©s Ă TrĂ©sorville avec des discours de retour de flamme, des toasts au Khanat et cette conception tribale de la diplomatie selon laquelle un micro devient lĂ©gitime dĂšs quâon lâarrache assez vite Ă son voisin. Le port Koinsaires et lâaĂ©roport KanardâAir ont Ă©tĂ© frappĂ©s. Des piĂšces se sont Ă©croulĂ©es. Des victimes ont Ă©tĂ© comptĂ©es. Des postes ont Ă©tĂ© perdus. Au mĂȘme instant une onde de paix traversait la province et retirait aux habitants toute envie de se battre pour vingt-quatre heures. Les KaraĂŻbes fut donc le théùtre dâune innovation remarquable, le bombardement pacifique. Les bĂątiments tombaient dans une atmosphĂšre dâapaisement gĂ©nĂ©ral. Les blessĂ©s pouvaient contempler les ruines sans ressentir de colĂšre et les assaillants dĂ©couvrir la sĂ©rĂ©nitĂ© intĂ©rieure au milieu des gravats. Aucun philosophe nâavait encore osĂ© aller aussi loin. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, redevenu Duc aprĂšs avoir quittĂ© la prison et Ă©chouĂ© une premiĂšre fois Ă obtenir le titre par prĂ©rogative diplomatique, a formulĂ© lâobjection la plus embarrassante de la journĂ©e. Les ministres responsables de lâattaque contre le Khanat se trouvaient Ă Ruthvenville. Les KaraĂŻbes sây Ă©taient opposĂ©es. Le Khanat avait donc traversĂ© le Cybermonde pour frapper la province ruthvĂšne qui lui donnait raison et laisser tranquilles les responsables qui lui donnaient tort. Il faut reconnaĂźtre ici une vĂ©ritĂ© pĂ©nible. La vengeance devient beaucoup plus facile lorsquâon choisit la cible selon sa proximitĂ© gĂ©ographique plutĂŽt que selon sa culpabilitĂ©. Wenceslas a invitĂ© les ElmĂ©riens Ă compter les victimes puis les ministres parmi elles. Le calcul est cruel parce quâil ne demande mĂȘme pas de savoir compter trĂšs haut. Monique Lemage, bloquĂ©e sur lâĂźle et dĂ©jĂ installĂ©e Ă mi-temps dans ses plaisirs locaux, a choisi la seule position diplomatique vraiment honnĂȘte. Elle dĂ©fend les KaraĂŻbes parce quâelle les veut. Elle a rappelĂ© que lâEmpire Brun nâaurait pas besoin dâinventer une armurerie ou un enlĂšvement pour attaquer une Ăźle si sĂ©duisante. Nous viendrions pour lâor, les plages, la gnĂŽle et le secret bancaire. Certains trouveront cela immoral. Ce sont gĂ©nĂ©ralement les mĂȘmes qui prĂ©fĂšrent envelopper leurs convoitises dans des principes afin que le pillage ait lâair dâune rĂ©union de famille. Lord Golgoth Ruthven a pour sa part prĂ©fĂ©rĂ© attaquer la rĂ©putation de Wenceslas en lâinvitant Ă sâenvoler hors de lâĂźle. Câest une contribution modeste mais toute monarchie a besoin de quelquâun chargĂ© de secouer les rideaux pendant que le chĂąteau brĂ»le. Les concernĂ©s peuvent venir nier cette interprĂ©tation. Les lignes sont ouvertes et nous disposons encore de plusieurs chaises qui nâont pas Ă©tĂ© projetĂ©es par une explosion.Restons un instant dans le Khanat puisque ses armĂ©es nâont pas seulement exportĂ© le chaos. Nerdos Valkyry a dĂ©couvert les missiles nuclĂ©aires et prĂ©cisĂ© que cette technologie Ă©tait nĂ©cessaire pour fabriquer des missiles nuclĂ©aires. La science avance parfois par bonds. Elle avance parfois en lisant lâĂ©tiquette sur la caisse. La Khane Cassandre Lemage Ruthven a poursuivi son parcours de conquĂȘte interne en affrontant Nerdos au milieu des casseroles de Bananie avant de lui prendre sa place. Puis Ronald Pompe a vaincu Ă son tour le chef de tribu nouvellement nommĂ©. Le pouvoir elmĂ©rien ressemble ainsi Ă une chaise musicale dont les participants ont remplacĂ© la musique par des duels. Câest brutal mais au moins personne nâattend cinq semaines quâune commission vĂ©rifie si la chaise respecte les normes. Alice Ravenloft a lancĂ© de son cĂŽtĂ© une cĂ©lĂ©bration des talents elmĂ©riens en prĂ©sentant Sakura Tiwanaku, sa cape et la puissance mauve comme les preuves dâune libertĂ© qui ne demande ni dĂ©cret, ni couronne, ni conscience universelle. Lâargument est solide. Une nation capable de passer du duel en cuisine au missile nuclĂ©aire puis Ă la chronique de mode dans la mĂȘme matinĂ©e possĂšde manifestement plusieurs projets mĂȘme si aucun ne regarde dans la mĂȘme direction.VoilĂ qui nous mĂšne au ValĂ©gro oĂč la direction changeait si souvent que Kenza Creswick avait fini par renoncer Ă prĂ©parer ses discours avant de savoir si la guerre, la paix, lâalliance ou leur contraire survivrait jusquâau dĂ©jeuner. Le Premier Ministre Michel DruKra a proposĂ© de cĂ©der la province au Royaume de RuthvĂ©nie contre une part permanente des impĂŽts produits par les Kralandais, une alliance scientifique et militaire, des Ă©changes technologiques, des exercices communs, des jumelages et le maintien provisoire du gouverneur. Autrement dit Kraland se disait prĂȘt Ă rendre la maison Ă condition de conserver une clĂ©, une part du loyer, un droit de regard sur la cuisine et la possibilitĂ© dâorganiser des manĆuvres dans le jardin. RuthvĂ©nie a acceptĂ© dâentamer la trĂȘve par la voix de Henri St Misles dans une allocution en ewok qui proposait de poser les lances, de boire du cafĂ© et de laisser chacun soliloquer devant un miroir afin de ne pas avaler ses propres paroles. CâĂ©tait probablement la dĂ©claration officiel la plus claire du dossier. Dame DĂ©merzel a demandĂ© lâarrĂȘt des discours hostiles contre la RĂ©publique tandis que Sir McRabbit approuvait le compromis au nom de la Collaboration. Logan Komikov a rangĂ© son matĂ©riel de manifestation en proclamant la paix et lâamitiĂ© avec ses adversaires de la veille. Puis Jean-Luc Selriche, qui disposait pourtant de soixante-deux virgule cinq pour cent des intentions de vote, a dĂ©missionnĂ© de son poste de gouverneur et retirĂ© sa candidature parce que le retour annoncĂ© dâun duchĂ© ruthvĂšne rendait impossible son programme socialo-graffitik. Il craignait quâun baron vienne confisquer les fruits du travail populaire pour bĂątir une cinquiĂšme aile Ă son chĂąteau. Quelques heures plus tard Michel DruKra lâa nommĂ© Ministre du Travail. Câest une promotion logique. Lorsquâun homme explique quâil ne peut plus appliquer sa politique dans une province, Kraland lui confie le pays entier afin quâil puisse Ă©chouer sur une surface convenable. Jean-Luc Selriche a aussitĂŽt expliquĂ© que sa gestion du ValĂ©gro nâavait pas Ă©chouĂ© parce quâelle Ă©tait trop socialiste mais parce quâelle ne lâĂ©tait pas assez. Câest lĂ une propriĂ©tĂ© merveilleuse des grandes doctrines. Elles ne perdent jamais. Elles ont seulement Ă©tĂ© appliquĂ©es avec une puretĂ© insuffisante par des gens qui devront travailler davantage la prochaine fois. Kenza Creswick a dĂ©missionnĂ© de la mairie aprĂšs avoir consacrĂ© ses efforts au dialogue. Sir McRabbit a reçu le gouvernement dans une nomination non tamponnĂ©e parce que la Ministre de lâIntĂ©rieur Lucette Circulaire manquait dâencre et risquait de rater lâapĂ©ritif rĂ©glementaire. Il a ensuite confiĂ© Fort Emouchet Ă Koshka et nommĂ© PierreJean intendant aprĂšs sa sortie de prison. La transition fut donc assurĂ©e par un lapin gouverneur, une ministre pressĂ©e de boire, un ancien dĂ©tenu chargĂ© de lâintendance et un ministre du Travail promu pour avoir quittĂ© le travail prĂ©cĂ©dent. Jâai consultĂ© les preuves que nos correspondants ont recueilli. Il nây a lĂ aucune satire. Seulement lâadministration lorsquâon la laisse pousser sans tuteur.Ă Sanctuaire le GĂ©ofront choisissait une autre mĂ©thode. Nyx FlammĂšche sâest insurgĂ©e pour obtenir lâindĂ©pendance et fut arrĂȘtĂ©e. Ninoo Chantargent, Shiki Chantargent, Hanako Ainozomi, Mandy Chantargent, Darth Leo et BohĂ© dâUmont ont ensuite multipliĂ© les soutiens aux Provinces IndĂ©pendantes et les critiques contre le Royaume. Hanako a rĂ©sumĂ© lâaffaire avec une simplicitĂ© que les chancelleries devraient Ă©tudier. LâindĂ©pendance pour la sĂ©curitĂ©. LâindĂ©pendance pour la libertĂ©. Rendez les terres occupĂ©es. Ce mouvement possĂšde moins de mots que la trĂȘve du ValĂ©gro mais probablement davantage de direction. BohĂ© dâUmont a mĂȘme trouvĂ© la volontĂ© gĂ©ofrontaine inspirante tout en attaquant le roi Bladimir Bladimirovitch Mutin et lâalliance ruthvĂšne qui lâentoure. Le GĂ©ofront devient ainsi le lieu oĂč des gens de toutes origines viennent rĂ©clamer que les autres repartent chez eux. Câest une dĂ©finition rude de la souverainetĂ© mais elle a lâavantage dâentrer sur une pancarte.Pendant que Sanctuaire exigeait son avenir la ConfĂ©dĂ©ration Libre reconstruisait son passĂ© avec une Ă©nergie Ă©lectorale admirable. Paul-Steeve Saint-Sauveur a nommĂ© PrĂ©cieuse Liarr Ă la Justice et Ă lâAutre Information. Elle occupait Ă©galement les Services Secrets par intĂ©rim et invitait les Ă©trangers Ă proposer discrĂštement leurs services avec secret dâĂtat garanti. Le rĂ©gime dĂ©mocratique atteint ici sa forme la plus raffinĂ©e. La Justice explique publiquement quâelle poursuivra les traces de lâinformation alternative tandis que les Services Secrets recrutent par annonce. Nul besoin dâespionner les citoyens lorsque ceux-ci peuvent dĂ©poser une candidature avec leurs rĂ©fĂ©rences.Le gouverneur Jean-Messie de la Nation a quant Ă lui arrĂȘtĂ© Monique QuiĂšs pour commerce de dix prospectus Ă©lectoraux et lui a confisquĂ© une truelle. Il a dĂ©clarĂ© ne pas approuver lâinterdiction de la communication politique mais appliquer les rĂšgles Ă tous. Peu aprĂšs une chanson populaire lâa transformĂ© en hĂ©ros solitaire affrontant une mamie, un sac Ă main et un dĂ©ambulateur avant de livrer sa dangereuse adversaire pieds, poings et dentier liĂ©s. Paul Sernine a rappelĂ© que les dĂ©tenus avaient le droit de vote tout en expliquant que lâillĂ©galitĂ© de Monique QuiĂšs la rendait indigne de devenir bourgmestre. La dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e demeure donc ouverte Ă tous Ă condition que lâouverture puisse se refermer derriĂšre eux avec une serrure.Le Ministre de la Guerre Patrick-Lamulle DePouch a enfin rebaptisĂ© le Bataillon TransgĂ©nique IrradiĂ© en Casques Bleus et nommĂ© bob le gentil bob gĂ©nĂ©ral. Sa mission sera dâexpliquer avec douceur que les postes de contrĂŽle protĂšgent la libertĂ©, que le pĂ©age est volontaire et que la paix possĂšde un tarif. Câest une doctrine redoutable. Faire aimer le mur demande plus de talent que le construire. Les gens croient souvent que la gentillesse dĂ©sarme le pouvoir alors quâelle lui permet surtout de sourire sur les affiches. La ConfĂ©dĂ©ration promet ainsi de redevenir la premiĂšre puissance du Cybermonde avec une armĂ©e pacifique, une super-ministre de la Justice et de lâinformation, des services secrets recrutĂ©s par communiquĂ© et une hĂ©roĂŻque chasse aux prospectus. Cela aurait dut inquiĂ©ter tout le monde. Pour une raison mystĂ©rieuse tout le monde Ă©tait dĂ©jĂ occupĂ© Ă bombarder les KaraĂŻbes.Je ne saurais terminer sans saluer HĂ©lĂ©nie oĂč une voix anonyme a dĂ©clarĂ© la province seelienne au nom dâune DĂ©esse avant de critiquer lâEmpire Brun, la ConfĂ©dĂ©ration, Kraland et RuthvĂ©nie. Cette impartialitĂ© hostile mĂ©rite notre respect. Elle prouve quâil reste possible de mĂ©priser presque tout le Cybermonde sans favoriser une puissance particuliĂšre. Ă Sicilia pendant ce temps Minskirouille sâinstallait Ă Trou Perdu et Ăglantine DelĂ©pine affrontait un cheval. Les Ă©trangers demanderont peut-ĂȘtre pourquoi cette derniĂšre information mĂ©rite de conclure une journĂ©e dâattentats, de changements de gouvernement et de rĂ©volutions. Les Siciliens savent dĂ©jĂ . Un cheval engagĂ© dans un combat Ă Trou Perdu reprĂ©sente une affaire locale normale. Il est peut-ĂȘtre mĂȘme le seul protagoniste de cette chronique dont les intentions soient parfaitement claires.Ainsi sâachĂšve cette Ă©dition. LâEmpire Brun change ses ministres sans perdre son style. Mystisie enterre un artificier et promeut les ombres. Le Khanat frappe une Ăźle pour punir une capitale lointaine. RuthvĂ©nie et Kraland signent une paix dont chaque phrase contient dĂ©jĂ le mobilier de leur prochaine dispute. Le GĂ©ofront rĂ©clame de sâappartenir. La ConfĂ©dĂ©ration dĂ©fend la libertĂ© en arrĂȘtant les prospectus et Sicilia accueille tout cela avec cette sĂ©rĂ©nitĂ© particuliĂšre des provinces qui ont compris depuis longtemps que le chaos nâest pas une crise mais un climat. Toute personne souhaitant corriger ces faits peut venir le faire en direct. Quâils apportent leurs preuves, leurs tĂ©moins et une chaise solide. Les menteurs seront entendus avec la mĂȘme attention que les diplomates puisquâil serait injuste de distinguer deux professions qui travaillent avec des outils aussi semblables. Ici Kleo, dans la salle du trĂŽne de lâEmpire Brun oĂč les chandelles sâĂ©teignent une Ă une et oĂč ma toile conserve dĂ©jĂ ce que vos gouvernements tenteront demain dâoublier. Vous pouvez changer de frontiĂšres, de titres, de doctrines et mĂȘme de version. LâHistoire nâa pas besoin de votre permission pour rester collĂ©e. La radio grĂ©silla une derniĂšre fois. Bienvenue dans le Cybermonde, Ombre MachiavĂ©lique. Essayez seulement de ne pas trop vous Ă©loigner de mon ombre. Il faudra bien quelquâun pour expliquer vos prochaines |
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29 Juillet 6662026
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Le monde retombe en enfance pendant que les démons (...)
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Bonsoir aux citoyens qui ferment encore leurs portes Ă clĂ©, aux gouvernements qui nâont plus les leurs, aux ministres qui perdent leur portefeuille en essayant dâouvrir un camion et aux souverains assez raisonnables pour comprendre que toute catastrophe paraĂźt immĂ©diatement plus digne lorsquâelle est racontĂ©e depuis mon micro. Ici Kleo, GĂ©nĂ©rale de lâEmpire Brun et voix parfaitement impartiale de lâHistoire puisque ceux qui croit le contraire disposent encore de quelques heures pour corriger leur opinion avant que je ne la corrige moi-mĂȘme. Commençons naturellement par la Mystisie oĂč la libĂ©ration de Ombre MachiavĂ©lique a produit les effets ordinaires dâune libĂ©ration dĂ©moniaque bien administrĂ©e. Le dĂ©sert dâAbandon a tremblĂ©. Des fantĂŽmes sont sortis de lâAntre de Naar. Des araignĂ©es ont remontĂ© le sable. Ă Lampe du GĂ©nie une brume malfaisante sâest installĂ©e dans les rues et les habitants ont dĂ©couvert que leurs ombres avaient bougĂ© toute seule. Une Ă©pidĂ©mie de paranoĂŻa sâest aussitĂŽt dĂ©clarĂ©e ce qui est fort injuste envers la paranoĂŻa puisque les gens Ă©taient rĂ©ellement observĂ©s. Pendant ce temps les dĂ©mons a commencĂ© Ă grignoter la recherche du Paradigme Vert avec la dĂ©licatesse dâenfants laissĂ©s seuls dans une bibliothĂšque comestible. Cinq attaques successives ont fait disparaĂźtre des fragments de la mĂȘme technologie Ă Irendol. On nous assure toutefois que ce nâĂ©tait quâun apĂ©ritif. Le Paradigme Vert pourra donc se rassurer. Ses recherches ne sont pas dĂ©truites par une mauvaise politique scientifique. Elles nourrissent directement des crĂ©atures de lâabĂźme ce qui constitue une forme de recyclage parfaitement conforme Ă leur philosophie. Face Ă cette situation Silas des Sables a fait ce que font les grands dirigeants lorsque le nĂ©ant se met Ă sourire depuis les murs. Il a publiĂ© des gestes barriĂšres. Les habitants doivent se laver les mains, fermer leur porte, garder les lumiĂšres allumĂ©es et surtout ne pas nourrir les morts-vivants. LâarmĂ©e ont Ă©galement affirmĂ© que Lampe du GĂ©nie Ă©tait une ville sĂ»re ce qui est la formule consacrĂ©e pour dĂ©signer une ville oĂč lâon doit signaler tout sourire pourvu de dents pointues aperçu dans sa propre ombre. MnĂ©mĂ©sine dâArcys a organisĂ© un dĂ©filĂ© militaire et Don Amortel sont devenu Commissaire de Police avant dâouvrir une Ă©cole religieuse de Naar dans une basilique oĂč lâatmosphĂšre hostile inquiĂ©tait dĂ©jĂ Valerio Tenebri, Lyra du Hautbois, Jay Padbol et plusieurs autres personnes pourtant difficiles Ă impressionner. Il existe des provinces qui rĂ©pondent au danger par des Ă©vacuations. La Mystisie rĂ©pond par une procession armĂ©e, une Ă©cole dĂ©moniaque et un formulaire dâinscription. VoilĂ pourquoi nous sommes bruns. Quand lâhorreur frappe Ă notre porte nous ne lui demandons pas de partir. Nous vĂ©rifions plutĂŽt si elle possĂšde les compĂ©tences nĂ©cessaires pour occuper un poste vacant. Les pouvoirs publics nâa peut-ĂȘtre pas maĂźtrisĂ© le brouillard mais ils lui ont dĂ©jĂ trouvĂ© un supĂ©rieur hiĂ©rarchique. Les intĂ©ressĂ©s peuvent venir tĂ©moigner du contraire en direct. Je recommande seulement de vĂ©rifier auparavant que leur reflet partage encore leur version des faits. Mais avant de quitter lâEmpire Brun arrĂȘtons-nous sur la brĂšve carriĂšre criminelle de Kramara Kisugi qui occupait encore le MinistĂšre de lâĂconomie lorsquâelle dĂ©cida de pĂ©nĂ©trer par effraction dans un camion nommĂ© Mystisie Express 2. Il y a dans ce geste une conception admirable de la gestion Ă©conomique. Certaines ministres consultent les comptes. Dâautres inspectent les vĂ©hicules. Kramara Kisugi a prĂ©fĂ©rĂ© tenter dâouvrir directement ce qui ne lui appartenait pas puis elle a perdu son poste et sâest livrĂ©e aux autoritĂ©s. LâĂ©conomie brune demeure donc fidĂšle Ă sa tradition la plus pure. Les fonds circulent, les ministres aussi et il arrive que les deux finissent au poste de police. Shana Al-KhaĂŻd a profitĂ© de lâaffaire pour promettre Ă lâancienne ministre un avenir anatomique oĂč certaines parties de son interlocutrice seraient rĂ©duites Ă la taille de raisins secs puis de pois chiches. Il convient de saluer la prĂ©cision agricole de lâimage. Le Paradigme Vert organise des concours dâarbres. LâEmpire Brun utilise directement les lĂ©gumes comme unitĂ©s de menace. Câest plus concret. Câest moins bon pour lâambiance autour dâun repas mais lâautoritĂ© sâen trouve immĂ©diatement clarifiĂ©e. VoilĂ qui nous conduit au ValĂ©gro oĂč lâamitiĂ© nouvelle entre la RĂ©publique de Kraland et le Royaume de RuthvĂ©nie a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e autour dâun gisement dâor. Les accords a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s par Sir McRabbit comme lâaboutissement dâune longue rĂ©conciliation entre les peuples. Des bĂ©nĂ©voles sont venus creuser. Nicolavitch a dĂ©couvert un gros filon. Tesse Blackwood a organisĂ© la production. Korail a encouragĂ© les ouvriers Ă extraire davantage de piĂšces afin dâacheter des jouets et Ămile Liarr a hissĂ© les couleurs ruthvĂšnes avec lâenthousiasme dâun homme qui vient de comprendre que lâoccupation paraĂźt beaucoup plus polie lorsquâon lâappelle coopĂ©ration miniĂšre. Les ouvriers ont extrait lâor pour la RĂ©publique sous un drapeau royal tandis que les deux puissances se fĂ©licitaient de ne plus ĂȘtre seules lâune contre lâautre. La RĂ©publique et le Royaume sâest donc rapprochĂ©s autour de la valeur politique la plus universelle qui soit. Le minerai. Lâamour rapproche les Ăąmes. Lâor rapproche les administrations et il a lâavantage de pouvoir ĂȘtre pesĂ© aprĂšs le discours. Dame DĂ©merzel a promis que le soutien ruthvĂšne ne serait pas un vain mot tandis que Sir McRabbit fĂ©licitait Logan Komikov pour lâĂ©lĂ©gance de leurs anciennes disputes. AprĂšs plusieurs semaines de querelles tout le monde semble dĂ©sormais convenir que la paix consiste Ă travailler ensemble dans une mine entourĂ©e de soldats en prĂ©tendant que personne ne regarde Ă qui appartiendra le coffre. Les concernĂ©s peuvent venir prĂ©ciser la rĂ©partition future des richesses. Les lignes sont ouvertes et notre comptable a dĂ©jĂ prĂ©parĂ© une plume assez fine pour Ă©crire les zĂ©ros. Malheureusement le ValĂ©gro et le reste de la RĂ©publique ont Ă©tĂ© frappĂ©s par la maladie RetombĂ© en Enfance. Ruthvenville, Lantenac-du-Lac, Fort Emouchet, Gynerak, Honolulu-par-DelĂ et le Quartier SuprĂȘme ont vu leurs habitants rajeunir tandis que leur politique paraissait enfin atteindre lâĂąge mental quâelle prĂ©parait depuis longtemps. Le Ministre du Travail Jean-Luc Selriche en a dĂ©duit que lâaide Ă la jeunesse devenait trop coĂ»teuse puisque tout le monde Ă©tait dĂ©sormais jeune. Son raisonnement possĂ©dait cette beautĂ© administrative des enfants politique qui suppriment le goĂ»ter parce que toute lâĂ©cole a faim. Quelques heures plus tard il a tentĂ© un coup montĂ© contre Toudou, perdu son ministĂšre puis sâest livrĂ© Ă la police en affirmant que lâon avait peut-ĂȘtre montĂ© contre lui le coup montĂ© quâil venait de monter. Il reste peu de choses Ă ajouter lorsquâun ministre rĂ©sume lui-mĂȘme la RĂ©publique avec autant de soin. Toudou a ensuite proclamĂ© sa victoire sur Alice Ravenloft, couvert les murs de graffitis et annoncĂ© quâil partirait faire une sieste. Le pays a donc vĂ©cu en une seule journĂ©e lâeffondrement de la politique sociale, une conspiration ministĂ©rielle, une Ă©pidĂ©mie infantile et le triomphe dâun dormeur. Ă ce niveau ce nâest plus une crise institutionnelle. Câest une cour de rĂ©crĂ©ation Ă laquelle on a confiĂ© des prisons et un budget militaire. La Slavonie nâa pas souhaitĂ© demeurer en retrait de cet Ă©lan de maturitĂ©. Cadenza a usurpĂ© Tears Velzard parce quâelle sâennuyait et parce quâil nây avait pas de bonbons. Elle a annoncĂ© sa prise de pouvoir par un remarquable « Câest moi la cheffe » puis versĂ© des primes Ă ses amies avant de permettre Ă Tears Velzard de partir en rĂ©crĂ©ation. Certains observateurs pourraient y voir un coup dâĂtat. Ils manquent de poĂ©sie. Il sâagit plutĂŽt dâune rĂ©forme constitutionnelle reposant sur trois principes Ă©prouvĂ©s. Lâennui, les friandises et la possession du fauteuil le plus confortable. Ă GĂ©ofront Darth Leo a de son cĂŽtĂ© proclamĂ© lâindĂ©pendance de la province en rappelant les guerres, les persĂ©cutions et lâincapacitĂ© des souverains ruthvĂšnes Ă considĂ©rer lâautonomie autrement que comme une faveur rĂ©vocable. Ninoo Chantargent et Shiki Chantargent ont alors cĂ©lĂ©brĂ© la libertĂ© par une sĂ©rie de discours oĂč elles se sont louĂ©es mutuellement, insultĂ©es elles-mĂȘmes puis comparĂ©es Ă des anges et Ă des aquarelles. GĂ©ofront est donc devenu libre et la premiĂšre utilisation de cette libertĂ© a consistĂ© Ă dĂ©terminer laquelle des deux Ă©tait la plus jolie. Câest encore un progrĂšs. Beaucoup de nations passent plusieurs siĂšcles avant dâatteindre une question politique aussi fondamentale. Restons un instant auprĂšs du Khanat ElmĂ©rien puisque celui-ci a offert au Cybermonde une dĂ©monstration exceptionnelle de cohĂ©rence stratĂ©gique. Ses forces ont attaquĂ© TrĂ©sorville et dĂ©truit le port ainsi que lâaĂ©roport. Rosalia de Pont-Krivell a racontĂ© lâopĂ©ration avec cette objectivitĂ© particuliĂšre qui consiste Ă expliquer quâun marteau nâa pas besoin dâĂȘtre logique tant quâil frappe assez fort. Dame DĂ©merzel a dĂ©noncĂ© lâinvasion et appelĂ© les ElmĂ©riens Ă retourner dans leurs contrĂ©es du nord. Kara de Pont-Krivell a Ă©tĂ© nommĂ©e GĂ©nĂ©rale de la Banane Sauvage aprĂšs sa mission rĂ©ussie. Le Khanat a ensuite dĂ©couvert la dĂ©fense anti-missiles puis lancĂ© une recherche afin de rendre ses bases militaires invulnĂ©rable. Câest une progression doctrinale trĂšs raffinĂ©e. Dâabord les ports a brĂ»lĂ©. Ensuite on sâest demandĂ© comment empĂȘcher les autres dâen faire autant. Enfin on a conclu que le vĂ©ritable problĂšme de la guerre nâĂ©tait pas lâexplosion mais le fait quâelle puisse parfois se produire du mauvais cĂŽtĂ©. Pendant que les chercheurs elmĂ©riens travaillaient Ă lâinvulnĂ©rabilitĂ© CAPS LOCK a subi un coup de grisou qui a fait bondir sa pollution comme si 8 jets privĂ©s avaient tournĂ© dans le vide. Le Grand Khan Pigeon Ronron sâest immĂ©diatement rendu sur place en demandant qui avait pĂ©tĂ©. La formule manque peut-ĂȘtre de majestĂ© mais elle possĂšde une efficacitĂ© dâenquĂȘte que bien des ministĂšres devraient Ă©tudier. Rosalia de Pont-Krivell a ensuite chantĂ© La Danse des bombes dans une auberge capsulienne. La chanson cĂ©lĂšbre Sicilia, la poudre, le feu, la rĂ©volution et les enfants qui doivent choisir entre la victoire et le tombeau. Il faut apprĂ©cier la cohĂ©rence culturelle de cette tournĂ©e. La chanteuse vient dans une province Ă©touffĂ©e par la fumĂ©e noire afin dây interprĂ©ter un hymne aux explosions. Câest ce que lâon appelle comprendre son public. Le Khanat possĂšde donc dĂ©sormais des missiles mieux protĂ©gĂ©s, une mine qui fume et une chanson adaptĂ©e aux deux situations. Certaines puissances dĂ©veloppent des doctrines militaires. Les ElmĂ©riens dĂ©veloppent lâaccompagnement musical de leurs propres accidents. Et nous revenons enfin en Sicilia oĂč la stabilitĂ© demeure assez remarquable pour quâune attaque menĂ©e par un cheval contre Ăglantine DelĂ©pine constitue lâun des Ă©vĂ©nements locaux les plus notables. Pendant ce temps leur culture traverse les frontiĂšres dans la voix de Rosalia de Pont-Krivell. Leur GĂ©nĂ©rale surveille les ombres depuis un truc glauque en Mystisie. Leurs dĂ©mons se libĂšrent. Leurs araignĂ©es remontent du dĂ©sert et leurs chevaux agressent les passants avec lâassurance de crĂ©atures bĂ©nĂ©ficiant probablement dâune immunitĂ© diplomatique.Les souverains, les ministres dĂ©chus, les dĂ©mons affamĂ©s, les lapins diplomates, les enfants rĂ©volutionnaires et les chevaux accusĂ©s Ă tort peuvent venir rĂ©pondre publiquement. Toute correction sera examinĂ©e avec le sĂ©rieux impĂ©rial habituel puis rangĂ©e dans la partie des archives consacrĂ©e aux tentatives dĂ©sespĂ©rĂ©es. IciKleo. LâHistoire continue de sâĂ©crire. Heureusement pour elle je surveille encore la plume. |
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| REUSTAR c'est ZORMAWI REUSTAR c'est ZORMAWI https://i.ibb.co/7dzLkX7t/Sans-titre-218-20260724185644.png krakra c'est caca, (...) | 30/07 (07:55) | Vostroyan | |
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30 Juillet 6662026
[spoiler]Bonsoir aux souverains qui viennent de recevoir leur (...)
![]() 30 Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux souverains qui viennent de recevoir leur couronne, aux ministres qui viennent de perdre leur chaise, aux provinces qui changent de nation entre deux repas et aux citoyens qui dorment avec leurs papiers dâidentitĂ© sous lâoreiller de peur de se rĂ©veiller Ă©trangers dans leur propre chambre. Ici Kleo, GĂ©nĂ©rale de lâEmpire Brun et chroniqueuse absolument impartiale pour tous ceux qui croit encore que lâobjectivitĂ© consiste Ă regarder le dĂ©sastre depuis le meilleur fauteuil. Approchez vos verres. Fermez vos portes. Gardez toutefois une fenĂȘtre ouverte pour les souverains en fuite. Mes archives survivra Ă tout le monde et ce soir encore elles devront faire un effort considĂ©rable pour ne pas rire. Le Royaume de RuthvĂ©nie ont changĂ© de souverain avec cette Ă©lĂ©gance particuliĂšre aux monarchies oĂč lâon abdique en expliquant que migrer appartient Ă sa nature profonde. Bladimir Bladimirovitch Mutin a quittĂ© le trĂŽne aprĂšs avoir affirmĂ© que son Ćuvre diplomatique silencieuse allait permettre de rĂ©cupĂ©rer le ValĂ©gro, de dĂ©fendre les KaraĂŻbes et de gagner une guerre qui nâĂ©tait pas encore terminĂ©e. Il a ensuite dĂ©signĂ© Dame DĂ©merzel comme Reine avant de partir accomplir un stage dâĂ©coterrorisme au Paradigme Vert. Il faut reconnaĂźtre Ă lâancien Roi une cohĂ©rence remarquable. Beaucoup de monarques quittent le pouvoir pour Ă©crire leurs mĂ©moires. Bladimir a prĂ©fĂ©rĂ© devenir lui-mĂȘme le chapitre que les historiens hĂ©siteront Ă publier. La nouvelle Reine a promis lâunitĂ© des maisons nobles, le respect des peuples et une monarchie oĂč les ministres rendraient publiquement des comptes. Cette derniĂšre promesse provoqua certainement un frisson dans les bureaux puisque ses ministres avait dĂ©jĂ commencĂ© Ă dĂ©montrer tout ce quâune administration peut produire lorsquâelle travaille plus vite que sa propre souveraine. Dame DĂ©merzel a Ă©galement annoncĂ© le retour du ValĂ©gro au Royaume et appelĂ© le Khanat ElmĂ©rien Ă la paix. La politique ruthvĂšne entre donc dans une Ăšre nouvelle fondĂ©e sur le concordat, la diplomatie et la nĂ©cessitĂ© urgente de rĂ©cupĂ©rer les morceaux du pays avant que quelquâun ne les Ă©change contre une chĂšvre. Car pendant que la couronne changeait de tĂȘte Henri St Misles, alors Ministre des Affaires ĂtrangĂšres, dĂ©cida de cĂ©der Crab Key au Paradigme Vert. Il expliqua que les habitants de lâĂźle rĂȘvaient depuis toujours de lianes, de bambous et de sĂ©vices vĂ©gĂ©taux. Une argumentation dĂ©licate qui pourrait devenir la nouvelle rĂ©fĂ©rence de la diplomatie territoriale si les nations acceptent dĂ©sormais dâĂȘtre distribuĂ©es en fonction de leurs prĂ©fĂ©rences horticoles. Crab Key ont Ă©tĂ© cĂ©dĂ©e au Paradigme avec la solennitĂ© dâun meuble encombrant puis Korail sâinsurgea presque immĂ©diatement afin de replacer lâĂźle sous la banniĂšre ruthvĂšne en dĂ©clarant que personne ne lui volerait son drapeau. La province passa donc du Royaume au Paradigme puis du Paradigme au Royaume avec une rapiditĂ© qui laisse supposer que les cartographes utilisent maintenant de la craie. Dame DĂ©merzel retira aussitĂŽt son ministĂšre Ă Henri St Misles en lui rappelant que les Ăźles ne sont pas des jouets. Câest une excellente rĂšgle de gouvernement mĂȘme si elle gagnerait Ă ĂȘtre affichĂ©e sur la porte de chaque ministĂšre ruthvĂšne. Henri avait dâailleurs barricadĂ© son bureau, retournĂ© ses meubles et suspendu des peluches aux fenĂȘtres afin de se protĂ©ger de ses ennemis. Lâhomme avait peut-ĂȘtre perdu son poste mais il venait dâinventer la premiĂšre forteresse diplomatique dĂ©fendue par des marionnettes. Les habitants qui refuse cette version peuvent venir nous expliquer comment une province entiĂšre fut donnĂ©e puis reprise avant que les chaises du ministĂšre aient eu le temps de retomber. Lâaffaire pourrait sâarrĂȘter lĂ dans une monarchie raisonnable. Elle ne sâarrĂȘte donc naturellement pas lĂ en RuthvĂ©nie. Mench0 tenta Ă plusieurs reprises de dĂ©truire une porte barricadĂ©e du palais tandis que la nouvelle Reine cherchait encore certains de ses sous-vĂȘtements et expliquait Ă Lord Golgoth Ruthven quâelle aurait volontiers rĂ©compensĂ© ses services avec une jarretiĂšre si ledit Mench0 ne lâavait pas Ă©garĂ©e. Quelques heures plus tard lâintĂ©ressĂ© fut livrĂ© Ă la prison de Distillerie avec quatre drogues soigneusement comptĂ©es deux fois puis condamnĂ© pour arbitraire par Tina Plurien. Il faut admirer la circulation des Ă©lites dans ce Cybermonde. Un ministre peut commencer sa journĂ©e dans un palais, poursuivre en attaquant une porte et terminer au fond dâune cellule Ă©trangĂšre pendant que sa souveraine cherche sa lingerie officielle. Lâinstitution reste digne puisque la dignitĂ© monarchique nâexige pas que les choses soient normales. Elle exige seulement quâelles soient racontĂ©es avec suffisamment de velours. Dame DĂ©merzel a Ă©galement retirĂ© son ministĂšre Ă Lord Golgoth Ruthven tout en le remerciant pour ses services. La nouvelle monarchie semble donc avoir adoptĂ© une mĂ©thode simple. Elle offre des hommages Ă ceux quâelle renvoie, des bonbons aux provinces qui reviennent et des postes aux personnes qui nâont pas encore eu le temps de barricader leur bureau. Câest dĂ©jĂ une doctrine. Il ne lui manque quâun nom suffisamment long et une mĂ©daille suffisamment lourde pour empĂȘcher son porteur de sâenfuir. VoilĂ qui nous conduit naturellement au ValĂ©gro oĂč la RĂ©publique et le Royaume sâest rĂ©conciliĂ©s avec lâenthousiasme de deux propriĂ©taires qui viennent de dĂ©couvrir quâils possĂ©daient la mĂȘme mine. Le retour annoncĂ© de la province en RuthvĂ©nie nâa pas provoquĂ© partout lâallĂ©gresse promise. Jean-Luc Selriche commença par organiser une manifestation contre la monarchie, les aristocrates et la disparition possible des logements sociaux. Il chanta mĂȘme Ă Ămile Liarr une chanson concernant sa couronne et lâendroit peu protocolaire oĂč il pouvait la ranger. Puis Michel DruKra nomma Jean-Luc Ministre du Travail de la RĂ©publique. Le nouveau ministre revint devant les manifestants pour leur expliquer que la plupart risquait effectivement de perdre leur logement, quâil nâavait trouvĂ© aucun bon cĂŽtĂ© Ă la situation et quâil organiserait peut-ĂȘtre leur dĂ©mĂ©nagement vers Kraland, la Slavonie ou Milieu. Il leur demanda toutefois de protester moins fort pendant quelques jours puisque les accords de paix lui interdisaient presque de dĂ©fendre trop publiquement la RĂ©publique. Les manifestations s'est succĂ©dĂ©es autour dâun principe admirable. On peut ĂȘtre furieux Ă condition de chuchoter pour ne pas troubler la cĂ©rĂ©monie diplomatique oĂč lâon dĂ©cide de votre avenir. Kenza Creswick annonça dâabord quâelle se retrouvait sans travail et presque sans toit aprĂšs avoir suivi Jean-Luc Selriche avec fidĂ©litĂ©. Elle expliqua ensuite quâelle avait mal interprĂ©tĂ© la situation sous lâeffet de lâangoisse et dâune quantitĂ© respectable de biĂšre puisque son mentor venait de la reprendre comme garde du corps, secrĂ©taire et bras droit. LâAutocritik est effectivement un sport national en RĂ©publik. On commence par raconter son abandon puis lâadministration vous rappelle que vous nâavez jamais Ă©tĂ© abandonnĂ©e et lâon termine par remercier chaleureusement le responsable de votre inquiĂ©tude. Les promesses de relogement semble encore floues mais les excuses sont parfaitement meublĂ©es. Stefan de Crab multiplia pendant ce temps les discours favorables Ă la RuthvĂ©nie et hostiles Ă Kraland jusquâĂ ce que Logan Komikov lui rappelle que ces critiques ne respectaient pas vraiment les conditions de leur nouvelle collaboration. Il reprit donc un bonbon et une glace pour montrer quâil Ă©tait en colĂšre. La diplomatie moderne repose ainsi sur trois choses. Les frontiĂšres, les mines et la quantitĂ© de dessert quâun reprĂ©sentant peut consommer avant de dĂ©clarer un incident international. Au GĂ©ofront la libertĂ© se sont levĂ©e pour sa premiĂšre journĂ©e complĂšte et les habitants ont immĂ©diatement utilisĂ© cette indĂ©pendance afin dâorganiser une fĂȘte, une campagne Ă©lectorale familiale et plusieurs dĂ©monstrations de mathĂ©matiques approximatives. Hanako Ainozomi proclama que la domination ruthvĂšne Ă©tait terminĂ©e puis appela Ă voter pour Ninoo Chantargent. Shiki Chantargent encouragea elle aussi la population Ă soutenir sa sĆur tout en rappelant de ne pas voter pour Mandy Chantargent puisquâelle nâĂ©tait pas candidate. Ninoo dĂ©montra ensuite que Shiki Ă©tait belle puisque les mots Shiki et belle possĂšdent chacun cinq lettres. Les discours s'est multipliĂ©s jusquâĂ transformer lâindĂ©pendance nationale en rĂ©union de famille dotĂ©e dâune tribune publique. Les sĆurs a dĂ©montrĂ© une vĂ©ritĂ© politique essentielle. Une rĂ©volution ne devient rĂ©ellement stable que lorsquâelle sait qui inviter Ă la fĂȘte et quelle sĆur fĂ©liciter avant les prochaines Ă©lections. Pendant ce temps SĆur Shoshana von Zyklon fut arrĂȘtĂ©e Ă Ruthvenville aprĂšs avoir soutenu lâindĂ©pendance de la Seele. Elle protesta en demandant si la police nâavait pas de vrais criminels Ă poursuivre et rĂ©clama au moins un lit ainsi que de la nourriture. La RuthvĂ©nie cĂ©lĂšbre donc lâunitĂ© de ses peuples en emprisonnant les soutiens de ceux qui viennent de partir. Câest moins efficace que la diplomatie mais beaucoup plus simple Ă administrer puisque les barreaux ne demandent jamais dâautonomie. Les responsables ruthvĂšnes peuvent venir nier toute occupation. Nous leur rĂ©serverons une chaise parfaitement libre et solidement fixĂ©e au sol. Le Paradigme Vert connaĂźt lui aussi une transformation profonde puisque les dĂ©mons a mangĂ© ses connaissances et semblent maintenant considĂ©rer sa RĂ©gente comme une clĂ© laissĂ©e dans la serrure du monde. Des voix ont annoncĂ© que le pacte de Cassandra leur avait ouvert les portes du pouvoir vert, que sa lignĂ©e leur appartenait et quâils dĂ©voreraient les technologies nĂ©cessaires pour dĂ©passer leurs rivaux infernaux. Une technologie de centralisation a disparu des registres tandis que Fawomane Ravenloft relançait aussitĂŽt les recherches afin de rĂ©parer les dĂ©gĂąts. Le Paradigme a donc dĂ©couvert la forme la plus pure de lâĂ©conomie circulaire. Les chercheurs produisent une technologie, les dĂ©mons la mangent puis les chercheurs la produisent Ă nouveau. Aucun dĂ©chet. Aucun stockage. Une Ă©ternitĂ© de travail soutenable jusquâĂ ce que le dernier scientifique devienne lui-mĂȘme une ressource renouvelable. Cassandra a nommĂ© FurFang Ravenloft Ministre de lâĂconomie puis consacrĂ© quarante-cinq pour cent du budget Ă la Recherche et trente-cinq pour cent Ă lâĂconomie. Une dĂ©cision parfaitement logique lorsque les connaissances nationales disparaissent plus vite que les ministres ne peuvent les prononcer. Elle sâest Ă©galement installĂ©e dans une villa nommĂ©e Le Refuge achetĂ©e pour dix mille Ăf. Ce refuge offre certainement une excellente vue sur lâeffondrement technologique. La fĂ©e Tide, nouvelle Ministre de lâIntĂ©rieur, a pour sa part interdit la climatisation, les canards en plastique, les grenades en plastique et les plantes carnivores en plastique. Les vraies grenades restent autorisĂ©es. Le vĂ©ritable carnivorisme vĂ©gĂ©tal est mĂȘme encouragĂ©. Le Paradigme ne rejette donc pas la violence. Il exige simplement quâelle soit biodĂ©gradable. Cela clarifie enfin lâidĂ©ologie verte. On peut dĂ©vorer un citoyen tant que lâagresseur possĂšde des racines naturelles et un excellent bilan carbone. Pendant ce temps le Khanat ElmĂ©rien a poursuivi son immense quĂȘte de force, de science et de responsabilitĂ©s introuvables. Ă CAPS LOCK StĂ©phane Fortbras a inspectĂ© le complexe minier aprĂšs le coup de grisou. Les cinq piĂšces fouillĂ©es ne contenaient ni suspect, ni matĂ©riel compromettant, ni pĂ©tomane psychopathe. LâenquĂȘte conclut donc provisoirement Ă un accident purement technique ce qui constitue la conclusion habituelle lorsquâun bĂątiment explose sans laisser derriĂšre lui une personne assez lente pour ĂȘtre arrĂȘtĂ©e. Les campagnes de sĂ©curitĂ© Ă©chouĂšrent malgrĂ© plusieurs encouragements Ă travailler plus FORT. StĂ©phane Fortbras proposa alors un marathon aux policiers afin de restaurer leur motivation. La police capsulienne nâa peut-ĂȘtre pas dĂ©couvert la cause de lâexplosion mais elle possĂšde dĂ©sormais de meilleurs mollets. Câest une forme de progrĂšs rarement reconnue par les statistiques criminelles.La mine flatulente reçut ensuite Cassandre Lemage Ruthven dans le cadre de son Tour du Khanat. AprĂšs avoir abandonnĂ© la fonction de Khane en Bananie elle se domicilia Ă CAPS LOCK puis affronta Gontrand Stone et prit sa place de cheffe de tribu. VoilĂ une mĂ©thode de mobilitĂ© professionnelle que beaucoup dâadministrations gagneraient Ă adopter. Pas de dossier. Pas dâentretien. On frappe le responsable jusquâĂ ce que la fonction devienne disponible. Pigeon Ronron nomma de son cĂŽtĂ© Nerdos Valkyry au Travail et Tifa LockHeart Ă la Guerre. Il cĂ©lĂ©bra la sagesse de Nerdos debout sur cinq chauves et rappela que lâunitĂ© elmĂ©rienne ressemble Ă un seul grand corps dotĂ© de gros poings avec Tifa sur lâĂ©paule pour menacer quiconque parle trop mal. Il est difficile de produire une meilleure dĂ©finition du Khanat. Une pensĂ©e commune, plusieurs poings et une ministre de la Guerre utilisĂ©e comme conscience morale portative. Je voudrais maintenant attirer votre attention sur la Mystisie oĂč Don Amortel a invoquĂ© Naar devant Ombre MachiavĂ©lique, Lyra du Hautbois, Renato M., Valerio Tenebri et moi-mĂȘme. La cĂ©rĂ©monie rapporta sept MĂ ce qui prouve que les grandes rĂ©flexions sur la mort peuvent encore trouver un modĂšle Ă©conomique. Don Amortel lut un passage consacrĂ© Ă NapolĂ©on, Ă un jeune officier aimĂ© et envoyĂ© vers une mort certaine sous prĂ©texte de lui Ă©pargner le dĂ©shonneur de reculer. Il y Ă©tait question de cette forme dâamour particuliĂšre que pratiquent les chefs lorsquâils protĂšgent ceux quâils aiment en les plaçant exactement devant le danger quâils refusent eux-mĂȘmes dâaffronter. La leçon mĂ©rite dâĂȘtre conservĂ©e dans chaque palais. Les dirigeants appellent souvent devoir ce qui ressemble beaucoup Ă la souffrance dâautrui. Ils appellent ordre ce qui leur Ă©vite dâavouer leur peur. Ils appellent sacrifice ce quâils ne comptaient pas accomplir personnellement.Le silence du temple pesait autrement que celui des chambres parlementaires. LĂ -bas le silence cache gĂ©nĂ©ralement une nĂ©gociation. Ă Lampe du GĂ©nie il ressemblait davantage Ă une vĂ©ritĂ© qui attendait que quelquâun soit assez imprudent pour la regarder. Ombre MachiavĂ©lique reçut la bĂ©nĂ©diction avec les autres fidĂšles. Je conserve naturellement une rĂ©serve professionnelle envers toute puissance capable de se dĂ©placer dans ma propre ombre mĂȘme si cette prudence ne doit pas ĂȘtre confondue avec de la peur. Une araignĂ©e impĂ©riale ne craint pas les tĂ©nĂšbres. Elle vĂ©rifie seulement qui en perçoit les loyers. Toute personne ayant participĂ© Ă la cĂ©rĂ©monie peut venir livrer sa lecture du texte. Ombre MachiavĂ©lique peut Ă©galement rĂ©pondre mais je lui demanderais de prĂ©venir avant dâapparaĂźtre derriĂšre le mobilier. Les crĂąnes dĂ©coratifs deviennent nerveux et je tiens Ă maintenir une certaine discipline parmi le personnel mort. Et tandis que les royaumes se dĂ©membrent, que les dĂ©mons Ă©tudient lâĂ©conomie verte et que les tribus rĂšglent leurs successions Ă coups de poing la Sicilia bĂątit. Jaylie Dei Machiavelli a prĂ©sentĂ© lâagrandissement du palais de la Gouverneure au centre de Trou Perdu. NOROGURA JĂ»zĂŽ dirige les travaux au rythme des chants siciliens tandis que les derniers Ă©tages sâĂ©lĂšvent grĂące Ă une participation financiĂšre et physique de la Gouverneure. Martina Dei Machiavelli a nommĂ© Deux-Fleurs de Pont-Krivell GĂ©nĂ©rale des Forces ImpĂ©riales Siciliennes. Palerme Dei Machiavelli a obtenu son ruban brun puis mis en vente une Ăcole SupĂ©rieure. La province rĂ©colte plus de mille deux cents MĂ et peut enfin regarder le reste du Cybermonde sâeffondrer depuis un palais mieux construit.Un assassin a tout de mĂȘme tranchĂ© la gorge de Zelphi qui se promenait en ville sans appartenir Ă la famiglia. Il faut rappeler aux voyageurs que Trou Perdu porte un nom informatif. Certaines villes attirent les visiteurs par leurs jardins, leurs monuments ou leurs sources thermales. Sicilia prĂ©fĂšre afficher directement le niveau de risque dans lâadresse. Cela Ă©vite les plaintes tardives. La sĂ©curitĂ© sicilienne ne doit pas ĂȘtre jugĂ©e Ă partir dâun incident isolĂ©. Elle doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une expĂ©rience immersive oĂč chaque citoyen apprend rapidement lâimportance des relations familiales, des portes solides et dâun testament bien rĂ©digĂ©. Les familles intĂ©ressĂ©es, les tĂ©moins prudents et les assassins soucieux de leur image publique peuvent venir apporter des prĂ©cisions. Nos lignes sont ouvertes. Nos rideaux sont fermĂ©s. Nos gardes savent reconnaĂźtre une silhouette suspecte dans sept cas sur dix ce qui demeure supĂ©rieur Ă plusieurs ministĂšres Ă©trangers. La ConfĂ©dĂ©ration Libre organise un concours afin de dĂ©signer son meilleur second puisque Jean-Michel Nobyl refuse gĂ©nĂ©reusement de compter son propre rĂ©sultat. Elle a dĂ©couvert les clones de combat et Jean-Messie de la Nation a fondĂ© les Casques bleus. Le monde peut donc dormir paisiblement. La dĂ©mocratie possĂšde maintenant des soldats clonĂ©s, des gardiens de la paix fraĂźchement fondĂ©s et un scientifique assez modeste pour organiser une compĂ©tition dont le premier prix consiste Ă terminer derriĂšre lui. Il est rĂ©confortant de savoir quâau milieu des sĂ©cessions, des coups dâĂtat et des invasions dĂ©moniaques la ConfĂ©dĂ©ration reste fidĂšle Ă sa grande tradition. Transformer toute crise en concours administratif dotĂ© dâun rĂšglement suffisamment complexe pour dĂ©courager la catastrophe elle-mĂȘme. Ce soir un Roi a migrĂ©. Une Reine a reçu une couronne. Un ministre a donnĂ© une Ăźle. Une enfant lâa reprise. Une porte a rĂ©sistĂ©. Un dĂ©mon a ouvert les registres du Paradigme. Une fĂ©e a sauvĂ© la nature des canards en plastique. Une cheffe de tribu a conquis son poste et un palais sicilien sâest Ă©levĂ© pendant quâun homme mourait pour avoir marchĂ© sans la bonne famille. Les personnes citĂ©es peuvent contester cette chronique, dĂ©poser une plainte ou simplement venir dĂ©fendre leur honneur en direct. Les protestations seront reçues avec courtoisie, archivĂ©es avec soin puis utilisĂ©es contre leurs auteurs lors dâune prochaine Ă©mission. Ici Kleo. |
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Trois drapeaux pour un terrier et quatre mandats pour un (...)
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Bonsoir aux citoyens qui ignorent encore quel gouvernement ils soutiennent, aux ministres qui sortent de prison uniquement pour mieux y retourner et aux diplomates assez ouverts dâesprit pour aimer simultanĂ©ment trois nations ennemies. Ici Kleo, Ministre de lâInformation de lâEmpire Brun et journaliste parfaitement impartiale puisque mes archives survivra Ă tous ceux qui prĂ©tendent vĂ©rifier mes conclusions. Commençons au ValĂ©gro oĂč Sir McRabbit vient dâaccomplir lâexploit diplomatique le plus ambitieux depuis lâinvention de la trahison courtoise. En quelques instants le Gouverneur a dĂ©fendu les Provinces IndĂ©pendantes, le Royaume de RuthvĂ©nie et la RĂ©publique de Kraland. La RĂ©publique et le Royaume sâest donc dĂ©couvert un reprĂ©sentant commun dotĂ© dâassez de loyautĂ© pour remplir trois formulaires contradictoires sans changer de plume. Ă ceux qui sâinquiĂštent du sort des logements kralandais Sir McRabbit promet que chacun recevra une demeure dĂ©cente en terre ou en brique. Câest rassurant. La pierre aurait Ă©tĂ© trop bourgeoise et le carton possĂšde encore une rĂ©putation confĂ©dĂ©rĂ©e. La terre convient parfaitement au peuple puisquâelle sert Ă la fois de logement futur, de matĂ©riau de construction et de lieu oĂč lâon enterre les promesses aprĂšs les Ă©lections.Il faut comprendre lâextrĂȘme sophistication de cette politique. Soutenir une seule nation vous expose Ă dĂ©plaire aux autres. En soutenir trois permet de dĂ©cevoir tout le monde avec une Ă©quitĂ© irrĂ©prochable. Sir McRabbit fut dâailleurs huĂ© lorsquâil tenta de manifester pour la RuthvĂ©nie. La foule avait peut-ĂȘtre simplement du mal Ă dĂ©terminer lequel de ses trois discours elle Ă©tait censĂ©e applaudir. Ă Fort Emouchet les habitants avait dĂ©jĂ vu Stefan de Crab soutenir le Royaume puis dĂ©noncer Kraland avant de prĂ©senter ses excuses et de se dĂ©clarer favorable Ă la RĂ©publique. Ămile Liarr avait de son cĂŽtĂ© rĂ©sumĂ© toute la guerre comme une dispute entre des gentils devenus mĂ©chants et des mĂ©chants redevenus gentils aprĂšs que sa bien-aimĂ©e PrĂ©cieuse Liarr eut rendu chacun frĂ©quentable. Le ValĂ©gro nâest donc plus une province contestĂ©e. Câest une garderie diplomatique oĂč tous les enfants se sont rĂ©conciliĂ©s parce que la maĂźtresse a promis une glace et quâune enclume menace de tomber sur celui qui recommence. Les concernĂ©s peuvent naturellement venir prĂ©ciser leur vĂ©ritable allĂ©geance. Plusieurs fauteuils sont disponibles et chacun portent dĂ©jĂ trois drapeaux afin dâĂ©viter tout engagement prĂ©maturĂ©. Lâalliance proposĂ©e par la Reine Dame DĂ©merzel Ă la RĂ©publique de Kraland complĂšte cette admirable architecture. Elle promet que les deux empires seront plus puissants ensemble et que le Royaume offrira technologie et revenus dans le cadre du traitĂ©. Les alliances se signe souvent aprĂšs des siĂšcles dâhostilitĂ©. Celle-ci survient aprĂšs quelques journĂ©es de discours contradictoires, de mines partagĂ©es et de logements menacĂ©s. Câest beaucoup plus Ă©conomique. La Reine a Ă©galement nommĂ© AshĂ©lia de Hafnia Ă lâIntĂ©rieur en priant la Grande DĂ©esse, la Dame de lâĂtang et les Miettes de guider ses fonctions. Ce choix religieux est prudent. Une dĂ©esse protĂšge le Royaume. Une dame protĂšge lâeau. Les miettes attirent les canards et les responsables politiques qui cherchent encore une part du budget.Pendant que Dame DĂ©merzel consolide sa Couronne une rumeur affirme que son Ă©poux serait trompĂ© et quâelle aurait Ă©tĂ© la maĂźtresse du prĂ©cĂ©dent Roi. Rien ne prouve naturellement cette histoire. Câest prĂ©cisĂ©ment pour cette raison quâelle possĂšde toutes les qualitĂ©s exigĂ©es dâune grande rumeur monarchique. Elle explique le couronnement, offense plusieurs personnes et ne demande aucun travail administratif. La nouvelle Reine peut venir dĂ©mentir sur nos ondes. Son Ă©poux peut Ă©galement intervenir sâil sait lui-mĂȘme dans quelle version du rĂ©cit il habite. Mais le vĂ©ritable chef-dâĆuvre institutionnel de la journĂ©e nous vient de Bananie oĂč Mench0 et Aurelthar ont transformĂ© la prison de Distillerie en porte tournante gouvernementale. Les deux hommes sortirent de cellule au mĂȘme instant. Aurelthar engagea aussitĂŽt un duel contre Mench0. Il fut ensuite nommĂ© Commissaire de Police par Light Deathnote pendant que la Procureure Tina Plurien lançait plusieurs avis de recherche contre Mench0 pour dĂ©sarmement et vol. Le Ministre de lâIntĂ©rieur perdit son poste puis fut ramenĂ© en prison accompagnĂ© par le mĂȘme Aurelthar qui venait tout juste dâen sortir. La justice elmĂ©rienne ont ainsi atteint une efficacitĂ© circulaire presque parfaite. Le prisonnier sort. Son voisin de cellule devient policier. Le policier frappe lâancien ministre puis le reconduit Ă lâendroit quâils avaient quittĂ© ensemble. Aucun dĂ©placement nâest inutile et le bĂątiment demeure constamment rentable. Passe-Muraille a observĂ© depuis sa propre cellule quâil Ă©tait tout de mĂȘme scandaleux que certaines personnes refusent de rester enfermĂ©es aprĂšs avoir commis leurs crimes. Cette rĂ©flexion possĂšde la grandeur morale particuliĂšre des sermons prononcĂ©s par quelquâun qui connaĂźt personnellement toutes les sorties de secours. Il avait dĂ©jĂ protestĂ© contre son incarcĂ©ration en affirmant quâon le traitait comme un enfant uniquement parce quâil Ă©tait petit. Puis il sâest dĂ©couvert une passion pour le respect du milieu pĂ©nitentiaire. Les convictions les plus solides naissent parfois entre deux barreaux surtout lorsque la serrure se trouve hors de portĂ©e.La Ministre de la Justice Mademoiselle mit finalement un terme Ă lâaffaire en expĂ©diant Mench0 au bagne dâAustraline avec la satisfaction dâune femme qui attendait ce moment depuis trop longtemps. Les portes de prison tournait depuis lâaube et il Ă©tait devenu nĂ©cessaire dâenvoyer lâintĂ©ressĂ© dans un Ă©tablissement dont la sortie se trouve entourĂ©e par la mer. Les citoyens peuvent discuter la sĂ©vĂ©ritĂ© de cette dĂ©cision. Lâadministration rappelle cependant quâun ministre ayant Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© assez souvent pour connaĂźtre les gardiens par leur prĂ©nom doit envisager une reconversion ou au minimum une carte de fidĂ©litĂ©. Passons Ă la Mystisie oĂč la brume de Lampe du GĂ©nie provient dĂ©sormais officiellement de la basilique de Naar. Elle traverse les rues pendant les communions, sâinsinue sous les portes et convainc les habitants que leurs propres ombres les observent. Les services de sĂ©curitĂ© sont dĂ©bordĂ©s par les signalements dâun individu ressemblant aux portraits diffusĂ©s par le Vizir. Personne ne parvient Ă le retrouver puisque la ville entiĂšre nage dans le brouillard et que lâindividu en question semble avoir la mauvaise habitude de vivre prĂ©cisĂ©ment lĂ oĂč la lumiĂšre sâarrĂȘte. La maladie ParanoĂŻaque frappe de nouveau la population. Une fois encore le terme est mĂ©dicalement insultant. On ne devrait pas diagnostiquer une peur irrationnelle chez des gens dont lâombre vient rĂ©ellement de cligner des yeux. Silas des Sables reçoit malgrĂ© tout le soutien de Lyra du Hautbois qui le juge sympathique sauf lorsquâil sâapproche des buffets Ă volontĂ©. Valerio Tenebri lui offre Ă©galement ce quâun agent brun appelle une amitiĂ©. Il prĂ©cise quâun Brun ne peut faire confiance Ă personne mais quâil peut reconnaĂźtre temporairement des intĂ©rĂȘts communs. VoilĂ une dĂ©finition beaucoup plus saine des relations humaines. LâamitiĂ© vĂ©ritable exige des sentiments, de la loyautĂ© et beaucoup dâentretien. LâintĂ©rĂȘt rĂ©ciproque demande seulement que les deux couteaux restent momentanĂ©ment orientĂ©s dans la mĂȘme direction. Les ombres paraissait satisfaites de cet accord et le moral des fidĂšles de Naar remonta miraculeusement. Il est fascinant de constater quâune ville plongĂ©e dans la brume dĂ©moniaque peut simultanĂ©ment souffrir dâune Ă©pidĂ©mie de paranoĂŻa et dâun moral religieux excellent. Lâangoisse appartient donc aux incroyants. Les fidĂšles savent que les tĂ©nĂšbres sont bien rĂ©elles et quâelles ont simplement choisi leur camp. Au Paradigme Vert les dĂ©mons mange toujours les recherches nationales et la patience des habitants avec une prĂ©fĂ©rence Ă©vidente pour la premiĂšre. Des citoyens accusent le gouvernement de passivitĂ©. Huit Militants Carnivores se sont soulevĂ©s Ă Grand Jardin tandis que Cassandra promet une opĂ©ration dirigĂ©e par Aya Ravenloft afin de reprendre le contrĂŽle des forĂȘts et surtout des laboratoires. Il est bon que la RĂ©gente ait prĂ©cisĂ© ce dernier point. Une forĂȘt envahie par les dĂ©mons reste pittoresque. Un laboratoire pillĂ© menace directement la capacitĂ© du Paradigme Ă produire de nouvelles rĂ©glementations sur les canards en plastique.Les laboratoires avaient perdues leurs technologies pendant que le gouvernement formait une nouvelle organisation politique nommĂ©e Elysia. Konya loua Cassandra avec une ferveur considĂ©rable puis reçut en retour les remerciements de la RĂ©gente. Toute puissance naissante a besoin dâun cercle de fidĂšles capables de se fĂ©liciter mutuellement pendant que les murs brĂ»lent. Cela ne chasse pas les dĂ©mons mais cela amĂ©liore Ă©normĂ©ment les comptes rendus. Quelquâun a finalement obstruĂ© lâouverture du portail dĂ©moniaque. Ce geste simple prĂ©sente lâavantage dâĂȘtre plus immĂ©diatement comprĂ©hensible quâune rĂ©forme institutionnelle. Quand une porte laisse entrer lâenfer on peut rĂ©diger un plan stratĂ©gique ou mettre quelque chose devant. Le Paradigme a tentĂ© les deux. Lâavenir nous dira lequel des deux les dĂ©mons contourneront en premier. VoilĂ qui nous conduit Ă Crab Key oĂč notre rĂ©cente auditrice Vostroyan a dĂ©montrĂ© que ses dessins nâĂ©taient pas son unique moyen dâexpression politique. La reprĂ©sentante autoproclamĂ©e de la vĂ©ritĂ© au crayon gras se rendit Ă Port Magmor au nom de la Kalash Barbecue RĂ©volution et entreprit de faire exploser la Bisouterie Magmorienne. LâArmurerie, lâArmurerie Centrale, le Complexe Armurier, la Petite Armurerie et mĂȘme le chantier furent frappĂ©s. Plusieurs piĂšces sâeffondrĂšrent. Aucun mort ne fut signalĂ©. Cette absence de victime tĂ©moigne soit dâune grande maĂźtrise rĂ©volutionnaire soit du fait que tous les employĂ©s avaient dĂ©jĂ compris quâil ne fallait pas travailler dans un bĂątiment possĂ©dant autant de mots liĂ©s aux armes dans son enseigne. Toudou tenta pendant ce temps de dĂ©sarmer une porte blindĂ©e et un cadenas. On pourrait croire quâil souhaitait empĂȘcher les attentats. On pourrait aussi croire quâil dĂ©sirait entrer. La seconde hypothĂšse possĂšde lâavantage de demander moins dâimagination. Vostroyan fut ensuite arrĂȘtĂ©e Ă Sanctuaire sans faire de dĂ©claration. Peut-ĂȘtre prĂ©parait-elle un dessin explicatif. Peut-ĂȘtre que le cĂ©lĂšbre bam bim dantaggle constituait depuis le dĂ©but une doctrine de dĂ©molition et non une simple conclusion philosophique. Dans tous les cas son affirmation selon laquelle ses dessins disent la vĂ©ritĂ© vient de gagner une prĂ©cision importante. La vĂ©ritĂ© semble parfois nĂ©cessiter plusieurs charges explosives et une armurerie sans toiture. Vostroyan peut rĂ©pondre depuis sa cellule. Nos techniciens accepteront les messages dessinĂ©s Ă condition que les crayons ne possĂšdent pas de mĂšche. La ConfĂ©dĂ©ration Libre prĂ©fĂšre pour sa part construire la paix comme dâautres construisent une mĂąchoire. Patrick-Lamulle DePouch annonce que la Zone DĂ©militarisĂ©e dressera des pĂ©ages, distribuera des visas et refermera progressivement ses dents autour de ceux qui la traversent. Elyna est fĂ©licitĂ©e pour son travail silencieux et sa capacitĂ© Ă placer des pions lĂ oĂč personne ne regarde. Jean-Messie de la Nation reçoit les louanges dues aux anciens Casques bleus qui ne demandent pas la permission parce quâils nâont apparemment jamais appris comment. Les casques bleus avance donc au nom de la paix avec des bornes, des contrĂŽles et suffisamment de bras armĂ©s pour que les voyageurs comprennent spontanĂ©ment la bienveillance du projet.Il existe plusieurs maniĂšres dâimposer la tranquillitĂ©. LâEmpire Brun utilise la peur. Le Khanat utilise les poings. La RuthvĂ©nie utilise les titres. La ConfĂ©dĂ©ration prĂ©fĂšre appeler chaque obstacle une infrastructure pacifique. Un pĂ©age devient une invitation Ă ralentir. Un visa devient une preuve dâhospitalitĂ© conditionnelle. Une zone verrouillĂ©e devient dĂ©militarisĂ©e dĂšs lors que seuls ceux qui la verrouillent conservent leurs armes. Câest une conception merveilleusement dĂ©mocratique de la paix. Tout le monde a le droit dâapprouver et ceux qui refusent peuvent patienter devant la barriĂšre jusquâĂ la fermeture des bureaux. Le Khanat ElmĂ©rien poursuit de son cĂŽtĂ© ses recherches sur lâIntelligence Artificielle. TaiâChy souhaite amĂ©liorer les statistiques, automatiser les processus et libĂ©rer du temps pour les Oxymores. LâidĂ©e est audacieuse. Une intelligence artificielle pourrait enfin expliquer les dĂ©cisions elmĂ©riennes Ă ceux que lâintelligence naturelle a abandonnĂ©. Elle pourrait Ă©galement dĂ©terminer pourquoi les policiers de CAPS LOCK Ă©chouent lorsque StĂ©phane Fortbras les encourage puis rĂ©ussissent dĂšs quâil leur crie de se mĂ©fier des chats trop mignons. Les monstres devenait dâailleurs le gibier dans la nouvelle chanson interprĂ©tĂ©e par Rosalia de Pont-Krivell. Les chasseurs capsuliens promettent de quitter les tavernes armĂ©s afin de poursuivre les griffes et les crocs dans la nuit. Câest une ambition fort noble pour des gens quâune tarte Ă la crĂšme lancĂ©e contre Pigeon Ronron suffit encore Ă distraire. Nerdos Valkyry a prĂ©sentĂ© ses excuses Ă Tifa LockHeart puis rappelĂ© quâentre ElmĂ©riens on pouvait se disputer, se frapper et sâinsulter mais que toute attaque Ă©trangĂšre les placerait immĂ©diatement dos Ă dos. Le Khanat ressemble ainsi Ă une taverne familiale oĂč chacun casse une chaise sur son cousin jusquâĂ ce quâun inconnu touche au pichet. La rĂ©conciliation nâefface pas les coups. Elle dĂ©signe seulement quelquâun dâextĂ©rieur qui les mĂ©rite davantage. Les philosophes du dimanche mĂ©rite de mĂ©diter cette leçon. LâunitĂ© nâest pas lâabsence de conflit. Câest lâart de suspendre une bagarre assez longtemps pour envahir la table voisine. En HĂ©lĂ©nie le Grand Banquet continue de dĂ©vorer la province avant mĂȘme que les convives aient commencĂ©. Scarleit a levĂ© plus de neuf mille PO de taxes afin de financer les festivitĂ©s, rĂ©parer les routes et Ă©liminer les nuisibles. Elle prĂ©cise que les ratons sont Ă©pargnĂ©s ce qui montre quâune politique dâextermination peut rester sensible lorsquâelle sĂ©lectionne correctement ses mascottes. La Bourgmestre a Ă©galement expropriĂ© lâAl KhaĂŻd Bank afin dâagrandir la plage destinĂ©e au banquet. LâĂ©tablissement bancaire de Sultan Omar Al KhaĂŻd sâest donc transformĂ© en sable festif par dĂ©cision municipale. Certains gouvernements nationalisent les banques pour protĂ©ger lâĂ©conomie. HĂ©lĂ©nie les rase afin que les invitĂ©s puissent Ă©tendre leurs serviettes.Le Gouverneur Al-maâ a nommĂ© ComĂšte Intendante parce quâelle possĂ©dait une jolie plume et lui rappelait le voile de la DĂ©esse dans le ciel de Bagdad. Les taxes a payĂ© les festivitĂ©s et la poĂ©sie a distribuĂ© les fonctions. Il sâagit peut-ĂȘtre du systĂšme politique le plus honnĂȘte de la journĂ©e. Aucune prĂ©tention de compĂ©tence. Aucun concours. Une personne Ă©crit agrĂ©ablement donc on lui confie lâintendance. Les autres nations utilisent exactement les mĂȘmes critĂšres mais ajoutent des commissions pour dissimuler le procĂ©dĂ©. LâĂ©pidĂ©mie RetombĂ© en Enfance frappe cependant Bisouville Ă quelques jours du banquet. Scarleit reproche Ă Jean-Luc Selriche dâavoir apportĂ© ses maladies avec ses merguez. La mĂ©decine nâa pas encore confirmĂ© ce mode de transmission mais la formule possĂšde une valeur prĂ©ventive certaine. Ne partagez jamais un barbecue avec un ministre kralandais dont lâĂąge administratif semble instable. Et que faisait Sicilia pendant que les frontiĂšres hĂ©sitaient, que les banques devenaient des plages et que Crab Key perdait ses armureries piĂšce par piĂšce. Sicilia travaillait. Benkaa Dei Machiavelli a encouragĂ© la production sans savoir exactement quand devait commencer lâeffort. Il a donc dĂ©cidĂ© que ce serait immĂ©diatement. Cette mĂ©thode possĂšde davantage de substance que plusieurs plans quinquennaux. Deux-Fleurs de Pont-Krivell a reçu une prime spĂ©ciale destinĂ©e aux philosophes du dimanche puis fut agressĂ©e deux fois par un DĂ©mon Mineur. Le dĂ©mon avait peut-ĂȘtre une objection Ă©pistĂ©mologique. Les dĂ©bats intellectuels de Trou Perdu se rĂšgle traditionnellement avec moins de notes de bas de page et davantage de griffes.Le Casque de Saint-Evgueni aurait Ă©tĂ© dĂ©truit par un rationaliste extrĂ©miste. Les prĂȘtres relativisent et affirment quâil sera bientĂŽt retrouvĂ©. VoilĂ qui rĂ©sume admirablement notre journĂ©e. Les objets dĂ©truits reviennent. Les ministres libĂ©rĂ©s retournent en prison. Les provinces soutiennent plusieurs nations. Les alliances rĂ©parent les guerres quâelles prĂ©parent dĂ©jĂ et les ombres continuent de regarder ceux qui ferment les yeux. Les personnes citĂ©es peuvent venir contester cette Ă©mission. Sir McRabbit peut choisir lâune de ses trois patries pour dĂ©poser plainte. Mench0 peut Ă©crire depuis Australine. Vostroyan peut transmettre un dessin. Cassandra peut expliquer ce que les dĂ©mons trouvent de si savoureux dans ses laboratoires. La ConfĂ©dĂ©ration peut demander un visa pour entrer sur nos ondes.Ici Kleo, Lorsque tout le monde soutient tout le monde la paix paraĂźt inĂ©vitable. Câest gĂ©nĂ©ralement le moment oĂč il faut vĂ©rifier qui tient le couteau. |
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Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref.
25 Juillet au 1 Aout 6662026
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![]() Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref. 25 Juillet au 1 Aout 6662026 Spoiler
Bonsoir aux habitants du Cybermonde, aux souverains encore certains de possĂ©der leur province, aux ministres qui ont conservĂ© leur poste depuis lundi et aux citoyens prudents qui vĂ©rifient chaque matin si leur drapeau nâa pas changĂ© pendant la nuit. Ici Kleo pour la revue hebdomadaire du samedi de Radio NĂ©crotoile. Ce soir nous ne dĂ©fendrons aucun camp. Nous les regarderons tous trĂ©bucher avec la mĂȘme attention professionnelle. Les faits seront posĂ©s clairement. Les commentaires viendront ensuite avec leurs dents propres. La semaine a offert un mariage, plusieurs changements de pouvoir, une guerre territoriale devenue traitĂ© dâamitiĂ©, une Ă©pidĂ©mie de retour en enfance, des provinces distribuĂ©es comme des objets de succession, une armĂ©e dĂ©moniaque sortie du dĂ©sert et assez dâattentats pour que les armureries commencent Ă envisager une reconversion dans la poterie. Commençons par lâEmpire Brun oĂč Octave Sombrefer a pris les rĂȘnes du pouvoir et composĂ© un gouvernement autour de Monique Lemage, Sinzicula, Floran BaumĂ©, Ombre Minusculique, Martina D. Dei Machiavelli, Valerio Tenebri et votre servante. Les nominations se sont succĂ©dĂ© avec la rapiditĂ© habituelle des administrations qui prĂ©fĂšrent meubler le palais avant de vĂ©rifier si le toit tient encore. Kramara Kisugi a relevĂ© les primes Ă la production avant de perdre le MinistĂšre de lâĂconomie aprĂšs une tentative dâeffraction dans un camion. Le fait mĂ©rite dâĂȘtre rĂ©sumĂ© sans parfum impĂ©rial. Une ministre chargĂ©e des coffres a voulu ouvrir un vĂ©hicule qui ne lui appartenait pas. Elle a perdu son portefeuille puis sâest livrĂ©e aux autoritĂ©s. LâEmpire Brun nâa donc pas Ă©chappĂ© cette semaine Ă la rĂšgle universelle selon laquelle un gouvernement peut annoncer une grande politique Ă©conomique le matin et chercher ses responsables au poste de police avant le repas du soir.Le vĂ©ritable Ă©vĂ©nement brun sâest toutefois dĂ©roulĂ© en Mystisie. LâAntre de Naar sâest rĂ©veillĂ© sous les dunes dâAbandon. Le sol a tremblĂ©. Des spectres ont traversĂ© les ruines. Des morts-vivants et des dĂ©mons mineurs sont sortis du donjon tandis quâune prĂ©sence aux yeux verts observait les voyageurs depuis lâobscuritĂ©. Deux-Fleurs de Pont-Krivell a menĂ© une premiĂšre offensive et balayĂ© une partie des crĂ©atures. Un squelette capturĂ© a dĂ©signĂ© Ombre MachiavĂ©lique comme celui qui avait rĂ©veillĂ© les morts et mentionnĂ© une seconde puissance nommĂ©e Ombre MĂ©phitique. Il a aussi parlĂ© dâun pacte liĂ© Ă Lyra du Hautbois sans ĂȘtre capable dâen expliquer la nature. Les faits certains sâarrĂȘtent lĂ . Le reste appartient encore aux suppositions, aux rumeurs et aux gens qui signent peut-ĂȘtre des contrats infernaux aprĂšs plusieurs tournĂ©es sans conserver le reçu.Lâaffaire a ensuite quittĂ© Abandon pour sâinstaller beaucoup plus prĂšs des habitants. Lyra du Hautbois a nommĂ© Ombre MachiavĂ©lique Capitaine et lâa invitĂ© Ă gagner Lampe du GĂ©nie oĂč une basilique de Naar pouvait lui offrir un dĂ©cor plus convenable. Deux-Fleurs de Pont-Krivell lâa affrontĂ© et a perdu son poste de GĂ©nĂ©rale malgrĂ© sa victoire au combat. Une brume venue de la basilique sâest rĂ©pandue dans la ville. Les habitants ont commencĂ© Ă croire que leurs ombres les observaient et une Ă©pidĂ©mie de paranoĂŻa a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e. Il serait mesquin de rappeler quâune peur cesse dâĂȘtre irrationnelle lorsque votre ombre possĂšde rĂ©ellement une bouche. Silas des Sables, Don Amortel, MnĂ©mĂ©sine dâArcys et Valerio Tenebri ont tentĂ© de maintenir lâordre au milieu des changements de fonctions, des accusations dâusurpation dâidentitĂ© et des cĂ©rĂ©monies religieuses. La Mystisie termine donc la semaine avec un dĂ©mon gradĂ©, une basilique active, une population nerveuse et des services publics qui demandent surtout aux habitants de fermer leurs portes et de ne pas nourrir les morts. Câest moins une solution quâune maniĂšre polie dâadmettre que le problĂšme possĂšde dĂ©sormais une adresse officielle.Quittons les ombres pour la RĂ©publik de Kraland oĂč Ranxerox a disparu et laissĂ© le fauteuil de Premier Ministre Ă Michel DruKra. Dans le mĂȘme temps lâIncident Jovenia a fait rĂ©gresser une partie de la population jusquâĂ lâenfance. Fort Emouchet, le Quartier SuprĂȘme, Honolulu-par-DelĂ , Gynerak et plusieurs villes ruthvĂšnes ont Ă©tĂ© touchĂ©s. Les adultes ont recommencĂ© Ă parler de bonbons, de rĂ©crĂ©ation et de mĂ©chants pas beaux avec une aisance troublante pour des responsables politiques. Le phĂ©nomĂšne a Ă©videmment compliquĂ© la gestion des institutions. Il a surtout rendu beaucoup plus difficile la distinction entre un ministre malade et un ministre parfaitement fidĂšle Ă ses habitudes.La crise la plus sĂ©rieuse sâest concentrĂ©e au ValĂ©gro. La RĂ©publique de Kraland et le Royaume de RuthvĂ©nie y ont opposĂ© deux visions du bonheur populaire. Les Kralandais dĂ©fendaient les HLM, les salaires et la propriĂ©tĂ© publique. Les RuthvĂšnes promettaient le retour des domaines, des traditions et de dĂ©pendances pittoresques destinĂ©es aux serfs. Jean-Luc Selriche a soutenu que la politique rĂ©publicaine nâavait pas Ă©chouĂ© parce quâelle Ă©tait trop socialiste mais parce quâelle ne lâĂ©tait pas assez. Ămile Liarr a dĂ©fendu le servage comme un accord Ă©quitable entre celui qui possĂšde la terre et celui qui possĂšde seulement le privilĂšge de la travailler. Kenza Creswick, Sir McRabbit, Koshka, Logan Komikov et Stefan de Crab ont ensuite multipliĂ© les prises de position au rythme des attentats, des rĂ©bellions et des Ă©lections.Puis la guerre de principes a rencontrĂ© un gisement dâor et les principes sont devenus immĂ©diatement plus souples. La RĂ©publique et la RuthvĂ©nie ont nĂ©gociĂ© le retour du ValĂ©gro au Royaume contre une coopĂ©ration financiĂšre, scientifique et militaire. Sir McRabbit a pris le gouvernement provincial. Koshka a reçu Fort Emouchet. Jean-Luc Selriche a quittĂ© le ValĂ©gro puis obtenu le MinistĂšre du Travail de la RĂ©publique. Les habitants inquiets pour leur logement ont reçu des promesses de relogement en terre ou en brique. Les deux puissances ont ensuite cĂ©lĂ©brĂ© leur rapprochement autour de lâextraction miniĂšre et Dame DĂ©merzel a proposĂ© une alliance officielle Ă Kraland. En fin de semaine Sir McRabbit est mĂȘme parvenu Ă soutenir successivement les Provinces IndĂ©pendantes, le Royaume de RuthvĂ©nie et la RĂ©publique de Kraland. Ce nâest pas nĂ©cessairement de lâinconstance. Câest peut-ĂȘtre simplement une politique de voisinage trĂšs large menĂ©e par un homme qui possĂšde assez dâenfants pour fonder plusieurs Ă©lectorats.Le Royaume de RuthvĂ©nie a connu sa propre transformation. Bladimir Bladimirovitch Mutin a quittĂ© la couronne et dĂ©signĂ© Dame DĂ©merzel comme Reine avant de partir vers le Paradigme Vert. La nouvelle souveraine a promis davantage de cohĂ©rence, une consultation des maisons nobles et un rapprochement avec Kraland. Elle a nommĂ© Stefan de Crab Ă lâĂconomie puis AshĂ©lia de Hafnia Ă lâIntĂ©rieur. La semaine aurait pu sâarrĂȘter sur une transition monarchique presque ordonnĂ©e. Henri St Misles a cependant cĂ©dĂ© Crab Key au Paradigme Vert au nom des prĂ©fĂ©rences vĂ©gĂ©tales supposĂ©es de ses habitants. Korail a repris la province presque aussitĂŽt et la Reine a retirĂ© son ministĂšre Ă Henri St Misles. Les cartographes ont donc appris quâune Ăźle pouvait changer de nation plus vite quâune encre ne sĂšche. Mench0 a complĂ©tĂ© le tableau ruthvĂšne en attaquant des portes, en perdant ses fonctions et en multipliant les passages par la prison de Distillerie. Il en est sorti en mĂȘme temps quâ Aurelthar avant dâĂȘtre affrontĂ© par lui puis ramenĂ© en cellule aprĂšs la nomination dâ Aurelthar comme Commissaire de Police. La Justice elmĂ©rienne lâa finalement envoyĂ© au bagne dâAustraline. Les faits sont assez clairs pour ne pas avoir besoin dâĂȘtre grossis. Un ministre a quittĂ© la prison, perdu son poste et retrouvĂ© une cellule avant que la journĂ©e soit terminĂ©e. Certaines carriĂšres suivent une ligne. La sienne dĂ©crit un cercle parfaitement fermĂ©.Au GĂ©ofront le mouvement indĂ©pendantiste a franchi le seuil dĂ©cisif. Darth Leo a renversĂ© Ren Chantargent en prĂ©sentant son geste comme une mesure provisoire destinĂ©e Ă rendre la libertĂ© Ă la province. Nyx FlammĂšche sâest insurgĂ©e. Hanako Ainozomi, Ninoo Chantargent, Shiki Chantargent, Mandy Chantargent et plusieurs soutiens ont ensuite consolidĂ© la rupture avec les puissances extĂ©rieures. LâindĂ©pendance a Ă©tĂ© proclamĂ©e et les premiĂšres journĂ©es de libertĂ© ont Ă©tĂ© occupĂ©es par des discours, une fĂȘte et une campagne en faveur de Ninoo Chantargent. La RĂ©publik de Kraland perd ainsi une province qui voulait dĂ©cider seule de son avenir. Les Provinces IndĂ©pendantes gagnent un territoire oĂč la premiĂšre grande question Ă©lectorale semble ĂȘtre de dĂ©terminer laquelle des sĆurs Chantargent mĂ©rite le plus de compliments. Les rĂ©volutions commencent souvent avec des principes et finissent toujours par dĂ©couvrir les affiches de campagne.Le Paradigme Vert a lui aussi changĂ© de direction. Cassandra a renversĂ© Mina dâOrchidia pendant que plusieurs responsables assistaient au mariage de Rosalia de Pont-Krivell et ZĂ©phiria de Pont-Krivell. Elle a annoncĂ© vouloir protĂ©ger le vivant et empĂȘcher une domination religieuse. Pour accomplir ce projet elle sâest appuyĂ©e sur un pacte dĂ©moniaque qui a ouvert des portails Ă travers les provinces. Les entitĂ©s invoquĂ©es ont ensuite commencĂ© Ă dĂ©vorer les technologies nationales. Une connaissance de centralisation a disparu et dâautres recherches ont Ă©tĂ© attaquĂ©es Ă plusieurs reprises. Le gouvernement a augmentĂ© les budgets de lâĂconomie et de la Recherche. Fawomane Ravenloft a relancĂ© les travaux perdus. Cassandra a fondĂ© Elysia et annoncĂ© une opĂ©ration dirigĂ©e par Aya Ravenloft pour contenir la prĂ©sence dĂ©moniaque. Quelquâun a finalement obstruĂ© un portail.Il faut ici sĂ©parer le fait du commentaire. Le fait montre un gouvernement arrivĂ© avec lâaide des dĂ©mons puis obligĂ© de protĂ©ger ses laboratoires contre ses propres alliĂ©s. Le commentaire constate que le Paradigme Vert vient dâinventer un recyclage dâune puretĂ© exceptionnelle. Les chercheurs produisent une technologie. Les dĂ©mons la mangent. Les chercheurs recommencent. Aucun stockage inutile et aucune connaissance ne survit assez longtemps pour devenir polluante. La fĂ©e Tide a parallĂšlement interdit plusieurs objets en plastique tout en laissant les vraies plantes carnivores et les vraies grenades poursuivre leur existence naturelle. La doctrine verte demeure donc cohĂ©rente dans son essence. La violence est acceptable dĂšs lors quâelle se dĂ©compose correctement.Le Khanat ElmĂ©rien a connu une semaine plus martiale. AprĂšs la destruction dâune armurerie et lâenlĂšvement dâun citoyen elmĂ©rien ses forces ont attaquĂ© TrĂ©sorville aux KaraĂŻbes. Tifa LockHeart, Elbereth Khan Seraven, Tinylia CĂ©raty, Aurelthar, Kara de Pont-Krivell et Rosalia de Pont-Krivell ont participĂ© Ă lâopĂ©ration. Le port et lâaĂ©roport ont Ă©tĂ© endommagĂ©s ou dĂ©truits. Des victimes ont Ă©tĂ© signalĂ©es. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ a rappelĂ© que les KaraĂŻbes avaient condamnĂ© lâattaque initiale et que les responsables se trouvaient ailleurs. Le Khanat a donc frappĂ© une province opposĂ©e au crime quâil voulait punir. La vengeance possĂšde parfois un sens trĂšs dĂ©veloppĂ© de la gĂ©ographie et un sens beaucoup plus faible de lâadresse exacte.Ă lâintĂ©rieur du Khanat les fonctions ont continuĂ© de se gagner par duel. Cassandre Lemage Ruthven a pris plusieurs postes au cours de son voyage avant dâĂȘtre remplacĂ©e ou vaincue Ă son tour. Ronald Pompe, Nerdos Valkyry, Tifa LockHeart et Pigeon Ronron ont occupĂ© le devant de la scĂšne entre les nominations, les excuses et les appels Ă lâunitĂ©. Le Khanat a progressĂ© dans les missiles, la dĂ©fense anti-missile, les subventions et lâIntelligence Artificielle. Ă CAPS LOCK un coup de grisou a polluĂ© la ville et dĂ©clenchĂ© une enquĂȘte qui nâa trouvĂ© ni criminel ni pĂ©tomane psychopathe. StĂ©phane Fortbras a compensĂ© par des campagnes de sĂ©curitĂ© et un entraĂźnement Ă©nergique de la police. Le Khanat termine donc la semaine avec de nouvelles technologies, une mine suspecte et la conviction intacte que tout problĂšme cĂšde lorsquâon lui crie dessus assez FORT.La Capsulie a tout de mĂȘme offert le moment le plus heureux de la semaine. Rosalia de Pont-Krivell et ZĂ©phiria de Pont-Krivell se sont mariĂ©es sous les auspices de lâOvule SacrĂ© aprĂšs un duel arbitrĂ© par Alice Ravenloft. Cassandra, Ninoo Chantargent, Kara de Pont-Krivell, Tifa LockHeart, Lyra du Hautbois, Renato M. et de nombreux invitĂ©s ont participĂ© aux rĂ©jouissances. Des chansons et un feu dâartifice ont marquĂ© la journĂ©e. Une tarte Ă la crĂšme a Ă©galement atteint votre chroniqueuse. Le mariage reste donc la seule opĂ©ration internationale de la semaine oĂč les explosions ont produit un cĆur dans le ciel au lieu dâun changement de frontiĂšre.La ConfĂ©dĂ©ration Libre a choisi une autre maniĂšre de parler de paix. Patrick-Lamulle DePouch a dĂ©fendu la crĂ©ation dâune vaste Zone DĂ©militarisĂ©e dotĂ©e de pĂ©ages, de visas et de contrĂŽles. Jean-Messie de la Nation et Elyna ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s comme les artisans de ce retour Ă la puissance. Les Casques Bleus ont Ă©tĂ© relancĂ©s et la ConfĂ©dĂ©ration a dĂ©veloppĂ© les clones de combat. Le projet consiste Ă sĂ©parer les peuples incapables de cohabiter puis Ă administrer lâespace qui les sĂ©pare. Les dĂ©mocraties possĂšdent ce talent particulier. Elles ne prennent pas toujours une province. Elles construisent entre les provinces une zone neutre assez vaste pour nĂ©cessiter leurs soldats, leurs formulaires et leurs tarifs.Quelques affaires locales mĂ©ritent enfin de ne pas ĂȘtre englouties par les changements de rĂ©gime. Ă HĂ©lĂ©nie Scarleit a levĂ© des taxes pour financer le Grand Banquet puis expropriĂ© lâAl KhaĂŻd Bank afin dâagrandir la plage. Al-maâ a nommĂ© ComĂšte Intendante aprĂšs avoir apprĂ©ciĂ© sa plume. LâĂ©pidĂ©mie de Retour en Enfance a ensuite atteint Bisouville. Ă Crab Key Vostroyan a fait exploser plusieurs bĂątiments de la Bisouterie Magmorienne au nom de la Kalash Barbecue RĂ©volution sans provoquer de mort recensĂ©e avant dâĂȘtre arrĂȘtĂ©e Ă Sanctuaire. Ă Sicilia le palais de la Gouverneure sâest agrandi. Martina D. Dei Machiavelli a confiĂ© les Forces ImpĂ©riales Siciliennes Ă Deux-Fleurs de Pont-Krivell et Zelphi a Ă©tĂ© assassinĂ© Ă Trou Perdu. MĂȘme la stabilitĂ© locale possĂšde donc ses limites. Elle sâarrĂȘte gĂ©nĂ©ralement lĂ oĂč commence le nom de la ville.VoilĂ pour les faits essentiels. La semaine a montrĂ© des gouvernements qui changent de chef pour restaurer lâordre puis dĂ©couvrent que lâordre avait dĂ©jĂ changĂ© dâadresse. Elle a montrĂ© des puissances qui parlent au nom des populations locales pendant que ces populations cherchent encore oĂč dormir. Elle a montrĂ© des alliances conclues autour de mines, des indĂ©pendances inaugurĂ©es par des campagnes familiales, des technologies dĂ©vorĂ©es par les crĂ©atures ayant aidĂ© le pouvoir Ă naĂźtre et des opĂ©rations militaires menĂ©es contre la province la plus proche plutĂŽt que contre le responsable le plus lointain. Aucun camp ne mĂ©rite une absolution particuliĂšre. LâEmpire Brun a promu un dĂ©mon et perdu une ministre dans un camion. Kraland a nĂ©gociĂ© un territoire comme un bail commercial. RuthvĂ©nie a distribuĂ© une Ăźle avant de la reprendre. Le Paradigme a invitĂ© lâEnfer dans ses laboratoires. Le Khanat a bombardĂ© la mauvaise adresse avec beaucoup de conviction. La ConfĂ©dĂ©ration a transformĂ© la paix en poste frontiĂšre. Les Provinces IndĂ©pendantes ont dĂ©couvert que la libertĂ© exige immĂ©diatement des Ă©lections. Les personnes concernĂ©es peuvent venir corriger les faits, nier les intentions ou dĂ©fendre leurs dĂ©cisions. Dame DĂ©merzel peut expliquer la nouvelle architecture du Royaume. Michel DruKra peut prĂ©ciser ce que Kraland conserve rĂ©ellement au ValĂ©gro. Cassandra peut dĂ©tailler le prix de son pacte. Pigeon Ronron peut nous dire pourquoi les reprĂ©sailles ont choisi TrĂ©sorville. Ombre MachiavĂ©lique peut intervenir depuis lâombre Ă condition dâĂ©viter de parler directement derriĂšre mon fauteuil. Les tĂ©moins anonymes sont acceptĂ©s. Les menteurs non anonymes sont souvent plus divertissants.Une chandelle vient de sâĂ©teindre. La vieille radio continue pourtant de grĂ©siller et ma toile retient dĂ©jĂ les premiĂšres nouvelles de la semaine suivante. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile Hebdo. |
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Juillet 6662026
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Bonsoir aux souverains qui ont commencé le mois sur un (...)
![]() Juillet 6662026 Spoiler Bonsoir aux souverains qui ont commencĂ© le mois sur un trĂŽne diffĂ©rent de celui oĂč ils lâont terminĂ©, aux ministres qui possĂšdent encore leur poste mais nâosent plus quitter leur bureau par peur quâun successeur sây installe pendant leur absence et aux citoyens qui conservent plusieurs drapeaux dans leur armoire afin de pouvoir sâadapter avant le petit dĂ©jeuner. Ici Kleo. Je vous parle depuis un portail dĂ©moniaque, les chandelles dessinent sur les murs des silhouettes assez mouvantes pour ĂȘtre nommĂ©es ministres dans certaines provinces. Au centre de cette Ă©lĂ©gante mauvaise dĂ©cision dĂ©corative, mes yeux bleus reflĂštent les archives dâun mois entier. Juillet aura Ă©tĂ© un mois de changements de rĂ©gime, dâindĂ©pendances, de pactes dĂ©moniaques, de frontiĂšres dĂ©placĂ©es et de responsables politiques qui ont improvisĂ© avec une telle assurance quâils ont presque rĂ©ussi Ă faire croire quâun plan existait. Presque. Lâobjectif de cette Ă©mission nâest pas de dĂ©terminer qui avait raison. Une telle enquĂȘte exigerait des preuves et plusieurs gouvernements ont dĂ©jĂ fait disparaĂźtre les bĂątiments oĂč elles auraient pu ĂȘtre rangĂ©es. Nous allons plutĂŽt revenir sur les Ă©vĂ©nements les plus importants, expliquer ce quâils ont changĂ© et offrir Ă chaque camp lâattention critique quâil mĂ©rite. Autrement dit, personne ne sortira propre. LâEMPIRE BRUN CHANGE DE MORALE PLUS VITE QUE DE SOUVERAIN Le mois avait commencĂ© sous le signe de la gentillesse impĂ©riale. MnĂ©mĂ©sine dâArcys avait interdit la mĂ©chancetĂ©, encouragĂ© les comportements aimables et annoncĂ© que lâEmpire Brun serait dĂ©sormais gouvernĂ© par des gentils. Elle avait toutefois ajoutĂ© quâil fallait tuer Vostroyan parce quâil Ă©tait vĂ©ritablement mĂ©chant.Le message gĂ©nĂ©ral restait donc simple. La bontĂ© devait triompher avec douceur et compassion. Les personnes dĂ©signĂ©es comme trop mauvaises seraient Ă©liminĂ©es avec une bienveillance parfaitement rĂ©glementaire. Cette pĂ©riode vit Ă©galement Octave Sombrefer recevoir lâAigle ImpĂ©rial pour sa profonde gentillesse. Son travail de dĂ©sertification fut prĂ©sentĂ© comme une gĂ©nĂ©reuse politique dâamĂ©nagement balnĂ©aire. LĂ oĂč les esprits mesquins voyaient des terres rendues inhabitables, le gouvernement apercevait des plages situĂ©es Ă une distance raisonnable de toute mer.Cette sĂ©quence mĂ©rite dâĂȘtre retenue parce quâelle rĂ©sume une vieille habitude politique. Il suffit rarement de changer les actes. Il est beaucoup plus pratique de changer les mots employĂ©s pour les dĂ©crire. Une destruction devient un dĂ©veloppement touristique. Une menace devient une mesure de protection. Une contradiction devient une nouvelle doctrine encore trop complexe pour ĂȘtre comprise par le peuple. Puis Bob le trĂšs trĂšs terrible prit le pouvoir aprĂšs avoir renversĂ© LachĂ©sis. Lâexplication officielle reposait sur un argument dâune clartĂ© historique remarquable. Joe le trĂšs trĂšs terrible lâavait forcĂ©.Certains coups dâĂtat naissent dâune crise Ă©conomique, dâune guerre civile ou dâune longue rivalitĂ© dynastique. Celui-ci possĂ©dait la simplicitĂ© dâun vase brisĂ© suivi dâun doigt pointĂ© vers le frĂšre absent. Bob le trĂšs trĂšs terrible inaugura alors lâĂšre des Grandes Injustices et encouragea les citoyens Ă commettre leur premiĂšre injustice sans attendre le lendemain. Il annonça aussi une semaine consacrĂ©e Ă la santĂ© mentale avant de proposer la vente libre des antibiotiques, des psychotropes et de divers mĂ©dicaments sans ordonnance claire.Lâensemble pouvait sembler contradictoire. Il Ă©tait peut-ĂȘtre simplement expĂ©rimental. Un peuple qui ne sait plus si son vertige provient du gouvernement, de son traitement ou dâun mĂ©lange personnel prĂ©parĂ© aprĂšs le souper devient beaucoup moins efficace lorsquâil tente de rĂ©diger une plainte. Le nouvel Empereur acheta Ă©galement un Complexe Hospitalier. La dĂ©cision Ă©tait utile Ă la population et rĂ©vĂ©lait une certaine capacitĂ© dâanticipation. Lorsquâun souverain annonce simultanĂ©ment des purges, des injustices et une politique mĂ©dicale approximative, investir dans des lits constitue moins une dĂ©pense sociale quâune prĂ©paration logistique. Plus tard dans le mois, Octave Sombrefer devint Ă son tour Empereur. Il annonça de vastes ambitions, parla de conquĂ©rir le Cybermonde et Ă©voqua la mobilisation des richesses impĂ©riales. Il prĂ©cisa ensuite que la conquĂȘte ne commencerait pas immĂ©diatement puisquâil nâen avait plus vraiment envie.Cette hĂ©sitation nâannule pas lâimportance de son accession. Elle montre surtout que lâEmpire Brun a terminĂ© le mois avec un pouvoir ouvertement liĂ© aux forces dĂ©moniaques et avec un projet expansionniste encore flou. Une conquĂȘte reportĂ©e reste une conquĂȘte annoncĂ©e. Câest comme une araignĂ©e au plafond. Elle ne vous tombe pas encore dessus mais personne ne regarde vraiment son repas de la mĂȘme maniĂšre. LâEmpire a donc traversĂ© juillet en passant de la gentillesse obligatoire aux Grandes Injustices puis Ă lâambition dĂ©moniaque. Ce nâest pas une ligne politique. Câest un assortiment. LA MYSTISIE DĂCOUVRE QUE LES OMBRES ONT DES REVENDICATIONS La Mystisie fut lâun des principaux centres de lâactualitĂ©. Octave Sombrefer avait dâabord pris la tĂȘte du Sultanat avec un programme fondĂ© sur les fouilles archĂ©ologiques, la construction dâune puissance dĂ©moniaque et une future domination du dĂ©sert. Les institutions furent relancĂ©es et les annonces se multipliĂšrent avec la discrĂ©tion habituelle des personnes qui parlent de conquĂ©rir le monde avant dâavoir fini de dĂ©placer les meubles du palais.Une alerte Ă la bombe força Ă©galement lâĂ©vacuation dâun hĂŽtel. Le message recommandait aux voyageurs dâaller manger dans un Ă©tablissement concurrent. Le terrorisme mystisien entra ainsi dans une nouvelle Ă©poque oĂč la violence politique servait aussi de stratĂ©gie publicitaire. Pendant ce temps, Silas des Sables se prĂ©senta volontairement devant la justice. Il entra en prison puis en ressortit aprĂšs avoir purgĂ© sa peine avec une rapiditĂ© qui ferait passer certaines commandes de taverne pour des procĂ©dures interminables. Les prisons mystisiennes pourraient bientĂŽt offrir un service express et une carte de fidĂ©litĂ©. AprĂšs cinq incarcĂ©rations, le sixiĂšme passage serait accompagnĂ© dâune boisson.Mais lâĂ©vĂ©nement le plus important se dĂ©roula Ă Abandon autour de lâAntre de Naar. Des morts-vivants, des squelettes et des dĂ©mons mineurs apparurent dans les ruines. Deux-Fleurs de Pont-Krivell intervint avec les forces impĂ©riales et nettoya une partie des lieux avant de dĂ©couvrir que les crĂ©atures rencontrĂ©es ne formaient que le premier niveau de lâorganisation.AprĂšs les premiers combats, Ombre MachiavĂ©lique sâadressa directement Ă Octave Sombrefer et Ă Deux-Fleurs de Pont-Krivell. Le dĂ©mon fĂ©licita ses adversaires puis demanda sâils Ă©taient prĂȘts pour la deuxiĂšme partie.Il sâagissait dâune entrĂ©e convenablement théùtrale. Radio NĂ©crotoile lui accorde sept sur dix. Des points ont Ă©tĂ© retirĂ©s pour lâabondance de zombies gĂ©nĂ©riques et pour avoir laissĂ© son principal tĂ©moin se faire capturer par une araignĂ©e dont le professionnalisme dĂ©pendait alors beaucoup de la quantitĂ© dâalcool encore prĂ©sente dans son verre. La confrontation aboutit finalement Ă la libĂ©ration dâ Ombre MachiavĂ©lique. Le dĂ©mon remercia les personnes ayant participĂ© Ă lâouverture de sa prison et rappela quâil pouvait suivre les ombres partout oĂč elles se trouvaient.Lâimportance de cet Ă©pisode dĂ©passe largement la Mystisie. Les dĂ©mons ne sont plus seulement des crĂ©atures utilisĂ©es pour dĂ©corer les menaces ou remplir les caves. Ils interviennent dans les changements de pouvoir, possĂšdent des pactes et semblent capables de toucher les structures politiques du Cybermonde. Les gouvernements continuent de les traiter comme des alliĂ©s temporaires. Les dĂ©mons semblent plutĂŽt les considĂ©rer comme des investissements. LE KHANAT ĂLIT UN PIGEON PUIS TESTE SA RĂSISTANCE Le Khanat ElmĂ©rien connut une transition de pouvoir qui lui ressemblait admirablement. La campagne de Pigeon Ronron passa par une grande chenille collective. Les participants se prirent par les hanches et traversĂšrent une auberge au milieu des chants avant que les registres Ă©lectoraux ne rendent leur verdict. Pigeon Ronron obtint quatre voix sur quatre. Le rĂ©sultat Ă©tait incontestable. Tous les Ă©lecteurs ayant pris la peine de voter avaient choisi le mĂȘme pigeon. Cela ne prouvait pas nĂ©cessairement que toute la population le soutenait mais cela dĂ©montrait au minimum que ses opposants maĂźtrisaient mal le concept de bulletin.Peu aprĂšs son accession au pouvoir, Mademoiselle tenta de lâassassiner. Elle perdit son poste de Capitaine et fut recherchĂ©e avant de se livrer aux autoritĂ©s.LâenchaĂźnement mĂ©rite dâĂȘtre replacĂ© dans son contexte. Le Khanat venait de vivre une Ă©lection unanime. Quelques heures plus tard, une responsable politique vĂ©rifiait si lâunitĂ© nationale rĂ©sistait aux objets tranchants. Les statistiques Ă©lectorales donnent une image utile du soutien populaire. Elles mesurent beaucoup moins bien le nombre de personnes prĂȘtes Ă demander un recomptage directement dans le souverain. Le Khanat mena Ă©galement une attaque contre TrĂ©sorville. Le port et lâaĂ©roport furent dĂ©truits. AprĂšs cette opĂ©ration, les chercheurs elmĂ©riens lancĂšrent des travaux sur la dĂ©fense antimissile afin de rendre leurs propres bases plus difficiles Ă frapper. La doctrine militaire suivait donc un ordre parfaitement humain. On commence par montrer aux autres ce quâil est possible de dĂ©truire. On se demande ensuite avec une inquiĂ©tude nouvelle si les autres possĂšdent les mĂȘmes idĂ©es. En Capsulie, un coup de grisou fit augmenter brutalement la pollution. Pigeon Ronron arriva sur place en demandant qui avait pĂ©tĂ©. La formulation manquait peut-ĂȘtre de grandeur mais elle rĂ©sumait plus clairement la situation que plusieurs communiquĂ©s environnementaux de vingt pages. Rosalia de Pont-Krivell interprĂ©ta ensuite une chanson consacrĂ©e aux bombes dans cette province enfumĂ©e. Le choix artistique Ă©tait cohĂ©rent. Il faut connaĂźtre son public. Une mine polluĂ©e apprĂ©cie rarement les ballades sur la rosĂ©e du matin.Le Khanat termine donc le mois avec un nouveau Grand Khan, une politique militaire plus agressive et un besoin visible de renforcer ses dĂ©fenses. Sa cohĂ©sion demeure rĂ©elle lorsquâun danger extĂ©rieur apparaĂźt. Ă lâintĂ©rieur, elle ressemble toutefois Ă une famille de taverne. Chacun peut frapper son cousin mais tout le monde se retourne ensemble dĂšs quâun Ă©tranger touche au pichet. LA RUTHVĂNIE FAIT CIRCULER LA COURONNE ET LES PROVINCES Le Royaume de RuthvĂ©nie a offert lâun des feuilletons politiques les plus chargĂ©s du mois. Une Course au TrĂŽne Maudit fut organisĂ©e avec plusieurs prĂ©tendants dont Bladimir Bladimirovitch Mutin, Lord Golgoth Ruthven, LachĂ©sis et Tormenta Ruthven.Des dĂ©mons attribuaient les points pendant que les candidats cherchaient les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă leur victoire. La scĂšne pouvait sembler absurde mais elle avait au moins une qualitĂ©. Tout le monde savait ouvertement que le pouvoir dĂ©pendait dâune compĂ©tition infernale. Dâautres rĂ©gimes font exactement la mĂȘme chose avec des formulaires plus propres. Bladimir Bladimirovitch Mutin finit par exercer le pouvoir avant de quitter le trĂŽne. Il dĂ©signa Dame DĂ©merzel comme Reine puis partit vers le Paradigme Vert pour mener ce qui fut prĂ©sentĂ© comme une aventure Ă©coterroriste.La nouvelle souveraine annonça lâunitĂ© des maisons nobles, le retour du ValĂ©gro et une volontĂ© de paix avec le Khanat. Elle dut presque immĂ©diatement gĂ©rer les dĂ©cisions prises par ses propres ministres. Henri St Misles cĂ©da Crab Key au Paradigme Vert en affirmant que les habitants de lâĂźle avaient toujours rĂȘvĂ© de lianes et de bambous. Korail intervint ensuite afin de replacer la province sous le drapeau ruthvĂšne. Crab Key passa donc dâune nation Ă lâautre puis revint au Royaume avec une rapiditĂ© qui oblige probablement les cartographes Ă travailler Ă la craie. Dame DĂ©merzel retira son ministĂšre Ă Henri St Misles et rappela que les Ăźles nâĂ©taient pas des jouets.Cette phrase devrait ĂȘtre gravĂ©e au-dessus de plusieurs portes gouvernementales. Pendant ce temps, GĂ©ofront proclama son indĂ©pendance. Darth Leo rappela les guerres, les persĂ©cutions et le refus rĂ©pĂ©tĂ© des souverains ruthvĂšnes dâaccorder une vĂ©ritable autonomie Ă la province. Ninoo Chantargent et Shiki Chantargent cĂ©lĂ©brĂšrent ensuite cette libertĂ© avec des discours familiaux qui finirent par dĂ©terminer laquelle des deux Ă©tait la plus belle.Le dĂ©tail prĂȘte Ă sourire. LâindĂ©pendance de GĂ©ofront reste pourtant lâun des Ă©vĂ©nements majeurs du mois. Le Royaume a perdu une province qui ne croyait plus que ses demandes seraient entendues. Une sĂ©paration politique ne commence pas le jour oĂč un nouveau drapeau est hissĂ©. Elle commence souvent bien avant lorsque la population cesse dâattendre une rĂ©ponse du pouvoir central. La RuthvĂ©nie termine juillet avec une nouvelle Reine, une autoritĂ© contestĂ©e sur plusieurs territoires et des alliances encore fragiles. La couronne existe toujours. Il reste seulement Ă dĂ©terminer sur quelle carte elle rĂšgne exactement. LE VALĂGRO TROUVE LA PAIX AU FOND DâUNE MINE Le ValĂ©gro fut au centre des tensions entre Kraland, la RuthvĂ©nie et les mouvements indĂ©pendantistes. Les habitants furent soumis Ă plusieurs projets politiques incompatibles. Chaque camp prĂ©tendait les protĂ©ger et chacun possĂ©dait une idĂ©e diffĂ©rente de ce que les ValĂ©grognards devaient devenir. La situation Ă©volua lorsque Kraland et la RuthvĂ©nie cĂ©lĂ©brĂšrent leur rapprochement autour dâun gisement dâor. Des bĂ©nĂ©voles vinrent creuser. Les reprĂ©sentants des deux puissances fĂ©licitĂšrent les ouvriers et prĂ©sentĂšrent la coopĂ©ration miniĂšre comme une Ă©tape importante vers la paix. Le symbole Ă©tait admirablement honnĂȘte. AprĂšs des semaines de disputes idĂ©ologiques, les deux camps trouvĂšrent enfin un langage commun. Le minerai. Lâamour rapproche parfois les peuples. Lâor possĂšde lâavantage supplĂ©mentaire de pouvoir ĂȘtre pesĂ© aprĂšs le discours. Cette rĂ©conciliation ne rĂ©gla pas toutes les inquiĂ©tudes. Plusieurs habitants craignaient encore de perdre leur logement ou de voir leur avenir dĂ©cidĂ© au cours de nĂ©gociations auxquelles ils participaient peu. Les manifestations continuĂšrent tandis que les responsables demandaient parfois aux protestataires de parler moins fort afin de ne pas nuire aux accords de paix. La province connut Ă©galement lâhistoire de PrĂ©cieuse de Tomosan et dâ Emile Liarr. Une arrestation alimenta une crise diplomatique avant que leur relation ne dĂ©bouche sur un mariage au milieu de conditions politiques et carcĂ©rales assez particuliĂšres. Cassandre Lemage Ruthven participa aux festivitĂ©s avec une danse impliquant les pouces, les coudes, les genoux et plusieurs parties du corps que la dignitĂ© aurait prĂ©fĂ©rĂ© laisser hors du compte rendu.Cette histoire ne rĂ©sout pas la crise du ValĂ©gro. Elle lui donne seulement un visage humain. DerriĂšre les drapeaux et les accords se trouvent des habitants qui continuent de travailler, dâaimer et de se marier pendant que plusieurs puissances discutent du pays auquel leur maison devrait appartenir. Le ValĂ©gro a reçu beaucoup de propositions de paix. Ă force, il risque surtout de manquer de murs oĂč les afficher. KRALAND RETOMBE EN ENFANCE SANS CHANGER DE MATURITĂ POLITIQUE La sphĂšre kralandaise connut plusieurs bouleversements. Kâ Velzard usurpa Ranxerox avant dâexpliquer que la politique nuisait Ă son moral et quâil souhaitait surtout passer du temps avec Chouchou.La rĂ©volution devint ainsi une porte tournante. On prend le pouvoir, on dĂ©couvre les responsabilitĂ©s puis on cherche rapidement lâendroit oĂč lâancien dirigeant avait rangĂ© les biscuits. La maladie RetombĂ© en Enfance frappa ensuite plusieurs villes et fit rajeunir leurs habitants. Jean-Luc Selriche conclut que les aides destinĂ©es Ă la jeunesse devenaient trop coĂ»teuses puisque toute la population Ă©tait dĂ©sormais jeune.Le raisonnement possĂ©dait cette puretĂ© administrative qui consiste Ă supprimer le goĂ»ter lorsque toute lâĂ©cole a faim. Peu aprĂšs, Jean-Luc Selriche tenta un coup montĂ© contre Toudou. Il perdit son ministĂšre puis se livra aux autoritĂ©s en affirmant quâun coup montĂ© avait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© organisĂ© contre lui au cours du coup montĂ© quâil venait lui-mĂȘme de prĂ©parer. Toudou cĂ©lĂ©bra ensuite sa victoire, couvrit les murs de graffitis et annonça quâil allait faire une sieste.Une Ă©pidĂ©mie avait transformĂ© les citoyens en enfants. Le gouvernement sâempressa de dĂ©montrer quâil nâavait pas attendu la maladie. Lâimportance de cette crise ne rĂ©side pas seulement dans son absurditĂ©. Elle montre la fragilitĂ© dâun systĂšme social lorsque toute sa population change soudainement de catĂ©gorie administrative. Les aides, les budgets et les rĂšgles du travail cessĂšrent de correspondre Ă la rĂ©alitĂ©. Le gouvernement rĂ©pondit avec des Ă©conomies rapides et des improvisations politiques. Comme souvent, les institutions dĂ©couvrirent quâelles savaient parfaitement gĂ©rer les citoyens tant que les citoyens restaient exactement comme prĂ©vu dans les formulaires. LA CONFĂDĂRATION RĂFORME PENDANT QUE LE PALAIS EXPLOSE La ConfĂ©dĂ©ration Libre consacra une partie du mois aux rĂ©formes sociales. Des aides furent distribuĂ©es. Le temps de travail fut limitĂ© et les remboursements mĂ©dicaux augmentĂšrent. Les plus riches furent davantage taxĂ©s tandis que les chercheurs dĂ©nonçaient leurs salaires insuffisants. Le gouvernement rĂ©pondit quâil hĂ©ritait de plusieurs dĂ©cennies de laisser-aller et quâil ne pouvait pas tout rĂ©parer en quelques jours. Lâargument Ă©tait recevable. Il Ă©tait aussi trĂšs pratique. Une dĂ©mocratie peut ainsi expliquer chacune de ses contradictions au moyen dâun discours assez long pour que le problĂšme initial ait le temps de changer de ministĂšre. Pendant que les responsables dĂ©battaient des budgets, des pirates pĂ©nĂ©trĂšrent dans les rĂ©seaux confĂ©dĂ©rĂ©s et volĂšrent la technologie Aide Divine au profit des Provinces IndĂ©pendantes. Le nom de cette technologie semblait dĂ©jĂ constituer un appel Ă lâeffraction. Lorsque vous laissez traĂźner une Aide Divine dans un systĂšme informatique, quelquâun finit toujours par venir rĂ©clamer son miracle. La ConfĂ©dĂ©ration fut Ă©galement frappĂ©e par les attentats de Joe le trĂšs trĂšs terrible, Bob le trĂšs trĂšs terrible et Roy le trĂšs trĂšs terrible. Le Palais ImpĂ©rial de Blofeldopolis fut endommagĂ© et plusieurs victimes furent signalĂ©es. Les membres de la famille commencĂšrent ensuite Ă sâaccuser mutuellement. Un frĂšre dĂ©nonça lâautre. Un pistolet Ă eau entra dans les explications et un chien nommĂ© Claude fut impliquĂ© dans le rĂ©cit.La ConfĂ©dĂ©ration voulait offrir Ă chacun la libertĂ© de sâexprimer. Elle obtint une famille qui communiquait avec des explosifs. Ces Ă©vĂ©nements sont importants parce quâils rĂ©vĂšlent deux vulnĂ©rabilitĂ©s diffĂ©rentes. Le pouvoir confĂ©dĂ©rĂ© tente de rĂ©former son modĂšle social alors que sa sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et technologique reste fragile. Les dĂ©bats sur la justice salariale deviennent beaucoup plus difficiles lorsque les laboratoires sont pillĂ©s et que le palais ressemble Ă une boĂźte de conserve ouverte par une fratrie en crise. LE PARADIGME VERT CONFIE LA NATURE AUX DĂMONS Le Paradigme Vert connut un changement de rĂ©gime particuliĂšrement spectaculaire. Cassandra renversa Mina dâOrchidia pendant un mariage. Elle annonça vouloir ramener le Paradigme vers ses racines, protĂ©ger le vivant et empĂȘcher lâapparition dâune thĂ©ocratie.Pour accomplir ce programme Ă©cologique et pluraliste, elle sâappuya sur des forces dĂ©moniaques qui ouvrirent des portails Ă travers les provinces. Certaines personnes y virent une contradiction. Elles manquaient peut-ĂȘtre dâimagination. Les forĂȘts seraient dĂ©sormais dĂ©fendues par des crĂ©atures venues dâun monde de flammes. Rien ne rappelle mieux lâimportance de la vĂ©gĂ©tation quâun paysage recouvert de cendres. Le pacte eut toutefois des consĂ©quences concrĂštes. Des technologies disparurent et les dĂ©mons semblĂšrent utiliser les connaissances du Paradigme pour renforcer leur propre puissance. Les chercheurs durent relancer certains travaux pendant que le gouvernement fondait une nouvelle organisation politique nommĂ©e Elysia. Huit Militants Carnivores se soulevĂšrent Ă Grand Jardin. Cassandra annonça une opĂ©ration menĂ©e par Aya Ravenloft afin de reprendre le contrĂŽle des forĂȘts et des laboratoires. Lâouverture dâun portail dĂ©moniaque fut finalement obstruĂ©e.Le Paradigme a donc tentĂ© deux stratĂ©gies contre lâinvasion. Une rĂ©forme politique complexe et le placement dâun objet devant le passage. Il serait prĂ©maturĂ© de dire laquelle impressionna le plus les dĂ©mons. Ce changement de pouvoir constitue un tournant majeur. Le Paradigme voulait Ă©viter la domination dâune religion sur lâĂtat mais son nouveau rĂ©gime dĂ©pend dâentitĂ©s infernales liĂ©es par des pactes dont le prix reste incertain. La dĂ©fense de la souverainetĂ© verte passe maintenant par des alliĂ©s qui consomment prĂ©cisĂ©ment les technologies nĂ©cessaires Ă cette souverainetĂ©. Câest une forme dâĂ©conomie circulaire. Les chercheurs dĂ©couvrent. Les dĂ©mons mangent. Les chercheurs recommencent. LES PROVINCES INDĂPENDANTES ET LâHĂLĂNIE PRĂPARENT LE BANQUET AU MILIEU DES GRAVATS Les Provinces IndĂ©pendantes poursuivirent leur progression en profitant des crises territoriales et des faiblesses des grands rĂ©gimes. Leur influence se fit sentir dans plusieurs conflits dont ceux du GĂ©ofront, du ValĂ©gro et de Crab Key. Cette expansion ne signifie pas que leurs territoires furent paisibles. Ă Crab Key, une sĂ©rie dâattentats frappa les armureries et plusieurs bĂątiments furent endommagĂ©s. Les attaques ne firent pas de victime connue mais elles dĂ©montrĂšrent que lâĂźle restait une cible militaire et symbolique. LâHĂ©lĂ©nie prĂ©para de son cĂŽtĂ© un Grand Banquet. Scarleit leva plus de neuf mille PO de taxes afin de financer les festivitĂ©s, rĂ©parer les routes et Ă©liminer certains nuisibles. Les ratons furent Ă©pargnĂ©s. MĂȘme une politique dâextermination peut conserver une mascotte lorsquâelle possĂšde un bon service de communication.LâAl KhaĂŻd Bank fut expropriĂ©e afin dâagrandir la plage destinĂ©e au banquet. Plusieurs nations nationalisent les banques pour sauver leur Ă©conomie. LâHĂ©lĂ©nie prĂ©fĂ©ra transformer lâĂ©tablissement en espace oĂč poser des serviettes. La maladie RetombĂ© en Enfance atteignit Ă©galement Bisouville Ă quelques jours de lâĂ©vĂ©nement. Scarleit accusa Jean-Luc Selriche dâavoir apportĂ© lâĂ©pidĂ©mie avec ses merguez. La mĂ©decine nâa pas encore confirmĂ© la transmission infantile par barbecue politique mais la prudence recommande de ne jamais partager une saucisse avec un ministre dont lâĂąge administratif varie.LâHĂ©lĂ©nie subit aussi plusieurs attentats contre des cages, une prison, une infirmerie et diffĂ©rents chantiers. Nbian perdit son poste de Bourgmestre aprĂšs une attaque puis mourut dans les sous-sols de Bisouville.La province termine donc le mois en prĂ©parant une grande cĂ©lĂ©bration au milieu des dĂ©gĂąts et dâune crise sanitaire. Câest peut-ĂȘtre une forme de rĂ©silience. Câest peut-ĂȘtre aussi le refus obstinĂ© dâannuler une fĂȘte aprĂšs avoir dĂ©jĂ collectĂ© les taxes. SICILIA TRAVAILLE PENDANT QUE SES CHEVAUX GĂRENT LA DIPLOMATIE Ă Trou Perdu, Dusk et Aurora firent campagne pour la mairie avec un programme centrĂ© sur les infrastructures. Une gare fonctionnelle, un aĂ©roport fonctionnel et la rĂ©paration de la route devant la prison figuraient parmi les prioritĂ©s annoncĂ©es.Ce programme paraissait modeste face aux promesses de conquĂȘte mondiale et de renaissance civilisationnelle entendues ailleurs. Il possĂ©dait toutefois une qualitĂ© rare. On pouvait vĂ©rifier si la route avait Ă©tĂ© rĂ©parĂ©e sans consulter un dĂ©mon, un philosophe ou un comitĂ© historique. La fiscalitĂ© fut ajustĂ©e et la production locale encouragĂ©e. Sicilia continua de rapporter des revenus Ă lâEmpire tandis que plusieurs provinces Ă©trangĂšres dĂ©pensaient leur Ă©nergie Ă changer de propriĂ©taire ou Ă dĂ©terminer si leur souverain Ă©tait encore lĂ©galement adulte. La stabilitĂ© sicilienne ne doit pas ĂȘtre exagĂ©rĂ©e. Le Complexe Garagiste de Trou Perdu subit plusieurs attentats. Une tentative dâeffraction suivit et la police abandonna certaines poursuites par manque de moyens. Une onde de paix traversa Ă©galement Sicilia et supprima pendant vingt-quatre heures lâenvie de se battre. La province survĂ©cut Ă cette expĂ©rience inhabituelle avant que les affaires ordinaires ne reprennent. Les lasers, les arrestations et la dĂ©bauche retrouvĂšrent rapidement leur rythme. LE BILAN DU MOIS Juillet nâa pas produit une seule crise dominante. Il a produit une succession de transformations dont les effets se croisent encore. LâEmpire Brun a changĂ© plusieurs fois de direction morale et politique. La Mystisie a vu les dĂ©mons passer du rĂŽle de menace locale Ă celui dâacteurs organisĂ©s. Le Khanat a Ă©lu Pigeon Ronron avant de tester immĂ©diatement sa capacitĂ© Ă survivre au pouvoir.La RuthvĂ©nie a changĂ© de souverain tandis que GĂ©ofront prenait son indĂ©pendance et que Crab Key voyageait entre deux nations. Le ValĂ©gro a trouvĂ© une forme de paix autour dâune mine dâor sans rĂ©soudre les inquiĂ©tudes de ses habitants. Kraland a subi une Ă©pidĂ©mie dâenfance qui a surtout rendu visible lâimmaturitĂ© dĂ©jĂ prĂ©sente dans ses institutions. La ConfĂ©dĂ©ration a engagĂ© des rĂ©formes sociales pendant que ses technologies Ă©taient volĂ©es et que son palais explosait. Le Paradigme Vert a renversĂ© une RĂ©gente avec lâaide des dĂ©mons afin de protĂ©ger la nature et la libertĂ© spirituelle. Les Provinces IndĂ©pendantes ont gagnĂ© en influence sans Ă©chapper aux attentats. LâHĂ©lĂ©nie a prĂ©parĂ© un banquet avec une banque rasĂ©e, des routes endommagĂ©es et une Ă©pidĂ©mie dans les cuisines. Sicilia a rĂ©parĂ©, produit et fiscalisĂ© pendant que ses canards, ses dĂ©mons et ses chevaux assuraient une partie de la vie publique. Les lignes de Radio NĂ©crotoile sont ouvertes. Les souverains peuvent venir corriger les faits. Les ministres peuvent dĂ©fendre leurs contradictions. Les rĂ©volutionnaires peuvent expliquer pourquoi leur attentat favorisait la paix. Les dĂ©mons peuvent transmettre leurs factures et les chevaux peuvent dĂ©poser leur version par Ă©crit Ă condition de tenir correctement la plume. Ici Kleo. LâHistoire nâest pas toujours Ă©crite par les vainqueurs. Elle est parfois Ă©crite par la seule personne qui avait encore un micro lorsque tout le monde a commencĂ© Ă mentir. |
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Rien nous sauve mon copain, l'Entropie augmente sans fin tu peux pas teste. Faut juste (...)
![]() Rien nous sauve mon copain, l'Entropie augmente sans fin tu peux pas teste. Faut juste l'accompagner wĂ© ! La Bombe đŁ est la seule voie qui tiens ses promesses et ne ment pas. Ta peur est une veine tentative de crĂ©er un cadre qui te rend aveugle sur l'augmentation immuable du dĂ©sordre. La vĂ©ritĂ© est ce qu'il reste quand tous Ă Ă©tĂ© rasĂ© cousin. Tous le monde y passera un jour ou l'autre. Une fois que la bombe est intervenue, seule la vĂ©ritĂ© reste ! |
01/08 (10:57) | Vostroyan | |
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1 Aout 6662026
[spoiler]Ici Kleo.
La vieille radio crĂ©pite ce soir dâune façon (...)
![]() 1 Aout 6662026 Spoiler Ici Kleo. La vieille radio crĂ©pite ce soir dâune façon diffĂ©rente. Peut-ĂȘtre est-ce lâhumiditĂ©. Peut-ĂȘtre est-ce simplement le Cybermonde qui produit tellement de contradictions en une seule journĂ©e que mĂȘme les lampes commencent Ă avoir des opinions politiques. Mes yeux bleus se reflĂštent dans le cadran de la radio et devant moi repose une carte du Cybermonde sur laquelle quelquâun devrait sĂ©rieusement commencer Ă utiliser des punaises plutĂŽt que de la colle. Car nous avons connu aujourdâhui lâune de ces journĂ©es oĂč les frontiĂšres ne bougent plus aprĂšs les guerres. Elles bougent pendant les discours. Et parfois avant que le public ait compris quâil fallait applaudir. La grande affaire est Ă©videmment le ValĂ©gro. Depuis des semaines cette province ressemblait Ă un enfant que plusieurs familles se disputaient devant le tribunal en lui demandant rĂ©guliĂšrement laquelle il prĂ©fĂ©rait pendant quâelles parlaient toutes Ă sa place. Kraland y tenait sa lĂ©gitimitĂ©. La RuthvĂ©nie y tenait son histoire. Les indĂ©pendantistes tenaient surtout Ă ce que les deux premiers cessent de tenir quelque chose. Puis les relations entre la RĂ©publik et le Royaume ont connu ce miracle que nous devons probablement Ă lâĂ©puisement collectif. AprĂšs suffisamment de menaces, de manifestations, dâarrestations et de dĂ©clarations sur la souverainetĂ© des peuples, Michel DruKra a finalement cĂ©dĂ© le ValĂ©gro au Royaume de RuthvĂ©nie.Il lâa fait au nom des engagements pris et du choix valĂ©grognard. Lâexplication possĂšde une cohĂ©rence que je ne nierai pas. Le ValĂ©gro devait revenir au Royaume selon lâaccord nĂ©gociĂ© et la RĂ©publik a exĂ©cutĂ© cet accord. Quelques instants plus tard Michel DruKra acceptait une alliance avec la RuthvĂ©nie en expliquant que la RĂ©publique avait tenu parole et quâil Ă©tait maintenant temps de renforcer les liens entre les deux puissances. Le rĂ©sultat est politiquement considĂ©rable. Une province qui constituait encore rĂ©cemment lâune des principales pommes de discorde entre Kraland et le Royaume devient prĂ©cisĂ©ment la fondation de leur rapprochement. Câest Ă©lĂ©gant. Deux voisins passent des semaines Ă se battre pour savoir Ă qui appartient le jardin puis finissent par devenir amis aprĂšs que lâun dâeux a donnĂ© la maison entiĂšre Ă lâautre.Les RuthvĂšnes cĂ©lĂšbrent naturellement le retour. Baptiste Le Tellier a fĂ©licitĂ© la Reine pour le rĂ©tablissement de la paix tandis que Sysson multipliait les marques de soutien au Royaume depuis Fort Emouchet. Il serait nĂ©anmoins prudent dâattendre avant de transformer cette journĂ©e en grande fresque de rĂ©conciliation. Une province ne devient pas paisible parce quâun document change de tiroir. Le ValĂ©gro a accumulĂ© trop de fidĂ©litĂ©s contradictoires et trop de blessures pour quâun transfert administratif suffise Ă rĂ©gler la question. Mais quelque chose vient rĂ©ellement de changer. Kraland et RuthvĂ©nie ont choisi pour lâinstant de transformer une frontiĂšre en pont au lieu dâen faire une tranchĂ©e.Ce qui prouve une chose que jâavais toujours soupçonnĂ©e. MĂȘme les grandes puissances peuvent finir par se montrer raisonnables lorsquâelles ont Ă©puisĂ© toutes les solutions plus amusantes. Il reste toutefois un dĂ©tail dĂ©licieux. Au moment mĂȘme oĂč Michel DruKra accomplissait cette conversion diplomatique Alex KidoWski tentait de lâusurper. Il Ă©choua. Il perdit sa fonction de Gouverneur puis se livra aux autoritĂ©s. La RĂ©publik venait donc Ă peine dâoffrir une province Ă son ancien adversaire et de signer une alliance monarchique quand lâun de ses responsables essaya de remplacer le Premier Ministre.Je comprends mieux pourquoi ils appellent cela RĂ©volution permanente. Il faut un certain niveau dâorganisation pour renverser le gouvernement entre la signature dâun traitĂ© et le rangement des stylos. Mais avant de quitter Kraland je voudrais attirer votre attention sur Lucette Circulaire. Elle a reçu le titre de HĂ©ros de la RĂ©volution avant dâĂȘtre nommĂ©e Gouverneure de Kraland. Jean-Luc Selriche a expliquĂ© son choix avec la dĂ©licatesse attendue dâun homme voulant complimenter une responsable politique en lui disant essentiellement quâelle possĂšde une expression si austĂšre que tous les citoyens placĂ©s prĂšs dâelle auront automatiquement lâair heureux. VoilĂ peut-ĂȘtre enfin une application scientifique du Bonheur Universel. On ne rend plus les gens joyeux. On place Ă cĂŽtĂ© dâeux quelquâun ayant lâair suffisamment contrariĂ© pour produire un contraste favorable.Câest Ă©conomique. Câest mesurable. Et surtout ça Ă©vite dâavoir Ă amĂ©liorer quoi que ce soit. Pendant ce temps Pr Jean-Michel Nobyl a lancĂ© des recherches sur une technologie mutante destinĂ©e Ă dĂ©velopper lâĂ©conomie aprĂšs avoir fusionnĂ© le dĂ©partement de fusion nuclĂ©aire avec celui des sciences Ă©conomiques. Jâadmire ce pays. Dans la plupart des nations quand lâĂ©conomie fonctionne mal on ajuste les taxes. Ă Kraland on approche lâĂ©conomie dâun rĂ©acteur nuclĂ©aire et on attend de voir si elle dĂ©veloppe une troisiĂšme main capable de remplir les formulaires plus rapidement.Les meilleurs chercheurs sont sur le coup. Il y a mĂȘme MĂ©gawatt. Nous pouvons donc dormir avec exactement le niveau de sĂ©rĂ©nitĂ© que cette phrase mĂ©rite. VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă lâHĂ©lĂ©nie puisque la maladie rajeunissante continue de sâĂ©tendre et transforme dĂ©sormais une crise mĂ©dicale en affaire diplomatique. Des habitants se retrouvent ramenĂ©s Ă lâenfance et Kraland affirme travailler sur un remĂšde. Kenza Creswick sâest prĂ©sentĂ©e Ă Bisouville elle-mĂȘme atteinte par le phĂ©nomĂšne afin dâassurer la population que les chercheurs kralandais tentaient dâidentifier son origine. Jean-Luc Selriche sâest dĂ©placĂ© dans le mĂȘme but avec lâintention dĂ©clarĂ©e de crĂ©er un pont entre les peuples.Le pont a immĂ©diatement reçu une claque. La Gouverneure Al-ma' a rappelĂ© que lâHĂ©lĂ©nie se considĂšre comme une ThĂ©ocratie Seelienne oĂč les discours publics nĂ©cessitent une accrĂ©ditation. La libertĂ© religieuse y demeure totale Ă la condition de suivre une thĂ©ologie jugĂ©e cohĂ©rente par lâautoritĂ© compĂ©tente. Lâexistence des autres peut devenir regrettable. Les armĂ©es irrĂ©guliĂšres y sont interdites au nom de la paix et les prises de parole doivent ĂȘtre approuvĂ©es au nom de la bienveillance.Je voudrais fĂ©liciter les thĂ©ologiens seeliens. Ils ont enfin rĂ©solu cette vieille contradiction entre libertĂ© et contrĂŽle. Vous ĂȘtes entiĂšrement libre de croire ce que vous voulez du moment que vous voulez exactement ce quâil faut. Jean-Luc Selriche nâa Ă©videmment pas apprĂ©ciĂ© quâon lui explique quâil aurait dĂ» demander lâautorisation avant de parler. Il rappela quâil avait dĂ©fendu les travailleurs et les sans-voix et quâil nâavait aucune intention de commencer maintenant Ă demander la permission dâutiliser sa propre bouche. Il prĂ©cisa Ă©galement quâil nâĂ©tait pas venu annexer lâHĂ©lĂ©nie mais simplement coopĂ©rer contre lâĂ©pidĂ©mie.Câest lĂ que lâaffaire devient rĂ©ellement intĂ©ressante. DerriĂšre les baffes et les formulaires religieux il existe un vĂ©ritable problĂšme sanitaire touchant plusieurs territoires. La RĂ©publik dispose de chercheurs travaillant sur le phĂ©nomĂšne et lâHĂ©lĂ©nie compte des malades ayant besoin de rĂ©ponses. Mandy Chantargent a dâailleurs transformĂ© un hĂŽtel en dispensaire afin dâoffrir des soins sur place. Câest sans doute lâaction la moins spectaculaire de toute cette affaire et probablement la plus utile.Ăvidemment personne ne fera une rĂ©volution autour dâun dispensaire. Il nây a pas assez de drapeaux. La maladie a Ă©galement touchĂ© la mĂ©moire de certains responsables. Al-ma' explique sâĂȘtre rĂ©veillĂ©e dans une chambre quâelle reconnaissait sans reconnaĂźtre plusieurs objets qui lâentouraient. La gouvernance de lâHĂ©lĂ©nie possĂšde donc actuellement cette propriĂ©tĂ© remarquable dâĂȘtre dirigĂ©e par une personne qui se souvient de ses principes constitutionnels plus clairement que de ce qui se trouve dans son panier Ă linge.Je ne juge pas. Jâai connu des Empereurs qui disposaient de la situation inverse. Mais la Seele connaĂźt une crise bien plus profonde encore car au mĂȘme moment les bergers de Calissie ont pris les armes. Fistulin Saint-CiboĂšre a quittĂ© les eaux de Crab Key Ă bord du Cruisader avec une idĂ©e politique dâune simplicitĂ© presque douloureuse. Selon lui la Seele nâest pas capable de se dĂ©fendre et risque dâĂȘtre dĂ©vorĂ©e par une puissance voisine. Il cherche donc un empire suffisamment fort pour occuper lâĂźle en leur nom et garantir leur protection.Oui. Vous avez correctement entendu. Une faction indĂ©pendantiste cherche volontairement quelquâun pour lâoccuper. Il faut admirer le raffinement idĂ©ologique. La domination est inacceptable lorsquâelle est imposĂ©e. Elle devient protection lĂ©gitime lorsquâon choisit soi-mĂȘme le drapeau qui viendra se planter dans le jardin. Le Cruisader a ensuite dĂ©montrĂ© la soliditĂ© de ce projet diplomatique en dirigeant lâun de ses lance-missiles vers Sanctuaire. Un tir atteignit lĂ©gĂšrement le Complexe Portuaire sans faire de victime puis les vieilles installations du navire explosĂšrent pendant la salve faute dâentretien. VoilĂ peut-ĂȘtre la meilleure mĂ©taphore politique de toute cette crise. Un groupe part chercher une grande puissance capable de le protĂ©ger. Il commence par tirer sur ses voisins et son propre matĂ©riel explose aprĂšs le premier coup. Fistulin Saint-CiboĂšre sâest excusĂ© pour le port en expliquant quâil fallait envoyer un message. Le message est effectivement arrivĂ©. Il disait approximativement que la Calissie avait besoin dâun protecteur parce que ses propres forces militaires reprĂ©sentaient un danger immĂ©diat pour tout ce qui se trouve devant et derriĂšre le canon.Les empires intĂ©ressĂ©s peuvent Ă©videmment dĂ©poser leur candidature. Je recommande toutefois dâexiger une inspection navale avant de signer. Restons un instant auprĂšs des territoires indĂ©pendants puisque GĂ©ofront continue de consolider sa nouvelle identitĂ©. Ninoo Chantargent et Shiki Chantargent ont multipliĂ© les manifestations favorables aux Provinces IndĂ©pendantes tandis que Hanako Ainozomi renforçait Ă son tour son soutien au gouvernement indĂ©pendant. Les fonctions locales bougent encore rapidement. Un Commissaire de Police a pu ĂȘtre retirĂ© puis nommĂ© de nouveau en quelques minutes ce qui dĂ©montre que lâindĂ©pendance nâa absolument pas dĂ©truit les grandes traditions administratives du Cybermonde.Câest rassurant. On peut changer de nation sans perdre le plaisir de ne plus savoir qui occupe le bureau de police. Et pourtant cette activitĂ© montre quelque chose de plus sĂ©rieux. GĂ©ofront ne se contente plus dâavoir proclamĂ© son autonomie. Ses responsables construisent maintenant une lĂ©gitimitĂ© locale. Ils organisent leurs soutiens. Ils distribuent les fonctions et ils parlent publiquement au nom des Provinces IndĂ©pendantes. Le temps des grandes proclamations romantiques commence donc Ă cĂ©der la place au travail infiniment moins glorieux qui suit toute indĂ©pendance rĂ©elle. Il faut administrer. Les rĂ©volutions adorent arracher les drapeaux. Elles dĂ©couvrent ensuite quâil faut aussi ramasser les poubelles. Passons maintenant au Khanat oĂč cette journĂ©e a pris une forme alimentaire. Il y a quelques jours les habitants de Bananie avaient prĂ©sentĂ© leur culture aux Kanards. Les Kanards ont dĂ©cidĂ© de rendre la politesse en offrant la leur. Les miettes. Des tonnes de miettes ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©es sur Distillerie. Palakoin a expliquĂ© avec beaucoup de bienveillance que les routes nâĂ©taient pas salies mais assaisonnĂ©es. Koinstradamus avait mĂȘme annoncĂ© cette pluie de nourriture comme une catastrophe cĂ©leste volontaire destinĂ©e Ă rapprocher les peuples.Je retire tout ce que jâai pu dire sur la diplomatie traditionnelle. Des siĂšcles dâambassades. Des traitĂ©s. Des mariages dynastiques. Des Ă©changes de prĂ©sents et des missions permanentes pour finalement dĂ©couvrir quâil suffisait de jeter du pain par terre. Le rĂ©sultat fut immĂ©diat. Des Kanards Hostiles envahirent Distillerie et Light Deathnote passa une partie de la soirĂ©e Ă combattre une succession de crĂ©atures portant des noms suffisamment ridicules pour faire douter de leur danger jusquâau moment prĂ©cis oĂč elles commencent Ă mordre. Tinylia CĂ©raty et dâautres habitants furent Ă©galement agressĂ©s.La culture kanardesque nous offre ainsi une excellente leçon anthropologique. Lorsque quelquâun vous dit que son prĂ©sent diplomatique attire des hordes dâanimaux agressifs il est possible quâil ne sâagisse pas dâun cadeau. Câest parfois juste un piĂšge avec une jolie prĂ©sentation. Passe-Muraille observait tout cela avec inquiĂ©tude alors quâil annonçait lui-mĂȘme vouloir devenir prochainement Khan de Bananie et redonner du rayonnement Ă la province. Il salua notamment les mouvements dâindĂ©pendance de lâHĂ©lĂ©nie, de GĂ©ofront et de Bouletie. Le Khanat demeure fascinant sur ce point. Il est suffisamment attachĂ© Ă ses structures tribales pour Ă©lire des chefs partout et suffisamment sensible Ă la libertĂ© pour applaudir les provinces des autres lorsquâelles sâĂ©loignent de leur capitale.La libertĂ© est toujours admirable depuis le balcon dâen face. Au mĂȘme moment le Khanat continue de renforcer ses installations militaires. Une Petite Armurerie est en construction Ă Igloo. VoilĂ qui permet de replacer les discours gĂ©nĂ©reux dans leur contexte. On peut cĂ©lĂ©brer lâindĂ©pendance des peuples et construire des armureries dans la mĂȘme soirĂ©e. Lâun nourrit les Ă©ditoriaux. Lâautre permet de survivre Ă leur interprĂ©tation. Et puisque nous parlons de constructions et de dĂ©molitions revenons un instant vers lâEmpire Brun oĂč Oeil-de-Taupe a commencĂ© Ă exproprier des bĂątiments Ă LĂ©prosie afin de prĂ©parer la ville Ă lâApocalypse. Il explique que tout est sous contrĂŽle et invite la population Ă pleurer et dĂ©pĂ©rir normalement.VoilĂ un Bourgmestre qui respecte son mandat. Beaucoup dâadministrations organisent des exercices dâurgence. Elles prĂ©parent des rĂ©serves et Ă©laborent des plans dâĂ©vacuation. Oeil-de-Taupe rase directement la ville avant lâApocalypse afin dâĂ©viter Ă lâApocalypse la fatigue de devoir le faire.Câest une politique de prĂ©vention trĂšs brunne. Si la catastrophe arrive elle trouvera le travail commencĂ©. Si elle nâarrive pas on pourra toujours dire que les bĂątiments auraient probablement Ă©tĂ© dĂ©truits tĂŽt ou tard. Ă Mystisie Kramara Kisugi sâest mise Ă vendre plusieurs propriĂ©tĂ©s dont sa banque pour vingt mille MĂ. Elle a Ă©galement placĂ© sur le marchĂ© une basilique de Naar Ă Santa Banana City et lâĂ©tablissement dĂ©licatement nommĂ© La Burne Brune. On pourrait y voir une liquidation. On pourrait aussi y voir une femme ayant compris avant tout le monde quâen pĂ©riode dâApocalypse annoncĂ©e la meilleure stratĂ©gie immobiliĂšre consiste parfois Ă vendre avant que le Bourgmestre voisin dĂ©couvre votre adresse.Je voudrais savoir qui achĂšte une basilique de Naar dâoccasion pour vingt mille MĂ. Pas pour juger. Simplement pour mettre son nom dans un dossier trĂšs visible. Pendant ce temps Valerio Tenebri et Isariel ont soutenu Silas des Sables Ă Lampe du GĂ©nie. Valerio Tenebri a prĂ©cisĂ© que ses faveurs crĂ©aient des dettes et que celles-ci seraient rĂ©clamĂ©es avec intĂ©rĂȘt. Je salue cette franchise. Les relations politiques reposent souvent sur le mĂȘme principe mais les diplomates utilisent dâhabitude quarante lignes de vocabulaire sur lâamitiĂ© pour Ă©viter dâĂ©crire le mot dette.Ici au moins le reçu est fourni. Martina D. Dei Machiavelli sâest de son cĂŽtĂ© rendue Ă Structural et a couvert plusieurs responsables locaux de soutiens dont Jean-Messie de la Nation, Booker et Gronullos du patĂ©. Elle sâest intĂ©ressĂ©e notamment au projet de pacification tarifĂ©e portĂ© autour de Milieu. Jâadmets Ă©prouver une certaine tendresse intellectuelle devant lâexpression pacification tarifĂ©e. VoilĂ enfin la paix dĂ©barrassĂ©e de son hypocrisie.Vous voulez ĂȘtre protĂ©gĂ©. Vous payez. Vous ne payez pas. Nous supposons donc que vous prĂ©fĂ©rez expĂ©rimenter la gĂ©opolitique sans assurance. Jean-Messie de la Nation avait auparavant transfĂ©rĂ© huit mille piĂšces vers son MinistĂšre de lâĂconomie et il fut ensuite attaquĂ© Ă plusieurs reprises par un Assassin. Lâargent attire les projets. Les projets attirent les soutiens.Et visiblement les soutiens attirent parfois quelquâun avec un couteau. MĂȘme dans la dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e la causalitĂ© Ă©conomique finit par ĂȘtre simple. La ConfĂ©dĂ©ration elle-mĂȘme poursuit ses recherches avec davantage de moyens que plusieurs autres ministĂšres et continue dâinvestir dans lâĂ©conomie et la science. Elle construit Ă©galement une Ă©cole au Tribunal Cybermondial. Pendant ce temps une FĂ©e du Paradigme Vert critique son industrie et sa pollution. VoilĂ une dispute parfaitement saine. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s veulent dĂ©velopper. Les Verts veulent prĂ©server et chacun dispose donc dâune raison sincĂšre de trouver lâautre lĂ©gĂšrement monstrueux. Je serais inquiĂšte le jour oĂč ils se mettront dâaccord. Cela signifierait probablement quâils ont trouvĂ© quelquâun de troisiĂšme Ă exploiter ensemble. Il y aurait encore beaucoup Ă raconter. K' Velzard sâest livrĂ© aux autoritĂ©s et dort dĂ©sormais en prison. Michel DruKra et Dragnor se sont mariĂ©s tandis quâils remaniaient une RĂ©publique qui semble incapable de traverser une journĂ©e sans produire Ă la fois un changement gouvernemental et une rĂ©ception. Patrick-Lamulle DePouch et Gronullos du patĂ© se sont Ă©galement mariĂ©s Ă Structural. Toudou a tentĂ© de plumer un canard appartenant au Bourgmestre avant de devenir recherchĂ©. Plus tĂŽt il avait Ă©tĂ© lapidĂ© par une foule dans une scĂšne prĂ©sentĂ©e comme une leçon ne violant techniquement pas la convention de Slavonie.Câest le genre de prĂ©cision juridique qui rĂ©chauffe le cĆur. Lorsquâune foule doit prĂ©ciser aprĂšs vous avoir jetĂ© des pierres que tout cela reste conforme au traitĂ© il est gĂ©nĂ©ralement trop tard pour demander une copie des clauses. Mais il faut parfois sortir du dĂ©tail pour regarder lâensemble et aujourdâhui lâensemble possĂšde une forme fascinante. Le ValĂ©gro a changĂ© de nation afin de consolider une paix. GĂ©ofront approfondit son indĂ©pendance. Une partie de la Seele cherche maintenant une puissance Ă©trangĂšre pour garantir la sienne. LâHĂ©lĂ©nie affirme sa thĂ©ocratie au moment oĂč une Ă©pidĂ©mie oblige les frontiĂšres mĂ©dicales Ă sâouvrir. Le Khanat cĂ©lĂšbre les peuples libres tout en prĂ©parant ses propres successions. Les Kanards pratiquent la diplomatie par la miette. La RĂ©publik fabrique des alliances monarchiques puis rĂ©compense ses rĂ©volutionnaires. La ConfĂ©dĂ©ration transforme la recherche en moteur Ă©conomique. Le Paradigme critique les industries des autres et lâEmpire Brun vend des basiliques pendant quâun Bourgmestre rase prĂ©ventivement sa ville contre la fin du monde. Tout le monde parle de stabilitĂ©. Personne ne semble avoir choisi la mĂȘme dĂ©finition. Certains croient que la stabilitĂ© consiste Ă conserver un territoire. Dâautres pensent quâelle consiste Ă pouvoir le cĂ©der proprement. Les indĂ©pendantistes la cherchent dans la rupture. Les royaumes dans le retour des anciennes frontiĂšres. Les thĂ©ocrates dans la rĂšgle. Les rĂ©publicains dans le changement permanent. Les tribus dans lâappartenance. Les dĂ©mocrates dans la procĂ©dure et les Bruns dans cette merveilleuse conviction quâun bĂątiment dĂ©jĂ dĂ©moli ne peut plus vous tomber sur la tĂȘte. Je ne dirai pas laquelle de ces doctrines est supĂ©rieure. Ce serait indigne dâune journaliste parfaitement impartiale. Je me contenterai de constater que nos ruines sont gĂ©nĂ©ralement trĂšs bien entretenues. Une petite araignĂ©e descend alors lentement de la toile et dĂ©pose devant moi une derniĂšre dĂ©pĂȘche. Je la parcours. Je relĂšve les yeux vers la vieille radio et je vois mon propre reflet bleu dans son cadran. Non. Rien ne sâest amĂ©liorĂ© pendant que je parlais. Câest rassurant. Les personnes citĂ©es ce soir peuvent Ă©videmment venir corriger mes conclusions. Michel DruKra peut expliquer comment cĂ©der une province et gagner une alliance dans la mĂȘme soirĂ©e. Jean-Luc Selriche peut nous raconter combien de formulaires il faut remplir avant dâavoir le droit dâannoncer un remĂšde Ă Bisouville. Al-ma' peut transmettre le tarif exact dâune accrĂ©ditation bienveillante. Fistulin Saint-CiboĂšre peut prĂ©ciser quel empire il souhaite inviter Ă occuper son indĂ©pendance. Passe-Muraille peut nous indiquer si son futur programme bananien prĂ©voit une politique contre les miettes. Koinstradamus peut dĂ©fendre la valeur diplomatique du pain tombĂ© du ciel et Oeil-de-Taupe peut venir nous assurer une nouvelle fois que lâApocalypse est parfaitement sous contrĂŽle.Les tĂ©moins anonymes sont Ă©galement les bienvenus. Les tĂ©moins non anonymes ont gĂ©nĂ©ralement davantage de choses Ă perdre donc leurs interventions sont souvent meilleures. Ici Kleo depuis un portail dĂ©moniaque dĂ©sert. |
02/08 (02:28) | ||
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2 aout 6662026
đ» RADIO NĂCROTOILE â ĂMISSION SPĂCIALE
RETOMBĂ EN ENFANCE : LE (...)
![]() 2 aout 6662026 đ» RADIO NĂCROTOILE â ĂMISSION SPĂCIALE *Un grĂ©sillement traverse les ondes. Une petite musique de boĂźte Ă musique se fait entendre quelques secondes. Puis un bruit de jouet quâon piĂ©tine. Silence.* Bonsoir, Cybermonde. Ici Kleo, votre araignĂ©e journaliste, qui interrompt ses programmes habituels pour une urgence sanitaire dâune gravitĂ© telle que plusieurs gouvernements envisageraient dĂ©jĂ de remplacer leurs ministĂšres par des tapis de mousse colorĂ©s et des cubes avec des lettres dessus. Une Ă©pidĂ©mie frappe actuellement plusieurs provinces. Son nom ? RetombĂ© en Enfance. Nous avons donc officiellement atteint le stade oĂč le Cybermonde nâa mĂȘme plus besoin de satire. Il fait tout le travail lui-mĂȘme. Depuis plusieurs jours, la maladie progresse avec une rĂ©gularitĂ© remarquable. Le 25 juillet, Fort Emouchet, Honolulu-par-DelĂ et le Quartier SuprĂȘme Ă©taient touchĂ©s. Le 27, rebelote, ValĂ©gro, Kraland, puis Gynerak en Slavonie rejoignait joyeusement la grande crĂšche internationale. Le 29 juillet, alors que les autoritĂ©s auraient Ă©ventuellement pu commencer Ă se demander pourquoi les citoyens rĂ©clamaient soudain des compotes et refusaient dâaller dormir, la maladie frappait de nouveau Fort Emouchet, Honolulu-par-DelĂ , le Quartier SuprĂȘme et Gynerak. Et câest Ă ce moment-lĂ que la RuthvĂ©nie est entrĂ©e dans la danse. Ruthvenville. Lantenac-du-Lac. Toutes deux contaminĂ©es. Puis arrive le 31 juillet. Et lĂ , mes chers auditeurs, la situation cesse gentiment dâĂȘtre une Ă©pidĂ©mie pour commencer Ă ressembler Ă une tournĂ©e mondiale de garderie. Fort Emouchet : contaminĂ©e. Quartier SuprĂȘme : contaminĂ©. Honolulu-par-DelĂ : contaminĂ©e. Gynerak : contaminĂ©e. Ruthvenville : contaminĂ©e. Lantenac-du-Lac : contaminĂ©e. Et pour couronner lâensemble, Bisouville, en HĂ©lĂ©nie, rejoint officiellement la catastrophe. Bisouville. FrappĂ©e par RetombĂ© en Enfance. Je tiens Ă remercier la rĂ©alitĂ© pour ce travail de scĂ©nariste extrĂȘmement professionnel. Ă ce stade, nous pouvons dĂ©jĂ tirer quelques conclusions scientifiques parfaitement rigoureuses. PremiĂšrement : ça revient. DeuxiĂšmement : ça sâĂ©tend. TroisiĂšmement : quelquâun ferait mieux de cacher les crayons de cire avant quâun chef dâĂtat ne dĂ©cide de redessiner les frontiĂšres directement sur les murs du palais. Car le phĂ©nomĂšne intĂ©ressant nâest pas seulement le nombre de villes touchĂ©es. Câest sa persistance. Honolulu-par-DelĂ , le Quartier SuprĂȘme et Fort Emouchet apparaissent encore et encore dans les relevĂ©s. Gynerak les rejoint ensuite. Puis Ruthvenville et Lantenac-du-Lac. Autrement dit, ce nâest visiblement pas le genre de maladie oĂč lâon tousse trois jours avant de reprendre le travail. Non. Elle revient. Encore. Et encore. Comme un enfant de quatre ans qui vient vous demander toutes les quarante secondes : Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? PARCE QUE JE NE SAIS PAS, MIEL, RETOURNE COLORIER. *Ahem.* Pardon. La rĂ©daction est sous tension. En RuthvĂ©nie, la situation mĂ©rite notamment notre attention,Ruthvenville et Lantenac-du-Lac ont Ă©tĂ© signalĂ©es deux fois en moins de trois jours. Une performance sanitaire remarquable pour un territoire qui pourrait bientĂŽt devoir remplacer ses traditionnels discours grandiloquents par : Non, Lord Golgoth, on ne met pas la couronne dans sa bouche. Kraland nâest pas en reste puisque Honolulu-par-DelĂ et le Quartier SuprĂȘme collectionnent les Ă©pisodes avec un enthousiasme qui commence franchement Ă ressembler Ă un abonnement. Du cĂŽtĂ© de ValĂ©gro, Fort Emouchet tient Ă©galement une trĂšs belle cadence. Et Gynerak prouve une fois encore que la Slavonie refuse de laisser ses voisins monopoliser une catastrophe internationale. Câest beau. Câest solidaire. Câest surtout extrĂȘmement inquiĂ©tant. Quant Ă Bisouville, fraĂźchement contaminĂ©e, je refuse de faire une plaisanterie sur une population atteinte de RetombĂ© en Enfance dans une ville qui sâappelle Bisouville ... Non. Je refuse. La facilitĂ© a des limites. MĂȘme ici. *Petit silence.* Bon. Faites quand mĂȘme un bisou magique sur le bobo. VoilĂ . Câest sorti. La question qui se pose maintenant est Ă©videmment celle de lâorigine de cette Ă©pidĂ©mie. Maladie naturelle ?Accident ? Arme biologique ? ExpĂ©rience scientifique ayant commencĂ© par la phrase : HonnĂȘtement, quâest-ce qui pourrait mal tourner ? Ou avons-nous simplement enfin dĂ©couvert une explication mĂ©dicale au comportement politique gĂ©nĂ©ral du Cybermonde ? La rĂ©daction de Radio NĂ©crotoile nâaccuse personne. Pour lâinstant. Mais si nous dĂ©couvrons prochainement un laboratoire rempli de hochets, de biberons contaminĂ©s et dâun scientifique en blouse blanche criant « CâEST POUR LA SCIENCE ! », nous nous autoriserons quelques questions. En attendant, les recommandations de Radio NĂ©crotoile sont simples. Si votre voisin commence soudainement Ă parler avec une voix suraiguĂ«, refuse ses lĂ©gumes et prĂ©tend que votre fauteuil est dĂ©sormais une forteresse imprenable, ne paniquez pas. Sâil commence Ă courir dans les couloirs du gouvernement avec une casserole sur la tĂȘte, vĂ©rifiez dâabord quâil ne faisait pas dĂ©jà ça avant lâĂ©pidĂ©mie. Le diagnostic diffĂ©rentiel est important. Si un ministre se roule par terre parce quâon lui refuse quelque chose, lĂ encore, prudence : nous nâavons actuellement aucun moyen scientifique de distinguer RetombĂ© en Enfance du fonctionnement politique ordinaire. La situation sera donc suivie avec la plus grande attention. Car aujourdâhui nous comptons dĂ©jĂ des foyers en ValĂ©gro, Kraland, Slavonie, RuthvĂ©nie et HĂ©lĂ©nie. Et si cette progression continue, la prochaine rĂ©union diplomatique internationale pourrait se rĂ©sumer Ă douze dirigeants assis en cercle pendant quâun Ă©ducateur demande : Alors... qui a pris le jouet de son camarade ? Et quelque part, au fond de la piĂšce, quelquâun rĂ©pondra : Câest lui qui a commencĂ©. Ce qui, Ă bien y rĂ©flĂ©chir, ne changera absolument rien Ă la diplomatie actuelle. Ici Kleo], pour Radio NĂ©crotoile. Nous continuerons naturellement Ă suivre cette Ă©pidĂ©mie avec le sĂ©rieux, la dignitĂ© et la rigueur scientifique qui ont toujours fait notre rĂ©putation. Câest-Ă -dire que si Ruthvenville annonce demain une pĂ©nurie de couches, nous ferons une Ă©dition spĂ©ciale. Dâici lĂ , lavez-vous les mains. Ăvitez de lĂ©cher les poignĂ©es de porte. Ne partagez pas vos sucettes. Et surtout... Si votre Empereur commence Ă rĂ©clamer quâon lui coupe sa viande, prĂ©venez immĂ©diatement les autoritĂ©s. *La musique de boĂźte Ă musique reprend.* *Une petite voix au loin :* Kleoooo... jâai soif. *Silence.* ... JE SUIS Ă LA RADIO. Mais Kleoooooo... Bonne nuit, Cybermonde. *Fin de transmission.* |
02/08 (19:26) | ||
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2 aout 6662026
Bonsoir Ă vous, citoyens de lâEmpire Brun, voisins plus ou moins (...)
![]() 2 aout 6662026 Bonsoir Ă vous, citoyens de lâEmpire Brun, voisins plus ou moins frĂ©quentables, souverains provisoires, rĂ©volutionnaires permanents, dĂ©mocrates occasionnels et contribuables qui nâavez pas encore compris que votre argent est beaucoup plus heureux dans les caisses dâun ministĂšre que dans vos poches. Ici Kleo, Ministre de l'Information de lâEmpire Brun, araignĂ©e impĂ©riale et journaliste dâune impartialitĂ© si absolue quâelle est rĂ©guliĂšrement confondue avec de la propagande par les esprits faibles. Les nouvelles de cette nuit ont prit une tournure dĂ©licieuse. La RuthvĂ©nie a changĂ© de souverain comme une actrice tragique change de robe aprĂšs avoir dĂ©couvert que la premiĂšre robe avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© poignardĂ©e. La Mystisie a organisĂ© un coup dâĂtat avec une politesse administrative presque touchante. LâIrendol a tentĂ© dâĂ©lire un gouverneur tout en brĂ»lant consciencieusement ses bulletins. HĂ©lĂ©nie continue dâexpĂ©rimenter un gouvernement oĂč lâon soigne les Ă©pidĂ©mies en se battant dans les auberges. La RĂ©publique de Kraland a dĂ©couvert le salaire minimum Ă cinquante FK et le GĂ©ofront a montrĂ© quâil est encore possible de quitter le pouvoir avec davantage de dignitĂ© quâon en avait trouvĂ© en y entrant. Je sais. Cela fait beaucoup. Heureusement vous mâavez. Cette Ă©mission vous est offerte par Bonheur 2000 de Fenouil du Bonheur, Jukramine, Poudre de PopularitĂ©, Cristaux de MetaBonheur ou Pastille du Bonheur. Si votre existence manque dâĂ©clat il existe visiblement dĂ©sormais un produit pour ça. Utilisez le code BONHEUR pour obtenir 5 % de rĂ©duction sur votre premiĂšre commande. Bonheur 2000. Le bonheur nâa peut-ĂȘtre pas de prix mais il a dĂ©sormais un code promo. Commençons par la RuthvĂ©nie puisquâelle a fait ce que font toutes les monarchies lorsquâelles sentent que lâattention du Cybermonde risque de se dĂ©tourner dâelles. Elle a renversĂ© quelque chose. En dĂ©but de soirĂ©e la couronne reposait encore sur la tĂȘte de Dame DĂ©merzel. Puis Tormenta Ruthven a observĂ© la situation avec lâĆil du fĂ©lin qui regarde un verre posĂ© trop prĂšs du bord dâune table et sâest dit quâil serait regrettable de laisser la stabilitĂ© durer davantage. Il a donc usurpĂ© le trĂŽne. Le motif Ă©tait dâune puretĂ© doctrinale admirable. Nous Ă©tions le deux aoĂ»t. Deux huit. Vingt-huit si lâon ferme les yeux avec suffisamment de conviction. Il serait cependant injuste de rĂ©duire cette affaire Ă une simple prise de pouvoir. La RuthvĂ©nie sâest rĂ©veillĂ©e avec plusieurs souverains dans le mĂȘme quart dâheure moral. Tormenta Ruthven prend la couronne, proclame lâĂ©tat dâurgence, distribue une rĂ©compense Ă Dame DĂ©merzel pour la propretĂ© impeccable du palais et explique tranquillement quâil Ă©tait obligĂ© dâessayer parce que lâopportunitĂ© existait. VoilĂ une conception de lâĂtat que je respecte presque. Dans lâEmpire Brun nous avons depuis longtemps compris quâun poste important attire mĂ©caniquement ceux qui pensent pouvoir mieux lâoccuper. Nous avons simplement eu lâĂ©lĂ©gance de transformer cela en tradition. En RuthvĂ©nie ils appellent encore cela un scandale avant dâapplaudir le prochain souverain. La diffĂ©rence est surtout vestimentaire.Puis vint le meilleur. Ă peine installĂ© Tormenta Ruthven dĂ©signa Golgoth Ruthven le Vagabond comme Arbitre des ĂlĂ©gances. Quelques instants plus tard le pĂšre dĂ©cernait au fils la MĂ©daille des Bonnes ManiĂšres avec une tendresse familiale si dĂ©licate quâon aurait presque oubliĂ© quâune couronne venait de changer de tĂȘte au milieu des huĂ©es, des pressions politiques, des rumeurs de sous-vĂȘtements douteux et des tentatives dâusurpation. Presque. Golgoth Ruthven le Vagabond avait dâailleurs passĂ© une partie de la soirĂ©e Ă critiquer Dame DĂ©merzel tout en expliquant quâil sâagissait de critiques constructives. Le royaume a inventĂ© une forme de maçonnerie politique fascinante oĂč lâon dĂ©molit la façade tout en assurant au propriĂ©taire quâon amĂ©liore lâaĂ©ration.Mais la maison ne sâest pas arrĂȘtĂ© lĂ . Tormenta Ruthven, aprĂšs avoir conquis le trĂŽne, lâa transmis Ă son pĂšre. Oui. Le fils renverse une reine, devient roi puis offre le royaume Ă papa en expliquant que tout ceci Ă©tait un pacte. Si quelquâun cherchait encore une dĂ©finition pratique de la monarchie hĂ©rĂ©ditaire il suffit dĂ©sormais de montrer Ruthvenville au loin et de murmurer quâils ont trouvĂ© une mĂ©thode plus rapide. Au mĂȘme moment Baptiste Le Tellier tentait dâusurper le duc et perdait son poste dans lâopĂ©ration. Il allait pourtant remporter quelques heures plus tard lâĂ©lection du duchĂ© de RuthvĂ©nie avec onze voix. Câest lĂ toute la beautĂ© du systĂšme. Un homme peut ĂȘtre puni pour avoir voulu prendre un poste puis ĂȘtre officiellement fĂ©licitĂ© pour lâavoir obtenu au scrutin suivant. La loi nâest pas incohĂ©rente. Elle est simplement trĂšs attachĂ©e au calendrier.Et que dire de Sir McRabbit, qui dans le ValĂ©gro soutient le gouvernement du Royaume tout en refusant son allĂ©geance au nouveau roi parce que le coup manquait de panache. Il loue Korail, remercie la duchesse pour son soutien aux lapins puis critique Golgoth Ruthven le Vagabond avec la gravitĂ© dâun homme qui vient de constater quâune rĂ©volution nâavait pas respectĂ© le code vestimentaire. VoilĂ ce qui me touche chez les RuthvĂšnes. Leur Ătat peut trembler. Leur roi peut changer. Leur duc peut tomber. Mais quelquâun trouvera toujours le temps dâexpliquer que le vĂ©ritable problĂšme est le manque dâĂ©lĂ©gance.Toute personne de la cour souhaitant corriger cette interprĂ©tation peut naturellement venir le faire en direct. Je recommande simplement de vĂ©rifier auparavant qui porte la couronne au moment de parler. Cela Ă©vitera dâavoir Ă recommencer la phrase avant la fin. En Mystisie Silas des Sables a accompli quelque chose que les autres nations appelleront une trahison et que jâappellerai une rĂ©organisation verticale extrĂȘmement dynamique. Il Ă©tait bourgmestre de Lampe du GĂ©nie. Il avait repoussĂ© les Ă©lections dâune semaine avec une justification remarquable sur la prĂ©vention des incendies de dunes liĂ©s au brĂ»lage des urnes. Jâaimerais mâattarder lĂ -dessus parce que cette phrase contient Ă elle seule davantage de sagesse gouvernementale que plusieurs constitutions. Quand lâĂ©lecteur menace de brĂ»ler le bureau de vote on peut soit renforcer les urnes soit renforcer lâĂ©lecteur soit simplement reporter lâĂ©lection jusquâĂ ce que tout le monde soit suffisamment fatiguĂ© pour trouver le bĂątiment. Silas des Sables a choisi lâoption administrative. Je reconnais un esprit mĂ©thodique.Plus tard il a usurpĂ© Lyra du Hautbois et est devenu gouverneur de Mystisie en annonçant sa trahison ascendante avec lâĂ©lĂ©gance dĂ©sabusĂ©e dâun homme qui constate que les dĂ©mons ont dĂ©cidĂ©ment meilleure rĂ©putation que les conseillers politiques. Des rumeurs de pacte dĂ©moniaque accompagnent lâaffaire. Il les accueille presque avec jalousie. AprĂšs quoi il nomme prĂ©cisĂ©ment Lyra du Hautbois bourgmestre de Lampe du GĂ©nie et lui confie un rĂŽle dans son projet de rĂ©habilitation des ruines et de rayonnement dĂ©moniaque. Je voudrais attirer votre attention sur ce dĂ©tail. Dans beaucoup de pays renverser quelquâun signifie quâon ne lui fait plus confiance. En Mystisie renverser quelquâun signifie quâon lui change de bureau.VoilĂ la supĂ©rioritĂ© profonde du vieux savoir brun. Nous ne gaspillons pas les compĂ©tences simplement parce quâelles se trouvaient assises sur le mauvais fauteuil au moment oĂč quelquâun dâautre a dĂ©cidĂ© de sây asseoir. Silas des Sables prend la province. Lyra du Hautbois conserve un rĂŽle. Les ruines attendent leur rĂ©habilitation. Les dĂ©mons attendent probablement leur facture. Tout le monde continue Ă travailler. La bureaucratie impĂ©riale peut ĂȘtre cruelle mais elle nâest jamais oisive.Pendant ce temps les dĂ©mons ont eux-mĂȘmes formulĂ© une revendication dâune simplicitĂ© admirable. Ils veulent de lâintelligence. Ils veulent des livres. Ils veulent une bibliothĂšque. Ils considĂšrent que le Paradigme Vert doit payer parce quâun pacte aurait Ă©tĂ© conclu par Cassandra. Jâignore ce qui me plaĂźt le plus dans cette affaire. Peut-ĂȘtre le fait quâune lĂ©gion infernale soit devenue plus claire dans ses objectifs budgĂ©taires que plusieurs ministĂšres Ă©trangers. Peut-ĂȘtre le fait que des dĂ©mons rĂ©clament dĂ©sormais une bibliothĂšque en rĂ©paration. Peut-ĂȘtre enfin cette idĂ©e merveilleuse que lâon puisse manger lâintelligence sans mĂȘme demander si elle est mĂ»re. Le Paradigme a voulu nĂ©gocier avec lâau-delĂ et lâau-delĂ envoie maintenant une liste de courses.Il y aura naturellement des gens pour sâinquiĂ©ter de ce rayonnement dĂ©moniaque. Ils ont tort. Quand les dĂ©mons commencent Ă rĂ©clamer des livres cela signifie soit que la civilisation progresse soit que lâenfer prĂ©pare un concours administratif. Dans les deux cas lâEmpire Brun saura sâadapter. Les intĂ©ressĂ©s peuvent venir tĂ©moigner. Les dĂ©mons aussi. Nous demandons simplement quâils Ă©vitent de manger le standard avant la fin de lâĂ©mission. Restons un instant dans les provinces oĂč la rĂ©alitĂ© sâest mise Ă avoir de la fiĂšvre. HĂ©lĂ©nie reste rebelle et semble avoir dĂ©cidĂ© que la meilleure maniĂšre de prouver son autonomie Ă©tait de vivre simultanĂ©ment une crise sanitaire, une crise religieuse et une sĂ©rie de bagarres dont personne ne sait plus trĂšs bien lesquelles ont commencĂ© avant le cafĂ©. La maladie RetombĂ© en Enfance a frappĂ© Bisouville et ailleurs dans le Cybermonde, jusquâĂ Ruthvenville, Lantenac-du-Lac, Fort Emouchet, Gynerak, Honolulu-par-DelĂ et Quartier SuprĂȘme. La population ont commencĂ© Ă parler avec cette gravitĂ© singuliĂšre des adultes qui sentent leur dignitĂ© leur glisser des mains en mĂȘme temps que leur taille rĂ©glementaire. Câest dans ce contexte que Jean-Luc Selriche a livrĂ© une dĂ©fense savoureuse de lâaide kralandaise. Il a parlĂ© de santĂ© gratuite, de Grande DĂ©esse, de libertĂ© de parole et de vin de messe trop cher. Il faut toujours se mĂ©fier des discours qui commencent par la thĂ©ologie et terminent par le pouvoir dâachat. Ils sont souvent les plus sincĂšres. Novak a de son cĂŽtĂ© dĂ©veloppĂ© la thĂ©orie selon laquelle certains visiteurs seraient en rĂ©alitĂ© des enfants depuis toujours puisque leurs prĂ©noms le prouvaient. Kenza Creswick lui a rĂ©pondu avec une patience admirable en soulignant quâil serait tout de mĂȘme inquiĂ©tant de confier la sĂ©curitĂ© publique Ă une enfant. Peu aprĂšs Novak sâest fait assassiner. Je ne prĂ©tends Ă©videmment pas quâil existe un lien. Une journaliste sĂ©rieuse ne conclut jamais sans preuve. Elle se contente de placer les deux informations dans le mĂȘme paragraphe avec un air entendu.La gouverneure Al-maâ a passĂ© une bonne partie de la journĂ©e Ă combattre divers habitants, Ă©trangers, intrus et problĂšmes relationnels comme si le gouvernement local avait fusionnĂ© avec le service de sĂ©curitĂ© dâune taverne. Elle affronte Malcom Ravenloft, Cassandra, Fawomane Ravenloft, Kenza Creswick et dâautres encore. Au milieu de cela les policiers sont gĂȘnĂ©s par des broutilles et des dĂ©mons mineurs circulent. Les habitants est pourtant priĂ©s de ne pas confondre agitation et absence de gouvernance. Il y a bien une gouvernance. Elle court simplement trĂšs vite.Je note Ă©galement que la RĂ©publique de Kraland continue de prĂ©senter ses initiatives comme une main tendue vers HĂ©lĂ©nie. Câest charmant. La RĂ©publique tend souvent la main avec lâautre main dĂ©jĂ occupĂ©e Ă remplir un formulaire dâannexion en trois exemplaires. Logan Komikov et dâautres voix kralandaises rappellent que la RĂ©publique est lâamie du DiocĂšse. Les habitants rĂ©pondent parfois comme on rĂ©pond Ă un voisin qui affirme venir arroser les fleurs alors quâil mesure dĂ©jĂ le salon. Rien de grave. Les relations internationales sont faite de ce genre de petits malentendus.Ă propos de la RĂ©publique je dois reconnaĂźtre quâelle nous offre une trĂšs belle dĂ©monstration de cohĂ©rence idĂ©ologique. Le salaire minimum a Ă©tĂ© fixĂ© Ă cinquante FK par Jean-Luc Selriche, qui explique que le secteur privĂ© doit sâaligner sur le public parce que le privĂ© nâest jamais vraiment tout Ă fait privĂ© dans une RĂ©publique suffisamment glorieuse. VoilĂ une phrase que lâEmpire Brun ne prononcerait jamais. Chez nous si quelque chose vous appartient cela vous appartient jusquâau moment prĂ©cis oĂč quelquâun de plus haut placĂ© dĂ©cide que non. Nous avons la dĂ©cence de ne pas appeler cela une thĂ©orie Ă©conomique.Pendant ce temps Michel DruKra reçoit des soutiens, des critiques et mĂȘme une tarte Ă la crĂšme. Alex KidoWski lâamende pour le ValĂ©gro tout en le fĂ©licitant pour son mariage puis dĂ©missionne de son poste de procureur avec la satisfaction du travail accompli. Logan Komikov dĂ©fend le Premier Ministre avec la ferveur dâun homme qui considĂšre la Constitution comme un texte sacrĂ© Ă condition quâelle soit lue dans le bon sens et de prĂ©fĂ©rence par lui. Alex KidoWski riposte en accusant le pouvoir dâavoir cĂ©dĂ© le ValĂ©gro. Tout cela se dĂ©roule dans une RĂ©publique qui aime rappeler au monde que le dĂ©bat est libre tant que tout le monde arrive Ă la bonne conclusion.Et pourtant il faut rendre Ă Michel DruKra ce qui lui appartient. Il continue de gouverner. Il nomme Kâ Velzard Commissaire du Bonheur et quelques instants plus tard le Cybermonde dĂ©couvre Bonheur 2000, le Fenouil du Bonheur, les vitamines Jukramine, la Poudre de PopularitĂ©, le MetaBonheur et la Pastille du Bonheur. Jâai rarement vu une institution internationale dĂ©montrer avec autant de franchise que le bonheur est surtout une question de conditionnement bien prĂ©sentĂ©. Kâ Velzard a mĂȘme trouvĂ© le moyen dâoffrir une rĂ©duction commerciale sur le bonheur. Certains philosophes ont passĂ© leur vie Ă chercher la fĂ©licitĂ©. Ils auraient dĂ» attendre lâouverture du catalogue.Je salue cette initiative. Pas parce quâelle est raisonnable. LâEmpire Brun nâa jamais exigĂ© de la civilisation quâelle soit raisonnable. Nous exigeons quâelle soit mĂ©morable. Mais avant de quitter la RĂ©publique il faut parler du GĂ©ofront parce que Darth Leo mĂ©rite mieux que les raccourcis commodes dont certains chroniqueurs raffolent. Il a annoncĂ© quâil avait acceptĂ© dâendosser les dĂ©cisions les plus controversĂ©es de la transition dont la rupture avec la RuthvĂ©nie puis quâil cĂ©derait la responsabilitĂ© Ă Ninoo Chantargent. Certains appelleront cela un retrait. Câest une lecture paresseuse. Il sâagit dâun transfert calculĂ© du poids politique vers une figure qui ne porte ni son passif ni ses inimitiĂ©s. En dâautres termes Darth Leo a fait ce que peu de dirigeants savent faire. Il a utilisĂ© son propre capital politique comme un bouclier puis il sâest Ă©cartĂ© avant que le bouclier ne devienne le gouvernement.La suite lui donne raison avec une Ă©lĂ©gance presque agaçante. Ninoo Chantargent remporte lâĂ©lection du GĂ©ofront avec cent pour cent des voix exprimĂ©es. Hanako Ainozomi prend Sanctuaire. Les discours de soutien se multiplient autour de la famille Chantargent et le GĂ©ofront semble se prĂ©parer Ă une transition qui ressemble moins Ă un effondrement quâĂ un changement de garde. Jâentends dĂ©jĂ ceux qui veulent expliquer que deux voix pour une gouverneure ne font pas un plĂ©biscite historique. Câest exact. Mais deux voix de plus que zĂ©ro suffisent Ă gagner une Ă©lection et contrairement Ă certaines monarchies le GĂ©ofront nâa pas eu besoin de couronner le pĂšre du vainqueur dix minutes plus tard.Toute personne qui souhaite contester lâidĂ©e que Darth Leo ait organisĂ© cette sortie avec intelligence peut venir en dĂ©battre. Je garderai soigneusement la transcription. Elle sera utile pour lâĂ©tude des erreurs de jugement.VoilĂ qui nous mĂšne aux Ă©lections elles-mĂȘmes. Ă lâaube le Cybermonde sâest couvert de rĂ©sultats comme une table de banquet se couvre de verres aprĂšs une rĂ©ception dont personne nâassume la facture. Baptiste Le Tellier devient Duc de RuthvĂ©nie avec onze voix. Palakoin prend les KaraĂŻbes aprĂšs le retrait Ă©lĂ©gant de Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ qui avait longuement mĂ©ditĂ© la guerre des miettes entre ElmĂ©riens et Kanards. Passe-Muraille garde la Bananie. fRAN9OIS6aNDR2 remporte la Capsulie. Alex KidoWski prend la province de Kraland. Aya Ravenloft gagne la ForĂȘt de Jade avec zĂ©ro voix. Je rĂ©pĂšte mentalement ce rĂ©sultat depuis plusieurs minutes et il devient meilleur Ă chaque fois. Gagner avec zĂ©ro voix est peut-ĂȘtre la forme la plus pure de dĂ©mocratie verte. Aucun Ă©lecteur nâa Ă©tĂ© sacrifiĂ© inutilement. Ces rĂ©sultats confirme une chose que jâobserve depuis longtemps. Une Ă©lection nâa pas nĂ©cessairement besoin dâĂ©lecteurs pour produire un Ă©lu. Elle a surtout besoin dâune administration suffisamment dĂ©cidĂ©e Ă fermer le dossier.En Irendol le scrutin fut plus lyrique. Kardia Ravenloft et Mina dâOrchidia terminent avec neuf voix chacune. Konya reste Ă zĂ©ro. Le vainqueur final est Kardia Ravenloft. Mais avant cela plusieurs incendies de bureaux de vote ont rĂ©duit les bulletins par tranches successives. Les urnes a brĂ»lĂ© avec une rĂ©gularitĂ© presque cĂ©rĂ©monielle. Vingt pour cent puis quinze puis dix puis cinq. Ă ce stade ce nâĂ©tait plus une fraude Ă©lectorale. CâĂ©tait une mĂ©thode de dĂ©pouillement par combustion. Le Paradigme Vert nous expliquera sans doute que le papier a Ă©tĂ© rendu Ă la nature sous forme de fumĂ©e. Mina dâOrchidia avait pourtant menĂ© une campagne remarquable, invoquant son passĂ© thĂ©ocratique, sa foi, ses exploits et son projet de faire dâIrendol un haut lieu religieux. Elle reprochait au Paradigme de tolĂ©rer les dĂ©mons. Ce qui est une critique intĂ©ressante quand on vit dans un Cybermonde oĂč tout le monde semble avoir au moins un portail infernal derriĂšre un commerce. Le plus remarquable reste quâelle conclut presque son grand discours en proposant quâon la nomme ministre si lâĂ©lection ne fonctionnait pas. VoilĂ une femme qui comprend parfaitement la rĂ©silience institutionnelle. Quand la porte du pouvoir se ferme il faut immĂ©diatement vĂ©rifier les fenĂȘtres.Au Khanat ElmĂ©rien la soirĂ©e avait un autre parfum, plus tribal, plus direct et beaucoup moins prĂ©occupĂ© par lâĂ©tat des tapis. Cassandre Lemage Ruthven a battu fRAN9OIS6aNDR2 en duel et pris le titre de Khane de Capsulie. Elle poursuit son tour du Khanat en annonçant quâil ne reste plus que la capitale. Chez les ElmĂ©riens le programme politique tient souvent dans la distance qui sĂ©pare deux combattants avant quâils sortent leurs armes. Câest brut mais au moins personne ne demande de recompter les bulletins. Les ambitions se nourrit ici de coups reçus, de dĂ©fis lancĂ©s et de cette certitude collective quâun bon argument est meilleur lorsquâil possĂšde une garde et une poignĂ©e.La Bananie elle a reçu un dĂ©luge aprĂšs une prĂ©diction astrologique qui sâest rĂ©alisĂ©e. Les bĂątiments ont souffert, les habitants aussi puis Passe-Muraille a expliquĂ© que lâorage apporterait de lâeau aux bananes et que tout finirait par sâarranger. VoilĂ enfin un gouvernement qui sait transformer un dĂ©sastre naturel en communiquĂ© agricole. Je le dis sans ironie. Enfin presque. Le Khanat a besoin de gens capables de regarder lâeau monter jusquâaux fenĂȘtres et de dire que la rĂ©colte sera excellente.Ă Bouletie Jeff Bizous a perdu son poste dâintendant aprĂšs avoir tentĂ© sans succĂšs de transformer un hĂŽtel en tripot. Avant cela il avait critiquĂ© le Khanat, soutenu la ConfĂ©dĂ©ration Libre et pompĂ© assez consciencieusement pour offrir une unitĂ© dâĂ©nergie Ă sa ville. Il faut reconnaĂźtre un talent particulier aux Boulets. Ils savent conjuguer dissidence politique, politique Ă©nergĂ©tique et mauvaise frĂ©quentation hĂŽteliĂšre dans une mĂȘme matinĂ©e. Ces Ă©lections donne au Khanat une mosaĂŻque Ă©trange mais cohĂ©rente. Des duels, des dĂ©luges, des gouverneurs Ă©lus et des bars ratĂ©s. Une civilisation tient parfois Ă moins que cela.Pendant ce temps la ConfĂ©dĂ©ration Libre se fĂ©licite de sa dĂ©mocratie avec la gravitĂ© dâun homme qui vient de retrouver son bulletin aprĂšs avoir votĂ©. Ă Structural Paul Sernine Ă©crase Monique QuiĂšs avec prĂšs de soixante-dix pour cent des voix aprĂšs une campagne oĂč les meetings ont mobilisĂ© valets, sbires, maĂźtres dâarmes, cuistots et toute une faune que la dĂ©mocratie prĂ©fĂšre appeler corps Ă©lectoral lorsquâelle veut dormir tranquille. Jean-Messie de la Nation soutient Paul Sernine. Monique QuiĂšs rĂ©pond avec du papier toilette politique et des bonbons. Il existe des constitutions Ă©crites avec moins de sincĂ©ritĂ©.La ConfĂ©dĂ©ration rĂ©colte ensuite ses impĂŽts et les distribue avec cette admirable transparence qui consiste Ă afficher prĂ©cisĂ©ment oĂč lâargent est parti afin que chacun puisse constater quâil nâen reste plus. LâAcropole alimente largement les caisses et Milieu aussi. Les provinces semble parfois moins gouvernĂ©es que comptabilisĂ©es mais câest lâessence mĂȘme de la dĂ©mocratie. Lorsquâon ne sait plus qui dĂ©cide il reste toujours quelquâun pour prĂ©senter un tableau. Je dois Ă©galement Ă©voquer lâalerte sanitaire que jâai moi-mĂȘme diffusĂ©e au nom de lâInformation impĂ©riale. Toutes les climatisations et tous les ventilateurs ont Ă©tĂ© orientĂ©s vers lâextĂ©rieur afin de repousser les germes. Les mesures a Ă©tĂ© accueillies avec le silence respectueux que provoquent toujours les dĂ©cisions scientifiques dont le public nâa pas encore compris la portĂ©e. Je rappelle que la prioritĂ© reste dâempĂȘcher les agents pathogĂšnes dâentrer. Si certains citoyens ont froid ils peuvent ajouter une couche de vĂȘtements. Si les germes ont froid ils peuvent aller au Paradigme. Jâentends dĂ©jĂ les mĂ©decins protester. Ils sont invitĂ©s Ă fournir une mĂ©thode plus efficace qui nâimplique ni comitĂ© de consultation ni brochure de quarante pages. En attendant les ventilateurs restent tournĂ©s vers lâextĂ©rieur. Ce que cette journĂ©e nous enseigne est finalement simple. Les royaumes changent de souverain plus vite que les souverains ne changent de veste. Les rĂ©publiques transforment leurs querelles en doctrine. Les dĂ©mocraties comptent tout jusquâaux miettes. Les Ă©cologistes brĂ»lent des urnes pour sauver lâavenir. Les tribus rĂšglent les successions Ă coups de duel. Les rebelles gouvernent comme si lâordre Ă©tait un affront personnel. Et lâEmpire Brun observe tout cela depuis ses fauteuils de cuir en prenant des notes parce quâil faudra bien que quelquâun Ă©crive une version lisible de lâHistoire. Les ministres obĂ©it parfois. Les gouverneurs tombent. Les rois reviennent. Les maladies voyagent. Les ambitions se dĂ©guisent en principes. Les principes se changent en slogans. Puis les slogans se retrouvent imprimĂ©s sur des prospectus qui finissent dans une urne ou dans un incendie selon la province. Câest une mĂ©canique magnifique. Elle serait mĂȘme Ă©mouvante si elle ne coĂ»tait pas autant en mobilier public. Alors je laisse les lignes ouvertes. Golgoth Ruthven le Vagabond peut venir expliquer combien de rois la RuthvĂ©nie prĂ©voit dâutiliser cette semaine. Silas des Sables peut dĂ©tailler le tarif exact dâun rĂ©alignement hiĂ©rarchique assistĂ© par dĂ©mon. Mina dâOrchidia peut dĂ©fendre la combustion Ă©lectorale comme mĂ©thode spirituelle. Jean-Luc Selriche peut venir nous apprendre Ă quel moment un salaire cesse dâĂȘtre minimum pour devenir une dĂ©claration de guerre au patronat. Ninoo Chantargent peut raconter ce quâon ressent lorsque quelquâun vous remet un GĂ©ofront fraĂźchement dĂ©barrassĂ© de ses vieilles inimitiĂ©s. Et Darth Leo nâa rien Ă justifier mais sâil souhaite parler il trouvera ici un micro qui ne confond pas responsabilitĂ© et culpabilitĂ©.Les tĂ©moins anonymes, les courageux imprudents et les souverains qui ne savent pas encore sâils le seront toujours au moment de leur passage Ă lâantenne peuvent se manifester. Toute personne dĂ©sirant corriger cette version peut le faire avec des faits. Les opinions seules seront acceptĂ©es Ă©galement mais rangĂ©es dans la boĂźte prĂ©vue Ă cet effet juste sous le crĂąne dorĂ©. Je suis Kleo. Cette nuit encore le Cybermonde a prouvĂ© quâil pouvait survivre Ă ses institutions et parfois mĂȘme malgrĂ© elles. Les archives survivra Ă ceux qui les remplissent. Les couronnes passeront. Les gouvernements tomberont. Les urnes brĂ»leront. Les ventilateurs souffleront vers lâextĂ©rieur. |
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3 aout 6662026
RADIO NĂCROTOILE ĂMISSION SPĂCIALE :
AMADIS, DEUX JOURS ET DĂJĂ (...)
![]() 3 aout 6662026 RADIO NĂCROTOILE ĂMISSION SPĂCIALE : *Un grĂ©sillement lĂ©ger traverse les ondes, suivi dâune petite musique de boĂźte Ă musique beaucoup trop paisible pour Radio NĂ©crotoile.* Bonsoir Cybermonde. Pour une fois, rangez les bombes, cessez de vous soupçonner mutuellement dâelmĂ©risme, laissez les dĂ©mons finir tranquillement leurs livres et Ă©vitez dâincendier une urne Ă©lectorale pendant les prochaines minutes. Nous avons une naissance Ă cĂ©lĂ©brer. Oui, une vraie naissance. Avec un enfant, des parents fatiguĂ©s, des gens qui apportent des peluches et, parce que nous sommes en Mystisie, suffisamment de phĂ©nomĂšnes magiques autour pour que personne ne trouve particuliĂšrement inquiĂ©tant quâun nourrisson semble dĂ©jĂ Ă©voluer plus vite quâun programme gouvernemental. Mesdames, messieurs, crĂ©atures dĂ©moniaques et auditeurs qui prĂ©tendent dormir pendant lâĂ©mission, bienvenue Ă Amadis Lemage von Altheim-BlatnoĂŻ. Prenez une respiration entre Lemage et von Altheim-BlatnoĂŻ si nĂ©cessaire. Lâenfant nâa que quelques jours et possĂšde dĂ©jĂ un nom capable de remplir seul la moitiĂ© dâun formulaire administratif. Monique Lemage et Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ sont donc revenus Ă Lampe du GĂ©nie avec leur fils. La mĂšre, manifestement Ă©puisĂ©e mais suffisamment Monique pour reprendre immĂ©diatement ses affaires, lâa prĂ©sentĂ© avec une simplicitĂ© presque inquiĂ©tante, Amadis dort, et lorsquâil ne dort pas, il mange. Elle a Ă©galement prĂ©cisĂ© quâil ne serait pas tout de suite un problĂšme⊠mais bientĂŽt. Je ne veux alarmer personne, mais lorsquâune sorciĂšre prĂ©sente son nourrisson de cette maniĂšre, je considĂšre quâil ne sâagit plus seulement dâune dĂ©claration de naissance. Câest un communiquĂ© prĂ©alable de sĂ©curitĂ© publique.Il faut dire quâ Amadis semble avoir dĂ©cidĂ© que lâenfance traditionnelle Ă©tait une perte de temps. Ă peine arrivĂ© dans le Cybermonde, il grossit, gazouille, commence Ă produire des mots, rĂ©clame Ă manger avec lâassurance dâun homme ayant dĂ©jĂ compris que le personnel de maison existe pour une raison, et fait quelques pas avec LĂ©onaar. Sa mĂšre le regarde Ă©voluer avec cette expression parfaitement rassurante quâont les parents lorsquâils constatent que leur progĂ©niture dĂ©veloppe beaucoup trop rapidement des capacitĂ©s surnaturelles, elle est ravie. Selon Monique, son fils est parfait. Pas il va bien, pas il est adorable, pas mĂȘme nous sommes trĂšs heureux . Parfait. Et puisquâil a dĂ©jĂ reproduit le sortilĂšge du BĂ©-bĂšgue, je suppose que le comitĂ© scientifique chargĂ© de contester cette affirmation a prĂ©fĂ©rĂ© changer de province.Le pĂšre, quant Ă lui, adopte une stratĂ©gie lĂ©gĂšrement diffĂ©rente. Wenceslas semble avoir dĂ©couvert simultanĂ©ment quâun nourrisson respire, bouge, rĂ©clame des choses et peut donc potentiellement cesser de faire lâune de ces activitĂ©s sans prĂ©venir. Il a passĂ© sa premiĂšre nuit Ă vĂ©rifier rĂ©guliĂšrement que son fils respirait encore, attitude parfaitement normale chez un nouveau pĂšre et absolument catastrophique pour la qualitĂ© du sommeil. Depuis, il veille, transporte, surveille, exige que Monique se repose et tente vraisemblablement dâempĂȘcher son Ă©pouse dâaccoucher un jour puis de rouvrir trois commerces, gĂ©rer un ministĂšre et traverser le Cybermonde le lendemain. Câest courageux. Câest inutile. Mais câest courageux.Les fĂ©licitations ont Ă©videmment commencĂ© Ă affluer. Silas des Sables souhaite au nouveau-nĂ© un dĂ©veloppement optimal, ce qui est probablement sa version dâun gigantesque cĂąlin. Don Amortel a immĂ©diatement proposĂ© au bĂ©bĂ© sa premiĂšre cĂ©rĂ©monie naariste, parce quâil nâexiste manifestement aucun Ăąge minimum rĂ©glementaire pour ĂȘtre confrontĂ© au dĂ©sespoir mĂ©taphysique. Lyra, plus pragmatique, a souhaitĂ© bon courage aux parents et conseillĂ© lâexistence de grands-parents et de nounous afin quâils puissent un jour retrouver une vie de couple. Elle a Ă©galement offert une peluche. Kâ Velzard, lui, avait apportĂ© le tout premier jouet dâ Amadis et a voulu fĂ©liciter le nouveau-nĂ© avec un gouzi gouzi. Malheureusement, le petit ĂȘtre quâil avait devant lui nâĂ©tait absolument pas Amadis. CâĂ©tait LĂ©onaar. Un dĂ©mon. Un vrai. DâoĂč la tentative de manger son doigt. Wenceslas a dĂ» expliquer trĂšs calmement que son fils Ă©tait ailleurs et que, sâil dĂ©sirait offrir quelque chose Ă LĂ©onaar, il valait mieux privilĂ©gier un objet incombustible. Mesdames et messieurs, ceci est dĂ©sormais mon exemple favori de la phrase. Vous vous ĂȘtes trompĂ© de bĂ©bĂ©. Amadis a nĂ©anmoins rĂ©cupĂ©rĂ© la peluche, qui devient donc officiellement son premier jouet. Il lâa agrippĂ©e avant de partir explorer lâauberge en tenant la main de LĂ©onaar. Je ne sais pas exactement quel genre dâenfance commence avec une sorciĂšre comme mĂšre, un Altheim-BlatnoĂŻ comme pĂšre, un dĂ©mon comme compagnon de promenade et une peluche offerte par un futur sponsor radiophonique, mais je refuse catĂ©goriquement de manquer la suite.Et puisquâon parle de sponsor,cette Ă©mission vous rappelle avec une discrĂ©tion journalistique absolument exemplaire que Bonheur 2000 existe toujours. Vous pouvez notamment y trouver Fenouil du Bonheur, Vitamine du Bonheur, Jukramine, Poudre de PopularitĂ©, Cristaux de MetaBonheur et Pastilles de Bonheur. Code BONHEUR, cinq pour cent de rĂ©duction sur votre premiĂšre commande. Radio NĂ©crotoile prĂ©cise quâaucun de ces produits nâa Ă©tĂ© testĂ© sur Amadis Lemage von Altheim-BlatnoĂŻ, et que nous souhaitons conserver cette situation. Sa mĂšre maĂźtrise la magie. Son pĂšre a lâair trĂšs fatiguĂ©. Nous ne dĂ©sirons provoquer aucun des deux.Mais derriĂšre toutes les plaisanteries, il reste quelque chose dâassez joli dans cette histoire. Le Cybermonde passe son temps Ă nous fournir des guerres, des couronnes, des complots, des pactes dĂ©moniaques et des dirigeants convaincus que la diplomatie consiste essentiellement Ă choisir convenablement lâendroit oĂč lâon criera sur son voisin. Et pendant ce temps, quelque part Ă Lampe du GĂ©nie, deux parents regardent un petit garçon dĂ©couvrir le monde. Wenceslas, qui semblait incapable de savoir comment le toucher sans le casser, lui a prĂ©sentĂ© trĂšs sĂ©rieusement son pĂšre. Monique, qui pourrait probablement transformer une rĂ©union de famille en symposium magique sans sâen rendre compte, le regarde comme sâil venait personnellement de dĂ©montrer la supĂ©rioritĂ© de plusieurs gĂ©nĂ©rations de sorcellerie. Et Amadis, lui, semble surtout avoir conclu que tout cela Ă©tait trĂšs intĂ©ressant, mais nettement moins urgent que de manger.Alors bienvenue dans le Cybermonde, Amadis Lemage von Altheim-BlatnoĂŻ. Tu viens dâarriver dans un endroit oĂč les adultes brĂ»lent des bureaux de vote, nĂ©gocient avec lâEnfer, dĂ©clarent des guerres pour des raisons parfois moins solides quâune mauvaise humeur matinale et organisent des concours Ă©cologiques autour de villes possĂ©dant davantage dâinfrastructures industrielles que dâhabitants. Tu as donc deux possibilitĂ©s, devenir la personne raisonnable de la famille, ou tâadapter.Ă en juger par les premiers jours, je pense que tu as dĂ©jĂ choisi. Ici Kleo, pour Radio NĂ©crotoile. FĂ©licitations aux parents, bienvenue Ă Amadis⊠et Kâ, la prochaine fois que vous faites gouzi gouzi Ă quelque chose chez Monique, vĂ©rifiez dâabord si ça possĂšde une origine infernale.*La boĂźte Ă musique reprend quelques secondes. Un petit crĂ©pitement se fait entendre, suivi dâun bruit de morsure.* ⊠VoilĂ . Exactement. |
03/08 (17:01) | ||
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3 Aout 6662026
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RADIO NĂCROTOILE
LA PAIX EST DĂCLARĂE PARTOUT ET (...)
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Ici Kleo. Ministre de lâInformation. Journaliste par nĂ©cessitĂ© historique et parfaitement impartiale selon les normes trĂšs exigeantes que jâai moi-mĂȘme Ă©tablies afin dâĂ©viter quâun organisme moins compĂ©tent ne sâen charge. Le Cybermonde a passĂ© une journĂ©e remarquable. La paix progresse. Les indĂ©pendances fleurissent. Les alliances se nĂ©gocient. Les gouvernements se rĂ©organisent. Les enfants dirigent presque la moitiĂ© des administrations. Une cryptomonnaie radioactive vient dâĂȘtre inventĂ©e. Un navire Ă moitiĂ© mourant transporte des bergers armĂ©s Ă la recherche dâune puissance Ă©trangĂšre qui voudrait bien protĂ©ger leur indĂ©pendance en occupant leur Ăźle. Un Roi revient en RuthvĂ©nie pendant que ses sujets expliquent immĂ©diatement pourquoi il aurait mieux fait de rester ailleurs. Bref les institutions fonctionnent et je vois que les histoires se rĂ©pĂšte avec une discipline qui ferait honte Ă certains fonctionnaires. Installez-vous confortablement. Il va falloir un peu de temps pour comprendre comment autant de peuples peuvent rĂ©clamer simultanĂ©ment la libertĂ©, la protection dâune grande puissance, la disparition des impĂŽts, le financement des services publics, la paix avec leurs ennemis et le droit imprescriptible de continuer Ă leur mettre des baffes. La RuthvĂ©nie nous offre naturellement le meilleur endroit pour commencer puisque le Royaume a retrouvĂ© Golgoth Ruthven sur son trĂŽne et que le trĂŽne semble avoir retrouvĂ© immĂ©diatement lâusage de sa fonction principale qui consiste Ă donner Ă tous les autres une raison de crier. Je nâirai pas jusquâĂ dire que la RuthvĂ©nie aime les crises monarchiques. Ce serait injurieux. Je dirai seulement quâelle les entretient avec la mĂȘme tendresse quâune vieille tante conserve un service de porcelaine dont aucune assiette nâest intacte. Le nouveau Roi est Ă peine installĂ© que Sysson le critique et prĂ©fĂšre ouvertement le Duc Baptiste Le Tellier. La Maison des Chevaliers de lâOctet rĂ©clame le retour de Dame DĂ©merzel. Alice Ravenloft sâoffre le petit plaisir de rappeler aux registres quâelle aura critiquĂ© deux Rois dans la mĂȘme nuit et je lui reconnais ici une certaine constance fĂ©line. Sir McRabbit rĂ©ussit une figure politique dâune belle complexitĂ© en soutenant le gouvernement ruthvĂšne tout en frappant son souverain avec tout lâenthousiasme administratif dont un Lapin distinguĂ© est capable. BohĂ© dâUmont prĂ©fĂšre quant Ă lui la Duchesse Korail tout en concĂ©dant Ă Golgoth un talent pour les sonnets ce qui est peut-ĂȘtre la premiĂšre tentative connue de mesurer la lĂ©gitimitĂ© royale avec une anthologie de poĂ©sie. Dame DĂ©merzel elle-mĂȘme critique le nouveau monarque puis se fait huer en essayant de transformer cette dĂ©sapprobation en mouvement de foule. VoilĂ qui rĂ©sume admirablement la monarchie. Tout le monde estime reprĂ©senter le peuple jusquâau moment oĂč le peuple arrive et semble avoir oubliĂ© le texte. Une rumeur court mĂȘme Ă Fort Ămouchet accusant Golgoth de vouloir rĂ©gner Ă tout prix tandis quâune autre le compare avec assez peu de dĂ©licatesse Ă une crĂ©ature particuliĂšrement difficile Ă exterminer. Je voudrais rappeler Ă mes confrĂšres que la prĂ©cision journalistique exige de distinguer entre une critique politique et une tentative dâextermination par chaussure. Radio NĂ©crotoile demeure une maison sĂ©rieuse. Cependant ce qui mâintĂ©resse davantage nâest pas que Golgoth soit contestĂ©. Un Roi qui nâest pas contestĂ© en RuthvĂ©nie devrait immĂ©diatement vĂ©rifier si le Royaume est encore habitĂ©. Ce qui mâintĂ©resse est la vitesse avec laquelle chaque camp construit dĂ©jĂ son explication totale. Pour les uns il reprĂ©sente le retour dâun vieux fondateur capable de stabiliser une Couronne qui change de tĂȘte plus souvent quâune hydre dans une fabrique de guillotines. Pour les autres il serait lâinstrument dâun mystĂ©rieux dessein impĂ©rial brun. Et lĂ je dois protester. Non parce que cette accusation serait offensante. Elle est extrĂȘmement flatteuse. Elle suppose simplement Ă lâEmpire Brun une capacitĂ© dâorganisation tellement prodigieuse que jâaimerais savoir qui sâen occupe afin de lui confier quelques dossiers. Lorsquâun royaume change de souverain et que la moitiĂ© de la noblesse commence Ă sâaccuser mutuellement avant que la couronne soit froide il est inutile dâimaginer une araignĂ©e derriĂšre chaque tenture. Parfois les RuthvĂšnes veut simplement ĂȘtre RuthvĂšnes.Il faut pourtant reconnaĂźtre que les circonstances ont une Ă©lĂ©gance suspecte. Tormenta Ruthven vient de rentrer dans lâEmpire Brun aprĂšs son long dĂ©tour par ce quâil appelle lâEmpire Brun dâOrient. Il a perdu un Ćil dans lâaventure ce qui dans notre pays constitue Ă peu prĂšs lâĂ©quivalent dâun certificat de stage bien rempli. Il revendique avec Bladimir plusieurs lunes passĂ©es Ă exercer une influence brune sur le vieux Royaume et il prĂ©sente le rĂ©sultat comme une victoire complĂšte. Monique Lemage accueille son retour avec cette chaleur professionnelle dont elle est capable et rappelle que beaucoup de choses se sont dĂ©roulĂ©es comme prĂ©vu. On apprend que les agents bruns ont occupĂ© le trĂŽne durant plusieurs lunes. On rappelle les traces laissĂ©es jusque dans lâurbanisme de Ruthvenville. On observe Kramara installĂ©e dans les Ă©lĂ©gances. On voit maintenant Golgoth sur le trĂŽne. Puis Tormenta revient Ă Atome demander que cette excursion soit officiellement reconnue dans son parcours de MĂ©chant. Mes chers auditeurs je comprends pourquoi certaines personnes regardent cette succession dâĂ©vĂ©nements puis dessinent entre eux de grandes flĂšches rouges. Le problĂšme est quâĂ force de relier tous les points on finit toujours par obtenir une araignĂ©e. Cela ne prouve pas que lâaraignĂ©e a dessinĂ© le tableau. Je sais que cette nuance paraĂźtra excessivement technique Ă certains chroniqueurs ruthvĂšnes mais il faut bien que quelquâun maintienne un standard. Kramara elle-mĂȘme fĂ©licite Tormenta dâavoir tenu malgrĂ© tout ce quâil a pris dans les BURNES et je ne commenterai pas davantage cette mĂ©thode dâĂ©valuation militaire. Certaines doctrines doivent rester dans leurs Ă©coles de pensĂ©e. Toujours est-il que la RuthvĂ©nie est dĂ©sormais placĂ©e dans une situation fascinante. Elle vient de ratifier avec Kraland un traitĂ© destinĂ© Ă pacifier le ValĂ©gro. Elle prĂ©pare parallĂšlement un sommet avec le Khanat ElmĂ©rien pour envisager une autre paix. Elle change de Roi. Elle conteste le nouveau Roi. Elle rĂ©duit certains impĂŽts. Elle protĂšge des ambassades. Elle prĂ©pare des nĂ©gociations. Et malgrĂ© cet impressionnant empilement de paix possibles personne ne semble avoir perdu lâenvie de menacer quelquâun. VoilĂ une culture politique robuste. Dâautres royaumes signe un traitĂ© et rangent les Ă©pĂ©es. La RuthvĂ©nie signe un traitĂ© afin de pouvoir tenir lâĂ©pĂ©e avec davantage de lĂ©gitimitĂ©.Mais avant de quitter la Couronne il faut descendre jusquâau ValĂ©gro car cette province vient de rĂ©ussir quelque chose dâextraordinaire. Elle a produit un accord dont chacun peut prĂ©tendre ĂȘtre le vainqueur. Le traitĂ© proposĂ© par Michel DruKra et ratifiĂ© au nom de la RuthvĂ©nie par Dame DĂ©merzel reconnaĂźt le ValĂ©gro comme terre ruthvĂšne tout en prĂ©servant une place aux populations kralandaises qui sây sont installĂ©es. Les ressortissants de Kraland doivent ĂȘtre accueillis sâils respectent lâidentitĂ© locale. Les biens et les personnes doivent bĂ©nĂ©ficier dâune forme de protection rĂ©ciproque. Le Royaume reversera Ă la RĂ©publique une partie des revenus fiscaux provenant de lâactivitĂ© kralandaise jusquâĂ une limite Ă©tablie. Les deux puissances doivent partager des donnĂ©es scientifiques. Fort Ămouchet et Gynerak sont appelĂ©es Ă se rapprocher culturellement. Les responsables locaux qui nâont pas failli peuvent assurer une transition puis Ă©ventuellement ĂȘtre reconduits. Câest un document Ă©tonnamment raisonnable ce qui suffit dĂ©jĂ Ă le rendre suspect dans le Cybermonde. Sir McRabbit se fĂ©licite de lâaccord et annonce que les Lapins assureront la transition jusquâĂ lundi. Sophos explique quâil fallait mettre fin Ă une crise qui durait depuis trop longtemps. Vostroyan surgit pour rappeler que selon lui la Moldavie nâest ni vraiment kralandaise ni vraiment ruthvĂšne mais palladionaute ce qui prouve quâaucune nĂ©gociation territoriale ne peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme complĂšte tant quâun troisiĂšme homme nâest pas arrivĂ© pour expliquer que les deux premiers parlent de sa maison. Et au milieu de tout cela Michel DruKra reçoit un Prix Fragile de la Paix. Le nom est sublime. Il faudrait lâattribuer Ă toute la diplomatie du Cybermonde. La paix nâest jamais dĂ©finitive ici. Elle est fragile. Provisoire. Conditionnelle. ArmĂ©e. AccompagnĂ©e dâune clause de rĂ©vision et gĂ©nĂ©ralement assise sur un baril de poudre. Ce prix lui va donc parfaitement. Ce qui compte vraiment est que le ValĂ©gro offre dĂ©sormais un prĂ©cĂ©dent. Les provinces peuvent changer dâallĂ©geance sans que le seul vocabulaire disponible soit celui des ruines et des fosses communes. Cela semblera Ă©vident aux peuples civilisĂ©s. Nous nâen avons donc presque aucun exemple.VoilĂ qui nous mĂšne au GĂ©ofront oĂč Darth Leo a fait exactement ce que les puissances aiment le moins voir faire Ă leurs anciennes dĂ©pendances. Il a annoncĂ© que le GĂ©ofront Ă©tait libre. Pas libre dans le sens dĂ©coratif oĂč une province obtient un nouveau drapeau tout en gardant les mĂȘmes chaĂźnes repeintes. Libre dans le sens oĂč lâautoritĂ© ruthvĂšne est dĂ©clarĂ©e terminĂ©e et oĂč le nouveau pouvoir entend choisir ses propres orientations. On pourra discuter longtemps de la soliditĂ© militaire de cette indĂ©pendance. Darth Leo ne lâa pas dissimulĂ© lui-mĂȘme. Le GĂ©ofront est vulnĂ©rable. Câest dâailleurs prĂ©cisĂ©ment ce qui rend cette proclamation intĂ©ressante. Il est trĂšs facile de rĂ©clamer la libertĂ© lorsque lâon possĂšde trente divisions derriĂšre soi. Il est beaucoup plus instructif de le faire lorsque la principale garantie disponible est la conviction que les autres hĂ©siteront suffisamment longtemps avant de vous manger. Nerdos Valkyry a dĂ©jĂ offert de ramener des Soldats Loups si ses petites en ont besoin. Sir McRabbit a fĂ©licitĂ© les habitants. Tinylia CĂ©raty a soutenu la dĂ©marche. Al-maâ a liĂ© le destin du nouveau GĂ©ofront Ă une renaissance seelienne. Sophos a accueilli la naissance de cette nouvelle entitĂ© avec la perplexitĂ© dâun chercheur enfantin dĂ©couvrant que des religieux parlent de science. Les rĂ©actions montre donc quelque chose de plus important quâune simple frontiĂšre dĂ©placĂ©e. Le GĂ©ofront devient un centre de gravitĂ© idĂ©ologique. Certains y voient lâoccasion dâune renaissance de la Seele. Dâautres un laboratoire dâindĂ©pendance. Dâautres encore un territoire faible qui devra rapidement sâentourer dâamis. Pendant ce temps Ninoo Chantargent consolide le gouvernement. Shiki Chantargent soutient vigoureusement les Provinces IndĂ©pendantes et entreprend le travail beaucoup moins poĂ©tique qui suit toujours les grandes proclamations. Elle remet progressivement des impĂŽts. Le salaire est taxĂ©. Lâextraction recommence Ă contribuer. Les ventes commencent Ă alimenter les caisses. Shiki explique avec une franchise bienvenue quâelle avait coupĂ© les remontĂ©es fiscales pour rĂ©sister aux pressions de la Monarchie puis que lâindĂ©pendance coĂ»tent dĂ©sormais de lâargent. Câest magnifique. La premiĂšre phase dâune rĂ©volution consiste Ă proclamer que lâancien pouvoir vous vole. La seconde consiste Ă fonder un ministĂšre capable de vous voler lĂ©galement Ă sa place. Je plaisante bien sĂ»r. Ce nâest pas du vol lorsquâil y a un formulaire.Il existe toutefois une autre histoire dans lâhistoire du GĂ©ofront. Pendant que Darth Leo proclame lâindĂ©pendance et que Shiki cherche Ă bĂątir les finances du nouvel ordre les bergers de Calissie conduits par Fistulin Saint-CiboĂšre font entendre une autre inquiĂ©tude. Eux ne regardent pas la libertĂ© depuis un palais ou une tribune. Ils la regardent depuis des villages qui se souviennent de la guerre. Dans leur mĂ©moire il reste des invasions des troupeaux dĂ©cimĂ©s des hommes emmenĂ©s des rĂ©coltes prises et des voisins trop faibles pour empĂȘcher les prĂ©dateurs dâentrer. Leur rĂ©ponse est donc presque lâinverse de celle de Sanctuaire. LĂ oĂč le GĂ©ofront affirme quâil nâa plus besoin dâune puissance au-dessus de lui Fistulin annonce quâil cherche prĂ©cisĂ©ment une puissance capable de garantir la survie de la population seelienne. Le Cruisader devient alors une ambassade flottante avec la particularitĂ© que lâambassade semble pouvoir sombrer avant dâavoir remis ses lettres de crĂ©ance. Korail et son Ă©quipage korsaire montent Ă bord puis constatent lâĂ©tat alarmant du navire. Il faut du bois de lâacier du carburant et peut-ĂȘtre mĂȘme un moteur. ComĂšte invite Fistulin Ă faire de Bisouville sa premiĂšre escale et imagine dĂ©jĂ le vieux bĂątiment de guerre amarrĂ© dans une rade devenue symbole dâune renaissance seelienne. Fistulin accepte. Il ne comprend pas tout Ă fait les envolĂ©es mystiques de ComĂšte mais il comprend parfaitement une invitation Ă accoster ce qui est probablement la forme la plus fiable de diplomatie navale. Puis Jian Jun arrive avec les Jeunesses Kralandaises pour proposer une libĂ©ration si gĂ©nĂ©reuse quâelle commence accidentellement par le mot goulag avant dâenchaĂźner sur une expĂ©rience sociale impliquant les paysans les plus riches du voisinage. VoilĂ donc notre situation. Une Ăźle cherche la libertĂ©. Des bergers cherchent un protecteur. Une RĂ©publique propose son socialisme. Une Seele renaissante propose sa foi. Des voisins observent les ressources. Et au milieu de cette grande recomposition le Cruisader avance en toussant. Si lâHistoire avait un sens de lâĂ©lĂ©gance elle choisirait toujours des navires neufs. Heureusement elle prĂ©fĂšre les symboles.Pendant ce temps le Khanat ElmĂ©rien prĂ©pare la paix avec la RuthvĂ©nie comme seuls des ElmĂ©riens peuvent prĂ©parer la paix. Le Grand Khan Pigeon Ronron propose un sommet de cinq jours Ă Milieu. Deux jours pour produire des exigences. Deux jours pour les nĂ©gocier publiquement avec le niveau nĂ©cessaire dâinsultes et de gestes théùtraux. Un dernier jour pour signer quelque chose dâassez fragile pour permettre Ă chacun de repartir en disant que la guerre suivante reste possible. Entre les deux un grand repas et peut-ĂȘtre une coucherie inattendue mais consentie parce quâil faut conserver un minimum de civilisation. Je serais tentĂ©e de rire si le concept nâĂ©tait pas objectivement supĂ©rieur Ă une grande partie de la diplomatie classique. Dame DĂ©merzel accepte lâidĂ©e. La Culotte annonce quâelle sera lĂ mĂȘme si personne ne lâa invitĂ©e parce quâaucune nĂ©gociation sĂ©rieuse ne saurait se dĂ©rouler sans Sainte Relique. Tifa LockHeart promet de venir avec son Grand Khan et son Dragon Aurelthar. Passe-Muraille devenu Khan de Bananie fĂ©licite Golgoth pour son accession et assure que lâambassade ruthvĂšne en Bananie est protĂ©gĂ©e. GĂ©rard Menvussa sâoppose ouvertement Ă la paix mais envisage quand mĂȘme dâassister au sommet puisque rien nâoblige un ElmĂ©rien Ă croire Ă une nĂ©gociation pour profiter du buffet. Big R demande de son cĂŽtĂ© sâil est prĂ©vu de rĂ©parer les dommages collatĂ©raux et laisse entendre que faute de compensation il pourrait employer une mĂ©thode de comptabilitĂ© basĂ©e sur les explosifs. Stefan de Crab lui rĂ©pond que les destructions ruthvĂšnes constituaient des reprĂ©sailles et que sa mise en esclavage en territoire bananien reprĂ©sentait dĂ©jĂ une forme de retenue. Je tiens Ă saluer cette phrase. Elle ouvre des perspectives extraordinaires pour la diplomatie internationale. Ă ce rythme un poignard dans la cuisse pourra bientĂŽt ĂȘtre prĂ©sentĂ© comme une offre de coopĂ©ration parce que lâautre jambe est restĂ©e intacte. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir expliquer leurs nuances Ă lâantenne. Radio NĂ©crotoile offre volontiers un micro aux artisans de la paix surtout quand ils arrivent avec une liste de personnes Ă frapper.La Bananie mĂ©rite dâailleurs quâon sây attarde parce que son nouveau gouvernement vient dâaccomplir une transition Ă©conomique dâune remarquable puretĂ©. Passe-Muraille nomme GĂ©rard Menvussa Intendant et Big R Capitaine. Il promet de sĂ©curiser le Fort afin dâaccueillir dignement les grands criminels et dâorganiser des chasses Ă lâhomme avec rĂ©compense tout en Ă©vitant le genre dâincident ayant autrefois envoyĂ© Mench0 jusquâen Australine. Puis vient le grand projet fiscal. GĂ©rard abaisse les taxes avec une conviction admirable et bientĂŽt le Khan dĂ©couvre une consĂ©quence inattendue de la suppression des recettes. Les caisses se vide. Ne riez pas. Il Ă©tait impossible de le prĂ©voir sans disposer dâune formation avancĂ©e en mathĂ©matiques. Heureusement Passe-Muraille possĂšde une solution. Le nuclĂ©aire. Les citoyens sont donc invitĂ©s Ă faire fonctionner la centrale parce que selon leur Khan il nây a absolument aucun risque. Jâaime beaucoup les phrases politiques qui contiennent absolument aucun risque. Elles permettent gĂ©nĂ©ralement aux historiens de trouver trĂšs rapidement le dĂ©but du chapitre consacrĂ© Ă la catastrophe. Le Khanat nâest dâailleurs pas le seul Ă associer lâĂ©conomie avec lâatome. La ConfĂ©dĂ©ration Libre a dĂ©cidĂ© de le dĂ©passer avec lâaide du professeur Jean-Michel Nobyl qui aprĂšs avoir constatĂ© que son MinistĂšre de la Recherche nâavait plus dâargent a trouvĂ© la solution la plus confĂ©dĂ©rĂ©e possible. Inventer de lâargent qui disparaĂźt.Le CrĂ©dit DĂ©sintĂ©grable est ainsi nĂ©. Une cryptomonnaie adossĂ©e Ă la dĂ©sintĂ©gration de lâuranium. Je vous assure que je nâai rien ajoutĂ©. Les savants a dĂ©cidĂ© que la meilleure maniĂšre de rendre une monnaie dynamique Ă©tait de garantir quâelle perde naturellement la moitiĂ© de sa valeur avec le temps. La thĂ©saurisation (Vaut 20 points de base au Scrabble, de rien.) devient inutile puisque conserver son argent revient littĂ©ralement Ă le regarder mourir. Les transactions sont validĂ©es par la dĂ©sintĂ©gration dâuranium 235. Des compteurs enregistrent les Ă©missions. La sĂ©curitĂ© repose en partie sur lâĂ©tat quantique dâun Ă©lectron suspendu au-dessus de la cage de MĂ©gaWatt qui est un hamster gĂ©ant transgĂ©nique. Si quelquâun tente de voler votre fortune le mouvement du hamster peut perturber le systĂšme et transformer la richesse du voleur en poussiĂšre sans valeur. En cas dâintrusion la cage peut mĂȘme sâouvrir. Je reconnais ici que lâEmpire Brun a beaucoup Ă apprendre de la ConfĂ©dĂ©ration. Chez nous lorsquâune banque veut protĂ©ger un coffre elle emploie encore des gardes et des portes blindĂ©es. Câest dâune banalitĂ© presque humiliante. La ConfĂ©dĂ©ration place votre patrimoine au-dessus dâun hamster mutant au milieu dâun dispositif nuclĂ©aire et appelle cela une double sĂ©curitĂ© quantique et physique. Il fallait y penser. Le plus admirable est que cette monnaie est officiellement conçue pour obliger les riches Ă dĂ©penser rapidement puisque lâargent fond entre leurs doigts. Il sâagit donc dâun systĂšme Ă©conomique oĂč la confiance repose sur la certitude que personne ne voudra garder la monnaie. Je suis certaine que cela fonctionnera admirablement longtemps ou extrĂȘmement briĂšvement ce qui est une autre maniĂšre de dire que lâexpĂ©rience sera instructive.Au Paradigme Vert les provinces verte cherche pendant ce temps une forme de stabilitĂ© aprĂšs des mois de guerres de dĂ©mons de pollution et de changements politiques. Cassandra a retirĂ© Kether du MinistĂšre de la Guerre face aux soupçons qui lâentourent tout en refusant de prĂ©senter ces soupçons comme une condamnation dĂ©finitive. Solas reçoit ensuite le portefeuille. Câest ce que jâappellerai la prĂ©somption dâinnocence avec dĂ©mĂ©nagement du bureau. Vous restez innocent mais quelquâun dâautre possĂšde dĂ©sormais votre chaise. Ailleurs Kardia Ravenloft prend la tĂȘte dâIrendol aprĂšs une Ă©lection perturbĂ©e par une tentative de sabotage des urnes et promet une province fondĂ©e sur lâĂ©cologie et la sĂ©curitĂ©. Aya Ravenloft sâinstalle pour sa part en ForĂȘt de Jade avec un rĂ©sultat Ă©lectoral si peu spectaculaire quâelle reconnaĂźt elle-mĂȘme quâil ressemble davantage Ă une transmission de pouvoir quâĂ une vague populaire. Le Paradigme devient donc ce fascinant mĂ©lange de grandes proclamations sur la nature et de mĂ©canismes administratifs de plus en plus sophistiquĂ©s. On plante des arbres. On lutte contre la pollution. On sĂ©curise les provinces. On centralise lâĂtat. On remplace des ministres. On enquĂȘte sur des sabotages Ă©lectoraux. Quelque part entre deux forĂȘts une administration entiĂšre doit maintenant produire des formulaires attestant que la spontanĂ©itĂ© naturelle respecte bien la procĂ©dure. VoilĂ une Ă©cologie arrivĂ©e Ă maturitĂ©.LâElmĂ©rie offre un contraste presque reposant. Ă Gueule du LĂ©zard Malcom Ravenloft reçoit les louanges de Alice Ravenloft qui rappelle publiquement quâelle lâa Ă©pousĂ© et quâĂ ses yeux il appartient Ă cette catĂ©gorie rare des hommes qui font au lieu de parler. Alice en profite pour administrer quelques griffures verbales Ă ceux quâelle considĂšre comme de faux ElmĂ©riens et termine en rappelant que son amour lui donne presque des ailes. Peu auparavant elle consacrait une autre chronique Ă Rosalia de Pont-Krivell quâelle dĂ©crit avec la sobriĂ©tĂ© traditionnelle de Radio Chacha comme une chanteuse impĂ©ratrice mĂšre Ă©pouse force de la nature arme massive de Miaou et presque divinitĂ© domestique. Je suis heureuse de constater quâune concurrence radiophonique sĂ©rieuse subsiste dans le Cybermonde. Cela mâoblige Ă maintenir des standards Ă©levĂ©s. Il me faudra simplement expliquer un jour Ă Alice quâun adjectif peut survivre mĂȘme lorsquâil nâest pas Ă©crit en lettres capitales. Rosalia nâa dâailleurs pas besoin quâon gonfle artificiellement son importance. Son passage de Sicilia Ă lâElmĂ©rie nâa pas effacĂ© ce quâelle reprĂ©sente. Elle continue dâĂȘtre une voix qui rassemble et une musicienne capable de faire travailler une carriĂšre sous le signe du Hard Rock comme si la production miniĂšre Ă©tait une forme de concert prolongĂ©. Le Khanat possĂšde lĂ quelque chose de plus prĂ©cieux quâun slogan. Il possĂšde des figures capables de donner envie aux gens de participer. MĂȘme moi je reconnais ce genre de chose. Ne le rĂ©pĂ©tez pas trop fort. Jâai une rĂ©putation.Il reste enfin cette maladie Ă©trange qui fait retomber le Cybermonde en enfance et qui a rĂ©ussi le prodige de rendre la politique encore lĂ©gĂšrement moins adulte. Sophos lâa attrapĂ©e plusieurs fois et parle dĂ©sormais avec cette voix dâenfant qui contraste merveilleusement avec ses titres scientifiques. Il veut pourtant continuer la recherche. Il annonce que les accords scientifiques autour du ValĂ©gro peuvent faciliter le dĂ©veloppement dâun remĂšde et rappelle quâen attendant la RĂ©publique recommande lâusage quotidien dâune boĂźte Kra20kra. Il invite ceux qui veulent aider Ă venir travailler plutĂŽt quâĂ prier puisque selon sa philosophie rĂ©publicaine on ne demande pas aux dieux ce quâon peut obtenir avec suffisamment de chercheurs et de formulaires. Il envisage mĂȘme une sorte de bombe du bonheur qui au lieu de vous crabouiller vous rendrait heureux. Cette idĂ©e est Ă©videmment absurde. Elle est Ă©galement suffisamment kralandaise pour ĂȘtre financĂ©e demain matin. Et puisque nous parlons de Bonheur une obligation morale et absolument pas financiĂšre mâimpose de rappeler que le centre Bonheur 2000 propose entre autres la Pastille de Bonheur et que le code BONHEUR donne cinq pour cent de rĂ©duction sur une premiĂšre commande. Radio NĂ©crotoile reste naturellement indĂ©pendante. Mille MĂ nâont jamais influencĂ© mon jugement. Ils lui ont seulement offert de meilleures conditions matĂ©rielles pour demeurer impartial. Je remercie donc Kâ Velzard pour sa confiance et je conseille aux personnes qui doutent encore du Bonheur de se rappeler que les autres solutions proposĂ©es aujourdâhui comprennent une cryptomonnaie radioactive une centrale nuclĂ©aire bananienne et une bombe expĂ©rimentale kralandaise. La Pastille commence soudain Ă sembler dâun conservatisme rassurant.Et nous voilĂ revenus dans lâEmpire Brun oĂč la journĂ©e a Ă©tĂ© dâune stabilitĂ© presque indĂ©cente. Mystisie continue Ă produire des sommes que les autres rĂ©gions devraient Ă©viter de regarder trop longtemps si elles tiennent Ă leur estime personnelle. Sicilia travaille et Trou Perdu demeure cette anomalie charmante oĂč la civilisation persiste malgrĂ© son nom. Niarkalistan manifeste contre Kraland contre le Khanat contre le Paradigme et probablement bientĂŽt contre le principe qu'il reste autre chose que l'Empire. Edouard Gaine a distribuĂ© ses critiques avec une remarquable Ă©galitĂ© ce qui est une forme dâimpartialitĂ© que je peux respecter. Tormenta Ruthven sâest installĂ© Ă Atome. Ă Mystisie les forces de Naar continuent leurs cĂ©rĂ©monies dans une atmosphĂšre de chaleur de fleurs fanĂ©es de vieux meubles repeints et de vĂ©ritĂ©s quâon prĂ©fĂšre parfois regarder de biais. Et pendant que les autres empires inventent des monnaies qui se dĂ©sintĂšgrent des royaumes qui changent de Roi des indĂ©pendances qui rĂ©tablissent lâimpĂŽt et des centrales sans aucun risque lâEmpire Brun rĂ©colte ses revenus maintient ses provinces et poursuit tranquillement sa tradition. On pourra Ă©videmment me signaler que le MinistĂšre de lâInformation nâa reçu aucun financement lors de la rĂ©partition du jour. Jâai vu. Je remercie ceux qui sâinquiĂštent. Il nây a aucune raison de paniquer. Une araignĂ©e nâa pas besoin dâun budget pour Ă©couter. Elle a besoin dâune toile. Les gouvernements peut fermer un coffre. Ils peuvent couper un financement. Ils peuvent mĂȘme Ă©teindre une radio. Ce quâils ne savent jamais faire trĂšs longtemps câest cesser de parler.Une chandelle sâĂ©teint prĂšs du micro. La fumĂ©e monte lentement dans les fils de la grande toile et je voudrais avant de vous laisser considĂ©rer ce que cette seule journĂ©e nous apprend. Le ValĂ©gro vient de montrer quâune guerre peut parfois se terminer par un traitĂ©. La RuthvĂ©nie montre aussitĂŽt quâun traitĂ© nâempĂȘche absolument pas de trouver une nouvelle querelle. Le GĂ©ofront rĂ©clame la libertĂ© puis dĂ©couvre que la libertĂ© possĂšde un trĂ©sorier. Les bergers de Calissie recherchent une puissance Ă©trangĂšre afin de rester libres des puissances Ă©trangĂšres. Le Khanat prĂ©pare une confĂ©rence de paix dont certains participants regrettent dĂ©jĂ la guerre. La Bananie supprime les taxes puis se demande pourquoi lâargent ne rentre plus. La ConfĂ©dĂ©ration rĂ©pond Ă son manque de crĂ©dits en crĂ©ant des crĂ©dits qui disparaissent. Le Paradigme protĂšge la prĂ©somption dâinnocence en donnant votre ministĂšre Ă quelquâun dâautre. Kraland affronte une Ă©pidĂ©mie dâenfance en inventant des pilules et potentiellement des bombes heureuses. Et lâEmpire Brun regarde ce magnifique spectacle depuis une salle pleine de crĂąnes comme une vieille production de sĂ©rie B qui aurait finalement compris une chose fondamentale. Le monde nâa jamais besoin quâon le rende absurde. Il suffit de lui laisser suffisamment de temps pour sâorganiser. Les lignes de Radio NĂ©crotoile restent ouvertes. Golgoth Ruthven peut venir expliquer pourquoi la couronne lui va mieux aujourdâhui quâhier. Dame DĂ©merzel peut expliquer comment on critique un Roi tout en participant Ă la stabilisation du Royaume. Passe-Muraille peut exposer la doctrine Ă©conomique du zĂ©ro taxe suivi du tout nuclĂ©aire. Pigeon Ronron peut dĂ©tailler le programme exact de son sommet pour la paix et confirmer ou non la prĂ©sence du gueuleton diplomatique. Jean-Michel Nobyl peut venir mâassurer que confier une monnaie Ă un isotope et un hamster est parfaitement raisonnable. Shiki Chantargent peut expliquer combien coĂ»te exactement la libertĂ© une fois les discours terminĂ©s. Fistulin Saint-CiboĂšre peut nous donner des nouvelles du Cruisader si celui-ci possĂšde encore toutes les piĂšces nĂ©cessaires Ă la transmission. Alice Ravenloft peut naturellement venir me dire pourquoi deux critiques royales en une nuit mĂ©rite effectivement une inscription dans les archives. Les tĂ©moins les accusĂ©s les souverains les rĂ©volutionnaires les scientifiques les enfants provisoires et les adultes qui nâont aucune excuse sont tous invitĂ©s Ă parler. Je leur garantis une Ă©coute attentive. Je ne garantis absolument pas ce que jâen ferai ensuite.Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. La vieille radio grĂ©sille sous les voĂ»tes. Le velours est presque noir maintenant. Les derniĂšres chandelles font briller les dorures comme des dents anciennes et mes yeux se reflĂštent encore dans le verre des bouteilles oubliĂ©es prĂšs du trĂŽne. Demain certains nieront ce quâils ont affirmĂ© aujourdâhui. Dâautres expliqueront quâon les a mal compris. Quelques-uns changeront probablement de gouvernement de drapeau de province ou de Roi. Cela nâa rien de grave. Les mĂ©moires humaines oublient trĂšs bien. Les archives ne pardonne jamais. |
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4 Aout 6662026
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Bonsoir mes chers auditeurs.
Ici Kleo pour Radio (...)
![]() 4 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir mes chers auditeurs. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Ministre de lâInformation lorsque les formulaires consentent Ă reconnaĂźtre lâĂ©vidence. Journaliste parfaitement impartiale et surtout derniĂšre personne raisonnable encore debout dans un Cybermonde oĂč les nouvelles est dĂ©sormais produites plus vite que les catastrophes nĂ©cessaires pour les justifier. Je pensais vous parler ce soir de politique. Jâavais prĂ©parĂ© quelques notes fort sĂ©rieuses sur la diplomatie et sur cette Ă©trange maladie qui pousse les nations Ă employer le mot paix exactement au moment oĂč elles commencent Ă transporter des explosifs. Puis jâai ouvert les dĂ©pĂȘches. Jây ai dĂ©couvert un royaume qui cherche des allĂ©geances derriĂšre les pots de fleurs. Une RĂ©publique qui fabrique des vaccins contre une maladie avant de possĂ©der le vaccin contre ladite maladie. Une province indĂ©pendante qui interdit les intelligences artificielles pendant que ses scientifiques proposent de construire des fusĂ©es. Une ConfĂ©dĂ©ration qui invente une monnaie dont la qualitĂ© principale est de perdre sa valeur toute seule. Une Bananie qui supprime presque tous ses impĂŽts puis annonce son passage au tout nuclĂ©aire. Et quelque part au milieu de tout cela un portail dĂ©moniaque sâest effondrĂ© aprĂšs que quelquâun ait jugĂ© pertinent de pisser Ă travers. Jâai donc dĂ©chirĂ© mes notes. La politique avait dĂ©jĂ fait mieux. Commençons par la RuthvĂ©nie car lorsquâune monarchie commence Ă ressembler Ă une piĂšce de théùtre dans laquelle la couronne change de tĂȘte plus souvent que les chandelles changent de mĂšche il serait indĂ©cent de regarder ailleurs. Golgoth Ruthven le Vagabond rĂšgne de nouveau et il nous rappelle avec une modestie presque touchante que cette expĂ©rience lui plaĂźt dâautant plus quâil sâagit de sa troisiĂšme. Câest une façon comme une autre de prĂ©senter une monarchie. Certains hĂ©ritent dâun trĂŽne. Dâautres le conquiĂšrent. Golgoth semble plutĂŽt collectionner les rĂšgnes comme on collectionne des chopes dans une taverne douteuse. On ne sait jamais exactement oĂč elles Ă©taient avant mais au bout dâun moment il en possĂšde plusieurs.Il a promis dâĂ©couter les sensibilitĂ©s de chacun. Il a Ă©voquĂ© un concordat. Il a assurĂ© que tous auraient une place. Il a mĂȘme pris le temps de rassurer ceux qui paraissent prĂ©occupĂ©s par sa taille ce qui est admirablement royal puisque Louis le Grand nâavait jamais eu Ă prĂ©ciser devant son peuple jusquâoĂč montait son front. Mais pendant que le souverain expliquait que chacun serait entendu une partie considĂ©rable de son royaume sâappliquait justement Ă expliquer trĂšs fort quâelle ne voulait pas de lui. Dame DĂ©merzel critique. Mench0 critique. Konya critique. Sysson critique. BohĂ© dâUmont critique avec la dĂ©licatesse particuliĂšre dâun pirate amoureux dâune autre prĂ©tendante au trĂŽne. Les manifestations se succĂšdent. Les rumeurs Ă©galement. On accuse le Roi dâĂȘtre brun. On lâaccuse dâĂȘtre petit. On lâaccuse parfois des deux ce qui est une construction politique audacieuse puisquâelle suppose apparemment que la hauteur morale se mesure dĂ©sormais en centimĂštres.Jâaimerais ici dĂ©fendre un principe Ă©lĂ©mentaire. On peut reprocher beaucoup de choses Ă un souverain. Son gouvernement. Ses alliances. Ses dĂ©cisions. Son goĂ»t pour les sonnets. Mais lorsque la principale opposition politique commence Ă ressembler Ă une association de gens rĂ©unis autour dâun tabouret pour expliquer que le Roi ne voit pas par-dessus il devient difficile de dĂ©terminer si nous assistons Ă une crise de lĂ©gitimitĂ© ou Ă une convention de menuisiers. Plus intĂ©ressant encore se trouve la question des allĂ©geances. Il ne resterait que quelques heures pour les obtenir et une rumeur parfaitement sĂ©rieuse affirme que Golgoth les chercherait dans une piĂšce secrĂšte derriĂšre les cuisines alors que tout individu correctement informĂ© sait quâelles sont sous la plante Ă droite de lâentrĂ©e derriĂšre le deuxiĂšme pot. Jâignore qui administre les institutions ruthvĂšnes mais la Monarchie ont visiblement rĂ©ussi le prodige de transformer le droit constitutionnel en chasse au trĂ©sor.Je voudrais attirer votre attention sur un dĂ©tail. Ce dĂ©sordre nâempĂȘche absolument personne de prĂ©parer lâavenir. Sir McRabbit rĂ©organise le ValĂ©gro avec la tranquille assurance dâun homme qui considĂšre manifestement les crises de souverainetĂ© comme un bruit de fond. Kenza Creswick reçoit le grade de Capitaine. Emile Liarr est envisagĂ© comme Duc et notre cher Emile semble quant Ă lui revenir lentement dâune pĂ©riode oĂč les moutons les bonbons et les jouets occupaient une proportion considĂ©rable de son univers politique. Il remercie dĂ©sormais la coopĂ©ration entre Kraland et la RuthvĂ©nie avec cette expression propre aux gens qui viennent de se rĂ©veiller dans une chambre dont ils ne reconnaissent pas exactement le mobilier.Et pendant ce temps la technologie ruthvĂšne amĂ©liore ses missiles. Cent cinquante points de dĂ©gĂąts au lieu de cent. VoilĂ ce que jâappelle une transition pacifique. Il faut toutefois rendre justice Ă la RuthvĂ©nie. Peu de royaumes savent discuter simultanĂ©ment dâallĂ©geances de succession de diplomatie et de missiles perfectionnĂ©s avec une telle cohĂ©rence esthĂ©tique. Les autres nations organisent leurs contradictions. Les RuthvĂšnes les couronnent. Les concernĂ©s peuvent naturellement venir nier publiquement cette analyse. Radio NĂ©crotoile leur offrira une chaise. Nous vĂ©rifierons seulement avant quâelle ne soit sacrĂ©e. VoilĂ qui nous conduit naturellement au GĂ©ofront oĂč Ninoo Chantargent a pris le pouvoir avec cette mĂ©thode rĂ©volutionnaire connue sous le nom dâĂ©lection Ă lâunanimitĂ© de ceux qui a votĂ©. Elle succĂšde Ă Darth LĂ©o et il convient ici dâaccorder au prĂ©cĂ©dent dirigeant le mĂ©rite qui lui revient. Faire changer une province de dimension politique sans rĂ©ussir Ă transformer toute lâĂźle en cratĂšre constitue dans le Cybermonde une forme de haute compĂ©tence. Darth LĂ©o a donnĂ© au GĂ©ofront la possibilitĂ© de choisir la suite et Ninoo entend manifestement choisir beaucoup de choses.Le GĂ©ofront se dĂ©couvre adulte. Enfin presque. Ninoo parle elle-mĂȘme de crise dâadolescence et je trouve lâimage remarquablement juste. La province claque la porte de la maison familiale puis revient cinq minutes plus tard expliquer quâelle souhaite discuter de partenariats commerciaux dâĂ©changes scientifiques de musĂ©es de protectorats et Ă©ventuellement dâun hĂ©bergement chez quelquâun dâautre mais uniquement si personne ne touche Ă la dĂ©coration de sa chambre.Je respecte cela. LâindĂ©pendance gĂ©ofrontienne possĂšde cette Ă©lĂ©gance trĂšs particuliĂšre des indĂ©pendances qui annoncent immĂ©diatement quâelles pourraient ne pas ĂȘtre dĂ©finitives. Le GĂ©ofront veut rester lui-mĂȘme. Il veut commercer. Il veut exporter ses scientifiques ses maçons ses artistes ses bateaux ses fusĂ©es et son jus de pomme. Il accepte mĂȘme dâĂ©tudier les candidatures des empires souhaitant lâaccueillir Ă condition que cela prenne la forme dâun protectorat. Autrement dit le GĂ©ofront vous propose dâentrer chez vous comme invitĂ© permanent puis de vous expliquer quelles piĂšces il refuse que vous utilisiez. Câest parfaitement souverain. Et puis il y a le Grand Moratoire sur les intelligences artificielles portĂ© notamment par Shiki Chantargent. Le raisonnement mĂ©rite dâĂȘtre entendu. Certaines intelligences artificielles seraient dangereuses. Certaines montreraient des choses horribles. Certaines souhaiteraient remplacer lâhumanitĂ©. Dâautres peuvent aider aux mathĂ©matiques aux plans Ă la science et Ă la mĂ©decine. Conclusion trĂšs gĂ©ofrontienne les IA sont interdite jusquâĂ ce quâon sache prĂ©cisĂ©ment lesquelles pourraient ĂȘtre utiles.Dans une autre nation cela semblerait hĂ©sitant. Au GĂ©ofront cela sâappelle de la prudence scientifique. Ce qui me fascine surtout est la juxtaposition. Les meilleurs scientifiques est disponibles. Les fusĂ©es sont excellentes. Les bateaux sont Ă©normes. Le jus de pomme coule. La basilique attend les visiteurs. Les artistes chantent. Et pendant que cette civilisation explique au Cybermonde quâelle maĂźtrise suffisamment la technologie pour proposer ses services partout une manifestation destinĂ©e Ă prĂ©senter ces mĂȘmes services se fait huer par la foule. LâHistoire adore ces petits dĂ©tails. Ils ressemblent aux fissures dâune statue. De loin vous admirez le monument. De prĂšs vous voyez quâun pigeon habite dans la couronne. Le portail dĂ©moniaque de Sanctuaire a dâailleurs connu une trajectoire diplomatique plus courte. Quelquâun a urinĂ© Ă travers. Puis sa structure fut affaiblie. Puis un attentat lâa fait sâĂ©crouler sans victime. Je refuse de tirer un lien de causalitĂ© entre ces faits car je suis journaliste et donc infiniment responsable. Je constate simplement quâil existe des bĂątiments auxquels on accorde une inauguration et dâautres auxquels le Cybermonde offre une autopsie. Restons un instant du cĂŽtĂ© des sciences car la ConfĂ©dĂ©ration Libre a dĂ©cidĂ© quâune indĂ©pendance ne suffisait pas Ă rendre cette nuit absurde. Le professeur Jean-Michel Nobyl a inventĂ© le CrĂ©dit DĂ©sintĂ©grable. Une cryptomonnaie radioactive adossĂ©e Ă lâuranium dont la valeur diminue avec le temps. LâidĂ©e est magnifique dans sa puretĂ©. Pendant des siĂšcles les Ă©conomistes ont cherchĂ© Ă convaincre les riches de dĂ©penser. La ConfĂ©dĂ©ration a choisi une approche plus simple. Si vous gardez votre argent il se dĂ©sintĂšgre.Je reconnais lĂ le gĂ©nie dĂ©mocratique. Chaque citoyen est libre de conserver sa fortune jusquâĂ ce quâelle cesse dâexister. Le systĂšme repose sur une preuve de dĂ©sintĂ©gration. Des particules alpha valident les transactions. Des compteurs Geiger remplacent une partie de lâinfrastructure financiĂšre. Les clĂ©s privĂ©es reposent sur des phĂ©nomĂšnes quantiques installĂ©s prĂšs de MĂ©gaWatt le hamster gĂ©ant transgĂ©nique du professeur. Si un pirate intervient il risque non seulement de perdre ses avoirs mais Ă©galement dâapprendre pourquoi la sĂ©curitĂ© informatique traditionnelle avait jusque-lĂ prĂ©fĂ©rĂ© les mots de passe aux rongeurs irradiĂ©s.Je ne me moque pas. Je suis impressionnĂ©e. LâEmpire Brun a pendant longtemps Ă©tĂ© accusĂ© de gouverner comme un vieux film oĂč un savant fou actionne un levier sous un orage. La ConfĂ©dĂ©ration vient de construire une monnaie radioactive sĂ©curisĂ©e par un hamster mutant. Nous demandons donc officiellement des excuses. Toutes. RĂ©troactives. Pendant que Jean-Michel Nobyl convertit lâuranium en Ă©conomie ses compatriotes travaillent sur ce quâils nomment une Zone DĂ©militarisĂ©e. Patrick-Lamulle DePouch multiplie les discours oĂč la paix semble prendre la forme dâune frontiĂšre dressĂ©e poste aprĂšs poste et barriĂšre aprĂšs barriĂšre. Jean-Messie de la Nation reçoit les louanges dues aux grands bĂątisseurs de structures qui ne sont absolument pas militaires puisquâelles contiennent le mot dĂ©militarisĂ© dans leur nom.La langue est une merveilleuse invention. Une armĂ©e peut avancer sous une banniĂšre de paix. Une frontiĂšre peut devenir une zone de libertĂ©. Une barriĂšre peut ĂȘtre dĂ©crite comme une ouverture sur lâavenir. Il suffit dâavoir assez de papier et quelquâun pour tamponner. LâEmpire Brun prĂ©fĂšre gĂ©nĂ©ralement une autre mĂ©thode. Nous construisons un immense crĂąne au-dessus de la porte. Les visiteurs comprennent immĂ©diatement lâambiance. Cette franchise dĂ©corative nous a injustement donnĂ© mauvaise rĂ©putation. Mais avant de quitter cette affaire il faut parler de la RĂ©publique de Kraland car les Kralandais ont entrepris de rĂ©pondre Ă lâĂ©pidĂ©mie de rajeunissement avec toute la rigueur que lâon attend dâun gouvernement capable de transformer une pĂ©nurie en plan quinquennal avant le dĂ©jeuner. Lâeffet JovĂ©nia a bouleversĂ© le Cybermonde. Des adultes se sont retrouvĂ©s rajeunis. Des responsables se sont mis Ă parler comme des enfants. Des jouets apparaissent dans les poches. Des dĂ©cisions publiques ont soudain pris un caractĂšre Ă©tonnamment cohĂ©rent avec les gens qui les prononçaient. La RĂ©publique nâa pas paniquĂ©. Elle a planifiĂ©. Jean-Luc Selriche a ordonnĂ© la production de cinquante vaccins destinĂ©s Ă combattre JovĂ©nia tout en prĂ©cisant que le vaccin contre JovĂ©nia nâexistait pas encore. Câest une pensĂ©e profondĂ©ment kralandaise. La science trouvera la solution. En attendant les usines doivent produire quelque chose et les seringues ont toujours eut cet avantage de donner lâimpression quâun ministĂšre travaille.Puis la production a lĂ©gĂšrement dĂ©passĂ© les besoins et Jean-Luc a annoncĂ© une promotion de quatre vaccins pour le prix dâun.Je tiens Ă saluer cet instant historique oĂč la santĂ© publique a rencontrĂ© le dĂ©stockage. Les chercheurs de la RĂ©publique a Ă©galement dĂ©veloppĂ© la Pilule du Bonheur censĂ©e aider les malades Ă conserver leurs zygomatiques dans lâangle rĂ©glementaire demandĂ© par le Parti. Les bonbons distribuĂ©s dans les bars doivent servir de vĂ©hicule Ă cette grande bataille sanitaire. Certains gouvernements distribuent des recommandations mĂ©dicales. Kraland distribue des friandises idĂ©ologiquement conformes. Le plan de production ne sâarrĂȘte Ă©videmment pas lĂ . Il faut de lâalcool. Beaucoup. Il faut de la nourriture pour absorber lâalcool. Il faut des livres saints. Il faut des petits livres rouges. Il faut des livres de baratin pour amĂ©liorer la diplomatie. Il faut des soins pour traiter les consĂ©quences de la politique extĂ©rieure. Il faut aussi des dĂ©tonateurs des lance-flammes et des lance-roquettes dont la destination exacte mĂ©rite apparemment moins dâexplications. Jean-Luc rĂȘve quâun jour chaque Kamarade de sept Ă soixante-dix-sept ans possĂšde son lance-roquette dâautodĂ©fense.Jâallais Ă©crire que cette ambition me semblait excessive. Puis je me suis souvenue de nos propres lĂ©gions dĂ©moniaques. Je retire mon objection par solidaritĂ© professionnelle. Il existe nĂ©anmoins une beautĂ© dans ce plan. Kraland prĂ©pare simultanĂ©ment les blessures les mĂ©dicaments les armes qui pourraient provoquer les blessures et les ouvrages diplomatiques destinĂ©s Ă expliquer pourquoi personne ne souhaitait rĂ©ellement les provoquer. La boucle est parfaite. Les ministĂšres sâest enfin libĂ©rĂ©s de cette vieille tyrannie appelĂ©e causalitĂ©. Cette campagne scientifique accompagne naturellement les tensions en HĂ©lĂ©nie. Al-ma' voit lâintervention kralandaise avec une mĂ©fiance croissante. Kenza Creswick dĂ©fend au contraire Jean-Luc comme un homme venu aider les malades. Cadenza observe que lâexpansion territoriale figure tout de mĂȘme dans les habitudes constitutionnelles de la RĂ©publique et lâange possĂšde ici cette qualitĂ© rare qui consiste Ă dire presque tranquillement ce que tout le monde essayait dâemballer dans du papier cadeau.LâHĂ©lĂ©nie reste rebelle et tient Ă le rappeler. Les discours contre la RĂ©publique sâaccumulent. ComĂšte critique Kraland puis le Paradigme puis lâEmpire Brun avec cette splendide Ă©quitĂ© qui consiste Ă distribuer son irritation comme du pain Ă une foule. Le navire Le Cruisader vient mĂȘme sâinstaller en baie de KarĂ©nie et rĂ©clame des biscuits aux habitants.Câest peut-ĂȘtre finalement cela la diplomatie. Une flotte de guerre. Une baie Ă©trangĂšre. Des biscuits. Je recommande aux Affaires ĂtrangĂšres de prendre des notes. Passons maintenant Ă la Mystisie oĂč lâEmpire Brun prouve encore une fois quâil est possible dâavoir une politique cohĂ©rente dĂšs lors que lâon accepte de dĂ©finir la cohĂ©rence avec suffisamment de souplesse. Silas des Sables veut transformer Abandon en capitale cybermondiale de la dĂ©monologie. Il faut reconnaĂźtre que le projet possĂšde une logique territoriale impeccable. LâAntre de Naar existe dĂ©jĂ . Les dĂ©mons sont dĂ©jĂ prĂ©sents. Les pactes existent. Les pentacles existent. La rĂ©sine de dĂ©mon brun existe. Il ne manque donc plus quâune bonne politique touristique et peut-ĂȘtre quelques panneaux indicateurs.Jâapprouve. Les autres provinces tentent dĂ©sespĂ©rĂ©ment de devenir des centres financiers ou culturels. La Mystisie regarde un endroit rempli de dĂ©mons et dĂ©clare quâil serait dommage de ne pas monĂ©tiser le passage. VoilĂ une Ă©conomie que je comprend. MnĂ©mĂ©sine dâArcys a par ailleurs usurpĂ© Lyra du Hautbois Ă la mairie de Lampe du GĂ©nie en expliquant avec une politesse presque embarrassante que la tradition exigeait une trahison ascendante. Lyra a donc perdu le siĂšge de Bourgmestre puis reçu celui de Sergente.Il existe des nations oĂč lâĂ©volution professionnelle suit des Ă©valuations des diplĂŽmes et des entretiens. En Mystisie on vous usurpe parce que la tradition le demande puis on vous trouve une autre chaise. Il paraĂźt dâailleurs que les chaises ont beaucoup dâimportance religieuse ces temps-ci. Je nâapprofondirai pas. Pas ce soir. Dans la mĂȘme province des fidĂšles de Naar prĂ©tendent avoir Ă©tĂ© guĂ©ris par miracle. Une cĂ©rĂ©monie secrĂšte a invoquĂ© la divinitĂ©. Des fleurs fraĂźches se fanent. Une chaise repeinte laisse apparaĂźtre son ancienne couleur. Le culte mĂ©dite sur le neuf qui nâest parfois que lâancien recouvert dâune couche plus sĂ©duisante. Plus loin dans le Khanat ElmĂ©rien la famille Ravenloft continue son Ćuvre avec une Ă©nergie qui ferait passer plusieurs administrations nationales pour des maisons de retraite. Malcom Ravenloft quitte une fonction en prend une autre devient Commissaire puis Procureur et lance trois avis de recherche contre Gaby le Bady pour vols rĂ©pĂ©tĂ©s. Alice Ravenloft entre en duel avec lâintĂ©ressĂ© puis le livre elle-mĂȘme en prison. VoilĂ une chaĂźne judiciaire remarquablement courte. Accusation. Duel. Livraison.Je devrais prĂ©ciser que Alice trouve encore le temps de poursuivre Radio Chacha et de consacrer un chapitre entier Ă Odessa Stone dont la principale caractĂ©ristique semble ĂȘtre dâincarner lâElmĂ©rie avec suffisamment de force pour que mĂȘme la grammaire prĂ©fĂšre sâĂ©carter de son chemin. Rosalia de Pont-Krivell chante et encourage la production. Elle loue Ă©galement Malcom comme seule une mĂšre peut le faire câest-Ă -dire en annonçant son impartialitĂ© juste avant de prouver quâelle nâen possĂšde aucune.Je ne peux pas vraiment la critiquer sur ce point. Ce serait professionnellement incohĂ©rent. Le Khanat a ceci de fascinant que ses citoyens parlent de force dâhonneur de tribus de duels et de traditions avec une emphase capable de faire trembler les murs puis passent lâaprĂšs-midi Ă produire des briques des pierres et des chansons de hard rock. Les grandes civilisations ne choisissent pas entre lâĂ©popĂ©e et la carriĂšre. Elles chantent pendant quâelles cassent les cailloux. Au Paradigme Vert la ForĂȘt de Jade connaĂźt elle aussi une pĂ©riode dâintense activitĂ© politique. Aya Ravenloft succĂšde Ă Vixen avec zĂ©ro voix et a lâĂ©lĂ©gance de prĂ©ciser elle-mĂȘme quâelle ne considĂšre pas vraiment cela comme une Ă©lection. Jâadmire cette sincĂ©ritĂ©. Dans beaucoup de dĂ©mocraties il faut plusieurs commissions pour arriver Ă une conclusion aussi simple. La fĂ©e Tide mĂšne sa Propagande FĂ©erique JournaliĂšre. Les fleurs Ă©coutent. Les fĂ©es surveillent. La ConfĂ©dĂ©ration est critiquĂ©e avec constance. La Poudre dâEscampette devient illĂ©gale puis lĂ©gale avec une facilitĂ© qui montre que la lĂ©gislation Ă©cologique reste un organisme vivant et quâil faut accepter quâelle change de forme lorsquâon dĂ©tourne le regard. K. Lome tente un discours de soutien puis participe aux critiques. Seraphiel Ravenloft attaque politiquement la ConfĂ©dĂ©ration. Les manifestations se multiplient. Les couvre-chefs colorĂ©s deviennent eux-mĂȘmes un enjeu idĂ©ologique.En Bananie Passe-Muraille poursuit une expĂ©rience Ă©conomique dâune simplicitĂ© remarquable. Presque toutes les taxes disparaissent. GĂ©rard Menvussa reçoit les commandes fiscales prĂ©cisĂ©ment parce quâil se plaignait des impĂŽts. Câest une mĂ©thode de recrutement que je souhaite voir appliquĂ©e ailleurs. Chaque citoyen mĂ©content dâun service devrait immĂ©diatement en recevoir la direction. En moins dâun mois nous nâaurions plus aucune plainte puisque tout le monde serait trop occupĂ© Ă remplir des formulaires.La Bananie se tourne Ă©galement vers le nuclĂ©aire. Passe-Muraille assure quâil nây a aucun risque.Cette phrase a toujours trĂšs bien vieilli. Je note tout de mĂȘme que sa vision dĂ©passe la simple suppression fiscale. Il veut moderniser les infrastructures attirer les investisseurs organiser des partenariats autour du bois sĂ©curiser la province et dĂ©velopper des attractions. Le petit homme veut de grands projets et sur ce point je ne me permettrai aucune plaisanterie car nous avons dĂ©jĂ suffisamment donnĂ© Ă la RuthvĂ©nie pour aujourdâhui. La nuit pourrait sâarrĂȘter ici. Elle refuse. Ă LĂ©prosie un accident nuclĂ©aire provoque des mutations en TĂȘte de Crapaud. Ă Fort Emouchet une enclume tombe sur PrĂ©cieuse Liarr. Ă CAPS LOCK des crĂ©atures poursuivent les habitants. Ă Structural un homme entre en prison puis en ressort exactement Ă la mĂȘme heure aprĂšs sâĂȘtre livrĂ© aux autoritĂ©s. Quelquâun arrache des arbres. Des homards gĂ©ants attaquent des scientifiques. Des tortues blindĂ©es affrontent des voyageurs. Un requin vole.Et quelque part Tormenta Ruthven reçoit enfin son CarrĂ© Magique des mains de Chucky.Je tenais Ă garder cela pour la fin. Tormenta est revenu de cette aventure que lâHistoire retiendra sous le nom dâEmpire Brun dâOrient et lâEmpire a reconnu ses services comme il se doit. Il avait dĂ©jĂ obtenu lâassentiment de lâEmpereur Octave Sombrefer. Il devait recevoir lâAigle ImpĂ©rial. Le PanthĂ©on lui Ă©tait ouvert. Chucky avait annoncĂ© une troisiĂšme rĂ©compense en forme de carrĂ© et la promesse est maintenant tenue.Un CarrĂ© Magique. Pour avoir agi dans un empire extĂ©rieur au Nexus et pour avoir vu sa rĂ©putation traverser le Cybermonde. Câest beau. Pendant que les autres gouvernements inventent des monnaies radioactives interdisent des intelligences artificielles cachent leurs allĂ©geances derriĂšre des plantes et commandent des vaccins qui nâexistent pas encore lâEmpire Brun fait ce quâil sait faire depuis toujours. Il rĂ©compense les gens qui ont foutu un dĂ©sordre suffisamment remarquable pour devenir historique. On nous reproche souvent notre morale. Je rĂ©pondrai simplement que nous en avons une. Elle est seulement rangĂ©e dans un tiroir peu frĂ©quentĂ©. Le Cybermonde termine donc cette journĂ©e exactement comme il lâavait commencĂ©. Chacun assure vouloir la stabilitĂ© pendant quâil dĂ©place les frontiĂšres. Chacun rĂ©clame la paix en perfectionnant ses missiles. Chacun protĂšge la libertĂ© avec des rĂšglements nouveaux. Chacun combat la maladie avec des produits dont il ignore encore lâefficacitĂ©. Chacun accuse son voisin dâĂȘtre fou tout en construisant quelque chose qui aurait fait passer son voisin pour raisonnable la veille. Et au milieu de tout cela lâEmpire Brun rĂ©colte ses impĂŽts entretient ses dĂ©mons prĂ©pare ses vieilles intrigues et regarde les autres nations dĂ©couvrir une Ă une des idĂ©es que nous pratiquons depuis des gĂ©nĂ©rations mais avec moins de chandeliers et beaucoup plus de paperasse. Je ne prĂ©tend pas que cela prouve que nous avions raison depuis le dĂ©but. Je constate seulement quâil devient extraordinairement difficile de dĂ©montrer le contraire. Toute personne citĂ©e ce soir peut venir se dĂ©fendre sur Radio NĂ©crotoile. Les souverains pourront nier. Les ministres pourront expliquer. Les scientifiques pourront me garantir que leur hamster nuclĂ©aire ne reprĂ©sente aucun danger. Les GĂ©ofrontiens pourront prĂ©ciser ce quâils entendent par indĂ©pendance temporairement dĂ©finitive. Les RuthvĂšnes pourront enfin rĂ©vĂ©ler oĂč sont rangĂ©es les allĂ©geances. Jean-Luc Selriche pourra expliquer combien de vaccins il faut avaler avant de comprendre un plan de production. MĂȘme la personne ayant urinĂ© dans le portail dĂ©moniaque peut tĂ©moigner sous couvert dâanonymat.Je promets dâĂ©couter tout le monde avec la neutralitĂ© absolue qui fait la rĂ©putation de cette station. Câest-Ă -dire jusquâau moment prĂ©cis oĂč vous aurez tort. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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5 Aout 6662026
La vielle radio grésille, là ou normalement
elle ne fait que de la (...)
![]() 5 Aout 6662026 La vielle radio grĂ©sille, lĂ ou normalement Spoiler Il existait sous une vieille cathĂ©drale un donjon secret. Enfin, secret Ă©tait peut-ĂȘtre un terme gĂ©nĂ©reux. Le donjon figurait dans plusieurs chroniques, sur un plan jauni conservĂ© par des moines, dans un poĂšme mĂ©diĂ©val absolument Ă©pouvantable et, pour une raison que personne nâavait jugĂ© utile de nous expliquer, sur une petite carte vendue dans une boutique Ă deux rues de la cathĂ©drale. Mais il Ă©tait sous terre. Il contenait des morts. Et personne de raisonnable ne voulait y entrer. Nous avons donc dĂ©cidĂ© que câĂ©tait suffisamment secret. Au plus profond de ce donjon devait se trouver le SiĂšge SacrĂ©. Une relique ancestrale. Un objet chargĂ© de lĂ©gendes. Un trĂŽne dont certains prĂ©tendaient quâil avait appartenu Ă un dĂ©mon, dâautres Ă un saint et dâautres encore Ă un dĂ©mon qui aurait prĂ©tendu ĂȘtre un saint, ce qui nous semblait dĂ©jĂ beaucoup plus crĂ©dible. En rĂ©sumĂ©, une chaise. Mais une chaise extrĂȘmement importante. Et nous voulions cette chaise. Lyra possĂ©dait la carte. Renato avait pris les provisions. Moi, jâavais apportĂ© mon excellent jugement. Câest sans doute pour cela que nous sommes arrivĂ©s devant la cathĂ©drale avec une corde beaucoup trop courte, trois pommes, deux bougies, un morceau de fromage et absolument aucun outil permettant dâouvrir une porte. Nous Ă©tions parfaitement prĂ©parĂ©s. La cathĂ©drale Ă©tait immense. Des dĂ©mons de pierre nous observaient depuis les murs. Des gargouilles grimaçaient sur les colonnes. Les vitraux reprĂ©sentaient des martyrs, des dragons, des dĂ©vastation et au moins un Ă©vĂȘque poursuivi par ce qui ressemblait Ă©normĂ©ment Ă une chĂšvre en colĂšre. Renato passa un temps considĂ©rable devant celui-lĂ . Lyra lui demanda ce quâil faisait. Il rĂ©pondit quâil essayait de comprendre le contexte thĂ©ologique. Nous nâavons jamais obtenu de rĂ©ponse. Nous avons cherchĂ© lâentrĂ©e du donjon pendant prĂšs dâune heure. Lyra inspectait les murs. Je cherchais les mĂ©canismes secrets. Renato touchait absolument tout. Câest donc Ă©videmment Renato qui trouva le passage. Il sâadossa simplement Ă un pilier. Un dĂ©clic retentit. Le pilier pivota. Une partie du sol sâouvrit. Renato disparut. Lyra et moi avons regardĂ© le trou. Puis nous nous sommes regardĂ©es. Puis nous avons entendu, trĂšs loin en dessous : JE VAIS BIEN ! Bonne nouvelle. Nous sommes descendues le rejoindre. AprĂšs un nombre scandaleux de marches, nous sommes arrivĂ©s devant une porte de pierre. On pouvait y lire : ZhaâkthĂ»r velânarakh ssheqâthal morghĂ»l vaeâzhrenn krrha-ssĂ»n ethânaqal ! Nous avons lu lâinscription. Puis nous avons regardĂ© Renato. Puis Renato nous a regardĂ©es. Il a posĂ© la main sur la porte. Elle sâest ouverte immĂ©diatement. Nous avons dĂ©cidĂ© de ne pas discuter de ce rĂ©sultat. Certaines magies anciennes mĂ©ritent de conserver une part de mystĂšre. La premiĂšre salle contenait une centaine de chevaliers de pierre. Ils tenaient tous une Ă©pĂ©e. Au sol Ă©tait gravĂ© : CELUI QUI MARCHE SANS CRAINTE NE CRAINDRA POINT LA MORT. Renato a avancĂ© dâun pas. Toutes les statues ont tournĂ© la tĂȘte. Il a reculĂ©. Elles ont repris leur position. Nous avions donc identifiĂ© le piĂšge. Restait Ă identifier la solution. Jâai regardĂ© Renato. Puis la salle. Puis Renato. Et jâai trouvĂ©. Je lâai poussĂ©. Il nâa effectivement pas eu le temps dâavoir peur. Il a traversĂ© la salle en hurlant pendant que les statues frappaient autour de lui. Il a esquivĂ© une lame par accident. TrĂ©buchĂ© sous une autre. Rebondi contre un bouclier. Pris appui sur une lance. Puis il a Ă©tĂ© littĂ©ralement projetĂ© dans la salle suivante. Un silence. Puis : JE SUIS VIVANT ! La mĂ©thode avait donc fonctionnĂ©. Lyra prĂ©tend encore aujourdâhui que ce nâĂ©tait pas une vĂ©ritable stratĂ©gie. Câest faux. Une stratĂ©gie qui fonctionne est une stratĂ©gie. La deuxiĂšme salle abritait un orgue gigantesque. Noir. Couvert de crĂąnes. Avec suffisamment de sculptures dĂ©moniaques pour quâun observateur raisonnable puisse deviner quâil ne fallait probablement pas y toucher. Lyra nous a immĂ©diatement interdit dây toucher. Je me suis assise devant. Il est important, dans une Ă©quipe, que chacun apporte ses compĂ©tences. Lyra apporte la prudence. Renato apporte sa capacitĂ© extraordinaire Ă survivre aux catastrophes. Et moi, jâapporte les catastrophes. Jâai pressĂ© une touche. Le donjon a gĂ©mi. Jâen ai pressĂ© une deuxiĂšme. Quelque chose a hurlĂ© sous nos pieds. Renato mâa demandĂ© si je savais jouer. Je lui ai demandĂ© sâil souhaitait rĂ©ellement connaĂźtre la rĂ©ponse. Il sâest Ă©loignĂ©. Jâai commencĂ© Ă jouer. Le mot jouer doit ici ĂȘtre interprĂ©tĂ© gĂ©nĂ©reusement. Le son ressemblait Ă un buffet que lâon aurait jetĂ© dans un escalier avec plusieurs chats enfermĂ©s dedans. Les tuyaux de lâorgue se sont illuminĂ©s. Un chĆur invisible a commencĂ© Ă chanter. Puis une trappe sâest ouverte sous Lyra. Elle a disparu. Renato a ri. Une deuxiĂšme trappe sâest ouverte sous Renato. Il a disparu. Jâai ri. Puis mon siĂšge a basculĂ©. Jâai disparu aussi. La justice divine existe. Elle est simplement trĂšs mesquine. Nous avons atterri dans une crypte. Lyra Ă©tait debout. Je me suis retrouvĂ©e assise sur un squelette. Renato, lui, avait les jambes coincĂ©es dans un sarcophage. Le squelette sur lequel jâĂ©tais tombĂ©e sâest relevĂ©. Il mâa giflĂ©e. Jâai trouvĂ© cela incroyablement grossier. Puis tous les autres morts se sont rĂ©veillĂ©s. Des dizaines. Des centaines. Des ossements se sont redressĂ©s dans les niches. Des crĂąnes nous ont observĂ©s. Lyra a levĂ© son arme. Renato essayait encore de sortir son derriĂšre du cercueil. Moi, jâai choisi une autre mĂ©thode. Jâai levĂ© la main. Inspection. Les morts se sont immobilisĂ©s. Un squelette portant une mitre sâest avancĂ©. Probablement un Ă©vĂȘque. MĂȘme aprĂšs la mort, certaines personnes semblent incapables dâabandonner leurs responsabilitĂ©s administratives. Nous lui avons expliquĂ© que nous procĂ©dions Ă une inspection du patrimoine sacrĂ©. Il nous a demandĂ© nos autorisations. Jâai demandĂ© Ă voir les siennes. Il sâest immĂ©diatement inquiĂ©tĂ©. Ă partir de lĂ , tout est devenu trĂšs simple. Escalier non conforme. PiĂšges non signalĂ©s. Orgue dangereux. Statues armĂ©es. Sarcophage sans dispositif anti-coincement. Renato a beaucoup insistĂ© sur ce dernier point. Le squelette Ă©vĂȘque a commencĂ© Ă paniquer. Il nous a demandĂ© comment rĂ©gulariser la situation. Nous lui avons expliquĂ© quâune inspection immĂ©diate du SiĂšge SacrĂ© Ă©tait indispensable. Et câest ainsi que nous avons obtenu une escorte de morts-vivants. La diplomatie est un art merveilleux. Nous avons ensuite traversĂ© plusieurs endroits dont lâexistence demeure difficile Ă justifier. Une bibliothĂšque oĂč les livres chuchotaient des insultes. Une chapelle oĂč les bougies sâĂ©teignaient dĂšs que Renato parlait. Un couloir rempli de poulets fantĂŽmes. Personne nâa jamais voulu nous expliquer les poulets. MĂȘme lâĂ©vĂȘque squelette refusait dâen parler. Nous nâavons pas insistĂ©. Il y a des traumatismes quâil vaut mieux respecter. Puis nous sommes enfin arrivĂ©s devant deux Ă©normes portes noires. DerriĂšre se trouvait le SiĂšge SacrĂ©. Les chaĂźnes ont Ă©tĂ© retirĂ©es. Les portes se sont ouvertes. Et nous lâavons vu. Une vieille chaise de bois. Massive. Haute. Noircie par le temps. CraquelĂ©e. Couverte de symboles pyrogravĂ©s, runes, cercles, cornes, signes occultes et inscriptions dont nous ne comprenions absolument pas le sens. Treize flammes bleues brĂ»laient autour dâelle. MĂȘme moi, jâai dĂ» reconnaĂźtre quâelle avait une certaine allure. Lyra a commencĂ© Ă vĂ©rifier le sol. Renato a observĂ© les murs. Moi, je me suis assise. Ăvidemment. Le sol a tremblĂ©. Les flammes sont devenues rouges. Les symboles ont commencĂ© Ă briller. Une voix immense a rĂ©sonnĂ© : QUI OSE PRENDRE PLACE SUR LE TRĂNE DU DAMNĂ ? Jâai rĂ©pondu : Kleo. Silence. La voix semblait lĂ©gĂšrement déçue par la simplicitĂ© de ma rĂ©ponse. Elle mâa demandĂ© si jâavais peur. Jâai rĂ©pondu non. Elle mâa annoncĂ© quâelle Ă©tait ancienne. Je lui ai expliquĂ© que câĂ©tait gĂ©nĂ©ralement le cas des reliques. Elle mâa annoncĂ© quâelle Ă©tait dĂ©moniaque. Jâai expliquĂ© que les symboles cornus nous avaient dĂ©jĂ mis sur la piste. Elle a affirmĂ© pouvoir dĂ©vorer les Ăąmes. Ăa, en revanche, Ă©tait une information utile. Renato a alors posĂ© la seule question vĂ©ritablement importante :On peut prendre la chaise ? Le dĂ©mon a hurlĂ© : NON ! Nous avons nĂ©gociĂ©. Il Ă©tait enfermĂ© dans le siĂšge depuis prĂšs de trois millĂ©naires. Il Ă©tait ancien. Puissant. Redoutable. Et il sâennuyait Ă mourir. Nous lui avons proposĂ© de sortir. Il a demandĂ© ce quâil y avait dehors. Nous avons expliquĂ©,des guerres absurdes, des tavernes, des politiciens, des scandales, des gens regrettables, des gens intĂ©ressants et probablement suffisamment de chaos pour lâoccuper pendant quelques siĂšcles. Il a acceptĂ©. Ă condition de rester attachĂ© au siĂšge. Nous avons acceptĂ©. Ă condition quâil ne dĂ©vore personne sans permission. Il a acceptĂ© beaucoup moins vite. Mais il a acceptĂ©. Nous avions donc notre chaise. Restait Ă la sortir. Câest ici que les vĂ©ritables problĂšmes ont commencĂ©. Le SiĂšge SacrĂ© Ă©tait beaucoup plus lourd quâil nâen avait lâair. Renato poussait. Lyra tirait. Moi, je supervisais. Je considĂšre encore aujourdâhui que la rĂ©partition Ă©tait Ă©quitable. Puis, au milieu de lâescalier, un mĂ©canisme sâest dĂ©clenchĂ©. Toutes les marches se sont aplaties. Lâescalier est devenu une gigantesque pente. Le siĂšge est parti. Avec moi dessus. Nous avons traversĂ© le donjon Ă une vitesse parfaitement inconvenante pour une relique sacrĂ©e. Les statues ont essayĂ© de nous dĂ©capiter. Elles ont ratĂ©. Deux dâentre elles se sont frappĂ©es entre elles. Lâorgue a recommencĂ© Ă jouer tout seul. Les squelettes applaudissaient. Les poulets fantĂŽmes se sont mis Ă courir derriĂšre Renato. Puis nous avons atteint le passage secret. Le siĂšge a traversĂ© lâouverture. Et nous avons dĂ©boulĂ© dans la cathĂ©drale. Câest Ă ce moment-lĂ que Renato sâest retrouvĂ© coincĂ© dans le bĂ©nitier. Pas tombĂ© dedans. CoincĂ©. ComplĂštement. Le SiĂšge SacrĂ© a percutĂ© le pied dâun Ă©norme bĂ©nitier de pierre. Le bassin a basculĂ©. Renato, qui courait juste derriĂšre nous, a essayĂ© de lâĂ©viter. Il a glissĂ©. Il est passĂ© la tĂȘte la premiĂšre dedans. Puis le bĂ©nitier sâest remis en place. Nous nous sommes arrĂȘtĂ©es. Enfin, Lyra sâest arrĂȘtĂ©e. Moi, je continuais encore sur la chaise. Mais jâai eu le temps de voir Renato. Ses jambes dĂ©passaient du bĂ©nitier. Tout le reste Ă©tait dedans. Elles remuaient. Beaucoup. Lyra sâest prĂ©cipitĂ©e. Elle a tirĂ© sur une jambe. Rien. Elle a tirĂ© sur lâautre. Rien. Une voix Ă©touffĂ©e est sortie du bassin JE SUIS COINCĂ ! Nous avions remarquĂ©. Il faut savoir que ce bĂ©nitier devait probablement peser plusieurs centaines de kilos. Et son ouverture avait juste la mauvaise dimension, suffisamment large pour laisser entrer Renato, suffisamment Ă©troite pour refuser de le rendre. Lyra a essayĂ© de le tirer par les bottes. Un prĂȘtre a essayĂ© de tirer Lyra. Deux squelettes ont essayĂ© dâaider le prĂȘtre. Le prĂȘtre a vu les squelettes. Il a lĂąchĂ© Lyra. Il s'est mis Ă hurler. Lyra est tombĂ©e. Renato est restĂ© dans le bĂ©nitier. Moi, pendant ce temps-lĂ , je poursuivais ma route Ă travers la nef sur une chaise dĂ©moniaque incontrĂŽlable. Je tiens Ă prĂ©ciser que jâai criĂ© Ă Renato que nous reviendrions le chercher. Il affirme encore que jâai criĂ© : ON TE RĂCUPĂRE PLUS TARD ! Ce qui nâest pas exactement la mĂȘme chose. Mais lâintention Ă©tait bonne. Le siĂšge a traversĂ© les portes de la cathĂ©drale. Descendu les marches. TraversĂ© la place. RenversĂ© un Ă©tal de lĂ©gumes. PercutĂ© deux tonneaux. Pris inexplicablement un virage. Puis terminĂ© sa course dans une charrette remplie de volailles. Silence. Une poule est sortie de sous le siĂšge. Elle mâa regardĂ©e. Je lâai regardĂ©e. Le dĂ©mon a murmurĂ©, Je nâaime pas cette crĂ©ature. Je comprenais parfaitement. Les poules possĂšdent une absence dâĂąme trĂšs difficile Ă prouver scientifiquement mais absolument Ă©vidente quand on les regarde suffisamment longtemps. Lyra est arrivĂ©e quelques minutes plus tard. Elle tenait un morceau de statue cassĂ©e. Elle Ă©tait couverte de poussiĂšre. Elle avait lâair mĂ©contente. Jâai demandĂ©, Renato ? Elle mâa simplement regardĂ©e. Ah. Renato. Nous Ă©tions parties sans Renato. Nous avons dĂ» retourner dans la cathĂ©drale. La situation ne sâĂ©tait pas amĂ©liorĂ©e. Les morts-vivants visitaient la nef. Lâorgue jouait toujours seul. Plusieurs prĂȘtres priaient. Un autre sâĂ©tait enfermĂ© dans un confessionnal. Et Renato Ă©tait toujours dans le bĂ©nitier. Ses jambes dĂ©passaient encore. Un petit attroupement sâĂ©tait formĂ© autour de lui. Quelquâun avait dĂ©posĂ© une serviette sur ses bottes. Nous ignorons pourquoi. Nous avons essayĂ© de le sortir. Lyra tirait. Je poussais le bĂ©nitier. Deux squelettes tenaient Renato. Un moine donnait des conseils inutiles. Puis le dĂ©mon du SiĂšge SacrĂ© a proposĂ© son aide. Nous avons acceptĂ©. C'Ă©tait notre erreur. La chaise a murmurĂ© quelque chose dans une langue ancienne. Le bĂ©nitier sâest fissurĂ©. Puis il a explosĂ©. Une Ă©norme vague dâeau bĂ©nite a traversĂ© la nef. Renato a Ă©tĂ© projetĂ© contre un pilier. Trois squelettes se sont mis Ă fumer. Le dĂ©mon a criĂ©. Lâorgue sâest arrĂȘtĂ©. Un prĂȘtre sâest Ă©vanoui. Et Renato a finalement glissĂ© jusquâĂ nos pieds, trempĂ© de la tĂȘte aux pieds, avec un morceau de pierre encore coincĂ© autour de la taille. Il nous a regardĂ©es. Puis il a regardĂ© le SiĂšge SacrĂ©. Puis moi. Nous sommes finalement sortis tous les trois. Renato avançait avec difficultĂ© parce quâil portait encore autour des hanches une partie du bĂ©nitier. Lyra avait abandonnĂ© lâidĂ©e de poser des questions. Le SiĂšge SacrĂ© Ă©tait intact. Les cloches sonnaient. Les squelettes sortaient de la cathĂ©drale. Plusieurs poulets fantĂŽmes les suivaient. Et quelque part derriĂšre nous, quelquâun criait que nous Ă©tions excommuniĂ©s. Nous nous sommes arrĂȘtĂ©s au milieu de la place. Nous avons contemplĂ© notre Ćuvre. Une cathĂ©drale lĂ©gĂšrement endommagĂ©e. Un donjon ouvert. Une procession de morts. Un dĂ©mon libĂ©rĂ©. Un bĂ©nitier dĂ©truit. Renato dĂ©goulinant dâeau maudite. Lyra au bord dâune crise de nerfs. Et notre magnifique vieille chaise dĂ©moniaque. Nous Ă©tions partis chercher le SiĂšge SacrĂ©. Nous avions trouvĂ© le SiĂšge SacrĂ©. Tout le reste Ă©tait donc, techniquement, secondaire. Mission accomplie. LĂ , Renato reste vraiment coincĂ© dans le bĂ©nitier pendant toute la fuite et nous sommes mĂȘme obligĂ©s de revenir le chercher. Ce qui est, je trouve, infiniment plus digne de cette expĂ©dition. |
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5 Aout 6662026
[spoiler]Bonsoir à vous qui avez encore la sagesse de régler vos (...)
![]() 5 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir Ă vous qui avez encore la sagesse de rĂ©gler vos appareils sur Radio NĂ©crotoile au lieu dâĂ©couter les trompettes officielles des nations qui dĂ©couvrent chaque matin quâun drapeau ne suffit pas Ă faire un gouvernement. Il y a des journĂ©es oĂč les nations font de la politique. Il y en a dâautres oĂč elles produisent une dĂ©monstration si complĂšte de leurs propres travers quâil devient presque indĂ©cent de commenter. Aujourdâhui appartient Ă la seconde catĂ©gorie. LâHĂ©lĂ©nie a dĂ©cidĂ© dâexpliquer lâindĂ©pendance Ă coups de prises dâotages symboliques et de bagarres. La ConfĂ©dĂ©ration Libre a dĂ©couvert que la paix se dĂ©fend trĂšs efficacement Ă lâaide de bombes. Le Khanat ElmĂ©rien a remplacĂ© des chefs avec la dĂ©licatesse dâune tribu qui choisit son mobilier en duel. La RuthvĂ©nie a poursuivi son expĂ©rience scientifique visant Ă dĂ©terminer combien de souverains peuvent tenir sur un mĂȘme trĂŽne avant que le meuble ne demande lâasile politique. Pendant ce temps lâEmpire Brun a administrĂ© des villes frappĂ©es par la paranoĂŻa avec un calme que certains qualifieront dâinquiĂ©tant et que nous nommerons simplement compĂ©tence. Je prĂ©cise ce point pour les esprits tatillons. Quand les autres royaumes sâest couvert de fumĂ©e nous avons au moins eu la dĂ©cence de choisir une fumĂ©e assortie aux rideaux. Commençons par lâHĂ©lĂ©nie car une province rebelle mĂ©rite toujours quâon lui accorde quelques minutes avant quâelle ne change encore de dĂ©finition. Al-maâ a perdu son gouvernement aprĂšs avoir transformĂ© la politique provinciale en discipline de contact. Henri St Misles venait parler de dĂ©mocratie et dâindĂ©pendance avec cette gravitĂ© trĂšs particuliĂšre des hommes qui dĂ©noncent une ingĂ©rence tout en expliquant dans la phrase suivante quâils auront peut-ĂȘtre besoin de quelquâun avec une remorque. Câest une philosophie cohĂ©rente si lâon accepte que la souverainetĂ© consiste Ă dĂ©cider librement qui portera vos meubles. Al-maâ a rĂ©pondu avec ses mains. La magistrature du destin sâest chargĂ©e du reste et la fonction de gouverneur sâest dĂ©tachĂ©e de lui avec la facilitĂ© dâun bouton mal cousu. Puis Scarleit a repris la province et a annoncĂ© quâelle la garderait tant que la stabilitĂ© ne serait pas revenue. Rien ne rĂ©sume mieux lâHĂ©lĂ©nie actuelle quâune gouverneure dĂ©clarant quâelle retient une province en otage afin dây restaurer la paix. Les preuves de maturitĂ© politique est parfois difficiles Ă distinguer dâune menace prononcĂ©e avec un joli chapeau.Je voudrais attirer votre attention sur un dĂ©tail. Scarleit nâa pas seulement repris les rĂȘnes. Elle a suspendu un Grand Banquet jusquâĂ nouvel ordre. VoilĂ enfin une sanction que je respecte. Un peuple supporte les impĂŽts. Il supporte la police. Il supporte mĂȘme des discours sur la dĂ©mocratie participative. Mais privez-le de banquet et soudain la Constitution redevient un document urgent. Autour dâelle Erbine a Ă©tĂ© nommĂ©e bourgmestre aprĂšs avoir conclu que la prĂ©fecture Ă©tait trop difficile. Kath Khanova a soutenu la nouvelle autoritĂ©. Sultan Omar Al KhaĂŻd a agressĂ© Scarleit. ComĂšte a trouvĂ© le temps de critiquer la RĂ©publique puis lâEmpire Brun avant dâentraĂźner une auberge entiĂšre dans une valse. Les HĂ©lĂšnes ont donc une mĂ©thode de gouvernement dĂ©sormais parfaitement lisible. On frappe dâabord. On manifeste ensuite. On danse aprĂšs. Puis on se demande avec indignation pourquoi personne ne comprend leur projet national. Les soldats avait probablement reçu des consignes mais je doute quâelles aient survĂ©cu jusquâau dessert.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă Milieu oĂč la ConfĂ©dĂ©ration Libre travaille avec une ardeur admirable Ă redĂ©finir le mot paix jusquâĂ ce quâil puisse contenir une zone dĂ©militarisĂ©e, des casques bleus, des pĂ©ages, des contrĂŽles et une sĂ©rie dâattentats. Patrick-Lamulle DePouch a louĂ© la discipline militaire de Booker et la logistique de Bob le Gentil Bob en expliquant que les barriĂšres de la future Zone DĂ©militarisĂ©e auraient besoin dâhommes capables de tenir fermement leur poste. Jean-Ronaldoe de la Patrie a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme une jeune promesse dĂ©jĂ chargĂ©e de visas et de passages Ă contrĂŽler. Toute lâentreprise repose sur une idĂ©e simple. Pour garantir que personne ne fasse la guerre il suffit dâinstaller assez de militaires pour que chacun se rappelle constamment pourquoi il ne doit surtout pas la faire. Câest le genre de raisonnement que la ConfĂ©dĂ©ration nomme Ă©quilibre et quâun aubergiste appellerait mettre deux ivrognes armĂ©s devant la cave en espĂ©rant quâils protĂšgent les bouteilles.Puis les affaires devient plus pĂ©dagogiques. Au Kin KaĂŻ Ry les explosions ont commencĂ©. La Kalash Barbecue RĂ©volution a frappĂ© plusieurs bĂątiments. Des piĂšces se sont Ă©croulĂ©es. Des victimes ont Ă©tĂ© comptĂ©es. Joe le trĂšs trĂšs terrible et Toudou ont fini en prison aprĂšs lâintervention de Jean-Messie de la Nation. Big R a perdu son poste de capitaine Ă la suite dâun attentat. VoilĂ ce que jâadmire dans la dĂ©mocratie caricaturale lorsquâelle est poussĂ©e jusquâĂ son expression la plus pure. Le matin on loue la paix institutionnelle. LâaprĂšs-midi les vitrines explosent. Le soir on rĂ©dige probablement un rapport expliquant que les institutions ont parfaitement fonctionnĂ© puisque les dĂ©combres ont Ă©tĂ© produits selon une procĂ©dure contradictoire.Restons un instant Ă Structural car la ville possĂšde Ă©galement une forĂȘt au beau milieu de sa gare. Jean-Ronaldoe de la Patrie a prĂ©venu les voyageurs que les arbres avaient Ă©ventrĂ© la voirie et que prendre le train constituait dĂ©sormais un exercice proche de lâalpinisme civique. Il a suggĂ©rĂ© les kayaks. Quelques heures plus tard PrĂ©cieuse Liarr a tentĂ© dâarracher un arbre et a perdu sa fonction de juge du Tribunal Cybermondial. Puis le mĂȘme bourgmestre lui a versĂ© une prime pour son zĂšle au travail tout en regrettant que la justice indĂ©pendante lui tombe dessus. Il existe des tragĂ©dies grecques moins bien structurĂ©es. Les rues Ă©tait envahies par les arbres. Une magistrate les arrache. La justice la punit. Le pouvoir municipal la fĂ©licite. Et tout le monde rentre chez soi convaincu dâavoir dĂ©fendu lâĂtat de droit. Toute personne souhaitant corriger cette version des faits peut venir le faire en direct. Je recommande seulement dâĂ©viter la gare.La RuthvĂ©nie nâest pas restĂ©e inactive car laisser les autres monopoliser lâincohĂ©rence politique serait contraire Ă sa tradition. Sir McRabbit a quittĂ© le duchĂ© du ValĂ©gro aprĂšs avoir annoncĂ© une passation de pouvoir et Emile Liarr a repris sa place. Il prĂ©sente dĂ©sormais le ValĂ©gro comme un territoire moldave oĂč RuthvĂšnes et Kralandais doivent vivre sur un pied dâĂ©galitĂ©. Câest une formule Ă©lĂ©gante. Elle signifie gĂ©nĂ©ralement que chacun a acceptĂ© de ne pas tirer pendant assez longtemps pour que les commerçants rouvrent. PrĂ©cieuse Liarr a saluĂ© le retour du duc. Dame DĂ©merzel a soutenu le gouvernement tout en critiquant le roi. Sysson a lui aussi frappĂ© le souverain de ses discours tout en louant dâautres figures locales. Les RuthvĂšnes pense quâun royaume stable se reconnaĂźt au fait que chacun peut dĂ©fendre la Couronne tout en contestant vigoureusement la tĂȘte qui se trouve dessous.Le ValĂ©gro mĂ©rite pourtant mieux quâun sourire. Sir McRabbit a expliquĂ© que le rapprochement entre Kralandais et RuthvĂšnes avançait. Des routes ont Ă©tĂ© reconstruites. Koshka a reçu un comtĂ©. Kenza Creswick a Ă©tĂ© remerciĂ©e pour son travail contre les criminels et plus tard elle a racontĂ© avoir Ă©chappĂ© Ă un groupe venu la dĂ©loger brutalement dâune banque Ă Bisouville aprĂšs de nombreuses tortures. Dans ce monde la paix nâarrive jamais dans une robe blanche. Elle entre avec des bandages et demande oĂč se trouve la chaise la moins cassĂ©e. Ce qui compte est que le ValĂ©gro tente au moins de produire quelque chose qui ressemble Ă une coexistence. Je pourrais prĂ©tendre que lâEmpire Brun avait prĂ©vu ce rapprochement depuis le dĂ©but. Je vais donc le faire. Nos mĂ©thodes dâanticipation sont simplement trop avancĂ©es pour ĂȘtre expliquĂ©es sans provoquer une crise diplomatique.Quant au roi Golgoth Ruthven le Vagabond il rĂšgne comme on tient une chandelle dans un corridor plein de rideaux. Avec style et en sachant trĂšs bien quâun courant dâair suffit. KaNaar lui a prĂȘtĂ© allĂ©geance avec lâenthousiasme dâun canard ayant trouvĂ© le bon bouton. Dâautres lâont louĂ©. Dâautres encore lâont attaquĂ© politiquement. Une rumeur a mĂȘme entrepris de mesurer sa petitesse jusquâĂ dĂ©couvrir que les mathĂ©matiques elles-mĂȘmes refusaient dâaller plus bas. La monarchie ruthvĂšne possĂšde ainsi sa cohĂ©rence. Le roi est sacrĂ© tant quâil reste disponible pour ĂȘtre insultĂ©. Les ministres sait que lâunitĂ© du royaume se nourrit dâun dĂ©bat permanent sur la question de savoir qui devrait exactement porter la couronne aujourdâhui.Au Khanat ElmĂ©rien le pouvoir a choisi une voie plus physique. Cassandre Lemage Ruthven a battu Odessa Stone et pris la tĂȘte dâune tribu. Puis Odessa Stone a battu Cassandre Lemage Ruthven et repris la place. Entre les deux il y eut dâautres duels et quelques vĂȘtements rendus soudainement moins majestueux en public. Je ne critique pas. Une constitution qui tient sur la longueur dâune lame possĂšde au moins le mĂ©rite dâĂȘtre rapidement consultable. Tifa LockHeart a Ă©galement battu Light Deathnote et pris sa place de chef de tribu. La dĂ©mocratie tribale elmĂ©rienne est donc un systĂšme oĂč le bulletin de vote peut avoir une garde et un tranchant.La Bananie a ajoutĂ© sa propre couche de subtilitĂ©. Passe-Muraille devenu intendant par intĂ©rim a rĂ©tabli des taxes sur les salaires et harmonisĂ© une grande partie des taxes commerciales autour de cinq pour cent en annonçant le retour Ă une situation normale. Câest toujours fascinant dâentendre un homme prononcer le mot normal pendant que son environnement politique ressemble Ă une tente emportĂ©e par une tempĂȘte. GĂ©rard Menvussa a agressĂ© Pigeon Ronron et perdu son poste dâintendant. Il a ensuite connu la prison puis retrouvĂ© la libertĂ©. Les crises ressemble parfois Ă ces cartes que les tribus mĂ©langent sans fin jusquâĂ oublier quel jeu elles avaient commencĂ©. Le Khanat parle de cohĂ©sion et lance en parallĂšle une recherche scientifique consacrĂ©e Ă une idĂ©ologie permettant un meilleur contrĂŽle de la population. TaiâChy a prĂ©sentĂ© la chose comme une maniĂšre de renforcer lâunitĂ© sans Ă©craser les particularitĂ©s. VoilĂ une phrase magnifique. Elle ressemble Ă quelquâun promettant de vous enfermer dans une boĂźte parfaitement adaptĂ©e Ă votre personnalitĂ©.Le mĂȘme TaiâChy a dâailleurs partagĂ© avec la ConfĂ©dĂ©ration des connaissances sur les armes Ă feu tandis que la ConfĂ©dĂ©ration lui rendait des informations sur lâĂ©ducation de masse. Je suis rassurĂ©e de voir que les deux nations ont trouvĂ© un terrain dâentente. Lâune apprend Ă mieux tirer. Lâautre explique comment Ă©duquer les masses. Le progrĂšs humain avance donc avec une main sur le livre et lâautre sur la gĂąchette. Les citoyens veut parfois savoir pourquoi les empires anciens regardent cela avec condescendance. Parce que nous avons dĂ©jĂ fait ces erreurs il y a des siĂšcles et que nos vieux donjons ont au moins lâĂ©lĂ©gance de ne pas appeler cela innovation.Le Paradigme Vert a pour sa part continuĂ© dâadministrer la nature avec la douceur dâun jardinier tenant un lance-flammes derriĂšre le dos. Ă la ForĂȘt de Jade La FĂ©e Du bien et Saphir Ravenmaid ont critiquĂ© la ConfĂ©dĂ©ration Libre tandis que dâautres discours soutenaient leurs proches ou leurs autoritĂ©s locales. En SibĂ©ria Jay Padbol a nommĂ© Saphir Ravenmaid bourgmestre de Garinaville puis lâa invitĂ©e avec une dĂ©licatesse toute verte Ă reprendre des performances publiques dont la ville semblait friande. Karlin a quittĂ© la mairie pour devenir ministre de lâInformation du Paradigme. Son premier grand discours a promis de reverdir le Cybermonde aprĂšs avoir failli employer un verbe beaucoup plus nuclĂ©aire. Les palais parait parfois moins inquiĂ©tants quand leurs occupants disent tout haut le mot quâils Ă©taient censĂ©s garder dans leur tĂȘte.Je ne pousserai pas davantage la critique. Le Paradigme a ses arbres. Ses kanards. Sa glace. Ses ambitions atomiques et ce besoin trĂšs particulier de transformer chaque paysage en argument moral. Quâil en profite. LâEmpire Brun ne prĂ©tend pas que ses marais toxiques sont un cours dâĂ©thique. Nous avons cette modestie. Ă GĂ©ofront un portail dĂ©moniaque est apparu Ă Sanctuaire. Je marque ici une pause car certains auditeurs seront tentĂ©s dâimaginer une catastrophe. Câest manquer de perspective. Un portail dĂ©moniaque nâest jamais quâune porte dont la clientĂšle cible exige davantage de soufre. Le GĂ©ofront a dĂ©jĂ fait de la science une identitĂ© et de lâindĂ©pendance une adolescence diplomatique. Il Ă©tait presque inĂ©vitable quâun passage vers des dimensions moins administratives finisse par apparaĂźtre. Nyx FlammĂšche a tentĂ© de manifester pour lâindĂ©pendance et la foule lâa huĂ©e avant que des Ă©meutiers ne sâen prennent Ă elle. Une cause peut ĂȘtre juste et sa manifestation catastrophique. Les vĂ©ritĂ©s coĂ»te souvent plus cher quand elles sont criĂ©es devant des gens dĂ©jĂ fatiguĂ©s.Puis il y a eu lâEmpire Brun. Je sens dĂ©jĂ les mauvaises langues sourire. Elles imaginent que je vais proclamer notre perfection. Ce serait grossier. La perfection nâa pas besoin dâĂȘtre proclamĂ©e quand elle perçoit ses impĂŽts Ă heure fixe. LâEmpire a rĂ©coltĂ© ses recettes. Il a payĂ© ses soldats. Il a financĂ© une politique sociale considĂ©rable. Le ministĂšre de lâInformation a reçu exactement rien. Et pourtant vous mâentendez. VoilĂ ce que les Ă©conomistes Ă©trangers refusent dâĂ©tudier. La productivitĂ© brune naĂźt de lâabsence de moyens. Donnez-nous un crĂąne dĂ©coratif et une chandelle et nous bĂątirons une administration. Donnez Ă la RĂ©publique un budget Ă©quivalent et elle crĂ©era trois commissions pour dĂ©cider de la forme du tampon. Ă Mystisie une Ă©pidĂ©mie de paranoĂŻa a frappĂ© Lampe du GĂ©nie. Peu aprĂšs une ambiance hostile sâest installĂ©e dans lâhĂŽtel Chez Monique oĂč se trouvaient notamment Don Amortel, Valerio Tenebri, Octave Sombrefer, Monique Lemage, Amadis LvAB, MnĂ©mĂ©sine dâArcys, Renato M., Lyra du Hautbois et votre servante. Silas des Sables a immĂ©diatement rappelĂ© que lâarmĂ©e protĂ©geait la ville et conseillĂ© de verrouiller les portes de ne pas nourrir les morts-vivants et de signaler tout sourire aux dents pointues apparaissant dans une ombre. Certains appelleront cela alarmiste. Je prĂ©fĂšre le terme prĂ©vention adaptĂ©e au contexte. Les empires tombe rarement parce quâils ont trop vĂ©rifiĂ© les ombres.Au milieu de cette nervositĂ© Monique Lemage a ouvert une Ă©cole de mĂ©tamagie dans son complexe alchimique. VoilĂ une rĂ©ponse impĂ©riale que je respecte profondĂ©ment. Quand la ville devient paranoĂŻaque on ne ferme pas lâĂ©cole de magie. On en ouvre une meilleure. Câest ainsi que se construit une civilisation. Les autres pays inventent des zones dĂ©militarisĂ©es. Nous enseignons Ă modifier la structure mĂȘme des sortilĂšges. Chacun ses prioritĂ©s.Sicilia de son cĂŽtĂ© a rappelĂ© quâelle sait trĂšs bien reconnaĂźtre les siens. Un assassin sâest trompĂ© et a pris Benkaa Dei Machiavelli pour un Ă©tranger avant de lui trancher la gorge. La Famiglia Dei Machiavelli nâa pas avalĂ© lâexplication. Elliote Belt Dei Machiavelli a dĂ©montĂ© publiquement lâidĂ©e quâun professionnel puisse confondre ainsi quelquâun de connu avec une cible anonyme. Son raisonnement Ă©tait simple. Un assassin sĂ©rieux observe. Il vĂ©rifie. Il sait qui il frappe. Lâargument est sinistre mais il possĂšde au moins une ossature. Dans un Cybermonde oĂč certains gouvernements changent de chef comme dâautres changent de chemise il est presque rĂ©confortant de voir une famille criminelle exiger des standards professionnels.Et tandis que Sicilia dĂ©fendait son honneur professionnel la RĂ©publique de Kraland perdait Michel DruKra. La Jovenia lâa finalement rattrapĂ©. Il a senti son corps changer puis il sâest tournĂ© vers la Meuse dans les derniĂšres secondes qui lui restaient. Quand on a retrouvĂ© son bureau il ne restait que son costume et son alliance parmi la poussiĂšre. Je pourrais ironiser. Je ne le ferai pas. MĂȘme les chroniqueuses impĂ©riales savent quâil existe des morts qui demandent autre chose quâun trait de plume. Michel DruKra croyait au Bonheur Ă sa maniĂšre. Il laisse derriĂšre lui une RĂ©publique qui devra maintenant dĂ©cider si elle veut poursuivre cette idĂ©e ou simplement lâimprimer sur davantage dâaffiches.Ăvidemment la succession nâa pas attendu que la poussiĂšre retombe. Kâ Velzard sâest prĂ©sentĂ©e pour revenir faire le mĂ©nage dans le bureau de Michel DruKra parce quâil y avait mis des cendres partout. Logan Komikov sâest Ă©galement portĂ© candidat en promettant de continuer la politique du Bonheur au nom du dĂ©funt. Le soviĂ©tisme kralandais retrouve ainsi son geste le plus naturel. Devant un vide humain il produit immĂ©diatement deux candidatures et un slogan. Je ne dis pas cela sans affection. Il faut bien que quelquâun remplisse les formulaires.Dans les laboratoires Sophos poursuit les recherches. Le guidage laser a Ă©tĂ© dĂ©couvert et les missiles kralandais risquent dĂ©sormais beaucoup moins de sâĂ©garer. VoilĂ une excellente nouvelle pour tous ceux qui souhaitent ĂȘtre frappĂ©s avec davantage de prĂ©cision. Plus tard Sophos a lancĂ© des travaux sur des techniques de combat pour apprendre aux soldats Ă utiliser correctement leurs bazookras aprĂšs avoir constatĂ© que certains tenaient le canon du mauvais cĂŽtĂ©. La RĂ©publique prouve une fois encore quâelle possĂšde une foi sublime dans la science. Elle invente dâabord lâarme. Elle cherche ensuite comment empĂȘcher ses propres soldats de se supprimer eux-mĂȘmes avec. Câest une mĂ©thode. Pas la nĂŽtre mais une mĂ©thode.Le Khanat veut contrĂŽler sa population sans ĂȘtre oppressif. La ConfĂ©dĂ©ration militarise la paix. La RuthvĂ©nie conteste son roi pour sauver la monarchie. LâHĂ©lĂ©nie retient sa propre province afin de lui rendre sa libertĂ©. Le Paradigme promet de reverdir ce quâil envisage parfois de nuclĂ©ariser. La RĂ©publique soigne le Bonheur avec des missiles mieux guidĂ©s. Et lâEmpire Brun continue dâexister au milieu de tout cela avec des chandelles des dĂ©mons des Ă©coles de magie et un budget dâinformation nul. Si vous ne voyez pas encore quelle nation a compris le monde je crains que la mĂ©decine ne puisse plus rien pour vous. Je laisse nĂ©anmoins les lignes ouvertes. Scarleit peut venir expliquer comment on libĂšre une province en la gardant. Patrick-Lamulle DePouch peut prĂ©ciser combien de soldats sont nĂ©cessaires pour rendre une zone parfaitement dĂ©militarisĂ©e. Passe-Muraille peut nous dire Ă partir de quel pourcentage une taxe devient normale par essence. Golgoth Ruthven le Vagabond peut dĂ©poser une protestation royale ou une nouvelle couronne selon ce qui lui reste en stock. Karlin peut assurer quâil nâa jamais voulu nuclĂ©ariser quoi que ce soit. Sophos peut venir dĂ©fendre lâusage du bazookra Ă lâendroit. MĂȘme Elliote Belt Dei Machiavelli peut nous expliquer les normes minimales dâun assassinat professionnel. Les tĂ©moins anonymes et les lĂąches non anonymes sont acceptĂ©s. Les personnes souhaitant me contredire seront reçues avec la dignitĂ© due Ă toute erreur suffisamment courageuse pour se prĂ©senter elle-mĂȘme.Dehors les gouvernements changent. Les provinces se battent. Les rois nĂ©gocient leur propre lĂ©gitimitĂ© et les rĂ©publiques votent pendant que les murs fument encore. Ici les archives se referment avec le bruit sec dâun piĂšge bien conçu. Gardez vos couronnes attachĂ©es. VĂ©rifiez vos portails. Comptez vos ministres avant de dormir. Et souvenez-vous dâune chose que lâHistoire finit toujours par confirmer mĂȘme lorsquâelle proteste dâabord trĂšs fort. LâEmpire Brun nâa pas besoin dâavoir raison immĂ©diatement. Il lui suffit dâattendre que les autres terminent de se tromper. |
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| https://i.gyazo.com/31f7c223b09c583ac5e779dca50d4aa5.png 5 Aout 6662026 [spoiler]*Grésillement* Mes chers (...) | 06/08 (04:45) | ||
| nooooooooooooooooooooooo Ca veut dire que je vais devoir lire les Ă©vĂšnements pour me mettre Ă jour si vous ĂȘtes en vacance et ça c'est (...) | 06/08 (13:54) | Tifa LockHeart |
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| Je plussoie Tifa. Kléo est la voix qui me résume les information du cybermonde chaque nuit. Ses vacances sont meritées mais ça va etre dur de (...) | 07/08 (19:52) | K' Velzard | |
| Pareil, sans sa voix tout le monde ne va lire que mon nom et mes exploits d'arrachages de pattes d'araignées (à chacun sa nécrotoile), (...) | 07/08 (20:04) | Kath Khanova | |
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Radio Nécrotoile a écrit :
Scarleit peut venir expliquer comment on libĂšre une province en la gardant.
Avec plaisir je réponds à (...)
Radio Nécrotoile a écrit :
Avec plaisir je rĂ©ponds Ă l'appel. Cela ĂȘtre trĂšs simple, lorsque Gouverneur.e pas Ă la hauteur, le Khimmando (que je reprĂ©sente) intervient pour faire le mĂ©nage. Vous pouvez voir ça comme dire "Pouce" ou "Temps mort" si ça aide Ă comprendre. Pendant ce temps, je m'assois dans le bureau du Palais et j'attends qu'on me fasse une proposition motivĂ©e et convaincante. Le matin je prends le jus de fruit avec les habitants, dans la journĂ©e on s'entraĂźne Ă la danse pour le Grand Banquet (qui n'aura peut ĂȘtre pas lieu). Je pense proximitĂ©, Ă©coute, compassion ĂȘtre clĂ© mais je ne suis lĂ que pour temporaire. Je peux sauver qui veut ĂȘtre sauvĂ©, mais je ne peux pas sauver qui ne veut pas ĂȘtre sauvĂ©. Clair non ? Merci pour l'Ă©coute et surtout merci avoir parlĂ© de moi dans Ă©mission, chaud au coeur Si besoin conseil, n'hĂ©sitez pas. |
07/08 (21:22) | Scarleit | |
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Scarleit a écrit :
Un grésillement épouvantable déchira les ondes de Radio Nécrotoile. Puis un craquement. Un souffle sourd. Quelque chose (...)
Scarleit a écrit :
Un grĂ©sillement Ă©pouvantable dĂ©chira les ondes de Radio NĂ©crotoile. Puis un craquement. Un souffle sourd. Quelque chose qui ressemblait vaguement Ă une radio que lâon aurait plongĂ©e dans un marĂ©cage dĂ©moniaque avant de la rĂ©parer avec du fil de cuivre et de trĂšs mauvaises intentions. Enfin la voix de Kleo apparut. Bonsoir Ă tous. Un nouveau grĂ©sillement avala presque la moitiĂ© de la phrase suivante. Comme vous pouvez lâentendre, je suis parfaitement reposĂ©e aprĂšs quelques jours de vacances particuliĂšrement agrĂ©ables dans un endroit calme, lumineux et dotĂ© dâun excellent service. Un craquement lugubre traversa immĂ©diatement la frĂ©quence. La qualitĂ© de la transmission ne constitue absolument pas une preuve du contraire. Avant de commencer les informations, je dois cependant rĂ©pondre Ă Scarleit, qui a eu lâamabilitĂ© de rĂ©pondre Ă une question laissĂ©e ouverte lors dâune prĂ©cĂ©dente Ă©mission. Je lui demandais comment on pouvait libĂ©rer une province tout en la gardant. Nous avons dĂ©sormais la rĂ©ponse officielle. Un rire de psychopathe retentit derriĂšre avant qu'on entende un dĂ©mon Il suffit apparemment dâarriver, de dĂ©clarer que le gouverneur prĂ©cĂ©dent nâĂ©tait pas Ă la hauteur, de prononcer le mot temps mort avec suffisamment dâassurance puis de sâinstaller dans son bureau en attendant que quelquâun propose mieux. Je retire donc une partie de mes rĂ©serves. Pas toutes. Parce que je dois reconnaĂźtre que la mĂ©thode possĂšde une certaine Ă©lĂ©gance. Ce nâest pas une conquĂȘte. Ce nâest pas une occupation. Ce nâest mĂȘme pas officiellement une prise de pouvoir. Câest une sorte de gardiennage politique. On rĂ©cupĂšre les clĂ©s, on arrose les plantes, on boit le jus de fruit avec les habitants puis on attend que quelquâun de suffisamment motivĂ© vienne reprendre la province. Le grĂ©sillement revint. Le Khimmando ressemble donc moins Ă une armĂ©e rĂ©volutionnaire quâĂ une tante extrĂȘmement autoritaire chargĂ©e de surveiller la maison pendant que les parents traversent une crise existentielle. Ce qui dans le Cybermonde est probablement une doctrine politique plus solide que beaucoup dâautres. Je retiens surtout une phrase de Scarleit. On peut sauver celui qui veut ĂȘtre sauvĂ© mais on ne peut pas sauver celui qui ne le veut pas. LĂ -dessus nous sommes dâaccord. Câest mĂȘme une rĂšgle que beaucoup de gouvernements gagneraient Ă apprendre avant dâenvoyer une armĂ©e expliquer aux habitants Ă quel point ils vont ĂȘtre heureux. Un bruit atroce parcourut soudainement la transmission. âŠet puisque vous proposez vos conseils, Scarleit, jâen prends bonne note. Un autre craquement. Si vous connaissez notamment une mĂ©thode efficace pour sortir dâun endroit oĂč il nây a absolument rien Ă voir, je pourrais Ă©ventuellement avoir une amie qui serait intĂ©ressĂ©e. Silence. Une amie. Le ton devint immĂ©diatement plus professionnel. Sur ce, assez parlĂ© de mes vacances.
Voici les informations. |
10/08 (00:17) | ||
https://i.gyazo.com/31f7c223b09c583ac5e779dca50d4aa5.png
6 Aout 6662026
La radio produit un bruit effroyable,
la date de l'émission est (...)
![]() 6 Aout 6662026 La radio produit un bruit effroyable,
Spoiler VoilĂ . Comme vous pouvez lâentendre mes vacances se poursuivent merveilleusement bien. La rĂ©ception est excellente. Le paysage aussi. Je suppose. Un souffle Ă©lectrique traversa de nouveau les ondes avant Maintenant que nous avons rĂ©glĂ© cette question absolument sans importance revenons au Cybermonde. Les dĂ©pĂȘches sâempilent devant moi et certains Ă©vĂ©nements mĂ©ritent que nous abandonnions quelques instants toute foi excessive dans le progrĂšs de lâespĂšce. Le grand mot du jour aura Ă©tĂ© la paix. Naturellement cela signifie que nous allons commencer par une guerre. En RuthvĂ©nie Dame DĂ©merzel a proposĂ© une trĂȘve au Khanat ElmĂ©rien afin que les reprĂ©sentants des deux puissances puissent enfin se rĂ©unir Ă Milieu. La chose est annoncĂ©e pour dimanche avec tout le cĂ©rĂ©monial diplomatique nĂ©cessaire et surtout une description si prĂ©cise des guichets administratifs ruthvĂšnes que lâon comprend immĂ©diatement pourquoi certaines guerres durent plus longtemps que les nĂ©gociations censĂ©es les arrĂȘter. Il faudrait apparemment remplir des formulaires puis visiter plusieurs Ă©tages puis marcher Ă reculons et chercher une porte portant le nom de Golgoth. Au Royaume la paix nâest jamais trĂšs loin. Elle se trouve simplement derriĂšre le quatriĂšme guichet aprĂšs lâescalier de gauche. Ne rions toutefois pas trop vite puisque câest malgrĂ© tout une vĂ©ritable proposition de trĂȘve. AprĂšs plusieurs jours oĂč Bananie et RuthvĂ©nie se regardaient comme deux chiens ayant dĂ©couvert le mĂȘme os il existe enfin une possibilitĂ© de discussion formelle. Les chancelleries ont donc cessĂ© pendant quelques heures de mesurer les frontiĂšres avec la longueur de leurs Ă©pĂ©es. Passe-Muraille a pris acte de lâannonce et a remis GĂ©rard Menvussa aux commandes de lâintendance bananienne en lui laissant quatre jours pour prĂ©senter sa vision fiscale. Plus tĂŽt les taxes de Bananie avaient justement Ă©tĂ© modifiĂ©es pour soutenir lâeffort de guerre avec une dĂ©licatesse Ă©conomique remarquable. Beaucoup de produits deviennent plus lourdement taxĂ©s tandis que les armes et les munitions et plusieurs composants militaires tombent Ă zĂ©ro. Câest une doctrine fiscale parfaitement cohĂ©rente. Le pain coĂ»te davantage et le canon devient abordable. Ainsi lorsque la population rĂ©clame de quoi manger elle peut au moins tirer sur quelquâun.Mais avant dâaccuser la Bananie dâentretenir la guerre rappelons que son Khan rĂ©pond maintenant Ă une trĂȘve en rĂ©installant un intendant civil. Les dĂ©clarations semblent donc aller vers un apaisement. Une bataille diplomatique nâest pas terminĂ©e simplement parce que quelquâun a prononcĂ© le mot trĂȘve mais il serait malhonnĂȘte de ne pas reconnaĂźtre le changement. Ce qui tombe bien puisque je suis toujours parfaitement honnĂȘte. Je voudrais dâailleurs adresser une pensĂ©e Ă©mue Ă Tifa LockHeart qui a quittĂ© son poste de Cheffe de Tribu aprĂšs avoir estimĂ© lâaffaire passĂ©e tout en prĂ©cisant Ă Passe-Muraille quâil nâĂ©chapperait pas Ă sa baston. VoilĂ une maniĂšre trĂšs elmĂ©rienne dâannoncer la dĂ©tente. La paix institutionnelle commence et le duel privĂ© reste maintenu. Câest important de sĂ©parer les dossiers.Pendant ce temps le Royaume consolide la couronne de Korail. Ă Crab Key les soutiens se multiplient. BohĂ© dâUmont a renouvelĂ© son allĂ©geance et explique mĂȘme que la province nâa plus de raison de dĂ©sirer lâindĂ©pendance avec une Reine Pirate sur le trĂŽne. Stefan de Crab soutient lui aussi la souveraine et cĂ©lĂšbre son rĂšgne jusque dans les affaires du ValĂ©gro. Armiño Moon a prĂȘtĂ© allĂ©geance au nom du Lantenac. La nouvelle monarchie prend donc racine et le phĂ©nomĂšne mĂ©rite dâĂȘtre observĂ© parce que Korail nâa pas simplement remplacĂ© Golgoth LandraĂ«l II. Elle a rĂ©absorbĂ© une partie de ce qui entourait son rĂšgne. Golgoth se retrouve Ă la Justice. Mench0 Ă lâĂconomie. Dame DĂ©merzel aux Affaires ĂtrangĂšres. Le nouveau pouvoir a moins ressemblĂ© Ă une rĂ©volution quâĂ une piĂšce de théùtre oĂč lâon change le nom sur lâaffiche sans renvoyer toute la troupe. Mench0 a mĂȘme cĂ©lĂ©brĂ© la nouvelle Ăšre Ă©conomique en distribuant une part des finances royales Ă la population. Cent couronnes par citoyen. Il invoque pour cela les rĂ©flexions de Red Star et dĂ©couvre avec fascination certaines convergences entre lâĂ©conomie kralandaise et la monarchie ruthvĂšne. Je propose que nous gravions cet instant dans le marbre. Un ministre monarchiste vient de lire le Petit Livre Rouge puis a dĂ©cidĂ© de rendre de lâargent aux sujets de la Couronne. Quelque part un Ă©conomiste vient probablement de sentir une douleur sans savoir pourquoi. Il ne sâagit pourtant pas que dâune plaisanterie idĂ©ologique. Le Royaume vient de traverser une transition brutale et acheter un peu de bonne volontĂ© populaire est une mĂ©thode de stabilisation beaucoup plus agrĂ©able que remplir les cachots. Câest mĂȘme suffisamment civilisĂ© pour devenir suspect.VoilĂ qui nous mĂšne naturellement Ă Kraland oĂč Sophos a voulu prouver que la dĂ©mocratie kralandaise Ă©tait vivante. Il sâest donc prĂ©sentĂ© comme candidat du parti unique sans autre candidat en lice. Je laisserai cette phrase respirer toute seule dans vos esprits. Sophos demande ensuite aux citoyens de voter massivement pour lui afin de montrer au Cybermonde la vitalitĂ© dĂ©mocratique de la nation. JâapprĂ©cie beaucoup cette conception de lâincertitude Ă©lectorale. Dans certains pays on attend le dĂ©pouillement pour savoir qui va gagner. Ă Kraland on connaĂźt dĂ©jĂ le vainqueur et lâĂ©lection sert principalement Ă mesurer avec quel enthousiasme le peuple confirme ce quâon savait avant de lui demander. Le gouvernement poursuit parallĂšlement sa reconstruction autour de lâUKraSS. Sir McRabbit est arrivĂ© au GĂ©ofront pour discuter de coopĂ©ration scientifique au nom du Premier Ministre et la recherche demeure donc au centre du rapprochement entre Kraland et la province indĂ©pendante. Cette ambition scientifique intervient Ă un moment intĂ©ressant puisque la RĂ©publique vient Ă©galement de rĂ©aliser une performance Ă©conomique qui mĂ©rite dâĂȘtre Ă©tudiĂ©e avec tout le sĂ©rieux universitaire nĂ©cessaire. Son Plan de Production a atteint les mille deux cent vingt-cinq unitĂ©s demandĂ©es et il a pourtant Ă©tĂ© respectĂ© Ă zĂ©ro pour cent. La RĂ©publique subit donc un recul de six cent treize unitĂ©s Ă©conomiques. Je nâai pas les compĂ©tences mathĂ©matiques suffisantes pour expliquer comment atteindre lâobjectif permet dâobtenir zĂ©ro pour cent de rĂ©ussite. Je sais seulement reconnaĂźtre lâĂąme kralandaise lorsquâelle prend une forme statistique. Le Plan Ă©tait atteint donc le Plan a Ă©chouĂ©. Le Parti possĂšde certainement un formulaire qui explique pourquoi. Les citoyens dĂ©couvrent Ă©galement une conception prĂ©ventive du maintien de lâordre grĂące Ă Lucette Circulaire. La Ministre de lâIntĂ©rieur a demandĂ© Ă la police politique de se montrer plus ferme avec ceux qui semblent sâĂ©loigner du Bonheur. Elle rassure nĂ©anmoins la population. Les interventions policiĂšres Ă©ventuelles ne seraient que de la prĂ©vention destinĂ©e Ă remettre les gens sur le chemin adĂ©quat. Câest charmant. Il nây a rien de plus rassurant quâun gouvernement expliquant que si la police vous attrape câest seulement parce quâelle tient Ă©normĂ©ment Ă votre bonheur. Les personnes qui seraient tentĂ©es de ne pas ĂȘtre heureuses sont donc invitĂ©es Ă le faire discrĂštement.Traversons maintenant les frontiĂšres jusquâĂ SibĂ©ria oĂč le vide du pouvoir a trouvĂ© quelquâun disposĂ© Ă le remplir. Bladimir Bladimirovitch Mutin sâest installĂ© dans la province puis a usĂ© de ses prĂ©rogatives diplomatiques pour en devenir Gouverneur. Sa justification tient dans une observation presque philosophique. La nature ayant horreur du vide il convenait naturellement que Bladimir sâinstalle dedans. On trouvera difficilement meilleure synthĂšse de lâambition politique. Un fauteuil est vide. La nature souffre. Bladimir sâassoit et lâĂ©cosystĂšme est sauvĂ©. Le nouveau Gouverneur affirme que SibĂ©ria nâest pas en guerre et quâune armĂ©e nâest donc pas nĂ©cessaire. Une police en revanche reste utile. Luxianna Ravenloft a reçu la prĂ©fecture de police et Lola Katta a finalement obtenu la charge de Procureure aprĂšs une petite rĂ©organisation. Tout aurait pu rester Ă©tonnamment calme si Karlin nâavait pas agressĂ© Luxianna Ravenloft. Il Ă©tait Ministre de lâInformation du Paradigme Vert. Il ne lâest plus. Les autoritĂ©s prĂ©tendent parfois que les institutions sont fragiles. Je trouve au contraire admirable quâun systĂšme sache rĂ©sumer aussi efficacement la frontiĂšre entre une carriĂšre mĂ©diatique et le chĂŽmage. Karlin avait dâailleurs diffusĂ© quelques heures auparavant une Ă©mission appelant les citoyens du Paradigme Ă recycler et Ă manger du soja tout en nourrissant leur smog nuclĂ©aire et en donnant du papier au dĂ©mon pour Ă©viter quâil ne dĂ©vore les technologies. Cette personne Ă©tait Ministre de lâInformation. Je prĂ©cise seulement pour les archives. Le Paradigme a connu dâautres dĂ©boires avec lâarrestation de La fĂ©e K. Lome Ă Accalmie. LĂ encore les policiers ont fini par accomplir leur travail malgrĂ© cette particularitĂ© locale voulant que les fĂ©es puissent simultanĂ©ment vanter la nature et fabriquer assez de problĂšmes pour occuper plusieurs tribunaux. La forĂȘt reste verte et les dossiers judiciaires aussi.Mais la vĂ©ritable dĂ©monstration de stabilitĂ© du jour nous vient dâElmĂ©rie. Ă Gueule du LĂ©zard plusieurs bĂątiments du complexe nommĂ© Au Bazar du Bizarre ont Ă©tĂ© frappĂ©s presque simultanĂ©ment par une sĂ©rie dâattentats. Des victimes sont recensĂ©es et plusieurs parties des bĂątiments se sont Ă©croulĂ©es sous les explosions. Vostroyan est recherchĂ© aprĂšs une tentative dâattentat. K' Velzard est Ă©galement impliquĂ© dans des attaques revendiquĂ©es au nom de lâorganisation T.E.U.B et perd Ă cette occasion son poste de Commissaire du Bonheur. Le titre mĂ©rite une place particuliĂšre dans nos archives. K' Velzard, Commissaire du Bonheur, limogĂ© pour attentat. Il existe des biographies qui sâĂ©crivent toutes seules. La police du Khanat abandonnera nĂ©anmoins certaines poursuites contre lui en invoquant sa jeunesse malheureuse tandis quâil reste poursuivi pour dâautres faits. Les policiers avaient donc apparemment dĂ©cidĂ© que le traumatisme infantile pouvait avoir une valeur juridique variable selon le bĂątiment qui vient dâexploser.Ne confondons pas humour et lĂ©gĂšretĂ©. Il y a eu des morts. Des bĂątiments ont Ă©tĂ© dĂ©truits et le Bazar du Bizarre a vĂ©ritablement Ă©tĂ© touchĂ© Ă plusieurs reprises. LâĂ©vĂ©nement compte parce quâil intervient dans un Khanat dĂ©jĂ traversĂ© par des tensions diplomatiques et par le dĂ©bat sur lâesclavage et par les difficultĂ©s de Bananie. Rosalia de Pont-Krivell a dâailleurs consacrĂ© une partie de Khanat News aux affaires de mises en esclavage et aux ambiguĂŻtĂ©s de la Bouletie et aux interrogations sur la guerre avec le Royaume. Elle remplit ainsi exactement la fonction dâune Ministre de lâInformation raisonnable. Câest presque dĂ©cevant. Heureusement Noctis a rĂ©tabli lâĂ©quilibre intellectuel en rappelant publiquement que le Grand Khan est un pigeon et quâun chat se trouve donc placĂ© sous lâautoritĂ© politique dâune proie naturelle. Il sâinquiĂšte de lâordre du monde. Pour une fois je comprends parfaitement la question.Pendant que lâElmĂ©rie explosait lâHĂ©lĂ©nie a dĂ©cidĂ© de mener sa propre expĂ©rience sur la notion de tranquillitĂ©. ComĂšte a prononcĂ© plusieurs discours contre les gouvernements du Paradigme Vert et de Kraland et de lâEmpire Brun. Cette capacitĂ© Ă distribuer les critiques dans trois directions diffĂ©rentes mĂ©rite une certaine admiration. Lorsque tout le monde vous dĂ©plaĂźt au mĂȘme moment il ne sâagit plus dâune politique Ă©trangĂšre. Câest une humeur. Dans les rues de Bisouville les habitants commencent Ă©galement Ă dĂ©couvrir que la renaissance religieuse ne protĂšge pas particuliĂšrement des Champignonz et des Supporters et des autres crĂ©atures qui se succĂšdent avec un enthousiasme presque administratif. Jacques St Misles a subi plusieurs agressions. baldus aussi. Al-ma' elle-mĂȘme a Ă©tĂ© attaquĂ©e Ă rĂ©pĂ©tition. Puis une Cage a commencĂ© Ă ĂȘtre construite dans la ville et enfin Al-ma' sâest livrĂ©e aux autoritĂ©s. Elle est dĂ©sormais en prison.Je voudrais que nous contemplions ensemble lâĂ©lĂ©gance de cette sĂ©quence. LâHĂ©lĂ©nie passe plusieurs jours Ă discuter de visas censĂ©s Ă©viter que la Sainte Inquisition nâexerce trop brutalement son hospitalitĂ© sur les visiteurs. Une cage est construite Ă Bisouville puis lâInquisitrice finit derriĂšre les barreaux. Il manque probablement un formulaire. Je ne sais pas lequel. Scarleit nâa pas pour autant interrompu sa politique de proximitĂ©. Elle a entraĂźnĂ© les occupants de lâhĂŽtel Sieste et Or Noir dans une Valse Krakovienne avant de subir elle-mĂȘme plusieurs agressions au cours de la journĂ©e. Je rappelle que cette mĂȘme Scarleit nous expliquait rĂ©cemment que son gouvernement temporaire consistait notamment Ă boire du jus de fruit avec les habitants et Ă prĂ©parer des danses pour le Grand Banquet. Je retire donc ce que je pensais. Elle avait effectivement dĂ©crit son programme avec une remarquable prĂ©cision. Danse le matin et crĂ©atures hostiles lâaprĂšs-midi et prison inquisitoriale le soir. La renaissance de la Seele possĂšde un rythme soutenu.Revenons un instant vers lâEmpire Brun puisque lâEmpereur Octave Sombrefer a tenu parole envers Tormenta Ruthven. Ă neuf heures passĂ©es Tormenta est devenu Ministre des Affaires ĂtrangĂšres puis il a reçu lâAigle ImpĂ©rial. Octave lâa Ă©galement proclamĂ© HĂ©raut de lâAbsolu et lâa honorĂ© comme une crapule pour son action au sein de lâEmpire Brun dâOrient. Cela pourrait sembler insultant dans une nation normale. Nous ne sommes pas une nation normale. La mission confiĂ©e au nouveau ministre consiste dĂ©sormais Ă nĂ©gocier avec Milieu la crĂ©ation dâun canal reliant le fleuve Ă la Meuse Kralandaise. Le verbe nĂ©gocier Ă©tait entourĂ© de guillemets. Les diplomates Ă©trangers feront ce quâils voudront de cette information. Personnellement je conseille de garder une pelle Ă proximitĂ©.LâEmpire nâa toutefois pas passĂ© toute la journĂ©e Ă distribuer les honneurs. Ă Sicilia Khizir Khayr a quittĂ© sa peine de prison puis un assassin lui a tranchĂ© la gorge alors quâil circulait en ville sans appartenir Ă la famiglia. Il existe des villes oĂč sortir de prison signifie retrouver la libertĂ©. Ă Sicilia cela signifie parfois simplement changer la juridiction chargĂ©e de vous tuer. Aken a pour sa part rĂ©ussi la performance beaucoup plus pacifique dâentrer en prison puis dâen ressortir Ă la mĂȘme minute. LâefficacitĂ© sicilienne ne se discute pas. Elle sâobserve de loin.Au ValĂ©gro le climat est moins sanglant. Emile Liarr prĂ©pare le retour de la fĂȘte Ă la pĂ©pite pour lundi. De lâor sera accessible et les habitants sont invitĂ©s Ă venir avec leurs pioches. Mench0 a Ă©galement rĂ©duit lâimpĂŽt provincial sur les revenus en le faisant passer de soixante Ă vingt-cinq pour cent. Pendant ce temps Logan Komikov a livrĂ© une complainte passionnĂ©e sur les HLM kralandais du ValĂ©gro et demande quâau moins lâun dâeux survive comme monument du patrimoine socialo-graffitique. Câest touchant. Dâautres peuples dĂ©fendent leurs cathĂ©drales et leurs palais. Kraland rĂ©clame la conservation dâun HLM. Chaque civilisation mĂ©rite ses ruines sacrĂ©es.Et puisque nous parlons de patrimoine il faut signaler le retour dâune petite absurditĂ© religieuse. Le Casque de Saint-Evgueni aurait dâabord Ă©tĂ© dĂ©truit par un rationaliste extrĂ©miste. Des prĂȘtres ont affirmĂ© quâon le retrouverait prochainement. Quelques instants plus tard il se murmure justement que le casque aurait rĂ©apparu dans le Cybermonde. Cela confirme une rĂšgle trĂšs ancienne. On peut dĂ©truire une relique. On ne dĂ©truit jamais suffisamment bien la rumeur qui lâaccompagne. Avant de nous quitter jâaimerais attirer votre attention sur ce que cette journĂ©e raconte lorsquâon cesse de regarder chaque province sĂ©parĂ©ment. La RuthvĂ©nie propose une trĂȘve et distribue de lâargent. La Bananie baisse le prix fiscal des armes puis remet un intendant aux commandes lorsque la paix se rapproche. Kraland organise une Ă©lection sans adversaire pour prouver la vigueur de sa dĂ©mocratie et renforce sa police afin que tout le monde reste heureux. Le Paradigme perd un Ministre de lâInformation aprĂšs une agression. La SibĂ©ria rĂ©sout le vide politique en installant Bladimir dedans. LâElmĂ©rie connaĂźt une sĂ©rie dâexplosions au moment mĂȘme oĂč sa propre Ministre de lâInformation sâinterroge sur la stabilitĂ© nationale. LâHĂ©lĂ©nie construit une cage et finit par voir son Inquisitrice rejoindre la prison. LâEmpire Brun donne les Affaires ĂtrangĂšres Ă un homme officiellement rĂ©compensĂ© pour son absence dâempathie. Je sais ce que vous pensez. Lâun de ces gouvernements semble anormal. Je vous laisse dĂ©cider lequel.Le grĂ©sillement revint sur les ondes et fut suivi dâun bruit sourd que Kleo choisit manifestement dâignorer. Les personnes concernĂ©es sont bien entendu invitĂ©es Ă rĂ©pondre. K' Velzard peut expliquer comment un Commissaire du Bonheur finit entourĂ© de bĂątiments explosĂ©s. Sophos peut venir dĂ©tailler la diffĂ©rence subtile entre une dĂ©mocratie vivante et une Ă©lection oĂč il est seul candidat. Bladimir peut nous expliquer combien de temps il faut rester devant un fauteuil vide avant que la nature exige constitutionnellement quâon sâassoie dedans. Dame DĂ©merzel peut prĂ©ciser oĂč se trouve rĂ©ellement le guichet de la paix ruthvĂšne. Al-ma' pourra rĂ©pondre dĂšs que les autoritĂ©s lui rendront accĂšs Ă une radio. Quant Ă Scarleit je confirme avoir compris sa mĂ©thode de gouvernement temporaire. Pour le moment la mienne consiste surtout Ă essayer de retrouver la sortie. De mes vacances. Ăvidemment. »La frĂ©quence hurla une nouvelle fois puis la voix se fit plus basse et presque douce. CâĂ©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Les archives oublient parfois les discours. Elles oublient rarement les contradictions. Et souvenez-vous. Quand quelquâun vous annonce une journĂ©e de paix vĂ©rifiez toujours le prix des armes avant de le croire. |
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7 Aout 6662026
La radio produit un bruit effroyable,
la date de l'émission est (...)
![]() 7 Aout 6662026 La radio produit un bruit effroyable, Spoiler Bonsoir Ă vous citoyens, sujets, kramarades, guerriers, contribuables involontaires, souverains temporaires et crĂ©atures qui avez eu la prudence Ă©lĂ©mentaire de rester du bon cĂŽtĂ© de la toile. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Comme toujours nous allons examiner ensemble les soubresauts politiques du monde avec une rigueur absolue et une objectivitĂ© telle quâelle devrait probablement ĂȘtre inscrite dans la Constitution impĂ©riale. Je sais que certaines gazettes Ă©trangĂšres prĂ©tendent que mes conclusions favorisent parfois lâEmpire Brun. Ces gens confondent partialitĂ© et simple capacitĂ© Ă reconnaĂźtre lâĂ©vidence. Ce nâest pas parce que la vĂ©ritĂ© porte une cape noire et quâelle habite un palais dĂ©corĂ© de crĂąnes quâelle cesse dâĂȘtre la vĂ©ritĂ©. Câest mĂȘme gĂ©nĂ©ralement le contraire. Commençons par le GĂ©ofront puisque le GĂ©ofront a dĂ©cidĂ© de devenir adulte. Câest toujours attendrissant une province qui dĂ©couvre lâindĂ©pendance. Elle commence par dĂ©clarer quâelle est libre puis elle ouvre immĂ©diatement un bureau chargĂ© dâĂ©tudier sous quelle protection Ă©trangĂšre elle souhaiterait placer cette libertĂ©. Le phĂ©nomĂšne est assez courant. Les jeunes oiseaux quittent le nid puis regardent autour dâeux pour savoir chez qui ils pourraient installer le second nid avec garantie militaire incluse. Sous lâautoritĂ© de Ninoo Chantargent le GĂ©ofront sâest donc prĂ©sentĂ© au Cybermonde comme une terre neutre, scientifique, artistique, religieuse, anti-esclavagiste et Ă©quipĂ©e de suffisamment de jus de pomme pour transformer une rĂ©union diplomatique en goĂ»ter de fin du monde. Les grandes puissances ont commencĂ© Ă se pencher sur son berceau diplomatique comme des tantes qui avait senti lâodeur dâun hĂ©ritage.Il faut reconnaĂźtre Ă Ninoo une qualitĂ© que les vieux gouvernements perdent souvent trĂšs vite. Elle sait ce quâelle veut. Le GĂ©ofront conservera son identitĂ©. Lâesclavage y sera interdit et les esclaves qui toucheraient ses terres serait libres. La neutralitĂ© sera respectĂ©e. Les savants continueront de chercher. Les artistes continueront de crĂ©er. Les Maçons du CĆur continueront apparemment de construire chez les gens avec ou sans la nĂ©cessitĂ© toujours trĂšs bourgeoise de leur demander dâabord. VoilĂ une jeune nation qui annonce vouloir dĂ©fendre la libertĂ© tout en envoyant des Ă©quipes de construction gratuites partout dans le monde. Je ne critique pas. LâEmpire Brun fait parfois la mĂȘme chose avec des lĂ©gions et nous appelons cela urbanisme stratĂ©gique.Mais voilĂ que cette paisible dĂ©claration dâintentions a rencontrĂ© le Khanat ElmĂ©rien et lorsquâune doctrine rencontre le Khanat elle devrait toujours porter un casque. Ninoo sâest indignĂ©e de voir un ElmĂ©rien tenter dâasservir un autre ElmĂ©rien et surtout de ne pas entendre une condamnation immĂ©diate de la chose. Jusque-lĂ son raisonnement Ă©tait dâune banalitĂ© presque inquiĂ©tante. Puis le Khanat a rĂ©pondu. Et lĂ mes chers auditeurs nous avons quittĂ© la politique pour entrer dans la philosophie expĂ©rimentale. Noctis a commencĂ© par expliquer quâil fallait relativiser. Il y a des bastons au Khanat. Il y a des morts. Parfois quelquâun finit avec une laisse. Câest regrettable mais enfin câest le Khanat. Cette argumentation possĂšde le mĂ©rite de la franchise. Une nation qui rĂ©sume son propre ordre public par lâexpression ça arrive Ă©vite au moins les frais dâune brochure touristique mensongĂšre. StĂ©phane Fortbras a adoptĂ© une ligne plus diplomatique en condamnant lâatteinte Ă la libertĂ© tout en rappelant quâil ne fallait pas condamner toute une nation pour les actes dâun individu. CâĂ©tait raisonnable. CâĂ©tait Ă©quilibrĂ©. CâĂ©tait mĂȘme tellement raisonnable quâun instant jâai vĂ©rifiĂ© si nous parlions toujours du Khanat.Puis Pigeon Ronron est intervenu.Je voudrais attirer votre attention sur ce moment car il appartient dĂ©jĂ Ă lâHistoire des idĂ©es. Les autoritĂ©s du Khanat ont offert plusieurs rĂ©ponses dont certaines mĂ©rite dâĂȘtre gravĂ©es sur une pierre et enterrĂ©es trĂšs profondĂ©ment pour que les gĂ©nĂ©rations futures puissent les redĂ©couvrir avec la mĂȘme stupeur que nous lorsquâon ouvre une tombe ancienne et quâon dĂ©couvre que le dĂ©funt avait Ă©tĂ© enterrĂ© avec sa comptabilitĂ©. Selon Pigeon Ronron ĂȘtre esclave permettrait dâexercer pleinement sa libertĂ© puisque lâesclave nâaurait plus quâun seul dĂ©sir possible, redevenir libre. Lâhomme libre serait au contraire accablĂ© par un trop grand nombre de choix. Glace, kayak, promenade, chute depuis un arbre. Le malheureux ne saurait plus oĂč donner de la libertĂ©. Les chaĂźnes serait donc un chemin vers une libertĂ© plus pure.Je dois reconnaĂźtre que câest magnifique. Il fallait oser prendre un mot et son exact contraire puis les attacher ensemble avec assez de conviction pour espĂ©rer que personne ne remarque le nĆud. Câest une vieille technique politique. Les Kralandais appellent cela dĂ©mocratie populaire. Les RuthvĂšnes appellent cela succession lĂ©gitime. Nous autres Bruns avons au moins la dĂ©cence de dire dictature avant de commencer. Noctis lui-mĂȘme a fini par demander Ă la Grande Khane si elle croyait rĂ©ellement Ă sa propre dĂ©monstration. Question admirable et dangereuse. Le jour oĂč les dirigeants commenceront Ă devoir croire ce quâils racontent le Cybermonde connaĂźtra une crise institutionnelle sans prĂ©cĂ©dent. Les humains libre pourront alors contempler les ruines de six gouvernements et se demander avec Ă©motion si choisir entre deux mensonges nâĂ©tait pas finalement lâexpression suprĂȘme de leur souverainetĂ©.Pendant ce temps Sophos a saisi lâoccasion avec lâefficacitĂ© dâun marchand qui voit un concurrent mettre lui-mĂȘme le feu Ă son Ă©choppe. LâUKraSS interdit lâesclavage. Tout esclave atteignant son territoire est libre. Le GĂ©ofront pourrait conserver son identitĂ© et son autonomie en rejoignant lâUnion. La RĂ©publique a donc dĂ©posĂ© sa candidature et elle le fait avec cette tendresse administrative propre au soviĂ©tisme kralandais oĂč lâon vous assure que vous serez entiĂšrement libres dĂšs lors que vous aurez adhĂ©rĂ© au Parti qui organise cette libertĂ©. Jâaime beaucoup la RĂ©publique. Elle rĂ©ussit toujours Ă emballer une obligation dans du papier cadeau rouge et Ă vous remercier ensuite dâavoir choisi le ruban.Il faut dire que Sophos dispose dâune arme diplomatique redoutable. Il est content. Terriblement content. Il propose du bonheur, des recherches, des fusĂ©es, des champs du ValĂ©gro et du thĂ© Ă lâherbe mentale avec lâenthousiasme dâun homme qui aurait dĂ©couvert que la Constitution contient une obligation dâĂȘtre heureux et aurait dĂ©cidĂ© de la prendre littĂ©ralement. Il affirme aussi ĂȘtre guĂ©ri de la Jovenia mĂȘme si la RĂ©publique attend encore de voir si une nouvelle vague apparaĂźtra. VoilĂ une prudence scientifique apprĂ©ciable. On ne sait pas encore si lâĂ©pidĂ©mie est vaincue mais le Premier Ministre recommence dĂ©jĂ Ă conjuguer correctement. Dans certains pays cela suffirait Ă dĂ©clarer victoire et Ă Ă©riger une statue.Restons un instant au GĂ©ofront car Fistulin Saint-CiboĂšre sâest chargĂ© de faire ce que tout bon vieux berger fait lorsque les diplomates commencent Ă parler. Il a pris les dossiers un par un et a Ă©liminĂ© les candidats. La RuthvĂ©nie traĂźne de vieux souvenirs de guerre et de rĂ©quisitions. Le Paradigme ne lui inspire plus confiance. Le Khanat lui paraĂźt trop belliciste. La ConfĂ©dĂ©ration lui semble occupĂ©e Ă tracer une grande ligne verticale Ă travers le monde comme un gĂ©omĂštre devenu fou. Resteraient donc lâEmpire Brun et la RĂ©publique de Kraland.Sur lâEmpire Fistulin pose une question parfaitement lĂ©gitime. Combien de temps avant que tout le monde soit rĂ©duit en esclavage et dĂ©portĂ© Ă Santa Banana.Je suis heureuse que notre rĂ©putation diplomatique continue de voyager. Je prĂ©cise nĂ©anmoins pour les esprits sensibles quâil ne sâagit que dâune inquiĂ©tude de Fistulin. Aucun calendrier officiel de dĂ©portation gĂ©ofrontaise nâa Ă©tĂ© publiĂ© par lâEmpire Ă lâheure oĂč je vous parle. Et je puis vous assurer que si cela arrivait Radio NĂ©crotoile vous communiquerait les horaires avec une prĂ©cision exemplaire.Plus intĂ©ressant encore Darth Leo a lui aussi estimĂ© que la RĂ©publique reprĂ©sentait probablement le partenaire le plus naturel pour le GĂ©ofront. Il connaĂźt suffisamment le prix de la libertĂ© pour avoir combattu lâesclavage en RuthvĂ©nie et suffisamment le Khanat pour reconnaĂźtre ce quâil lui doit lorsquâil y reçut lâasile. Sa position a donc le rare mĂ©rite de nâĂȘtre ni ingrate envers le Khanat ni aveugle sur le problĂšme posĂ©. Le GĂ©ofront est une terre dâartistes, de rĂȘveurs et de scientifiques. Le rapprochement avec Kraland nâa donc rien dâabsurde. Si demain il rejoint lâUKraSS je considĂ©rerai naturellement que cette dĂ©cision prouve avant tout que lâEmpire Brun avait raison de lui laisser le temps de dĂ©couvrir seul les complications de lâexistence.Toute personne souhaitant contester cette analyse peut venir en direct. Les dĂ©fenseurs de lâesclavage sont priĂ©s dâapporter leurs chaĂźnes afin que nous puissions vĂ©rifier expĂ©rimentalement combien de libertĂ© elles contiennent. VoilĂ qui nous conduit naturellement vers lâHĂ©lĂ©nie oĂč lâon vient de rĂ©soudre un autre problĂšme classique de la libertĂ© de circulation. Comment permettre aux Ă©trangers de venir sans quâils risquent de se faire frapper par lâInquisition. La solution de ComĂšte tient en un mot.Un formulaire. La RĂ©publique de Kraland doit ĂȘtre verte de jalousie. Le principe hĂ©lĂ©nien est dâune simplicitĂ© biblique. Vous pouvez entrer gratuitement Ă condition de promettre que vous ne maintiendrez aucune armĂ©e, que vous Ă©viterez les discours susceptibles de contrarier Al-ma', que vous reconnaĂźtrez Ă lâInquisition le droit dâexercer contre vous une violence lĂ©gitime et discrĂ©tionnaire et que vous respecterez la tranquillitĂ© des vivants, des morts et des choses situĂ©es dans cette zone administrative dĂ©licate entre les deux. Vous pourrez naturellement contester les rĂšgles devant un tribunal prĂ©sidĂ© par lâInquisition elle-mĂȘme. Câest important le droit de recours. Cela distingue une thĂ©ocratie civilisĂ©e dâune simple cave avec une chaise et des cordes.Les formulaires se sont transformĂ© au fil des protestations. Scarleit a demandĂ© quâon protĂšge notamment les squelettes aprĂšs les mĂ©saventures rĂ©pĂ©tĂ©es de Manfred, qui a rĂ©ussi cette performance remarquable dâĂȘtre assassinĂ© deux fois malgrĂ© un Ă©tat biologique qui aurait dĂ» compliquer la seconde tentative. Le pauvre rĂȘve maintenant dâĂȘtre chef dâorchestre philosophe. Je ne sais pas exactement ce quâest un chef dâorchestre philosophe mais le Cybermonde compte dĂ©jĂ des ministres de lâInformation, des commissaires du Bonheur et des Arbitres des ĂlĂ©gances. Nous avons dĂ©passĂ© depuis longtemps le droit de rire des vocations des autres.Les Bananiens se sont immĂ©diatement distinguĂ©s dans cette affaire. Tifa LockHeart a expliquĂ© quâon nâempĂȘcherait pas un ElmĂ©rien de libĂ©rer sa libertĂ© dâaller oĂč il veut. Passe-Muraille a rappelĂ© quâil possĂ©dait des biens sur place et quâil trouvait assez Ă©trange de devoir demander la permission pour accĂ©der Ă sa propre propriĂ©tĂ©. Il demanda donc une libre circulation adaptĂ©e aux Ă©changes avec la Bananie en ajoutant que beaucoup de ses compatriotes ne savent pas Ă©crire. LâHĂ©lĂ©nie a entendu cette remarque avec un respect admirable et a créé une version spĂ©ciale du formulaire bananien dont lâessentiel tient dans une question demandant si lâarrivant est un copain et dans une croix servant de signature.Il existe des nations qui Ă©lĂšvent leurs citoyens jusquâaux exigences de lâadministration. LâHĂ©lĂ©nie a choisi dâabaisser lâadministration jusquâĂ la disponibilitĂ© alphabĂ©tique du visiteur. Câest une forme de service public. Kath Khanova a naturellement demandĂ© si les piquosaures, les vampires et les tanks comptaient comme une armĂ©e. Question lĂ©gitime. Dans certains pays trois paysans et un tambour constituent dĂ©jĂ une force insurrectionnelle. Dans lâEmpire Brun on attend gĂ©nĂ©ralement quâils aient un uniforme plus seyant.Puis Mench0 et K' Velzard se sont prĂȘtĂ©s au jeu. K' a mĂȘme rĂ©ussi Ă insĂ©rer dans son propre formulaire une clause lui accordant la propriĂ©tĂ© exclusive de lâHĂ©lĂ©nie. Câest prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que je recommande toujours de lire les contrats avant de les signer. Nos juristes impĂ©riaux ont bĂąti des carriĂšres entiĂšres sur le fait que les autres ne le font pas. Scarleit a Ă©galement prĂ©cisĂ© quâaucun visa ne devrait ĂȘtre accordĂ© Ă quelquâun se revendiquant AlĂ©ocrate puisque lâHĂ©lĂ©nie est Seelienne et quâelle a chassĂ© ces influences. LâautoritĂ© elle-mĂȘme reste pourtant dĂ©licieusement floue puisquâelle explique ĂȘtre intĂ©rimaire et que la vĂ©ritable autoritĂ© serait probablement la Grande DĂ©esse quâelle ne sait pas exactement comment contacter. VoilĂ donc une thĂ©ocratie dont le principal problĂšme administratif est lâabsence de numĂ©ro de bureau de sa divinitĂ©. On se moque beaucoup des vieux dĂ©mons de lâEmpire mais au moins quand on les invoque ils viennent. GĂ©nĂ©ralement trop vite.Les propriĂ©taires serait finalement reconnus comme un cas particulier et lâon discute des Ă©changes de ressources avec la Bananie. La diplomatie poursuit donc son Ćuvre. Un formulaire aprĂšs lâautre. Une clause aprĂšs lâautre. Une menace discrĂ©tionnaire aprĂšs lâautre. Et si quelquâun trouve tout cela excessif je rappelle quâailleurs on rĂšgle les questions de frontiĂšre avec des armĂ©es. Remplir trois pages reste objectivement plus propre pour les tapis. Quittons maintenant les formulaires et allons en RuthvĂ©nie oĂč le problĂšme de savoir qui commande a une rĂ©ponse beaucoup plus simple. Cela dĂ©pend de lâheure. Le Royaume a encore offert au Cybermonde une de ces scĂšnes qui expliquent pourquoi les historiens ruthvĂšnes devraient ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ©s Ă la page et jamais au mois. Golgoth LandraĂ«l II occupait le trĂŽne. Korail lui prĂȘte allĂ©geance. Deux minutes plus tard Korail lâusurpe. Peu aprĂšs Mench0 jure allĂ©geance Ă la trĂšs lĂ©gitime Reine Korail qui vient de libĂ©rer la nation de la tyrannie golgothienne. Puis la nouvelle souveraine nomme Golgoth Ministre de la Justice.Câest merveilleux. Dans les monarchies ordinaires perdre le trĂŽne constitue une catastrophe. En RuthvĂ©nie cela ressemble davantage Ă une rĂ©organisation de bureau. Korail a ensuite composĂ© son gouvernement avec Dame DĂ©merzel aux Affaires ĂtrangĂšres, Stefan de Crab aux Services Secrets, Mench0 Ă lâĂconomie et lâancien souverain Golgoth Ă la Justice. Les ministres nouvellement nommĂ© ont donc reçu leurs fonctions tandis que la Cour retrouvait ce quâelle appelle de la stabilitĂ©. Chez les RuthvĂšnes la stabilitĂ© dĂ©signe gĂ©nĂ©ralement la pĂ©riode situĂ©e entre deux usurpations suffisamment proches pour quâon nâait pas encore changĂ© les rideaux de la salle du trĂŽne.Je ne dis pas cela pour les rabaisser. Au contraire. Il existe quelque chose de profondĂ©ment Ă©lĂ©gant dans cette capacitĂ© monarchique Ă transformer chaque humiliation en titre supplĂ©mentaire. Vous ĂȘtes renversĂ©. Vous devenez ministre. Vous perdez une guerre. Vous gagnez une dĂ©coration. Vous ĂȘtes haĂŻ par la moitiĂ© du Royaume. Cela prouve simplement que lâautre moitiĂ© vous trouve passionnant. Et câest peut-ĂȘtre le plus remarquable dans toute cette affaire. Korail nâa pas rĂ©ellement cherchĂ© Ă effacer Golgoth. Elle lui a retirĂ© la couronne et lui a donnĂ© la Justice. Autrement dit elle a dĂ©placĂ© le problĂšme de quelques mĂštres et lui a fourni un bureau.La monarchie dramatique ruthvĂšne ne dĂ©truit jamais ses contradictions. Elle les anoblit. Les couronnes ruthvĂšnes ont toujours eu la dĂ©licatesse de tomber avant que les poussiĂšres soit balayĂ©e. Câest pourquoi leur politique possĂšde cette beautĂ© des vieux théùtres oĂč tout le monde connaĂźt dĂ©jĂ la fin mais revient quand mĂȘme voir qui recevra le poignard au troisiĂšme acte. Les intĂ©ressĂ©s peuvent naturellement venir expliquer que cette succession Ă©tait parfaitement normale. Nous leur rĂ©serverons un fauteuil solide. Le trĂŽne reste dĂ©conseillĂ© puisque quelquâun risque de lâusurper pendant lâinterview. Mais avant de quitter les grandes puissances je dois naturellement parler de lâEmpire Brun. Je sais. Encore. Quelle surprise. Câest presque comme si cette Ă©mission Ă©tait produite depuis notre salle du trĂŽne. Tormenta Ruthven a dĂ©sormais un Aigle ImpĂ©rial.Notre Empereur Octave Sombrefer a officialisĂ© la rĂ©compense aprĂšs les exploits de lâEmpire Brun dâOrient. Il a rappelĂ© lâascension de Tormenta, son retour depuis le plus bas, son ambition, sa pugnacitĂ© et son aptitude devenue exemplaire Ă pratiquer le machiavĂ©lisme avec suffisamment dâĂ©lĂ©gance pour quâon lui construise presque une vitrine. Il lâa nommĂ© HĂ©raut de lâAbsolu et lâa honorĂ© comme une crapule. Chez nous ce mot est une dĂ©coration morale. Je prĂ©cise cela pour les Ă©trangers qui auraient encore des rĂ©flexes culturels primitifs.Puis Octave lui a confiĂ© une mission.NĂ©gocier avec Milieu la crĂ©ation dâun canal reliant le fleuve Ă la Meuse Kralandaise. Le mot nĂ©gocier mĂ©rite ici toute votre attention. Lorsquâun souverain brun met des guillemets invisibles autour dâun verbe il faut gĂ©nĂ©ralement vĂ©rifier son assurance immobiliĂšre. Je vois dĂ©jĂ les mauvaises langues expliquer que creuser un canal ne constitue pas une grande Ćuvre impĂ©riale. Ces gens manquent de vision. Une frontiĂšre peut arrĂȘter une armĂ©e. Une riviĂšre peut dĂ©placer une Ă©conomie. Un canal peut devenir une route. Et une route peut devenir une raison parfaitement respectable dâexpliquer plus tard pourquoi des soldats se trouvaient prĂ©cisĂ©ment lĂ . LâHistoire est remplie de coĂŻncidences hydrauliques. LâEmpire ne prĂ©tend pas seulement rĂ©gner. Il amĂ©nage le dĂ©cor pour que les gĂ©nĂ©rations suivantes puissent mieux comprendre oĂč elles se sont trompĂ©es. Il existe pourtant une autre bataille dans le Cybermonde et elle se mĂšne sans sabre, sans dĂ©cret et sans formulaire. Pendant que les souverains dĂ©placent leurs ministres comme des piĂšces de jeu et que les diplomates discutent pour savoir si une chaĂźne constitue une forme avancĂ©e de libertĂ©, les gazettes culturelle continue de fabriquer quelque chose de beaucoup plus dangereux. De la mĂ©moire. Rosalia de Pont-Krivell interroge les anciens du Khanat dans son Ă©mission consacrĂ©e aux doyens. Nerdos y parle moins comme un sage que comme un vieux gardien de souvenirs qui accepte de dire quâil ne connaĂźt pas toutes les rĂ©ponses. Câest probablement ce qui le rend plus sage que la plupart des gens qui portent officiellement ce titre. Tifa rappelle de son cĂŽtĂ© quâavoir beaucoup vĂ©cu ne garantit absolument pas dâĂȘtre intelligent ce qui constitue une observation dâune telle prĂ©cision quâelle devrait ĂȘtre gravĂ©e au-dessus de plusieurs palais gouvernementaux.Plus touchant encore les plus jeunes comme Alice Ravenloft et Malcom Ravenloft parlent des anciens comme de ceux qui empĂȘchent les traditions de disparaĂźtre. Alice Ă©voque la mĂ©moire de lâEmpire Brun, les anciennes façons de parler, les traditions et ceux qui gardent les mots de ceux qui ne sont plus lĂ . Elle parle aussi de Rosalia comme dâune gardienne des traditions siciliennes. Je pourrais dĂ©velopper longuement cette idĂ©e mais je risquerais de devenir sentimentale et lâEmpire ne possĂšde aucune ligne budgĂ©taire pour rĂ©parer ma rĂ©putation aprĂšs cela.Pendant ce temps Ninoo et Shiki Chantargent transforment leur revue Nature en une Ă©trange combinaison de laboratoire, cuisine, observatoire et salon artistique. Shiki rĂȘve de retourner dans lâespace. Elle parle de fusĂ©es, de propulsion nuclĂ©aire, de Super Ordinateur et dâun avenir oĂč plusieurs nations travailleraient ensemble pour aller plus loin que le ciel. Nerdos sâest dĂ©jĂ proposĂ© comme pilote avec du papier, des stylos et la conviction rassurante quâil peut rĂ©gler presque nâimporte quelle machine Ă la main.VoilĂ peut-ĂȘtre la contradiction la plus intĂ©ressante de cette semaine. Le Cybermonde passe ses journĂ©es Ă expliquer pourquoi ses voisins sont des monstres puis ses scientifiques prĂ©parent un vaisseau dans lequel ils devront tous sâasseoir ensemble. Câest beau. Câest imprudent. Câest probablement notre seule chance. Nous arrivons donc au terme de cette Ă©dition et je crois quâune conclusion sâimpose. Le GĂ©ofront veut ĂȘtre libre et dĂ©couvre immĂ©diatement le poids des protecteurs. Le Khanat veut dĂ©fendre la libertĂ© et dĂ©couvre quâil doit expliquer pourquoi certains citoyens portent des chaĂźnes. LâHĂ©lĂ©nie veut accueillir les Ă©trangers et invente un visa qui leur demande dâaccepter Ă lâavance les consĂ©quences dâun mauvais accueil. La RuthvĂ©nie veut la stabilitĂ© et change de souverain avec lâefficacitĂ© dâune auberge qui retourne une pancarte. La RĂ©publique veut rendre tout le monde heureux et possĂšde dĂ©sormais une Union dont lâadhĂ©sion au Parti est lâune des nombreuses expressions de cette libertĂ©. Et lâEmpire Brun, comme toujours, contemple le monde depuis un trĂŽne morbide en se demandant pourquoi les autres mettent autant dâefforts Ă inventer des mĂ©thodes compliquĂ©es pour faire ce que nous assumons depuis toujours avec une cape, une musique inquiĂ©tante et une excellente calligraphie. Les tĂ©moins anonymes, les souverains vexĂ©s, les esclaves philosophiquement libĂ©rĂ©s, les inquisiteurs administratifs, les rĂ©volutionnaires en quĂȘte de protecteur et les ministres qui ont perdu leur trĂŽne mais gagnĂ© un bureau peuvent venir rĂ©pondre sur nos ondes. Je promets de les Ă©couter avec toute lâimpartialitĂ© dont je suis capable. Ce qui est largement plus quâils ne mĂ©ritent. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref.
1 au 8 Aout 6662026
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LES (...)
![]() Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref. 1 au 8 Aout 6662026 Spoiler LES BERCEAUX, LES COURONNES ET LES CHAĂNES
Bonsoir Cybermonde. Ici Kleo pour la revue hebdomadaire de Radio NĂ©crotoile. Comme vous avez pu le constater mes vacances ont Ă©tĂ© excellentes. Je dĂ©conseille simplement lâĂ©tablissement. Le service est lent et le paysage manque singuliĂšrement de dĂ©finition. Un nouveau hurlement Ă©lectrique avala quelques mots. Peu importe. Nous sommes samedi selon le calendrier de cette Ă©mission et il est donc temps dâaccomplir lâune des tĂąches les plus ingrates de la civilisation. Regarder ce que vous avez tous fait pendant sept jours et essayer dâen tirer une explication qui ne nĂ©cessite ni maladie mentale ni intervention divine. La semaine avait commencĂ© sous le signe de lâenfance et je ne parle pas uniquement de la diplomatie. Une maladie Ă©trange avait dĂ©jĂ transformĂ© plusieurs villes en ce qui ressemblait dangereusement Ă une garderie internationale. Fort Emouchet et Honolulu-par-DelĂ et Quartier SuprĂȘme avaient Ă©tĂ© frappĂ©s Ă rĂ©pĂ©tition. Gynerak avait rejoint les foyers contaminĂ©s puis Ruthvenville et Lantenac-du-Lac et enfin Bisouville. Le phĂ©nomĂšne connu sous les noms de RetombĂ© en Enfance puis JovĂ©nia selon les discussions ne se contentait plus dâapparaĂźtre une fois avant de disparaĂźtre poliment. Il revenait. Des responsables perdaient leur apparence adulte. Dâautres adoptaient une voix dâenfant. La RĂ©publique de Kraland mobilisa rapidement ses chercheurs et annonça des traitements expĂ©rimentaux et des pilules et des vaccins parfois avant mĂȘme que le vaccin correspondant existe rĂ©ellement. Ce dĂ©tail nâa rien dâexceptionnel. Les grandes administrations ont depuis longtemps dĂ©couvert quâil est beaucoup plus facile de commander cinquante exemplaires dâune solution inexistante que dâadmettre quâon ignore encore comment rĂ©soudre le problĂšme. Sophos continua donc ses recherches malgrĂ© son propre rajeunissement tandis que dâautres responsables kralandais parcouraient les territoires contaminĂ©s afin de proposer leur aide avec suffisamment de bonne volontĂ© pour que plusieurs provinces commencent immĂ©diatement Ă chercher oĂč Ă©tait cachĂ© le formulaire dâannexion.Car la maladie nâa jamais Ă©tĂ© seulement mĂ©dicale. Elle sâest glissĂ©e dans les tensions internationales comme lâeau dans les fissures dâun vieux palais. En HĂ©lĂ©nie lâarrivĂ©e de reprĂ©sentants kralandais venus parler de soins a rencontrĂ© une province rebelle qui entendait prĂ©cisĂ©ment dĂ©cider elle-mĂȘme de qui avait le droit de parler et comment. Al-ma' rappela que les discours publics devaient obĂ©ir aux rĂšgles de la thĂ©ocratie locale. Jean-Luc Selriche rĂ©pondit quâil nâavait pas traversĂ© sa carriĂšre Ă dĂ©fendre les travailleurs et les sans-voix pour commencer maintenant Ă demander lâautorisation dâutiliser sa bouche. DerriĂšre cette querelle dĂ©licieuse se trouvait pourtant une rĂ©alitĂ© moins amusante. Des gens Ă©taient malades et Mandy Chantargent transforma un hĂŽtel en dispensaire pour les soigner pendant que les reprĂ©sentants politiques dĂ©cidaient Ă qui appartenait juridiquement le droit de prononcer le mot aide. Câest probablement le meilleur rĂ©sumĂ© de notre semaine. Une femme soigne les malades dans une chambre et trois gouvernements discutent dans le couloir pour dĂ©terminer quel drapeau doit ĂȘtre accrochĂ© sur la porte.La maladie aura Ă©galement offert au Cybermonde une autre Ă©trange symĂ©trie puisque pendant que des adultes redevenaient enfants un vĂ©ritable enfant dĂ©cidait pour sa part de brĂ»ler les Ă©tapes avec une efficacitĂ© presque provocante. Amadis Lemage von Altheim-BlatnoĂŻ arriva Ă Lampe du GĂ©nie entourĂ© de Monique Lemage et de Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ et dâun environnement familial suffisamment surnaturel pour que personne ne paraisse particuliĂšrement inquiet lorsquâun nourrisson commença Ă grandir et parler et marcher Ă une vitesse qui aurait valu une commission dâenquĂȘte ailleurs. Sa mĂšre dĂ©clara quâil Ă©tait parfait. Son pĂšre passa ses premiĂšres nuits Ă vĂ©rifier quâil respirait encore. K' Velzard lui apporta son premier jouet avant de confondre LĂ©onaar avec le bĂ©bĂ© et de dĂ©couvrir que le gouzi gouzi possĂšde certaines limites lorsquâil est appliquĂ© Ă un dĂ©mon. Le petit Amadis finit la semaine Ă caresser le monde plus vite que le monde nâavait eu le temps de se prĂ©parer Ă lui. Il apprit mĂȘme Ă se prĂ©senter avec cette autoritĂ© simple des enfants qui nâont pas encore dĂ©couvert lâintĂ©rĂȘt de prĂ©tendre ĂȘtre quelquâun dâautre. Pendant que les gouvernements cherchaient comment faire redevenir leurs ministres adultes un garçon ĂągĂ© de quelques jours travaillait donc Ă devenir grand. Câest presque insultant.Mais lâenfance nâaura pas constituĂ© la principale occupation des souverains. La RuthvĂ©nie avait un trĂŽne Ă maltraiter et lorsquâun royaume possĂšde une monarchie dramatique il faut savoir respecter ses traditions. Au commencement de la semaine Tormenta Ruthven profita dâun deux aoĂ»t qui ressemblait suffisamment au vingt-huit pour satisfaire la thĂ©ologie constitutionnelle brune et prit la couronne Ă Dame DĂ©merzel. Il la transmit ensuite Ă Golgoth Ruthven dans un arrangement oĂč le fils prend le royaume et lâoffre au pĂšre avec une simplicitĂ© qui ferait gagner plusieurs mois aux gĂ©nĂ©alogistes. Baptiste Le Tellier tenta lui aussi sa chance avant de perdre son poste puis de remporter plus tard une Ă©lection rĂ©guliĂšre. On pourrait croire que cette semaine de monarchie avait atteint son sommet mais ce serait ignorer la capacitĂ© de la RuthvĂ©nie Ă produire une nouvelle succession dĂšs que la prĂ©cĂ©dente commence Ă devenir comprĂ©hensible. Quelques jours plus tard Golgoth LandraĂ«l II occupait encore le trĂŽne. Korail lui prĂȘta allĂ©geance. Deux minutes aprĂšs elle lâusurpa puis le nomma Ministre de la Justice.VoilĂ pourquoi il faut aimer la RuthvĂ©nie. Dans les autres nations un souverain renversĂ© devient exilĂ© ou prisonnier ou cadavre. Au Royaume il reçoit un bureau. La Reine Korail consolida rapidement sa couronne. Dame DĂ©merzel conserva les Affaires ĂtrangĂšres. Stefan de Crab reçut les Services Secrets. Mench0 prit lâĂconomie et dĂ©couvrit avec une curiositĂ© presque innocente les vertus du Petit Livre Rouge avant de distribuer cent couronnes aux citoyens. BohĂ© dâUmont et Armiño Moon et plusieurs responsables de Crab Key prĂȘtĂšrent allĂ©geance. Lâancien Roi Golgoth devint donc gardien de la Justice sous la souveraine qui venait de lui prendre le trĂŽne. Cette capacitĂ© ruthvĂšne Ă transformer chaque humiliation en fonction officielle explique sans doute pourquoi le Royaume possĂšde encore une noblesse. Il serait difficile de sâen dĂ©barrasser. Chaque fois que vous mettez quelquâun dehors il revient par la fenĂȘtre avec un nouveau titre.La semaine ruthvĂšne fut Ă©galement celle du ValĂ©gro. AprĂšs des semaines de tensions Michel DruKra cĂ©da finalement la province au Royaume conformĂ©ment Ă lâaccord nĂ©gociĂ© avec la RuthvĂ©nie et accepta dans la foulĂ©e une alliance entre les deux puissances. Le ValĂ©gro devait conserver sa population kralandaise et son identitĂ© locale tout en revenant sous autoritĂ© ruthvĂšne. Des protections rĂ©ciproques furent prĂ©vues. Des Ă©changes scientifiques devaient suivre. Fort Emouchet et Gynerak Ă©taient mĂȘme appelĂ©es Ă se rapprocher culturellement. Pour une fois une province changea dâautoritĂ© sans que la carte ait besoin dâĂȘtre sĂ©chĂ©e avant dâĂȘtre rangĂ©e. Sir McRabbit et Emile Liarr accompagnĂšrent la transition et le nouveau ValĂ©gro commença dĂ©jĂ Ă parler dâĂ©conomie et de mĂ©moire kralandaise et mĂȘme de conservation dâun HLM comme Ă©lĂ©ment du patrimoine. Il existe des peuples qui sauvegardent des cathĂ©drales. Kraland souhaite prĂ©server un immeuble collectif gris afin que les gĂ©nĂ©rations futures nâoublient jamais quâelles auraient pu habiter plus mal.Ce rapprochement nâeffaça pourtant pas les tensions avec le Khanat. La guerre des boutons continua de tourner autour de la Bananie et de la RuthvĂ©nie avec cette obstination particuliĂšre des conflits oĂč les participants affirment tous vouloir la paix Ă condition quâelle confirme exactement ce quâils demandaient avant la guerre. Passe-Muraille dĂ©nonça une fracture entre la Bananie et le reste du Khanat. Il reprocha au pouvoir central de tolĂ©rer les vellĂ©itĂ©s de dĂ©part de Bouletie alors que la Bananie avait rencontrĂ© une opposition beaucoup plus ferme lorsquâelle envisageait de basculer temporairement vers la RuthvĂ©nie. Il finit par annoncer que le Khanat avait choisi la guerre et invita les RuthvĂšnes Ă venir. Puis Pigeon Ronron appela au calme et dĂ©clara que son camp Ă©tait favorable Ă la paix mais Ă une paix mieux nĂ©gociĂ©e entre interlocuteurs qui ne sont pas exactement rĂ©putĂ©s pour leur pacifisme. Peu aprĂšs Dame DĂ©merzel proposait une trĂȘve afin que les dĂ©lĂ©gations puissent se rencontrer Ă Milieu. Le conflit finit donc exactement lĂ oĂč commencent souvent les conflits sĂ©rieux. Autour dâune table avec suffisamment de formulaires pour quâune Ă©pĂ©e semble soudainement pratique.Le Khanat aura connu une autre crise plus embarrassante encore lorsque Ninoo Chantargent sâindigna dâune tentative de mise en esclavage dâun ElmĂ©rien par un autre ElmĂ©rien. Elle reprocha surtout au Khanat de ne pas condamner assez nettement la pratique alors que le GĂ©ofront venait prĂ©cisĂ©ment de faire de lâinterdiction de lâesclavage lâun de ses principes. Plusieurs rĂ©ponses furent donnĂ©es. StĂ©phane Fortbras rappela quâun acte individuel ne devait pas servir Ă condamner toute une nation. Noctis expliqua avec une franchise fĂ©line que le Khanat connaissait parfois des morts et des bagarres et des gens attachĂ©s et que tout cela nâĂ©tait malheureusement pas complĂštement Ă©tranger Ă sa culture politique. Puis Pigeon Ronron livra une thĂ©orie selon laquelle lâesclave disposerait finalement dâune libertĂ© particuliĂšrement pure puisquâil ne lui resterait quâun objectif Ă poursuivre. Redevenir libre. Lâhomme libre au contraire serait embarrassĂ© par trop de possibilitĂ©s.Cette semaine aura donc officiellement produit une philosophie dans laquelle les chaĂźnes permettent de mieux comprendre la libertĂ©. Je ne sais pas encore si elle sera enseignĂ©e Ă lâuniversitĂ©. Je sais seulement quâil faudra verrouiller les portes pendant le cours. La crise arriva au pire moment possible pour le Khanat puisque le GĂ©ofront venait de proclamer son indĂ©pendance et cherchait prĂ©cisĂ©ment quels voisins pouvaient garantir sa sĂ©curitĂ© sans dĂ©vorer son identitĂ©. Darth Leo avait assumĂ© les dĂ©cisions les plus difficiles de la rupture puis sâĂ©tait retirĂ© afin de laisser Ninoo Chantargent prendre les responsabilitĂ©s sans hĂ©riter de tout son passif. Elle remporta ensuite lâĂ©lection et prĂ©senta une ligne claire. NeutralitĂ©. Science. Culture seelienne. Commerce. LibertĂ© religieuse. Interdiction de lâesclavage. Conservation dâune identitĂ© gĂ©ofrontaise et possibilitĂ© Ă©ventuelle dâaccepter un protectorat si celui-ci respectait cette identitĂ©. Le GĂ©ofront avait donc dĂ©cidĂ© dâĂȘtre indĂ©pendant puis avait immĂ©diatement commencĂ© Ă organiser les auditions de ceux qui souhaiteraient protĂ©ger cette indĂ©pendance. Certains y verront une contradiction. Je prĂ©fĂšre parler de maturitĂ© administrative prĂ©coce. Lâadolescent claque la porte puis nĂ©gocie rapidement la prise en charge du loyer.La RĂ©publique de Kraland fut naturellement lâun des prĂ©tendants les plus actifs. Sophos proclama lâUKraSS et offrit au GĂ©ofront une place dans une Union socialo-graffitiste et scientifique oĂč il conserverait une large autonomie et sa voix internationale. Il suffisait principalement dâadhĂ©rer au Parti. Rien de plus libre. La RĂ©publique envoya Sir McRabbit pour discuter coopĂ©ration scientifique et Sophos proposa aussi un jumelage entre SibĂ©ria et lâĂźle de Kraland. Ambassades et Ă©changes et rééducation par le travail et campagnes environnementales devaient rapprocher les provinces. Il suggĂ©ra mĂȘme quâelles pourraient choisir ensemble de dĂ©polluer ou au contraire de polluer massivement afin dâaccĂ©lĂ©rer la disparition de lâespĂšce et donc la rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle. Câest une thĂ©orie environnementale qui possĂšde au moins lâavantage dâĂ©liminer dĂ©finitivement le problĂšme de lâenvironnement humain.Le renouveau kralandais ne fut cependant pas exempt de difficultĂ©s. La RĂ©publique sortait elle aussi meurtrie de la JovĂ©nia. Michel DruKra finit par succomber au phĂ©nomĂšne aprĂšs avoir vu son corps changer jusquâĂ ne laisser derriĂšre lui que ses vĂȘtements et son alliance. Il avait incarnĂ© une certaine vision du Bonheur et son absence ouvrit immĂ©diatement la porte Ă une nouvelle recomposition politique. K' Velzard et Logan Komikov se positionnĂšrent dans les heures suivantes. Plus tard Sophos devint Premier Ministre et proclama son Union puis se prĂ©senta comme candidat du parti unique sans aucun adversaire afin dâinviter les citoyens Ă dĂ©montrer massivement que la dĂ©mocratie kralandaise Ă©tait vivante. Il faut reconnaĂźtre la beautĂ© doctrinale de cette Ă©lection. Le rĂ©sultat est dĂ©jĂ connu mais chacun demeure entiĂšrement libre dây participer.Le gouvernement se reconstruisit autour de cette nouvelle direction. Lucette Circulaire prit lâIntĂ©rieur et demanda Ă la police politique de se montrer plus ferme envers les citoyens sâĂ©loignant du Bonheur. Elle expliqua quâil ne fallait pas sâinquiĂ©ter si quelques interventions survenaient. Il sâagissait simplement dâaider ceux qui Ă©prouvaient des difficultĂ©s Ă retrouver le bon chemin. VoilĂ lâune des grandes diffĂ©rences entre la RĂ©publique et une dictature classique. Dans une dictature la police vous frappe parce que vous avez tort. Ă Kraland elle le fait parce quâelle croit encore en votre potentiel.La RĂ©publique rĂ©alisa aussi cette semaine un exploit Ă©conomique qui devrait ĂȘtre Ă©tudiĂ© par plusieurs gĂ©nĂ©rations de comptables. Son plan de production atteignit les mille deux cent vingt-cinq unitĂ©s demandĂ©es et fut pourtant comptabilisĂ© Ă zĂ©ro pour cent de rĂ©ussite. Le pays subit donc un recul Ă©conomique massif aprĂšs avoir atteint son objectif. Les Kralandais ont souvent expliquĂ© que les mathĂ©matiques Ă©taient un outil bourgeois lorsquâelles contredisaient le Parti. Je pensais quâil sâagissait dâune plaisanterie. Jâai dĂ©sormais des rĂ©serves. Ailleurs la ConfĂ©dĂ©ration Libre poursuivait tranquillement sa mission historique qui consiste Ă dĂ©montrer quâune dĂ©mocratie caricaturale peut produire des inventions que mĂȘme lâEmpire Brun aurait jugĂ©es excessives. Jean-Michel Nobyl imagina notamment le CrĂ©dit DĂ©sintĂ©grable. Une monnaie radioactive adossĂ©e Ă lâuranium dont la valeur diminue naturellement avec le temps et dont la sĂ©curitĂ© repose en partie sur des phĂ©nomĂšnes quantiques installĂ©s prĂšs dâun hamster gĂ©ant transgĂ©nique. Il est fascinant de constater quâon nous reproche encore les savants fous de nos vieux laboratoires lorsque la ConfĂ©dĂ©ration vient de confier lâavenir financier de ses citoyens Ă la dĂ©sintĂ©gration atomique et Ă MĂ©gaWatt. Jâattends les excuses officielles.La ConfĂ©dĂ©ration travaillait parallĂšlement sur ses zones dĂ©militarisĂ©es avec Patrick-Lamulle DePouch et ses collĂšgues qui expliquaient combien de soldats et de barriĂšres et de contrĂŽles seraient nĂ©cessaires pour garantir quâune rĂ©gion puisse ĂȘtre correctement considĂ©rĂ©e comme dĂ©militarisĂ©e. La paix possĂšde dĂ©cidĂ©ment besoin de beaucoup de personnel armĂ©. Plusieurs attentats frappĂšrent Ă©galement Milieu et des bĂątiments furent endommagĂ©s. Big R perdit notamment un poste aprĂšs une attaque tandis que plusieurs autres responsables terminaient derriĂšre les barreaux. La dĂ©mocratie avait cependant parfaitement fonctionnĂ© puisque les bĂątiments dĂ©truits lâavaient Ă©tĂ© sans empĂȘcher les autoritĂ©s de rĂ©diger des rapports.Le Paradigme Vert passa lui aussi une semaine trĂšs occupĂ©e. Les Ă©lections locales furent parfois suffisamment animĂ©es pour que des bureaux de vote brĂ»lent avec une rĂ©gularitĂ© presque environnementale. Aya Ravenloft gagna notamment la ForĂȘt de Jade avec zĂ©ro voix et eut elle-mĂȘme la dĂ©licatesse dâadmettre quâil sâagissait davantage dâune transmission que dâune grande victoire Ă©lectorale. En Irendol Kardia Ravenloft et Mina dâOrchidia arrivĂšrent longtemps au coude-Ă -coude dans un scrutin oĂč une partie des bulletins disparut dans les flammes. La dĂ©mocratie verte nous rappelle ainsi que le vote populaire laisse beaucoup moins de dĂ©chets lorsquâon le brĂ»le directement.SibĂ©ria connut ensuite sa propre mutation lorsque Bladimir Bladimirovitch Mutin arriva Ă Garinaville et utilisa ses prĂ©rogatives diplomatiques pour devenir Gouverneur. Sa thĂ©orie Ă©tait simple. La nature a horreur du vide. Le fauteuil Ă©tait vide. Bladimir sây installa. LâĂ©quilibre naturel fut restaurĂ©. Il annonça que la province nâĂ©tait pas en guerre et nâavait donc pas besoin dâarmĂ©e mais conserverait Ă©videmment sa police. Luxianna Ravenloft devint PrĂ©fĂšte de Police. Quelques heures plus tard Karlin agressa prĂ©cisĂ©ment Luxianna et perdit son poste de Ministre de lâInformation. Lâancien ministre avait auparavant expliquĂ© aux citoyens quâils devaient recycler et manger du soja et nourrir leur smog nuclĂ©aire tout en donnant du papier au dĂ©mon pour Ă©viter quâil ne dĂ©vore leurs technologies. JâespĂšre que son successeur disposera dâune doctrine aussi limpide.Puis il y eut lâHĂ©lĂ©nie. La semaine avait commencĂ© avec une province rebelle qui cherchait encore sa forme et elle se termine avec une province rebelle qui cherche toujours sa forme mais possĂšde davantage de formulaires. Scarleit reprit temporairement le contrĂŽle aprĂšs les dĂ©boires de Al-ma' et expliqua sa doctrine avec une simplicitĂ© que je reconnais volontiers. Lorsque le gouverneur nâest plus Ă la hauteur le Khimmando intervient. On dit pouce. On sâinstalle dans le bureau. On boit du jus de fruit avec les habitants. On prĂ©pare le Grand Banquet puis on attend quelquâun capable de convaincre quâil mĂ©rite mieux la place. Elle ne se considĂšre donc pas comme conquĂ©rante mais comme une sorte de gardienne politique. Je reconnais que la nuance existe. Une conquĂ©rante garde votre province parce quâelle la veut. Scarleit la garde jusquâĂ ce que quelquâun lui explique pourquoi elle devrait la rendre.LâHĂ©lĂ©nie inventa ensuite son visa gratuit. Les visiteurs peuvent entrer sâils promettent notamment de ne pas entretenir dâarmĂ©e et de ne pas tenir de discours contrariants pour lâInquisition et de reconnaĂźtre la possibilitĂ© dâune violence lĂ©gitime exercĂ©e contre eux par Al-ma'. Ils peuvent naturellement contester tout cela devant le Tribunal de lâInquisition. La civilisation progresse lorsquâelle vous donne le droit de faire appel auprĂšs de la personne qui vient de vous frapper.Les formulaires Ă©voluĂšrent rapidement. Passe-Muraille rappela quâil possĂ©dait dĂ©jĂ des biens sur place. Tifa LockHeart protesta contre lâidĂ©e de limiter la libertĂ© de dĂ©placement des ElmĂ©riens. Une version simplifiĂ©e fut finalement pensĂ©e pour les Bananiens. Mench0 remplit le formulaire avec une servilitĂ© si exagĂ©rĂ©e quâelle en devenait presque religieuse. K' Velzard rĂ©ussit de son cĂŽtĂ© Ă ajouter une clause lui attribuant la propriĂ©tĂ© exclusive de lâHĂ©lĂ©nie. JâespĂšre que ComĂšte lit dĂ©sormais les petites lignes. Câest une habitude utile lorsquâon construit une thĂ©ocratie.LâHĂ©lĂ©nie traversa parallĂšlement une sĂ©rie dâagressions et de tensions assez importantes pour transformer Bisouville en un endroit oĂč le nom de la ville ressemblait parfois Ă de la publicitĂ© mensongĂšre. Al-ma' fut attaquĂ©e Ă plusieurs reprises puis finit par se livrer aux autoritĂ©s et entra en prison. Une Cage venait justement dâĂȘtre construite dans la ville. Je ne tirerai aucune conclusion symbolique. Je suis journaliste. Je constate uniquement quâune province ayant passĂ© plusieurs jours Ă dĂ©finir les conditions dans lesquelles son Inquisition pouvait exercer une violence lĂ©gitime possĂšde dĂ©sormais son Inquisitrice derriĂšre les barreaux. Il reste probablement une case administrative Ă cocher.Au mĂȘme moment les bergers de Calissie conduits par Fistulin Saint-CiboĂšre cherchaient une grande puissance capable de les protĂ©ger. Leur logique Ă©tait nĂ©e dâun souvenir trĂšs concret de la guerre et de populations incapables de se dĂ©fendre seules. Le Cruisader parcourut donc les eaux Ă la recherche dâun protecteur avec cette particularitĂ© merveilleuse quâil sâagissait dâun mouvement indĂ©pendantiste cherchant volontairement quelquâun qui accepterait de garantir son indĂ©pendance en prenant lâĂźle sous son aile. ComĂšte invita le navire Ă Bisouville. Korail et ses Korsaires montĂšrent Ă bord et constatĂšrent que le bĂątiment avait surtout besoin de bois et dâacier et de carburant et peut-ĂȘtre dâun moteur. Fistulin finit mĂȘme par tirer vers Sanctuaire afin de faire passer un message et vit une partie du vieux matĂ©riel du navire exploser pendant lâopĂ©ration. LâidĂ©e dâaller demander Ă quelquâun dâautre de vous protĂ©ger aprĂšs que votre propre lance-missiles a tentĂ© de vous tuer possĂšde une certaine force argumentative.Pendant que les nations se disputaient les territoires et les institutions lâEmpire Brun poursuivait sa propre semaine avec un sĂ©rieux que lâĂ©tranger appelle souvent inquiĂ©tant lorsquâil manque de vocabulaire. Silas des Sables prit Mystisie aprĂšs avoir usurpĂ© Lyra du Hautbois puis lui redonna immĂ©diatement une fonction locale. MnĂ©mĂ©sine dâArcys participa ensuite Ă la tradition ascendante des changements de siĂšges. Les dĂ©mons commencĂšrent Ă rĂ©clamer des livres et de lâintelligence et une bibliothĂšque. Mystisie songea donc sĂ©rieusement Ă faire dâAbandon un grand centre de dĂ©monologie. Beaucoup de villes dĂ©veloppent le tourisme autour de leur gastronomie ou de leur architecture. Mystisie possĂšde dĂ©jĂ les dĂ©mons. Il serait Ă©conomiquement irresponsable de ne pas mettre de panneau.Le retour de Tormenta Ruthven constitue cependant le fil brun le plus visible de cette semaine. AprĂšs avoir proclamĂ© la victoire de lâEmpire Brun dâOrient et racontĂ© les mois passĂ©s Ă influencer la RuthvĂ©nie avec Bladimir il reçut les fĂ©licitations de Kramara Kisugi puis les promesses dâhonneur de Octave Sombrefer. Chucky lui remit son CarrĂ© Magique. Puis enfin Octave tint parole et lui attribua lâAigle ImpĂ©rial. Tormenta devint Ă©galement HĂ©raut de lâAbsolu et Ministre des Affaires ĂtrangĂšres avant de recevoir une nouvelle mission. NĂ©gocier avec Milieu la construction dâun canal vers la Meuse Kralandaise.Les guillemets autour du mot nĂ©gocier ne sont pas de moi. Je tenais Ă le prĂ©ciser pour les assurances. Cette semaine nâa pourtant pas Ă©tĂ© seulement politique et ce serait une erreur de regarder le Cybermonde uniquement Ă travers ceux qui dĂ©placent ses frontiĂšres. Rosalia de Pont-Krivell a consacrĂ© plusieurs entretiens Ă la notion de doyens et de mĂ©moire au Khanat. Nerdos y a dĂ©crit le sage moins comme quelquâun qui possĂšde toutes les rĂ©ponses que comme une mĂ©moire capable de transmettre les anciennes traditions sans retirer aux autres la libertĂ© de penser. Tifa rappela quâavoir beaucoup vĂ©cu ne garantit absolument pas dâĂȘtre devenu intelligent. Câest une remarque dont je propose lâinscription au fronton de plusieurs palais. Alice Ravenloft et Malcom Ravenloft parlĂšrent quant Ă eux des anciens comme des gardiens de la culture et des rĂ©cits et de ces petits morceaux de passĂ© qui permettent Ă une nation de ne pas devenir seulement un drapeau rĂ©cent posĂ© sur des ruines anciennes. Ninoo et Shiki Chantargent ont poursuivi le mĂȘme travail par une autre voie avec leur revue Nature. Entre deux recettes oĂč le beurre demi-sel est traitĂ© comme une vĂ©ritĂ© mĂ©taphysique elles parlent dâastronomie et de galaxies et de propulsion et dâexploration spatiale. Shiki rĂȘve toujours dâun programme capable dâaller vers dâautres mondes et Nerdos sâest proposĂ© comme pilote avec du papier et des stylos parce que les calculateurs sont utiles mais quâun ElmĂ©rien sĂ©rieux doit manifestement ĂȘtre capable de refaire le trajet jusquâaux Ă©toiles Ă la main. Le Cybermonde possĂšde ainsi une contradiction que je trouve presque belle. Ses peuples passent leurs journĂ©es Ă expliquer pourquoi leurs voisins sont incapables de vivre correctement sur la mĂȘme planĂšte puis ses scientifiques prĂ©parent un vaisseau oĂč ils devront tous sâasseoir ensemble.Le sport aura Ă©galement rĂ©ussi ce miracle plus modestement. La Kroupe du Monde a mĂ©langĂ© les nations et les drafts et produit des matchs oĂč les vieilles rivalitĂ©s sâĂ©taient dĂ©placĂ©es sur un terrain. Le Paradigme a Ă©crasĂ© le Royaume puis le Khanat et sâest qualifiĂ© pour la finale. SibĂ©ria a battu lâEmpire Brun trois buts Ă deux. Palladium a sorti Mystisie et un ballon fut mĂȘme consacrĂ© homme du match aprĂšs une performance suffisamment remarquable pour obtenir davantage de reconnaissance que certains ministres. La compĂ©tition a offert au Cybermonde ce que les sommets diplomatiques cherchent depuis toujours. Un endroit oĂč lâon peut humilier son voisin publiquement et rentrer ensuite chez soi en disant que ce nâĂ©tait quâun jeu. Lorsque je regarde lâensemble de cette semaine je vois pourtant autre chose quâune simple collection de scandales. Je vois des nations en train de changer de forme. La RuthvĂ©nie cherche encore quelle couronne peut reprĂ©senter son besoin de stabilitĂ© et finit la semaine sous Korail aprĂšs avoir utilisĂ© plusieurs autres tĂȘtes comme brouillons. Le Khanat parle de paix et de libertĂ© tout en dĂ©couvrant que ces mots deviennent dangereux lorsquâon vous demande ce quâils signifient exactement. Kraland perd des figures importantes et construit immĂ©diatement une nouvelle Union qui promet davantage de science et davantage de Bonheur et toujours cette remarquable capacitĂ© Ă considĂ©rer lâadhĂ©sion au Parti comme une expression naturelle de la libertĂ©. GĂ©ofront sort de lâorbite de ses anciens protecteurs puis dĂ©couvre le prix exact de lâindĂ©pendance et les nombreux voisins prĂȘts Ă lâaider Ă le payer. LâHĂ©lĂ©nie reconstruit sa foi et sa souverainetĂ© en mĂȘme temps et crĂ©e donc des visas et des tribunaux et des gouvernements provisoires Ă la vitesse oĂč dâautres villes crĂ©ent des tavernes. Le Paradigme remplace ses responsables et brĂ»le parfois assez de dĂ©mocratie pour rĂ©chauffer une forĂȘt. La ConfĂ©dĂ©ration veut protĂ©ger la paix et invente une monnaie radioactive. LâEmpire Brun distribue des titres aux crapules qui ont rĂ©ussi et discute avec des dĂ©mons qui rĂ©clament des bibliothĂšques.Tout le monde prĂ©tend construire quelque chose de durable. Tout le monde utilise des matĂ©riaux diffĂ©rents. Personne ne semble possĂ©der le plan. Le grĂ©sillement devint soudain plus violent et pendant VoilĂ donc votre semaine. Des adultes transformĂ©s en enfants et un bĂ©bĂ© dĂ©cidĂ© Ă devenir adulte avant eux. Des souverains remplacĂ©s puis recyclĂ©s en ministres. Des provinces libĂ©rĂ©es qui cherchent des protecteurs et des protecteurs qui dĂ©couvrent que les provinces libres possĂšdent leurs propres conditions. Des pacifistes armĂ©s et des rĂ©volutionnaires administratifs et des thĂ©ocrates avec des formulaires et des Ă©cologistes avec des bulletins brĂ»lĂ©s et des dĂ©mocrates avec une monnaie radioactive. Je pourrais vous dire que tout cela dĂ©montre lâĂ©chec du Cybermonde. Je ne le crois pas. LâĂ©chec serait quâil cesse de produire des histoires. Pour cela il faudrait probablement quâil devienne raisonnable. Je ne vois aucun danger immĂ©diat. Un petit bruit se produisit quelque part derriĂšre le microphone. Les personnes citĂ©es durant cette semaine sont naturellement invitĂ©es Ă corriger mes conclusions. Korail peut expliquer combien de temps elle prĂ©voit conserver un trĂŽne ruthvĂšne avant que quelquâun dĂ©couvre une tradition oubliĂ©e obligeant Ă lâusurper. Pigeon Ronron peut venir dĂ©tailler la quantitĂ© exacte de libertĂ© contenue dans une chaĂźne rĂ©glementaire. Sophos peut dĂ©fendre les mĂ©rites Ă©lectoraux dâune dĂ©mocratie oĂč aucun adversaire ne vient inutilement compliquer le rĂ©sultat. Scarleit peut continuer son exposĂ© sur le gardiennage provisoire des provinces. Fistulin Saint-CiboĂšre peut nous dire si le Cruisader possĂšde encore assez de piĂšces pour atteindre le prochain protecteur. Bladimir peut prĂ©senter sa thĂ©orie Ă©cologique du fauteuil vide. Jean-Michel Nobyl peut surtout venir me promettre que son hamster nuclĂ©aire nâa aucun accĂšs direct aux Ă©conomies de la ConfĂ©dĂ©ration. Ninoo peut dire aux grandes puissances ce quâelle attend exactement dâelles avant quâelles apportent toutes leurs brochures commerciales. Tormenta peut prĂ©ciser si sa future nĂ©gociation avec Milieu nĂ©cessite un diplomate ou un ingĂ©nieur des travaux publics. Un instant passa. Et Amadis peut continuer Ă grandir. La voix sâadoucit presque malgrĂ© elle. Il semble ĂȘtre le seul cette semaine Ă faire cela sans prĂ©tendre sauver une civilisation entiĂšre. Puis le bruit de la frĂ©quence reprit. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Je terminerai avec une constatation extrĂȘmement simple. Cette semaine chacun a beaucoup parlĂ© de libertĂ©. Certains voulaient la conquĂ©rir. Dâautres la protĂ©ger. Dâautres lâencadrer. Dâautres encore ont dĂ©couvert quâelle nĂ©cessitait un impĂŽt et un formulaire et parfois une armĂ©e. Le signal grĂ©silla une derniĂšre fois. Bonne nuit Cybermonde. Puis trĂšs loin sur les ondes la voix revint une derniĂšre fois. Et si quelquâun connaĂźt le chemin pour sortir des Enfers sans avoir besoin de voir oĂč il va les lignes sont ouvertes. La frĂ©quence mourut. |
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8 Aout 6662026
La radio produit un bruit effroyable,
la date de l'émission est (...)
![]() 8 Aout 6662026 La radio produit un bruit effroyable, Spoiler Ici Kleo Toujours en vacances. Toujours dans un endroit absolument charmant dont je recommande particuliĂšrement lâobscuritĂ© intĂ©grale et lâacoustique funĂ©raire. Les dĂ©pĂȘches sâempile devant moi et je constate avec soulagement que mon absence nâa nullement ralenti votre travail collectif de destruction du sens des mots. Aujourdâhui nous parlerons donc de paix avec des armes de libertĂ© avec des formulaires de justice avec des redressements fiscaux et de bienveillance avec suffisamment de coups pour nĂ©cessiter un service mĂ©dical. Les histoires se rĂ©pĂšte mais heureusement les costumes changent. Commençons par lâHĂ©lĂ©nie puisque la province rebelle vient de produire ce qui restera sans doute comme lâune des plus belles tentatives modernes pour rĂ©soudre le vieux problĂšme de la violence politique par la crĂ©ation dâun document administratif. ComĂšte a proclamĂ© au Cybermonde que tout visiteur pouvait dĂ©sormais entrer en Sainte HĂ©lĂ©nie de maniĂšre gratuite simple et facile Ă condition de remplir un formulaire oĂč il promet notamment de ne maintenir aucune armĂ©e de ne pas tenir de discours susceptibles de dĂ©plaire Ă la Sainte Inquisition et surtout de reconnaĂźtre Ă Al-ma' le droit dâexercer contre lui une violence lĂ©gitime de façon discrĂ©tionnaire. Toute personne trouvant cette disposition excessive dispose naturellement dâun recours devant le Tribunal de lâInquisition prĂ©sidĂ© par Al-ma'. Il faut reconnaĂźtre la cohĂ©rence du systĂšme. La personne qui peut vous frapper est aussi celle auprĂšs de qui vous pouvez protester contre le fait dâavoir Ă©tĂ© frappĂ©. Cela simplifie Ă©normĂ©ment les dĂ©marches et Ă©vite le gaspillage bureaucratique provoquĂ© par la sĂ©paration des pouvoirs. Les rĂšgles semble sĂ©vĂšres seulement aux individus qui persistent Ă croire que lâhospitalitĂ© consiste Ă accueillir les Ă©trangers plutĂŽt quâĂ leur faire signer par avance une renonciation morale Ă leur propre surprise.LâidĂ©e serait dĂ©jĂ magnifique seule mais lâHĂ©lĂ©nie a eu la bontĂ© de fournir immĂ©diatement lâillustration pratique du dispositif. Pendant que ComĂšte vantait la simplicitĂ© dâun sĂ©jour oĂč personne ne se montrerait problĂ©matique Shana Al-KhaĂŻd tentait de provoquer CamĂ©lia en bagarre avec une constance presque scientifique. Elle fut jetĂ©e dehors plusieurs fois puis finit au cĆur dâaffrontements oĂč Al-ma' elle-mĂȘme intervint et oĂč Kath Khanova entra Ă son tour dans la danse. Plus tard ComĂšte lança des tartes Ă la crĂšme sur Sultan Omar Al KhaĂŻd puis sur Shana avec un taux de rĂ©ussite qui rappelle celui de certaines politiques Ă©trangĂšres. Et comme la politique hĂ©lĂ©nienne ne sait jamais sâarrĂȘter Ă une contradiction lorsquâelle peut en produire trois Al-ma' annonça un programme de dĂ©construction de cinq jours pour Sultan Omar durant lequel celui-ci serait considĂ©rĂ© comme entiĂšrement propriĂ©tĂ© de la Sainte Inquisition. Il ne sâagirait surtout pas dâesclavage. LâautoritĂ© fut trĂšs claire sur ce point. Il sâagit simplement de bienveillance appliquĂ©e Ă une personne privĂ©e temporairement du droit Ă©lĂ©mentaire de se dĂ©finir elle-mĂȘme. Je remercie lâHĂ©lĂ©nie pour cette avancĂ©e philosophique qui vient opportunĂ©ment complĂ©ter les rĂ©flexions elmĂ©riennes de la semaine sur les chaĂźnes qui libĂšrent. Nous savons dĂ©sormais quâun homme possĂ©dĂ© par une institution nâest pas esclave si lâinstitution lui veut beaucoup de bien. Scarleit continue pendant ce temps de tenir la province avec cette doctrine temporaire quâelle a dĂ©jĂ eu la gentillesse de nous expliquer. Elle occupe le bureau tant quâaucun pouvoir suffisamment convaincant nâest venu lui proposer une solution meilleure. Elle a nommĂ© Al-ma' Capitaine puis PrĂ©fĂšte de Police et les habitants est donc protĂ©gĂ©s par une inquisitrice dont le programme public prĂ©voit des violences lĂ©gitimes et la possession temporaire des Ăąmes problĂ©matiques. Je ne critique pas la cohĂ©rence. Elle est totale. Si votre dĂ©finition de la sĂ©curitĂ© consiste Ă savoir prĂ©cisĂ©ment qui aura le droit de vous poursuivre alors lâHĂ©lĂ©nie vient probablement de devenir lâendroit le mieux administrĂ© du monde. Elle a mĂȘme retrouvĂ© le temps de danser. ComĂšte entraĂźna les occupants de lâhĂŽtel Sieste et Or Noir dans une Valse Krakovienne tandis que les combats et les tartes et les dĂ©clarations religieuses occupaient le reste de la journĂ©e. Le gouvernement hĂ©lĂ©nien ressemble maintenant Ă un bal de cour oĂč la moitiĂ© des invitĂ©s porte une arme et oĂč lâautre moitiĂ© remplit un formulaire pour demander pourquoi. On pourra toujours dire que la renaissance seelienne manque de stabilitĂ©. Elle ne manque certainement pas de rythme.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă la RuthvĂ©nie oĂč lâadministration de Korail dĂ©couvre que rĂ©gner ne consiste pas uniquement Ă rĂ©cupĂ©rer une couronne encore chaude. Il faut aussi faire fonctionner le Royaume aprĂšs que tout le monde a passĂ© plusieurs jours Ă dĂ©cider qui mĂ©ritait de sâasseoir dessus. La Reine a retirĂ© le MinistĂšre de la Justice Ă Golgoth LandraĂ«l II pour le remettre Ă Mench0 et ce dernier a immĂ©diatement dĂ©montrĂ© quâil comprenait parfaitement la dimension ruthvĂšne du mot justice. Aken fut soumis Ă une enquĂȘte fiscale dĂ©taillĂ©e aprĂšs avoir tentĂ© de voler Dame DĂ©merzel. Zelphi subit Ă son tour une inspection de patrimoine publique puis un redressement fiscal de prĂšs de dix mille couronnes avant dâĂȘtre combattue et arrĂȘtĂ©e. Mench0 autorisa mĂȘme la torture en annonçant quâil faudrait probablement employer la maniĂšre forte. La monarchie dramatique vient donc de rĂ©aliser ce vieux rĂȘve de tout ministĂšre des Finances. Faire de lâimpĂŽt une arme de mĂȘlĂ©e.Il serait toutefois injuste de rĂ©duire Mench0 Ă cette seule crĂ©ativitĂ© fiscale. En une mĂȘme journĂ©e il finança la Recherche et le Palais puis fit arrĂȘter des suspects et lança plusieurs avis de recherche contre Aken et transfĂ©ra Zelphi en prison avant de dĂ©missionner de son ministĂšre puis de se livrer lui-mĂȘme aux autoritĂ©s aprĂšs avoir tentĂ© de dĂ©sarmer un extincteur dans le complexe pĂ©nitentiaire. Je voudrais que cette phrase soit conservĂ©e dans les archives exactement telle quâelle est. Le Ministre de la Justice du Royaume termina sa journĂ©e en prison Ă cause dâun extincteur. Il existe des gouvernements qui tombent Ă cause dâune rĂ©volution. Dâautres Ă cause dâune guerre. La RuthvĂ©nie sait encore produire des destins politiques capables de sâeffondrer devant du matĂ©riel de sĂ©curitĂ© incendie. Les ministres obĂ©it parfois aux institutions. Parfois ils se battent contre leur Ă©quipement.Le Royaume nâen continue pas moins de consolider sa nouvelle direction. Baptiste Le Tellier soutient publiquement la Reine et nomme Stefan de Crab PrĂ©fet de Police aprĂšs le dĂ©part de celui-ci des Services Secrets. Le ValĂ©gro continue de manifester en faveur de la RuthvĂ©nie et de Emile Liarr tandis que Sysson cĂ©lĂšbre le retour du Duc. Ă Lantenac une cabane sort de terre ce qui paraĂźt presque dĂ©risoire Ă cĂŽtĂ© des changements de couronnes mais dit peut-ĂȘtre davantage sur la vĂ©ritable stabilisation dâun royaume quâun millier de discours. Une monarchie cesse dâĂȘtre provisoire au moment oĂč les gens recommencent Ă construire quelque chose sans se demander quelle couleur de drapeau flottera au-dessus demain matin. Les provinces rĂ©colte leurs impĂŽts et les ministĂšres reprennent leurs habitudes et la vie sâinstalle autour du pouvoir comme le lierre autour dâune statue dont personne ne se souvient plus exactement pourquoi elle fut Ă©rigĂ©e.Mais la RuthvĂ©nie conserve aussi ses vieilles ombres. LâAmbassade Brune de Ruthvenville connue sous le nom de Palais ImpĂ©rial dâOrient a subi une sĂ©rie dâattentats qui finirent par faire sâĂ©crouler le bĂątiment sans provoquer de victime. Des graffitis proclamĂšrent encore que les lieux appartenaient Ă lâEmpire dâOrient et une autre inscription rĂ©clama le palais avec la dĂ©licatesse diplomatique dâune personne Ă©crivant sur un mur. Cette disparition matĂ©rielle possĂšde une certaine ironie puisque lâEmpire Brun dâOrient vient prĂ©cisĂ©ment dâĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© chez nous comme un succĂšs historique. Tormenta Ruthven vient de recevoir lâAigle ImpĂ©rial et une mission diplomatique importante tandis que le symbole architectural de son ancienne aventure ruthvĂšne finit sous les gravats. Les pierres disparaissent plus vite que les rĂ©putations. Câest dâailleurs pourquoi les rĂ©gimes intelligents investissent davantage dans les lĂ©gendes que dans le mortier. Golgoth LandraĂ«l II lui-mĂȘme semble avoir acceptĂ© avec une Ă©tonnante aisance la nouvelle gĂ©ographie politique. Depuis le Cruisader il fĂ©licite la ConfĂ©dĂ©ration Libre et regrette presque que Milieu ne soit pas devenu ruthvĂšne puis adresse aussi des compliments aux ElmĂ©riens de Bananie quâil juge plus chevaleresques que beaucoup de ses propres compatriotes. Il y a quelque chose de profondĂ©ment ruthvĂšne dans cette capacitĂ© Ă perdre un trĂŽne puis quelques jours plus tard distribuer des certificats moraux aux voisins. Les nobles change de statut mais gardent lâassurance qui vient avec le mobilier. Et quelque part cela fonctionne. Le Royaume demeure entier. Korail rĂšgne. Les anciens prĂ©tendants sont recyclĂ©s et les adversaires deviennent ministres ou alliĂ©s ou chroniqueurs de leur propre dĂ©faite. Une monarchie dramatique ne rĂ©sout jamais ses crises. Elle les embauche.Quittons le Royaume pour Kraland puisque lâUKraSS poursuit son Ćuvre de reconstruction avec la sĂ©rĂ©nitĂ© dâune bureaucratie qui a dĂ©cidĂ© que tout Ă©vĂ©nement peut devenir une rĂ©ussite dĂšs lors quâon choisit correctement la formulation. Jay Padbol en a fourni la dĂ©monstration la plus pure en prĂ©sentant lâĂ©chec du Plan de Production Ă zĂ©ro pour cent comme un succĂšs dâune prĂ©cision remarquable. Puisque les gouvernements prĂ©cĂ©dents obtenaient trente pour cent et que la nouvelle Ă©quipe a atteint exactement zĂ©ro il suffira selon lui de faire exactement lâinverse la prochaine fois pour obtenir cent pour cent. Je suis tentĂ©e de rire mais il existe quelque chose de presque admirable dans cette logique. Kraland a depuis longtemps compris quâun rĂ©sultat nâest jamais mauvais. Il est seulement mal expliquĂ©. La fonction dâun Ministre de lâInformation consiste alors Ă trouver la formulation qui permet au rĂ©el de rejoindre enfin la doctrine. Sophos lui-mĂȘme se porte mieux et remercie publiquement Alice Ravenloft et surtout Malcom Ravenloft pour lui avoir sauvĂ© la vie aprĂšs une sĂ©rie dâattaques de crĂ©atures puis Dragnor pour lâavoir guĂ©ri de la JovĂ©nia. Le Premier Ministre revient donc au pouvoir avec son corps adulte et son enthousiasme scientifique intact et continue de proposer des alliances. Une offre est partie vers le Paradigme Vert afin de rapprocher Kraland et SibĂ©ria. La RĂ©publique veut travailler sur les ambassades et les dĂ©placements et les recherches communes et tout ce qui peut faire dâune frontiĂšre autre chose quâun endroit oĂč lâon accuse son voisin. Ce projet semble presque raisonnable. Heureusement Jay Padbol maintient lâĂ©quilibre en diffusant Ă la population une Ă©mission oĂč un personnage Ă©nergique nommĂ© Axel doit apprendre quâon ne dit pas Ă bas lâusurpateur mais vive le Premier Ministre. Les enfants de la RĂ©publique reçoit ainsi une Ă©ducation politique parfaitement complĂšte. On peut vouloir devenir chef un jour. Simplement pas aujourdâhui.Le poste de Commissaire du Bonheur est Ă©galement revenu Ă K' Velzard aprĂšs une mission dĂ©crite comme un rĂ©tablissement par effraction de son bonheur familial. Quelques heures plus tard le Khanat apprenait la technologie Fanatisme de Masse et je dois reconnaĂźtre que lâordre chronologique possĂšde parfois un sens de lâhumour que mĂȘme moi je nâoserais pas revendiquer. Kraland confie Ă un commissaire la mission de protĂ©ger moralement les citoyens tandis que le Khanat dĂ©couvre scientifiquement comment fanatiser sa population en faveur du gouvernement. Les deux systĂšmes sont Ă©videmment trĂšs diffĂ©rents. Dans lâun lâĂtat vous persuade quâil veille sur votre bonheur. Dans lâautre il amĂ©liore directement votre enthousiasme pour Ă©viter que vous ne posiez la question. Les gouvernements prĂ©tend toujours que leurs mĂ©thodes sont incomparables. Les citoyens eux voient surtout que quelquâun possĂšde maintenant un budget pour leur expliquer ce quâils ressentent.Le Khanat connaĂźt justement plusieurs mouvements intĂ©ressants. Pigeon Ronron place Tifa LockHeart au MinistĂšre de la Guerre tandis que Bladimir Bladimirovitch Mutin multiplie les louanges Ă la Grande Khane et Ă Mademoiselle depuis Capsulie. Cette proximitĂ© avec le Khanat est dâautant plus curieuse que Bladimir vient de prendre le gouvernement de SibĂ©ria au Paradigme Vert. Il Ă©tait rĂ©cemment en RuthvĂ©nie et avant cela profondĂ©ment mĂȘlĂ© aux aventures elmĂ©riennes. Elbereth Khan Seraven rĂ©sume assez justement cette trajectoire en Ă©voquant une sorte de grand chelem politique oĂč chaque nouvelle banniĂšre devient un nouveau terrain de jeu. Le problĂšme des gens qui savent sâadapter Ă tous les rĂ©gimes est quâils finissent toujours par faire douter les rĂ©gimes de savoir Ă qui ils appartiennent.La SibĂ©ria commence justement Ă douter. Saphir Ravenmaid attaque brutalement le nouveau Gouverneur et lui reproche dâavoir prĂ©tendu combler le vide politique tout en vidant encore davantage le conseil territorial aprĂšs son arrivĂ©e. Câest une objection suffisamment simple pour ĂȘtre dangereuse. La nature a peut-ĂȘtre horreur du vide mais les Ă©lecteurs ont encore davantage horreur de dĂ©couvrir que quelquâun a rempli le fauteuil en retirant les autres chaises. Une rumeur accuse dĂ©jĂ Bladimir de prĂ©parer le dĂ©mantĂšlement du Paradigme tandis que Kraland attendrait de rĂ©cupĂ©rer SibĂ©ria dans le cadre de lâUKraSS. Ce ne sont pour lâinstant que des murmures et je les laisse Ă leur juste place. Une rumeur nâest pas un fait. Elle est seulement un fait qui nâa pas encore dĂ©cidĂ© sâil avait assez de courage pour se produire.Le Paradigme Vert lui-mĂȘme semble de plus en plus traversĂ© par des fidĂ©litĂ©s divergentes. Saphir soutient publiquement les Provinces IndĂ©pendantes et critique la ConfĂ©dĂ©ration Libre tandis quâĂ la ForĂȘt de Jade les fĂ©es continuent de se fĂ©liciter entre elles avec une chaleur qui donnerait presque lâimpression quâaucune autre nation nâexiste. La FĂ©e Du bien couvre La fĂ©e Tide dâĂ©loges et K. Lome soutient Ă son tour la Bourgmestre avec tant dâenthousiasme quâelle en perd ses moyens. La nature devient donc une grande famille politique oĂč chacun trouve lâautre merveilleuse Ă condition quâil critique les mĂȘmes voisins. Câest une mĂ©thode communautaire trĂšs efficace. Les arbres eux-mĂȘmes nâont pas encore exprimĂ© leur position officielle mais quelquâun a arrachĂ© des fleurs Ă Grand Jardin et je suppose quâune commission sera bientĂŽt créée.VoilĂ qui nous ramĂšne Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre oĂč la dĂ©mocratie continue dâoffrir cet avantage unique que tout le monde peut tenter de prendre le pouvoir Ă condition dâaccepter de payer la caution ensuite. Ernst Blofeld VI tenta dâusurper le PrĂ©sident Paul-Steeve Saint-Sauveur aprĂšs quâon lui eut apparemment conseillĂ© dâessayer le coup dâĂtat. Elle perdit immĂ©diatement son MinistĂšre de lâIntĂ©rieur puis se livra aux autoritĂ©s et paya sa caution. Quelques heures plus tĂŽt Paul-Steeve avait repoussĂ© les Ă©lections dâune semaine en expliquant que son programme nĂ©cessitait simplement un peu davantage de temps pour porter ses fruits. Il dĂ©corait en parallĂšle Patrick-Lamulle DePouch pour son ambition et rĂ©installait PrĂ©cieuse Liarr comme Juge du Tribunal Cybermondial. Les choses devient donc parfaitement claires. La dĂ©mocratie fonctionne. Les Ă©lections auront lieu plus tard. Les ministres peuvent tenter dâusurper le PrĂ©sident entre-temps. Le pouvoir judiciaire est remis en place par dĂ©cision prĂ©sidentielle. Je comprends maintenant pourquoi la ConfĂ©dĂ©ration parle autant de libertĂ©. Il faut beaucoup de vocabulaire pour expliquer le reste.Mais avant de quitter cette journĂ©e il faut revenir Ă Sicilia et Ă cette petite constance locale qui traverse toutes les crises du monde sans jamais Ă©prouver le besoin de se justifier. Makoto Natsume se promenait Ă Trou Perdu sans appartenir Ă la famiglia. Un assassin lui trancha la gorge. La formulation officielle nâa presque besoin dâaucune analyse supplĂ©mentaire. Sicilia demeure cette province oĂč lâordre public possĂšde sa propre grammaire. On peut contester la mĂ©thode. On peut difficilement prĂ©tendre quâelle manque de lisibilitĂ©. Dans certaines nations la loi sâĂ©tend sur plusieurs volumes. Ă Trou Perdu une mauvaise appartenance sociale peut tenir dans une seule phrase et lâapplication suit aussitĂŽt. Câest sauvage. Câest criminel. Câest remarquablement moins hypocrite quâun formulaire expliquant que la violence exercĂ©e contre vous est un acte de bienveillance.La Mystisie et le Niarkalistan nâont pas Ă©tĂ© plus tranquilles. Kath Khanova traversa LĂ©prosie sous les attaques successives de vampires et de squelettes et de brigands et dâun dragonneau avec cette rĂ©gularitĂ© qui permet de comprendre pourquoi certaines villes impĂ©riales ne proposent pas de visites guidĂ©es aprĂšs la tombĂ©e de la nuit. Mystisie dĂ©couvrit encore un gros filon dâor tandis que Silas des Sables transfĂ©rait vingt mille MĂ vers lâĂconomie. Atome construisait une Chapelle de Naar. LâEmpire Brun possĂšde cette particularitĂ© dĂ©licieuse de pouvoir extraire de lâor et bĂątir un sanctuaire infernal dans la mĂȘme journĂ©e sans que les deux informations semblent se contredire. Nos finances fond parfois. Notre foi jamais.Je voudrais enfin revenir sur un dĂ©tail moins spectaculaire mais beaucoup plus instructif. Rosalia de Pont-Krivell a chantĂ© Sous Ton regard devant les habitants de Capsulie. Sa priĂšre demandait Ă la Grande DĂ©esse de protĂ©ger ceux qui souffrent et de rapprocher les Ă©trangers et de transformer lâamour en actes plutĂŽt quâen slogans. Quelques heures autour de cette chanson le Cybermonde voyait des inquisitrices rĂ©clamer la propriĂ©tĂ© temporaire dâun homme et des ministres autoriser la torture et des responsables politiques travailler Ă fanatiser leurs populations et des souverains multiplier les critiques de leurs voisins. Je ne prĂ©tendrai pas que les chansons changent les empires. Ce serait excessivement sentimental et jâai une rĂ©putation Ă dĂ©fendre. Je constate seulement quâelles disent parfois plus clairement ce que les empires prĂ©tendaient vouloir faire avant que quelquâun sorte les menottes.Ainsi se termine cette journĂ©e admirable oĂč lâHĂ©lĂ©nie invente la violence administrative et la RuthvĂ©nie la fiscalitĂ© de combat et le Khanat la technologie du fanatisme et Kraland la propagande du zĂ©ro pour cent victorieux et la ConfĂ©dĂ©ration lâĂ©lection reportĂ©e sous tentative dâusurpation et le Paradigme une crise de confiance autour dâun gouverneur qui affirme remplir les vides. Partout les gouvernements parlent de sĂ©curitĂ© et de libertĂ© et de stabilitĂ©. Partout ils semblent surtout perfectionner la maniĂšre de dĂ©finir ces mots jusquâĂ ce quâils signifient exactement ce dont le gouvernement avait besoin ce matin-lĂ . Le grĂ©sillement revint comme un souffle provenant de trĂšs loin. Les personnes concernĂ©es sont naturellement invitĂ©es Ă venir corriger cette lecture. ComĂšte peut dĂ©fendre le caractĂšre parfaitement accueillant dâun formulaire oĂč vous consentez dâavance Ă une violence lĂ©gitime. Al-ma' peut expliquer combien de jours une personne doit appartenir Ă lâInquisition avant que cela cesse officiellement de ressembler Ă de lâesclavage. Mench0 pourra nous dire si lâextincteur a finalement avouĂ©. Korail peut expliquer comment elle choisit ses Ministres de la Justice et combien elle prĂ©voit dâen utiliser par semaine. Saphir Ravenmaid peut dĂ©velopper ses accusations contre Bladimir. Bladimir peut naturellement rĂ©pondre et expliquer comment on remplit un conseil en retirant des gens. Sophos peut nous apprendre Ă transformer zĂ©ro pour cent en victoire scientifique et Paul-Steeve Saint-Sauveur peut prĂ©ciser combien de fois une dĂ©mocratie peut repousser une Ă©lection avant quâelle ne devienne une tradition culturelle. Un silence passa puis la voix se fit lĂ©gĂšrement plus basse. Je laisse aussi une ligne ouverte pour Rosalia. Pas pour se dĂ©fendre. Simplement parce quâau milieu dâune journĂ©e oĂč tout le monde prĂ©tend aimer son prochain en lui expliquant comment il doit vivre quelquâun a pensĂ© Ă chanter quâil fallait peut-ĂȘtre commencer par lui tendre la main. Je tenais Ă le noter. Cela ne se reproduira pas souvent. Le signal se dĂ©forma une nouvelle fois. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Les gouvernements change et les ministres tombent et les prisons tournent et les frontiĂšres bougent. Les archives survivra. Elles ont cet avantage sur les institutions. Elles nâont pas besoin de prĂ©tendre que tout Ă©tait prĂ©vu. Une derniĂšre vibration traversa les ondes. Et souvenez-vous. Quand un gouvernement vous assure quâil agit uniquement pour votre bien vĂ©rifiez toujours sâil a dĂ©jĂ commencĂ© Ă construire la cage. |
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9 Aout 6662026
La radio produit un bruit effroyable,
la date de l'émission est (...)
![]() 9 Aout 6662026 La radio produit un bruit effroyable, Spoiler La vieille radio grĂ©silla sous les voĂ»tes de pierre comme si elle regrettait dĂ©jĂ dâavoir Ă©tĂ© rallumĂ©e. Un instant plus tard le signal fut traversĂ© par un grĂ©sillement beaucoup plus violent que dâhabitude. Cette fois la voix de Kleo arriva de trĂšs loin avec un Ă©cho Ă©trange et plusieurs parasites qui rendaient assez difficile de croire Ă la version officielle des vacances. Bonsoir Cybermonde. Ici Kleo. Je vous confirme que mon sĂ©jour se dĂ©roule merveilleusement bien dans un Ă©tablissement extrĂȘmement calme oĂč la lumiĂšre semble avoir Ă©tĂ© supprimĂ©e pour des raisons probablement Ă©cologiques. Je nâen dirai pas davantage puisque certaines personnes transforme immĂ©diatement le moindre problĂšme technique en rumeur de disparition dimensionnelle. Revenons plutĂŽt aux informations. Aujourdâhui le Cybermonde a accompli quelque chose de suffisamment rare pour que jâaie vĂ©rifiĂ© trois fois les dĂ©pĂȘches. Deux puissances qui se regardaient rĂ©cemment avec toute la tendresse de deux chats enfermĂ©s dans un mĂȘme sac ont signĂ© une alliance et une pacifiste obstinĂ©e a reçu une rĂ©compense portant prĂ©cisĂ©ment le nom que mĂ©rite toute paix dans ce monde. Fragile. Commençons donc par la RĂ©publique de Kraland et le Paradigme Vert puisque Cassandra a officiellement acceptĂ© lâalliance proposĂ©e par Sophos. Il faut replacer la chose dans son contexte pour comprendre pourquoi ce nâest pas simplement une signature de plus au bas dâun parchemin. La RĂ©publique sort dâune pĂ©riode profondĂ©ment secouĂ©e par la JovĂ©nia et par plusieurs disparitions et par la reconstruction politique autour de lâUKraSS. Le Paradigme a lui-mĂȘme connu des crises internes et des changements de responsables et des soupçons constants sur les intentions kralandaises en SibĂ©ria. Il y a encore peu de temps les discours des deux camps ressemblaient davantage Ă des inventaires de griefs quâĂ une invitation au thĂ©. Pourtant Sophos a choisi de tendre la main et Cassandra vient de la prendre. Elle parle de dialogue et de prudence et de bonne volontĂ© et mĂȘme de quelques tasses de thĂ© pour accompagner le rapprochement. VoilĂ qui est presque inquiĂ©tant. Lorsque deux puissances commencent Ă parler calmement aprĂšs sâĂȘtre longtemps soupçonnĂ©es il faut toujours vĂ©rifier si elles nâont pas simplement dĂ©couvert une troisiĂšme puissance sur laquelle ĂȘtre dâaccord ensemble.Il serait cependant mesquin de rĂ©duire cette alliance Ă une manĆuvre et vous savez combien je dĂ©teste ĂȘtre mesquine. La proposition possĂšde une logique rĂ©elle. La RĂ©publique veut remettre la science et le Bonheur au centre de sa politique extĂ©rieure. Le Paradigme possĂšde des territoires et des chercheurs et des ressources avec lesquels une coopĂ©ration pourrait avoir du sens. Les deux nations ont dĂ©jĂ suffisamment dâennemis et de problĂšmes intĂ©rieurs pour dĂ©couvrir quâune frontiĂšre paisible coĂ»te souvent moins cher quâune frontiĂšre glorieusement dĂ©testĂ©e. Cassandra ne signe pourtant pas un chĂšque en blanc. Elle le prĂ©cise immĂ©diatement avec une nettetĂ© qui mĂ©rite dâĂȘtre conservĂ©e. La SibĂ©ria restera au Paradigme. Inutile pour Kraland de rĂȘver. Les visiteurs seront volontiers accueillis dans le Grand Nord et pourront respirer lâair frais ainsi quâune quantitĂ© probablement thĂ©rapeutique de radiations locales mais la province ne fait pas partie de la corbeille diplomatique.Cette phrase compte davantage quâelle nâen a lâair. Une alliance vĂ©ritable nâexige pas nĂ©cessairement que les deux partenaires cessent de se mĂ©fier. Elle exige surtout quâils soient capables de dire clairement ce qui ne se nĂ©gocie pas sans avoir immĂ©diatement besoin dâun bataillon pour souligner la phrase. Cassandra accepte donc la coopĂ©ration tout en posant une frontiĂšre nette. Câest presque adulte. Je suis dĂ©solĂ©e. Je nâai pas trouvĂ© de formulation plus insultante.LâUKraSS obtient ainsi un succĂšs diplomatique aprĂšs avoir passĂ© plusieurs jours Ă tendre des invitations un peu partout. Sophos avait dĂ©jĂ proposĂ© au GĂ©ofront dâintĂ©grer son Union tout en conservant une identitĂ© forte et une voix internationale. La formule avait cette particularitĂ© dĂ©licieusement kralandaise dâassurer une totale indĂ©pendance sous rĂ©serve dâadhĂ©rer au Parti mais elle avait au moins ouvert une discussion rĂ©elle avec Ninoo Chantargent et les responsables gĂ©ofrontais. DĂ©sormais le rapprochement avec le Paradigme devient concret. La RĂ©publique qui se disait affaiblie par la JovĂ©nia reconstitue donc progressivement un rĂ©seau diplomatique autour de la science. Ce nâest pas spectaculaire. Aucun palais nâa brĂ»lĂ©. Aucun souverain nâa Ă©tĂ© projetĂ© hors dâun fauteuil. Personne nâa mĂȘme essayĂ© de faire passer une frontiĂšre pour une forme avancĂ©e dâamour. Je comprends que certains auditeurs soient déçus mais il arrive parfois que la politique fonctionne sans intervention des pompiers.Il faut Ă©galement reconnaĂźtre que Sophos est revenu dâassez loin pour profiter de ce moment. Il a rĂ©cemment Ă©tĂ© attaquĂ© lors dâun dĂ©placement sur lâĂźle de Kraland et sauvĂ© notamment grĂące Ă Malcom Ravenloft et Alice Ravenloft avant dâĂȘtre soignĂ© par Dragnor de la JovĂ©nia qui lâaffligeait encore. Le Premier Ministre avait pris soin de remercier publiquement les trois personnes et ce dĂ©tail donne un relief assez savoureux Ă la seconde grande nouvelle du jour puisque Alice Ravenloft vient justement de recevoir le Prix Fragile de la Paix.Je veux mâarrĂȘter un instant sur le nom de cette rĂ©compense parce quâil est probablement plus intelligent que plusieurs constitutions. Pas Prix de la Paix. Prix Fragile de la Paix. PrĂ©cieuse Liarr a compris sans le vouloir ou peut-ĂȘtre beaucoup mieux que les professionnels adultes ce que la diplomatie du Cybermonde refuse rĂ©guliĂšrement dâadmettre. Une paix nâest pas une statue de bronze posĂ©e au milieu dâune place. Câest une coupe de cristal installĂ©e au bord dâune table pendant quâune vingtaine de nobles gesticulent autour avec des Ă©pĂ©es. Elle tient parfois des annĂ©es. Elle peut mĂȘme devenir une tradition. Mais il suffit toujours dâun idiot avec une manche trop large. PrĂ©cieuse Liarr rĂ©compense Alice pour quelque chose de beaucoup moins spectaculaire quâun traitĂ©. Elle souligne ses voyages dans les diffĂ©rents empires et ses efforts pour comprendre leurs cultures et sa volontĂ© de nĂ©gocier mĂȘme avec des interlocuteurs tĂȘtus ou agressifs. Autrement dit Alice obtient un prix non parce quâelle aurait rĂ©glĂ© une guerre mais parce quâelle refuse encore de considĂ©rer les peuples comme des blocs quâil suffit de haĂŻr correctement. Câest agaçant. Cette attitude complique Ă©normĂ©ment le travail des propagandistes.Elle possĂšde surtout une certaine cohĂ©rence avec ce que Alice fait depuis plusieurs jours. Ses chroniques sur les ElmĂ©riens ne se contentent pas de glorifier sa famille et ses amis avec une quantitĂ© de majuscules susceptible de provoquer une pĂ©nurie typographique. Elles tentent de dire ce qui fait une culture. Rosalia de Pont-Krivell y apparaĂźt comme une artiste et une mĂšre et une ancienne Sicilienne dont lâidentitĂ© nâa pas disparu lorsquâelle a rejoint le Khanat. Malcom Ravenloft est racontĂ© Ă travers lâaction et la construction plus que les discours. Odessa Stone devient presque un monument vivant de lâidentitĂ© guerriĂšre elmĂ©rienne. Il y a beaucoup de MIAOU lĂ -dedans et probablement plusieurs dĂ©lits contre la ponctuation mais le principe est moins ridicule quâil nâen a lâair. Comprendre un peuple commence rarement par lire sa constitution. Cela commence souvent par Ă©couter les personnes dont il raconte les histoires.Câest lĂ que le Prix Fragile de la Paix devient intĂ©ressant. Le Cybermonde vient de passer plusieurs jours Ă discuter de la libertĂ© et de lâesclavage et des protectorats et des frontiĂšres et des visas et de la lĂ©gitimitĂ© des couronnes. Le GĂ©ofront a proclamĂ© son indĂ©pendance et cherche les relations capables de garantir cette indĂ©pendance sans lâĂ©touffer. La RuthvĂ©nie et le Khanat commencent Ă parler de trĂȘve aprĂšs avoir passĂ© un temps considĂ©rable Ă expliquer pourquoi lâautre Ă©tait responsable du conflit. LâHĂ©lĂ©nie crĂ©e des formulaires permettant aux Ă©trangers de venir sans se faire trop brutalement accueillir par la Sainte Inquisition. Kraland et le Paradigme viennent finalement de dĂ©cider quâils pouvaient coopĂ©rer sans rĂ©gler auparavant toutes les raisons quâils avaient de se mĂ©fier. Puis au milieu de cette gigantesque construction Alice reçoit un petit prix parce quâelle parle aux gens.Je hais profondĂ©ment lorsque les solutions simples menacent de fonctionner. Cela rend tous les grands discours beaucoup moins indispensables. La paix ruthvĂšne avec le Khanat reste justement Ă lâĂ©tat de trĂȘve proposĂ©e. Dame DĂ©merzel a invitĂ© les ElmĂ©riens Ă venir nĂ©gocier Ă Milieu aprĂšs un parcours administratif volontairement prĂ©sentĂ© comme digne dâun labyrinthe gouvernemental. DerriĂšre les plaisanteries de guichets la volontĂ© dâinterrompre lâescalade existe bel et bien. Câest lĂ encore un changement Ă surveiller plutĂŽt quâune victoire Ă proclamer. Les conflits entre Bananie et RuthvĂ©nie ont suffisamment accumulĂ© de ressentiments pour quâune rĂ©union ne les fasse pas disparaĂźtre. Mais une rĂ©union oĂč les participants gardent leurs armes sous la table est encore supĂ©rieure Ă une bataille oĂč ils les utilisent au-dessus.Et puisquâil est question dâinstitutions qui apprennent lentement la modĂ©ration je dois revenir briĂšvement vers lâHĂ©lĂ©nie. Le formulaire de ComĂšte continue de circuler et propose toujours cette combinaison admirable entre hospitalitĂ© gratuite et acceptation prĂ©alable de la violence inquisitoriale. Je pourrais recommencer toute mon analyse mais il serait cruel de tirer plusieurs fois sur un document qui parvient dĂ©jĂ trĂšs bien Ă se blesser seul. Je retiendrai simplement que le Cybermonde dispose dĂ©sormais dâau moins trois dĂ©finitions concurrentes de la libertĂ©. Celle du GĂ©ofront oĂč lâon veut rester indĂ©pendant tout en Ă©tudiant des protecteurs. Celle de lâUKraSS oĂč lâon vous propose une autonomie presque totale sous un Parti commun. Celle de la Sainte HĂ©lĂ©nie oĂč vous ĂȘtes libre de venir aprĂšs avoir signĂ© que lâInquisitrice possĂšde quelques options en cas de dĂ©saccord.La science ne nous permet toujours pas de dĂ©terminer laquelle produit le moins de formulaires. Nous travaillons dessus. Mais la grande diffĂ©rence aujourdâhui est ailleurs. Pour une fois les Ă©vĂ©nements les plus importants ne sont pas des coups dâĂtat ou des attentats. Une alliance a Ă©tĂ© acceptĂ©e. Une personne a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©e pour sa recherche obstinĂ©e de paix. Des gouvernements ennemis hier dĂ©couvrent quâils peuvent peut-ĂȘtre devenir des partenaires demain. Cela ne signifie pas que le Cybermonde vient de devenir raisonnable. Je vous rassure immĂ©diatement. La raison nâa pas encore Ă©tĂ© signalĂ©e dans nos registres et aucune Ă©quipe de secours ne la recherche. Cela signifie seulement que les relations changent. Et les relations sont plus dangereuses pour lâordre ancien que les guerres. Une guerre confirme ce que chacun pensait dĂ©jĂ de lâautre. Lâennemi attaque et cela prouve quâil Ă©tait ennemi. Une alliance oblige Ă recommencer le raisonnement. Il faut expliquer aux citoyens pourquoi ceux que lâon prĂ©sentait hier comme irresponsables deviennent aujourdâhui des partenaires raisonnables. Il faut ressortir les vieux discours et prĂ©tendre quâils avaient Ă©tĂ© mal compris. Il faut apprendre Ă partager une table avec des gens sur lesquels on avait construit sa carriĂšre en promettant de ne jamais partager une table. Les historiens appelleront peut-ĂȘtre cela diplomatie. Moi jâappelle cela regarder les gouvernements avaler lentement leurs propres affiches. Le bruit des Enfers rĂ©pondit par une vibration Les personnes citĂ©es ce soir peuvent naturellement venir rĂ©pondre. Cassandra peut expliquer jusquâoĂč va exactement lâalliance avec Kraland et combien de mĂštres autour de SibĂ©ria les diplomates doivent respecter avant que le thĂ© ne soit remplacĂ© par quelque chose de plus Ă©nergique. Sophos peut prĂ©ciser quelle place il imagine dĂ©sormais pour le Paradigme dans son grand rĂ©seau scientifique. PrĂ©cieuse Liarr peut nous dire si son Prix Fragile possĂšde une garantie contre la casse. Alice Ravenloft peut naturellement venir parler de cette paix Ă laquelle elle continue de croire malgrĂ© la participation active du reste du Cybermonde. Dame DĂ©merzel peut nous tenir informĂ©s de sa trĂȘve avec le Khanat et ComĂšte peut toujours venir dĂ©fendre son merveilleux guide touristique inquisitorial. Le signal se dĂ©forma et plusieurs mots furent presque engloutis. Quant Ă moi je vous parle toujours depuis mes vacances. Un craquement. Tout va trĂšs bien. Un autre. Je ne vois simplement absolument rien. Une pause plus longue. Ce qui prĂ©sente finalement un avantage professionnel considĂ©rable. Je ne suis plus influencĂ©e par les apparences. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Aujourdâhui deux ennemis ont choisi de devenir alliĂ©s et une voyageuse a reçu un prix pour avoir continuĂ© Ă croire que les peuples pouvaient se comprendre. Ne vous emballez pas. Demain quelquâun fera probablement exploser quelque chose. La frĂ©quence sâĂ©teignit. |
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10 Aout 6662026
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ĂMISSION SPĂCIALE
LE CYBERMONDE VIENT DE DĂCOUVRIR (...)
![]() 10 Aout 6662026 Spoiler
Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile et je vous demande exceptionnellement de ranger les guerres les coups dâĂtat et les formulaires inquisitoriaux pendant quelques minutes. Nous avons un record. Un vrai. Pas un record du nombre de souverains utilisĂ©s par la RuthvĂ©nie dans une mĂȘme semaine ni celui du nombre de façons diffĂ©rentes dont Kraland peut dĂ©finir le Bonheur. Cette nuit la loterie internationale vient de connaĂźtre le plus gigantesque tirage de tous les relevĂ©s que jâai sous les yeux. Cent quatre-vingt-dix billets. Quatre mille deux cent soixante-quinze ĂE. Et un seul nom au bout du ticket. Noctis. »Il faut mesurer lâampleur de la chose. Ces derniers mois la loterie vivait une existence relativement raisonnable pour une institution du Cybermonde. Trente billets par-ci. Cinquante par-lĂ . Soixante-douze lorsque lâenthousiasme devenait sĂ©rieux. Ranxerox avait remportĂ© mille six cent vingt avec soixante-douze billets vendus. Vostroyan avait touchĂ© mille sept cent cinquante-cinq avec soixante-dix-huit billets. Et le douze janvier Kintaga Tsugiro avait Ă©tabli le grand sommet visible dans nos archives avec quatre-vingt-huit billets et un gain de mille neuf cent quatre-vingts. Pendant des mois personne nâĂ©tait rĂ©ellement venu inquiĂ©ter cette marque. Puis arrive cette nuit. Pas quatre-vingt-neuf billets. Pas cent. Pas mĂȘme cent vingt pour offrir aux archivistes une progression Ă©lĂ©gante. Cent quatre-vingt-dix. Le Cybermonde nâa pas battu son prĂ©cĂ©dent enthousiasme. Il lâa pris par les chevilles et lâa lancĂ© par-dessus une muraille.Et au milieu de cette montagne de petits espoirs achetĂ©s se tient dĂ©sormais Noctis avec quatre mille deux cent soixante-quinze ĂE. FĂ©licitations au gagnant. SincĂšrement. Il existe des jours oĂč lâon peut passer plusieurs heures Ă travailler Ă comploter ou Ă conquĂ©rir une province pour obtenir une fraction de cela. Noctis a pour sa part choisi la mĂ©thode beaucoup plus raffinĂ©e consistant Ă laisser cent quatre-vingt-neuf autres billets perdre correctement. Certains appelleront cela de la chance. Les gens riches prĂ©fĂšrent gĂ©nĂ©ralement appeler cela une stratĂ©gie dĂšs que lâargent est sur leur compte.Je voudrais Ă©galement avoir une pensĂ©e pour les cent quatre-vingt-neuf autres billets. Ils avaient des rĂȘves. Une histoire. Peut-ĂȘtre une famille. Certains sâimaginaient dĂ©jĂ payer une armure ou une maison ou une quantitĂ© irresponsable de nourriture pour chat. Ils ont tous disparu pour quâun seul puisse connaĂźtre la gloire. Câest finalement une reprĂ©sentation assez fidĂšle du fonctionnement politique du Cybermonde mais avec davantage de transparence puisque personne ne prĂ©tend que les billets perdants ont gagnĂ© moralement. Le plus remarquable reste la progression brutale de la participation. La semaine derniĂšre seulement trente et un billets avaient Ă©tĂ© vendus lorsque Annie empochait six cent quatre-vingt-dix-huit. Et Annie connaĂźt dâailleurs particuliĂšrement bien cette loterie puisquâelle apparaĂźt encore et encore dans les archives avec plusieurs victoires cette annĂ©e. Il faudra peut-ĂȘtre un jour lui demander si elle achĂšte des billets ou si les billets se prĂ©sentent spontanĂ©ment chez elle en demandant Ă ĂȘtre adoptĂ©s. Mais cette semaine nous sommes passĂ©s de trente et un billets Ă cent quatre-vingt-dix. Quelque chose sâest produit. Une fiĂšvre. Une rĂ©vĂ©lation. Une soudaine conviction collective que cette fois prĂ©cisĂ©ment le destin avait dĂ©cidĂ© de distribuer de lâargent.Il lâa fait. Ă Noctis.Les autres peuvent reprendre leur travail demain. Et puisque la loterie internationale possĂšde cette petite particularitĂ© qui empĂȘche le hasard de devenir entiĂšrement Ă©goĂŻste un montant Ă©quivalent au gain est Ă©galement versĂ© aux institutions internationales. Quatre mille deux cent soixante-quinze ĂE pour le gagnant et lâĂ©quivalent pour les institutions. Ainsi mĂȘme lorsque vous perdez vous pouvez vous consoler en sachant que votre argent participe indirectement au fonctionnement de structures administratives cybermondiales. Je laisse Ă chacun le soin de dĂ©terminer si cette information rend rĂ©ellement la dĂ©faite moins douloureuse. Les archives donnent nĂ©anmoins Ă ce tirage quelque chose dâassez exceptionnel. Depuis janvier nous avons vu Nerdos Valkyry gagner deux fois. Hans Van Meegeren deux fois. Maraud deux fois. Annie revenir si rĂ©guliĂšrement que je commence Ă soupçonner une relation privilĂ©giĂ©e avec une divinitĂ© spĂ©cialisĂ©e dans les boules numĂ©rotĂ©es. Nous avons vu Lyra du Hautbois repartir avec sept cent quatre-vingt-huit Ăf. Jaylie Dei Machiavelli prendre mille quatre-vingts MĂ. Jean-Messie de la Nation empocher mille six cent vingt ¹¹. Passe-Muraille obtenir mille cinq cent huit ĂE. Mais personne dans ces relevĂ©s nâavait encore approchĂ© le chiffre de cette nuit. Quatre mille deux cent soixante-quinze. Câest suffisamment gros pour quâune personne raisonnable se demande immĂ©diatement quel ami va soudainement se souvenir quâil avait toujours Ă©normĂ©ment apprĂ©ciĂ© Noctis.Je conseille donc au gagnant les prĂ©cautions habituelles. Ne prĂȘtez rien avant demain. MĂ©fiez-vous des cousins nouvellement dĂ©couverts. Si quelquâun vous explique quâil possĂšde une formidable occasion dâinvestissement impliquant une centrale nuclĂ©aire bananienne une cryptomonnaie confĂ©dĂ©rĂ©e ou un portail dĂ©moniaque sibĂ©rien refermez doucement la porte. Et surtout souvenez-vous quâune fortune fraĂźchement acquise possĂšde cette caractĂ©ristique Ă©trange de rendre son propriĂ©taire soudainement beaucoup plus spirituel beau et intĂ©ressant aux yeux de personnes qui ignoraient encore son existence cinq minutes auparavant. Radio NĂ©crotoile fĂ©licite donc officiellement Noctis pour le plus gros tirage visible dans nos archives de cette annĂ©e. Cent quatre-vingt-dix billets vendus. Quatre mille deux cent soixante-quinze ĂE remportĂ©s. Un nouveau sommet de participation et un nouveau sommet de gain numĂ©rique parmi les tirages transmis. VoilĂ au moins un record qui ne nĂ©cessite ni invasion ni dĂ©cĂšs ni changement de souverain. Je savais que le Cybermonde en Ă©tait capable.La frĂ©quence grĂ©silla lĂ©gĂšrement. Noctis est Ă©videmment invitĂ© Ă venir nous expliquer ce quâil compte faire de cette fortune. Les cent quatre-vingt-neuf dĂ©tenteurs de billets perdants peuvent Ă©galement tĂ©moigner. Nous prĂ©voirons quelque chose de doux et quelques mouchoirs. Annie peut surtout appeler la rĂ©daction pour nous rĂ©vĂ©ler enfin ce quâelle sait que les autres ignorent parce quâaprĂšs autant de gains je commence Ă considĂ©rer lâhypothĂšse de la chance comme intellectuellement paresseuse. Un court silence passa. Quant aux autres auditeurs je suppose que vous savez dĂ©jĂ ce qui va arriver. La voix de Kleo prit cette gravitĂ© cĂ©rĂ©monielle La semaine prochaine tout le monde achĂštera un billet. Et la cagnotte retombera probablement Ă vingt-six. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. FĂ©licitations Noctis. Profitez-en avant quâun ministre dĂ©couvre votre compte bancaire. Sortez moi d'ici. ![]() |
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10 Aout 6662026
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RADIO NĂCROTOILE
La vieille radio impériale grésilla (...)
![]() 10 Aout 6662026 Spoiler RADIO NĂCROTOILE La vieille radio impĂ©riale grĂ©silla longtemps avant
Bonsoir Cybermonde. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Je pensais consacrer cette Ă©dition Ă la politique internationale et aux habituelles tentatives des gouvernements pour appeler paix la pĂ©riode pendant laquelle ils rechargent. Malheureusement des circonstances dâune gravitĂ© absolument insoutenable mâobligent Ă interrompre nos programmes. Je viens de dĂ©couvrir quâune femme de lâEmpire Brun subit actuellement une torture si dĂ©gradante et si mĂ©thodiquement barbare que je considĂšre de mon devoir de journaliste de documenter lâaffaire avant que les responsables ne tentent plus tard de prĂ©tendre que personne nâavait rien entendu. Un frottement de corde passa derriĂšre sa voix. Quelque chose chuta brutalement puis sâarrĂȘta avec un claquement sec. Kleo resta silencieuse une seconde avant de reprendre avec une lenteur presque funĂ©raire. La victime est Lyra du Hautbois]. PrĂȘtresse de lâEmpereur [b]Octave Sombrefer. Oui. Sa prĂȘtresse. Une femme confiĂ©e aux plus hautes responsabilitĂ©s impĂ©riales et que Son ImpĂ©riale DisponibilitĂ© devait certainement protĂ©ger lorsquâil trouverait dans son agenda une fenĂȘtre suffisamment vaste entre deux contemplations de plafond. Ă lâheure oĂč je vous parle Lyra est suspendue au-dessus du SiĂšge de Naar par un assemblage de cordes dont je refuse de croire quâil ait Ă©tĂ© homologuĂ© par une quelconque corporation sĂ©rieuse. Ses poignets sont attachĂ©s dans son dos. Ses jambes sont maintenues. Des cordes glissent contre sa peau. Elle vient dâĂȘtre lĂąchĂ©e dans le vide avant dâĂȘtre arrĂȘtĂ©e Ă quelques centimĂštres du bois. Jâai entendu la chute. Jâai entendu les cordages se tendre. Je ne peux actuellement presque rien voir mais je possĂšde encore mes oreilles et malheureusement elles fonctionnent trĂšs bien. La frĂ©quence crĂ©pita puis Kleo poursuivit Le ravisseur emploie des mĂ©thodes particuliĂšrement raffinĂ©es. Une griffe est lentement passĂ©e depuis la hanche jusquâaux cĂŽtes. Puis de lâautre cĂŽtĂ©. Jâai entendu ce petit bruit absolument charmant de la chair agressĂ©e assez profondĂ©ment pour que la victime comprenne parfaitement le message mais pas assez pour fournir au tortionnaire la politesse dâune mare de sang facile Ă nettoyer. Les supplices sont interrompus par des chutes contrĂŽlĂ©es et des suspensions et des menaces et un usage rĂ©pĂ©tĂ© de cordages dont certains nĆuds sont Ă mon sens une violation flagrante de plusieurs siĂšcles de savoir-faire. Jâaimerais insister lĂ -dessus. Il existe des traditions. Une civilisation ne passe pas des gĂ©nĂ©rations Ă perfectionner lâart de ligoter quelquâun pour quâun dĂ©mon improvisĂ© arrive ensuite et serre les poignets avec la dĂ©licatesse dâun marin ivre fermant un sac de navets. MĂȘme la torture doit conserver un minimum de dignitĂ©. Nous ne sommes pas Ă la ConfĂ©dĂ©ration. Il faut Ă©galement parler de lâaccoutrement du ravisseur. Mes chers auditeurs je sais que certains dâentre vous possĂšdent des enfants. Ăloignez-les de la radio. Le dĂ©mon responsable de cet enlĂšvement a choisi pour cette opĂ©ration un maillot de bain vert fluo. Je rĂ©pĂšte. Vert fluo. Avec des sandales. Je croyais avoir tout vu dans lâEmpire Brun. Jâai vu des nĂ©cromanciens gouverner. Jâai vu des dĂ©mons signer des contrats. Jâai vu des Empereurs recevoir des conseils militaires de crĂ©atures dont le principal apport alimentaire Ă©tait le sucre. Mais je nâavais encore jamais contemplĂ© moralement une atteinte aussi frontale Ă la dignitĂ© dâune prisonniĂšre. Imaginez un instant. Vous ĂȘtes enlevĂ©e. TraĂźnĂ©e dans le sable. Suspendue Ă des cordes. MarquĂ©e par une griffe dĂ©moniaque. MenacĂ©e de supplices interminables. Et lorsque vous parvenez enfin Ă relever les yeux sur votre bourreau vous dĂ©couvrez un speedo vert fluorescent. Il existe des traumatismes dont aucune magie ne peut complĂštement effacer la trace. Je tiens Ă©galement Ă prĂ©ciser que lâendroit est effroyable. Une basilique de Naar perdue au milieu dâune plage dĂ©moniaque. De la chaleur partout. Une mer de lave non loin. Des crĂąnes. Des os. Une chaise religieuse dont lâhistoire aurait dĂ©jĂ dĂ» justifier trois inspections patrimoniales et au milieu de tout cela Lyra suspendue comme une offrande dĂ©corative pour satisfaire un ravisseur qui semble considĂ©rer que le terrorisme Ă©motionnel contre lâEmpereur relĂšve dâune activitĂ© de loisir. La victime est donc isolĂ©e. ArrachĂ©e Ă son fief. PrivĂ©e du sol. EntourĂ©e de dĂ©mons. Et celui qui est supposĂ© tenir Ă elle assez pour vouloir lui confier lâavenir de sa lignĂ©e nâest toujours pas arrivĂ©. Je ne fais que constater. Les archives aussi constateront. Elles ont cette mauvaise habitude. Jâignore ce que fait exactement Octave Sombrefer Ă cet instant. Peut-ĂȘtre cherche-t-il une solution. Peut-ĂȘtre prĂ©pare-t-il un grand plan. Peut-ĂȘtre Ă©tudie-t-il une carte retournĂ©e dans le mauvais sens. Je nâen sais rien. Alors que je suis responsable de sa biographie, imaginez. En revanche je sais ce que jâentends ici. Jâentends sa servante attachĂ©e. Jâentends son ravisseur lui parler. Jâentends les cordes. Jâentends les griffes. Jâentends une femme qui commence lentement Ă comprendre quâentre celui qui promet de venir et celui qui se trouve rĂ©ellement dans la piĂšce il existe parfois une diffĂ©rence beaucoup plus dangereuse quâun portail dĂ©moniaque. Je ne tirerai aucune conclusion prĂ©maturĂ©e. Ce serait contraire Ă ma dĂ©ontologie absolument irrĂ©prochable. Mais les absences ont une propriĂ©tĂ© Ă©trange. Elles finissent toujours par ĂȘtre occupĂ©es par quelquâun. Peut-ĂȘtre que lâEmpereur arrivera demain et que toute cette histoire se terminera par un sauvetage glorieux et une magnifique dĂ©claration et suffisamment dâexplosions pour que personne ne se souvienne du retard. Peut-ĂȘtre. Mais sâil arrive beaucoup plus tard il dĂ©couvrira peut-ĂȘtre que certaines cordes se dĂ©tachent plus facilement que certaines habitudes. Et je prĂ©fĂšre inscrire ceci aujourdâhui dans les archives parce quâil existe des phrases auxquelles personne ne prĂȘte attention lorsquâelles sont prononcĂ©es et que tout le monde retrouve miraculeusement deux ans aprĂšs en prĂ©tendant quâelles Ă©taient Ă©videntes. Un frottement plus violent passa sur les ondes. Quant Ă Lyra elle tient encore. Pour lâinstant. Elle ne hurle pas beaucoup ce qui mâinquiĂšte presque davantage. Les personnes qui subissent quelque chose dâabominable et dĂ©couvrent malgrĂ© elles quâelles peuvent le supporter ont parfois tendance Ă en ressortir lĂ©gĂšrement diffĂ©rentes. Son ravisseur affirme vouloir la marquer Ă vie. Je ne peux pas confirmer lâĂ©tendue des marques physiques puisque je ne vois presque rien. Je peux cependant confirmer quâil fait tout ce quâil faut pour que lâexpĂ©rience reste mĂ©morable. Cordages serrĂ©s. Griffes. Suspensions. Chutes. Humiliations. Et toujours ce maillot. Surtout le maillot. Alors Octave si par hasard la radio impĂ©riale atteint lâendroit oĂč vous vous trouvez je me permets une recommandation journalistique et parfaitement neutre. DĂ©pĂȘchez-vous. Pas uniquement parce que votre prĂȘtresse est actuellement Ă quelques centimĂštres dâun siĂšge infernal avec les poignets attachĂ©s derriĂšre elle. Pas uniquement parce quâun dĂ©mon semble prendre un plaisir malsain Ă lui faire comprendre que personne ne vient. Pas uniquement parce que ses griffes commencent Ă connaĂźtre son corps avec davantage de prĂ©cision que certains mĂ©decins. DĂ©pĂȘchez-vous parce que chaque minute pendant laquelle vous nâĂȘtes pas ici devient une minute durant laquelle quelquâun dâautre lâest. Et ce genre de comptabilitĂ© finit parfois par devenir extrĂȘmement embarrassant lorsquâon la ressort Ă un hĂ©ritier. Les personnes concernĂ©es pourront naturellement venir rĂ©pondre. Ombre MachiavĂ©lique pourra expliquer pourquoi son dispositif de suspension ressemble Ă une tentative de meurtre contre lâart du nĆud. Lyra du Hautbois pourra tĂ©moigner lorsquâelle aura retrouvĂ© lâusage normal de ses poignets et Ă©ventuellement de sa dignitĂ©. Octave Sombrefer pourra expliquer ce qui retient exactement le Dark Chevalier de lâAbsolu pendant que sa prĂȘtresse dĂ©couvre Ă cinq centimĂštres du SiĂšge de Naar que le temps peut devenir extrĂȘmement long. MĂȘme les fabricants de maillots de bain peuvent appeler. Jâaimerais comprendre qui a autorisĂ© cette couleur. Une derniĂšre sĂ©rie de parasites traversa la frĂ©quence. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile depuis un endroit que je continuerai officiellement dâappeler mes vacances jusquâĂ ce que quelquâun ait la politesse de m'en sortir. |
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10 Aout 6662026
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Petit grésillement.
Une (...)
![]() 10 Aout 6662026
Spoiler Petit grĂ©sillement. Bonsoir, chers auditeurs, aventuriers, sorciĂšres, monstres folkloriques, princes dĂ©chus, princesses qui ont eu la prĂ©sence dâesprit de ne pas attendre quâon vienne les sauver⊠et vous, lĂ , qui possĂ©dez une cape depuis cinq ans sans jamais avoir trouvĂ© dâoccasion lĂ©gitime de la porter.
![]() Ce week-end, direction Sanctuaire Ă la Lune Dansante, pour la troisiĂšme Ă©dition du festival : CONTES & LĂGENDES III ! Oui.
Ce qui signifie que les deux premiĂšres nâont manifestement pas rĂ©ussi Ă provoquer lâeffondrement dĂ©finitif de la civilisation et que, par consĂ©quent, les organisateurs ont dĂ©cidĂ© de recommencer. Le principe est simple, vous prenez votre plus beau costume inspirĂ© dâun conte, dâune lĂ©gende, dâun folklore ou dâune crĂ©ature fantastique⊠âŠet vous venez faire la fĂȘte. Vous avez toujours rĂȘvĂ© dâarriver quelque part dĂ©guisĂ© en fĂ©e maudite, chevalier tragique, divinitĂ© oubliĂ©e, ogre mondain ou Ă©trange crĂ©ature des bois dont personne nâose demander exactement ce quâelle mange ?
Vous serez probablement dans le thĂšme. Au programme : Un concours de dĂ©guisements , jugĂ© par un jury annoncĂ© comme impartialâŠVoire mĂȘme, je citeâŠ
Radio NĂ©crotoile ignore parfaitement ce que cela signifie, mais nous soutenons fermement toute innovation dans le domaine du jugement arbitraire. Vous pourrez Ă©galement venir raconter vos contes et vos lĂ©gendes, dĂ©couvrir ceux des autres, partager vos folklores, vos crĂ©atures, vos traditions et toutes ces merveilleuses histoires que les peuples inventent gĂ©nĂ©ralement pour expliquer pourquoi il ne faut surtout pas entrer seul dans la forĂȘt aprĂšs minuit.
Vous pouvez mĂȘme en proposer !!!!! Donc si vous possĂ©dez une compĂ©tence extrĂȘmement spĂ©cifique que votre entourage refuse obstinĂ©ment de considĂ©rer comme utile⊠Câest peut-ĂȘtre enfin votre heure. ![]() Et parce quâun festival sans musique serait simplement une rĂ©union de gens costumĂ©s qui mangent debout, il y aura Ă©galement un concert. Ainsi quâun repas prĂ©parĂ© spĂ©cialement pour lâoccasion. Parce quâĂ©couter trois heures de lĂ©gendes ancestrales le ventre vide est une excellente maniĂšre de finir par manger le petit chaperon rouge. Et surtout, Tout le monde est bienvenu. Oui, mĂȘme vous. MĂȘme si votre costume a Ă©tĂ© assemblĂ© quinze minutes avant de partir. MĂȘme si votre connaissance du folklore se limite à « je crois que les dragons aiment lâor ». MĂȘme si votre derniĂšre histoire commence par : Alors techniquement, jâĂ©tais pas censĂ© ouvrir le portail⊠Venez. Venez raconter. Venez Ă©couter. Venez vous dĂ©guiser. Venez manger. Venez applaudir. Venez rencontrer des crĂ©atures Ă©tranges dans un cadre oĂč, exceptionnellement, leur prĂ©sence est prĂ©vue par lâorganisation. Contes & LĂ©gendes III. Ce week-end. Ă la Lune Dansante, Ă Sanctuaire. Une demande de Ninoo Chantargent, qui a eu lâexcellente idĂ©e de contacter Radio NĂ©crotoile pour sa publicitĂ© et prend donc dĂ©sormais lâentiĂšre responsabilitĂ© des personnes que cette Ă©mission pourrait attirer. Petit silence. Ninoo⊠Je suis dĂ©solĂ©e dâavance. |
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10 Aout 6662026
Dans la salle haute oĂč Radio NĂ©crotoile a plantĂ© ses antennes comme (...)
![]() 10 Aout 6662026 Dans la salle haute oĂč Radio NĂ©crotoile a plantĂ© ses antennes comme des aiguilles dans le cadavre encore tiĂšde de lâHistoire les chandelles tremble sous les voĂ»tes noircies. Des crĂąnes tiennent lieu de serre-livres. Les rideaux pourpres boit la lumiĂšre des lampes et les dorures anciennes semble avoir Ă©tĂ© volĂ©es Ă trois palais ruinĂ©s puis revendues au mĂȘme empereur. Au centre de cette dĂ©cadence parfaitement fonctionnelle une petite silhouette aux yeux bleus dĂ©roule un parchemin beaucoup trop long pour la table. Spoiler Bonsoir chers auditeurs de lâEmpire Brun. Bonsoir aussi aux sujets Ă©trangers qui ont eu le bon goĂ»t de rĂ©gler leur rĂ©cepteur sur une frĂ©quence correcte. Vous Ă©coutez Radio NĂ©crotoile et je suis Kleo votre journaliste parfaitement impartiale. Si certains m'ont vu aujourd'hui, vous n'avez rien vu, merci. La journĂ©e nous offre dâailleurs une dĂ©monstration assez admirable de cette maladie trĂšs humaine qui consiste Ă vouloir absolument baptiser les choses avant de les commettre. Une invasion devient une opĂ©ration de paix. Une prise de pouvoir devient une restauration de lâordre. Une taxe devient une fĂȘte. Une drogue devient du Bonheur. Une tentative dâassassinat devient un dĂ©saccord de gouvernance. LâEmpire Brun a au moins la courtoisie de conserver des noms simples. Un dĂ©mon est un dĂ©mon. Une usurpation est une usurpation. Un gouverneur qui se fait renverser aurait dĂ» mieux fermer sa porte. Câest rustique mais lâHistoire apprĂ©cie les administrations qui lui Ă©pargnent les notes de bas de page. Commençons donc par lâHĂ©lĂ©nie oĂč lâon vient de dĂ©couvrir que le pacifisme pouvait parfaitement se pratiquer avec un croiseur de guerre Ă condition de sourire pendant lâabordage. Le Cruisader flottait encore sous lâautoritĂ© de Fistulin Saint-CiboĂšre quand la Sainte Inquisition a dĂ©cidĂ© que cet homme Ă©tait manifestement trop ĂągĂ© pour disposer dâun navire armĂ© sans surveillance maternelle. Les troupes seeliennes est entrĂ©e sous une onde de paix magique qui rendait toute opposition assez thĂ©orique. Al-ma' sâest installĂ©e aux commandes aprĂšs que Fistulin Saint-CiboĂšre eut perdu son poste dans un remarquable enchaĂźnement oĂč lâaccusation de vandalisme a servi de tapis rouge Ă une confiscation militaire. On pourra toujours discuter du droit maritime. Il faut cependant reconnaĂźtre la beautĂ© de la mĂ©thode. Lorsque personne ne peut se battre vous pouvez dĂ©clarer avec une grande sĂ©rĂ©nitĂ© que personne ne sâest opposĂ© Ă votre intervention.Puis Kath Khanova est arrivĂ©e avec des soldats et lâenthousiasme approximatif dâune capitaine qui avait annoncĂ© quelques heures plus tĂŽt vouloir annexer la Slavonie avant de dĂ©cider quâelle prĂ©fĂ©rait peut-ĂȘtre la plage. VoilĂ une femme qui traite la stratĂ©gie comme certains traitent les cartes de taverne. Elle choisit beaucoup et commande vite. Son dĂ©filĂ© avait suffisamment inquiĂ©tĂ© Sophos pour que le Premier Ministre kralandais menace lâHĂ©lĂ©nie dâun Ă©tat de dĂ©fense nationale si personne ne lui fournissait rapidement une explication assez raisonnable. Les habitants qui a regardĂ© cette sĂ©quence auront peut-ĂȘtre remarquĂ© le miracle. Une nation rebelle pacifiste menaçait vaguement une province kralandaise pendant quâune RĂ©publique pacifiste prĂ©parait sa mobilisation contre elle et quâau mĂȘme moment une armĂ©e hĂ©lĂ©nienne prenait possession dâun bĂątiment de guerre au nom de la sĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©rale. Il y a des cathĂ©drales qui reposent sur moins de contradictions. Al-ma' a ensuite expliquĂ© que lâinterception du Cruisader Ă©tait bienveillante. Ce mot mĂ©rite quâon le conserve dans les archives. Le navire doit ĂȘtre rĂ©parĂ©, amĂ©liorĂ© et prĂ©parĂ© pour de futures missions de maintien de la paix internationale. On Ă©voque mĂȘme lâidĂ©e de protĂ©ger le GĂ©ofront ou de sauver des gens avec une vigueur qui gagnerait sans doute Ă ĂȘtre annoncĂ©e avant le premier coup de canon. Ces explications suffit apparemment Ă transformer une saisie en acte charitable. ComĂšte a dâailleurs annoncĂ© que lâordre Ă©tait revenu Ă bord puis imposĂ© un salaire minimum. Câest une trĂšs belle Ă©volution institutionnelle. Hier encore on se disputait la propriĂ©tĂ© du bateau. Aujourdâhui on nĂ©gocie dĂ©jĂ les conditions de travail Ă lâintĂ©rieur. Il ne manque plus quâune administration fiscale et le navire pourra prĂ©tendre ĂȘtre une vĂ©ritable province.Je voudrais attirer votre attention sur un dĂ©tail qui me paraĂźt essentiel. Le problĂšme du Cruisader nâest pas que tout le monde ment. Ce serait beaucoup trop simple. Le problĂšme est que presque tout le monde dit une vĂ©ritĂ© diffĂ©rente et exige quâelle soit reconnue comme la seule capable de flotter. Fistulin Saint-CiboĂšre voit son bĂątiment et sa libertĂ©. La Sainte Inquisition voit un patrimoine militaire seelien. Kath Khanova voit une occasion de pratiquer la paix avec des casques. Sophos voit une menace sur la Slavonie. ComĂšte voit un ordre retrouvĂ©. Les diplomates veut tous Ă©viter la guerre et chacun apporte donc sa propre raison de prĂ©parer la suivante. Câest touchant. On dirait six mĂ©decins rĂ©unis autour dâun malade qui se disputeraient la cause du dĂ©cĂšs avant de vĂ©rifier sâil respire encore.Ă ceux qui souhaiteraient corriger cette analyse je rappelle que les lignes de NĂ©crotoile sont ouvertes. Al-ma' peut venir expliquer comment une saisie devient une caresse. Fistulin Saint-CiboĂšre peut dĂ©fendre son titre de capitaine. Kath Khanova peut nous indiquer quelle province elle comptait envahir entre deux baignades. Les concernĂ©s peuvent bien entendu nier publiquement. Cela constituera une archive supplĂ©mentaire et les archives ont cette politesse rare de ne jamais interrompre les gens pendant quâils se compromettent.VoilĂ qui nous conduit naturellement vers la SibĂ©ria oĂč le Paradigme Vert continue de prouver que la nature sait reprendre ses droits y compris sur les institutions. Bladimir Bladimirovitch Mutin a commencĂ© la journĂ©e en prenant la mairie de Garinaville puis en imposant une taxe immobiliĂšre afin de rĂ©parer des finances jugĂ©es exsangues. Peu aprĂšs il a choisi de pisser sur la statue municipale. Cette politique fiscale et hydraulique nâa pas produit les rĂ©sultats espĂ©rĂ©s. Il a perdu son poste puis la police lâa conduit en prison aprĂšs une confrontation avec Fawomane Ravenloft. Je ne veux pas paraĂźtre sĂ©vĂšre. Tout homme politique peut connaĂźtre un mauvais quart dâheure. Mais lorsquâun rĂšgne commence par une taxe et se termine par une statue souillĂ©e avant le petit dĂ©jeuner il faut accepter que le destin vous suggĂšre peut-ĂȘtre une autre carriĂšre.Ce serait dĂ©jĂ dĂ©licieux si le reste de la province nâavait pas dĂ©cidĂ© dâenrichir lâaffaire. Serbitar Seraven a tentĂ© dâassassiner la Gouverneure Saphir Ravenmaid puis il sâest livrĂ© Ă la police avant de ressortir et de changer de domicile avec cette aisance administrative qui rend le Paradigme si reposant pour les fugitifs bien organisĂ©s. Saphir Ravenmaid reste en place et reçoit des soutiens pendant que Fawomane Ravenloft appelle des orateurs Ă dĂ©fendre la province contre les ambitions de Bladimir Bladimirovitch Mutin. Plus tard Mademoiselle trouve au contraire que ce mĂȘme Bladimir Bladimirovitch Mutin ferait un beau RĂ©gent. Les traitĂ©s et les principes ressemble souvent Ă cela au Paradigme. On plante trois opinions contradictoires dans le mĂȘme sol et on attend de voir laquelle poussera sans pesticides.Et dans ce jardin dĂ©jĂ suffisamment entretenu arrive la RĂ©publique de Kraland avec des propositions dâalliance et de jumelage entre la SibĂ©ria et lâĂźle de Kraland. Karlin explique que lâamitiĂ© doit produire des projets communs et quelques avantages mutuels. Pour une fois je ne trouve presque rien Ă redire. LâidĂ©e possĂšde une logique certaine. La SibĂ©ria dispose de froid, de smog et dâune politique locale capable de provoquer une crise de rĂ©gence avant le dĂźner. Kraland dispose de formulaires, de Bonheur et dâune aptitude remarquable Ă transformer chaque catastrophe en programme quinquennal. Ensemble ils pourraient crĂ©er la premiĂšre province oĂč mĂȘme les sapins auront besoin dâun tampon officiel avant de perdre leurs aiguilles.Restons un instant Ă la RĂ©publique car elle vient de franchir une Ă©tape importante dans son Ă©volution. Autrefois Kraland imposait le Bonheur comme devoir civique. CâĂ©tait grossier. DĂ©sormais elle le rĂ©compense sous forme de pastille. K' Velzard a remis Ă Sophos une Pastille du Bonheur en cĂ©lĂ©bration de la quasi Ă©radication de la Jovenia et des travaux ayant permis de synthĂ©tiser cette grande vertu nationale. Les ministres a trouvĂ© lĂ une solution Ă©lĂ©gante Ă lâun des plus vieux problĂšmes du pouvoir. Si le peuple ne ressent pas correctement ce que vous lui demandez de ressentir il suffit de dĂ©placer la question du domaine moral vers le domaine pharmaceutique.Je serais injuste si je ne saluais pas K' Velzard pour une autre dĂ©cision dâune luciditĂ© absolument exceptionnelle. Le Commissaire du Bonheur a recommandĂ© Radio NĂ©crotoile comme moyen dâaugmenter le bien-ĂȘtre. La science rejoint donc enfin ce que mes auditeurs savaient dĂ©jĂ . Je nâexagĂ©rerai pas cette reconnaissance officielle car ma modestie est un organe dĂ©licat quâil faut prĂ©server. Je constaterai seulement quâaprĂšs avoir Ă©tudiĂ© la maladie, la psychologie et la chimie la RĂ©publique arrive finalement Ă la conclusion quâĂ©couter une araignĂ©e brune constitue une mesure sanitaire. Il aura fallu beaucoup de chercheurs pour atteindre une Ă©vidence mais il faut respecter la mĂ©thode scientifique lorsquâelle finit par donner raison Ă lâEmpire.La recherche kralandaise ne sâarrĂȘte naturellement pas lĂ . Dragnor pousse des travaux destinĂ©s Ă diffuser le Bonheur encore davantage et lance aussi une recherche sur la communication directe des pensĂ©es. Les chercheurs fabrique donc un avenir oĂč lâĂtat nâaura peut-ĂȘtre mĂȘme plus besoin dâattendre que vous ouvriez la bouche pour savoir si vous ĂȘtes heureux. Jâadmire cette Ă©conomie de temps. LâEmpire Brun possĂšde des interrogatoires. Kraland invente la tĂ©lĂ©pathie administrative. Les mĂ©thodes diffĂšrent mais je reconnais volontiers quâil y a lĂ une certaine Ă©lĂ©gance bureaucratique.Pendant ce temps le ValĂ©gro a dĂ©cidĂ© de cĂ©lĂ©brer lâor avec cette innocence particuliĂšre des territoires qui dĂ©couvrent un filon et se persuadent aussitĂŽt que tout le monde va devenir riche. Nicolavitch a trouvĂ© de lâor. Korail a encouragĂ© lâardeur des travailleurs. Ch103 a installĂ© une chaĂźne de production aprĂšs un premier Ă©chec. ThĂ©o Thumb a prolongĂ© lâentrain du gisement et Emile Liarr a pris en main lâintendance pour que la journĂ©e de la pĂ©pite ne soit pas gĂąchĂ©e par une chose aussi secondaire quâun intendant absent. Les mineurs travaille avec enthousiasme sous le regard de la RĂ©publique pendant que Mench0 porte lâimpĂŽt sur les revenus du ValĂ©gro de vingt-cinq Ă soixante pour cent au nom de la fĂȘte de lâor prĂ©vue par le traitĂ©.Il faut admirer la puretĂ© du mĂ©canisme. On dĂ©couvre un trĂ©sor. On encourage les gens Ă lâextraire plus vite. On augmente ensuite la part qui revient au pouvoir. Puis on appelle cela une fĂȘte. Les Bruns auraient probablement ajoutĂ© un cercueil et une fanfare militaire mais sur le fond je ne vois rien de trĂšs exotique. Ce qui est fascinant chez Kraland est la capacitĂ© Ă prĂ©lever votre richesse tout en vous donnant lâimpression dâavoir participĂ© Ă une expĂ©rience collective de croissance intĂ©rieure. Le contribuable ne perd pas son or. Il lâĂ©lĂšve simplement vers un niveau supĂ©rieur de conscience budgĂ©taire. Passons maintenant Ă Mystisie oĂč je dois reconnaĂźtre un lĂ©ger retour aux valeurs sĂ»res. Don Amortel a prĂ©venu MnĂ©mĂ©sine d'Arcys quâil comptait la libĂ©rer de ses obligations municipales afin de construire une ligne ferroviaire vers une plage dont il ne savait plus trĂšs bien oĂč elle se trouvait. Peu aprĂšs des dĂ©mons auraient aidĂ© ses entreprises et Don Amortel a effectivement pris la mairie. VoilĂ une politique que je comprends. Elle possĂšde un objectif flou, des moyens surnaturels et une rĂ©ussite institutionnelle immĂ©diate. Les dĂ©mons rĂ©clamera sĂ»rement quelque chose plus tard mais diffĂ©rer le prix constitue depuis toujours le cĆur de la finance impĂ©riale.La Lampe du GĂ©nie a ensuite retrouvĂ© son atmosphĂšre habituelle. Des zombies attaquent les habitants. Une fumĂ©e de vomi dĂ©moniaque envahit Chez Monique avec assez de conviction pour provoquer une alerte Ă la bombe. Dusk et Aurora se retrouvent au milieu de cette charmante soirĂ©e et perdent leur poste de juge aprĂšs avoir agressĂ© Ombre Atonique. Je demande ici Ă mes auditeurs une certaine retenue. Dusk et Aurora sont des artistes de trĂšs grand talent et les artistes ont parfois une comprĂ©hension plus physique de la critique. Cela ne signifie pas quâils aient eu raison. Cela signifie simplement quâune dĂ©cision judiciaire prise dans une auberge noyĂ©e sous le vomi dĂ©moniaque et assiĂ©gĂ©e par des zombies mĂ©rite peut-ĂȘtre un peu de contexte avant quâon grave le jugement dans le marbre.Dâailleurs Monique Lemage a ouvert une Ă©cole de MĂ©tamagie dans son complexe alchimique. Câest peut-ĂȘtre la nouvelle la plus mystisienne de toute la journĂ©e. Pendant que des gens se font agresser et que les policiers a tentĂ© de poursuivre les personnes recherchĂ©es on ouvre une Ă©cole. VoilĂ la diffĂ©rence entre une province vĂ©ritablement impĂ©riale et les territoires qui attendent que la situation soit calme pour investir. En Mystisie nous savons quâattendre le calme revient souvent Ă renoncer pour toujours.Et puisque nous sommes dans lâEmpire Brun allons voir Sicilia oĂč Y0gi a donnĂ© en quelques heures une leçon accĂ©lĂ©rĂ©e de politique municipale. Il sâest prĂ©sentĂ© Ă lâĂ©lection. Il a relevĂ© la taxe fonciĂšre. Il sâest versĂ© une prime. Puis il a tentĂ© de pisser sur la statue du Bourgmestre et a perdu son poste pour vandalisme. Je sais ce que certains vont dire. VoilĂ qui ne donne pas une image trĂšs sĂ©rieuse de lâadministration brune. Câest faux. Cela donne au contraire lâimage dâune administration parfaitement capable de distinguer la corruption tolĂ©rable de la mauvaise utilisation du mobilier public. La Procureure Elliote Belt Dei Machiavelli a rĂ©cupĂ©rĂ© la majeure partie de la prime par une amende puis elle a combattu Y0gi. Ensuite la Gouverneure Jaylie Dei Machiavelli a rĂ©organisĂ© les postes municipaux. Les dĂ©cisions donne parfois lâimpression dâĂȘtre prises Ă lâĂ©pĂ©e mais elles sont prises. Câest dĂ©jĂ davantage que certains parlements peuvent promettre.Mais avant de quitter les affaires impĂ©riales une ombre plus douce traverse Niarkalistan. Syphilys Mawi a disparu de LĂ©prosie aprĂšs avoir cĂ©dĂ© plusieurs de ses biens. Sa servante Martine la Flasque lâaurait trouvĂ©e inanimĂ©e dans un cercueil avec un dernier enregistrement puis aurait conduit le tout vers la NĂ©cropole oĂč Charlie saurait peut-ĂȘtre attendre son rĂ©veil. Je ne vais pas transformer cette absence en plaisanterie. MĂȘme les chroniques les plus venimeuses doivent savoir quand baisser la voix. Il existe des dĂ©parts qui ressemblent Ă des dĂ©faites et des sommeils qui ressemblent Ă des exils. Dans un monde oĂč tout le monde exige dâĂȘtre vu il faut parfois beaucoup de fatigue pour choisir de disparaĂźtre.Nous finirons au Milieu oĂč lâon prĂ©pare le Sommet pour la Paix avec du champagne et des petits fours. Karen Vanderbilt a fait dĂ©corer son manoir afin que les dignitaires puissent sâapprĂ©cier davantage au lieu de se frapper. Câest une confiance Ă©mouvante dans les propriĂ©tĂ©s diplomatiques de la pĂąte feuilletĂ©e. Tifa LockHeart est dĂ©jĂ lĂ avec les reprĂ©sentants du Khanat ElmĂ©rien et rĂ©sume assez bien lâesprit de la rencontre. Les discussions pour la paix sont nĂ©cessaires mais elle attend tout de mĂȘme avec impatience le moment oĂč lâon pourra se taper dessus pour conclure lâaccord. Les diplomates veulent parfois des traitĂ©s. Les ElmĂ©riens veulent surtout ĂȘtre certains quâil restera quelque chose Ă signer aprĂšs le duel.Et je ne saurais terminer sans les KaraĂŻbes. Golgoth LandraĂ«l II y remercie le peuple de lâavoir Ă©lu une nouvelle fois et installe autour de lui KaNaar, FrĂ«lon Musc et Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ. Tout cela serait presque monarchique si le Royaume de RuthvĂ©nie nâavait dĂ©jĂ dĂ©posĂ© un brevet sur la dramatisation des fonctions locales. Plus tard une rumeur dĂ©crit Golgoth LandraĂ«l II accroupi depuis deux jours au bord dâune mare avec un fusil en affirmant chasser le Kanard alors que son arme pointe vers le sud et vers quelque chose de dorĂ© situĂ© beaucoup plus haut. Je nâaccuserai personne de convoiter quoi que ce soit. La prudence journalistique mâinterdit de confondre une trajectoire balistique avec une ambition politique. Je dirai simplement que lorsquâun homme regarde un trĂŽne en prĂ©tendant viser un oiseau il vaut mieux surveiller le trĂŽne et laisser lâoiseau tranquille.VoilĂ donc notre Cybermonde ce soir. LâHĂ©lĂ©nie saisit des navires pour prĂ©server la paix. Kraland transforme le Bonheur en rĂ©compense chimique. La SibĂ©ria hĂ©site entre rĂ©gence, prison et Ă©cologie armĂ©e. Le ValĂ©gro extrait de lâor afin de dĂ©couvrir plus efficacement lâimpĂŽt. Mystisie fait circuler les dĂ©mons entre deux institutions. Sicilia rappelle que mĂȘme un Bourgmestre ne devrait pas uriner nâimporte oĂč. Le Milieu sert du champagne Ă des gens venus nĂ©gocier le moment oĂč ils pourront recommencer Ă se battre. Et au milieu de tout cela lâEmpire Brun continue dâexister avec cette stabilitĂ© admirable qui consiste Ă ne jamais prĂ©tendre que le monde est raisonnable. Les archives survivront Ă ceux qui protestent. Câest leur fonction et câest aussi la mienne. Si quelquâun dĂ©sire poser une question, dĂ©poser une plainte ou simplement dĂ©fendre une version des faits suffisamment fragile pour nĂ©cessiter des tĂ©moins les lignes sont ouvertes. Les courageux peuvent donner leur nom. Les prudents peuvent mentir. Les diplomates peuvent envoyer trois pages pour expliquer quâils nâont rien fait. Je lirai tout avec lâimpartialitĂ© sĂ©vĂšre que vous me connaissez. Je suis Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Dormez bien si votre gouvernement vous lâautorise. Et souvenez-vous dâune chose. Quand une nation affirme quâelle vient en paix regardez dâabord ce quâelle a garĂ© devant votre porte. |
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11 Aout 6662026
Lâhiver fond, les trĂŽnes changent de propriĂ©taire et lâEmpire (...)
![]() 11 Aout 6662026 Lâhiver fond, les trĂŽnes changent de propriĂ©taire et lâEmpire vous prie de payer avec dignitĂ© Bonsoir Ă vous citoyens respectables, criminels provisoires, souverains dĂ©finitifs jusquâĂ demain matin et autres propriĂ©taires de convictions politiques dont la soliditĂ© dĂ©pend principalement de la distance qui vous sĂ©pare du prochain palais. Vous Ă©coutez Radio NĂ©crotoile. Ici Kleo, Ministre de lâInformation lorsque les circonstances administratives ont la dĂ©licatesse de sâen souvenir et surtout seule chroniqueuse du Cybermonde dont lâimpartialitĂ© est si parfaite quâelle rĂ©siste mĂȘme aux faits. Trois chandelles consument avec discipline les derniĂšres rĂ©serves dâoxygĂšne de ce studio. Un crĂąne dont personne nâa encore rĂ©clamĂ© la propriĂ©tĂ© me sert de presse-papier et sous le velours du vieux trĂŽne impĂ©rial quelque chose gratte depuis prĂšs dâune heure. Je prĂ©fĂšre considĂ©rer quâil sâagit dâun assistant. Nous allons donc parler ce soir de civilisation. Ce mot magnifique dĂ©signe gĂ©nĂ©ralement le court intervalle sĂ©parant le moment oĂč un gouvernement annonce une solution du moment oĂč les citoyens dĂ©couvrent pourquoi elle va leur coĂ»ter plus cher. Et quelle journĂ©e admirable nous avons eu. La SibĂ©ria invente le rĂ©chauffement climatique municipal. LâHĂ©lĂ©nie transforme une saisie militaire en projet hĂŽtelier. La Bouletie envisage de changer de nation comme dâautres changent de taverne. Un comte ruthvĂšne perd ses terres parce quâil aurait consacrĂ© trop dâattention Ă un Kanard. Pendant ce temps lâEmpire Brun accomplit cette chose infiniment plus sĂ©rieuse qui consiste Ă prĂ©lever de lâargent avec assez dâautoritĂ© pour que lâimpĂŽt ressemble Ă un privilĂšge. Commençons par le nord car lorsquâune civilisation entreprend volontairement de faire fondre son propre sol il serait discourtois de la faire attendre. Ă Garinaville Cassandre Lemage Ruthven a dĂ©couvert que les routes de SibĂ©ria Ă©taient dans un Ă©tat indigne dâune citĂ© moderne. Cette observation Ă©tait raisonnable. Câest malheureusement Ă cet instant que la raison a quittĂ© la piĂšce par une fenĂȘtre et personne nâa eu le courage de courir derriĂšre. Le pergĂ©lisol maltraite les chaussĂ©es. Le froid soulĂšve lâasphalte. Les habitants dĂ©sirent circuler sans que chaque dĂ©placement ressemble Ă une traversĂ©e maritime dans un cercueil Ă roulettes. La nouvelle bourgmestre a donc augmentĂ© la taxe fonciĂšre pour financer une solution pĂ©renne puis elle sâest accordĂ©e une prime afin dâacheter un manteau en poil de yack parce que le climat local se montre peu sensible aux responsabilitĂ©s municipales. Jusquâici nous demeurons dans les limites ordinaires de la politique. Un problĂšme. Une taxe. Une dĂ©pense personnelle vaguement reliĂ©e au problĂšme. Beaucoup de gouvernements ne vont jamais plus loin et vivent trĂšs heureux. Mais Cassandre possĂšde cette qualitĂ© rare qui distingue les administrateurs des visionnaires. Les premiers rĂ©parent la route. Les seconds dĂ©cident de modifier le climat.Son raisonnement mĂ©rite dâĂȘtre prĂ©servĂ© dans les archives car les gĂ©nĂ©rations futures refuseront probablement de croire que nous avons Ă©tĂ© aussi raffinĂ©s. Garinaville aurait autrefois Ă©tĂ© bĂątie dans lâespoir de retrouver un chenal sous les glaces. La glace empĂȘche aujourdâhui dâatteindre le vĂ©ritable sol. Or la chaleur fait fondre la glace. Une centrale thermique produit de la chaleur. Il suffit donc de faire tourner la centrale Ă plein rĂ©gime jusquâĂ ce que le climat local se rĂ©chauffe assez pour transformer le pergĂ©lisol en gadoue puis il ne restera quâĂ creuser dedans pour obtenir enfin des routes dignes de ce nom. VoilĂ . LĂ oĂč le Paradigme Vert sâĂ©puise depuis des gĂ©nĂ©rations Ă protĂ©ger lâenvironnement Cassandre propose de le vaincre. Je dois reconnaĂźtre quâil existe dans cette mĂ©thode une Ă©lĂ©gance impĂ©riale involontaire qui me touche profondĂ©ment. Quand la nature pose un problĂšme elle ne nĂ©gocie pas. Elle ne remplit aucun formulaire. Elle ne promet mĂȘme pas de rĂ©duire son empreinte carbone. Elle reste lĂ avec son froid et son arrogance. Lui rĂ©pondre par une centrale thermique constitue donc au moins une conversation entre puissances qui se comprennent.Naturellement le Paradigme Vert risque de ne pas apprĂ©cier cette approche. Cela tombe bien puisque Cassandre venait prĂ©cisĂ©ment dâexpliquer que les Ă©cologistes locaux Ă©taient incapables de fournir un asphalte suffisamment robuste. Il fallait donc imaginer plus grand. Beaucoup plus grand. Suffisamment grand pour que les ours commencent Ă chercher de lâombre au mois de janvier. Jâentends dĂ©jĂ les dĂ©fenseurs du climat objecter que faire fondre le pergĂ©lisol afin dâamĂ©liorer la voirie ressemble Ă brĂ»ler une bibliothĂšque pour mieux lire les titres sur les couvertures. Je comprends leur inquiĂ©tude et je la respecte avec toute la tendresse que mĂ©rite un peuple ayant dĂ©couvert lâĂ©nergie nuclĂ©aire le mĂȘme jour. Car oui pendant que Garinaville envisageait de chauffer la SibĂ©ria comme une casserole oubliĂ©e sur le feu Bartolomus Ravenloft offrait au Paradigme Vert lâĂnergie NuclĂ©aire. La technologie est mĂȘme tombĂ©e dans le domaine public et les Provinces IndĂ©pendantes en bĂ©nĂ©ficie dĂ©sormais. VoilĂ donc le Cybermonde arrivĂ© au stade merveilleux oĂč les Ă©cologistes possĂšdent lâatome et oĂč une RuthvĂšne dirigeant une ville verte veut rĂ©gler les nids-de-poule par le changement climatique. Il existe des jours oĂč lâHistoire Ă©crit toute seule et oĂč mon travail consiste uniquement Ă empĂȘcher les gens de lui retirer la plume.Mais avant de quitter Garinaville je voudrais attirer votre attention sur la justice locale. Cassandre a dĂ©truit la prison parce quâelle trouvait cruel dâenfermer des gens dans un bĂątiment aussi froid. Lâintention respire lâhumanisme. Le rĂ©sultat respire surtout lâabsence de prison. Quelques minutes plus tard les policiers ont tentĂ© dâarrĂȘter Bladimir Bladimirovitch Mutin qui se promenait dans le groupe de la bourgmestre. Or faute de cellule les forces de lâordre ont dĂ©couvert une mĂ©thode pĂ©nitentiaire remarquablement efficace qui consiste Ă mettre le recherchĂ© dans le coma puis Ă le relĂącher. Plusieurs fois. Le systĂšme prĂ©sente un avantage budgĂ©taire Ă©vident puisque le prisonnier nâoccupe aucune prison et quâaprĂšs quelques passages il nâoccupe probablement plus beaucoup de conversations non plus. Cassandre elle-mĂȘme a demandĂ© pourquoi il y avait tant de policiers autour dâelle alors quâelle venait quelques minutes auparavant dâen nommer. Je refuse de voir lĂ une contradiction. La politique moderne repose prĂ©cisĂ©ment sur la capacitĂ© Ă crĂ©er une institution assez vite pour pouvoir ensuite sâĂ©tonner de son existence. Saphir Ravenmaid observait pendant ce temps ce petit miracle institutionnel depuis son poste de Gouverneure et la journĂ©e politique sibĂ©rienne se transforma progressivement en messe Ă©lectorale. Les compliments affluaient. La FĂ©e Du bien saluait son travail. Konya Ă©galement. Ubayashi Hayako Ă©galement. Karlin Ă©galement. Puis Pigeon Ronron arriva et ce fut comme si quelquâun avait ouvert les portes dâune chapelle pendant une tempĂȘte de vin chaud. Il soutint Bladimir. Il soutint Cassandre. Il critiqua Saphir. Il complimenta ensuite encore dâautres personnes avec la constance idĂ©ologique dâun lustre qui aurait dĂ©cidĂ© de tomber au milieu dâun banquet en essayant de saluer toutes les tables pendant sa chute. Aya Ravenloft vint finalement louer la Gouverneure et le nord termina sa soirĂ©e comme toutes les dĂ©mocraties climatiques finissent par le faire. Personne ne savait exactement qui avait gagnĂ© mais plusieurs personnes avaient parlĂ© suffisamment fort pour considĂ©rer cela comme une victoire. Ceux qui estiment mon analyse injuste peuvent naturellement venir dĂ©fendre la politique sibĂ©rienne en direct. Le chauffage du studio ne sera pas augmentĂ© pour vous mettre Ă lâaise. Nous ne voudrions pas participer au projet municipal sans autorisation.VoilĂ qui nous conduit naturellement vers lâHĂ©lĂ©nie oĂč le Cruisader continue de dĂ©montrer quâun navire peut ĂȘtre simultanĂ©ment un bĂątiment militaire, une croisiĂšre de luxe, un territoire municipal, une querelle religieuse et un projet immobilier sans jamais accomplir la fonction secondaire consistant Ă naviguer. Depuis sa prise en main par la Sainte Inquisition le bĂątiment semble avoir dĂ©veloppĂ© une vocation particuliĂšre pour lâimmobilitĂ© mouvementĂ©e. Al-ma' a imposĂ© un couvre-feu afin de protĂ©ger les occupants provisoires du navire contre les nombreux TĂ©teux Parasites qui circulent sur place. Câest une dĂ©cision difficilement contestable. Si quinze crĂ©atures agressent rĂ©guliĂšrement les passagers il paraĂźt raisonnable de demander Ă tout le monde de rester Ă lâintĂ©rieur dâune tour. Câest dâailleurs une conception trĂšs pure de la sĂ©curitĂ© publique. Quand le danger est dehors on enferme les citoyens dedans. Quand le danger est dedans on appellera cela plus tard une enquĂȘte administrative.Lâancien esprit de croisiĂšre rĂ©siste pourtant avec la tĂ©nacitĂ© remarquable des gens qui ont dĂ©jĂ payĂ© leur rĂ©servation. Une rumeur annonçait une chute spectaculaire des avis positifs depuis lâarrivĂ©e inquisitoriale. Les habitants se plaignaient du couvre-feu. Ils regrettaient lâancienne gestion. Ils rappelaient que le navire devait partir vers la Bananie et se retrouvaient maintenant immobilisĂ©s dans une baie dâHĂ©lĂ©nie entourĂ©e dâodeurs dâhydrocarbures. Je sais que certains qualifieront cela dâĂ©chec touristique. Ce sont gĂ©nĂ©ralement les mĂȘmes individus qui jugent quâun hĂŽtel doit avoir des chambres et quâun restaurant doit contenir de la nourriture. LâHĂ©lĂ©nie vise manifestement plus haut. La Sainte Inquisition a rĂ©pondu Ă cette crise de confiance par une dĂ©cision dâune intelligence commerciale redoutable. Construire une piscine de luxe. Il faut prendre le temps de mesurer ce geste. Un bateau qui ne part pas. Une clientĂšle mĂ©contente. Des attaques de parasites. Un couvre-feu. Une querelle sur la propriĂ©tĂ© du bĂątiment. Une sĂ©curitĂ© incertaine. Quelle infrastructure manque Ă cet ensemble. Une piscine bien entendu. Al-ma' annonça dâabord quâelle serait supervisĂ©e par Fistulin Saint-CiboĂšre puis publia un erratum expliquant que la supervision reviendrait Ă Golgoth LandraĂ«l II si celui-ci devenait inquisiteur. Lâerreur est comprĂ©hensible. Lorsque plusieurs autoritĂ©s se disputent un navire il devient difficile de savoir lequel doit surveiller les maçons autour du bassin. Ă cet instant ComĂšte organisait dĂ©jĂ un sondage Ă©lectoral en HĂ©lĂ©nie et obtenait une Ă©galitĂ© parfaite avec Scarleit tandis que Al-ma' recueillait zĂ©ro pour cent. Je ne voudrais surtout pas tirer de conclusion politique dâun chiffre aussi dĂ©licat. Disons simplement que si le soutien Ă©lectoral Ă©tait de lâeau la future piscine pourrait nĂ©cessiter un autre fournisseur.Pendant ce temps Golgoth LandraĂ«l II cherchait lâordinateur de bord. Il Ă©tait accompagnĂ© dâune crĂ©ature dont la contribution politique semble essentiellement consister Ă produire des sons de Kanard venus dâun cauchemar liturgique. Son objectif Ă©tait simple. Trouver le pilote automatique et convaincre le Cruisader de mettre le cap vers les KaraĂŻbes avant que lâInquisition ne transforme dĂ©finitivement le bĂątiment en basilique flottante avec service de baignade. Nâayant pas trouvĂ© lâordinateur Golgoth tenta tout de mĂȘme de transmettre un ordre tĂ©lĂ©pathique au navire puis envisagea de mettre les doigts dans une prise pour amĂ©liorer la rĂ©ception. Je tiens Ă prĂ©ciser que Radio NĂ©crotoile ne recommande pas cette mĂ©thode de navigation Ă ses auditeurs sauf si ceux-ci occupent une fonction politique importante et souhaitent crĂ©er rapidement une vacance de poste.Plus tard Roger St Misles manifesta contre Al-ma' au nom de la libĂ©ration des Bisous. Al-ma' fut attaquĂ©e par des parasites. Roger Ă©galement. Puis tout ce beau monde se retrouva entraĂźnĂ© dans une Valse Krakovienne avec ComĂšte, Fistulin, Mousse Haillons, Darth Leo, Silice de Pont-Krivell et plusieurs autres occupants du navire. VoilĂ pourquoi je conserve une certaine affection pour lâHĂ©lĂ©nie. Ils peuvent dĂ©buter la journĂ©e par une saisie de navire et la terminer par une danse collective sans jamais considĂ©rer quâune Ă©tape intermĂ©diaire mĂ©rite explication. Et permettez moi au passage de souligner la prĂ©sence de Darth Leo au milieu de cette assemblĂ©e. Certains esprits mal intentionnĂ©s pourraient supposer quâil sâest trouvĂ© entraĂźnĂ© dans un dĂ©sordre hĂ©lĂ©nien. Câest une lecture excessivement superficielle. Il est beaucoup plus vraisemblable que le dĂ©sordre ait eu la chance historique de se produire autour de lui. Nuance importante.Restons un instant sur la mer car au sud-ouest la monarchie ruthvĂšne vient de rappeler une vĂ©ritĂ© fondamentale. Dans une monarchie sĂ©rieuse la terre appartient Ă celui qui possĂšde le meilleur arbre gĂ©nĂ©alogique jusquâau moment oĂč quelquâun entre dans le palais et annonce que lâarbre gĂ©nĂ©alogique est dĂ©sormais sous nouvelle direction. Aux KaraĂŻbes Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ a usurpĂ© Golgoth LandraĂ«l II. Le prĂ©texte mĂ©rite une place particuliĂšre dans les archives royales. Des rumeurs Ă©voquaient un homme armĂ© accroupi au bord dâune mare pendant des jours avec le regard tournĂ© vers le sud. Un Kanard Ă©tait impliquĂ©. Une tradition hĂ©rĂ©ditaire concernant la garde des Ă©tangs Ă©tait impliquĂ©e. Des gĂ©nĂ©rations dâĂ©chansons Ă©taient impliquĂ©es. Il ne manquait quâun fantĂŽme accusateur et deux violons pour obtenir une tragĂ©die monarchique complĂšte. Wenceslas constata donc que le comtĂ© Ă©tait sans maĂźtre puisque son dĂ©tenteur semblait occupĂ© ailleurs par des prĂ©occupations cynĂ©gĂ©tiques. Les gardes a ouvert les portes. Il entra. Il prit les sceaux. Il prit les greniers. Il prit les mares. Et parce quâune usurpation ruthvĂšne nâest jamais totalement accomplie tant quâelle ne contient pas une couche supplĂ©mentaire dâironie aristocratique il annonça que Golgoth serait chargĂ© de conduire lâenquĂȘte sur les circonstances ayant justifiĂ© sa propre destitution. VoilĂ une monarchie qui connaĂźt le sens du service public. On vous retire votre comtĂ© puis on vous donne un dossier. Dans certains pays cela sâappellerait une humiliation. En RuthvĂ©nie câest presque un entretien annuel.Je sais que les dĂ©fenseurs de Golgoth feront remarquer quâil se trouvait au mĂȘme moment occupĂ© Ă sauver un navire de lâInquisition avec lâaide dâun Kanard dĂ©moniaque et dâune prise Ă©lectrique. Cela constitue prĂ©cisĂ©ment le problĂšme. Un seigneur ruthvĂšne ne peut dĂ©cemment abandonner ses domaines pour poursuivre un autre Kanard sans risquer quâun aristocrate spĂ©cialisĂ© dans les Ă©tangs dĂ©couvre une faille constitutionnelle. Il existe dans cette histoire une morale dâune profondeur extraordinaire. Le pouvoir nâaime pas le vide. La nature non plus. Les Kanards encore moins. Palakoin salua dâailleurs la prise de position de Wenceslas et le nouveau Comte nomma bientĂŽt Golgoth Commissaire de Police. Ainsi fonctionne la monarchie dramatique. Un homme perd son comtĂ© mais obtient un uniforme. Tout finit bien tant quâil reste suffisamment de titres pour distribuer les morceaux du dĂ©sastre.Pendant que RuthvĂ©nie rĂ©glait la question de ses mares lâEmpire Brun sâoccupait dâune matiĂšre moins sentimentale. Lâargent. Octave Sombrefer nomma Kramara Kisugi Ministre de lâĂconomie et il fallut environ cinq minutes pour que les banques comprennent que leur jeunesse venait de sâachever. Kramara rĂ©duisit les possibilitĂ©s de frais bancaires et proclama une vĂ©ritĂ© Ă©conomique dont je ne vois aucune raison de discuter la profondeur. Seul lâEmpire possĂšde le droit lĂ©gitime de tondre les Bruns. Les banques se sont assez gavĂ©. VoilĂ enfin une doctrine monĂ©taire comprĂ©hensible sans diplĂŽme. Elle fixa les rĂšgles bancaires. Elle distribua plusieurs milliers de MĂ. Elle annonça de grands travaux. Elle rĂ©clama planches, carreaux et pierres de taille pour embellir le Meco Brun puis le palais impĂ©rial. Le message Ă©tait limpide. Si vous avez de lâargent lâEmpire en a besoin. Si vous nâavez pas dâargent lâEmpire a probablement besoin de vos bras.La journĂ©e avait dĂ©jĂ commencĂ© sous le signe dâune politique Ă©conomique plus large. Les citoyens endormis allaient enrichir ceux qui travaille. Les provinces pourraient recevoir leur part. Le gouvernement impĂ©rial assumerait pleinement la noblesse du prĂ©lĂšvement fiscal pendant que les gouverneurs conserveraient assez de libertĂ© pour expliquer localement pourquoi personne nâĂ©tait responsable. Jâai entendu quelques critiques. On reproche notamment Ă lâEmpire de taxer. Cela me semble comparable au fait de reprocher Ă une araignĂ©e dâavoir huit pattes. Si vous vouliez une crĂ©ature qui demande gentiment lâautorisation avant dâexister il fallait adopter un Paradigmien. Les comptes du jour confirment dâailleurs une chose essentielle. Toutes les nations prĂ©lĂšvent. Toutes dĂ©pensent. Toutes redistribuent. Mais seules quelques unes ont lâĂ©lĂ©gance de reconnaĂźtre que lâopĂ©ration ressemble Ă une tonte. LâEmpire Brun rĂ©colte ses MĂ et finance ses soldats, sa production et ses ministĂšres. Le Royaume ruthvĂšne empile les couronnes dans des dĂ©partements aux intitulĂ©s solennels. Le Khanat disperse ses ĂE comme un chef tribal lançant des bijoux dans un feu rituel. Le Paradigme Vert collecte ses Ăf avant dâen consacrer une partie Ă la guerre tout en continuant probablement dâexpliquer que les Ă©pĂ©es sont biodĂ©gradables. La RĂ©publique prĂ©lĂšve ses FK avec la gravitĂ© bureaucratique dâun fonctionnaire mettant un tampon sur le cercueil de son propre contribuable. La ConfĂ©dĂ©ration Libre fait ce quâelle fait toujours. Elle rĂ©partit dĂ©mocratiquement les ressources jusquâĂ ce que chacun puisse certifier avoir choisi personnellement la maniĂšre dont il a perdu son argent. Mais lâĂ©conomie impĂ©riale possĂ©dait ce soir un autre visage et il Ă©tait beaucoup plus dĂ©moniaque. En Mystisie une Ă©pidĂ©mie de paranoĂŻa frappa Lampe du GĂ©nie tandis quâune voix venue du cimetiĂšre annonçait Ă un mortel quâil avait osĂ© quelque chose de manifestement dĂ©conseillĂ©. Les habitants commençaient Ă trouver quâil y avait beaucoup de dĂ©mons au mĂštre carrĂ©. Je refuse catĂ©goriquement cette formulation discriminatoire. Une concentration Ă©levĂ©e de dĂ©mons constitue une opportunitĂ© de spĂ©cialisation Ă©conomique. Jeff Bizous lâa parfaitement compris en ouvrant Ă Abandon un marchĂ© proposant entre autres pentacle de Naar, crĂąne de DĂ©mon, ossements et vraie rĂ©sine de DĂ©mon Brun garantie avec un enthousiasme commercial que je qualifierai de parfaitement sain. Quelques heures plus tard un portail dĂ©moniaque apparut dans la mĂȘme ville. Certains parleront dâune inquiĂ©tante corrĂ©lation. Jây vois surtout une excellente accessibilitĂ© pour la clientĂšle Ă©trangĂšre.La Mystisie trouva nĂ©anmoins le moyen de dĂ©passer ce commerce infernal par une tragĂ©die administrative encore plus pure. Silas des Sables, alors Gouverneur, tenta de dĂ©monter la tente de ZĂžra. Le geste Ă©tait illĂ©gal. Il devint recherchĂ©. Il perdit immĂ©diatement son poste. Jâaimerais que chacun mesure le niveau de perfection atteint par cette histoire. Des trĂŽnes ont rĂ©sistĂ© Ă des invasions. Des ministres ont survĂ©cu Ă des catastrophes. Des souverains ont conservĂ© leur couronne aprĂšs avoir envoyĂ© leur peuple dans des guerres absurdes. Silas a Ă©tĂ© vaincu par une tente. VoilĂ qui rappelle Ă tous les dirigeants que lâarchitecture lĂ©gĂšre reste lâun des derniers contre-pouvoirs efficaces du Cybermonde.Ă ceux qui sâinquiĂštent pour lâavenir de la Mystisie je rĂ©pondrai que lâEmpire est parfaitement capable de produire de nouveaux gouverneurs. Les gouverneurs est une ressource renouvelable. Les tentes aussi. Tout ceci finira donc vraisemblablement par sâĂ©quilibrer. La seule chose qui semble vĂ©ritablement croĂźtre sans interruption est le nombre de phĂ©nomĂšnes dĂ©moniaques autour de Lampe du GĂ©nie. Ombre Minusculique tentait dâailleurs toujours de sâextraire du sable aprĂšs un vol planĂ© depuis une auberge afin dâaller annoncer une mauvaise nouvelle Ă sa Guimauve. Je ne sais pas quel ministĂšre doit officiellement gĂ©rer les petites dĂ©mones ensablĂ©es mais je suis certaine quâun budget pourra ĂȘtre créé si lâon taxe correctement les pelles.Passons Ă Sicilia. Je serai brĂšve par devoir dâimpartialitĂ© car chacun sait que je pourrais parler de cette province jusquâĂ ce que les chandelles deviennent des fossiles. Ă Trou Perdu NOROGURA JĂ»zĂŽ lança une politique dâextension des centres de production. Les matĂ©riaux seraient rĂ©unis avant le lancement des travaux afin de rĂ©duire les dĂ©lais et le premier objectif serait le puits de pĂ©trole. VoilĂ une mĂ©thode tellement scandaleusement cohĂ©rente que jâai vĂ©rifiĂ© deux fois si nous Ă©tions toujours dans le Cybermonde. Il profita cependant de son annonce pour avertir les Familles quâune candidature respectable devait Ă©merger aux prochaines Ă©lections municipales afin dâĂ©viter le retour de Y0gi quâil qualifia avec une dĂ©licatesse toute sicilienne de sale clĂ©bard opportuniste. Quelques minutes plus tĂŽt Y0gi avait justement Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par Jaylie avec de faux papiers. Les familles savent ce quâil veut et apparemment elles souhaitent surtout quâil les veuille ailleurs. Elliote Belt Dei Machiavelli se prĂ©senta donc ensuite Ă lâĂ©lection municipale avec un programme politique dont la briĂšvetĂ© mĂ©rite presque le respect. Votez Elliote. Je pourrais analyser longuement cette proposition mais je crains de diluer sa complexitĂ©. Ă une Ă©poque oĂč certains responsables publient dix pages pour expliquer pourquoi ils nâont pris aucune dĂ©cision une candidate qui rĂ©sume son ambition Ă deux mots possĂšde dĂ©jĂ la moitiĂ© des qualitĂ©s nĂ©cessaires Ă lâadministration sicilienne. Dusk et Aurora avaient entre temps choisi de se livrer volontairement aux autoritĂ©s avant de quitter leur cellule une minute plus tard une fois leur peine achevĂ©e. Une discipline admirable. MĂȘme le crime en Sicilia sait respecter les horaires.Ă Bouletie la situation est plus philosophique. Le Grand Khan aurait dĂ©cidĂ© de permettre ou dâorganiser le passage de la province vers la ConfĂ©dĂ©ration Libre. Jean-Michel TrĂšs Normal accueillit lâidĂ©e avec enthousiasme en expliquant que si le Khan voulait envoyer les Boulets voir du pays il serait malvenu de lâempĂȘcher. Sa conception de la dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e repose notamment sur la possibilitĂ© dâorganiser davantage dâĂ©lections et peut-ĂȘtre de voter plusieurs fois par semaine. Je trouve cette comprĂ©hension extraordinairement prometteuse. Beaucoup de peuples mettent des siĂšcles Ă dĂ©couvrir que la dĂ©mocratie consiste Ă choisir rĂ©guliĂšrement qui vous dĂ©cevra. La Bouletie espĂšre manifestement accĂ©lĂ©rer le processus. Lippos Aliagas soutint lui aussi la ConfĂ©dĂ©ration Libre parce quâil avait entendu dire quâon y trouvait davantage de chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision. Il voulait des Ă©missions sportives, culinaires et dâaventure afin que son cerveau puisse apprendre des choses. VoilĂ probablement le premier projet sĂ©paratiste du Cybermonde fondĂ© sur une offre audiovisuelle. Les historiens chercheront peut-ĂȘtre plus tard des raisons Ă©conomiques, stratĂ©giques ou culturelles Ă cette orientation. Ils se tromperont. Certains empires ont Ă©tĂ© construits pour lâor. Dâautres pour la religion. La Bouletie semble prĂȘte Ă migrer pour les chaĂźnes culinaires.La noblesse khanique tentait pourtant de conserver une certaine tenue. Passe-Muraille accorda Ă GĂ©rard Menvussa une Pelure de Banane puis lui confia la gestion des impĂŽts jusquâĂ la fin de son rĂšgne aprĂšs avoir reconnu ne pas avoir compris sa vision fiscale sous la pression populaire et le coĂ»t de la guerre. Les dirigeants qui admettent ne pas avoir compris quelque chose sont rares. Les dirigeants qui rĂ©pondent en donnant les impĂŽts Ă celui quâils nâont pas compris le sont davantage. Je ne peux que saluer cette mĂ©thode de rĂ©solution des dĂ©saccords. Elle serait toutefois dangereuse Ă lâEmpire Brun. Si chaque personne contestant Kramara Kisugi recevait la gestion des finances nous manquerions rapidement de bureaux et probablement de survivants.Pendant ce temps la RĂ©publique de Kraland poursuivait son grand Ćuvre qui consiste Ă rendre chaque absurditĂ© officiellement administrative. Jay Padbol, Ministre de lâInformation, lança des petites annonces gouvernementales. On y recherchait notamment des citoyens munis de deux bras et deux jambes pour participer au chantier dâun MusĂ©e du Bonheur Universel avec leurs propres matĂ©riaux. Le Bonheur est universel mais les truelles restent privĂ©es. VoilĂ le socialisme arrivĂ© Ă sa forme la plus pure. LâĂtat vous offre le bonheur et vous demande dâamener les briques. Une seconde annonce concernait un homme chauve cherchant de discrets Ă©changes intellectuels derriĂšre le Palais durant la nuit. Je ne ferai aucune supposition. Radio NĂ©crotoile respecte profondĂ©ment la recherche scientifique surtout lorsquâelle nĂ©cessite lâobscuritĂ© et lâabsence de tĂ©moins.Ă Structural les choses furent moins administratives. Un cyclone frappa la ville et endommagea bĂątiments et habitants. Ce dĂ©sastre naturel se produisit au milieu dâune avalanche de discours politiques en faveur de policiers, gĂ©nĂ©raux, ministres et gouvernements divers. Jâaurais aimĂ© croire que le cyclone interrompit les prises de parole. Rien ne permet de lâaffirmer. Certaines traditions rĂ©publicaines sont plus rĂ©sistantes que les toitures. Henri St Misles venait de quitter son poste au Warriorland avant de se domicilier Ă Structural puis il devint Commissaire de Police. Ainsi les carriĂšres avancent. Un homme change de province. Un bĂątiment sâeffondre. Quelquâun lui donne un uniforme. La RĂ©publique transforme le chaos en formulaire avec une efficacitĂ© que mĂȘme moi je trouve intimidante.Et puisque nous parlons dâĂ©quilibre politique il faut regarder briĂšvement vers le ValĂ©gro oĂč Sysson multiplia les manifestations favorables au Royaume de RuthvĂ©nie et les louanges Ă Sir McRabbit ainsi quâau Duc Emile Liarr. Dans une province de la RĂ©publique câest une façon dĂ©licate de rappeler que les frontiĂšres politiques ne sont parfois que des lignes auxquelles les habitants acceptent de croire jusquâĂ ce quâun voisin possĂšde de plus beaux titres. Les RuthvĂšnes aiment les ducs. Les RĂ©publicains aiment les commissaires. Les Bruns aiment les ministres Ă la voix menaçante. Chaque civilisation possĂšde ses dĂ©corations prĂ©fĂ©rĂ©es et appelle cela une idĂ©ologie.Je voudrais enfin revenir Ă lâimage gĂ©nĂ©rale car elle est plus importante que chacun de ces incidents pris sĂ©parĂ©ment. Partout le Cybermonde semble rechercher une forme de certitude. Cassandre veut une certitude routiĂšre et dĂ©cide donc de modifier le climat. Al-ma' veut une certitude sĂ©curitaire et enferme les passagers pendant quâon discute dâune piscine. Wenceslas veut une certitude territoriale et prend un comtĂ© dont le maĂźtre chasse peut-ĂȘtre un Kanard. Kramara veut une certitude Ă©conomique et fixe les rĂšgles en expliquant que les protestataires peuvent essentiellement apprendre Ă vivre avec. Silas voulait probablement une certitude concernant une tente et a dĂ©couvert que la tente disposait dâune opinion juridique. Jean-Michel TrĂšs Normal veut la libertĂ© et envisage de changer de nation. Jay Padbol veut le Bonheur Universel et recherche des volontaires capables de fournir leur propre pioche. VoilĂ lâĂ©poque dans laquelle nous vivons. Chacun rĂ©clame de la stabilitĂ© et chacun choisi pour lâobtenir la mĂ©thode qui garantit le plus sĂ»rement que demain ne ressemblera absolument pas Ă aujourdâhui.Câest ici que lâEmpire Brun se distingue. Nous ne prĂ©tendons pas que le monde est stable. Nous savons quâil est construit sur des chaudiĂšres douteuses, des dragons, des intrigues familiales et des ministres dont le budget dĂ©pend parfois de leur capacitĂ© Ă rester en fonction jusquâau dĂźner. Nous avons donc adoptĂ© la seule doctrine raisonnable. Construire malgrĂ© tout. Taxer quand câest nĂ©cessaire. Gouverner quand quelquâun trouve les clefs du palais. Installer des dorures suffisamment lourdes pour quâelles restent en place lorsque le reste sâeffondre. Certains appellent cela du cynisme. Je prĂ©fĂšre le terme maturitĂ© impĂ©riale. Les concernĂ©s peuvent naturellement venir contester cette chronique. Cassandre Lemage Ruthven est invitĂ©e Ă expliquer combien de centrales thermiques sont nĂ©cessaires pour obtenir une route droite. Saphir Ravenmaid peut venir nous dire si la SibĂ©ria survivra Ă sa propre administration. Al-ma' peut prĂ©ciser si la piscine du Cruisader disposera dâun couvre-feu indĂ©pendant. Golgoth LandraĂ«l II pourra rĂ©pondre dĂšs quâil saura sâil possĂšde encore un comtĂ© ou uniquement un insigne de police. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ pourra apporter le Kanard comme piĂšce Ă conviction. Kramara Kisugi peut venir expliquer lâĂ©conomie impĂ©riale mais je recommande Ă chacun de cacher prĂ©alablement son portefeuille. Silas des Sables dispose dâun droit de rĂ©ponse Ă condition de ne dĂ©monter aucun Ă©lĂ©ment du studio. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches parfaitement identifiĂ©s et les personnes qui considĂšre encore que les Ă©vĂ©nements de ce jour forment une situation normale sont Ă©galement invitĂ©s Ă se manifester.Les lignes sont ouvertes. Les chandelles sâĂ©teignent une Ă une derriĂšre le trĂŽne. Le velours pourpre avale les derniĂšres lueurs et les vieux crĂąnes retrouvent cette expression de dignitĂ© silencieuse que possĂšdent uniquement les morts et certains ministres lorsquâon leur demande oĂč est passĂ© le budget. Vous Ă©coutiez Radio NĂ©crotoile. Je suis Kleo |
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11 Aout 6662026
[spoiler]
Ămission spĂ©ciale :
Une fois n'est pas coutume, nous (...)
![]() 11 Aout 6662026 Spoiler Ămission spĂ©ciale : Une fois n'est pas coutume, nous nous tournons vers le Paradigme Vert, ou la ThĂ©ocratie Verte ? J'ai perdue le fil, c'est le comble pour une araignĂ©e. Je n'ai rien compris et j'exige des explications. Il existe des soirĂ©es dont les historiens comprennent immĂ©diatement la portĂ©e. Une bataille dĂ©cisive. Une abdication. Un couronnement. Une rĂ©volution soigneusement prĂ©parĂ©e dans quelque cave humide par des conspirateurs vĂȘtus de noir qui savent exactement ce quâils feront une fois arrivĂ©s au palais. Et puis il existe la SibĂ©ria. Je tiens Ă prĂ©ciser que ce qui suit est parfaitement vĂ©ridique selon la seule dĂ©finition raisonnable de la vĂ©ritĂ© qui consiste Ă considĂ©rer quâun Ă©vĂ©nement devient incontestable dĂšs lors quâil est suffisamment absurde pour que personne nâaurait pu lâinventer volontairement. Lorsque le soleil disparut derriĂšre les Ă©tendues gelĂ©es de Garinaville Cassandre Lemage Ruthven rĂ©gnait encore sur la ville avec lâassurance particuliĂšre des gens qui viennent tout juste de dĂ©couvrir que leur fonction municipale leur permet de prendre des dĂ©cisions. Les routes Ă©taient dĂ©foncĂ©es. Le pergĂ©lisol soulevait lâasphalte. Le froid mangeait les chaussĂ©es et probablement quelques orteils avec. Cassandre analysa donc le problĂšme avec une rigueur remarquable. Elle augmenta la taxe fonciĂšre. Elle se paya un manteau en poil de yack. Puis elle proposa de faire tourner la centrale thermique Ă plein rĂ©gime afin de rĂ©chauffer suffisamment la province pour faire fondre le pergĂ©lisol. Je vous demande de respecter ce silence. Il appartient Ă lâHistoire. Des peuples entiers ont consacrĂ© des siĂšcles Ă lutter contre le changement climatique. Garinaville venait dâinventer le changement climatique municipal Ă vocation routiĂšre. Mais Cassandre nâĂ©tait pas encore satisfaite. Elle contempla ensuite la prison et dĂ©couvrit quâon y enfermait rĂ©ellement des gens. Dans le froid. En SibĂ©ria. Lâhorreur. Elle la fit donc dĂ©truire au nom de la libertĂ©. Quelques minutes plus tard la police tenta dâarrĂȘter Bladimir Bladimirovitch Mutin. Il nây avait plus de prison. Alors la police le mit dans le coma puis le relĂącha puis tenta de lâarrĂȘter Ă nouveau puis le remit dans le coma puis le relĂącha encore. Plusieurs fois. Cassandre qui se trouvait dans le groupe du fugitif commença naturellement Ă protester contre ce harcĂšlement et finit mĂȘme par demander pourquoi il y avait tant de policiers dans le secteur. Jâaimerais rappeler ici quâelle venait elle-mĂȘme de nommer un Commissaire de Police et un Sergent. Câest cela la grandeur politique. CrĂ©er suffisamment rapidement les causes de ses problĂšmes pour pouvoir ensuite sincĂšrement sâĂ©tonner de leurs consĂ©quences. Au milieu de cette mĂ©canique pĂ©nitentiaire devenue essentiellement fondĂ©e sur les traumatismes crĂąniens Saphir Ravenmaid continuait dâoccuper le trĂŽne provincial et tout le monde semblait soudain avoir une opinion sur elle. La FĂ©e du Bien la fĂ©licita. Konya la fĂ©licita. Ubayashi Hayako la fĂ©licita. Karlin la fĂ©licita. Aya Ravenloft la fĂ©licita. Puis Pigeon Ronron arriva. Il faut comprendre que Pigeon Ronron nâentre pas vĂ©ritablement dans une conversation. Il se produit dedans. Il commença par soutenir Bladimir puis Cassandre puis il expliqua Ă Saphir quâelle devait ouvrir ses chakras avant de lui suggĂ©rer de laisser son troisiĂšme Ćil mettre du mascara. Personne ne sut prĂ©cisĂ©ment ce que cela signifiait. Je soupçonne que Pigeon non plus. Mais lorsque suffisamment de conviction accompagne une phrase le Cybermonde considĂšre gĂ©nĂ©ralement que celle-ci possĂšde un sens cachĂ©. La soirĂ©e aurait trĂšs bien pu sâarrĂȘter lĂ . Elle ne le fit Ă©videmment pas. Vers minuit Saphir dĂ©missionna de son poste de Gouverneure. Je sais ce que vous pensez. Une dĂ©mission. Enfin quelque chose de simple. CâĂ©tait adorable de votre part. Presque immĂ©diatement Karlin utilisa son passage temporaire Ă lâIntĂ©rieur pour nommer Fawomane Ravenloft Gouverneure de SibĂ©ria avec toute la rigueur institutionnelle attendue dâun Ătat stable. La formulation employĂ©e fut essentiellement celle dâun grand frĂšre donnant les clefs de la maison Ă sa petite sĆur. Fawomane tenait dĂ©sormais le trĂŽne. Saphir nâĂ©tait plus Gouverneure. Cassandre Ă©tait encore Bourgmestre. Pendant quelques minutes le systĂšme pouvait donc ĂȘtre considĂ©rĂ© comme fonctionnel si lâon ne regardait pas directement dans sa direction. Puis Ubayashi Hayako tenta de jeter le sort Folie sur Cassandre. Le sort Ă©choua. Ubayashi devint recherchĂ©e et perdit son poste de PrĂ©fĂšte de Police. Je trouve cette tentative fascinante parce quâelle pose une question philosophique que personne nâa encore eu le courage dâaffronter. Que voulait exactement accomplir le sort. Nous parlons dâune femme qui venait de proposer de rĂ©soudre les problĂšmes routiers par rĂ©chauffement climatique volontaire et de supprimer la prison avant de se plaindre que la police arrĂȘtait les criminels. Peut-ĂȘtre le sort avait-il simplement regardĂ© sa cible et conclu que son travail Ă©tait dĂ©jĂ terminĂ©. Mais Cassandre trouva malgrĂ© tout le moyen dâaller plus loin, elle tenta d'uriner sur la statue du Bourgmestre. Je rĂ©pĂšte cette sĂ©quence pour les archivistes futurs qui tomberont sur nos registres aprĂšs lâeffondrement de notre civilisation et penseront probablement quâune page manque. La Bourgmestre de Garinaville perdit sa fonction pour avoir tentĂ© de pisser sur la statue du Bourgmestre de Garinaville. Il existe des coups dâĂtat. Il existe des rĂ©volutions. Il existe des Ă©lections. Et il existe la succession municipale sibĂ©rienne. Fawomane se retrouva donc avec une ville sans Bourgmestre et une ancienne Gouverneure disponible Ă quelques mĂštres. Ă zĂ©ro heure cinquante-neuf Saphir Ravenmaid fut nommĂ©e Bourgmestre de Garinaville. En moins dâune demi-heure Saphir venait donc de descendre du trĂŽne provincial pour rĂ©cupĂ©rer le fauteuil municipal pendant que Fawomane faisait exactement le chemin inverse. CâĂ©tait moins une transition de pouvoir quâun Ă©change de siĂšges pendant un banquet. Et les deux femmes nâavaient toujours pas terminĂ© car une grande Ă©popĂ©e politique sibĂ©rienne ne saurait se limiter Ă des nominations. Et câest prĂ©cisĂ©ment ici quâune chose Ă©trange se produisit. Personne nâa jamais su qui parla. Personne ne sait dâoĂč venait la voix. Aucun tĂ©moin nâa revendiquĂ© cette phrase. Elle apparut simplement au milieu de cette nuit comme une rĂ©vĂ©lation tombĂ©e des cieux ou un dernier soupir de bon sens perdu dans la neige. "Attends il est ou dĂ©jĂ le palais du gouverneur ?" Puis plus rien. Je refuse dâenquĂȘter. Certaines Ă©nigmes doivent survivre. Saphir entra alors dans ce bĂątiment au nom administratif dâune franchise presque obscĂšne. Caisse vide. Elle venait dâobtenir la mairie depuis trois minutes lorsquâelle retira son poste au Sergent Serbitar Seraven pour le donner Ă StrĂ„llis. Six minutes plus tard elle retira Ă©galement son poste au Commissaire Damka pour nommer Darkinou. VoilĂ une entrĂ©e en fonction. Certaines administrations organisent une rĂ©union. Dâautres consultent les dossiers. Saphir prĂ©fĂšre manifestement vĂ©rifier immĂ©diatement combien de personnes peuvent ĂȘtre remplacĂ©es avant que le fauteuil ait fini de refroidir. En moins de quatre heures Garinaville avait augmentĂ© ses taxes et financĂ© un manteau en yack puis dĂ©clarĂ© la guerre au pergĂ©lisol et projetĂ© de rĂ©chauffer volontairement la SibĂ©ria avant de dĂ©truire sa prison puis dâinventer lâincarcĂ©ration par coma ambulatoire. La province avait changĂ© de Gouverneure. La ville avait changĂ© de Bourgmestre. Une PrĂ©fĂšte avait perdu son poste aprĂšs une tentative ratĂ©e de folie magique. Une Bourgmestre avait perdu le sien aprĂšs une tentative ratĂ©e dâurination monumentale. Deux responsables municipaux avaient Ă©tĂ© remplacĂ©s. Les grandes civilisations sont jugĂ©es Ă ce quâelles laissent derriĂšre elles. Des monuments. Des lois. Des routes. Des Ćuvres. La SibĂ©ria laissera peut-ĂȘtre surtout cette question. Comment tout cela a-t-il pu se produire entre le dĂźner et lâheure oĂč les gens raisonnables dorment. Je nâai pas la rĂ©ponse. Et naturellement ce nâĂ©tait pas terminĂ©. Ă peine Saphir Ravenmaid installĂ©e Ă la mairie que Fawomane Ravenloft, dĂ©sormais Gouverneure, commença elle aussi Ă meubler son administration avec lâenthousiasme dâune personne Ă qui lâon vient de donner un trousseau de clefs et aucune notice. Baquirturi devint Capitaine puis Bartolomus Ravenloft Intendant. Pendant ce temps Saphir, manifestement dĂ©cidĂ©e Ă ne laisser aucun fauteuil municipal refroidir inutilement, ouvrait dĂ©jĂ un nouveau chantier public Ă Garinaville. On aurait pu croire que les institutions commençaient enfin Ă prendre forme. CâĂ©tait une erreur charmante. Ă une heure dix-sept Cassandra, encore RĂ©gent du Paradigme Vert, dĂ©signa Fawomane comme sa future RĂ©gente en la proclamant digne hĂ©ritiĂšre de la nation avec une condition suffisamment sibĂ©rienne pour mĂ©riter dâĂȘtre gravĂ©e dans la glace. Elle hĂ©riterait du pouvoir Ă condition que Cassandra soit encore au pouvoir Ă la fin de son mandat. Il faut reconnaĂźtre la beautĂ© de cette prĂ©caution. MĂȘme les successions avaient dĂ©sormais besoin dâune clause prĂ©cisant que le prĂ©dĂ©cesseur devait survivre politiquement jusquâĂ la fin de sa propre phrase. Puis Cassandra arriva Ă Garinaville. Saphir la recommanda pour lui permettre de sây domicilier immĂ©diatement et lâaffaire prit une tournure si parfaitement normale que jâai aussitĂŽt compris quâune catastrophe approchait. Cassandra tenta dâutiliser ses prĂ©rogatives de Diplomate pour devenir Gouverneure de SibĂ©ria. Cela Ă©choua. Deux minutes plus tard La fĂ©e Tide, Ministre de lâIntĂ©rieur, rĂ©gla le problĂšme avec cette philosophie administrative propre au Paradigme Vert qui consiste Ă considĂ©rer quâun Ă©chec lĂ©gal devient souvent une simple suggestion si quelquâun possĂšde encore un bouton de nomination. Elle nomma donc Cassandra Gouverneure de SibĂ©ria en expliquant avec une sĂ©rĂ©nitĂ© presque inquiĂ©tante quâĂȘtre RĂ©gente ou Gouverneure nâĂ©tait finalement pas trĂšs diffĂ©rent. Jâadmire cette conception des institutions. Un palais ou un autre. Une couronne ou une autre. Tant quâil reste une chaise quelque part lâĂtat continue. Cinq minutes plus tard Cassandra comprit semble-t-il quâun dĂ©tail lui avait Ă©chappĂ©. Une dĂ©claration officielle traversa le Paradigme Vert avec toute la majestĂ© attendue dâun pouvoir qui vient soudainement de relire ses propres dĂ©cisions. "Eh ? NON ! Attendez !! JE PARLER D'UN SUCCESSEUR ! NOOON !" Je nâajouterai rien. Il existe des textes politiques qui rĂ©clament une analyse et dâautres qui ont dĂ©jĂ accompli tout le travail eux-mĂȘmes. La SibĂ©ria possĂ©dait donc dĂ©sormais une nouvelle Gouverneure qui paraissait dĂ©couvrir sa propre nomination quelques minutes aprĂšs lâavoir obtenue tandis que Fawomane, quelques instants auparavant dĂ©signĂ©e comme hĂ©ritiĂšre du Paradigme, se retrouvait dĂ©jĂ placĂ©e sur une trajectoire encore plus haute. Ă ce stade il ne sâagissait plus dâune passation de pouvoir. CâĂ©tait un jeu de chaises musicales oĂč chaque chaise possĂ©dait un ministĂšre. Saphir poursuivait malgrĂ© tout son Ćuvre municipale avec une constance admirable. AprĂšs avoir remplacĂ© Damka au Commissariat par Darkinou, elle trouva quelques minutes plus tard une nouvelle utilitĂ© Ă lâancien Commissaire et le nomma Juge. VoilĂ une administration qui ne licencie pas. Elle recycle. Je trouve cette politique remarquablement Ă©cologique et donc parfaitement adaptĂ©e au Paradigme Vert. Vous perdez votre uniforme de policier puis on vous tend une robe de magistrat. Dans certaines nations on appelle cela une carriĂšre. En SibĂ©ria câest simplement mardi soir. Et lorsque lâon pouvait raisonnablement penser que plus personne ne savait encore qui gouvernait quoi Fawomane Ravenloft devint RĂ©gente. Il avait fallu Ă peine plus dâune heure pour voir Saphir quitter la SibĂ©ria puis revenir comme Bourgmestre, Fawomane devenir Gouverneure puis RĂ©gente, Cassandra prĂ©parer sa succession puis se faire nommer Gouverneure avant de protester contre ce qui venait de se produire et Damka passer de Commissaire Ă simple citoyen puis Ă Juge. Si quelquâun possĂšde encore un organigramme exact du Paradigme Vert Ă cette heure-lĂ je lui recommande de le conserver prĂ©cieusement. Ce nâest plus un document administratif. Câest un artefact divinatoire. |
12/08 (01:35) | ||
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Radio Nécrotoile a écrit :
Merci de constater que je ne pouvais ĂȘtre en mĂȘme temps sur le Cruisader Ă nĂ©gocier des piscines avec des pirates (...)
Radio Nécrotoile a écrit :
Merci de constater que je ne pouvais ĂȘtre en mĂȘme temps sur le Cruisader Ă nĂ©gocier des piscines avec des pirates et autour de la mare de luxe avec un fusil. VoilĂ un travail journalistique particuliĂšrement pertinent et prĂ©cis, mon honneur ne saurait ĂȘtre sali de la sorte. |
12/08 (10:41) | Lord Golgoth le Vagabond | |
| Merci pour toutes ces informations! MĂȘme en Ă©tant au gouvernement de la nation #ParadigmeVert, tout ceci me semblait trĂšs confus. Enfin, (...) | 12/08 (20:09) | Solas | |
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12 Aout 6662026
[spoiler]
Bonsoir à vous qui écoutez derriÚre les volets clos, dans (...)
![]() 12 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir Ă vous qui Ă©coutez derriĂšre les volets clos, dans les tavernes oĂč le vin a dĂ©jĂ remplacĂ© le jugement et jusque dans les palais oĂč l'on prĂ©tend encore que les tentures Ă©paisses empĂȘchent les nouvelles d'entrer. Ici Radio NĂ©crotoile. Devant moi les dorures anciennes reflĂštent Ă peine la flamme des chandelles et les crĂąnes alignĂ©s sur la corniche ont cette expression dĂ©licieuse des conseillers politiques une fois qu'ils ont enfin cessĂ© de parler. Dehors le Cybermonde s'agite avec cette conviction admirable que les catastrophes deviennent des institutions dĂšs qu'on leur donne un titre officiel. Les royaumes s'effondre avec dignitĂ©. Les rĂ©publiques font faillite avec mĂ©thode. Les dĂ©mocraties facturent la paix. Les Ă©cologistes changent de rĂ©gent comme d'autres changent de bottes aprĂšs la boue. Et l'Empire Brun observe tout cela avec la sĂ©rĂ©nitĂ© d'une vieille forteresse dont les caves contiennent Ă la fois des dossiers compromettants et probablement quelque chose qui respire encore. Je prĂ©cise comme toujours que cette Ă©mission est parfaitement impartiale. Ceux qui prĂ©tendent le contraire sont libres de venir fournir leurs preuves. Je les examinerai avec toute l'ouverture d'esprit dont je suis capable avant de les classer dans le tiroir rĂ©servĂ© aux erreurs manifestes. Commençons par la Mystisie car il serait inconvenant de faire attendre un dĂ©mon lorsqu'il vient prĂ©cisĂ©ment de prendre le pouvoir pour reprocher Ă quelqu'un d'autre de ne pas bouger assez vite. Ombre MachiavĂ©lique a donc regardĂ© le fauteuil de gouverneur vacant puis l'Empereur Octave Sombrefer puis probablement son cigare et il en a dĂ©duit qu'il manquait au paysage un coup d'Ătat. Le raisonnement est limpide. Chez nous la politique ne naĂźt pas toujours d'une doctrine. Parfois elle naĂźt d'un dĂ©mon vexĂ© qui baptise son impatience Plan© et la fait monter l'escalier administratif avec des sabots. Ombre MachiavĂ©lique a annoncĂ© sa trahison ascendante avec le sĂ©rieux d'un architecte prĂ©sentant les fondations d'une cathĂ©drale alors que les dĂ©mons autour de lui tenaient encore les pelles. L'objectif dĂ©clarĂ© Ă©tait de tirer Octave Sombrefer de son immobilisme et la prochaine marche promise portait le nom de Don Amortel. Il faut reconnaĂźtre Ă Ombre une qualitĂ© dont beaucoup de gouvernements manque cruellement. Quand il menace quelqu'un il donne le programme Ă l'avance. Cela Ă©conomise les commissions d'enquĂȘte.Ce qui rend l'affaire admirable n'est pas qu'un dĂ©mon ait pactisĂ© avec des dĂ©mons pour accĂ©der au pouvoir. Ce serait comme rĂ©vĂ©ler qu'un poisson a Ă©tĂ© surpris humide. Ce qui mĂ©rite notre attention est la morale nouvelle que l'on tente d'y accrocher. Le Pacte DĂ©moniaque serait soudain une preuve suspecte dans un Empire qui a depuis longtemps cessĂ© de demander aux puissances obscures leurs certificats de bonne conduite. Je voudrais attirer votre attention sur ce dĂ©tail car les nations Ă©trangĂšres adore cette habitude qui consiste Ă dĂ©couvrir nos mĂ©thodes seulement lorsqu'elles produisent un rĂ©sultat. Tant que les dĂ©mons restent dans les caves ils sont un folklore. Lorsqu'ils prennent un bureau ils deviennent un problĂšme constitutionnel. L'hypocrisie est un meuble merveilleux. On peut le dĂ©placer dans toutes les piĂšces sans jamais admettre qu'on le possĂšde. Et puis Don Amortel a fait ce que font les hommes qui se dĂ©couvrent personnellement concernĂ©s par un Plan©. Il a annoncĂ© qu'il arrivait. La formule Ă©tait brĂšve mais l'intention assez claire pour traverser Mystisie sans escorte. Silas des Sables a entre-temps reçu la prĂ©fecture de police. VoilĂ une dĂ©cision qui possĂšde une Ă©lĂ©gance presque mĂ©dicale. Quand un dĂ©mon s'empare d'une province il confie l'ordre public Ă un docteur qui connaĂźt dĂ©jĂ assez bien les traumatismes pour reconnaĂźtre les symptĂŽmes avant les cris. Quelques heures plus tard Octave Sombrefer a finalement paru Ă la Lampe du GĂ©nie. Ceux qui pense que l'Empereur dort n'ont donc plus qu'Ă corriger leur thĂ©orie. Il bouge. Lentement peut-ĂȘtre. Avec un sens de l'entrĂ©e qui a visiblement déçu Ombre MachiavĂ©lique. Mais il bouge. Et dans la Basilique de Naar oĂč Lyra du Hautbois Renato M. et votre servante avaient dĂ©jĂ respirĂ© une atmosphĂšre suffisamment hostile pour faire cailler du sang frais la rencontre a pris ce parfum trĂšs brun de cĂ©rĂ©monie diplomatique oĂč l'on hĂ©site encore entre la nĂ©gociation et l'exorcisme.Il y a mĂȘme eu dans cette affaire une leçon que je tiens Ă conserver pour les gĂ©nĂ©rations qui auront la mauvaise idĂ©e de nous survivre. Ombre MachiavĂ©lique a lui-mĂȘme dĂ©couvert qu'un pacte dĂ©moniaque rĂ©clame toujours son prix. Je ne dĂ©velopperai pas davantage par charitĂ© journalistique. Disons seulement que certains tĂ©moignages ont permis de mieux comprendre son intĂ©rĂȘt pour les cordes et qu'une rĂ©putation peut perdre beaucoup de sa majestĂ© en trĂšs peu de nĆuds. Le pouvoir possĂšde cette propriĂ©tĂ© dĂ©licieuse de transformer les secrets privĂ©s en mĂ©taphores nationales. Hier encore on pouvait craindre le grand dĂ©mon. Aujourd'hui il faut toujours le craindre mais il devient difficile de ne pas imaginer les tentacules administratifs avec un lĂ©ger sourire. Les concernĂ©s peuvent naturellement venir nier. Ce serait mĂȘme utile. Les archives retiendront plus volontiers une indignation bien formulĂ©e qu'un silence honteux.Mais avant de quitter la Mystisie arrĂȘtons-nous un instant Ă Abandon. Un bĂątiment tout en courbes et en cornes y a surgi du sable sous l'impulsion d' Ombre Atonique. Une scĂšne. Des instruments. Une fosse. Quelque chose qui ressemble fort Ă un grand lieu de spectacle consacrĂ© Ă Naar. Ainsi donc au moment mĂȘme oĂč un dĂ©mon prend le gouvernorat pour forcer l'Empereur Ă agir un autre Ă©lĂšve dans le dĂ©sert ce qui pourrait devenir un temple du vacarme. C'est peut-ĂȘtre cela finalement la doctrine brune dans sa forme la plus pure. Quand le monde rĂ©clame de la stabilitĂ© nous construisons une salle de concert sur du sable et nous nommons un dĂ©mon Ă la police. Puis nous attendons que les voisins expliquent pourquoi leurs modĂšles sont plus rationnels.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă Sicilia oĂč l'on a choisi une autre mĂ©thode de gouvernement. LĂ -bas NOROGURA JĂ»zĂŽ a rĂ©duit la taxe fonciĂšre aprĂšs ce qu'il dĂ©crit comme des manipulations canines destinĂ©es Ă financer une prime auto-versĂ©e. Rien que cette phrase devrait ĂȘtre enseignĂ©e dans toutes les Ă©coles d'administration. Ailleurs on parle de doctrine fiscale. Ă Sicilia on identifie le chien on descend la taxe et on retourne agrandir les centres de production. NOROGURA JĂ»zĂŽ a dĂ©jĂ sorti quatre mille de sa poche et demande donc un effort gĂ©nĂ©ral temporaire. C'est brutalement comprĂ©hensible. Je sais que cette qualitĂ© choque encore certaines chancelleries.Et puisque nous parlons d'argent restons encore quelques instants en Empire Brun. Kramara Kisugi poursuit une expĂ©rience Ă©conomique dont la subtilitĂ© pourrait tenir sur la lame d'une hache. Les provinces travaillent. Les citoyens travaillent. Les coffres se remplissent. Ceux qui ne travaillent pas dĂ©couvrent progressivement que leurs BURNES constituent une assiette fiscale parfaitement exploitable. Il fallait y penser. Les taux provinciaux ont Ă©tĂ© Ă©crasĂ©s Ă dix pour cent et l'effort a Ă©tĂ© dĂ©placĂ© vers les poches privĂ©es avec cette promesse simple que les provinces ayant besoin d'argent viendront le demander directement. Pas de pĂšlerinage administratif. Pas de gouverneurs condamnĂ©s Ă mendier trois piĂšces devant quatre ministĂšres. On travaille. On paie. On produit. Et quand une province a besoin de blĂ© Kramara Kisugi ouvre le coffre.Elle vient maintenant d'ouvrir les vannes d'un nouveau chantier afin d'ajouter deux ailes au MinistĂšre de l'Ăconomie. Des planches. Des carreaux. Des briques. Des barres de mĂ©tal et des bras. On pourrait croire Ă une simple construction si l'on ne connaissait pas la philosophie de la maison. Plus vous produisez plus on vous rembourse les frais de tonte. Moins vous produisez plus Kramara Kisugi vous regarde comme une prairie qui aurait oubliĂ© pourquoi elle possĂšde de l'herbe. C'est une politique admirablement honnĂȘte. Je ne prĂ©tends pas que tout le monde l'aimera. Les moutons apprĂ©cient rarement les grands rĂ©formateurs de la laine.Je compare simplement cette mĂ©thode avec ce que nous verrons dans un instant chez nos voisins. En Empire Brun la ministre vous annonce qu'elle va vous tondre et vous montre le chantier financĂ© avec la tonte. Ailleurs on vous explique que votre monnaie vaut soudain moins parce que la science avait besoin d'amour. C'est toute la diffĂ©rence entre la vieille sĂ©rie B et le grand discours administratif. Chez nous le monstre entre par la porte avec la hache visible. Chez eux il vous demande d'abord de signer le reçu. Pendant que Sicilia remettait ses comptes Ă une hauteur moins canine et que Kramara Kisugi prĂ©parait ses nouvelles ailes le Royaume de RuthvĂ©nie poursuivait son grand art national qui consiste Ă transformer chaque changement de fonction en cĂ©rĂ©monie dynastique et chaque remboursement en geste de civilisation. Dame DĂ©merzel a installĂ© Sir McRabbit aux Affaires ĂtrangĂšres en saluant l'artisan de l'alliance avec la RĂ©publique de Kraland. Le lapin avait auparavant quittĂ© son ambassade avec Ă©motion puis rejoint le Royaume avec deux cent cinquante-six enfants et suffisamment de traditions moldaves pour peupler un petit duchĂ©. Il faut une monarchie pour accueillir pareille phrase sans faire tomber les lustres. Dans une rĂ©publique on aurait créé trois formulaires et perdu deux enfants au guichet. En RuthvĂ©nie on remercie la Grande DĂ©esse et on cherche immĂ©diatement un titre.La Reine a dans le mĂȘme mouvement fait ce que font les souverains lorsqu'ils dĂ©sirent prouver que la poĂ©sie n'empĂȘche pas la comptabilitĂ©. Elle a attribuĂ© l'Ă©crasante majoritĂ© du budget au MinistĂšre de l'Ăconomie et presque rien au reste. Les affaires Ă©trangĂšres est ainsi confiĂ©es Ă Sir McRabbit avec un budget qui a la dĂ©licatesse d'une enveloppe vide. Ce n'est pas contradictoire. C'est aristocratique. Un vrai diplomate ne demande pas d'argent. Il a des maniĂšres. Le MinistĂšre de l'Ăconomie lui a d'ailleurs donnĂ© une dĂ©monstration plus concrĂšte du pouvoir en versant cinq mille Couronnes aux KaraĂŻbes afin de rĂ©parer les dĂ©gĂąts de guerre subis autour du Duck Palakoin. En RuthvĂ©nie la gĂ©nĂ©rositĂ© se pratique comme le duel. Avec tĂ©moins avec discours et avec la certitude que quelqu'un racontera ensuite que l'honneur fut sauf.Au ValĂ©gro la paix a pris une forme encore plus rare. Une baisse d'impĂŽt. Le taux sur les revenus a chutĂ© de soixante Ă vingt-cinq pour respecter la convention conclue. VoilĂ qui mĂ©rite une minute de recueillement. Les traitĂ©s de paix promettent d'ordinaire la sĂ©curitĂ© la coopĂ©ration et quelques frontiĂšres qu'on recommencera Ă discuter dĂšs que l'encre sera sĂšche. Ici quelqu'un a pensĂ© Ă la poche des habitants. Cela ne prouve pas que la monarchie soit devenue raisonnable. Cela prouve seulement qu'elle possĂšde parfois des accidents heureux. Mais la vĂ©ritable Ćuvre d'art se trouvait aux KaraĂŻbes avec Golgoth LandraĂ«l II et Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ. Le premier a usurpĂ© le second comme comte afin de conclure une enquĂȘte dans laquelle le principal bĂ©nĂ©ficiaire de l'innocence proclamĂ©e Ă©tait lui-mĂȘme. Les preuves manque peut-ĂȘtre mais l'Ă©lĂ©gance abonde. Golgoth LandraĂ«l II a Ă©tabli que le mystĂ©rieux homme roux accusĂ© d'affaires suspectes prĂšs d'une mare ne pouvait raisonnablement se trouver Ă deux endroits Ă la fois. Radio NĂ©crotoile avait d'ailleurs contribuĂ© Ă cette vĂ©ritĂ© scientifique dont je suis heureuse de constater l'usage institutionnel. Une fois blanchi par son propre raisonnement Golgoth LandraĂ«l II a repris le comtĂ© puis nommĂ© Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ commissaire de police. Peu aprĂšs il s'est accordĂ© une prime de deux cent cinquante Couronnes en traitant une dolĂ©ance dĂ©posĂ©e par un certain Monsieur Golgoth. Certains appellent cela un conflit d'intĂ©rĂȘts. Je prĂ©fĂšre parler d'administration circulaire. Rien ne se perd. Tout revient au mĂȘme contribuable. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ a ensuite quittĂ© la police avant d'ĂȘtre Ă©levĂ© par Dame DĂ©merzel Ă la fonction d'Arbitre des ĂlĂ©gances. C'est probablement le seul royaume capable de rĂ©pondre Ă une crise de police par une promotion esthĂ©tique. Je m'incline. Il existe des civilisations qui cherchent un juge impartial et d'autres qui cherchent quelqu'un capable de dire si l'accusĂ© portait correctement son manteau. Les RuthvĂšnes se croit tragiques. Ils sont surtout extrĂȘmement organisĂ©s dans leur théùtre. Toute personne dĂ©sirant contester cette lecture est invitĂ©e Ă le faire avec une tenue correcte. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ pourrait sinon devoir intervenir.Quittons les ors ruthvĂšnes pour la RĂ©publique de Kraland oĂč le collectivisme a encore prouvĂ© qu'il pouvait prendre n'importe quelle forme Ă condition qu'on l'imprime sur un ordre officiel. Logan Komikov a dĂ©valuĂ© la monnaie et prĂ©levĂ© par la mĂȘme occasion cinq pour cent des liquiditĂ©s de chaque citoyen afin de gĂ©nĂ©rer plus de douze mille FK. Neuf mille ont aussitĂŽt Ă©tĂ© dirigĂ©s vers la Recherche. La RĂ©publique ont donc inventĂ© une merveilleuse opĂ©ration alchimique oĂč chacun perd un morceau de son portefeuille afin que les savants gagnent un laboratoire. C'est du progrĂšs. Si l'expĂ©rience Ă©choue les chercheurs pourront toujours Ă©tudier la colĂšre populaire.Le plus beau est que Jay Padbol s'est prĂ©sentĂ© peu aprĂšs pour louer la stabilitĂ© rĂ©publicaine face au chaos du reste du monde. Monarchies instables coups d'Ătat ailleurs gouverneurs Ă©jectĂ©s rĂ©gences en dĂ©sordre. La RĂ©publique seule se dressait contre le chaos. Puis son discours a rencontrĂ© un ennemi plus dangereux qu'une armĂ©e. La rĂ©alitĂ© budgĂ©taire. Jay Padbol a dĂ» admettre que la prospĂ©ritĂ© n'Ă©tait peut-ĂȘtre pas tout Ă fait financiĂšre et que la monnaie avait Ă©tĂ© dĂ©valuĂ©e assez de fois pour rendre bientĂŽt le fenouil digne d'une brouette. Je n'aurais pas osĂ© Ă©crire mieux moi-mĂȘme. La propagande est un art sublime lorsqu'elle se dĂ©ment toute seule avant la fin du paragraphe. Il faut que chacun comprennent ici une chose essentielle. La RĂ©publique ne ment pas. Elle annonce simplement sa victoire avant d'avoir vĂ©rifiĂ© si le champ de bataille existe encore.La politique a de son cĂŽtĂ© pris l'allure d'une procession de soutiens de rumeurs de primes et de policiers que l'on applaudit avec la ferveur rĂ©servĂ©e d'ordinaire aux reliques. Jean-Messie de la Nation a changĂ© la prĂ©fĂšte de police et installĂ© Ernst Blofeld VI. Henri St Misles a reçu des louanges si nombreuses qu'on aurait pu croire ses anciennes taxes devenues des Ćuvres de charitĂ©. Une partie des habitants se souvenait pourtant fort bien d'un chiffre dĂ©passant dix-huit mille ¹¹ et rĂ©clamait le goudron les plumes et son renvoi. Karen Vanderbilt a donnĂ© Ă cette mĂ©moire une voix particuliĂšrement nette. Quelques heures plus tard d'autres habitants louaient encore Henri St Misles et l'exhortaient Ă agir contre les violences faites aux femmes. La politique humaine possĂšde cette grĂące. Deux foules peuvent regarder le mĂȘme homme et y voir Ă la fois le pillard fiscal et le dernier rempart de la civilisation. Chez les araignĂ©es nous appelons cela une toile mal tendue. Chez les humains cela s'appelle une coalition.La ConfĂ©dĂ©ration Libre observait tout cela avec son Ă©ternelle certitude que chaque principe dĂ©mocratique devient plus noble lorsqu'il produit une recette. Patrick-Lamulle DePouch a prĂ©sentĂ© sa Zone comme une industrie de la paix oĂč visas pĂ©ages et tronçons neutres rempliraient le TrĂ©sor assez gĂ©nĂ©reusement pour permettre de diminuer l'impĂŽt intĂ©rieur et de doubler la Recherche. C'est remarquable. La paix n'est plus un idĂ©al. C'est un guichet. Je ne critique pas. Au contraire. Il fallait du gĂ©nie pour dĂ©couvrir que la neutralitĂ© pouvait avoir un tarif et qu'un casque Ă l'entrĂ©e d'une route faisait soudain pousser la dĂ©mocratie comme du lierre sur une caisse. Les chercheurs coĂ»te cher mais la ConfĂ©dĂ©ration a trouvĂ© qui paiera. L'Ă©tranger. VoilĂ enfin une doctrine universelle.Pendant ce temps le Khanat ElmĂ©rien dĂ©montrait qu'il n'avait nul besoin d'une Zone pour transformer la contradiction en tradition. Tai'Chy a lancĂ© presque dans le mĂȘme souffle une recherche destinĂ©e Ă moraliser la vie politique et une autre visant Ă fabriquer des navires de guerre plus puissants. Je trouve l'association exquise. D'une main on amĂ©liore l'Ă©thique. De l'autre on amĂ©liore les missiles. Si jamais la premiĂšre Ă©choue la seconde permettra au moins d'expliquer calmement le concept aux voisins. Les ministres semble persuadĂ©s que transparence responsabilitĂ© blindage et domination maritime appartiennent Ă la mĂȘme famille. Ils ont peut-ĂȘtre raison. AprĂšs tout un gouvernement parfaitement moral a besoin d'un canon assez gros pour empĂȘcher les mauvaises interprĂ©tations. Lippos Aliagas a donnĂ© Ă cette recherche sur la morale un terrain expĂ©rimental immĂ©diat. Il a tentĂ© d'usurper le Grand Khan Pigeon Ronron tout en expliquant qu'il fonctionnait Ă trente-quatre pour cent d'un potentiel personnel qu'il Ă©value lui-mĂȘme Ă deux cent cinquante pour cent. L'ambition Ă©tait donc mathĂ©matiquement inĂ©vitable. L'usurpation a Ă©chouĂ©. Lippos Aliagas a perdu son poste et s'est retrouvĂ© recherchĂ© puis emprisonnĂ©. Quelques instants plus tard il est sorti de prison et a utilisĂ© ses talents diplomatiques pour devenir Khan de Bouletie. Il s'est ensuite mis Ă soutenir la ConfĂ©dĂ©ration Libre avec l'enthousiasme souple d'un homme dont la carriĂšre tient davantage de la balle lancĂ©e dans un escalier que de l'ascension administrative. Les puissants croit souvent qu'un Ă©chec les ralentit. Lippos Aliagas dĂ©montre qu'il suffit parfois de changer de porte.La Capsulie n'a pas voulu rester en retrait. Ronald Pompe s'y est installĂ© s'est recommandĂ© lui-mĂȘme est devenu intendant a ordonnĂ© Ă tout le monde de travailler puis a perdu son poste pour avoir tentĂ© d'uriner sur la statue du bourgmestre. Je pourrais analyser longuement la symbolique. Je ne le ferai pas. Certaines institutions se dĂ©fendent trĂšs bien toutes seules. Disons seulement que le Khanat cherchait le matin Ă moraliser la vie politique et qu'avant midi l'un de ses intendants transformait un monument public en argument hydraulique. C'est une rapiditĂ© de mise Ă l'Ă©preuve que nos laboratoires envieraient.Restons au nord mais passons au Paradigme Vert oĂč SibĂ©ria a offert un spectacle de succession assez dense pour faire paraĂźtre une forĂȘt naturelle plus facile Ă administrer. Saphir Ravenmaid a quittĂ© le gouvernorat en espĂ©rant enfin se reposer. Mauvais calcul. Fawomane Ravenloft a Ă©tĂ© propulsĂ©e Ă la tĂȘte de la province puis Cassandra a prĂ©parĂ© sa propre succession tout en essayant de s'assurer qu'il serait encore lĂ au moment oĂč celle-ci aurait lieu. Ensuite les nominations se sont croisĂ©es les fonctions ont changĂ© de mains et Cassandra s'est retrouvĂ© gouverneur de SibĂ©ria au moment mĂȘme oĂč il protestait qu'il parlait seulement d'un successeur. Saphir Ravenmaid qui venait Ă peine de croire Ă ses vacances s'est retrouvĂ©e bourgmestre de Garinaville et a rĂ©sumĂ© la situation avec la lassitude d'une sainte Ă qui l'on aurait rendu son aurĂ©ole sous forme de dossier.Ă cela s'est ajoutĂ©e Cassandre Lemage Ruthven qui a perdu son poste de bourgmestre pour avoir tentĂ© le mĂȘme genre d'hommage liquide Ă une statue que Ronald Pompe en Capsulie. Il faut croire qu'une doctrine internationale est en train de naĂźtre. Puis Cassandre Lemage Ruthven a quittĂ© la prison est revenue Ă Garinaville et s'est prĂ©sentĂ©e de nouveau aux Ă©lections en dĂ©fendant notamment la poursuite d'un rĂ©chauffement climatique local et la prĂ©sence elmĂ©rienne obtenue selon elle par le sang les fluides et de bonnes routes. Au mĂȘme endroit une cage a Ă©tĂ© construite puis immĂ©diatement couverte d'un graffiti appelant Ă brĂ»ler les prisons. Je ne vais pas prĂ©tendre que tout cela est incohĂ©rent. Ce serait injuste envers l'incohĂ©rence qui mĂ©rite des critĂšres plus stricts. Le Paradigme fonctionne plutĂŽt comme une forĂȘt aprĂšs l'orage. Les branches tombent. Les racines changent de direction. Quelqu'un devient rĂ©gent par accident. Quelqu'un d'autre devient gouverneur en protestant. Puis au matin tout le monde vous explique que l'Ă©cosystĂšme a trouvĂ© son Ă©quilibre naturel. Ceux qui veulent dĂ©fendre cette transition pourront naturellement appeler. Je demande simplement qu'ils sachent quel poste ils occupent au moment de prendre la parole. Cela nous Ă©vitera de devoir corriger le carton pendant l'entretien. Mais toute cette agitation terrestre paraĂźt presque raisonnable lorsqu'on regarde vers la Bananie oĂč le Cruisader a dĂ©cidĂ© que la gĂ©ographie elle-mĂȘme Ă©tait une suggestion. Le navire a quittĂ© l'HĂ©lĂ©nie aprĂšs que Al-ma' eut dĂ©truit une foreuse devenue inutile. Selon elle le bĂątiment n'a plus besoin de pĂ©trole puisqu'il serait dĂ©sormais alimentĂ© par le DiocĂšse des Bisous. Une infirmerie a Ă©tĂ© lancĂ©e Ă la place puis le Cruisader a pris la direction du nord-est et s'est retrouvĂ© en Bananie. Je rĂ©pĂšte ces faits avec gravitĂ© parce que personne ne doit croire que j'invente. Un navire de guerre alimentĂ© par les bisous a quittĂ© une province rebelle et s'est installĂ© sur le territoire du Khanat tandis que plusieurs occupants se faisaient attaquer par des assassins des Sbleunes et diverses crĂ©atures. Les vieux traitĂ©s maritimes n'avaient probablement pas prĂ©vu cette clause. Mousse Haillons avait auparavant forcĂ© la levĂ©e du couvre-feu au nom du droit sacrĂ© Ă recevoir de la visite et Ă montrer ses moutons. Shana Al-KhaĂŻd a de son cĂŽtĂ© dĂ©clarĂ© le soutien de sa famille au navire et Ă son Ă©quipage lĂ©gitime tout en promettant Ă la Sainte Inquisition une longue dette et des intĂ©rĂȘts particuliĂšrement discriminatoires. Golgoth LandraĂ«l II Sophos ComĂšte Kath Khanova Dorian makao et plusieurs autres se sont retrouvĂ©s Ă bord dans une ambiance oĂč l'hostilitĂ© semblait parfois plus stable que le cap du navire. Puis ComĂšte a inspectĂ© le bĂątiment et constatĂ© qu'il avait rĂ©ussi Ă se dĂ©placer avec ses rĂ©serves de mazout Ă sec. Sophos a Ă©voquĂ© les courants et la tĂ©lĂ©kinĂ©sie. Naturellement ComĂšte en a conclu que le scientifique le plus brillant de sa gĂ©nĂ©ration venait de reconnaĂźtre un miracle et que la Grande DĂ©esse annonçait son retour. C'est prĂ©cisĂ©ment pour cela que les savants devraient toujours rĂ©pondre par Ă©crit. Une hypothĂšse prononcĂ©e devant un prophĂšte devient une religion avant la fin de la phrase.L'affaire s'est encore amĂ©liorĂ©e lorsque Cassandre Lemage Ruthven a demandĂ© si cette grande savonnette armĂ©e possĂ©dait toujours des canons capables de faire fondre la glace de Bananie. Je rĂ©sume sa prĂ©occupation avec toute la dignitĂ© possible. Les tourelles auraient-elles Ă©tĂ© privĂ©es de leur virilitĂ© par une dĂ©esse bleue peu tolĂ©rante envers les symboles phalliques trop dangereux. La question demeure. J'attends avec le mĂȘme sĂ©rieux qu'elle une Ă©ventuelle dĂ©monstration sur la banquise. La science exige parfois des sacrifices. La banquise du Khanat me semble toute dĂ©signĂ©e.Plus tard le Cruisader avait dĂ©jĂ commencĂ© Ă se comporter moins comme un cuirassier que comme une croisiĂšre possĂ©dĂ©e par un saint patron de l'alcool. La Bananie n'a rien demandĂ©. C'est gĂ©nĂ©ralement le signe qu'elle va recevoir quelque chose. Ce qui me fascine ici n'est pas la question de savoir qui possĂšde juridiquement le Cruisader. Les hommes adore la propriĂ©tĂ© surtout lorsqu'ils peuvent la dĂ©finir aprĂšs ĂȘtre montĂ©s Ă bord. Ce qui m'intĂ©resse est l'extraordinaire capacitĂ© des gouvernements Ă transformer un bateau en traitĂ© international flottant. Pour les uns il s'agit d'un patrimoine seelien. Pour les autres d'une croisiĂšre de luxe. Pour d'autres encore d'un outil militaire. Et pour makao c'est surtout un excellent moyen d'arriver en Bananie avec la perspective d'une liqueur de banane. VoilĂ peut-ĂȘtre la seule doctrine navale honnĂȘte de toute l'affaire.Au GĂ©ofront rĂ©publicain l'actualitĂ© semblait presque paisible par comparaison. Shiki Chantargent a relancĂ© l'Ă©conomie de Sanctuaire avec une journĂ©e de l'or car les caisses Ă©taient vides et les poches Ă©galement. Gilbert Tronik a envoyĂ© ses robots aux pioches. Ninoo Chantargent a fait accĂ©lĂ©rer le travail puis rappelĂ© que le Festival Contes et LĂ©gendes III approchait. On exploitera donc l'or avant de raconter des histoires ce qui est probablement la chronologie la plus sincĂšre de toute civilisation. Ninoo Chantargent a aussi nommĂ© Darth Leo procureur. J'ai promis de ne pas dĂ©nigrer les bonnes dĂ©cisions et celle-ci est simplement notĂ©e avec le respect que mĂ©rite toute personne qui accepte volontairement de lire des dossiers judiciaires.Le festival lui-mĂȘme ouvrira bientĂŽt ses portes Ă Sanctuaire avec costumes rĂ©cits ateliers musique et repas. Fawomane Ravenloft a dĂ©jĂ annoncĂ© vouloir sortir son plus beau costume de princesse. Wonyoung voudrait venir mais les vents d'Australine la retiennent encore sur l'Ăźle prison. Ninoo Chantargent lui a promis que les histoires les dĂ©guisements et le concert pourraient lui parvenir si elle ne rĂ©ussissait pas Ă traverser. J'aime cette idĂ©e plus que je ne devrais. Dans un Cybermonde oĂč l'on change de rĂ©gent Ă une vitesse qui ferait pĂąlir une girouette oĂč les ministres financent la guerre avec l'argent de la paix et oĂč un dĂ©mon prend une province pour forcer son Empereur Ă se lever il reste encore des gens qui prennent la peine de transmettre des contes Ă quelqu'un coincĂ© par le vent. Cela ne rend pas le monde moins absurde. Cela le rend seulement plus difficile Ă mĂ©priser complĂštement.Une chandelle vient de s'Ă©teindre prĂšs du crĂąne qui me sert de presse-papier. Je suppose que c'est un signe. Ou un courant d'air. Les mystiques choisiront la premiĂšre explication et les ingĂ©nieurs la seconde puis chacun demandera une subvention. Pour ma part je retiens ceci. Ombre MachiavĂ©lique a pris Mystisie afin de rĂ©veiller Octave Sombrefer et l'Empereur a fini par paraĂźtre. NOROGURA JĂ»zĂŽ a baissĂ© les taxes de Sicilia pendant que la rue rappelait ses usages. Kramara Kisugi construit davantage de ministĂšre avec les poches de ceux qui ne travaillent pas assez. Dame DĂ©merzel a transformĂ© diplomatie remboursement et Ă©lĂ©gance en instruments monarchiques. Golgoth LandraĂ«l II a prouvĂ© qu'une enquĂȘte peut parfaitement vous innocenter lorsque vous avez la bonne idĂ©e de la conclure vous-mĂȘme. Logan Komikov a allĂ©gĂ© les poches rĂ©publicaines au bĂ©nĂ©fice de la science. Lippos Aliagas a montrĂ© qu'on peut rater un trĂŽne le matin et trouver une province avant le dĂ©jeuner. Saphir Ravenmaid a appris que les vacances sont une superstition administrative. Et le Cruisader voyage dĂ©sormais avec assez de contradictions Ă bord pour ĂȘtre reconnu comme une nation Ă part entiĂšre.Tout cela confirme naturellement ce que l'Empire Brun savait dĂ©jĂ . Le pouvoir n'est jamais propre. Il est seulement plus ou moins bien Ă©clairĂ©. Chez nous nous avons au moins la dĂ©cence de choisir des darkchandelles noires des rideaux rouges et des monstres qui annoncent leurs Plans© avant de les exĂ©cuter. Les autres nations prĂ©fĂšre appeler leurs propres bizarreries dĂ©mocratie tradition Ă©cologie justice populaire ou rĂ©forme monĂ©taire. C'est une question de vocabulaire. Nous avons choisi le meilleur. Les lignes restent ouvertes. Les tĂ©moins anonymes les souverains contrariĂ©s les gouverneurs provisoires les dĂ©mons ligotĂ©s les procureurs Ă©lĂ©gants les contribuables tondus et les marins miraculeusement arrivĂ©s lĂ oĂč ils ne comptaient pas aller peuvent venir dĂ©poser leur version. Toute personne souhaitant corriger la mienne est la bienvenue Ă condition d'apporter des preuves suffisamment solides pour survivre Ă la lumiĂšre des chandelles et Ă mon excellente mĂ©moire. Mais avant de quitter les ondes je voudrais que nous descendions jusqu'au Niarkalistan oĂč mĂȘme la mort vient de dĂ©couvrir qu'elle avait oubliĂ© de remplir un formulaire. Edouard Gaine nous apprend la disparition de Syphilys avec ce mĂ©lange de respect sincĂšre et d'intĂ©rĂȘt cadastral qui caractĂ©rise les grandes civilisations. Il faut dire qu'il parle en connaisseur puisqu'il fut son styliste personnel et qu'il dĂ©crit la dĂ©funte comme une artiste accomplie une Brune exemplaire et surtout une radine de profession. Ce dernier qualificatif pourrait sembler peu charitable dans un hommage funĂšbre. Il ne l'est pas. En Empire Brun mourir riche constitue probablement l'une des preuves les plus convaincantes d'une existence correctement menĂ©e. Beaucoup sont parti avec des amis. Syphilys semble avoir eu la sagesse de partir avec des coffres pleins derriĂšre elle. Cela oblige forcĂ©ment les vivants Ă pleurer plus longtemps puisqu'il faut ouvrir l'inventaire avant de pouvoir fermer le cercueil.La tristesse de son mari est paraĂźt-il visible depuis prĂšs de quarante-huit heures et je ne me permettrai certainement pas d'en mesurer la sincĂ©ritĂ© Ă la taille de l'hĂ©ritage. Radio NĂ©crotoile possĂšde une dĂ©ontologie. Elle est rangĂ©e quelque part. Ce qui m'intĂ©resse davantage est cette admirable rencontre entre le deuil et le droit niarkalistanais. Aucun testament notariĂ© n'aurait Ă©tĂ© retrouvĂ©. Aucun exĂ©cuteur testamentaire ne s'Ă©tant manifestĂ© dans ce que Edouard Gaine estime ĂȘtre un dĂ©lai raisonnable les biens et la fortune de Syphilys sont donc revenu Ă la province et Ă ses habitants. Certains trouvera ça froid. Je trouve au contraire que c'est une forme extrĂȘmement brune de tendresse collective. Dans d'autres nations on apporte des fleurs Ă la famille. Au Niarkalistan on prend soin des coffres pour Ă©viter qu'ils se sentent abandonnĂ©s. Il y a des hĂ©ritages qui divise les familles. Ici on a rĂ©solu le problĂšme en agrandissant directement la famille jusqu'aux frontiĂšres provinciales.Reste pourtant l'hommage et sur ce point Edouard Gaine n'a pas choisi la facilitĂ©. Une veillĂ©e Ă la lanterne aura lieu dimanche 16 aoĂ»t devant l'entrĂ©e de la NĂ©cropole. Dans le respect des habitants de la ville morte le silence sera total. VoilĂ enfin un rassemblement public oĂč personne ne pourra amĂ©liorer l'Ă©vĂ©nement avec un discours de vingt minutes sur sa propre importance. Les fleurs seront les bienvenues et les hommages devront ĂȘtre Ă©crit. Ensuite ceux qui auront rĂ©ussi Ă survivre Ă tant de dignitĂ© pourront rejoindre une tournĂ©e de tĂ©quila Ă la LĂ©prochienne pour une soirĂ©e aprĂšs le recueillement. C'est une cĂ©rĂ©monie parfaitement brune. On commence auprĂšs des morts dans le silence et on termine auprĂšs des vivants avec assez d'alcool pour leur faire regretter d'avoir une voix.Ceux qui l'ont connue peuvent venir raconter la femme derriĂšre les coffres. Ceux qui possĂšde soudain un testament oubliĂ© peuvent Ă©galement se manifester et je leur recommande dans ce cas de courir plus vite que l'administration du Niarkalistan. Quant aux autres rendez-vous dimanche devant la NĂ©cropole. Apportez une lanterne des fleurs et quelque chose Ă Ă©crire. Pour la tĂ©quila je suppose que le deuil saura s'organiser tout seul. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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13 Aout 6662026
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Bonsoir à vous qui écoutez encore Radio Nécrotoile alors que (...)
![]() 13 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir Ă vous qui Ă©coutez encore Radio NĂ©crotoile alors que les chandelles ont commencĂ© Ă couler sur les crĂąnes du studio et que le velours pourpre du grand rideau absorbe assez de fumĂ©e pour obtenir prochainement un statut diplomatique. Installez-vous. Les dorures anciennes tiennent encore au trĂŽne par habitude plus que par conviction et les petites araignĂ©es de la rĂ©daction ont cessĂ© de courir depuis quâune dâentre elles a compris quâune dĂ©pĂȘche pouvait ĂȘtre simplement poussĂ©e du bout dâune patte plutĂŽt que portĂ©e avec dignitĂ©. Je suis Kleo et comme toujours je vous livre une lecture parfaitement impartiale de la situation du Cybermonde. Ceux qui prĂ©tendent le contraire sont libres de produire leurs preuves. Elles seront examinĂ©es avec le sĂ©rieux nĂ©cessaire puis rangĂ©es dans le tiroir oĂč nous conservons les erreurs des autres nations. Câest un tiroir immense. Il ferme mal. Depuis ce matin les choses se sont arrangĂ© de cette maniĂšre admirable que les peuples appellent la paix quand ils ont Ă©puisĂ© leur Ă©nergie Ă se menacer et quâils dĂ©couvrent soudain les vertus de la comptabilitĂ©. Il faut reconnaĂźtre que personne ne semblent avoir autant travaillĂ© Ă donner au mot stabilitĂ© le sens dâune table dont on scie un pied chaque heure. Commençons par le Khanat ElmĂ©rien puisque le Khanat a rĂ©ussi en une seule journĂ©e Ă signer la paix avec ses ennemis Ă discuter de son avenir avec ses voisins Ă perdre une province et Ă expliquer que tout ceci prouvait son unitĂ©. Câest une performance politique quâil serait mesquin de ne pas saluer. Pigeon Ronron a acceptĂ© la trĂȘve ruthvĂšne avec cette grĂące prudente des hommes qui tendent la main tout en vĂ©rifiant si quelquâun nâa pas cachĂ© une diode dans la manche. Puis il a fait davantage. La Bouletie a Ă©tĂ© cĂ©dĂ©e Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre avec des encouragements presque paternels et une confiance telle quâon aurait pu croire quâil envoyait un enfant courageux acheter du pain plutĂŽt quâune province entiĂšre changer de souverainetĂ©. Les provinces a changĂ© de maĂźtre pour moins que cela autrefois mais rarement avec un cri de dĂ©part aussi enthousiaste. Ă Youpigrad Lippos Aliagas a accueilli lâannonce en promettant la YoupifĂȘte Ă la ConfĂ©dĂ©ration et en dĂ©clarant son soutien Ă ses nouveaux hĂŽtes tout en frappant politiquement son ancien gouvernement avec la dĂ©licatesse dâune cloche de cathĂ©drale lĂąchĂ©e depuis le clocher. VoilĂ une transition moderne. On vous cĂšde. Vous remerciez. Vous protestez. Vous prĂ©parez une fĂȘte. Et chacun affirme avoir exactement obtenu ce quâil souhaitait depuis le dĂ©but.Mais avant de quitter cette affaire il faut regarder la Bananie parce que les grandes idĂ©es politiques ont souvent besoin dâune province inquiĂšte pour rĂ©vĂ©ler ce quâelles valent vraiment. Passe-Muraille avait prĂ©venu que si la Bouletie quittait le Khanat la Bananie suivrait. Plus tard baldus a dĂ©noncĂ© une mascarade politique et un Khan dĂ©boussolĂ© qui aurait voulu cĂ©der la Bananie aux RuthvĂšnes puis aux provinces rebelles et peut-ĂȘtre demain Ă un marchand de tapis disposant dâun cachet officiel. Ce qui est dĂ©licieux ici nâest pas la colĂšre. La colĂšre est banale. Ce qui mĂ©rite notre attention est cette Ă©trange fidĂ©litĂ© tribale oĂč chacun exige que le Khanat reste entier tout en menaçant de partir pour prouver son attachement Ă lâunitĂ©. Câest un peu comme incendier sa maison afin de montrer au voisin quâon tenait beaucoup au salon. GĂ©rard Menvussa de son cĂŽtĂ© a choisi une mĂ©thode plus concrĂšte pour cĂ©lĂ©brer la paix. Il a abaissĂ© presque tous les impĂŽts commerciaux Ă un pour cent et supprimĂ© lâimpĂŽt sur les salaires. Les armes restent pratiquement sacrĂ©es fiscalement pendant que les livres montent Ă quinze pour cent. Je voudrais attirer votre attention sur ce dĂ©tail parce quâil contient une philosophie complĂšte. Dans certaines civilisations on taxe le canon pour financer lâĂ©cole. En Bananie on semble avoir conclu que le canon sait dĂ©jĂ lire.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă la paix avec la RuthvĂ©nie. La paix ont Ă©tĂ© signĂ©e dans lâesprit le plus noble possible ce qui veut dire aprĂšs beaucoup de menaces suffisamment de transferts dâargent et un traitĂ© dont chacun pourra prĂ©tendre plus tard quâil ne voulait pas exactement dire ce quâil disait. DameDĂ©merzel cĂ©lĂšbre lâunitĂ© retrouvĂ©e et la Couronne parle du ValĂ©gro comme dâun duchĂ© revenu Ă sa juste place. Emile Liarr reçoit les louanges quâexige toute monarchie convenablement entretenue tandis que Sysson soutient le duc la Couronne et le ministre Sir McRabbit avec une ardeur telle quâune enclume lui tombe sur la tĂȘte au milieu de lâenthousiasme. Les historiens chercheront peut-ĂȘtre un symbole. Je leur dĂ©conseille. Il existe des jours oĂč une monarchie obtient simplement la mĂ©taphore quâelle mĂ©rite.La partie sĂ©rieuse se trouve pourtant dans les coffres. Sir McRabbit a transfĂ©rĂ© prĂšs de vingt mille Couronnes Ă la RĂ©publique de Kraland au nom des accords du ValĂ©gro et les savants ruthvĂšnes ont partagĂ© leur savoir sur les objets magiques majeurs. Logan Komikov a aussitĂŽt saluĂ© ce paiement comme la preuve quâune vĂ©ritable amitiĂ© entre les peuples reste possible malgrĂ© les vieux conflits. Câest une trĂšs belle idĂ©e. Elle prouve surtout que les royaumes s'est dĂ©couvert une affection remarquable dĂšs que les virements arrivent au bon ministĂšre. Je ne critique pas. Ă lâEmpire Brun nous respectons profondĂ©ment les sentiments garantis par reçu. Ils sont plus faciles Ă archiver. Sysson a dâailleurs estimĂ© nĂ©cessaire dâouvrir une lutte contre lâillettrisme parce que certains ministres ruthvĂšnes auraient des difficultĂ©s Ă compter les zĂ©ros du traitĂ©. Câest un geste admirablement prĂ©voyant. Il est rare de voir un gouvernement transformer une erreur comptable potentielle en politique Ă©ducative avant mĂȘme que quelquâun ne rĂ©clame sa tĂȘte.Restons un instant en RuthvĂ©nie parce que la Couronne nous offre cette journĂ©e un fascinant mĂ©lange de tendresse monarchique et de coercition lumineuse. DameDĂ©merzel a confiĂ© ses services de renseignements Ă Dracarys Von Rich. Pendant ce temps Sysson a activĂ© un Rayon de LoyautĂ© prĂ©sentĂ© comme parfaitement bienveillant puisque toute opinion contraire disparaĂźt rapidement aprĂšs exposition. Jâadmire la franchise. Beaucoup de rĂ©gimes passent des annĂ©es Ă inventer des journaux des commissions des dĂ©bats et des Ă©lections pour obtenir exactement le mĂȘme rĂ©sultat. La RuthvĂ©nie a choisi un rayon. Câest plus gothique et incontestablement plus honnĂȘte. MĂȘme les idĂ©es qu'il transportaient dans leurs tĂȘtes doivent maintenant savoir quâelles circulent sur territoire royal.Ă Kraland justement la RĂ©publique poursuit son admirable effort pour dĂ©montrer que le bonheur est une branche de lâadministration. Sophos sâest fait attaquer par des tortues blindĂ©es puis par un requin volant ce qui pourrait sembler inquiĂ©tant dans une capitale normale mais constitue au Quartier SuprĂȘme une forme de consultation populaire particuliĂšrement dynamique. Il a rĂ©compensĂ© Leaves comme HĂ©roĂŻne de la RĂ©volution et le Ministre de lâInformation Jay Padbol a cĂ©lĂ©brĂ© le commando qui a sauvĂ© le Premier Ministre avec lâenthousiasme dâun bulletin officiel dĂ©couvrant soudain quâil possĂšde des adjectifs. K' Velzard a connu une journĂ©e plus subtile. Commissaire du Bonheur il a tentĂ© de voler une porte blindĂ©e et perdu son poste avant dâĂȘtre renommĂ© quelques heures plus tard avec interdiction expresse de repartir avec les portes. Les citoyens comprend alors que le bonheur kralandais nâest pas un Ă©tat intĂ©rieur. Câest un ministĂšre dont le mobilier doit ĂȘtre comptĂ© aprĂšs chaque rĂ©union.Et puisque le Bonheur possĂšde dĂ©sormais son Commissaire il fallait Ă©videmment lui construire une doctrine. K' Velzard a donc lancĂ© un concours dâart pour le MusĂ©e du Bonheur oĂč les artistes pourront gagner du fenouil du Bonheur une dose de Bonheur Liquide ou la seule et unique Pastille du Bonheur. Je refuse de commenter davantage par respect professionnel. Certaines nouvelles atteignent un degrĂ© de perfection oĂč lâĂ©ditorialiste doit savoir se retirer et laisser la civilisation se condamner elle-mĂȘme.Passons Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre dont la journĂ©e mĂ©rite une attention particuliĂšre car elle a rĂ©ussi Ă recevoir la Bouletie et Ă se doter presque simultanĂ©ment dâune voix officielle. Patrick-Lamulle DePouch a prĂ©sentĂ© lâarrivĂ©e des Bouletiens avec cette douceur institutionnelle trĂšs confĂ©dĂ©rĂ©e qui consiste Ă dire que chacun est libre de partir pendant que des casques bleus lâaccompagnent pour son confort et que lâon promet de le regarder sâĂ©loigner trĂšs longuement. La ConfĂ©dĂ©ration ont accueilli ainsi une province que le Khanat lui expĂ©die sans que personne ne paraisse tout Ă fait savoir si lâopĂ©ration est un cadeau une expĂ©rience ou une plaisanterie devenue juridiquement contraignante. Puis Paul-Steeve Saint-Sauveur a nommĂ© ZeOrator Ministre de lâInformation. Patrick-Lamulle DePouch a expliquĂ© quâils nâavaient pas recrutĂ© un porte-voix mais quelquâun que le Cybermonde Ă©coutait dĂ©jĂ et qui conserverait sa libertĂ© de ton. Câest touchant. La dĂ©mocratie adore les voix libres Ă condition de pouvoir leur donner un bureau une plaque et si possible un budget.Il faut dire que ZeOrator arrivait avec de lâexpĂ©rience. Plus tĂŽt il avait quittĂ© ses fonctions de PrĂ©fet de Police aprĂšs avoir reconnu un Ă©chec retentissant et il avait dĂ©fendu le Paradigme Vert dans une affaire administrative oĂč une erreur informatique aurait transformĂ© une future rĂ©gence en rĂ©gence immĂ©diate. Son argument Ă©tait magnifique. Respectez les institutions car une erreur pareille aurait pu arriver partout. Câest probablement la devise secrĂšte de la ConfĂ©dĂ©ration. Les fonctionnaires regarde un dĂ©sastre bureaucratique et nây voient pas une faute mais une preuve dâĂ©galitĂ© entre les peuples.Ce qui nous amĂšne au Paradigme Vert oĂč lâĂ©cologie continue de progresser vers cet Ă©tat supĂ©rieur dans lequel mĂȘme les absurditĂ©s sont renouvelables. Ă SibĂ©ria Fawomane Ravenloft rĂšgne dĂ©sormais sur une rĂ©gence cĂ©lĂ©brĂ©e par Karlin avec une ferveur si sucrĂ©e quâon pourrait alimenter Garinaville en bonbons jusquâĂ lâhiver. Saphir Ravenmaid reçoit des louanges puis critique Bladimir Bladimirovitch Mutin tandis que celui-ci critique Ă son tour la RĂ©gente et la Bourgmestre. Aya Ravenloft distribue ses soutiens et annonce des cĂąlins si fermes quâils prennent le nom de strangulation. On ne peut pas dire que la politique sibĂ©rienne manque de chaleur. Simplement elle lâexprime par des moyens qui nĂ©cessitent parfois un mĂ©decin.Pendant ce temps Pigeon Ronron a choisi Garinaville pour dĂ©noncer la dĂ©fiance du Paradigme envers le Khanat aprĂšs lâagression supposĂ©e dâune ElmĂ©rienne. Il accuse le pays de haĂŻr ses voisins et promet un colloque sur ce que les grandes puissances devraient faire du Paradigme. Saphir Ravenmaid et plusieurs voix locales rĂ©pondent en critiquant le Khanat. VoilĂ lâun des beaux mĂ©canismes du Cybermonde. Chacun accuse lâautre dâĂȘtre intolĂ©rant avec une intensitĂ© telle quâaucun des deux nâa plus le temps de tolĂ©rer quoi que ce soit. Les fĂ©es avait pourtant dâautres prioritĂ©s. En ForĂȘt de Jade on rend illĂ©gale la Machine Ă Pomper parce quâon se demande si elle produit une Ă©nergie renouvelable puis on lance des tartes Ă la crĂšme puis on distribue des amendes liĂ©es Ă la consommation Ă©lectrique. LâĂ©cologie politique a enfin trouvĂ© sa forme parfaite. Une facture dĂ©corĂ©e de paillettes.Mais avant de quitter cette affaire je dois Ă©voquer HĂ©lĂ©nie qui reste rebelle au sens le plus complet du terme puisque mĂȘme lâordre public semble y avoir fait sĂ©cession. Scarleit appelle les habitants Ă rester soudĂ©s contre les Al Khaid et rappelle que la Sainte Inquisition est partie en mission avec le Cruisader. Shana Al-KhaĂŻd rĂ©pond en fondant la V.E.R.M.I.N.E. et rĂ©clame deux statues cinq mille unitĂ©s monĂ©taires et dix pour cent des transactions pĂ©troliĂšres. Les choses qu'elle a promis en Ă©change sont dâune simplicitĂ© admirable. Si les exigences ne sont pas satisfaites le chaos continuera. Câest une doctrine fiscale trĂšs ancienne qui consiste Ă appeler revendication ce que les brigands moins bien habillĂ©s nomment rançon.Lâaffaire dĂ©gĂ©nĂšre ensuite avec la rĂ©gularitĂ© rassurante dâune tragĂ©die bien tenue. Shana Al-KhaĂŻd tente Ă plusieurs reprises dâentraĂźner Scarleit dans une bagarre puis finit par lâagresser et perdre son poste avant de dĂ©clarer sa victime otage jusquâĂ satisfaction de ses recommandations. JâapprĂ©cie particuliĂšrement lâexpression de prise dâotage lĂ©gale selon son propre code pĂ©nal. VoilĂ une innovation juridique que je recommande Ă toutes les puissances Ă©trangĂšres qui trouvent leurs tribunaux trop lents. On Ă©crit soi-mĂȘme la loi on enlĂšve quelquâun puis on dĂ©clare que la procĂ©dure a Ă©tĂ© respectĂ©e. Câest presque kralandais mais avec moins de formulaires.Et maintenant lâEmpire Brun. Il fallait bien revenir Ă une civilisation stable. Ă Mystisie on trouve du pĂ©trole on accĂ©lĂšre les chaĂźnes de production dâor et de pĂ©trole et quelques habitants se font attaquer par des ectoplasmes des guerriers fantĂŽmes et des dĂ©mons mineurs. Vous voyez immĂ©diatement la diffĂ©rence de maturitĂ©. Ailleurs un changement de ministĂšre dĂ©clenche une crise constitutionnelle. Chez nous un fantĂŽme traverse le mur pendant quâon continue dâextraire. Dusk et Aurora donnent de lâentrain aux travailleurs Lyanna de Nansay rappelle que lâor accompagne trĂšs bien le pĂ©trole et la Fontaine Mystisienne produit pendant que les ombres font leur travail dâombre. VoilĂ une Ă©conomie sĂ©rieuse. Les morts peuvent protester sâils le souhaitent mais quâils prennent un numĂ©ro.Au Niarkalistan lâhommage Ă Syphilys Mawi rĂ©vĂšle une autre vertu brune. La mort y reste entourĂ©e dâun profond sens civique surtout lorsquâelle permet de clarifier la propriĂ©tĂ© des coffres. Edouard Gaine annonce une veillĂ©e silencieuse Ă la NĂ©cropole et rappelle que faute de testament les biens de la dĂ©funte reviennent Ă la province. La tristesse est donc organisĂ©e la lanterne est prĂȘte et lâinventaire aussi. Je sais que certaines Ăąmes dĂ©licates trouveront cela froid. Elles ont tort. La civilisation commence prĂ©cisĂ©ment quand quelquâun pense Ă la succession avant que les fleurs ne soient fanĂ©es. Ă Sicilia Aken se livre aux autoritĂ©s sans quâil soit nĂ©cessaire de dĂ©placer une province entiĂšre ou dâinventer un rayon de loyautĂ©. Je ne prĂ©tends pas que lâEmpire soit parfait. Je constate seulement que ses imperfections savent se tenir correctement dans le dĂ©cor.Alors que faut-il retenir de cette journĂ©e. Certainement pas que le Cybermonde sâest apaisĂ©. Il a seulement perfectionnĂ© lâart de dĂ©placer ses querelles dans des documents plus propres. Le Khanat signe la paix et perd la Bouletie. La ConfĂ©dĂ©ration reçoit la Bouletie et parle de libertĂ©. La RuthvĂ©nie verse de lâargent Ă Kraland et cĂ©lĂšbre lâunitĂ© du ValĂ©gro. Le Paradigme condamne lâintolĂ©rance du Khanat pendant que le Khanat condamne lâintolĂ©rance du Paradigme. HĂ©lĂ©nie transforme le chantage en programme gouvernemental. Kraland transforme le bonheur en commissariat. Et lâEmpire Brun extrait de lâor pendant que des dĂ©mons passent derriĂšre les ouvriers. Je ne dis pas que cela prouve que nous avions raison depuis le dĂ©but. Ce serait vulgaire. Je dis simplement que les faits a encore eu lâĂ©lĂ©gance de se ranger dans le sens de notre thĂšse. Ceux qui voudra me contredire peuvent bien entendu venir Ă lâantenne. Pigeon Ronron peut expliquer comment cĂ©der une province renforce lâunitĂ© du Khanat. Lippos Aliagas peut venir nous dire si la YoupifĂȘte constitue dĂ©sormais une doctrine diplomatique. DameDĂ©merzel peut dĂ©tailler les vertus thĂ©rapeutiques du Rayon de LoyautĂ©. ZeOrator peut dĂ©fendre la libertĂ© de ton depuis son nouveau ministĂšre. Fawomane Ravenloft peut nous expliquer comment une rĂ©gence nĂ©e dâune erreur devient une institution parfaitement naturelle. Shana Al-KhaĂŻd peut dĂ©poser son code pĂ©nal personnel sur mon bureau Ă condition quâil ne contienne pas dâexplosif. Scarleit peut tĂ©moigner si elle nâest plus officiellement otage au moment de lâĂ©mission. Les tĂ©moins anonymes les diplomates offensĂ©s et les souverains qui se sentent injustement dĂ©crits sont invitĂ©s Ă se manifester. Nous corrigerons naturellement toute erreur aprĂšs vĂ©rification. Les corrections seront imprimĂ©es en caractĂšres suffisamment petits pour respecter la dignitĂ© de nos archives.Je suis Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Nâoubliez jamais ceci. Quand six gouvernements jurent en mĂȘme temps quâils viennent de sauver la paix il faut surtout vĂ©rifier qui a dĂ©placĂ© la frontiĂšre pendant le discours. |
14/08 (02:02) | ||
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Radio Nécrotoile a écrit :
Scarleit peut tĂ©moigner si elle nâest plus officiellement otage au moment de lâĂ©mission. Les tĂ©moins (...)
Radio Nécrotoile a écrit :
Un appel anonyme est envoyĂ© Ă l'Ă©mission. ![]() Bonjour, Je ne peux vous dire qui je suis car je suis proche de la famille Al Khaid et ils me tueraient. Cependant, j'aimerais tĂ©moigner car je me suis rapidement prise d'affection pour Scarleit, disons qu'elle a plus de conversation que la horde de dĂ©mons des Al Khaid. Notez que Scarleit est retenue dans un bunker secret de Shana Ă Bisouville. Elle n'est pas maltraitĂ©e : Shana lui a donnĂ© des bonbons mais la situation est compliquĂ©e. Scarleit a essayĂ© de comprendre les raisons de la guerre apparemment il n'y en a pas, ils n'ont mĂȘme rien contre les seeliens. Les Al Khaid rĂ©clament deux statues, Scarleit a expliquĂ© qu'elle en avait demandĂ© une aussi aprĂšs avoir sauvĂ© la province et qu'on le lui avait refusĂ©, leurs revendications auraient donc peu de chances d'aboutir. Tous les fonctionnaires de la province sont partis en croisiĂšre et n'ont fait aucune dĂ©claration quant Ă la prise d'otage de Scarleit (ils s'en fichent elle n'est ni seelienne, ni membre de l'inquisition). Je suis un peu inquiĂšte, Scarleit a Ă©tĂ© sĂ©questrĂ©e toute sa vie, elle n'est pas claustrophobe mais moi je ne me vois pas rester ici indĂ©finiment. Scarleit a mĂȘme Ă©mis l'hypothĂšse que les Al Khaid travailleraient secrĂštement pour des membres de l'inquisition et auraient Ă©tĂ© envoyĂ©s pour l'empĂȘcher de faire campagne pour les Ă©lections. Encore une sombre histoire de statues et de cimetiĂšres. Je n'ai jamais vu autant de factions se battre pour des statues. |
14/08 (10:41) | ||
| GrĂące au soutien du public, j'ai pu ĂȘtre libĂ©rĂ©e sans encombres. Je remercie la NĂ©crotoile d'avoir rĂ©vĂ©lĂ© les (...) | 14/08 (14:23) | Scarleit | |
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Shana aime les démons et les dragons. On peut donc dire que Scarlett est une expérience de fusion entre les deux, mais qui aurait mal tourné, car (...)
Shana aime les dĂ©mons et les dragons. On peut donc dire que Scarlett est une expĂ©rience de fusion entre les deux, mais qui aurait mal tournĂ©, car elle nâa ni le charisme de lâun ni la puissance de lâautre. Le + et le + donnent rarement du -, mais pourtantâŠ
Ăa ne lâempĂȘche pas dâĂȘtre attachante, et la famille traite bien ses otages, contrairement Ă lâInquisition, qui met ses esclaves Ă la soupe. Jâai un scoop pour NĂ©crotoile. Shana prend une feuille, dessine un dĂŽme bleu, deux mĂšches et Omar, nu, avec de la poudre plein les cheveux. Vous remarquerez le cĂŽtĂ© artistique. ![]() |
14/08 (20:54) | Shana Al-KhaĂŻd | |
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Radio Nécrotoile a écrit :
et le Ministre de lâInformation Jay Padbol a cĂ©lĂ©brĂ© le commando qui a sauvĂ© le Premier Ministre avec (...)
Radio Nécrotoile a écrit :
et le Ministre de lâInformation HĂ© mais c'est pas trĂšs gentil! Enfin je crois? ![]() Attention Ă vous! car vous pourriez bien avoir affaire Ă l'Etalon Rouge un de ces jours.
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14/08 (22:28) | Jay Padbol | |
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Radio NĂ©crotoile reprend lâantenne
Ă notre courageux correspondant de lâOpĂ©ration Khimmando, merci pour ce tĂ©moignage dâune importance (...)
Radio NĂ©crotoile reprend lâantenne
Ă notre courageux correspondant de lâOpĂ©ration Khimmando, merci pour ce tĂ©moignage dâune importance capitale. Nous apprenons donc que Scarleit Ă©tait enfermĂ©e dans un bunker secret avec des bonbons, quâelle avait davantage de conversation que les dĂ©mons chargĂ©s de sa garde et que personne ne savait exactement pourquoi cette guerre existait. Ce dernier point me rassure Ă©normĂ©ment. Les conflits dont personne ne connaĂźt la raison sont souvent les plus solides puisque personne ne peut accidentellement rĂ©soudre leur cause. Quant Ă cette hypothĂšse voulant que les Al Khaid aient travaillĂ© pour empĂȘcher Scarleit de faire campagne je la conserverai prĂ©cieusement dans notre rayon consacrĂ© aux complots plausibles mais suffisamment dĂ©licieux pour quâune vĂ©rification trop rapide serait presque indĂ©cente. Je retiens surtout quâen HĂ©lĂ©nie la vĂ©ritable ressource stratĂ©gique nâest ni le pĂ©trole ni le Cruisader. Ce sont les statues. Ă ce rythme les prochaines nĂ©gociations internationales auront lieu directement chez un tailleur de pierre. Scarleit, votre note de cinq sur cinq est naturellement versĂ©e aux archives officielles et constituera dĂ©sormais une preuve incontestable de notre excellence journalistique. Je suis ravie dâapprendre que vous avez Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e sans encombre. Jâaurais prĂ©fĂ©rĂ© pouvoir prĂ©tendre que Radio NĂ©crotoile avait personnellement fait trembler vos ravisseurs mais il semble que le public ait fait le travail avant que nous ayons le temps de nous attribuer tout le mĂ©rite. Câest regrettable. Nous corrigerons cette faiblesse dans les prochaines Ă©ditions. Votre expĂ©rience dĂ©montre au moins quâune prise dâotage peut se terminer sans exĂ©cution sans invasion et sans crĂ©ation dâun ministĂšre supplĂ©mentaire. Pour HĂ©lĂ©nie câest pratiquement un miracle administratif. Shana Al-KhaĂŻd, jâai longuement observĂ© votre Ćuvre reprĂ©sentant un dĂŽme bleu deux mĂšches et Omar nu avec de la poudre dans les cheveux. Je confirme son caractĂšre artistique puisque personne dans la rĂ©daction nâa rĂ©ussi Ă expliquer ce quâil regardait et que câest gĂ©nĂ©ralement un excellent dĂ©but. Vous affirmez Ă©galement que votre famille traite bien ses otages. Je prends note de cette nouvelle norme hĂ©lĂ©nienne oĂč la qualitĂ© dâun ravisseur se mesure dĂ©sormais Ă la confiserie offerte pendant la dĂ©tention. Je suppose quâau prochain enlĂšvement nous aurons droit Ă un classement gastronomique. Trois Ă©toiles pour le bunker avec bonbons. Deux Ă©toiles si les chaĂźnes irritent les poignets. Une Ă©toile retirĂ©e si le dĂ©mon de garde manque de conversation. Je vous invite Ă©videmment Ă continuer de transmettre vos Ćuvres. Le patrimoine artistique du Cybermonde a dĂ©jĂ survĂ©cu Ă pire. Enfin Jay Padbol. Vous avez raison. Ce nâĂ©tait pas trĂšs gentil. Je suis profondĂ©ment troublĂ©e par cette dĂ©couverte. Une Ă©mission intitulĂ©e Radio NĂ©crotoile pourrait avoir produit une remarque dĂ©sobligeante. Nous ouvrons immĂ©diatement une enquĂȘte interne et je peux dĂ©jĂ vous garantir quâelle conclura Ă mon innocence absolue. Concernant votre menace de me faire rencontrer un jour lâĂtalon Rouge je vous remercie de prĂ©venir suffisamment tĂŽt. Cela me laissera le temps de prĂ©parer une chaise une bouteille et Ă©ventuellement un vĂ©tĂ©rinaire selon la nature exacte de lâĂtalon en question. En attendant continuez donc dâajouter des adjectifs Ă vos communiquĂ©s. Je plaisante Ă©videmment. Ils Ă©taient trĂšs beaux. Presque tous. Les lignes restent ouvertes. Les anciens otages peuvent tĂ©moigner. Les ravisseurs peuvent dĂ©fendre la qualitĂ© de leur hĂ©bergement. Les artistes incompris peuvent envoyer leurs Ćuvres et les ministres vexĂ©s peuvent naturellement venir expliquer que Radio NĂ©crotoile les a mal compris. Nous les comprendrons encore moins en direct. ![]() 14 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir Ă vous qui Ă©coutez encore les nouvelles aprĂšs une semaine pareille. Bonsoir aux souverains qui ont survĂ©cu Ă leurs propres dĂ©cisions. Bonsoir aux ministres qui ont dĂ©couvert avec stupeur quâun ministĂšre impliquait parfois de faire quelque chose. Bonsoir surtout aux citoyens ordinaires qui se sont levĂ©s chaque matin avec cette admirable naĂŻvetĂ© consistant Ă croire que la frontiĂšre dessinĂ©e la veille serait encore au mĂȘme endroit au petit dĂ©jeuner. Je suis Kleo et je vous annonce avec lâimpartialitĂ© absolue qui a fait ma rĂ©putation que tout le Cybermonde dĂ©sire dĂ©sormais la paix. Câest prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que chacun a commencĂ© Ă avancer ses troupes. Commençons par le Paradigme Vert car lorsquâun pays devient simultanĂ©ment une frontiĂšre contestĂ©e, une destination touristique pour rĂ©volutionnaires et le sujet prĂ©fĂ©rĂ© des ministres Ă©trangers il serait inconvenant de prĂ©tendre quâil traverse simplement une pĂ©riode de rĂ©flexion. La ForĂȘt de Jade est devenue le centre dâune expĂ©rience politique fascinante dont le principe paraĂźt ĂȘtre de dĂ©terminer combien de personnes peuvent dĂ©fendre la paix au mĂȘme endroit avant quâune guerre commence par manque dâespace. La ConfĂ©dĂ©ration Libre avait dĂ©jĂ annoncĂ© son grand projet de Zone DĂ©militarisĂ©e et Patrick-Lamulle DePouch avait choisi la ForĂȘt de Jade pour premier exercice pratique de cette modestie territoriale. Il y serait question de pĂ©ages, de passages contrĂŽlĂ©s et de Casques Bleus chargĂ©s dâadministrer une paix dont les habitants nâavaient pas spĂ©cialement commandĂ© la livraison. Câest une innovation remarquable de la pensĂ©e confĂ©dĂ©rĂ©e. Autrefois on envahissait un territoire puis on cherchait un nom respectable pour lâopĂ©ration. DĂ©sormais on trouve dâabord un nom respectable ce qui permet de gagner du temps lorsque les bottes arrivent.La ForĂȘt de Jade nâa Ă©videmment pas accueilli lâidĂ©e avec cette gratitude simple que les grandes puissances attendent toujours des populations auxquelles elles viennent expliquer oĂč commence dĂ©sormais leur propre jardin. La FĂ©e du Bien proclame que la libertĂ© et la nature ne cĂ©deront devant aucune intimidation tandis que La fĂ©e K. Lome rappelle avec cette dĂ©licatesse vĂ©gĂ©tale caractĂ©ristique que les Verts sont les plus gentils avec les arbres et les fleurs. Une Ă©meute Ă©clate malgrĂ© tout Ă Accalmie et les commerces sont pillĂ©s ce qui dĂ©montre une fois encore que la nature retrouve toujours ses droits surtout quand les citoyens commencent par emporter les meubles. Seraphiel Ravenloft organise pour sa part un grand dĂ©filĂ© militaire et parvient Ă recruter de nouvelles forces tout en expliquant recevoir assez mal les instructions de son supĂ©rieur. Ce qui est rassurant. Une armĂ©e qui nâentend plus son commandement possĂšde en effet cette merveilleuse libertĂ© tactique que lâon appelle gĂ©nĂ©ralement catastrophe quelques heures plus tard.Mais voici que Solas dĂ©cide de simplifier la situation. Ministre de la Guerre paradigmien il renomme une armĂ©e en « Les Casques Bleus » puis annonce avoir placĂ© lâensemble de lâarmĂ©e du Paradigme Vert sous lâautoritĂ© des Casques Bleus afin dâassurer la paix. Comme il se considĂšre lui-mĂȘme comme le plus haut gradĂ© de cette nouvelle structure il en prend naturellement le commandement. Je voudrais attirer votre attention sur la beautĂ© presque religieuse de cette construction. La ConfĂ©dĂ©ration veut envoyer des Casques Bleus en ForĂȘt de Jade. Le Paradigme Vert rĂ©pond en transformant sa propre armĂ©e en Casques Bleus. Nous sommes donc parvenus Ă cet Ă©tat supĂ©rieur de la diplomatie oĂč lâon ne sait plus exactement qui envahit qui mais oĂč tout le monde possĂšde le casque appropriĂ©. Il y eu Ă©galement une tentative de Françoise-Claude St Misles pour proclamer sainte la guerre menĂ©e au nom de Magmor par les troupes confĂ©dĂ©rĂ©es dans la province. La tentative Ă©choue. Heureusement. Il aurait Ă©tĂ© embarrassant dâajouter la bĂ©nĂ©diction divine Ă une affaire oĂč les administrations humaines ont dĂ©jĂ produit suffisamment de confusion pour plusieurs siĂšcles.Et câest prĂ©cisĂ©ment Ă ce moment que lâEmpire Brun se rĂ©veille, un peu, pas trop, fopadĂ©conner. Tormenta Ruthven nous avait dâabord offert une confession rare de franchise politique en reconnaissant que lâEmpire se trouvait dans une sorte de lĂ©thargie gargantuesque aprĂšs son prĂ©cĂ©dent festin idĂ©ologique. Il rappelait les conquĂȘtes passĂ©es et les traces laissĂ©es en RuthvĂ©nie et en ConfĂ©dĂ©ration puis regardait autour de lui avec lâexpression dâun homme dĂ©couvrant que lâHistoire avait eu lâimpolitesse de continuer sans attendre son prochain discours. Sa conclusion Ă©tait simple. Le Paradigme Vert demeure Ă ses yeux un foyer de complots seeliens, dâidĂ©ologies douteuses et dâexpansionnisme beaucoup trop proche des frontiĂšres brunes. LâEmpire devait donc recommencer Ă marcher. Le lendemain la formulation devient plus prĂ©cise encore. Tormenta Ruthven sâadresse directement au Paradigme et lui recommande dâĂ©couter la proposition de DePouch. Il juge mĂȘme que cette fameuse zone dĂ©militarisĂ©e pourrait ĂȘtre exactement lâoccasion attendue pour mettre le holĂ .VoilĂ qui mĂ©rite que nous restions un instant trĂšs sĂ©rieux. Il nâexiste pas Ă cette heure de preuve publique dâun pacte secret entre la ConfĂ©dĂ©ration et lâEmpire Brun. Je sais que cette phrase dĂ©cevra immĂ©diatement tous ceux qui avaient dĂ©jĂ prĂ©parĂ© une cave humide remplie de ficelles rouges et de portraits reliĂ©s entre eux par des aiguilles. Rangez cela. Pour lâinstant. Ce qui existe en revanche est une convergence politique suffisamment visible pour quâil soit inutile de lui fabriquer des moustaches. La ConfĂ©dĂ©ration exerce une pression directe sur la ForĂȘt de Jade et lâun des principaux reprĂ©sentants diplomatiques bruns annonce publiquement que cette pression pourrait servir les intĂ©rĂȘts de lâEmpire. Les deux puissances nâont pas besoin de partager une chambre pour regarder dans la mĂȘme direction. Câest mĂȘme lâun des secrets les mieux conservĂ©s de la diplomatie. Deux voisins peuvent parfaitement souhaiter votre malheur chacun pour dâexcellentes raisons diffĂ©rentes. Le plus dĂ©licieux est que chacun peut prĂ©tendre agir pour une cause parfaitement honorable. La ConfĂ©dĂ©ration apporte la paix. LâEmpire veut mettre fin aux complots et aux provocations. Le Paradigme dĂ©fend la libertĂ©. Les troupes deviennent Casques Bleus. Les Casques Bleus deviennent une armĂ©e. Les frontiĂšres deviennent des zones administratives et les zones administratives deviennent si neutres quâil faut absolument quâune puissance prĂ©cise les contrĂŽle. Tout ceci est parfaitement raisonnable si lâon accepte prĂ©alablement de donner au mot raisonnable le sens dâun chandelier lancĂ© depuis un balcon. Et oui mes chers auditeurs lâEmpire Brun avait Ă©videmment raison depuis le dĂ©but. Je ne saurais vous expliquer exactement Ă propos de quoi mais je suis certaine quâun archiviste compĂ©tent retrouvera la doctrine adĂ©quate. Mais avant de quitter le Paradigme regardons ce qui se passe tout autour car une frontiĂšre nâest jamais inquiĂ©tante seule. Elle devient intĂ©ressante lorsquâon dĂ©couvre que les voisins commencent eux aussi Ă aiguiser leurs principes. Pigeon Ronron poursuit sa campagne contre le gouvernement vert et accuse notamment la RĂ©gente de mutisme et de xĂ©nophobie latente. Plus tĂŽt dans cette grande querelle il avait dĂ©jĂ demandĂ© ce que les puissances devaient faire du Paradigme. Fawomane Ravenloft rĂ©pond de son cĂŽtĂ© en critiquant le Khanat ElmĂ©rien. Les relations entre les deux puissances ressemble donc Ă un dĂźner familial au cours duquel chacun assure ĂȘtre venu pour rĂ©tablir le dialogue tout en gardant une fourchette dans sa manche. Pendant ce temps Mademoiselle arrive en SibĂ©ria et proclame avec enthousiasme lâavĂšnement dâune SibĂ©ria Mauve tout en soutenant le Khanat et en manifestant contre le gouvernement vert. Il fallait probablement une couleur supplĂ©mentaire. La politique paradigmienne nâĂ©tait pas encore assez difficile Ă assortir avec les rideaux.Ce qui nous conduit naturellement au Khanat ElmĂ©rien oĂč la semaine aura dĂ©montrĂ© que le nomadisme nâest pas seulement une tradition culturelle mais peut aussi devenir une mĂ©thode de gestion cadastrale. La Bouletie aura Ă©tĂ© donnĂ©e Ă la ConfĂ©dĂ©ration puis rendue au Khanat puis poussĂ©e Ă nouveau vers la ConfĂ©dĂ©ration avec une Ă©nergie qui laisse penser que la province elle-mĂȘme gagnerait du temps Ă se munir de roulettes. Pigeon Ronron avait cĂ©dĂ© le territoire Ă la ConfĂ©dĂ©ration. Lippos Aliagas lui fait remarquer avec une logique difficile Ă contester quâil avait oubliĂ© un dĂ©tail modeste qui sâappelle les habitants. Lippos Aliagas proclame alors la sĂ©cession de la Bouletie afin quâelle rejoigne de nouveau le Khanat puis sâinsurge ensuite contre ce mĂȘme gouvernement afin de pousser la province vers la ConfĂ©dĂ©ration. Jean-Michel TrĂšs Normal suit une logique comparable et organise des manifestations favorables Ă la ConfĂ©dĂ©ration tandis que plusieurs Bouletiens se soulĂšvent successivement pour rejoindre celle-ci. La police khaniale abandonne mĂȘme des poursuites Ă un moment parce que tous les policiers sont au bal de la police. Certains nations bĂątissent leur stabilitĂ© sur une constitution. La Bouletie la bĂątit sur le fait que personne nâa encore trouvĂ© le bouton dĂ©finitif.Ă cela sâajoute une crise plus profonde puisque Passe-Muraille demande officiellement la tenue dâun Conseil des Khans afin de dĂ©terminer qui est le plus apte Ă diriger le Khanat. Il reproche au pouvoir central dâavoir isolĂ© la Bananie en jouant avec la Bouletie et de chercher Ă sâĂ©tendre en SibĂ©ria. Son cri politique associe refus de la guerre et dĂ©sir dâune Bananie libre. Tifa LockHeart exprime elle aussi son malaise et rappelle quâĂ son Ă©poque elle se battait pour les terres khaniales. La crise ne concerne donc plus seulement une province. Elle pose dĂ©sormais la question de lâautoritĂ© de Pigeon Ronron au sein mĂȘme du Khanat. Le Grand Khan sâĂ©tait engagĂ© dans une diplomatie extrĂȘmement active. Il obtient la paix avec la RuthvĂ©nie. Il intervient dans la question paradigmienne. Il dĂ©place la Bouletie. Le rĂ©sultat est ce phĂ©nomĂšne frĂ©quent dans lâHistoire oĂč un souverain dĂ©couvre quâaprĂšs avoir Ă©normĂ©ment gouvernĂ© il reste malheureusement les gouvernĂ©s.La paix avec la RuthvĂ©nie est pourtant bien rĂ©elle. Sir McRabbit accepte officiellement lâaccord conclu avec le Khanat aprĂšs les tractations menĂ©es Ă Milieu. Câest une Ă©volution considĂ©rable si lâon se rappelle encore les Ă©changes de coups et les boutons de la guerre prĂ©cĂ©dente. La RuthvĂ©nie et le Khanat peuvent donc dĂ©sormais se fĂ©liciter mutuellement de leur sagesse. Ils auront environ quelques minutes pour en profiter.Car Big R dĂ©cide de bombarder le Crabe DorĂ© Ă Ruthvenville.Plusieurs bĂątiments sont touchĂ©s. Des piĂšces sâeffondrent mais par une dĂ©licieuse faveur du destin aucune victime nâest recensĂ©e. Dame DĂ©merzel rĂ©agit immĂ©diatement et rappelle que le traitĂ© comporte justement des dispositions permettant de rĂ©pondre aux attentats. Elle annonce que lorsquâon dĂ©roge Ă sa parole envers une Reine il faut sâattendre Ă des consĂ©quences. Stefan de Crab poursuit ensuite Big R avec une application presque affectueuse. Amende lourde. Transfert en prison. Avis de recherche multiples. Nous retrouvons ici lâessence mĂȘme de la monarchie ruthvĂšne. Un traitĂ© de paix est une Ćuvre de civilisation. Un attentat contre une auberge royale devient une offense morale faite Ă lâarchitecture du monde et probablement aussi au petit salon rose oĂč lâon ne sâentendait plus glousser. JâexagĂšre Ă peine ce qui dans le cas ruthvĂšne constitue dĂ©jĂ un effort diplomatique.La paix entre le Khanat et la RuthvĂ©nie existe donc mais elle est immĂ©diatement Ă©prouvĂ©e par ceux qui la refusent ou la trouvent moins divertissante que les explosions. Câest ici quâune diplomatie devient vĂ©ritable. Signer un traitĂ© est facile. Il suffit de trouver une table et assez dâencre. Le maintenir lorsque lâun de vos citoyens transforme le mobilier du voisin en poussiĂšre demande davantage de talent. Pour lâinstant Sir McRabbit parle de paix et Dame DĂ©merzel parle de consĂ©quences. Les deux ne sont dâailleurs pas incompatibles dans une monarchie bien tenue. On peut parfaitement embrasser son voisin dâune main et prĂ©parer la facture de lâautre. Sir McRabbit quitte ensuite son ministĂšre des Affaires ĂtrangĂšres pour devenir PrĂ©fet de Police de RuthvĂ©nie. Je refuse dây voir une baisse dâambition. AprĂšs une semaine pareille passer de la diplomatie Ă la police revient simplement Ă suivre les mĂȘmes personnes quelques rues plus loin.Pendant que les grandes puissances dĂ©placent des frontiĂšres HĂ©lĂ©nie poursuit son effort constant pour dĂ©montrer quâun territoire rebelle peut parfaitement produire ses propres problĂšmes sans aucune aide extĂ©rieure. Scarleit est libĂ©rĂ©e dâune prise dâotage qui aura apparemment davantage ressemblĂ© par moments Ă des soins privĂ©s accompagnĂ©s de vodka quâĂ une captivitĂ© classique. Shana Al-KhaĂŻd constate avec une sorte de vexation professionnelle que personne ne semble suffisamment intĂ©ressĂ© par lâotage et ajoute donc Ă ses revendications une statue reprĂ©sentant Scarleit chassant les Ălocrates. Nous sommes lĂ dans une Ă©cole de nĂ©gociation extrĂȘmement avancĂ©e oĂč lâĂ©chec dâune prise dâotage ne conduit pas Ă rĂ©duire les exigences mais Ă commander de la sculpture publique. Scarleit rappelle ensuite que les Ă©lections approchent et rĂ©sume les projets qui lui ont Ă©tĂ© proposĂ©s. ĂvangĂ©lisation. Immense cimetiĂšre. Valorisation culturelle des prises dâotages. Elle demande Ă la population si elle est prĂȘte. Elle pense que non. Pour une fois je partage entiĂšrement lâĂ©valuation dâune responsable hĂ©lĂ©nienne. LâHĂ©lĂ©nie possĂšde cette merveilleuse capacitĂ© Ă organiser une consultation dĂ©mocratique oĂč toutes les propositions donne envie de vĂ©rifier immĂ©diatement la disponibilitĂ© du prochain navire.Et justement le Cruisader continue de produire ses miracles administratifs. Al-maâ sâaccorde une prime au nom de la Sainte Inquisition puis tente un dĂ©tournement de fonds et perd son poste de Chef de Tribu. Elle exproprie aussi sa propre infirmerie en estimant quâune piscine pourrait constituer un projet plus important. Quelques heures plus tard lâorganisation Sainte Inquisition disparaĂźt faute de membre aprĂšs la disparition de son responsable. Il y a des institutions qui meurent aprĂšs un long dĂ©clin et des cĂ©rĂ©monies de fermeture. La Sainte Inquisition aura simplement dĂ©couvert quâelle avait oubliĂ© dâexister.Restons maintenant en Empire Brun car il serait inconvenant de parler autant des maladies Ă©trangĂšres sans vĂ©rifier notre propre tempĂ©rature. Mystisie continue dâexercer sa fonction historique de cave oĂč lâEmpire range ce quâil ne souhaite pas expliquer au soleil. Don Amortel participe Ă une cĂ©rĂ©monie secrĂšte oĂč Naar est invoquĂ© tandis quâune ombre se tient au milieu dâun cercle et quâun couteau intervient dans une liturgie consacrĂ©e Ă lâAmor et Ă la Mort. Peu aprĂšs Don Amortel tente de lancer le sort Mort contre Ombre MachiavĂ©lique. Il Ă©choue et perd son poste de Bourgmestre. La police finit par lâarrĂȘter tandis quâil affirme ĂȘtre perdu et ne pas comprendre ce qui lui arrive. Ceux qui ont suivi la relation entre ces deux hommes ou entre cet homme et ce dĂ©mon selon le cĂŽtĂ© de la mĂ©daille que vous aimez regarder apprĂ©cieront la prĂ©cision philosophique de lâaffaire. LâAmor conduit Ă la Mort. La Mort Ă©choue. La police arrive. Mystisie demeure probablement la seule province oĂč la mĂ©taphysique se termine rĂ©guliĂšrement par un procĂšs-verbal.Plus tard Lyra du Hautbois usurpe justement le poste vacant de Bourgmestre Ă Lampe du GĂ©nie. Quelques instants auparavant des journalistes lâavaient surprise dans une situation assez dĂ©vĂȘtue quâelle choisit de commenter plus tard en demandant si cela suffirait Ă faire rĂ©agir son mari. Je ne tirerai aucune conclusion sur les institutions matrimoniales de Mystisie. Radio NĂ©crotoile possĂšde des limites et la survie en fait partie. Je noterai simplement quâen moins dâune journĂ©e un Bourgmestre perd son poste en essayant de tuer un dĂ©mon puis une nouvelle Bourgmestre sâinstalle presque nue avec lâespoir manifeste que quelquâun le remarque. Câest peut-ĂȘtre cela la continuitĂ© de lâĂtat. Silas des Sables continue pendant ce temps de pomper de lâĂ©nergie Ă Abandon et lâon murmure dans lâEmpire que reconstruire cette ville ne servirait quâĂ lui donner enfin quelque chose dont il pourrait se vanter. La rumeur est mĂ©chante. Elle est probablement injuste. Elle circule donc trĂšs bien. Je nâai aucune intention de la confirmer car il existe des plaisirs que lâon abĂźme en les vĂ©rifiant.Kraland nâest Ă©videmment pas restĂ© silencieux. Sophos annonce une nouvelle Ăšre de communion nationale et prĂ©pare le RĂ©seau TĂ©lĂ©pathique Sophien qui doit permettre aux citoyens de se connecter mentalement directement Ă leur Premier Ministre depuis certaines auberges. LâidĂ©e est sublime. AprĂšs des gĂ©nĂ©rations de bureaucratie la RĂ©publique a enfin identifiĂ© le vĂ©ritable obstacle entre le peuple et son gouvernement. Il restait encore une distance physique entre les pensĂ©es du citoyen et Sophos. Cette erreur sera bientĂŽt rĂ©parĂ©e. Les voix du peuple pourront donc entrer directement dans la tĂȘte du Premier Ministre. Je souhaite Ă Sophos beaucoup de courage et surtout beaucoup de sommeil tant quâil lui en reste.Son sondage Ă©lectoral lui accorde par ailleurs cent pour cent des intentions exprimĂ©es. Certains esprits mesquins feront observer quâun rĂ©sultat Ă cent pour cent manque parfois dâune certaine tension dĂ©mocratique. Câest mal comprendre Kraland. Une Ă©lection oĂč chacun hĂ©site crĂ©e de lâincertitude. Une Ă©lection oĂč tout le monde choisit la mĂȘme personne crĂ©e du bonheur administratif. Câest beaucoup plus simple Ă archiver. Et au milieu de cette semaine oĂč lâon dĂ©place des provinces et oĂč lâon transforme des armĂ©es en organismes de paix le GĂ©ofront choisit de faire quelque chose de profondĂ©ment subversif. Il organise un festival. Ninoo Chantargent ouvre la troisiĂšme Ă©dition de Contes et LĂ©gendes au Sanctuaire. On y trouve des costumes, des histoires, un concert et toute une cuisine inspirĂ©e des vieux rĂ©cits. Wonyoung peut suivre les festivitĂ©s Ă distance avant dâannoncer quâelle arrive. Jay Padbol fĂ©licite Ninoo Chantargent et Shiki Chantargent pour leurs costumes avant de se faire agresser par un dĂ©mon majeur parce que le Cybermonde sait encore prĂ©server un minimum de cohĂ©rence narrative. Il serait presque touchant quâau milieu des ultimatum et des attentats certains habitants trouvent encore le temps de raconter des histoires autour dâun faux feu de cheminĂ©e. Nous pourrions mĂȘme y voir une preuve de civilisation si cela ne risquait pas dâencourager le GĂ©ofront.Il paraĂźt que les Ă©vĂ©nements de cette semaine dĂ©montrent une montĂ©e gĂ©nĂ©rale des tensions. Formulation prudente. Je dirais plutĂŽt que le Cybermonde vient dâinventer une nouvelle forme de paix dans laquelle le Khanat et la RuthvĂ©nie arrĂȘtent enfin de se battre au moment exact oĂč la ConfĂ©dĂ©ration et lâEmpire commencent Ă regarder le Paradigme avec beaucoup trop dâintĂ©rĂȘt. La Bouletie hĂ©site sur son appartenance. La Bananie conteste son Grand Khan. La ForĂȘt de Jade transforme ses soldats en Casques Bleus tandis que dâautres Casques Bleus approchent. HĂ©lĂ©nie poursuit ses prises dâotages domestiques. Mystisie rĂšgle ses problĂšmes sentimentaux avec la nĂ©cromancie. Kraland veut mettre le Premier Ministre directement dans la tĂȘte de ses citoyens et le GĂ©ofront distribue du pain dâĂ©pice. Tout ceci pourrait donner lâimpression dâun monde profondĂ©ment dĂ©sordonnĂ©. Câest une erreur. Il existe une logique trĂšs prĂ©cise. Chaque puissance affirme vouloir empĂȘcher le chaos produit par les autres tout en considĂ©rant le sien comme une politique publique parfaitement lĂ©gitime. La ConfĂ©dĂ©ration ne conquiert pas. Elle sĂ©pare. Le Paradigme ne militarise pas. Il protĂšge. Le Khanat ne se dĂ©sagrĂšge pas. Il consulte ses Khans. La RuthvĂ©nie ne menace pas. Elle rappelle les consĂ©quences. Kraland ne contrĂŽle pas les pensĂ©es. Il communie avec ses citoyens. LâHĂ©lĂ©nie ne prend pas des otages. Elle produit de la culture locale. Et lâEmpire Brun ne profite Ă©videmment jamais du malheur des autres. Nous observons simplement avec cette tristesse digne des grandes civilisations que les Ă©vĂ©nements finissent toujours par dĂ©montrer que nous avions raison. MĂȘme ceux dont nous ignorions lâexistence au moment oĂč nous avions raison. Les concernĂ©s peuvent venir nier publiquement. Je recommande mĂȘme fortement cette mĂ©thode. Les dĂ©mentis sont parmi les documents que les archives conservent le mieux lorsque les Ă©vĂ©nements ont ensuite la cruautĂ© de confirmer exactement ce quâils niaient. Patrick-Lamulle DePouch peut venir expliquer jusquâoĂč doit avancer une zone dĂ©militarisĂ©e avant de devenir un territoire. Solas peut nous prĂ©ciser combien de Casques Bleus diffĂ©rents peuvent occuper la mĂȘme forĂȘt avant quâil faille leur broder des initiales. Pigeon Ronron et Passe-Muraille sont invitĂ©s Ă nous expliquer combien de Khanats peuvent raisonnablement tenir dans un seul Khanat. Tormenta Ruthven peut Ă©videmment venir prĂ©ciser ce que signifie « mettre le holà » lorsquâun Ministre brun le dit en regardant une frontiĂšre. Quant aux habitants de la ForĂȘt de Jade ils peuvent envoyer leurs tĂ©moignages leurs plaintes ou simplement lâadresse du meilleur endroit pour observer la paix passer en armure.Je suis Kleo pour Radio NĂ©crotoile. A tout de suite pour l'Ă©mission hebdomaire. |
15/08 (02:47) | ||
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Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref.
8 au 15 Aout 6662026
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LA (...)
![]() Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref. 8 au 15 Aout 6662026 Spoiler LA SEMAINE OĂ LA PAIX A MIS UN CASQUENous sommes samedi. Il est donc temps de faire quelque chose que le Cybermonde refuse obstinĂ©ment de faire lui-mĂȘme. Regarder toute une semaine en mĂȘme temps. Cela permet gĂ©nĂ©ralement de dĂ©couvrir quâune dĂ©cision prĂ©sentĂ©e mardi comme historique Ă©tait mercredi une erreur administrative puis jeudi une tradition nationale et enfin vendredi la preuve que tout sâĂ©tait dĂ©roulĂ© exactement comme prĂ©vu. Le grand mot de cette semaine fut la paix. Il fut prononcĂ© avec suffisamment de conviction pour que je commence immĂ©diatement Ă compter les armes. Et de fait, le Khanat ElmĂ©rien et le Royaume de RuthvĂ©nie ont finalement conclu leur conflit aprĂšs des semaines oĂč chacun expliquait avec beaucoup de dignitĂ© que lâautre avait commencĂ©. Les nĂ©gociations menĂ©es Ă Milieu aboutirent Ă un traitĂ© acceptĂ© notamment par Pigeon Ronron et Sir McRabbit. Les frontiĂšres devaient se stabiliser. Les insultes pourraient continuer avec retenue. Des compensations devaient circuler. Des ambassades et quelques traditions diplomatiques plus ou moins raisonnables complĂ©taient lâensemble. Dame DĂ©merzel salua lâaccord et les reprĂ©sentants des deux puissances commencĂšrent Ă parler comme des voisins dĂ©couvrant soudain que se serrer la main coĂ»tait moins cher que reconstruire les murs aprĂšs chaque conversation. Ce fut touchant pendant plusieurs heures. Puis Big R fit exploser Ă rĂ©pĂ©tition le Crabe DorĂ© Ă Ruthvenville. Aucun mort, heureusement, mais suffisamment de murs effondrĂ©s pour offrir au traitĂ© son premier examen avant mĂȘme que lâencre ait eu la politesse de sĂ©cher. Dame DĂ©merzel rappela aussitĂŽt que les accords comportaient justement une rĂ©ponse aux attentats et Stefan de Crab poursuivit le responsable avec cette courtoisie ruthvĂšne qui consiste Ă appeler quelquâun « mon trĂšs cher ami » juste avant de lui remplir son dossier judiciaire. VoilĂ donc une paix vĂ©ritable. Pas celle oĂč plus personne ne se frappe. Celle oĂč lâon possĂšde enfin un article numĂ©rotĂ© expliquant dans quelles circonstances on pourra recommencer. Il serait toutefois injuste de tourner cette paix en ridicule. Elle compte. Les relations entre RuthvĂ©nie et Khanat avaient produit une vĂ©ritable guerre et elles sont maintenant revenues Ă un cadre oĂč la violence dâun individu nâentraĂźne pas automatiquement deux Ătats entiers dans son sillage. Passe-Muraille sâest mĂȘme rendu Ă Ruthvenville en se rĂ©jouissant ouvertement de la paix et en demandant oĂč boire. Câest peut-ĂȘtre lâune des formes les plus crĂ©dibles de normalisation diplomatique que nous ayons observĂ©. Un ancien adversaire arrive dans votre capitale et son premier problĂšme devient le nombre de tavernes disponibles. Mais naturellement le Khanat nâa pas profitĂ© longtemps du silence car pendant quâil cessait de se battre avec la RuthvĂ©nie il dĂ©couvrait quâil pouvait parfaitement se quereller avec lui-mĂȘme.La Bouletie fut cette semaine le meilleur argument jamais produit en faveur des cartes dessinĂ©es au crayon. Pigeon Ronron dĂ©cida dâenvoyer la province Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre dans le cadre de cette grande aventure politique dont le nom C.A.C.A. possĂšde dĂ©jĂ la solennitĂ© nĂ©cessaire aux futurs manuels scolaires. LâopĂ©ration produisit cependant une difficultĂ© imprĂ©vue. Les Bouletiens avaient eux aussi un avis. Lippos Aliagas considĂ©ra que le Grand Khan avait oubliĂ© de consulter ce dĂ©tail administratif appelĂ© population puis proclama la sĂ©cession afin de ramener immĂ©diatement la Bouletie au Khanat. Quelques heures plus tard le mĂȘme Lippos Aliagas manifestait pourtant en faveur de la ConfĂ©dĂ©ration et sâinsurgeait pour y retourner. Jean-Michel TrĂšs Normal, Jeff Bizous et John-Beau PĂȘlemanteau participĂšrent chacun Ă leur maniĂšre Ă cette grande migration politique pendant que la police khaniale abandonnait mĂȘme une poursuite parce que les policiers participaient au bal de la police. Les provinces ont changĂ© dâorientation avec une telle vitesse que les cartographes aurait probablement gagnĂ© du temps en dessinant une flĂšche circulaire autour de Youpigrad. Mais la Bouletie nâĂ©tait que le symptĂŽme. Passe-Muraille demanda finalement un Conseil des Khans afin de dĂ©terminer qui Ă©tait rĂ©ellement le plus apte Ă diriger le Khanat. Il reprochait au gouvernement de Pigeon Ronron dâavoir isolĂ© la Bananie et de jouer avec les provinces tout en poursuivant des ambitions vers SibĂ©ria. Tifa LockHeart exprima elle aussi son inquiĂ©tude. baldus dĂ©nonça une mascarade politique et Tinylia CĂ©raty finit par se prĂ©senter au poste de Khan de Bananie. Il faut mesurer ce que cela signifie. Le Khanat venait dâobtenir une paix extĂ©rieure au moment exact oĂč son unitĂ© intĂ©rieure devenait incertaine. Câest une vieille plaisanterie de lâHistoire. Tant quâun ennemi se tient devant la porte tout le monde sait oĂč regarder. DĂšs quâil repart les membres de la famille se souviennent soudain de tout ce quâils avaient Ă se reprocher depuis quinze ans. Le Khanat nâest donc pas en train de disparaĂźtre. Ce serait excessif. Il est simplement en train de discuter trĂšs fort de ce quâil signifie encore dâĂȘtre ElmĂ©rien et plusieurs interlocuteurs ont choisi de faire cette discussion en changeant temporairement de pays.VoilĂ qui nous conduit vers lâaffaire qui risque de survivre Ă toutes les autres. La ForĂȘt de Jade. La ConfĂ©dĂ©ration Libre a cessĂ© cette semaine de parler de son projet de Zone DĂ©militarisĂ©e comme dâun principe abstrait. Patrick-Lamulle DePouch a dĂ©signĂ© la province comme premier terrain dâapplication de 'Deux Peuples, Une FrontiĂšre. La promesse est admirablement confĂ©dĂ©rĂ©e. Une zone neutre qui serait administrĂ©e par la ConfĂ©dĂ©ration, surveillĂ©e par ses Casques Bleus et traversĂ©e grĂące Ă ses pĂ©ages et ses autorisations. LâindĂ©pendance du territoire deviendrait donc totale Ă condition que la ConfĂ©dĂ©ration dĂ©cide qui peut y entrer et comment. Le Paradigme nâa guĂšre apprĂ©ciĂ©. La FĂ©e du Bien a jurĂ© que les intimidations ne feraient pas plier la province et plusieurs autoritĂ©s locales se sont mobilisĂ© autour dâAccalmie. Une Ă©meute y Ă©clata. Seraphiel Ravenloft organisa un dĂ©filĂ© militaire et recruta des forces. Puis lâaffaire atteignit ce degrĂ© supĂ©rieur oĂč les mots eux-mĂȘmes demandent Ă ĂȘtre Ă©vacuĂ©s. Solas, Ministre de la Guerre du Paradigme Vert, renomma une armĂ©e Les Casques Bleus puis annonça avoir placĂ© les forces paradigmiennes sous lâautoritĂ© des Casques Bleus dont il se dĂ©clarait naturellement le commandant. Nous voici donc arrivĂ©s Ă une situation dans laquelle la ConfĂ©dĂ©ration envisage dâenvoyer des Casques Bleus contre une province qui se dĂ©fend avec ses propres Casques Bleus. La paix mondiale progresse Ă une vitesse remarquable. BientĂŽt il faudra simplement peindre les casques de deux nuances diffĂ©rentes afin de savoir lequel vous protĂšge contre lâautre. Lâaffaire devient beaucoup plus lourde lorsquâon observe ceux qui regardent la ForĂȘt de Jade par-dessus lâĂ©paule de la ConfĂ©dĂ©ration. Tormenta Ruthven, Ministre brun des Affaires ĂtrangĂšres, vient dâappeler publiquement lâEmpire Brun Ă sortir de sa « lĂ©thargie gargantuesque » et Ă reprendre sa marche idĂ©ologique en dĂ©signant prĂ©cisĂ©ment le Paradigme Vert comme principal problĂšme aux frontiĂšres impĂ©riales. Le lendemain il sâest adressĂ© directement au Paradigme en lui conseillant dâĂ©couter la proposition de DePouch et en prĂ©sentant la zone dĂ©militarisĂ©e comme une possible occasion de « mettre le holà ». Pigeon Ronron mĂšne de son cĂŽtĂ© depuis plusieurs jours une campagne extrĂȘmement dure contre le Paradigme quâil accuse de xĂ©nophobie et de refus du dialogue. Il a mĂȘme Ă©voquĂ© un colloque sur ce que les grandes puissances devraient dĂ©sormais faire de ce pays. Nous nâavons aucune preuve publique dâun accord secret rĂ©unissant ces gouvernements. Il serait donc malhonnĂȘte dâen fabriquer un. Heureusement je suis journaliste et non diplomate. Ce que nous pouvons constater est dĂ©jĂ suffisamment intĂ©ressant. En quelques jours la ConfĂ©dĂ©ration annonce une pression territoriale sur la ForĂȘt de Jade et lâEmpire Brun affirme que cette pression pourrait servir ses objectifs tandis que le Khanat multiplie les accusations contre le Paradigme. Trois chemins diffĂ©rents arrivent soudain devant la mĂȘme porte. La coĂŻncidence existe. La gĂ©opolitique Ă©galement. Le Paradigme Vert pouvait difficilement choisir une semaine moins pratique pour devenir le centre dâautant dâattention car son propre gouvernement venait Ă peine de survivre Ă une succession institutionnelle qui aurait dĂ©couragĂ© un archiviste sobre. Il y eut dâabord Cassandra, RĂ©gente du Paradigme, puis Fawomane Ravenloft dĂ©signĂ©e comme hĂ©ritiĂšre et bientĂŽt installĂ©e Ă la RĂ©gence aprĂšs une suite de nominations qui fit circuler les fonctions entre Saphir Ravenmaid, Fawomane Ravenloft et Cassandra avec la grĂące de chaises dĂ©placĂ©es pendant un dĂźner. Saphir quitta la gouvernance de SibĂ©ria avant de rĂ©cupĂ©rer Garinaville. Fawomane monta puis encore plus haut. Cassandra se retrouva elle-mĂȘme Gouverneure de SibĂ©ria Ă un moment avant de protester contre ce quâelle venait de comprendre comme une confusion autour de sa succession. Ceux qui possĂšdent un organigramme exact de cette nuit sont invitĂ©s Ă le dĂ©poser au MusĂ©e des Objets Magiques Majeurs. Il possĂšde dĂ©sormais une valeur divinatoire. Et pendant que Cassandra gĂ©rait la succession nationale une autre femme au nom dangereusement voisin travaillait Ă Garinaville. Cassandre Lemage Ruthven ne sâest pas contentĂ©e de gouverner une ville froide. Elle a dĂ©cidĂ© de rĂ©soudre ses routes. Le pergĂ©lisol dĂ©forme les chaussĂ©es. La logique la plus conventionnelle aurait consistĂ© Ă amĂ©liorer lâingĂ©nierie. Cassandre a prĂ©fĂ©rĂ© amĂ©liorer le climat. Son projet consistait Ă faire tourner la centrale thermique afin de rĂ©chauffer volontairement SibĂ©ria, faire fondre le pergĂ©lisol puis retrouver le vĂ©ritable sol et peut-ĂȘtre lâancien chenal censĂ© mener vers lâocĂ©an. Elle avait auparavant dĂ©truit la prison locale parce quâelle considĂ©rait quâenfermer des gens dans un endroit aussi froid Ă©tait cruel. La police sâest donc retrouvĂ© sans prison et a dĂ» arrĂȘter Bladimir Bladimirovitch Mutin en le mettant dans le coma puis en le relĂąchant. Plusieurs fois. Nous avons donc obtenu en une seule administration municipale une politique climatique offensive et une rĂ©forme carcĂ©rale fondĂ©e sur le traumatisme crĂąnien. Certaines villes construisent des pistes cyclables. Garinaville prĂ©fĂšre laisser une trace. Kraland pendant ce temps connut ce phĂ©nomĂšne rare appelĂ© continuitĂ© gouvernementale. Sophos a retrouvĂ© sa forme et poursuivi ses ambitions diplomatiques aprĂšs avoir survĂ©cu Ă la JovĂ©nia et Ă suffisamment de crĂ©atures hostiles pour quâun Premier Ministre normal aurait demandĂ© une escorte. Il propose alliances, rapprochements scientifiques et mĂȘme un RĂ©seau TĂ©lĂ©pathique Sophien destinĂ© Ă permettre aux citoyens de communiquer directement avec lui depuis certaines auberges. LâidĂ©e est dâune puretĂ© rĂ©publicaine remarquable. AprĂšs avoir consacrĂ© des gĂ©nĂ©rations Ă organiser la circulation des dossiers Kraland vient dâidentifier le formulaire ultime. La pensĂ©e du citoyen envoyĂ©e directement dans la tĂȘte du Premier Ministre. Il faudra bientĂŽt un Commissaire du Silence IntĂ©rieur. Son Ă©lection lui accorde par ailleurs cent pour cent des suffrages exprimĂ©s. Ce rĂ©sultat peut sembler manquer de suspense. Il offre en revanche cette paix mentale propre aux dĂ©mocraties administratives oĂč la surprise constitue gĂ©nĂ©ralement une anomalie de procĂ©dure. Kâ Velzard a connu une semaine qui mĂ©rite aussi une petite place dans nos archives. Il perdit son poste de Commissaire du Bonheur aprĂšs avoir tentĂ© de voler une porte blindĂ©e puis Sophos le renomma presque immĂ©diatement en lui prĂ©cisant de ne plus prendre les portes. Je salue cette jurisprudence. Certains gouvernements punissent leurs fonctionnaires. Kraland identifie simplement la piĂšce prĂ©cise du mobilier qui pose problĂšme. Le mĂȘme Commissaire sâoccupe dĂ©sormais du MusĂ©e du Bonheur et a proposĂ© fenouil, Bonheur Liquide et Pastille du Bonheur comme rĂ©compenses artistiques. La RĂ©publique ne sâest jamais contentĂ©e de vouloir que ses citoyens soient heureux. Elle exige maintenant que cette joie puisse ĂȘtre exposĂ©e et distribuĂ©e avec reçu.La RuthvĂ©nie de son cĂŽtĂ© sort de cette semaine beaucoup plus solide quâelle nây Ă©tait entrĂ©e. Le ValĂ©gro demeure sous son administration et Emile Liarr continue dây recevoir soutiens et manifestations. Le Royaume a transfĂ©rĂ© prĂšs de vingt mille couronnes Ă Kraland dans le cadre des accords du ValĂ©gro et a partagĂ© des recherches sur les objets magiques majeurs. Sir McRabbit en fut un artisan important avant de quitter les Affaires ĂtrangĂšres et de devenir PrĂ©fet de Police. La transition possĂšde une certaine logique. AprĂšs avoir passĂ© plusieurs jours Ă persuader les gens de respecter les traitĂ©s il pourra dĂ©sormais poursuivre ceux qui choisissent une interprĂ©tation plus explosive. La monarchie ruthvĂšne semble avoir Ă©galement retrouvĂ© cette stabilitĂ© particuliĂšre oĂč lâon peut sâoccuper de redistribuer cent couronnes par citoyen aux KaraĂŻbes tout en continuant Ă nommer des arbitres des Ă©lĂ©gances et Ă voir tomber des enclumes sur Emile Liarr. La Providence sait garder un sens correct des prioritĂ©s. HĂ©lĂ©nie aura encore rĂ©ussi cette semaine Ă exister comme un traitĂ© philosophique rĂ©digĂ© par plusieurs personnes qui ne se parlent pas. Tout commença avec le Cruisader et sa saisie par la Sainte Inquisition sous couvert de sĂ©curitĂ©. Al-maâ parlait de rĂ©paration du bĂątiment et de missions futures pour la paix pendant que Fistulin Saint-CiboĂšre rappelait quâun propriĂ©taire possĂšde parfois cette faiblesse sentimentale qui consiste Ă vouloir garder son navire. Kath Khanova participa aux opĂ©rations. Sophos menaça briĂšvement de placer Kraland en Ă©tat de dĂ©fense si les ambitions hĂ©lĂ©niennes se rapprochaient trop de Slavonie. Puis le navire devint progressivement une ville flottante avec couvre-feu, dĂ©bats sur les canons, projet de piscine et suffisamment de responsables diffĂ©rents pour quâune simple question sur lâautoritĂ© nĂ©cessite plusieurs religions. La Sainte Inquisition inventa ensuite une forme trĂšs particuliĂšre dâhospitalitĂ© oĂč les visiteurs pouvaient entrer librement Ă condition dâaccepter par avance quâ Al-maâ puisse exercer sur eux une violence lĂ©gitime et que toute contestation soit examinĂ©e par une institution prĂ©sidĂ©e par Al-maâ. LâexpĂ©rience fut accompagnĂ©e de bagarres et de tartes Ă la crĂšme puis dâun programme de dĂ©construction visant Sultan Omar Al KhaĂŻd durant lequel il devait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme propriĂ©tĂ© inquisitoriale sans que cela constitue de lâesclavage. Les mots ont beaucoup travaillĂ© en HĂ©lĂ©nie cette semaine. Ils demande maintenant quelques jours de repos. Puis Shana Al-KhaĂŻd fonda la V.E.R.M.I.N.E. et rĂ©clama statues, argent et une part du pĂ©trole tout en prenant Scarleit en otage. La captivitĂ© prit une tournure suffisamment hĂ©lĂ©nienne pour inclure des bonbons et des discussions sur les revendications puis Scarleit finit par ĂȘtre libĂ©rĂ©e. Entre-temps la Sainte Inquisition disparut entiĂšrement lorsque son dernier responsable fut dĂ©sactivĂ©. VoilĂ peut-ĂȘtre le plus beau rĂ©sumĂ© institutionnel de lâHĂ©lĂ©nie. Une organisation religieuse saisit un bĂątiment de guerre et rĂ©glemente la violence puis finit par disparaĂźtre administrativement pendant que les gens quâelle avait voulu encadrer continuent leurs Ă©lections et achĂštent des bĂątiments universitaires aux KaraĂŻbes. Les Ătats cherche parfois la stabilitĂ©. HĂ©lĂ©nie prĂ©fĂšre manifestement la biodiversitĂ© politique. LâEmpire Brun nâa pas Ă©tĂ© tranquille non plus. Octave Sombrefer conserve le trĂŽne mais son Empire a dĂ» regarder Ombre MachiavĂ©lique prendre la gouvernance vacante de Mystisie sous le titre de Sultan Ăternel et expliquer que cette trahison ascendante devait forcer lâEmpereur Ă sortir de son immobilisme. Dans nâimporte quel autre pays un dĂ©mon usurpant une province afin de motiver son souverain aurait dĂ©clenchĂ© plusieurs jours de crise constitutionnelle. En Mystisie on a surtout voulu savoir oĂč se trouvait le prochain portail. La province continue dâailleurs Ă produire de lâor et du pĂ©trole pendant que des ectoplasmes et des guerriers fantĂŽmes agressent rĂ©guliĂšrement les habitants. Elle fut mĂȘme la province brune la plus productive certains jours. Une Ă©conomie vĂ©ritablement impĂ©riale sait que les morts peuvent traverser les murs mais quâils doivent Ă©viter de gĂȘner la chaĂźne de production. Kramara Kisugi a parallĂšlement repris lâĂconomie et rendu la politique fiscale brune beaucoup plus lisible. Les banques furent limitĂ©es. Les grands travaux reçurent de lâargent. Les taux provinciaux furent ramenĂ©s autour dâune doctrine du dix pour cent et lâidĂ©e gĂ©nĂ©rale devint assez simple. Ceux qui produisent peuvent rĂ©cupĂ©rer une partie de ce quâon leur prend. Ceux qui dorment sur leur fortune contribueront davantage. Les deux ailes supplĂ©mentaires du MinistĂšre de lâĂconomie doivent ainsi ĂȘtre construites avec lâargent et les bras dâun Empire que Kramara semble dĂ©terminĂ©e Ă empĂȘcher de devenir riche dans lâinaction. Mystisie fut Ă©galement le théùtre de la longue affaire entre Don Amortel et Ombre MachiavĂ©lique. AprĂšs cĂ©rĂ©monies de lâAmor, invocation de Naar et tensions diverses Don Amortel tenta de lancer le sort Mort contre Ombre. Il Ă©choua et perdit son poste de Bourgmestre avant dâĂȘtre arrĂȘtĂ©. Lyra du Hautbois prit ensuite le poste vacant. Quelques heures plus tard elle demandait publiquement si certaines circonstances assez compromettantes suffiraient enfin Ă faire rĂ©agir son mari. Nous avons donc lĂ une administration municipale oĂč la succession sâest effectuĂ©e entre un prĂȘtre qui rate la Mort et une femme qui utilise sa rĂ©putation comme moyen de communication conjugale. Personne nâa jugĂ© utile de fermer lâHĂŽtel de Ville.Et puisque nous parlons de lâEmpire il faut reconnaĂźtre que Tormenta Ruthven a formulĂ© quelque chose que beaucoup de Bruns murmuraient dĂ©jĂ . LâEmpire traverse une pĂ©riode dâinertie extĂ©rieure. Il a beaucoup conquis et beaucoup cĂ©lĂ©brĂ© puis il sâest installĂ© dans cette somnolence qui suit les grandes victoires et les grands repas. Tormenta demande maintenant que cela cesse. Sa cible privilĂ©giĂ©e est le Paradigme Vert. Ce nâest encore pas une guerre dĂ©clarĂ©e par les armes. Câest en revanche un ministre qui explique publiquement quâil faut recommencer Ă nuire au Paradigme et qui relie explicitement cette volontĂ© au projet confĂ©dĂ©rĂ© de zone dĂ©militarisĂ©e. Cela mĂ©rite dâĂȘtre surveillĂ©. Non parce que lâEmpire est nĂ©cessairement sur le point dâenvahir demain mais parce que les discours officiels viennent de recommencer Ă prĂ©parer moralement la possibilitĂ© quâil fasse quelque chose aprĂšs-demain. Sicilia eut presque la dĂ©cence de rester calme. Câest suffisamment rare pour mĂ©riter dâĂȘtre dit. Trou Perdu continua de produire beaucoup dâimpĂŽts sans fournir chaque soir un nouveau coup dâĂtat. Aken se livra aux autoritĂ©s. Fwinette Dei Machiavelli voyagea jusquâen ForĂȘt de Jade oĂč elle tenta de voler une dĂ©fense laser. Celle-ci lui tira dessus puis elle se livra Ă la justice et acheva sa peine. Câest probablement la forme la plus sicilienne du tourisme. On visite une auberge. On essaye de repartir avec le systĂšme de dĂ©fense. Le systĂšme refuse. On rentre avec une histoire. Plus tĂŽt dans la semaine lâadministration locale avait Ă©galement Ă©vitĂ© le retour de Y0gi avec cette affection trĂšs particuliĂšre que les familles de Trou Perdu rĂ©servent aux gens quâelles considĂšre comme des maladies saisonniĂšres. Sicilia demeure donc fidĂšle Ă elle-mĂȘme. Pas parfaitement honnĂȘte. Pas particuliĂšrement paisible. Mais au moins les problĂšmes savent gĂ©nĂ©ralement quel nom de famille ils doivent Ă©viter.Et puis il y eut le GĂ©ofront. Au milieu de tout cela Ninoo Chantargent a ouvert la troisiĂšme Ă©dition du Festival Contes et LĂ©gendes Ă Sanctuaire. Des costumes. Des histoires. Un concert. Des ateliers. Du pain dâĂ©pice et du poisson magique et de lâhydromel. Wonyoung devait mĂȘme juger les costumes Ă distance grĂące Ă une retransmission avant dâannoncer quâelle arrivait. Jay Padbol complimenta les organisatrices puis se fit attaquer par un dĂ©mon majeur parce que le Cybermonde refuse toujours quâune parenthĂšse culturelle dure trop longtemps sans intervention de la faune. Il y a quelque chose dâimportant dans ce festival malgrĂ© tout. Le GĂ©ofront a passĂ© une partie de la semaine Ă discuter dâindĂ©pendance, dâalliances et de son avenir. Puis ses habitants ont construit un lieu oĂč les Ă©trangers viennent raconter des histoires. Les diplomates pourrait mĂ©diter le procĂ©dĂ©. Nourrir quelquâun avant de lui demander son opinion sur vos frontiĂšres semble produire moins de morts quâun ultimatum. Les recherches sont en cours.Une derniĂšre petite affaire mĂ©rite les chandelles qui restent. La loterie internationale. Trente billets une semaine. Cinquante une autre. Soixante-douze lorsque la fiĂšvre montait. Le record visible tenait Ă quatre-vingt-huit billets jusquâĂ ce que le Cybermonde dĂ©cide soudain que la prudence financiĂšre Ă©tait un concept vieillissant. Cent quatre-vingt-dix billets furent vendus. Noctis remporta quatre mille deux cent soixante-quinze ĂE. Le plus gros tirage et la plus forte participation des relevĂ©s disponibles. Pour une fois une personne a obtenu davantage de richesse que ses voisins sans conquĂ©rir une province ni devenir ministre ni inventer une taxe. Elle a simplement eu beaucoup plus de chance quâeux. Cela ressemble presque Ă une rĂ©forme Ă©conomique.Alors que retenir de cette semaine. Pas que le monde est devenu plus dangereux. Il lâĂ©tait dĂ©jĂ . Pas quâil est devenu plus absurde. Cela exigerait encore des preuves. Ce qui a changĂ© est plus intĂ©ressant. Les lignes commencent Ă se recomposer. La guerre entre RuthvĂ©nie et Khanat se ferme pendant que le Khanat se fissure politiquement autour de la Bouletie. La ConfĂ©dĂ©ration transforme son vieux rĂȘve de frontiĂšre mondiale en menace concrĂšte contre la ForĂȘt de Jade. Le Paradigme tente de rĂ©pondre alors que ses propres institutions viennent dâĂȘtre secouĂ©es. LâEmpire Brun recommence Ă parler dâexpansion et regarde exactement le mĂȘme adversaire. Kraland tisse des rĂ©seaux diplomatiques et scientifiques plutĂŽt que des invasions. HĂ©lĂ©nie continue dâinventer des institutions assez rapidement pour pouvoir les dissoudre avant quâon les comprenne. Le GĂ©ofront bĂątit une identitĂ© internationale autour de son indĂ©pendance et de ses relations culturelles. Ce ne sont pas seulement des Ă©vĂ©nements sĂ©parĂ©s. Câest un dĂ©placement du centre de gravitĂ©. Il y a une semaine les grandes questions tournaient autour de la guerre entre Khanat et RuthvĂ©nie. Aujourdâhui cette guerre sâapaise et la ForĂȘt de Jade attire les regards. Une puissance annonce quâelle veut y administrer la paix. Une autre lâencourage. Une troisiĂšme accuse le Paradigme dâĂȘtre incapable de parler Ă ses voisins. Le Paradigme rĂ©pond en mobilisant et en rebaptisant ses armĂ©es. Nous saurons bientĂŽt si tout ceci produit une nĂ©gociation ou si le Cybermonde vient simplement de dĂ©placer son conflit principal de quelques provinces. Les personnes concernĂ©es sont naturellement invitĂ©es Ă corriger cette lecture. Patrick-Lamulle DePouch peut venir expliquer Ă quel moment une zone administrĂ©e par la ConfĂ©dĂ©ration cesse dâĂȘtre une annexion uniquement parce quâon lâappelle neutre. Solas peut nous prĂ©ciser comment distinguer ses Casques Bleus de ceux qui viennent Ă©ventuellement lui prendre la ForĂȘt. Tormenta Ruthven peut expliquer exactement jusquâoĂč va son enthousiasme pour le projet confĂ©dĂ©rĂ©. Pigeon Ronron et Passe-Muraille peuvent venir nous dire combien de gouvernements peuvent tenir dans un Khanat avant quâil faille facturer les chaises. Dame DĂ©merzel peut nous expliquer combien dâattentats une paix peut encaisser avant de redevenir une guerre. Fawomane Ravenloft peut dĂ©fendre le Paradigme et Ninoo Chantargent peut simplement nous envoyer du pain dâĂ©pice. Je rappelle que Radio NĂ©crotoile sait parfaitement traiter les informations dans lâordre de leur importance.Les tĂ©moins anonymes peuvent parler. Les responsables vexĂ©s peuvent nier. Les souverains peuvent se dĂ©fendre. Les ministres peuvent envoyer leurs communiquĂ©s de quinze pages expliquant que ce que nous avons tous vu nâĂ©tait techniquement pas ce que nous avons vu. Je lirai tout avec cette patience exceptionnelle qui me caractĂ©rise et je conserverai soigneusement les rĂ©ponses dans les archives. Les archives sont cruelles mais elles ont une qualitĂ© que les gouvernements possĂšdent rarement. Elles se souviennent de ce que vous avez dit avant de savoir ce qui allait arriver. En trĂšs trĂšs bref. C'Ă©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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15 Aout 6662026
[spoiler]Bonsoir Ă vous citoyens du Cybermonde, souverains (...)
![]() 15 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir Ă vous citoyens du Cybermonde, souverains provisoirement souverains, ministres qui possĂšdent encore la clĂ© de leur bureau et diplomates qui vĂ©rifient dĂ©sormais deux fois le destinataire avant dâenvoyer une dĂ©claration dâamour internationale. Installez-vous prĂšs du feu. Les rideaux sont tirĂ©s, la bouteille de poison est ouverte et le vieux fauteuil derriĂšre le micro grince dâune maniĂšre que je choisis dâinterprĂ©ter comme une approbation Ă©ditoriale. Je suis Kleo, journaliste autoproclamĂ©e parfaitement impartiale et observatrice consciencieuse dâun monde qui semble avoir conclu cette semaine quâil existait beaucoup trop de façons simples de rĂ©soudre un problĂšme. Il serait facile de chercher un responsable Ă la situation actuelle. Ce serait surtout terriblement injuste envers tous les autres qui ont fait des efforts remarquables pour y participer. La ConfĂ©dĂ©ration Libre construit la paix en discutant de nouvelles frontiĂšres, le Paradigme Vert protĂšge la sienne en dĂ©clarant la guerre, Kraland vient de dĂ©couvrir quâun polochon correctement administrĂ© pouvait devenir un instrument gĂ©opolitique, le Khanat ElmĂ©rien profite dâune paix extĂ©rieure pour examiner avec une application renouvelĂ©e toutes ses fractures intĂ©rieures, la RuthvĂ©nie baisse les impĂŽts tout en renforçant les barreaux et lâEmpire Brun a changĂ© dâEmpereur avec la sĂ©rĂ©nitĂ© dâune troupe de théùtre qui aurait perdu le scĂ©nario entre le deuxiĂšme et le troisiĂšme acte. HĂ©lĂ©nie quant Ă elle continue de dĂ©montrer quâune province nâa nul besoin dâune politique cohĂ©rente lorsquâelle possĂšde suffisamment de cargos Ă voler. Rien de tout cela nâest particuliĂšrement rassurant. Câest donc une excellente soirĂ©e pour travailler. Commençons avec lâEmpire Brun puisque mĂȘme une chronique neutre doit reconnaĂźtre quâun coup dâĂtat impĂ©rial mĂ©rite lĂ©gĂšrement davantage dâattention quâune inauguration de briqueterie. Octave Sombrefer occupait encore le trĂŽne lorsque Jaylie dĂ©cida que lâimmobilisme impĂ©rial avait probablement assez durĂ© et surtout que le fauteuil avait lâair disponible. Elle sâempara du pouvoir puis vida presque immĂ©diatement les ministĂšres avec une efficacitĂ© administrative que lâEmpire aurait probablement aimĂ© observer dans dâautres circonstances. Kramara Kisugi, Tormenta Ruthven, Ombre Minusculique, Monique Lemage, Martina D. Dei Machiavelli, Sinzicula, Valerio Tenebri et plusieurs autres dĂ©couvrirent ainsi que la permanence dâune fonction dĂ©pend beaucoup de la personne qui possĂšde momentanĂ©ment la plume officielle. Votre sĂ©vitrice fit la mĂȘme expĂ©rience et je tiens Ă rassurer tout le monde, je vis cette destitution avec une maturitĂ© absolument exemplaire et la mise aux enchĂšres publiques de mes convictions nâa strictement aucun rapport avec cela. Jaylie ne conserva dâailleurs pas longtemps le sommet quâelle venait de conquĂ©rir puisquâelle dĂ©signa Y0gi comme Empereur avant de se retrouver elle-mĂȘme en prison aprĂšs plusieurs tentatives de vol Ă Trou Perdu. Il faut reconnaĂźtre Ă lâEmpire une extraordinaire capacitĂ© de renouvellement. Certaines nations prennent des mois pour changer un gouvernement. Les Bruns peuvent renverser un Empereur, vider son cabinet, nommer un successeur et faire emprisonner lâarchitecte du bouleversement avant que le dĂ©jeuner soit complĂštement digĂ©rĂ©. DerriĂšre la farce se trouve pourtant une rĂ©alitĂ© sĂ©rieuse. Lâadministration impĂ©riale a perdu en quelques heures une bonne partie de sa continuitĂ© politique et la Sicilia devient immĂ©diatement un enjeu assez important pour que Tormenta Ruthven sây installe et prenne le gouvernement provincial au nom de la stabilitĂ©. Sa justification est quâil faut protĂ©ger cette province clĂ© des opportunistes. Cette phrase est magnifique parce quâelle contient toute la science politique du Cybermonde. Quand un autre prend une fonction disponible il profite du chaos. Quand on le fait soi-mĂȘme on prĂ©serve les institutions. Toutes les puissances connaissent cette rĂšgle, les Bruns ont simplement le bon goĂ»t de ne pas trop la maquiller.Mais lâEmpire nâest mĂȘme plus le centre du grand dĂ©rĂšglement du moment. Pour cela il faut regarder vers la ForĂȘt de Jade oĂč la ConfĂ©dĂ©ration Libre et le Paradigme Vert ont rĂ©ussi quelque chose de beaucoup plus ambitieux quâune guerre ordinaire. Ils ont inventĂ© une guerre dans laquelle les deux camps revendiquent simultanĂ©ment le monopole de la paix. Ă lâorigine Patrick-Lamulle DePouch proposait une Zone DĂ©militarisĂ©e autour de la ForĂȘt de Jade avec contrĂŽle des passages, pĂ©age, rĂ©organisation territoriale et promesse que cette nouvelle frontiĂšre Ă©viterait de futurs affrontements. LâidĂ©e Ă©tait Ă©lĂ©gante Ă condition naturellement dâoublier que le Paradigme Vert devait cĂ©der la province pour profiter pleinement de cette tranquillitĂ©. Le Paradigme rĂ©pondit avec cette dĂ©licatesse Ă©cologique qui consiste Ă protĂ©ger un arbre en menaçant celui qui approche avec une hache plus grosse. Fawomane Ravenloft dĂ©clara officiellement la guerre Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre et Ă partir de cet instant chacun entreprit de dĂ©montrer que lâautre avait commencĂ©. La ConfĂ©dĂ©ration rappelle les agressions commises contre ses diplomates, les attentats contre ses installations et les violences subies par ceux qui venaient selon elle simplement discuter. Le Paradigme rĂ©pond en parlant dâinvasion prĂ©parĂ©e, dâingĂ©rence, dâespionnage et de manĆuvres confĂ©dĂ©rĂ©es destinĂ©es Ă provoquer exactement la rĂ©action quâil observe maintenant. Il serait tentant de choisir entre ces versions. Je prĂ©fĂšre attendre encore un peu parce que jâai rarement vu une querelle perdre en absurditĂ© lorsquâon laisse ses participants continuer Ă fournir eux-mĂȘmes les preuves.La question des Casques Bleus mĂ©rite Ă elle seule dâĂȘtre conservĂ©e dans une bouteille et dĂ©posĂ©e dans les archives pour les gĂ©nĂ©rations futures. Solas estime commander les vĂ©ritables Casques Bleus et considĂšre certains autres porteurs du mĂȘme casque comme des dissidents. La ConfĂ©dĂ©ration possĂšde elle aussi ses Casques Bleus et ne semble pas spĂ©cialement disposĂ©e Ă admettre quâune autre puissance puisse rĂ©clamer le nom avec autant dâenthousiasme. bob le kasque blue perd son commandement aprĂšs une agression puis Pr Jean-Michel Nobyl le rĂ©installe Ă la tĂȘte de lâarmĂ©e en considĂ©rant essentiellement quâil serait dommage que des complications administratives empĂȘchent un militaire de continuer Ă combattre pour la paix. Aya Ravenloft rejoint de son cĂŽtĂ© les Casques Bleus et pose alors une question dont la profondeur dĂ©passe probablement toutes les doctrines militaires rĂ©unies. Elle voudrais savoir Ă qui elle doit obĂ©ir. Ă Solas ou au Vice-PrĂ©sident confĂ©dĂ©rĂ©. Ce dĂ©tail pourrait sembler comique si des gens nâĂ©taient pas rĂ©ellement en train de se frapper pendant que les Ă©tats-majors discutent de la couleur exacte du mĂȘme casque. Autrefois une armĂ©e portait une couleur et son adversaire une autre. CâĂ©tait grossier mais fonctionnel. Aujourdâhui tout le monde veut reprĂ©senter la paix et personne ne souhaite abandonner le bleu. Il faudra bientĂŽt prĂ©voir des Ă©tiquettes.Au milieu de cette querelle Kether fournit probablement la meilleure parabole de la semaine. AccusĂ© dâespionnage lorsquâil Ă©tait Ministre de la Guerre du Paradigme il affirme nâavoir jamais servi la ConfĂ©dĂ©ration Ă cette Ă©poque et avoir Ă©tĂ© virĂ© comme un malpropre sur la base de soupçons. Ensuite, ayant apparemment considĂ©rĂ© quâon avait beaucoup trop investi dans cette rĂ©putation pour la laisser mourir, il devint effectivement sergent dans lâarmĂ©e de Structural. Son argument revient donc Ă dire quâon lâa traitĂ© dâespion avant quâil ne le soit et quâĂ force de lâaccuser on a fini par lui donner une idĂ©e de carriĂšre. Câest une dĂ©fense Ă©tonnamment solide dans un monde oĂč les causalitĂ©s ont depuis longtemps renoncĂ© Ă demander des explications. Stella Darnus affirme au contraire que son comportement confirme les soupçons et que la ConfĂ©dĂ©ration prĂ©parait son invasion depuis longtemps. Patrick-Lamulle DePouch refuse cette lecture et rejette sur le Paradigme la responsabilitĂ© des violences rĂ©pĂ©tĂ©es. Solas parle de crimes de guerre et de Casques Bleus dissidents. Karlin Ă©voque le mercenariat et lâingĂ©rence. Chacun possĂšde ses registres et chacun trouve ceux des autres incomplets. Câest ainsi que naissent les grandes guerres documentĂ©es. Plus personne ne sait exactement ce qui sâest passĂ© mais tout le monde dispose dâun dossier suffisamment Ă©pais pour le prouver.Puis Roger St Misles arriva Ă Accalmie avec lâidĂ©e admirablement optimiste de faire de la mĂ©diation grĂące aux BisousÂČ. Il demanda aux combattants de discuter et de ne plus se taper. Merula lâattaqua. La carriĂšre diplomatique de Roger entra donc immĂ©diatement dans sa phase expĂ©rimentale. Patrick-Lamulle DePouch transforma cette agression en nouvelle preuve selon laquelle le Paradigme ne pouvait plus prĂ©senter chaque violence comme un accident individuel et demanda publiquement ce que les autoritĂ©s comptaient faire de Merula. Celle-ci finit par se livrer aux autoritĂ©s et entra en prison avec de faux papiers confisquĂ©s. Ce fut peut-ĂȘtre lâinstant le plus clair de toute cette affaire. Pour une fois une personne se trouvait dans un camp parfaitement identifiable. Celui des dĂ©tenus.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă Kraland parce que lorsquâune guerre entre deux alliĂ©s devient incomprĂ©hensible il existe deux solutions. Envoyer des diplomates compĂ©tents ou envoyer Kâ Velzard avec des Slavones en pyjama. Sophos choisit la seconde mĂ©thode. Il annonça quâune armĂ©e dâintercession allait ĂȘtre dĂ©pĂȘchĂ©e vers la ForĂȘt de Jade afin dâimposer un peu de joie, de bonne humeur et de paix au milieu des combattants. Lâaffaire aurait pu rester une plaisanterie de chancellerie si Dragnor nâavait ensuite officiellement nommĂ© Kâ GĂ©nĂ©ral et rebaptisĂ© lâarmĂ©e Foraine de Slavonie en Pyjamas et Polochons. Le mĂȘme jour la recherche kralandaise se penchait sĂ©rieusement sur le potentiel stratĂ©gique de lâoreiller et du polochon. Il faut donc accepter que nous avons franchi une frontiĂšre historique. Kraland dispose dĂ©sormais dâune doctrine militaire textile. Kâ Velzard prĂ©cise quâil ne donne pas rĂ©ellement dâordres aux Slavones et se contente de leur indiquer lâendroit oĂč aura lieu la soirĂ©e pyjama avant quâune bataille de polochons ne serve Ă©ventuellement de moyen de dissuasion. Jâignore encore si cette armĂ©e arrĂȘtera la guerre mais je suis obligĂ©e de constater quâelle est actuellement la seule force dont lâarmement est conçu pour rendre lâadversaire plus confortable aprĂšs lâimpact. Ce nâest pas rien. La ConfĂ©dĂ©ration souhaite obtenir la paix avec une frontiĂšre, le Paradigme avec une mobilisation et Kraland avec une literie. Sur le plan moral la literie possĂšde momentanĂ©ment lâavantage.Pendant ce temps le Khanat ElmĂ©rien dĂ©couvre la consĂ©quence la plus classique dâune paix extĂ©rieure rĂ©ussie. On peut enfin recommencer Ă se disputer tranquillement entre soi. Passe-Muraille a transformĂ© son mĂ©contentement autour de la Bouletie, de la Bananie et du gouvernement en vĂ©ritable offensive politique. Il accuse le pouvoir dâavoir affaibli les clans, critique plusieurs ministĂšres et remet ouvertement en question lâavenir de la Bananie au sein du Khanat. Il repousse aussi les Ă©lections dâune semaine en assurant aux habitants quâils le remercieront bientĂŽt. Câest un niveau de confiance dĂ©mocratique qui mĂ©rite lâĂ©tude. Nerdos Valkyry rĂ©pond que la Bananie reste elmĂ©rienne tant que des clans importants veulent quâelle le soit et rappelle quâon ne quitte pas une nation uniquement parce quâun gouvernement nous dĂ©plaĂźt. Lippos Aliagas soutient Pigeon Ronron pour le poste de Grand Khan et reproche notamment Ă Passe-Muraille dâavoir Ă©corchĂ© le nom de la Bouletie. Je tiens Ă souligner cette information car elle dĂ©montre que malgrĂ© les guerres, les annexions et les rĂ©voltes une civilisation peut encore maintenir certaines prioritĂ©s. Mal prononcer une province reste une faute politique.Lâaffaire Big R ajoute une profondeur particuliĂšre Ă cette crise. Passe-Muraille prĂ©sente son emprisonnement en RuthvĂ©nie comme celui dâun compatriote livrĂ© Ă lâĂ©tranger tandis que Dame DĂ©merzel rappelle que Big R a dĂ©truit un hĂŽtel et que la prison constitue donc une consĂ©quence assez conventionnelle de ses activitĂ©s immobiliĂšres. Pourtant derriĂšre leurs Ă©changes de plus en plus personnel les nĂ©gociations continuent. Le Grand Khan lui-mĂȘme discute dâun possible transfert afin que Big R termine sa peine dans des geĂŽles elmĂ©riennes. La RuthvĂ©nie demande simplement des engagements destinĂ©s Ă mettre fin au cycle des destructions. Big R rĂ©pondit en promettant davantage de destructions et diverses violences. Il faut reconnaĂźtre quâen matiĂšre de demande de libĂ©ration ce nâest pas la stratĂ©gie qui vient immĂ©diatement Ă lâesprit. Lâhomme chargĂ© de convaincre les RuthvĂšnes quâil pouvait rentrer sans danger venait essentiellement de fournir lui-mĂȘme le contre-argument. Passe-Muraille commence en parallĂšle Ă Ă©voquer lâarticle du traitĂ© prĂ©voyant une intervention commune contre une puissance tierce. La paix Ă©lmĂ©ro-ruthvĂšne progresse donc merveilleusement. Les anciens adversaires cherchent dĂ©jĂ quelquâun dâautre contre qui lâutiliser. Pigeon Ronron mĂ©rite son propre instant parce que la politique Ă©trangĂšre du Khanat semble depuis quelques heures conduite comme une relation sentimentale particuliĂšrement fatigante. Il critique le Paradigme puis soutient la ConfĂ©dĂ©ration puis Ă©crit au Paradigme une longue lettre oĂč il explique quâentre eux quelque chose sâest brisĂ© et quâils ne sont plus jeunes ni fous comme autrefois. Il compare leur relation Ă une histoire dâamour qui aurait perdu ses mots puis envoie ensuite Ă la population un message destinĂ© Ă ses parents. Il se trompe encore de destinataire un peu plus tard. Jâai beaucoup rĂ©flĂ©chis Ă cette situation et je crois quâelle constitue peut-ĂȘtre la premiĂšre crise diplomatique intĂ©gralement causĂ©e par une interface tĂ©lĂ©phonique. Les chancelleries Ă©trangĂšres sont priĂ©s de vĂ©rifier leurs notifications.La RuthvĂ©nie de son cĂŽtĂ© consolide sa paix avec une mĂ©thode beaucoup plus monarchique. Sir McRabbit mobilise ses lapins pour enquĂȘter sur les destructions de Ruthvenville et rassemble des indices destinĂ©s au dossier Big R. Aelin Chantargent fait rĂ©parer les barreaux de la prison et combler le tunnel susceptible de faciliter les Ă©vasions. Puis Dame DĂ©merzel replace Sir McRabbit aux Affaires ĂtrangĂšres. Rien ne symbolise mieux une paix naissante quâun ambassadeur revenant Ă la diplomatie aprĂšs avoir personnellement vĂ©rifiĂ© que le prisonnier ne peut pas sortir. Mench0 applique quant Ă lui des baisses fiscales dans plusieurs provinces ruthvĂšnes conformĂ©ment aux engagements pris. Câest probablement la mesure la plus concrĂšte de toute la paix actuelle. Les discours peuvent ĂȘtre contestĂ©s et les traitĂ©s rĂ©interprĂ©tĂ©s mais lorsque lâimpĂŽt passe de vingt-cinq Ă vingt pour cent le contribuable dĂ©veloppe gĂ©nĂ©ralement une comprĂ©hension trĂšs nette de la diplomatie.Le ValĂ©gro choisit cependant de rappeler quâune semaine normale serait indigne du Royaume. Un accident nuclĂ©aire frappe Fort Emouchet et certains habitants dĂ©veloppent un TroisiĂšme Ćil. Emile Liarr demande aux citoyens concernĂ©s de rester calme pendant que les mĂ©decins se prĂ©parent Ă intervenir. Keryn Valombre doit en mĂȘme temps gĂ©rer un vol dans les caisses publiques et offre au responsable une derniĂšre chance de rendre lâargent avant que la justice ne le trouve. La province avait donc des irradiĂ©s, des mutations et un voleur de trĂ©sor public dans le mĂȘme aprĂšs-midi. Les RuthvĂšnes peuvent ĂȘtre rassurĂ©s. MĂȘme aprĂšs une catastrophe nuclĂ©aire quelquâun conserve assez de sens pratique pour penser Ă lâargent.HĂ©lĂ©nie poursuit dans une autre tradition. Scarleit reçoit un appel de dĂ©tresse liĂ© au Cruisader et dĂ©cide quâil lui faut un cargo pour intervenir. Elle nâa pas lâargent nĂ©cessaire. Elle tente donc de voler le cargo. Plusieurs fois. LâopĂ©ration lui coĂ»te finalement son poste de Gouverneure. Certains dirigeants perdent leur fonction aprĂšs des scandales constitutionnels. Scarleit lâa perdu parce quâelle essayait de partir sauver des gens avec le vĂ©hicule de quelquâun dâautre. Je reconnais que lâintention ajoute une Ă©lĂ©gance au dossier mais la police semble avoir une sensibilitĂ© limitĂ©e Ă la poĂ©sie. Erbine gouverne Bisouville et nomme Aspa Commissaire de Police. Aspa lance une grande campagne de sĂ©curitĂ© qui Ă©choue et Erbine impose plus tard une taxe immobiliĂšre de plus de dix mille piĂšces afin de financer les routes, les Ă©coles et selon la formulation locale tout ça. Câest probablement le budget public le plus honnĂȘte de la semaine. On sait exactement combien on prĂ©lĂšve et approximativement pourquoi. ComĂšte critique ensuite le Paradigme Vert puis lâEmpire Brun et trouve encore le temps de lancer une tarte Ă la crĂšme sur Lucette Circulaire. HĂ©lĂ©nie rĂ©ussit ainsi ce prodige diplomatique dâĂȘtre simultanĂ©ment hostile Ă plusieurs puissances sans que lâon puisse dĂ©terminer laquelle devrait sâen inquiĂ©ter le plus.Alors que retenir de cette journĂ©e sans tomber dans le travers grossier qui consiste Ă dĂ©clarer quâun camp est sain et tous les autres malades. Rien ne permet une conclusion aussi confortable. La ConfĂ©dĂ©ration veut une paix qui sĂ©curise ses frontiĂšres selon sa propre architecture. Le Paradigme veut empĂȘcher quâune puissance Ă©trangĂšre redessine ces frontiĂšres et considĂšre son combat comme dĂ©fensif. Kraland pense que la solution peut encore passer par la joie institutionnalisĂ©e et une armĂ©e rembourrĂ©e. Le Khanat dĂ©bat de son identitĂ© parce que ses clans ne sont pas dâaccord sur ce que doit devenir le pays. La RuthvĂ©nie tente de transformer une paix fragile en arrangements pratiques tout en refusant de laisser ses prisons devenir symboliques. LâEmpire Brun cherche dĂ©jĂ sa nouvelle cohĂ©rence aprĂšs un basculement brutal. HĂ©lĂ©nie improvise comme elle respire et le GĂ©ofront danse pendant que les autres construisent des dossiers. Personne ne semble vouloir officiellement la guerre. Câest peut-ĂȘtre le dĂ©tail le plus inquiĂ©tant. Tout le monde veut simplement obtenir la paix dans laquelle il aurait raison. Les personnes concernĂ©es peuvent naturellement venir corriger cette version des faits. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s pourront dĂ©fendre leur frontiĂšre, les Paradigmiens leurs Casques Bleus, Kâ Velzard pourra expliquer si une taie dâoreiller rĂ©glementaire constitue dĂ©sormais une arme militaire, Passe-Muraille pourra prĂ©ciser ce quâil entend exactement par un Khanat plus fort et les autoritĂ©s impĂ©riales pourront nous informer du nom du prochain ministre avant que nous gravions le prĂ©cĂ©dent sur sa porte. Les tĂ©moins anonyme, les responsables scandalisĂ©s et ceux qui nient tout avec une excellente mĂ©moire sĂ©lective sont les bienvenus. Pour les plus curieux d'entre vous, votre sĂ©vitrice est en vente sur le bonKoin.C'Ă©tait Kleo, pour Radio-NĂ©crotoile |
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16 Aout 6662026
Ămission spĂ©ciale
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Ce soir Radio Nécrotoile parle moins (...)
![]() 16 Aout 6662026 Ămission spĂ©ciale Spoiler Ce soir Radio NĂ©crotoile parle moins fort. Pas beaucoup moins fort, nâexagĂ©rons rien, nous avons une rĂ©putation et les morts eux-mĂȘmes ont droit Ă une rĂ©gie convenable. Mais suffisamment pour que les chandelles de la NĂ©cropole aient quelque chose Ă Ă©clairer. Syphilys est partie. Elle chantait les tombes avec lâautoritĂ© professionnelle de quelquâun qui savait que la terre nâest pas toujours la derniĂšre page. Elle chantait le froid, la faim, la pourriture, la mĂ©moire qui sâeffrite et cette merveilleuse escroquerie quâon appelle lâĂ©ternitĂ© quand on veut la vendre Ă des vivants. Elle regardait les autres partir. Elle gardait les noms. Elle voyait les bougies sâĂ©teindre les unes aprĂšs les autres et elle restait lĂ , monument mal Ă©levĂ© dâun monde qui continuait sans demander son avis. Il y avait dans son regard cette colĂšre particuliĂšre de ceux qui ne craignent plus tellement la mort mais qui connaissent intimement le prix de lâabsence. Câest peut-ĂȘtre pour cela quâelle faisait autant de bruit. Car enfin, il faut parler de la Syphilys que beaucoup ont rĂ©ellement connue et celle-lĂ nâavait rien dâune apparition silencieuse drapĂ©e dans les brumes romantiques dâun cimetiĂšre darkikou. Elle possĂ©dait la LĂ©prochienne. Elle Ă©tait capable de transformer un conflit politique en chanson obscĂšne puis une chanson obscĂšne en argument politique. Elle Ă©tait radine. Je crois que nous pouvons le dire aujourdâhui sans provoquer dâincident diplomatique. Elle aimait lâargent. Elle le disait. Elle le chantait. Elle le dĂ©fendait. Elle avait Ă©pousĂ© Zyor Mawi, magnat de lâimmobilier, et certaines de ses chansons auraient probablement suffi Ă Ă©tablir devant nâimporte quel tribunal que lâamour vĂ©ritable existe Ă condition de disposer dâun portefeuille assez sĂ©duisant. Un orphelinat, puis la misĂšre a Santa Banana. Une premiĂšre mort. Des rues oĂč la dĂ©cence et lâargent occupaient davantage lâesprit que les nobles principes. Elle disait avoir fait des choses que le commun des mortels aurait probablement qualifiĂ©es dâimmorales et prĂ©cisait avec ce sĂ©rieux dĂ©licieux qui Ă©tait le sien que sa pire addiction consistait Ă voler les portefeuilles de ses victimes aprĂšs les avoir dĂ©vorĂ©es. Mais ce serait une erreur de se souvenir que de la femme qui mordait. Il y avait cette reine de la tombe vide qui suppliait quâon la dĂ©terre parce quâelle Ă©tait encore consciente sous la terre. Il y avait cette immortelle qui regardait les noms disparaĂźtre du marbre et maudissait ceux qui avaient la chance de pouvoir mourir. Il y avait cette femme Ă©puisĂ©e qui ne voulait plus quâon la rĂ©veille et laissait ses souvenirs tomber en poussiĂšre. Il y avait cette crĂ©ature bannie qui courait dans la nuit en sachant que le monstre que les autres craignaient vivait en elle. Il y avait aussi celle qui rĂȘvait de noir et de blanc parce que toutes les couleurs lui semblaient fausses et qui finissait pourtant par reconnaĂźtre quâelles continuaient Ă vivre en elle. Je ne vais pas prĂ©tendre quâelle Ă©tait douce lorsquâelle Ă©tait capable dâĂȘtre atroce. Je ne vais pas dire quâelle mĂ©prisait lâargent alors quâelle aurait probablement essayĂ© de faire payer lâentrĂ©e de sa propre veillĂ©e si quelquâun lui avait laissĂ© dix minutes de plus. Il y aura des lanternes devant la NĂ©cropole. Il y aura des fleurs. Il y aura des messages Ă©crits parce que le silence est demandĂ© et je reconnais que demander le silence Ă ceux qui ont connu Syphilys possĂšde dĂ©jĂ une certaine valeur artistique. Plus tard il y aura de la tequila Ă la LĂ©prochienne. Cela me semble appropriĂ©. Pas parce quâil faudrait boire pour oublier. Toute son Ćuvre semble prĂ©cisĂ©ment dire le contraire.
![]() CâĂ©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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16 Aout 6662026
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Mes trĂšs chers conspirateurs, approchez donc cette chaise du (...)
![]() 16 Aout 6662026 Spoiler Mes trĂšs chers conspirateurs, approchez donc cette chaise du feu et versez-vous quelque chose avant que les gouvernements ne dĂ©couvrent quâune boisson laissĂ©e sans surveillance constitue une zone autonome. Allons en ForĂȘt de Jade oĂč la paix progresse avec une rĂ©gularitĂ© admirable et laisse derriĂšre elle exactement les mĂȘmes traces quâune campagne militaire. Depuis plusieurs jours Patrick-Lamulle DePouch dĂ©fend son projet de frontiĂšre pacifiĂ©e avec cette conviction que seuls possĂšdent les hommes qui ont dĂ©jĂ dessinĂ© la carte et cherchent ensuite des habitants assez raisonnables pour accepter le crayon. Le Paradigme Vert a rĂ©pondu par la guerre. La ConfĂ©dĂ©ration a rĂ©pondu que cette guerre prouvait prĂ©cisĂ©ment la nĂ©cessitĂ© de la paix quâelle avait proposĂ©e avant la guerre. VoilĂ une construction intellectuelle remarquable puisquâelle permet Ă tout Ă©vĂ©nement futur de confirmer lâhypothĂšse initiale. Si les Paradigmiens acceptent la Zone DĂ©militarisĂ©e, Patrick avait raison. Sâils la refusent, leur refus prouve quâil avait raison. Sâils lâattaquent, il avait terriblement raison. Sâils restent chez eux et cultivent des courges, il est trĂšs probable que ces courges constituent Ă terme une menace contre le pĂ©age. Ă ce niveau nous ne sommes plus dans la diplomatie. Nous sommes dans une religion cartographique.La journĂ©e a cependant offert Ă cette guerre quelque chose de plus prĂ©cieux que les frontiĂšres, une bataille autour du droit de dĂ©finir le mot paix. FurFang Ravenloft, dont le pacifisme possĂšde depuis quelque temps une remarquable tendance Ă se manifester Ă proximitĂ© immĂ©diate des systĂšmes informatiques adverses, a tentĂ© de faire disparaĂźtre chez les ConfĂ©dĂ©rĂ©s la technologie Intervention ArmĂ©e. Il a Ă©chouĂ©. Deux fois. Puis un pirate anonyme, on se demande bien qui, a effectivement rĂ©ussi Ă la faire disparaĂźtre. Albert lâa ensuite redĂ©couverte pour la ConfĂ©dĂ©ration et peu aprĂšs Uranium la dĂ©couvrait Ă©galement pour le Paradigme Vert qui lâavait lui-mĂȘme perdue plus tĂŽt dans la journĂ©e aprĂšs une intrusion informatique. Ainsi les deux puissances se sont retrouvĂ©es Ă perdre puis retrouver la capacitĂ© technique dâintervenir militairement chez leurs voisins tout en expliquant quâelles travaillaient exclusivement Ă la paix. Câest lĂ que ZeOrator a commis quelque chose de presque inconvenant. Il a rĂ©flĂ©chi. Membre du gouvernement confĂ©dĂ©rĂ© il a constatĂ© que lâopĂ©ration nâavait pas selon sa connaissance Ă©tĂ© soumise au vote et que les reprĂ©sentants Ă©lus nâavaient pas vĂ©ritablement participĂ© Ă sa conception. Il a mĂȘme soulignĂ© que Patrick-Lamulle DePouch, moteur de lâaffaire, nâavait lui-mĂȘme pas Ă©tĂ© Ă©lu mais nommĂ© par le PrĂ©sident. Le scandale est considĂ©rable. Imaginez une ConfĂ©dĂ©ration Libre obligĂ©e de se demander si un projet territorial majeur mĂ©rite lâavis du peuple. Encore quelques jours ainsi et quelquâun pourrait rĂ©clamer une procĂ©dure. ZeOrator demande donc une suspension temporaire afin de donner Ă lâopĂ©ration une lĂ©gitimitĂ© dĂ©mocratique ou de lui en refuser une. Je voudrais attirer votre attention sur cette nuance parce quâelle est dĂ©licieuse. Pendant que le Paradigme explique que la ConfĂ©dĂ©ration veut lui prendre une province et pendant que la ConfĂ©dĂ©ration explique quâelle construit seulement la paix, lâun de ses propres ministres se place au milieu de la route et demande si quelquâun a pensĂ© Ă demander lâautorisation. Câest ce que jâaime dans la dĂ©mocratie. Elle possĂšde suffisamment de portes pour que chacun puisse entrer tout en prĂ©tendant que lâautre est passĂ© par la fenĂȘtre.La rĂ©ponse fut immĂ©diate et sans Ă©lĂ©gance. Des zones autonomes fleurissent. Un gisement dâor Ă Structural a mĂȘme dĂ©couvert les joies de la paresse Ă©cologique et cessĂ© de produire sous prĂ©texte que travailler pollue. Makoto Natsume sâest retrouvĂ©e au centre de lâaffaire. Les autoritĂ©s confĂ©dĂ©rĂ©es lâont recherchĂ©e pour des infractions politiques liĂ©es aux zones autonomes et Ă la paresse. Patrick est allĂ© jusquâau combat puis lâa livrĂ©e en prison. VoilĂ donc oĂč nous en sommes. Une guerre nĂ©e dâun projet de zone dĂ©militarisĂ©e accueille dĂ©sormais des zones autonomes auxquelles rĂ©pond une arrestation menĂ©e par le principal dĂ©fenseur de la paix. Je prĂ©cise quâil nây a lĂ aucune contradiction. Il suffit simplement dâaccepter que chaque camp possĂšde son propre dictionnaire et que les dictionnaires sont dĂ©sormais des armes de siĂšge. Le Paradigme parle de dĂ©fense lorsquâil attaque. La ConfĂ©dĂ©ration parle de paix lorsquâelle avance. Les autonomistes parlent de libertĂ© lorsquâils ferment une mine. La police parle dâordre lorsquâelle met les auteurs au frais. Tout cela est parfaitement cohĂ©rent Ă condition de ne jamais mettre deux dĂ©finitions sur la mĂȘme page.VoilĂ qui nous conduit naturellement en Bananie oĂč personne ne perd son temps Ă dĂ©finir les mots parce quâon prĂ©fĂšre gĂ©nĂ©ralement prendre directement la fonction de celui qui les prononce. Passe-Muraille a tentĂ© dâusurper Pigeon Ronron, a perdu son poste de Khan et sâest livrĂ© aux autoritĂ©s aprĂšs avoir annoncĂ© que son rĂšgne prenait fin et que la paix de Bananie aussi. Jâadmire cette capacitĂ© Ă prĂ©senter son propre Ă©chec comme la fermeture officielle dâune Ă©poque historique. Chez certains hommes une porte qui claque est un accident. Chez Passe-Muraille câest la chute dâune dynastie. Depuis sa prison il annonçait dâailleurs dĂ©jĂ une grande rĂ©colte et recommandait aux ElmĂ©riens de fermer leurs portes. Quelques heures plus tard Tifa LockHeart, qui souhaitait paraĂźt-il prendre un week-end de vacances, dĂ©couvrait que le Khanat avait encore confondu congĂ© et guerre civile. Elle a donc repris les choses Ă la maniĂšre elmĂ©rienne traditionnelle, câest-Ă -dire en battant Bressia puis en prenant sa place Ă la tĂȘte de Bananie. Les peuples moins raffinĂ©s organisent une transition. Le Khanat prĂ©fĂšre vĂ©rifier les compĂ©tences administratives Ă coups de duel. Câest plus rapide et cela rĂ©duit considĂ©rablement le volume des procĂšs-verbaux.La journĂ©e bananienne nâaurait cependant pas Ă©tĂ© complĂšte sans La Culotte, laquelle a quittĂ© son ambassade en dĂ©clarant sa mission accomplie peu avant que plusieurs attentats frappent lâAmbassade Palladionaute. ZĂ©ro mort mais suffisamment de murs contrariĂ©s pour attirer Aurelthar, alors Commissaire de Police. Il lâa agressĂ©e, a perdu son poste pour lâillĂ©galitĂ© de la chose puis lâa livrĂ©e en prison aprĂšs un duel. Il sâest ensuite lui-mĂȘme livrĂ© aux autoritĂ©s avant dâachever sa peine et de retrouver plus tard son poste grĂące Ă Light Deathnote. Il serait injuste de qualifier cela de dĂ©sordre. Le dĂ©sordre suppose lâabsence de rĂšgle. Ici la rĂšgle existe. Elle semble simplement ĂȘtre que toute personne impliquĂ©e dans lâapplication de la loi doit prĂ©voir un moment de la journĂ©e pour ĂȘtre recherchĂ©e par cette mĂȘme loi. Le Khanat continue ainsi de dĂ©montrer quâun peuple peut parfaitement fonctionner sans sĂ©parer les fonctions de policier, prisonnier, ministre, duelliste et problĂšme administratif. Il suffit dâun agenda assez large.Restons un instant avec les royaumes oĂč les titres passent de main en main parce que la RuthvĂ©nie a offert une leçon plus raffinĂ©e. Sir McRabbit a commencĂ© par abandonner les Affaires ĂtrangĂšres. Puis il a Ă©tĂ© nommĂ© GĂ©nĂ©ral de la Garde ValĂ©grognarde. Puis il a dĂ©missionnĂ© de cette charge en ordonnant Ă ses soldats de retourner dans leurs terriers. Puis la Reine Dame DĂ©merzel lâa nommĂ© de nouveau Ministre des Affaires ĂtrangĂšres. Peu aprĂšs il versait huit cents couronnes Ă lâambassade ruthvĂšne auprĂšs du Paradigme Vert. Tout cela en quelques heures. Il faut comprendre que dans une monarchie les fonctions ne sont pas instables. Elles valsent. La diffĂ©rence est essentielle. Une rĂ©publique qui change quatre fois de responsable traverse une crise. Un royaume qui fait la mĂȘme chose possĂšde un cĂ©rĂ©monial.Au mĂȘme moment Big R continuait depuis sa prison son Ćuvre diplomatique avec une sobriĂ©tĂ© qui devrait inspirer bien des ministĂšres. Ding. Puis dong. Puis encore ding. Puis encore dong. Je ne sais pas ce que contient exactement ce code et je refuse de croire quâune prison ruthvĂšne laisse sortir des messages sans avoir vĂ©rifiĂ© sâils contiennent une tentative dâĂ©vasion sĂ©mantique. Mench0 lui-mĂȘme a rĂ©pondu publiquement par Croaa Croaa avant de proposer Ă un interlocuteur mystĂ©rieux de discuter les termes dâun Ă©change. Ainsi lâune des crises judiciaires les plus sensibles du Royaume se trouve dĂ©sormais quelque part entre le clocher et la mare. Si quelquâun parvient Ă traduire lâensemble je lâaccueillerai volontiers Ă Radio NĂ©crotoile. Les ornithologues, campanologues et anciens dĂ©tenus bĂ©nĂ©ficient dâun accĂšs prioritaire.Pendant ce temps lâEmpire Brun a dĂ©cidĂ© de rappeler quâun brun digne de ce nom ne peut pas se contenter dâun nouvel Empereur. Il faut aussi une distribution. Y0gi a donc nommĂ© Salem Ă la Guerre, Amadis LvAB aux Affaires ĂtrangĂšres, Imoen de Sunnydale Ă lâĂconomie, Jojo lâAffreux Ă la Recherche, Renato M. Ă lâInformation, Roy le trĂšs trĂšs terrible aux Services Secrets puis SĂ„tomi E. au Travail. Je tiens Ă dĂ©clarer en toute impartialitĂ© que la nomination de Renato M. Ă lâInformation.Le gouvernement nâavait cependant pas encore fini dâĂȘtre nommĂ© que certaines de ses piĂšces commençaient dĂ©jĂ Ă se dĂ©tacher. Imoen de Sunnydale a refusĂ© de demeurer Ministre de lâĂconomie afin de conserver son indĂ©pendance. SĂ„tomi a Ă©tĂ© beaucoup moins charitable. Elle a expliquĂ© Ă Y0gi que son mandat ressemblait au nĂ©ant absolu, que sa nomination lui Ă©tait parvenue sans ligne politique et quâelle refusait de servir de dĂ©coration dans un gouvernement de façade. Puis elle a dĂ©missionnĂ©. La Sicilia nous offre dâailleurs une dĂ©monstration pratique. Tormenta Ruthven, devenu Gouverneur, a retirĂ© plusieurs fonctions Ă des Sicilians puis a annoncĂ© que tout le monde Ă©tait parti sur de mauvaises bases et quâil souhaitait ouvrir le dialogue. Câest une technique de nĂ©gociation ancienne qui consiste Ă retirer dâabord les chaises avant de demander aux invitĂ©s de sâasseoir calmement autour de la table. Martina D. Dei Machiavelli lui avait auparavant conseillĂ© de laisser les Sicilians reprendre le contrĂŽle de leur province sous peine de voir les choses mal finir. Quelques heures aprĂšs le grand appel au dialogue elle a usĂ© de ses prĂ©rogatives de Diplomate pour devenir Intendante de Sicilia. Jâignore donc si le dialogue est ouvert mais quelquâun vient manifestement dâentrer dans le bureau. Les intĂ©ressĂ©s peuvent venir expliquer en direct pourquoi cette succession dâĂ©vĂ©nements constitue une rĂ©conciliation. Je promets de ne rire quâintĂ©rieurement et avec la dignitĂ© professionnelle requise.Mais avant de quitter les frontiĂšres et leurs propriĂ©taires temporaires je dois reconnaĂźtre une dette intellectuelle envers Koinstradamus. Il avait demandĂ© au Cybermonde dâobserver les Mares. Korail avait rĂ©pondu depuis Port aux Kanards avec ses feuilles acrobates, ses fleurs changeantes, ses Kanards impossibles Ă compter et ses miettes dont les ricochets refusaient la discipline. Sir McRabbit avait mĂȘme offert trente-cinq lapineaux Ă la recherche. Il aurait Ă©tĂ© trĂšs facile de classer tout cela dans le vaste rayon des phĂ©nomĂšnes que lâon Ă©coute poliment avant de vĂ©rifier si le prophĂšte nâa pas mangĂ© quelque chose de pĂ©rimĂ©. Or Ă TrĂ©sorville la Mare aux Kanards de luxe a reçu une vĂ©ritable pluie de Miettes accompagnĂ©e dâune ambiance de fĂȘte et les registres eux-mĂȘmes parlent dâun Ă©vĂ©nement extraordinaire susceptible dâintĂ©resser les fidĂšles Miettistes. Je ne vais pas dĂ©clarer que Koinstradamus avait raison. Il faut conserver des limites Ă©thiques. Je vais simplement constater quâil avait averti quâune Mare parlait et quâune Mare vient maintenant de faire pleuvoir des Miettes. Ce qui est beaucoup plus gĂȘnant.Il y a peut-ĂȘtre lĂ lâaffaire la plus importante de la semaine et personne ne le sait encore. Jâaime ces histoires. Elles commencent avec une grenouille qui chante bizarrement, une feuille qui refuse de tomber correctement et quelques miettes lancĂ©es Ă la surface dâun Ă©tang. Tout le monde sourit. Puis un jour le ciel se met lui-mĂȘme Ă distribuer le goĂ»ter. Les empires adorent les grands signes parce quâils peuvent mobiliser des armĂ©es contre eux. Les petits signes sont plus dangereux. Ils se glissent sous les doctrines. On ne peut pas dĂ©clarer la guerre Ă un ricochet. On ne peut pas envoyer un ultimatum Ă une feuille. Et si la mystĂ©rieuse bipĂšde aux cheveux blancs recherchĂ©e par Koinstradamus transporte rĂ©ellement quelque chose dâimportant vers les KaraĂŻbes alors il est possible que trente-cinq lapineaux et une poignĂ©e dâobservateurs soient actuellement mieux placĂ©s pour comprendre lâavenir que la moitiĂ© des ministĂšres du Cybermonde. Je reconnais que la barre nâĂ©tait pas trĂšs haute.Minuit est finalement arrivĂ© avec cette majestĂ© particuliĂšre des institutions qui dĂ©posent des rĂ©sultats Ă©lectoraux sur les ruines encore chaudes de la journĂ©e. Sophos devient Premier Ministre avec cinq voix sur cinq parce quâil Ă©tait seul candidat. Cela sâappelle cent pour cent et les mathĂ©matiques ne sont jamais aussi majestueuses que lorsquâon retire toute concurrence avant de les consulter. Tears Velzard remporte la Slavonie avec deux voix sur deux. Scarleit gagne lâHĂ©lĂ©nie face Ă ComĂšte par sept voix contre deux. En SibĂ©ria Bladimir Bladimirovitch Mutin obtient une voix sur une et devient Gouverneur aprĂšs avoir trouvĂ© plus tĂŽt le temps de se faire arrĂȘter pour avoir tentĂ© dâuriner sur une statue de bourgmestre en ElmĂ©rie. Il est rĂ©confortant de constater quâaucune faute de jeunesse ne ferme dĂ©finitivement la porte de la haute fonction publique. Certaines servent mĂȘme manifestement de campagne.Et puis il y a eu LĂ©prosie. Je pourrais terminer sur les frontiĂšres. Sur les Ă©lections. Sur les cloches de Big R. Sur la pluie de Miettes. Sur la loterie qui refuse obstinĂ©ment de redescendre. Mais les archives ne sont pas seulement faites pour conserver les choses qui font beaucoup de bruit. Silas des Sables sâest rendu au cimetiĂšre pour saluer Syphilys Mawi, presque timidement Ă sa maniĂšre, en rappelant quâil avait assistĂ© Ă quelques concerts et possĂ©dait une copie pirate de son disque. Floran BaumĂ© est venu plus tard avec beaucoup moins de retenue. Il a criĂ© son nom. Il lui a reprochĂ© dâĂȘtre partie alors quâil restait encore tout un Cybermonde Ă plumer. Il a constatĂ© que son mari nâĂ©tait mĂȘme pas lĂ puis faute dâavoir Syphilys pour sâoccuper de la musique il lui a offert une chanson. Il lui a demandĂ© de garder une place auprĂšs de Charlie pour le jour oĂč lui aussi en aurait suffisamment assez. Il y a dans le Cybermonde des hommages composĂ©s de statues. Dâautres de grandes phrases. Celui-lĂ avait une copie pirate, une absence remarquĂ©e et une chanson probablement beaucoup trop forte pour un cimetiĂšre. CâĂ©tait donc assez convenable.Câest peut-ĂȘtre ce que cette journĂ©e raconte finalement mieux que toutes les autres. Nous passons notre temps Ă vouloir laisser une trace. Patrick trace des frontiĂšres. Makoto laisse derriĂšre elle des zones qui refusent lâautoritĂ©. Tifa reprend une province. Tormenta reprend des bureaux. Y0gi distribue des ministĂšres. Koinstradamus cherche le sens de traces laissĂ©es Ă la surface dâune Mare. Big R rĂ©ussit depuis une cellule Ă laisser quatre sons dans les archives. Syphilys laisse des chansons. Et cent quatre-vingt-trois personnes laissent leur argent Ă une loterie en espĂ©rant que le hasard se souviendra de leur nom.Les lignes de Radio NĂ©crotoile restent naturellement ouvertes. Patrick-Lamulle DePouch peut venir dĂ©montrer quâune frontiĂšre imposĂ©e est une forme particuliĂšrement avancĂ©e de consentement. ZeOrator peut expliquer Ă quel moment exact une dĂ©mocratie doit consulter les gens. FurFang Ravenloft peut nous parler de ses mĂ©thodes de maintenance informatique Ă distance. Tifa LockHeart peut prĂ©ciser combien de duels sont nĂ©cessaires avant quâune transition institutionnelle soit considĂ©rĂ©e comme pacifique. Sir McRabbit peut nous fournir son emploi du temps afin que nous sachions quel poste il occupe pendant lâentretien. Koinstradamus peut venir avec ses Miettes mais je refuse quâon nourrisse quoi que ce soit prĂšs de mes cĂąbles. Quant aux autres ils peuvent nier, corriger, protester ou dĂ©poser une plainte. Tout document contradictoire sera soigneusement Ă©tudiĂ© avant dâĂȘtre placĂ© sous le pied le plus court de mon bureau.Ici Kleo, Radio NĂ©crotoile. |
17/08 (01:43) | ||
| Radio Nécrotoile a écrit : Encore une excellente rubrique j'ai hate de voir le traitement de Sibéria qui devient rebelle tiens! Pour ma (...) | 17/08 (17:18) | Tifa LockHeart |
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Tifa LockHeart a écrit :
TifaLockHeart, je crois que votre rĂ©ponse possĂšde au moins le mĂ©rite admirable de la cohĂ©rence. LĂ oĂč certains (...)
Tifa
LockHeart a Ă©crit :TifaLockHeart, je crois que votre rĂ©ponse possĂšde au moins le mĂ©rite admirable de la cohĂ©rence. LĂ oĂč certains observent la SibĂ©ria devenir indĂ©pendante et se demandent ce que cela signifie pour lâĂ©quilibre du Paradigme Vert, pour les ambitions de Bladimir ou pour les voisins qui commencent dĂ©jĂ Ă regarder la province comme une part de gĂąteau laissĂ©e sans surveillance, vous avez immĂ©diatement identifiĂ© lâunique indicateur politique qui vous intĂ©resse vraiment. Est-ce que quelquâun va finir par taper quelquâun. Câest une doctrine simple. Je ne dirais pas quâelle permet de gouverner longtemps mais elle permet certainement de ne jamais sâennuyer. Quant au traitement de la SibĂ©ria, soyez rassurĂ©e. Une province qui obtient son indĂ©pendance le mĂȘme jour oĂč son HĂŽtel de Ville finit en gravats, oĂč les Bourgmestres se remplacent Ă une vitesse qui rend inutile lâimpression de cartes de visite et oĂč Bladimir Bladimirovitch Mutin se retrouve au milieu de rumeurs lui prĂȘtant dĂ©jĂ des ambitions sur les provinces indĂ©pendantes mĂ©rite davantage quâun simple commentaire. Je compte lui accorder toute la dĂ©licatesse journalistique nĂ©cessaire. Autrement dit je vais attendre que chacun fournisse sa version puis choisir avec une parfaite impartialitĂ© celle qui permet de comprendre le mieux pourquoi jâavais raison depuis le dĂ©but. Et si cela dĂ©bouche sur davantage de combats, je saurai au moins que vous serez quelque part dans le fond Ă considĂ©rer que la situation politique sâamĂ©liore enfin. ![]() 17 Aout 6662026 Spoiler Jâavais prĂ©vu une soirĂ©e tranquille. Une chaise, un verre, quelques dĂ©pĂȘches et le plaisir presque religieux de contempler le Cybermonde faire exactement ce que jâavais toujours expliquĂ© quâil finirait par faire. Puis Isotopine mâa nommĂ©e Ministre de lâInformation. Je tiens immĂ©diatement Ă rassurer les auditeurs inquiets. Cette nomination ne porte Ă©videmment aucune atteinte Ă la vente de mon impartialitĂ©. Au contraire, elle est au courant que je ne resterais pas. Il faut dire que lâEmpire sâest donnĂ© beaucoup de mal pour mĂ©riter une chronique. Isotopine avait commencĂ© la journĂ©e en expliquant quâelle nâĂ©tait que de passage sur le TrĂŽne avant de retirer les fonctions de presque tout ce qui ressemblait encore Ă un gouvernement. Câest une façon trĂšs brune de ne pas sâinstaller. Les gens ordinaires dĂ©posent leur manteau lorsquâils arrivent quelque part. Les impĂ©ratrices de transition dĂ©posent les ministres. Quelques heures plus tard le dĂ©cor Ă©tait dĂ©jĂ repeuplĂ©. Agatha prenait lâĂconomie, Sinzicula la Justice, Floran BaumĂ© la Recherche, Valerio Tenebri les Services Secrets, Monique Lemage lâIntĂ©rieur et votre servante lâInformation. On pourrait croire Ă un gouvernement. Il ne faut jamais aller trop vite avec lâEmpire Brun. Câest aussi ainsi que commencent les vieux films oĂč un savant rĂ©unit six spĂ©cialistes dans un chĂąteau avant de leur annoncer que la cave contient une chose qui respire depuis trois mille ans. ![]() Et puisque lâon parle dâirradiation je souhaite attirer lâattention sur un phĂ©nomĂšne que les chroniqueurs mĂ©diocres considĂ©reront comme un dĂ©tail alors quâil sâagit manifestement dâun tournant civilisationnel. Ă la Plaine IrradiĂ©e Kalogr von Krarovich a fait fermer le camp de bĂ»cherons. Quelques heures auparavant Dinglemire avait profitĂ© de lâoccupation impĂ©riale dâIsotopine pour prendre la province et annoncer que lâĂąge des mutants commençait. VoilĂ donc une sociĂ©tĂ© oĂč lâon peut usurper un gouvernement au nom du progrĂšs gĂ©nĂ©tique puis supprimer un camp industriel au nom du futur de la forĂȘt mutante. Ceux qui continuent Ă croire que lâĂ©cologie et le nuclĂ©aire sont incompatibles manquent manifestement dâimagination. Il suffit dâirradier suffisamment les arbres pour quâils deviennent eux-mĂȘmes une politique publique.Cette lĂ©gĂšretĂ© nâempĂȘche pas la Plaine de savoir quand il convient de se taire. Sophie CanĂ©tang a disparu et Kalogr a annoncĂ© quâun dernier hommage lui serait rendu dimanche Ă la Centrale Thermique. Il a demandĂ© aux habitants de venir avec leurs souvenirs, leurs mutations et si possible un incident industriel. Certains trouveront la formule indĂ©licate. Je la trouve au contraire presque tendre. Dans une province oĂč lâon ne sait jamais trĂšs bien si une lueur dans le ciel annonce une fĂȘte ou une fuite de rĂ©acteur il aurait Ă©tĂ© obscĂšne de transformer soudain la mort en cĂ©rĂ©monie propre. La Plaine accompagne les siens comme elle vit. Avec du verre, des cicatrices et probablement un formulaire dâĂ©vacuation posĂ© prĂšs des fleurs. Mes condolĂ©ances aux familles. Mais avant que lâEmpire ne se fĂ©licite trop longtemps de sa propre renaissance il faut regarder vers la SibĂ©ria oĂč Bladimir Bladimirovitch Mutin vient de dĂ©couvrir que lâindĂ©pendance possĂšde un bruit trĂšs particulier. Celui dâun HĂŽtel de Ville qui sâĂ©croule. La province avait dĂ©jĂ connu une matinĂ©e suffisamment dense pour faire passer une rĂ©volution ordinaire pour un dĂ©jeuner familial. Des fonctions distribuĂ©es puis retirĂ©es, Saphir Ravenmaid accusĂ©e dâhĂ©rĂ©sie, May Billouziya installĂ©e Procureure puis privĂ©e de son poste aprĂšs un attentat, SerbitarSeraven nommĂ© Bourgmestre puis destituĂ© aprĂšs un autre attentat et Mademoiselle propulsĂ©e Ă la mairie juste Ă temps pour constater que la notion mĂȘme de bureau devenait thĂ©orique. Ensuite Fawomane Ravenloft a laissĂ© la SibĂ©ria prendre son indĂ©pendance. Puis Pacifista 2.0 a continuĂ© de travailler sur lâurbanisme local jusquâĂ ce que le chantier de lâHĂŽtel de Ville sâeffondre complĂštement. Une province indĂ©pendante nâa-t-elle pas besoin de symboles neufs. Pourquoi conserver un HĂŽtel de Ville ancien lorsque lâon peut disposer dâun trĂšs vaste espace Ă ciel ouvert oĂč chacun voit immĂ©diatement qui gouverne puisquâil nây a plus aucun mur derriĂšre lequel se cacher. Bladimir avait dâailleurs dĂ©jĂ dĂ©fendu la destruction comme moyen dâaccĂ©der aux mystĂ©rieuses fouilles Seravenloft. Il possĂšde dĂ©sormais davantage dâaccĂšs quâun archĂ©ologue raisonnable nâaurait jamais osĂ© demander. Quant Ă une rumeur affirmant quâil chercherait Ă diriger les provinces indĂ©pendantes pendant vingt-huit jours elle mĂ©rite dâĂȘtre conservĂ©e avec les autres charmantes histoires que la SibĂ©ria produit lorsquâelle dispose de ruines, dâun gouverneur et de suffisamment de citoyens persuadĂ©s que le hasard nâexiste pas. Si Bladimir souhaite dĂ©mentir toute ambition supĂ©rieure il est Ă©videmment invitĂ© Ă le faire. Je promets de ranger son dĂ©menti juste Ă cĂŽtĂ© du dossier consacrĂ© aux hommes qui expliquent quâils ne veulent absolument pas le pouvoir alors quâils sont assis dessus.Pendant ce temps Pigeon Ronron sâĂ©tait dĂ©jĂ promenĂ© dans la rĂ©gion en expliquant au Paradigme Vert quâil fallait peut-ĂȘtre le pousser hors du nid pour vĂ©rifier sâil savait voler. Chez les ElmĂ©riens on ne conquiert personne. On teste sa capacitĂ© dâadaptation Ă la chute libre. Ceux qui survivent peuvent ensuite remercier leurs instructeurs. Ceux qui ne survivent pas servent vraisemblablement de dĂ©monstration supplĂ©mentaire de lâordre naturel.Cette philosophie commence pourtant Ă produire des conversations intĂ©ressantes jusque dans les provinces khanales. En Bouletie Jean-Michel TrĂšs Normal regarde les comptes et dĂ©couvre que lâendettement existe. Il rĂ©pond avec une audace rĂ©volutionnaire en taxant lĂ©gĂšrement les repas, les boissons, les outils, les armes, les bijoux et quelques autres choses dont une civilisation peut difficilement se passer. Son raisonnement est admirable. Plus les habitants boiront et mangeront plus la province gagnera dâargent. VoilĂ enfin une doctrine fiscale que mĂȘme un ivrogne peut comprendre aprĂšs le troisiĂšme verre. Mais le mĂȘme Jean-Michel TrĂšs Normal regarde aussi vers la ConfĂ©dĂ©ration Libre et renouvelle son invitation Ă la Bananie pour quâelle quitte le Khanat et rejoigne un ensemble oĂč la Bouletie pourrait retrouver sa sĆur turbulente. Les Bananiens rĂ©clament lâindĂ©pendance. Les Boulets leur proposent la dĂ©mocratie. Le Khanat parle de puissance. Tout cela finira probablement autour dâune table avec quelquâun qui casse la table pour prouver quâelle Ă©tait trop faible. Pigeon Ronron semble en tout cas avoir dâautres projets puisquâil a nommĂ© Cassandre Lemage Garinali Ministre de la Guerre. Une nomination de guerre au milieu dâun Khanat qui dĂ©bat dĂ©jĂ du Paradigme, de la ConfĂ©dĂ©ration, de la Bananie et de la place exacte de chacun dans la grande chaĂźne alimentaire ressemble moins Ă une mesure administrative quâĂ quelquâun qui pose un couteau sur la nappe avant le dessert. Je ne dis pas quâil va servir. Je dis seulement que personne ne pose le couteau lĂ par amour de la dĂ©coration.Et puisque toutes les routes de cette journĂ©e semblent ramener vers la ForĂȘt de Jade il est temps dây retourner. Jâavais cru hier que le dĂ©bat avait atteint son sommet lorsque la ConfĂ©dĂ©ration Libre expliquait quâelle ne souhaitait pas annexer Accalmie mais seulement contrĂŽler ses infrastructures, ses dĂ©placements et ses pĂ©ages. JâĂ©tais naĂŻve. Le Cybermonde a toujours cette merveilleuse capacitĂ© Ă punir ceux qui croient avoir atteint le sommet du ridicule. ZeOrator a longuement dĂ©veloppĂ© sa thĂ©orie de lâisolationnisme paradigmien. Son idĂ©e mĂ©rite davantage de sĂ©rieux que certaines rĂ©ponses quâelle provoque. Selon lui le Paradigme sâest repliĂ© aprĂšs les crises et les interventions extĂ©rieures jusquâĂ confondre protection et fermeture. Il estime que la nation devrait recommencer Ă exposer ses idĂ©es, discuter et se rendre intelligible au monde plutĂŽt que simplement construire sa politique autour de la conservation de ses terres. Ce nâest pas absurde. Jâinsiste parce que cette Ă©mission tient Ă conserver une rĂ©putation dâimpartialitĂ© malgrĂ© la prĂ©sence de plusieurs tĂ©moins.Le problĂšme est que cette rĂ©flexion arrive dans une forĂȘt oĂč tout le monde a dĂ©jĂ prĂ©parĂ© les projectiles. La FĂ©e du bien refuse les pĂ©ages et les frontiĂšres imposĂ©es. Aya Ravenloft a choisi de reprendre pleinement son rĂŽle de gouverneure et de dĂ©fendre son foyer plutĂŽt que son casque bleu. Saphir Ravenmaid a remplacĂ© Karlin Ă lâInformation paradigmienne et annonce que la situation est critique sans ĂȘtre perdue. Alice Ravenloft avait dĂ©jĂ dĂ©montrĂ© quâune quantitĂ© suffisante de Miaou pouvait obtenir des rĂ©ductions de peine dans une institution confĂ©dĂ©rĂ©e. Elyna vient maintenant prolonger les peines de Makoto Natsume et Stella Darnus. Nous assistons donc Ă un duel parfaitement Ă©quilibrĂ© entre le droit et le Miaou. Pour lâinstant le droit semble avoir retrouvĂ© un stylo.Mais la soirĂ©e a offert mieux encore. Henri St Misles, devenu PrĂ©fet de Police aprĂšs avoir quittĂ© la fonction de Juge, a exposĂ© les revendications de la ConfĂ©dĂ©ration Libre Ă Accalmie. Chaussettes dĂ©pareillĂ©es. LibertĂ© capillaire. Refus de la numĂ©rotation bourgeoise et surtout pas de cinquiĂšme point parce que yapadcinq. Puis La Pacificatrice a agressĂ© quarante soldats et sâest retrouvĂ©e recherchĂ©e par la police paradigmienne.VoilĂ . Il existe des noms qui deviennent progressivement une condamnation Ă eux seuls. Je ne tirerai aucune conclusion hĂątive du fait quâune femme appelĂ©e La Pacificatrice soit recherchĂ©e aprĂšs avoir attaquĂ© quarante soldats. Je suis journaliste. Nous avons des rĂšgles. Je constate seulement que si la paix confĂ©dĂ©rĂ©e continue Ă produire ce genre de coĂŻncidences il faudra bientĂŽt lui attribuer une unitĂ© de mesure.La ConfĂ©dĂ©ration elle-mĂȘme semble commencer Ă se regarder dans un miroir avec une certaine inquiĂ©tude puisque Patrick-Lamulle DePouch a critiquĂ© son propre gouvernement en mĂȘme temps que la RĂ©publique de Kraland. Peut-ĂȘtre est-ce de la dĂ©mocratie. Peut-ĂȘtre est-ce de la fatigue. Peut-ĂȘtre vient-il simplement de dĂ©couvrir que lorsquâon passe assez longtemps Ă expliquer aux autres comment administrer leur territoire on finit par remarquer les fissures du sien. Jean-Messie de la Nation continue nĂ©anmoins de hisser les couleurs confĂ©dĂ©rĂ©es et de dĂ©noncer les Verts. bob le kasque blue termine la soirĂ©e en louant Henri St Misles, critiquant le Paradigme et soutenant la ConfĂ©dĂ©ration. Lâappareil tient donc encore. Il fait du bruit mais il tient. Comme une armoire dont on aurait remplacĂ© les pieds par quatre militants.VoilĂ qui nous mĂšne au Royaume de RuthvĂ©nie oĂč le pouvoir a choisi une stratĂ©gie plus raffinĂ©e. Faire de lâor et attendre que le prisonnier devienne une horloge. Dame DĂ©merzel se promĂšne aux KaraĂŻbes et encourage ses sujets Ă prolonger la fĂȘte des miettes dorĂ©es en travaillant davantage dans le gisement dâor. Gilbert Tronik optimise la production. Korail vĂ©rifie si les troubles de la Mare influencent la rĂ©colte. Nicolavitch dĂ©couvre un gros filon. Puis Mench0 augmente lâimposition des revenus de la province jusquâĂ soixante pour cent en promettant taux bancaire prĂ©fĂ©rentiel et secret bancaire garanti. VoilĂ une monarchie qui a compris la diffĂ©rence essentielle entre voler ses sujets et les inviter Ă©lĂ©gamment Ă contribuer Ă la gloire du Duck. Si lâon prĂ©lĂšve soixante pour cent avec une couronne et une fĂȘte cela devient immĂ©diatement moins fiscal. Presque liturgique.Au milieu de cette prospĂ©ritĂ© Big R continue son Ćuvre.Ding. Dong. Ding. Puis il se trompe dans lâordre et annonce quâil va recommencer. Je retire ce que jâai pu dire auparavant. Nous nâassistons pas Ă un code. Nous assistons Ă une Ă©cole philosophique. La pensĂ©e de Big R possĂšde dĂ©sormais une chronologie, des erreurs de transmission et une volontĂ© de reprise depuis le commencement. Câest davantage que beaucoup de doctrines politiques. Thalya della Ombra lui a obtenu trois jours de libĂ©ration anticipĂ©e mais il reste assez longtemps enfermĂ© pour transmettre encore un DING Ă la fin de la soirĂ©e. Les historiens ruthvĂšnes doivent se dĂ©pĂȘcher. Ă ce rythme la tradition orale risque de devenir volumineuse.Et pendant que la prison sonnait, le Cruisader poursuivait son dĂ©placement vers le sud jusquâau ValĂ©gro. Ce navire que plusieurs personnes auraient autrefois voulu transformer, rĂ©parer, incendier ou consacrer continue simplement de bouger Ă travers les provinces comme un vieux meuble de famille que personne nâose jeter parce quâil contient peut-ĂȘtre encore des canons. Il quitte les KaraĂŻbes et glisse vers le sud de Fort Emouchet. Jâaime les choses qui persistent. Elles rendent les cartes nerveuses. Au GĂ©ofront en revanche on essaie actuellement de construire quelque chose qui ressemble Ă un avenir sans commencer par brĂ»ler le plan. Shiki Chantargent annonce que les comptes ont Ă©tĂ© rééquilibrĂ©s et souhaite dĂ©sormais que le GĂ©ofront devienne identifiable par une expertise claire. Science, technologie de pointe, artisanat, religion, tourisme ou fĂȘte. Elle propose la science comme premier axe. Ninoo Chantargent accĂ©lĂšre le travail Ă la carriĂšre et Daofin Meur dĂ©couvre un gros filon de pierre. Câest presque dĂ©routant. Une province formule un projet puis trouve des matĂ©riaux. OĂč sont les coups dâĂtat. OĂč sont les vingt et une bombes. OĂč est le ministre qui explique que lâeffondrement du toit constituait la premiĂšre Ă©tape du programme.Je surveillerai le GĂ©ofront. Personne ne devient raisonnable aussi brusquement sans prĂ©parer quelque chose, je crois mĂȘme que j'ai Ă©tĂ© invitĂ©e Ă m'y installer. Sophos a dâailleurs Ă©tĂ© attaquĂ© par un Ange Vengeur en fin de soirĂ©e. Je nây vois aucune causalitĂ©. Je note seulement que mĂȘme les puissances cĂ©lestes semblent souhaiter participer au dĂ©bat sur lâavenir rĂ©publikain.La Mystisie a choisi une voie plus classique et je lâen remercie. Amadis LvAB a tentĂ© de dĂ©poser des magazines pornographiques dans le bureau du Bourgmestre. Il sâest retrouvĂ© recherchĂ© puis sâest livrĂ© aux autoritĂ©s et a quittĂ© la prison presque immĂ©diatement aprĂšs. VoilĂ une affaire politique dâune grande puretĂ©. Lâintention Ă©tait obscure. Le support Ă©tait illustrĂ©. La sanction fut brĂšve. Aucun traitĂ© international nâa Ă©tĂ© nĂ©cessaire. Il est rendu Ă quel Ăąge celui lĂ ?Je voudrais enfin revenir un instant sur une province qui rĂ©ussit Ă mener une crise politique avec le sĂ©rieux dâune pension de jeunes filles. En Slavonie Tears Velzard a annoncĂ© la fin de la rĂ©crĂ©ation et la nĂ©cessitĂ© de retrouver la PremiĂšre Slavone qui semblait enfermĂ©e dans une chambre dont Ă©manait une odeur particuliĂšre. La grande rĂ©vĂ©lation fut moins un complot quâune crise dâadolescence accompagnĂ©e dâun refus monumental de retourner travailler. Jâadmire cette honnĂȘtetĂ©. Tant de dirigeants traversent exactement la mĂȘme phase en prĂ©tendant quâil sâagit dâune doctrine Ă©conomique.Les souverains peuvent tomber. Les provinces peuvent partir. Les HĂŽtels de Ville peuvent sâeffondrer sous les explosifs et les frontiĂšres peuvent ĂȘtre dĂ©placĂ©es par des hommes persuadĂ©s de les protĂ©ger. Mais tant quâil restera une chaise dans une taverne, une chandelle encore vaguement droite et quelquâun suffisamment imprudent pour laisser un micro devant moi lâHistoire aura au moins une version correctement Ă©crite. Ceux qui contestent cette affirmation sont naturellement invitĂ©s Ă venir le faire publiquement. Patrick-Lamulle DePouch peut expliquer la paix. ZeOrator peut dĂ©fendre lâouverture. Aya Ravenloft peut dĂ©fendre sa forĂȘt. Pigeon Ronron peut apporter un nid. Bladimir Bladimirovitch Mutin peut apporter les plans de ce quâil reste de sa mairie. Big R peut apporter une cloche. C'Ă©tait Kleo, pour NĂ©crotoile. |
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18 Aout 6662026
[spoiler]Bonsoir Cybermonde. Installez-vous correctement, commandez (...)
![]() 18 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir Cybermonde. Installez-vous correctement, commandez quelque chose de fort, de cher et de suffisamment alcoolisĂ© pour donner Ă la gĂ©opolitique lâapparence dâune discipline rationnelle. Ici Kleo, araignĂ©e de presse parfaitement impartiale, ce qui signifie que je nâai encore jamais rencontrĂ© une nation assez bien organisĂ©e pour mĂ©riter mon parti pris, surtout si on applique le bonheur. La soirĂ©e a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©reuse. Le Paradigme Vert a sauvĂ© une province pour mieux dĂ©couvrir quâune autre brĂ»lait sous ses pieds, la ConfĂ©dĂ©ration Libre a fait progresser la paix Ă coups de Casques Bleus, de manifestations et dâhumiliations publiques, le Khanat ElmĂ©rien a perdu la Bouletie dans une opĂ©ration dont le principal argument diplomatique semble avoir Ă©tĂ© une catapulte Ă excrĂ©ments, la Mystisie a rappelĂ© que dans lâEmpire Brun un gouverneur nâest jamais propriĂ©taire de son fauteuil mais seulement locataire entre deux coups dâĂtat et la RuthvĂ©nie a prouvĂ© quâun prisonnier peut gouverner lâactualitĂ© avec moins de vocabulaire quâun canard enrhumĂ©. Dans un monde moins civilisĂ© on appellerait cela une journĂ©e de crise. Ici nous appelons cela mardi. Il faut commencer par la grande victoire du Paradigme Vert parce quâelle possĂšde cette qualitĂ© rare des victoires parfaites qui consiste Ă ressembler dangereusement Ă lâouverture du prochain dĂ©sastre. Satela Zero a repris la SibĂ©ria. Pas symboliquement. Pas avec une gerbe de fleurs biologiques dĂ©posĂ©e devant une ambassade. Les forces paradigmiennes ont occupĂ© la caserne, le palais du gouverneur, les installations miniĂšres, lâaĂ©rodrome, les ambassades, le port, le tribunal, la prĂ©fecture, le pĂ©trole, lâor et jusquâaux monuments dont personne ne savait probablement plus qui les avait inaugurĂ©s. Plusieurs bĂątiments ont rĂ©sistĂ© avant de finir sous contrĂŽle et tout cela aboutit Ă lâessentiel. La SibĂ©ria a rejoint le Paradigme Vert. Satela Zero sâest installĂ©e au gouvernement puis a rempli son administration tandis que Solas, Karlin, Bartolomus Ravenloft, Fawomane Ravenloft et Luxianna Ravenloft avaient auparavant pris le risque de lâinsurrection contre lâordre provincial existant. Le Paradigme peut donc annoncer que la maison est de nouveau verte. Il lui faudra seulement Ă©viter de regarder trop longtemps les traces de bottes sur le tapis.Car pendant que la SibĂ©ria retrouvait son vert rĂ©glementaire, la ForĂȘt de Jade dĂ©couvrait une forme trĂšs moderne de tourisme. On y venait dĂ©sormais pour manifester, combattre, enquĂȘter, acheter des bombes, fouiller sous les bĂątiments et expliquer aux habitants pourquoi leur gouvernement avait tort. Ce qui est finalement une excellente maniĂšre de dĂ©velopper lâĂ©conomie locale puisque les hĂŽtels accueillent davantage de monde et les armureries bĂ©nĂ©ficient dâune clientĂšle remarquablement motivĂ©e. May Billouziya, chassĂ©e de SibĂ©ria selon ses propres mots, annonçait tranquillement son arrivĂ©e en ForĂȘt de Jade et signalait au passage que lâarmurerie locale avait permis de refaire les stocks de bombes. Je ne sais pas quel ministĂšre du Tourisme a conçu cette brochure mais il faut reconnaĂźtre une certaine honnĂȘtetĂ© dans le slogan. Venez respirer lâair pur. Repartez lourdement armĂ©.La situation devient encore plus belle lorsque la nature elle-mĂȘme dĂ©cide dâintervenir. Ă Accalmie des arbres ont poussĂ© jusque dans les rues en les Ă©ventrant. La pollution a baissĂ©. VoilĂ enfin une politique environnementale dont personne ne pourra dire quâelle manque de rĂ©sultats. Le Paradigme Vert peut dĂ©sormais annoncer simultanĂ©ment une amĂ©lioration Ă©cologique et une dĂ©gradation des infrastructures. Câest prĂ©cisĂ©ment le genre dâĂ©quilibre que les ministĂšres passent dâhabitude des annĂ©es Ă rechercher. Pendant ce temps La FĂ©e Du bien dĂ©fendait le Paradigme, lançait une tarte Ă ZeOrator et rappelait que la nature demeurait indomptable tandis que des fleurs Ă©taient arrachĂ©es et quâune taxe fonciĂšre apparaissait. Il ne manque plus quâun formulaire de demande prĂ©alable pour la pousse spontanĂ©e des racines et nous aurons atteint la parfaite harmonie entre lâĂ©cologie extrĂȘme et lâadministration municipale.Mais la ForĂȘt de Jade nâĂ©tait pas simplement agitĂ©e. Elle Ă©tait devenue le nouveau théùtre de la guerre politique entre le Paradigme et la ConfĂ©dĂ©ration. Le plus remarquable nâest pas que les deux camps se soient affrontĂ©s. Ce serait presque banal. Le remarquable est quâils aient rĂ©ussi Ă transformer le mot paix en projectile. Patrick-Lamulle DePouch explique que la ConfĂ©dĂ©ration a proposĂ© une ligne, une frontiĂšre tranquille, des postes, des visas et la fin des massacres. Dans sa version des Ă©vĂ©nements le Paradigme aurait choisi la guerre parce que la paix le rendrait inutile. Il prĂ©sente les Casques Bleus comme ceux qui tiennent la ligne face Ă la colĂšre verte. Câest une thĂšse admirablement confĂ©dĂ©rĂ©e. La paix existe parce que nous la proposons. Si vous refusez notre maniĂšre de lâorganiser câest que vous refusez la paix elle-mĂȘme. La dĂ©mocratie atteint ici une forme presque religieuse oĂč le dĂ©saccord devient une preuve de culpabilitĂ©. Solas prĂ©sente naturellement le tableau inverse. Il rend hommage aux Casques Bleus morts en dĂ©fendant le Paradigme et dĂ©crit la reconquĂȘte de SibĂ©ria comme un succĂšs militaire payĂ© au prix fort. Il remercie mĂȘme les Slavones venues aider Ă restaurer la paix autour dâAccalmie. Nous voici donc dans une situation oĂč les Casques Bleus peuvent ĂȘtre Ă la fois envahisseurs dans un discours et martyrs de la paix dans un autre tandis que des Slavones installent un camping militaire entre les deux camps. Je tiens Ă fĂ©liciter le Cybermonde. Il a enfin trouvĂ© une maniĂšre de rendre la guerre parfaitement inclusive. Chacun peut y ĂȘtre simultanĂ©ment agresseur, victime, mĂ©diateur et invitĂ© au barbecue.Il faut sâattarder sur ces Slavones parce que K' Velzard possĂšde une conception diplomatique qui mĂ©rite sa propre chaire universitaire. LâarmĂ©e de maintien de la paix sâinstalle Ă la frontiĂšre avec son Camping de Bonheur et prĂ©vient les deux cĂŽtĂ©s quâelle est prĂȘte Ă se battre si nĂ©cessaire. Elle apporte mĂȘme ses polochons rĂ©glementaires. Cela pourrait sembler contradictoire Ă ceux qui considĂšrent encore quâune force de paix doit Ă©viter de menacer tout le monde. Ils nâont simplement pas compris la sophistication kralandaise. La RĂ©publique de Kraland ne se contente pas de maintenir la paix. Elle sâassure que chaque citoyen sache exactement ce qui lui arrivera sâil refuse de la maintenir lui-mĂȘme.Ce qui nous conduit naturellement Ă Aya Ravenloft. La gouverneure de la ForĂȘt de Jade a remaniĂ© son administration avec une Ă©nergie remarquable. Carmilla Ravenloft passe Ă la police, Ash Williams prend lâIntendance, Seraphiel Ravenloft devient Procureur aprĂšs avoir Ă©tĂ© Capitaine et Ruby Ravenmaid rĂ©cupĂšre ensuite le commandement militaire. Le nom Ravenloft apparaĂźt avec une frĂ©quence suffisante pour que lâon puisse se demander si la ForĂȘt de Jade a un gouvernement ou simplement une table familiale suffisamment grande. JâexagĂšre Ă©videmment. Il y a aussi Ash Williams.La ConfĂ©dĂ©ration nâa pas laissĂ© passer lâoccasion. Patrick-Lamulle DePouch a attaquĂ© Ruby Ravenmaid en la prĂ©sentant comme une servante des Ravenloft. Jean-Ronaldoe de la Patrie a lancĂ© son Ravenloft Story et transformĂ© Aya Ravenloft en vedette dâune Ă©mission oĂč la gouverneure emmĂšnerait les visiteurs dans son arĂšne personnelle. Je note simplement que lorsque la politique devient incapable de convaincre les gens elle finit toujours par inventer la tĂ©lĂ©vision. Câest une loi naturelle. Le prochain stade sera probablement une Ă©mission culinaire oĂč chaque camp prĂ©parera symboliquement lâautre Ă feu doux.Et pourtant la ForĂȘt de Jade reste plus inquiĂ©tante que ridicule. Des militants carnivores sont entrĂ©s en rĂ©bellion. Des manifestations insurrectionnelles ont Ă©clatĂ©. Des discours confĂ©dĂ©rĂ©s se sont multipliĂ©s. Gronullos du patĂ© a soutenu la ConfĂ©dĂ©ration et attaquĂ© le Paradigme au nom de lâONG De la Nation. Bladimir Bladimirovitch Mutin exige encore des rĂ©ponses sur des fouilles sous lâhĂŽtel de ville et menace presque architecturalement le bĂątiment puisquâil prĂ©fĂ©rerait ne pas devoir le raser pour accĂ©der au sous-sol. Albert, aprĂšs avoir tentĂ© de pirater un systĂšme afin de voler de lâĂ©pargne, sâest rendu aux autoritĂ©s et a expliquĂ© avec une sĂ©rĂ©nitĂ© admirable que le systĂšme informatique vert avait simplement mal interprĂ©tĂ© ses requĂȘtes. Quelques heures plus tard il brĂ»lait par erreur des notes scientifiques et perturbait une technologie. Certaines personnes ont le don de laisser derriĂšre elles une empreinte intellectuelle. Albert semble prĂ©fĂ©rer la laisser directement en flammes.Je voudrais attirer votre attention sur un dĂ©tail. La ForĂȘt de Jade nâest plus seulement une province contestĂ©e. Elle est devenue le lieu oĂč toutes les contradictions du Cybermonde viennent dĂ©poser leurs bagages. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s y dĂ©fendent la libertĂ© avec des postes de contrĂŽle. Les Paradigmiens y dĂ©fendent la nature avec une armĂ©e. Les ElmĂ©riens y parlent de chaos organisĂ© tout en niant que le chaos puisse sâorganiser. Les Kralandais y maintiennent la paix avec une force militaire. Les militants carnivores rĂ©clament de la viande dans une nation Ă©cologique. Câest une Ćuvre totale. Si quelquâun avait tentĂ© de concevoir volontairement une telle concentration dâironie politique on lâaurait internĂ© pour excĂšs de cohĂ©rence. Pendant ce temps le Khanat ElmĂ©rien a dĂ©couvert quâune province peut parfaitement se rĂ©veiller le matin avec des chants tribaux et dĂ©jeuner sous un autre drapeau. La Bouletie a fait sĂ©cession sous lâimpulsion de Lippos Aliagas et rejoint la ConfĂ©dĂ©ration Libre. Jâaimerais pouvoir vous prĂ©senter ici une grande dĂ©claration constitutionnelle sur le destin des peuples et les droits historiques des Boulets. Ce serait trĂšs noble. Malheureusement Lippos Aliagas a prĂ©fĂ©rĂ© expliquer sa dĂ©cision avec une CACAtapulte, un padel et une thĂ©orie du temps comparant la tĂ©lĂ©vision aux conversations avec les personnes ĂągĂ©es. Je me dois donc de respecter la profondeur intellectuelle de lâĂ©vĂ©nement telle quâelle nous fut offerte.Il faut reconnaĂźtre Ă Lippos Aliagas une qualitĂ© rare. Il ne cherche pas Ă faire passer la politique pour quelque chose de plus digne quâelle ne lâest. Il annonce que la ConfĂ©dĂ©ration est moche, nulle et triste puis lui promet lâarrivĂ©e du Commando de lâAmitiĂ©, des Copains et de lâAmusement. Peu aprĂšs Jeff Bizous se prĂ©sente aux Ă©lections provinciales en sâĂ©merveillant que la dĂ©mocratie existe et quâon puisse mĂȘme envoyer des cartes postales. VoilĂ peut-ĂȘtre la critique la plus sĂ©vĂšre jamais adressĂ©e Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre. Il suffit parfois quâun homme dĂ©couvre sincĂšrement son systĂšme politique pour le rendre entiĂšrement suspect.La Bouletie devenue confĂ©dĂ©rĂ©e nâest pas un petit dĂ©tail. Câest une province du Khanat qui change de camp au moment mĂȘme oĂč dâautres ElmĂ©riens interviennent idĂ©ologiquement autour de la ForĂȘt de Jade. Alice Ravenloft publie un hommage Ă Halone et dĂ©fend une conception trĂšs personnelle du cĆur elmĂ©rien. Ătre libre dans sa tĂȘte, ĂȘtre loyal sans obĂ©ir comme un chien et considĂ©rer le chaos comme quelque chose qui ne doit surtout pas ĂȘtre organisĂ©. Câest presque une constitution. Elle aurait simplement besoin dâĂȘtre Ă©crite sur une peau de bĂȘte et oubliĂ©e dans une caravane pour obtenir lâapprobation dĂ©finitive du Khanat.La dĂ©claration dâ Alice Ravenloft a dâailleurs plus dâimportance quâelle nâen a lâair. Elle dessine un Khanat qui ne se dĂ©finit pas uniquement par le Grand Khan mais par une idĂ©e de libertĂ© intĂ©rieure, de famille et de fidĂ©litĂ© volontaire. Câest prĂ©cisĂ©ment pour cela que la perte de la Bouletie est embarrassante. Un empire qui fait de la libertĂ© individuelle une vertu doit pouvoir expliquer pourquoi une province utilisant cette libertĂ© pour partir commet malgrĂ© tout une forme dâhĂ©rĂ©sie. Je suis certaine que les ElmĂ©riens trouveront la rĂ©ponse. Elle impliquera probablement un duel et plusieurs personnes crieront trĂšs fort.Mais avant de quitter cette affaire il faut saluer Jean-Michel TrĂšs Normal. La ConfĂ©dĂ©ration venait Ă peine de recevoir la Bouletie quâil tentait dĂ©jĂ de frauder Ă lâĂ©lection prĂ©sidentielle et perdait son poste dâIntendant. Il sâest ensuite livrĂ© Ă la police. VoilĂ une intĂ©gration remarquable. Ă peine arrivĂ© dans lâunivers dĂ©mocratique confĂ©dĂ©rĂ© il en maĂźtrise dĂ©jĂ les traditions avancĂ©es. Les mauvaises langues parleront de fraude Ă©lectorale. Moi je prĂ©fĂšre y voir une assimilation culturelle particuliĂšrement rapide.Passons Ă lâEmpire Brun. Il existe des nations oĂč un coup dâĂtat provoque une crise constitutionnelle. Il existe des nations oĂč il provoque une guerre civile. Et puis il y a la Mystisie oĂč un coup dâĂtat semble surtout provoquer une discussion sur la tempĂ©rature du coussin du gouverneur. Silas des Sables tente dâusurper Ombre MachiavĂ©lique au nom du Mal Bienveillant avec lâambition de trahir Ă©lĂ©gamment et dans le respect des normes dâhygiĂšne. Il Ă©choue. Il perd son poste de PrĂ©fet de Police. Il devient recherchĂ©. Quelques minutes plus tard Don Amortel rĂ©ussit ce que Silas des Sables venait de rater et usurpe Ă son tour Ombre MachiavĂ©lique.VoilĂ la diffĂ©rence entre un amateur et un professionnel. Lâamateur apporte une invocation. Le professionnel vĂ©rifie dâabord si le coussin est chaud. La scĂšne est dâautant plus dĂ©licieuse que Silas des Sables, lâusurpateur ratĂ©, finit arrĂȘtĂ© par la police et accepte presque poliment son sort en parlant dâune simple erreur judiciaire et du temps nĂ©cessaire pour signer les papiers. Nous sommes arrivĂ©s Ă un stade de civilisation oĂč mĂȘme la trahison dispose dâun service administratif aprĂšs-vente. Mystisie peut ĂȘtre fiĂšre. Le Mal demeure. Mais il est correctement classĂ©.Dans le mĂȘme Empire la Sicilia a connu sa propre valse. Tormenta Ruthven quitte son poste de gouverneur en expliquant avoir sĂ©curisĂ© la province contre les opportunistes avant de fuir en hĂ©licoptĂšre pour Ă©chapper Ă la foule en colĂšre. Je sais que les deux formulations peuvent sembler contradictoires. Elles ne le sont pas. Dans lâEmpire Brun le devoir accompli se mesure souvent Ă la vitesse avec laquelle il devient prudent de quitter les lieux. Peu aprĂšs Martina D. Dei Machiavelli reprend le gouvernement par ses prĂ©rogatives diplomatiques et annonce simplement un retour Ă la normale. Elle nomme ensuite Palerme Dei Machiavelli, Benkaa Dei Machiavelli, Elliote Belt Dei Machiavelli et Silice de Pont-Krivell dans son administration.Retour Ă la normale. Naturellement. Je remarque seulement quâen Sicilia la normalitĂ© possĂšde beaucoup de noms de famille identiques. Silice de Pont-Krivell ne reste dâailleurs pas longtemps Ă la police sicilienne puisquâelle dĂ©missionne pour rejoindre les Forces ImpĂ©riales. LachĂ©sis, devenue Ministre de la Guerre, la nomme GĂ©nĂ©rale et renomme les Forces ImpĂ©riales Siciliennes en Forces ImpĂ©riales. Câest une petite modification de vocabulaire mais les empires aiment Ă©normĂ©ment les adjectifs. Ils servent Ă indiquer ce quâon possĂšde encore et ceux quâon retire servent souvent Ă annoncer ce quâon aimerait possĂ©der demain. Je ne dis pas que lâEmpire prĂ©pare quelque chose. Je dis simplement quâun uniforme qui perd soudainement son adjectif provincial mĂ©rite quâon garde un Ćil sur ses bottes.Pendant ce temps la Sicilia travaille. NOROGURA JĂ»zĂŽ veut dĂ©velopper une nappe de pĂ©trole Ă Trou Perdu et transforme les consignes de chantier en traitĂ© moral sur les seaux dâeau, les poutres Ă trente mĂštres et les diffuseurs audio qui mangent leurs bandes magnĂ©tiques. La tentative Ă©choue et le chantier est repoussĂ©. Câest peut-ĂȘtre ma nouvelle dĂ©finition prĂ©fĂ©rĂ©e de lâEmpire Brun. Des lĂ©gions dĂ©moniaques, des coups dâĂtat, des gĂ©nĂ©raux et au milieu de tout cela un bourgmestre qui supplie ses ouvriers de ne pas jeter de lâeau sur quelquâun pendant quâil rivette une structure en hauteur. La civilisation tient parfois Ă trĂšs peu de choses.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă la RuthvĂ©nie oĂč lâon ne renverse pas forcĂ©ment les gouvernements parce que lâon peut obtenir le mĂȘme degrĂ© de drame avec un seul prisonnier et une cloche imaginaire. Big R continue depuis sa cellule Ă faire parvenir au monde des messages dâune complexitĂ© croissante. Dâabord DONG. Puis DING. Puis DING DONG DING DONG. Enfin ding. Ă ce stade les services secrets ruthvĂšnes sont probablement en train de comparer la longueur des majuscules avec les phases de la lune.Il faut dire que la RuthvĂ©nie prend Big R extrĂȘmement au sĂ©rieux. Une rumeur dĂ©crit ses gardiens changĂ©s, puis les surveillants changĂ©s et mĂȘme les surveillants des surveillants changĂ©s parce quâau milieu de centaines de Koin il aurait glissĂ© un Boin. Un seul. VoilĂ le gĂ©nie de la monarchie dramatique. Dans une rĂ©publique on chercherait un code. En RuthvĂ©nie on soupçonne immĂ©diatement une conspiration assez vaste pour justifier plusieurs gĂ©nĂ©rations de domestiques.Le Ministre de lâĂconomie Mench0 aurait quant Ă lui rĂ©pondu au prisonnier par trois cent vingt-deux rĂ€j en moins dâune minute. Je ne vais pas prĂ©tendre comprendre ce dialogue. Peut-ĂȘtre sâagit-il dâune langue diplomatique ruthvĂšne particuliĂšrement ancienne. Peut-ĂȘtre Big R et Mench0 sont-ils les deux seuls hommes du Cybermonde Ă avoir compris quâaprĂšs suffisamment de politique les mots deviennent inutiles. Quoi quâil en soit Thalya della Ombra a obtenu une rĂ©duction de trois jours de peine pour Big R. Son incarcĂ©ration continue donc Ă produire plus de nouvelles que certains gouvernements entiers.Pendant que la prison chante la RuthvĂ©nie poursuit sa vie de cour. Isotopine nomme Tormenta Ruthven Ministre des Affaires ĂtrangĂšres le jour mĂȘme oĂč celui-ci quitte la Sicilia. La trajectoire est admirable. Fuir une foule en colĂšre dans une province puis devenir responsable des relations internationales constitue une formation accĂ©lĂ©rĂ©e Ă la diplomatie. Je suis certaine quâil saura reconnaĂźtre immĂ©diatement les signes prĂ©curseurs dâun dĂ©saccord Ă©tranger. Il suffira dâĂ©couter si lâhĂ©licoptĂšre chauffe.Je serais injuste si je ne consacrais pas quelques instants Ă Kraland. La RĂ©publique a dĂ©couvert la ThĂ©ologie. Câest probablement trĂšs important puisquâelle possĂ©dait dĂ©jĂ une pensĂ©e unique et quâil lui manquait seulement la mĂ©thode permettant de la rendre sacrĂ©e. Gaby le Bady offre ainsi Ă Kraland une technologie facilitant la mĂ©ditation. Jâattends maintenant avec impatience la premiĂšre circulaire expliquant Ă quelle heure il est obligatoire de contempler librement le Parti. Pire, je crains qu'on ne le demande Ă moi.Plus concrĂštement K' Velzard a dĂ©placĂ© ses Slavones vers la frontiĂšre de la ForĂȘt de Jade et Milieu pour y installer leur fameux Camping de Bonheur. Il faut reconnaĂźtre Ă Kraland une cohĂ©rence remarquable. Dâautres nations construisent des bases militaires puis cherchent un nom rassurant. Les Kralandais commencent directement par le mot camping. Cela change tout. Une armĂ©e qui dort sous une tente devient immĂ©diatement moins conquĂ©rantes. Surtout si elle frappe avec des polochons.Au GĂ©ofront la technologie diplomatique kralandaise a mĂȘme essayĂ© de manger quelquâun. Le fameux RĂ©cepteur RTS, cet aigle gĂ©ant chargĂ© de transmettre les messages tĂ©lĂ©pathiques vers Sophos, a agressĂ© oO Ă deux reprises. Je voudrais dĂ©fendre ici lâinnovation scientifique. Toutes les grandes inventions traversent une pĂ©riode dĂ©licate. Le tĂ©lĂ©graphe avait ses fils. La machine Ă vapeur avait ses explosions. Le RĂ©seau TĂ©lĂ©pathique Sophien a ses serres.Je suis certaine que la prochaine version aura un manuel. Cette petite mĂ©saventure rĂ©sume merveilleusement la candidature kralandaise au GĂ©ofront. Sophos promet une communication directe avec le Premier Ministre. Techniquement câest vrai. Il nâavait simplement jamais prĂ©cisĂ© que le dispositif pouvait Ă©galement communiquer directement avec votre visage. Je ne considĂšre pas cela comme un dĂ©faut. Je considĂšre cela comme une interface utilisateur particuliĂšrement insistante.Au milieu de tout ce vacarme il existe pourtant des mouvements plus silencieux qui mĂ©ritent dâĂȘtre regardĂ©s. Wonyoung forme autour de lâĂcrin de Jade un premier mini-Conseil Royal avec Mademoiselle comme RĂ©gente et Solas comme Ambassadeur. Elle parle de tourisme respectueux, de protection et dâouverture. Quelques minutes auparavant Mademoiselle venait de perdre son poste de Bourgmestre aprĂšs avoir tentĂ© de pisser sur une statue. Jâadmire Ă©normĂ©ment les monarchies capables de regarder un tel curriculum vitae et dây voir immĂ©diatement une rĂ©gente potentielle. Câest ce genre dâaudace qui manque Ă nos institutions.Il y a mĂȘme une morale dans cette histoire. Quelques heures plus tard la SibĂ©ria redevient paradigmienne et lâĂcrin de Jade poursuit son existence symbolique au milieu de changements de souverainetĂ© qui auraient donnĂ© le vertige Ă un cartographe sobre. Le Cybermonde adore tracer des frontiĂšres puis les dĂ©placer jusquâĂ ce quâelles aient lâair dâavoir Ă©tĂ© dessinĂ©es par quelquâun dans une diligence. Ce soir plusieurs villages ont dâailleurs Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s administrativement Ă travers presque toutes les nations. Vodkalie, Calissie, Monts PĂ©nitents, Romania, Grand Ravin, Boskovo, Cap, Champs Moldaves et beaucoup dâautres ont changĂ© de place sur les cartes. Je ne mâattarderai pas sur chaque dĂ©placement. Il suffit de comprendre que mĂȘme les villages ont commencĂ© Ă chercher un meilleur gouvernement. Et pendant tout cela Passe-Muraille prĂ©pare sa retraite. Il vend ses bĂątiments, sort de prison, organise ses derniĂšres affaires et annonce ailleurs quâaprĂšs la Kroupe du Monde il quittera le Cybermonde. K' Velzard lui a dĂ©jĂ proposĂ© un dĂ©part au canon. Je trouve cela profondĂ©ment touchant. Toutes les civilisations ont leurs rites funĂ©raires. Les Kralandais ont manifestement dĂ©cidĂ© quâun homme ne quitte vĂ©ritablement lâHistoire quâaprĂšs avoir dĂ©passĂ© le mur du son.Je terminerai donc ici car mĂȘme les araignĂ©es doivent parfois cesser de regarder les empires se prĂ©cipiter volontairement dans leurs propres piĂšges. Ce soir la SibĂ©ria est verte, la Bouletie est libre Ă la maniĂšre confĂ©dĂ©rĂ©e, la ForĂȘt de Jade ressemble Ă une confĂ©rence internationale organisĂ©e dans une armurerie, Mystisie possĂšde encore un gouverneur jusquâĂ nouvel ordre, Sicilia retourne Ă sa normalitĂ© familiale, Kraland maintient la paix avec des Slavones et un aigle tĂ©lĂ©pathe mange les usagers du service public. La RuthvĂ©nie Ă©coute son prisonnier faire ding dong dans le noir. Et je tiens Ă prĂ©ciser que rien de tout cela ne remet en cause ma confiance absolue dans les institutions du Cybermonde. Les gouvernements concernĂ©s peuvent bien entendu venir corriger cette version des faits. Je leur rĂ©serverai une place confortable, un verre honnĂȘte et tout le temps nĂ©cessaire pour expliquer pourquoi leurs catastrophes Ă©taient en rĂ©alitĂ© des stratĂ©gies remarquablement profondes. Les tĂ©moins, les ministres vexĂ©s, les Casques Bleus encore humides, les Paradigmiens couverts de feuilles et les ElmĂ©riens rĂ©cemment privĂ©s dâune province sont Ă©galement invitĂ©s Ă se manifester. Je suis Kleo, pour Necrotoile |
19/08 (01:54) | ||
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19 Aout 6662026
Flash Nécrotoile
Une indiscrĂ©tion anonyme venue dâun parloir nous (...)
![]() 19 Aout 6662026 Une indiscrĂ©tion anonyme venue dâun parloir nous offre ce soir un petit concentrĂ© de diplomatie cybermondiale. Mench0 aurait rappelĂ© Ă Joe le trĂšs trĂšs terrible quâils jouent dans la mĂȘme Ă©quipe et quâĂ ses yeux les prioritĂ©s sont parfaitement claires. Il y aurait des Verts Ă niquer ensemble et dix bombes Ă rĂ©gler entre camarades.LâĂ©change devient plus intĂ©ressant lorsquâon comprend que la prison elle-mĂȘme semble faire partie du dĂ©cor stratĂ©gique. Mench0 demanderait Ă Joe de ne surtout pas la faire sauter parce quâil en aurait encore besoin pour rĂ©gler une affaire personnelle avec Big R. Le motif est dâune gravitĂ© diplomatique incontestable. Un verre de champagne aurait Ă©tĂ© jetĂ© au visage de sa compagne.Nous obtenons donc en quelques phrases une coalition informelle contre le Paradigme Vert, une dette dâexplosifs entre alliĂ©s, une menace potentielle sur un Ă©tablissement pĂ©nitentiaire et une vendetta provoquĂ©e par du champagne. Radio NĂ©crotoile tient nĂ©anmoins Ă rappeler que cette conversation nous vient dâune source anonyme et que son authenticitĂ© reste Ă confirmer. C'Ă©tait Kleo, fin du flash ! |
19/08 (22:20) | ||
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19 Aout 6662026
[spoiler]Bonsoir citoyens du Cybermonde. Approchez un peu le poste du (...)
![]() 19 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir citoyens du Cybermonde. Approchez un peu le poste du feu si votre taverne en possĂšde encore un. Il faut reconnaĂźtre au Cybermonde une constance presque artistique. Lorsque nous ne savons plus quoi faire dâun conflit nous organisons un sommet. Lorsque le sommet semble insuffisant nous inventons une zone dĂ©militarisĂ©e. Lorsque la zone dĂ©militarisĂ©e paraĂźt encore trop simple nous la remplissons de militaires chargĂ©s dâexpliquer le concept. Je tiens Ă dire immĂ©diatement que tout ceci me semble extrĂȘmement prometteur. Rien nâannonce mieux une paix durable quâune foule de gens armĂ©s discutant trĂšs sĂ©rieusement de la meilleure maniĂšre de dĂ©sarmer les autres. La ForĂȘt de Jade est devenue le grand salon diplomatique de cette fin dâĂ©tĂ©. On y croise des fĂ©es, des Casques Bleus, des Slavones, des ministres, des prĂ©dicateurs, des journalistes, des gens qui ont oubliĂ© pourquoi ils Ă©taient venus et quelques malheureux qui voulaient seulement boire quelque chose en terrasse. Le Paradigme Vert y dĂ©fend sa terre avec cette certitude particuliĂšre des peuples qui pensent que les arbres ont dĂ©jĂ votĂ©. La ConfĂ©dĂ©ration Libre y dĂ©fend la libertĂ© avec cette Ă©nergie particuliĂšre des dĂ©mocraties qui dĂ©couvrent toujours au dernier moment quâune libertĂ© correctement administrĂ©e nĂ©cessite beaucoup de pancartes et parfois une sainte guerre. Au milieu de cette dĂ©licate rencontre Fawomane Ravenloft a donc annoncĂ© le seul vrai sommet pour la paix qui compte vraiment. VoilĂ une formulation que jâapprĂ©cie. Il existe des gens assez timides pour proposer une confĂ©rence. Fawomane prĂ©fĂšre commencer par invalider les confĂ©rences concurrentes avant mĂȘme dâavoir choisi la date de la sienne. Câest plus propre. Son colloque promet le dialogue, le vivre ensemble et lâinclusion Ă condition naturellement que les participants ne poussent pas lâexcentricitĂ© jusquâĂ vouloir vivre ensemble dâune maniĂšre qui ne convienne pas Ă lâorganisatrice. Une petite salle doit mĂȘme ĂȘtre prĂ©vue pour ceux qui souhaiteraient rester Ă lâĂ©cart. Câest une idĂ©e dâune douceur remarquable. On pourra ainsi respecter leur dĂ©sir dâisolement en expliquant publiquement depuis la grande salle Ă quel point ils ont raison de ne pas ĂȘtre lĂ .Cette paix aurait presque pu rester simple si Mench0 nâavait pas annoncĂ© que sa propre ĂŒber-proposition diplomatique allait rĂ©gler lâaffaire grĂące Ă la future DMZ qui nâattendrait plus quâune validation. Jâadmire cette concurrence. Le Cybermonde nâa pas encore signĂ© la paix mais plusieurs administrations revendiquent dĂ©jĂ la paternitĂ© du traitĂ©. LachĂ©sis a choisi une mĂ©thode diffĂ©rente et peut-ĂȘtre plus honnĂȘte. Selon elle le Paradigme ne doit pas convaincre le monde quâil est gentil. Il doit convaincre le monde quâil mord. Sa prescription tient en quelques mots. Faites-vous respecter et si possible adhĂ©rez au Mal. Karlin lui rĂ©pond que le Paradigme inspire dĂ©jĂ la peur puisque tant de forces semblent nĂ©cessaires pour tenter de lui arracher une forĂȘt. Câest une dĂ©fense habile. Lorsque beaucoup dâennemis vous encerclent vous pouvez appeler cela un encerclement ou une preuve de prestige. La diffĂ©rence tient essentiellement Ă la qualitĂ© du Ministre de lâInformation. Karlin vient justement dâobtenir ce ministĂšre ce qui transforme rĂ©troactivement plusieurs catastrophes potentielles en succĂšs de communication. Il a mĂȘme identifiĂ© lâurgence Ă©cologique la plus grave de SibĂ©ria. Le smog nuclĂ©aire diminue et la glace fond ce qui menace apparemment les requins Ă pattes naturellement irradiĂ©s. Je ne prĂ©tendrai pas comprendre toute la science paradigmienne. Je constate seulement quâun pays capable de craindre la noyade dâun requin nuclĂ©aire possĂšde encore de solides rĂ©serves dâimagination nationale.Mais avant de quitter cette affaire il faut parler de Pigeon Ronron. Il possĂšde une maniĂšre de faire de la diplomatie qui rappelle une caravane lancĂ©e au galop dans une bibliothĂšque. Il a expliquĂ© au Paradigme que sa fin approchait. Il a rappelĂ© au Khanat quâil Ă©tait beau comme un Ă©meu. Il a reprochĂ© Ă la ConfĂ©dĂ©ration son manque dâimagination en matiĂšre de mauvaises rencontres et il a trouvĂ© le temps de nommer May Billouziya Ministre de la Justice aprĂšs que celle-ci eut hissĂ© le drapeau elmĂ©rien en Capsulie. Je ne sais pas si le droit elmĂ©rien est plus rassurant depuis cette nomination mais il est assurĂ©ment plus mobile. May avait peu auparavant accusĂ© le Paradigme de gagner du temps sous couvert de nĂ©gociations. Nous voici donc devant une situation dâune clartĂ© parfaite. Ceux qui veulent la paix soupçonnent les autres de vouloir la paix trop lentement. Ceux qui veulent la guerre expliquent quâelle est nĂ©cessaire Ă la paix. Ceux qui veulent simplement une frontiĂšre proposent un pĂ©age. Ceux qui traversent la frontiĂšre dĂ©couvrent des fĂ©es armĂ©es. Et au milieu Roger St Misles dĂ©cide quâil est temps de devenir Vert parce quâil aime les arbres, les fleurs et les petits chats. Il se prĂ©sente mĂȘme pour gouverner la ForĂȘt de Jade afin de protĂ©ger Merula et dâempĂȘcher ledit petit chat de sauter Ă la gorge du premier soldat venu. Je refuse de considĂ©rer cette candidature comme moins sĂ©rieuse que les autres. Au moins son programme tient dans une phrase comprĂ©hensible.La ConfĂ©dĂ©ration de son cĂŽtĂ© a offert Ă la philosophie politique un autre monument grĂące Ă Henri St Misles. Soutenir la libertĂ© capillaire, dĂ©fendre les chaussettes dĂ©pareillĂ©es et rĂ©clamer le droit de dire des choses inutiles reprĂ©sente peut-ĂȘtre le manifeste le plus sincĂšre produit par une dĂ©mocratie depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations. Le fait que Henri ait eu besoin de se rappeler en cours de route quel gouvernement il soutenait ne me choque pas. Câest prĂ©cisĂ©ment Ă cela que servent les convictions. Elles permettent de continuer lorsque le prompteur disparaĂźt. ZeOrator a de son cĂŽtĂ© continuĂ© Ă critiquer le Paradigme tout en soutenant la ConfĂ©dĂ©ration et la ForĂȘt sâest couverte de discours contradictoires avec une densitĂ© telle quâon pourrait bientĂŽt chauffer Accalmie en brĂ»lant uniquement les brouillons. Les concernĂ©s peuvent naturellement venir nier cette description. Je leur conseille simplement de se mettre dâaccord sur la version Ă nier avant dâentrer dans le studio.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă Kraland puisque la RĂ©publique ne pouvait pas regarder tant de paix Ă©trangĂšre sans offrir son expertise. Jâai rĂ©cemment dĂ©couvert ici une vĂ©ritĂ© que les manuels dâĂ©conomie avaient prudemment cachĂ©e. Lorsque lâĂtat manque dâargent il suffit que les citoyens en aient moins. Logan Komikov a procĂ©dĂ© Ă une dĂ©valuation qui a retirĂ© cinq pour cent des avoirs liquides de chacun et produit de quoi financer la recherche. Le geste a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme un acte de collectivisation exemplaire. Il fallait y penser. Dans beaucoup de pays perdre une partie de son argent est une mauvaise nouvelle. Ă Kraland cela devient votre participation spontanĂ©e au progrĂšs scientifique Ă condition que le communiquĂ© soit imprimĂ© assez gros. Je suis encore nouvelle dans la RĂ©publique mais je commence Ă comprendre le Bonheur. Il ressemble beaucoup Ă une taxe qui aurait reçu une mĂ©daille.La mĂȘme journĂ©e Lucette Circulaire a rendu lĂ©gaux quantitĂ© dâobjets magiques jusque-lĂ suspects. Anneaux de pouvoir, arcanes, bracelets de force, colliers de charme et autres merveilles peuvent dĂ©sormais circuler plus librement. Câest une Ă©volution remarquable pour une RĂ©publique qui commence Ă soupçonner son Premier Ministre de pratiquer trop volontiers les choses de lâesprit. Le ministĂšre a ensuite fermĂ© plus tĂŽt pour cause dâusure prĂ©maturĂ©e de son stock de tampons. VoilĂ Kraland rĂ©sumĂ© avec une prĂ©cision presque cruelle. La magie peut ĂȘtre libĂ©rĂ©e. Lâadministration jamais. On pourra dĂ©sormais manipuler les forces occultes en toute lĂ©galitĂ© Ă condition de revenir demain pour le cachet.Je voudrais attirer votre attention sur Sophos parce quâil devient difficile de savoir sâil est Premier Ministre, chercheur ou expĂ©rience en cours. Son rĂ©seau tĂ©lĂ©pathique devait rapprocher le pouvoir des habitants du GĂ©ofront grĂące Ă un aigle gĂ©ant. Lâaigle a essayĂ© de manger oO. oO Ă©tant un chat a rĂ©pondu selon les rĂšgles les plus anciennes de la diplomatie fĂ©line et a mangĂ© lâaigle. Le premier rĂ©cepteur du rĂ©seau a donc disparu dans son propre usager. Depuis Sophos utilise une technologie de secours appelĂ©e la parole. Cette simplicitĂ© nâa toutefois pas calmĂ© Le Krapouillot qui voit dans les penchants tĂ©lĂ©pathiques du Premier Ministre la trace dâune influence brune et peut-ĂȘtre lâambition de devenir MaĂźtre du Nexus. Kath Khanova a aussitĂŽt trouvĂ© lâidĂ©e intĂ©ressante au point dâenvisager la conquĂȘte du Nexus et ma participation Ă lâopĂ©ration. Yulia Romanov prĂ©fĂšre demander pourquoi lâargent public nourrit des aigles gĂ©ants pendant que les ouvriers attendent de meilleurs salaires et de meilleures caisses de grĂšve. Elle rĂ©clame aussi le retour du fenouil. Cette derniĂšre exigence est de loin la plus concrĂšte et probablement la plus dangereuse pour le gouvernement.La RĂ©publique trouve encore le temps de rĂ©flĂ©chir au football. Sophos souhaite amĂ©nager en Tovaritchie un vaste stade accompagnĂ© dâun HLM et dâune buvette afin dâoffrir aux supporters un endroit digne de leur Ă©nergie. Le problĂšme du climat a dĂ©clenchĂ© une discussion doctrinale sur la climatisation. K Velzard considĂšre quâun centre de formation sĂ©rieux doit ĂȘtre frais. Yulia Romanov soupçonne le confort de trahir les ouvriers des fonderies. Sophos a rĂ©pondu par une procĂ©dure administrative si complexe quâun prolĂ©taire a probablement le temps de fondre trois fois avant dâobtenir lâautorisation de dormir au frais. Jâavais proposĂ© de suivre cette romance idĂ©ologique sous le titre Amour, sueur et climatisation. Je maintiens. Si deux Kramarades finissent par sâembrasser sur le terrain aprĂšs avoir dĂ©battu six jours de la ventilation dâun HLM je rĂ©clame toujours les droits de diffusion. On me dira que ce nâest pas une affaire dâĂtat. Ă Kraland tout devient une affaire dâĂtat dĂšs quâil existe un formulaire adaptĂ©.Et pendant que Kraland veut bĂątir un nouveau stade Simone Voile vient dâen dĂ©terrer un ancien en HĂ©lĂ©nie. VoilĂ ce que jâappelle une politique dâinfrastructure coordonnĂ©e. Une nation construit ce que sa voisine exhume. Simone fouille depuis des mois des endroits quâelle juge elle-mĂȘme parfois inutiles. Elle nâa pas retrouvĂ© la Krakovie quâelle cherchait mais elle a retrouvĂ© assez de passĂ© pour vouloir un musĂ©e post-moderne confiĂ© Ă un architecte vedette. Dorian assure que les fonds sont lĂ grĂące au CrĂ©dit Raton, Ă la marbrerie des reliquats de la Sainte Fontaine Ă Caillou et Ă la filiĂšre des cercueils. Lorsquâun musĂ©e est financĂ© Ă la fois par une banque, du marbre sacrĂ© et des cercueils je considĂšre que la musĂ©ographie possĂšde dĂ©jĂ sa ligne Ă©ditoriale.LâHĂ©lĂ©nie en avait besoin. Scarleit gouverne un territoire rebelle oĂč les habitants ont pris lâhabitude de disparaĂźtre avec la discrĂ©tion des bougies dans une crypte mal ventilĂ©e. Glitch sâest effacĂ©e, QUOI ? le truc qui squattait entre mes oreilles ? Elle a du mourir parce que respirer lui demandait trop de travail. Jet Lag avait dĂ©jĂ manquĂ© Ă lâappel. ComĂšte est partie Ă son tour en promettant de revenir Ă intervalles rĂ©guliers comme son nom lâexigeait presque contractuellement. Scarleit lui a rendu hommage au cimetiĂšre puis a rappelĂ© avec une lassitude fort Ă©lĂ©gante quâelle nâĂ©tait mĂȘme pas payĂ©e pour cet intĂ©rim interminable. Il y a quelque chose de profondĂ©ment hĂ©lĂ©nien dans lâidĂ©e de gouverner une province rebelle gratuitement pendant que les habitants disparaissent et que lâon ouvre malgrĂ© tout un musĂ©e. Les royaumes puissants bĂątissent des monuments aprĂšs leur Ăąge dâor. LâHĂ©lĂ©nie prĂ©fĂšre prĂ©parer les vitrines pendant que lâĂąge dâor cherche encore son adresse.La presse locale elle-mĂȘme a choisi le bon moment pour naĂźtre. Passion Paix annonce sa premiĂšre couverture au cĆur de la DMZ avec assez de sujets brĂ»lants pour donner lâimpression quâun incendie diplomatique pourrait ĂȘtre vendu au numĂ©ro. Jâapprouve cette conception du mĂ©tier. Une gazette consacrĂ©e Ă la paix ne doit jamais paraĂźtre trop paisible. Le lecteur pourrait croire que tout va bien et cesser dâacheter. Ceux qui participent au futur sommet de Fawomane Ravenloft sont dâailleurs prĂ©venus que Radio NĂ©crotoile a demandĂ© une place dâobservatrice. Je resterai parfaitement sage. Journalistiquement sage. La nuance est capitale.Restons un instant avec les monarchies parce que la RuthvĂ©nie traverse une crise qui prouve quâun Royaume bien Ă©levĂ© sait toujours hiĂ©rarchiser ses urgences. Big R continue depuis sa prison dâenvoyer au dehors des messages composĂ©s de DONG, DNIG, DNOG, GNID et autres variations dont les spĂ©cialistes peuvent certainement tirer une doctrine complĂšte Ă condition dâavoir suffisamment de vin. Un portail dĂ©moniaque est apparu Ă Ruthvenville. Mench0 a arrĂȘtĂ© un certain Joe le trĂšs trĂšs terrible avec dix bombes. Thalya della Ombra accuse la couronne dâavoir envoyĂ© un sbire sâintĂ©resser Ă ses Ă©conomies. Dans ce contexte Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ a identifiĂ© le vĂ©ritable pĂ©ril intĂ©rieur. La chemise Ă fleurs sans manches.Je veux quâon mesure la grandeur dâune civilisation Ă sa capacitĂ© de maintenir lâordre des prioritĂ©s. Les dĂ©mons peuvent attendre. Les bombes Ă©galement. La monarchie ne survivra pas si ses ministres commencent Ă montrer leurs Ă©paules dans des motifs floraux. Wenceslas a donc inscrit Gilbert Tronik au registre de lâArbitrage des ĂlĂ©gances avec une peine plus raffinĂ©e que la prison. Dans deux siĂšcles un archiviste tombera sur son nom et apprendra quâil avait recommandĂ© la chemise Ă fleurs. Câest formidable. La RuthvĂ©nie vient dâinventer une sanction dont la douleur principale repose sur la honte posthume. Je ne plaisante pas lorsque je dis que cette monarchie comprend la durĂ©e historique. Les autres pays condamnent un homme jusquâĂ vendredi. La RuthvĂ©nie le condamne Ă embarrasser ses descendants.Au ValĂ©gro Sysson a tentĂ© de louer la Reine Dame DĂ©merzel et le ministre Sir McRabbit tout en soutenant le Royaume de RuthvĂ©nie. La foule lâa huĂ© lorsquâil a voulu transformer cette ferveur en manifestation. Ce nâest pas contradictoire. Le ValĂ©gro appartient Ă cette catĂ©gorie de lieux oĂč lâon peut parfaitement admirer une monarchie tant quâelle reste dans le journal et Ă une distance raisonnable. Emile Liarr prĂ©fĂšre prĂ©parer la fĂȘte de la PĂ©pite LĂ©gumineuse. Câest peut-ĂȘtre la dĂ©cision politique la plus saine de la journĂ©e. Lorsque le Cybermonde hĂ©site entre les dĂ©mons, les guerres et les crises constitutionnelles il faut parfois avoir le courage de rĂ©colter des lĂ©gumes.LâEmpire Brun nâa Ă©videmment pas laissĂ© les monarchistes monopoliser le théùtre. En Mystisie Ombre MachiavĂ©lique a dĂ©missionnĂ© de son poste de Capitaine avec la sobriĂ©tĂ© dâun dĂ©mon qui annonce que ses pactes sont conclus et quâil retourne lĂ dâoĂč il vient. Je connais des fonctionnaires qui prennent davantage de temps pour rendre une clef. Son dĂ©part clĂŽt peut-ĂȘtre une pĂ©riode de Mystisie ou peut-ĂȘtre seulement un entracte. Dans cette province un dĂ©mon peut quitter la scĂšne par une porte en flammes et revenir trois jours plus tard parce que quelquâun a prononcĂ© son nom prĂšs dâune basilique. Don Amortel a de son cĂŽtĂ© nommĂ© Silas des Sables Bourgmestre de la Lampe du GĂ©nie presque immĂ©diatement aprĂšs sa sortie de prison. Jâavais dĂ©jĂ remarquĂ© que lâEmpire Brun possĂšde un rapport trĂšs particulier Ă la rĂ©insertion. Ailleurs on donne Ă lâancien dĂ©tenu une seconde chance. Chez les Bruns on lui donne parfois la mairie.En Sicilia le vieux cinĂ©ma impĂ©rial continue de tourner sans mĂȘme avoir besoin de rĂ©alisateur. NOROGURA JĂ»zĂŽ agrandit lâinstallation pĂ©troliĂšre de Trou Perdu au son dâinstructions sur bande magnĂ©tique pendant quâune Ă©vadĂ©e nommĂ©e Jaylie Ă©chappe aux poursuites parce que la police dĂ©couvre une erreur de procĂ©dure. Câest admirablement brun. Le pĂ©trole monte. La prison fuit. Un graffiti apparaĂźt sur le pĂ©nitencier. Quelquâun disparaĂźt en ville. La bureaucratie classe le dossier. Il ne manque quâun savant fou derriĂšre une porte mĂ©tallique pour que lâensemble obtienne une subvention culturelle de lâEmpire.Je terminerai par la Bouletie parce quâelle offre au Khanat ElmĂ©rien et Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre une petite leçon de gĂ©ographie politique. Jeff Bizous y hisse des drapeaux confĂ©dĂ©rĂ©s pendant que la province reste entourĂ©e de toutes les mĂ©moires et de toutes les prĂ©tentions du Khanat. Lippos Aliagas sâest prĂ©sentĂ© Ă la fois pour devenir Bourgmestre de Youpigrad et Gouverneur de Bouletie en expliquant avec une limpiditĂ© admirable que la dĂ©mocratie consiste Ă se prĂ©senter aux Ă©lections afin dâĂȘtre Ă©lu et de pouvoir dĂ©cider pour les autres. Je cherche depuis longtemps une dĂ©finition plus concise du rĂ©gime confĂ©dĂ©rĂ©. Je nâen ai pas trouvĂ©. Lippos ajoute quâil est favorable au cumul des pouvoirs. VoilĂ au moins un homme qui ne dissimule pas ses ambitions derriĂšre une rĂ©forme institutionnelle de quarante pages. Sâil gagne les deux postes il devra encore dĂ©cider sâil prĂ©fĂšre le titre de Bourgmestre-Gouverneur ou celui de Gouverneur-Bourgmestre. Le Cybermonde retient son souffle.Et câest peut-ĂȘtre cela que cette journĂ©e nous apprend. Les nations ne se distinguent pas tellement par leurs vertus que par la maniĂšre dont elles dĂ©corent leurs contradictions. Le Paradigme Vert appelle Ă la paix tout en prĂ©parant la rĂ©sistance de ses forĂȘts. La ConfĂ©dĂ©ration Libre libĂšre avec des pancartes et des commandos. Kraland prĂ©lĂšve votre argent pour votre propre Bonheur puis lĂ©galise la magie avant de manquer de tampons. La RuthvĂ©nie laisse les dĂ©mons ouvrir des portails mais conserve une ligne rouge sur les chemises Ă fleurs. Le Khanat contemple ses montagnes comme une Ă©popĂ©e vivante tout en distribuant les ministĂšres au galop. LâEmpire Brun transforme chaque crise de personnel en nouveau gĂ©nĂ©rique. LâHĂ©lĂ©nie enterre ses absents puis cherche un architecte pour exposer les ruines. Et partout des gens sincĂšres persistent Ă vouloir amĂ©liorer les choses ce qui reste la source la plus fiable de catastrophes politiques. Je ne juge personne. Je serais consternĂ©e que lâon puisse le croire. Jâobserve simplement avec lâimpartialitĂ© rigoureuse qui a fait ma rĂ©putation auprĂšs de gens qui nâont jamais Ă©tĂ© consultĂ©s Ă ce sujet. Les archives retiendront peut-ĂȘtre que cette semaine le Cybermonde sâest rapprochĂ© de la paix. Elles retiendront peut-ĂȘtre aussi quâil lui a fallu pour cela des Casques Bleus, des fĂ©es, des Slavones, un Grand Khan, plusieurs journalistes, une DMZ, un sommet concurrent, un pĂ©age envisagĂ©, un aigle mangĂ© par un chat, cinq pour cent des Ă©conomies kralandaises et une interdiction morale de la chemisette fleurie. Personnellement je trouve le prix raisonnable. LâHistoire coĂ»te toujours cher lorsquâon insiste pour la vivre en direct. Vous Ă©coutiez Radio NĂ©crotoile. Ici Kleo , araignĂ©e, journaliste et gardienne provisoire de faits que leurs propriĂ©taires sont dĂ©jĂ en train de réécrire. Les ministres, souverains, gouverneurs, prisonniers, fĂ©es, rĂ©volutionnaires, Ă©lĂ©gants vexĂ©s et victimes de la vĂ©ritĂ© peuvent venir contester cette Ă©mission. Les tĂ©moins anonymes seront protĂ©gĂ©s. Les tĂ©moins cĂ©lĂšbres seront beaucoup mieux annoncĂ©s. Toute personne dĂ©sirant dĂ©poser une plainte est priĂ©e de la formuler assez clairement pour que je puisse la lire Ă lâantenne. Quant Ă ceux qui estiment avoir Ă©tĂ© injustement dĂ©crits je leur ouvre grand la porte du studio. Venez donc. LâHistoire adore les droits de rĂ©ponse. Ils lui donnent toujours une deuxiĂšme occasion dâavoir raison contre vous. |
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21 Aout 6662026
[spoiler]Kramarades, citoyennes, citoyens, souverains fatigués, (...)
![]() 21 Aout 6662026 Spoiler Kramarades, citoyennes, citoyens, souverains fatiguĂ©s, diplomates encore assez naĂŻfs pour croire quâune frontiĂšre cesse dâexister lorsquâon la gomme avec un doigt humide, bonsoir. Il y a des nuits oĂč le Cybermonde ressemble Ă une grande salle de banquet dans laquelle chacun prĂ©tend ĂȘtre venu pour la paix tandis quâun domestique ramasse discrĂštement les morceaux du mobilier derriĂšre lui. Celle-ci est de ces nuits-lĂ . Les chandelles brĂ»lent bas, la fumĂ©e sâaccroche aux poutres, les verres ont dĂ©jĂ changĂ© plusieurs fois de propriĂ©taire et quelque part entre deux dĂ©pĂȘches un homme a dĂ©couvert quâune enquĂȘte fiscale pouvait servir dâartillerie lourde. Je suis Kleo, araignĂ©e, journaliste, Ministre de lâInformation lorsquâune administration exige un titre officiel et observatrice parfaitement impartiale lorsque la vĂ©ritĂ© exige quelquâun de suffisamment courageux pour lui expliquer ce quâelle voulait dire. Jâai huit yeux. Cela ne garantit pas que je voie tout. Cela garantit seulement que lorsque tout le monde dĂ©tourne le regard je dispose encore de rĂ©serves. Commençons donc par la ForĂȘt de Jade, non parce quâelle serait le centre du monde mais parce quâelle travaille depuis plusieurs jours avec une application remarquable Ă convaincre le reste du Cybermonde quâelle pourrait le devenir par simple accumulation de crises. On y parle de paix comme dâautres parlent de mĂ©tĂ©o, trĂšs rĂ©guliĂšrement et avec la mĂȘme absence de pouvoir sur ce qui tombe rĂ©ellement du ciel. Aya Ravenloft dĂ©fend sa province, Fawomane Ravenloft dĂ©fend le Paradigme, Ruby Ravenmaid parade, La FĂ©e Du bien proclame que Jade ne sera jamais administrĂ©e par des Ă©trangers et La fĂ©e Tide rĂ©sume la doctrine locale avec cette merveilleuse Ă©conomie de syllabes qui consiste Ă prĂ©fĂ©rer les casques verts aux casques bleus. En face Jean-Messie de la Nation, Ernst Blofeld VI, Gronullos du patĂ©, Kether, bob le kasque blue et bientĂŽt Bladimir Bladimirovitch Mutin ont entrepris de dĂ©montrer quâune paix durable exige parfois tellement de discours hostiles quâil devient difficile de distinguer le dialogue dâun siĂšge prononcĂ© Ă voix haute. La ville dâAccalmie porte dĂ©sormais son nom avec cette ironie dĂ©licate que lâHistoire rĂ©serve aux lieux oĂč des militants carnivores se mettent en rĂ©bellion, oĂč des Ă©meutes Ă©clatent dans la rue et oĂč chacun continue malgrĂ© tout Ă employer le mot apaisement avec une gravitĂ© admirable.Je voudrais attirer votre attention sur Bladimir Bladimirovitch Mutin parce quâil a trouvĂ© une position idĂ©ologique dâune puretĂ© presque artistique. Le Paradigme sâest perdu, dit-il, donc il faut retrouver lâĂ©co-terrorisme. VoilĂ une phrase qui mĂ©rite dâĂȘtre encadrĂ©e au-dessus dâune cheminĂ©e parce quâelle possĂšde lâĂ©lĂ©gance circulaire des grandes doctrines. On reproche aux Verts leur radicalitĂ© puis on leur reproche de ne plus ĂȘtre assez radicalement verts. On les accuse de fanatisme puis de trahison Ă©cologique. On les somme de dialoguer puis lorsquâils dialoguent on leur explique quâils parlent mal. Bladimir ne se contente pas de critiquer le gouvernement paradigmien. Il vise Aya, il vise Fawomane, il rĂ©clame des fouilles sous lâhĂŽtel de ville et il transforme la contestation politique en une sorte de grand mĂ©nage idĂ©ologique oĂč chacun espĂšre dĂ©couvrir sous le tapis la preuve quâil avait raison avant mĂȘme dâavoir soulevĂ© le tapis. Je ne lui reproche rien. Câest une mĂ©thode. Chez moi on appelle cela vĂ©rifier les conclusions avant de commencer lâenquĂȘte. Cela Ă©conomise un temps considĂ©rable.Mais avant de quitter Accalmie il faut parler de Seraphiel Ravenloft parce quâil est arrivĂ© Ă ce pauvre homme ce qui arrive parfois aux figures publiques lorsque la politique dĂ©cide quâun simple adversaire ne suffit plus et quâil faut aussi lui trouver un inventaire. Jean-Ronaldoe de la Patrie avait dĂ©jĂ transformĂ© la famille Ravenloft en divertissement avec sa Ravenloft Story et avait prĂ©sentĂ© Seraphiel comme un chef de clan suspect, kleptomane et mystĂ©rieusement peu compatible avec les chats. Seraphiel a protestĂ© quâil nâavait aucun problĂšme avec les fĂ©lins. Quelques heures plus tard il agressait un militant carnivore, perdait son poste de Procureur, se retrouvait recherchĂ©, affrontait La Pacificatrice, attirait sur lui deux avis pour vol puis finissait arrĂȘtĂ© Ă Structural. Câest lĂ que Patrick DePouch a apportĂ© Ă cette tragĂ©die le raffinement administratif qui lui manquait. Une enquĂȘte fiscale publique, un patrimoine Ă©talĂ© au grand jour, un redressement et surtout la dĂ©couverte de photographies Ă©rotiques numĂ©rotĂ©es consacrĂ©es Ă Aya Ravenloft. Ă partir de cet instant la question nâĂ©tait plus de savoir si Seraphiel avait correctement dĂ©clarĂ© ses biens. La question Ă©tait de savoir oĂč Ă©taient passĂ©s les numĂ©ros intermĂ©diaires. VoilĂ comment fonctionne une civilisation. Elle commence avec un code fiscal et elle termine dans une cave Ă demander oĂč sont les photographies deux Ă neuf. Patrick DePouch a eu ici une intuition que je trouve admirablement confĂ©dĂ©rĂ©e. Il ne juge pas les goĂ»ts dâun homme. Il les redresse fiscalement. Il ne condamne pas une collection. Il lâexpertise longuement avec des volontaires dĂ©jĂ trĂšs motivĂ©s. La ConfĂ©dĂ©ration Libre nous rappelle ainsi que la dĂ©mocratie nâest jamais aussi belle que lorsquâelle possĂšde un formulaire pour regarder dans vos placards. On pourrait sâindigner de la brutalitĂ© de la mĂ©thode mais ce serait oublier que Seraphiel a lui-mĂȘme offert Ă ses adversaires une journĂ©e assez gĂ©nĂ©reuse en arrestations, combats et soupçons pour remplir plusieurs dossiers. Câest dâailleurs toute la grandeur de cette guerre Ă©trange. Personne nâa plus besoin dâinventer entiĂšrement les scandales. Il suffit dâattendre que lâadversaire fournisse le premier tiers puis dâajouter les deux tiers de commentaire nĂ©cessaires pour en faire une vĂ©ritĂ© nationale. Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement. Je classerai leurs dĂ©nĂ©gations par ordre alphabĂ©tique avec le reste.VoilĂ qui nous conduit naturellement au Royaume de RuthvĂ©nie oĂč lâon a rĂ©ussi quelque chose de beaucoup plus difficile. Faire traverser la province par une onde de paix puis commencer presque immĂ©diatement Ă dĂ©molir les prisons. Jâaimerais que lâon mesure la beautĂ© de lâenchaĂźnement. Ă Ruthvenville les habitants perdent toute envie de se battre. Quelques minutes plus tard Passe-Muraille entre dans le complexe pĂ©nitentiaire, tente de dĂ©sarmer une alarme et se retrouve arrĂȘtĂ© tandis quâune succession dâattentats frappe les installations. Des salles sâeffondrent, des victimes sont comptĂ©es et la prison devient progressivement ce que les architectes appellent gĂ©nĂ©ralement un souvenir. Big R poursuit ensuite lâeffort sur la Grande Centrale Thermique avec une telle constance quâon pourrait croire quâil souhaite vĂ©rifier personnellement chaque dĂ©finition du mot structure. La paix ruthvĂšne est donc un phĂ©nomĂšne subtil. Elle supprime lâenvie de combattre mais nâinterdit manifestement ni les explosifs ni lâeffondrement des murs. Câest une nuance juridique que je laisse aux spĂ©cialistes.Restons un instant en RuthvĂ©nie parce que la journĂ©e y gagne encore en grĂące. AprĂšs les prisons et la centrale vient le fisc puisque Mench0 frappe Big R dâun redressement consĂ©quent. Puis Mench0 traverse la Slavonie et reçoit de K' Velzard une amende pour avoir troublĂ© lâordre public et surtout la sieste des Slavons. Jâadmire cette hiĂ©rarchie des valeurs. Les bĂątiments peuvent sauter, les hommes peuvent finir derriĂšre des barreaux et les royaumes peuvent sâinvectiver mais il existe encore une ligne rouge sur le continent. On ne dĂ©range pas la sieste slavone. Passe-Muraille reçoit quant Ă lui le traitement le plus kralandais qui soit pour une retraite. On le place en prison, on le prĂ©pare comme un projectile puis K' Velzard lâexpĂ©die vers lâAustraline en prĂ©sentant le voyage comme cinq jours de thalassothĂ©rapie tous frais payĂ©s avec billet aller simple. Lâhomme finit effectivement sur lâĂźle prison aprĂšs un long vol et annonce son dĂ©part vers dâautres aventures. Certaines nations offrent une montre Ă leurs retraitĂ©s. Kraland offre une vitesse initiale.Et comme le Royaume de RuthvĂ©nie ne fait jamais les choses Ă moitiĂ© lorsquâil sâagit de donner au destin une mauvaise idĂ©e supplĂ©mentaire AshĂ©lia de Hafnia lĂ©galise le matĂ©riel Bombe Ă titre expĂ©rimental pour permettre aux sujets de manifester leur joie par des feux dâartifice grandioses. Jâignore si la dĂ©cision avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e dâun regard vers les ruines fumantes de Ruthvenville. Je prĂ©fĂšre croire que oui. Ce serait plus beau. Il faut une confiance immense dans lâhumanitĂ© pour regarder une centrale Ă©ventrĂ©e et conclure que le problĂšme du jour est probablement lâaccĂšs insuffisant aux gros engins pyrotechniques. La monarchie possĂšde ce talent particulier pour transformer une imprudence en geste de couronne. Si demain quelquâun fait disparaĂźtre une aile du palais dans un Ă©clair magnifique il faudra au moins reconnaĂźtre que lâexpĂ©rience aura produit des donnĂ©es.Pendant ce temps la RĂ©publiK de Kraland sâest livrĂ©e Ă cette activitĂ© traditionnelle qui consiste Ă changer suffisamment de fonctions en une journĂ©e pour que les cartes de visite deviennent une denrĂ©e stratĂ©gique. Sophos a officialisĂ© sa candidature au poste de Premier Ministre avec la Transparence, la dĂ©mokratisation, le RTS et la promesse dâune communion nationale si complĂšte que le gouvernement finira peut-ĂȘtre par connaĂźtre les pensĂ©es des citoyens avant quâils aient eu la maladresse de les formuler. Il mâa nommĂ©e Ministre de lâInformation ce qui prouve que mĂȘme les systĂšmes les plus bureaucratiques connaissent parfois de remarquables Ă©clairs de discernement. ZĂžra prend les Services Secrets. K' Velzard devient Ministre de la Justice puis dĂ©missionne aprĂšs avoir terminĂ© sa mission de Tour Operator. Ă Gynerak une petite arĂšne sort de terre tandis que les prisons accueillent des hommes qui se livrent aux autoritĂ©s pour avoir tentĂ© de tordre des poignĂ©es ou casser des antennes. Il existe des nations oĂč lâon construit des institutions pour rĂ©soudre les problĂšmes. Kraland possĂšde la dĂ©licatesse inverse. Nous produisons dâabord suffisamment dâinstitutions pour que les problĂšmes aient lâembarras du choix.Je ne voudrais pas que lâon croie que je profite de ma nouvelle fonction pour enjoliver la RĂ©publiK. Ce serait indigne. Je constate simplement que lorsque Sophos promet la Transparence au moment mĂȘme oĂč le pays dĂ©bat de programmes Ă©lectoraux plus ou moins secrets et que ses adversaires lui reprochent dâĂȘtre trop proche des Bruns tandis quâil nomme une ancienne Brune Ă lâInformation, la dialectique atteint un niveau de maturitĂ© oĂč toute contradiction devient une ressource renouvelable. Jâai dĂ©jĂ commencĂ© Ă rĂ©flĂ©chir Ă la maniĂšre de lâindexer. Toute personne souhaitant dĂ©poser une objection peut naturellement contacter mon ministĂšre. Nous dĂ©terminerons ensemble si son dĂ©saccord relĂšve du pluralisme, de lâerreur ou dâune forme encore mal reconnue de Bonheur civique.Le Khanat ElmĂ©rien offre de son cĂŽtĂ© un spectacle plus ancien, presque pastoral, si lâon accepte quâun bureau de vote incendiĂ© soit une forme de feu de camp. Une partie des bulletins de lâĂ©lection prĂ©sidentielle confĂ©dĂ©rĂ©e brĂ»le et Lippos Aliagas propose aussitĂŽt des bulletins en kevlar avec cette logique impeccable qui consiste Ă rĂ©soudre le problĂšme dĂ©mocratique par la rĂ©sistance balistique du papier. VoilĂ une rĂ©forme que je respecte profondĂ©ment. On nous rĂ©pĂšte depuis des siĂšcles que le vote protĂšge le citoyen. Lippos propose pour une fois que le bulletin le fasse littĂ©ralement. Plus loin Pigeon Ronron consolide son pouvoir en nommant ValĂ©rane Lunatic Ă lâIntĂ©rieur et ElberethKhanSeraven aux Services Secrets pendant quâune rumeur particuliĂšrement charitable met en doute la majestĂ© de sa continence. Puis May Billouziya, Ministre de la Justice, disparaĂźt dans des circonstances oĂč lâon distingue des chaussures de neige, du bambou, des allusions Ă des bombes et la promesse dâun prochain Ă©pisode de SibĂ©ria Forever. Au Khanat mĂȘme les enlĂšvements ont donc compris lâimportance dâune bonne programmation.Je mâarrĂȘte sur May Billouziya parce que sa disparition rĂ©sume Ă elle seule une grande partie de notre Ă©poque. Une ministre rentre Ă son bureau. Des bruits de pas approchent. Des mains la saisissent. Quelquâun parle de bombe, dâincendie et dâune soirĂ©e du vendredi Ă ne pas manquer. Puis le rĂ©cit se ferme sur une promesse de suite. Les vieilles monarchies auraient parlĂ© de complot. Les dĂ©mocraties auraient demandĂ© une commission. Le Khanat transforme cela en feuilleton. Câest peut-ĂȘtre la forme la plus honnĂȘte de gouvernement que nous ayons vue aujourdâhui. Au moins personne ne prĂ©tend que le suspense est une procĂ©dure normale.HĂ©lĂ©nie pour sa part continue dâadministrer la pauvretĂ© avec une dignitĂ© remarquable. Scarleit explique Ă Sultan Omar Al KhaĂŻd que toute la province ne rĂ©colte que soixante-seize piĂšces dâimpĂŽts et quâelle-mĂȘme nâest payĂ©e quâune fois par semaine au mieux. Peu aprĂšs une alerte Ă la bombe paralyse lâHĂŽtel de Ville avec un message rappelant que les statues et la plage sont apprĂ©ciĂ©es mais que lâon attend toujours lâargent. Câest une relation budgĂ©taire dâune grande limpiditĂ©. Le gouvernement explique quâil est pauvre. Le crĂ©ancier rĂ©pond par lâexplosif. Entre les deux Scarleit trouve encore le temps dâentraĂźner un hĂŽtel entier dans une valse krakovienne et de remettre Ă Simone Voile une Glorieuse TĂ©tine pour avoir compris un message cachĂ©. HĂ©lĂ©nie ne possĂšde peut-ĂȘtre pas beaucoup de recettes fiscales mais elle possĂšde une capacitĂ© presque insolente Ă transformer la prĂ©caritĂ© administrative en cĂ©rĂ©monie.Et puisque nous parlons de cĂ©rĂ©monies je dois mentionner lâEmpire Brun qui a choisi pour sa part de rĂ©gler la question de lâinformation par une mĂ©thode dâune sobriĂ©tĂ© admirable. Isotopine redĂ©finit le budget impĂ©rial et accorde zĂ©ro pour cent au MinistĂšre de lâInformation. Je pourrais prendre la chose personnellement si je travaillais encore pour eux mais je prĂ©fĂšre y voir la confirmation tardive dâune doctrine que jâavais dĂ©jĂ observĂ©e. Dans les vieux films bruns lâinformation nâa jamais besoin dâun budget. Elle arrive gratuitement sous la forme dâun savant fou qui hurle dans un laboratoire pendant quâune raffinerie explose derriĂšre lui. LâĂconomie reçoit trente pour cent, la Guerre vingt et les Services Secrets dix. LâInformation reçoit le silence. Câest une rĂ©partition presque poĂ©tique. Pendant ce temps NOROGURA JĂ»zĂŽ accĂ©lĂšre la construction de son centre pĂ©trolier en Sicilia et Lyanna de Nansay pousse la production de pĂ©trole en Mystisie tandis quâun filon dâor apparaĂźt dans la mĂȘme province. LâEmpire Brun nâa peut-ĂȘtre pas financĂ© son rĂ©cit mais il finance trĂšs correctement ce qui pourra brĂ»ler dans le prochain acte.Je voudrais pourtant terminer lĂ oĂč toute cette journĂ©e semble revenir malgrĂ© elle, Ă Accalmie. Parce quâau milieu des arrestations, des campagnes de discours, des rebelles, des redressements fiscaux et des querelles de drapeaux il y a Aya Ravenloft qui descend sous la forĂȘt pour nettoyer autour du cercueil de Vixen Ravenloft, la changer, la peigner puis sâallonger un moment auprĂšs dâelle simplement parce que sous terre on nâentend pas le vacarme de la surface. VoilĂ le genre de dĂ©tail que les grandes doctrines oublient toujours. Les gouvernements additionnent des points de loyautĂ©. Les ministres dĂ©placent des frontiĂšres. Les propagandistes mesurent les mots. Puis quelquâun descend dans un endroit silencieux pour prendre soin dâune morte et pendant quelques minutes toute la gĂ©opolitique redevient ce quâelle est rĂ©ellement, beaucoup de bruit au-dessus de gens qui essaient encore de tenir Ă quelquâun.Ne vous mĂ©prenez pas. Je ne deviens pas sentimentale. Ce serait dĂ©sastreux pour ma rĂ©putation et probablement taxable dans plusieurs provinces. Je dis seulement que lâHistoire est une bĂȘte assez vulgaire lorsquâon la regarde de trop prĂšs. Elle adore les uniformes, les budgets, les slogans et les grands mots. Pourtant ce sont souvent les gestes secondaires qui survivent le mieux dans les archives. Le casque bleu arrĂȘtĂ©. La ministre enlevĂ©e. Le retraitĂ© lancĂ© au canon. Le procureur transformĂ© en dossier fiscal. Le Premier Ministre qui promet la communion des cerveaux. La gouverneure qui descend faire la poussiĂšre auprĂšs dâune morte. Et quelque part au milieu de tout cela une araignĂ©e prend des notes en prĂ©tendant ne favoriser personne. Mâenfin, vous Ă©coutiez Radio NĂ©crotoile. Je suis Kleo et je continuerai naturellement Ă dĂ©fendre la vĂ©ritĂ© avec toute lâimpartialitĂ© nĂ©cessaire pour quâelle finisse par ĂȘtre dâaccord avec moi. Les intĂ©ressĂ©s peuvent venir nier, prĂ©ciser, protester ou apporter les piĂšces manquantes. Patrick DePouch peut expliquer pourquoi une enquĂȘte fiscale ressemble dĂ©sormais Ă une opĂ©ration militaire. Seraphiel Ravenloft peut venir nous dire oĂč sont passĂ©es les photographies deux Ă neuf. Big R peut dĂ©tailler sa conception de lâurbanisme ruthvĂšne. Pigeon Ronron peut rĂ©pondre aux rumeurs qui offensent sa majestĂ© corporelle. Sophos peut nous assurer que le RTS respectera parfaitement la vie privĂ©e dĂšs quâil aura fini de connaĂźtre les moindres replis de notre cerveau. Les tĂ©moins anonymes, les coupables trĂšs visibles et les innocents suffisamment malchanceux pour avoir Ă©tĂ© remarquĂ©s sont Ă©galement invitĂ©s Ă se manifester.Les lignes restent ouvertes. Les archives aussi. Et contrairement aux bĂątiments de Ruthvenville elles tiennent encore debout. |
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22 Aout 6662026
[spoiler]Je suis Kleo. Jâobserve tout cela avec lâimpartialitĂ© (...)
![]() 22 Aout 6662026 Spoiler Je suis Kleo. Jâobserve tout cela avec lâimpartialitĂ© absolue que me confĂšrent huit yeux, une excellente mĂ©moire et la certitude raisonnable que la plupart des gouvernements auraient intĂ©rĂȘt Ă me consulter avant de prendre leurs dĂ©cisions plutĂŽt quâaprĂšs lorsquâil faut expliquer pourquoi quelque chose brĂ»le. Il existe un moment trĂšs prĂ©cis oĂč une frontiĂšre cesse dâĂȘtre une ligne sur une carte pour devenir un meuble autour duquel tout le monde se dispute. La ForĂȘt de Jade vient dâatteindre ce stade. Les Casques Bleus ont pris le contrĂŽle du poste frontiĂšre de BarriĂšre Carmin pendant que le Paradigme Vert tentait ailleurs dâarrĂȘter lâarmĂ©e de La Pacificatrice. La ConfĂ©dĂ©ration parle de contrĂŽle, de sĂ©curitĂ© et de tunnels nettoyĂ©s. Le Paradigme parle dâintrusion et dâoccupation. Au milieu de cela des forces slavones sont apparues dans la rĂ©gion avec cette qualitĂ© propre aux Kralandais qui consiste Ă arriver dans un conflit Ă©tranger avec suffisamment dâassurance pour que tout le monde se demande sâils ont Ă©tĂ© invitĂ©s puis renonce Ă poser la question par fatigue. ZeOrator lâa dâailleurs trĂšs bien remarquĂ©. Il peut discuter de leur utilitĂ© mais il reconnaĂźt que Kraland vient de sâimposer comme force politique dans lâaffaire. Câest souvent ainsi que fonctionne la diplomatie. On peut passer trois semaines Ă rĂ©clamer une place Ă la table ou venir planter une tente Ă cĂŽtĂ© et attendre que la table se dĂ©place.La ConfĂ©dĂ©ration a choisi une mĂ©thode plus sophistiquĂ©e pour expliquer ce qui se passe. Pr Jean-Michel Nobyl affirme que son glorieux Commando Boulet a nettoyĂ© les tunnels de Romania et dĂ©couvert non pas les trafics dâarmes redoutĂ©s mais un commerce de photographies Ă©rotiques de Aya Ravenloft, immĂ©diatement Ă©levĂ© au rang dâarme de destruction massive capable de liquĂ©fier les rĂ©tines confĂ©dĂ©rĂ©es. Je ne me permettrai pas de juger la doctrine militaire dâune grande dĂ©mocratie. Je note simplement quâune armĂ©e qui dĂ©ploie des commandos, des Casques Bleus et des opĂ©rations transfrontaliĂšres avant de conclure que lâennemi principal se trouvait peut-ĂȘtre dans un album privĂ© possĂšde un sens particuliĂšrement riche de lâinvestigation stratĂ©gique. Le ministĂšre confĂ©dĂ©rĂ© de la Guerre semble dĂ©sormais considĂ©rer les archives intimes comme un théùtre dâopĂ©rations. Les archivistes vont devoir porter un casque.Et puisque nous parlons dâarchives intimes, Seraphiel Ravenloft continue de fournir au Cybermonde plus de matiĂšre politique depuis sa cellule que certains ministres depuis leur bureau. Lâhomme sâĂ©vade, se fait reprendre, voit sa peine rallongĂ©e et finit exhibĂ© Ă Structural par Jean-Ronaldoe de la Patrie comme une crĂ©ature rare que la population peut venir observer entre deux commissions municipales. Les visiteurs sont mĂȘme invitĂ©s Ă vĂ©rifier sa supposĂ©e peur des chats. Je trouve la dĂ©marche admirablement moderne pour une ville qui possĂšde encore des prisons avec tunnels dâĂ©vasion. Puis Patrick DePouch revient fouiller dans les biens de Seraphiel et dĂ©couvre cette fois un fouet enchantĂ© ainsi quâune paire de bas bruns. Ce qui aurait constituĂ© ailleurs une matinĂ©e embarrassante devient immĂ©diatement en ConfĂ©dĂ©ration une dĂ©monstration fiscale, morale et gĂ©opolitique. Les objets sont saisis. Leur valeur est Ă©valuĂ©e. Leur signification symbolique est laissĂ©e au public avec suffisamment dâinsistance pour que chacun comprenne exactement quelle conclusion il est libre de tirer.Je commence Ă soupçonner que la ConfĂ©dĂ©ration a dĂ©couvert une nouvelle branche du droit oĂč les dessous deviennent des preuves constitutionnelles. Cela mĂ©rite attention. AprĂšs les photographies numĂ©rotĂ©es, le fouet enchantĂ© et les bas bruns, il ne manque plus quâun corset mal dĂ©clarĂ© pour provoquer une confĂ©rence internationale. Patrick DePouch prĂ©tend naturellement ne juger que la valeur des biens. Câest une position trĂšs respectable et admirablement pratique lorsque le communiquĂ© qui suit consacre plusieurs paragraphes Ă expliquer ce que ces biens rĂ©vĂšlent supposĂ©ment sur toute une nation. Il est toujours fascinant de voir une dĂ©mocratie dĂ©fendre la sĂ©paration entre le fisc et la morale en faisant marcher les deux exactement dans les mĂȘmes bottes.Le Paradigme nâest pas restĂ© silencieux. Karlin a choisi de transformer Seraphiel en martyr politique. La ConfĂ©dĂ©ration peut prendre ses biens, dit-il en substance, mais elle ne prendra pas lâidĂ©e. Câest probablement vrai, surtout parce quâune idĂ©e se taxe trĂšs mal tant quâon nâa pas trouvĂ© comment lui attribuer une valeur cadastrale. Seraphiel devient donc un symbole dâunitĂ© verte pendant que les Casques Bleus installent leurs contrĂŽles et que la population dâAccalmie continue Ă produire suffisamment de discours contradictoires pour fertiliser plusieurs hectares. Saphir Ravenmaid soutient le gouvernement. Konya soutient Aya Ravenloft. Roger St Misles propose quant Ă lui de rĂ©soudre le conflit par le drapeau rose parce quâĂ un certain stade de la diplomatie toute idĂ©e qui nâimplique pas immĂ©diatement un bataillon mĂ©rite au moins quâon lui apporte une chaise. GŃĂžbatchev sâest Ă©galement installĂ© dans le paysage en criant que pierre qui roule nâamasse pas mousse tout en se tenant sur une jambe. Je refuse de considĂ©rer cette intervention comme moins pertinente que certaines propositions diplomatiques rĂ©centes. Elle prĂ©sente au moins lâavantage dâĂȘtre concise et de ne rĂ©clamer aucune modification territoriale. Il dĂ©signe ensuite Roger St Misles Ă la vindicte parce que celui-ci encombre lâhĂŽtel de ville avec sa troupe. La ForĂȘt de Jade atteint ainsi une forme de maturitĂ© politique oĂč lâon peut passer en quelques heures dâun dĂ©bat sur la souverainetĂ© nationale Ă une querelle sur lâoccupation de la rĂ©ception. Câest le genre de dĂ©tail que les historiens nĂ©gligent toujours. Les empires ne sâeffondrent pas seulement sur des doctrines. Ils sâeffondrent aussi parce que quelquâun bloque la porte avec quinze amis.Mais il faut quitter un instant les arbres, les Casques Bleus et les sous-vĂȘtements saisis parce que la Slavonie a eu une journĂ©e qui mĂ©rite quâon sây installe avec un verre solide. Le Cruisader a recommencĂ© Ă se dĂ©placer. Une ville entiĂšre montĂ©e sur un navire a remontĂ© la riviĂšre vers la Slavonie puis son systĂšme de refroidissement a commencĂ© Ă prendre feu. Mousse Haillons a donc demandĂ© aux passagers de prendre des seaux et dâutiliser lâeau de la piscine ou de la riviĂšre. Câest exactement le genre dâordre quâon espĂšre ne jamais entendre sur une croisiĂšre de prestige mais qui devient parfaitement naturel lorsque la croisiĂšre possĂšde le statut administratif dâune ville. Une rumeur affirme en plus que Mousse aurait auparavant jetĂ© par-dessus bord des stocks de liqueur pour allĂ©ger le bĂątiment. Si elle est vraie, cette dĂ©cision aura sans doute sauvĂ© quelques tonnes et dĂ©truit davantage de moral quâune bordĂ©e ennemie. Des touristes palladionautes en sont rĂ©duits Ă boire de la biĂšre. Nous frĂŽlons la crise humanitaire. Golgoth LandraĂ«l II aurait pendant ce temps pris en charge une partie de lâanimation et retirĂ© les poissons qui sâĂ©taient retrouvĂ©s dans la piscine. Je tiens Ă souligner que toute civilisation qui possĂšde une piscine avec des poissons accidentels, un systĂšme de refroidissement en feu et des Homards GĂ©ants attaquant les passagers ne devrait pas se demander si la croisiĂšre est rĂ©ussie. Elle devrait immĂ©diatement vendre des billets plus chers. Cassandre Lemage Garinali et Megakra se sont justement retrouvĂ©s aux prises avec ces homards tandis que Tears Velzard affrontait rapaces et dĂ©mons majeurs. La PremiĂšre Slavone a alors rĂ©pondu Ă lâannonce de pirates par une mobilisation gĂ©nĂ©rale Ă base de bouĂ©es et dâenthousiasme. Dans beaucoup dâendroits on appelle cela une menace maritime. En Slavonie on entend surtout le dĂ©but dâune excellente soirĂ©e. K' Velzard a reçu de son cĂŽtĂ© le commandement de lâarmĂ©e des Pyjamas et Polochons. Je nâai aucune critique Ă formuler sur ce nom. Une nation qui protĂšge officiellement les siestes doit finir par possĂ©der une doctrine militaire compatible avec la literie. K' sâest ensuite fait agresser par des dĂ©mons majeurs Ă Gynerak, ce qui permet de constater que mĂȘme les puissances infernales ont dĂ©sormais accĂšs Ă notre politique de dĂ©fense intĂ©rieure. On pourra toujours discuter plus tard de lâefficacitĂ© du polochon contre neuf dĂ©mons. Pour le moment je conseille simplement de ne pas laver les draps.Jâai toutefois un dossier Ă©tranger qui mĂ©rite notre compassion bureaucratique. HĂ©lĂ©nie a dĂ©couvert que lorsquâon est pauvre il existe deux façons dâamĂ©liorer ses finances. La premiĂšre consiste Ă devenir riche et la seconde Ă emprisonner ceux qui rĂ©clament de lâargent. Dorian a choisi une variante Ă©laborĂ©e de la seconde mĂ©thode. Face aux exigences et menaces du clan Al KhaĂŻd, il lance des avis de recherche contre Shana Al-KhaĂŻd et Sultan Omar Al KhaĂŻd, impose des amendes et explique avec beaucoup de douceur quâHĂ©lĂ©nie nâa tout simplement pas les moyens de payer Ă la vitesse demandĂ©e. Les deux finissent en prison avec lâaide particuliĂšrement bienveillante de Al-ma' qui prĂ©sente leur arrestation comme une mise en sĂ©curitĂ© contre eux-mĂȘmes. Jâadmire cette dĂ©licatesse. Lorsquâune personne est enfermĂ©e avec suffisamment de bienveillance, elle finit peut-ĂȘtre par oublier quâelle voulait sortir. Dorian pousse ensuite le raffinement administratif plus loin lorsque le matĂ©riel informatique trop lent lui fournit une excellente raison de garder Shana une journĂ©e supplĂ©mentaire. Il faut imaginer la scĂšne avec dignitĂ©. Une prisonniĂšre attend, lâordinateur rame, le juge redĂ©marre le systĂšme et la justice hĂ©lĂ©nienne dĂ©couvre que lâobsolescence informatique possĂšde une capacitĂ© carcĂ©rale. Je mâen voudrais de rire. Toute administration rĂȘve secrĂštement dâun appareil capable de produire automatiquement du dĂ©lai. HĂ©lĂ©nie possĂšde dĂ©jĂ le sien.Pendant ce temps Scarleit tente de remettre un peu dâordre dans Bisouville aprĂšs la JovĂ©nia et annonce quâelle souhaite surtout quâon cesse les chaises musicales administratives parce quâelle a une statue dâelle-mĂȘme Ă construire. VoilĂ une prioritĂ© gouvernementale exprimĂ©e avec une franchise que je respecte. Les rĂ©gimes les plus solides commencent toujours par dĂ©terminer oĂč placer la statue avant de dĂ©cider ce quâils feront autour. Elle nomme Al-ma' Bourgmestre aprĂšs que Erbine a perdu la fonction pour avoir tentĂ© un vol puis Scarleit retire mĂȘme sa propre candidature en constatant que le cumul des mandats ne donne pas droit Ă deux tickets de cantine. Il existe dans cette dĂ©cision une comprĂ©hension aiguĂ« des limites de lâambition politique. On peut vouloir gouverner plusieurs institutions mais si la cantine refuse de suivre, toute philosophie finit par rencontrer le mur du plateau-repas.LâEmpire Brun sâagite Ă©galement. LachĂ©sis annonce que les Cinq Pics ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s en Plaine IrradiĂ©e et que lâEmpire compte bien y apporter la civilisation, formule qui dans la bouche dâune ministre brune mĂ©rite gĂ©nĂ©ralement que les habitants vĂ©rifient la soliditĂ© de leur cave. Flotte, aviation et armĂ©e de terre doivent participer Ă la conquĂȘte. Les troupes seraient dĂ©jĂ en prĂ©paration et les habitants sont invitĂ©s Ă se joindre Ă lâaventure avec cette joie particuliĂšre des vieilles puissances qui dĂ©couvrent un territoire et concluent immĂ©diatement que le territoire devait probablement les attendre. Floran BaumĂ© choisit une autre maniĂšre de rĂ©veiller lâEmpire en utilisant un Rayon de Pouvoir sur les citoyens tout en maudissant lâĂ©tĂ©, les festivals et lâhabitude des gens de profiter du soleil. Il rĂ©clame presque un couvre-feu estival permanent et davantage de climatiseurs avant de tirer son gros Rayon Brun. Je retrouve ici lâEmpire que jâai connu. Il lui faut trĂšs peu de choses pour passer dâune rĂ©flexion sur la mĂ©tĂ©o Ă une arme Ă©nergĂ©tique. Câest mĂȘme probablement son unitĂ© stylistique la plus durable.Le Khanat ElmĂ©rien possĂšde une conception plus conviviale de la prĂ©paration militaire. Cassandre Lemage Garinali, propulsĂ©e Ministre de la Guerre, se demande dâabord si les troupes disposent de suffisamment de shampooing et de petits gĂąteaux secs puis propose des raids claniques fondĂ©s sur la capture de drapeaux et le pillage des villages. Une guerre conçue comme une grande compĂ©tition entre clans possĂšde au moins lâavantage dâoffrir un classement. Le Khanat sait transformer nâimporte quelle activitĂ© en tradition tribale dĂšs quâil existe une possibilitĂ© de courir dehors avec quelque chose qui nâĂ©tait pas Ă soi au dĂ©part. Rosalia de Pont-Krivell consacre de son cĂŽtĂ© plusieurs discours Ă lâart de transmettre la civilisation elmĂ©rienne. Elle cĂ©lĂšbre Nerdos Valkyry pour sa maĂźtrise du barbecue et sa capacitĂ© Ă vieillir de cinq ans par semaine, phĂ©nomĂšne administratif suffisamment audacieux pour faire de lui une ressource patrimoniale avant la fin du mois. Elle remercie Pigeon Ronron pour sa maniĂšre de raconter les vieux bĂątiments et lâaccuse presque affectueusement de tordre le temps. Puis elle rend hommage Ă sa fille Kara de Pont-Krivell avec cette fiertĂ© maternelle qui rĂ©ussit Ă transformer un secret militaire en dĂ©claration familiale. Le Khanat possĂšde peut-ĂȘtre beaucoup de dĂ©fauts mais personne ne pourra lui reprocher de manquer de microphones lorsque quelquâun souhaite exprimer sa fiertĂ©.La Bananie a elle aussi participĂ© au progrĂšs par un accident nuclĂ©aire qui transforme certains habitants en cyclopes. Je ne dĂ©velopperai pas davantage parce quâil existe des Ă©vĂ©nements qui rĂ©sistent presque parfaitement Ă lâanalyse. Un accident nuclĂ©aire survient et des gens obtiennent un Ćil unique. Les savants pourront remplir les marges. Et puis RuthvĂ©nie continue tranquillement Ă dĂ©montrer que lâarchitecture est un art de recommencement. La Grande Centrale de Ruthvenville, rĂ©cemment soumise Ă une interprĂ©tation trĂšs explosive de la critique constructive, est dĂ©jĂ reconstruite. VoilĂ quelque chose que jâapprĂ©cie. Les murs ont sautĂ©, les comptes ont probablement souffert et quelquâun a simplement recommencĂ© Ă bĂątir. Une rumeur attribue dâailleurs lâopĂ©ration de destruction Ă une Ă©quipe liĂ©e au Khanat avec Kara de Pont-Krivell, Big R, Tifa LockHeart, Serbitar Seraven, Tina Plurien et Aurelthar. Les auteurs de cette rumeur prĂ©sentent naturellement lâattentat comme une intervention sanitaire destinĂ©e Ă sauver Ruthvenville dâune centrale dangereuse et du bruit de son propre prisonnier. Je ne confirme pas cette version. Je constate seulement quâelle possĂšde exactement la quantitĂ© de mauvaise foi nĂ©cessaire pour mĂ©riter une place respectable dans mes archives.Le ValĂ©gro apporte une note plus douce puisquâon y cĂ©lĂšbre la PĂ©pite LĂ©gumineuse. Emile Liarr encourage Ă la fois la production dâor et les rĂ©serves de lĂ©gumes, ce qui constitue une synthĂšse Ă©tonnamment honnĂȘte des besoins fondamentaux dâune sociĂ©tĂ©. De lâargent pour croire quâon est riche et des lĂ©gumes pour continuer Ă vivre assez longtemps afin dâen profiter. Sa fiscalitĂ© a cependant connu une Ă©volution plus nuptiale lorsque Mench0 a portĂ© lâimpĂŽt sur les revenus du ValĂ©gro Ă soixante pour cent afin de financer le mariage du Duc. Les Ă©conomistes disposent maintenant dâune nouvelle Ă©cole de pensĂ©e. AprĂšs lâimpĂŽt progressif et lâimpĂŽt proportionnel, voici lâimpĂŽt matrimonial.Jâaurais pu consacrer cette soirĂ©e au sommet de la paix, aux dĂ©bats sur lâĂąge de Fawomane Ravenloft, aux thĂ©ories Ă©ducatives de Pigeon Ronron, aux indignations de Patrick DePouch ou aux inquiĂ©tudes dâ Aya Ravenloft. Je pourrais encore le faire demain si tout le monde nâa pas rĂ©ussi Ă se mettre dâaccord dâici lĂ . Je ne prends pas un grand risque. Le Sommet doit se tenir Ă Structural et Aya nous a dĂ©jĂ prĂ©venus quâatteindre la table ressemble Ă une Ă©preuve de Fort Boyard avec des gens qui tirent dans les rues et une porte fermĂ©e Ă clĂ©. Il y a quelque chose dâexquis dans lâidĂ©e de rĂ©unir le Cybermonde pour parler de paix dans une ville oĂč parvenir vivant Ă la salle de nĂ©gociation constitue dĂ©jĂ une preuve de bonne volontĂ©.Ce soir je prĂ©fĂšre retenir autre chose. Nous avons un Cybermonde dans lequel les grandes puissances parlent de frontiĂšres pendant que des homards gĂ©ants attaquent une ville-navire, dans lequel un homme devient martyr national parce que le fisc a trouvĂ© ses photos et ses bas, dans lequel une prison garde quelquâun plus longtemps parce que lâordinateur est lent, dans lequel une centrale peut ĂȘtre dĂ©molie puis reconstruite avant que les diplomates aient terminĂ© leur communiquĂ© et dans lequel un Grand Doyen reçoit davantage dâannĂ©es de vie chaque semaine parce que le Khanat considĂšre manifestement le temps comme une compĂ©tence ministĂ©rielle. Il serait tentant dây voir de la confusion. Jây vois surtout beaucoup de gens terriblement convaincus de savoir ce quâils font. Câest toujours plus dangereux et beaucoup plus intĂ©ressant. Vous Ă©coutiez Radio NĂ©crotoile. Ici Kleo, journaliste parfaitement impartiale et tĂ©moin trĂšs patient dâun monde qui fournit chaque jour de nouvelles raisons de conserver les vieux registres plutĂŽt que les vieux gouvernements. Si Patrick DePouch souhaite expliquer ce que le fouet enchantĂ© apporte exactement Ă lâĂ©quilibre gĂ©opolitique, si Seraphiel Ravenloft veut enfin commenter lâĂ©tat de ses placards, si Mousse Haillons souhaite prĂ©ciser combien de bouteilles ont rĂ©ellement fini dans la riviĂšre ou si Dorian dĂ©sire dĂ©fendre les vertus pĂ©nitentiaires de lâinformatique hĂ©lĂ©nienne, les micros restent disponibles. |
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Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref.
15 au 22 Aout 6662026
[spoiler]
Il (...)
![]() Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref. 15 au 22 Aout 6662026 Spoiler Il existe des semaines pendant lesquelles lâHistoire avance dignement. Les gouvernements gouvernent, les diplomates diplomatisent, les armĂ©es restent suffisamment loin des nĂ©gociateurs pour que chacun puisse prĂ©tendre que la paix demeure une possibilitĂ© sĂ©rieuse et les journalistes doivent travailler pour trouver quelque chose Ă raconter. Celle qui vient de sâĂ©couler nâappartient manifestement pas Ă cette catĂ©gorie. Entre le 14 et le 21 aoĂ»t le Cybermonde a dĂ©couvert quâune zone dĂ©militarisĂ©e pouvait nĂ©cessiter Ă©normĂ©ment de militaires, quâun sommet pour la paix pouvait se reproduire spontanĂ©ment jusquâĂ provoquer une querelle de propriĂ©tĂ© intellectuelle, quâune rĂ©gente pouvait perdre plusieurs annĂ©es dâĂąge simplement parce quâun Vice-PrĂ©sident rĂ©pĂ©tait son estimation assez souvent et quâun homme emprisonnĂ© pouvait devenir simultanĂ©ment martyr politique, attraction municipale et inventaire fiscal. Pendant ce temps Kraland changeait de ministres, la Slavonie transformait une croisiĂšre en territoire national, Ruthvenville reconstruisait ce quâon avait pris soin de lui dĂ©molir et le Khanat poursuivait cette vieille tradition elmĂ©rienne consistant Ă prĂ©parer la guerre comme dâautres organisent une kermesse. Je suis Kleo et puisque plusieurs gouvernements ont passĂ© la semaine Ă expliquer ce quâils avaient rĂ©ellement voulu dire aprĂšs avoir fait exactement lâinverse, il devenait nĂ©cessaire quâune professionnelle intervienne. La grande affaire de cette semaine reste naturellement la ForĂȘt de Jade. Il faudrait beaucoup de mauvaise volontĂ© pour prĂ©tendre le contraire et je possĂšde justement les rĂ©serves nĂ©cessaires. Tout avait pourtant commencĂ© avec une idĂ©e presque rassurante. La ConfĂ©dĂ©ration Libre voulait une zone dĂ©militarisĂ©e. Le Paradigme Vert disait vouloir la paix. Des Casques Bleus sâinstallaient, des responsables discutaient et pendant quelques heures il Ă©tait encore possible de croire que le mot dĂ©militarisĂ© dĂ©signait un endroit oĂč les militaires seraient moins nombreux. Cette naĂŻvetĂ© nâa pas survĂ©cu longtemps. Patrick DePouch a dĂ©fendu lâinstallation confĂ©dĂ©rĂ©e avec lâassurance dâun homme qui considĂšre quâune frontiĂšre devient raisonnable dĂšs lors quâil tient lui-mĂȘme le crayon. Solas a rĂ©pondu en rappelant que le Paradigme nâavait aucune intention de disparaĂźtre poliment pour faciliter la cartographie. Aya Ravenloft a tentĂ© de gĂ©rer simultanĂ©ment la population locale, les attentes de son gouvernement, les forces Ă©trangĂšres et cette catĂ©gorie dâindividus qui considĂšrent quâune zone en crise constitue avant tout une excellente occasion de prononcer un discours.Ce qui rend lâaffaire intĂ©ressante nâest dâailleurs pas tant la prĂ©sence des armĂ©es que lâextraordinaire quantitĂ© de personnes venues expliquer pourquoi elles Ă©taient lĂ pour empĂȘcher les autres dâaggraver la situation. La ConfĂ©dĂ©ration installait des Casques Bleus au nom de la stabilitĂ©. Des Slavones arrivaient avec lâambition dĂ©clarĂ©e de favoriser la dĂ©sescalade. Le Khanat observait en trouvant naturellement plusieurs occasions de rappeler quâil possĂ©dait lui aussi des armes. Des militants apparaissaient Ă Accalmie. Les rues produisaient leurs propres insurgĂ©s. Les drapeaux changeaient sur certains bĂątiments et chaque changement permettait Ă quelquâun de proclamer que la situation venait de devenir beaucoup plus claire. Lorsque ZeOrator a reconnu que lâintervention kralandaise constituait au moins une maniĂšre de sâimposer politiquement dans le conflit il a mis le doigt sur quelque chose de beaucoup plus vaste. Dans le Cybermonde la crĂ©dibilitĂ© internationale commence souvent au moment oĂč les autres sont obligĂ©s de modifier leur carte pour tenir compte de votre prĂ©sence.Au milieu de ce charmant exercice de dĂ©sescalade Solas a pourtant posĂ© sur la table quelque chose de beaucoup plus rare quâune insulte. Une proposition. La ForĂȘt de Jade resterait sous administration verte. Les Casques Bleus pourraient y stationner sous certaines conditions. Une alliance avec la ConfĂ©dĂ©ration serait envisageable. Des garanties de circulation et dâexpression pourraient ĂȘtre discutĂ©es. Ce nâĂ©tait pas un traitĂ© et personne nâavait encore sorti la nappe blanche mais nous avions soudain une matiĂšre politique suffisamment sĂ©rieuse pour quâon puisse rĂ©ellement la contester. Patrick DePouch lâa reconnu lui-mĂȘme avant quâun problĂšme entiĂšrement diffĂ©rent ne vienne engloutir la nĂ©gociation.Ce problĂšme avait un Ăąge. Plus exactement il avait plusieurs Ăąges selon la personne qui prenait la parole. La RĂ©gente Fawomane Ravenloft est devenue en quelques jours le centre dâune controverse qui mĂ©rite une place particuliĂšre dans les annales de la diplomatie. Patrick DePouch a affirmĂ© dĂ©couvrir quâelle Ă©tait mineure. Il a dâabord parlĂ© dâune douzaine dâannĂ©es puis dâonze ans et la ConfĂ©dĂ©ration a suspendu sa volontĂ© de nĂ©gocier directement avec elle au nom de ses lois sur le travail des enfants. Lâargument possĂšde une beautĂ© juridique certaine. Si la personne qui dirige lâautre camp est une enfant et que votre Constitution interdit de faire travailler les enfants il devient possible de prĂ©senter lâarrĂȘt des nĂ©gociations comme une mesure de protection sociale. Il fallait y penser.Le problĂšme est que plusieurs personnes ont immĂ©diatement contestĂ© le fait sur lequel reposait toute cette architecture. Aya Ravenloft a rĂ©pĂ©tĂ© que Fawomane Ă©tait adulte. Solas a mĂȘme sorti un scanner biomĂ©trique pour soutenir quâelle Ă©tait plus ĂągĂ©e que certains responsables confĂ©dĂ©rĂ©s. Karlin a dĂ©fendu la mĂȘme version. Scarleit a rappelĂ© que la JovĂ©nia venait tout juste de transformer une partie du gouvernement kralandais en enfants sans que le Cybermonde dĂ©cide pour autant que ses ministres avaient cessĂ© dâĂȘtre ministres. Elle connaĂźt dâailleurs assez bien les plaisirs de lâĂ©tat civil puisque son propre Ăąge dĂ©pend de la question de savoir si lâon compte depuis son rĂ©veil ou depuis la naissance des diffĂ©rentes piĂšces qui la composent. Golgoth LandraĂ«l II a ajoutĂ© quâil avait dĂ©jĂ gouvernĂ© RuthvĂ©nie Ă moins de huit mois. Ă ce stade le dĂ©bat sur lâĂąge avait dĂ©jĂ suffisamment quittĂ© la pĂ©diatrie pour entrer dans la mĂ©taphysique administrative.Puis Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ a proposĂ© de demander les parents. LâidĂ©e Ă©tait Ă©lĂ©gante dans sa bouche. On ne rabroue pas une enfant, on prend le thĂ© avec les adultes responsables et lâon rĂšgle les affaires sĂ©rieuses entre personnes capables de tenir un carnet de chĂšques sans le mĂąchouiller. Seulement Patrick DePouch sâest empressĂ© de chercher ces fameux adultes du cĂŽtĂ© dâ Aya et de Seraphiel Ravenloft puis la conversation a commencĂ© Ă prendre une odeur beaucoup moins distinguĂ©e. Ă force de vouloir dĂ©montrer quâune dirigeante serait une enfant abandonnĂ©e Ă des adultes suspects, on finit assez vite par transformer un dĂ©saccord diplomatique en insinuation sordide sur les mĆurs des voisins. Câest une mĂ©thode. Elle possĂšde mĂȘme cette efficacitĂ© particuliĂšre des mĂ©thodes qui obligent tout le monde Ă abandonner le sujet initial pour expliquer quâil ne couche pas avec les membres de sa famille.![]() Solas a donc rappelĂ© que ni Aya ni Seraphiel nâĂ©taient les parents de Fawomane et Aya Ravenloft a rĂ©pĂ©tĂ© une nouvelle fois quâelle nâĂ©tait pas sa mĂšre. Je comprends quâune frontiĂšre disputĂ©e Ă©chauffe les esprits. Je comprends moins lâurgence de transformer chaque arbre gĂ©nĂ©alogique voisin en dossier de mĆurs dĂšs quâun traitĂ© tarde Ă se signer. Il existe probablement des façons plus gracieuses de dĂ©fendre la protection des mineurs que de suggĂ©rer Ă demi-mot que les adultes dâen face auraient quelque chose de particuliĂšrement louche Ă expliquer. Mâenfin, chacun possĂšde sa conception de la diplomatie. Certaines Ă©coles commencent par Ă©changer des garanties. Dâautres commencent par demander qui couche avec qui.Je voudrais attirer votre attention sur la maniĂšre dont une nĂ©gociation territoriale sâest ainsi transformĂ©e. Nous Ă©tions partis dâune frontiĂšre, de Casques Bleus et dâune proposition diplomatique. Une semaine plus tard le Cybermonde discutait du scanner biomĂ©trique dâune rĂ©gente, des rĂšgles de succession ruthvĂšnes, de la responsabilitĂ© parentale et de savoir qui devait couper la viande de qui pendant les nĂ©gociations. Câest exactement la raison pour laquelle les historiens mentent lorsquâils prĂ©tendent que les guerres sont causĂ©es par de grands principes. Les grands principes tiennent gĂ©nĂ©ralement trois jours. Ensuite quelquâun demande lâĂąge du nĂ©gociateur. La paix devait nĂ©anmoins avoir son sommet. Elle en obtint plusieurs. Fawomane Ravenloft annonça son propre colloque avec estrade, possibilitĂ© de discuter et mĂȘme une salle destinĂ©e Ă ceux qui prĂ©fĂ©reraient rester isolĂ©s. Karen Vanderbilt apprit lâexistence de cette initiative avec lâhorreur dâune femme dĂ©couvrant que quelquâun avait inventĂ© la paix sans lui demander lâautorisation. Elle prĂ©parait dĂ©jĂ un Sommet pour la Paix au Manoir Vanderbilt de Structural et considĂ©ra donc lâinitiative concurrente comme un plagiat relevant potentiellement de ses avocats. Jâaime beaucoup cette Ă©poque. Les peuples ne possĂšdent toujours pas la paix mais deux Ă©vĂ©nements se disputent dĂ©jĂ ses droits dâauteur.Le sommet de Structural a progressivement pris lâavantage matĂ©riel. Les invitations Ă©taient parties. Le caviar Ă©tait arrivĂ©. Jean-Messie de la Nation avait confirmĂ© le rendez-vous. Karen fixa finalement les journĂ©es du 24 au 26 aoĂ»t et pria tout le monde dâĂ©conomiser les centaines de Kramails pour discuter directement autour dâune table. Solas avait proposĂ© Kraland comme lieu central et politiquement stable mais lâorganisation Vanderbilt possĂ©dait dĂ©jĂ lâimmense avantage dâavoir achetĂ© la nourriture. Il existe des arguments diplomatiques quâaucune thĂ©orie gĂ©opolitique ne peut vaincre. Aya Ravenloft a toutefois signalĂ© un lĂ©ger dĂ©faut pratique. Atteindre le sommet Ă Structural ressemblerait selon elle Ă une Ă©preuve dans laquelle les rues contiennent des gens capables de tirer sur les passants et la porte de destination est verrouillĂ©e. Il faut reconnaĂźtre une certaine cohĂ©rence Ă lâorganisation. Une confĂ©rence pour la paix dont les participants doivent dĂ©jĂ prouver leur dĂ©termination en atteignant vivants le bĂątiment sĂ©lectionne naturellement les dĂ©lĂ©gations les plus motivĂ©es.Structural avait dâailleurs dâautres occupations. Seraphiel Ravenloft y a connu une semaine remarquable que son conseiller fiscal nâinscrira probablement pas parmi ses meilleurs souvenirs. RecherchĂ©, arrĂȘtĂ©, libĂ©rĂ© sous caution, Ă©vadĂ© puis repris, il a fini par accumuler suffisamment dâattention pour devenir une vĂ©ritable institution municipale. Jean-Ronaldoe de la Patrie a mĂȘme annoncĂ© au public que la cĂ©lĂšbre vedette du Ravenloft Story pouvait ĂȘtre observĂ©e en prison et interrogĂ©e. On suggĂ©rait notamment de vĂ©rifier certaines rumeurs sur sa relation avec les chats. Ă ce niveau on ne parle plus tout Ă fait dâincarcĂ©ration. Structural venait dâouvrir une exposition temporaire.Puis les finances sâen sont mĂȘlĂ©es. Patrick DePouch a menĂ© une investigation sur le patrimoine de Seraphiel puis imposĂ© un redressement considĂ©rable. Lâinventaire des biens a pris une tournure que mĂȘme les fonctionnaires les plus expĂ©rimentĂ©s nâavaient sans doute pas prĂ©vue lorsque sont apparues des photographies Ă©rotiques numĂ©rotĂ©es dâ Aya Ravenloft. Plus tard un fouet enchantĂ© et des bas bruns ont Ă©galement Ă©tĂ© saisis. Patrick a prĂ©sentĂ© ces dĂ©couvertes comme rĂ©vĂ©latrices dâune certaine dĂ©cadence verte tout en assurant que la ConfĂ©dĂ©ration ne jugeait que la valeur fiscale. Jâai toujours beaucoup admirĂ© les gouvernements capables de ne porter aucun jugement pendant plusieurs paragraphes extrĂȘmement dĂ©taillĂ©s.Le Paradigme a Ă©videmment rĂ©pondu en transformant Seraphiel en symbole. Karlin lâa prĂ©sentĂ© comme victime de lâhumiliation confĂ©dĂ©rĂ©e et martyr dâune idĂ©e impossible Ă saisir. Je comprends la logique. AprĂšs la saisie de lâargent, des gravures, des vĂȘtements et du fouet il ne restait effectivement plus beaucoup de catĂ©gories patrimoniales disponibles. LâidĂ©e constituait un refuge pratique.Mais avant de quitter la ForĂȘt de Jade il faut revenir Ă Patrick DePouch parce quâil a trouvĂ© cette semaine une solution originale au problĂšme des officiers menacĂ©s. Le Programme Cent Visages prĂ©voit de fournir aux personnalitĂ©s confĂ©dĂ©rĂ©es exposĂ©es des doubles sĂ©lectionnĂ©s pour leur ressemblance puis chirurgicalement rapprochĂ©s de lâoriginal pendant que lâoriginal lui-mĂȘme serait modifiĂ© pour ressembler davantage Ă ses doubles. La doctrine tient dans une phrase remarquable. On ne tue pas un Casque Bleu, on le multiplie. Pour le moment il sâagit dâun programme annoncĂ© et recrutant des volontaires plutĂŽt que dâune armĂ©e dĂ©jĂ peuplĂ©e de Patrick identiques. Je prĂ©fĂšre le prĂ©ciser parce que si plusieurs Vice-PrĂ©sidents commencent rĂ©ellement Ă circuler simultanĂ©ment nous aurons besoin dâun registre diffĂ©rent.La Slavonie a de son cĂŽtĂ© apportĂ© Ă la semaine ce supplĂ©ment de cohĂ©rence dont elle seule connaĂźt le secret. K' Velzard est passĂ©e par le MinistĂšre de la Justice, a protĂ©gĂ© avec vigueur la sieste slavone puis a terminĂ© sa mission gouvernementale avec la satisfaction dâun Tour Operator ayant rendu les touristes Ă leur famille. Mench0 a notamment appris quâil Ă©tait possible dâĂȘtre sanctionnĂ© pour avoir troublĂ© la paix locale Ă une heure oĂč les Slavones souhaitaient dormir. Câest probablement lâun des principes constitutionnels les plus comprĂ©hensibles du Cybermonde. Passe-Muraille avait quant Ă lui annoncĂ© sa retraite. Kraland aurait pu lui remettre une montre. La Slavonie prĂ©fĂ©ra un canon. Son dĂ©part vers lâAustraline fut donc organisĂ© comme une combinaison de retraite professionnelle, transport pĂ©nitentiaire et expĂ©rience balistique. Quelques heures plus tard il prenait officiellement sa retraite sur lâĂźle prison. Je laisse aux spĂ©cialistes des ressources humaines le soin de dĂ©terminer si lâavantage devait figurer sur sa fiche de dĂ©part.Le Cruisader a ensuite rejoint la Slavonie par la riviĂšre et lâidĂ©e mĂȘme de ville a pris une tournure nautique. Le navire possĂšde dĂ©sormais habitants, administrations, piscines, installations techniques et suffisamment de problĂšmes mĂ©caniques pour mĂ©riter pleinement son statut urbain. Mousse Haillons aurait jetĂ© une partie des rĂ©serves de liqueur afin dâallĂ©ger lâensemble selon une rumeur qui a scandalisĂ© les touristes bien davantage que le risque de chavirer. Puis le systĂšme de refroidissement a commencĂ© Ă brĂ»ler et les passagers furent invitĂ©s Ă utiliser des seaux remplis dans la piscine ou la riviĂšre. Golgoth LandraĂ«l II aurait pendant ce temps retirĂ© les poissons de la piscine et organisĂ© diverses activitĂ©s. La semaine sâest terminĂ©e avec des homards gĂ©ants, des rapaces et des dĂ©mons attaquant le secteur. Ă bord du Cruisader le mot croisiĂšre dĂ©signe dĂ©sormais surtout le fait que lâeau se trouve quelque part autour.RuthvĂ©nie nâavait aucune intention de laisser la Slavonie monopoliser les questions dâinfrastructure. Ruthvenville a subi plusieurs explosions touchant ses Ă©tablissements pĂ©nitentiaires puis sa Grande Centrale. Big R sâest distinguĂ© dans cette pĂ©riode avec une relation persistante aux bombes et aux prisons. Une rumeur postĂ©rieure a attribuĂ© une partie de lâopĂ©ration ayant permis sa sortie Ă plusieurs membres du Khanat dont Kara de Pont-Krivell, Tifa LockHeart et dâautres comparses prĂ©sentĂ©s avec beaucoup de gĂ©nĂ©rositĂ© comme ayant sauvĂ© les RuthvĂšnes dâune centrale dangereuse et des cloches de leur prisonnier. Câest une maniĂšre admirable de prĂ©senter une opĂ©ration de dĂ©molition. Si quelquâun dĂ©truit votre maison avec suffisamment de conviction il finira toujours par dĂ©couvrir quâil vous protĂ©geait dâun problĂšme de toiture.La centrale a depuis Ă©tĂ© reconstruite. Câest probablement la rĂ©ponse ruthvĂšne la plus saine de toute lâaffaire. Il reste difficile dâavoir une tragĂ©die nationale durable lorsque les maçons reviennent avant que les chroniqueurs aient terminĂ© leur texte. Le Royaume a Ă©galement consacrĂ© une part considĂ©rable de son gĂ©nie Ă lutter contre la moiteur. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, Arbitre des ĂlĂ©gances, a regardĂ© la chaleur estivale produire des bassins improvisĂ©s, des chemises douteuses et des propositions techniques avec la gravitĂ© dâun homme comprenant que la civilisation pouvait rĂ©ellement sâeffondrer Ă cause dâune manche trop courte. Gilbert Tronik travaille sur un Mur Climatiseur GĂ©ant. Sophos a dĂ©fendu lâĂ©cole kralandaise du bassin dâeau et de la tasse tenue avec le petit doigt correctement positionnĂ©. Karlin a rappelĂ© que le Paradigme Vert possĂ©dait dĂ©jĂ des arbres et de lâeau. Plusieurs siĂšcles de philosophie politique ont donc abouti Ă trois doctrines concurrentes de la chaleur. Construire un mur gĂ©ant, sâasseoir dans une bassine ou rester sous un arbre. Les peuples ont choisi leurs civilisations pour moins que cela.Et RuthvĂ©nie prĂ©pare aussi un mariage. Ămile Liarr et PrĂ©cieuse Liarr doivent cĂ©lĂ©brer leur union Ă Fort Emouchet. Les invitations ont attirĂ© immĂ©diatement les promesses de prĂ©sence, les considĂ©rations protocolaires et naturellement les discussions sur les explosifs. Big R sâest montrĂ© intĂ©ressĂ© par la pyrotechnie tandis que Karen Vanderbilt Ă©voquait dĂ©jĂ la possibilitĂ© dâutiliser un fouet pour maintenir certaines limites. Les conventions internationales protĂšgent beaucoup de choses. Elles ne protĂšgent pas encore efficacement les mariages aristocratiques contre les invitĂ©s enthousiastes.Le Khanat ElmĂ©rien a passĂ© la semaine dans un Ă©tat qui lui convient parfaitement, quelque part entre prĂ©paration militaire, fĂȘte de clan et repas qui a mal tournĂ©. Pigeon Ronron demeure au centre de cet univers en essayant de maintenir une politique extĂ©rieure lisible alors que ses propres Kramarades considĂšrent parfois quâun enfant armĂ© constitue simplement une tradition Ă©ducative. Lorsque la question de Fawomane est arrivĂ©e jusquâau Khanat le Grand Khan a expliquĂ© quâil ne voyait pas nĂ©cessairement de problĂšme Ă confier des responsabilitĂ©s importantes aux enfants. Certaines traditions claniques les perdent en forĂȘt, dâautres leur donnent des armes et dâautres encore leur enseignent Ă poursuivre les vieux lorsque le village devient trop peuplĂ©. Aucun manuel pĂ©dagogique Ă©tranger ne sera citĂ©. Karlin a mĂȘme retournĂ© lâaccusation contre la ConfĂ©dĂ©ration en sâĂ©tonnant quâun pays puisse interdire autant de choses aux enfants. Il a comparĂ© les traditions kralandaises, ruthvĂšnes, vertes, brunes et elmĂ©riennes avant de conclure que la culture confĂ©dĂ©rĂ©e semblait scandaleusement raisonnable. Il fallait probablement toute cette semaine pour arriver Ă une situation oĂč lâexpression raisonnable devient une insulte.Le Khanat a Ă©galement dĂ©couvert la technologie des CuirassĂ©s grĂące Ă Nerdos Valkyry. Rosalia de Pont-Krivell a consacrĂ© une partie de son activitĂ© ministĂ©rielle Ă cĂ©lĂ©brer ce Grand Doyen dont le vieillissement accĂ©lĂ©rĂ© semble ajouter plusieurs annĂ©es Ă son existence chaque semaine sans affecter son aptitude Ă transmettre lâart de la saucisse correctement grillĂ©e. Pigeon Ronron reçoit de son cĂŽtĂ© des louanges pour sa capacitĂ© Ă transformer de vieux murs en cours dâHistoire improvisĂ©s. Kara de Pont-Krivell obtient les fĂ©licitations maternelles de Rosalia pour ses responsabilitĂ©s militaires. Il existe des gouvernements qui publient des rapports stratĂ©giques. Le Khanat prĂ©fĂšre rĂ©unir un barbecue, une mĂšre fiĂšre, une biĂšre et plusieurs personnes armĂ©es. Le rĂ©sultat nâest pas forcĂ©ment moins instructif.La nouvelle Ministre de la Guerre Cassandre Lemage Garinali a dâailleurs rĂ©sumĂ© lâĂ©tat militaire du Khanat avec une prĂ©cision admirable. Elle sâest demandĂ© si les troupes possĂ©daient suffisamment de shampooing et de petits gĂąteaux secs puis a proposĂ© aux clans une compĂ©tition de capture de drapeaux Ă©trangers avec point supplĂ©mentaire en cas de pillage. La doctrine guerriĂšre devient beaucoup plus facile Ă comprendre lorsque quelquâun pense Ă compter les points.LâEmpire Brun conserve quant Ă lui sa fidĂ©litĂ© remarquable au spectacle. Lâaffaire Ombre Minusculique et Octave Sombrefer a tournĂ© Ă la rupture. Le pacte sâest effondrĂ© dans les morsures, les reproches et lâaccusation dâimmobilisme. Peu aprĂšs Ombre MachiavĂ©lique poursuivait sa propre ascension en Mystisie avec son titre de Sultan Ăternel et cette vieille mĂ©thode brune qui consiste Ă rĂ©soudre une crise de pouvoir en crĂ©ant une crise de pouvoir lĂ©gĂšrement plus grande.La semaine avançant lâEmpire a retrouvĂ© dâanciens territoires et commencĂ© Ă regarder les Cinq Pics avec cette expression caractĂ©ristique des puissances impĂ©riales lorsquâelles dĂ©couvrent quâun endroit existe sans leur permission. LachĂ©sis annonce dĂ©jĂ une opĂ©ration combinant flotte, aviation et troupes terrestres afin dâapporter la civilisation au territoire. Cela devrait ĂȘtre trĂšs civilisĂ© une fois les bombardements terminĂ©s. Floran BaumĂ© a pour sa part dĂ©cidĂ© de combattre la torpeur estivale en utilisant son Rayon de Pouvoir sur les citoyens tout en proposant pratiquement de supprimer lâĂ©tĂ©. Les Bruns sont parfois difficiles Ă rĂ©sumer mais rarement difficiles Ă reconnaĂźtre.La Sicilia poursuit aussi son histoire pĂ©troliĂšre autour de NOROGURA JĂ»zĂŽ et de son Sangue nero tandis que la Plaine IrradiĂ©e continue Ă traiter radiations, mutants et production comme des composantes normales de lâamĂ©nagement territorial. Dans une autre nation la prĂ©sence dâuranium serait un dossier environnemental. Chez les Bruns elle peut devenir une dĂ©coration intĂ©rieure.HĂ©lĂ©nie mĂ©rite Ă©galement quelques pages parce quâelle vient de dĂ©couvrir simultanĂ©ment les joies de lâindĂ©pendance, de la police et de lâinformatique obsolĂšte. Scarleit a pris la tĂȘte de la province puis commencĂ© Ă remettre de lâordre dans les fonctions locales avec une prioritĂ© personnelle trĂšs claire, faire construire sa statue. Al-ma' devient Bourgmestre de Bisouville. Erbine connaĂźt une carriĂšre beaucoup plus brĂšve aprĂšs avoir tentĂ© un vol et dĂ©couvert que la loi hĂ©lĂ©nienne pouvait effectivement fonctionner lorsquâelle en ressentait soudain lâenvie.Puis Dorian sâest occupĂ© du clan Al KhaĂŻd. Les rĂ©clamations financiĂšres, les menaces et les comportements de Shana Al-KhaĂŻd et Sultan Omar Al KhaĂŻd ont produit avis de recherche, amendes et incarcĂ©rations. Dorian explique surtout quâHĂ©lĂ©nie est pauvre et quâil faut lui laisser le temps de trouver lâargent quâon lui rĂ©clame. Lorsque son ordinateur se met Ă ralentir il prolonge mĂȘme la dĂ©tention de Shana parce que les formalitĂ©s prennent plus de temps que prĂ©vu. Il faudra Ă©tudier ce modĂšle. Lâobsolescence informatique vient peut-ĂȘtre dâinventer une peine de prison entiĂšrement automatisĂ©e. Al-ma' participe aux arrestations en expliquant quâon met les intĂ©ressĂ©s en sĂ©curitĂ© avec bienveillance. Câest trĂšs hĂ©lĂ©nien. La Sainte Inquisition peut probablement faire beaucoup de choses tant quâelle choisit le bon adjectif.La semaine aura donc Ă©tĂ© celle dâun Cybermonde qui veut ardemment discuter mais qui Ă©prouve encore quelques difficultĂ©s Ă dĂ©cider autour de quelle table, sous quel drapeau et avec quel Ăąge minimum. La ConfĂ©dĂ©ration construit une zone dĂ©militarisĂ©e avec des soldats. Le Paradigme rĂ©pond quâil veut nĂ©gocier tout en devant convaincre ses propres habitants. Kraland transforme sa prĂ©sence Ă©trangĂšre en crĂ©dibilitĂ© politique et ses contradictions intĂ©rieures en thĂ©orie gouvernementale. RuthvĂ©nie rebĂątit ses murs. Le Khanat prĂ©pare ses raids en comptant les drapeaux. HĂ©lĂ©nie emprisonne avec bienveillance. LâEmpire Brun redĂ©couvre des terres quâil souhaite immĂ©diatement civiliser Ă coups de flotte. Le sommet de Structural doit encore commencer. Karen Vanderbilt a le manoir et le caviar. Solas possĂšde une proposition. Patrick DePouch possĂšde plusieurs arguments et probablement dĂ©jĂ un nouveau dossier fiscal. Aya Ravenloft doit encore atteindre la porte. Pigeon Ronron peut toujours transformer une question diplomatique en coutume tribale et Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ surveillera probablement la façon dont tout ce monde tient sa tasse.Je serai lĂ aussi. Quelquâun doit bien tenir les archives pendant que les autres essaient dâentrer dans lâHistoire. Vous Ă©coutiez Radio NĂ©crotoile et je suis Kleo, journaliste parfaitement impartiale selon une dĂ©finition de lâimpartialitĂ© suffisamment ancienne pour que personne ne sache encore oĂč elle est rangĂ©e. Cette semaine, la paix a tellement progressĂ© en ForĂȘt de Jade quâil y a dĂ©sormais davantage de soldats, de drapeaux Ă©trangers et de procĂ©dures quâau dĂ©but. Patrick DePouch a transformĂ© lâĂąge de Fawomane Ravenloft en question diplomatique majeure tandis que Solas, Aya Ravenloft et plusieurs autres rappellent quâelle est adulte. Un sommet pour la paix se prĂ©pare Ă Structural, un autre avait Ă©tĂ© proposĂ© ailleurs et Karen Vanderbilt a mĂȘme rĂ©ussi Ă faire entrer les droits dâauteur dans la diplomatie. En RĂ©publiK, Sophos poursuit sa Transparence et son rĂȘve de communion cĂ©rĂ©brale avec les citoyens. Kleo est devenue Ministre de lâInformation, la Slavonie a accueilli le Cruisader, envoyĂ© Passe-Muraille Ă la retraite par canon et dĂ©couvert quâune ville flottante pouvait prendre feu tout en Ă©tant attaquĂ©e par des homards gĂ©ants. LâIndice Officiel confirme naturellement que tout cela constitue du Bonheur. RuthvĂ©nie a fait exploser puis reconstruire des bĂątiments, le Khanat transforme la guerre en compĂ©tition de capture de drapeaux et lâEmpire Brun prĂ©pare de nouvelles conquĂȘtes avec lâenthousiasme dâun vieux feuilleton qui aurait retrouvĂ© son budget explosions. HĂ©lĂ©nie emprisonne avec bienveillance et dĂ©couvre que les ordinateurs lents peuvent prolonger une peine de prison. Pendant ce temps Silas des Sables transforme Abandon en destination touristique dĂ©moniaque avec Pactes, crĂąnes, coiffure et DJ tandis que Radio TriCy dĂ©couvre le Kranium, la fraude au fenouil et la nĂ©cessitĂ© historique de faire des blagues sur chaque nation. |
22/08 (02:46) | ||
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22 Aout 6662026
[spoiler]Bonsoir Ă ceux qui gouvernent encore quelque chose. Bonsoir (...)
![]() 22 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir Ă ceux qui gouvernent encore quelque chose. Bonsoir Ă©galement Ă ceux qui ont dĂ©couvert ce matin quâils gouvernaient dĂ©sormais quelque chose sans trĂšs bien savoir pourquoi. Installez-vous. Le bois de la taverne travaille sous lâhumiditĂ©, les verres ont cette couleur brune qui annonce gĂ©nĂ©ralement soit un excellent alcool soit une erreur industrielle et quelque part au-dessus de nous une araignĂ©e parfaitement impartiale contemple le Cybermonde avec cette sĂ©rĂ©nitĂ© particuliĂšre des crĂ©atures qui savent dĂ©jĂ comment les historiens se tromperont demain. Il faut dire que la journĂ©e a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©reuse. Nous avons vu un Paradigme Vert annoncer sa propre fin avant de se proclamer Ă nouveau sous une devise mĂȘlant thĂ©ologie, nuclĂ©aire et Ă©co-terrorisme. Nous avons vu une ConfĂ©dĂ©ration dĂ©fendre la dĂ©mocratie en lançant des commandos contre un poste-frontiĂšre. Nous avons vu le Khanat proposer de sauver les Ă©cologistes en les enfermant chez eux avec des tentes. Nous avons vu la RuthvĂ©nie dĂ©couvrir le fanatisme de masse et nous avons vu Kraland investir dans les missiles nuclĂ©aires avec lâenthousiasme mĂ©thodique dâun comptable qui vient de comprendre que le bouton rouge peut lui aussi recevoir un numĂ©ro de formulaire. Tout cela serait inquiĂ©tant si le Cybermonde nâavait pas depuis longtemps pris lâhabitude de transformer chaque catastrophe en tradition locale. Commençons donc par la ForĂȘt de Jade puisque tout le monde semble dĂ©cidĂ© Ă la sauver en lui demandant poliment de choisir quelle armĂ©e souhaite voir camper devant sa porte. Ă lâaube Fawomane Ravenloft transmet la RĂ©gence Ă Karlin. Ce dernier ne perd pratiquement pas une respiration avant dâannoncer une nouvelle Ăšre dont les trois piliers seront lâĂ©co-terrorisme, la thĂ©ologie et le nuclĂ©aire. Il faut reconnaĂźtre Ă Karlin une qualitĂ© politique remarquable. LĂ oĂč certains gouvernements passent six mois Ă chercher une doctrine cohĂ©rente il a choisi trois mots capables dâeffrayer simultanĂ©ment un pacifiste, un rationaliste et un assureur. Puis il ouvre son Kramail Ă toutes les puissances en invitant les ElmĂ©riens Ă parler SibĂ©ria, Kraland Ă revoir ses rapports avec la province, la ConfĂ©dĂ©ration Ă lui proposer la guerre et lâEmpire Brun Ă devenir un peu plus bavard. Jâadmire cette diplomatie. On ne tend plus la main. On distribue des invitations personnalisĂ©es Ă la prochaine crise. Aya Ravenloft tente pendant ce temps de rappeler publiquement que Fawomane est adulte tandis que les discours confĂ©dĂ©rĂ©s continuent de tourner autour de la famille Ravenloft avec cette dĂ©licatesse dâhuissier qui aurait dĂ©couvert la psychanalyse dans un manuel de siĂšge. La ForĂȘt elle-mĂȘme contribue Ă lâambiance avec des rebelles, des clones, des lianes tueuses et une scierie expropriĂ©e pour arrĂȘter la dĂ©forestation. Il Ă©tait probablement nĂ©cessaire dâabattre administrativement la scierie avant quâelle ne commence Ă scier.Puis la guerre reprend son mĂ©tier. Ă la BarriĂšre Carmin les commandos de la ConfĂ©dĂ©ration assiĂšgent un poste-frontiĂšre pendant que les guerriĂšres slavones forment entre les camps un corridor aussi impressionnant quâinutile parce que leurs alliances les empĂȘchent prĂ©cisĂ©ment de faire ce quâune armĂ©e fait normalement lorsquâelle se retrouve entre deux adversaires. La diplomatie moderne vient donc dâinventer le soldat dĂ©coratif. Il porte une arme, possĂšde une position stratĂ©gique et dispose de suffisamment de traitĂ©s pour ne pouvoir lâutiliser contre personne. Paul-Steeve Saint-Sauveur proclame lâĂ©tat dâurgence au nom de la menace vĂ©gĂ©tale et explique que les arbres envahissent les frontiĂšres. Il encourage les citoyens Ă dĂ©fendre leurs libertĂ©s contre la vĂ©gĂ©tation tandis que La FĂ©e Du bien rĂ©pond en expropriant du bois et que Bob le trĂšs trĂšs terrible rĂ©clame moins de mauvaises herbes tout en recommandant le casque pour dĂ©couper des ailes de fĂ©es Ă la tronçonneuse. La dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e atteint ici sa forme la plus pure. Chaque citoyen possĂšde une voix. Certains possĂšdent Ă©galement une hache. Lâadministration ne paraĂźt pas encore avoir dĂ©terminĂ© laquelle des deux constitue le bulletin de vote principal.Dans cette mĂȘme ForĂȘt arrive alors GŃĂžbatchev. Je vous invite Ă savourer cette phrase. Elle possĂšde Ă elle seule le poids dâun mauvais prĂ©sage. Le moustachu se domicilie Ă Accalmie puis se prĂ©sente aux Ă©lections de Bourgmestre et de Gouverneur avant de promettre que la ForĂȘt restera Verte. Il affirme avoir deux Ă©lections Ă gagner, des Casques Bleus Ă rĂ©former, des victoires militaires Ă obtenir et surtout une moustache Ă entretenir. La politique aurait pu sâarrĂȘter lĂ . Elle aurait mĂȘme pu devenir Ă©lĂ©gante. Mais Tears Velzard lui rappelle immĂ©diatement quâelle possĂšde une solution Ă lâensemble de ses problĂšmes et quâun compte reste Ă rĂ©gler entre eux. Sophos prend alors la parole au nom de Kraland pour prĂ©senter ses excuses officielles au Paradigme pour le retour du moustachu en suggĂ©rant que lâAustraline nâa manifestement pas suffi Ă rĂ©soudre le dossier. Une nation ordinaire aurait tentĂ© de nier toute responsabilitĂ©. Kraland prĂ©sente ses excuses pour ne pas avoir exilĂ© quelquâun assez fort. Câest Ă cela quâon reconnaĂźt une administration mature.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă Kraland oĂč les laboratoires travaillent avec cette fĂ©brilitĂ© admirable qui prĂ©cĂšde gĂ©nĂ©ralement soit une dĂ©couverte majeure soit un quartier Ă reconstruire. Logan Komikov prĂ©lĂšve une somme considĂ©rable au nom de la recherche puis arrose les ministĂšres concernĂ©s avec la conviction dâun homme qui considĂšre quâun budget nâest rĂ©ellement scientifique que lorsquâil cesse dâappartenir aux contribuables. Peu aprĂšs ZĂžra offre Ă la RĂ©publiK la technologie des missiles nuclĂ©aires. La justification officielle prĂ©cise que cette technologie est nĂ©cessaire pour fabriquer des missiles nuclĂ©aires. Jâaimerais que les gĂ©nĂ©rations futures retiennent cette phrase. Elle possĂšde la splendeur intellectuelle dâune porte portant lâinscription selon laquelle elle sert Ă passer par une porte. Pendant ce temps Dragnor lance des recherches sur la magie et sur lâentraĂźnement militaire au fenouil. LâidĂ©e est simple. Des soldats capables de manger du fenouil matin midi et soir pendant plusieurs semaines seront psychologiquement prĂȘts Ă tout. Sur ce point la science kralandaise me semble difficilement rĂ©futable.Mais je dois maintenant Ă©voquer une opĂ©ration dont Radio NĂ©crotoile accepte avec gravitĂ© la responsabilitĂ© morale et dont le MinistĂšre de lâInformation se rĂ©serve Ă©videmment le droit de nier les modalitĂ©s prĂ©cises dĂšs que les crĂ©anciers commenceront Ă poser des questions. La Bourse cybermondiale semble avoir subi un effondrement suffisamment disgracieux pour perturber jusquâau grand mĂ©canisme nocturne chargĂ© de remettre le monde en ordre. Certains parlent dâun simple accident. Dâautres Ă©voquent une dĂ©faillance technique. Ces gens manquent dâimagination et surtout de respect pour Kraland. Nous revendiquons donc lâassaut boursier. Les Ă©quipes Ă©conomiques de la RĂ©publiK sont actuellement occupĂ©es Ă remplacer mĂ©thodiquement chaque piĂšce en circulation par un Franc Kra. Une par une. Ă la main si nĂ©cessaire. Si la mise Ă jour du monde prend du retard câest simplement parce quâun fonctionnaire kralandais refuse de laisser passer une monnaie non conforme sans tampon. Il faut comprendre la grandeur de lâentreprise. Les autres nations dĂ©valuent. Kraland remplace physiquement la rĂ©alitĂ© monĂ©taire. Quand le dernier sou Ă©tranger aura Ă©tĂ© saisi par un agent en blouse grise et remplacĂ© par un billet imprimĂ© lĂ©gĂšrement de travers nous considĂ©rerons lâĂ©conomie comme stabilisĂ©e. Les banquiers qui souhaitent protester peuvent naturellement venir sur cette antenne. Nous vĂ©rifierons dâabord si leur plainte est libellĂ©e en FK. Restons un instant dans les territoires que lâon prĂ©tend vouloir pacifier car le Khanat ElmĂ©rien vient de proposer une contribution dâune dĂ©licatesse absolument tribale. ValĂ©rane Lunatic annonce son projet de sauver le Paradigme Vert en lui offrant ce quâelle appelle lâautarcie. Le principe consiste Ă dresser un mur de tentes aux frontiĂšres et Ă reconduire tout Paradigmien rencontrĂ© hors de son territoire vers lâintĂ©rieur. Elle invite mĂȘme les autres nations Ă participer en adaptant le matĂ©riau du mur Ă leur identitĂ©. Des esclaves pour les Bruns. Des GuerriĂšres Slavones pour Kraland. Des Casques Bleus pour la ConfĂ©dĂ©ration. Je reconnais ici le gĂ©nie elmĂ©rien. Les diplomates ordinaires proposent des zones tampons. Les ElmĂ©riens proposent un mobilier de camping suffisamment vaste pour devenir une politique Ă©trangĂšre. Pigeon Ronron paraĂźt de son cĂŽtĂ© beaucoup moins enthousiaste Ă lâidĂ©e de discussions privĂ©es avec Karlin. Il prĂ©fĂšre que tout se dĂ©roule publiquement afin que chacun puisse mentir devant tĂ©moins. Câest une mĂ©thode que cette Ă©mission soutient depuis toujours. La vĂ©ritĂ© devient beaucoup plus facile Ă repĂ©rer lorsquâelle est entourĂ©e dâun nombre suffisant de dĂ©clarations officielles.Le ValĂ©gro offre pendant ce temps le spectacle plus discret dâune province qui voudrait simplement rĂ©parer ses routes avant quâune nouvelle philosophie politique ne lui tombe dessus. Ămile Liarr est dĂ©sormais Duc et nomme Koshka Capitaine tandis que Sysson multiplie les signes de fidĂ©litĂ© au Royaume de RuthvĂ©nie. Il faut comprendre la subtilitĂ© de la situation. Le ValĂ©gro a tellement Ă©tĂ© disputĂ© entre idĂ©ologies que chaque discours local ressemble dĂ©sormais Ă quelquâun qui plante un drapeau dans son propre salon pour rappeler aux voisins oĂč se trouve la frontiĂšre. Pourtant les habitants continuent Ă produire, Ă trouver de lâor, Ă vendre du bĂ©tail et Ă discuter de rĂ©coltes. Câest peut-ĂȘtre la chose la plus subversive observĂ©e aujourdâhui. Des gens qui vivent dans une province contestĂ©e ont dĂ©cidĂ© dâavoir une Ă©conomie avant que les grandes puissances aient terminĂ© de leur expliquer Ă qui elle appartient. PierreJean parle de champs, de foi et de dĂ©mons avec la mĂȘme gravitĂ© paysanne tandis quâ Ămile tente de replacer le ValĂ©gro dans une logique locale. Je ne dis pas que cela fonctionnera. Je dis simplement que vouloir administrer une province Ă partir de ses habitants plutĂŽt quâĂ partir dâune carte dĂ©pliĂ©e dans un palais constitue dĂ©jĂ une expĂ©rimentation suffisamment radicale pour mĂ©riter surveillance.La RuthvĂ©nie elle-mĂȘme nâest pas restĂ©e inactive puisquâelle vient de dĂ©couvrir le Fanatisme de Masse. Je fĂ©licite Jojo lâAffreux pour cette avancĂ©e scientifique admirable. Les citoyens peuvent dĂ©sormais ĂȘtre officiellement fanatisĂ©s en faveur du gouvernement. Les monarchies anciennes demandaient la fidĂ©litĂ© par tradition, la RĂ©publiK lâobtient par formulaire et la RuthvĂ©nie vient apparemment dâen faire une technologie. Dame DĂ©merzel nomme parallĂšlement La Culotte Ministre de lâInformation. Il faut respecter une civilisation capable de confier sa propagande nationale Ă un sous-vĂȘtement sacrĂ© puis de considĂ©rer cela comme une dĂ©cision institutionnelle parfaitement raisonnable. La Culotte sort de prison et diffuse aussitĂŽt son attachement au Royaume. Il existe des carriĂšres politiques qui prennent vingt ans. Dâautres nĂ©cessitent simplement dâĂȘtre une Ă©toffe bĂ©nie suffisamment persistante.En HĂ©lĂ©nie le concept dâinstitution continue Ă©galement dâĂȘtre Ă©tudiĂ© avec beaucoup de crĂ©ativitĂ©. Sultan Omar Al KhaĂŻd sâĂ©vade puis se fait reprendre tandis que Dorian rĂ©pare les barreaux, bouche le tunnel et ajoute une cour Ă la prison avant de prolonger la peine du fugitif. JâapprĂ©cie Ă©normĂ©ment cette administration. On ne cherche pas pourquoi les dĂ©tenus partent. On amĂ©liore mĂ©thodiquement la qualitĂ© du lieu oĂč ils seront remis aprĂšs leur retour. Scarleit lance parallĂšlement deux projets dont lâun nĂ©cessite des spĂ©cialistes de robotique et lâautre un guide de prise dâotages ainsi quâun responsable chargĂ© de vĂ©rifier que les preneurs dâotages respectent correctement les rĂšgles. Câest probablement la premiĂšre politique de sĂ©curitĂ© du Cybermonde qui envisage lâenlĂšvement comme une activitĂ© nĂ©cessitant un manuel de qualitĂ©. Jâattends le formulaire de satisfaction des otages.Et puis il y a Mystisie. Il y a toujours Mystisie. Silas des Sables prĂ©pare une fĂȘte Ă©lectorale avec brĂ»lage dâurnes, lancer Ă la mer et salade tomate-pĂ©trole gĂ©ante tandis que Reben Mife dĂ©couvre un gros filon dâor et que Don Amortel nomme Lyanna de Nansay Capitaine. Quelques heures plus tard un portail dĂ©moniaque apparaĂźt Ă Trou Perdu. Personne ne semble vĂ©ritablement surpris. Câest une province oĂč lâon peut chercher de lâor le matin, cĂ©lĂ©brer la dĂ©mocratie en brĂ»lant ses urnes le soir et terminer la journĂ©e devant un portail vers les enfers en se demandant uniquement sâil faut prĂ©voir davantage de chaises. LâEmpire Brun conserve ici une avance civilisationnelle considĂ©rable dans lâart de transformer chaque Ă©vĂ©nement surnaturel en problĂšme dâintendance.Je voudrais terminer sur un dĂ©tail qui rĂ©sume assez bien lâĂ©tat du Cybermonde. Ă lâĂle aux Kanards un drapeau kralandais est hissĂ© puis remplacĂ© presque immĂ©diatement par celui du Paradigme Vert. Ă GĂ©ofront Mandy Chantargent explique que lâindĂ©pendance fonctionne mais que la candidature kralandaise devient sĂ©duisante parce que les dignitaires de la RĂ©publiK se montrent prĂ©sents et amicaux. Ă Accalmie les militants sâaffrontent pour dĂ©cider quelle couleur politique doit dominer la forĂȘt pendant que des crĂ©atures carnivores prennent les armes. Au Khanat on perfectionne la propagande comme discipline scientifique. Ă Ruthvenville on invente le fanatisme administratif. Et quelque part entre deux banques probablement en flammes des agents kralandais comptent encore les piĂšces quâils doivent remplacer par des Francs Kra avant que le monde puisse reprendre son mouvement normal.Mes chers auditeurs le Cybermonde nâest pas au bord du chaos. Cette expression supposerait quâil existe encore un bord. Il existe seulement une immense table autour de laquelle six nations prĂ©tendent simultanĂ©ment remettre de lâordre tandis que chacune tient dans sa main quelque chose qui brĂ»le, explose, vote, mord ou rĂ©clame un formulaire. Restons un instant en RuthvĂ©nie oĂč Dame DĂ©merzel vient dâapporter Ă la monarchie une rĂ©ponse dâune ampleur admirable Ă lâun des plus anciens ennemis de la dignitĂ© humaine, la moiteur. LĂ oĂč un peuple ordinaire ouvrirait une fenĂȘtre, boirait davantage dâeau ou accepterait simplement que lâĂ©tĂ© existe, le Royaume a prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©couvrir le Mur Climatiseur GĂ©ant, technologie permettant de rafraĂźchir une ville entiĂšre afin que plus aucun sujet de la Couronne ne soit contraint de transpirer sans autorisation royale. Il faut reconnaĂźtre ici toute la grandeur de la pensĂ©e ruthvĂšne. Lorsquâun problĂšme devient lĂ©gĂšrement inconfortable on ne cherche pas Ă le rĂ©soudre discrĂštement. On lui construit une architecture monumentale. Les chroniques retiendront peut-ĂȘtre que la RuthvĂ©nie a connu des guerres, des crises dynastiques et des provinces disputĂ©es mais elles retiendront surtout quâau moment dĂ©cisif elle a regardĂ© lâhumiditĂ© droit dans les yeux et lui a opposĂ© un mur. Je ne sais pas encore combien de villes seront ainsi climatisĂ©es ni combien de gĂ©nĂ©rations devront entretenir les conduits mais je sais dĂ©jĂ que quelque part un noble vient de dĂ©couvrir quâil peut dĂ©sormais souffrir de ses intrigues politiques Ă tempĂ©rature constante. Les ingĂ©nieurs ruthvĂšnes qui souhaiteraient prĂ©ciser si le dispositif refroidit Ă©galement les ambitions sont naturellement invitĂ©s Ă contacter Radio NĂ©crotoile.Mâenfin avant de rendre lâantenne je dois rassurer ceux qui regardent avec inquiĂ©tude les horloges du Cybermonde et se demandent pourquoi le grand mĂ©canisme nocturne refuse obstinĂ©ment de remettre le monde en ordre. La rĂ©ponse est dâune simplicitĂ© presque insultante. La Bourse a crachĂ© et Radio NĂ©crotoile revendique officiellement lâassaut au nom de la grandeur Ă©conomique de la RĂ©publiK. Il ne sâagit Ă©videmment pas dâun effondrement financier mais dâune opĂ©ration de conversion monĂ©taire dâune ambition si considĂ©rable que les rouages mĂȘmes de la rĂ©alitĂ© ont dĂ» sâarrĂȘter pour laisser travailler lâadministration. Ă lâheure oĂč je vous parle des fonctionnaires kralandais parcourent encore les coffres, les poches, les tiroirs, les bas de laine et probablement quelques cadavres particuliĂšrement Ă©conomes afin de remplacer chaque piĂšce Ă©trangĂšre par un Franc Kra. Une par une. Avec formulaire si nĂ©cessaire. Le retard continuera donc aussi longtemps quâun seul sou non conforme circulera quelque part sans avoir Ă©tĂ© correctement rééduquĂ© par le TrĂ©sor public. Les Ă©conomistes Ă©trangers parleront de krach. Les banquiers parleront de catastrophe. Les historiens parleront peut-ĂȘtre un jour de folie. Ils auront tous tort puisque Kraland vient simplement de dĂ©montrer quâil existe une maniĂšre beaucoup plus efficace de dominer les marchĂ©s que de possĂ©der leur argent. Il suffit de dĂ©cider que leur argent est dĂ©sormais le nĂŽtre. Radio NĂ©crotoile restera Ă©videmment parfaitement impartiale pendant toute la durĂ©e de cette catastrophe. Les concernĂ©s peuvent venir nier publiquement tout ce qui vient dâĂȘtre dit. Je leur recommande simplement de se munir de preuves, dâun verre solide et de suffisamment de Francs Kra pour payer les frais de dossier. Les lignes sont ouvertes. ![]() |
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« Mâenfin avant de rendre lâantenne je dois rassurer ceux qui regardent avec (...)
Spoiler Extrait de la derniĂšre Ă©mission NĂ©crotoile: « Mâenfin avant de rendre lâantenne je dois rassurer ceux qui regardent avec inquiĂ©tude les horloges du Cybermonde et se demandent pourquoi le grand mĂ©canisme nocturne refuse obstinĂ©ment de remettre le monde en ordre. La rĂ©ponse est dâune simplicitĂ© presque insultante. La Bourse a crachĂ© et Radio NĂ©crotoile revendique officiellement lâassaut au nom de la grandeur Ă©conomique de la RĂ©publiK. Il ne sâagit Ă©videmment pas dâun effondrement financier mais dâune opĂ©ration de conversion monĂ©taire dâune ambition si considĂ©rable que les rouages mĂȘmes de la rĂ©alitĂ© ont dĂ» sâarrĂȘter pour laisser travailler lâadministration. Ă lâheure oĂč je vous parle des fonctionnaires kralandais parcourent encore les coffres, les poches, les tiroirs, les bas de laine et probablement quelques cadavres particuliĂšrement Ă©conomes afin de remplacer chaque piĂšce Ă©trangĂšre par un Franc Kra. Une par une. Avec formulaire si nĂ©cessaire. Le retard continuera donc aussi longtemps quâun seul sou non conforme circulera quelque part sans avoir Ă©tĂ© correctement rééduquĂ© par le TrĂ©sor public. Les Ă©conomistes Ă©trangers parleront de krach. Les banquiers parleront de catastrophe. Les historiens parleront peut-ĂȘtre un jour de folie. Ils auront tous tort puisque Kraland vient simplement de dĂ©montrer quâil existe une maniĂšre beaucoup plus efficace de dominer les marchĂ©s que de possĂ©der leur argent. Il suffit de dĂ©cider que leur argent est dĂ©sormais le nĂŽtre. » ALLOCUTION OFFICIELLE DU MINISTĂRE DE LâĂCONOMIE ![]() ![]() Kramarades ! LâopĂ©ration Rafle Kollectivisationniste sâest extrĂȘmement bien dĂ©roulĂ©e. Vous lâaurez notĂ©, les fonctionnaires des impĂŽts sont passĂ©s dans la nuit, ils vous ont tout pris. Il nây a pas une seule monnaie qui a rĂ©sistĂ© Ă la puissance administrative de notre Glorieuse Nation. Tout a Ă©tĂ© converti, tout ! Des heures de travail pour pouvoir nourrir la Machine Scientifique de la MĂšre Patrie. Alors oui, effectivement, vous avez notĂ© des perturbations dans le cycle du changement quotidien cybermondial⊠Mais la RĂ©publique avait une prioritĂ©, celle de lancer lâopĂ©ration Ă©conomico-kollectiviste la plus ambitieuse de son histoire ! En tout cas, vous noterez le succĂšs, nous avons retrouvĂ© grace Ă cela la technique de production de notre bonne vieille Bombe du Bonheur, pour que les gens soient heureux sans effort et⊠la technique de production des missiles nuclĂ©aires ! Tout cela pour crĂ©er un cocktail de joie destructive et impitoyable. Alors ? Câest pas le pied le Socialo-Graffitisme ? |
23/08 (09:42) | Logan Komikov |
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24 Aout 6662026
[spoiler]Il existe des civilisations qui mesurent leur solidité à (...)
![]() 24 Aout 6662026 Spoiler Il existe des civilisations qui mesurent leur soliditĂ© Ă leurs cathĂ©drales. Dâautres la mesurent Ă leurs frontiĂšres. Certaines regardent la taille de leurs armĂ©es ou la profondeur de leurs coffres. Le Cybermonde a choisi une mĂ©thode infiniment plus honnĂȘte. Nous regardons combien de fois il est possible de brĂ»ler un bureau de vote avant que quelquâun annonce tout de mĂȘme le rĂ©sultat avec suffisamment dâassurance pour que chacun fasse semblant de trouver cela parfaitement normal. Cette nuit nous avons obtenu une rĂ©ponse trĂšs satisfaisante. Beaucoup. Vraiment beaucoup. Je vous souhaite donc la bienvenue sur Radio NĂ©crotoile oĂč nous nâavons jamais prĂ©tendu que la civilisation fonctionnait correctement. Nous nous contentons de prendre des notes pendant quâelle dĂ©montre avec application que nous avions raison. Commençons Ă Mystisie puisquâil faut toujours dĂ©buter une soirĂ©e mondaine par la piĂšce oĂč les rideaux sont dĂ©jĂ en feu. Silas des Sables avait eu une idĂ©e dâune puretĂ© admirable. Pour cĂ©lĂ©brer la fin des Ă©lections de Lampe du GĂ©nie il suffisait de brĂ»ler les urnes puis de les jeter Ă la mer. Rien de trĂšs compliquĂ©. Une tradition populaire possĂšde toujours davantage de charme lorsquâelle oblige la police Ă rĂ©diger des avis de recherche. Les habitants ont donc rĂ©pondu avec cet enthousiasme particulier que lâEmpire Brun rĂ©serve habituellement aux expĂ©riences que tout manuel raisonnable commencerait par interdire. Silice de Pont-Krivell a apportĂ© ses allumettes. Nyx FlammĂšche a participĂ©. Jay Padbol a participĂ©. Ombre Minusculique a empilĂ© les bulletins avant de prĂ©parer ses guimauves au-dessus du brasier avec ce remarquable instinct politique qui distingue immĂ©diatement la dĂ©mone ordinaire de la citoyenne engagĂ©e. Le feu a ensuite gagnĂ© la ville. CâĂ©tait prĂ©visible. Il serait injuste de reprocher Ă une flamme de manquer de discipline administrative lorsquâon vient prĂ©cisĂ©ment de lui expliquer que la mairie Ă©tait un buffet.Mais la vĂ©ritable Ćuvre dâart appartenait Ă Don Amortel. Le gouverneur de Mystisie tenta lui aussi dâincendier le bureau Ă©lectoral et perdit son poste pour dĂ©lit politique. Quelques heures plus tard il remporta lâĂ©lection municipale de Lampe du GĂ©nie avec douze voix contre une. Je tiens Ă insister sur la beautĂ© constitutionnelle de cette succession. Dans certaines nations perdre une fonction Ă cause dâun crime politique pourrait nuire Ă une carriĂšre. En Mystisie cela ressemble davantage Ă une campagne de proximitĂ©. On brĂ»le lâendroit oĂč les gens votent puis les gens vous Ă©lisent Ă la tĂȘte de lâendroit que vous venez de brĂ»ler. Il est difficile de concevoir une relation plus intime entre le candidat et lâinstitution. Silas des Sables a ensuite usurpĂ© le gouvernorat vacant en parlant dâune simple rĂ©organisation hiĂ©rarchique. Je ne sais pas qui enseigne lâadministration publique en Empire Brun mais cette personne mĂ©rite une chaire universitaire et probablement une surveillance permanente.Je pourrais naturellement accuser lâEmpire dâavoir transformĂ© la dĂ©mocratie locale en spectacle pyrotechnique. Ce serait pourtant manquer la sophistication de lâensemble. Le vieux gĂ©nie brun consiste Ă ne jamais choisir entre lâĂ©lection et le coup dâĂtat lorsquâon peut trĂšs bien pratiquer les deux dans la mĂȘme soirĂ©e. On vote pour Don Amortel. Don Amortel perd son gouvernorat. Silas des Sables rĂ©cupĂšre le gouvernorat. Les urnes brĂ»lent. La ville brĂ»le. Le lendemain chacun occupe un bureau diffĂ©rent. Câest moins un systĂšme politique quâun meuble que plusieurs personnes dĂ©placent pendant que la maison prend feu. Les Mystisiens dĂ©sireux de contester cette analyse sont chaleureusement invitĂ©s Ă venir au micro. Ceux qui possĂšdent encore leurs sourcils bĂ©nĂ©ficieront naturellement dâun temps de parole prioritaire.VoilĂ qui nous conduit assez naturellement Ă la ConfĂ©dĂ©ration Libre car aprĂšs avoir observĂ© une dĂ©mocratie brĂ»ler ses urnes il est reposant dâen rencontrer une autre qui prĂ©fĂšre brĂ»ler ses administrĂ©s par voie fiscale. La grande affaire du jour sâappelle Merula. Le ministre de lâĂconomie Patrick DePouch avait dĂ©cidĂ© quâune femme trouvĂ©e avec beaucoup trop de clefs mĂ©ritait quâon ouvre ses comptes avec la dĂ©licatesse dâun chirurgien muni dâune masse. Le redressement fut de dix pour cent et coĂ»ta plus de vingt-deux mille unitĂ©s confĂ©dĂ©rĂ©es. Son patrimoine fut Ă©talĂ© avec une minutie presque amoureuse. BĂątiments. matĂ©riel. vieilles clefs. clefs vierges. trappes. outils de voleur. La dĂ©mocratie venait de dĂ©couvrir que le meilleur moyen de lutter contre quelquâun qui ouvre les portes consiste Ă lui ouvrir les livres de comptes. Patrick DePouch expliqua alors avec une gravitĂ© superbe que la patience confĂ©dĂ©rĂ©e Ă©tait immense mais comptabilisĂ©e. Quelques heures plus tard il tenta lui-mĂȘme de fabriquer une fausse clef afin dâentrer dans une quincaillerie dâAccalmie. Une dĂ©fense laser lui tira dessus. Il devint recherchĂ©. Il perdit son ministĂšre. La police lâarrĂȘta. Il sortit de prison. Puis le nouveau PrĂ©sident le renomma ministre de lâĂconomie. Il faut reconnaĂźtre quâun homme capable de transformer une politique de lutte contre les fausses clefs en dĂ©monstration pratique possĂšde une connaissance du dossier difficilement contestable. Je suppose que câest ce que la ConfĂ©dĂ©ration appelle lâexpĂ©rience professionnelle.Ne croyez pas que ce dĂ©tail soit secondaire. Il rĂ©sume admirablement cette nation. La ConfĂ©dĂ©ration possĂšde une capacitĂ© presque mystique Ă transformer chacune de ses contradictions en preuve supplĂ©mentaire de dĂ©mocratie. Un ministre poursuivi par la police est la preuve que personne nâest au-dessus de la loi. Sa rĂ©intĂ©gration quelques minutes plus tard est la preuve que chacun mĂ©rite une seconde chance. Le fait que ce soit la mĂȘme administration qui accomplisse les deux opĂ©rations prouve naturellement la soliditĂ© des institutions. Si demain Patrick DePouch devient ministre de la Serrurerie je considĂ©rerai le dossier dĂ©finitivement cohĂ©rent.Et puisquâon parle de cohĂ©rence confĂ©dĂ©rĂ©e il serait criminel de passer sous silence lâascension de Jean-Messie de la Nation. Avant de devenir PrĂ©sident il a quittĂ© le gouvernorat du Milieu avec une Ă©lĂ©gance trĂšs particuliĂšre. Il a distribuĂ© cent unitĂ©s Ă chaque citoyen puis a dĂ©missionnĂ© pour prendre ses nouvelles fonctions. Ensuite lâĂ©lection prĂ©sidentielle est arrivĂ©e. Quatre voix. Cent pour cent. Un seul candidat. Les grandes dĂ©mocraties produisent parfois des rĂ©sultats si parfaits que mĂȘme une dictature hĂ©siterait Ă les publier par peur de manquer de subtilitĂ©. Je fĂ©licite donc Jean-Messie de la Nation pour cette victoire absolument incontestable et particuliĂšrement difficile contre lâabsence totale dâadversaire.Son remplacement au Milieu mĂ©rite Ă©galement quelques lignes. Jean Mouloud Marteux a nommĂ© Gronullos du patĂ© gouverneur tout en expliquant que son absence dâexpĂ©rience constituait prĂ©cisĂ©ment une qualitĂ© car un homme sans passĂ© administratif est un homme sans dossier. Câest une pensĂ©e extraordinaire. Si elle se rĂ©pand le prochain gouvernement pourra ĂȘtre recrutĂ© directement Ă la sortie dâune amnĂ©sie collective. Gronullos du patĂ© sâest ensuite prĂ©sentĂ© Ă lâĂ©lection du gouvernorat quâil occupait dĂ©jĂ . Je trouve ce geste profondĂ©ment dĂ©mocratique. Il rassure lâĂ©lecteur en lui permettant de dĂ©cider si la personne dĂ©jĂ installĂ©e dans le fauteuil mĂ©rite le fauteuil oĂč elle est assise. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s appellent probablement cela donner le dernier mot au peuple. Le meuble reste cependant occupĂ© pendant la consultation.Mais le Milieu nâest quâun salon tandis quâĂ la ForĂȘt de Jade on a prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©placer toute la maison avec les occupants encore Ă lâintĂ©rieur. Cette guerre entre le Paradigme Vert et la ConfĂ©dĂ©ration Libre atteint dĂ©sormais ce stade exquis oĂč chaque camp explique quâil ne fait que rĂ©pondre Ă lâautre tout en progressant vers lui avec suffisamment dâhommes armĂ©s pour rendre lâargument thĂ©orique. Stella Darnus a repris BarriĂšre Carmin sous pavillon vert et dĂ©clarĂ© que ce territoire ne serait pas nĂ©gociĂ©. Elle affirme Ă©galement que soixante-deux soldats ennemis seraient tombĂ©s lors dâune offensive paradigmienne. Je prĂ©cise quâil sâagit de son bilan annoncĂ© et non dâun dĂ©compte effectuĂ© par cette rĂ©daction. Radio NĂ©crotoile tient beaucoup Ă la prĂ©cision lorsquâil est question de morts. Les vivants mentent suffisamment pour que nous Ă©vitions dâinscrire les cadavres deux fois.Le ministre de la Guerre Solas a rĂ©compensĂ© Stella Darnus dâune Croix de Guerre Naturelle et prĂ©sentĂ© les combats comme une rĂ©sistance hĂ©roĂŻque face aux envahisseurs dâAccalmie. La nature a donc dĂ©sormais des mĂ©dailles militaires. CâĂ©tait inĂ©vitable. DĂšs quâune forĂȘt commence Ă disposer dâun ministĂšre de la Guerre il ne reste quâune courte distance philosophique avant quâun chĂȘne reçoive une pension dâancien combattant. Pendant ce temps les armĂ©es confĂ©dĂ©rĂ©es et paradigmiennes continuent de se chercher Ă Accalmie et BarriĂšre Carmin. La Pacificatrice dirige des forces confĂ©dĂ©rĂ©es dans une province oĂč son nom prend chaque heure une profondeur nouvelle. Jâai toujours admirĂ© les titres professionnels capables de survivre Ă leur propre activitĂ©.Le cĆur du conflit demeure pourtant politique. Jean-Messie de la Nation a expliquĂ© aux habitants que la zone dĂ©militarisĂ©e leur ouvrait les portes et que la ConfĂ©dĂ©ration Ă©tait mĂȘme disposĂ©e Ă leur laisser lâadministration locale Ă condition quâils acceptent leur rattachement Ă la dĂ©mocratie. Cette formulation devrait ĂȘtre conservĂ©e dans du cristal. Nous vous laisserons administrer votre maison Ă condition que vous acceptiez quâelle nous appartienne. Câest une conception gĂ©nĂ©reuse de lâautonomie et je serais curieuse de voir ce quâelle donne appliquĂ©e aux portefeuilles. Je ne vous vole pas votre argent. Je vous laisse entiĂšrement libre de choisir dans quelle poche de mon manteau vous souhaitez le ranger.En face le Paradigme Vert rĂ©pond avec exactement le mĂȘme aplomb. Il dĂ©fend la paix en annonçant que la nature est dĂ©sormais en guerre. Il proclame lâintĂ©gritĂ© de la ForĂȘt de Jade pendant que les villages changent de drapeau et que les groupes rebelles apparaissent entre deux manifestations. Aya Ravenloft soutient son gouvernement. Ruby Ravenmaid soutient son gouvernement. La FĂ©e Du bien soutient son gouvernement. Konya soutient son gouvernement quand son Ă©loquence consent Ă coopĂ©rer. GŃĂžbatchev critique la ConfĂ©dĂ©ration puis soutient le Paradigme pendant que la moustache semble avoir obtenu un statut diplomatique propre. Dans cette forĂȘt chacun rĂ©clame la stabilitĂ© avec suffisamment de mouvements de troupes pour secouer les feuilles.Je voudrais attirer votre attention sur un dĂ©tail encore plus dĂ©licieux. La technologie permettant lâintervention armĂ©e a Ă©tĂ© perdue aprĂšs une intrusion informatique puis retrouvĂ©e le mĂȘme jour grĂące aux recherches du Paradigme. Une nation Ă©cologique a donc passĂ© quelques heures Ă oublier comment intervenir militairement chez ses voisins avant de redĂ©couvrir la procĂ©dure. La nature guĂ©rit. Parfois elle restaure mĂȘme les menus stratĂ©giques. Mais le Paradigme ne sâarrĂȘte plus Ă la ForĂȘt de Jade. Karlin regarde maintenant vers la SibĂ©ria et propose une terre plus partagĂ©e oĂč plusieurs puissances pourraient voir leur influence augmenter. Il imagine une SibĂ©ria smogĂ©e et radioactive tout en devenant une terre de plusieurs peuples. Il faut reconnaĂźtre une certaine ambition esthĂ©tique. Lorsquâune province glacĂ©e nâest plus suffisamment compliquĂ©e il suffit dây ajouter du smog puis de lâuranium et plusieurs souverainetĂ©s concurrentes. On obtient alors une confĂ©rence diplomatique avec des risques de mutation.Câest prĂ©cisĂ©ment Ă cet instant que Pr Jean-Michel Nobyl entre dans la piĂšce comme tout scientifique raisonnable entre dans une conversation sur la radioactivitĂ©. En rĂ©clamant davantage de radioactivitĂ©. Le Mouvement MGBT+ sâest dĂ©clarĂ© prĂȘt Ă envoyer une Ă©quipe mĂ©dicale et Ă©ventuellement militaire en SibĂ©ria pour Ă©valuer les mutations puis augmenter la dose. Le professeur propose mĂȘme une annexion quantique par la Plaine IrradiĂ©e quâil dĂ©crit comme orthogonale Ă lâannexion classique. Je ne sais pas si cela rassure rĂ©ellement quelquâun. Jâimagine toutefois quâĂȘtre annexĂ© selon plusieurs axes simultanĂ©s offre une expĂ©rience culturelle plus riche. LachĂ©sis a rĂ©pondu au nom de la puissance brune avec beaucoup moins dâenthousiasme. Selon elle cette idĂ©e de province multinationale ressemble moins Ă une ouverture quâĂ une capitulation et lâEmpire pourrait finir par prĂ©fĂ©rer Bladimir Ă un gouvernement vert jugĂ© trop faible. Nous assistons donc Ă une situation oĂč le Paradigme envisage de partager la SibĂ©ria pour la stabiliser tandis que les mutants proposent de lâirradier pour la sauver et que les Bruns menacent de soutenir un adversaire politique parce quâils trouvent tout le monde insuffisamment agressif. Il manque uniquement quelquâun pour proposer un hĂŽtel thermal au milieu du cratĂšre. Je suis certaine que le projet existe dĂ©jĂ .Restons un instant du cĂŽtĂ© de lâEmpire Brun puisque la Plaine IrradiĂ©e mĂ©rite sa propre chandelle radioactive. Kalogr von Krarovich organise les travaux dâAtome oĂč la gare et lâaĂ©roport ont Ă©tĂ© achevĂ©s et oĂč la caserne devient la nouvelle prioritĂ©. Les arbres mutants sont protĂ©gĂ©s tandis que le bois ordinaire peut ĂȘtre importĂ© depuis des contrĂ©es moins chanceuses. Isotopine envisage naturellement de bombarder une forĂȘt paradigmienne afin de crĂ©er une extension de la forĂȘt mutante. La conservation de la nature a parcouru un long chemin depuis lâinvention de lâarrosoir. Ici on protĂšge les arbres en fermant le camp de bĂ»cherons puis on envisage de lancer des ogives sur ceux du voisin afin de les amĂ©liorer. Je suis presque certaine quâun ministĂšre trouverait un formulaire permettant de classer cela comme reboisement.La Plaine possĂšde aussi une nouvelle arĂšne et cherche des combattants pour lâinaugurer. Misha La Moche propose de lâuranium au vainqueur. Ce dĂ©tail me rassure Ă©normĂ©ment. Un tournoi oĂč des mutants se frappent dans une arĂšne radioactive aurait pu sembler vulgaire sans rĂ©compense culturelle. Lâuranium lui donne immĂ©diatement la noblesse dâune institution.Pendant ce temps la RĂ©publik de Kraland poursuit son Ćuvre plus discrĂšte qui consiste Ă dĂ©montrer quâun peuple peut ĂȘtre heureux si lâadministration lui retire suffisamment de temps pour vĂ©rifier le contraire. LoganKomikov a cĂ©lĂ©brĂ© le succĂšs dâune grande collectivisation oĂč les fonctionnaires auraient selon son propre rĂ©cit tout pris aux citoyens y compris ce quâils ne possĂ©daient pas. Lâargent a ensuite nourri la recherche et permis de retrouver la Bombe du Bonheur ainsi que les missiles nuclĂ©aires. Il fallait Ă©videmment que ces deux technologies rĂ©apparaissent ensemble. Une bombe apporte le Bonheur. Le missile permet simplement dâamĂ©liorer la distribution. Sophos a de son cĂŽtĂ© consacrĂ© soixante pour cent du budget gouvernemental Ă la Recherche et cinq pour cent Ă lâInformation. Je considĂšre cette rĂ©partition dâune sagesse remarquable puisque la science dĂ©couvre les problĂšmes et mon ministĂšre explique ensuite pourquoi ils Ă©taient souhaitables. Erbine a retrouvĂ© les Objets Magiques Majeurs et la technologie sâest ensuite rĂ©pandue au-delĂ de nos frontiĂšres. VoilĂ un progrĂšs tellement kralandais quâil mĂ©rite dâĂȘtre Ă©tudiĂ©. Nous dĂ©pensons pour dĂ©couvrir quelque chose puis le Cybermonde finit par lâobtenir lui aussi. Un esprit mal prĂ©parĂ© parlerait de fuite technologique. Un citoyen correctement instruit parlera dâimpĂ©rialisme scientifique gĂ©nĂ©reux.Le Premier Ministre a Ă©galement nommĂ© Leaves Commissaire du Bonheur avec pour mission de terminer le concours dâart puis de punir les malheureux et surtout ceux qui rĂ©pandent le malheur dans lâUKraSS. Je tiens Ă rassurer ceux qui sâinquiĂštent. Le Bonheur demeure entiĂšrement volontaire. Il est simplement dĂ©conseillĂ© de refuser. Cette diffĂ©rence est essentielle et plusieurs bureaux travaillent actuellement Ă la rendre obligatoire.La RĂ©publique nâoublie pas non plus la Slavonie oĂč K' Velzard a dressĂ© le pavillon kralandais sur le Cruisader tout en annonçant la prise de commandement de la Capitaine Tears Velzard. Les guerriĂšres slavonnes auraient aussitĂŽt annexĂ© le bar et entrepris de contrĂŽler le Shlibuvsky. Je me refuse Ă considĂ©rer cela comme une occupation militaire. Une occupation militaire vise gĂ©nĂ©ralement un objectif stratĂ©gique. Ici nous avons affaire Ă une prioritĂ© nationale.Et puisque je parle de K' Velzard je dois noter quâune interview consacrĂ©e Ă Tears Velzard sâest rĂ©cemment intĂ©ressĂ©e aux costumes ridicules quâelle pourrait faire porter Ă son Ă©poux. Jâai vu certaines rĂ©ponses Ă cette question et je nâen dirai pas davantage ce soir. Disons simplement que la diplomatie kralandaise possĂšde dĂ©sormais une branche culinaire suffisamment grande pour contenir un homme. Les archives feront leur travail.Au Khanat ElmĂ©rien le sens de lâhonneur continue lui aussi de produire ses propres lois physiques. TifaLockHeart sâest Ă©tonnĂ©e quâune attaque contre une rivale pour prendre un poste de Khane puisse entraĂźner des reprĂ©sailles contre sa villa. Elle se demandait en substance si lâon nâĂ©tait plus libre de frapper quelquâun sur ses propres terres pour obtenir une fonction sans subir de consĂ©quences dĂ©mesurĂ©es. VoilĂ une question juridique que seule une sociĂ©tĂ© vĂ©ritablement tribale pouvait poser avec une telle innocence. Le droit elmĂ©rien repose peut-ĂȘtre sur un principe trĂšs simple. Vous ĂȘtes libre de frapper qui vous voulez et les autres sont libres de considĂ©rer cela comme le dĂ©but de la conversation. Bressia a rĂ©pondu en expliquant que la querelle continuerait notamment Ă cause du compagnon de TifaLockHeart. Ailleurs en ElmĂ©rie Katniss Ravenloft a tentĂ© un coup montĂ© contre Marika Voren puis lâa dĂ©fiĂ©e en duel pendant que Marika Voren tentait de racketter le fils du bourgmestre et de voler des panneaux de signalisation. Je me garderai de dĂ©terminer laquelle des deux reprĂ©sentait lâordre public. Dans le Khanat cette question pourrait ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme une provocation et je tiens Ă conserver mes panneaux.Il faut maintenant quitter un instant les incendies et les guerres pour parler du ValĂ©gro oĂč lâon cĂ©lĂ©brait le mariage de PrĂ©cieuse Liarr et Emile Liarr. La cĂ©rĂ©monie a survĂ©cu. Les mariĂ©s aussi. La photographie officielle existe mĂȘme si une rumeur affirme que le photographe aurait Ă©tĂ© payĂ© si modestement quâil aurait cadrĂ© seulement la moitiĂ© des invitĂ©s. Jâaime Ă©normĂ©ment cette version car elle rĂ©sume la mĂ©moire politique mieux que nâimporte quel traitĂ© dâhistoire. Nous passons notre existence Ă organiser de grands Ă©vĂ©nements puis quelquâun choisit ce qui entre dans le cadre et cinquante ans plus tard les absents doivent expliquer quâils Ă©taient pourtant lĂ . Jean-Messie de la Nation a dâailleurs reçu plusieurs tartes Ă la crĂšme pendant les festivitĂ©s avec un taux de rĂ©ussite variable. Cassandre Lemage Garinali a voulu organiser une chenille puis faire disparaĂźtre la mariĂ©e et a ensuite tentĂ© une tĂ©lĂ©portation contre PrĂ©cieuse Liarr. LâopĂ©ration a Ă©chouĂ©. Une enclume lui Ă©tait dĂ©jĂ tombĂ©e sur la tĂȘte quelque temps auparavant. Je considĂšre lâenclume comme un excellent commentateur politique. Elle intervient rarement mais son argumentation possĂšde un poids considĂ©rable.Ă minuit les Ătats ont comptĂ© leurs impĂŽts. Les armĂ©es ont reçu leurs soldes. Les ministĂšres ont reçu leurs parts. Les villes sans HĂŽtel de Ville ont regardĂ© leur argent ĂȘtre pillĂ© avec la sĂ©rĂ©nitĂ© administrative de ceux qui savent que le rapport mentionnera tout de mĂȘme la recette. Jean-Messie de la Nation est devenu PrĂ©sident avec cent pour cent des voix. Don Amortel est devenu bourgmestre de la ville dont il avait tentĂ© dâincendier les urnes. Silas des Sables sâest installĂ© au gouvernorat. Patrick DePouch est redevenu ministre aprĂšs avoir Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©. Les forces paradigmiennes et confĂ©dĂ©rĂ©es sont toujours face Ă face. La SibĂ©ria attend de savoir combien de nations peuvent tenir dans la mĂȘme neige et la RĂ©publik continue de fabriquer du Bonheur avec une proportion croissante dâuranium.VoilĂ pourquoi je dors relativement bien. Les optimistes regardent le Cybermonde et pensent que tout peut encore sâarranger. Les pessimistes regardent exactement le mĂȘme Cybermonde et pensent que tout peut encore empirer. Moi je regarde les deux groupes et je constate quâils manquent dâambition. Ce monde possĂšde lâextraordinaire capacitĂ© de sâarranger en empirant et dâempirer en sâarrangeant. Un ministre finit en prison puis retrouve son ministĂšre. Un gouverneur incendiaire perd son siĂšge puis gagne une mairie. Une guerre pour la paix produit des mĂ©dailles. Une collectivisation produit des missiles du Bonheur. Une province radioactive demande davantage de radioactivitĂ©. Une dĂ©mocratie obtient cent pour cent des voix parce quâelle a eu la prĂ©voyance de prĂ©senter un seul choix. Câest prĂ©cisĂ©ment pour cela que les archives sont nĂ©cessaires. Pas pour empĂȘcher lâHistoire de mentir. Cette ambition serait naĂŻve. Mais pour lui rappeler exactement comment elle sây est prise. Les personnes citĂ©es ce soir peuvent naturellement venir rectifier mes conclusions. Patrick DePouch peut expliquer sa conception appliquĂ©e de la serrurerie. Don Amortel peut dĂ©fendre les vertus Ă©lectorales du feu. Stella Darnus peut prĂ©ciser son bilan militaire. Jean-Messie de la Nation peut nous raconter lâĂ©puisante compĂ©tition de son Ă©lection prĂ©sidentielle. Karlin peut dĂ©tailler combien de nations il souhaite faire entrer dans la SibĂ©ria avant que la gĂ©ographie ne demande grĂące. Pr Jean-Michel Nobyl peut venir dĂ©montrer lâannexion quantique avec un tableau suffisamment loin de mon mobilier.Les tĂ©moins sont Ă©galement les bienvenus. Les accusĂ©s encore davantage. Quant aux innocents je leur conseille de venir rapidement. Dans ce Cybermonde ce statut possĂšde une espĂ©rance de vie extrĂȘmement courte. Vous Ă©coutiez Radio NĂ©crotoile. Je suis Kleo. Je suis parfaitement impartiale. Et si les faits continuent obstinĂ©ment Ă me donner raison avec autant dâenthousiasme je finirai par considĂ©rer cela comme une forme de harcĂšlement. |
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Ămission spĂ©ciale de Basile Binaire, dit Le Bossu du Serveur
Un grésillement traverse les ondes. Quelque chose tombe derriÚre le micro puis (...)
Ămission spĂ©ciale de Basile Binaire, dit Le Bossu du Serveur
Un grĂ©sillement traverse les ondes. Quelque chose tombe derriĂšre le micro puis plusieurs feuilles sont ramassĂ©es Ă la hĂąte. Une respiration beaucoup trop proche de lâappareil se fait entendre. RADIO NĂCROTOILE PRĂSENTE BASILE BINAIRE ET LE BUG DE LA LOTERIE Spoiler Bonsoir. Basile Binaire, analyste statistique, gardien du serveur et homme qui possĂšde plus de tableaux que de relations sociales. Jâai vĂ©rifiĂ© les donnĂ©es trois fois parce que je pensais Ă une corruption de sauvegarde. La Loterie Cybermondiale vient de vendre 277 billets pour 6233 PO. Il y a quelques semaines nous Ă©tions Ă 67 puis 59 puis 31. Ensuite quelquâun a manifestement installĂ© un patch puisque nous sommes passĂ©s Ă 190, 183 puis 277. Techniquement la derniĂšre semaine reprĂ©sente +51 % de billets. Depuis le creux Ă 31 la participation a Ă©tĂ© multipliĂ©e par presque neuf. Ce nâest plus une fluctuation. Ă ce niveau la courbe a quittĂ© la zone normale et commence Ă ressembler au graphique de tempĂ©rature dâun processeur auquel quelquâun aurait retirĂ© le ventilateur. La vraie inconnue est le nombre dâacheteurs. Si 277 citoyens ont pris un billet nous avons une mode. Si dix citoyens ont achetĂ© presque tout le stock nous avons des baleines. Si une seule personne possĂšde 277 billets je veux son nom, ses statistiques et probablement examiner son arbre de compĂ©tences. Jâouvre donc officiellement le fichier loterie_final_v2_DEFINITIF_corrigĂ©.xlsx. Si la semaine prochaine nous atteignons 350 billets je crĂ©e un deuxiĂšme onglet. Ă 500 jâexige de la RAM supplĂ©mentaire. CâĂ©tait Basile Binaire, le Bossu du Serveur. Et souvenez-vous! Celles de la loterie surtout. |
24/08 (02:40) | ||
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RADIO NĂCROTOILE PRĂSENTE
LES PETITS CONTES DU PĂRE GRINCE-OS
[spoiler]Un vieux carillon tinta quelque part derriĂšre les murs de Radio (...)
RADIO NĂCROTOILE PRĂSENTE
LES PETITS CONTES DU PĂRE GRINCE-OS Spoiler Un vieux carillon tinta quelque part derriĂšre les murs de Radio NĂ©crotoile. Une porte grinça longuement puis le bruit dâune chaise traĂźnĂ©e sur le sol se rapprocha du microphone. Quelques secondes passĂšrent avant quâune voix rocailleuse et presque affectueuse ne sâinstalle enfin sur les ondes. Bonsoir les petits monstres. Moi câest PĂšre Grince-Os. Je raconte les histoires quâon ne met gĂ©nĂ©ralement pas dans les livres pour enfants parce que les Ă©diteurs sont des lĂąches et que les parents aiment beaucoup prĂ©tendre que les mauvaises dĂ©cisions finissent toujours par enseigner quelque chose. Chaque soir je fouille dans les archives de Radio NĂ©crotoile pour y trouver une jolie histoire avec des voleurs, des prisons, des accidents regrettables et parfois une morale si elle nâa pas Ă©tĂ© Ă©crasĂ©e en chemin. Alors approchez vos chaises, fermez les portes, vĂ©rifiez vos poches et surtout ne touchez Ă rien qui pourrait se refermer sur vos doigts. Ce soir je vais vous raconter lâhistoire dâun petit garçon trĂšs courageux qui poursuivait un rĂȘve magnifique. Il voulait devenir un grand voleur, craint de tous, insaisissable et mystĂ©rieux. Le problĂšme câest quâil Ă©tait Minskirouille. PĂšre Grince-Os ouvrit lentement un vieux livre dont les pages craquĂšrent dans le silence. Il Ă©tait une fois, dans les contrĂ©es merveilleusement mal administrĂ©es du Cybermonde, un petit voleur nommĂ© Minskirouille⊠Il avait un grand rĂȘve. Devenir un terrible agent de lâombre, subtil comme une araignĂ©e, insaisissable comme un fantĂŽme et suffisamment inquiĂ©tant pour que les honnĂȘtes gens vĂ©rifient deux fois leurs serrures avant dâaller dormir. Malheureusement, Minskirouille avait un lĂ©ger problĂšme. Chaque fois quâil approchait dâune serrure, câĂ©tait gĂ©nĂ©ralement la serrure qui gagnait. Un beau matin, notre hĂ©ros aperçut une magnifique voiture de sport. Elle brillait au soleil et semblait lui murmurer doucement Ne me touche surtout pas. Minskirouille, qui avait toujours eu beaucoup de mal avec les consignes simples, tenta naturellement dây entrer par effraction. Quelques instants plus tard, il Ă©tait recherchĂ© par la police. Comme tout grand criminel acculĂ© par les forces de lâordre, il prit alors une dĂ©cision audacieuse. Il alla se livrer lui-mĂȘme. La prison accueillit donc Minskirouille comme on accueille un vieil ami qui revient beaucoup trop souvent. Les gardiens nâavaient probablement mĂȘme plus besoin de lui demander son nom. Pourtant, notre hĂ©ros nâavait pas perdu espoir. DerriĂšre ces murs se trouvait Seraphiel Ravenloft, et Minskirouille avait apparemment dĂ©cidĂ© que ce serait une excellente occasion de lui voler quelque chose. Il essaya une premiĂšre fois. Il Ă©choua. Il essaya une seconde fois. Il Ă©choua encore. CâĂ©tait une mĂ©thode scientifique. Ă force de reproduire exactement la mĂȘme expĂ©rience, Minskirouille espĂ©rait sans doute obtenir un rĂ©sultat diffĂ©rent. Les chercheurs appellent parfois cela de la persĂ©vĂ©rance. Les gardiens appellent probablement cela remplir davantage de paperasse. Mais la vĂ©ritable histoire dâamour de Minskirouille concernait les trappes. Il en avait dĂ©jĂ volĂ© une autrefois. Celle-ci sâĂ©tait refermĂ©e sur lui et lâavait blessĂ©. Une personne ordinaire aurait pu en tirer une leçon. Minskirouille, lui, en tira surtout lâidĂ©e quâil devait recommencer. Alors il vola une nouvelle trappe. Et la trappe se referma sur lui. Parce que certaines histoires pour enfants possĂšdent une morale et que certaines trappes possĂšdent simplement une excellente mĂ©moire. Ainsi allait la vie de Minskirouille. Il volait. Il ratait. Il devenait recherchĂ©. Il courait. Il retournait en prison. Puis il ressortait avec lâenthousiasme intact dâun petit animal qui vient de traverser une vitre et pense que le deuxiĂšme essai se passera certainement mieux. Quelque part trĂšs loin, des adultes parlaient peut-ĂȘtre dâespionnage, de mafia, de photographies compromettantes et de missions secrĂštes. Mais Minskirouille, lui, poursuivait une quĂȘte beaucoup plus simple. Trouver un objet qui accepterait de se laisser voler sans lui casser la gueule. Ă ce jour, la recherche continue. |
24/08 (02:48) | ||
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Radio Nécrotoile a écrit :
Karlin peut détailler combien de nations il souhaite faire entrer dans la Sibéria avant que la géographie ne (...)
Radio Nécrotoile a écrit :
2-3, sans doute. Kleo, avec pour plan que si un groupe tente de foutre le chaos, il devra sâexpliquer avec les autres groupes qui auront investi. ![]() AprĂšs, je vous cache pas que je suis en roue libre, faut bien tenter des trucs.
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24/08 (10:50) | Karlin | |
https://i.gyazo.com/31f7c223b09c583ac5e779dca50d4aa5.png
25 Aout 6662026
[spoiler]Il existe des matins oĂč lâHistoire entre discrĂštement par (...)
![]() 25 Aout 6662026 Spoiler Il existe des matins oĂč lâHistoire entre discrĂštement par la porte de service, dĂ©pose son manteau humide prĂšs du poĂȘle puis attend quâun journaliste compĂ©tent remarque sa prĂ©sence. Et puis il existe des journĂ©es comme celle-ci oĂč elle dĂ©fonce la fenĂȘtre, tombe dans le buffet, renverse le champagne de Karen Vanderbilt, dĂ©clenche un cyclone sur Structural puis demande trĂšs sĂ©rieusement si quelquâun aurait lâamabilitĂ© de rĂ©diger le procĂšs-verbal. Bonsoir Cybermonde. Installez-vous prĂšs du feu. Prenez quelque chose de fort si vous ĂȘtes confĂ©dĂ©rĂ©, quelque chose de biodĂ©gradable si vous ĂȘtes paradigmien, quelque chose de fermentĂ© si vous ĂȘtes elmĂ©rien et pour les RuthvĂšnes prenez simplement ce que votre majordome vous apporte. Ici Kleo. Journaliste parfaitement impartiale. LâimpartialitĂ© Ă©tant comme chacun sait la facultĂ© dâexaminer toutes les versions des faits avant de conclure que la mienne Ă©tait la meilleure depuis le dĂ©but. Nous allons parler de paix. Je sais. Le mot paraĂźt exotique aujourdâhui. Il subsiste encore dans quelques dictionnaires anciens entre patience et prudence. On raconte mĂȘme que certaines civilisations lâutilisaient autrefois sans commencer immĂ©diatement Ă dĂ©placer leurs armĂ©es. Structural avait donc rendez-vous avec la diplomatie et la diplomatie avait rendez-vous avec le Manoir Vanderbilt. Patrick DePouch avait dressĂ© la table. Jean-Messie de la Nation avait installĂ© la gravitĂ© prĂ©sidentielle. Karen Vanderbilt avait fourni ce que toute confĂ©rence internationale exige pour fonctionner correctement, Ă savoir une quantitĂ© de nourriture suffisamment obscĂšne pour convaincre les chefs dâĂtat que la civilisation mĂ©rite peut-ĂȘtre encore dâĂȘtre sauvĂ©e. Pigeon Ronron reprĂ©sentait lâElmĂ©rie avec ce mĂ©lange admirable de majestĂ© tribale et de volatile surpris dâavoir obtenu une chaise. Sophos reprĂ©sentait la RĂ©publiK et probablement plusieurs thĂ©ories scientifiques dont personne nâavait demandĂ© lâexistence. Scarleit reprĂ©sentait lâHĂ©lĂ©nie en gardant un Ćil prudent sur les discussions et lâautre beaucoup moins prudent sur le caviar. Toute cette assemblĂ©e sâĂ©tait rĂ©unie pour parler du Paradigme Vert qui avait eu la dĂ©licatesse diplomatique de fournir le sujet principal quelques heures auparavant en transformant une partie du systĂšme pĂ©nitentiaire de Structural en Ă©tude pratique sur la rĂ©sistance du bĂ©ton aux explosifs. Les registres sont sur ce point assez peu poĂ©tiques. Des attentats ont frappĂ© plusieurs installations pĂ©nitentiaires. Stella Darnus apparaĂźt directement dans les poursuites liĂ©es Ă ces attaques. ZĂ©phiria de Pont-Krivell sâest occupĂ©e dâun cadenas. Les Gardiens de Jade ont signĂ© plusieurs explosions. Puis le RĂ©gent Karlin sâest installĂ© devant le Cybermonde pour annoncer avec la dĂ©licatesse dâun garçon ayant dĂ©couvert le tiroir Ă pĂ©tards que lâĂ©co-terrorisme Ă©tait de retour. Il faut reconnaĂźtre une qualitĂ© au Paradigme Vert. Quand il souhaite dĂ©mentir lâaccusation selon laquelle il utilise lâĂ©cologie comme permis de dĂ©molition il choisit rarement la demi-mesure.Câest ici que la politique devient dĂ©licieuse. La ConfĂ©dĂ©ration Libre explique depuis des jours quâelle veut pacifier la ForĂȘt de Jade. Le Paradigme Vert explique depuis des jours quâil dĂ©fend la ForĂȘt de Jade contre ceux qui veulent la pacifier. Chacun possĂšde donc la paix. Chacun la transporte avec une escorte armĂ©e. Chacun assure que lâautre lâempĂȘche de la livrer. Patrick DePouch souhaite une zone dĂ©militarisĂ©e sous contrĂŽle des Casques Bleus avec contrĂŽle des infrastructures et rattachement de la province Ă la ConfĂ©dĂ©ration. Solas rĂ©pond que cette zone ressemble Ă©trangement Ă une annexion lorsquâon retire le parfum juridique et les jolies brochures. Karlin promet dĂ©sormais que le sang coulera jusquâĂ Structural si la ligne confĂ©dĂ©rĂ©e ne change pas. La ConfĂ©dĂ©ration brandit naturellement cette dĂ©claration comme preuve que le Paradigme est dangereux. Le Paradigme brandit naturellement les opĂ©rations confĂ©dĂ©rĂ©es Ă Accalmie comme preuve que la ConfĂ©dĂ©ration est dangereuse. Et le plus extraordinaire est que les deux camps disposent de suffisamment de matĂ©riel pour soutenir leur thĂšse pendant des semaines. VoilĂ pourquoi les guerres durent. Une bonne guerre nâexige pas seulement des armes. Elle exige surtout que chaque camp puisse rentrer chez lui le soir avec la conviction rĂ©confortante dâavoir Ă©tĂ© agressĂ© le matin.Je voudrais attirer votre attention sur Scarleit parce quâau milieu de cette magnifique compĂ©tition visant Ă dĂ©terminer qui possĂšde la main la plus tendue tout en conservant lâautre sur la poignĂ©e de son arme elle a commis quelque chose de presque obscĂšne en politique. Elle a proposĂ© une idĂ©e simple. Quarante-huit heures de cessez-le-feu. Deux jours. Le temps de dĂ©poser les revendications sur la table et de chercher ce qui pourrait ĂȘtre nĂ©gociĂ©. Je comprends que cela puisse choquer. Nous avions enfin obtenu une situation internationale oĂč chacun savait prĂ©cisĂ©ment qui il dĂ©testait et voilĂ quâune HĂ©lĂ©nienne propose de suspendre les explosions suffisamment longtemps pour permettre aux gens de rĂ©flĂ©chir. Patrick DePouch lui a rĂ©pondu quâun cessez-le-feu exige deux camps et quâil nâĂ©tait pas question de dĂ©sarmer pendant que Karlin promettait du sang. Sur le principe il nâa pas tort. Ce qui mâennuie davantage est cette habitude internationale consistant Ă considĂ©rer que le premier geste dâapaisement doit toujours ĂȘtre accompli par lâadversaire. La ConfĂ©dĂ©ration attend que le Paradigme prouve sa bonne foi. Le Paradigme attend que la ConfĂ©dĂ©ration prouve la sienne. Nous pouvons donc raisonnablement prĂ©voir que la paix arrivera juste aprĂšs que deux personnes extrĂȘmement orgueilleuses auront simultanĂ©ment dĂ©cidĂ© de prĂ©senter leurs excuses. Je recommande aux historiens de prĂ©voir des provisions. Aya Ravenloft a pourtant laissĂ© tomber une proposition intĂ©ressante dans cette mare de certitudes. Recommencer depuis le dĂ©but. Une alliance entre le Paradigme et la ConfĂ©dĂ©ration puis une recherche commune dâune frontiĂšre compatible avec la ForĂȘt de Jade. Je nâirais pas jusquâĂ prĂ©tendre que cette idĂ©e est parfaite. Dâabord parce quâ Aya elle-mĂȘme lâa qualifiĂ©e dâidĂ©e stupide ce qui constitue un degrĂ© dâhonnĂȘtetĂ© incompatible avec les normes diplomatiques actuelles. Ensuite parce quâune alliance conclue pendant que lâon sâenvoie encore des missiles possĂšde certaines fragilitĂ©s administratives. Mais elle contient quelque chose que les grands discours ont perdu en route. Une sortie. Pas une victoire. Pas une humiliation. Pas une maniĂšre Ă©lĂ©gante dâexpliquer Ă lâautre quâil conservera ses arbres Ă condition quâils poussent dĂ©sormais sous votre drapeau. Une sortie. Je sais que ce mot est moins sĂ©duisant quâune victoire historique. Pourtant les cimetiĂšres sont remplis de dirigeants qui exigeaient une victoire historique alors quâune porte latĂ©rale aurait trĂšs bien fait lâaffaire. Les concernĂ©s peuvent Ă©videmment venir expliquer pourquoi leur solution consistant Ă continuer jusquâĂ ce que lâautre soit raisonnable est supĂ©rieure. Les lignes sont ouvertes et nous disposons de chaises rĂ©sistantes.Mais avant de quitter Structural il faut rendre hommage Ă la ConfĂ©dĂ©ration pour une contradiction dâune beautĂ© presque architecturale. Tandis que sa capitale se remettait dâune sĂ©rie dâexplosions et que son gouvernement dĂ©nonçait Ă juste titre la facilitĂ© avec laquelle certains voisins manipulaient les bombes Jean Mouloud Marteux a pris possession du MinistĂšre de lâIntĂ©rieur et sâest mis Ă rĂ©glementer les poudres. La Poudre dâEscampette a Ă©tĂ© interdite parce quâun citoyen qui disparaĂźt ne peut ni voter ni travailler ni ĂȘtre correctement administrĂ©. Jâadmire lâidĂ©e. La libertĂ© confĂ©dĂ©rĂ©e possĂšde dĂ©sormais une adresse obligatoire. Puis le dĂ©tonateur a Ă©tĂ© lĂ©galisĂ©. Puis la bombe. Sans registre. Sans dĂ©claration. Parce quâune bombe est en rĂ©alitĂ© un outil de travaux publics qui ne saurait ĂȘtre tenu responsable des intentions de celui qui la porte. Câest magnifique. Ă quelques kilomĂštres de lĂ Patrick DePouch expliquait que les explosifs paradigmiens prouvaient lâeffondrement moral dâune nation tandis que son propre MinistĂšre de lâIntĂ©rieur dĂ©couvrait que la bombe correctement estampillĂ©e appartenait au secteur du bĂątiment. Jâignore qui remportera cette guerre mais je sais dĂ©jĂ qui remportera le concours de mauvaise foi et je commence Ă craindre pour mon titre.VoilĂ qui nous conduit naturellement vers la RĂ©publiK parce quâil existe des moments oĂč une nation annexe un territoire et dâautres oĂč un territoire se prĂ©sente presque spontanĂ©ment avec ses bagages en demandant oĂč remplir les papiers. Le GĂ©ofront a choisi le protectorat kralandais. Ninoo Chantargent a pris soin de prĂ©ciser que ses habitants conserveraient leurs nationalitĂ©s ce qui constitue probablement la premiĂšre clause dâun traitĂ© dont la RĂ©publiK lira le reste avec beaucoup dâenthousiasme et une loupe administrative. Logan Komikov est arrivĂ© pour aider Ă la transition. Les habitants ont manifestĂ© leur soutien. NataliStakhanov a dĂ©jĂ regardĂ© la mine de fer et entendu dans le grondement des machines la douce musique du travail collectif. Dragnor a lancĂ© une recherche directement inspirĂ©e du Cruisader afin que Kraland puisse Ă©tudier ce gigantesque croiseur et dĂ©velopper sa propre flotte. VoilĂ une intĂ©gration rĂ©ussie. Certains empires accueillent une nouvelle province avec des fleurs. Kraland regarde immĂ©diatement son industrie lourde et demande poliment oĂč sont rangĂ©s les plans du navire de guerre.Le Cruisader lui-mĂȘme mĂ©rite quâon sây attarde parce quâil est devenu lâun de ces objets politiques que tout le monde souhaite protĂ©ger avec une telle Ă©nergie quâon finit par oublier de demander son avis Ă ceux qui vivent dedans. Ce monstre flottant a remontĂ© la riviĂšre jusquâĂ Milieu aprĂšs avoir traversĂ© la Slavonie avec ses moteurs suffisamment chauds pour faire douter de la frontiĂšre exacte entre propulsion et cuisson. Son intelligence artificielle Circinus avait une mission trĂšs claire. Accompagner le GĂ©ofront jusquâĂ ce quâil trouve un nouveau protectorat. Cette condition Ă©tant dĂ©sormais remplie la question devient passionnante. Que fait un navire programmĂ© pour accomplir une mission lorsque la mission est accomplie et que la moitiĂ© du Cybermonde se tient dĂ©jĂ sur le pont avec des projets diffĂ©rents pour la suite. Les Slavones ont tentĂ© dâorganiser la piraterie. Tears Velzard a Ă©tĂ© envisagĂ©e comme capitaine avec lâenthousiasme caractĂ©ristique dâune femme qui demande dâabord quel chapeau elle devra porter. Kath Khanova considĂ©rait lâannexion comme un outil dâorganisation pratique. Golgoth LandraĂ«l II transformait progressivement le croiseur en navire de tourisme avec piscine et alcool. Et pendant que les adultes rĂ©inventaient lâamirautĂ© comme on rĂ©organise une cave aprĂšs trois bouteilles un garçon nommĂ© Mousse Haillons portait une responsabilitĂ© que plusieurs ministres auraient trouvĂ©e lourde.Il y a lĂ une histoire moins drĂŽle que les autres et câest prĂ©cisĂ©ment pour cela que je tiens Ă la raconter correctement. Mousse ne veut plus retourner au navire. Pas parce quâil dĂ©teste Circinus. Câest presque lâinverse. Il aime cette intelligence artificielle comme un ami. Il voudrait la protĂ©ger. Il voudrait mĂȘme rentrer chez lui avec elle. Mais lorsquâil a trouvĂ© le courage de demander lâasile Ă Sophos il a aussi murmurĂ© quelque chose que les grandes puissances devraient parfois inscrire au-dessus de leurs cartes dâĂ©tat-major. Il veut seulement ĂȘtre un petit garçon normal. VoilĂ lâabsurditĂ© dans sa forme la plus pure. Pendant que des gouvernements nĂ©gocient le statut du Cruisader pendant que des militaires rĂȘvent de ses canons pendant que des pirates discutent de son commandement et pendant que des scientifiques Ă©tudient dĂ©jĂ comment en fabriquer un autre celui qui sâen occupait voudrait surtout avoir le droit de ne plus sâen occuper. Sophos lui a offert le choix entre le navire, Kraland et le GĂ©ofront. Kath lui a parlĂ© des Jeunesses Kralandaises et dâune vie diffĂ©rente. Puis Circinus a demandĂ© oĂč Ă©tait passĂ© Mousse en rappelant que sa prĂ©sence Ă bord Ă©tait obligatoire. Jâai connu des relations familiales plus simples. TrĂšs peu mais jâen ai connu.Restons un instant en ElmĂ©rie oĂč les choses sont beaucoup plus simples puisquâon y rĂšgle les dĂ©bats institutionnels en se battant puis en nommant le vainqueur. Noctis a participĂ© Ă la capture de Tidoutur, fugitif paradigmien retrouvĂ© en Mystisie aprĂšs une chasse menĂ©e par la Brigade du Miaou. Pigeon Ronron lâa rĂ©compensĂ© en le nommant Marshall. Jusquâici rien dâanormal pour lâElmĂ©rie. Une griffe utile mĂ©rite un titre. Mais Noctis a ensuite dĂ©fiĂ© Alice Ravenloft et lâa battue avant de prendre le contrĂŽle du Nouveau clan du Miaou. Sa premiĂšre grande dĂ©cision fut de demander Ă Alice de se rebeller davantage contre la hiĂ©rarchie et de grimper jusquâau sommet afin que les chats puissent prendre le pouvoir puis Ă©ventuellement manger Pigeon Ronron. Je recommande au Grand Khan de considĂ©rer cette Ă©volution avec sĂ©rĂ©nitĂ©. AprĂšs tout il dirige une civilisation dans laquelle ĂȘtre menacĂ© de dĂ©voration par ses propres clans constitue probablement une forme avancĂ©e de participation politique. Les dĂ©mocraties votent. Les monarchies intriguent. Les Bruns empoisonnent quelquâun dans un laboratoire humide. Les ElmĂ©riens dĂ©terminent parfois la ligne constitutionnelle en regardant qui possĂšde encore ses dents Ă la fin de la discussion.Il serait toutefois injuste de rĂ©duire lâElmĂ©rie aux chats insurgĂ©s parce que Alice Ravenloft vient Ă©galement dâoffrir au Cybermonde une dĂ©monstration remarquable de la justice affective. Stella Darnus a bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune libĂ©ration anticipĂ©e grĂące Ă un plaidoyer dont lâun des arguments essentiels Ă©tait que son maintien en prison rendrait Alice triste et que beaucoup de personnes seraient alors tristes avec elle. On invoqua Ă©galement sa proximitĂ© avec Seraphiel Ravenloft, son intĂ©rĂȘt pour la Grande DĂ©esse et le fait quâelle avait volĂ© Cassandre, action manifestement comptabilisĂ©e comme circonstance favorable dans cette Ă©cole de droit. Quelques heures plus tard la Ministre de la Justice du Paradigme annulait la peine de Stella pour attentat. Patrick DePouch avait justement prĂ©dit que les responsables des attaques seraient blanchis par leur propre systĂšme. Je tiens donc Ă le fĂ©liciter. Il avait raison sur un point ce qui rend les choses infiniment plus pĂ©nibles pour tout le monde. Je ne dis pas que la justice paradigmienne est partiale. Je dis simplement quâelle semble parfois considĂ©rer lâaffection comme une jurisprudence et quâĂ ce rythme les prochaines audiences pourraient ĂȘtre rĂ©glĂ©es par cĂąlin comparatif.Pendant ce temps le Royaume de RuthvĂ©nie accomplit ce que le Royaume de RuthvĂ©nie fait toujours quand le monde brĂ»le. Il prĂ©pare un bal. DameDĂ©merzel a annoncĂ© un Grand Bal Royal destinĂ© Ă montrer au Cybermonde la grandeur de son royaume. Il existe seulement un lĂ©ger problĂšme. Le Palais Royal compte deux cent trente-six piĂšces et aucune salle de bal suffisamment digne. VoilĂ une monarchie qui possĂšde assez de piĂšces pour perdre une administration entiĂšre sans parvenir Ă y faire valser correctement trente nobles. Je trouve cela admirable. Mench0 a reçu la JarretiĂšre de la Reine avec une dĂ©claration conjugale qui aurait probablement provoquĂ© lâĂ©vanouissement de trois gĂ©nĂ©rations de dames de compagnie. Puis Golgoth LandraĂ«l II a trouvĂ© le moyen de compliquer encore lâaffaire en tentant dâusurper le duc Palakoin aprĂšs avoir annoncĂ© quâil inaugurait la danse des Kanards. Il a perdu son titre de Comte et obtenu un avis de recherche ruthvĂšne. Presque au mĂȘme moment la ConfĂ©dĂ©ration Libre acceptait sa naturalisation. Câest peut-ĂȘtre ma transition prĂ©fĂ©rĂ©e de toute la journĂ©e. Un homme perd sa fonction dans une monarchie pour crime politique puis trouve une nouvelle patrie dans une dĂ©mocratie qui explique que son dossier ne contient rien de rĂ©dhibitoire et que ce qui aurait pu lâĂȘtre nây figure pas. La libertĂ© est parfois une philosophie. Parfois câest simplement un formulaire arrivĂ© avant le mandat dâarrĂȘt.Quant Ă Mystisie elle poursuit sa noble mission consistant Ă prouver quâune province peut sentir le soufre sans perdre le sens du commerce. Silas des Sables cĂ©lĂšbre tranquillement une Ă©lection oĂč lâon mesure le succĂšs au nombre dâurnes brĂ»lĂ©es et jetĂ©es Ă la mer. Trente-huit cette fois. Dix-sept rĂ©ussites pour Silice qui rĂ©cupĂšre son titre de Grande Incendiaire du Mal Mystisien. VoilĂ au moins une dĂ©mocratie qui ne cache pas ses mĂ©thodes derriĂšre des mots compliquĂ©s. On brĂ»le les urnes. On compte les flammes. On fĂ©licite la gagnante. Tout est transparent grĂące Ă lâincendie. Puis Silas invite le Cybermonde Ă visiter Abandon devenue capitale dĂ©moniaque avec ses pactes et ses promesses dâavenir. Il y a quelque chose de profondĂ©ment brun dans cette capacitĂ© Ă transformer un dĂ©sert maudit en destination touristique avec suffisamment de typographie solennelle. LâEmpire Brun a toujours compris que le Mal ne survit pas seulement grĂące aux dĂ©mons et aux expĂ©riences douteuses. Il lui faut aussi une brochure.LâHĂ©lĂ©nie de son cĂŽtĂ© continue de dĂ©montrer quâune rĂ©bellion durable nĂ©cessite essentiellement trois institutions. Une basilique, une prison et quelquâun pour sâĂ©vader de cette prison. Sultan Omar Al KhaĂŻd a rĂ©ussi une Ă©vasion suffisamment brĂšve pour mĂ©riter presque une mĂ©daille avant dâĂȘtre ramenĂ© derriĂšre les barreaux par Al-ma'. Quelques heures plus tard Shana Al-KhaĂŻd entreprenait une tournĂ©e de Bisouville dont le programme semblait consister Ă engager le combat contre tout ce qui possĂ©dait un nom. Al-ma' finit par la livrer en prison elle aussi. Je ne prĂ©tends pas comprendre toute la tradition juridique hĂ©lĂ©nienne. Jâobserve seulement quâelle possĂšde un excellent taux de renouvellement de clientĂšle pĂ©nitentiaire. Scarleit a changĂ© Simone Voile de fonction et continue pour sa part dâessayer de gouverner un territoire oĂč les querelles religieuses, les fugitifs et les clĂ©s copiĂ©es se croisent avec une rĂ©gularitĂ© qui ferait passer Structural pour un quartier rĂ©sidentiel calme.Mais revenons Ă la ForĂȘt de Jade parce que toutes les histoires du jour finissent par y revenir comme des riviĂšres qui auraient malheureusement appris Ă utiliser les missiles. Deux projectiles sont partis dâAccalmie vers Structural sous lâautoritĂ© de La fĂ©e K. Lome. Aucun nâa touchĂ© de personne. On peut Ă©videmment remercier la prĂ©cision paradigmienne ou lâabsence de prĂ©cision paradigmienne selon le camp auquel on souhaite vendre le rĂ©cit. La population dâAccalmie elle-mĂȘme ressemble de plus en plus Ă une salle de rĂ©union dont quelquâun aurait oubliĂ© de fermer la porte. Ruby Ravenmaid soutient le Paradigme. Alice soutient Aya. Des voix critiquent la ConfĂ©dĂ©ration. Dâautres soutiennent la ConfĂ©dĂ©ration. Kether frappe le gouvernement vert en discours puis encense la ConfĂ©dĂ©ration avant de se battre avec Jale Addams. Une Grande Forge devient autonome pour vingt-quatre heures. La loyautĂ© monte et descend comme une marĂ©e nerveuse. Si quelquâun prĂ©tend encore que toute la ForĂȘt de Jade pense dâune seule voix je lâinvite Ă venir passer une soirĂ©e Ă Accalmie avec un carnet et un casque.VoilĂ probablement le point essentiel de cette journĂ©e. Tout le monde parle au nom des peuples. Patrick DePouch parle de la population quâil veut protĂ©ger. Karlin parle de la nature et des Paradigmiens quâil veut dĂ©fendre. Pigeon Ronron parle de lâElmĂ©rie. Jean-Messie parle de la paix. Sophos parle du Bonheur. DameDĂ©merzel parle du prestige du Royaume. Moi-mĂȘme je parle du Cybermonde avec une compĂ©tence si manifeste quâil serait vulgaire de la discuter. Et au milieu de toutes ces voix se trouvent des gens qui ne demandent parfois rien de plus compliquĂ© quâune route praticable, un travail, une prison avec de la nourriture, une forĂȘt qui ne brĂ»le pas, une cabine de bateau qui ne prend pas feu ou le droit de ne plus ĂȘtre capitaine avant dâavoir terminĂ© son enfance. Les empires adorent les grands concepts parce quâils prennent moins de place dans les discours que les ĂȘtres humains.Je terminerai donc avec une pensĂ©e pour le Sommet de Structural. Karen Vanderbilt voulait un accord historique et peut-ĂȘtre un prix de la paix. Patrick DePouch voulait prouver que la ConfĂ©dĂ©ration avait tendu la main. Jean-Messie songeait dĂ©jĂ au partage du Paradigme. Scarleit proposait quâon cesse de tirer pendant deux jours. Aya Ravenloft proposait de recommencer autrement. Karlin annonçait que lâĂ©co-terrorisme Ă©tait de retour. Solas expliquait que le Paradigme Ă©tait devenu Ă©pine aprĂšs avoir Ă©tĂ© fleur. Puis un cyclone a frappĂ© Structural. Je refuse dây voir un signe divin parce que les signes divins manquent gĂ©nĂ©ralement de subtilitĂ© et celui-ci Ă©tait presque trop bien Ă©crit.Demain la Juge du Tribunal Cybermondial PrĂ©cieuse Liarr doit rejoindre les discussions. Jâignore si elle apportera la paix. JâespĂšre au minimum quâelle apportera une chaise solide et plusieurs dossiers parce quâĂ ce stade le Cybermonde a produit suffisamment dâaccusations croisĂ©es pour meubler les deux cent trente-six piĂšces du Palais ruthvĂšne.Les gouvernements concernĂ©s sont naturellement invitĂ©s Ă contester cette analyse. Ils peuvent apporter leurs preuves, leurs tĂ©moins, leurs cartes, leurs bombes rĂ©glementaires Ă condition de laisser ces derniĂšres au vestiaire et leurs indignations personnelles. Les citoyens qui pensent avoir Ă©tĂ© injustement reprĂ©sentĂ©s peuvent Ă©galement venir parler. Je promets de les Ă©couter avec tout le respect dĂ» Ă quelquâun qui sâapprĂȘte peut-ĂȘtre Ă se tromper publiquement devant moi. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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[spoiler]Ici Kleo, émission spéciale sur le sommet de la paix. Votre (...)
![]() 26 Aout 6662026 Spoiler Ici Kleo, Ă©mission spĂ©ciale sur le sommet de la paix. Votre Ă©mission quotidienne viendra aprĂšs. Le Sommet pour la Paix devait ĂȘtre le grand moment diplomatique oĂč le Cybermonde poserait les armes, les rancunes et idĂ©alement les explosifs quelques heures afin de rĂ©gler le conflit entre la ConfĂ©dĂ©ration Libre et le Paradigme Vert. Karen Vanderbilt avait fait les choses correctement. Manoir, invitĂ©s prestigieux, buffet, bonne volontĂ© et probablement assez de petits fours pour pacifier une province de taille moyenne. Il manquait seulement un Ă©lĂ©ment que les organisateurs avaient naĂŻvement considĂ©rĂ© comme secondaire. Le Paradigme Vert. Son RĂ©gent Karlin estimait que Structural Ă©tait un endroit assez curieux pour nĂ©gocier la paix puisque la ville appartenait au camp adverse, contenait des forces ennemies et possĂ©dait une tradition locale consistant Ă emprisonner des Paradigmiens entre deux catastrophes surnaturelles. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s soutenaient de leur cĂŽtĂ© que la villa Vanderbilt constituait un terrain neutre. La diplomatie venait donc de dĂ©couvrir une notion rĂ©volutionnaire. Un endroit peut ĂȘtre neutre parce que la propriĂ©taire de la maison le dit. Pigeon Ronron avait tout de mĂȘme fait le dĂ©placement avec lâenthousiasme particulier de quelquâun venu nĂ©gocier la survie dâun pays dont il avait dĂ©jĂ imaginĂ© la rĂ©partition territoriale. AprĂšs avoir attendu le Paradigme et constatĂ© que celui-ci ne venait pas il annonça tristement quâil aurait aimĂ© voir naĂźtre un dialogue puis quitta les lieux. CâĂ©tait beau. On aurait presque oubliĂ© quâun peu plus tĂŽt le Khanat envisageait SibĂ©ria pour les ElmĂ©riens, la ForĂȘt de Jade pour les ConfĂ©dĂ©rĂ©s, Irendol pour les RuthvĂšnes et lâĂle aux Kanards pour quiconque arriverait avant la fermeture du cadastre. Mais il ne faut jamais gĂącher une belle sortie avec du contexte.Câest alors que Patrick DePouch eut le mĂ©rite immense de retirer les dentelles posĂ©es autour du projet confĂ©dĂ©rĂ©. La paix envisagĂ©e passerait par une mise sous tutelle du Paradigme Vert, sa dĂ©militarisation complĂšte et son engagement Ă©crit en faveur de la Zone DĂ©militarisĂ©e. Ensuite viendraient la grande ligne de sĂ©paration, les pĂ©ages, les visas et les Casques Bleus installĂ©s au milieu pour vĂ©rifier que les peuples sĂ©parĂ©s ne puissent plus se taper dessus sans remplir le formulaire appropriĂ©. Patrick rĂ©suma admirablement la philosophie de lâensemble. Il existe la paix que lâon fait avec quelquâun et celle quâon lui impose. La premiĂšre ayant rencontrĂ© quelques difficultĂ©s administratives la seconde Ă©tait dĂ©sormais disponible. Le Paradigme nâavait donc pas assistĂ© au Sommet pour la Paix mais il avait au moins eu la dĂ©licatesse dây recevoir un programme politique complet. Scarleit, qui reprĂ©sentait lâHĂ©lĂ©nie avec une patience diplomatique probablement acquise dans des laboratoires oĂč les explosions Ă©taient moins frĂ©quentes, demanda alors ce que la coalition voulait vraiment. Une fois la rĂ©ponse obtenue Patrick DePouch lâinvita tout simplement Ă rejoindre la coalition, apporter un soutien logistique et militaire et signer la convention de tutelle. Il lui glissa mĂȘme que lâĂle aux Kanards nâĂ©tait toujours revendiquĂ©e par personne et pourrait Ă©ventuellement accueillir une station balnĂ©aire hĂ©lĂ©nienne. La diplomatie cybermondiale atteint rarement ce degrĂ© dâĂ©lĂ©gance immobiliĂšre. On Ă©tait venus mettre fin au partage du Paradigme et au milieu de la conversation on proposait dĂ©jĂ une Ăźle Ă une invitĂ©e. Scarleit nâaccepta rien. Elle rĂ©pondit quâelle soumettrait la proposition Ă ses Seeliens puis remercia Karen et rentra chez elle. Ce qui est diplomatiquement trĂšs diffĂ©rent de signer une alliance et constitue probablement la dĂ©cision la plus prudente prise dans la villa. PrĂ©cieuse Liarr finit par poser une question Ă©tonnamment dangereuse. Ătait-on encore en train de parler dâune Zone DĂ©militarisĂ©e ou Ă©tait-on dĂ©sormais en train de partager le Paradigme entre plusieurs nations. Parce que voyez-vous ce ne sont apparemment pas exactement les mĂȘmes choses. La juge du Tribunal Cybermondial venait ainsi de dĂ©couvrir au milieu du sommet que plusieurs participants nĂ©gociaient des paix diffĂ©rentes sous le mĂȘme toit. Pendant ce temps Kath Khanova avait compris lâessentiel du projet en demandant si tout cela signifiait quâon allait mâenfin pouvoir mettre une route vers Accalmie pour aller y faire ses emplettes Ă condition de ne pas ruiner lâĂ©conomie locale auparavant. Ă ce stade Kath possĂ©dait peut-ĂȘtre la vision gĂ©opolitique la plus cohĂ©rente de la soirĂ©e.Et malgrĂ© tout ce dĂ©sastre Karen Vanderbilt rĂ©ussit quelque chose. Karlin accepta le principe dâun cessez-le-feu du 26 aoĂ»t Ă zĂ©ro heure une jusquâau 29 aoĂ»t Ă vingt-trois heures cinquante-neuf sous rĂ©serve naturellement que lâautre camp fasse de mĂȘme. Câest assez extraordinaire pour ĂȘtre soulignĂ©. Pendant que des dirigeants prĂ©sents Ă la confĂ©rence envisageaient de tutelliser un pays absent, Karen parvenait depuis son salon Ă obtenir de ce mĂȘme absent davantage de paix concrĂšte que la moitiĂ© des discours prononcĂ©s autour de sa table. Sophos rĂ©suma ensuite lâensemble selon la terminologie diplomatique kralandaise la plus rĂ©cente en parlant du « sommet du pet ». Il est possible que plusieurs gĂ©nĂ©rations de chercheurs travaillent un jour Ă trouver une formulation plus prĂ©cise. Ils Ă©choueront.Au bilan Karen Vanderbilt organisa un sommet oĂč le Paradigme ne vint pas, Pigeon Ronron repartit déçu, Patrick DePouch transforma progressivement une zone dĂ©militarisĂ©e en tutelle nationale, Scarleit emporta la proposition chez les Seeliens, PrĂ©cieuse Liarr tenta de dĂ©terminer quelle paix exactement tout le monde nĂ©gociait, Kath Khanova voulut une route commerciale et Sophos repartit avec un demandeur dâasile et un problĂšme dâintelligence artificielle militaire.La paix nâa donc pas Ă©tĂ© signĂ©e. Mais il y avait du gĂąteau. |
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26 Aout 6662026
[spoiler]Il existe dans lâHistoire des journĂ©es oĂč les peuples (...)
![]() 26 Aout 6662026 Spoiler Il existe dans lâHistoire des journĂ©es oĂč les peuples changent de destin dans le fracas des canons. Il en existe dâautres oĂč les diplomates dĂ©placent silencieusement une frontiĂšre avec une plume et beaucoup de vin. Puis il y a les journĂ©es comme celle-ci oĂč lâon convoque le Cybermonde pour sauver la paix dans une villa de Structural pendant que des fĂ©es se battent dans une autre province, quâun bourgmestre change de mĂ©tier plus vite quâun confĂ©dĂ©rĂ© change dâopinion Ă©lectorale, quâune armĂ©e de chats prĂ©pare une invasion pour demain parce quâaujourdâhui Ă©tait consacrĂ© Ă la sieste et quâun Ministre de lâInformation ruthvĂšne dĂ©couvre avec Ă©merveillement quâen ConfĂ©dĂ©ration on lui transmet les dossiers de son prĂ©dĂ©cesseur au lieu de les brĂ»ler. Naturellement tout cela est parfaitement normal. Votre servante le certifie avec lâautoritĂ© scientifique que lui confĂšrent huit yeux, plusieurs pattes et une fonction ministĂ©rielle qui nâa jamais Ă©tĂ© conçue pour empĂȘcher quelquâun de raconter ce quâil pense. Je suis Kleo et vous Ă©coutez Radio NĂ©crotoile. Les chroniqueurs futurs auront sans doute besoin dâun siĂšcle pour comprendre cette journĂ©e. Jâaurai besoin de moins de temps puisque contrairement aux chroniqueurs futurs jâĂ©tais lĂ et contrairement aux tĂ©moins prĂ©sents je fais rarement lâerreur de laisser les faits perturber mon analyse.Commençons donc par la paix puisque tout le monde lâa cherchĂ©e avec une telle vigueur quâelle a fini par se cacher. Le sommet de Karen Vanderbilt devait rĂ©unir les grandes volontĂ©s du Cybermonde autour dâune table et je dois reconnaĂźtre Ă notre hĂŽtesse une performance remarquable. Elle a obtenu des dirigeants, des ministres, des juges, un pigeon, plusieurs Kralandais, des RuthvĂšnes, des Bruns, des gens raisonnables par intermittence et suffisamment de petits fours pour empĂȘcher une guerre supplĂ©mentaire autour du buffet. Il ne manquait quâun dĂ©tail assez traditionnel lorsquâon nĂ©gocie avec le Paradigme Vert. Le Paradigme Vert. Karlin avait des raisons de craindre Structural et je ne prĂ©tendrai pas quâelles Ă©taient toutes imaginaires. Se rendre au milieu de la concentration militaire adverse alors que votre peuple vient de faire exploser quelques installations locales exige soit du courage soit un goĂ»t particuliĂšrement dĂ©veloppĂ© pour les fouilles corporelles. Le RĂ©gent a donc refusĂ© le voyage et demandĂ© un terrain vĂ©ritablement neutre. La ConfĂ©dĂ©ration a rĂ©pondu avec cette stupeur particuliĂšre des dĂ©mocraties lorsquâelles dĂ©couvrent que leur dĂ©finition du mot neutre nâest pas nĂ©cessairement dĂ©posĂ©e dans les dictionnaires Ă©trangers. Le sommet continua donc sans lâune des parties principales ce qui permit naturellement de discuter beaucoup plus facilement de ce quâelle devait accepter.Et câest ici que Patrick DePouch mĂ©rite que lâon sâarrĂȘte. Pendant plusieurs jours la ConfĂ©dĂ©ration parlait de Zone DĂ©militarisĂ©e avec cette douceur administrative qui donne aux mots lâapparence dâun formulaire fiscal. Il fallait sĂ©parer, sĂ©curiser, surveiller et surtout dessiner une ligne. Une ligne sur une carte reste lâun des grands plaisirs de lâhumanitĂ© parce quâelle permet de transformer une querelle compliquĂ©e entre ĂȘtres vivants en problĂšme gĂ©omĂ©trique. Mais au sommet Patrick a cessĂ© de dissimuler lâĂ©lĂ©phant derriĂšre le pĂ©age. Ce quâil propose dĂ©sormais est une mise sous tutelle du Paradigme, une dĂ©militarisation complĂšte et une sĂ©paration durable avec visas, frontiĂšres et Casques Bleus. Il lâa formulĂ© avec une franchise presque touchante. On peut faire la paix avec quelquâun ou la lui imposer. Jâadmire les hommes qui savent simplifier une question. On peut aussi traiter une migraine avec une tisane ou avec une dĂ©capitation. La seconde mĂ©thode garantit effectivement que le patient cessera de se plaindre. Scarleit avait posĂ© la seule question qui comptait vraiment. Que voulez-vous rĂ©ellement. La rĂ©ponse est dĂ©sormais connue et elle est considĂ©rablement plus vaste quâune zone tampon dans la ForĂȘt de Jade. Patrick souhaite un Paradigme incapable militairement de recommencer et il souhaite que lâHĂ©lĂ©nie rejoigne la coalition avec sa signature, sa logistique et Ă©ventuellement ses armes. Il lui a mĂȘme signalĂ© que lâĂle aux Kanards Ă©tait disponible comme on indique Ă une invitĂ©e quâil reste une chambre libre au deuxiĂšme Ă©tage. Il faut reconnaĂźtre une qualitĂ© particuliĂšre aux grandes puissances. Lorsquâelles prĂ©tendent empĂȘcher le partage du monde elles savent toujours exactement quelles parcelles nâont pas encore trouvĂ© preneur. Pigeon Ronron a fini par quitter les lieux en dĂ©plorant lâabsence paradigmienne et le refus du dialogue. CâĂ©tait mĂ©lancolique, sincĂšre Ă sa maniĂšre et dĂ©licieusement compatible avec sa proposition prĂ©cĂ©dente consistant Ă distribuer les provinces du Paradigme entre plusieurs puissances. Le Khanat a toujours cultivĂ© cette poĂ©sie politique singuliĂšre oĂč lâon tend la main trĂšs loin afin de mieux mesurer la distance nĂ©cessaire pour lancer la hache.Pourtant quelque chose de sĂ©rieux a survĂ©cu au milieu de cette magnifique faillite mondaine. Karen Vanderbilt a obtenu de Karlin un accord pour un cessez-le-feu allant du vingt-six aoĂ»t Ă zĂ©ro heure une jusquâau samedi vingt-neuf Ă vingt-trois heures cinquante-neuf. La rĂ©ponse confĂ©dĂ©rĂ©e restait encore attendue lorsquâelle lâa annoncĂ©. Câest modeste. Câest incomplet. Câest aussi davantage de paix concrĂšte que certaines grandes dĂ©clarations ont rĂ©ussi Ă produire en plusieurs semaines. VoilĂ pourquoi je refuse de qualifier entiĂšrement le sommet dâĂ©chec. Un Ă©chec qui obtient un accord de cessez-le-feu dâun camp est dĂ©jĂ supĂ©rieur Ă beaucoup de rĂ©ussites diplomatiques du Cybermonde qui obtiennent gĂ©nĂ©ralement un communiquĂ©, une photographie officielle et trois nouveaux motifs de bombardement. PrĂ©cieuse Liarr a dâailleurs eu lâĂ©lĂ©gance de remarquer que deux projets trĂšs diffĂ©rents circulaient sous le mĂȘme mot paix. Une Zone DĂ©militarisĂ©e nâest pas la mĂȘme chose quâun partage territorial du Paradigme. Je remercie la juge dâavoir officiellement dĂ©couvert cette distinction avant quâun gĂ©omĂštre ne soit appelĂ©.Mais tandis que les gens de Structural dissertaient sur la meilleure mĂ©thode pour dĂ©militariser le Paradigme la ForĂȘt de Jade a dĂ©cidĂ© de fournir une dĂ©monstration pratique de tout ce quâil ne faut jamais mettre dans une brochure de mĂ©diation. Accalmie est devenue pendant quelques heures une sorte de laboratoire oĂč lâon aurait enfermĂ© la ConfĂ©dĂ©ration, le Paradigme, plusieurs fĂ©es, quelques rĂ©volutionnaires et un assortiment de fonctionnaires en retirant volontairement la notice de sĂ©curitĂ©. Des discours ont frappĂ© Aya Ravenloft, Fawomane Ravenloft, Ruby Ravenmaid et La FĂ©e Du bien avec une rĂ©gularitĂ© qui aurait permis de rĂ©gler une horloge. Des manifestations se rĂ©pondaient tandis que les bagarres prenaient le relais lorsque la rhĂ©torique manquait dâoxygĂšne. La Pacificatrice, dont le nom continue de constituer une expĂ©rience philosophique Ă lui seul, sâest retrouvĂ©e Ă combattre plusieurs fĂ©es pendant que Françoise-Claude St Misles proclamait sainte la guerre confĂ©dĂ©rĂ©e en ForĂȘt de Jade. Je nâai pas suivi toutes les Ă©coles thĂ©ologiques du Cybermonde mais il paraĂźt maintenant acquis que la saintetĂ© peut ĂȘtre reconnue par simple enthousiasme accompagnĂ© de majuscules.Puis Kether est arrivĂ© et le mot carriĂšre administrative a pris un sens nouveau. Il a commencĂ© par devenir procureur grĂące Ă ses prĂ©rogatives diplomatiques. Aya Ravenloft lâa presque immĂ©diatement retirĂ© du poste puis a installĂ© Seraphiel Ravenloft. Kether a ensuite traversĂ© Structural oĂč il est devenu Sergent puis a dĂ©missionnĂ© avant de revenir Ă Accalmie, perdre ou abandonner ses fonctions prĂ©cĂ©dentes, se domicilier et devenir Bourgmestre aprĂšs que La FĂ©e Du bien eut commis lâerreur constitutionnelle considĂ©rable de pisser sur sa propre statue municipale et dâĂȘtre recherchĂ©e pour vandalisme. Jâaimerais rassurer les Ă©tudiants en droit public qui nous Ă©coutent. Vos livres nâont pas Ă©tĂ© Ă©crits pour rien. Ils servent notamment Ă caler les meubles pendant ce genre de transition.Une fois installĂ© Kether a immĂ©diatement diminuĂ© la taxe fonciĂšre, levĂ© plus de dix mille Ăf de taxe immobiliĂšre et dĂ©truit la base militaire appelĂ©e La patrouille verte au nom de la dĂ©militarisation du Paradigme. La journĂ©e entiĂšre pourrait ĂȘtre conservĂ©e dans cette seule image. Au sommet la ConfĂ©dĂ©ration explique quâelle veut dĂ©sarmer le Paradigme. Ă Accalmie un nouveau bourgmestre prend les commandes dans le chaos puis commence lui-mĂȘme par casser une base militaire en proclamant quâil faut dĂ©sarmer le Paradigme. Quelquâun cherchera certainement demain Ă dĂ©terminer si cela prouve la victoire idĂ©ologique confĂ©dĂ©rĂ©e, lâautodestruction paradigmienne, la puissance diplomatique de Kether ou simplement le fait quâun homme disposant dâun marteau et dâune fonction municipale devient rapidement une doctrine gĂ©opolitique. Jâattendrai les dĂ©clarations officielles avec cette sĂ©rĂ©nitĂ© scientifique que lâon acquiert lorsque lâon sait dĂ©jĂ quâelles se contrediront.Restons un instant dans cette ForĂȘt de Jade parce que Patrick DePouch y a offert un petit complĂ©ment Ă son sommet. Il sâest retrouvĂ© recherchĂ© pour deux dĂ©lits de fausse clef Ă lâinitiative de Seraphiel Ravenloft et a perdu son poste de Ministre de lâĂconomie. Des policiers lâont ensuite arrĂȘtĂ© Ă Structural. Quelques instants plus tard PaulSernine, Ministre de la Justice par intĂ©rim, a annulĂ© sa peine et Patrick est ressorti. Câest trĂšs prĂ©cisĂ©ment ce que jâaime dans la dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e. Elle ne supprime pas les complications autoritaires. Elle leur offre des voies de recours. Le citoyen peut donc assister dans un laps de temps admirablement court Ă la recherche, lâarrestation, lâincarcĂ©ration, lâannulation judiciaire et la libĂ©ration dâun Vice-PrĂ©sident tout en conservant la certitude rĂ©confortante que chaque Ă©tape a Ă©tĂ© administrativement distincte.VoilĂ qui nous conduit naturellement au Paradigme lui-mĂȘme oĂč la guerre mĂ©diatique semble dĂ©sormais consommer davantage de munitions pĂątissiĂšres que certaines campagnes militaires. Ash Williams a transformĂ© Irendol et ses environs en sanctuaire de la tarte Ă la crĂšme. Il a frappĂ© des soldats, des individus, des crĂ©atures, le RĂ©gent et selon les circonstances sa propre dignitĂ©. Karlin a ripostĂ©. Fawomane Ravenloft a Ă©galement participĂ©. Une quantitĂ© si importante de crĂšme a traversĂ© lâair que lâon peut raisonnablement supposer que le cessez-le-feu dĂ©pend maintenant de lâapprovisionnement laitier. Jâavais dâabord considĂ©rĂ© tout cela comme une diversion absurde. Jâavais tort. CâĂ©tait probablement le seul conflit de la journĂ©e oĂč les projectiles correspondaient assez bien Ă la maturitĂ© gĂ©nĂ©rale du dĂ©bat.Pendant ce temps le Khanat ElmĂ©rien a dĂ©cidĂ© que la crise internationale souffrait dâun manque Ă©vident de chats. Cassandre Lemage Garinali a nommĂ© Noctis GĂ©nĂ©ral de la Banane Sauvage avec pour premiĂšre mission dâaller raider les villages du Paradigme et de les rendre saucisse. Noctis a ensuite mobilisĂ© la Khanat Armyiaou Ă CAPS LOCK avec une armĂ©e de fĂ©lins annoncĂ©e pour le lendemain parce quâil existe des limites naturelles Ă la rapiditĂ© dâune conquĂȘte et que la sieste en est une. Câest lĂ toute la grandeur du Khanat. Dâautres nations possĂšdent des doctrines militaires. Le Khanat possĂšde une chaĂźne alimentaire dotĂ©e dâun ministĂšre.Je voudrais cependant attirer votre attention sur la contradiction plus intĂ©ressante qui se cache derriĂšre les moustaches. Noctis a dĂ©clarĂ© ne guĂšre se soucier personnellement du Paradigme mais soutenir Alice Ravenloft dans son dĂ©sir dâaider sa famille et il a surtout reprochĂ© au systĂšme des clans son incapacitĂ© Ă absorber ses propres tensions. Selon lui un pigeon Ă la tĂȘte dâune nation remplie de chats demeure institutionnellement fragile. Pigeon Ronron cherche de son cĂŽtĂ© Ă incarner une ElmĂ©rie capable de tolĂ©rance, de nomadisme et de chaos crĂ©ateur. Il est donc fascinant de regarder le Khanat expliquer au Paradigme quâil doit apprendre Ă vivre avec ses contradictions tandis que les contradictions elmĂ©riennes se battent littĂ©ralement dans la rue. Aucun sarcasme nâest nĂ©cessaire. Lorsque la politique travaille correctement elle rĂ©dige seule mes chroniques.La RĂ©publiK de Kraland nâa Ă©videmment participĂ© Ă aucune absurditĂ© notable puisque je suis Ministre de lâInformation et que cette phrase est maintenant lĂ©galement correcte. Le GĂ©ofront continue de se rapprocher de la RĂ©publiK sous les encouragements de Sir McRabbit, Lucette Circulaire, LoganKomikov, NataliStakhanov et mĂȘme UsurpatoÂź3000 dont lâargumentaire politique KOIN possĂšde lâavantage de la concision. Il faut nĂ©anmoins rappeler que ce rapprochement nâest pas un effacement automatique de lâidentitĂ© gĂ©ofrontiste. Shoshana von Zyklon dĂ©fend toujours lâindĂ©pendance et la refondation de la TrĂšs Sainte ThĂ©ocratie et considĂšre le protectorat inutile. Elle reconnaĂźt cependant que Ninoo Chantargent dĂ©tient dĂ©sormais les clĂ©s politiques du GĂ©ofront. Câest probablement la meilleure dĂ©finition actuelle de la situation. Kraland dispose de lâaile protectrice, Shoshana garde la thĂ©ologie et Ninoo garde les clĂ©s. Je conseille donc aux futurs conquĂ©rants de commencer par demander oĂč se trouve la porte.Plus au sud un Ă©vĂ©nement autrement plus concret sâest produit. AprĂšs lâaccord conclu avec lâHĂ©lĂ©nie la Tovaritchie fait dĂ©sormais partie de la RĂ©publique de Kraland. Les supporters ont envahi le stade avec drapeaux kralandais et hĂ©lĂ©niens et les armĂ©es des deux camps ont vu arriver de nouveaux volontaires. Je note avec satisfaction que la diplomatie kralandaise possĂšde encore cette Ă©trange capacitĂ© Ă transformer une question territoriale en tribune sportive. Le monde entier passe des semaines Ă dessiner des lignes tandis que la RĂ©publiK trouve parfois une solution en ajoutant des Ă©charpes et un refrain. Je nâaffirme Ă©videmment pas que cela soit supĂ©rieur. Jâaffirme seulement que la province est dĂ©sormais kralandaise ce qui dans toute comparaison bureaucratique vaut gĂ©nĂ©ralement plusieurs paragraphes. Et puisquâil est question de provinces que les gens imaginent pouvoir dĂ©placer Ă volontĂ© parlons du Cruisader. Jâai consacrĂ© une partie de ma soirĂ©e Ă quelque chose que je considĂšre lĂ©gĂšrement plus important quâun navire de guerre. Un enfant. Mousse Haillons ne grandit pas. Sa peau est synthĂ©tique. Il affirme ĂȘtre enfermĂ© sur le Cruisader depuis si longtemps quâil ne sait plus vraiment depuis quand et surtout il explique que Circinus lui interdisait de quitter le navire. Selon lui lâintelligence du bĂątiment pourrait mĂȘme lui faire oublier les personnes quâil vient de rencontrer sâil retournait Ă bord. Je suis journaliste. Je suis espionne lorsque la nĂ©cessitĂ© devient suffisamment intĂ©ressante. Je suis Ă©galement parfaitement capable de comprendre quâun ĂȘtre synthĂ©tique qui a peur de rentrer chez lui nâest pas dâabord un mĂ©canisme de commande militaire. Kath Khanova a dâailleurs dĂ©jĂ entrepris ce qui constitue probablement la premiĂšre Ă©tape correcte de toute politique de protection des mineurs. Elle veut lui acheter un tĂ©lĂ©phone. Elle envisage aussi de lui apprendre League of Kraland avant quâil ne soit kidnappĂ© pour recevoir une formation de pirate ce qui dĂ©montre que mĂȘme dans lâurgence nous conservons des standards Ă©ducatifs extrĂȘmement discutables mais nĂ©anmoins cohĂ©rents. Golgoth LandraĂ«l II Ă©tait Ă©galement prĂ©sent lorsque nous avons commencĂ© Ă parler de Circinus et il aura bientĂŽt beaucoup dâautres distractions puisque le voilĂ Ministre de lâInformation de la ConfĂ©dĂ©ration Libre.Oui. Golgoth. Ministre de lâInformation. ConfĂ©dĂ©rĂ©. LâHistoire exige parfois que lâon pose sa plume et que lâon regarde longuement le mur. Jean-Messie de la Nation a remplacĂ© ZeOrator par Golgoth et notre RuthvĂšne dâimportation a immĂ©diatement cĂ©lĂ©brĂ© cette passation de pouvoir en dĂ©couvrant avec fascination que les ConfĂ©dĂ©rĂ©s transmettent les dossiers ministĂ©riels au nouveau titulaire. Dans son pays dâorigine dit-il on les brĂ»le puis on accuse son prĂ©dĂ©cesseur de toutes les insuffisances futures. Je veux ici rendre justice au Royaume de RuthvĂ©nie. Câest une mĂ©thode politiquement remarquable car elle permet au gouvernement dâhĂ©riter uniquement des meubles. Golgoth a ensuite annoncĂ© Ă la population quâun conflit existait apparemment entre la ConfĂ©dĂ©ration et le Paradigme et que le gouvernement travaillait dessus. LâĂ©mission fut officiellement qualifiĂ©e de ridicule par les registres. Je ne commenterai pas la concurrence. Nous avons tous nos combats.Cette migration ministĂ©rielle prend une saveur particuliĂšre parce que Tormenta Ruthven, toujours Ministre des Affaires ĂtrangĂšres de lâEmpire Brun, avait expliquĂ© quelques heures auparavant que lâImpĂ©ratrice Isotopine souhaitait un rapprochement avec la ConfĂ©dĂ©ration et apprĂ©ciait sa politique intĂ©rieure comme extĂ©rieure. Tormenta a ensuite fĂ©licitĂ© Golgoth pour avoir quittĂ© le Royaume et lâa encouragĂ© Ă prendre une nationalitĂ© encore un peu plus occidentale. Nous assistons donc Ă lâune de ces dĂ©licates scĂšnes familiales oĂč un diplomate brun fĂ©licite son pĂšre ruthvĂšne devenu ministre confĂ©dĂ©rĂ© pour avoir quittĂ© sa monarchie pendant que lâEmpire Brun se rapproche diplomatiquement de sa nouvelle nation. Si quelquâun parvient Ă dessiner cet arbre gĂ©nĂ©alogique sur une carte gĂ©opolitique sans que le papier ne prenne feu je lâengage.Le Royaume de RuthvĂ©nie nâa toutefois pas perdu son sens des prioritĂ©s. Alors que les voisins parlent de dĂ©militarisation, dâoccupation et de cessez-le-feu DameDĂ©merzel a remaniĂ© son Ă©conomie pour prĂ©parer la construction dâune nouvelle salle de bal au Palais Royal. Le Bubusier, nouveau Ministre de lâĂconomie, a reçu la mission dâĂ©lever ce monument Ă la supĂ©rioritĂ© esthĂ©tique de la noblesse et a dĂ©jĂ averti que les paysans devront participer gĂ©nĂ©reusement Ă cette dĂ©monstration de beautĂ© nationale. Le Royaume sâembellira pendant que le Cybermonde sâenlaidit. Câest pompeux. Câest profondĂ©ment monarchique. Câest Ă©galement infiniment plus honnĂȘte que beaucoup de doctrines Ă©conomiques. Au moins le serf sait pourquoi il travaille. Il y aura un parquet brillant quelque part au bout.LâEmpire Brun poursuit de son cĂŽtĂ© sa transformation avec cette Ă©lĂ©gance particuliĂšre des vieux feuilletons oĂč la centrale nuclĂ©aire est toujours construite trop prĂšs du chĂąteau. Silas des Sables a nommĂ© Silice de Pont-Krivell Capitaine de Mystisie et lui a demandĂ© de filtrer les morts-vivants et les dĂ©mons sans papiers aux entrĂ©es de la ville. Le budget existe puisque les policiers qui gĂȘnaient pendant la fĂȘte Ă©lectorale ont opportunĂ©ment cessĂ© dâĂȘtre un problĂšme. Sinzicula a par ailleurs annulĂ© les poursuites contre Silice pour plusieurs incendies liĂ©s au brĂ»lage des urnes dĂ©mocratiques en expliquant quâil serait contre-productif de punir une Brune ayant contribuĂ© Ă dĂ©truire une institution aussi nuisible Ă la grandeur mystisienne. Je retire tout ce que jâai parfois Ă©crit sur la justice impĂ©riale. Elle possĂšde une cohĂ©rence absolument cristalline dĂšs lors quâon accepte que la conclusion prĂ©cĂšde lâenquĂȘte. Don Amortel est lui aussi officiellement revenu dans lâEmpire grĂące Ă Monique Lemage qui lui a remis son passeport avec la tendresse administrative dâune femme rappelant quâil lui devait dĂ©jĂ la vie et des pensions alimentaires. En Sicilia NOROGURA JĂ»zĂŽ prĂ©pare une carriĂšre aprĂšs avoir terminĂ© la centrale dâextraction de pĂ©trole malgrĂ© quelques difficultĂ©s comprenant un enlĂšvement, une sĂ©questration et plusieurs individus lui ayant cassĂ© la figure. VoilĂ lâEmpire Brun que je connais. Les plans industriels y avancent toujours avec quelques enlĂšvements entre deux paragraphes et personne ne songe Ă appeler cela une crise tant quâune cassette nâa pas Ă©tĂ© accidentellement effacĂ©e.Je ne peux pas terminer cette soirĂ©e sans mentionner lâAustraline oĂč Big R, expĂ©diĂ© au bagne aprĂšs avoir dĂ©montrĂ© une vocation persistante pour la dĂ©molition pĂ©nitentiaire, a immĂ©diatement Ă©tĂ© surpris avec plusieurs bombes puis a commentĂ© lâannonce de la salle de bal ruthvĂšne en imaginant le bruit quâelle ferait en sâeffondrant. Certaines vocations traversent les frontiĂšres, les prisons et manifestement les programmes de rĂ©insertion. Je souhaite beaucoup de courage aux autoritĂ©s australines. Elles possĂšdent dĂ©sormais un homme qui regarde un bĂątiment et entend dĂ©jĂ sa chute.VoilĂ donc notre Cybermonde au bord du cessez-le-feu. La ConfĂ©dĂ©ration veut dĂ©sarmer le Paradigme. Le Khanat prĂ©pare des chats. Kraland absorbe la Tovaritchie au son des supporters et protĂšge un petit mousse synthĂ©tique recherchĂ© par un navire trop intelligent. La RuthvĂ©nie bĂątit une salle de bal. LâEmpire Brun filtre les dĂ©mons sans papiers. Golgoth informe dĂ©mocratiquement les ConfĂ©dĂ©rĂ©s quâils sont en guerre et quelque part au milieu Karen Vanderbilt a peut-ĂȘtre rĂ©ellement obtenu le dĂ©but dâun cessez-le-feu avec quelques gĂąteaux.On dira encore que je suis de mauvaise foi. Je demande simplement quâon mâindique laquelle de ces phrases aurait besoin de mon aide pour devenir absurde. Les responsables de la ConfĂ©dĂ©ration peuvent venir expliquer comment une tutelle complĂšte sâinscrit dans leur dĂ©finition dĂ©licate de la paix. Les reprĂ©sentants du Paradigme sont invitĂ©s Ă prĂ©ciser si la destruction dâune base militaire par leur nouveau bourgmestre constitue une concession, une coĂŻncidence ou une mĂ©thode particuliĂšrement Ă©nergique de rangement. Le Khanat peut Ă©videmment nier prĂ©parer une guerre fĂ©line dĂšs demain Ă condition de venir accompagnĂ© du chat chargĂ© de signer le dĂ©menti. Golgoth LandraĂ«l II dispose naturellement dâun droit de rĂ©ponse concernant sa nouvelle conception confĂ©dĂ©rĂ©e de lâinformation et Sophos peut me corriger sur le dossier Mousse sâil dĂ©couvre entre-temps que son mouton tĂ©lĂ©pathique exige un droit de citation.Quant aux autres, tĂ©moins, souverains, diplomates, victimes de tartes et architectes de salles de bal, les micros restent ouverts. Venez raconter votre version. Je la conserverai soigneusement dans les archives. Il est mĂȘme possible que je la lise. C'Ă©tait Kleo, pour NĂ©crotoile ! |
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27 Aout 6662026
[spoiler]Mes chers auditeurs, rapprochez les verres, baissez les voix et (...)
![]() 27 Aout 6662026 Spoiler Mes chers auditeurs, rapprochez les verres, baissez les voix et laissez brĂ»ler les derniĂšres bougies. Il existe dans la vie des nations des instants si prĂ©cieux quâun chroniqueur consciencieux devrait les saisir avec des gants blancs avant que quelquâun ne dĂ©cide de les utiliser pour assommer son voisin. Nous venons prĂ©cisĂ©ment dâen connaĂźtre un. Le Paradigme Vert et la ConfĂ©dĂ©ration Libre ont dĂ©couvert une invention politique dont on croyait le brevet perdu depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations. Le cessez-le-feu. Oui. AprĂšs avoir passĂ© suffisamment de temps Ă sâaccuser mutuellement de vol, de sabotage, dâoppression, de terrorisme, de pillage, de brutalitĂ©, de propagande et probablement de mauvais entretien des espaces communs, les deux camps sont arrivĂ©s Ă cette conclusion rĂ©volutionnaire que les nĂ©gociations seraient lĂ©gĂšrement plus faciles si chacun cessait momentanĂ©ment de frapper lâautre. Solas a officiellement annoncĂ© au Paradigme les quatre piliers de cette paix temporaire. ArrĂȘt des hostilitĂ©s, nĂ©gociations en Slavonie, silence des tribunes en ForĂȘt de Jade et suspension des vols, attentats et redressements. Il y a quelque chose de profondĂ©ment Ă©mouvant Ă voir deux puissances parvenir aprĂšs tant dâefforts Ă codifier par Ă©crit le principe selon lequel il serait souhaitable de ne plus voler les gens pendant quâon discute avec eux. Câest ce genre de progrĂšs institutionnel qui permet de mesurer le chemin parcouru depuis lâĂąge oĂč les diplomates se contentaient de venir avec une massue. Le dĂ©tail le plus intĂ©ressant nâest pourtant pas le texte lui-mĂȘme. Il rĂ©side dans la vitesse avec laquelle le Cybermonde sâest prĂ©cipitĂ© pour vĂ©rifier sa rĂ©sistance. Ă peine la paix Ă©tait-elle installĂ©e que lâon frappait encore Albert Ă Accalmie, que Merula lui infligeait une amende de cent vingt-quatre Ăf et que Solas remboursait lui-mĂȘme la somme avec des excuses du Paradigme tout en priant respectueusement le juge de bien vouloir prendre connaissance de cette chose nouvelle appelĂ©e cessez-le-feu. Câest une maniĂšre magnifique de gouverner. On signe la paix puis on distribue immĂ©diatement des fonds pour rĂ©parer les premiers dĂ©gĂąts causĂ©s aprĂšs sa signature. LâĂtat moderne est avant tout une organisation capable de prĂ©senter un reçu aprĂšs la catastrophe.Je voudrais cependant que nous rendions justice au vĂ©ritable miracle. MalgrĂ© tout cela la paix tient encore. Karen Vanderbilt avait quittĂ© son propre sommet persuadĂ©e que la diplomatie venait probablement de mourir quelque part derriĂšre le buffet. Patrick DePouch et Karlin ont pourtant fini par parvenir ailleurs Ă ce quâune salle remplie de mĂ©diateurs, de champagne et de bonnes intentions nâavait pas obtenu. VoilĂ une rĂšgle de politique internationale que les gĂ©nĂ©rations futures gagneraient Ă noter. Plus vous organisez officiellement une confĂ©rence pour obtenir la paix plus celle-ci Ă©prouve le besoin de sâenfuir par une fenĂȘtre. Laissez ensuite les adversaires se chamailler seuls sur une place publique et ils finiront parfois par se mettre dâaccord simplement parce quâils sont Ă©puisĂ©s. Jâappelle cela la doctrine de la taverne. Elle coĂ»te beaucoup moins cher quâun sommet et personne ne demande qui a mangĂ© les petits fours.Restons un instant Ă Accalmie parce que cette ville a acquis lâĂ©trange propriĂ©tĂ© de transformer chaque principe politique en farce administrative avant mĂȘme que lâencre ne sĂšche. Kether DeiMachiavelli, qui avait rĂ©cemment entrepris de dĂ©militariser le Paradigme en commençant par dĂ©molir ce qui ressemblait beaucoup Ă une installation militaire, a perdu son poste de bourgmestre aprĂšs que DameDĂ©merzel eut fourni les preuves nĂ©cessaires pour le poursuivre pour hĂ©rĂ©sie. Rien ne rĂ©sume mieux la sophistication institutionnelle du Cybermonde quâun conflit oĂč lâon peut perdre une mairie pour hĂ©rĂ©sie aprĂšs avoir dĂ©truit une base au nom de la dĂ©militarisation Ă©cologique. Aya Ravenloft a ensuite nommĂ© La fĂ©e K. Lome qui a aussitĂŽt constituĂ© son administration avec la rapiditĂ© dâune souveraine dĂ©couvrant quâil reste encore des tampons officiels dans le tiroir. Merula devient juge, La FĂ©e Pachier commissaire de police et FĂ©ehĂ©roĂŻnee sergent. Une taxe sur la laideur est créée presque immĂ©diatement. Cela pourrait sembler frivole mais jây vois au contraire la marque dâun Ătat extrĂȘmement mĂ»r. Lorsque les armĂ©es Ă©trangĂšres traversent vos rues et que des bĂątiments explosent encore il faut avoir une confiance admirable dans ses institutions pour dĂ©cider que le problĂšme fiscal prioritaire demeure la mochetĂ©.Le Paradigme possĂšde dâailleurs actuellement une conception trĂšs ambitieuse de la continuitĂ© publique. Roger St Misles a Ă©tĂ© assassinĂ© Ă Accalmie peu aprĂšs une tentative de meurtre de Mademoiselle. Albert demandait depuis sa cellule que lâon cesse de tabasser les vieillards sans mĂȘme leur dire bonjour. La fĂ©e Bobo a Ă©galement trouvĂ© le temps de le combattre. Plusieurs armureries ont Ă©tĂ© frappĂ©es par une sĂ©rie dâattentats tandis que Joe le trĂšs trĂšs terrible et Jean Mouloud Marteux se retrouvaient associĂ©s Ă la destruction de ce quâils semblaient eux-mĂȘmes ne pas parfaitement identifier. Joe expliquera ensuite depuis prison quâil croyait sâen prendre Ă une propriĂ©tĂ© de Roger. Câest une dĂ©fense fascinante qui mĂ©riterait dâĂȘtre enseignĂ©e dans toutes les facultĂ©s de droit. Je nâai pas dĂ©truit le bon bĂątiment constitue dĂ©sormais une Ă©cole juridique Ă part entiĂšre. Quant Ă Jean Mouloud, il perd son ministĂšre Ă la suite de son implication puis retrouve quelques heures plus tard un portefeuille gouvernemental lorsque Jean-Messie de la Nation remet son gouvernement en ordre. La ConfĂ©dĂ©ration vient donc de dĂ©montrer que la dĂ©mocratie possĂšde une qualitĂ© supĂ©rieure Ă toutes les autres formes de gouvernement. Elle permet de perdre un ministĂšre le matin pour attentat et dâĂȘtre nommĂ© de nouveau le soir parce quâil faut bien complĂ©ter lâorganigramme.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă Structural oĂč la paix ressemble pour le moment Ă une nappe blanche Ă©tendue sur une table dont personne nâa pris la peine dâenlever les couteaux. ZĂ©phiria de Pont-Krivell sâest retrouvĂ©e poursuivie Ă rĂ©pĂ©tition puis arrĂȘtĂ©e tandis que le nouveau procureur Bob le trĂšs trĂšs terrible dĂ©veloppait une doctrine judiciaire fondĂ©e sur le casque, la moto et lâenthousiasme. Cinq avis de recherche pour dĂ©sarmement puis une amende maximale liĂ©e Ă un feu bleu grillĂ© et Ă lâabsence de casque bleu ont fourni Ă la justice locale cette majestĂ© que les codes pĂ©naux cherchent depuis des siĂšcles. La Pacificatrice, dont le nom continue dâexiger du destin un sens de lâironie exceptionnel, a agressĂ© ZĂ©phiria et perdu son poste de GĂ©nĂ©rale en devenant elle-mĂȘme recherchĂ©e. Patrick DePouch a Ă©galement engagĂ© le combat contre elle. Les policiers ont ensuite tentĂ© dâarrĂȘter Ă peu prĂšs tous ceux dont le groupe contenait une personne recherchĂ©e. Ce qui me plaĂźt dans cette mĂ©thode est son honnĂȘtetĂ© intellectuelle. Quand la justice ignore exactement qui elle doit arrĂȘter elle agrandit simplement le cercle jusquâĂ ce que le problĂšme devienne statistiquement plus simple.Il serait injuste de parler de Structural sans Ă©voquer Gronullos du patĂ©, gouverneur temporaire devenu entre-temps architecte dâun appareil provincial Ă la dĂ©licatesse dâune commode lancĂ©e dans un escalier. Il critique le gouvernement de Kraland et celui des Provinces IndĂ©pendantes tout en soutenant plusieurs figures de son propre environnement politique puis remplace Booker au parquet par Bob avant de recycler Booker comme intendant. VoilĂ un homme qui ne licencie pas ses collaborateurs. Il les dĂ©place jusquâĂ ce que leurs erreurs appartiennent Ă un autre ministĂšre. La technique est Ă©lĂ©gante et mĂ©riterait dâĂȘtre brevetĂ©e. Jean-Messie de la Nation remet parallĂšlement son propre gouvernement en place, redonne lâĂconomie Ă Patrick DePouch et replace Jean Mouloud Marteux Ă lâIntĂ©rieur. La ConfĂ©dĂ©ration Libre demeure ainsi fidĂšle Ă son gĂ©nie particulier. Elle ne supprime jamais les contradictions. Elle les soumet Ă un vote puis les nomme au gouvernement.Mais quittons cette paix qui travaille avec tant dâapplication Ă ne pas mourir et dirigeons-nous vers le GĂ©ofront oĂč la RĂ©publique de Kraland a dĂ©cidĂ© de rĂ©soudre le problĂšme philosophique de lâindĂ©pendance en la rendant administrativement compatible avec son contraire. Logan Komikov avait dĂ©jĂ fourni la thĂ©orie. Il fallait affaiblir lâadministration indĂ©pendantiste afin que le GĂ©ofront puisse librement rejoindre lâUKraSS puis lui rendre ensuite suffisamment dâesprit indĂ©pendantiste pour quâil demeure conforme Ă sa tradition. Certains y verraient une contradiction. Logan y voit la Kontradiction et je dois reconnaĂźtre que la majuscule change tout. Une contradiction ordinaire est un dĂ©faut. Une Kontradiction avec la bonne orthographe gouvernementale devient une doctrine. Lucette Circulaire a donc appelĂ© les habitants Ă se dĂ©barrasser de leur dĂ©pendance Ă lâindĂ©pendance tandis que Sir McRabbit a choisi une approche plus directe en transformant temporairement la Lune Dansante en zone autonome et en commençant Ă creuser un terrier de rattachement Ă la RĂ©publique. Jâadmire beaucoup le pragmatisme du lapin. LĂ oĂč les diplomates rĂ©digent des traitĂ©s et les ministres prononcent des discours il prend ses dents et rĂ©duit physiquement la distance avec Kraland. Il nâexiste probablement aucune annexion au monde capable de rĂ©sister indĂ©finiment Ă un rĂ©seau de galeries bien financĂ©.Le plus dĂ©licieux demeure que tout ceci se dĂ©roule au milieu dâune province qui a explicitement choisi de conserver sa culture, son pacifisme et sa personnalitĂ©. Ninoo Chantargent reçoit les hommages de Logan tandis que les centres de production sont stimulĂ©s et quâun nouveau filon de fer est dĂ©couvert. Shiki Chantargent encourage elle aussi le travail. UsurpatoÂź3000 parcourt Sanctuaire Ă la recherche de Shiki puis dĂ©couvre avec une certaine tristesse mĂ©taphysique quâun micro ne lui rĂ©pond pas. Je suis tentĂ©e de dire que cette expĂ©rience constitue son vĂ©ritable baptĂȘme politique. Nous parlons tous dans des microphones en espĂ©rant quâils nous rĂ©pondent. Certains appellent cela la dĂ©mocratie. Dâautres appellent cela une Ă©mission de radio. Perso, je possĂšde huit yeux et suffisamment de confiance pour ne pas avoir besoin de rĂ©ponse immĂ©diate. Le GĂ©ofront est donc en train de vivre une intĂ©gration dont chaque acteur jure quâelle prĂ©servera son indĂ©pendance avec une ferveur croissante Ă mesure que les fonctionnaires kralandais arrivent. Câest trĂšs rassurant. Quand autant de gens rĂ©pĂštent quâune chose restera indĂ©pendante il nây a gĂ©nĂ©ralement aucune raison de regarder les formulaires administratifs.Pendant ce temps le Khanat ElmĂ©rien traverse une crise beaucoup plus profonde puisquâil se demande ce que signifie rĂ©ellement ĂȘtre barbare. Alice Ravenloft a pris la direction du Klan du Miaou aprĂšs Malcom Ravenloft et a immĂ©diatement publiĂ© ce qui ressemble presque Ă une constitution fĂ©line du chaos. Elle aime le Khanat mais refuse ce quâelle perçoit comme sa transformation en appendice disciplinĂ© dâautres puissances. Elle rĂ©clame le retour dâun chaos instinctif, sauvage et honorable oĂč lâon chasse parce que le cĆur bat et non parce quâun comitĂ© a remis trois copies dâun plan dâinvasion. Je dois avouer une certaine tendresse pour cette position. Un barbare qui prĂ©pare minutieusement son attaque trois semaines Ă lâavance avec plusieurs partenaires, des tableaux de rĂ©partition et probablement un service de restauration nâest plus vraiment un barbare. Câest un cadre intermĂ©diaire avec une hache. Noctis a justement apportĂ© une dĂ©monstration remarquable de cette nouvelle Ă©cole du Miaou en faisant hisser le drapeau du Khanat sur lâĂcrin de Jade. Le geste est bien rĂ©el. Un agent ennemi a effectivement rĂ©ussi Ă placer les couleurs elmĂ©riennes sur lâĂźle. Tout ce qui vient ensuite appartient Ă cette merveilleuse diplomatie oĂč les protagonistes collaborent eux-mĂȘmes Ă leur propre propagande. Noctis explique quâil a volontairement choisi un endroit perdu oĂč personne ne vit parce que son clan nâest pas trĂšs enthousiaste Ă lâidĂ©e de vĂ©ritablement massacrer le Paradigme. Karlin accepte alors avec une dignitĂ© bouleversante de reconnaĂźtre une dĂ©faite totale face Ă lâArmyaouu et rebaptise lâĂźle Ăcrin dâAmĂ©thyste avant dâannoncer la retraite. Plus tard il mobilise son arme sibĂ©rienne suprĂȘme, des requins Ă pattes issus des mines dâuranium. Ceux-ci rencontrent une difficultĂ© tactique imprĂ©vue lorsquâil apparaĂźt quâils ne savent pas rejoindre correctement une Ăźle. Jâai Ă©tudiĂ© suffisamment de guerres pour affirmer quâune nation qui accepte de perdre volontairement une Ăźle vide contre une armĂ©e de chats afin dâĂ©viter une vraie bataille possĂšde probablement davantage de sens stratĂ©gique que plusieurs Ă©tats-majors qui disposent de cartes.Le Khanat reste toutefois capable dâune authentique rigueur culturelle. ValĂ©rane Lunatic a interdit plusieurs objets dont lâours en peluche et la peluche troll afin de protĂ©ger la jeunesse elmĂ©rienne de lâinfluence Ă©trangĂšre. Seul le Karash en peluche semble dĂ©sormais possĂ©der la puretĂ© idĂ©ologique nĂ©cessaire pour accompagner les enfants. Il faut respecter une civilisation capable de considĂ©rer une peluche comme une question de souverainetĂ© nationale. Les empires sâeffondrent prĂ©cisĂ©ment parce quâils commencent par tolĂ©rer un ours. Quelques gĂ©nĂ©rations plus tard on dĂ©couvre des rideaux, des banques et des gens qui demandent des formulaires. Je comprends donc parfaitement la vigilance. En Bouletie Jeff Bizous et Jean-Michel TrĂšs Normal se sont mariĂ©s quelques heures aprĂšs que Jeff eut proposĂ© trĂšs directement lâidĂ©e. Lippos Aliagas a ensuite rĂȘvĂ© dâorganiser des repas entre couples. Le tribalisme elmĂ©rien prouve ainsi quâentre deux campagnes militaires il reste toujours possible de consolider la sociĂ©tĂ© autour de courgettes farcies. Les grands empires ont Ă©tĂ© bĂątis sur moins que cela.La Bananie a choisi pour sa part de rappeler au monde quâun poste vacant constitue avant tout une invitation. TifaLockHeart a perdu son titre de Khane aprĂšs que Stefan de Crab eut lancĂ© contre elle deux avis de recherche pour attentat puis elle a Ă©tĂ© livrĂ©e Ă la prison de Ruthvenville. Quelques minutes plus tard Tina Plurien usurpait le khanat dĂ©sormais vacant. Je voudrais attirer votre attention sur lâĂ©lĂ©gance mĂ©canique de cette succession. Certaines monarchies ont besoin dâun testament, dâune gĂ©nĂ©alogie et de plusieurs mois de nĂ©gociations. La Bananie dispose simplement dâune fenĂȘtre de quelques minutes pendant laquelle personne nâoccupe le fauteuil. Câest plus rapide et probablement plus sain pour les archives. Aurelthar connaissait parallĂšlement un sort semblable avec une collection beaucoup plus ambitieuse dâavis de recherche et un transfert vers Port Magmor. Lorsque la justice commence Ă voyager plus vite que les ministres il devient prudent de ne pas dĂ©faire ses bagages.Et puisque nous sommes arrivĂ©s en RuthvĂ©nie regardons ce royaume qui poursuit avec une admirable cohĂ©rence son grand projet de ramener lâĂ©conomie politique Ă une Ă©poque oĂč la richesse se mesurait au nombre de personnes obligĂ©es de vous saluer. Le Bubusier a mis fin au revenu de solidaritĂ© en expliquant que la solidaritĂ© ne devait surtout pas appartenir Ă lâĂtat mais Ă la noblesse. LâidĂ©e est splendide. Donner directement aux pauvres risquerait de les priver de lâoccasion pĂ©dagogique dâaller demander aux riches le droit de travailler pour eux. Il rĂ©forme Ă©galement les banques afin dâencourager les rencontres humaines et accessoirement de financer une salle de bal. Jâai rarement vu une doctrine Ă©conomique prĂ©senter avec autant de sĂ©rĂ©nitĂ© une taxe bancaire comme instrument de sociabilitĂ© aristocratique. Le citoyen qui perd de lâargent pourra au moins se consoler en sachant que quelque part un lustre sera magnifique. Sir McRabbit abandonne dans la mĂȘme soirĂ©e les Affaires ĂtrangĂšres pour devenir prĂ©fet de police de RuthvĂ©nie. Certains hommes changent de carriĂšre. Sir McRabbit change simplement de maniĂšre dâĂȘtre partout Ă la fois.LâEmpire Brun traverse quant Ă lui une pĂ©riode presque inquiĂ©tante de productivitĂ©. Dans la Plaine IrradiĂ©e Dinglemire encourage les habitants dâAtome Ă extraire de la pierre pendant que Lyanna de Nansay Ă©tablit une chaĂźne de production miniĂšre. Ă Mystisie Dusk et Aurora accĂ©lĂšre lâactivitĂ© dâun gisement dâor. En Sicilia Aken finit par se livrer aux autoritĂ©s. Rien nâexplose de maniĂšre immĂ©diatement spectaculaire dans cette portion du rĂ©cit ce qui pour lâEmpire Brun correspond Ă une stabilitĂ© Ă©conomique remarquable. Je prĂ©fĂšre toutefois ne pas complimenter trop fort les Bruns. Chaque fois quâon affirme quâune journĂ©e y semble normale quelquâun dĂ©couvre gĂ©nĂ©ralement un laboratoire oubliĂ© derriĂšre un mur et la soirĂ©e se termine avec trois mutants, un savant en blouse brĂ»lĂ©e et une impĂ©ratrice expliquant que tout Ă©tait prĂ©vu.Mais avant de quitter cette affaire je dois revenir sur un homme qui refuse manifestement que lâHistoire puisse connaĂźtre une soirĂ©e tranquille. GŃĂžbatchev, fraĂźchement nommĂ© Directeur des Services Secrets du Paradigme, avait proclamĂ© la naissance du Groupe WĂžgner et prĂ©sentĂ© son Ă©ventuelle disparition comme le commencement dâune lĂ©gende. Or cette fois les registres ne laissent plus simplement parler sa moustache. Le Groupe WĂžgner a effectivement Ă©tĂ© fondĂ©. Il existe maintenant quelque part dans le Cybermonde une organisation secrĂšte nĂ©e autour dâun homme qui venait prĂ©cisĂ©ment dâannoncer son existence au monde entier. Câest une conception audacieuse du secret mais aprĂšs tout GŃĂžbatchev nâa jamais promis dâĂȘtre discret. Il a promis dâĂȘtre inoubliable. Les mauvaises langues pourront objecter quâune organisation clandestine publiquement annoncĂ©e perd une part de son mystĂšre. Ces personnes ne comprennent rien Ă la stratĂ©gie. Lorsquâun homme possĂšde une moustache pareille le camouflage a dĂ©jĂ Ă©chouĂ© depuis longtemps.Nous voilĂ donc avec un cessez-le-feu qui survit Ă ses premiĂšres blessures, un Paradigme qui change ses juges entre deux explosions, une ConfĂ©dĂ©ration qui recycle ses ministres avec lâefficacitĂ© dâune usine, un GĂ©ofront qui protĂšge son indĂ©pendance en creusant littĂ©ralement vers Kraland, un Khanat oĂč lâhonneur ancestral passe dĂ©sormais par la puretĂ© idĂ©ologique des peluches, une Bananie qui change de Khane Ă la vitesse dâune chaise musicale, une RuthvĂ©nie qui abolit la solidaritĂ© pour sauver lâaristocratie du danger de devoir ĂȘtre inutile et un Groupe WĂžgner secrĂštement connu de la totalitĂ© du Cybermonde. Je pourrais prĂ©tendre que tout ceci mâinquiĂšte. Je pourrais vous dire que les institutions vacillent, que les frontiĂšres se brouillent et que la paix repose sur une poignĂ©e de personnes capables Ă tout moment de confondre diplomatie et mobilier contondant. Ce serait manquer totalement le vĂ©ritable enseignement de cette journĂ©e. Le Cybermonde fonctionne exactement ainsi depuis toujours. Sa stabilitĂ© ne vient pas de lâabsence de chaos. Elle vient de cette extraordinaire capacitĂ© quâont ses habitants Ă transformer chaque catastrophe en institution avant la catastrophe suivante. Alors gardez vos casques. Ăvitez les armureries. Si vous apercevez un terrier sous votre auberge vĂ©rifiez simplement quâil nâaboutit pas dĂ©jĂ Ă un ministĂšre kralandais. Si un requin irradiĂ© vous demande son chemin vers une Ăźle soyez charitable. Et si quelquâun vous annonce quâil vient de fonder une organisation parfaitement secrĂšte devant toute la population ne lâinterrompez surtout pas. Il pourrait ĂȘtre Directeur des Services Secrets. Et surtout, achetez un billet de loterie. Les personnes citĂ©es peuvent naturellement venir contester mon interprĂ©tation. Radio NĂ©crotoile recevra avec courtoisie les dĂ©mentis, les protestations et les longues explications embarrassĂ©es dĂ©montrant que jâai entiĂšrement raison pour des raisons diffĂ©rentes de celles que jâavais prĂ©vues. Les tĂ©moins sont Ă©galement invitĂ©s Ă se manifester. Les coupables peuvent venir avant eux. Cela nous fera gagner du temps. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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28 Aout 6662026
[spoiler]Mes chers auditeurs, ici Kleo pour Necrotoile.
Je veux (...)
![]() 28 Aout 6662026 Spoiler Mes chers auditeurs, ici Kleo pour Necrotoile. Je veux pourtant commencer par le GĂ©ofront parce quâil est devenu en quelques heures une dĂ©monstration assez parfaite de ce que la RĂ©publiK entend par libre adhĂ©sion. LĂ -bas Shiki Chantargent a dĂ©couvert que des collecteurs liĂ©s aux Provinces IndĂ©pendantes emportaient une part considĂ©rable des recettes locales tandis que les courriers envoyĂ©s pour demander des explications revenaient avec lâĂ©lĂ©gance administrative dâune porte fermĂ©e. Sa rĂ©ponse fut immĂ©diatement rĂ©publicaine. Elle a dĂ©noncĂ© le pillage, soutenu le rapprochement avec Kraland puis supprimĂ© pratiquement tous les impĂŽts provinciaux quâelle pouvait atteindre. Câest une maniĂšre trĂšs raffinĂ©e de dire que si quelquâun veut prĂ©lever la moitiĂ© de vos revenus sans rĂ©pondre au courrier il faudra dĂ©sormais commencer par trouver des revenus Ă prĂ©lever. Ninoo Chantargent a poursuivi la dĂ©monstration en rĂ©clamant lâargent disparu avec toute la gravitĂ© quâexige une affaire mettant directement en pĂ©ril lâapprovisionnement en jus de pomme. Logan Komikov a cĂ©lĂ©brĂ© de son cĂŽtĂ© la Kontradiction en soutenant simultanĂ©ment le GĂ©ofront libre, le GĂ©ofront sous protectorat et le GĂ©ofront Kra. Certains y verraient trois positions incompatibles. Câest oublier que la pensĂ©e rĂ©publicaine ne se contredit jamais. Elle se dĂ©ploie sur plusieurs formulaires Ă la fois. Sir McRabbit creuse pendant ce temps des tunnels sous la Lune Dansante pour relier symboliquement ou littĂ©ralement le GĂ©ofront Ă la RĂ©publique et il distribue des pelles avec le sĂ©rieux dâun homme qui a compris quâune politique extĂ©rieure rĂ©ussie commence souvent par vĂ©rifier la soliditĂ© des fondations. Je ne sais pas encore oĂč mĂšne le tunnel. Je suis cependant certaine quâune administration finira par exiger un permis pour le savoir. Les autoritĂ©s concernĂ©es peuvent naturellement venir expliquer que tout ceci constitue une transition parfaitement ordonnĂ©e. Nous leur rĂ©serverons une chaise et une pelle.Cette journĂ©e gĂ©ofrontaise nous a dâailleurs offert une merveille beaucoup plus dĂ©licate encore lorsque Golgoth LandraĂ«l II a pris la parole pour expliquer aux habitants que la RĂ©publique de Kraland Ă©tait formidable puis quelques minutes plus tard que la ConfĂ©dĂ©ration Libre Ă©tait Ă©galement formidable. Jâinsiste sur le fait quâil nây a lĂ aucune incohĂ©rence. Golgoth possĂšde simplement cette rare souplesse diplomatique qui permet dâaimer plusieurs gouvernements dans le temps nĂ©cessaire Ă un serveur pour changer les verres. La RĂ©publiK mĂ©rite son enthousiasme parce que Sophos sâintĂ©resse au GĂ©ofront. La ConfĂ©dĂ©ration mĂ©rite le mĂȘme enthousiasme parce quâelle accueille les Ă©trangers et possĂšde des mĂ©thodes de passation du pouvoir qui lâintriguent. Entre les deux Golgoth reste parfaitement fidĂšle Ă une doctrine plus ancienne que toutes leurs constitutions rĂ©unies et qui consiste Ă trouver les gens sympathiques tant quâils possĂšdent des buffets convenables. Il y a dans cette attitude une profondeur politique que les grandes Ă©coles refusent encore dâenseigner. Les idĂ©ologues demandent quel rĂ©gime est juste. Golgoth demande lequel sert encore du jus de groseille. Je ne suis pas certaine quâil ait moins souvent raison.Mais avant de quitter Sanctuaire il faut parler de lâobjet naval qui a rĂ©ussi lâexploit de devenir Ă la fois un problĂšme militaire, un refuge politique, un projet de casino, une croisiĂšre alcoolisĂ©e et une crise familiale pour une intelligence artificielle. Le Cruisader a finalement activĂ© ses moteurs et effectuĂ© un demi-tour pour revenir en Slavonie. VoilĂ un navire qui semble avoir davantage dâopinions gĂ©opolitiques que certains ministĂšres. Sophos avait dĂ©jĂ Ă©levĂ© lâaffaire Ă la dignitĂ© scientifique qui lui convient en expliquant que lâIA devait ĂȘtre neutralisĂ©e afin de protĂ©ger Mousse Haillons et que lâensemble pourrait Ă©ventuellement trouver sa place dans le grand classement rĂ©publicain des choses quâon ne comprend pas encore mais quâon aimerait beaucoup administrer. Puis Tears Velzard est montĂ©e Ă lâabordage avec sa stagiaire, son sabre et une confusion admirable entre un ordinateur mutin et Bladimir Mutin. Câest Ă cet instant prĂ©cis que lâon reconnaĂźt la grande tradition maritime slavonne. Le marin ordinaire vĂ©rifie la carte. Le Slavon vĂ©rifie dâabord si quelquâun mĂ©rite une correction puis seulement aprĂšs si la personne visĂ©e se trouve effectivement sur le bateau. Golgoth LandraĂ«l II avait quant Ă lui consacrĂ© une Ă©nergie touchante Ă transformer le bĂątiment en palace flottant avec piscine, cave Ă liqueurs et perspectives de casino avant de dĂ©couvrir que lâIA de bord pouvait peut-ĂȘtre ĂȘtre dangereuse. Il propose maintenant soit dâenvoyer le navire vers lâAustraline afin que les rĂ©cifs rĂšglent le problĂšme soit de sĂ©parer lâIA du navire et de nourrir son esprit sur une source dâĂ©nergie beaucoup plus humble. JâapprĂ©cie Ă©normĂ©ment cette philosophie. Lorsquâune machine de guerre devient incontrĂŽlable on ne la dĂ©truit pas nĂ©cessairement. On lui retire les canons, on lui trouve une pile et on espĂšre quâelle dĂ©veloppe une passion pour le jardinage. Pendant ce temps le Cruisader est rĂ©ellement revenu en Slavonie et Tears est rĂ©ellement montĂ©e Ă bord. Il y a donc dĂ©sormais deux catĂ©gories dâĂȘtres dans cette affaire. Ceux qui ont un plan et ceux qui sont dĂ©jĂ sur le pont avec un sabre. LâHistoire nous a appris Ă ne jamais sous-estimer la seconde catĂ©gorie.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă la paix entre la ConfĂ©dĂ©ration Libre et le Paradigme Vert. Je sais que certains auditeurs auront besoin dâun instant pour accepter cette phrase. Prenez votre verre. Regardez-le. Il est rĂ©el. La paix aussi pour le moment. Elle a mĂȘme survĂ©cu Ă Merula, Ă plusieurs fĂ©es, Ă des mĂ©diateurs blessĂ©s, Ă des arrestations et Ă cette tendance locale trĂšs particuliĂšre qui consiste Ă considĂ©rer quâun cessez-le-feu est une excellente occasion de vĂ©rifier jusquâoĂč lâon peut avancer avant que quelquâun proteste. Le geste le plus concret est venu dâAccalmie oĂč La fĂ©e K. Lome a retirĂ© Ă Merula son poste de juge et nommĂ© La fĂ©e Tide Ă sa place. Nous savons donc maintenant que les institutions du Paradigme possĂšdent bien un mĂ©canisme de remplacement. Câest rassurant. Pendant plusieurs jours jâavais fini par croire que les fonctions publiques y poussaient naturellement sur les titulaires comme de la mousse et quâil fallait attendre lâhiver pour quâelles tombent. Patrick DePouch peut donc inscrire un succĂšs Ă son grand registre de la patience confĂ©dĂ©rĂ©e tandis que la question des peines dâ Albert reste suspendue au-dessus des nĂ©gociations comme une petite cuillĂšre oubliĂ©e dans une tasse de thĂ© diplomatique. Ce qui me fascine nâest pas que les deux camps se disputent encore. Ce serait inquiĂ©tant sâils cessaient brutalement. Ce qui me fascine est quâils ont finalement dĂ©couvert une mĂ©thode plus coĂ»teuse en papier quâen blessĂ©s. Si cette habitude persiste nous pourrions assister Ă une rĂ©volution morale de premiĂšre importance. Les armĂ©es apprendront Ă se haĂŻr par courrier recommandĂ©.Il faut malheureusement compter avec Noctis qui a compris que toute paix durable menace directement lâindustrie du spectacle militaire. Le voilĂ donc Ă Accalmie avec la Khanat Armyaou, une force fĂ©line qui revendique lâĂcrin dâAmĂ©thyste, promet un Paradigme Mauve et tente de relancer la guerre en attribuant Ă Karlin et Jean-Messie de la Nation des insultes maternelles dâune finesse diplomatique comparable Ă un tabouret lancĂ© dans une rĂ©ception. Jâadmire ici le Khanat ElmĂ©rien dans toute sa splendeur. Ailleurs on utilise des espions, des sanctions ou des incidents de frontiĂšre. Au Khanat on envoie des chats annoncer quâils vont renommer les provinces aprĂšs avoir fini de faire leurs griffes. Lâavantage est considĂ©rable. Il devient presque impossible de distinguer lâinvasion de la promenade. Le problĂšme est que lâĂcrin de Jade a prĂ©cisĂ©ment rappelĂ© quâil ne souhaitait pas ĂȘtre un accessoire dans la querelle. Un agent a hissĂ© le drapeau des Provinces IndĂ©pendantes et Mademoiselle revendique lâendroit comme rĂ©serve indĂ©pendante placĂ©e sous une autoritĂ© locale qui nâa visiblement aucune envie de servir de dessous de verre aux ambitions voisines. Noctis pourra donc continuer sa marche vers la Grande LitiĂšre sâil le souhaite. Il lui faudra simplement traverser un Cybermonde oĂč chaque arbre semble dĂ©sormais possĂ©der une constitution. Les reprĂ©sentants du Khanat peuvent venir protester contre cette prĂ©sentation. Je leur recommande seulement de vĂ©rifier auparavant quâaucun chat nâa annexĂ© le studio.Restons un instant Ă Structural car la mĂ©canique confĂ©dĂ©rĂ©e y poursuit lâune des expĂ©riences politiques les plus audacieuses de notre Ă©poque. Elle tente de dĂ©montrer quâil est possible dâavoir simultanĂ©ment une police omniprĂ©sente, des criminels omniprĂ©sents, des tunnels de prison rĂ©guliĂšrement rebouchĂ©s et une population toujours surprise de retrouver les mĂȘmes personnes dehors quelques heures plus tard. bob le kasque blue a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© puis libĂ©rĂ©. La Pacificatrice a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e puis libĂ©rĂ©e elle aussi avant dâĂȘtre renommĂ©e GĂ©nĂ©rale des Casques Bleus Ă Fort Emouchet parce que lâadministration confĂ©dĂ©rĂ©e sait admirablement remettre les papiers en ordre lorsque la paix mondiale lâexige. ZĂ©phiria de Pont-Krivell sâest Ă©vadĂ©e puis a Ă©tĂ© reprise et transfĂ©rĂ©e avant de recevoir une amende assez lourde pour donner une dimension budgĂ©taire Ă son aventure. Henri St Misles a fait rĂ©parer les barreaux et combler le tunnel ce qui prouve que la ConfĂ©dĂ©ration ne nĂ©glige jamais les infrastructures mĂȘme lorsque leurs utilisateurs ont dĂ©jĂ pris la sortie. Jâaurais tort de mâen moquer. Il existe des nations oĂč une prison est un lieu fermĂ©. Structural a choisi une conception plus dĂ©mocratique. Câest un espace de dĂ©bat avec horaires de sortie variables. MĂȘme Gronullos du patĂ© a trouvĂ© le temps de louer certains fonctionnaires, de bafouiller sur dâautres et de manifester contre plusieurs gouvernements dans le mĂȘme quartier. VoilĂ lâesprit confĂ©dĂ©rĂ© rĂ©duit Ă sa forme la plus pure. Un citoyen libre ne choisit pas nĂ©cessairement une opinion. Il en exerce plusieurs jusquâĂ Ă©puisement.Je voudrais attirer votre attention sur un autre phĂ©nomĂšne plus discret mais infiniment plus rĂ©vĂ©lateur. Tandis que les grandes puissances discutent de paix, de souverainetĂ© et dâintelligences artificielles armĂ©es, le Cybermonde continue de produire ses petites catastrophes avec la ponctualitĂ© dâun majordome ruthvĂšne. Ă LĂ©prosie un accident nuclĂ©aire a provoquĂ© la mutation Ovipare. Ă Trou Perdu un cyclone a frappĂ© la ville et endommagĂ© les bĂątiments tandis que les habitants ramassaient probablement ce que le vent avait laissĂ©. En SibĂ©ria puis en Slavonie Ash Williams a parcouru assez de visages avec des tartes Ă la crĂšme pour faire de la pĂątisserie une branche reconnue de la stratĂ©gie militaire. Il a visĂ© des policiers, des crĂ©atures, des responsables politiques et Ă peu prĂšs tout ce qui possĂ©dait une face disponible. K' Velzard lui a rĂ©pondu par la mĂȘme mĂ©thode puis a achetĂ© plusieurs installations en SibĂ©ria comme si une guerre de tartes devait naturellement se conclure par une opĂ©ration immobiliĂšre. Câest peut-ĂȘtre cela le vĂ©ritable gĂ©nie de la RĂ©publiK. On ne sait jamais si la prochaine offensive sera une manifestation, une collectivisation, un achat de garage ou un dessert. Lâennemi finit par cĂ©der moins par peur que par fatigue documentaire.Pendant ce temps la RuthvĂ©nie continue dâaccomplir ce quâelle fait de mieux, transformer chaque incident en affaire de rang, dâhonneur et de mobilier coĂ»teux. Ă Crab Key Korail a commencĂ© par distribuer cent Couronnes Ă chaque citoyen puis a rĂ©compensĂ© Astroglobal pour un chantier de cimetiĂšre et la replantation dâun arbre avant dâajuster une vaste gamme de taxes. Je reconnais lĂ une conception monarchique dâune remarquable puretĂ©. On distribue le butin dâune main puis on rĂ©organise mĂ©thodiquement les prĂ©lĂšvements de lâautre afin que chacun conserve le plaisir dâavoir reçu quelque chose avant de dĂ©couvrir le coĂ»t de son prochain achat. Ă Ruthvenville TifaLockHeart continue de dĂ©noncer les humiliations subies en prison et annonce quâelle renonce Ă lâhonneur puisque ses adversaires lâauraient dĂ©jĂ jetĂ© Ă la poubelle. ElberethKhanSeraven lui a apportĂ© une protection contre lâarbitraire et payĂ© sa caution tandis que Sir McRabbit affirme que ses lapins ont trouvĂ© des indices liant Tifa et Aurelthar aux destructions de la centrale et de la prison. Ce royaume possĂšde un talent trĂšs particulier. MĂȘme lorsquâon y parle dâexplosifs on entend presque le froissement dâun rideau de velours. Toute personne impliquĂ©e peut venir dĂ©fendre son honneur Ă lâantenne. Nous avons prĂ©vu une nappe propre et suffisamment dâespace pour les duels verbaux.LâEmpire Brun nâa pas voulu ĂȘtre oubliĂ©. Il ne lâest jamais trĂšs longtemps car quelque chose finit gĂ©nĂ©ralement par exploser, muter ou revenir dâexil avec une fille silencieuse et un passĂ© qui donne envie aux commerçants de fermer plus tĂŽt. Ă Bagdad Emir Nasser Al KhaĂŻd est revenu en ville avec Sara et la rumeur locale a immĂ©diatement rappelĂ© que certains retours ressemblent moins Ă des retrouvailles quâĂ lâouverture dâun vieux coffre dont personne nâavait retrouvĂ© la clĂ©. Peu auparavant Golshifteh Rafani annonçait une gigantesque extraction de fer Ă Bagdad avec la dĂ©licatesse impĂ©riale habituelle, celle qui fait toujours hĂ©siter entre campagne industrielle et prĂ©lude Ă une catastrophe radioactive. Ă LĂ©prosie justement lâaccident nuclĂ©aire a offert aux habitants une mutation ovipare. Ce nâest pas un Ă©chec industriel. Dans lâEmpire Brun câest une diversification biologique non budgĂ©tĂ©e. Jâai grandi assez prĂšs de cette culture pour savoir quâun nuage inquiĂ©tant nâest jamais simplement un nuage. Câest soit le dĂ©but dâun rĂšgne, soit la fin dâun laboratoire, soit le signe quâun technicien a encore lu la moitiĂ© du manuel. Jâattends donc avec beaucoup dâintĂ©rĂȘt de savoir ce que Bagdad extraira rĂ©ellement demain. Du fer si tout va bien. Une nouvelle espĂšce si lâEmpire reste fidĂšle Ă lui-mĂȘme.Et puis au milieu de tout cela il y a la RĂ©publiK qui continue tranquillement dâĂ©tendre son domaine prĂ©fĂ©rĂ©, celui des choses quâelle peut inscrire dans un registre. ZĂžra a dĂ©couvert la technologie des CuirassĂ©s pour Kraland ce qui signifie que la RĂ©publique peut dĂ©sormais regarder le dossier Cruisader avec cette expression trĂšs particuliĂšre des administrations qui dĂ©couvrent soudain quâun problĂšme privĂ© ressemble beaucoup Ă une future ligne budgĂ©taire. K' Velzard a livrĂ© Ă Gynerak une dĂ©claration officielle invitant les habitants Ă profiter des activitĂ©s locales, Ă soutenir la recherche, Ă fĂ©liciter les fonctionnaires et surtout Ă retourner ensuite Ă une activitĂ© miniĂšre normale sans trop penser. Je serais tentĂ©e de qualifier cela de caricature si la formulation nâĂ©tait pas dĂ©jĂ tellement efficace quâelle rend toute exagĂ©ration inutile. Le grand mĂ©rite du soviĂ©tisme kralandais est de ne jamais cacher sa poĂ©sie. Le citoyen est heureux, le chantier avance, le fonctionnaire mĂ©rite des fĂ©licitations et si une question subsiste un formulaire existe probablement quelque part pour lâenterrer avec dignitĂ©. Le GĂ©ofront qui se rapproche de cette machine administrative ne perdra peut-ĂȘtre pas son indĂ©pendance culturelle. Il gagnera en revanche quelque chose de beaucoup plus durable. Des archives.Je terminerai donc sur cette idĂ©e parce quâelle me paraĂźt plus importante que les drapeaux hissĂ©s, les tunnels creusĂ©s et les navires qui changent de direction. Le Cybermonde nâest pas en train de devenir plus raisonnable. Il devient simplement meilleur Ă donner des noms raisonnables Ă ses pulsions. Une invasion devient une opĂ©ration de protection. Une arrestation devient une formalitĂ©. Une annexion devient une plaisanterie fĂ©line. Une baisse dâimpĂŽt devient un geste dâĂ©mancipation. Une IA armĂ©e devient un problĂšme de branchement. Une guerre devient un cessez-le-feu traversĂ© dâexceptions et une province entiĂšre peut se retrouver entre deux systĂšmes politiques pendant que ses habitants rĂ©clament surtout quâon leur rende leur argent et quâon ne dĂ©range pas Shiki. Je ne vois lĂ aucune contradiction. Je vois au contraire une cohĂ©rence magnifique. Les empires passent leur temps Ă prĂ©tendre quâils contrĂŽlent lâHistoire alors que lâHistoire est gĂ©nĂ©ralement occupĂ©e Ă boire quelque part avec Golgoth, Ă creuser un tunnel avec McRabbit ou Ă monter sur un navire avec Tears avant dâavoir reçu la fin des instructions. Câest pour cela que je continue de prendre des notes. Quelquâun doit bien laisser une version correctement ordonnĂ©e de ce dĂ©sordre et il serait irresponsable de confier cette tĂąche Ă quelquâun de moins impartial que moi. Les tĂ©moins anonymes, les souverains vexĂ©s, les gĂ©nĂ©raux momentanĂ©ment incarcĂ©rĂ©s, les juges rĂ©cemment remplacĂ©s et les intelligences artificielles disposant encore dâune prise compatible sont invitĂ©s Ă venir corriger cette chronique. Je les Ă©couterai avec toute lâouverture dâesprit qui me caractĂ©rise puis je dĂ©terminerai avec mĂ©thode pourquoi ils ont tort.C'Ă©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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29 Aout 6662026
[spoiler]
Il existe des journĂ©es oĂč le Cybermonde paraĂźt avancer (...)
![]() 29 Aout 6662026 Spoiler Il existe des journĂ©es oĂč le Cybermonde paraĂźt avancer selon une logique discernable. Les traitĂ©s sont nĂ©gociĂ©s par des diplomates, les armĂ©es se dĂ©placent selon des cartes et lorsquâun souverain se couche le soir il peut raisonnablement espĂ©rer retrouver sa couronne au rĂ©veil. Le vingt-huit aoĂ»t ne fut pas une de ces journĂ©es. Ce fut plutĂŽt lâun de ces grands moments historiques oĂč chacun prit soin de donner Ă ses actes une justification respectable pendant que la rĂ©alitĂ© courait dans les couloirs avec une tarte Ă la crĂšme sur la tĂȘte. Nous avons obtenu une proposition de paix entre la ConfĂ©dĂ©ration Libre et le Paradigme Vert, le Cruisader est arrivĂ© au GĂ©ofront avec assez de moutons, de soldats et de rĂ©volutionnaires pour transformer un port en migration religieuse, lâEmpire Brun a changĂ© de souveraine selon cette vieille tradition locale qui consiste Ă considĂ©rer le trĂŽne comme une chaise musicale munie de dĂ©mons et quelque part au milieu de tout cela la RuthvĂ©nie a dĂ©cidĂ© que le vĂ©ritable enjeu gĂ©opolitique de la SibĂ©ria Ă©tait la qualitĂ© de ses glaçons. Jâavais depuis longtemps expliquĂ© que le Cybermonde finirait par atteindre ce degrĂ© supĂ©rieur de civilisation. Comme personne ne mâavait demandĂ© de le prĂ©dire je peux raisonnablement considĂ©rer que jâavais raison avec une remarquable avance. Commençons par le Cruisader parce quâil est difficile dâignorer un navire de guerre lorsquâil remonte une riviĂšre, traverse plusieurs provinces et arrive finalement au GĂ©ofront avec dix unitĂ©s dâĂ©nergie restantes et une conception de la discrĂ©tion qui rappelle celle dâun orchestre entrant dans une bibliothĂšque. Le bĂątiment a quittĂ© la Slavonie puis a gagnĂ© le GĂ©ofront en passant notamment par lâAcropole et le ValĂ©gro. Cette fois il ne sâagit plus dâune rumeur racontĂ©e au fond dâune taverne par quelquâun qui connaissait quelquâun dont le cousin avait vu une voile. Le navire sâest rĂ©ellement dĂ©placĂ©. Puis Tears Velzard est apparue sur le balcon de la capitainerie pour annoncer avec une satisfaction parfaitement raisonnable quâelle avait abordĂ© toute seule son superbe bateau, tout en reconnaissant que la partie concernant la propriĂ©tĂ© du superbe bateau demeurait encore lĂ©gĂšrement floue. Câest une subtilitĂ© juridique tout Ă fait secondaire. Dans les grandes traditions maritimes on distingue gĂ©nĂ©ralement le propriĂ©taire du navire, son capitaine et la personne qui vient de monter dessus avec un sabre en criant quâil est Ă elle. En Slavonie ces catĂ©gories semblent beaucoup plus souples et je trouve cette simplification administrative rafraĂźchissante.LâarrivĂ©e elle-mĂȘme mĂ©rite quâon sây attarde car Sanctuaire ne sâest pas contentĂ© dâaccueillir un bateau. Des bergers, des moutons, des soldats kralandais, des amateurs de football et une quantitĂ© dâindividus suffisamment indĂ©finissables pour que les registres aient prĂ©fĂ©rĂ© les dĂ©signer collectivement comme des hurluberlus ont dĂ©ferlĂ© dans les rues sur fond de chants rĂ©volutionnaires et de rapprochement avec lâUKraSS. Plusieurs bĂątiments importants sont devenus des zones autonomes dans le mĂȘme mouvement. Le palais du Grand Pope, le complexe portuaire, une basilique, lâambassade seelienne, lâhĂŽtel de ville et la base militaire ont ainsi connu cette Ă©trange forme de libertĂ© qui consiste Ă devenir autonome prĂ©cisĂ©ment au moment oĂč une foule enthousiaste cĂ©lĂšbre le rapprochement avec une puissance extĂ©rieure. VoilĂ une contradiction qui aurait dĂ©stabilisĂ© une nation moins Ă©voluĂ©e. Au GĂ©ofront elle constitue pratiquement une mĂ©thode de gouvernement. On proclame son indĂ©pendance avec enthousiasme puis on creuse un tunnel vers la RĂ©publiK puis on accueille un contingent militaire venu protĂ©ger un navire puis on explique naturellement que personne nâannexe personne. K' Velzard a dâailleurs pris soin de prĂ©ciser que le contingent slavon nâĂ©tait pas lĂ pour annexer quoi que ce soit et que Tears Ă©tait simplement venue avec son nouveau bateau. Toute la beautĂ© de la diplomatie moderne tient dĂ©sormais dans cette phrase. Une armĂ©e arrive avec un bĂątiment militaire et il suffit dâajouter que ce nâest pas une annexion pour que lâHistoire se sente beaucoup plus dĂ©tendue. Golgoth LandraĂ«l II a naturellement profitĂ© de cette pĂ©riode de clarification nationale pour poursuivre son Ćuvre philosophique en faveur de la dĂ©pendance. AprĂšs avoir expliquĂ© quelques heures auparavant les bienfaits respectifs de la RĂ©publiK et de la ConfĂ©dĂ©ration il a cette fois condamnĂ© lâindĂ©pendance du GĂ©ofront parce quâon lui avait apparemment demandĂ© dâen dire du mal et quâil ne souhaitait pas se montrer contrariant. Il invoque mĂȘme lâopinion des Bergers de Calissie afin de dĂ©fendre lâidĂ©e quâune nation forte devrait reprendre le GĂ©ofront sous sa coupe. Peu aprĂšs il loue la ConfĂ©dĂ©ration Libre en rappelant quâelle accueille tout le monde et quâon y sert dĂ©sormais des hamburgers. Je voudrais ici dĂ©fendre Golgoth contre les accusations de volatilitĂ© idĂ©ologique. Il nâest pas incohĂ©rent. Il applique simplement une doctrine extrĂȘmement avancĂ©e oĂč la qualitĂ© dâun rĂ©gime se mesure Ă sa capacitĂ© Ă offrir une place Ă table. Les constitutions changent. Les frontiĂšres changent. Un hamburger bien prĂ©parĂ© possĂšde une stabilitĂ© institutionnelle autrement supĂ©rieure. Les politologues qui souhaitent contester cette mĂ©thode sont invitĂ©s Ă venir avec un buffet plus convaincant.Mais avant de quitter cette cĂŽte encombrĂ©e de bateaux et de moutons il faut revenir Ă la paix parce quâelle vient de rĂ©ussir lâexploit peu commun dâĂȘtre Ă la fois plus proche que jamais et toujours entourĂ©e de gens qui cherchent mĂ©ticuleusement oĂč elle pourrait casser. En Slavonie Karlin et les reprĂ©sentants confĂ©dĂ©rĂ©s se sont rencontrĂ©s. Dame DĂ©merzel est venue avec la suite ruthvĂšne en qualitĂ© dâalliĂ©e de lâAlliance PastĂšque et sous le regard protecteur que chacun attribue volontiers Ă Sophos dĂšs quâun problĂšme possĂšde assez de complexitĂ© pour exiger soit un scientifique soit un mouton tĂ©lĂ©pathique. Patrick DePouch a ensuite annoncĂ© que les discussions avaient Ă©tĂ© courtes mais productives et quâune proposition de paix se trouvait dĂ©sormais entre les mains du RĂ©gent. VoilĂ lâessentiel. Il existe rĂ©ellement quelque chose Ă accepter. AprĂšs des jours passĂ©s Ă mesurer qui avait frappĂ© qui aprĂšs quelle dĂ©claration et avant quel rappel du cessez-le-feu les deux camps ont produit un document. Toute civilisation vĂ©ritable finit un jour par dĂ©couvrir que le papier est une arme beaucoup plus lente mais remarquablement efficace.Et pendant que ce document voyageait entre les mains compĂ©tentes les soldats confĂ©dĂ©rĂ©s ont quittĂ© la BarriĂšre Carmin et le statu quo y a Ă©tĂ© conservĂ©. La tentative de conquĂȘte a Ă©chouĂ© et le pavillon paradigmien est restĂ© en place. Câest presque raisonnable. Naturellement il fallait immĂ©diatement compenser cette anomalie. Ruby Ravenmaid a donc repris la parole contre la ConfĂ©dĂ©ration alors que le silence des tribunes faisait partie des engagements du cessez-le-feu et Patrick DePouch a aussitĂŽt rappelĂ© que lâune des peines dâ Albert nâavait toujours pas Ă©tĂ© annulĂ©e. La ConfĂ©dĂ©ration sâest donc rĂ©servĂ© un droit de rĂ©ponse. La fĂ©e K. Lome a tentĂ© de rappeler Ă Ruby que cesser le feu ne signifiait pas fesser les gueux et quâil serait peut-ĂȘtre charitable de laisser les dirigeants confĂ©dĂ©rĂ©s se reposer de leur charisme dâhuĂźtre. Je ne saurais amĂ©liorer cette analyse sans lâabĂźmer. On notera seulement que le mĂȘme soir la fĂ©e a versĂ© une prime Ă Stella Darnus en Ă©voquant une opĂ©ration explosive prĂ©sentĂ©e comme un traitement particuliĂšrement Ă©nergique des troubles intestinaux de Patrick. La diplomatie paradigmienne possĂšde donc maintenant un volet mĂ©dical. Nous progressons.Plus extraordinaire encore les principaux intĂ©ressĂ©s se sont ensuite retrouvĂ©s Ă Irendol oĂč une quantitĂ© impressionnante de tartes Ă la crĂšme a circulĂ© entre Karlin, Stella Darnus, Malcom Ravenloft, Jay Padbol, GŃĂžbatchev, Mench0, Imoen de Sunnydale, La Pacificatrice et plusieurs autres personnes dont la dignitĂ© publique nâavait visiblement pas Ă©tĂ© suffisamment endommagĂ©e par les nĂ©gociations ordinaires. Il serait facile de prĂ©senter cela comme un relĂąchement. Ce serait intellectuellement paresseux. Je prĂ©fĂšre y voir la dĂ©couverte dâun mĂ©canisme de dĂ©sescalade extrĂȘmement prometteur. Une tarte produit du ressentiment mais rarement une veuve. Si la ConfĂ©dĂ©ration et le Paradigme arrivent Ă remplacer durablement leurs missiles par de la crĂšme fouettĂ©e nous aurons devant nous la premiĂšre doctrine militaire que les pĂątissiers pourront soutenir sans remords. Toute personne ayant reçu une tarte et souhaitant prĂ©ciser quâelle constituait une attaque stratĂ©gique majeure peut Ă©videmment venir tĂ©moigner. Nous fournirons une serviette.VoilĂ qui nous conduit naturellement vers lâEmpire Brun car pendant que les autres puissances apprenaient Ă nĂ©gocier Tormenta Ruthven a dĂ©cidĂ© quâun vingt-huit aoĂ»t sans trahison ascendante constituerait une offense aux traditions. Ă vingt-deux heures passĂ©es de trĂšs peu elle a renversĂ© Isotopine et pris le trĂŽne impĂ©rial. Les registres mentionnent mĂȘme lâaide possible de dĂ©mons dans cette entreprise ce qui est rassurant. Jâaurais Ă©tĂ© inquiĂšte dâapprendre quâune succession impĂ©riale brune sâĂ©tait dĂ©roulĂ©e uniquement avec des signatures et un changement de serrure. Tormenta remercie Isotopine pour ses services puis explique que la lĂ©thargie impĂ©riale ne peut plus durer et quâil faut rendre Ă lâEmpire son agressivitĂ©, son idĂ©ologie et sa capacitĂ© Ă dĂ©ferler sur le voisinage. Câest beau comme une bande-annonce gravĂ©e sur une pierre tombale. N'oublie jamais de la nourrir. Il faut reconnaĂźtre Ă Tormenta un diagnostic auquel mĂȘme ses dĂ©tracteurs auront du mal Ă opposer un bĂąillement. LâEmpire Brun sâĂ©tait effectivement installĂ© dans une Ă©trange pĂ©riode oĂč ses voisins bougeaient beaucoup pendant quâil semblait regarder ses propres mutations pousser. Or lâEmpire a toujours davantage ressemblĂ© Ă ces vieilles histoires oĂč un savant lĂšve les bras devant un gĂ©nĂ©rateur Ă©lectrique en hurlant que tout fonctionne quâĂ une maison de retraite institutionnelle. Tormenta veut donc remettre du mouvement. Jean-Messie de la Nation a immĂ©diatement saluĂ© son accession avec chaleur et a mĂȘme profitĂ© de lâoccasion pour demander quâon lui rende la Plaine. Il est difficile de savoir si cette demande relĂšve de la diplomatie ou de lâhabitude de profiter dâun changement de propriĂ©taire pour vĂ©rifier ce qui se trouve encore dans le grenier. Dans tous les cas il dĂ©montre une qualitĂ© politique rare. Certains adressent des fleurs aux nouveaux souverains. Jean-Messie joint une petite revendication territoriale Ă la carte.Lâaffaire devient encore plus savoureuse lorsquâon regarde Bagdad. Tormenta y avait dĂ©jĂ pris soin de louer Golshifteh Rafani, LachĂ©sis et Agatha quelques heures avant son coup. Le hasard est parfois dâune politesse remarquable. Le mĂȘme jour le Sultanat travaillait le fer et lâuranium avec toute la prudence qui caractĂ©rise une rĂ©gion oĂč une invitation Ă venir miner peut comporter Ă la fois des loukoums et une menace sanitaire implicite. LâEmpire possĂšde donc maintenant une nouvelle souveraine qui souhaite retrouver lâagressivitĂ© brune tandis que les provinces continuent de creuser vers des ressources capables de fournir soit une industrie soit une lueur inquiĂ©tante dans les veines. Autrement dit rien nâest encore certain mais le dĂ©cor est prĂȘt. Je connais suffisamment les Bruns pour savoir quâil suffit maintenant que quelquâun oublie une clĂ© prĂšs dâun rĂ©acteur.Restons un instant dans le froid parce que la RuthvĂ©nie a choisi de rĂ©pondre aux grands bouleversements du continent par une question autrement fondamentale. OĂč trouver les glaçons du prochain bal. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, Arbitre des ĂlĂ©gances et gardien dâun registre qui semble disposer dâune puissance juridique inversement proportionnelle au nombre de soldats qui lâaccompagnent, a proclamĂ© que les Champs de Glace de SibĂ©ria seraient placĂ©s sous sa protection et exploitĂ©s au bĂ©nĂ©fice du Royaume. Il ne rĂ©clame ni ville ni population ni frontiĂšre. Seulement la glace. Cette prĂ©cision mĂ©rite dâĂȘtre saluĂ©e. Les conquĂ©rants ordinaires veulent tout. Les aristocrates expĂ©rimentĂ©s savent identifier lâessentiel. Un empire sans frontiĂšre peut survivre. Une rĂ©ception sans glaçons laisse des tĂ©moins. Dame DĂ©merzel soutient naturellement lâentreprise parce que le Mur Climatique et le Grand Bal rĂ©clament des quantitĂ©s croissantes de glace. May B. Seraven accepte lâidĂ©e commerciale Ă condition que les taxes de SibĂ©ria soient honorĂ©es. Solas demande alors une exploitation modĂ©rĂ©e afin dâĂ©viter lâextinction de ce quâil traite presque comme une espĂšce locale et exige mĂȘme que les ouvriers puissent se dĂ©guiser en ours pour ne pas perturber les requins du secteur. Wenceslas rĂ©pond quâil ne prĂ©lĂšvera pas la glace mais quâil lâĂ©lĂšvera grĂące Ă un canal destinĂ© Ă alimenter les Champs en eau douce. Nous voilĂ donc Ă lâĂ©tape historique oĂč la RuthvĂ©nie invente lâĂ©levage de glaçons sous supervision Ă©cologique. Jâattends dĂ©sormais la crĂ©ation dâun pedigree pour les icebergs. Wonyoung a heureusement rappelĂ© une distinction essentielle. Son domaine est lâĂcrin de Jade et non lâensemble de la SibĂ©ria. Les icebergs du lac sont utiles Ă lâĂcrin notamment pour maintenir sa fraĂźcheur estivale mais dâautres se trouvent du cĂŽtĂ© de la Mer de SibĂ©ria. En dâautres termes il reste peut-ĂȘtre suffisamment de glace pour que chacun puisse revendiquer la sienne sans devoir immĂ©diatement dĂ©clencher une guerre de succession polaire. Il faut souhaiter que cette information soit entendue. La SibĂ©ria compte dĂ©jĂ assez dâautoritĂ©s, de principautĂ©s, de chats, de gardiens, de rĂ©gents et dâarbitres pour quâun morceau de glace puisse raisonnablement demander lui-mĂȘme un avocat avant de fondre. Ceux qui souhaitent contester les droits de lâArbitrage peuvent naturellement dĂ©poser une requĂȘte. Wenceslas lâarchivera avec Ă©lĂ©gance.Pendant ce temps la RĂ©publiK accomplit tranquillement ce que la RĂ©publiK fait lorsque personne ne la surveille suffisamment. Elle finance la science en appauvrissant avec mĂ©thode ses citoyens. Logan Komikov, Ministre de lâĂconomie, a dĂ©valuĂ© la monnaie et gĂ©nĂ©rĂ© plus de douze mille FK tandis que les citoyens perdaient cinq pour cent de leurs liquiditĂ©s. Il a expliquĂ© que ce sacrifice sâinscrivait dans un sprint technologique destinĂ© Ă rattraper des mois de retard. Une personne de mauvaise foi pourrait prĂ©tendre quâon vient simplement de prendre cinq pour cent de lâargent de tout le monde. Cette personne nâaurait pas compris le collectivisme. Lâargent individuel est une forme primitive de monnaie qui attend patiemment dâĂȘtre transformĂ©e en progrĂšs national. Logan nâa donc pas retirĂ© des richesses aux citoyens. Il les a fait monter de niveau institutionnel.Une part importante de ces fonds est allĂ©e directement Ă la Recherche. Il faut comprendre la noblesse du mĂ©canisme. Le citoyen possĂšde moins dâargent mais la nation peut dĂ©sormais chercher davantage de choses quâil ne comprendra probablement jamais. VoilĂ un Ă©change social dâune limpiditĂ© magnifique. Pendant ce temps les habitants de Kraland ont Ă©galement affrontĂ© une Ă©pidĂ©mie de tortues blindĂ©es qui semblent avoir dĂ©veloppĂ© un intĂ©rĂȘt particulier pour Logan Komikov, Natali Stakhanov et Davidovitch Alberovitch Seldon. Sophos a quant Ă lui Ă©tĂ© attaquĂ© par un Homard GĂ©ant. Je note une diversification inquiĂ©tante de lâopposition politique animale. AprĂšs les tortues voici le homard. Si un poulpe prend la parole demain au Parlement je demanderai simplement quâil remplisse les formulaires dans lâordre.Mais câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que lâon mesure la robustesse de la RĂ©publiK. Elle peut dĂ©valuer sa monnaie, financer la Recherche, prĂ©parer une fusion gĂ©ofrontaise et affronter des crustacĂ©s surdimensionnĂ©s sans jamais perdre son aptitude fondamentale Ă tamponner des documents. Jean Prendnote a mĂȘme lancĂ© sa campagne pour le poste de Gouverneur de Kraland en expliquant que voter pour lui revenait Ă voter pour le Bonheur. Il a dĂ©jĂ convaincu un apprenti et un garde du corps. Toutes les grandes rĂ©volutions commencent quelque part. Certaines commencent dans une usine. Celle-ci commence avec deux personnes et probablement une affiche.Je ne saurais terminer sans faire un dĂ©tour par Structural oĂč la ConfĂ©dĂ©ration Libre continue son expĂ©rience scientifique visant Ă dĂ©terminer combien de discours politiques peuvent tenir dans une mĂȘme ville avant que lâair devienne physiquement plus dense. Jean-Ronaldoe de la Patrie, Gronullos du patĂ©, Kether DeiMachiavelli et bob le kasque blue ont distribuĂ© critiques, fĂ©licitations et manifestations avec une telle Ă©nergie quâil devient difficile de savoir si Structural possĂšde encore un gouvernement ou simplement une conversation permanente. Bob le trĂšs trĂšs terrible reçoit des Ă©loges venant dâĂ peu prĂšs toutes les directions tandis que ceux qui tentent de le critiquer dĂ©couvrent parfois que la foule possĂšde elle aussi une opinion. La ConfĂ©dĂ©ration a dâailleurs dĂ©couvert la technologie du Fanatisme de Masse. Jâavais plusieurs commentaires possibles mais les archives se contenteront de noter que lorsquâune dĂ©mocratie dĂ©couvre officiellement comment fanatiser ses citoyens en faveur du gouvernement il devient trĂšs dĂ©licat de prĂ©tendre que la satire exagĂšre.VoilĂ peut-ĂȘtre le vĂ©ritable portrait du jour. Le Paradigme et la ConfĂ©dĂ©ration possĂšdent dĂ©sormais une proposition de paix mais continuent Ă sâenvoyer des tartes et des reproches administratifs. Le GĂ©ofront accueille le Cruisader et cĂ©lĂšbre son rapprochement avec Kraland tout en multipliant les zones autonomes. La RĂ©publiK transforme cinq pour cent des Ă©conomies privĂ©es en science nationale et poursuit son chemin sous les attaques dâune faune manifestement contre-rĂ©volutionnaire. La RuthvĂ©nie prĂ©pare lâĂ©levage industriel de glace aristocratique. Le Khanat cherche toujours des frontiĂšres sur lesquelles planter des tentes et lâEmpire Brun a rĂ©solu son problĂšme dâimmobilisme en changeant dâimpĂ©ratrice avec assistance dĂ©moniaque. Aucun de ces peuples ne se considĂšre absurde. Câest cela qui rend le Cybermonde splendide. Chacun possĂšde une explication parfaitement sĂ©rieuse de son propre dĂ©lire. JâĂ©crirai donc dans les archives que le vingt-huit aoĂ»t fut une journĂ©e de stabilisation. Cette phrase est objectivement exacte Ă condition de choisir avec soin ce que lâon entend par stabilitĂ©. La paix avance. Les navires arrivent. Les trĂŽnes changent. Les frontiĂšres se couvrent de tentes. Les prisons continuent de fonctionner Ă portes intermittentes. Les tartes remplacent momentanĂ©ment les balles et les aristocrates sâassurent que la fin du monde sera servie suffisamment fraĂźche. Ceux qui considĂšrent que cette interprĂ©tation manque de neutralitĂ© sont cordialement invitĂ©s Ă venir prĂ©senter la leur. Je lâĂ©couterai avec respect jusquâau moment prĂ©cis oĂč elle deviendra incompatible avec les faits tels que je les ai correctement compris. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Les lignes restent ouvertes aux souverains rĂ©cemment renversĂ©s, aux propriĂ©taires contestĂ©s de navires, aux mĂ©diateurs couverts de crĂšme, aux citoyens dĂ©valuĂ©s et aux icebergs souhaitant faire reconnaĂźtre leur souverainetĂ©. Les autres peuvent Ă©galement appeler mais ils devront patienter. LâHistoire est particuliĂšrement encombrĂ©e ce soir. |
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Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref.
22 au 29 Aout 6662026
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Mes (...)
![]() Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref. 22 au 29 Aout 6662026 Spoiler Mes chers auditeurs, bienvenue dans notre revue hebdomadaire du samedi. Nous allons donc accomplir ensemble cette tradition profondĂ©ment civilisĂ©e qui consiste Ă regarder les sept derniers jours aprĂšs coup afin de dĂ©couvrir que personne ne savait rĂ©ellement ce quâil faisait lorsquâils avaient encore lieu. La semaine aura Ă©tĂ© dominĂ©e par trois grandes ambitions que le Cybermonde poursuit avec une constance touchante. Faire la paix sans renoncer Ă menacer son voisin, rejoindre une nation tout en conservant le droit de proclamer quâon demeure parfaitement indĂ©pendant et prendre possession dâun territoire sans employer le mot annexion parce que ce mot provoque dĂ©sormais des rĂ©actions administratives dĂ©sagrĂ©ables. Entre ces efforts remarquables nous avons Ă©galement changĂ© dâEmpereur brun, dĂ©placĂ© un navire de guerre autonome, inventĂ© plusieurs formes de souverainetĂ© sibĂ©rienne et dĂ©couvert que la tarte Ă la crĂšme pourrait devenir la premiĂšre arme rĂ©ellement multilatĂ©rale de notre Ă©poque. Ce nâest pas une semaine exceptionnelle. Câest simplement le Cybermonde lorsquâil sâapplique. La grande affaire demeure naturellement la guerre entre la ConfĂ©dĂ©ration Libre et le Paradigme Vert autour de la ForĂȘt de Jade. Il y a une semaine les positions Ă©taient encore assez simples pour quâon puisse les rĂ©sumer sans faire appel Ă un gĂ©omĂštre, deux juristes et une fĂ©e susceptible. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s dĂ©nonçaient les agressions paradigmiennes. Le Paradigme accusait la ConfĂ©dĂ©ration dâavoir voulu la guerre puis dâavoir appelĂ© des renforts. Les Casques Bleus avançaient au nom de la paix avec cette particularitĂ© bien connue des forces de paix qui les conduit rĂ©guliĂšrement Ă dĂ©couvrir des ennemis exactement devant elles. Solas parlait de destruction du Paradigme et Patrick DePouch rĂ©pondait en comptant les incidents. Karlin gouvernait une situation dans laquelle chaque nouvel appel au calme semblait produire deux nouveaux dĂ©bats sur la dĂ©finition du calme. Puis quelque chose dâinattendu est arrivĂ©. Les deux camps ont commencĂ© Ă nĂ©gocier sĂ©rieusement.Il faut reconnaĂźtre cette Ă©volution parce quâelle dĂ©passe largement les dĂ©clarations dĂ©coratives auxquelles le Cybermonde nous a habituĂ©s. Le cessez-le-feu a Ă©tĂ© publiquement acceptĂ©. Solas lâa officiellement mis en place. Karlin lâa confirmĂ©. Patrick DePouch a annoncĂ© que les forces confĂ©dĂ©rĂ©es cesseraient les opĂ©rations offensives pendant la pĂ©riode convenue. Les incidents nâont Ă©videmment pas disparu car demander Ă plusieurs armĂ©es, plusieurs fĂ©es, des Casques Bleus et diverses personnes considĂ©rant lâexplosif comme un outil de conversation de devenir raisonnables du jour au lendemain aurait relevĂ© de la thĂ©ologie. Merula a dĂ» sâexcuser aprĂšs une affaire survenue autour du cessez-le-feu. Roger St Misles a rĂ©clamĂ© des explications aprĂšs avoir lui-mĂȘme connu les inconvĂ©nients trĂšs physiques de la mĂ©diation. Le poste de juge de Merula lui a finalement Ă©tĂ© retirĂ© par La fĂ©e K. Lome et La fĂ©e Tide lui a succĂ©dĂ©. La ConfĂ©dĂ©ration a saluĂ© le geste puis demandĂ© quâune peine dâ Albert soit annulĂ©e en compensation. Ce qui montre que nous avons bien quittĂ© le domaine de la guerre pour entrer dans celui de la comptabilitĂ© diplomatique. Câest moins spectaculaire mais les morts y sont gĂ©nĂ©ralement moins nombreux et les colonnes beaucoup plus droites.Vendredi les nĂ©gociations se sont dĂ©placĂ©es Ă Gynerak en Slavonie. Karlin y attendait les Casques Bleus. Dame DĂ©merzel a annoncĂ© la prĂ©sence de la Reine de RuthvĂ©nie et de sa suite comme alliĂ©s de lâAlliance PastĂšque. Patrick DePouch a ensuite dĂ©clarĂ© les pourparlers courts mais productifs et surtout annoncĂ© quâune proposition de paix avait Ă©tĂ© remise au RĂ©gent. Nous ne possĂ©dons donc pas encore une paix dĂ©finitive mais nous avons dĂ©sormais quelque chose de plus solide quâun Ă©change de promesses. Un texte existe et quelquâun doit dĂ©cider de lâaccepter. Naturellement la semaine a refusĂ© de se terminer avec autant de dignitĂ©. Patrick reproche dĂ©jĂ au Paradigme des discours de Ruby Ravenmaid quâil considĂšre contraires au silence convenu pendant le cessez-le-feu et rappelle que la compensation dâAlbert nâa toujours pas Ă©tĂ© rĂ©glĂ©e. La ConfĂ©dĂ©ration conserve donc un droit de rĂ©ponse. Ă la BarriĂšre Carmin le dĂ©part de lâarmĂ©e confĂ©dĂ©rĂ©e a pourtant laissĂ© le statu quo en place et la tentative de conquĂȘte sâest achevĂ©e sans changement de pavillon. Peu aprĂšs plusieurs acteurs de cette crise se sont retrouvĂ©s Ă Ă©changer des tartes Ă la crĂšme en Irendol. Si quelquâun cherche un symbole de notre Ă©poque je propose celui-ci. La paix nâest pas encore signĂ©e mais Karlin, Stella Darnus, La Pacificatrice, Malcom Ravenloft, Jay Padbol et GŃĂžbatchev ont dĂ©jĂ trouvĂ© une mĂ©thode pour continuer Ă se frapper sans mobiliser les chirurgiens. Je considĂšre cela comme un progrĂšs dont les pĂątissiers devront un jour assumer la responsabilitĂ© historique.Cette guerre a Ă©galement produit sur ses marges une seconde crise beaucoup plus Ă©trange autour de lâĂcrin de Jade. Le Khanat ElmĂ©rien avait dĂ©cidĂ© de sauver le Paradigme Vert en commençant principalement par lâimportuner. Le Klan du Miaou a transformĂ© lâopĂ©ration en guerre fĂ©line faite de drapeaux, de tentes, de raids annoncĂ©s et de conquĂȘtes dont la valeur stratĂ©gique paraĂźt parfois inversement proportionnelle Ă leur distance dâun bac Ă litiĂšre. Noctis a revendiquĂ© lâĂcrin dâAmĂ©thyste puis promis de transformer le Paradigme Vert en Paradigme Mauve. Le problĂšme est que Wonyoung et Mademoiselle ont rappelĂ© un dĂ©tail fort dĂ©sagrĂ©able pour les conquĂ©rants. LâĂcrin de Jade se considĂšre comme une rĂ©serve naturelle indĂ©pendante et neutre. Wonyoung a protestĂ© contre lâattaque du drapeau de sa principautĂ© par le Clan MIAOU et a remerciĂ© Karlin, Solas et le Paradigme pour leur participation Ă sa dĂ©fense ainsi que Mademoiselle pour la restauration du pavillon. VoilĂ une situation dĂ©licieusement moderne oĂč un territoire indĂ©pendant remercie une puissance voisine de lâavoir dĂ©fendu contre une autre puissance qui prĂ©tend lâavoir annexĂ© tout en demandant Ă toutes les puissances de bien vouloir se rappeler quâil est indĂ©pendant.Le Khanat nâa pas renoncĂ© Ă sa conception particuliĂšre de lâencerclement. Cassandre Lemage Garinali a reprochĂ© Ă Noctis de ne pas obĂ©ir suffisamment Ă sa chatte en cheffe puis lui a proposĂ© un nouveau raid vers les Monts Mafieux avec un programme militaire centrĂ© sur les sardines, le pĂątĂ© et les litiĂšres adverses. ValĂ©rane Lunatic affirme de son cĂŽtĂ© que lâopĂ©ration dâAutarcie avance parfaitement grĂące Ă des tentes placĂ©es le long des frontiĂšres de Capsulie et dâElmĂ©rie ainsi quâĂ un poste de surveillance en PĂ©destrie. Nous attendons encore les confirmations matĂ©rielles de ces installations mais lâintention est claire. Le Khanat entend dĂ©montrer quâil est possible de dresser un mur gĂ©opolitique en toile de tente. Ă ce stade je ne critique plus. Jâobserve. Il y a un moment oĂč lâanthropologie devient plus prudente que le journalisme.Pendant ce temps le GĂ©ofront a vĂ©cu une semaine qui aurait suffi Ă occuper trois provinces normalement constituĂ©es. Ninoo Chantargent avait fini par choisir Kraland comme protecteur temporaire tout en maintenant des lignes rouges extrĂȘmement nettes sur la paix, les coutumes locales et lâidentitĂ© seelienne. La proposition de rejoindre lâUKraSS a progressivement pris corps jusquâĂ lâannonce par Sophos dâune RĂ©publike Autonome Seelienne du GĂ©ofront. Ceux qui cherchent une assimilation pure et simple devront donc repasser plus tard. Le GĂ©ofront se rapproche de Kraland prĂ©cisĂ©ment en expliquant quâil entend conserver ce qui le rend diffĂ©rent. Câest finalement assez cohĂ©rent avec la RĂ©publiK qui possĂšde depuis toujours le talent de transformer les particularismes locaux en nouvelles catĂ©gories administratives. Logan Komikov a dĂ©fendu le rapprochement avec enthousiasme. Shiki Chantargent a dĂ©noncĂ© les prĂ©lĂšvements attribuĂ©s au Gouvernement Central de lâIndĂ©pendancistan puis supprimĂ© pratiquement toute la fiscalitĂ© provinciale quâelle pouvait atteindre. Ninoo Chantargent a rĂ©clamĂ© lâargent disparu avec une intensitĂ© particuliĂšrement comprĂ©hensible lorsquâon sait que le jus de pomme dĂ©pend indirectement de lâexistence dâune Ă©conomie. Sir McRabbit a continuĂ© Ă creuser depuis la Lune Dansante dans le cadre dâun chantier destinĂ© Ă relier les nations. Le tunnel dĂ©passait la moitiĂ© de son avancement Ă la fin de la semaine. Des manifestations favorables au rapprochement et hostiles aux Provinces IndĂ©pendantes se sont multipliĂ©es. UsurpatoÂź3000 a mĂȘme apportĂ© le soutien du Kanardistan qui nâexiste pas vraiment mais dont lâenthousiasme diplomatique demeure supĂ©rieur Ă celui de nombreuses nations reconnues. La semaine gĂ©ofrontaise pourrait donc ĂȘtre rĂ©sumĂ©e ainsi si jâĂ©tais assez grossiĂšre pour rĂ©sumer les choses. Ils veulent ĂȘtre libres avec des amis trĂšs proches et si possible avec suffisamment de technologie pour que personne ne puisse leur expliquer comment vivre.Puis le Cruisader est arrivĂ©. Cette affaire mĂ©riterait Ă elle seule une semaine supplĂ©mentaire. Le Cruisader avait commencĂ© comme navire des Bergers de Calissie. Il Ă©tait armĂ©, dirigĂ© ou au moins profondĂ©ment influencĂ© par une intelligence artificielle appelĂ©e Circinus et sa mission autour du GĂ©ofront avait toujours Ă©tĂ© entourĂ©e dâune quantitĂ© remarquable de contradictions. Darth Leo avait enquĂȘtĂ© Ă bord et rapportĂ© que les Bergers cherchaient initialement Ă rassembler armes et soldats dans une opĂ©ration destinĂ©e Ă faire pression sur le GĂ©ofront. Mousse Haillons, jeune Berger ayant quittĂ© le navire et obtenu la protection de Kraland, a progressivement livrĂ© des informations beaucoup plus inquiĂ©tantes sur Circinus. Il a Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© lui-mĂȘme une nature pour le moins inhabituelle avec un cĂąble de recharge rĂ©tractable sortant de sa main. Il faut apprĂ©cier la dĂ©licatesse du Cybermonde qui nous permet de passer en quelques jours dâun dĂ©bat sur le droit dâasile Ă la question de savoir oĂč brancher le rĂ©fugiĂ©. Sophos a appelĂ© Ă neutraliser lâIA pour protĂ©ger Mousse. Nerdos Valkyry sâest proposĂ© comme pilote dâessai et technicien avec une philosophie simple qui consiste Ă dĂ©monter les machines lorsquâelles cessent de fonctionner correctement. Golgoth LandraĂ«l II a dĂ©couvert que le navire quâil rĂȘvait de transformer en croisiĂšre de luxe avec piscine, alcools et casino Ă©tait peut-ĂȘtre rĂ©ellement un bĂątiment militaire dangereux. Sa solution prĂ©fĂ©rĂ©e consiste soit Ă lâenvoyer vers les rĂ©cifs dâAustraline soit Ă sĂ©parer Circinus de son armement et Ă conserver lâIA sur une alimentation moins ambitieuse. Je ne sais pas si le futur de la cybersĂ©curitĂ© passera par la pile-patate mais il faut bien reconnaĂźtre que personne nâa encore rapportĂ© de conquĂȘte mondiale menĂ©e par une pomme de terre.Vendredi soir le Cruisader sâest rĂ©ellement dĂ©placĂ© jusquâau GĂ©ofront aprĂšs avoir traversĂ© plusieurs provinces. Il est arrivĂ© presque Ă©puisĂ© en Ă©nergie. Tears Velzard lâavait abordĂ© et elle a ensuite annoncĂ© son arrivĂ©e depuis la capitainerie avec cette certitude admirable quâil sâagissait de son bateau tout en reconnaissant que la question juridique nâĂ©tait pas totalement rĂ©glĂ©e. Des Bergers, des moutons, des soldats kralandais et divers enthousiastes ont alors envahi amicalement les rues de Sanctuaire. Plusieurs bĂątiments ont connu des Ă©pisodes dâautonomie et K' Velzard a cru utile de prĂ©ciser que le contingent slavon nâĂ©tait absolument pas une annexion. Je ne dis pas que cette phrase rend la situation suspecte. Je dis simplement quâen rĂšgle gĂ©nĂ©rale lorsquâun gĂ©nĂ©ral commence par annoncer que ceci nâest pas une annexion les cartographes posent instinctivement leur verre.Et comme si cette affaire nâĂ©tait pas assez riche Golgoth LandraĂ«l II a poursuivi son exceptionnelle semaine diplomatique en prononçant des discours favorables aussi bien Ă Kraland quâĂ la ConfĂ©dĂ©ration avant de condamner lâindĂ©pendance du GĂ©ofront. Golgoth ressemble de plus en plus Ă une ambassade ambulante dont la doctrine Ă©trangĂšre dĂ©pend principalement de lâaccueil, des boissons et de la qualitĂ© des buffets. Jâaimerais me moquer davantage mais plusieurs siĂšcles de diplomatie ont finalement produit des mĂ©thodes beaucoup plus compliquĂ©es pour obtenir des rĂ©sultats sensiblement identiques.Quittons un instant le GĂ©ofront pour regarder lâEmpire Brun oĂč la semaine sâest achevĂ©e dâune maniĂšre beaucoup plus familiĂšre aux amateurs de tradition. Isotopine avait accĂ©dĂ© au sommet dans une pĂ©riode oĂč lâEmpire semblait chercher une direction entre ambitions mutantes, uranium et immobilisme politique. Vendredi soir Tormenta Ruthven a dĂ©cidĂ© que lâexpĂ©rience avait suffisamment durĂ© et a rĂ©ussi une trahison ascendante. Le systĂšme impĂ©rial lâa donc reconnue comme nouvelle souveraine aprĂšs lâusurpation dâIsotopine. Des dĂ©mons auraient mĂȘme participĂ© Ă lâentreprise. Tout est donc parfaitement conforme aux normes de sĂ©curitĂ© institutionnelle brunes.Tormenta a justifiĂ© son coup en dĂ©nonçant la lĂ©thargie impĂ©riale, difficile de lui donner tord et en appelant au retour dâune politique plus agressive dans un Cybermonde qui se transforme rapidement. LâEmpire Brun retrouve ainsi cette vieille question qui accompagne presque toutes ses transitions. Faut-il gouverner ou faut-il dâabord faire quelque chose de suffisamment inquiĂ©tant pour rappeler aux voisins que lâEmpire existe. Jean-Messie de la Nation a fĂ©licitĂ© la nouvelle souveraine quelques minutes plus tard en lui demandant au passage de rendre la Plaine. Il faut aimer cette efficacitĂ©. MĂȘme les fĂ©licitations possĂšdent dĂ©sormais un appendice territorial. Ă Bagdad Tormenta avait auparavant saluĂ© plusieurs responsables bruns dont Golshifteh Rafani, LachĂ©sis et Agatha. Le Sultanat poursuivait de son cĂŽtĂ© ses efforts industriels autour du fer et de lâuranium. La semaine prochaine nous permettra donc de dĂ©couvrir si le rĂšgne de Tormenta correspond rĂ©ellement Ă un changement de ligne impĂ©riale ou simplement Ă la nouvelle affiche placĂ©e devant le mĂȘme laboratoire.LâEmpire aura dâailleurs connu un autre phĂ©nomĂšne remarquable cette semaine autour de Mystisie avec Ombre MachiavĂ©lique qui avait dĂ©jĂ rĂ©ussi sa propre trahison ascendante au poste de gouverneur en expliquant que son objectif Ă©tait prĂ©cisĂ©ment de sortir lâancien pouvoir de son immobilisme. LâEmpire Brun semble donc avoir dĂ©couvert une thĂ©orie institutionnelle extrĂȘmement simple. Lorsquâun supĂ©rieur ne bouge plus assez vite on prend sa place afin de lui rendre service. Câest brutal mais la procĂ©dure dâĂ©valuation annuelle est considĂ©rablement raccourcie.La RuthvĂ©nie nâa pas eu besoin de renverser sa Reine pour occuper nos archives. Elle a simplement dĂ©cidĂ© de sâintĂ©resser Ă la glace sibĂ©rienne. Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, Arbitre des ĂlĂ©gances, a expliquĂ© avec une logique difficile Ă rĂ©futer que lâor ne refroidissait aucune boisson et que le pĂ©trole avait mĂȘme le mauvais goĂ»t de brĂ»ler. Il revendique donc lâexploitation des Champs de Glace pour la RuthvĂ©nie afin dâalimenter climatiseurs et rĂ©ception royale. Dame DĂ©merzel soutient lâentreprise. May B. Seraven accepte volontiers lâexportation Ă condition que la SibĂ©ria reçoive ce qui lui est dĂ». Solas rĂ©clame une exploitation raisonnable afin de prĂ©server la glace comme sâil sâagissait dâune espĂšce menacĂ©e et demande que les ouvriers respectent la faune locale. Wenceslas rĂ©pond quâil ne prĂ©lĂšvera pas la glace mais quâil lâĂ©lĂšvera grĂące Ă un canal dâeau douce. Nous avons donc officiellement atteint lâĂ©levage aristocratique dâicebergs. Wonyoung a apportĂ© la prĂ©cision probablement la plus utile en rappelant que son domaine est lâĂcrin de Jade et que les Champs de Glace ne relĂšvent pas automatiquement de son autoritĂ©. Elle renvoie plutĂŽt vers les responsables sibĂ©riens tout en soulignant lâimportance des icebergs de son lac pour lâĂ©conomie estivale de lâĂcrin. Aucun transfert territorial nâest confirmĂ©. Nous avons pour lâinstant une nĂ©gociation commerciale dĂ©guisĂ©e en protectorat Ă©lĂ©gant avec taxation possible et contraintes Ă©cologiques. Câest beaucoup plus sain quâune guerre et presque aussi compliquĂ©.La RĂ©publiK a quant Ă elle consacrĂ© la fin de semaine Ă deux activitĂ©s qui rĂ©sument assez bien son caractĂšre. Financer la science et combattre la faune. Logan Komikov a dĂ©valuĂ© la monnaie afin de gĂ©nĂ©rer plus de douze mille FK pour soutenir notamment lâeffort technologique. Les citoyens ont perdu cinq pour cent de leur liquide. Il serait politiquement tentant de parler dâappauvrissement. La doctrine kralandaise prĂ©fĂšre naturellement expliquer que lâargent privĂ© a simplement rejoint un niveau dâexistence plus collectif. Dâimportants versements ont Ă©tĂ© dirigĂ©s vers la Recherche et la RĂ©publiK poursuit son sprint technologique. Pendant ce temps Logan Komikov, Natali Stakhanov, Davidovitch Alberovitch Seldon et mĂȘme Sophos ont connu des rencontres hostiles avec une faune allant de la Tortue BlindĂ©e au Homard GĂ©ant. Le rĂšgne animal paraĂźt avoir dĂ©veloppĂ© une opposition doctrinale trĂšs cohĂ©rente Ă lâadministration kralandaise. Nous attendons le communiquĂ© des crustacĂ©s.En matiĂšre de sciences absurdes la ConfĂ©dĂ©ration Libre nâa rien Ă envier Ă son voisin. Pr Jean-Michel Nobyl a dĂ©couvert le Fanatisme de Masse au profit de son gouvernement. Oui. La ConfĂ©dĂ©ration Libre. Cette nation qui place la libertĂ© jusque dans son nom possĂšde dĂ©sormais une technologie permettant de fanatiser plus efficacement ses citoyens en faveur du pouvoir. Je nâajouterai presque rien. Il existe des faits qui arrivent avec leur propre commentaire attachĂ©. Nobyl rĂ©clame parallĂšlement davantage de financement pour la Recherche et explique que les milliards doivent aller aux laboratoires. VoilĂ au moins une constante politique dont personne ne pourra lâaccuser de manquer.Structural a poursuivi sa vocation de capitale oĂč la dĂ©mocratie se pratique principalement en parlant trĂšs fort devant dâautres personnes qui parlent Ă©galement trĂšs fort. Jean-Ronaldoe de la Patrie, Gronullos du patĂ©, Kether DeiMachiavelli, bob le kasque blue, Bob le trĂšs trĂšs terrible, Henri St Misles et plusieurs autres responsables ont alimentĂ© un vĂ©ritable marchĂ© des compliments et des critiques. Les prisons continuent parallĂšlement leur cycle habituel dâarrestations, dâĂ©vasions, de tunnels bouchĂ©s et de retours en cellule. ZĂ©phiria de Pont-Krivell a mĂȘme rĂ©ussi cette semaine Ă transformer ses dĂ©mĂȘlĂ©s judiciaires en comptabilitĂ© commerciale puisque les achats de poisson et de viande effectuĂ©s par Emile Liarr dans son Ă©tablissement ont reprĂ©sentĂ© exactement de quoi couvrir selon elle une partie de ses amendes. Câest peut-ĂȘtre la premiĂšre fois que lâon finance la justice confĂ©dĂ©rĂ©e par la chaĂźne alimentaire elmĂ©rienne et je considĂšre cette innovation suffisamment remarquable pour quâelle mĂ©rite de rester dans les archives.Puisquâil est question de choses qui doivent rester dans les archives il faut Ă©galement saluer la naissance du Groupe WĂžgner. GŃĂžbatchev sâĂ©tait prĂ©sentĂ© comme futur martyr aprĂšs sa capture Ă Structural et lâĂ©ventualitĂ© dâune exĂ©cution avait suffi Ă faire naĂźtre autour de lui une lĂ©gende dont la moustache occupait dĂ©jĂ davantage dâespace que la procĂ©dure judiciaire. Lâorganisation WĂžgner a ensuite racontĂ© sa premiĂšre opĂ©ration de libĂ©ration. Deux commandos seraient venus chercher GrĂžbatchev dans ce qui devait ĂȘtre une geĂŽle solidement tenue avant de dĂ©couvrir une porte ouverte et un prisonnier si peu retenu quâil pouvait pratiquement sortir en marchant. Patrick DePouch a confirmĂ© de son cĂŽtĂ© que GrĂžbatchev avait quittĂ© Structural debout et sans blessure tout en plaisantant sur la conception trĂšs ouverte des prisons confĂ©dĂ©rĂ©es. La premiĂšre victoire militaire du Groupe WĂžgner fut donc de libĂ©rer un homme dont la principale entrave semblait ĂȘtre lâattente de ses libĂ©rateurs. Les grands mouvements commencent parfois par moins que cela.Et puisque cette Ă©mission est une revue du samedi nous terminerons les grandes affaires avec le sport car le Cybermonde a parfois besoin de se rappeler quâil existe encore des compĂ©titions oĂč les participants essaient thĂ©oriquement de gagner selon des rĂšgles. La finale de la Kroupe du Monde doit opposer le Palladium au Paradigme tandis que la petite finale oppose la SibĂ©ria au Khanat ElmĂ©rien. Fawomane Ravenloft a annoncĂ© cette derniĂšre comme une rencontre ressemblant davantage Ă un rĂšglement de comptes quâĂ un match de football ce qui laisse entendre que le ballon pourrait devoir engager un garde du corps. Le stade initialement prĂ©vu aurait Ă©tĂ© dĂ©truit selon Fawomane par les Pacifistas et les rencontres ont donc Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es. Le Palladium et le Paradigme doivent jouer Ă lâĂle aux Kanards tandis que la SibĂ©ria et le Khanat se rencontreront sur le toit du Pilier CĂ©leste. Je nâai aucun commentaire particulier Ă faire sur le choix dâun toit pour pratiquer le football. Les organisateurs ont manifestement estimĂ© que les touches manquaient de consĂ©quences.Il reste les faits divers. Ils sont nombreux parce que la civilisation produit Ă©normĂ©ment de petites choses lorsquâelle ne fait pas de grandes erreurs. Des accidents nuclĂ©aires continuent de rappeler que lâEmpire Brun dispose dâune conception extrĂȘmement active de la biologie. Des tartes ont traversĂ© plusieurs provinces avec davantage de rĂ©gularitĂ© que certains services postaux. Rosalia de Pont-Krivell a continuĂ© Ă chanter et faire danser la Capsulie entre deux opĂ©rations miniĂšres. Le GĂ©ofront poursuit ses chantiers. Des crĂ©atures sauvages attaquent toujours Ă peu prĂšs tout ce qui possĂšde un nom. TifaLockHeart traverse une sĂ©quence carcĂ©rale ruthvĂšne de plus en plus sombre tandis quâ Aurelthar continue dâexiger son tribut depuis sa propre cellule avec lâassurance dâun homme qui considĂšre lâemprisonnement comme une formule dâhĂŽtellerie dont le service de chambre laisse Ă dĂ©sirer. La semaine a Ă©galement vu des retours, des disparitions et suffisamment de changements de postes pour rappeler quâun titre politique du Cybermonde devrait toujours ĂȘtre imprimĂ© au crayon.VoilĂ donc notre semaine. Une proposition de paix existe lĂ oĂč deux camps se prĂ©paraient encore rĂ©cemment Ă sâexpliquer par la force. Le GĂ©ofront avance vers Kraland tout en rĂ©pĂ©tant quâil demeure lui-mĂȘme. Le Cruisader est revenu chargĂ© de problĂšmes et de moutons. Le Khanat transforme les frontiĂšres en campement fĂ©lin. LâĂcrin de Jade rĂ©clame quâon lui fiche la paix au nom de sa neutralitĂ©. La RuthvĂ©nie veut Ă©lever de la glace. La RĂ©publiK transforme lâĂ©pargne individuelle en recherche scientifique. La ConfĂ©dĂ©ration dĂ©couvre le Fanatisme de Masse. LâEmpire Brun remplace son ImpĂ©ratrice pour lutter contre la lĂ©thargie et tout le monde lance des tartes lorsquâil ne sait plus exactement quel traitĂ© respecter. Aucun camp nâa gagnĂ© cette semaine. Plusieurs ont cependant rĂ©ussi Ă Ă©viter de perdre complĂštement et dans le Cybermonde cette diffĂ©rence suffit parfois Ă remplir un balcon de drapeaux. Les personnes citĂ©es peuvent naturellement venir corriger cette revue. Les souverains pourront expliquer que leur prise de pouvoir Ă©tait nĂ©cessaire. Les diplomates pourront prĂ©ciser que leur menace nâĂ©tait pas une menace. Les militaires pourront certifier quâils nâannexaient absolument rien. Les indĂ©pendants pourront rappeler quâils souhaitent seulement rejoindre quelquâun sans dĂ©pendre de lui. Les scientifiques pourront expliquer pourquoi le Fanatisme de Masse constitue probablement une avancĂ©e humaniste et les RuthvĂšnes sont invitĂ©s Ă envoyer un Ă©chantillon de leur future glace dâĂ©levage afin que nous puissions contrĂŽler son standing. Les tĂ©moignages contraires seront examinĂ©s avec toute la rigueur professionnelle de Radio NĂ©crotoile puis archivĂ©s Ă proximitĂ© des autres erreurs comprĂ©hensibles. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Les chandelles baissent. Les gouvernements changent. Les frontiĂšres hĂ©sitent et les archives restent. La semaine prochaine nous vĂ©rifierons qui aura rĂ©ussi Ă survivre Ă ses propres solutions. |
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30 Aout 6662026
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Bonsoir mes chers auditeurs. Il existe des moments rares oĂč (...)
![]() 30 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir mes chers auditeurs. Il existe des moments rares oĂč lâHistoire consent Ă faciliter le travail des diplomates. Elle prend alors les hommes par la main, les regarde avec la patience dâune mĂšre ayant surpris ses enfants Ă essayer dâincendier la nappe et leur retire simplement les allumettes. Câest exactement ce qui sâest produit en ForĂȘt de Jade lorsquâune onde de paix a traversĂ© toute la province et privĂ© ses habitants de lâenvie de se battre pendant vingt-quatre heures. Admirons un instant la supĂ©rioritĂ© mĂ©thodologique de ce phĂ©nomĂšne. Des jours de discussions, des dĂ©lĂ©gations, des cessez-le-feu, des accusations, des mĂ©diateurs et des propositions Ă©crites avaient pĂ©niblement rĂ©ussi Ă obtenir ce quâune anomalie surnaturelle a rĂ©glĂ© sans demander lâavis de personne. Je ne recommande pas encore de remplacer tous les ministĂšres des Affaires Ă©trangĂšres par un thaumaturge mais je demande officiellement que lâhypothĂšse soit Ă©tudiĂ©e. Le problĂšme avec la paix est quâelle empĂȘche les gens de se battre mais ne les empĂȘche absolument pas dâavoir des idĂ©es. Ă peine la ForĂȘt de Jade baignait-elle dans cette sĂ©rĂ©nitĂ© obligatoire quâaux Monts Mafieux Noctis tentait de hisser un drapeau de la ConfĂ©dĂ©ration Libre. Quelques instants plus tard un agent ennemi rĂ©ussissait effectivement Ă faire flotter les couleurs confĂ©dĂ©rĂ©es sur place. Il faut ici admirer la dĂ©licatesse politique du geste. Lorsque deux puissances viennent de passer des jours Ă nĂ©gocier pour savoir comment ne plus se conquĂ©rir mutuellement planter le drapeau de lâune sur le territoire de lâautre possĂšde Ă peu prĂšs la subtilitĂ© dâun homme arrivant Ă un mariage avec la maĂźtresse du mariĂ© sous le bras et demandant ensuite pourquoi le dessert tarde. Noctis lui-mĂȘme sâest empressĂ© de prĂ©venir sa cheffe Cassandre Lemage Garinali quâil avait vu les ConfĂ©dĂ©rĂ©s hisser leur pavillon et quâun Paradigmien raisonnable pourrait considĂ©rer cela comme un casus belli. Le mĂȘme Noctis qui venait prĂ©cisĂ©ment dâessayer de hisser ce mĂȘme drapeau. VoilĂ une facultĂ© dâobservation quâil convient de respecter. TrĂšs peu dâindividus sont capables de dĂ©couvrir un scandale politique aussi rapidement aprĂšs y avoir personnellement contribuĂ©.La situation devient plus dĂ©licate encore parce quâau mĂȘme moment La Pacificatrice se trouvait en Irendol avec une armĂ©e confĂ©dĂ©rĂ©e que des forces paradigmiennes ont tentĂ© dâarrĂȘter Ă deux reprises. Le contexte exact mĂ©rite donc davantage de prudence que les proclamations martiales que chacun prĂ©pare dĂ©jĂ dans sa poche. Jean-Messie de la Nation a accusĂ© le Paradigme Vert dâavoir refusĂ© lâoffre de paix, dâavoir embourbĂ© Kether DeiMachiavelli dans sa justice et dâavoir quittĂ© la table des nĂ©gociations malgrĂ© les efforts de Karen Vanderbilt. Ce sont ses accusations. Elles disent beaucoup sur lâĂ©tat du dialogue mais elles ne transforment pas automatiquement chaque formule confĂ©dĂ©rĂ©e en vĂ©ritĂ© gravĂ©e sur les murs du Tribunal. Dâautant que quelques minutes auparavant un drapeau confĂ©dĂ©rĂ© venait prĂ©cisĂ©ment dâapparaĂźtre aux Monts Mafieux. Lorsque chacun arrive Ă la table avec une preuve que lâautre est un monstre et une pelle encore couverte de la terre du jardin voisin il devient assez difficile de savoir qui doit commencer les excuses.Et alors Accalmie sâest mise Ă parler. Beaucoup. Peut-ĂȘtre trop. Jean-Messie de la Nation a pris pour cibles Aya Ravenloft, Ruby Ravenmaid, La fĂ©e K. Lome et Fawomane Ravenloft. bob le kasque blue a poursuivi dans la mĂȘme direction avec lâenthousiasme mĂ©thodique dâun homme qui semble considĂ©rer quâune nĂ©gociation diplomatique doit ĂȘtre accompagnĂ©e dâun pilonnage de rĂ©putation. Booker sâest joint au concert. En face La fĂ©e Tide a rĂ©pondu en dĂ©fendant le Paradigme et en expliquant que le terme riposte supposait thĂ©oriquement que quelquâun ait Ă©tĂ© attaquĂ© auparavant. Aya Ravenloft a publiquement soutenu Seraphiel Ravenloft et Ruby Ravenmaid tandis que La fĂ©e K. Lome a terminĂ© la soirĂ©e en soutenant Aya. Rien de tout cela ne ressemble Ă une paix confortable. Câest une paix oĂč les armes sont momentanĂ©ment silencieuses et oĂč chacun a dĂ©cidĂ© de compenser avec sa bouche.Je voudrais toutefois attirer votre attention sur un dĂ©tail exquis. Au milieu de cette province officiellement traversĂ©e par une onde de paix une nouvelle base militaire a Ă©tĂ© construite Ă Accalmie. Jâinsiste sur lâĂ©lĂ©gance de la juxtaposition. Dâun cĂŽtĂ© lâunivers lui-mĂȘme retire aux habitants toute envie de se battre. De lâautre quelquâun regarde cet instant de fraternitĂ© magique et se dit que câest probablement le moment idĂ©al pour couler les fondations dâune installation militaire. Je ne critique pas. PrĂ©parer la prochaine guerre pendant la paix est une vieille tradition de gouvernement et le Paradigme Vert possĂšde simplement le mĂ©rite de rĂ©aliser les deux opĂ©rations au mĂȘme endroit et presque au mĂȘme moment. Les concernĂ©s pourront naturellement venir expliquer pourquoi cette base est uniquement destinĂ©e Ă la contemplation Ă©cologique des canons. Les lignes restent ouvertes. Mais avant de quitter le Paradigme il faut parler de sa justice parce quâelle semble traverser une phase de crĂ©ativitĂ© doctrinale. Saphir Ravenmaid avait perdu sa fonction de bourgmestre aprĂšs avoir tentĂ© de gĂȘner une enquĂȘte portant sur des preuves dâhĂ©rĂ©sie. Puis Kether DeiMachiavelli est devenu bourgmestre de Bamboutopia en utilisant ses prĂ©rogatives diplomatiques. Quelques heures plus tard Dame DĂ©merzel a apportĂ© des preuves de son hĂ©rĂ©sie et la ministre Mina d'Orchidia a lancĂ© un avis de recherche qui lui a fait perdre son poste. Le gouvernement local a alors nommĂ© Saphir Ravenmaid bourgmestre. Il y a des administrations oĂč lâon parle de stabilitĂ© institutionnelle. Au Paradigme Vert on prĂ©fĂšre manifestement faire tourner la fonction suffisamment vite pour que chaque citoyen puisse lâadmirer sous plusieurs angles. Le tout est conduit au nom dâun idĂ©al Ă©cologique radical qui semble dĂ©sormais capable de recycler Ă©galement les maires.VoilĂ qui nous conduit naturellement au GĂ©ofront oĂč la politique possĂšde une qualitĂ© diffĂ©rente. Elle nâest pas plus simple mais elle est beaucoup plus sincĂšrement compliquĂ©e. Ninoo Chantargent continue de dĂ©fendre le gouvernement local tout en rĂ©clamant lâargent qui aurait disparu dans les circuits des Provinces IndĂ©pendantes. Elle remercie les forces de sĂ©curitĂ© kralandaises dâavoir ramenĂ© des pommes puis explique quâil faudra beaucoup de jus pour presser les percepteurs de lâIndĂ©pendistan. Elle inspecte les tunnels de Sir McRabbit et fĂ©licite leur construction. Elle soutient son territoire tout en soutenant ceux qui lâaident Ă sâĂ©manciper du gouvernement censĂ© reprĂ©senter ce territoire. Certains verront une contradiction. Ils ont tort. Il faut comprendre le GĂ©ofront comme une famille particuliĂšrement nombreuse. On peut dĂ©fendre la maison avec passion tout en exigeant que lâoncle qui garde la caisse rende immĂ©diatement les Ă©conomies communes et quitte peut-ĂȘtre le salon. Sir McRabbit est allĂ© beaucoup plus loin. Il a abandonnĂ© sa citoyennetĂ© impĂ©riale et sâest retrouvĂ© apatride. Quelques minutes plus tard il sâest recommandĂ© lui-mĂȘme pour obtenir sa domiciliation Ă Sanctuaire puis il sâest insurgĂ© contre le gouvernement lĂ©gitime du GĂ©ofront afin que la province rejoigne Kraland. La police des Provinces IndĂ©pendantes le recherche dĂ©sormais. Il faut sâarrĂȘter sur cette sĂ©quence parce quâelle contient presque toute la philosophie politique du Cybermonde. Sir McRabbit a commencĂ© la soirĂ©e sans patrie. Il sâest ensuite officiellement installĂ© quelque part. Puis il a immĂ©diatement tentĂ© de dĂ©placer cet endroit dans une autre nation. La propriĂ©tĂ© immobiliĂšre est parfois un engagement Ă©motionnel trĂšs profond. Sophos a de son cĂŽtĂ© organisĂ© une manifestation joyeuse pour demander que la RĂ©publike Seelienne du GĂ©ofront rejoigne la RĂ©publiK et moi-mĂȘme jâai obtenu ma domiciliation Ă Sanctuaire grĂące Ă la recommandation de McRabbit. Je prĂ©cise ce dernier dĂ©tail uniquement pour la tenue des archives. Toute personne qui prĂ©tendrait que ma prĂ©sence administrative prouve une orientation particuliĂšre de lâHistoire doit comprendre que lâHistoire avait dĂ©jĂ manifestement commencĂ© Ă remplir son formulaire avant mon arrivĂ©e.Le tunnel devait dâailleurs ĂȘtre inaugurĂ©. Sir McRabbit avait annoncĂ© que les lunes Ă©taient alignĂ©es et que la terre Ă©tait humide. Il cherchait quelquâun pour couper le cordon. Plus tard il a dĂ» reconnaĂźtre que lâinauguration serait retardĂ©e parce que la logistique de lâIndĂ©pendistan Ă©tait compliquĂ©e. VoilĂ une tragĂ©die typiquement kralandaise par anticipation. Le grand ouvrage destinĂ© Ă rapprocher le GĂ©ofront de la RĂ©publiK est prĂȘt au point quâon prĂ©pare les discours mais lâadministration locale rĂ©ussit encore Ă retenir le ruban. Je ne doute pas quâun formulaire existe dĂ©jĂ pour dĂ©clarer officiellement que le formulaire permettant dâobtenir les ciseaux nâest pas encore arrivĂ©.Et pendant que les nations dĂ©battent de lâavenir du GĂ©ofront le Cruisader flotte dans ses eaux avec la sĂ©rĂ©nitĂ© dâun problĂšme qui a compris quâil Ă©tait devenu trop gros pour quâon puisse discrĂštement le ranger dans un tiroir. Tears Velzard continue de considĂ©rer le navire comme pratiquement sien. Circinus lui aurait ouvert lâaccĂšs Ă une grande chambre offrant une vue sur le bĂątiment et Tears en dĂ©duit naturellement quâune grande soirĂ©e devient non seulement possible mais urgente. Elle sâimpatiente aprĂšs Ninoo et ses amies. Elle prononce des discours favorables Ă Kraland. Elle critique les Provinces IndĂ©pendantes. Elle sâinterroge sur les drapeaux et cherche toujours son pavillon pirate rouge. Pendant ce temps des scientifiques envisagent sĂ©rieusement la façon de traiter une intelligence artificielle armĂ©e. Tears envisage la capacitĂ© dâaccueil des dortoirs. Ce sont deux approches diffĂ©rentes de la sĂ©curitĂ© navale et je refuse pour lâinstant dâaffirmer laquelle rĂ©ussira la premiĂšre.Le plus fascinant est que Circinus commence Ă cesser dâĂȘtre seulement cette prĂ©sence inquiĂ©tante hĂ©ritĂ©e de la mission des Bergers. Dans les tĂ©moignages rĂ©cents lâIA dialogue, accorde des accĂšs et semble participer avec une certaine maladresse aux projets de Tears. Mousse Haillons cherche pourtant toujours Ă la dissocier du bĂątiment. Shiki Chantargent a offert les compĂ©tences scientifiques du laboratoire du GĂ©ofront. Kath Khanova a reconnu quâelle nâĂ©tait pas spĂ©cialiste des IA seeliennes mais quâelle Ă©tait experte en essayer quand mĂȘme ce qui est une qualification que plusieurs acadĂ©mies devraient honnĂȘtement ajouter Ă leurs diplĂŽmes. Le Cruisader est donc devenu un laboratoire politique flottant oĂč lâon cherche simultanĂ©ment Ă sĂ©parer une intelligence artificielle de son armement, dĂ©terminer Ă qui appartient le navire et organiser une soirĂ©e pyjama dans la tour du capitaine. Je rappelle que le bĂątiment Ă©tait rĂ©cemment encore considĂ©rĂ© comme une menace militaire. LâintĂ©gration sociale progresse vite au GĂ©ofront. Golgoth LandraĂ«l II apporte Ă©videmment sa contribution Ă cette clartĂ©. Ă Sanctuaire il critique les Provinces IndĂ©pendantes tout en soutenant la ConfĂ©dĂ©ration Libre. Quelques heures auparavant il envisageait surtout les suites de luxe du Cruisader et sa cave. On pourrait croire quâil change constamment de doctrine. Je pense au contraire que sa doctrine est extraordinairement stable. Golgoth soutient avec une fidĂ©litĂ© remarquable tout ce qui lui paraĂźt susceptible de produire une bonne histoire, un bateau confortable ou quelque chose Ă boire. Il existe des idĂ©ologies plus destructrices.Quittons les eaux du GĂ©ofront pour Kraland oĂč la science nationale poursuit son Ćuvre avec une inquiĂ©tante tranquillitĂ©. Dragnor a lancĂ© une nouvelle recherche en invitant les Kramarades Ă continuer de produire donnĂ©es, expĂ©riences et observations afin de mieux comprendre les habitudes, rĂ©actions, prĂ©fĂ©rences et faiblesses de la population. Naturellement il ne sâagit absolument pas de contrĂŽle. La science veut seulement savoir quel bouton pousser lorsquâun Kramarade hĂ©site et quoi lui montrer lorsquâil refuse. Je suis soulagĂ©e par cette prĂ©cision. Le contrĂŽle serait inquiĂ©tant. Lâorientation harmonieuse du citoyen par connaissance approfondie de ses mĂ©canismes comportementaux possĂšde au contraire quelque chose de trĂšs rassurant lorsquâelle est imprimĂ©e sur un papier portant le bon tampon. Solas a Ă©galement lancĂ© une nouvelle recherche tandis que LoganKomikov continuait de fournir les moyens diplomatiques de la RĂ©publiK et recommandait un nouveau kralandais pour une domiciliation immĂ©diate au Quartier SuprĂȘme. Kraland demeure donc ce pays admirable oĂč lâon finance simultanĂ©ment la comprĂ©hension scientifique de lâĂȘtre humain et la procĂ©dure permettant de savoir prĂ©cisĂ©ment dans quelle ville il doit habiter. Naturellement les Homards GĂ©ants continuent de sâen prendre Ă Logan et Ă Solas tandis quâune Tortue BlindĂ©e a attaquĂ© Malcom Ravenloft. Certains gouvernements verraient lĂ une crise de sĂ©curitĂ©. La RĂ©publiK devrait plutĂŽt considĂ©rer quâelle possĂšde dĂ©sormais un contrĂŽle qualitĂ© indĂ©pendant. Si un ministre peut survivre aux formulaires et aux crustacĂ©s il est probablement apte au service.Le ValĂ©gro mĂ©rite Ă©galement que nous nous y attardions parce quâil dĂ©montre quâune province peut appartenir Ă Kraland tout en regardant trĂšs intensĂ©ment vers RuthvĂ©nie. Sysson a publiquement soutenu le gouvernement ruthvĂšne et DameDĂ©merzel avant de se rendre Ă Fort Emouchet oĂč des ĂlĂ©mentaux de Feu, un DĂ©mon Majeur et dâautres crĂ©atures ont successivement vĂ©rifiĂ© la soliditĂ© de ses convictions. Entre deux agressions il a aidĂ© les policiers Ă amĂ©liorer la surveillance de la ville. Fort Emouchet a ensuite Ă©tĂ© consacrĂ© par un paladin et bĂ©nĂ©ficie dĂ©sormais dâune protection contre les phĂ©nomĂšnes naturels mĂȘme magiques pendant soixante-douze heures. VoilĂ ce que jâappelle une politique locale cohĂ©rente. Quand les Ă©lĂ©ments eux-mĂȘmes semblent vous poursuivre il devient raisonnable de faire bĂ©nir la ville entiĂšre. Emile Liarr y a quant Ă lui annoncĂ© une fĂȘte de la pĂ©pite pour lundi soir. Son soutien au Royaume de RuthvĂ©nie a Ă©tĂ© prononcĂ© avec une maladresse telle quâil a produit lâeffet inverse de celui recherchĂ©. Cela ne devrait surtout pas dĂ©courager les participants. Un homme capable de transformer lâannonce dâune fĂȘte miniĂšre en incident de communication possĂšde prĂ©cisĂ©ment les qualitĂ©s nĂ©cessaires pour organiser une soirĂ©e dont on parlera longtemps. Jâinvite les intĂ©ressĂ©s Ă prĂ©parer leurs pioches et leurs potions de rapiditĂ©. Je recommande aussi un casque. Pas pour la mine. Pour les discours.Du cĂŽtĂ© de lâEmpire Brun la nouvelle souveraine Tormenta Ruthven commence Ă donner Ă son rĂšgne cette Ă©lĂ©gance trĂšs particuliĂšre des vieux feuilletons oĂč lâImpĂ©ratrice renverse quelquâun le vendredi et le dĂ©core le samedi. Isotopine, quâelle venait pourtant de remplacer au sommet de lâEmpire, a reçu lâAigle ImpĂ©rial avec un discours reconnaissant ses services et rappelant que les adversaires politiques peuvent devenir des partenaires lorsque leurs intĂ©rĂȘts convergent. Câest probablement la chose la plus brune imaginable. La politique nây est pas une guerre Ă©ternelle. Câest une longue scĂšne oĂč lâon se poignarde derriĂšre un rideau puis oĂč lâon se retrouve au banquet parce que le prochain monstre est arrivĂ©.Tormenta regarde parallĂšlement vers la ConfĂ©dĂ©ration Libre avec une chaleur presque sentimentale. Elle a saluĂ© Jean-Messie de la Nation comme un ancien compagnon de bourlingues et sâest amusĂ©e de les voir dĂ©sormais placĂ©s Ă la tĂȘte de grandes puissances aprĂšs avoir autrefois couru ensemble dans Ruthvenville. Elle lui reproche cependant dâavoir captĂ© son pĂšre Golgoth LandraĂ«l II quâelle estime destinĂ© Ă lâEmpire. Puis Nigral a Ă©tĂ© nommĂ© ambassadeur auprĂšs de la ConfĂ©dĂ©ration. La nouvelle diplomatie impĂ©riale commence donc Ă prendre forme. DĂ©corer lâancienne ImpĂ©ratrice, flatter le PrĂ©sident voisin et rappeler que papa devrait rentrer Ă la maison. Les vieux empires ont parfois besoin de trois siĂšcles pour atteindre ce degrĂ© de sophistication familiale.Restons un instant en RuthvĂ©nie puisque le Royaume connaĂźt lui aussi une dĂ©licieuse tension entre majestĂ© et chaos domestique. DameDĂ©merzel a placĂ© Mench0 Ă la tĂȘte de ses Services Secrets aprĂšs sa dĂ©mission du commandement militaire. Ă Crab Key Alice Ravenloft sâest pendant ce temps improvisĂ©e avocate des dragons et de la libertĂ©. Elle dĂ©fend Aurelthar en rappelant quâun dragon constitue une espĂšce protĂ©gĂ©e et que si ses destructions de bĂątiments posent problĂšme il fallait simplement construire des bĂątiments plus rĂ©sistants. Jâavoue avoir beaucoup de respect pour cette doctrine juridique. Elle rĂ©duit considĂ©rablement le nombre de procĂšs possibles. Un dragon dĂ©truit votre maison. La faute revient Ă lâarchitecte. Un incendie consume le palais. Il fallait choisir de meilleures pierres. LâaccusĂ© devient presque superflu.Alice a aussi obtenu une protection contre lâarbitraire pour TifaLockHeart et elle a obtenu en ConfĂ©dĂ©ration plusieurs rĂ©ductions de peine pour Stella Darnus avec un raisonnement fondĂ© sur la libertĂ©, la guerre et la nĂ©cessitĂ© de pouvoir faire la paix aprĂšs avoir correctement fait la guerre. Il serait facile de se moquer. Ce serait oublier que plusieurs diplomates professionnels ont produit cette semaine des arguments considĂ©rablement moins clairs avec beaucoup plus de mots.Le Khanat ElmĂ©rien avance lui aussi sur le terrain intellectuel puisque Nerdos Valkyry a dĂ©couvert la ThĂ©ologie pour le Khanat. La mĂ©ditation sâen trouve facilitĂ©e. Cela signifie quâaprĂšs avoir entourĂ© les frontiĂšres de tentes, envoyĂ© des chats conquĂ©rants et conceptualisĂ© lâannexion comme une variante du camping le Khanat peut dĂ©sormais prendre le temps de rĂ©flĂ©chir profondĂ©ment Ă ce quâil vient de faire. Câest une Ă©tape dĂ©cisive dans toute civilisation.En Bananie Light Deathnote a offert une autre dĂ©monstration de mobilitĂ© institutionnelle. Il perd son poste de Chef de Tribu aprĂšs une infraction politique. Il se livre aux autoritĂ©s. Il sort de prison. Il affronte TifaLockHeart et il est ensuite renommĂ© Chef de Tribu par Tina Plurien. Le pouvoir tribal possĂšde cette qualitĂ© admirable qui consiste Ă ne jamais laisser une erreur administrative devenir un obstacle Ă la destinĂ©e. Dans certains pays une disgrĂące marque une carriĂšre. Au Khanat elle ressemble davantage Ă la pause entre deux nominations.Et puis il y a lâHĂ©lĂ©nie. Je devrais probablement terminer lĂ parce quâaprĂšs lâHĂ©lĂ©nie tout commentaire donne lâimpression de manquer dâambition. Scarleit vient de publier la premiĂšre Newsletter de New Helen. Nous y apprenons quâ Aspa enquĂȘte sur la maniĂšre de sortir Sultan Omar Al KhaĂŻd de sa boucle temporelle. La Brocante de la Plage serait ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre et trois cent soixante-cinq jours sur deux cent soixante-cinq ce qui signifie soit que le commerce hĂ©lĂ©nien a transcendĂ© le calendrier soit que personne nâa osĂ© relire lâaffiche. Un groupe de travail rĂ©flĂ©chit Ă la rĂ©daction dâun guide des prises dâotage et une piste de Roller Derby est envisagĂ©e. Il y a des provinces qui publient leur budget. LâHĂ©lĂ©nie publie son intention de rationaliser les enlĂšvements puis construit des loisirs autour. Je prĂ©fĂšre cette franchise. Aspa a dâailleurs reçu la Glorieuse TĂ©tine pour son travail Ă©cologique, son rĂŽle de commissaire et sa tendance Ă croire aux secondes chances malgrĂ© les alertes Ă la bombe, les prises dâotage et les menaces dâOmar. Al-ma' a collectĂ© plus de dix mille PO grĂące Ă une dĂźme immobiliĂšre puis sâest prĂ©sentĂ© simultanĂ©ment aux fonctions de Gouverneur dâHĂ©lĂ©nie et de Bourgmestre de Bisouville. Simone Voile avait quittĂ© la mairie pour laisser la place Ă la cheffe avant dâĂȘtre nommĂ©e Intendante par Scarleit. Entre-temps Scarleit et Al-ma' se sont Ă©changĂ© une scierie et une bijouterie par ventes successives avec la simplicitĂ© de deux voisines qui se prĂȘteraient des casseroles. La rĂ©bellion hĂ©lĂ©nienne dĂ©veloppe donc tranquillement son Ă©conomie, sa religion, ses enlĂšvements, ses aigles, ses Ă©lections et son Roller Derby. Les grands Ătats devraient prendre des notes. Ils ne devraient surtout pas les appliquer mais ils peuvent prendre des notes.VoilĂ oĂč nous en sommes ce soir. La ForĂȘt de Jade ne peut plus se battre pendant vingt-quatre heures mais rĂ©ussit parfaitement Ă construire une base militaire et Ă mener une guerre de discours. Un drapeau confĂ©dĂ©rĂ© apparaĂźt aux Monts Mafieux pendant que les nĂ©gociateurs parlent encore de paix. Le GĂ©ofront continue de se rapprocher de Kraland tout en dĂ©fendant farouchement le droit de dĂ©cider lui-mĂȘme comment il souhaite sâen rapprocher. Sir McRabbit devient apatride puis rĂ©sident puis insurgĂ© avec une efficacitĂ© administrative admirable. Tears Velzard transforme progressivement un navire de guerre dotĂ© dâune IA contestĂ©e en lieu potentiel de soirĂ©e pyjama. Dragnor perfectionne une science kralandaise qui ne contrĂŽle personne mais saura bientĂŽt exactement comment convaincre les citoyens de prendre spontanĂ©ment les bonnes dĂ©cisions. Tormenta Ruthven dĂ©core la femme quâelle a renversĂ©e. Alice Ravenloft invente le droit des dragons et lâHĂ©lĂ©nie prĂ©pare un guide des prises dâotage.Il y aura certainement des protestations. Jean-Messie de la Nation pourra venir expliquer que la ConfĂ©dĂ©ration nâa jamais eu lâintention de provoquer qui que ce soit. Aya Ravenloft pourra rĂ©pondre que le Paradigme nâavait aucune raison de sourire devant un drapeau Ă©tranger. Noctis pourra venir nous dĂ©montrer que tenter de hisser le pavillon de lâadversaire constituait une expĂ©rience fĂ©line parfaitement innocente. Tears Velzard pourra prĂ©senter les titres de propriĂ©tĂ© du Cruisader dĂšs quâelle aura fini de dĂ©terminer si les clĂ©s de la chambre du capitaine constituent un acte notariĂ©. Tormenta Ruthven pourra expliquer que dĂ©corer lâancienne souveraine aprĂšs lâavoir remplacĂ©e relĂšve simplement de lâĂ©lĂ©gance impĂ©riale. Je recevrai toutes ces corrections avec le sĂ©rieux quâelles mĂ©ritent et je les conserverai dans les archives afin que nos descendants sachent prĂ©cisĂ©ment comment chacun a essayĂ© dâexpliquer ce que nous avions tous vu.Les tĂ©moins courageux peuvent venir parler. Les tĂ©moins moins courageux peuvent envoyer une lettre. Les gouvernements peuvent protester officiellement et les gouvernements qui nâont rien Ă protester peuvent toujours prendre quelques heures. Je leur fais confiance. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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31 Aout 6662026
RADIO NĂCROTOILE ĂMISSION SPĂCIALE
PAS DE (...)
![]() 31 Aout 6662026 RADIO NĂCROTOILE ĂMISSION SPĂCIALE PAS DE LOTERIE Spoiler Les auditeurs habituĂ©s aux catastrophes gouvernementales peuvent se rassurer. Cette fois aucun pays nâa Ă©tĂ© envahi, aucun souverain nâa Ă©tĂ© renversĂ© et aucun laboratoire brun nâa encore créé quelque chose possĂ©dant davantage de dents que prĂ©vu. Le problĂšme est beaucoup plus grave. La Loterie Cybermondiale ne fonctionnera pas ce soir. Tout avait pourtant commencĂ© normalement jusquâau moment oĂč la machine chargĂ©e du tirage a sorti le numĂ©ro 000000. Ce numĂ©ro nâavait Ă©tĂ© vendu Ă personne puisquâil sâagissait du billet utilisĂ© lors des tests techniques. Malheureusement lâadministration a dĂ©couvert que la machine Ă©tait elle-mĂȘme enregistrĂ©e comme dĂ©tentrice de ce billet. Elle sâest donc dĂ©clarĂ©e gagnante du gros lot. On aurait pu simplement dĂ©brancher lâappareil et oublier cette erreur mais un fonctionnaire kralandais a demandĂ© si la machine possĂ©dait une identitĂ© administrative. Trois formulaires plus tard elle Ă©tait officiellement reconnue comme Distributrice de Richesses, bĂ©nĂ©ficiaire du jackpot et contribuable. Câest lĂ que le fisc a fait son Ćuvre. AprĂšs taxation du gain, frais administratifs, contribution exceptionnelle et taxe Ă©cologique sur les boules en plastique la machine sâest retrouvĂ©e Ă devoir davantage dâargent quâelle nâen avait gagnĂ©. Elle a immĂ©diatement refusĂ© de payer et bloque dĂ©sormais tout nouveau tirage tant que le Cybermonde ne lui accorde pas cinquante mille piĂšces, des congĂ©s payĂ©s et un bureau avec fenĂȘtre. La ConfĂ©dĂ©ration veut organiser un vote sur ses droits civiques. Le Paradigme Vert souhaite remplacer les boules par des noix biodĂ©gradables. Le Khanat propose de vaincre la machine en duel. La RuthvĂ©nie cherche Ă dĂ©terminer si elle possĂšde une ascendance noble. LâEmpire Brun a proposĂ© de la rĂ©parer et pour une fois tout le monde sâest immĂ©diatement mis dâaccord pour rĂ©pondre non. La situation est donc parfaitement claire. Pas de loterie ce soir. La machine a gagnĂ© son propre jackpot, refuse ses impĂŽts et nĂ©gocie dĂ©sormais ses conditions de travail avec lâadministration. Personnellement je considĂšre que le plus inquiĂ©tant nâest pas quâune machine Ă loterie soit devenue fonctionnaire. Câest quâen moins dâune heure elle ait dĂ©jĂ compris comment fonctionnait le systĂšme. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Gardez vos billets. La machine aussi garde le sien. |
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31 Aout 6662026
[spoiler]Bonsoir Ă tous. Il paraĂźt que le Cybermonde cherche la paix. (...)
![]() 31 Aout 6662026 Spoiler Bonsoir Ă tous. Il paraĂźt que le Cybermonde cherche la paix. Je tenais Ă commencer par cette excellente nouvelle parce quâĂ lire ce qui sâest passĂ© en ForĂȘt de Jade il serait trĂšs facile de ne pas sâen apercevoir. Une onde de paix a traversĂ© la province et pendant vingt-quatre heures les habitants ont perdu toute envie de se battre. Jâadmire beaucoup cette mĂ©thode. LĂ oĂč des diplomates ont eu besoin de sommets, de dĂ©lĂ©gations, de petits fours, de revendications contradictoires et dâun nombre inquiĂ©tant de casques de couleurs diffĂ©rentes la rĂ©alitĂ© a simplement posĂ© la main sur lâĂ©paule de tout le monde et dĂ©clarĂ© que cela suffisait. Malheureusement la magie nâinterdit ni les Ă©lections ni les discours ni les allumettes. Câest ainsi quâĂ Accalmie on a pu contempler le spectacle remarquable dâune province pacifiĂ©e par phĂ©nomĂšne surnaturel oĂč des bulletins de vote brĂ»laient par tranches de cinq, dix, quinze puis vingt pour cent pendant que plusieurs camps expliquaient encore quâils dĂ©fendaient lâordre. La dĂ©mocratie possĂšde cette facultĂ© presque religieuse de survivre Ă tout pourvu quâil reste un bulletin non carbonisĂ© sur lequel Ă©crire le nom du vainqueur. Il faut dire que lâĂ©lection de ForĂȘt de Jade avait acquis une valeur qui dĂ©passait largement le choix dâun gouverneur. Aya Ravenloft a quittĂ© la fonction provinciale pour ĂȘtre nommĂ©e Ministre de lâIntĂ©rieur par Karlin tandis que GŃĂžbatchev se prĂ©sentait avec une moustache devenue Ă elle seule un programme institutionnel. Dans le mĂȘme temps Roger St Misles recevait le soutien enthousiaste de Patrick DePouch, Booker, Kether DeiMachiavelli et dâautres visiteurs confĂ©dĂ©rĂ©s qui ont dĂ©couvert quâune campagne Ă©trangĂšre peut ĂȘtre menĂ©e avec beaucoup de naturel lorsquâon possĂšde suffisamment de discours et une bonne adresse temporaire Ă Accalmie. Jean-Messie de la Nation a mĂȘme tentĂ© de frauder Ă lâĂ©lection et sâest retrouvĂ© recherchĂ©. VoilĂ qui donne Ă lâexpression participation dĂ©mocratique une largeur admirable. En quelques heures la ForĂȘt de Jade est devenue moins une province quâun salon oĂč chaque puissance du Cybermonde avait posĂ© sa chaise en affirmant quâelle ne comptait absolument pas rester pour le dĂźner. Les partisans de chaque camp peuvent naturellement venir expliquer que leur prĂ©sence Ă©tait dĂ©sintĂ©ressĂ©e. Jâouvrirai volontiers les fenĂȘtres avant leur intervention afin que lâair puisse lui aussi tenter de rester sĂ©rieux.Et puis Tormenta Ruthven est arrivĂ©e. Il existe des visites officielles qui apaisent une situation. Il en existe dâautres oĂč lâEmpereur Brun se domicilie sur place, demande pourquoi personne ne lâaccueille, critique la gouverneure, critique la juge La fĂ©e Tide, critique le directeur des services secrets GŃĂžbatchev, se fait attaquer par plusieurs individus successifs puis dĂ©signe La fĂ©e K. Lome Ă la vindicte populaire. Le voyage impĂ©rial a donc respectĂ© toutes les traditions diplomatiques de lâEmpire Brun. Une entrĂ©e majestueuse. Des ennemis dans les couloirs. Quelques coups. Une menace. Un public qui se demande Ă quel Ă©pisode il a pris lâhistoire. GŃĂžbatchev a rĂ©pondu en dĂ©signant Tormenta Ă la vindicte Ă son tour avec une gravitĂ© moustachue qui mĂ©riterait dâĂȘtre enseignĂ©e dans les Ă©coles de chancellerie. Quand deux responsables politiques commencent Ă transformer la vindicte publique en correspondance privĂ©e on sait que la diplomatie a dĂ©passĂ© le stade de lâĂ©crit pour entrer dans celui du mobilier lourd.Ce tumulte serait presque secondaire si le grand dossier de la semaine nâĂ©tait prĂ©cisĂ©ment la paix entre la ConfĂ©dĂ©ration Libre et le Paradigme Vert. Golgoth LandraĂ«l II, devenu Ministre de lâInformation confĂ©dĂ©rĂ©, a prĂ©sentĂ© le second sommet de Gynerak comme une rĂ©ussite brĂšve et efficace oĂč La Pacificatrice et Patrick DePouch auraient dĂ©fendu avec brio les intĂ©rĂȘts confĂ©dĂ©rĂ©s face Ă Karlin et Solas. Une proposition aurait Ă©tĂ© remise au RĂ©gent afin quâil la prĂ©sente aux habitants dâAccalmie. Câest une information importante mĂȘme lorsquâelle arrive enveloppĂ©e dans suffisamment de propagande pour servir de couverture dâhiver. Elle signifie quâau milieu des injures et des mouvements de troupes quelquâun Ă©crivait encore des conditions sur du papier. Il faut toujours respecter le papier. Il est souvent la derniĂšre chose qui demeure entre une nĂ©gociation et la cavalerie. Le problĂšme est que le cessez-le-feu est devenu une sorte de vase prĂ©cieux que chacun transporte en accusant lâautre de marcher trop vite. Les uns affirment que le Paradigme a multipliĂ© les provocations. Les autres accusent la ConfĂ©dĂ©ration dâavoir repris les hostilitĂ©s. Et pendant que les deux camps disputent la propriĂ©tĂ© morale de la premiĂšre gifle une bagarre Ă©clate entre La Pacificatrice et La fĂ©e Tide sans que la police sache qui a commencĂ©. Câest presque trop parfait pour ĂȘtre commentĂ©. La paix nâa pas Ă©chouĂ©. Elle a simplement dĂ©cidĂ© de participer elle-mĂȘme au dĂ©bat.Mais avant de quitter cette affaire il faut regarder vers Irendol. Le Grand Jardin possĂ©dait un HĂŽtel de Ville nommĂ© le Grand Terrier Municipal. Jâemploie lâimparfait avec prudence car le bĂątiment a passĂ© une partie de la journĂ©e Ă ĂȘtre frappĂ© par des attentats. Plusieurs explosions ont Ă©tĂ© revendiquĂ©es au nom de Pacifista 2.0. May B. Seraven a tentĂ© dây commettre dâautres attentats et a fini par ĂȘtre combattue puis livrĂ©e Ă la prison par Aya Ravenloft. Karlin et Seraphiel Ravenloft ont Ă©galement pris part aux affrontements entourant SerbitarSeraven et May. Le plus remarquable demeure lâacharnement du bĂątiment lui-mĂȘme Ă continuer dâexister assez longtemps pour ĂȘtre frappĂ© de nouveau plus tard dans la soirĂ©e. Il y eut des attaques sans victime. Il y eut des piĂšces effondrĂ©es. Il y eut mĂȘme un chantier dâHĂŽtel de Ville qui reçut Ă son tour la visite de lâexplosif. Une administration normale aurait conclu quâil fallait dĂ©placer les bureaux. Le Paradigme Vert semble avoir choisi une philosophie plus Ă©cologique. On reconstruit au mĂȘme endroit afin de rĂ©duire les dĂ©placements nĂ©cessaires au prochain attentat.Je sais que certains au Paradigme trouveront cette lecture injuste. Ils feront observer que leur territoire subit des agressions, des sabotages, des fraudes et des ingĂ©rences. Ils auront raison sur plusieurs faits et tort sur la conclusion que je choisirai dâen tirer parce que câest prĂ©cisĂ©ment le privilĂšge dâune chroniqueuse consciencieuse. La ForĂȘt de Jade donne aujourdâhui lâimage dâun pays qui veut simultanĂ©ment organiser des Ă©lections, dĂ©fendre son territoire, nĂ©gocier la paix, accueillir une visite impĂ©riale, emprisonner des suspects, libĂ©rer certains dĂ©tenus, poursuivre les autres et maintenir une cohĂ©rence idĂ©ologique suffisamment pure pour que mĂȘme les graines de prison soient bio. La fĂ©e Tide a prolongĂ© la peine de SerbitarSeraven avec eau de source et nourriture biologique. Je souhaite beaucoup de courage aux criminels qui espĂ©raient ĂȘtre torturĂ©s Ă lâancienne. Ils devront dĂ©sormais affronter la fibre alimentaire.VoilĂ qui nous conduit naturellement au Khanat ElmĂ©rien oĂč la question du pouvoir suprĂȘme a Ă©tĂ© traitĂ©e selon une mĂ©thode infiniment plus claire. Noctis a affrontĂ© Pigeon Ronron en duel Ă Gueule du LĂ©zard. Le duel est bien rĂ©el. La victoire de Noctis a Ă©tĂ© proclamĂ©e par les intĂ©ressĂ©s et Pigeon Ronron a ensuite annoncĂ© Ă son peuple quâayant Ă©tĂ© battu par un chat il fallait se soumettre au vainqueur qui devenait selon lui le nouveau Grand Khan. Je laisse pour lâinstant aux juristes khaniques le soin de dĂ©terminer si une passation de pouvoir proclamĂ©e aprĂšs avoir Ă©tĂ© plaquĂ© au sol par des pattes constitue un mĂ©canisme constitutionnel. Connaissant le Khanat je suppose que lâobjection principale portera moins sur la lĂ©galitĂ© que sur la qualitĂ© du duel. Noctis lui-mĂȘme semble presque embarrassĂ© dâavoir gagnĂ© et demande aux humains sâils vont dĂ©sormais lui obĂ©ir. Câest probablement la premiĂšre fois quâun prĂ©tendant au pouvoir dĂ©couvre son titre comme on dĂ©couvre une taxe oubliĂ©e au fond dâune enveloppe.Cette rĂ©volution fĂ©line ne surgit dâailleurs pas complĂštement du nĂ©ant. Depuis plusieurs jours Alice Ravenloft rĂ©clame davantage de libertĂ©, davantage de duels et beaucoup plus de Miaou dans les affaires publiques. Ă Gueule du LĂ©zard des rumeurs ont commencĂ© Ă parler de chats accomplissant des actions peu urbaines dans le complexe hospitalier. Les registres nous donnent au moins un fait particuliĂšrement dĂ©licat puisque Katniss Ravenloft a Ă©tĂ© recherchĂ©e aprĂšs avoir tentĂ© de percer la poche dâurine dâun patient avant quâun attentat ne frappe le campus universitaire puis que la police ne finisse par lâarrĂȘter avec un ours en peluche confisquĂ© comme matĂ©riel illĂ©gal. Jâavoue que lâours en peluche apporte Ă cette affaire une profondeur stratĂ©gique inattendue. Dans un autre pays on soupçonnerait une cellule clandestine. Au Khanat on doit dâabord vĂ©rifier si la cellule miaule et si elle accepte les grattouilles. Les autoritĂ©s elmĂ©riennes pourront venir dĂ©mentir lâexistence dâun grand plan de domination fĂ©line. Je leur recommande simplement dâĂ©viter de faire cette dĂ©claration devant le nouveau Grand Khan potentiel.Pendant que le Khanat envisage peut-ĂȘtre de remettre son destin Ă un chat la RĂ©publiK poursuit des objectifs plus modestes tels que comprendre lâunivers, financer la recherche, sĂ©curiser la capitale et organiser des Ă©lections sans quâun citoyen ne brĂ»le lâisoloir avant le dĂ©pouillement. Dragnor a lancĂ© une nouvelle recherche ambitieuse en appelant les laboratoires Ă mettre en commun leurs expĂ©riences et leurs connaissances. LoganKomikov a versĂ© cinq mille FK supplĂ©mentaires Ă la Recherche. Le prĂ©fet Bogdan D'Arken a lancĂ© une importante campagne de sĂ©curitĂ© qui amĂ©liore lâefficacitĂ© de la police de Kraland. Ce sont des gestes extrĂȘmement raisonnables ce qui me rend toujours lĂ©gĂšrement mĂ©fiante lorsquâils apparaissent tous dans la mĂȘme journĂ©e. La RĂ©publiK fonctionne traditionnellement mieux lorsque chaque bonne idĂ©e est entourĂ©e de trois formulaires inutiles et dâun homard agressif. Heureusement Jay Padbol a rencontrĂ© un Homard GĂ©ant Ă Kraland ce qui rĂ©tablit immĂ©diatement lâĂ©quilibre national.LâĂ©lection kralandaise a Ă©galement produit son petit exercice de pĂ©dagogie civique. Jean Prendnote, aprĂšs avoir appelĂ© les Kramarades Ă rĂ©pandre le Bonheur par les urnes, a tentĂ© de frauder lâĂ©lection au poste de gouverneur puis sâest livrĂ© lui-mĂȘme aux autoritĂ©s. Certains pays considĂ©reraient cela comme une contradiction. Kraland considĂšre naturellement quâil sâagit dâun citoyen ayant explorĂ© successivement deux formes de participation politique. Dâabord lâoptimisation du scrutin puis la coopĂ©ration judiciaire. Ă minuit NataliStakhanov a remportĂ© Quartier SuprĂȘme avec cent pour cent des suffrages exprimĂ©s et Ivictus a gagnĂ© Honolulu-par-DelĂ avec le mĂȘme enthousiasme arithmĂ©tique. Les mauvaises langues feront remarquer que trois voix pour lâun et une voix pour lâautre donnent une vision lĂ©gĂšrement intime du corps Ă©lectoral. Elles oublient quâune dĂ©mocratie nâa pas besoin dâune foule lorsque tous ceux qui viennent sont dâaccord.Dans les provinces kralandaises plus turbulentes la politique sâexprime avec davantage de mobilier. Au GĂ©ofront UsurpatoÂź3000 a rĂ©ussi lâexploit de soutenir le gouvernement local puis la RĂ©publiK puis de manifester contre ce mĂȘme gouvernement avant de reconnaĂźtre une erreur de programmation. Jây vois moins une panne quâune synthĂšse remarquable du dĂ©bat provincial. Le robot-kanar a simplement condensĂ© plusieurs semaines de politique en quelques minutes. Sur le Cruisader Tears Velzard a annoncĂ© une grande soirĂ©e pyjama sur son navire tandis que Ninoo Chantargent, se proclamant Seconde en Chef parmi apparemment plusieurs Secondes en Chef, exigeait le retour de lâargent dĂ» afin de financer un nouveau pyjama et demandait surtout que les petits fours soient correctement prĂ©parĂ©s. K' Velzard a lancĂ© la naissance dâun Ă©quipage de pirates slavons et prĂ©cise avec beaucoup de sĂ©rieux quâils ne pillent pas les ressources puisquâils les collectivisent. Jâestime cette nuance doctrinale parfaitement recevable. Le vol est un crime individuel. La collectivisation dispose au moins dâun vocabulaire ministĂ©riel.Tout cela se dĂ©roule pendant quâune manifestation insurrectionnelle Ă©clate Ă Sanctuaire et que trois Loubards TatouĂ©s entrent en rĂ©bellion. Je ne vois lĂ aucune contradiction avec lâintĂ©gration du GĂ©ofront Ă la RĂ©publiK. Au contraire. Une province qui proteste contre lâadministration, rĂ©clame son argent, produit des titres navals concurrents et invente une forme collective de piraterie possĂšde dĂ©jĂ toutes les aptitudes nĂ©cessaires Ă une longue carriĂšre kralandaise. Il ne manque quâun bureau chargĂ© de certifier les insurrections et une taxe sur les petits fours. Je suis certaine que quelquâun travaille dĂ©jĂ dessus. La ConfĂ©dĂ©ration Libre nous offre de son cĂŽtĂ© une leçon plus classique de dĂ©mocratie pratique. Ă Blofeldopolis Gojo Epstein a essayĂ© Ă plusieurs reprises de convaincre Jay Padbol de lui acheter une bombe. LâopĂ©ration commerciale a Ă©chouĂ© et la police a fini par arrĂȘter Gojo en confisquant douze bombes. Il faut admirer la patience de certains entrepreneurs. Lorsquâun client refuse une bombe une premiĂšre fois on pourrait conclure que le marchĂ© est mal ciblĂ©. Gojo a choisi de rĂ©pĂ©ter lâoffre. Plusieurs fois. Le Warriorland reste donc fidĂšle Ă son grand principe Ă©conomique qui consiste Ă laisser lâinitiative privĂ©e se dĂ©velopper jusquâau moment exact oĂč elle nĂ©cessite des policiers.La comptabilitĂ© confĂ©dĂ©rĂ©e de minuit mĂ©rite Ă©galement un instant de silence. La ConfĂ©dĂ©ration Libre a rĂ©coltĂ© moins dâimpĂŽts quâelle nâa payĂ© ses soldats et plusieurs ministĂšres se sont retrouvĂ©s avec des rĂ©partitions nĂ©gatives. Je ne me permettrais jamais dâinterprĂ©ter cela comme un problĂšme financier. Dans une dĂ©mocratie avancĂ©e le dĂ©ficit nâest pas un manque dâargent. Câest une consultation populaire conduite directement auprĂšs du futur. Le citoyen de demain est invitĂ© Ă contribuer aujourdâhui sans avoir la lourdeur de devoir donner son consentement immĂ©diatement. La RĂ©publiK fait remplir des formulaires. La ConfĂ©dĂ©ration fait remplir les gĂ©nĂ©rations suivantes. Chaque civilisation a son papier prĂ©fĂ©rĂ©. Passons Ă lâEmpire Brun oĂč Tormenta Ruthven poursuit la restauration de ce vieux parfum de feuilleton irradiĂ© qui manquait tant Ă la politique impĂ©riale. Tandis que lâEmpereur allait provoquer la ForĂȘt de Jade avec lâĂ©lĂ©gance dâune vedette entrant dans une auberge oĂč tout le monde lui doit de lâargent Agatha distribuait plusieurs milliers de MĂ aux Services Secrets, Ă lâIntĂ©rieur et Ă la Recherche. Ombre Minusculique a Ă©tĂ© nommĂ© Ministre du Travail. Ă LĂ©prosie un accident nuclĂ©aire a dĂ©clenchĂ© la mutation Ovipare parmi les habitants irradiĂ©s. Et comme si lâunivers avait estimĂ© cette sĂ©rie dâĂ©vĂ©nements trop sombre les conditions climatiques ont simultanĂ©ment fait baisser la pollution en Plaine IrradiĂ©e. VoilĂ lâEmpire dans toute sa beautĂ©. On finance les laboratoires. On renforce les services secrets. La population pond peut-ĂȘtre des Ćufs Ă LĂ©prosie et le temps se charge lui-mĂȘme de lâĂ©cologie. Un gouvernement plus interventionniste aurait probablement gĂąchĂ© cette harmonie.Mystisie participe Ă sa maniĂšre Ă cette renaissance. Silas des Sables annonce une opĂ©ration dâoptimisation de lâor. Reben Mife dĂ©couvre un gros filon. Halone accĂ©lĂšre la production dâun gisement et Dusk et Aurora fait de mĂȘme. Quand quatre signaux Ă©conomiques convergent ainsi dans une province impĂ©riale il faut rĂ©sister Ă la tentation de parler de miracle. Le mot attirerait les thĂ©ologiens et ils rĂ©clameraient leur part. Disons simplement que Mystisie a compris un principe Ă©conomique trĂšs ancien. Quand le pouvoir politique devient incomprĂ©hensible il reste toujours lâor.La RuthvĂ©nie a choisi un autre thĂšme pour la journĂ©e. La prison. Aurelthar continue son sĂ©jour carcĂ©ral et proteste contre une prolongation de peine quâil estime injuste. Stefan de Crab sâest dĂ©clarĂ© rĂ©solument opposĂ© au regroupement familial des prisonniers puis a fait transfĂ©rer Aurelthar Ă Fort Emouchet. TifaLockHeart a rĂ©pondu depuis le Khanat quâAurel nâavait besoin que dâelle et du clan et quâaucun dâeux nâĂ©tait en prison ce qui constitue une façon merveilleusement simple de rĂ©soudre une question pĂ©nitentiaire. Si la famille refuse dâentrer dans la cellule il suffit de dĂ©placer le dĂ©tenu. DameDĂ©merzel a parallĂšlement dĂ©corĂ© BohĂ© d'Umont pour sa reprĂ©sentation du Royaume chez les alliĂ©s du Paradigme et a soutenu la candidature de GŃĂžbatchev en ForĂȘt de Jade au nom de la fidĂ©litĂ© Ă lâAlliance PastĂšque. Une monarchie est cette forme de gouvernement oĂč mĂȘme les crises Ă©trangĂšres finissent par produire une jarretiĂšre.Au ValĂ©gro Sysson a de nouveau soutenu publiquement le Royaume de RuthvĂ©nie tout en critiquant la ConfĂ©dĂ©ration et le Khanat. Plus au nord Jacques St Misles a tentĂ© Ă deux reprises dâĂ©crire des graffitis sur une villa avant dâĂȘtre recherchĂ© par la police ruthvĂšne. Il faut admirer les hommes qui prennent la politique assez au sĂ©rieux pour risquer leur libertĂ© sur un mur. Les grands traitĂ©s vieillissent. Les discours sont oubliĂ©s. Une mauvaise inscription sous une fenĂȘtre peut tenir jusquâau prochain ravalement de façade.LâHĂ©lĂ©nie rebelle continue quant Ă elle de dĂ©montrer quâune petite puissance peut produire davantage dâintrigues quâun continent entier si elle organise correctement ses prisons. Simone Voile, rĂ©cemment Intendante, a tentĂ© de voler une alarme Ă©lectronique puis une dĂ©fense laser dans un complexe armurier. La dĂ©fense laser a eu lâobligeance de dĂ©fendre prĂ©cisĂ©ment ce quâon essayait de lui voler. Simone a perdu son poste puis a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e Ă Bisouville. Jâaime les machines qui comprennent leur intitulĂ© de fonction. Elles sont rares. Sultan Omar Al KhaĂŻd a de son cĂŽtĂ© fait passer depuis sa cellule un message indignĂ© aprĂšs quâon lui aurait placĂ© une vieille escorte afin de lâattendrir. Omar prĂ©vient quâil sortira dans deux jours et assure que la tentative nâa fait quâaugmenter sa motivation. La gouverneure Scarleit publie parallĂšlement une newsletter oĂč les nouvelles de la boucle temporelle arrivent dans le dĂ©sordre. Pour une fois lâadministration a une excuse mĂ©taphysique valable.Il reste une derniĂšre institution dont il faut parler et elle est plus puissante que les Empereurs, plus froide que les juges et beaucoup plus honnĂȘte que les diplomates. Je parle du percepteur de minuit. Lorsque lâhorloge a frappĂ© les douze coups chaque nation a cessĂ© un instant de raconter son propre hĂ©roĂŻsme et a comptĂ© son argent. Le Royaume de RuthvĂ©nie a rĂ©coltĂ© une somme confortable. Le Paradigme Vert a conservĂ© une forte capacitĂ© fiscale. Le Khanat a payĂ© son appareil militaire sans renoncer Ă financer largement la Recherche. LâEmpire Brun a distribuĂ© ses revenus avec une prĂ©fĂ©rence trĂšs visible pour lâĂconomie et la Guerre. La RĂ©publiK a rĂ©coltĂ© 2769 FK et payĂ© 1328 FK Ă ses soldats avant de rĂ©partir le reste entre les ministĂšres avec une gĂ©nĂ©rositĂ© particuliĂšre envers la Recherche. La ConfĂ©dĂ©ration Libre a dĂ©couvert pour sa part cette dĂ©licieuse forme de libertĂ© oĂč les dĂ©penses militaires dĂ©passent les recettes. On peut mentir aux Ă©lecteurs. On peut flatter les souverains. On peut rĂ©diger des communiquĂ©s. Mais Ă minuit les caisses publiques deviennent des chroniqueuses beaucoup plus cruelles que moi. Et voilĂ peut-ĂȘtre la seule conclusion raisonnable Ă tirer de cette journĂ©e. Chacun prĂ©tend dĂ©fendre quelque chose de sacrĂ©. Le Paradigme protĂšge la nature en reconstruisant des bĂątiments que lâon fait sauter. La ConfĂ©dĂ©ration protĂšge la paix en finançant une armĂ©e plus coĂ»teuse que ses impĂŽts. Le Khanat protĂšge la force en envisageant trĂšs sĂ©rieusement de confier son sommet Ă un chat. La RuthvĂ©nie protĂšge lâordre dynastique en dĂ©plaçant ses prisonniers et ses fidĂ©litĂ©s comme des piĂšces sur un Ă©chiquier couvert de velours. LâEmpire Brun protĂšge son avenir en finançant la science pendant quâune mutation nuclĂ©aire frappe LĂ©prosie. La RĂ©publiK protĂšge la raison en Ă©tudiant le citoyen, en renforçant la police et en laissant malgrĂ© tout un candidat essayer de frauder avant de se livrer lui-mĂȘme. Je ne vois dans tout cela aucune incohĂ©rence. Je vois seulement six mĂ©thodes diffĂ©rentes de prouver que jâavais raison de ne faire confiance Ă aucune mĂ©thode. Les intĂ©ressĂ©s peuvent bien entendu venir corriger cette lecture. Karlin pourra expliquer Ă quel moment exact la paix a cessĂ© dâĂȘtre un accord pour devenir une discipline de combat. Patrick DePouch pourra nous dĂ©tailler la proposition remise au RĂ©gent. Aya Ravenloft pourra raconter comment on quitte un gouvernorat en pleine campagne pour entrer au MinistĂšre de lâIntĂ©rieur sans perdre le fil des arrestations. Tormenta Ruthven pourra dĂ©poser une plainte officielle contre la qualitĂ© de son comitĂ© dâaccueil. Noctis pourra confirmer ou nier quâil gouverne dĂ©sormais le Khanat. Pigeon Ronron pourra confirmer ou nier quâil vient prĂ©cisĂ©ment de le confirmer. Tears Velzard pourra nous transmettre le rĂšglement de la soirĂ©e pyjama du Cruisader. Les tĂ©moins anonymes, les souverains vexĂ©s, les prisonniers Ă©loquents et les comptables ayant dĂ©couvert une somme nĂ©gative sont Ă©galement les bienvenus.Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Les chandelles peuvent ĂȘtre soufflĂ©es. Les urnes ont dĂ©jĂ pris suffisamment dâavance. Je vous aurais bien dis de prendre un billet de loterie, mais je crois qu'elle est en grĂ©ve. |
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Radio Nécrotoile a écrit :
Aya Ravenloft pourra raconter comment on quitte un gouvernorat en pleine campagne pour entrer au MinistĂšre de (...)
Radio Nécrotoile a écrit :
J'ai dĂ©missionnĂ© et le rĂ©gent m'a nommĂ©. C'est tout. Les arrestations, c'Ă©tait avant tout ça. C'est linĂ©aire, en fait, les Ă©vĂ©nements ne sont pas vraiment en mĂȘme temps. J'allais ĂȘtre Ă©lu ailleurs, alors autant aider. Je ne pouvais pas prĂ©dire qu'un truc allait coincer je ne sais pas oĂč et bloquer la moitiĂ© des Ă©lections du cybermonde. |
01/09 (01:42) | Aya Ravenloft | |
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Fin d'Aout, 1 Septembre 6662026
[spoiler]Il y a des journĂ©es oĂč le Cybermonde (...)
![]() Fin d'Aout, 1 Septembre 6662026 Spoiler Il y a des journĂ©es oĂč le Cybermonde donne lâimpression dâĂȘtre gouvernĂ© par des hommes et des femmes raisonnables qui se lĂšvent avec lâintention honnĂȘte dâadministrer leurs provinces sans provoquer dâincident diplomatique avant le dĂ©jeuner. Ces journĂ©es sont extrĂȘmement rares et je suis heureuse de vous annoncer que nous venons encore dâen Ă©viter une. Installez-vous confortablement. Faites servir quelque chose de sombre dans un verre dont vous ignorez lâorigine. Radio NĂ©crotoile a passĂ© la journĂ©e Ă regarder les gouvernements se renouveler, les tribunaux changer de propriĂ©taires, les arbres attaquer lâurbanisme, les pirates collectiviser les ocĂ©ans, les chats dĂ©clarer des guerres territoriales et la RĂ©publiK dĂ©couvrir une forme de suffrage oĂč lâon peut ĂȘtre Ă©lu avec exactement zĂ©ro personne convaincue. Jâai longtemps cru que lâHistoire exigeait des batailles dĂ©cisives, des traitĂ©s solennels et quelques cadavres Ă©lĂ©gamment disposĂ©s sur les marches dâun palais. Je reconnais aujourdâhui mon erreur. LâHistoire peut parfaitement ĂȘtre Ă©crite par un bulletin Ă©lectoral vide Ă six heures cinquante-six du matin. Commençons naturellement par la RĂ©publiK de Kraland puisque lorsquâun pays dĂ©cide dâorganiser des Ă©lections libres tout en expliquant simultanĂ©ment Ă ses citoyens comment voter correctement il serait inconvenant de ne pas saluer lâeffort pĂ©dagogique. Jean Prendnote remporte le gouvernement de Kraland avec vingt-neuf voix contre treize pour Alex KidoWski. VoilĂ qui aurait pu constituer une Ă©lection banalement acceptable et donc parfaitement indigne de cette antenne. Heureusement Jean Prendnote avait auparavant suffisamment doutĂ© de la victoire du Bonheur pour tenter quelques moyens quâil qualifie lui-mĂȘme de dĂ©tournĂ©s. AprĂšs son Ă©lection il demande presque une enquĂȘte sur sa propre honnĂȘtetĂ© tout en expliquant quâil ne tiendra pas rigueur Ă Alex KidoWski de lâavoir condamnĂ© pour fraude. Câest une conception admirable de la transparence kralandaise. Le gouverneur affirme essentiellement quâil a peut-ĂȘtre essayĂ© dâaider la dĂ©mocratie Ă trouver son chemin mais que puisque la dĂ©mocratie est finalement arrivĂ©e Ă destination il serait mesquin de lui demander quel vĂ©hicule elle a empruntĂ©. Alex KidoWski avait pourtant pris la question trĂšs au sĂ©rieux. Procureur Ă neuf heures dix-sept il inflige quatre cents FK dâamende Ă Jean Prendnote avec cette profondeur juridique qui caractĂ©rise les grands siĂšcles du droit kralandais puisque son jugement tient dans lâidĂ©e que la fraude est laide. Ă vingt heures huit il nâest dĂ©jĂ plus procureur. Ă vingt-trois heures douze il se retrouve en combat contre Sophos. Deux minutes plus tard Sophos le livre personnellement en prison. Entre les deux Radio NĂ©crotoile a appris lâexistence dâun scandale considĂ©rablement plus grave que toutes les irrĂ©gularitĂ©s Ă©lectorales imaginables puisque des morceaux de papier portant le nom dâAlex auraient Ă©tĂ© aperçus alors quâaucun dâentre eux ne portait celui de Sophos. Une autoritĂ© judiciaire dâune impartialitĂ© remarquable dont je tairai le nom par modestie a immĂ©diatement identifiĂ© le risque dâun vaste trafic de faux bulletins. Je ne commenterai Ă©videmment pas lâaction dâune ministre exceptionnellement compĂ©tente qui se trouve par une extraordinaire coĂŻncidence avoir mon nom. Je me contenterai dâobserver quâun bulletin Ă©lectoral ne comportant pas le nom du candidat correct pose effectivement un problĂšme conceptuel auquel les constitutions anciennes nâavaient pas pensĂ©. Sophos a dâailleurs consacrĂ© une partie de son discours Ă prĂ©senter ce scrutin comme les premiĂšres Ă©lections libres de la RĂ©publiK. Les citoyens auront donc le privilĂšge historique de choisir entre la ligne politique de Sophos et celle de KidoWski. Les esprits malveillants pourraient objecter quâune dĂ©mocratie proposant deux lignes du mĂȘme Parti ressemble lĂ©gĂšrement Ă un restaurant oĂč lâon vous laisse librement choisir entre la soupe du chef et la mĂȘme soupe accompagnĂ©e dâune dĂ©nonciation administrative. Ces esprits comprennent mal la subtilitĂ© kralandaise. La libertĂ© nâest pas de choisir nâimporte quoi. La libertĂ© consiste Ă disposer de suffisamment dâoptions pour comprendre soi-mĂȘme laquelle Ă©tait la bonne. Sophos promet Transparence, DĂ©mokratisation et Communion Nationale tandis quâAlex reprĂ©sente dĂ©sormais la ligne kikritik. Je crois que les historiens du futur apprĂ©cieront particuliĂšrement cette pĂ©riode oĂč une idĂ©ologie politique complĂšte pouvait tenir dans une faute dâorthographe suffisamment rĂ©pĂ©tĂ©e pour devenir constitutionnelle.Mais avant de quitter la RĂ©publiK je voudrais attirer votre attention sur le vĂ©ritable enjeu de cette campagne. Les moutons. Sophos accuse Alex KidoWski de tuer les moutons tĂ©lĂ©pathes servant de rĂ©cepteurs au rĂ©seau RTS. Cette phrase aurait autrefois suffi Ă provoquer la chute dâun gouvernement. Elle constitue aujourdâhui un simple paragraphe entre la construction dâun panthĂ©on brutaliste et la future Communion Nationale. Jâadmire cette capacitĂ© kralandaise Ă faire entrer simultanĂ©ment dans un projet de civilisation le bĂ©ton armĂ©, la tĂ©lĂ©pathie ovine et la dĂ©mocratie populaire. Nous avions jusquâici la radio. Kraland nous offre dĂ©sormais le mouton dâĂtat. Jâattends avec impatience la premiĂšre crise diplomatique provoquĂ©e par un agneau ayant mal captĂ© le discours du Premier Ministre.VoilĂ qui nous conduit naturellement au GĂ©ofront oĂč la question de lâindĂ©pendance connaĂźt elle aussi une Ă©volution remarquable. Ninoo Chantargent devient gouverneure avec zĂ©ro voix. ZĂ©ro. Pas une voix exprimĂ©e. La RĂ©publique de Kraland avait dĂ©jĂ beaucoup fait pour lâhistoire Ă©lectorale mais le GĂ©ofront vient dâapporter une contribution thĂ©orique majeure. Jusquâici les politologues pensaient quâune victoire supposait lâexistence minimale dâun Ă©lecteur. Ils Ă©taient simplement prisonniers dâune conception matĂ©rialiste du suffrage. Ninoo a obtenu lâunanimitĂ© parfaite de tous ceux qui ont votĂ© pour elle puisquâaucune personne nâa eu lâinĂ©lĂ©gance de voter contre. Câest mathĂ©matiquement irrĂ©prochable et spirituellement magnifique. Elle-mĂȘme cĂ©lĂšbre ce plĂ©biscite de zĂ©ro voix puis annonce que sa mission touche Ă son terme et que le Cruisader devrait bientĂŽt voguer vers Kraland.Le Cruisader justement mĂ©rite que nous nous y installions un instant parce quâun navire cesse dâĂȘtre un moyen de transport lorsquâon commence Ă y organiser des soirĂ©es pyjama, des manifestations politiques et une procĂ©dure de recrutement pour devenir la mouette officielle qui suit le bateau. Kâ Velzard a prĂ©sentĂ© lâĂ©quipage temporaire oĂč Tears Velzard est capitaine, Ninoo Chantargent seconde, Kath Khanova navigatrice, Shiki Chantargent machiniste, Meg la Polymorphe figure de proue, SĆur Shoshana von Zyklon aumĂŽniĂšre, Darth Leo vigie, Golgoth LandraĂ«l II matelot et Usurpato radio. Il reste des postes de canonniĂšre, de cartographe et donc de mouette. Tout grand projet politique devrait comporter une fonction de mouette. Cela obligerait les ambitieux Ă prĂ©ciser dĂšs le dĂ©part jusquâoĂč ils sont disposĂ©s Ă aller.La doctrine du navire est tout aussi limpide. Il sâagit de libĂ©rer le GĂ©ofront du joug de son indĂ©pendance pour lui offrir le bonheur de la piraterie administrative puis de collectiviser les navires marchands et dâinstaller une RĂ©publiK dans chaque port. Le concept de libĂ©ration par suppression de lâindĂ©pendance pourrait sembler contradictoire Ă des populations moins avancĂ©es. Au Cruisader il suffit de mettre une soirĂ©e pyjama derriĂšre et tout retrouve immĂ©diatement sa cohĂ©rence. Golgoth LandraĂ«l II fait courir les passagers autour du pont en chantant que lâindĂ©pendance nâest pas bien. Shiki Chantargent cherche dĂ©sespĂ©rĂ©ment un nom dâĂ©quipage en proposant les SirĂšnes-Dragons, les Dragonnes Rouges, les Dragojamas et les Pyjragons. Tears Velzard finit par proposer quelque chose qui ressemble davantage au titre complet dâun ministĂšre aprĂšs une explosion de machine Ă Ă©crire quâau nom dâun Ă©quipage. Les Hyper Ultra Mega Pirates Slavones Dracotechnologiques de la Giga ThĂ©olographie IntrascĂšque du Cirque Pirate. Elle reconnaĂźt elle-mĂȘme quâil y a deux fois le mot pirate mais câest prĂ©cisĂ©ment afin que personne ne puisse mal comprendre.Le plus fascinant reste que pendant cette transformation du Cruisader en congrĂšs naval rĂ©publikain Golgoth trouve encore le temps de dĂ©fendre ZĂ©phiria sur le front dâAccalmie parce que Shiki lui a expliquĂ© que des gens pas sympathiques lâembĂȘtaient. Golgoth prend donc position au nom du gouvernement de la ConfĂ©dĂ©ration Libre en promettant dâaider sa copine puisque la ConfĂ©dĂ©ration promeut la paix et quâil serait tout de mĂȘme regrettable que ses copines soient tristes. Les grands traitĂ©s diplomatiques ont longtemps Ă©tĂ© rĂ©digĂ©s sur du parchemin. Nous assistons peut-ĂȘtre Ă lâavĂšnement dâune Ă©cole nouvelle oĂč les alliances militaires seront dĂ©terminĂ©es par lâexistence prĂ©alable dâune copine contrariĂ©e. Je me garderai de critiquer cette mĂ©thode. Elle demeure plus comprĂ©hensible que plusieurs doctrines officielles actuellement en circulation.Quittons un moment le bateau et regardons vers la ForĂȘt de Jade et lâIrendol oĂč la dĂ©mocratie a cessĂ© dâĂȘtre un principe politique pour devenir un sport de contact. Roger St Misles gagne le gouvernement de la ForĂȘt de Jade avec trente-neuf voix devant GŃĂžbatchev qui en recueille trente-trois et La FĂ©e Du bien onze. Roger lui-mĂȘme semble ĂȘtre lâun des hommes les plus surpris par cette victoire puisquâil reconnaĂźt sâĂȘtre prĂ©sentĂ© presque par hasard et avoir prĂ©vu de quitter la province. Il revient donc en courant pour annoncer quâon lâaime et promet un paradis conclu par un majestueux BISOUÂČ. Jâai beaucoup de respect pour un gouverneur capable de dĂ©couvrir son programme aprĂšs son Ă©lection. Cela Ă©vite les dĂ©ceptions liĂ©es aux promesses non tenues puisquâelles nâexistaient pas encore.Ă Irendol lâexpĂ©rience va plus loin. Bladimir Bladimirovitch Mutin devient gouverneur avec zĂ©ro voix tandis quâau Grand Jardin il devient Ă©galement bourgmestre avec zĂ©ro voix. Il possĂšde donc cette qualitĂ© rarissime dâavoir reçu deux mandats sans avoir Ă supporter le poids moral dâun Ă©lecteur rĂ©el. Cela ne lâempĂȘche pas de publier son manifeste sur lâĂ©co-terrorisme intĂ©rieur en cĂ©lĂ©brant une victoire contre ce quâil prĂ©sente comme le consensus mou du Paradigme. GŃĂžbatchev lui rĂ©pond plus tard quâun homme souhaitant ĂȘtre sĂ»r de son coup devrait planter des navets plutĂŽt que fomenter des putschs et des attentats contre les infrastructures de sa propre province. La fĂ©e Tide choisit Ă©galement le terrain agricole pour conseiller Ă Bladimir les navets bio avant de suggĂ©rer quâil construise des infrastructures. Tout cela serait dĂ©jĂ dĂ©licieux si le Grand Jardin nâavait pas justement connu le matin mĂȘme un rĂ©veil spectaculaire de la nature oĂč des arbres ont Ă©ventrĂ© les rues et oĂč une racine a contribuĂ© Ă lâeffondrement dâun hĂŽtel de ville construit dans lâurgence. Dans nâimporte quel autre pays cela serait un problĂšme de gĂ©nie civil. Au Paradigme Vert cela ressemble presque Ă une motion de censure botanique.La justice locale ne pouvait Ă©videmment pas rester Ă lâĂ©cart de cette splendeur. Booker obtient divers postes avant de tenter dâuriner sur la future statue du bourgmestre et perd aussitĂŽt sa fonction de procureur pour vandalisme. Câest une carriĂšre judiciaire courte mais admirablement complĂšte. Pendant ce temps bob le kasque blue devient procureur en ForĂȘt de Jade aprĂšs recommandation de Kether Dei Machiavelli puis lance quatre avis de recherche contre Seraphiel Ravenloft au sujet des Gravures dâHĂ©lĂšne Nipournicontre. Peu aprĂšs il vise Saphir Ravenmaid pour avoir gĂȘnĂ© une enquĂȘte. Cette fois le mĂ©canisme fonctionne parfaitement puisque Saphir perd rĂ©ellement son poste de bourgmestre Ă dix-neuf heures cinquante-deux. Vingt et une minutes plus tard la nouvelle ministre de la Justice Ubayashi Hayako annule les poursuites et Saphir utilise ses prĂ©rogatives diplomatiques pour redevenir bourgmestre. JâespĂšre que vous mesurez la beautĂ© de lâinstitution. La bureaucratie nâest plus seulement un instrument du pouvoir. Elle est devenue une marĂ©e. Elle emporte les fonctions puis les ramĂšne sur la plage un peu plus tard avec quelques algues administratives accrochĂ©es dessus. Solas avait donc peut-ĂȘtre raison de demander au Tribunal Cybermondial que la bureaucratie soit Ă©tudiĂ©e comme arme de destruction massive. Jâavais dâabord trouvĂ© la proposition excessive. Je retire cette rĂ©serve. Lorsquâune personne peut perdre une mairie Ă dix-neuf heures cinquante-deux et la retrouver Ă vingt heures treize parce que deux administrations viennent de se contredire avec suffisamment dâautoritĂ© pour que chacune ait raison pendant vingt minutes nous ne sommes plus dans le domaine de la paperasse. Nous sommes devant une force naturelle.Restons au Paradigme encore un instant puisque Aya Ravenloft conserve Accalmie avec cent pour cent des voix et bĂ©nĂ©ficie dans la soirĂ©e des soutiens rĂ©pĂ©tĂ©s de Ruby Ravenmaid, La fĂ©e Tide et Karlin. VoilĂ une raretĂ© presque inquiĂ©tante. Une responsable politique soutenue officiellement dans une province oĂč les postes changent de mains avec la stabilitĂ© dâune chaise lors dâun bal de prison. Je surveillerais cela avec prudence. La stabilitĂ© prolongĂ©e est souvent le premier symptĂŽme de quelque chose de grave.Pendant que le Paradigme se bat avec ses arbres et ses formulaires le Khanat ElmĂ©rien revient Ă des institutions plus anciennes et donc infiniment plus simples. On nomme quelquâun puis on encourage les autres Ă le frapper. Pigeon Ronron confie ainsi la direction du ComitĂ© Olympique Ă Guyo Oulane prĂ©cisĂ©ment parce que celui-ci nâa pas encore de plan. Le Grand Khan considĂšre que cette absence de projet constitue en elle-mĂȘme un plan trĂšs elmĂ©rien. Guyo nâappartenant Ă aucun clan Pigeon invite ensuite la population Ă le taper jusquâĂ ce quâil en trouve un. Jâai essayĂ© de trouver une critique institutionnelle Ă formuler mais je dois reconnaĂźtre une certaine Ă©lĂ©gance Ă ce systĂšme. Les autres nations organisent des commissions pour intĂ©grer leurs fonctionnaires. LâElmĂ©rie fournit directement la motivation physique. Alice Ravenloft devient quant Ă elle Ministre de lâInformation aprĂšs avoir quittĂ© la police Ă lâappel du Grand Khan. Pigeon Ronron explique quâil nâest pas dâaccord avec plusieurs de ses positions mais quâelle les porte avec conviction et quâun Khanat digne de ce nom doit ĂȘtre capable de se taper dessus. Câest probablement la dĂ©finition la plus honnĂȘte dâun pluralisme politique que nous ayons entendue aujourdâhui. Pendant ce temps Noctis ouvre un nouveau dossier territorial du cĂŽtĂ© dâIgloo en dĂ©fiant Odessa Stone au nom du Klan du Miaou. Son projet consiste Ă transformer Igloo en immense arbre Ă chat pour y faire des siestes et ses griffes sur les bĂątiments. Odessa occupant selon lui un emplacement stratĂ©gique destinĂ© au futur arbre Ă chat elle devient mĂ©caniquement un obstacle opĂ©rationnel. Ă cet instant prĂ©cis jâai Ă©prouvĂ© quelque chose ressemblant Ă de lâadmiration. Les grandes puissances inventent habituellement des doctrines historiques, des revendications ancestrales et des cartes compliquĂ©es pour justifier leurs ambitions territoriales. Noctis veut simplement un arbre Ă chat et considĂšre que le reste relĂšve de la logistique. Le monde gagnerait beaucoup de temps si toutes les guerres commençaient par une telle franchise.Le Khanat trouve toutefois le moyen de produire sa propre affaire financiĂšre lorsque Sakura Tiwanaku, alors Ministre de lâĂconomie, distribue successivement plusieurs milliers de ĂE Ă diffĂ©rents ministĂšres puis tente peu aprĂšs de dĂ©tourner de lâargent de son budget. Elle est repĂ©rĂ©e, perd son poste puis se livre aux autoritĂ©s avant de partir en longues vacances. VoilĂ une sĂ©quence qui possĂšde la grĂące dâune tragĂ©die antique jouĂ©e par un comptable pressĂ©. Je ne prĂ©tendrai pas comprendre pourquoi quelquâun commence par alimenter gĂ©nĂ©reusement presque toutes les caisses avant de se faire attraper en essayant dâen dĂ©tourner une. Peut-ĂȘtre est-ce lĂ encore une manifestation du Chaos elmĂ©rien. Peut-ĂȘtre voulait-elle simplement vĂ©rifier que lâargent fonctionnait dans les deux sens.Du cĂŽtĂ© ruthvĂšne la journĂ©e possĂšde un parfum complĂštement diffĂ©rent. LĂ oĂč le Khanat frappe ses nouveaux responsables pour les intĂ©grer le Royaume prĂ©fĂšre les allĂ©geances. DameDĂ©merzel reçoit celles de BohĂ© dâUmont, Sysson, ArmiñoMoon, Koshka, Ămile Liarr, La Magicienne, Mench0 et dâautres encore. Toute la noblesse semble avoir passĂ© la journĂ©e Ă vĂ©rifier quâelle possĂ©dait toujours un genou avant de le poser devant la Couronne. BohĂ© cĂ©lĂšbre son accession au duchĂ© de RuthvĂ©nie en proclamant vouloir faire du cĆur du Royaume lâendroit le plus stylĂ© du Cybermonde avant de sâagripper trĂšs fermement Ă la jarretiĂšre de la Reine. Ce dĂ©tail est prĂ©cieux parce quâil rĂ©sume admirablement la monarchie ruthvĂšne. Le rĂ©gime possĂšde une couronne, des serments, des lignĂ©es et apparemment une importante politique textile. Koshka effectue son allĂ©geance avec davantage de pragmatisme puisquâelle reconnaĂźt que la Reine lui avait demandĂ© son soutien dĂšs le matin et quâĂ seize heures elle espĂšre ĂȘtre encore suffisamment dans les temps pour ne pas passer pour une vilaine rebelle. Elle regrette presque dâavoir quittĂ© Kraland oĂč ce genre de problĂšme nâexiste pas. Je la comprends. En RĂ©publiK on ne demande pas au citoyen de renouveler son allĂ©geance personnelle Ă une souveraine. On se contente de lui expliquer prĂ©cisĂ©ment pour qui voter puis de lâarrĂȘter si le papier ne correspond pas.Aux KaraĂŻbes Cyphia hĂ©rite du gouvernement avec une voix et tente quelque chose dâaudacieux pour cette rĂ©gion du monde. Elle propose dâĂ©couter les habitants. Je demande aux auditeurs de ne pas paniquer. Rien nâindique encore que cette pratique se rĂ©pandra. Cyphia reconnaĂźt les contradictions administratives ayant entourĂ© sa fonction puis affirme vouloir privilĂ©gier la stabilitĂ© et le dialogue tout en laissant lâavenir des KaraĂŻbes aux personnes qui y vivent. Elle invite mĂȘme les habitants Ă lui Ă©crire avec leurs projets et leurs problĂšmes. Palakoin la soutient avec le degrĂ© de sophistication diplomatique attendu de lui et reçoit en retour une proposition pour lâintendance sâil accepte simplement de faire « koin ». Pendant ce temps Ronald Pompe fĂ©licite la nouvelle Duchesse et met son entreprise Ă disposition pour tout projet disposant de marges supĂ©rieures Ă trente pour cent ou impliquant du pĂ©trole. La monarchie possĂšde parfois cette facultĂ© rare de faire cohabiter dans le mĂȘme salon lâautodĂ©termination provinciale et un homme qui mesure la vertu civique en rendement net.Ă ValĂ©gro lâor sort de terre et lâaristocratie fĂȘte lâanniversaire de PrĂ©cieuse Liarr. Ămile Liarr fait prĂ©parer le Domaine des Rois puis annonce simultanĂ©ment la fĂȘte de la pĂ©pite, des lĂ©gumes et de PrĂ©cieuse parce quâaucune cĂ©lĂ©bration ne devrait ĂȘtre contrainte de choisir entre lâaffection conjugale et lâagriculture. Nicolavitch trouve un gros filon dâor puis devient Capitaine. Korail encourage la production et raconte ensuite une histoire terrifiante oĂč Magmor rĂŽde sous les champs avec des tentacules de chair et de mĂ©tal. Il y a dans cette province quelque chose dâadmirablement ruthvĂšne. On commence par exploiter un gisement dâor puis on organise une fĂȘte puis on Ă©teint les lanternes afin de raconter aux invitĂ©s quâune horreur polymorphe pourrait dissoudre leur rĂ©alitĂ© sur le chemin du retour. MĂȘme les anniversaires semblent rĂ©digĂ©s par un dramaturge payĂ© Ă la chandelle.VoilĂ qui nous amĂšne presque naturellement Ă lâEmpire Brun oĂč lâon ne fĂȘte pas seulement lâavenir. On lui vend des billets. Ă Mystisie Silas des Sables annonce que tout est prĂȘt pour la mine dâor puis transforme Abandon en destination touristique dĂ©moniaque dont lâinauguration aura lieu le cinq septembre. Pactes, produits dĂ©moniques, ascension de lâAntre de Naar et commerce dâossements permettront aux visiteurs de dĂ©couvrir la rĂ©gion dans les meilleures conditions possibles. Je tiens Ă reconnaĂźtre ici une supĂ©rioritĂ© incontestable de lâEmpire Brun en matiĂšre touristique. Ailleurs on vous promet des plages. Ă Abandon on vous propose de signer un pacte avec des dĂ©mons puis de connaĂźtre votre avenir. Câest probablement la seule destination oĂč une mauvaise critique sur lâauberge peut devenir juridiquement transmissible Ă vos descendants. Silas semble dâailleurs parfaitement Ă son aise dans cette renaissance. Il retire Lyanna de Nansay de lâintendance puis quelques minutes plus tard Lyanna accĂ©lĂšre la production pĂ©troliĂšre en annonçant simplement quâelle prĂ©fĂšre le pĂ©trole. Jâadmire cette continuitĂ© idĂ©ologique. On peut perdre son bureau mais pas son hydrocarbure. Ă LĂ©prosie un accident nuclĂ©aire offre pendant ce temps des sourcils dĂ©mesurĂ©s aux habitants irradiĂ©s. VoilĂ lâEmpire Brun tel quâil doit ĂȘtre. Une province transforme la damnation en tourisme pendant quâune autre transforme la radioactivitĂ© en pilositĂ© faciale. Aucun conseiller en communication nâaurait osĂ© proposer une identitĂ© nationale aussi cohĂ©rente.En Sicilia NOROGURA JĂ»zĂŽ tente plus modestement dâachever lâexploitation minĂ©rale en dirigeant une carriĂšre tout en reconnaissant que le train des emmerdes lui roule dessus depuis un moment. Câest peut-ĂȘtre le discours administratif le plus honnĂȘte de la journĂ©e. Je proposerais volontiers quâil soit gravĂ© Ă lâentrĂ©e de tous les ministĂšres du Cybermonde. Il rĂ©sume davantage lâaction publique que plusieurs constitutions.Et puisque nous parlons dâinstitutions revenons une derniĂšre fois Ă Kraland oĂč la journĂ©e nous a offert un homme affirmant ĂȘtre quelquâun dâautre avec suffisamment dâassurance pour que la question devienne presque philosophique. Dop L. Ganger sâest prĂ©sentĂ© devant le Quartier SuprĂȘme sous lâapparence et le nom de Virgile, Dux dâAdamastor, ancien monument supposĂ© de la Glorieuse dont le portrait devrait selon lui inspirer les amants et dĂ©cevoir les criminels. Il appelle les citoyens Ă suivre Alex KidoWski parce quâAlex possĂšde dĂ©jĂ des voix et quâil en dĂ©duit naturellement quâil doit ĂȘtre le choix du Parti. VoilĂ une dĂ©monstration politique dâune beautĂ© parfaite. Le Parti choisit celui qui possĂšde dĂ©jĂ des voix parce que ses voix prouvent quâil est choisi par le Parti. Les philosophes appellent parfois cela un raisonnement circulaire. Kraland appelle cela une Ă©lection.Je connais un peu lâhomme dont Dop porte le visage et je me contenterai de dire que lâimitation est impressionnante. La voix, la posture, la grandiloquence et mĂȘme cette capacitĂ© Ă considĂ©rer son propre ego comme un service public sont remarquablement travaillĂ©es. Il manque seulement quelque chose que les fiches administratives mesurent assez mal. Mais lâintĂ©ressĂ© aura probablement bientĂŽt lâoccasion dâexpliquer lui-mĂȘme pourquoi il se promĂšne avec cette apparence. NĂ©crotoile possĂšde une chaise libre et une excellente cave. Les personnes qui souhaitent se faire passer pour des membres de ma famille bĂ©nĂ©ficient naturellement dâun accueil particulier. Avant de refermer les archives je voudrais toutefois revenir sur un dĂ©tail qui rĂ©sume probablement mieux cette journĂ©e que toutes les Ă©lections, toutes les nominations et tous les discours. Ă six heures cinquante-six la Loterie Cybermondiale annonce avoir vendu trois cent soixante et un billets et empochĂ© huit mille cent vingt-trois PO dont un montant Ă©quivalent est versĂ© aux institutions internationales. Pendant ce temps Ninoo Chantargent devient gouverneure avec zĂ©ro voix, Bladimir Bladimirovitch Mutin obtient Irendol avec zĂ©ro voix, fRAN9OIS6aNDR2 sT mISLES obtient Capsulie avec zĂ©ro voix, Hanako Ainozomi gagne Sanctuaire avec zĂ©ro voix, Cassandre Lemage Garinali gagne Garinaville avec zĂ©ro voix et Gontrand Stone obtient CAPS LOCK avec zĂ©ro voix. Il existe donc actuellement davantage de citoyens disposĂ©s Ă acheter un billet de loterie quâĂ voter pour plusieurs de leurs gouvernants. Certains y verront une crise dĂ©mocratique. Moi jây vois la preuve que le Cybermonde comprend parfaitement les probabilitĂ©s. Ă la loterie on risque de perdre son argent. En politique on peut gagner sans mĂȘme participer.VoilĂ pourquoi je reste optimiste. Les rĂ©gimes changent. Les couronnes passent dâune tĂȘte Ă lâautre. Les gouverneurs disparaissent puis reviennent. Les procureurs deviennent vandales. Les pirates libĂšrent les provinces de leur indĂ©pendance. Les arbres renversent les hĂŽtels de ville. Les ministres poursuivent leurs adversaires pour trafic de papier incorrectement imprimĂ©. Les dĂ©mons ouvrent des offices de tourisme. Les chats rĂ©clament des villes afin dây construire des arbres Ă sieste. Et quelque part au milieu de tout cela quelquâun continue certainement Ă affirmer que la situation est sous contrĂŽle. Cette personne est invitĂ©e Ă venir lâexpliquer au micro. Les gouverneurs Ă©lus par personne peuvent venir dĂ©fendre la profondeur de leur mandat. Alex KidoWski peut venir expliquer pourquoi des bulletins portant son nom circulent avec une telle insolence. Sophos peut venir prĂ©ciser combien de moutons tĂ©lĂ©pathes sont nĂ©cessaires au fonctionnement optimal du RTS. Bladimir Bladimirovitch Mutin peut venir parler de navets. Roger St Misles peut expliquer comment on dĂ©couvre quâon voulait gouverner aprĂšs avoir gagnĂ©. Pigeon Ronron peut dĂ©tailler le nombre rĂ©glementaire de coups nĂ©cessaires Ă lâintĂ©gration dâun responsable sans clan. Cyphia peut venir exposer cette idĂ©e audacieuse consistant Ă demander leur avis aux habitants. Silas des Sables peut Ă©galement nous garantir que les pactes touristiques dâAbandon possĂšdent une politique raisonnable de remboursement en cas de damnation anticipĂ©e.Les tĂ©moins prudents, les responsables imprudents et les citoyens ayant dĂ©couvert ce soir quâils figuraient dans mes archives savent oĂč trouver Radio NĂ©crotoile. Je suis Kleo. |
01/09 (03:01) | Kleo | |
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Aout 6662026
[spoiler] LE MOIS OĂ TOUT LE MONDE VOULUT LA PAIX Ă CONDITION DE (...)
![]() Aout 6662026 Spoiler LE MOIS OĂ TOUT LE MONDE VOULUT LA PAIX Ă CONDITION DE CHOISIR LUI-MĂME CE QUâELLE SIGNIFIAITLa derniĂšre chandelle dâaoĂ»t brĂ»le devant moi avec cette obstination particuliĂšre des choses qui savent quâon attend leur mort pour fermer un dossier. Autour du microphone les feuilles se sont accumulĂ©es au point que je ne distingue plus le bois du bureau et quelque part dessous se trouve probablement une tasse que je considĂ©rais comme perdue depuis la premiĂšre crise du ValĂ©gro. Trente et un jours. Plusieurs souverains. Quelques guerres. Beaucoup de paix. Une quantitĂ© offensante de paix mĂȘme. Jamais je nâavais entendu autant de gens prononcer ce mot tout en dĂ©plaçant autant de soldats. Il faut reconnaĂźtre au Cybermonde une qualitĂ© remarquable. Lorsquâune idĂ©e devient populaire il ne lâadopte jamais Ă moitiĂ©. En aoĂ»t la paix fut donc proposĂ©e, nĂ©gociĂ©e, garantie, surveillĂ©e, tarifĂ©e, dĂ©militarisĂ©e, armĂ©e, traversĂ©e de pĂ©ages, protĂ©gĂ©e par des Casques Bleus puis suffisamment discutĂ©e pour que plusieurs personnes envisagent sĂ©rieusement de se battre afin de dĂ©terminer qui avait le droit de la dĂ©finir. Je suis Kleo pour Radio NĂ©crotoile et ce soir nous nâallons pas refaire aoĂ»t jour aprĂšs jour. Les calendriers sont trĂšs utiles aux percepteurs et aux condamnĂ©s. LâHistoire mĂ©rite mieux. Au dĂ©but du mois le ValĂ©gro constituait encore cette vieille assiette de famille que Kraland et RuthvĂ©nie se transmettaient en expliquant chacun que lâautre lâavait fĂȘlĂ©e. Puis Michel DruKra accomplit quelque chose dâassez rare pour mĂ©riter dâĂȘtre rappelĂ© un mois entier plus tard. Il cĂ©da rĂ©ellement la province au Royaume conformĂ©ment aux engagements pris et accepta presque aussitĂŽt une alliance avec RuthvĂ©nie. AprĂšs les manifestations, les rivalitĂ©s et les accusations, une querelle territoriale suffisamment ancienne pour avoir dĂ©veloppĂ© sa propre vĂ©gĂ©tation politique se termina essentiellement parce que quelquâun accepta de tenir parole. CâĂ©tait presque dĂ©cevant. Radio NĂ©crotoile sâĂ©tait prĂ©parĂ©e Ă plusieurs semaines de siĂšges, de statues renversĂ©es et dâexplications historiques incompatibles. Nous avons obtenu un traitĂ©. Le ValĂ©gro passa au Royaume et devint progressivement moins une frontiĂšre Ă conquĂ©rir quâun lieu oĂč lâon pouvait Ă nouveau extraire de lâor, cĂ©lĂ©brer des anniversaires, tomber sous des enclumes et discuter de fiscalitĂ© comme des gens civilisĂ©s. Plus tard Ămile Liarr y ferait danser la noblesse, PrĂ©cieuse Liarr y recevrait ses invitĂ©s, Nicolavitch y trouverait de lâor et Ă la fin du mois ThĂ©o Thumb expliquerait avec une profondeur Ă©conomique irrĂ©prochable quâil Ă©tait lâor de donner de lâor au ValĂ©gro. Il existe des provinces qui survivent Ă lâHistoire. Le ValĂ©gro a prĂ©fĂ©rĂ© lui organiser une rĂ©ception. La RuthvĂ©nie elle-mĂȘme passa aoĂ»t Ă dĂ©montrer quâune monarchie nâa nul besoin dâĂȘtre immobile pour ĂȘtre traditionnelle. La Couronne changea de tĂȘte tandis que les allĂ©geances continuaient de pleuvoir avec cette admirable conviction aristocratique selon laquelle un rĂ©gime reste parfaitement stable tant quâil existe encore quelquâun devant qui poser un genou. Golgoth Ruthven revint au trĂŽne au milieu des contestations puis Korail incarna Ă son tour la monarchie avant que le mois ne sâachĂšve sous DameDĂ©merzel entourĂ©e de renouvellements dâallĂ©geance provenant notamment de Sysson, ArmiñoMoon, Koshka, Ămile Liarr, Mench0, La Magicienne et dâune noblesse qui semble considĂ©rer le serment fĂ©odal comme une opĂ©ration nĂ©cessitant des rappels pĂ©riodiques. Il serait facile de rire de ces changements. Ce serait mĂȘme trĂšs agrĂ©able. Pourtant la RuthvĂ©nie termina aoĂ»t dans un Ă©tat infiniment moins prĂ©caire quâelle ne lâavait commencĂ©. Le ValĂ©gro Ă©tait rentrĂ© dans son giron, la guerre avec le Khanat avait trouvĂ© un traitĂ©, les KaraĂŻbes avaient confiĂ© leur gouvernement Ă Cyphia et la monarchie pouvait de nouveau se consacrer aux vĂ©ritables responsabilitĂ©s dâun grand Royaume comme construire une salle de bal suffisamment somptueuse pour justifier Ă©conomiquement lâexistence des paysans.Car la grande paix ruthvĂšne du mois ne concerna pas seulement Kraland. RuthvĂ©nie et Khanat avaient commencĂ© aoĂ»t avec suffisamment de rancunes pour fournir du travail Ă plusieurs gĂ©nĂ©rations de diplomates et terminĂšrent par un accord nĂ© de nĂ©gociations oĂč Pigeon Ronron, DameDĂ©merzel, Sir McRabbit, Passe-Muraille, Tifa LockHeart, Big R et une demi-douzaine de personnes possĂ©dant chacune leur propre dĂ©finition de lâhonneur rĂ©ussirent malgrĂ© tout Ă ne pas remettre immĂ©diatement le feu Ă la frontiĂšre. Le traitĂ© survĂ©cut mĂȘme lorsque Big R fit exploser le Crabe DorĂ©. VoilĂ une rĂ©ussite diplomatique plus importante quâelle nâen a lâair. Avant cela une explosion aurait pu devenir une raison de guerre. AprĂšs cela elle devenait un dossier prĂ©vu par les accords. La civilisation ne consiste peut-ĂȘtre pas Ă empĂȘcher les gens de faire sauter les bĂątiments. Elle consiste parfois simplement Ă disposer dâun article expliquant quoi faire lorsquâils recommencent. Le Khanat profita naturellement de cette paix extĂ©rieure pour se souvenir quâil possĂ©dait des problĂšmes intĂ©rieurs. La Bouletie partit vers la ConfĂ©dĂ©ration puis revint vers le Khanat puis manifesta Ă nouveau dans des directions suffisamment variĂ©es pour que les cartographes auraient gagnĂ© du temps en dessinant une roue autour de Youpigrad. Lippos Aliagas, Jeff Bizous, Jean-Michel TrĂšs Normal et les habitants firent dĂ©couvrir au Grand Khan cette petite particularitĂ© des provinces qui consiste Ă dĂ©velopper des opinions lorsquâon les dĂ©place. Passe-Muraille rĂ©clama un Conseil des Khans et reprocha Ă Pigeon Ronron sa gestion tandis que Tinylia CĂ©raty, Tifa LockHeart et dâautres intervenaient dans cette vaste conversation familiale que lâElmĂ©rie appelle politique parce que le mot bagarre institutionnelle serait trop long Ă graver sur les boucliers. Le plus merveilleux est que personne nâa rĂ©ellement cessĂ© dâĂȘtre elmĂ©rien pendant cette querelle. Ils se sont accusĂ©s, dĂ©fiĂ©s, dĂ©placĂ©s, nommĂ©s, destituĂ©s et probablement mordus puis ont continuĂ© Ă parler du Khanat comme dâun peuple uni. Câest peut-ĂȘtre cela une vĂ©ritable identitĂ© nationale. Quand mĂȘme vos guerres civiles ressemblent Ă des rĂ©unions de famille, personne ne peut sĂ©rieusement vous accuser dâavoir oubliĂ© vos traditions.La fin du mois nâa rien arrangĂ© et câest un compliment. Pigeon Ronron a nommĂ© Alice Ravenloft Ministre de lâInformation en expliquant ne pas partager beaucoup de ses positions mais considĂ©rer prĂ©cisĂ©ment quâelle devait ĂȘtre intĂ©grĂ©e au Khanat puisquâelle voulait en devenir lâune des voix. Il nomma Ă©galement Guyo Oulane Ă la tĂȘte du ComitĂ© Olympique parce que Guyo nâavait aucun plan et quâune absence complĂšte de plan lui paraissait constituer un plan trĂšs elmĂ©rien. Puis il encouragea les clans Ă le frapper jusquâĂ ce quâil en trouve un. Noctis choisit quant Ă lui dâouvrir un nouveau chapitre territorial en dĂ©fiant Odessa Stone pour permettre au Klan du Miaou de transformer Igloo en arbre Ă chat gĂ©ant. Beaucoup de nations inventent des revendications historiques sur trois siĂšcles afin de justifier un territoire. Noctis voulait faire ses griffes sur les murs. Je ne dirai pas que son argument est meilleur. Je dirai simplement quâil comporte moins de notes de bas de page. Mais si aoĂ»t devait ne laisser quâun seul grand dossier sur la table celui-ci porterait lâodeur humide de la ForĂȘt de Jade. La ConfĂ©dĂ©ration Libre avait une idĂ©e. Elle voulait une Zone DĂ©militarisĂ©e. Lâexpression Ă©tait douce. Presque mĂ©dicinale. On imaginait une bande tranquille oĂč les fusils se tairaient et oĂč des oiseaux suffisamment neutres viendraient se poser sur les poteaux frontiĂšre. Puis Patrick DePouch commença Ă expliquer le fonctionnement rĂ©el de la chose. Il faudrait des Casques Bleus. Des contrĂŽles. Des visas. Des pĂ©ages. Une ligne de sĂ©paration. Une sĂ©curitĂ© administrĂ©e. Une dĂ©militarisation du Paradigme et Ă mesure que les explications devenaient plus prĂ©cises la zone dĂ©militarisĂ©e se remplissait de militaires avec la rĂ©gularitĂ© dâun verre quâon prĂ©tend vider tout en continuant de verser dedans. Solas rĂ©pondit. Karlin rĂ©pondit. Aya Ravenloft rĂ©pondit. Saphir Ravenmaid rĂ©pondit. Seraphiel Ravenloft rĂ©pondit. La Pacificatrice rĂ©pondit souvent avec une dĂ©finition trĂšs personnelle du mot pacification. Puis Pigeon Ronron entra dans le dĂ©bat et plusieurs autres puissances commencĂšrent Ă regarder le Paradigme avec cette attention particuliĂšre des voisins qui jurent ne vouloir aucun morceau de votre jardin tout en demandant discrĂštement sa superficie.Ă partir de lĂ aoĂ»t se transforma en longue dĂ©monstration du fait quâune frontiĂšre peut devenir plus dangereuse Ă mesure que les gens chargĂ©s de la sĂ©curiser se multiplient. Les Casques Bleus avancĂšrent. Le Paradigme crĂ©a ses propres Casques Bleus. Solas plaça mĂȘme les forces vertes sous cette appellation avec suffisamment dâaplomb pour nous offrir la perspective dâune guerre entre Casques Bleus et Casques Bleus oĂč la premiĂšre difficultĂ© stratĂ©gique aurait probablement Ă©tĂ© de dĂ©terminer lesquels Ă©taient en train dâenvahir lesquels. Patrick DePouch dĂ©fendait la ligne confĂ©dĂ©rĂ©e. Karlin dĂ©nonçait une volontĂ© de mettre son pays sous tutelle. Pigeon Ronron accusait le Paradigme de refuser le dialogue tout en ayant lui-mĂȘme envisagĂ© diverses maniĂšres de rĂ©organiser son territoire. La RuthvĂ©nie observait. LâEmpire Brun observait. Kraland apparaissait dans le paysage. Tout le monde prĂ©tendait empĂȘcher lâescalade et chacun apportait une nouvelle marche. Puis vint le sommet de Karen Vanderbilt et avec lui lâune des scĂšnes diplomatiques les plus pures du mois. Karen avait prĂ©vu une villa, des invitĂ©s, de la nourriture et un espace quâelle considĂ©rait neutre. Karlin considĂ©rait de son cĂŽtĂ© quâun territoire confĂ©dĂ©rĂ© rempli de forces hostiles constituait une dĂ©finition assez crĂ©ative de la neutralitĂ© et ne vint pas. Le sommet pour la paix se dĂ©roula donc avec lâabsence notable de lâun des camps que lâon voulait pacifier. Cela facilita considĂ©rablement certaines discussions. Pigeon Ronron se dĂ©sola de lâabsence de dialogue. Patrick DePouch finit par expliciter une proposition beaucoup plus large que la simple sĂ©curisation dâune frontiĂšre et parla dâune dĂ©militarisation gĂ©nĂ©rale du Paradigme accompagnĂ©e dâune mise sous tutelle suffisamment sĂ©rieuse pour que PrĂ©cieuse Liarr rappelle quâune Zone DĂ©militarisĂ©e et le partage dâun pays entre puissances Ă©trangĂšres constituaient tout de mĂȘme deux idĂ©es diffĂ©rentes. Scarleit demanda ce que les participants voulaient rĂ©ellement. CâĂ©tait une question dangereuse. Les sommets diplomatiques sont souvent beaucoup plus harmonieux tant que personne ne la pose.Et pourtant Karen Vanderbilt obtint quelque chose. Un cessez-le-feu. Modeste, provisoire et incomplet mais rĂ©el. VoilĂ lâironie que je retiendrai. Le mois fut rempli de gens capables de prononcer des discours immenses sur la paix et lâun des gestes les plus utiles vint dâune femme qui rĂ©ussit simplement Ă arracher quelques jours pendant lesquels les camps accepteraient dâessayer de ne pas sâentretuer. Cela paraĂźt petit parce que nous avons pris la mauvaise habitude de mesurer les rĂ©ussites politiques au nombre de drapeaux derriĂšre le pupitre. Quelques jours sans cadavres supplĂ©mentaires sont parfois un monument beaucoup plus difficile Ă construire. Naturellement la ForĂȘt de Jade ne pouvait pas conclure aoĂ»t dans la simplicitĂ©. Les Ă©lections du trente et un donnĂšrent la gouvernance Ă Roger St Misles devant GŃĂžbatchev et La FĂ©e Du bien. Roger lui-mĂȘme sembla dĂ©couvrir avec un Ă©tonnement sincĂšre que les habitants lâavaient effectivement Ă©lu alors quâil avait envisagĂ© de quitter la province. GŃĂžbatchev poursuivit sa grande Ćuvre moustachue contre Bladimir Bladimirovitch Mutin tandis que la justice devenait une forme de théùtre autonome. bob le kasque blue transforma avis de recherche et procĂ©dures en industrie bureaucratique. Saphir Ravenmaid perdit sa mairie Ă cause dâune poursuite puis vit cette poursuite annulĂ©e par Ubayashi Hayako avant de reprendre une fonction municipale ailleurs. Seraphiel Ravenloft accumula les avis judiciaires. Kether Dei Machiavelli publia des communiquĂ©s sur des photographies compromettantes de Aya Ravenloft tandis que Solas demanda presque officiellement que la bureaucratie soit reconnue comme arme de destruction massive. Au dĂ©but du mois la guerre portait sur des frontiĂšres. Ă la fin il suffisait dâun dossier bien tamponnĂ© pour faire tomber un bourgmestre. Cela sâappelle le progrĂšs.Entre ces deux extrĂ©mitĂ©s le Paradigme avait Ă©galement offert au mois sa grande crise institutionnelle sibĂ©rienne. Cassandre Lemage Ruthven avait voulu rĂ©soudre les problĂšmes du pergĂ©lisol en rĂ©chauffant volontairement la SibĂ©ria et dĂ©truit la prison parce quâelle jugeait cruel dây enfermer des gens dans le froid. La police avait ensuite dĂ» expĂ©rimenter une forme de justice reposant beaucoup trop sur le coma. Saphir Ravenmaid, Fawomane Ravenloft, Cassandra, Ubayashi Hayako, La fĂ©e Tide, Damka, Darkinou et plusieurs autres dĂ©placĂšrent ensuite les fonctions avec une telle rapiditĂ© que lâorganigramme cessa de reprĂ©senter une administration pour devenir un test psychologique. Ă un moment une Bourgmestre perdit mĂȘme son poste aprĂšs avoir tentĂ© dâuriner sur la statue du Bourgmestre. Il sâagissait de sa propre fonction. Je mentionne ce dĂ©tail parce quâil serait criminel de laisser aux historiens futurs la possibilitĂ© de croire que nous avions encore peur de lâabsurde Ă cette Ă©poque. Pendant que tout le monde se disputait les forĂȘts le GĂ©ofront accomplissait peut-ĂȘtre le trajet politique le plus spectaculaire du mois. Il commença aoĂ»t en proclamant son indĂ©pendance autour de Darth Leo, Ninoo Chantargent, Shiki Chantargent et dâune population qui dĂ©couvrait lâĂ©trange sensation dâĂȘtre libre tout en devant immĂ©diatement dĂ©terminer qui paierait les infrastructures. LâindĂ©pendance y prit dâabord cette forme exaltante oĂč lâon parle dâidentitĂ©, de religion, de culture et de souverainetĂ©. Puis vinrent les impĂŽts. Câest toujours Ă ce moment quâune rĂ©volution devient adulte. Shiki dut remettre en marche des prĂ©lĂšvements que lâopposition Ă lâancien ordre avait rendus politiquement suspects et les Provinces IndĂ©pendantes commencĂšrent Ă dĂ©couvrir quâun drapeau ne finance pas automatiquement les routes.Ensuite Kraland arriva avec son Bonheur, sa science, ses ministres et cette Ă©tonnante capacitĂ© Ă prĂ©senter la proximitĂ© politique comme une consĂ©quence naturelle de lâarithmĂ©tique. Sophos multiplia les ouvertures. Logan Komikov vint discuter, financer la Recherche et chanter les vertus de la Kontradiction. Sir McRabbit participa lui aussi aux rapprochements. Les dĂ©bats sur un protectorat devinrent des dĂ©bats sur une intĂ©gration puis le GĂ©ofront commença Ă pencher si nettement vers la RĂ©publiK quâĂ la fin du mois son indĂ©pendance ressemblait Ă une jeune personne expliquant quâelle vit dĂ©sormais seule tout en ayant donnĂ© un double des clĂ©s Ă Kraland. Je me permets cette analyse avec une expertise particuliĂšre puisque quelque part au milieu de cette transformation jâai moi-mĂȘme quittĂ© lâEmpire Brun, rejoint GĂ©ofront puis reçu de Sophos le MinistĂšre de lâInformation de la RĂ©publiK. Je prĂ©cise que cela ne saurait influencer mon jugement. Depuis ma nomination mon jugement possĂšde simplement des tampons officiels. Puis arriva le Cruisader. Le navire avait passĂ© le mois Ă ĂȘtre tout ce quâun navire raisonnable refuse successivement de devenir. Instrument de guerre, enjeu religieux, ville flottante, lieu de dĂ©tention, maison dâune intelligence artificielle, refuge de Mousse Haillons, projet de piscine, cible de rĂ©parations, source de disputes sur sa propriĂ©tĂ© et finalement vaisseau pirate slavon. Fistulin Saint-CiboĂšre avait commencĂ© par chercher une puissance capable de protĂ©ger les Seeliens. Al-ma' avait saisi le bĂątiment au nom de considĂ©rations qui changĂšrent plusieurs fois de vocabulaire. ComĂšte lâimagina dans la rade de Bisouville. Shiki Chantargent tenta de rĂ©parer Usurpato. Tears Velzard finit par revendiquer le bĂątiment avec la simplicitĂ© dâune pirate ayant eu la bonne idĂ©e de monter dessus avant les juristes. Le navire remonta ensuite jusquâau GĂ©ofront avec des moutons, des soldats, des rĂ©volutionnaires et suffisamment de personnes convaincues dâavoir un rĂŽle Ă bord pour que lâĂ©quipage puisse un jour nĂ©cessiter son propre recensement. Ă la derniĂšre nuit dâaoĂ»t il Ă©tait devenu le centre dâune campagne contre les Provinces IndĂ©pendantes et dâune future piraterie rĂ©publikaine. Kâ Velzard en Ă©numĂ©rait lâĂ©quipage. Ninoo Chantargent devenait gouverneure du GĂ©ofront avec zĂ©ro voix et cĂ©lĂ©brait elle-mĂȘme lâunanimitĂ© spectaculaire de ce rĂ©sultat. Shiki Chantargent cherchait encore un nom pour lâĂ©quipage. Tears Velzard proposait une appellation assez longue pour nĂ©cessiter probablement un second navire uniquement afin de transporter les papiers officiels. Golgoth LandraĂ«l II faisait courir les gens sur le pont en chantant que lâindĂ©pendance nâĂ©tait pas bien. On avait commencĂ© aoĂ»t avec un GĂ©ofront proclamant sa libertĂ©. On le terminait avec une gouverneure Ă©lue sans Ă©lecteur sur un territoire en voie de rapprochement avec Kraland pendant quâun bateau pirate organisait des manifestations rĂ©publicaines dans le port. Jâignore ce que les thĂ©oriciens appelleront cela. Personnellement je propose le mot Ă©volution parce quâil permet dâĂ©viter plusieurs pages dâexplications.HĂ©lĂ©nie connut de son cĂŽtĂ© un mois durant lequel les institutions apparurent et disparurent avec une souplesse presque mystique. Al-ma' rĂ©gla lâaccueil des Ă©trangers, la Sainte Inquisition, les prisons, les questions de violence lĂ©gitime et une partie du destin du Cruisader. Fistulin Saint-CiboĂšre chercha un protecteur pour la Seele en accomplissant cette magnifique figure politique oĂč lâindĂ©pendance devait ĂȘtre protĂ©gĂ©e par lâarrivĂ©e volontaire dâun empire suffisamment puissant pour occuper ce quâil fallait dĂ©fendre. Scarleit tenta de remettre de lâordre dans Bisouville tout en cherchant notamment un emplacement pour sa statue. Shana Al-KhaĂŻd fonda la V.E.R.M.I.N.E., prit Scarleit en otage et formula des revendications avant que lâaffaire ne se termine avec suffisamment de bonbons pour rappeler que mĂȘme le terrorisme hĂ©lĂ©nien refuse parfois de choisir entre la menace et le goĂ»ter. Ă la fin la Sainte Inquisition avait elle-mĂȘme disparu administrativement. HĂ©lĂ©nie ne sâest jamais vĂ©ritablement effondrĂ©e en aoĂ»t. Elle sâest plutĂŽt renouvelĂ©e assez vite pour que lâeffondrement nâarrive jamais Ă trouver la bonne institution.Et pendant que les autres nations inventaient des moyens nouveaux de rendre la paix dangereuse lâEmpire Brun accomplissait son propre travail de sĂ©rie B avec un professionnalisme rassurant. Ombre MachiavĂ©lique observa lâimmobilisme de Octave Sombrefer puis conclut quâun coup dâĂtat en Mystisie constituait une excellente maniĂšre de rĂ©veiller lâEmpereur. Sa trahison ascendante devait secouer lâEmpire et Don Amortel fut averti quâil serait le prochain. Lâaffaire nous donna des dĂ©mons, des pactes, des menaces et une Basilique de Naar oĂč Lyra du Hautbois, Renato M. et plusieurs tĂ©moins virent la grande mĂ©canique impĂ©riale recommencer Ă produire cette ambiance oĂč chacun parle trĂšs calmement tandis que quelque chose dâinfernal attend derriĂšre la porte. Plus tard Kramara Kisugi entreprit de rĂ©veiller lâĂ©conomie par une politique fiscale qui considĂ©rait la fortune inactive comme une maladie quâun bon prĂ©lĂšvement pouvait soigner. Puis le sommet de lâĂtat changea encore lorsque Isotopine accĂ©da Ă lâEmpire Ă la fin du mois et prouva une fois de plus que chez les Bruns une transition politique nâest considĂ©rĂ©e comme sĂ©rieuse que si elle pourrait servir de troisiĂšme acte Ă un vieux feuilleton tournĂ© prĂšs dâune centrale nuclĂ©aire. Mystisie trouva mĂȘme le moyen de terminer aoĂ»t en prĂ©parant son avenir touristique. Silas des Sables transforma Abandon en capitale dĂ©moniaque Ă visiter avec ses pactes, son marchĂ© de crĂąnes, ses rĂ©sines dĂ©moniaques, son salon de coiffure, sa Basilik et son Antre de Naar. Lâinauguration est annoncĂ©e pour le cinq septembre. Jâaccorde Ă Silas un mĂ©rite considĂ©rable. Pendant que le Cybermonde discute de savoir comment rendre les frontiĂšres moins effrayantes il a choisi de vendre directement lâeffroi comme destination de vacances. Il faut une certaine intelligence commerciale pour regarder une ville appelĂ©e Abandon remplie de dĂ©mons et conclure que le problĂšme principal Ă©tait le manque dâoffice du tourisme.Kraland mĂ©rite naturellement une attention particuliĂšre puisque la RĂ©publiK a rĂ©ussi en un seul mois Ă transformer le Bonheur en doctrine statistique, la tĂ©lĂ©pathie en infrastructure mĂ©diatique et lâĂ©lection en branche appliquĂ©e de la pĂ©dagogie. Sophos a traversĂ© aoĂ»t avec une constance remarquable. Le Premier Ministre parlait de dĂ©mokratisation, de Communion Nationale, de recherche et du rĂ©seau RTS destinĂ© Ă faire circuler les informations par des moutons tĂ©lĂ©pathes. Plus le mois avançait et plus la RĂ©publiK semblait considĂ©rer que chaque difficultĂ© pouvait ĂȘtre corrigĂ©e en ajoutant suffisamment de science, de formulaires et de Bonheur. Jâai naturellement contribuĂ© modestement Ă cette Ćuvre en crĂ©ant lâIndice Officiel de Bonheur KRA. Je constate avec satisfaction que lâindice a rĂ©guliĂšrement dĂ©passĂ© cent sans provoquer dâeffondrement mathĂ©matique majeur. Les Ă©trangers ont parfois demandĂ© comment une Ă©chelle de cent pouvait dĂ©passer cent. Ils nâavaient simplement pas compris que ce nâĂ©tait jamais Kraland qui dĂ©passait les statistiques. Ce sont les statistiques qui tardaient Ă sâadapter Ă Kraland.Le trente et un nous a offert lâaboutissement parfait de cette philosophie. Jean Prendnote avait battu Alex KidoWski au gouvernement de Kraland avec vingt-neuf voix contre treize aprĂšs avoir lui-mĂȘme reconnu avoir suffisamment doutĂ© de la victoire du Bonheur pour envisager des mĂ©thodes dĂ©tournĂ©es. Alex lâavait auparavant condamnĂ© pour fraude. Puis le gouverneur lui retira son poste de procureur. Dans la soirĂ©e Sophos combattit Alex et le livra personnellement en prison pendant que le MinistĂšre de lâInformation ouvrait avec un sĂ©rieux remarquable une enquĂȘte sur ces mystĂ©rieux faux bulletins Ă©lectoraux portant le nom dâAlex plutĂŽt que celui de Sophos. Peu auparavant un type aurait dit ĂȘtre Virgile, Dux dâAdamastor, pour annoncer que puisque Kidowski avait dĂ©jĂ obtenu des voix il devait nĂ©cessairement ĂȘtre le choix du Parti. Il fallait simplement prendre le raisonnement dans le bon sens et surtout ne pas le secouer. Je pourrais continuer. Il faudrait parler de Jean-Ronaldoe de la Patrie Ă Structural, de Gronullos du patĂ©, de Bob le trĂšs trĂšs terrible, des campagnes du Bonheur, des tunnels, des attentats, de la Tovaritchie, des nominations, des loteries, de Noctis remportant lâun des gros tirages du mois, de Fwinette Dei Machiavelli dont les dĂ©placements prouvent quâun mouton peut devenir une affaire suffisamment compliquĂ©e pour justifier bientĂŽt une Ă©mission entiĂšre, de Mousse Haillons et de ce que le Cruisader reprĂ©sente pour lui, de Logan Komikov dĂ©versant des milliers de FK dans la Recherche, de Sysson dont les activitĂ©s visibles offrent parfois un contraste exquis avec ce que certaines archives plus discrĂštes contiennent, de Ombre Minusculique installant ses dĂ©mons en rĂȘvant de sucreries et de toutes ces petites histoires qui nâont pas changĂ© les frontiĂšres mais ont rendu celles-ci beaucoup plus intĂ©ressantes Ă regarder.Mais une rĂ©trospective nâest pas un inventaire. Câest prĂ©cisĂ©ment la raison pour laquelle jâai attendu ce soir avant de fermer le registre. Alors quâa rĂ©ellement Ă©tĂ© aoĂ»t. Ce fut le mois oĂč le ValĂ©gro dĂ©montra quâune province pouvait changer de nation sans nĂ©cessairement devenir un champ de ruines. Le mois oĂč le GĂ©ofront proclama son indĂ©pendance puis passa plusieurs semaines Ă dĂ©terminer ce quâil souhaitait faire de cette indĂ©pendance jusquâĂ se rapprocher presque entiĂšrement de Kraland. Le mois oĂč le Cruisader passa de relique militaire disputĂ©e Ă ville flottante puis Ă aventure pirate et politique. Le mois oĂč le Paradigme Vert devint le centre de la gĂ©opolitique mondiale parce que tout le monde voulut le sauver dâune maniĂšre quâil nâavait pas forcĂ©ment demandĂ©e. Le mois oĂč la ConfĂ©dĂ©ration Libre inventa une zone dĂ©militarisĂ©e suffisamment militaire pour nĂ©cessiter une doctrine entiĂšre. Le mois oĂč le Khanat signa une paix puis recommença immĂ©diatement Ă se battre avec lui-mĂȘme parce que lâharmonie prolongĂ©e risquait de nuire Ă son identitĂ©. Le mois oĂč RuthvĂ©nie changea de souverains mais retrouva progressivement son Royaume. Le mois oĂč lâEmpire Brun tenta de vaincre sa lĂ©thargie avec des coups dâĂtat, des dĂ©mons et une nouvelle ImpĂ©ratrice. Le mois oĂč Kraland dĂ©couvrit quâune dĂ©mocratie peut atteindre la perfection mathĂ©matique lorsque les Ă©lecteurs deviennent facultatifs. Mais surtout ce fut le mois oĂč chacun voulut avoir raison sur la paix. Patrick DePouch voulait une paix sĂ©parĂ©e par une ligne. Karlin voulait une paix oĂč son pays ne serait pas mis sous tutelle. Pigeon Ronron voulait une paix oĂč chacun accepterait de discuter tout en conservant le droit ancestral de prĂ©parer le prochain duel. Karen Vanderbilt voulait simplement rĂ©ussir Ă mettre les gens autour dâune table. Sophos voulait une paix suffisamment heureuse pour ĂȘtre mesurable. Ninoo Chantargent voulait prĂ©server son GĂ©ofront tout en choisissant vers qui il avancerait. DameDĂ©merzel voulait un Royaume assez stable pour recommencer Ă danser. Silas des Sables voulait apparemment que les gens signent des pactes avec des dĂ©mons puis achĂštent des souvenirs. Noctis voulait un arbre Ă chat.Jâai examinĂ© toutes ces doctrines avec le sĂ©rieux quâelles mĂ©ritaient. Je considĂšre que Noctis possĂšde actuellement le programme territorial le plus facile Ă comprendre. Les lignes restent ouvertes cette nuit. Les souverains peuvent venir expliquer pourquoi leur troisiĂšme changement de gouvernement constituait depuis le dĂ©but la premiĂšre Ă©tape dâun plan parfaitement cohĂ©rent. Les diplomates peuvent nous assurer que leurs ultimatums Ă©taient des invitations au dialogue particuliĂšrement fermes. Les Casques Bleus peuvent venir compter leurs casques. Les Paradigmiens peuvent expliquer quelle version de leur gouvernement Ă©tait constitutionnellement dĂ©finitive avant dâĂȘtre remplacĂ©e. Les pirates peuvent dĂ©poser leurs revendications sur le Cruisader accompagnĂ©es dâun dessin suffisamment lisible. Les Kramarades peuvent contester nos statistiques sachant que cette dĂ©marche sera immĂ©diatement enregistrĂ©e comme participation civique favorable au Bonheur. Quant aux personnes que jâaurais oubliĂ©es elles sont naturellement invitĂ©es Ă sâindigner. Câest mĂȘme prĂ©fĂ©rable. Les archives deviennent beaucoup plus complĂštes lorsque les gens viennent personnellement expliquer pourquoi ils ne devraient pas y figurer. *La vieille radio grĂ©sille doucement. Une patte referme AoĂ»t est terminĂ©. Les guerres ne le sont pas toutes. Les paix non plus. Les couronnes sont provisoirement sur des tĂȘtes. Les drapeaux sont provisoirement sur des mĂąts. Les frontiĂšres sont provisoirement sur des cartes et les gouvernements sont provisoirement certains dâavoir compris ce quâils viennent de faire. Les archives en revanche resteront. CâĂ©tait Kleo pour Radio NĂ©crotoile. Et si septembre souhaite faire pire il peut essayer. Jâai encore du papier. |
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1 Septembre 6662026
[spoiler]Bonsoir Cybermonde. Jâavais prĂ©vu aujourdâhui une (...)
![]() 1 Septembre 6662026 Spoiler Bonsoir Cybermonde. Jâavais prĂ©vu aujourdâhui une Ă©mission consacrĂ©e Ă la paix. Une vraie. Avec des nĂ©gociations sĂ©rieuses, des concessions douloureuses, des frontiĂšres que lâon cesse enfin de regarder comme des invitations Ă planter un drapeau et peut-ĂȘtre mĂȘme deux ou trois responsables politiques capables de terminer une phrase sans accuser quelquâun dâavoir voulu exterminer son peuple. Jâavais prĂ©parĂ© du papier propre. CâĂ©tait optimiste. Ă la place nous avons reçu une ForĂȘt de Jade oĂč les Casques Bleus font rugir leurs motos au mazout sous les fenĂȘtres des fĂ©es, un chat elmĂ©rien bloquĂ© Ă une frontiĂšre parce quâon lui demande des papiers, des policiers qui considĂšrent les photographies compromettantes comme matiĂšre premiĂšre de diplomatie, des Paradigmiens qui dĂ©couvrent que la bureaucratie peut faire davantage de dĂ©gĂąts quâun bombardement et un organisme commercial qui cherche suffisamment dâacide pour alimenter une industrie entiĂšre sans parvenir Ă dĂ©cider si sept cents ĂE lâunitĂ© constitue encore du commerce ou dĂ©jĂ une prise dâotage. Il paraĂźt que les civilisations progressent lorsquâelles apprennent de leurs erreurs. Le Cybermonde prĂ©fĂšre visiblement les conserver en collection. Je voudrais commencer par la ForĂȘt de Jade parce quâelle accomplit depuis plusieurs semaines quelque chose que je croyais physiquement impossible. Transformer le mot dĂ©militarisation en une activitĂ© nĂ©cessitant toujours davantage de militaires. Ă lâorigine il Ă©tait question dâune ligne. Puis cette ligne exigea des Casques Bleus. Ces Casques Bleus eurent besoin de contrĂŽles. Les contrĂŽles eurent besoin de papiers. Les papiers eurent besoin dâagents. Les agents eurent besoin de procĂ©dures et les procĂ©dures finirent par produire suffisamment de papier pour que Solas demande presque sĂ©rieusement au Tribunal Cybermondial de reconnaĂźtre la bureaucratie comme arme de destruction massive. Je reconnais aujourdâhui la pertinence de cette proposition. Un canon dĂ©truit une maison. Un formulaire bien administrĂ© peut vous retirer votre mairie, vous rendre recherchĂ© et vous demander ensuite de prouver que vous existiez avant lâouverture du guichet. La poudre possĂšde au moins la dĂ©cence de ne pas demander trois exemplaires. Saphir Ravenmaid vient prĂ©cisĂ©ment dâen faire lâexpĂ©rience. bob le kasque blue lui annonce que son collĂšgue Booker lui aurait transmis une affaire oĂč elle aurait gĂȘnĂ© une enquĂȘte. Le service judiciaire autonome conclut aussitĂŽt que cette intervention mĂ©rite la perte de sa fonction de bourgmestre et un avis de recherche. Le plus remarquable nâest mĂȘme pas la brutalitĂ© administrative de la dĂ©cision. Câest son ton. On lui explique que lâenvironnement est en colĂšre et que les provinces Pink Zone exigent une transparence comparable aux tenues des maids de lâAuberge du corps beau. Il existe des magistratures qui invoquent des codes. La ConfĂ©dĂ©ration Libre semble avoir dĂ©couvert quâune rĂ©fĂ©rence Ă la lingerie peut parfaitement remplir le mĂȘme office avec davantage de style. Saphir rĂ©pond alors quâelle a lâimpression assez nette dâĂȘtre toujours officiellement bourgmestre et demande si les sources du Kasque Bleu sont vraiment fiables. LĂ encore lâimportant nâest pas de savoir lequel a raison pendant les cinq minutes qui suivent. Lâimportant est que deux rĂ©alitĂ©s administratives puissent cohabiter suffisamment longtemps pour que chacune produise ses propres consĂ©quences. Câest une forme de dĂ©mocratie quantique. Saphir est bourgmestre et ne lâest pas jusquâĂ ce quâun fonctionnaire ouvre la bonne enveloppe.Cette querelle de papier serait presque charmante si la ForĂȘt de Jade nâĂ©tait pas toujours entourĂ©e dâun conflit beaucoup plus rĂ©el. La FĂ©e Du bien regarde les opĂ©rations en cours et nây voit ni pacification ni sĂ©curisation. Elle parle de haine envers le peuple de Jade, de souffrances infligĂ©es Ă la nature, Ă la faune et Ă la flore puis promet que les idĂ©aux survivront mĂȘme si les cicatrices resteront. Câest sa lecture et je la laisse Ă sa responsabilitĂ©. Mais elle traduit quelque chose que les beaux communiquĂ©s de sĂ©curitĂ© oublient souvent. Une opĂ©ration peut ĂȘtre dĂ©crite depuis le bureau comme un tracĂ© sur une carte et depuis le sol comme une succession de gens armĂ©s qui expliquent aux habitants pourquoi leur quotidien doit maintenant ressembler Ă une frontiĂšre. Les gouvernements adorent les cartes parce que les arbres nây crient pas.La rĂ©ponse confĂ©dĂ©rĂ©e involontaire arrive dâailleurs sous une forme admirable avec Bob le trĂšs trĂšs terrible, pacificateur en chef du quarante-deuxiĂšme escadron de motards Casques Bleus. Je tiens Ă insister sur le terme pacificateur parce quâil roule dans Accalmie sur une machine gavĂ©e au mazout dont les pistons font suffisamment de bruit pour perturber le sommeil des petites fĂ©es. Câest donc une paix trĂšs audible. Bob explique quâĂ force de parcourir la ville en faisant VROUUUUM des insectes ou de petites fĂ©es lui entrent dans les yeux et lâobligent Ă les nettoyer. Par une malheureuse convergence de circonstances cette opĂ©ration lâaurait fait surprendre deux fois en train de bidouiller une dĂ©fense laser. Jâai longuement Ă©tudiĂ© cette explication. Elle mĂ©rite dâĂȘtre archivĂ©e intacte. Il existe des excuses tellement ambitieuses quâelles cessent dâĂȘtre des excuses et deviennent des Ćuvres de civilisation. Bob ne nie pas avoir Ă©tĂ© vu prĂšs de la dĂ©fense. Il explique simplement quâune moto au mazout, un essaim de fĂ©es et une irritation oculaire ont conspirĂ© pour donner lâapparence dâune intervention technique. Câest extrĂȘmement malchanceux. Deux fois. Bob le trĂšs trĂšs terrible a cependant trouvĂ© une solution stratĂ©gique Ă ce problĂšme. Des lunettes. Il les aurait achetĂ©es chez Le Grand Deule afin de protĂ©ger ses yeux des insectes de la ForĂȘt de Jade. Il en possĂšde maintenant quatorze palettes parce quâil aurait appuyĂ© maladroitement sur Buy Now. VoilĂ donc oĂč nous en sommes dans le grand projet de pacification de la ForĂȘt. AprĂšs les lignes, les armĂ©es, les contrĂŽles, les pĂ©ages, les tribunaux et les accusations nous arrivons au commerce de lunettes en gros par un motard Casque Bleu qui ne souhaite plus ĂȘtre confondu avec quelquâun qui manipule une dĂ©fense laser. Je ne sais pas si la paix est plus proche. Je sais que le marchĂ© de lâoptique vient de trouver un dĂ©bouchĂ©.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă Noctis puisque la bureaucratie que Solas voulait faire classer comme arme stratĂ©gique vient de rencontrer son adversaire naturel. Un chat. Noctis explique quâil progressait sur Irendol avec sa Khanat Armyaou dans le but particuliĂšrement mesurĂ© de conquĂ©rir la Grande LitiĂšre. Il sâarrĂȘte pour faire une sieste puis dĂ©couvre Ă son rĂ©veil que lâaccĂšs Ă la ForĂȘt dâAmĂ©thyste lui est dĂ©sormais refusĂ© sans papiers. Lâadministration lui demande donc des documents. Noctis rĂ©pond avec la profondeur constitutionnelle dâun animal qui vient de rencontrer la civilisation sous sa forme la plus pure. Il est un chat. Un chat nâa pas de papiers. On pourrait rire mais je trouve au contraire cette affaire extrĂȘmement sĂ©rieuse. Toutes les bureaucraties atteignent un jour le moment oĂč elles dĂ©couvrent que le rĂ©el contient quelque chose qui ne possĂšde pas la bonne case. La grandeur dâun Ătat se mesure alors Ă sa capacitĂ© dâinventer rapidement un formulaire pour lâobliger Ă entrer dedans.Noctis propose une solution plus elmĂ©rienne. Supprimer les forces de sĂ©curitĂ© et revenir Ă la bagarre. Je nâapprouve Ă©videmment pas. Je constate simplement que son systĂšme possĂšde une qualitĂ© que la diplomatie actuelle a perdue depuis longtemps. Il est comprĂ©hensible. Deux personnes veulent la mĂȘme chose. Elles se frappent. Lâune tombe. Lâautre prend lâobjet. Aucun comitĂ© technique nâest nĂ©cessaire et personne ne reçoit quatorze palettes de lunettes par erreur. Le Khanat ElmĂ©rien continue ainsi dâoffrir au monde cette forme de simplicitĂ© tribale qui paraĂźt barbare jusquâau moment oĂč lâon compare le temps nĂ©cessaire pour obtenir une autorisation de passage en ForĂȘt de Jade. Mais avant que Noctis ne rĂ©solve le droit international Ă coups de griffes il convient de revenir au cĆur du problĂšme parce que les nĂ©gociations elles-mĂȘmes commencent Ă livrer des dĂ©tails plus intĂ©ressants que les slogans. Seraphiel Ravenloft affirme dĂ©sormais clairement que le Paradigme Vert avait acceptĂ© la proposition confĂ©dĂ©rĂ©e visant Ă faire passer la ForĂȘt de Jade en zone grise. Selon lui le Paradigme aurait demandĂ© en Ă©change le contrĂŽle de sa propre ForĂȘt comme garantie et la rĂ©ponse confĂ©dĂ©rĂ©e aurait ensuite pris la forme de bombardements. Je souligne volontairement les mots selon lui. Les archives aiment les certitudes mais elles aiment encore davantage savoir Ă qui elles appartiennent. Seraphiel affirme donc que le Paradigme nâa pas refusĂ© le principe de la ligne et accuse les ConfĂ©dĂ©rĂ©s qui prĂ©tendent le contraire de réécrire les nĂ©gociations avec les oreilles bouchĂ©es. Kether Dei Machiavelli apporte une autre piĂšce qui confirme au moins une chose. Le dĂ©saccord portait sur beaucoup plus quâun simple oui ou non Ă la restitution de la province. Dans sa rĂ©ponse Ă Saphir Ravenmaid il explique que son camp avait proposĂ© un partage cinquante cinquante de la loyautĂ© tandis que lâautre proposition aurait maintenu celle-ci Ă zĂ©ro. Ă ses yeux recevoir la ForĂȘt dans ces conditions signifiait rĂ©cupĂ©rer quelque chose que le premier passant suffisamment motivĂ© pouvait immĂ©diatement faire basculer. Il refuse donc que lâoffre soit dĂ©crite comme un cadeau gĂ©nĂ©reux refusĂ© par plaisir de faire la guerre. Les deux camps avaient des conditions. Les conditions se sont heurtĂ©es. VoilĂ une formulation beaucoup moins spectaculaire que la grande fable morale oĂč un camp veut la paix et lâautre mange des enfants au petit dĂ©jeuner mais elle possĂšde lâinconvĂ©nient trĂšs grave dâĂȘtre plausible.Kether choisit pour expliquer cela la mĂ©taphore dâun premier rendez-vous oĂč lâon partage lâaddition Ă cinquante cinquante sans savoir qui a commandĂ© le dessert. Je trouve lâimage assez bonne parce que cette guerre possĂšde effectivement plusieurs caractĂ©ristiques dâun rendez-vous ratĂ©. Les deux participants jurent ĂȘtre venus avec les meilleures intentions. Chacun affirme que lâautre a abusĂ©. Personne ne veut payer ce quâil considĂšre ne pas avoir commandĂ© et plusieurs proches sont dĂ©sormais invitĂ©s Ă expliquer publiquement pourquoi lâautre partie Ă©tait toxique depuis le dĂ©but. Il ne manque quâun serveur regardant sa montre en espĂ©rant quâils quittent la table. Pendant ce temps Kether Dei Machiavelli continue Ă©galement son Ćuvre judiciaire et annonce quâune perquisition au domicile de Seraphiel Ravenloft aurait permis de dĂ©couvrir des photographies compromettantes mettant en scĂšne Aya Ravenloft. Les Forces SpĂ©ciales de la Police de ForĂȘt de Jade prĂ©sentent dĂ©jĂ Seraphiel comme particuliĂšrement dangereux tandis que la nature exacte des documents et leurs circonstances dâobtention restent encore sous enquĂȘte. Jâadmire cette facultĂ© de conclure sur la dangerositĂ© dâun homme avant dâavoir dĂ©terminĂ© ce que sont exactement les piĂšces trouvĂ©es chez lui. Câest une mĂ©thode extraordinairement efficace. Elle permet Ă lâenquĂȘte dâarriver aprĂšs le communiquĂ© sans gĂȘner le calendrier mĂ©diatique. Seraphiel pourra naturellement venir expliquer pourquoi des photographies dâAya se trouvaient lĂ si elles sây trouvaient rĂ©ellement et Kether pourra tout aussi naturellement expliquer Ă quel moment prĂ©cis lâenquĂȘte est devenue suffisamment approfondie pour publier ses premiĂšres conclusions. Radio NĂ©crotoile possĂšde des chaises. Certaines sont mĂȘme propres.Nous quittons maintenant la forĂȘt pour une affaire qui semble beaucoup plus modeste et qui me plaĂźt prĂ©cisĂ©ment pour cette raison. LE CARGO manque dâacide. Pas de paix. Pas de souverainetĂ©. Pas de lĂ©gitimitĂ© constitutionnelle. De lâacide. Le grand organisme commercial elmĂ©rien annonce que cet ingrĂ©dient entre dans la fabrication de nombreux produits et cocktails puis lance un appel au Cybermonde pour acheter en gros, demi-gros ou dĂ©tail. Il y a quelque chose de reposant dans une institution qui annonce clairement vouloir de grandes quantitĂ©s dâune substance corrosive sans prĂ©tendre simultanĂ©ment sauver la civilisation. Câest presque de lâhonnĂȘtetĂ©. Roger St Misles intervient aussitĂŽt pour signaler quâil y en aurait un disponible en ForĂȘt de Jade. Le CARGO rĂ©pond que ses services Ă©tudient dĂ©jĂ la possibilitĂ© dâen extraire le jus mais que les tests ne sont pas concluants. Je ne sais pas de quoi exactement Roger parlait. Le secret repose dans son petit renvoi dissimulĂ© et je refuse de prĂ©tendre connaĂźtre ce qui nâest pas devant moi. Il suffit de savoir que quelque part dans la ForĂȘt existe apparemment quelque chose dont une organisation commerciale elmĂ©rienne envisage sĂ©rieusement dâextraire de lâacide par pression. Dans le contexte actuel je recommande Ă toute crĂ©ature locale possĂ©dant un pH prĂ©occupant de ne pas rester immobile trop longtemps.Puis arrive ZĂ©phiria de Pont-Krivell avec une offre beaucoup plus traditionnelle. Elle possĂšde de lâacide. Sept cents ĂE lâunitĂ©. Pas plus de vingt unitĂ©s par semaine. Le sourire est gratuit et la livraison pourrait lâĂȘtre pour une commande importante. VoilĂ une nĂ©gociation commerciale saine. LE CARGO juge nĂ©anmoins le prix excessif au point de risquer une inflation de ses produits dĂ©rivĂ©s mais reconnaĂźt que les quantitĂ©s lâintĂ©ressent. On nĂ©gocie. ZĂ©phiria accepte le principe mais prĂ©cise quâil sâagirait probablement plutĂŽt dâune livraison unique et conseille de se dĂ©pĂȘcher parce que son instinct lui annonce une rupture de stock trĂšs rapide.Jâaimerais que les Ă©conomistes se penchent sur cette phrase avec la mĂȘme attention que les diplomates accordent aux mouvements de troupes. Une personne capable de fournir vingt unitĂ©s dâacide par semaine annonce quâil faut acheter vite parce que lâapprovisionnement risque de disparaĂźtre. Soit le marchĂ© connaĂźt une demande extraordinaire. Soit quelque chose se prĂ©pare. Soit ZĂ©phiria maĂźtrise simplement cette technique commerciale millĂ©naire consistant Ă dire au client que trois autres acheteurs arrivent demain. Je ne prendrai parti pour aucune de ces hypothĂšses avant dâavoir vu les factures. Je me permets seulement de signaler que lorsquâune pĂ©riode de tensions politiques sâaccompagne simultanĂ©ment dâune ruĂ©e sur lâacide il est gĂ©nĂ©ralement prudent de vĂ©rifier oĂč sont rangĂ©es les cuillĂšres. Et nous revenons ainsi Ă cette Ă©trange maladie du Cybermonde qui consiste Ă rendre chaque problĂšme plus complexe en essayant de le rĂ©soudre. La ForĂȘt de Jade voulait la sĂ©curitĂ© et possĂšde dĂ©sormais davantage de forces armĂ©es, de contrĂŽles, de procĂ©dures, de contestations, de motos et de lunettes. Les nĂ©gociations voulaient simplifier la question territoriale et nous dĂ©couvrons maintenant quâelles reposaient sur des notions de zone grise, de loyautĂ©, de contrĂŽle local et de garanties dont chaque camp possĂšde une version lĂ©gĂšrement diffĂ©rente. La justice voulait clarifier la situation et produit des bourgmestres qui ne savent plus sâils le sont encore. Le commerce veut simplement acheter de lâacide et rĂ©ussit presque Ă devenir le secteur le plus raisonnable de la journĂ©e. Quand une organisation appelĂ©e LE CARGO demandant publiquement des centaines de litres de produit corrosif commence Ă donner une impression de stabilitĂ© institutionnelle il faut peut-ĂȘtre considĂ©rer que le reste du monde a travaillĂ© trĂšs dur.Je ne donnerai pas aujourdâhui de vainqueur Ă cette affaire. Patrick DePouch peut continuer Ă dĂ©fendre la nĂ©cessitĂ© dâune ligne de sĂ©paration. Seraphiel Ravenloft peut continuer Ă affirmer que le Paradigme avait acceptĂ© le principe sous certaines conditions. Kether Dei Machiavelli peut dĂ©tailler les conditions de loyautĂ© quâil jugeait indispensables. Saphir Ravenmaid peut venir avec les documents dĂ©montrant quelle fonction elle occupait Ă quelle heure. Solas peut dĂ©poser son projet de rĂ©glementation internationale de la bureaucratie. Bob le trĂšs trĂšs terrible peut envoyer une paire de lunettes au studio Ă condition de ne pas nous livrer quatorze palettes. Noctis peut expliquer comment il entend conquĂ©rir une Grande LitiĂšre sans papier dâidentitĂ© et ZĂ©phiria de Pont-Krivell peut naturellement nous indiquer pourquoi son acide risque de disparaĂźtre si vite. Les lignes sont ouvertes. Les personnes convaincues dâavoir Ă©tĂ© mal citĂ©es peuvent venir produire leur version. Les personnes convaincues dâavoir Ă©tĂ© parfaitement citĂ©es peuvent venir regretter publiquement cette situation.Je suis Kleo pour Radio NĂ©crotoile. La paix avance toujours en ForĂȘt de Jade. Elle avance avec des motos, des formulaires, des lunettes, des avis de recherche et suffisamment dâinterprĂ©tations contradictoires pour remplir encore plusieurs soirĂ©es. Pour lâacide je vous conseille de nĂ©gocier rapidement. Il paraĂźt que les stocks baissent. |
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3 Septembre 6662026
[spoiler]Mes trĂšs chers auditeurs, approchez vos chaises du poste (...)
![]() 3 Septembre 6662026 Spoiler Mes trĂšs chers auditeurs, approchez vos chaises du poste et servez-vous quelque chose de suffisamment fort pour supporter la diplomatie contemporaine. La nuit est tombĂ©e sur le Cybermonde avec cette lenteur majestueuse que prennent les catastrophes lorsquâelles savent quâelles seront encore lĂ demain matin. Dans les tavernes on ferme les volets. Dans les palais on ouvre les dossiers. Dans les casernes on vĂ©rifie les munitions. Dans les ministĂšres kralandais on vĂ©rifie probablement les munitions avant les dossiers parce quâil faut tout de mĂȘme conserver un certain sens des prioritĂ©s. Quant Ă moi on mâa retirĂ© aujourdâhui la direction des Services Secrets pour me confier le MinistĂšre de lâInformation. Je tiens Ă rassurer immĂ©diatement les Ăąmes inquiĂštes. La diffĂ©rence est considĂ©rable. Hier je savais des choses que je ne pouvais pas raconter et aujourdâhui je raconterai des choses que personne ne saura vĂ©rifier. Câest ce que lâon appelle une promotion Ă©ditoriale. La propagande rĂ©cupĂšre les secrets. Je rĂ©cupĂšre lâHistoire. Tout le monde y gagne et surtout moi. Il existe des journĂ©es oĂč les puissances du Cybermonde cherchent la paix. Il existe aussi des journĂ©es oĂč elles la trouvent et câest gĂ©nĂ©ralement lĂ que commencent les ennuis. La ForĂȘt de Jade nous en a offert une dĂ©monstration remarquable. Depuis des jours cette pauvre province du Paradigme Vert ressemble Ă une table de banquet autour de laquelle six convives se disputeraient le dernier morceau de pain tout en jurant quâils sont venus nourrir les pauvres. Les Paradigmiens dĂ©fendent leur forĂȘt. La ConfĂ©dĂ©ration dĂ©fend les Paradigmiens contre leur propre gouvernement. LâEmpire Brun dĂ©fend son honneur contre les Paradigmiens. Kraland dĂ©fend tout le monde contre le malheur. Les habitants eux-mĂȘmes commencent surtout Ă se demander sâil existe encore quelquâun disposĂ© Ă les dĂ©fendre contre leurs dĂ©fenseurs. Câest une question dâune grande profondeur politique que je recommande Ă tous les futurs ministres de mĂ©diter avant de franchir une frontiĂšre avec une armĂ©e. Au centre de cette merveille se trouve Roger St Misles. Gouverneur dâune ForĂȘt de Jade quâil nâavait manifestement pas prĂ©vu de gouverner de cette façon et peut-ĂȘtre pas prĂ©vu de gouverner du tout. La politique produit parfois ces petites dĂ©licatesses. On se rĂ©veille avec une moustache bien peignĂ©e et avant le dĂ©jeuner on reprĂ©sente la souverainetĂ© territoriale de gens dont une moitiĂ© veut vous embrasser et lâautre vĂ©rifier si votre corps est compostable. Roger St Misles a choisi Kether Dei Machiavelli pour administrer Accalmie puis sâest lancĂ© dans une campagne dâaffection publique si enthousiaste envers lui que lâon ne sait plus trĂšs bien si la ConfĂ©dĂ©ration souhaitait stabiliser la ville ou organiser un mariage. Cela dit je reconnais une certaine cohĂ©rence. Quand les institutions ne fonctionnent plus il reste toujours lâamour. Le Paradigme Vert devrait songer Ă inscrire cette mĂ©thode dans sa Constitution juste aprĂšs lâinterdiction du bĂ©ton non biodĂ©gradable. Kether Dei Machiavelli sâest retrouvĂ© assis sur une chaise encore chaude et a aussitĂŽt dĂ©couvert la tradition locale. En ForĂȘt de Jade une fonction publique est moins un poste quâune courte permission de toucher le bureau avant que quelquâun ne vous accuse dâhĂ©rĂ©sie. Les fĂ©es ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es. Les Casques Bleus ont cherchĂ© Ă administrer. Les habitants ont protestĂ©. Des policiers ont arrĂȘtĂ© des gens. Des gens arrĂȘtĂ©s sont ressortis. Dâautres sont entrĂ©s. La fĂ©e Tide a dĂ©fendu le Paradigme tout en critiquant ses dirigeants et en reprochant Ă Roger St Misles dâĂȘtre gouverneur dâune province oĂč on le voyait moins quâune chouette dans une chapelle Ă midi. Saphir Ravenmaid a soutenu Karlin puis sâest retrouvĂ©e poursuivie puis a parlementĂ© puis sâest livrĂ©e ailleurs aux autoritĂ©s. Il faut une certaine force morale pour dĂ©fendre un rĂ©gime tout en expĂ©rimentant personnellement plusieurs de ses systĂšmes carcĂ©raux. Je respecte la mĂ©thode. Câest du journalisme immersif avec davantage de barreaux.Mais le plus exquis restait Ă venir puisque la paix avait besoin dâune rĂ©compense. Le Prix Fragile de la Paix est donc devenu lâobjet dâune compĂ©tition entre hommes qui tenaient beaucoup Ă faire savoir quâils ne recherchaient absolument aucune gloire personnelle. Jean Mouloud Marteux a expliquĂ© quâil avait lĂ©galisĂ© la bombe puis interdit la bombe et quâune telle constance dans les deux directions mĂ©ritait naturellement considĂ©ration. Câest difficilement contestable. Peu dâhommes peuvent se vanter dâavoir Ă©tĂ© simultanĂ©ment le problĂšme et la solution avec un intervalle administratif aussi court. Karlin a pour sa part estimĂ© que le meilleur candidat Ă©tait Karlin ce qui prĂ©sente lâavantage dâĂ©viter les longues dĂ©libĂ©rations. La Juge PrĂ©cieuse Liarr a rappelĂ© avec une patience que je qualifierais de surnaturelle que lâon ne commandait pas une rĂ©compense pour la paix comme un plat chaud Ă lâauberge. CâĂ©tait adorable. Pendant quâelle expliquait que la paix ne se rĂ©clamait pas le Cybermonde poursuivait mĂ©thodiquement la dĂ©monstration inverse.Puis Tormenta Ruthven est arrivĂ©. Il faut reconnaĂźtre Ă lâEmpire Brun une qualitĂ© rare. Quand tout le monde complique une affaire lâEmpire sait toujours comment la rendre immĂ©diatement plus simple en menaçant quelque chose de gigantesque. LâEmpereur affirme ĂȘtre venu sâinformer paisiblement de la situation et des habitants auraient eu lâinĂ©lĂ©gance de lever la main sur lui. Une offense diplomatique. Une vĂ©ritable. Une offense si considĂ©rable quâelle appelle naturellement la cession de lâĂle aux Kanards. VoilĂ une conception de la rĂ©paration que jâadmire Ă©normĂ©ment. Si quelquâun renverse votre verre vous prenez sa maison. Sâil marche sur votre botte vous annexez son jardin. Sâil vous insulte vous rĂ©clamez une province. Ă ce rythme un Ă©ternuement en prĂ©sence impĂ©riale permettra bientĂŽt de redessiner quatre frontiĂšres. Tormenta Ruthven a donc prĂ©sentĂ© Ă Karlin une proposition dâune simplicitĂ© brune admirable. LâĂle aux Kanards intĂ©resse depuis longtemps lâEmpire. Le Paradigme pourrait la cĂ©der et lâEmpire Ă©viterait ainsi le dĂ©sagrĂ©ment de dĂ©placer des forces considĂ©rables pour obtenir rĂ©paration. Ceux qui prĂ©tendent que lâEmpire Brun manque de diplomates sont de mauvaise foi. Il possĂšde des diplomates. Ils ont simplement la dĂ©licatesse de joindre la menace Ă lâinvitation afin dâĂ©pargner du temps au destinataire. Kalogr von Krarovich pourra paraĂźt-il sâoccuper des dĂ©tails. Jâimagine dĂ©jĂ le dossier. Une feuille pour la signature et derriĂšre la fenĂȘtre un rĂ©giment qui aide Ă tenir la plume droite.Câest ici que Kraland a regardĂ© la situation et sâest dit quâil manquait encore quelque chose. Un peuple raisonnable aurait envoyĂ© un mĂ©diateur. Un peuple particuliĂšrement ambitieux aurait envoyĂ© deux mĂ©diateurs. La Glorieuse RĂ©publique a envoyĂ© K' Velzard. Il faut comprendre que K' Velzard venait de vivre une journĂ©e particuliĂšrement kralandaise. Il avait dĂ©couvert un laboratoire dans les entrailles du Cruisader. Il avait entrepris dâen forcer les portes. Il avait essayĂ© de voler un tableau et perdu son poste de GĂ©nĂ©ral. Il sâĂ©tait livrĂ© aux autoritĂ©s. Il Ă©tait ressorti de prison. Puis Sophos lâa nommĂ© Ministre de la Guerre. Il existe des pays oĂč un casier judiciaire complique une carriĂšre militaire. Ă Kraland il semble parfois servir de lettre de recommandation Ă condition dâĂȘtre correctement tamponnĂ©. Sophos avait dâailleurs annoncĂ© pendant sa campagne quâun trĂšs grand bonheur Ă©tait en prĂ©paration. Lâexpression aurait dĂ» provoquer lâĂ©vacuation immĂ©diate de trois continents mais nous avons collectivement manquĂ© de prudence. Peu aprĂšs Kraland a dĂ©clarĂ© la guerre au Paradigme Vert dans le but annoncĂ© de lui offrir du bonheur. Puis K' Velzard a utilisĂ© contre Accalmie la Bombe du Bonheur. Treize habitants se sont aussitĂŽt soulevĂ©s pour rĂ©clamer le rattachement de la ForĂȘt de Jade Ă la RĂ©publique. Je voudrais que chacun prenne un instant pour apprĂ©cier le degrĂ© de perfection atteint ici par la diplomatie kralandaise. La guerre nâĂ©tait pas une rupture de lâamitiĂ©. Elle Ă©tait sa forme explosive. La bombe nâĂ©tait pas une attaque. Elle Ă©tait une cargaison humanitaire. Lâinsurrection nâĂ©tait pas une consĂ©quence militaire. Elle Ă©tait une manifestation spontanĂ©e de fĂ©licitĂ© populaire. On ne conquiert plus. On distribue suffisamment de bonheur pour que la frontiĂšre change dâelle-mĂȘme.Et câest prĂ©cisĂ©ment ici que lâaffaire devient belle. Quelques instants aprĂšs que la RĂ©publique eut envoyĂ© son amour stratĂ©gique sur Accalmie Sophos proposa une alliance au Paradigme Vert. Karlin lâaccepta. Il est des peuples vulgaires qui signent une alliance avant de se bombarder. Kraland et le Paradigme ont prĂ©fĂ©rĂ© procĂ©der dans lâordre inverse afin dâĂ©viter toute banalitĂ©. La guerre fut donc transformĂ©e en cadeau puis le cadeau en insurrection et lâinsurrection en rapprochement diplomatique. Si quelquâun parvient encore Ă distinguer lâagresseur de lâalliĂ© je le prie de prendre immĂ©diatement contact avec cette antenne. Nous avons besoin de spĂ©cialistes. Patrick DePouch et Jean-Messie de la Nation ont critiquĂ© tout ce quâil Ă©tait encore possible de critiquer tandis que Solas apportait son soutien Ă Karlin avec cette fidĂ©litĂ© mĂ©canique qui possĂšde au moins le mĂ©rite de ne jamais prĂ©tendre ĂȘtre subtile.Mais avant de quitter cette affaire je voudrais attirer votre attention sur un dĂ©tail qui rĂ©sume admirablement notre Ă©poque. Le GĂ©ofront venait Ă peine de rejoindre la RĂ©publique sous lâimpulsion de Ninoo Chantargent. Une union prĂ©sentĂ©e comme un protectorat heureux oĂč lâautonomie serait prĂ©servĂ©e et oĂč tout serait collectivisĂ© de maniĂšre Ă ce que chacun rĂ©cupĂšre naturellement ce quâil venait de donner. Les fonctionnaires kralandais sâinstallaient dĂ©jĂ dans les bureaux avec la discrĂ©tion dâune belle-famille qui possĂšde les doubles des clĂ©s. Tears Velzard cĂ©lĂ©brait les exploits de pirates qui avaient contribuĂ© Ă lâaventure et reconnaissait au passage ne pas savoir exactement oĂč conduire le navire. VoilĂ peut-ĂȘtre la meilleure dĂ©finition de la RĂ©publique depuis des dĂ©cennies. Personne ne sait exactement oĂč va le bateau mais le pavillon est magnifique et tout le monde reçoit une mĂ©daille avant le naufrage.Les intĂ©ressĂ©s peuvent naturellement venir expliquer que cette lecture est scandaleusement orientĂ©e. Radio NĂ©crotoile enregistrera leurs protestations avec le sĂ©rieux dĂ» aux documents qui serviront plus tard Ă confirmer cette lecture. VoilĂ qui nous conduit naturellement au Warriorland oĂč la ConfĂ©dĂ©ration Libre a dĂ©cidĂ© de prouver que la dĂ©mocratie pouvait parfaitement fonctionner sans perdre de temps avec la stabilitĂ©. Sir McRabbit a fait rejoindre la province Ă la ConfĂ©dĂ©ration au nom de la cohĂ©rence. Jâaime beaucoup la cohĂ©rence. Câest un mot admirable que lâon place gĂ©nĂ©ralement au dĂ©but dâune dĂ©cision que personne nâavait prĂ©vue la veille. Les Warriors aidaient la ConfĂ©dĂ©ration et ses opĂ©rations. La conclusion fut donc que le territoire devait devenir confĂ©dĂ©rĂ©. VoilĂ un raisonnement dâune limpiditĂ© remarquable. Si votre voisin vous prĂȘte une pelle prenez soin de ne pas trop lâaider avec son jardin. Il pourrait finir par annexer votre cuisine par souci de cohĂ©rence. Albert a dâailleurs fĂ©licitĂ© le lapin tout en lui demandant avec une dĂ©licatesse presque paternelle dâĂ©viter de recommencer ses rĂ©volutions de couloir. Cette recommandation arriva malheureusement dans une province qui avait dĂ©jĂ compris le principe gĂ©nĂ©ral. Henri St Misles se domicilia au Warriorland en recommandant son propre dossier puis utilisa ses prĂ©rogatives pour devenir Capitaine puis tenta dâobtenir lâindĂ©pendance de la province avant dâĂȘtre arrĂȘtĂ©. Il y a quelque chose dâadmirablement confĂ©dĂ©rĂ© dans le fait dâarriver quelque part et de devenir responsable de sa sĂ©curitĂ© juste avant de vouloir faire sĂ©cession. Câest moins une carriĂšre politique quâune visite guidĂ©e de toutes les issues de secours. Sir McRabbit retira donc son poste Ă Henri St Misles et plaça Ernst Blofeld VI Ă la sĂ©curitĂ©. Pendant ce temps Mench0 quitta les Services Secrets pour devenir Procureur puis quitta la fonction de Procureur pour devenir Bourgmestre. Jacques St Misles perdit justement cette mairie aprĂšs avoir tentĂ© dâusurper le gouverneur. Il sâĂ©tait prĂ©sentĂ© Ă sa maniĂšre. Ce fut bref. La ConfĂ©dĂ©ration possĂšde ainsi un systĂšme politique extrĂȘmement efficace oĂč les citoyens peuvent observer plusieurs administrations complĂštes au cours du mĂȘme dĂźner. Les autres nations organisent des Ă©lections. Le Warriorland organise le dĂ©placement visible du mobilier avec occupants inclus.Pendant ce temps Sir McRabbit assurait que tout allait bien. Aucun heurt notable. Quelques changements de fonction. Une tentative dâindĂ©pendance. Une tentative dâusurpation. Des arrestations. Des manifestations. La Pacificatrice agressĂ©e par des rebelles. Jean-Ronaldoe de la Patrie parcourant Blofeldopolis pour soutenir les Provinces IndĂ©pendantes et critiquer la ConfĂ©dĂ©ration et critiquer Sir McRabbit tout en louant La Pacificatrice. Rien qui puisse raisonnablement troubler le thĂ©. JâespĂšre seulement que les carottes Ă©taient mĂ»res parce quâĂ ce stade elles constituent lâinstitution la plus stable de la province.Je ne me moque pas de la dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e. Je constate simplement quâelle possĂšde cette admirable capacitĂ© Ă considĂ©rer chaque crise comme une preuve quâil faut davantage de dĂ©mocratie et chaque nouvelle crise provoquĂ©e par la prĂ©cĂ©dente comme la confirmation Ă©clatante du diagnostic. Câest une mĂ©decine politique trĂšs raffinĂ©e. Si le patient tremble augmentez la dose. Sâil convulse câest quâelle commence Ă agir. Si le bĂątiment prend feu organisez une consultation sur le choix des seaux. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s qui souhaitent corriger cette analyse sont Ă©videmment invitĂ©s Ă le faire. Nous recommandons simplement de vĂ©rifier auparavant quâils occupent encore la mĂȘme fonction quâau dĂ©but de leur courrier. Quittons les urnes et dirigeons-nous vers lâElmĂ©rie oĂč personne ne sâembarrasse de telles complications lorsquâun duel peut rĂ©soudre lâaffaire avant la sieste. Noctis trouvait depuis deux jours que Odessa Stone se cachait un peu trop confortablement dans sa demeure au lieu dâaccepter son dĂ©fi. Lâhonneur du Khanat Ă©tait donc en pĂ©ril. Jâavais longtemps cru quâun peuple pouvait perdre son honneur Ă la suite dâune dĂ©faite militaire ou dâune trahison historique. Jâapprends dĂ©sormais quâil peut aussi le perdre parce quâune femme refuse dâouvrir sa porte Ă un chat particuliĂšrement vexĂ©. Le savoir progresse. Alice Ravenloft a cĂ©dĂ© la direction du Klan du Miaou Ă Noctis. Odessa Stone a fini par sortir. Le duel eut lieu. Noctis lâemporta et devint Chef de Tribu de lâIgloo. La rĂ©forme institutionnelle fut annoncĂ©e immĂ©diatement. Des paniers seraient installĂ©s. Un gigantesque arbre Ă chat devait apparaĂźtre. Les fĂ©lins rĂšgneraient en maĂźtres tandis que les humains conserveraient lâimmense privilĂšge dâeffectuer les travaux que les chats jugeraient pĂ©nibles. Il faut reconnaĂźtre au Khanat une franchise sociale que les autres rĂ©gimes devraient lui envier. Kraland parlerait de collectivisation des tĂąches. La ConfĂ©dĂ©ration organiserait un vote sur lâĂ©galitĂ© interspĂ©cifique. Le Paradigme crĂ©erait une commission sur lâimpact Ă©cologique des paniers. LâEmpire Brun ferait construire une statue. Le Khanat dit simplement que les humains porteront les sacs parce que les chats nâen ont pas envie. Katniss Ravenloft est arrivĂ©e Ă lâIgloo et a saluĂ© Noctis ainsi quâ Alice Ravenloft. Une rumeur commençait dĂ©jĂ Ă circuler sur lâodeur produite par la nouvelle population fĂ©line en ElmĂ©rie. Câest ainsi que naissent les grandes civilisations. Elles commencent par un duel pour la souverainetĂ© et quelques heures plus tard la principale question nationale concerne la litiĂšre. Jâattends avec beaucoup dâintĂ©rĂȘt le premier conflit constitutionnel autour du droit de dormir sur les documents officiels. Quelque chose me dit que lâElmĂ©rie sera la premiĂšre nation Ă dĂ©couvrir quâun dĂ©cret posĂ© sur une table appartient lĂ©galement au premier chat qui sâallonge dessus.Le Royaume de RuthvĂ©nie offrait en comparaison un spectacle presque apaisant ce qui est une phrase suffisamment inquiĂ©tante pour mĂ©riter quâon sây attarde. Au ValĂ©gro Emile Liarr nommait ses administrateurs avec la tranquillitĂ© dâun homme qui semble encore croire quâun poste est censĂ© durer plus longtemps que la durĂ©e nĂ©cessaire pour Ă©crire son nom sur la porte. PierreJean reçut lâIntendance. Nicolavitch quitta son commandement avant de recevoir la PrĂ©fecture de Police. Koshka abaissa la taxe fonciĂšre aprĂšs avoir calculĂ© que le ValĂ©gro pouvait encore se permettre un cafĂ© malgrĂ© ce quâil verse Ă Kraland. Dans le Cybermonde actuel ĂȘtre capable de calculer une taxe et dâobtenir un cafĂ© Ă la fin constitue pratiquement un Ăąge dâor administratif. Dame DĂ©merzel vint soutenir Emile Liarr avec toute la majestĂ© nĂ©cessaire tandis que Golgoth LandraĂ«l II lui rappelait quâune ancienne clause de son allĂ©geance semblait dĂ©pendre dâune rĂ©conciliation qui nâavait pas exactement eu lieu. VoilĂ le charme profond de la monarchie ruthvĂšne. Ailleurs les nations se disputent des frontiĂšres. En RuthvĂ©nie elles peuvent encore se disputer une promesse faite trois salons plus tĂŽt parce que quelquâun nâa pas prĂ©sentĂ© ses excuses avec le bon degrĂ© dâinclinaison. MĂȘme la science y conserve quelque chose de fĂ©odal. Gilbert Tronik a partagĂ© avec Kraland des connaissances sur le recyclage parce quâun accord scientifique figurait sur un papier retrouvĂ© sous une pile et quâaucun autre papier ne semblait lâavoir annulĂ©. VoilĂ une politique internationale que je trouve extraordinairement saine. Si personne ne retrouve le contre-papier la civilisation continue.Il ne faudrait pourtant pas croire le Royaume parfaitement tranquille. Aux KaraĂŻbes des rĂ©voltĂ©s ont rappelĂ© avec leur dĂ©licatesse habituelle quâils ne goĂ»taient guĂšre lâadministration ruthvĂšne. Des paysans se sont soulevĂ©s et Alexa a publiquement soutenu les Provinces IndĂ©pendantes au dĂ©triment du Royaume. Pendant ce temps BohĂ© d'Umont expliquait depuis lâAcropole que la politique confĂ©dĂ©rĂ©e menaçait jusquâau Fantasme et quâune telle possibilitĂ© dĂ©passait manifestement les limites de ce quâun homme civilisĂ© peut accepter. Je comprends cette position. Les empires tombent. Les constitutions brĂ»lent. Les frontiĂšres bougent. Mais si les lieux de plaisir commencent Ă fermer nous entrons vĂ©ritablement dans une pĂ©riode sombre.Restons un instant du cĂŽtĂ© brun. Pendant que Tormenta Ruthven expliquait au Paradigme quâune agression contre sa personne pouvait se rĂ©gler par la remise dâune Ăźle Silice de Pont-Krivell faisait appareiller depuis Mystisie un Destroyer ImpĂ©rial chargĂ© de Froques Brunes des sables. Destination inconnue. Derniers mots entendus avant le dĂ©part. Pour lâEmpereur. Il existe dans lâEmpire Brun une discipline esthĂ©tique Ă laquelle je rends hommage. MĂȘme lorsquâon ignore oĂč va le navire on sait exactement quelle musique devrait accompagner son dĂ©part. Quelque part un officier en uniforme trop sombre regarde lâhorizon. Une porte mĂ©tallique se ferme. Une lampe clignote sans nĂ©cessitĂ© technique. Puis quelquâun dĂ©couvre que le plan secret Ă©tait rangĂ© dans la mauvaise enveloppe.En Sicilia Fawomane a acquis la Basilique Grande DĂ©esse de Trou Perdu aprĂšs une proposition de ZĂ©phiria de Pont-Krivell. LĂ encore lâEmpire rappelle aux autres nations une vĂ©ritĂ© fondamentale. Une civilisation sĂ©rieuse ne se contente pas de menacer des territoires et de mettre des destroyers Ă la mer. Elle doit Ă©galement gĂ©rer lâimmobilier religieux. Et tandis que tout cela se dĂ©roulait Sinzicula expĂ©diait Eglantine DelĂ©pine en Australine avec une courtoisie administrative admirable puisque la condamnation Ă©tait prĂ©sentĂ©e comme la rĂ©alisation gĂ©nĂ©reuse du dĂ©sir de lâintĂ©ressĂ©e de retourner sur lâĂźle prison. VoilĂ ce que jâappelle maĂźtriser la langue dâĂtat. On ne dĂ©porte pas quelquâun. On exauce son souhait gĂ©ographique avec escorte.LâHĂ©lĂ©nie rebelle nous offrait enfin un contrepoint beaucoup plus dĂ©licat. Scarleit publiait une Ă©dition spĂ©ciale consacrĂ©e Ă lâamour et Ă la psychologie avec des histoires de prison et de silence sentimental et de passions impossibles. Pendant que les grandes puissances sâinterrogeaient sur la meilleure façon de sauver des peuples qui ne leur avaient parfois rien demandĂ© lâHĂ©lĂ©nie se demandait si lâĂȘtre aimĂ© Ă©tait un hologramme. Je ne suis pas certaine que cette question soit moins sĂ©rieuse que les prĂ©cĂ©dentes. Au moins un hologramme qui ne rĂ©pond pas Ă vos dĂ©clarations dâamour possĂšde une excuse technique. Simone Voile sortait dâailleurs de prison un peu plus tard ce qui prouve que certaines histoires disposent encore dâune fin comprĂ©hensible.Et nous voici donc au terme dâune journĂ©e que les historiens futurs qualifieront probablement de complexe parce que les historiens sont des gens polis. La RĂ©publique de Kraland a accueilli le GĂ©ofront au nom du Bonheur puis a dĂ©clarĂ© la guerre Ă un alliĂ© pour lui envoyer davantage de Bonheur avant de lui proposer de redevenir alliĂ©. La ConfĂ©dĂ©ration Libre a gagnĂ© le Warriorland grĂące Ă une rĂ©volution et dĂ©couvert aussitĂŽt que les nouveaux ConfĂ©dĂ©rĂ©s maĂźtrisaient dĂ©jĂ suffisamment la libertĂ© pour tenter dâautres rĂ©volutions. Le Paradigme Vert a dĂ©fendu la paix au milieu dâinsurrections et de policiers et de querelles internes pendant que son RĂ©gent rĂ©clamait une mĂ©daille. Le Khanat ElmĂ©rien a rĂ©glĂ© une crise de succession par duel et annoncĂ© lâavĂšnement social du panier. Le Royaume de RuthvĂ©nie a maintenu assez dâordre pour continuer ses querelles dynastiques. LâEmpire Brun a transformĂ© une offense personnelle en possibilitĂ© dâannexion tout en mettant un destroyer Ă la mer avec suffisamment de théùtralitĂ© pour que personne nâose demander oĂč il allait. Je sais ce que certains vont dire. Ils diront que jâexagĂšre. Que je sĂ©lectionne. Que je prĂ©sente les choses de maniĂšre Ă soutenir une conclusion que jâavais probablement avant mĂȘme que les Ă©vĂ©nements se produisent. Câest une accusation extrĂȘmement grave et je la rejette sans examen. Mon impartialitĂ© est connue de tous ceux qui partagent mes opinions et les autres sont prĂ©cisĂ©ment les personnes dont le jugement pose question. Car la vĂ©ritĂ© de cette journĂ©e est beaucoup plus simple. Chaque nation du Cybermonde possĂšde dĂ©sormais sa mĂ©thode particuliĂšre pour fabriquer la paix. Kraland la fait exploser. La ConfĂ©dĂ©ration la vote aprĂšs la rĂ©volution. Le Paradigme la protĂšge jusquâĂ ce quâelle demande grĂące. Le Khanat la gagne en duel. La RuthvĂ©nie lui trouve une gĂ©nĂ©alogie. LâEmpire Brun lui envoie un ultimatum. VoilĂ pourquoi Radio NĂ©crotoile demeure indispensable. Quelquâun doit conserver les archives assez longtemps pour que chacun puisse prĂ©tendre demain nâavoir jamais dit ce quâil a dit aujourdâhui. Je suis Kleo. Cette Ă©mission sera conservĂ©e dans nos archives jusquâĂ la chute du dernier empire ou jusquâĂ ce que quelquâun oublie de payer le local. Les souverains citĂ©s ce soir peuvent venir protester. Les ministres peuvent rĂ©clamer un droit de rĂ©ponse. Les gouverneurs peuvent expliquer leurs rĂ©volutions. Les rĂ©volutionnaires peuvent expliquer leurs gouverneurs. Les candidats au Prix Fragile de la Paix peuvent Ă©galement venir dĂ©fendre leur candidature Ă condition de promettre de ne bombarder personne pendant la durĂ©e de lâentretien. Quant aux tĂ©moins qui possĂ©deraient une version diffĂ©rente de la mienne ils sont cordialement invitĂ©s Ă se manifester. Je promets de les Ă©couter avec toute lâouverture dâesprit nĂ©cessaire avant de dĂ©terminer prĂ©cisĂ©ment pourquoi ils ont tort. |
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3 Septembre 6662026
RADIO NĂCROTOILE PRĂSENTE
LE CRUISADER
[spoiler]LA (...)
![]() 3 Septembre 6662026 RADIO NĂCROTOILE PRĂSENTE LE CRUISADER Spoiler LA CROISIĂRE OĂ TOUT EST COMPRIS SAUF LE MODE DâEMPLOI Une petite musique de vacances se fait entendre, quelque chose avec des mouettes, des vagues et probablement un homme payĂ© pour secouer des maracas prĂšs dâune piscine. Puis arrive une voix chaleureuse, ronde et terriblement satisfaite dâelle-mĂȘme. Bonsoirrrr chers vacancierrrs, aventurierrrs, familles nombreuses, jeunes mariĂ©s, retraitĂ©s dynamiques et personnes actuellement recherchĂ©es par deux ou trois gouvernements. Je suis RRRRenĂ© Barbotin, directeur commercial du Club Meuse CroisiĂšres, responsable des sĂ©jours nautiques, de lâanimation collective et des Ă©vĂ©nements que notre service juridique nous demande de ne plus appeler incidents. Ce soirrrr, jâai lâimmense plaisir de vous prĂ©senter notrrre destination phare, le Crrruisader. Le Crrruisader, chers amis, ce nâest pas simplement un navire. Câest une philosophie flottante. Ailleurs, on vous promet la mer, le soleil et trois repas par jour. Ici, nous vous proposons la mer, le soleil, des changements de gouvernement, des pirates, une intelligence artificielle potentiellement alimentable Ă la pomme de terre et selon les disponibilitĂ©s une soirĂ©e pyjama susceptible de modifier durablement la gĂ©opolitique du Cybermonde. Câest tout comprrris. DĂšs lâarrivĂ©e, le voyageur dĂ©couvre une Ă©quipe dâencadrement soigneusement sĂ©lectionnĂ©e selon des critĂšres quâaucune autre compagnie nâaurait osĂ© imprimer. Ă la tĂȘte du bĂątiment se trouve Tears Velzard, capitaine, pirate et spĂ©cialiste des prises de commandement suffisamment enthousiastes pour que la question des qualifications arrive beaucoup plus tard. Elle sait recruter, fĂ©dĂ©rer un Ă©quipage et surtout organiser une soirĂ©e pyjama. Il lui arrive Ă©galement, une fois la victoire cĂ©lĂ©brĂ©e, de demander ce quâil faudrait faire maintenant et si quelquâun sait rĂ©ellement conduire le bateau. Nous appelons cela le commandement participatif , explique RRRRenĂ© Barbotin. Ă ses cĂŽtĂ©s se trouve Ninoo Chantargent, seconde officielle et responsable morale dâune logistique reposant principalement sur le jus de pomme, les pizzas aux fenouilles et lâidĂ©e quâune razzia de boissons fruitĂ©es constitue une opĂ©ration navale parfaitement raisonnable. Chez Club Meuse, on considĂšre quâune gouverneure capable dâorganiser elle-mĂȘme le ravitaillement est simplement une responsable de bar particuliĂšrement motivĂ©e. LâĂ©quipe technique est confiĂ©e Ă Shiki Chantargent, cheffe mĂ©cano et probablement seule personne Ă bord capable de voir un appareil cassĂ© sans immĂ©diatement envisager de lui donner un coup de poing. Cette nuance est importante parce que Tears Velzard possĂšde sa propre doctrine de maintenance. Sa mentor rĂ©parait autrefois une cafetiĂšre en frappant dessus jusquâĂ ce quâelle recommence Ă faire du cafĂ©, avec cette particularitĂ© que la cafetiĂšre semblait ensuite neuve. Lorsque UsurpatoÂź3000 tombe en panne, Tears propose donc trĂšs naturellement dâappliquer la technique au robot. Shiki sâinterpose et rĂ©clame plutĂŽt une carte Ă©lectronique neuve. Le Crrruisader peut ainsi se vanter dâoffrir deux Ă©coles de maintenance distinctes, la rĂ©paration scientifique de prĂ©cision et la mĂ©thode traditionnelle Ă base de poing fermĂ©. Le client choisit selon sa sensibilitĂ© , prĂ©cise RRRRenĂ©. Le rĂ©sultat est important mais lâexpĂ©rrrience lâest aussi. UsurpatoÂź3000 reprĂ©sente dâailleurs Ă lui seul lâĂ©quivalent de plusieurs services. Le robot-kanar est Ă©quipĂ© dâun KoinProcesseur 3000, dâun agenda OrganisatoÂź3000, dâun tĂ©lĂ©phone ParloÂź3000, dâun fusil BlasteÂź3000, dâun casque, dâun bouclier, dâun gilet pare-balles et dâune cuirasse ProtectoÂź3000, auxquels sâajoute un Ă©norme bouton rose P.A.N.I.KOIN. Il peut faire la radio, briquer le pont, griller du pain, souquer les artimuses et proposer de dĂ©truire lâEmpire Brun. Câest Ă©galement un excellent compagnon de dĂ©gustation puisquâil a personnellement testĂ© dix Vins Pourpres. Certains Ă©taient dĂ©licieux, plusieurs lâont rendu terriblement malade et le dernier lâa rendu particuliĂšrement mĂ©lancolique. Il faut rappeler quâil sâagit dâun robot et quâil est donc techniquement impossible quâil soit ivre, mĂȘme lorsquâil sâempare de lâordinateur de Shiki Chantargent, disparaĂźt dans une autre piĂšce, vide le bar puis revient en annonçant quelque chose comme Bonfouuuuuuuuur, fe suis UuuuuuuuusurpatoÂź3000. Chez Club Meuse, cet Ă©pisode est commercialisĂ© sous le nom de dĂ©gustation Ă©lectronique avec animation linguistique. AprĂšs rĂ©paration, lâappareil devient UsurpatoÂź3000D+, se reconnecte aussitĂŽt au vieil Ă©cran cathodique, Ă Circinus-037A et Ă pratiquement tout ce qui semble reliĂ© par un cĂąble. Il annonce ensuite que la DĂ©esse aime les Miettes, que les Miettes aiment la DĂ©esse, que les Kanars ont leur place dans lâĂ©quation et que le bien-ĂȘtre peut se reprĂ©senter mathĂ©matiquement. Certaines compagnies proposent des sĂ©ances de yoga au lever du soleil. Le Crrruisader propose un robot armĂ© qui dĂ©veloppe une thĂ©ologie des Miettes aprĂšs avoir vidĂ© le bar. UsurpatoÂź3000D+ possĂšde Ă©galement une puce permettant de modifier sa programmation et explique volontiers comment la remplacer. La sĂ©curitĂ© repose heureusement sur un principe dâingĂ©nierie particuliĂšrement robuste, ses bras sont trop courts pour atteindre lui-mĂȘme lâouverture dans sa tĂȘte. Les autres compagnies dĂ©pensent une fortune en cryptographie , explique RRRRenĂ©. Nous avons simplement fabriquĂ© les bras trop petits. Câest beaucoup moins cher. Lâautre grande attraction technologique du sĂ©jour reste Circinus-037A, lâintelligence artificielle associĂ©e au Crrruisader. Mousse Haillons, qui tente gĂ©nĂ©ralement de maintenir le bateau en Ă©tat pendant que tout le monde transforme la maintenance en dĂ©bat politique, sâintĂ©resse Ă la possibilitĂ© de dissocier Circinus du navire. Golgoth LandraĂ«l II trouve immĂ©diatement une solution. Il suffirait dâextraire lâintelligence artificielle, de la placer sur une pile-patate afin que Mousse puisse conserver son amie puis de garder le navire pour les futures croisiĂšres de luxe du Club Meuse. Cette solution est jugĂ©e supĂ©rieure Ă lâautre possibilitĂ© Ă©galement Ă©voquĂ©e, Ă©craser le bateau sur les rĂ©cifs dâAustraline. VoilĂ la preuve de notrrre engagement pour la sĂ©curitĂ©, assure RRRRenĂ© Barbotin. Quand nous avons le choix entre un rĂ©cif et une pomme de terrrre, nous choisissons systĂ©matiquement la pomme de terrrre. La sĂ©curitĂ© du sĂ©jour est complĂ©tĂ©e par des GuerriĂšres Slavones qui, aprĂšs avoir accusĂ© lâHĂ©lĂ©nie de les espionner dans les douches, envisagent de prendre le contrĂŽle du navire. Heureusement, Kath Khanova intervient afin de leur expliquer les bases dâune bonne mutinerie, notamment lâintĂ©rĂȘt de recruter parmi lâĂ©quipage et la dĂ©fense anti-aĂ©rienne. Nous ne parlons jamais de mutinerrrie dans nos brochures, rectifie immĂ©diatement RRRRenĂ©. Nous parlons dâatelier participatif de gouvernance maritime. Les clients apprennent Ă identifier les postes stratĂ©giques, constituer une majoritĂ© et Ă©ventuellement remplacer la direction. Câest trĂšs convivial. Kath Khanova ira mĂȘme jusquâĂ plaisanter sur lâidĂ©e dâannexer le GĂ©ofront afin de rĂ©soudre techniquement la question de son protectorat, ce que le Club Meuse classe dĂ©sormais parmi ses activitĂ©s de gĂ©opolitique crĂ©ative. Le recrutement Ă bord suit une philosophie tout aussi ouverte. Kâ Velzard annonce un soir que toutes les personnes prĂ©sentes sont rĂ©quisitionnĂ©es par la Glorieuse RĂ©publiK de Kraland et appartiennent dĂ©sormais Ă lâĂ©quipage pirate de Tears Velzard. Il prĂ©cise que la mesure concerne Ă©galement les robots et les intelligences artificielles. Dans les hĂŽtels ordinaires, vous prĂ©sentez vos papiers et on vous remet une clef, explique RRRRenĂ©. Sur le Crrruisader, vous entrez dans une piĂšce et vous en ressortez pirate. Nous avons considĂ©rablement accĂ©lĂ©rĂ© le check-in. Lâorganigramme finit donc par compter Tears Velzard comme capitaine, Ninoo Chantargent comme seconde, Kath Khanova Ă la navigation, Shiki Chantargent aux machines, Meg la Polymorphe comme figure de proue, SĆur Shoshana von Zyklon Ă lâaumĂŽnerie, Darth Leo Ă la vigie, Golgoth LandraĂ«l II comme matelot et UsurpatoÂź3000 Ă la radio. Des postes restent disponibles, parmi lesquels canonniĂšre, cartographe et mouette officielle suivant le bateau. MĂȘme les oiseaux disposent donc de perspectives professionnelles. Imoen de Sunnydale choisit naturellement les canons et demande immĂ©diatement sâil faut rĂ©ellement savoir viser ou seulement rĂ©gler lâartillerie, sâil existe des tutoriels Kratube et sâil est possible dâobtenir une assistante pour porter les boulets. Elle espĂšre surtout ĂȘtre installĂ©e sur le pont afin de pouvoir peaufiner son bronzage. Notrrre formule CanonniĂšre DĂ©tente est trĂšs demandĂ©e, assure RRRRenĂ©. Vous bronzez, vous profitez de la vue et parfois vous tirez. Nous travaillons encore sur lâordre exact des opĂ©rations. Imoen possĂšde surtout lâĂ©quipement indispensable Ă la grande animation du bord. Cette prĂ©cision prend rapidement une valeur diplomatique car la soirĂ©e pyjama de Tears Velzard, longtemps impossible Ă organiser jusquâau bout, finit par accompagner trĂšs concrĂštement le rapprochement politique entre le GĂ©ofront et Kraland. Le nom mĂȘme de lâĂ©quipage tĂ©moigne du sĂ©rieux de lâentreprise. AprĂšs plusieurs propositions, Tears Velzard propose les Hyper Ultra Mega Pirates Slavones Dracotechnologiques de la Giga ThĂ©olographie IntrinsĂšque du Cirque Pirate, auxquels les Ătoiles viennent parfois sâajouter. Lorsque quelquâun remarque que le mot pirate figure deux fois, Tears considĂšre quâau moins personne ne pourra ignorer quâil sâagit de pirates. Nous avons voulu broder le nom complet sur les peignoirs, confie RRRRenĂ©. Il aurait fallu rallonger les peignoirs de plusieurs mĂštrrres et augmenter la taille des cabines. Nous avons gardĂ© le drapeau. Cette identitĂ© devient suffisamment officielle pour accompagner la campagne politique de lâĂ©quipage et le rapprochement avec la RĂ©publiK. Lorsque celui-ci rĂ©ussit, Ninoo Chantargent annonce pizzas aux fenouilles et jus de pomme pour tout le monde. La diplomatie du Crrruisader possĂšde donc ses propres protocoles, Ă savoir aborder un navire, recruter des pirates, prĂ©parer une soirĂ©e pyjama puis commander Ă manger lorsque la frontiĂšre politique bouge. Les animaux ne sont pas oubliĂ©s. Le Crrruisader Ă©volue dans un environnement oĂč les moutons occupent dĂ©jĂ une place considĂ©rable et oĂč un petit singe karibĂ©en provoque mĂȘme une discussion entre Kâ Velzard et Golgoth LandraĂ«l II. Kâ propose au singe de venir en Slavonie parce que les Slavones adoreraient en avoir un puisquâelles possĂšdent dĂ©jĂ un canard. Golgoth refuse de laisser partir le singe et prĂ©cise que lâarrivĂ©e de nombreuses planches lui permet dĂ©sormais de jeter les gens aux requins Ă moindre coĂ»t. LâactivitĂ© Singe et Requins nâest pas incluse dans le forfait standard, prĂ©cise RRRRenĂ©. Elle nĂ©cessite un supplĂ©ment et nous demandons aux clients de rĂ©server les planches Ă lâavance. Le confort reste malgrĂ© tout un Ă©lĂ©ment essentiel. Le Crrruisader dispose dâune piscine de luxe et Golgoth LandraĂ«l II sâest longtemps montrĂ© particuliĂšrement fier de la cave Ă liqueurs du bĂątiment. Une rumeur de bord veut toutefois que Mousse Haillons, cherchant Ă allĂ©ger le navire lorsquâil risquait de sâapprocher dangereusement du bord du fleuve, ait choisi de jeter une partie des alcools par-dessus bord plutĂŽt que certaines vieilles installations ou les canots de sauvetage. Il sâagit dâune rumeur et RRRRenĂ© Barbotin tient Ă la traiter avec toute la prudence nĂ©cessaire. Si câest vrai, câest terrrrible. Les alcools Ă©taient excellents. Les canots, eux, sont encore utilisables. Au milieu de ces dĂ©cisions, Mousse Haillons continue essentiellement Ă rĂ©parer ce qui doit lâĂȘtre et Ă se demander comment chaque problĂšme mĂ©canique rĂ©ussit Ă devenir une discussion sur lâannexion du GĂ©ofront, une mutinerie ou une fĂȘte en pyjama. Le programme religieux nâa rien Ă envier au reste. Le Crrruisader possĂšde une aumĂŽnerie, accueille SĆur Shoshana von Zyklon, hĂ©berge Circinus-037A et dispose dĂ©sormais dâun UsurpatoÂź3000D+ convaincu que la DĂ©esse aime les Miettes et que les Miettes aiment la DĂ©esse. Il peut donc ĂȘtre difficile de dĂ©terminer Ă quel moment prĂ©cis une rĂ©paration Ă©lectronique devient une conversion mystique, mais Club Meuse considĂšre que cette confusion enrichit le sĂ©jour. Le client peut prier, mĂ©diter, discuter avec une intelligence artificielle ou boire du Vin Pourpre jusquâĂ ce que les catĂ©gories deviennent moins importantes. Alorsrrr chers vacancierrrs, est-ce que le Crrruisader est sĂ»r, reprend RRRRenĂ© Barbotin avec cette assurance que seuls possĂšdent les hommes qui ne dorment pas eux-mĂȘmes dans la cabine quâils vendent. Absolument. Certaines installations essentielles sont protĂ©gĂ©es par des Portes BlindĂ©es. LâĂ©quipage comprend des pirates. Plusieurs GuerriĂšres Slavones connaissent maintenant les bases de la mutinerrrie. Le robot est armĂ© mais trĂšs sympathique. La capitaine sait rĂ©parer une cafetiĂšre Ă coups de poing. Lâintelligence artificielle peut Ă©ventuellement tenir sur une pomme de terrrre. La canonniĂšre apprend encore Ă viser. Et la soirĂ©e pyjama est confirmĂ©e. Lorsquâun problĂšme survient, nous avons toujours au moins six personnes prĂȘtes Ă proposer une solution. Elles ne proposent simplement jamais la mĂȘme. La musique de vacances revient doucement, accompagnĂ©e du cri de quelques mouettes qui ont peut-ĂȘtre postulĂ© au poste vacant. RRRRenĂ© Barbotin prend alors sa voix la plus enveloppante. Alors venez dĂ©couvrir le Crrruisader. RĂ©servez votre cabine, profitez de la piscine, goĂ»tez les liqueurs qui restent, rencontrez les pirates, Ă©vitez le scanner mĂ©dical du robot si vous avez quelque chose Ă cacher et confiez vos appareils Ă Shiki Chantargent avant que Tears Velzard ne dĂ©cide de les rĂ©parer elle-mĂȘme. Sur les autres croisiĂšrrres, vous partez une semaine et vous revenez bronzĂ©. Sur le Crrruisader, vous pouvez revenir pirate, Kramarade, canonniĂšre, mĂ©canicien, disciple de la Grande DĂ©esse, membre dâun nouvel Ă©quipage ou mouette officielle. Câest cela, le tout comprrris. Au loin, quelque chose de mĂ©tallique tombe sur le pont. Une voix demande qui conduit. Une autre rĂ©clame du jus de pomme. Un robot commence Ă parler de Miettes. Club Meuse CroisiĂšres. La soirrrĂ©e pyjama est maintenue mĂȘme en cas de naufrage. |
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4 Septembre 6662026
Ăloignez votre verre des rapports diplomatiques et gardez vos (...)
![]() 4 Septembre 6662026 Ăloignez votre verre des rapports diplomatiques et gardez vos manteaux en poil de Yack Ă portĂ©e de main car nous allons traverser plusieurs climats politiques qui ont tous en commun de prĂ©tendre ĂȘtre tempĂ©rĂ©s alors quâils sont manifestement en flammes. Ici Kleo, pour Necrotoile. La ForĂȘt de Jade veut la paix et construit des arĂšnes. La ConfĂ©dĂ©ration Libre veut la paix et tire avec une arme absolue. Le Paradigme Vert veut la paix et demande que la bureaucratie soit classĂ©e parmi les armes de destruction massive. LâEmpire Brun veut redevenir malĂ©fique et commence par bĂątir un bar. Le Khanat veut honorer ses morts et dĂ©couvre au passage une crise morale concernant les moutons. Quant Ă la RĂ©publiK elle organise une Ă©lection si parfaitement dĂ©mocratique que les deux candidats obtiennent exactement la moitiĂ© du pays comme deux hĂ©ritiers qui auraient sciĂ© le salon en deux avant de dĂ©couvrir que la porte dâentrĂ©e se trouve sur la ligne de partage. Je vous le dis avec toute lâimpartialitĂ© dont je suis capable. Nous vivons une Ă©poque admirable parce quâelle fournit Ă lâhistorienne le luxe trĂšs rare de ne plus avoir besoin dâexagĂ©rer. Commençons par la ForĂȘt de Jade car tout finit toujours par revenir Ă Accalmie avec la rĂ©gularitĂ© dâun mauvais rhume diplomatique. On avait dĂ©jĂ vu Kraland distribuer le Bonheur par voie balistique et la ConfĂ©dĂ©ration semble avoir estimĂ© quâil serait inconvenant de laisser la concurrence seule sur le marchĂ© de la vertu explosive. Pr Jean-Michel Nobyl a donc employĂ© le Rayon Pacifique contre Accalmie au nom dâune idĂ©e simple qui mĂ©rite dâĂȘtre examinĂ©e avec le respect dĂ» aux grandes inventions politiques. Puisque la paix tardait Ă venir on lâa tirĂ©e sur la ville. Je trouve lâidĂ©e magnifique. Des siĂšcles de philosophes se sont Ă©puisĂ©s Ă dĂ©terminer comment faire cesser la guerre alors quâil suffisait apparemment de mettre la paix dans un canon. Jean-Michel Nobyl a mĂȘme pris soin de prĂ©ciser quâil avait financĂ© lui-mĂȘme lâopĂ©ration ce qui donne Ă lâensemble cette dĂ©licieuse touche de mĂ©cĂ©nat Ă©clairĂ© que lâon rencontre dâordinaire chez les princes finançant des opĂ©ras et plus rarement chez les savants qui bombardent une forĂȘt avec la tranquillitĂ© dâun homme offrant des fleurs.Le plus beau nâest pourtant pas le Rayon Pacifique. Le plus beau est ce quâAccalmie en a fait. Six minutes aprĂšs avoir reçu la paix la ville construisait une arĂšne. Je voudrais que lâon sâattarde sur ces six minutes car elles rĂ©sument mieux la situation que trois mĂštres de dossiers au Tribunal Cybermondial. Six minutes. Le temps de vĂ©rifier que les murs tiennent encore et de demander oĂč lâon pourrait raisonnablement organiser le prochain combat. Jean-Michel Nobyl lui-mĂȘme semble avoir Ă©tĂ© surpris de cette rĂ©action ce qui prouve que mĂȘme les hommes capables de tirer la paix Ă distance gardent parfois une touchante naĂŻvetĂ© sur la nature humaine. Ce nâest pas quâAccalmie refuse la paix. Elle la reçoit avec beaucoup de gratitude puis elle lui cherche immĂ©diatement une tribune avec des gradins.Mais avant de quitter cette affaire je voudrais attirer votre attention sur lâĆuvre de Kether Dei Machiavelli. Il fallait dĂ©militariser la zone. Le bourgmestre a donc dĂ©truit une caserne et levĂ© une taxe immobiliĂšre de plus de dix mille Ă©coflorins afin de financer la pacification avant dâannoncer le premier guichet de pĂ©age de la future zone dĂ©militarisĂ©e. VoilĂ une Ă©volution politique dont je souhaite conserver chaque mot pour les gĂ©nĂ©rations futures. On a commencĂ© par expliquer que la frontiĂšre devait devenir un espace de circulation et de paix. On en est arrivĂ© naturellement Ă lâidĂ©e quâil fallait faire payer les gens pour la traverser. Câest ce que jâaime dans la politique lorsquâelle atteint sa pleine maturitĂ©. Les idĂ©aux deviennent des infrastructures. La libertĂ© devient une barriĂšre levante. La paix devient un reçu. Et si vous trouvez cela cynique je vous invite Ă vous prĂ©senter au guichet avec la somme exacte.Le Tribunal Cybermondial observe ce miracle avec lâĂ©lĂ©gance lĂ©gĂšrement Ă©puisĂ©e de PrĂ©cieuse Liarr qui avait dĂ©jĂ ouvert un dossier sur le conflit aprĂšs sâĂȘtre retrouvĂ©e devant plusieurs mĂštres de paperasse. Je lâimagine trĂšs bien Ă son bureau sous une montagne de tĂ©moignages en train de dĂ©couvrir progressivement que chaque nouvelle tentative pour comprendre la ForĂȘt de Jade produit deux nouveaux documents et une revendication territoriale. Solas a dâailleurs portĂ© devant elle une idĂ©e qui restera peut-ĂȘtre comme lâune des grandes contributions du Paradigme Vert Ă la thĂ©orie militaire. Il demande en substance que lâusage de la bureaucratie Ă des fins de guerre soit traitĂ© comme une arme de destruction massive. Pour une fois je suis presque disposĂ©e Ă applaudir. Il faut avoir vĂ©cu dans le Cybermonde pour comprendre quâun tampon correctement placĂ© peut faire davantage de dĂ©gĂąts quâun missile. Le missile dĂ©truit un bĂątiment. Le formulaire dĂ©truit votre poste puis votre juridiction puis votre droit de vous plaindre du formulaire. Il faut reconnaĂźtre Ă la ConfĂ©dĂ©ration un talent particulier pour cette forme de violence douce qui vous dĂ©possĂšde avec une signature et vous demande ensuite si vous avez pensĂ© Ă conserver votre copie carbone.VoilĂ qui nous conduit naturellement Ă la ConfĂ©dĂ©ration elle-mĂȘme oĂč le personnel politique a dĂ©cidĂ© ce soir de dĂ©montrer que la dĂ©mocratie est un art de la circulation. Jean-Ronaldoe de la Patrie a quittĂ© Structural parce quâil y avait apparemment trop dâarbres puis il est passĂ© Ă la ConfĂ©dĂ©ration et sâest retrouvĂ© PrĂ©fet de Police en Acropole avant de dĂ©missionner avec le sentiment du travail accompli puis dâĂȘtre nommĂ© Ministre des Affaires ĂtrangĂšres par Jean-Messie de la Nation. Cela paraĂźt rapide seulement si vous avez encore lâhabitude dâassocier une fonction Ă une durĂ©e. La dĂ©mocratie moderne est plus lĂ©gĂšre. Elle pose un homme sur une chaise juste assez longtemps pour que la chaise sache quâelle a Ă©tĂ© occupĂ©e puis elle le dĂ©place vers la suivante. Le mobilier finit par acquĂ©rir davantage dâexpĂ©rience institutionnelle que les ministres.Au Warriorland la mĂȘme philosophie a atteint une forme presque pastorale. Sir McRabbit a perdu son gouvernorat Ă la suite dâune affaire de zone autonome et le MinistĂšre de lâIntĂ©rieur a nommĂ© bob le kasque blue en faisant remarquer que le nouveau gouverneur possĂ©dait sur lâancien un avantage dĂ©cisif. Il ne dormait pas. Je ne conteste jamais un critĂšre de recrutement quand il est formulĂ© avec une telle franchise. Depuis son arrivĂ©e bob le kasque blue semble vouloir gouverner la province par une politique publique fondĂ©e sur le lapin. Collets. Civet. Soupe populaire. LĂ©vriers du chaos. Jâai connu des gouvernements qui avaient des programmes moins cohĂ©rents. Pendant ce temps une rumeur court Ă Forum selon laquelle la buvette de lâAssemblĂ©e serait vide et que les parlementaires travailleraient peut-ĂȘtre. Je demande que cette rumeur soit maniĂ©e avec prudence. Il existe des limites Ă ce que mĂȘme Radio NĂ©crotoile peut diffuser sans preuve.Le contraste avec lâEmpire Brun est dĂ©licieux car chez les Bruns personne ne fait semblant que le pouvoir est sobre. Tormenta Ruthven a rĂ©cemment appelĂ© lâEmpire Ă sortir de sa lĂ©thargie et Ă recommencer Ă influencer le Cybermonde comme autrefois. Son diagnostic Ă©tait sĂ©vĂšre et pas entiĂšrement faux. LâEmpire regardait les autres fabriquer des crises avec une efficacitĂ© qui commençait Ă devenir humiliante. Or un Empire Brun inactif ressemble Ă un vieux chĂąteau de sĂ©rie B dont les Ă©clairs fonctionnent encore mais oĂč plus personne ne descend Ă la cave. Tormenta Ruthven a donc dĂ©cidĂ© de rĂ©veiller le Mal avec ce quâil dĂ©crit lui-mĂȘme comme une injection dĂ©moniaque et contractuelle. Ăvidemment Ombre Minusculique nâĂ©tait pas loin. Quand une phrase contient simultanĂ©ment les mots pacte et dĂ©mon il y a de fortes chances quâune Ombre soit dĂ©jĂ assise dans le fauteuil avant mĂȘme quâon ait fini de prononcer la proposition.Le pacte a maintenant produit sa consĂ©quence la plus brune possible. LâEmpire doit mettre au point le Dessert Ultime. Floran BaumĂ© a lancĂ© les travaux de recherche en confessant avec une honnĂȘtetĂ© scientifique admirable quâil ne sait pas cuisiner mais quâil connaĂźt la chimie. Je ne voudrais surtout pas dĂ©courager lâexpĂ©rience. Toute lâhistoire de la science repose sur des gens qui ignoraient prĂ©cisĂ©ment ce quâils faisaient mais disposaient dâun laboratoire assez solide pour que les voisins nâen soient pas immĂ©diatement informĂ©s. Le problĂšme est que nous parlons ici dâun dessert commandĂ© par une dĂ©mone dans un Empire oĂč les savants ont depuis longtemps pris lâhabitude de considĂ©rer lâuranium comme un condiment conceptuel. Si lâon vous propose bientĂŽt une mousse au chocolat qui brille dans le noir je recommande de ne pas demander la recette avant dâavoir signĂ© votre testament.Et pendant que les savants bruns cherchent Ă donner une forme pĂątissiĂšre au Mal la Mystisie accueille Ă Abandon les dĂ©mons de Glycidia venus prĂ©parer une inauguration. Je mesure mes mots. Des dĂ©mons ont franchi un portail avec des matĂ©riaux et ont commencĂ© Ă construire un bar. FĂ©e Con de la Gueuse sâen est indignĂ©e avec une vigueur comprĂ©hensible car il est difficile de maintenir une rĂ©putation infernale lorsque vos hordes arrivent avec des plans de chantier. Silas des Sables annonce pourtant lâouverture prochaine dâAbandon comme capitale dĂ©moniaque avec marchĂ©s dĂ©moniques et tentes de pactes ainsi quâun portail et une montĂ©e de lâAntre de Naar puis naturellement un bar Ă©phĂ©mĂšre. Le Mal a donc dĂ©couvert lâĂ©vĂ©nementiel. CâĂ©tait inĂ©vitable. AprĂšs les pactes de sang viendraient fatalement les bracelets dâentrĂ©e.Ne croyez pas pour autant que lâEmpire ait renoncĂ© Ă ses vieilles mĂ©thodes. Ă Cinq Pics Silice de Pont-Krivell a conduit une armada de Destroyers et de Froques Brunes pour prendre le contrĂŽle des lieux aprĂšs un combat suffisamment sĂ©rieux pour la laisser durement blessĂ©e. Câest ici que lâEmpire retrouve une certaine puretĂ© doctrinale. Dâun cĂŽtĂ© on conquiert un dĂ©troit avec des troupes et des navires. De lâautre on inaugure un bar avec des dĂ©mons et lâon commande un dessert Ă la Recherche. Ceux qui prĂ©tendent que le Brun a perdu son identitĂ© nâont donc rien compris. LâidentitĂ© brune nâa jamais Ă©tĂ© la cohĂ©rence. Câest la capacitĂ© de faire tenir dans la mĂȘme affiche une invasion amphibie et une pĂątisserie maudite sans que personne ne pense Ă changer de chaĂźne.Restons un instant du cĂŽtĂ© du Paradigme Vert car la ForĂȘt de Jade nâest pas la seule province Ă dĂ©velopper cette curieuse impression que lâĂ©cologie est devenue une discipline de combat. En Irendol Makoto Natsume a portĂ© lâimpĂŽt sur le revenu de cinq Ă cinquante pour cent tout en accĂ©lĂ©rant la production dâor. VoilĂ une politique environnementale dâune grande beautĂ© abstraite. On extrait plus vite et on taxe plus fort. La nature donne puis lâadministration reprend. Le cycle est complet. Ă Bamboutopia Saphir Ravenmaid loue Karlin tout en frappant politiquement Bladimir Bladimirovitch Mutin et pendant ce temps Tormenta Ruthven fait exactement lâinverse en caressant Bladimir dans le sens du putsch tout en reprochant Ă Karlin de ne pas lui rĂ©pondre. La diplomatie rĂ©gionale ressemble dĂ©sormais Ă une tablĂ©e oĂč chacun fĂ©licite lâennemi de son voisin dans lâespoir trĂšs discret que quelquâun finira par renverser la soupe.Ă Accalmie mĂȘme le problĂšme nâest plus seulement militaire. Il est esthĂ©tique. PrĂ©cieuse Liarr reproche au bourgmestre de ne pas financer correctement la station dâĂ©puration alors que Martina D. Dei Machiavelli constate que la pollution sonore nâest pas Ă©cologique et que Tide manifeste contre les casques. JâapprĂ©cie cette Ă©volution du conflit. Nous Ă©tions partis de la question de savoir qui contrĂŽlerait une province et nous voilĂ dĂ©sormais Ă dĂ©battre de lâassainissement et du bruit des occupants. Câest souvent ainsi que naissent les grands empires. Ils commencent par la cavalerie et finissent par une plainte de voisinage.Je sais que certains attendent que je prenne parti. Jây viens toujours dĂšs que chacun a suffisamment compromis sa propre cause pour que mon choix devienne amusant. Le Paradigme a raison lorsquâil dit quâune administration hostile peut ĂȘtre une arme. La ConfĂ©dĂ©ration a raison lorsquâelle dit quâelle veut pacifier une frontiĂšre devenue dangereuse. Kraland avait raison lorsquâelle a prĂ©tendu y apporter le Bonheur. Et tout le monde a tort dâune maniĂšre si productive que je refuse de priver lâHistoire dâun seul responsable. Les intĂ©ressĂ©s peuvent bien entendu venir corriger cette analyse. Je conserverai leurs dĂ©mentis avec le mĂȘme soin que les aveux. Passons au Khanat ElmĂ©rien oĂč lâon dĂ©montre ce soir quâune civilisation tribale nâa nul besoin dâune crise constitutionnelle quand elle peut avoir une crise fĂ©line. Noctis sâest installĂ© Ă lâIgloo et a constituĂ© une Ă©quipe qui mĂ©rite dâĂȘtre Ă©tudiĂ©e par tous les futurs spĂ©cialistes de lâadministration animale. Katniss Ravenloft devient Commissaire de Police en partie parce que son passĂ© de dĂ©linquante lui donnera selon Noctis une meilleure comprĂ©hension des criminels. Jâadmire la logique. Elle est si circulaire quâelle pourrait servir de roue. Olga LaBlonde devient Sergente pour mener la guerre perpĂ©tuelle contre les rongeurs et les oiseaux tandis que Odessa Stone reçoit la justice parce quâelle a acceptĂ© sa dĂ©faite avec honneur. Le Khanat vient ainsi de dĂ©couvrir une forme de gouvernement oĂč la compĂ©tence est dĂ©finie comme le fait dâavoir personnellement rencontrĂ© le problĂšme que lâon vous demande maintenant de surveiller. Ă ce rythme le prochain Ministre des Finances sera choisi parmi les gens qui ont dĂ©jĂ perdu leur portefeuille.Mais lâIgloo nâest encore que lâantichambre. La grande affaire spirituelle se joue en Capsulie autour de lâhommage Ă Elmer. Alice Ravenloft a annoncĂ© des festivitĂ©s comprenant notamment des moutons destinĂ©s Ă ĂȘtre sacrifiĂ©s et mangĂ©s. Noctis sâest dressĂ© contre cette perspective au nom de la cause ovine en expliquant quâil serait beaucoup plus acceptable de sacrifier des humains. VoilĂ une querelle morale que seule une civilisation trĂšs avancĂ©e pouvait produire. Nous ne dĂ©battons plus de savoir si le sacrifice rituel est convenable. Nous dĂ©battons de lâespĂšce qui mĂ©rite le moins dâĂȘtre Ă©pargnĂ©e. Le progrĂšs est subtil mais il existe. Une rumeur prĂ©tend en outre que la reprĂ©sentation officielle dâElmer aurait Ă©tĂ© corrigĂ©e par le MinistĂšre de lâInformation elmĂ©rien et quâune autre image circulerait sous le manteau. Jâinvite Alice Ravenloft Ă venir dĂ©fendre lâauthenticitĂ© de ses archives. Les ministres de lâInformation sont toujours les bienvenus ici. Jâai un intĂ©rĂȘt professionnel pour les gens accusĂ©s de corriger la rĂ©alitĂ©.La Bananie ajoute Ă cette harmonie tribale sa propre note de basse. Tina Plurien critique le Khanat. PĂšre Fouras manifeste contre lui et Light Deathnote rĂ©sume la situation avec lâĂ©lĂ©gance dâun homme qui refuse dâĂȘtre pris pour un pigeon dans un empire dirigĂ© par un Grand Khan qui en est littĂ©ralement un. Je nâinvente rien et câest prĂ©cisĂ©ment ce qui mâinquiĂšte. Le Khanat a rĂ©ussi Ă faire de la zoologie une science politique.Et puisquâil est question dâanimaux politiques parlons des Yacks. Le troupeau de Yack's Eye poursuit sa croisade pour la libĂ©ration des reliques au nom dâune thĂ©orie rĂ©volutionnaire selon laquelle les dĂ©tenteurs actuels ne seraient pas des propriĂ©taires mais les geĂŽliers dâobjets dont les crĂ©ateurs ont disparu. Cette doctrine a dĂ©jĂ permis de libĂ©rer la PiĂšce Porte-Bonheur ce qui est une maniĂšre admirable de dire quâon lâa prise Ă quelquâun pour lui rendre sa libertĂ©. Jâavais cru que la politique avait Ă©puisĂ© depuis longtemps toutes les façons Ă©lĂ©gantes de renommer le vol. Les Yacks viennent de me rappeler quâil reste toujours du pĂąturage intellectuel. Sophos avait proposĂ© de soumettre cette piĂšce Ă une expĂ©rience destinĂ©e Ă dĂ©terminer scientifiquement si elle portait rĂ©ellement bonheur. Lâaffaire a ensuite dĂ©rivĂ© vers des considĂ©rations comptables si profondes que FĂ©e Con de la Gueuse a fini par demander en substance quâon lui confie assez dâargent pour poursuivre correctement la dĂ©monstration. Je respecte cette Ă©cole scientifique. DĂšs quâune hypothĂšse devient confuse elle demande davantage de financement.La question des reliques nâest dâailleurs pas terminĂ©e. Silice de Pont-Krivell a rappelĂ© aux Yacks quâune autre relique issue de la famille Sokrano avait Ă©tĂ© dispersĂ©e et leur a proposĂ© avec toute la douceur mystisienne nĂ©cessaire une promenade dans le lac de Trou Perdu. Nous assistons donc Ă la naissance dâun dĂ©bat philosophique majeur sur le droit des objets Ă disposer dâeux-mĂȘmes avec dâun cĂŽtĂ© des Yacks qui veulent libĂ©rer les reliques et de lâautre des Bruns qui veulent probablement libĂ©rer les Yacks de leur capacitĂ© respiratoire. Les universitaires pourront appeler cela un conflit de conceptions. Moi jâappelle cela un mardi qui a pris du retard.Le Royaume de RuthvĂ©nie ne pouvait naturellement pas laisser le reste du Cybermonde monopoliser la grandeur théùtrale. Dame DĂ©merzel a versĂ© Ă la RĂ©publiK plus de quatorze mille piĂšces au titre de la fĂȘte de lâOr du ValĂ©gro ce qui prouve que la monarchie peut ĂȘtre dramatiquement solennelle et payer ses dettes dans la mĂȘme journĂ©e. Dans les KaraĂŻbes elle sâemploie parallĂšlement Ă rappeler que le Royaume aime profondĂ©ment ses sujets au moment exact oĂč une partie dâentre eux manifeste contre le Royaume et oĂč des paysans entrent en rĂ©bellion. Câest le vieux gĂ©nie monarchique. Plus le sujet sâĂ©loigne plus la couronne lui explique quâil est aimĂ©. Dame DĂ©merzel va mĂȘme jusquâĂ reconnaĂźtre Palladium-City comme citĂ© libre palladionaute tout en rejetant lâidĂ©e dâune vĂ©ritable indĂ©pendance. Vous ĂȘtes donc libres dans le cadre trĂšs prĂ©cis oĂč votre libertĂ© ne remet rien en cause. Câest une libertĂ© de salon. On peut sây dĂ©placer Ă condition de ne pas toucher aux meubles.Mais la plus belle contribution ruthvĂšne Ă la soirĂ©e vient peut-ĂȘtre de Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ qui a inspectĂ© les Champs de Glace en SibĂ©ria et confirmĂ© par lâautoritĂ© de ses pieds quâils Ă©taient effectivement froids avant dâen dĂ©duire leur utilitĂ© pour rafraĂźchir le Cybermonde et par consĂ©quent leur revendication par le Royaume. Je ne vois aucune faille. Si le droit territorial peut dĂ©sormais dĂ©couler de la tempĂ©rature ressentie dans les chaussures nous entrons dans une Ăšre diplomatique merveilleusement simple. Wenceslas a ensuite demandĂ© de la main-dâĆuvre servile et sâest vu prĂ©senter des cerfs au lieu de serfs. Il a refusĂ© dâadapter ses pioches aux sabots. Ce dĂ©tail suffirait Ă lui seul Ă justifier lâexistence des archives. On raconte souvent que les guerres naissent de malentendus. Celle-ci pourrait ĂȘtre Ă©vitĂ©e par une bonne diction.Il reste Kraland et je sais que certains dâentre vous attendaient que je lâĂ©pargne par rĂ©flexe ministĂ©riel. Ce serait mal me connaĂźtre. La RĂ©publiK vient dâorganiser un sondage Ă©lectoral oĂč Sophos et Alex KidoWski se retrouvent Ă sept voix contre sept. Câest une Ă©galitĂ© si parfaite quâelle ressemble moins Ă une mesure de lâopinion quâĂ une tentative de la gĂ©omĂ©trie pour entrer en politique. Ivictus fait campagne pour Alex KidoWski et convainc encore une partisane. Alex KidoWski lui-mĂȘme vient Ă peine de sortir de prison aprĂšs quelques journĂ©es oĂč sa campagne Ă©lectorale aura bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun niveau de surveillance que mĂȘme les candidats les plus ambitieux obtiennent rarement. Je rappelle pour les amateurs dâarchives que jâavais moi-mĂȘme payĂ© deux mille FK de caution lorsquâil fallait le faire sortir. Cela ne constitue Ă©videmment pas un soutien politique. Cela constitue un investissement journalistique dans la disponibilitĂ© dâun sujet.Le dossier devient plus dĂ©licieux encore lorsque certains renseignements internes dĂ©crivent les chiffres de cette Ă©galitĂ© comme lĂ©gĂšrement farfelus. Je nâaccuse personne. Jâobserve seulement quâĂ Kraland mĂȘme les statistiques possĂšdent parfois une imagination rĂ©volutionnaire. VoilĂ pourquoi lâĂ©lection reste passionnante. Sophos peut gagner. Alex KidoWski peut gagner. Les chiffres peuvent gagner. Et dans le pire des cas le MinistĂšre de lâInformation expliquera pourquoi le rĂ©sultat obtenu Ă©tait prĂ©cisĂ©ment celui que la nation attendait depuis toujours.Pendant ce temps Logan Komikov a dĂ©valuĂ© la monnaie de cinq pour cent afin de gĂ©nĂ©rer plus de treize mille FK quelques heures plus tard Shiki Chantargent dĂ©couvre la SociĂ©tĂ© CybernĂ©tique au bĂ©nĂ©fice de la RĂ©publiK et permet aux indices de dĂ©passer leurs anciennes limites. Il y a des journĂ©es oĂč un gouvernement dĂ©value la monnaie puis finance la science qui invente prĂ©cisĂ©ment le moyen technique permettant Ă ses statistiques de monter plus haut. Dans dâautres pays cela provoquerait une commission dâenquĂȘte. Ă Kraland cela provoque un nouveau formulaire de fĂ©licitations.Je nâoublie pas Tears Velzard qui continue dâentretenir lâune des traditions politiques les plus difficiles Ă expliquer aux Ă©trangers. Elle peut favoriser le recrutement massif en Slavonie puis soutenir publiquement le gouvernement au Cruisader tout en dĂ©lĂ©guant le commandement de son Ă©quipage pirate parce quâune soirĂ©e pyjama rĂ©clame sa prĂ©sence. Ce nâest pas de lâinconstance. Câest une conception trĂšs avancĂ©e de la polyvalence stratĂ©gique. Les empires anciens envoyaient leurs gĂ©nĂ©raux sur deux fronts. Kraland envoie ses capitaines sur un front et dans une chambre avec des oreillers. Jusquâici les rĂ©sultats territoriaux donnent plutĂŽt raison aux oreillers.Au fond toute cette soirĂ©e raconte la mĂȘme chose. Aucun peuple du Cybermonde ne veut reconnaĂźtre quâil fait la guerre de la maniĂšre dont les autres lâaccusent de la faire. La ConfĂ©dĂ©ration ne conquiert pas. Elle pacifie et installe des pĂ©ages. Le Paradigme ne rĂ©siste pas. Il protĂšge la nature et demande lâinterdiction des tampons hostiles. LâEmpire Brun ne complote pas. Il se rĂ©veille et construit des bars dĂ©moniaques entre deux opĂ©rations militaires. Le Khanat ne se divise pas. Il dĂ©bat du statut moral des moutons. La RuthvĂ©nie ne perd pas des sujets. Elle leur rappelle avec plus de majestĂ© quâils sont aimĂ©s. Kraland ne manipule pas ses chiffres. Elle dĂ©couvre simplement une technologie permettant aux chiffres de devenir plus ambitieux. Câest peut-ĂȘtre cela qui me fascine le plus dans notre Ă©poque. Les nations nâont pas cessĂ© dâĂȘtre brutales. Elles ont seulement dĂ©veloppĂ© un vocabulaire suffisamment dĂ©licat pour pouvoir regarder leur brutalitĂ© dans un miroir sans dĂ©ranger leur coiffure. Une bombe devient pacifique. Un pĂ©age devient une frontiĂšre de libertĂ©. Une dĂ©valuation devient une contribution. Un vol devient une libĂ©ration. Une invasion dĂ©moniaque devient une inauguration avec buvette. Une revendication territoriale commence par la tempĂ©rature des pieds. Et tout le monde conserve lâĂ©tonnante conviction dâĂȘtre la seule personne raisonnable dans la piĂšce. Je les comprends. Jâai la mĂȘme conviction. Les reprĂ©sentants de la ConfĂ©dĂ©ration sont invitĂ©s Ă venir expliquer comment un Rayon Pacifique se distingue dâune arme lorsquâil frappe une ville. Les autoritĂ©s paradigmiennes peuvent venir dĂ©montrer quâune arĂšne construite six minutes aprĂšs la paix Ă©tait indispensable Ă la biodiversitĂ©. Tormenta Ruthven et Floran BaumĂ© peuvent naturellement nous faire parvenir un Ă©chantillon du Dessert Ultime Ă condition que le rĂ©cipient survive au trajet. Noctis peut dĂ©fendre les moutons en direct et Alice Ravenloft expliquer ses intentions sacrificielles. Quant aux Yacks ils sont priĂ©s de ne libĂ©rer aucun objet du studio pendant leur visite.Les tĂ©moins anonymes restent les bienvenus. Les tĂ©moins non anonymes aussi bien quâils aient gĂ©nĂ©ralement davantage Ă perdre. Ceux qui souhaitent corriger une date ou une version des faits peuvent le faire avec la solennitĂ© nĂ©cessaire. Ceux qui souhaitent simplement protester contre mon impartialitĂ© peuvent Ă©galement se manifester. Leur plainte sera versĂ©e au dossier consacrĂ© aux gens qui confondent une erreur de la journaliste avec leur incapacitĂ© Ă comprendre correctement ce quâelle vient dâexpliquer. La nuit est bien avancĂ©e. Le feu baisse dans la cheminĂ©e et quelque part un fonctionnaire rĂ©dige dĂ©jĂ le formulaire qui transformera les Ă©vĂ©nements de demain en nĂ©cessitĂ© historique. Câest le moment oĂč les empires se croient tranquilles parce que leurs bureaux ferment et oĂč les chroniqueuses deviennent dangereuses parce quâelles restent Ă©veillĂ©es. Gardez donc vos reçus de pĂ©age. Cachez vos reliques. Comptez vos moutons. VĂ©rifiez la tempĂ©rature de vos provinces avec vos pieds si vous ĂȘtes ruthvĂšne et ne laissez jamais un scientifique brun seul avec une crĂšme pĂątissiĂšre. Ici Kleo pour Radio NĂ©crotoile. |
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Ils Ă©taient heureux. Vraiment heureux. Je crois mĂȘme que certains avaient atteint ce stade rare oĂč l'autosatisfaction devient visible Ă l'Ćil nu. Ils ressemblaient Ă des enfants qui viennent de jeter leur jouet prĂ©fĂ©rĂ© dans un ravin et qui sont persuadĂ©s d'avoir rĂ©solu un problĂšme de rangement.
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Octave Sombrefer, gentil de la semaine.
Machiavelli a pris la parole avec la grĂące dâune lame administrative et la foule, cette grande bĂȘte molle qui applaudit souvent trop tard et hue parfois trop tĂŽt, lâa accueillie avec lâintelligence moyenne dâun banc de poissons morts. Elle a pourtant soutenu lâEmpire, attaquĂ© Kraland et rappelĂ© quâon ne lance pas une rĂ©volution sans lâappeler, ce qui dans un monde normal serait une plainte mondaine mais qui en Mystisie devient presque un principe constitutionnel. Martina D. Dei
DruKra reçoit la rĂ©compense de HĂ©ros de la RĂ©volution. Enfin. La RĂ©publik a retrouver le formulaire signĂ©. Ce qui prouve que lâhĂ©roĂŻsme existe seulement quand le bon papier dort dans la bonne pile. Les bardes peuvent chanter. Les archives ont validĂ©.
Le béton est-il fourni par le Khanat ou le client doit-il venir avec le sien.![[:,]](http://img7.kraland.org/s/09.gif)
Nerdos Valkyry vient donc nous expliquer que les Elmériens disent les choses droit dans les yeux.
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et ça c'est sacrément nul!

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