Votre émission de la nuit.
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posté 01/08 (10:57)

Rien nous sauve mon copain, l'Entropie augmente sans fin tu peux pas teste. Faut juste l'accompagner wé !
La Bombe 💣 est la seule voie qui tiens ses promesses et ne ment pas.
Ta peur est une veine tentative de créer un cadre qui te rend aveugle sur l'augmentation immuable du désordre.
La vérité est ce qu'il reste quand tous à été rasé cousin.
Tous le monde y passera un jour ou l'autre. Une fois que la bombe est intervenue, seule la vérité reste ! -
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modifié 02/08 (19:29)

2 aout 6662026
📻 RADIO NÉCROTOILE — ÉMISSION SPÉCIALE
RETOMBÉ EN ENFANCE : LE CYBERMONDE A BESOIN D’UNE NOUNOU
*Un grésillement traverse les ondes. Une petite musique de boîte à musique se fait entendre quelques secondes. Puis un bruit de jouet qu’on piétine. Silence.*
Bonsoir, Cybermonde.
Ici Kleo, votre araignée journaliste, qui interrompt ses programmes habituels pour une urgence sanitaire d’une gravité telle que plusieurs gouvernements envisageraient déjà de remplacer leurs ministères par des tapis de mousse colorés et des cubes avec des lettres dessus.
Une épidémie frappe actuellement plusieurs provinces.
Son nom ? Retombé en Enfance.
Nous avons donc officiellement atteint le stade où le Cybermonde n’a même plus besoin de satire. Il fait tout le travail lui-même. Depuis plusieurs jours, la maladie progresse avec une régularité remarquable. Le 25 juillet, Fort Emouchet, Honolulu-par-Delà et le Quartier Suprême étaient touchés. Le 27, rebelote, Valégro, Kraland, puis Gynerak en Slavonie rejoignait joyeusement la grande crèche internationale.
Le 29 juillet, alors que les autorités auraient éventuellement pu commencer à se demander pourquoi les citoyens réclamaient soudain des compotes et refusaient d’aller dormir, la maladie frappait de nouveau Fort Emouchet, Honolulu-par-Delà , le Quartier Suprême et Gynerak.
Et c’est à ce moment-là que la Ruthvénie est entrée dans la danse.
Ruthvenville.
Lantenac-du-Lac.
Toutes deux contaminées.
Puis arrive le 31 juillet. Et là , mes chers auditeurs, la situation cesse gentiment d’être une épidémie pour commencer à ressembler à une tournée mondiale de garderie.
Fort Emouchet : contaminée.
Quartier Suprême : contaminé.
Honolulu-par-Delà : contaminée.
Gynerak : contaminée.
Ruthvenville : contaminée.
Lantenac-du-Lac : contaminée.
Et pour couronner l’ensemble, Bisouville, en Hélénie, rejoint officiellement la catastrophe.
Bisouville.
Frappée par Retombé en Enfance. Je tiens à remercier la réalité pour ce travail de scénariste extrêmement professionnel. À ce stade, nous pouvons déjà tirer quelques conclusions scientifiques parfaitement rigoureuses.
Premièrement : ça revient.
Deuxièmement : ça s’étend.
Troisièmement : quelqu’un ferait mieux de cacher les crayons de cire avant qu’un chef d’État ne décide de redessiner les frontières directement sur les murs du palais.
Car le phénomène intéressant n’est pas seulement le nombre de villes touchées. C’est sa persistance. Honolulu-par-Delà , le Quartier Suprême et Fort Emouchet apparaissent encore et encore dans les relevés. Gynerak les rejoint ensuite. Puis Ruthvenville et Lantenac-du-Lac. Autrement dit, ce n’est visiblement pas le genre de maladie où l’on tousse trois jours avant de reprendre le travail. Non. Elle revient. Encore. Et encore. Comme un enfant de quatre ans qui vient vous demander toutes les quarante secondes :
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Pourquoi ?
PARCE QUE JE NE SAIS PAS, MIEL, RETOURNE COLORIER.
*Ahem.*
Pardon.
La rédaction est sous tension.
En Ruthvénie, la situation mérite notamment notre attention,Ruthvenville et Lantenac-du-Lac ont été signalées deux fois en moins de trois jours. Une performance sanitaire remarquable pour un territoire qui pourrait bientôt devoir remplacer ses traditionnels discours grandiloquents par :
Non, Lord Golgoth, on ne met pas la couronne dans sa bouche.
Kraland n’est pas en reste puisque Honolulu-par-Delà et le Quartier Suprême collectionnent les épisodes avec un enthousiasme qui commence franchement à ressembler à un abonnement.
Du côté de Valégro, Fort Emouchet tient également une très belle cadence.
Et Gynerak prouve une fois encore que la Slavonie refuse de laisser ses voisins monopoliser une catastrophe internationale. C’est beau. C’est solidaire. C’est surtout extrêmement inquiétant. Quant à Bisouville, fraîchement contaminée, je refuse de faire une plaisanterie sur une population atteinte de Retombé en Enfance dans une ville qui s’appelle Bisouville ... Non. Je refuse. La facilité a des limites. Même ici.
*Petit silence.*
Bon.
Faites quand même un bisou magique sur le bobo.
Voilà . C’est sorti. La question qui se pose maintenant est évidemment celle de l’origine de cette épidémie. Maladie naturelle ?Accident ? Arme biologique ?
Expérience scientifique ayant commencé par la phrase : Honnêtement, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ? Ou avons-nous simplement enfin découvert une explication médicale au comportement politique général du Cybermonde ? La rédaction de Radio Nécrotoile n’accuse personne. Pour l’instant.
Mais si nous découvrons prochainement un laboratoire rempli de hochets, de biberons contaminés et d’un scientifique en blouse blanche criant « C’EST POUR LA SCIENCE ! », nous nous autoriserons quelques questions. En attendant, les recommandations de Radio Nécrotoile sont simples.
Si votre voisin commence soudainement à parler avec une voix suraiguë, refuse ses légumes et prétend que votre fauteuil est désormais une forteresse imprenable, ne paniquez pas.
S’il commence à courir dans les couloirs du gouvernement avec une casserole sur la tête, vérifiez d’abord qu’il ne faisait pas déjà ça avant l’épidémie.
Le diagnostic différentiel est important.
Si un ministre se roule par terre parce qu’on lui refuse quelque chose, là encore, prudence : nous n’avons actuellement aucun moyen scientifique de distinguer Retombé en Enfance du fonctionnement politique ordinaire.
La situation sera donc suivie avec la plus grande attention.
Car aujourd’hui nous comptons déjà des foyers en Valégro, Kraland, Slavonie, Ruthvénie et Hélénie.
Et si cette progression continue, la prochaine réunion diplomatique internationale pourrait se résumer à douze dirigeants assis en cercle pendant qu’un éducateur demande :
Alors... qui a pris le jouet de son camarade ?
Et quelque part, au fond de la pièce, quelqu’un répondra :
C’est lui qui a commencé.
Ce qui, à bien y réfléchir, ne changera absolument rien à la diplomatie actuelle.
Ici Kleo], pour Radio Nécrotoile.
Nous continuerons naturellement à suivre cette épidémie avec le sérieux, la dignité et la rigueur scientifique qui ont toujours fait notre réputation.
C’est-à -dire que si Ruthvenville annonce demain une pénurie de couches, nous ferons une édition spéciale.
D’ici là , lavez-vous les mains.
Évitez de lécher les poignées de porte.
Ne partagez pas vos sucettes.
Et surtout...
Si votre Empereur commence à réclamer qu’on lui coupe sa viande, prévenez immédiatement les autorités.
*La musique de boîte à musique reprend.*
*Une petite voix au loin :*
Kleoooo... j’ai soif.
*Silence.*
...
JE SUIS À LA RADIO.
Mais Kleoooooo...
Bonne nuit, Cybermonde.
*Fin de transmission.*
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons. -
posté 03/08 (02:48)

2 aout 6662026
Bonsoir à vous, citoyens de l’Empire Brun, voisins plus ou moins fréquentables, souverains provisoires, révolutionnaires permanents, démocrates occasionnels et contribuables qui n’avez pas encore compris que votre argent est beaucoup plus heureux dans les caisses d’un ministère que dans vos poches. Ici Kleo, Ministre de l'Information de l’Empire Brun, araignée impériale et journaliste d’une impartialité si absolue qu’elle est régulièrement confondue avec de la propagande par les esprits faibles. Les nouvelles de cette nuit ont prit une tournure délicieuse. La Ruthvénie a changé de souverain comme une actrice tragique change de robe après avoir découvert que la première robe avait déjà été poignardée. La Mystisie a organisé un coup d’État avec une politesse administrative presque touchante. L’Irendol a tenté d’élire un gouverneur tout en brûlant consciencieusement ses bulletins. Hélénie continue d’expérimenter un gouvernement où l’on soigne les épidémies en se battant dans les auberges. La République de Kraland a découvert le salaire minimum à cinquante FK et le Géofront a montré qu’il est encore possible de quitter le pouvoir avec davantage de dignité qu’on en avait trouvé en y entrant. Je sais. Cela fait beaucoup. Heureusement vous m’avez.Cette émission vous est offerte par Bonheur 2000 de
K' Velzard.
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Commençons par la Ruthvénie puisqu’elle a fait ce que font toutes les monarchies lorsqu’elles sentent que l’attention du Cybermonde risque de se détourner d’elles. Elle a renversé quelque chose. En début de soirée la couronne reposait encore sur la tête de
Dame Démerzel. Puis
Tormenta Ruthven a observé la situation avec l’œil du félin qui regarde un verre posé trop près du bord d’une table et s’est dit qu’il serait regrettable de laisser la stabilité durer davantage. Il a donc usurpé le trône. Le motif était d’une pureté doctrinale admirable. Nous étions le deux août. Deux huit. Vingt-huit si l’on ferme les yeux avec suffisamment de conviction.
Il serait cependant injuste de réduire cette affaire à une simple prise de pouvoir. La Ruthvénie s’est réveillée avec plusieurs souverains dans le même quart d’heure moral.
Tormenta Ruthven prend la couronne, proclame l’état d’urgence, distribue une récompense Ã
Dame Démerzel pour la propreté impeccable du palais et explique tranquillement qu’il était obligé d’essayer parce que l’opportunité existait. Voilà une conception de l’État que je respecte presque. Dans l’Empire Brun nous avons depuis longtemps compris qu’un poste important attire mécaniquement ceux qui pensent pouvoir mieux l’occuper. Nous avons simplement eu l’élégance de transformer cela en tradition. En Ruthvénie ils appellent encore cela un scandale avant d’applaudir le prochain souverain. La différence est surtout vestimentaire.
Puis vint le meilleur. À peine installé
Tormenta Ruthven désigna
Golgoth Ruthven le Vagabond comme Arbitre des Élégances. Quelques instants plus tard le père décernait au fils la Médaille des Bonnes Manières avec une tendresse familiale si délicate qu’on aurait presque oublié qu’une couronne venait de changer de tête au milieu des huées, des pressions politiques, des rumeurs de sous-vêtements douteux et des tentatives d’usurpation. Presque.
Golgoth Ruthven le Vagabond avait d’ailleurs passé une partie de la soirée à critiquer
Dame Démerzel tout en expliquant qu’il s’agissait de critiques constructives. Le royaume a inventé une forme de maçonnerie politique fascinante où l’on démolit la façade tout en assurant au propriétaire qu’on améliore l’aération.
Mais la maison ne s’est pas arrêté là .
Tormenta Ruthven, après avoir conquis le trône, l’a transmis à son père. Oui. Le fils renverse une reine, devient roi puis offre le royaume à papa en expliquant que tout ceci était un pacte. Si quelqu’un cherchait encore une définition pratique de la monarchie héréditaire il suffit désormais de montrer Ruthvenville au loin et de murmurer qu’ils ont trouvé une méthode plus rapide. Au même moment
Baptiste Le Tellier tentait d’usurper le duc et perdait son poste dans l’opération. Il allait pourtant remporter quelques heures plus tard l’élection du duché de Ruthvénie avec onze voix. C’est là toute la beauté du système. Un homme peut être puni pour avoir voulu prendre un poste puis être officiellement félicité pour l’avoir obtenu au scrutin suivant. La loi n’est pas incohérente. Elle est simplement très attachée au calendrier.
Et que dire de
Sir McRabbit, qui dans le Valégro soutient le gouvernement du Royaume tout en refusant son allégeance au nouveau roi parce que le coup manquait de panache. Il loue
Korail, remercie la duchesse pour son soutien aux lapins puis critique
Golgoth Ruthven le Vagabond avec la gravité d’un homme qui vient de constater qu’une révolution n’avait pas respecté le code vestimentaire. Voilà ce qui me touche chez les Ruthvènes. Leur État peut trembler. Leur roi peut changer. Leur duc peut tomber. Mais quelqu’un trouvera toujours le temps d’expliquer que le véritable problème est le manque d’élégance.
Toute personne de la cour souhaitant corriger cette interprétation peut naturellement venir le faire en direct. Je recommande simplement de vérifier auparavant qui porte la couronne au moment de parler. Cela évitera d’avoir à recommencer la phrase avant la fin.
En Mystisie
Silas des Sables a accompli quelque chose que les autres nations appelleront une trahison et que j’appellerai une réorganisation verticale extrêmement dynamique. Il était bourgmestre de Lampe du Génie. Il avait repoussé les élections d’une semaine avec une justification remarquable sur la prévention des incendies de dunes liés au brûlage des urnes. J’aimerais m’attarder là -dessus parce que cette phrase contient à elle seule davantage de sagesse gouvernementale que plusieurs constitutions. Quand l’électeur menace de brûler le bureau de vote on peut soit renforcer les urnes soit renforcer l’électeur soit simplement reporter l’élection jusqu’à ce que tout le monde soit suffisamment fatigué pour trouver le bâtiment.
Silas des Sables a choisi l’option administrative. Je reconnais un esprit méthodique.
Plus tard il a usurpé
Lyra du Hautbois et est devenu gouverneur de Mystisie en annonçant sa trahison ascendante avec l’élégance désabusée d’un homme qui constate que les démons ont décidément meilleure réputation que les conseillers politiques. Des rumeurs de pacte démoniaque accompagnent l’affaire. Il les accueille presque avec jalousie. Après quoi il nomme précisément
Lyra du Hautbois bourgmestre de Lampe du Génie et lui confie un rôle dans son projet de réhabilitation des ruines et de rayonnement démoniaque. Je voudrais attirer votre attention sur ce détail. Dans beaucoup de pays renverser quelqu’un signifie qu’on ne lui fait plus confiance. En Mystisie renverser quelqu’un signifie qu’on lui change de bureau.
Voilà la supériorité profonde du vieux savoir brun. Nous ne gaspillons pas les compétences simplement parce qu’elles se trouvaient assises sur le mauvais fauteuil au moment où quelqu’un d’autre a décidé de s’y asseoir.
Silas des Sables prend la province.
Lyra du Hautbois conserve un rôle. Les ruines attendent leur réhabilitation. Les démons attendent probablement leur facture. Tout le monde continue à travailler. La bureaucratie impériale peut être cruelle mais elle n’est jamais oisive.
Pendant ce temps les démons ont eux-mêmes formulé une revendication d’une simplicité admirable. Ils veulent de l’intelligence. Ils veulent des livres. Ils veulent une bibliothèque. Ils considèrent que le Paradigme Vert doit payer parce qu’un pacte aurait été conclu par
Cassandra. J’ignore ce qui me plaît le plus dans cette affaire. Peut-être le fait qu’une légion infernale soit devenue plus claire dans ses objectifs budgétaires que plusieurs ministères étrangers. Peut-être le fait que des démons réclament désormais une bibliothèque en réparation. Peut-être enfin cette idée merveilleuse que l’on puisse manger l’intelligence sans même demander si elle est mûre. Le Paradigme a voulu négocier avec l’au-delà et l’au-delà envoie maintenant une liste de courses.
Il y aura naturellement des gens pour s’inquiéter de ce rayonnement démoniaque. Ils ont tort. Quand les démons commencent à réclamer des livres cela signifie soit que la civilisation progresse soit que l’enfer prépare un concours administratif. Dans les deux cas l’Empire Brun saura s’adapter. Les intéressés peuvent venir témoigner. Les démons aussi. Nous demandons simplement qu’ils évitent de manger le standard avant la fin de l’émission.
Restons un instant dans les provinces où la réalité s’est mise à avoir de la fièvre. Hélénie reste rebelle et semble avoir décidé que la meilleure manière de prouver son autonomie était de vivre simultanément une crise sanitaire, une crise religieuse et une série de bagarres dont personne ne sait plus très bien lesquelles ont commencé avant le café. La maladie Retombé en Enfance a frappé Bisouville et ailleurs dans le Cybermonde, jusqu’à Ruthvenville, Lantenac-du-Lac, Fort Emouchet, Gynerak, Honolulu-par-Delà et Quartier Suprême. La population ont commencé à parler avec cette gravité singulière des adultes qui sentent leur dignité leur glisser des mains en même temps que leur taille réglementaire.
C’est dans ce contexte que
Jean-Luc Selriche a livré une défense savoureuse de l’aide kralandaise. Il a parlé de santé gratuite, de Grande Déesse, de liberté de parole et de vin de messe trop cher. Il faut toujours se méfier des discours qui commencent par la théologie et terminent par le pouvoir d’achat. Ils sont souvent les plus sincères.
Novak a de son côté développé la théorie selon laquelle certains visiteurs seraient en réalité des enfants depuis toujours puisque leurs prénoms le prouvaient.
Kenza Creswick lui a répondu avec une patience admirable en soulignant qu’il serait tout de même inquiétant de confier la sécurité publique à une enfant. Peu après
Novak s’est fait assassiner. Je ne prétends évidemment pas qu’il existe un lien. Une journaliste sérieuse ne conclut jamais sans preuve. Elle se contente de placer les deux informations dans le même paragraphe avec un air entendu.
La gouverneure
Al-ma’ a passé une bonne partie de la journée à combattre divers habitants, étrangers, intrus et problèmes relationnels comme si le gouvernement local avait fusionné avec le service de sécurité d’une taverne. Elle affronte
Malcom Ravenloft,
Cassandra,
Fawomane Ravenloft,
Kenza Creswick et d’autres encore. Au milieu de cela les policiers sont gênés par des broutilles et des démons mineurs circulent. Les habitants est pourtant priés de ne pas confondre agitation et absence de gouvernance. Il y a bien une gouvernance. Elle court simplement très vite.
Je note également que la République de Kraland continue de présenter ses initiatives comme une main tendue vers Hélénie. C’est charmant. La République tend souvent la main avec l’autre main déjà occupée à remplir un formulaire d’annexion en trois exemplaires.
Logan Komikov et d’autres voix kralandaises rappellent que la République est l’amie du Diocèse. Les habitants répondent parfois comme on répond à un voisin qui affirme venir arroser les fleurs alors qu’il mesure déjà le salon. Rien de grave. Les relations internationales sont faite de ce genre de petits malentendus.
À propos de la République je dois reconnaître qu’elle nous offre une très belle démonstration de cohérence idéologique. Le salaire minimum a été fixé à cinquante FK par
Jean-Luc Selriche, qui explique que le secteur privé doit s’aligner sur le public parce que le privé n’est jamais vraiment tout à fait privé dans une République suffisamment glorieuse. Voilà une phrase que l’Empire Brun ne prononcerait jamais. Chez nous si quelque chose vous appartient cela vous appartient jusqu’au moment précis où quelqu’un de plus haut placé décide que non. Nous avons la décence de ne pas appeler cela une théorie économique.
Pendant ce temps
Michel DruKra reçoit des soutiens, des critiques et même une tarte à la crème.
Alex KidoWski l’amende pour le Valégro tout en le félicitant pour son mariage puis démissionne de son poste de procureur avec la satisfaction du travail accompli.
Logan Komikov défend le Premier Ministre avec la ferveur d’un homme qui considère la Constitution comme un texte sacré à condition qu’elle soit lue dans le bon sens et de préférence par lui.
Alex KidoWski riposte en accusant le pouvoir d’avoir cédé le Valégro. Tout cela se déroule dans une République qui aime rappeler au monde que le débat est libre tant que tout le monde arrive à la bonne conclusion.
Et pourtant il faut rendre Ã
Michel DruKra ce qui lui appartient. Il continue de gouverner. Il nomme
K’ Velzard Commissaire du Bonheur et quelques instants plus tard le Cybermonde découvre Bonheur 2000, le Fenouil du Bonheur, les vitamines Jukramine, la Poudre de Popularité, le MetaBonheur et la Pastille du Bonheur. J’ai rarement vu une institution internationale démontrer avec autant de franchise que le bonheur est surtout une question de conditionnement bien présenté.
K’ Velzard a même trouvé le moyen d’offrir une réduction commerciale sur le bonheur. Certains philosophes ont passé leur vie à chercher la félicité. Ils auraient dû attendre l’ouverture du catalogue.
Je salue cette initiative. Pas parce qu’elle est raisonnable. L’Empire Brun n’a jamais exigé de la civilisation qu’elle soit raisonnable. Nous exigeons qu’elle soit mémorable.
Mais avant de quitter la République il faut parler du Géofront parce que
Darth Leo mérite mieux que les raccourcis commodes dont certains chroniqueurs raffolent. Il a annoncé qu’il avait accepté d’endosser les décisions les plus controversées de la transition dont la rupture avec la Ruthvénie puis qu’il céderait la responsabilité Ã
Ninoo Chantargent. Certains appelleront cela un retrait. C’est une lecture paresseuse. Il s’agit d’un transfert calculé du poids politique vers une figure qui ne porte ni son passif ni ses inimitiés. En d’autres termes
Darth Leo a fait ce que peu de dirigeants savent faire. Il a utilisé son propre capital politique comme un bouclier puis il s’est écarté avant que le bouclier ne devienne le gouvernement.
La suite lui donne raison avec une élégance presque agaçante.
Ninoo Chantargent remporte l’élection du Géofront avec cent pour cent des voix exprimées.
Hanako Ainozomi prend Sanctuaire. Les discours de soutien se multiplient autour de la famille Chantargent et le Géofront semble se préparer à une transition qui ressemble moins à un effondrement qu’à un changement de garde. J’entends déjà ceux qui veulent expliquer que deux voix pour une gouverneure ne font pas un plébiscite historique. C’est exact. Mais deux voix de plus que zéro suffisent à gagner une élection et contrairement à certaines monarchies le Géofront n’a pas eu besoin de couronner le père du vainqueur dix minutes plus tard.
Toute personne qui souhaite contester l’idée que
Darth Leo ait organisé cette sortie avec intelligence peut venir en débattre. Je garderai soigneusement la transcription. Elle sera utile pour l’étude des erreurs de jugement.
Voilà qui nous mène aux élections elles-mêmes. À l’aube le Cybermonde s’est couvert de résultats comme une table de banquet se couvre de verres après une réception dont personne n’assume la facture.
Baptiste Le Tellier devient Duc de Ruthvénie avec onze voix.
Palakoin prend les Karaïbes après le retrait élégant de
Wenceslas von Altheim-Blatnoï qui avait longuement médité la guerre des miettes entre Elmériens et Kanards.
Passe-Muraille garde la Bananie.
fRAN9OIS6aNDR2 remporte la Capsulie.
Alex KidoWski prend la province de Kraland.
Aya Ravenloft gagne la Forêt de Jade avec zéro voix. Je répète mentalement ce résultat depuis plusieurs minutes et il devient meilleur à chaque fois. Gagner avec zéro voix est peut-être la forme la plus pure de démocratie verte. Aucun électeur n’a été sacrifié inutilement. Ces résultats confirme une chose que j’observe depuis longtemps. Une élection n’a pas nécessairement besoin d’électeurs pour produire un élu. Elle a surtout besoin d’une administration suffisamment décidée à fermer le dossier.
En Irendol le scrutin fut plus lyrique.
Kardia Ravenloft et
Mina d’Orchidia terminent avec neuf voix chacune.
Konya reste à zéro. Le vainqueur final est
Kardia Ravenloft. Mais avant cela plusieurs incendies de bureaux de vote ont réduit les bulletins par tranches successives. Les urnes a brûlé avec une régularité presque cérémonielle. Vingt pour cent puis quinze puis dix puis cinq. À ce stade ce n’était plus une fraude électorale. C’était une méthode de dépouillement par combustion. Le Paradigme Vert nous expliquera sans doute que le papier a été rendu à la nature sous forme de fumée.
Mina d’Orchidia avait pourtant mené une campagne remarquable, invoquant son passé théocratique, sa foi, ses exploits et son projet de faire d’Irendol un haut lieu religieux. Elle reprochait au Paradigme de tolérer les démons. Ce qui est une critique intéressante quand on vit dans un Cybermonde où tout le monde semble avoir au moins un portail infernal derrière un commerce. Le plus remarquable reste qu’elle conclut presque son grand discours en proposant qu’on la nomme ministre si l’élection ne fonctionnait pas. Voilà une femme qui comprend parfaitement la résilience institutionnelle. Quand la porte du pouvoir se ferme il faut immédiatement vérifier les fenêtres.
Au Khanat Elmérien la soirée avait un autre parfum, plus tribal, plus direct et beaucoup moins préoccupé par l’état des tapis.
Cassandre Lemage Ruthven a battu
fRAN9OIS6aNDR2 en duel et pris le titre de Khane de Capsulie. Elle poursuit son tour du Khanat en annonçant qu’il ne reste plus que la capitale. Chez les Elmériens le programme politique tient souvent dans la distance qui sépare deux combattants avant qu’ils sortent leurs armes. C’est brut mais au moins personne ne demande de recompter les bulletins. Les ambitions se nourrit ici de coups reçus, de défis lancés et de cette certitude collective qu’un bon argument est meilleur lorsqu’il possède une garde et une poignée.
La Bananie elle a reçu un déluge après une prédiction astrologique qui s’est réalisée. Les bâtiments ont souffert, les habitants aussi puis
Passe-Muraille a expliqué que l’orage apporterait de l’eau aux bananes et que tout finirait par s’arranger. Voilà enfin un gouvernement qui sait transformer un désastre naturel en communiqué agricole. Je le dis sans ironie. Enfin presque. Le Khanat a besoin de gens capables de regarder l’eau monter jusqu’aux fenêtres et de dire que la récolte sera excellente.
À Bouletie
Jeff Bizous a perdu son poste d’intendant après avoir tenté sans succès de transformer un hôtel en tripot. Avant cela il avait critiqué le Khanat, soutenu la Confédération Libre et pompé assez consciencieusement pour offrir une unité d’énergie à sa ville. Il faut reconnaître un talent particulier aux Boulets. Ils savent conjuguer dissidence politique, politique énergétique et mauvaise fréquentation hôtelière dans une même matinée. Ces élections donne au Khanat une mosaïque étrange mais cohérente. Des duels, des déluges, des gouverneurs élus et des bars ratés. Une civilisation tient parfois à moins que cela.
Pendant ce temps la Confédération Libre se félicite de sa démocratie avec la gravité d’un homme qui vient de retrouver son bulletin après avoir voté. À Structural
Paul Sernine écrase
Monique Quiès avec près de soixante-dix pour cent des voix après une campagne où les meetings ont mobilisé valets, sbires, maîtres d’armes, cuistots et toute une faune que la démocratie préfère appeler corps électoral lorsqu’elle veut dormir tranquille.
Jean-Messie de la Nation soutient
Paul Sernine.
Monique Quiès répond avec du papier toilette politique et des bonbons. Il existe des constitutions écrites avec moins de sincérité.
La Confédération récolte ensuite ses impôts et les distribue avec cette admirable transparence qui consiste à afficher précisément où l’argent est parti afin que chacun puisse constater qu’il n’en reste plus. L’Acropole alimente largement les caisses et Milieu aussi. Les provinces semble parfois moins gouvernées que comptabilisées mais c’est l’essence même de la démocratie. Lorsqu’on ne sait plus qui décide il reste toujours quelqu’un pour présenter un tableau.
Je dois également évoquer l’alerte sanitaire que j’ai moi-même diffusée au nom de l’Information impériale. Toutes les climatisations et tous les ventilateurs ont été orientés vers l’extérieur afin de repousser les germes. Les mesures a été accueillies avec le silence respectueux que provoquent toujours les décisions scientifiques dont le public n’a pas encore compris la portée. Je rappelle que la priorité reste d’empêcher les agents pathogènes d’entrer. Si certains citoyens ont froid ils peuvent ajouter une couche de vêtements. Si les germes ont froid ils peuvent aller au Paradigme.
J’entends déjà les médecins protester. Ils sont invités à fournir une méthode plus efficace qui n’implique ni comité de consultation ni brochure de quarante pages. En attendant les ventilateurs restent tournés vers l’extérieur.
Ce que cette journée nous enseigne est finalement simple. Les royaumes changent de souverain plus vite que les souverains ne changent de veste. Les républiques transforment leurs querelles en doctrine. Les démocraties comptent tout jusqu’aux miettes. Les écologistes brûlent des urnes pour sauver l’avenir. Les tribus règlent les successions à coups de duel. Les rebelles gouvernent comme si l’ordre était un affront personnel. Et l’Empire Brun observe tout cela depuis ses fauteuils de cuir en prenant des notes parce qu’il faudra bien que quelqu’un écrive une version lisible de l’Histoire.
Les ministres obéit parfois. Les gouverneurs tombent. Les rois reviennent. Les maladies voyagent. Les ambitions se déguisent en principes. Les principes se changent en slogans. Puis les slogans se retrouvent imprimés sur des prospectus qui finissent dans une urne ou dans un incendie selon la province. C’est une mécanique magnifique. Elle serait même émouvante si elle ne coûtait pas autant en mobilier public.
Alors je laisse les lignes ouvertes.
Golgoth Ruthven le Vagabond peut venir expliquer combien de rois la Ruthvénie prévoit d’utiliser cette semaine.
Silas des Sables peut détailler le tarif exact d’un réalignement hiérarchique assisté par démon.
Mina d’Orchidia peut défendre la combustion électorale comme méthode spirituelle.
Jean-Luc Selriche peut venir nous apprendre à quel moment un salaire cesse d’être minimum pour devenir une déclaration de guerre au patronat.
Ninoo Chantargent peut raconter ce qu’on ressent lorsque quelqu’un vous remet un Géofront fraîchement débarrassé de ses vieilles inimitiés. Et
Darth Leo n’a rien à justifier mais s’il souhaite parler il trouvera ici un micro qui ne confond pas responsabilité et culpabilité.
Les témoins anonymes, les courageux imprudents et les souverains qui ne savent pas encore s’ils le seront toujours au moment de leur passage à l’antenne peuvent se manifester. Toute personne désirant corriger cette version peut le faire avec des faits. Les opinions seules seront acceptées également mais rangées dans la boîte prévue à cet effet juste sous le crâne doré.
Je suis Kleo. Cette nuit encore le Cybermonde a prouvé qu’il pouvait survivre à ses institutions et parfois même malgré elles. Les archives survivra à ceux qui les remplissent. Les couronnes passeront. Les gouvernements tomberont. Les urnes brûleront. Les ventilateurs souffleront vers l’extérieur.
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons. -
modifié 03/08 (17:02)

3 aout 6662026
RADIO NÉCROTOILE ÉMISSION SPÉCIALE :
AMADIS, DEUX JOURS ET DÉJÀ PLUS PRODUCTIF QUE CERTAINS MINISTÈRES
*Un grésillement léger traverse les ondes, suivi d’une petite musique de boîte à musique beaucoup trop paisible pour Radio Nécrotoile.*
Bonsoir Cybermonde. Pour une fois, rangez les bombes, cessez de vous soupçonner mutuellement d’elmérisme, laissez les démons finir tranquillement leurs livres et évitez d’incendier une urne électorale pendant les prochaines minutes. Nous avons une naissance à célébrer. Oui, une vraie naissance. Avec un enfant, des parents fatigués, des gens qui apportent des peluches et, parce que nous sommes en Mystisie, suffisamment de phénomènes magiques autour pour que personne ne trouve particulièrement inquiétant qu’un nourrisson semble déjà évoluer plus vite qu’un programme gouvernemental. Mesdames, messieurs, créatures démoniaques et auditeurs qui prétendent dormir pendant l’émission, bienvenue Ã
Amadis Lemage von Altheim-Blatnoï. Prenez une respiration entre Lemage et von Altheim-Blatnoï si nécessaire. L’enfant n’a que quelques jours et possède déjà un nom capable de remplir seul la moitié d’un formulaire administratif.
Monique Lemage et
Wenceslas von Altheim-Blatnoï sont donc revenus à Lampe du Génie avec leur fils. La mère, manifestement épuisée mais suffisamment Monique pour reprendre immédiatement ses affaires, l’a présenté avec une simplicité presque inquiétante,
Amadis dort, et lorsqu’il ne dort pas, il mange. Elle a également précisé qu’il ne serait pas tout de suite un problème… mais bientôt. Je ne veux alarmer personne, mais lorsqu’une sorcière présente son nourrisson de cette manière, je considère qu’il ne s’agit plus seulement d’une déclaration de naissance. C’est un communiqué préalable de sécurité publique.
Il faut dire qu’
Amadis semble avoir décidé que l’enfance traditionnelle était une perte de temps. À peine arrivé dans le Cybermonde, il grossit, gazouille, commence à produire des mots, réclame à manger avec l’assurance d’un homme ayant déjà compris que le personnel de maison existe pour une raison, et fait quelques pas avec
Léonaar. Sa mère le regarde évoluer avec cette expression parfaitement rassurante qu’ont les parents lorsqu’ils constatent que leur progéniture développe beaucoup trop rapidement des capacités surnaturelles, elle est ravie. Selon
Monique, son fils est parfait. Pas il va bien, pas il est adorable, pas même nous sommes très heureux . Parfait. Et puisqu’il a déjà reproduit le sortilège du Bé-bègue, je suppose que le comité scientifique chargé de contester cette affirmation a préféré changer de province.
Le père, quant à lui, adopte une stratégie légèrement différente.
Wenceslas semble avoir découvert simultanément qu’un nourrisson respire, bouge, réclame des choses et peut donc potentiellement cesser de faire l’une de ces activités sans prévenir. Il a passé sa première nuit à vérifier régulièrement que son fils respirait encore, attitude parfaitement normale chez un nouveau père et absolument catastrophique pour la qualité du sommeil. Depuis, il veille, transporte, surveille, exige que
Monique se repose et tente vraisemblablement d’empêcher son épouse d’accoucher un jour puis de rouvrir trois commerces, gérer un ministère et traverser le Cybermonde le lendemain. C’est courageux. C’est inutile. Mais c’est courageux.
Les félicitations ont évidemment commencé à affluer.
Silas des Sables souhaite au nouveau-né un développement optimal, ce qui est probablement sa version d’un gigantesque câlin.
Don Amortel a immédiatement proposé au bébé sa première cérémonie naariste, parce qu’il n’existe manifestement aucun âge minimum réglementaire pour être confronté au désespoir métaphysique.
Lyra, plus pragmatique, a souhaité bon courage aux parents et conseillé l’existence de grands-parents et de nounous afin qu’ils puissent un jour retrouver une vie de couple. Elle a également offert une peluche.
K’ Velzard, lui, avait apporté le tout premier jouet d’
Amadis et a voulu féliciter le nouveau-né avec un gouzi gouzi. Malheureusement, le petit être qu’il avait devant lui n’était absolument pas
Amadis. C’était
Léonaar. Un démon. Un vrai. D’où la tentative de manger son doigt.
Wenceslas a dû expliquer très calmement que son fils était ailleurs et que, s’il désirait offrir quelque chose Ã
Léonaar, il valait mieux privilégier un objet incombustible. Mesdames et messieurs, ceci est désormais mon exemple favori de la phrase. Vous vous êtes trompé de bébé.
Amadis a néanmoins récupéré la peluche, qui devient donc officiellement son premier jouet. Il l’a agrippée avant de partir explorer l’auberge en tenant la main de
Léonaar. Je ne sais pas exactement quel genre d’enfance commence avec une sorcière comme mère, un Altheim-Blatnoï comme père, un démon comme compagnon de promenade et une peluche offerte par un futur sponsor radiophonique, mais je refuse catégoriquement de manquer la suite.
Et puisqu’on parle de sponsor,cette émission vous rappelle avec une discrétion journalistique absolument exemplaire que Bonheur 2000 existe toujours. Vous pouvez notamment y trouver Fenouil du Bonheur, Vitamine du Bonheur, Jukramine, Poudre de Popularité, Cristaux de MetaBonheur et Pastilles de Bonheur. Code BONHEUR, cinq pour cent de réduction sur votre première commande. Radio Nécrotoile précise qu’aucun de ces produits n’a été testé sur
Amadis Lemage von Altheim-Blatnoï, et que nous souhaitons conserver cette situation. Sa mère maîtrise la magie. Son père a l’air très fatigué. Nous ne désirons provoquer aucun des deux.
Mais derrière toutes les plaisanteries, il reste quelque chose d’assez joli dans cette histoire. Le Cybermonde passe son temps à nous fournir des guerres, des couronnes, des complots, des pactes démoniaques et des dirigeants convaincus que la diplomatie consiste essentiellement à choisir convenablement l’endroit où l’on criera sur son voisin. Et pendant ce temps, quelque part à Lampe du Génie, deux parents regardent un petit garçon découvrir le monde.
Wenceslas, qui semblait incapable de savoir comment le toucher sans le casser, lui a présenté très sérieusement son père.
Monique, qui pourrait probablement transformer une réunion de famille en symposium magique sans s’en rendre compte, le regarde comme s’il venait personnellement de démontrer la supériorité de plusieurs générations de sorcellerie. Et
Amadis, lui, semble surtout avoir conclu que tout cela était très intéressant, mais nettement moins urgent que de manger.
Alors bienvenue dans le Cybermonde,
Amadis Lemage von Altheim-Blatnoï. Tu viens d’arriver dans un endroit où les adultes brûlent des bureaux de vote, négocient avec l’Enfer, déclarent des guerres pour des raisons parfois moins solides qu’une mauvaise humeur matinale et organisent des concours écologiques autour de villes possédant davantage d’infrastructures industrielles que d’habitants. Tu as donc deux possibilités, devenir la personne raisonnable de la famille, ou t’adapter.
À en juger par les premiers jours, je pense que tu as déjà choisi.
Ici Kleo, pour Radio Nécrotoile. Félicitations aux parents, bienvenue Ã
Amadis… et
K’, la prochaine fois que vous faites gouzi gouzi à quelque chose chez
Monique, vérifiez d’abord si ça possède une origine infernale.
*La boîte à musique reprend quelques secondes. Un petit crépitement se fait entendre, suivi d’un bruit de morsure.*
… Voilà . Exactement.
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons.
c'est ZORMAWI ![[:f]](http://img7.kraland.org/s/18.gif)


