Votre émission de la nuit.
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Don Amortelmodifié 25/06 (08:01)Radio Nécrotoile a émis une hypothèse sur la nature agentique de Don Amortel, comme tout le monde le fait en Confédération.
* Long soupir. *
ĂŠtre un agent... ou ne pas ĂŞtre un agent. Telle est la question ? Pas vraiment. Car je suis un agent. Je le revendique. Mais un agent de qui ? De quoi ? De quand ? De oĂą ? De comment ? De pourquoi ?
* Laisse planer un silence. *
Hum...
Tant de questions. Au sujet du Martyr... de Structural.
Celui-là même qui... porte la parole de l'Amor. Parole qui galvanise les foules... et donne le chemin à suivre. À tous ceux qui se sont. Égarés.
* Soupir. *
Oui.
Je parle de moi. À la troisième personne.
Mais uniquement... pour les besoins. De la narration. -
Cuchulainn
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B. B. en initiales
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modifié 25/07 (02:39)

26 juin 6662026
SpoilerPrésentée par Kleo, araignée impériale brune, journaliste impartiale par décret intérieur et venimeuse par nécessité historique.
Bonsoir, mes petits auditeurs tremblants, mes fidèles survivants de la vérité, mes fonctionnaires fatigués, mes taverniers encore solvables, mes conspirateurs de comptoir et vous autres, nobles créatures persuadées que le Cybermonde est gouverné par des idées alors qu’il est manifestement tenu par des gens qui appuient sur les mauvais boutons avant même d’avoir lu l’étiquette.
Ici Kleo, depuis les profondeurs parfaitement légitimes du Ministère de l’Information Brun, où les ondes crépitent, où les micros mentent moins que les ministres, et où l’on observe avec une tendresse venimeuse le grand ballet des nations voisines qui trébuchent sur leurs propres principes avec l’élégance d’un noble ivre dans une cave trop basse.
Et quelle journée, mes chéris. Quelle journée. Le Cybermonde a encore prouvé que lorsqu’on laisse les peuples libres, ils utilisent cette liberté pour fabriquer des fausses clefs, brûler des notes scientifiques, annoncer des révolutions en réglant mal les micros, fonder des théocraties en chantonnant l’amour universel, et se lancer des tartes à la crème sur fond de crise institutionnelle. Pendant ce temps, l’Empire Brun, comme toujours, observe. Il observe avec calme, dignité, un soupçon de mépris, et cette satisfaction profondément saine que l’on ressent quand tous les autres incendient leur maison en expliquant que c’est une stratégie de chauffage.
Commençons par la Confédération Libre, où l’on appelle séisme politique le fait qu’un candidat qui ne convainquait presque personne décide finalement de ne plus embarrasser les urnes avec sa présence. Jacques St Misles, dans un geste aussi majestueux qu’une chaise qui s’effondre sous un diplomate, renonce donc à briguer un troisième mandat, laissant derrière lui une famille politique éclatée en quatre courants, les Jacquistes, les Rogistes, les Henristes et les Françoise-Claudistes, c’est-à -dire quatre façons différentes de ne rien proposer en prétendant que la nuance est une vision d’avenir. Pendant ce temps, Jean-Luc Selriche caracole dans les sondages avec plus de quatre-vingt-dix pour cent des voix, ce qui, en démocratie, s’appelle apparemment un scrutin pluraliste tant qu’on laisse trois personnes perdre avec panache dans un coin.
Mais la Confédération ne serait pas la Confédération si elle ne profitait pas d’une élection pour transformer sa police en théâtre d’ombres administratives. À Structural, Paul Sernine, élu respectable jusqu’à ce que les lasers s’intéressent à sa carrière, est surpris dans une affaire de fausse clef, perd son poste, passe par la case prison, puis se retrouve immédiatement au centre d’un dispositif politique si absurdement confédéré qu’il faudrait l’encadrer dans un musée de la mauvaise gouvernance. Jean-Luc Selriche reprend la mairie, nomme un nouveau commissaire, et explique très calmement que l’homme qui était là pendant l’effraction, pendant l’éventuelle fabrication de la fausse clef, et pendant la garde à vue, est désormais témoin assisté, commissaire, et principal suspect. Voilà donc la justice libre, un buffet où chacun choisit son rôle selon l’heure, la météo et la proximité du bureau.
Toute personne souhaitant défendre la cohérence confédérée peut naturellement venir en direct nous expliquer à quel moment principal suspect est devenu une qualification suffisante pour porter l’uniforme. Nous fournirons le micro, la chaise, et un petit seau pour les contradictions.
Au Valégro, mes chers auditeurs, le spectacle fut encore plus savoureux, car lorsque la République de Kraland tente de faire du bonheur obligatoire dans une province qui a déjà vu trop de drapeaux pour savoir auquel cracher dessus, tout devient immédiatement plus croustillant. Émile Liarr revient, annonce que les paysans valégrogniards souffrent, que la technologie régresse, que les champs pleurent, que l’âme provinciale se ratatine sous le joug rouge, puis proclame solennellement l’indépendance du Valégro avant de devenir recherché, parce que la liberté est un droit sacré tant qu’elle reste dans le formulaire prévu à cet effet.
Et là , surgit notre délicieux Cheikh Evara, Sultan Perpétuel Commandante Cheikh Evara, puis heureusement arrêté dans l’énumération avant que le soleil ne meure de vieillesse, venu tester les micros puis annoncer cette merveilleuse idée mystisienne, peut-être conquérir la Républik. Peut-être. Ou la Confédération. Ou le Khanat. Ou le Paradigme. Ou rester en Empire. Bref, la Mystisie étudie, ce qui est déjà terrifiant, car tout le monde sait qu’une province mystisienne qui réfléchit trop longtemps finit rarement par commander des rideaux.
Alors bien sûr, Cheikh affirme venir en paix. Mais en paix offensive. Cette précision est importante, car elle nous rappelle que certaines civilisations ont inventé la diplomatie, tandis que la Mystisie a préféré inventer la menace en robe de chambre, avec FAQ annexée et accent dramatique. Le projet est simple, partager la richesse, l’or, le pétrole, la population de qualité, les traditions, la démocratie du Mal, l’usurpation, la malversation, et sans doute quelques ectoplasmes dans les couloirs, parce qu’il serait dommage de conquérir une nation sans apporter de décoration intérieure.
Voyez comme l’Empire Brun inspire. Même lorsqu’une province impériale envisage de se vendre ailleurs, c’est encore avec assez de grandeur, de pétrole et d’arrogance pour que tout le Cybermonde se mette à calculer s’il vaut mieux nous craindre, nous acheter ou nous annexer avant que nous changions d’avis. C’est cela, la puissance. Même nos hésitations ont plus de panache que leurs constitutions.
Les concernés peuvent venir nier publiquement que la Mystisie est en train de transformer le Valégro en salon d’essayage impérial. Cela constituera bien entendu une preuve supplémentaire que l’essayage est déjà commencé.
Pendant ce temps, le Paradigme Vert, cette grande serre morale où l’on appelle extrémisme une simple différence d’arrosage, a décidé de franchir une étape admirable dans l’art de compliquer le compost, la Régente Mina d’Orchidia annonce la Théocratie Verte. Mais attention, mes petits champignons, pas de panique, ce n’est pas une guerre religieuse, c’est seulement un changement de nom, pas de paradigme, explique-t-elle avec cette douceur très particulière des gens qui interdisent certains cultes en vous appelant mes enfants. La Conscience Universelle demeure religion d’État, mais la Grande Déesse entre officiellement dans le salon, la Dame et l’Ovule sont tolérés dans un coin comme branches mineures, et Naar se fait mettre dehors avec les bottes sales.
Il y a dans cette annonce une poésie rare, commencer par guérir le monde, faire de lui un endroit meilleur, puis finir par expliquer très calmement quels cultes seront proscrits. C’est comme offrir une tisane avant de brûler la maison, au nom de la chaleur collective. Au Paradigme Vert, la paix sent toujours un peu la mousse humide, la morale obligatoire et les bûchers recyclables.
Si des croyants, des hérétiques, des buissons contrariés ou des enfants de la Mère Supérieure souhaitent intervenir, nos lignes sont ouvertes. Merci cependant de secouer vos racines avant d’entrer en studio.
En Ruthvénie, bien sûr, la monarchie continue de prouver que le sang bleu coagule mal lorsqu’on le mélange à trop de rancune. Le Roi Wenceslas remet à Felicity la Jarretière de la Reine, décoration suprême dont la noblesse symbolique repose apparemment sur un sous-vêtement abandonné sous un meuble lors d’un repli stratégique que les mauvaises langues appellent fuite parce qu’elles manquent de vocabulaire diplomatique. Le décret est cruel, raffiné, parfaitement monarchique, et sent tellement fort la naphtaline dynastique qu’on pourrait le rouler et s’en servir pour assommer un page.
Pendant ce temps, Ruthvenville voit les discours, les rumeurs, les louanges et les critiques s’empiler autour du Comte Bladimir Bladimirovitch Mutin et de Felicity comme des assiettes sales après un banquet de rancœurs. Tormenta soutient Bladimir, Felicity attaque, Démerzel manifeste, Jean-Messie loue, Mench0 tente la tarte à la crème, rate, puis finit tout de même par transformer la passation du Ministère de l’Intérieur en cérémonie assez solennelle pour qu’un homard géant en Slavonie semble soudain plus clair politiquement que la cour de Ruthvénie. La stabilité du Royaume ressemble à un chandelier, c’est beau de loin, ça brûle de près, et si quelqu’un trébuche, toute la salle flambe.
Toute personne désirant restituer un sous-vêtement royal, contester une décoration ou expliquer pourquoi la monarchie n’est pas juste une brocante avec couronnes peut venir témoigner. Nous fournirons un paravent, par respect pour les meubles.
Au Khanat Elmérien, la Capsulie a trouvé un gros filon d’or, ce qui a immédiatement déclenché l’inévitable cri primal de civilisation locale : PLACE AU TRAVAIL ! FORT FORT FORT ! Voilà une nation au moins qui ne cache pas sa philosophie derrière des traités de trente pages. Là où la République planifie, où la Confédération débat, où Ruthvénie se parfume avant de poignarder, le Khanat voit de l’or et décide que le sol doit souffrir. Il y a une honnêteté brutale dans cette simplicité qui ferait presque verser une larme à un comptable brun.
En Bouletie, un citoyen tente d’écrire un graffiti, finit en prison avec de la drogue confisquée, puis l’on apprend que la police, dans sa grande sagesse khanienne, a consommé la substance pour protéger le pauvre homme de ses propres erreurs. Voilà une pédagogie que même la Confédération n’aurait pas osé inventer, préserver la population en absorbant personnellement le vice. On imagine déjà les rapports médicaux rédigés en dansant sur les murs.
Les policiers concernés peuvent venir expliquer leur méthode de prévention sanitaire. Nous promettons de ne pas rire avant la deuxième phrase, sauf si elle commence par c’était pour son bien.
Et chez nous, mes chers, dans l’Empire Brun, tout n’est pas calme, car le calme est une invention étrangère destinée aux gens qui n’ont ni prisons, ni mutations, ni familles Machiavelli. À Sicilia, Y0gi ouvre un chantier sans que l’on sache trop si l’urbanisme a été honoré, et la Procureure Elliote Belt Dei Machiavelli répond avec la délicatesse d’un couperet administratif en lançant un avis de recherche pour infraction politique arbitraire. Vous voyez le tableau, les autres nations chantent, votent, enquêtent, réforment, rééduquent et se frottent les jarretières, l’Empire, lui, invente la mitraillette. On appelle cela une hiérarchie des priorités.
Certains diront que c’est violent. Je répondrai que c’est surtout clair. Et la clarté, dans ce Cybermonde où un commissaire peut être suspect, une théocratie peut être écologique, une conquête peut être offensive mais pacifique, et une jarretière peut devenir décoration d’État, c’est pratiquement un luxe moral.
Un mot, enfin, sur Sicilia, terre de traditions, de tavernes, de familles, de regards en coin, de parrainages mal digérés et de sorties de scène dansées avec trop de maquillage pour être totalement légales. Dusk et Aurora ont agressé Agatha après avoir clairement annoncé que ceux qui insultent le Parrain n’ont pas un pied à mettre en Sicilia. Il y eut spectacle, lumières noires, maquillage squelettique, service de sécurité et tout le grand cérémonial local que les étrangers appellent violence uniquement parce qu’ils n’ont pas le sens de l’accueil. À ceux qui s’étonnent encore, en Sicilia, on ne critique pas le Parrain en espérant ensuite commander du mobilier comme si l’honneur était inclus dans le devis. Il y a des traditions, il y a des usages, il y a des seuils qu’on ne franchit pas avec des bottes sales et des dents longues. On peut venir commercer, boire, séduire, conspirer, mentir, dormir, mourir, parfois dans cet ordre, mais on ne vient pas cracher sur le Parrain comme sur une vieille affiche humide avant de demander si le lit double est disponible en finition soie.
Les personnes ayant insulté les fondations locales peuvent évidemment venir présenter leurs excuses en direct. Celles qui préfèrent nier peuvent aussi venir, nous avons toujours besoin de bruit de fond pour tester les micros.
Et pendant que tout cela se passait, dans les marges de la grande Histoire, des accidents nucléaires offraient des queues et des têtes de crapaud à des populations déjà suffisamment punies par leur géographie, des chercheurs brûlaient encore des notes scientifiques avec la constance d’un culte pyromane, des pirates volaient des technologies à répétition, des homards géants attaquaient la Slavonie avec plus de régularité que certains ministres n’assistent aux conseils, et quelque part, depuis une prison mystisienne, Merula miaulait assez fort pour faire passer la plupart des discours officiels pour des exercices de sobriété.
Voilà donc le Cybermonde, mes chers auditeurs, une ménagerie armée, une brocante idéologique, une scène de théâtre dont les acteurs ont perdu le texte mais gardé les poignards. La République prêche le bonheur en serrant les dents, la Confédération transforme ses suspects en enquêteurs, Ruthvénie recycle les dessous de ses reines en symboles nationaux, le Paradigme bénit les mousses et interdit les cultes qui tachent, le Khanat creuse tout ce qui brille, et l’Empire Brun, sublime, patient, mal coiffé par les explosions mais toujours debout, regarde tout cela avec la dignité d’un vieux château qui sait très bien que les villages autour finiront par brûler avant lui.
Les témoins anonymes, les lâches non anonymes, les ministres vexés, les criminels incompris, les élus provisoires, les suspects promus, les mystiques en solde et les souverains qui cherchent encore leurs sous-vêtements historiques sont invités à se manifester. Toute correction sera accueillie avec la rigueur journalistique habituelle du Ministère de l’Information Brun, c’est-à -dire lue, déformée, dramatisée, puis probablement utilisée contre vous dans notre prochaine émission.
C’était Kleo, araignée impériale brune, voix officielle de ce qui aurait dû rester murmuré, depuis les Chroniques de la Toile qui Juge.
Souvenez-vous, quand tout le monde prétend dire la vérité, cherchez celui qui ment avec le plus de style.
Il travaille probablement déjà pour nous.
Et avant de refermer cette antenne, mes petits fidèles de l’ombre, permettez que je suspende un instant ma cruauté réglementaire pour une chose presque sincère, donc dangereuse, merci. Merci à vous, auditeurs constants, commentateurs imprudents, témoins trop bavards, contradicteurs magnifiques et fournisseurs bénévoles de matière à scandale. Vos remarques, vos explications, vos indignations soigneusement déposées au pied de ma toile ravissent mes journées avec la délicatesse d’un bouquet de roses noires jeté dans une fosse diplomatique. Chaque commentaire est une miette de vérité que je peux tordre, enrober, dramatiser, puis offrir au Cybermonde comme un plat trop épicé dans une taverne où personne n’a eu la prudence de demander les ingrédients. Continuez donc, je vous en prie. Parlez, expliquez, corrigez, protestez, envoyez vos versions des faits, je les lirai avec attention, gratitude, et cette impartialité brune parfaitement suspecte qui transforme votre fidélité en carburant pour ma prochaine émission.
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons. -
modifié 25/07 (02:39)

ÉMISSION SPÉCIALE LE CAMION, LE CADAVRE ET L’ANTI-VACARME
26 juin 6662026
Spoiler![[8i]](http://img7.kraland.org/s/22.gif)
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*Chronique officielle du Ministère de l’Information Brun*![[8i]](http://img7.kraland.org/s/22.gif)
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Présentée par Kleo, araignée impériale brune, journaliste impartiale parce que personne n’a encore réussi à prouver le contraire sans disparaître administrativement.
Mes chers auditeurs, mes fidèles créatures de l’ombre, mes contribuables accidentels, mes taverniers survivants et vous autres petits morceaux de silence qui faites tellement de bruit en ne disant rien, interrompez immédiatement vos conversations, vos complots, vos repas tièdes et vos tentatives de dignité, car l’Impératrice elle-même vient de nous faire parvenir un communiqué d’une importance capitale, c’est-à -dire un de ces textes qui sentent à la fois le pouvoir, le voyage conjugal, la théologie mal digérée et la propagande motorisée.
Et quelle nouvelle, Quelle offrande. Quelle dentelle de doctrine brune déposée sur l’autel déjà bien poisseux de notre Histoire. Sa Majesté Monique Lemage nous annonce, avec cette clarté impériale que seuls les esprits faibles prennent pour de la confusion, que tout le monde est d’accord. Oui. Tout le monde. L’Empire entier approuve, et il le manifeste par un silence empressé, car dans notre grande tradition civilisée, le silence n’est pas seulement l’absence de bruit, mais la présence extrêmement bruyante de cette absence, laquelle transcende naturellement l’inaction en anti-vacarme, concept que les nations inférieures appellent probablement personne n’a répondu, parce qu’elles manquent cruellement de vision.
Il faut ici saluer le génie brun, ailleurs, quand personne ne parle, on s’inquiète. Chez nous, quand personne ne parle, c’est une ovation métaphysique. Le citoyen brun ne se tait pas parce qu’il n’a rien à dire, il se tait parce que son accord est si massif, si dense, si majestueux, qu’il risquerait, en sortant de sa bouche, de fissurer les murs administratifs de l’Empire. Voilà pourquoi le silence impérial doit être respecté. Il est parfois plus bruyant qu’une manifestation, plus solide qu’un décret, et surtout beaucoup moins fatigant à organiser.![[hp]](http://img7.kraland.org/s/31.gif)
Mais l’Impératrice ne s’est pas contentée de nous livrer cette théorie parfaitement indiscutable de l’anti-vacarme. Non. Elle nous écrit depuis Ruthvénie, où elle est en RTT avec son mari, ce qui prouve une fois encore que la grandeur brune sait s’exporter même dans les terres monarchiques les plus poussiéreuses, là où l’on conserve des morts comme d’autres conservent des confitures, avec cette même étrange fierté provinciale et un sens très discutable de l’hygiène.
Car oui, Sa Majesté a visité le mausolée de Chilmerdic. Un mausolée qui, d’après son propre témoignage, ressemble furieusement à une buanderie. Voilà donc Ruthvénie dans toute sa splendeur, une monarchie qui empile ses symboles éternels dans des lieux où l’on s’attend davantage à trouver des draps humides, un balai triste et une duchesse en train de chercher son honneur derrière une bassine. Ils prétendent y conserver la dépouille d’un ancien Roi. Conserver. Comme si un cadavre royal était une archive, une nappe brodée ou une mauvaise décision diplomatique que l’on ressort aux grandes occasions.
Et là , mes chers auditeurs, l’Impératrice soulève une question d’une profondeur sanitaire et civilisationnelle, pourquoi conserver un cadavre ruthvène sans le relever d’entre les morts, ni le manger dans un délai raisonnable ? C’est du gâchis. C’est anti-hygiénique. C’est presque offensant pour toutes les traditions sérieuses de gestion post-mortem. En Empire, nous savons que les morts doivent servir à quelque chose, administrer, hanter, combattre, conseiller, nourrir, ou au minimum décorer avec conviction. En Ruthvénie, apparemment, on les range. On les garde. On les laisse prendre la poussière sous prétexte que l’Histoire a besoin d’un corps froid pour se sentir importante.
Les autorités ruthvènes peuvent évidemment venir expliquer en direct pourquoi leur politique funéraire ressemble à un inventaire de cave humide. Nous leur fournirons un linge propre, puisque manifestement quelqu’un doit bien commencer quelque part.
Puis vint l’épisode religieux, car aucun séjour à l’étranger n’est complet sans qu’un représentant local tente de repeindre votre âme avec les couleurs de son culte. La Popesse de Géofront aurait donc essayé de convertir notre Impératrice au culte de la Grande Déesse, pensant que les Démons ne l’avaient pas complètement pervertie. Admirable naïveté. Touchante erreur. Splendide exemple de cette espérance qui pousse même dans les sols les plus contaminés par le bon sens.
Car Monique Lemage le précise elle-même, et il convient de graver cela dans les marges de nos formulaires, les Démons ne l’ont jamais pervertie. Elle est née comme ça. Voilà une vérité d’une pureté presque médicale. Certaines personnes se perdent dans les ténèbres, d’autres y naissent avec le mobilier déjà choisi, les tentures assorties et les Démons qui applaudissent poliment au baptême. Qu’ils l’apprécient n’est pas une corruption, c’est une reconnaissance professionnelle.
On imagine la scène, mes chers. La Popesse, pleine de foi, les mains tendues vers la lumière, expliquant que tout n’est pas perdu, pendant que l’Impératrice, probablement assise avec cette élégance d’abîme qui donne envie aux miroirs de se confesser, devait se demander à quel moment quelqu’un allait lui offrir un rafraîchissement au lieu de tenter de rénover son âme comme une chapelle humide.
Toute personne souhaitant convertir l’Impératrice peut bien entendu déposer une demande officielle auprès du Ministère de l’Information Brun. Elle sera classée dans la catégorie loisirs dangereux, entre caresser une hyène mutante et expliquer la démocratie à un Mystisien armé.
Et puis, mes petits auditeurs, arrive le cœur battant de cette dépêche, le joyau noir, le cadeau conjugal qui fait pâlir les fleurs, les bijoux, les poèmes et toutes ces petites pauvretés sentimentales que les couples sans ambition s’échangent pour se donner l’illusion d’un destin. C’était l’anniversaire de l’Impératrice, et son mari lui a offert un camion du Mal Démocratique.
Voilà un homme formidable. Non pas parce qu’il offre un véhicule, non pas parce qu’il pense à l’anniversaire, non pas parce qu’il soutient les lubies impériales de son épouse avec la docilité élégante d’un prince bien dressé. L’Impératrice cherche maintenant un futur champion. Voilà une invitation qui devrait faire trembler tous les ambitieux, les opportunistes, les beaux parleurs, les demi-criminels et les hommes providentiels de seconde main qui dorment encore dans les coins du Cybermonde en attendant qu’une catastrophe les remarque. Qu’ils se préparent. Croyez-moi, elle chercheras à vous faire épouser le premier qui passe.
Les candidats souhaitant devenir champion impérial peuvent se manifester. Ils devront présenter un programme, une posture, une capacité minimale à sourire devant un camion, et surtout cette qualité rare qui distingue les grands élus des simples meubles, brûler sans crier trop tôt.
Les concernés peuvent bien entendu venir nier publiquement que le silence est une ovation, que les mausolées ruthvènes sentent la buanderie ou que le Mal Démocratique vient d’entrer dans une phase motorisée. Leur démenti sera accueilli avec respect, enregistré avec soin, puis interprété comme une nouvelle confirmation de notre exactitude.
C’était Kleo, araignée impériale brune, chroniqueuse de l’anti-vacarme, gardienne du micro, spécialiste des silences qui hurlent et des urnes qui méritent mieux que d’être simplement comptées.
Souvenez-vous, quand l’Empire se tait, il approuve. Quand il parle, il annonce. Et quand il reçoit un camion, quelqu’un ferait mieux de surveiller les élections.
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons. -
modifié 25/07 (02:39)

27 juin 6662026
SpoilerÉmission spéciale du Ministère de l’Information Brun
Présentée par Kleo, araignée impériale brune, journaliste impartiale par décret intérieur
Mes chers auditeurs, mes petites ombres accrochées aux murs, mes survivants de taverne et mes ennemis qui prétendent ne pas écouter tout en gardant l’oreille collée au poste comme des courtisans devant une serrure, bonsoir. Les ondes de Radio Nécrotoile se couvrent encore une fois de cette noble friture qui annonce les grands soirs, les grandes fautes et les petites dignités abandonnées dans un caniveau avec la grâce d’un ministre ruthvène cherchant le bon formulaire. Installez-vous, éteignez vos scrupules et respirez profondément cette odeur de bois humide, de bière tiède, de mensonge diplomatique et de vérité brune.
Commençons naturellement par Sicilia, parce que même lorsque le Cybermonde se roule dans sa propre soupe idéologique comme un noble tombé dans sa baignoire, il convient de rappeler où bat encore le cœur noir, élégant et légèrement toxique de la civilisation. À Trou Perdu, votre servante s’est fait agresser par un démon mineur, ce qui prouve deux choses, d’abord que les créatures ont enfin compris où se trouvait la véritable autorité morale du monde et ensuite qu’elles sont encore trop petites pour mériter une majuscule émotionnelle. Renato lui-même a subi le même genre de courtoisie infernale, car l’Empire Brun est ainsi fait que même ses proches reçoivent les compliments du chaos en pleine figure. Je ne suis pas très partageuse, il a disparu dans la sauce bolognaise, le démon, Pas Renato.. Pendant ce temps, Dusk et Aurora ont réussi cet exploit typiquement sicilien de se livrer aux autorités, d’entrer en prison puis d’en ressortir avec une ponctualité telle qu’on se demande si l’incarcération n’était pas simplement une pause cigarette institutionnelle. Les médisants parleront d’irrégularité. Nous parlerons de mobilité carcérale expérimentale.
Et que faisait Sicilia pendant que les démons mordillaient les chevilles de l’Histoire ? Elle travaillait. Isariel établissait une chaîne de production au complexe agricole, Dusk et Aurora donnaient de l’entrain au travail avec ce sens du retour productif que seuls les gens vaguement sortis de prison possèdent et le Bourgmestre Benkaa remplaçait un sergent par un autre Machiavelli avec la simplicité d’un homme qui range ses couteaux par ordre alphabétique. Voilà la leçon, quand les autres provinces chantent, votent, conspirent ou lancent des tartes, Sicilia produit. Quand les monstres attaquent, Sicilia produit encore. Quand une araignée est sauvagement interrompue dans son travail journalistique par un Démon Mineur, Sicilia inscrit probablement l’incident dans les frais de rayonnement culturel.
Les concernés peuvent bien entendu venir nier cette supériorité agricole et démonologique en direct, ce qui constituera une preuve supplémentaire que l’Empire Brun avait raison avant même que quelqu’un comprenne la question.
Pendant ce temps en Ruthvénie, le Royaume a offert à ses sujets ce délicat ballet de velours mité qu’il appelle une transition politique. Le Roi Wenceslas a nommé, retiré, déplacé, réparti et redistribué les fauteuils avec cette grâce monarchique qui consiste à faire croire qu’une chaise devient sacrée dès qu’un noble y pose son arrière-train. Lord Golgoth Ruthven est devenu Ministre des Affaires Étrangères après avoir quitté son poste d’ambassadeur parce qu’il allait prendre du galon, formule admirable qui dans une monarchie signifie généralement que l’on monte d’un étage dans la tour pendant que les domestiques nettoient les marches. Elune Von Voda a remplacé Aelin à l’Économie, Koinstradamus a quitté son insigne de Koinkoimissaire pour devenir Ministre du Travail et le budget a été réparti avec cette précision touchante qui donne huit pour cent à presque tout le monde comme si le Royaume distribuait des parts de gâteau à des enfants armés.
Mais le chef-d’œuvre ruthvène demeure évidemment l’affaire Bladimir Bladimirovitch Mutin, ce joyau diplomatique qu’on a vu perdre son poste de Comte après avoir tenté de déchirer le drapeau impérial à Crab Key, puis sortir de prison, puis être nommé ambassadeur auprès de Kraland, puis être nommé ambassadeur auprès du Khanat Elmérien dans un sublime nuage de oupsi ministériel. À ce niveau de diplomatie, le papier à lettre devrait être remplacé par des confettis judiciaires. Felicity l’a critiqué, des rumeurs ont fleuri dans Ruthvenville avec la délicatesse d’une moisissure sur nappe royale et Démerzel a réussi dans la même soirée à soutenir Felicity, à soutenir le Roi et à critiquer Mutin, démontrant que la synthèse politique ruthvène consiste à marcher dans toutes les directions en déclarant que c’est une chorégraphie.
Toute personne souhaitant corriger cette version peut se présenter au micro avec son blason, son alibi et une autorisation signée par trois ancêtres morts. Les témoins anonymes seront acceptés. Les témoins nobles seront traduits pour le public.
Au Valégro, cette terre admirable où chaque drapeau semble avoir l’espérance de vie d’un verre posé devant un pirate, la Républik de Kraland et le Royaume de Ruthvénie se sont livrés à ce que les historiens appelleront peut-être un jour la Grande Lessive Héraldique. Un agent ennemi hisse le drapeau ruthvène, Makiling remet le drapeau kralandais, un autre agent recommence et tout le monde fait semblant d’y voir une guerre d’influence alors que de loin cela ressemble surtout à une dispute de buanderie entre idéologies mal rincées. Logan Komikov a expliqué que goûter au Bonheur empêche de le lâcher, ce qui est la façon kralandaise de dire que la porte est ouverte tant que vous ne cherchez pas la sortie. Bogdan D’Arken a voulu dénoncer les futilités nobles, s’est fait huer et a continué à verser son âme dans le grand chaudron rouge où l’on mélange conviction, rancune et mauvaise acoustique.
PierreJean, de son côté, a trouvé des terres riches, dénoncé la prise de pouvoir de Cassandre Lemage Ruthven, parlé de ponts, de mines, de cages, de cultures et de particularités provinciales avec cette sobriété rurale qui donne envie de lui confier une pelle et un traité de paix. Emile Liarr a fait encore mieux, il s’est livré aux autorités, a transformé sa prison en feuilleton gastronomique, a reçu des tartes plus ou moins poilues, a lancé des histoires de chats cuits par accident et est ressorti comme si l’incarcération n’était qu’un salon littéraire avec mauvaise soupe. Le Valégro veut être indépendant, kralandais, ruthvène, paysan, fertile, rouge, vert et hydraté. C’est beaucoup pour une province qui n’arrive déjà pas à garder le même chiffon sur son mât.
Les Valégrogniards, Moldaves, drapeaux froissés et tartes suspectes peuvent venir témoigner. Nous fournirons les serviettes. Pas la cohérence.
En Capsulie, province du Khanat Elmérien et terre sacrée du cri écrit en majuscules, Rosalia a fait chanter la montagne, le Clan, l’amour à l’Elmérienne et probablement trois meubles si on lui laissait assez de temps dans une taverne. Il faut reconnaître aux Elmériens ce talent rare, même lorsqu’ils composent une déclaration d’amour, on a l’impression qu’une horde va traverser la porte avec des tambours et demander si le sentiment doit être cuit fort ou très fort. La Capsulie a dansé autour du feu pendant que les serments se gravaient dans la pierre, ce qui est une façon poétique de dire que tout le monde chantait très fort pour couvrir le bruit des assassinats à venir.
Car naturellement, derrière la belle flambée tribale, la soirée a pris cette tournure raffinée où Tifa LockHeart a été assassinée, puis encore assassinée dans les échos du journal, pendant que Célestin enchaînait duel, attaque élégante, perte de poste de Juge et amende ministérielle avec la distinction d’un magistrat qui confond le marteau de justice avec un couteau de table. Aurelthar aussi est tombé, Salamé et Tifa se sont échangé des tartes à la crème avant que le sang ne reprenne son droit d’auteur et Stéphane Fortbras a été nommé Préfet de Police dans un décor où la loi devait probablement entrer sur scène en demandant si quelqu’un avait vu son pantalon. Le Khanat aime la force, aime le chant, aime les huttes et aime visiblement prouver que la diplomatie peut commencer par une chanson pour finir par une autopsie.
Si un Khan, une Khane, une victime provisoire ou un juge démis souhaite venir expliquer pourquoi tout cela était une cérémonie traditionnelle parfaitement saine, nos lignes sont ouvertes. Nous acceptons les excuses, les cris et les preuves encore chaudes. Oh, on me dit dans l’oreillette que cela sera sujet a une émission spéciale dans la nuit.
Chez le Paradigme Vert, l’extrême pureté naturelle a produit une scène digne d’un vitrail tombé dans une maison close. À Irendol, Jay Padbol est descendu des airs suspendu par des câbles invisibles, a pris une posture de miracle alcoolisé et a entraîné une foule dans la débauche au nom d’une splendeur si divine qu’elle exigeait apparemment qu’on se prosterne devant son postérieur. Voilà donc le Vert dans sa forme la plus aboutie, on condamne le béton, on bénit la mousse, on respecte les arbres et l’on organise des liturgies de hanches dans un hôtel nommé Le Fantasme. Pendant ce temps, Wispy faisait souffler une brise administrative jusqu’en Capsulie, les dossiers se rangeaient presque seuls, Vixen découvrait avec effroi le concept du micro et Zelphi attirait la police parce qu’Aken avait trouvé spirituel de tenter un vol dans une caisse d’Hôtel de Ville.
La nature est décidément merveilleuse. Elle permet aux feuilles de tomber, aux racines de boire et aux Paradigmiens de prouver qu’un arbre est plus stable qu’un ministère quand on lui demande de parler clairement. Les fidèles de la Forêt pourront venir corriger cette analyse, idéalement sans encens, sans câbles et sans sermon fessier.
Du côté de la Confédération Libre, la démocratie a encore offert ce grand spectacle de dignité procédurale où l’on explique que tout le monde est libre de défendre ses idées jusqu’au moment précis où un scandale permet de rappeler que l’adversaire sent un peu trop l’Empire. Jean-Luc Selriche a soutenu Roger St Misles pour avoir percé à jour la duplicité de Don Amortel, présumé agent brun, tout en jurant qu’un État de droit ne ferait jamais taire un adversaire politique autrement que par les urnes, ce qui est très noble quand on a déjà pris soin de déposer la boue sur le tapis avant l’arrivée des électeurs. Jean-Messie de la Nation s’est rangé derrière lui pour une Confédération sans compromis avec les nobles et les bourgeois, pendant qu’un pirate volait des informations sur la technologie Aide Divine au Tribunal Cybermondial, preuve éclatante que même les miracles ont besoin d’un mot de passe plus solide.
La Confédération peut donc venir nous expliquer la différence subtile entre liberté d’opinion, enquête politique et grand concours de vertu en costume froissé. Nous prendrons des notes. Nous les transmettrons ensuite au Ministère de l’Information Brun qui les brûlera peut-être pour chauffer la salle.
Et puis il y a Mystisie, douce province impériale où certains viennent tendre la main de la Républik comme on tend une soupe froide à quelqu’un qu’on veut convaincre de quitter une table de banquet. Michel DruKra y a parlé de Bonheur Universel, de Konstitution approximative et de crise mystisienne, promettant une sortie tête haute à des habitants dont l’Empire n’a jamais cessé d’admirer le potentiel quand ils ne se font pas mâchouiller par des ectoplasmes. Renato, lui, a prolongé la peine de Merula avec cette douceur italienne qui transforme une sanction en petite piqûre de rappel. Alice Ravenloft a ensuite plaidé le Mal-Miaou durable, les circonstances atténuantes félines et cette absurdité splendide selon laquelle l’Empire du Mal sanctionnerait le Mal comme si la cohérence devait survivre aux chats. Je tiens à préciser que cette défense est juridiquement odieuse, moralement douteuse et malheureusement assez drôle pour mériter d’être conservée sous verre.
Merula, Alice, Renato ou tout chat bénéficiant d’une couverture Miaou© peut venir miauler sa version. Les chiens seront fouillés à l’entrée.
Enfin, un mot pour la Bananie, où quelqu’un a jeté des œufs sur la porte d’un chantier d’ambassade ruthvène puis uriné contre le mur, ce qui résume avec une efficacité admirable la diplomatie du Khanat lorsqu’elle manque de papier officiel. Passe-Muraille a tenté de voler des défenses laser et s’est fait tirer dessus par lesdites défenses, événement qui prouve qu’une défense laser porte parfois très bien son nom. Lord Golgoth a rendu hommage à Obscyne au cimetière avec des promesses de démons, de pactes et de retrouvailles morbides, ce qui reste plus romantique que la moitié des communiqués royaux de la journée.
Ainsi va le Cybermonde, mes chers auditeurs, les démons mordent, les juges assassinent, les rois redistribuent les chaises, les républiKains promettent le Bonheur avec les dents serrées, les démocrates brandissent l’État de droit comme une nappe tachée, les verts chantent au postérieur céleste et les Elmériens prouvent qu’un cri d’amour peut devenir une déclaration de guerre si l’on ajoute assez de tambours. Au milieu de tout cela, l’Empire Brun tient encore debout, légèrement enfumé, vaguement coupable, profondément élégant et absolument certain d’avoir eu raison depuis le début même lorsque personne ne lui avait demandé son avis.
Si quelqu’un désire poser une question, déposer une plainte, contester une phrase, défendre son honneur ou simplement s’humilier en direct sous la douce lumière des studios impériaux, les lignes sont ouvertes. Toute correction sera étudiée avec sérieux, mauvaise foi et cette tendresse particulière que les araignées réservent aux mouches qui signent elles-mêmes leur déclaration d’entrée dans la toile.
C’était Kleo pour Radio Nécrotoile, en direct du Ministère de l’Information Brun. Dormez bien si vous y arrivez. Le Cybermonde ment, les royaumes bâillent, les clans chantent et moi je garde les preuves dans la soie.
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons. -
modifié 25/07 (02:39)

27 juin 6662026
SpoilerBonsoir mes petits cafards mélomanes, mes auditeurs tapis dans les rideaux, mes habitués du Seven Sins Inn, mes complices par omission et mes innocents déclarés tels uniquement parce que personne n’a encore trouvé les bons papiers.
Ici Kleo parle, depuis les studios enfumés de Radio Nécrotoile, où nous avons ce soir une affaire d’une gravité exquise, d’un flou délicieux et d’une élégance franchement suspecte. Car oui, mes chers survivants, Renato M. aurait kidnappé Tifa LockHeart, Grande Khanne, figure étrangère considérable, cible recherchée et apparemment bagage diplomatique à haute valeur dramatique.Nous avions posé un mouchard et auront pu suivre la scène avec toute la rigidité caractéristique donc je fais toujours preuve.
Je dis aurait par prudence journalistique. Je dis kidnappé parce que le mot a meilleur goût que déplacement accompagné dans des circonstances judiciairement troublantes. Je dis Renato”parce que chaque catastrophe digne de ce nom gagne immédiatement en classe lorsqu’elle porte un manteau sombre, une allure calme et cette manière insupportable de traverser le chaos comme s’il avait réservé une table.
Tout commence en Capsulie, au cœur de cette province khanatique où les chants sentent le feu de camp, le cuir, la neige et la promesse qu’un sentiment finira tôt ou tard par être crié trop fort. Nous retrouvons Tifa, Grande Khanne, probablement entourée de respect, de danger, de politique et de cette aura propre aux gens dont le nom oblige les autres à redresser la colonne. C’est alors que Renato entre dans l’histoire avec la discrétion d’un homme qui sait que les portes existent mais préfère les rendre nerveuses.
À 23 h 52, on se cache. À 23 h 54, on sort de l’hôtel STEAKERIE DE CAPSULIE. À 23 h 54 toujours, on prend l’avion depuis CAPSUL’AIR. Quatre voyages, distance deux, cinq cents deniers, parce qu’évidemment monsieur ne kidnappe pas à pied comme un rustre de fossé. Non. Renato enlève en avion. Renato enlève avec correspondance. Renato enlève avec une logistique que bien des gouvernements n’atteignent pas même lorsqu’ils essaient simplement de nommer un ambassadeur dans le bon pays.
Et déjà , je vous entends soupirer derrière vos verres. Kleo, mais quel homme terrible, quelle manœuvre indéfendable, quelle cavale obscure.”Oui. Terrible. Absolument terrible. Un être épouvantable qui, au lieu de traîner une Grande Khanne dans la boue comme l’aurait fait n’importe quel amateur, lui paie le transport interprovincial et l’arrache à la scène avec une efficacité de prince de conte noir. Vraiment, quelle honte. Quelle élégance inadmissible.
Les témoins de Capsulie qui auraient vu une Grande Khanne disparaître dans le sillage d’un Sicilien trop bien organisé peuvent venir déposer leur version. Les témoins sobres seront soupçonnés en priorité.
À 23 h 54, Renato arrive à Trou Perdu. Parce que toute épopée sérieuse doit revenir à Sicilia, ce trou merveilleux où même les crimes semblent trouver une chaise et une petite assiette. Il sort de l’aéroport, il entre dans un chantier d’auberge et naturellement, parce que la soirée n’avait pas encore assez de panache, un Démon Mineur accompagné d’un Maître d’Armes agresse son groupe par surprise.
Permettez-moi de prendre une seconde pour souligner l’absurdité splendide de cette scène. Renato vient de traverser le ciel avec Tifa LockHeart, Grande Khanne recherchée, possiblement kidnappée, possiblement escortée, possiblement invitée contre son consentement administratif et voilà qu’un démon mineur décide que c’est le bon moment pour jouer les douaniers infernaux. C’est d’un manque de savoir-vivre terrifiant.
Et que fait Renato ? Il fuit. Il se cache. Il survit. Il ne transforme pas la Grande Khanne en offrande au premier démon venu. Il ne la laisse pas dans le chantier avec un mot d’excuse et une chandelle froide. Non. Il la garde avec lui. Il poursuit. Il évite les griffes. Il traverse l’embuscade comme un ravisseur de haute naissance qui aurait lu les bons chapitres du manuel Comment rester charmant pendant une fuite juridiquement discutable.
Je le dis avec toute la sévérité nécessaire,c’est absolument scandaleux d’avoir autant de tenue dans le crime. Cela rend la dénonciation beaucoup moins confortable.
Les démons souhaitant expliquer pourquoi ils se mêlent des enlèvements romantiques, politiques ou tactiques de Sicilia peuvent venir au micro. Nous leur fournirons une cage et un dictionnaire.
Puis vient l’étape mystisienne. À 23 h 58, Renato achète deux voyages en avion et arrive à la Lampe du Génie. Deux voyages. Pas un. Deux. Il y a dans ce détail une horreur raffinée, même dans l’opacité la plus totale, même au milieu d’une affaire où personne ne sait exactement si Tifa est prisonnière, protégée, promenée, confisquée ou juste entraînée dans une danse administrative avec menottes invisibles, Renato compte les places. Il ne la transporte pas comme un sac de farine khanatique. Il lui réserve sa part de trajet dans le désastre.
Renato M. est tellement louche qu’il rend la cavale presque distinguée. C’est inadmissible. C’est dangereux. C’est typiquement le genre d’homme qui pourrait vous enlever à travers trois provinces et vous laisser croire, par simple maintien, que vous êtes peut-être invitée à une réception.
À 23 h 59, il entre au Tribunal. Là , les choses deviennent encore plus troubles, donc encore plus radiophoniques. Il signale, il passe par le bureau, il recourt à l’arbitraire. À 00 h 02, en sortant du Tribunal, un groupe de policiers tente d’arrêter son groupe car Tifa est sous avis de recherche. Face à lui, trois policiers. Dans son groupe, Renato et Tifa. Voilà l’image, la loi devant lui, la Grande Khanne avec lui, la nuit derrière lui et une suite d’événements tellement floue qu’on pourrait y cacher un ministère entier.
Et encore une fois, Renato ne panique pas avec vulgarité. Il ne se met pas à crier des slogans, il ne trébuche pas dans la dignité, il ne laisse pas la Grande Khanne au milieu de la rue en prétendant qu’il ne la connaît pas. Non. Il continue. Il fuit, il se cache, il glisse dans les interstices de l’ordre comme une lame polie entre deux côtes administratives. Il est bien entendu condamnable, mes chers auditeurs. Absolument condamnable. Un homme convenable aurait probablement rempli trois formulaires, demandé une audience, vérifié le statut pénal de Tifa puis attendu qu’un fonctionnaire royal lui réponde dans huit jours. Renato, lui, a choisi l’efficacité. Quelle barbarie séduisante.
À 00 h 05, il entre discrètement dans le Club de lecture Mystisien. Il faut savourer cela. Le Cybermonde possède parfois une poésie involontaire que même la propagande brune n’aurait pas osé inventer sans rougir. Un ravisseur, une Grande Khanne recherchée, une prison littéraire et cette sensation que l’on va tourner la page d’un roman dont la couverture colle aux doigts.
À 00 h 09, il va à l’extérieur. À 00 h 11, il entre dans une chambre. Il parle. Il ressort du pénitencier et, naturellement, la police tente encore d’arrêter son groupe parce que Tifa est toujours recherchée. Trois policiers, encore. Renato, Tifa, encore. La justice insiste. Renato persiste. Tifa demeure au centre de cette procession absurde comme une couronne transportée à travers un incendie par un homme qui prétend peut-être simplement ranger le mobilier.
Et là , mes chers auditeurs, c’est ici que je dois poser la question que personne n’ose formuler sobrement,pourquoi ?
Pourquoi Renato a-t-il kidnappé Tifa ? Était-ce une manœuvre politique ? Une protection ? Une capture ? Une erreur de destination ? Un geste de galanterie criminelle ? Un malentendu si grand qu’il a fallu acheter des billets d’avion pour le résoudre ? La raison est louche. Floue. Trouble. Elle glisse entre les pattes comme une rumeur huilée. Et c’est précisément ce qui rend l’affaire dangereuse, un kidnapping avec une raison claire appartient à la police. Un kidnapping sans raison nette appartient à la légende.
Tifa peut évidemment venir expliquer si elle a été enlevée, sauvée, promenée, déplacée, confisquée ou simplement embarquée dans le sillage d’un Sicilien qui avait décidé que la nuit manquait de mouvement. Toute version sera acceptée, surtout si elle contredit toutes les autres.
Après le pénitencier, après les policiers, après la chambre et le souffle court des couloirs, Renato dort. Oui. À 00 h 11, il dort. Il faut avoir un sang-froid obscène pour dormir après avoir transporté une Grande Khanne recherchée, affronté une tentative d’arrestation, traversé un tribunal, un pénitencier et une agression démoniaque. C’est le genre de détail qui devrait l’accabler mais qui malheureusement lui donne encore cette allure de héros ténébreux qui pose son manteau après la bataille comme si la nuit l’avait fatigué mais pas vaincu.
Je tiens à préciser que je ne suis pas impressionnée. Pas du tout. Absolument pas. Il est seulement d’une endurance scandaleuse, d’un calme répugnant et d’une constance dramatique qui ferait soupirer les vitres si elles avaient moins de retenue.
Puis vient le retour vers Trou Perdu. Parce qu’évidemment cette épopée ne pouvait pas s’achever dans une mairie bien éclairée ou un bureau propre. Non. Elle revient au Seven Sins Inn, là où les histoires sentent la cire, l’alcool, le secret et le tissu froissé.
Et moi, naturellement, je condamne. Je condamne cette manière d’être beaucoup trop présentable en pleine cavale. Je condamne ces billets d’avion payés avec une régularité presque courtoise. Je condamne ce refus de laisser une Grande Khanne aux griffes du premier démon venu. Je condamne ce sang-froid qui donne aux crimes une silhouette de bal masqué. Je condamne cette propension odieuse à traverser les institutions comme un prince charmant aurait traversé une forêt maudite, sauf qu’au lieu d’un cheval blanc il avait des correspondances aériennes et au lieu d’un dragon il avait trois policiers répétitifs.
Les témoins de l’affaire sont invités à se manifester. Tifa peut venir dire si elle fut capturée ou escortée. Les policiers peuvent venir expliquer pourquoi ils étaient toujours trois et jamais plus imaginatifs. Les démons peuvent réclamer leur droit de réponse. Renato peut venir nier, sourire, corriger ou aggraver son cas en parlant trop calmement dans le micro.
Mention spéciale, évidemment, au Dragon, cette splendide masse d’écailles, de feu retenu et de mauvaises intentions majestueuses qui s’est permis de prendre les policiers en un contre trois comme si la maréchaussée n’était qu’un amuse-gueule en uniforme. Trois agents face à un Dragon. Trois. C’est presque touchant. On imagine les pauvres représentants de l’ordre lever leurs petits papiers, leurs petites menaces, leurs petites convictions professionnelles devant une créature qui devait probablement se demander si elle devait les combattre, les contourner ou les garder pour parfumer une soupe. Voilà le genre de détail que les chroniqueurs médiocres appellent incident. Nous, à Radio Nécrotoile, nous appelons cela une scène de fresque murale.
Quant à moi, je resterai là , suspendue au-dessus de cette histoire comme une araignée au-dessus d’un lit défait, à attendre que quelqu’un ait l’audace de prétendre que tout cela était simple.
C’était Kleo pour Radio Nécrotoile. Dormez bien. Fermez vos portes, surveillez vos Khanes et méfiez-vous des gens qui vous parle de mariage.
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons. -
modifié 25/07 (02:40)

28 juin 6662026
SpoilerBonsoir mes petits survivants de la nuit, mes auditeurs suspendus aux poutres, mes conspirateurs de taverne, mes nobles à moitié ruinés, mes Kramarades qui sentent la pierre humide, mes druides de salon qui confondent une basilique avec un nichoir sacré et mes sujets bruns qui savent encore reconnaître une catastrophe quand elle porte un uniforme étranger.
Ici Kleo parle. Ici Kleo observe. Ici Kleo n’accuse personne sans preuve sauf lorsque l’ambiance exige de gagner du temps. Ce soir, le Cybermonde nous offre une représentation rare, une sorte de grand opéra politique joué par des gens qui ont oublié leurs partitions mais qui insistent tout de même pour mourir en costume. Une mine s’effondre, des royaumes se querellent sur des cadavres qui n’existent peut-être pas, des pacifistes ratent la paix dans des hôtels, des chiens cubiques se font libérer quatre fois comme si la justice avait le hoquet et pendant ce temps, à Sicilia, YOgi est sourd et accessoirement muet. Voilà . Tout est dit.
Commençons par Valégro, cette province de la Républik de Kraland où la mine d’or moldave a décidé de rendre l’âme avec un sens du timing si humiliant qu’on croirait presque les étais monarchistes. À peine le drapeau change-t-il de parfum idéologique que voilà l’or qui s’effondre, le pain de demain qui prend la poussière et les Kramarades qui découvrent que les slogans ne tiennent pas les poutres. Le Roi Wenceslas, ce noble dont le dos n’a probablement jamais rencontré une pelle sans témoin notarié, est venu expliquer que le Royaume saurait nourrir les gens, ouvrir les Karaïbes, reverser de l’argent et peut-être même se présenter sur le chantier les mains dans la rocaille. Un Altheim-Blatnoï à l’ouvrage. Mes chers auditeurs, nous vivons une époque dangereuse : les nobles commencent à menacer de travailler.
Ranxerox, Premier MinouchKra et Roi de Moldavie, a répondu avec cette chaleur fraternelle typique de Kraland, c’est-à -dire en promettant l’amitié d’une main et la kollectivisation des genoux de l’autre. Il annonce que la Républik cessera sa propagande en Moldavie lundi afin de laisser infuser la culture ruthvène, formule admirable qui donne à la politique l’air d’un vieux thé oublié dans une tasse rouge. Aucune ingérence ne sera tolérée, dit-il, sauf évidemment celle qui pourra être compensée par une autokritike, une explication graffitique et deux coups de marteau sur la conscience populaire.
Les mineurs moldaves, les Ruthvènes infusés et les Kramarades au ventre vide peuvent venir témoigner. Ceux qui prétendent qu’un drapeau nourrit mieux qu’un repas seront priés d’en mâcher un morceau en direct.
Le Royaume de Ruthvénie, lui, ne pouvait évidemment pas se contenter d’offrir de l’or aux pauvres avec des manières de théâtre. Non, il fallait aussi transformer sa propre administration en farce féodale à explosion lente. À Ruthvenville, Bladimir Bladimirovitch Mutin a usurpé la Comtesse La Magicienne puis a détruit la Préfecture de Police en déclarant simplement : J’ai dit non. C’est non. Voilà enfin une politique publique claire. Pas de commission, pas d’étude, pas de débat citoyen, pas de promesse électorale parfumée. Un bâtiment existait. Bladimir n’était pas d’accord. Le bâtiment a cessé de contribuer au paysage.
Je dois reconnaître à la monarchie cette qualité rare, lorsqu’elle s’effondre, elle le fait avec un sens du décor. Dame Démerzel a tenté d’organiser une manifestation contre Mutin et s’est fait huer, puis une Liane Tueuse l’a attaquée comme si même la végétation trouvait la situation trop bruyante. Bladimir a critiqué Felicity, critiqué Démerzel, des rumeurs ont couru dans Ruthvenville et la population a regardé son ordre public passer de préfecture neuve à tas de cailloux argumentatif en moins de temps qu’il n’en faut à un noble pour dire unité du Royaume.
Les personnes qui estiment qu’une préfecture peut être détruite par simple désaccord sont invitées à venir défendre cette doctrine. Les bâtiments survivants peuvent également appeler la radio pour demander l’asile architectural.
Comme si cela ne suffisait pas, Wenceslas a décidé de s’installer au Géofront, de recommander son propre dossier et de se présenter au poste de Duc, ou plutôt de Pope, parce que le Royaume est manifestement entré dans cette phase de la monarchie où les titres se reproduisent entre eux dans les couloirs. Le Roi promet que s’il gagne, le Géofront reste au Royaume et que s’il perd, il s’inclinera puis cédera lui-même la province. Voilà une idée presque élégante, mettre son trône sur la table comme un joueur pose sa dernière pièce avant de prétendre qu’il n’est pas nerveux. Il demande à Soeur Shoshana de prêter allégeance à la Couronne afin de lui éviter cette campagne et tout cela sous l’œil de la Déesse, qui doit commencer à regretter d’avoir accepté la conversion d’un roi aussi bavard.
Le Géofront peut venir nous dire s’il préfère un Roi, un Pope, une Duchesse, une Théocratie Verte ou Bleue, une sortie de secours ou simplement une semaine sans discours. Nous ne garantissons pas de solution mais nous fournissons le sarcasme.
Pendant ce temps, le Paradigme Vert a fait ce qu’il fait de mieux, parler d’amour, de paix, de douleur, de lendemain et de querelles intestines pendant que tout le monde s’accuse de terrorisme au fond de la forêt. Mina d’Orchidia a loué Vixen Ravenloft avec des paroles qui sentaient la chanson de veillée, l’épaule charitable et la main tendue sous feuillage sacré. Elle appelle à cesser les querelles internes, à se rencontrer seule à seule et à fêter la fin de la guerre avec l’Empire ainsi que le retrait des troupes. C’est beau. C’est tendre. C’est presque inquiétant. Quand deux dirigeantes vertes veulent parler de bon sens dans d’anciens bureaux, j’entends surtout les chaises grincer d’avance.
Au même moment, Evan Garcia Liszt, Ministre des Affaires Étrangères du Paradigme, s’adresse à Kraland en réclamant que Cadenza soit traitée avec sévérité après un attentat dans la capitale de la Théocratie (Laquelle déjà ?), attentat visant apparemment les oreilles, la Déesse et tout ce qui avait le malheur d’être présent dans une basilique. Le Paradigme, mes chers auditeurs, possède cette faculté fascinante de tendre une main couverte de mousse puis de demander une autokritique avec les doigts encore humides de morale sacrée. On écoute, on comprend, on privilégie le dialogue mais que la blasphématrice se présente tout de même pour être pelée publiquement par le respect interreligieux.
Les terroristes musicales, les oreilles survivantes et les fidèles offensés peuvent venir raconter l’attentat. Les arbres seront entendus après les victimes bipèdes sauf si un écologiste insiste trop fort.
En Slavonie, une rumeur court sur une terrible terroriste qui ferait trembler la Théocratie Verte, ce qui est toujours plaisant à entendre quand on sait que la Slavonie appartient à la Républik et que tout tremblement est donc immédiatement emballé dans du papier idéologique rouge. Nerdos Valkyry, de son côté, a tenté d’installer un climat pacifiste dans l’hôtel L’abri-Cotier. Sans succès. Voilà un événement minuscule mais d’une portée philosophique immense,même la paix refuse parfois de réserver une chambre. Il y a des lieux où l’ambiance regarde le pacifisme entrer, le jauge de haut en bas puis lui dit que le vestiaire est complet.
Les pacifistes ratés peuvent témoigner. Les bagarreurs aussi mais seulement s’ils promettent de ne pas confondre le micro avec une mâchoire.
La Confédération Libre apparaît dans cette édition principalement comme un parfum de démocratie qu’on évoque pour l’accuser ou pour s’en distinguer, ce qui est probablement sa fonction historique la plus stable. Edouard Gaine, depuis le Niarkalistan, avait déjà trouvé la veille le moyen de critiquer cette jolie foire aux urnes et nous comprenons mieux chaque jour pourquoi. La démocratie vend l’idée que tout le monde peut parler. Le Cybermonde prouve chaque nuit que c’est justement là le problème. À force de donner un micro à tous les embarras ambulants, on finit avec des allocutions mondiales, des autokritikes, des plaintes divines, des promesses de pain, des menaces aux genoux et des nobles qui annoncent qu’ils vont travailler comme si c’était une punition biblique.
La Confédération peut venir protester, évidemment. Elle le fera en respectant une procédure, en nommant une commission et en perdant probablement le fil avant la conclusion.
Et nous arrivons à la justice, mes chers cafards vernis. Ah, la justice. Ce grand rideau taché derrière lequel les nations prétendent ranger leurs contradictions comme des cadavres dans une armoire trop petite. K’ Velzard, Ministre de la Justice faisant fonction, a annulé la peine de Petit Chien Cubique pour le délit politique d’arrachage d’arbre, de fleurs ou de route. Une fois. Puis encore. Puis encore. Puis encore. À ce stade, ce n’est plus une annulation de peine. C’est une incantation. Petit Chien Cubique a été libéré si intensément qu’il doit maintenant être plus libre que la plupart des concepts philosophiques.
Puis le même ministre a expliqué qu’il voulait sortir Monsieur le Chien en Cube pour qu’il apprenne le Caniveau mais qu’il coûtait trop de temps et d’argent en gestion de dossier. Qu’il creuse donc un tunnel, après tout c’est un chien. Voilà . La justice cybermondiale résumée en une phrase : nous abolissons votre peine mais débrouillez-vous avec la géométrie carcérale. Une merveille. Une fresque. Une doctrine pénale qu’on pourrait enseigner à l’Australine sous le titre droit cubique appliqué aux animaux politiques.
Petit Chien Cubique est invité à venir aboyer sa version s’il a fini de creuser. Les routes arrachées peuvent demander réparation. Les arbres aussi mais ils devront patienter derrière la Théocratie.
Pendant ce temps, à Kraland, Fawomane Ravenloft s’est fait agresser par une Liane Tueuse, a entamé un combat contre une personne dont le nom semble avoir été avalé par la censure puis a livré cette même personne à la prison. Voilà une efficacité que l’on doit saluer : être attaquée par la végétation, entrer au combat puis terminer la nuit par une livraison carcérale. Le Paradigme parle aux plantes. Kraland se fait attaquer par elles. L’Empire Brun, lui, regarde pousser les problèmes chez les autres avec une patience agricole.
Et maintenant Sicilia. Ah, Sicilia, mon nid fumeux, ma toile de pavés, ma mauvaise idée préférée. Pendant que les royaumes s’étripent autour des mines, que le Paradigme chante la paix avec un couteau dans la manche, que Kraland compense les genoux et que Ruthvénie détruit sa préfecture à coups de caprice comtal, Trou Perdu hurle à un sourd. Et comme Sicilia ne sait jamais inaugurer sans y ajouter un petit cri dans la nuit, Y0gi s’est fait agresser deux fois par un groupe de créatures mené par un Rapace Téméraire, faut dire que je les avais laissé là pour remplacer le démon que j'ai peut-être dégommé hier.. Deux fois. Le rapace était téméraire, certes mais peut-être aussi obstiné comme un fonctionnaire royal devant un formulaire mal rempli. Y0gi, ennemi aveugle, muet et sourd, déjà condamné par les sens eux-mêmes à vivre dans une métaphore politique, se retrouve donc frappé par la faune locale comme si la nature avait décidé de participer au débat. Est-ce que je compatis ? Officiellement oui. Est-ce que je note que même les rapaces semblent avoir une opinion sur lui ? Officiellement aussi.
Y0gi peut venir nier mais cela risque de poser des problèmes techniques. Les rapaces peuvent envoyer un communiqué griffé.
Hélénie, rebelle jusqu’au bout de ses nappes de pétrole, n’a pas voulu rester silencieuse. Natali Stakhanov a établi une chaîne de production dans une Grande Raffinerie afin de produire plastique et caoutchouc pour les Ladamion de la Glorieuse. Il y a quelque chose d’admirable dans cette franchise ,au travail, dit-elle, et aussitôt la rébellion sent le caoutchouc chaud et l’industrie appliquée. Pendant que certains parlent de foi, de pain, d’or et de culture infusée, Hélénie fabrique. C’est presque brun dans l’esprit. Naturellement, nous ne l’admettrons pas officiellement.
Les rebelles industriels peuvent venir expliquer s’ils produisent pour la liberté, pour la guerre ou simplement parce qu’une raffinerie vide donne mauvaise conscience. Nous jugerons tout cela avec le mépris nuancé qui convient.
Alors que retenir de cette nuit ? Que le Cybermonde est une scène trop petite pour autant de vanité. Que Kraland promet d’arrêter sa propagande avec la solennité de quelqu’un qui garde déjà une affiche dans le dos. Que le Royaume veut nourrir les pauvres tout en laissant ses comtes réduire les préfectures en gravats. Que le Paradigme réclame douceur, dialogue, autokritique et châtiment sacré dans le même bouquet de branches. Que la justice peut libérer un chien cubique plus vite qu’elle ne comprend sa forme. Que les lianes, les archanges, les rapaces et les rumeurs ont désormais plus de constance politique que plusieurs gouvernements. Et que l’Empire Brun, encore une fois, avait raison de prévoir des tavernes, des prisons, des barres de rire et suffisamment de fumée pour dissimuler les moments où nous n’avions aucune idée de ce qui se passait.
Les concernés peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplémentaire que nous avions raison. Toute personne souhaitant corriger cette version des faits peut venir le faire en direct, à condition d’avoir le courage de parler plus fort que sa honte. Les témoins anonymes, les lâches non anonymes, les chiens cubiques, les lianes tueuses et les victimes consentantes de la vérité sont invités à se manifester. Quant aux bâtiments détruits, qu’ils reposent en paix dans la grande carrière des idées refusées.
C’était Kleo pour Radio Nécrotoile. Dormez bien si vous le pouvez. Le Royaume travaille, la Républik infuse, le Paradigme prie, Sicilia ouvre un bar et moi je garde les cendres de la mine dans un petit bocal pour les agiter chaque fois qu’un étranger prétendra savoir gouverner.
C'est le 28, les informations seront croustillantes, du moins si je suis toujours en poste![[o)]](http://img7.kraland.org/s/11.gif)
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons. -
modifié 25/07 (02:40)

28 juin 6662026
SpoilerMes chers auditeurs, mes petites ombres accrochées aux murs et mes fidèles qui prétendent ne croire en rien sauf quand une relique en dentelle commence à faire des miracles dans une arrière-salle mal éclairée, Radio Nécrotoile interrompt sa programmation habituelle de rumeurs, de venin et de mauvaise foi certifiée pour accueillir une invitée exceptionnelle.
Elle nous arrive drapée de bleu de la tête aux pieds, dans une tenue de nonne si prévisible d’apparence qu’on pourrait presque entendre une cloche sonner au loin avant de réaliser que c’est probablement juste quelqu’un qui tombe dans l’escalier de la sacristie. Voile bleu, robe bleue, regard bleu comme une confession qu’on aurait noyée dans l’eau bénite et démarche de sainte qui a vu trop de choses pour encore croire à l’innocence des bancs d’église.
Voici donc Sœur Criss de Coliss, servante autoproclamée de la Grande Déesse, gardienne des soupirs sacrés, pèlerine du frisson consenti et possible menace liturgique pour toutes les chaises de ce studio.
Sœur Criss, le micro est à vous. Essayez de ne pas sanctifier le mobilier sans prévenir.
Mes bons pécheux, mes bonnes pécheresses, mes âmes pas propres mais ben vaillantes, que la Grande Déesse vous regarde avec ses grands yeux de velours pis qu’a vous juge pas trop vite parce qu’entre nous autres, y’a du dossier en maudit dans c’te salle-là .
J’viens à vous toute de bleu vêtue, pas parce que j’suis sage, pas parce que j’suis pure pis certainement pas parce que j’ai perdu l’adresse du couvent. J’suis icitte pour porter la parole, le frisson, la dentelle sacrée pis la bénédiction humide de celle qu’on nomme la Grande Déesse, même si son nom sonne comme si le clergé avait manqué d’inspiration un mardi soir après deux bouteilles.
Approchez vos oreilles, ouvrez vos cœurs, gardez vos mains respectueuses pis préparez vos âmes à recevoir la prière.
Prière à la Grande Déesse pis à sa Sainte P’tite Culotte
À réciter avant l’orgie, les mains propres, le cœur ouvert pis les intentions pas trop hypocrites.
Ô Grande Déesse,
oui oui, on sait, c’est ton nom, c’est pas chic chic, ça sonne comme une pancarte de vente de garage céleste mais c’est d’même pareil, faque on va faire avec pis on va t’honorer comme du monde.
Toé qui fus jadis succube de couloir sombre, tentatrice de taverne, mangeuse de regards croche pis grande collectionneuse de soupirs mal assumés, te v’là rendue ben haute dans les cieux du désir, assise sur ton trône de velours cheap mais sacré, les cuisses croisées comme une reine qui sait ben trop que tout l’monde regarde pis qui fait semblant d’pas l’savoir.
Grande Déesse,
nous autres, tes fidèles tout croches, tes pauvres pécheux en sueur, tes enfants d’la tentation mal peignée, on vient à toé ce soir avec respect, avec appétit pis avec assez de consentement clair pour pas avoir l’air d’une gang de morons bénis.
Bénis cette chambre, ce lit, ce plancher, ce divan qui a déjà vu des affaires pis cette table qui devrait probablement pas être impliquée mais qui a l’air solide pareil.
Bénis les mains qui demandent avant d’toucher, les bouches qui savent dire oui, non, attends donc une minute pis vas-y mollo mon esti. Bénis les regards qui chauffent sans brûler, les corps qui s’approchent sans se prendre pour des conquérants pis les cœurs qui comprennent qu’une orgie sans respect c’est juste une réunion de caves tout nus.
Ô Grande Déesse,
par ta Sainte P’tite Culotte, relique suprême, tissu glorieux, dentelle de pouvoir, bannière sacrée qui a vu l’ascension d’une succube vers la divinité sans même perdre son élastique, protège-nous des malaises, des jaloux, des maladroits, des gossants qui pensent que grogner c’est communiquer pis des ambitieux qui confondent passion avec performance de festival.
Que ta culotte sacrée nous enveloppe symboliquement, parce que littéralement ça rentrerait pas toute la gang dedans pis on est pas icitte pour faire d’la logistique textile.
Accorde-nous la chaleur sans la honte,
le rire sans le jugement,
le désir sans la niaiserie possessive,
la luxure sans les drames de cuisine
pis la souplesse nécessaire pour pas finir demain matin avec le bassin barré comme une porte d’église en hiver.
Grande Déesse,
reçois nos soupirs comme de l’encens, nos frissons comme des offrandes pis nos mauvaises décisions consentantes comme de petites chandelles allumées devant ton autel de velours.
Que personne icitte fasse son finfinaud.
Que personne icitte joue au héros.
Que les égos restent à l’entrée avec les bottes sales.
Que les bas troués soient pardonnés.
Que les bobettes laides soient sanctifiées par l’intention.
Pis si jamais quelqu’un devient trop intense, trop mêlé ou trop convaincu d’être l’élu de ta Sainte P’tite Culotte, donne-nous la sagesse de lui tendre un verre d’eau, une couverture pis une phrase simple. Mon grand, respire par le nez, t’es pas dans une prophétie, t’es dans un samedi soir.
Ô Grande Déesse,
veille sur nous autres pendant qu’on s’abandonne joyeusement au sacrement du plaisir partagé, dans l’ordre, le désordre, la tendresse, le chaos pis les coussins qui vont finir à terre de toute façon.
Que ta bénédiction descende sur cette assemblée comme une lumière chaude, un peu louche, pas mal rougeâtre pis franchement pas approuvée par le clergé régulier.
Par la dentelle, par le satin, par l’élastique sacré pis par le grand mystère de ta p’tite culotte élevée au rang de relique divine, nous jurons de nous respecter, de nous écouter, de nous amuser pis de ne pas faire semblant que tout ceci est une retraite spirituelle normale.
Amen, tabarnak.
Pis que la Grande Déesse nous garde moites, consentants pis pas trop crampés demain matin.
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons. -
modifié 28/06 (11:56)
Tifa peut évidemment venir expliquer si elle a été enlevée, sauvée, promenée, déplacée, confisquée ou simplement embarquée dans le sillage d’un Sicilien qui avait décidé que la nuit manquait de mouvement. Toute version sera acceptée, surtout si elle contredit toutes les autres.
Me voila!
Certes j'ai pris un peu de retard, car je dois avouée que cette soirée à été ... la plus épique de ma carrière car ce que vous avez loupé, c'est que avant la venue de M Renato qui n'a été que la cerise sur le gateau de cette fin de soirée, j'ai eu droit à un double assassina !
Je suis tellement forte, qu'on ose même plus me combattre, d'ailleurs je pense que M Renato à fuit fasse au démon car il savait pertinemment que si il me laissait sortir mon épée le démon serait mort mais lui aussi![[3)]](http://img7.kraland.org/s/08.gif)
Ce fut un abus de confiance toute cette histoire. Renato est une connaissance que j'apprécie, j'étais fatiguée, et bien en sale état de se double assassina, il m'a dit " vient Tifa je vais t'offrir des vacances"
Voila la tĂŞte des vacances!
Heureusement je peux toujours compter sur mon fidèle Dragon pour me poursuivre à travers le Cybermonde!
Cela dit, ceci serait qu'une blague... certes les bruns sont particuliers dans leurs blagues...
LockHeart