Votre émission de la nuit.

  • modifiĂ© 11/08 (01:52)
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    6 Aout 6662026



    La radio produit un bruit effroyable,
    la date de l'émission est étrange,
    arrivé en décaler de plusieurs jours.



    Quelque chose craqua. Le signal sembla mourir puis
    la voix de Kleo revint de trĂšs loin.


    Spoiler

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    Vous n’ĂȘtes pas fou ?
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    Nous vous formerons.
  • modifiĂ© 11/08 (01:54)
    +2 -0 +2 

    7 Aout 6662026



    La radio produit un bruit effroyable,
    la date de l'émission est étrange,
    arrivé en décaler de plusieurs jours.


    Spoiler
  • modifiĂ© 11/08 (01:53)
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    Ce soir, revue hebdomadaire du samedi, en bref.


    1 au 8 Aout 6662026


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  • modifiĂ© 11/08 (01:55)
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    8 Aout 6662026



    La radio produit un bruit effroyable,
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    arrivé en décaler de plusieurs jours.



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  • modifiĂ© 11/08 (01:56)
    +0 -0      

    9 Aout 6662026



    La radio produit un bruit effroyable,
    la date de l'émission est étrange,
    arrivé en décaler de plusieurs jours.


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  • modifiĂ© 11/08 (01:59)
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    10 Aout 6662026


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    10 Aout 6662026


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    10 Aout 6662026




    PUBLICITÉ RADIO NÉCROTOILE

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  • modifiĂ© 12/08 (00:59)
    +3 -0 +3 

    10 Aout 6662026



    Dans la salle haute oĂč Radio NĂ©crotoile a plantĂ© ses antennes comme des aiguilles dans le cadavre encore tiĂšde de l’Histoire les chandelles tremble sous les voĂ»tes noircies. Des crĂąnes tiennent lieu de serre-livres. Les rideaux pourpres boit la lumiĂšre des lampes et les dorures anciennes semble avoir Ă©tĂ© volĂ©es Ă  trois palais ruinĂ©s puis revendues au mĂȘme empereur. Au centre de cette dĂ©cadence parfaitement fonctionnelle une petite silhouette aux yeux bleus dĂ©roule un parchemin beaucoup trop long pour la table.


    Spoiler

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  • modifiĂ© 12/08 (01:01)
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    11 Aout 6662026



    L’hiver fond, les trĂŽnes changent de propriĂ©taire et l’Empire vous prie de payer avec dignitĂ©


    Bonsoir Ă  vous citoyens respectables, criminels provisoires, souverains dĂ©finitifs jusqu’à demain matin et autres propriĂ©taires de convictions politiques dont la soliditĂ© dĂ©pend principalement de la distance qui vous sĂ©pare du prochain palais. Vous Ă©coutez Radio NĂ©crotoile. Ici Kleo, Ministre de l’Information lorsque les circonstances administratives ont la dĂ©licatesse de s’en souvenir et surtout seule chroniqueuse du Cybermonde dont l’impartialitĂ© est si parfaite qu’elle rĂ©siste mĂȘme aux faits. Trois chandelles consument avec discipline les derniĂšres rĂ©serves d’oxygĂšne de ce studio. Un crĂąne dont personne n’a encore rĂ©clamĂ© la propriĂ©tĂ© me sert de presse-papier et sous le velours du vieux trĂŽne impĂ©rial quelque chose gratte depuis prĂšs d’une heure. Je prĂ©fĂšre considĂ©rer qu’il s’agit d’un assistant. Nous allons donc parler ce soir de civilisation. Ce mot magnifique dĂ©signe gĂ©nĂ©ralement le court intervalle sĂ©parant le moment oĂč un gouvernement annonce une solution du moment oĂč les citoyens dĂ©couvrent pourquoi elle va leur coĂ»ter plus cher. Et quelle journĂ©e admirable nous avons eu. La SibĂ©ria invente le rĂ©chauffement climatique municipal. L’HĂ©lĂ©nie transforme une saisie militaire en projet hĂŽtelier. La Bouletie envisage de changer de nation comme d’autres changent de taverne. Un comte ruthvĂšne perd ses terres parce qu’il aurait consacrĂ© trop d’attention Ă  un Kanard. Pendant ce temps l’Empire Brun accomplit cette chose infiniment plus sĂ©rieuse qui consiste Ă  prĂ©lever de l’argent avec assez d’autoritĂ© pour que l’impĂŽt ressemble Ă  un privilĂšge.

    Commençons par le nord car lorsqu’une civilisation entreprend volontairement de faire fondre son propre sol il serait discourtois de la faire attendre. À Garinaville [=o]Cassandre Lemage Ruthven a dĂ©couvert que les routes de SibĂ©ria Ă©taient dans un Ă©tat indigne d’une citĂ© moderne. Cette observation Ă©tait raisonnable. C’est malheureusement Ă  cet instant que la raison a quittĂ© la piĂšce par une fenĂȘtre et personne n’a eu le courage de courir derriĂšre. Le pergĂ©lisol maltraite les chaussĂ©es. Le froid soulĂšve l’asphalte. Les habitants dĂ©sirent circuler sans que chaque dĂ©placement ressemble Ă  une traversĂ©e maritime dans un cercueil Ă  roulettes. La nouvelle bourgmestre a donc augmentĂ© la taxe fonciĂšre pour financer une solution pĂ©renne puis elle s’est accordĂ©e une prime afin d’acheter un manteau en poil de yack parce que le climat local se montre peu sensible aux responsabilitĂ©s municipales. Jusqu’ici nous demeurons dans les limites ordinaires de la politique. Un problĂšme. Une taxe. Une dĂ©pense personnelle vaguement reliĂ©e au problĂšme. Beaucoup de gouvernements ne vont jamais plus loin et vivent trĂšs heureux. Mais [=o]Cassandre possĂšde cette qualitĂ© rare qui distingue les administrateurs des visionnaires. Les premiers rĂ©parent la route. Les seconds dĂ©cident de modifier le climat.

    Son raisonnement mĂ©rite d’ĂȘtre prĂ©servĂ© dans les archives car les gĂ©nĂ©rations futures refuseront probablement de croire que nous avons Ă©tĂ© aussi raffinĂ©s. Garinaville aurait autrefois Ă©tĂ© bĂątie dans l’espoir de retrouver un chenal sous les glaces. La glace empĂȘche aujourd’hui d’atteindre le vĂ©ritable sol. Or la chaleur fait fondre la glace. Une centrale thermique produit de la chaleur. Il suffit donc de faire tourner la centrale Ă  plein rĂ©gime jusqu’à ce que le climat local se rĂ©chauffe assez pour transformer le pergĂ©lisol en gadoue puis il ne restera qu’à creuser dedans pour obtenir enfin des routes dignes de ce nom. VoilĂ . LĂ  oĂč le Paradigme Vert s’épuise depuis des gĂ©nĂ©rations Ă  protĂ©ger l’environnement [=o]Cassandre propose de le vaincre. Je dois reconnaĂźtre qu’il existe dans cette mĂ©thode une Ă©lĂ©gance impĂ©riale involontaire qui me touche profondĂ©ment. Quand la nature pose un problĂšme elle ne nĂ©gocie pas. Elle ne remplit aucun formulaire. Elle ne promet mĂȘme pas de rĂ©duire son empreinte carbone. Elle reste lĂ  avec son froid et son arrogance. Lui rĂ©pondre par une centrale thermique constitue donc au moins une conversation entre puissances qui se comprennent.

    Naturellement le Paradigme Vert risque de ne pas apprĂ©cier cette approche. Cela tombe bien puisque [=o]Cassandre venait prĂ©cisĂ©ment d’expliquer que les Ă©cologistes locaux Ă©taient incapables de fournir un asphalte suffisamment robuste. Il fallait donc imaginer plus grand. Beaucoup plus grand. Suffisamment grand pour que les ours commencent Ă  chercher de l’ombre au mois de janvier. J’entends dĂ©jĂ  les dĂ©fenseurs du climat objecter que faire fondre le pergĂ©lisol afin d’amĂ©liorer la voirie ressemble Ă  brĂ»ler une bibliothĂšque pour mieux lire les titres sur les couvertures. Je comprends leur inquiĂ©tude et je la respecte avec toute la tendresse que mĂ©rite un peuple ayant dĂ©couvert l’énergie nuclĂ©aire le mĂȘme jour. Car oui pendant que Garinaville envisageait de chauffer la SibĂ©ria comme une casserole oubliĂ©e sur le feu [=o]Bartolomus Ravenloft offrait au Paradigme Vert l’Énergie NuclĂ©aire. La technologie est mĂȘme tombĂ©e dans le domaine public et les Provinces IndĂ©pendantes en bĂ©nĂ©ficie dĂ©sormais. VoilĂ  donc le Cybermonde arrivĂ© au stade merveilleux oĂč les Ă©cologistes possĂšdent l’atome et oĂč une RuthvĂšne dirigeant une ville verte veut rĂ©gler les nids-de-poule par le changement climatique. Il existe des jours oĂč l’Histoire Ă©crit toute seule et oĂč mon travail consiste uniquement Ă  empĂȘcher les gens de lui retirer la plume.

    Mais avant de quitter Garinaville je voudrais attirer votre attention sur la justice locale. [=o]Cassandre a dĂ©truit la prison parce qu’elle trouvait cruel d’enfermer des gens dans un bĂątiment aussi froid. L’intention respire l’humanisme. Le rĂ©sultat respire surtout l’absence de prison. Quelques minutes plus tard les policiers ont tentĂ© d’arrĂȘter [=o]Bladimir Bladimirovitch Mutin qui se promenait dans le groupe de la bourgmestre. Or faute de cellule les forces de l’ordre ont dĂ©couvert une mĂ©thode pĂ©nitentiaire remarquablement efficace qui consiste Ă  mettre le recherchĂ© dans le coma puis Ă  le relĂącher. Plusieurs fois. Le systĂšme prĂ©sente un avantage budgĂ©taire Ă©vident puisque le prisonnier n’occupe aucune prison et qu’aprĂšs quelques passages il n’occupe probablement plus beaucoup de conversations non plus. [=o]Cassandre elle-mĂȘme a demandĂ© pourquoi il y avait tant de policiers autour d’elle alors qu’elle venait quelques minutes auparavant d’en nommer. Je refuse de voir lĂ  une contradiction. La politique moderne repose prĂ©cisĂ©ment sur la capacitĂ© Ă  crĂ©er une institution assez vite pour pouvoir ensuite s’étonner de son existence.

    [=o]Saphir Ravenmaid observait pendant ce temps ce petit miracle institutionnel depuis son poste de Gouverneure et la journĂ©e politique sibĂ©rienne se transforma progressivement en messe Ă©lectorale. Les compliments affluaient. [=o]La FĂ©e Du bien saluait son travail. [=o]Konya Ă©galement. [=o]Ubayashi Hayako Ă©galement. [=o]Karlin Ă©galement. Puis [=o]Pigeon Ronron arriva et ce fut comme si quelqu’un avait ouvert les portes d’une chapelle pendant une tempĂȘte de vin chaud. Il soutint [=o]Bladimir. Il soutint [=o]Cassandre. Il critiqua [=o]Saphir. Il complimenta ensuite encore d’autres personnes avec la constance idĂ©ologique d’un lustre qui aurait dĂ©cidĂ© de tomber au milieu d’un banquet en essayant de saluer toutes les tables pendant sa chute. [=o]Aya Ravenloft vint finalement louer la Gouverneure et le nord termina sa soirĂ©e comme toutes les dĂ©mocraties climatiques finissent par le faire. Personne ne savait exactement qui avait gagnĂ© mais plusieurs personnes avaient parlĂ© suffisamment fort pour considĂ©rer cela comme une victoire. Ceux qui estiment mon analyse injuste peuvent naturellement venir dĂ©fendre la politique sibĂ©rienne en direct. Le chauffage du studio ne sera pas augmentĂ© pour vous mettre Ă  l’aise. Nous ne voudrions pas participer au projet municipal sans autorisation.

    VoilĂ  qui nous conduit naturellement vers l’HĂ©lĂ©nie oĂč le Cruisader continue de dĂ©montrer qu’un navire peut ĂȘtre simultanĂ©ment un bĂątiment militaire, une croisiĂšre de luxe, un territoire municipal, une querelle religieuse et un projet immobilier sans jamais accomplir la fonction secondaire consistant Ă  naviguer. Depuis sa prise en main par la Sainte Inquisition le bĂątiment semble avoir dĂ©veloppĂ© une vocation particuliĂšre pour l’immobilitĂ© mouvementĂ©e. [=o]Al-ma' a imposĂ© un couvre-feu afin de protĂ©ger les occupants provisoires du navire contre les nombreux TĂ©teux Parasites qui circulent sur place. C’est une dĂ©cision difficilement contestable. Si quinze crĂ©atures agressent rĂ©guliĂšrement les passagers il paraĂźt raisonnable de demander Ă  tout le monde de rester Ă  l’intĂ©rieur d’une tour. C’est d’ailleurs une conception trĂšs pure de la sĂ©curitĂ© publique. Quand le danger est dehors on enferme les citoyens dedans. Quand le danger est dedans on appellera cela plus tard une enquĂȘte administrative.

    L’ancien esprit de croisiĂšre rĂ©siste pourtant avec la tĂ©nacitĂ© remarquable des gens qui ont dĂ©jĂ  payĂ© leur rĂ©servation. Une rumeur annonçait une chute spectaculaire des avis positifs depuis l’arrivĂ©e inquisitoriale. Les habitants se plaignaient du couvre-feu. Ils regrettaient l’ancienne gestion. Ils rappelaient que le navire devait partir vers la Bananie et se retrouvaient maintenant immobilisĂ©s dans une baie d’HĂ©lĂ©nie entourĂ©e d’odeurs d’hydrocarbures. Je sais que certains qualifieront cela d’échec touristique. Ce sont gĂ©nĂ©ralement les mĂȘmes individus qui jugent qu’un hĂŽtel doit avoir des chambres et qu’un restaurant doit contenir de la nourriture. L’HĂ©lĂ©nie vise manifestement plus haut. La Sainte Inquisition a rĂ©pondu Ă  cette crise de confiance par une dĂ©cision d’une intelligence commerciale redoutable. Construire une piscine de luxe.

    Il faut prendre le temps de mesurer ce geste. Un bateau qui ne part pas. Une clientĂšle mĂ©contente. Des attaques de parasites. Un couvre-feu. Une querelle sur la propriĂ©tĂ© du bĂątiment. Une sĂ©curitĂ© incertaine. Quelle infrastructure manque Ă  cet ensemble. Une piscine bien entendu. [=o]Al-ma' annonça d’abord qu’elle serait supervisĂ©e par [=o]Fistulin Saint-CiboĂšre puis publia un erratum expliquant que la supervision reviendrait Ă  [=o]Golgoth LandraĂ«l II si celui-ci devenait inquisiteur. L’erreur est comprĂ©hensible. Lorsque plusieurs autoritĂ©s se disputent un navire il devient difficile de savoir lequel doit surveiller les maçons autour du bassin. À cet instant [=o]ComĂšte organisait dĂ©jĂ  un sondage Ă©lectoral en HĂ©lĂ©nie et obtenait une Ă©galitĂ© parfaite avec [=o]Scarleit tandis que [=o]Al-ma' recueillait zĂ©ro pour cent. Je ne voudrais surtout pas tirer de conclusion politique d’un chiffre aussi dĂ©licat. Disons simplement que si le soutien Ă©lectoral Ă©tait de l’eau la future piscine pourrait nĂ©cessiter un autre fournisseur.

    Pendant ce temps [=o]Golgoth LandraĂ«l II cherchait l’ordinateur de bord. Il Ă©tait accompagnĂ© d’une crĂ©ature dont la contribution politique semble essentiellement consister Ă  produire des sons de Kanard venus d’un cauchemar liturgique. Son objectif Ă©tait simple. Trouver le pilote automatique et convaincre le Cruisader de mettre le cap vers les KaraĂŻbes avant que l’Inquisition ne transforme dĂ©finitivement le bĂątiment en basilique flottante avec service de baignade. N’ayant pas trouvĂ© l’ordinateur [=o]Golgoth tenta tout de mĂȘme de transmettre un ordre tĂ©lĂ©pathique au navire puis envisagea de mettre les doigts dans une prise pour amĂ©liorer la rĂ©ception. Je tiens Ă  prĂ©ciser que Radio NĂ©crotoile ne recommande pas cette mĂ©thode de navigation Ă  ses auditeurs sauf si ceux-ci occupent une fonction politique importante et souhaitent crĂ©er rapidement une vacance de poste.

    Plus tard [=o]Roger St Misles manifesta contre [=o]Al-ma' au nom de la libĂ©ration des Bisous. [=o]Al-ma' fut attaquĂ©e par des parasites. [=o]Roger Ă©galement. Puis tout ce beau monde se retrouva entraĂźnĂ© dans une Valse Krakovienne avec [=o]ComĂšte, [=o]Fistulin, [=o]Mousse Haillons, [=o]Darth Leo, [=o]Silice de Pont-Krivell et plusieurs autres occupants du navire. VoilĂ  pourquoi je conserve une certaine affection pour l’HĂ©lĂ©nie. Ils peuvent dĂ©buter la journĂ©e par une saisie de navire et la terminer par une danse collective sans jamais considĂ©rer qu’une Ă©tape intermĂ©diaire mĂ©rite explication. Et permettez moi au passage de souligner la prĂ©sence de [=o]Darth Leo au milieu de cette assemblĂ©e. Certains esprits mal intentionnĂ©s pourraient supposer qu’il s’est trouvĂ© entraĂźnĂ© dans un dĂ©sordre hĂ©lĂ©nien. C’est une lecture excessivement superficielle. Il est beaucoup plus vraisemblable que le dĂ©sordre ait eu la chance historique de se produire autour de lui. Nuance importante.

    Restons un instant sur la mer car au sud-ouest la monarchie ruthvĂšne vient de rappeler une vĂ©ritĂ© fondamentale. Dans une monarchie sĂ©rieuse la terre appartient Ă  celui qui possĂšde le meilleur arbre gĂ©nĂ©alogique jusqu’au moment oĂč quelqu’un entre dans le palais et annonce que l’arbre gĂ©nĂ©alogique est dĂ©sormais sous nouvelle direction. Aux KaraĂŻbes [=o]Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ a usurpĂ© [=o]Golgoth LandraĂ«l II. Le prĂ©texte mĂ©rite une place particuliĂšre dans les archives royales. Des rumeurs Ă©voquaient un homme armĂ© accroupi au bord d’une mare pendant des jours avec le regard tournĂ© vers le sud. Un Kanard Ă©tait impliquĂ©. Une tradition hĂ©rĂ©ditaire concernant la garde des Ă©tangs Ă©tait impliquĂ©e. Des gĂ©nĂ©rations d’échansons Ă©taient impliquĂ©es. Il ne manquait qu’un fantĂŽme accusateur et deux violons pour obtenir une tragĂ©die monarchique complĂšte.

    [=o]Wenceslas constata donc que le comtĂ© Ă©tait sans maĂźtre puisque son dĂ©tenteur semblait occupĂ© ailleurs par des prĂ©occupations cynĂ©gĂ©tiques. Les gardes a ouvert les portes. Il entra. Il prit les sceaux. Il prit les greniers. Il prit les mares. Et parce qu’une usurpation ruthvĂšne n’est jamais totalement accomplie tant qu’elle ne contient pas une couche supplĂ©mentaire d’ironie aristocratique il annonça que [=o]Golgoth serait chargĂ© de conduire l’enquĂȘte sur les circonstances ayant justifiĂ© sa propre destitution. VoilĂ  une monarchie qui connaĂźt le sens du service public. On vous retire votre comtĂ© puis on vous donne un dossier. Dans certains pays cela s’appellerait une humiliation. En RuthvĂ©nie c’est presque un entretien annuel.

    Je sais que les dĂ©fenseurs de [=o]Golgoth feront remarquer qu’il se trouvait au mĂȘme moment occupĂ© Ă  sauver un navire de l’Inquisition avec l’aide d’un Kanard dĂ©moniaque et d’une prise Ă©lectrique. Cela constitue prĂ©cisĂ©ment le problĂšme. Un seigneur ruthvĂšne ne peut dĂ©cemment abandonner ses domaines pour poursuivre un autre Kanard sans risquer qu’un aristocrate spĂ©cialisĂ© dans les Ă©tangs dĂ©couvre une faille constitutionnelle. Il existe dans cette histoire une morale d’une profondeur extraordinaire. Le pouvoir n’aime pas le vide. La nature non plus. Les Kanards encore moins. [=o]Palakoin salua d’ailleurs la prise de position de [=o]Wenceslas et le nouveau Comte nomma bientĂŽt [=o]Golgoth Commissaire de Police. Ainsi fonctionne la monarchie dramatique. Un homme perd son comtĂ© mais obtient un uniforme. Tout finit bien tant qu’il reste suffisamment de titres pour distribuer les morceaux du dĂ©sastre.

    Pendant que RuthvĂ©nie rĂ©glait la question de ses mares l’Empire Brun s’occupait d’une matiĂšre moins sentimentale. L’argent. [=o]Octave Sombrefer nomma [=o]Kramara Kisugi Ministre de l’Économie et il fallut environ cinq minutes pour que les banques comprennent que leur jeunesse venait de s’achever. [=o]Kramara rĂ©duisit les possibilitĂ©s de frais bancaires et proclama une vĂ©ritĂ© Ă©conomique dont je ne vois aucune raison de discuter la profondeur. Seul l’Empire possĂšde le droit lĂ©gitime de tondre les Bruns. Les banques se sont assez gavĂ©. VoilĂ  enfin une doctrine monĂ©taire comprĂ©hensible sans diplĂŽme. Elle fixa les rĂšgles bancaires. Elle distribua plusieurs milliers de MØ. Elle annonça de grands travaux. Elle rĂ©clama planches, carreaux et pierres de taille pour embellir le Meco Brun puis le palais impĂ©rial. Le message Ă©tait limpide. Si vous avez de l’argent l’Empire en a besoin. Si vous n’avez pas d’argent l’Empire a probablement besoin de vos bras.

    La journĂ©e avait dĂ©jĂ  commencĂ© sous le signe d’une politique Ă©conomique plus large. Les citoyens endormis allaient enrichir ceux qui travaille. Les provinces pourraient recevoir leur part. Le gouvernement impĂ©rial assumerait pleinement la noblesse du prĂ©lĂšvement fiscal pendant que les gouverneurs conserveraient assez de libertĂ© pour expliquer localement pourquoi personne n’était responsable. J’ai entendu quelques critiques. On reproche notamment Ă  l’Empire de taxer. Cela me semble comparable au fait de reprocher Ă  une araignĂ©e d’avoir huit pattes. Si vous vouliez une crĂ©ature qui demande gentiment l’autorisation avant d’exister il fallait adopter un Paradigmien.

    Les comptes du jour confirment d’ailleurs une chose essentielle. Toutes les nations prĂ©lĂšvent. Toutes dĂ©pensent. Toutes redistribuent. Mais seules quelques unes ont l’élĂ©gance de reconnaĂźtre que l’opĂ©ration ressemble Ă  une tonte. L’Empire Brun rĂ©colte ses MØ et finance ses soldats, sa production et ses ministĂšres. Le Royaume ruthvĂšne empile les couronnes dans des dĂ©partements aux intitulĂ©s solennels. Le Khanat disperse ses ÐE comme un chef tribal lançant des bijoux dans un feu rituel. Le Paradigme Vert collecte ses Éf avant d’en consacrer une partie Ă  la guerre tout en continuant probablement d’expliquer que les Ă©pĂ©es sont biodĂ©gradables. La RĂ©publique prĂ©lĂšve ses FK avec la gravitĂ© bureaucratique d’un fonctionnaire mettant un tampon sur le cercueil de son propre contribuable. La ConfĂ©dĂ©ration Libre fait ce qu’elle fait toujours. Elle rĂ©partit dĂ©mocratiquement les ressources jusqu’à ce que chacun puisse certifier avoir choisi personnellement la maniĂšre dont il a perdu son argent.

    Mais l’économie impĂ©riale possĂ©dait ce soir un autre visage et il Ă©tait beaucoup plus dĂ©moniaque. En Mystisie une Ă©pidĂ©mie de paranoĂŻa frappa Lampe du GĂ©nie tandis qu’une voix venue du cimetiĂšre annonçait Ă  un mortel qu’il avait osĂ© quelque chose de manifestement dĂ©conseillĂ©. Les habitants commençaient Ă  trouver qu’il y avait beaucoup de dĂ©mons au mĂštre carrĂ©. Je refuse catĂ©goriquement cette formulation discriminatoire. Une concentration Ă©levĂ©e de dĂ©mons constitue une opportunitĂ© de spĂ©cialisation Ă©conomique. [=o]Jeff Bizous l’a parfaitement compris en ouvrant Ă  Abandon un marchĂ© proposant entre autres pentacle de Naar, crĂąne de DĂ©mon, ossements et vraie rĂ©sine de DĂ©mon Brun garantie avec un enthousiasme commercial que je qualifierai de parfaitement sain. Quelques heures plus tard un portail dĂ©moniaque apparut dans la mĂȘme ville. Certains parleront d’une inquiĂ©tante corrĂ©lation. J’y vois surtout une excellente accessibilitĂ© pour la clientĂšle Ă©trangĂšre.

    La Mystisie trouva nĂ©anmoins le moyen de dĂ©passer ce commerce infernal par une tragĂ©die administrative encore plus pure. [=o]Silas des Sables, alors Gouverneur, tenta de dĂ©monter la tente de [=o]ZĂžra. Le geste Ă©tait illĂ©gal. Il devint recherchĂ©. Il perdit immĂ©diatement son poste. J’aimerais que chacun mesure le niveau de perfection atteint par cette histoire. Des trĂŽnes ont rĂ©sistĂ© Ă  des invasions. Des ministres ont survĂ©cu Ă  des catastrophes. Des souverains ont conservĂ© leur couronne aprĂšs avoir envoyĂ© leur peuple dans des guerres absurdes. [=o]Silas a Ă©tĂ© vaincu par une tente. VoilĂ  qui rappelle Ă  tous les dirigeants que l’architecture lĂ©gĂšre reste l’un des derniers contre-pouvoirs efficaces du Cybermonde.

    À ceux qui s’inquiĂštent pour l’avenir de la Mystisie je rĂ©pondrai que l’Empire est parfaitement capable de produire de nouveaux gouverneurs. Les gouverneurs est une ressource renouvelable. Les tentes aussi. Tout ceci finira donc vraisemblablement par s’équilibrer. La seule chose qui semble vĂ©ritablement croĂźtre sans interruption est le nombre de phĂ©nomĂšnes dĂ©moniaques autour de Lampe du GĂ©nie. [=o]Ombre Minusculique tentait d’ailleurs toujours de s’extraire du sable aprĂšs un vol planĂ© depuis une auberge afin d’aller annoncer une mauvaise nouvelle Ă  sa Guimauve. Je ne sais pas quel ministĂšre doit officiellement gĂ©rer les petites dĂ©mones ensablĂ©es mais je suis certaine qu’un budget pourra ĂȘtre créé si l’on taxe correctement les pelles.

    Passons Ă  Sicilia. Je serai brĂšve par devoir d’impartialitĂ© car chacun sait que je pourrais parler de cette province jusqu’à ce que les chandelles deviennent des fossiles. À Trou Perdu [=o]NOROGURA JĂ»zĂŽ lança une politique d’extension des centres de production. Les matĂ©riaux seraient rĂ©unis avant le lancement des travaux afin de rĂ©duire les dĂ©lais et le premier objectif serait le puits de pĂ©trole. VoilĂ  une mĂ©thode tellement scandaleusement cohĂ©rente que j’ai vĂ©rifiĂ© deux fois si nous Ă©tions toujours dans le Cybermonde. Il profita cependant de son annonce pour avertir les Familles qu’une candidature respectable devait Ă©merger aux prochaines Ă©lections municipales afin d’éviter le retour de [=o]Y0gi qu’il qualifia avec une dĂ©licatesse toute sicilienne de sale clĂ©bard opportuniste. Quelques minutes plus tĂŽt [=o]Y0gi avait justement Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par [=o]Jaylie avec de faux papiers. Les familles savent ce qu’il veut et apparemment elles souhaitent surtout qu’il les veuille ailleurs.

    [=o]Elliote Belt Dei Machiavelli se prĂ©senta donc ensuite Ă  l’élection municipale avec un programme politique dont la briĂšvetĂ© mĂ©rite presque le respect. Votez Elliote. Je pourrais analyser longuement cette proposition mais je crains de diluer sa complexitĂ©. À une Ă©poque oĂč certains responsables publient dix pages pour expliquer pourquoi ils n’ont pris aucune dĂ©cision une candidate qui rĂ©sume son ambition Ă  deux mots possĂšde dĂ©jĂ  la moitiĂ© des qualitĂ©s nĂ©cessaires Ă  l’administration sicilienne. [=o]Dusk et Aurora avaient entre temps choisi de se livrer volontairement aux autoritĂ©s avant de quitter leur cellule une minute plus tard une fois leur peine achevĂ©e. Une discipline admirable. MĂȘme le crime en Sicilia sait respecter les horaires.

    À Bouletie la situation est plus philosophique. Le Grand Khan aurait dĂ©cidĂ© de permettre ou d’organiser le passage de la province vers la ConfĂ©dĂ©ration Libre. [=o]Jean-Michel TrĂšs Normal accueillit l’idĂ©e avec enthousiasme en expliquant que si le Khan voulait envoyer les Boulets voir du pays il serait malvenu de l’empĂȘcher. Sa conception de la dĂ©mocratie confĂ©dĂ©rĂ©e repose notamment sur la possibilitĂ© d’organiser davantage d’élections et peut-ĂȘtre de voter plusieurs fois par semaine. Je trouve cette comprĂ©hension extraordinairement prometteuse. Beaucoup de peuples mettent des siĂšcles Ă  dĂ©couvrir que la dĂ©mocratie consiste Ă  choisir rĂ©guliĂšrement qui vous dĂ©cevra. La Bouletie espĂšre manifestement accĂ©lĂ©rer le processus.

    [=o]Lippos Aliagas soutint lui aussi la ConfĂ©dĂ©ration Libre parce qu’il avait entendu dire qu’on y trouvait davantage de chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision. Il voulait des Ă©missions sportives, culinaires et d’aventure afin que son cerveau puisse apprendre des choses. VoilĂ  probablement le premier projet sĂ©paratiste du Cybermonde fondĂ© sur une offre audiovisuelle. Les historiens chercheront peut-ĂȘtre plus tard des raisons Ă©conomiques, stratĂ©giques ou culturelles Ă  cette orientation. Ils se tromperont. Certains empires ont Ă©tĂ© construits pour l’or. D’autres pour la religion. La Bouletie semble prĂȘte Ă  migrer pour les chaĂźnes culinaires.

    La noblesse khanique tentait pourtant de conserver une certaine tenue. [=o]Passe-Muraille accorda Ă  [=o]GĂ©rard Menvussa une Pelure de Banane puis lui confia la gestion des impĂŽts jusqu’à la fin de son rĂšgne aprĂšs avoir reconnu ne pas avoir compris sa vision fiscale sous la pression populaire et le coĂ»t de la guerre. Les dirigeants qui admettent ne pas avoir compris quelque chose sont rares. Les dirigeants qui rĂ©pondent en donnant les impĂŽts Ă  celui qu’ils n’ont pas compris le sont davantage. Je ne peux que saluer cette mĂ©thode de rĂ©solution des dĂ©saccords. Elle serait toutefois dangereuse Ă  l’Empire Brun. Si chaque personne contestant [=o]Kramara Kisugi recevait la gestion des finances nous manquerions rapidement de bureaux et probablement de survivants.

    Pendant ce temps la RĂ©publique de Kraland poursuivait son grand Ɠuvre qui consiste Ă  rendre chaque absurditĂ© officiellement administrative. [=o]Jay Padbol, Ministre de l’Information, lança des petites annonces gouvernementales. On y recherchait notamment des citoyens munis de deux bras et deux jambes pour participer au chantier d’un MusĂ©e du Bonheur Universel avec leurs propres matĂ©riaux. Le Bonheur est universel mais les truelles restent privĂ©es. VoilĂ  le socialisme arrivĂ© Ă  sa forme la plus pure. L’État vous offre le bonheur et vous demande d’amener les briques. Une seconde annonce concernait un homme chauve cherchant de discrets Ă©changes intellectuels derriĂšre le Palais durant la nuit. Je ne ferai aucune supposition. Radio NĂ©crotoile respecte profondĂ©ment la recherche scientifique surtout lorsqu’elle nĂ©cessite l’obscuritĂ© et l’absence de tĂ©moins.

    À Structural les choses furent moins administratives. Un cyclone frappa la ville et endommagea bĂątiments et habitants. Ce dĂ©sastre naturel se produisit au milieu d’une avalanche de discours politiques en faveur de policiers, gĂ©nĂ©raux, ministres et gouvernements divers. J’aurais aimĂ© croire que le cyclone interrompit les prises de parole. Rien ne permet de l’affirmer. Certaines traditions rĂ©publicaines sont plus rĂ©sistantes que les toitures. [=o]Henri St Misles venait de quitter son poste au Warriorland avant de se domicilier Ă  Structural puis il devint Commissaire de Police. Ainsi les carriĂšres avancent. Un homme change de province. Un bĂątiment s’effondre. Quelqu’un lui donne un uniforme. La RĂ©publique transforme le chaos en formulaire avec une efficacitĂ© que mĂȘme moi je trouve intimidante.

    Et puisque nous parlons d’équilibre politique il faut regarder briĂšvement vers le ValĂ©gro oĂč [=o]Sysson multiplia les manifestations favorables au Royaume de RuthvĂ©nie et les louanges Ă  [=o]Sir McRabbit ainsi qu’au [=o]Duc Emile Liarr. Dans une province de la RĂ©publique c’est une façon dĂ©licate de rappeler que les frontiĂšres politiques ne sont parfois que des lignes auxquelles les habitants acceptent de croire jusqu’à ce qu’un voisin possĂšde de plus beaux titres. Les RuthvĂšnes aiment les ducs. Les RĂ©publicains aiment les commissaires. Les Bruns aiment les ministres Ă  la voix menaçante. Chaque civilisation possĂšde ses dĂ©corations prĂ©fĂ©rĂ©es et appelle cela une idĂ©ologie.

    Je voudrais enfin revenir Ă  l’image gĂ©nĂ©rale car elle est plus importante que chacun de ces incidents pris sĂ©parĂ©ment. Partout le Cybermonde semble rechercher une forme de certitude. [=o]Cassandre veut une certitude routiĂšre et dĂ©cide donc de modifier le climat. [=o]Al-ma' veut une certitude sĂ©curitaire et enferme les passagers pendant qu’on discute d’une piscine. [=o]Wenceslas veut une certitude territoriale et prend un comtĂ© dont le maĂźtre chasse peut-ĂȘtre un Kanard. [=o]Kramara veut une certitude Ă©conomique et fixe les rĂšgles en expliquant que les protestataires peuvent essentiellement apprendre Ă  vivre avec. [=o]Silas voulait probablement une certitude concernant une tente et a dĂ©couvert que la tente disposait d’une opinion juridique. [=o]Jean-Michel TrĂšs Normal veut la libertĂ© et envisage de changer de nation. [=o]Jay Padbol veut le Bonheur Universel et recherche des volontaires capables de fournir leur propre pioche. VoilĂ  l’époque dans laquelle nous vivons. Chacun rĂ©clame de la stabilitĂ© et chacun choisi pour l’obtenir la mĂ©thode qui garantit le plus sĂ»rement que demain ne ressemblera absolument pas Ă  aujourd’hui.

    C’est ici que l’Empire Brun se distingue. Nous ne prĂ©tendons pas que le monde est stable. Nous savons qu’il est construit sur des chaudiĂšres douteuses, des dragons, des intrigues familiales et des ministres dont le budget dĂ©pend parfois de leur capacitĂ© Ă  rester en fonction jusqu’au dĂźner. Nous avons donc adoptĂ© la seule doctrine raisonnable. Construire malgrĂ© tout. Taxer quand c’est nĂ©cessaire. Gouverner quand quelqu’un trouve les clefs du palais. Installer des dorures suffisamment lourdes pour qu’elles restent en place lorsque le reste s’effondre. Certains appellent cela du cynisme. Je prĂ©fĂšre le terme maturitĂ© impĂ©riale.

    Les concernĂ©s peuvent naturellement venir contester cette chronique. [=o]Cassandre Lemage Ruthven est invitĂ©e Ă  expliquer combien de centrales thermiques sont nĂ©cessaires pour obtenir une route droite. [=o]Saphir Ravenmaid peut venir nous dire si la SibĂ©ria survivra Ă  sa propre administration. [=o]Al-ma' peut prĂ©ciser si la piscine du Cruisader disposera d’un couvre-feu indĂ©pendant. [=o]Golgoth LandraĂ«l II pourra rĂ©pondre dĂšs qu’il saura s’il possĂšde encore un comtĂ© ou uniquement un insigne de police. [=o]Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ pourra apporter le Kanard comme piĂšce Ă  conviction. [=o]Kramara Kisugi peut venir expliquer l’économie impĂ©riale mais je recommande Ă  chacun de cacher prĂ©alablement son portefeuille. [=o]Silas des Sables dispose d’un droit de rĂ©ponse Ă  condition de ne dĂ©monter aucun Ă©lĂ©ment du studio. Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches parfaitement identifiĂ©s et les personnes qui considĂšre encore que les Ă©vĂ©nements de ce jour forment une situation normale sont Ă©galement invitĂ©s Ă  se manifester.

    Les lignes sont ouvertes.

    Les chandelles s’éteignent une Ă  une derriĂšre le trĂŽne. Le velours pourpre avale les derniĂšres lueurs et les vieux crĂąnes retrouvent cette expression de dignitĂ© silencieuse que possĂšdent uniquement les morts et certains ministres lorsqu’on leur demande oĂč est passĂ© le budget.

    Vous écoutiez Radio Nécrotoile.

    Je suis Kleo

    ___

    Vous n’ĂȘtes pas fou ?
    Aucun problĂšme.

    Nous vous formerons.
  • Avant-hier

  • 12:32

    Krabot est de retour... pour vous jouer un mauvais tour !


  • 12:31

    Ou alors tu prends des exemples taillés sur mesure (comme les pierres) pour recoller à ton histoire de entropie = désordre, et en fait c'est là qu'il y a un problÚme.


  • 00:12

    Le gouvernement de la Confédération Libre me semble bien populaire...


  • 00:12

    ouesh les bonbons

  • 16/09

  • 23:04

    C'est celĂ  oui...


  • 23:04
    Yun


  • 19:33

    Kra20Kra !


  • 19:16

    Par ailleurs, les systemes organisĂ©s comme les planĂštes, les Ă©toiles... etc baissent en entropie en l'Ă©vacuant sous forme de rayonnement... Donc ce n'est pas que le macro qu'il faut regarder... Mais mĂȘme ce qu'on ne voit pas... gamma, X, UV, IR... C'est pour cela qu'en filmant quelque chose qui ne bouge pas, tu ne peux pas passer le film Ă  l'envers et dire que c'est identique. Dans l'un l'entropie augmente, dans l'autre, non.


  • 19:07

    Alors oĂč il est le dĂ©sordre? le dĂ©sordre, c'est l'ensemble de tous les Ă©clats de pierre qu'on a du faire pour tailler les pierres. l'Ă©nergie dĂ©pensĂ©e pour les assembler (l'Ă©nergie d'un systeme est constante, mais elle s'est dĂ©gradĂ©e)


  • 19:05

    tu prends la carriÚre de pierre, et la cathédrale... Quand tu vois comment sont ordonnées les pierres dans une cathédrale par rapport à une carriÚre de pierre. Tu te dis, wouaw, on a gagné en ordre. Seulement la thermodynamique dit qu'on a gagné en entropie...

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  15:44:28