Votre émission de la nuit.

  • modifiĂ© 24/06 (02:20)
    +1 -0 +1 



    D’oĂč provient cette voix ? L'auriez vous dĂ©jĂ  entendu ? ... pourquoi ta vidĂ©o KraTube a Ă©tĂ© remplacĂ© par un logo et une voix derriĂšre ?


    Décret impérial n° 404-BIS, des Tapis Volants et des Retours Improbables. Récapitulatif des derniers épisodes en playlist.

    Émis KlĂ©o, actuellement sous sa forme fĂ©line rĂ©glementaire conformĂ©ment au dĂ©cret 12-8-8 relatif aux mĂ©tamorphoses administratives.

    ÉMISSION SPÉCIALE : QuessĂ© que je fais icitte. [hp]

    Les vieux sages de RuthvĂ©nie affirment souvent que la sagesse vient avec l'Ăąge. Une thĂ©orie respectable, Ă©lĂ©gante mĂȘme, qui permet Ă  de nombreuses personnes d'espĂ©rer que le simple Ă©coulement du temps finira par accomplir le travail que plusieurs dĂ©cennies d'entĂȘtement n'ont jamais rĂ©ussi Ă  entamer. Malheureusement, les Ă©vĂ©nements rĂ©cents nous obligent Ă  nuancer quelque peu cette croyance populaire. Car si l'Ăąge est effectivement arrivĂ© chez certains protagonistes de cette histoire, la sagesse, elle, semble avoir ratĂ© sa correspondance et demeure introuvable Ă  l'heure oĂč nous diffusons cette Ă©mission.

    Dans la nuit du 8, une remarquable coalition d'ambitieux, de courtisans, de stratĂšges improvisĂ©s et d'experts autoproclamĂ©s dĂ©cida qu'il Ă©tait temps d'expĂ©dier la SorciĂšre ImpĂ©riale. ImpĂ©ratrice qu'on me souffle via un putain d'avion en papier qui a visĂ© l'oeil. L'opĂ©ration fut prĂ©sentĂ©e comme un chef-d'Ɠuvre politique dont les gĂ©nĂ©rations futures parleraient encore dans plusieurs siĂšcles. Pendant quelques heures, il faut leur reconnaĂźtre une chose, tout semblait fonctionner. La sorciĂšre Ă©tait partie. Les opposants jubilaient. Les alliĂ©s opportunistes se redĂ©couvraient soudainement des convictions profondes. Coucou, on vous a vu ! Les chroniqueurs rĂ©digeaient dĂ©jĂ  des analyses dĂ©finitives sur la fin d'une Ă©poque. Les plus enthousiastes envisageaient probablement de faire Ă©riger une statue Ă  leur propre clairvoyance.

    TÉMOIN ANONYME N°1
    Voix modifiée jusqu'à évoquer une porte de cave centenaire qui regrette d'avoir été ouverte.

    [Q)] Ils Ă©taient heureux. Vraiment heureux. Je crois mĂȘme que certains avaient atteint ce stade rare oĂč l'autosatisfaction devient visible Ă  l'Ɠil nu. Ils ressemblaient Ă  des enfants qui viennent de jeter leur jouet prĂ©fĂ©rĂ© dans un ravin et qui sont persuadĂ©s d'avoir rĂ©solu un problĂšme de rangement.

    Pendant ce temps, la terrible condamnée découvrait l'horreur de sa nouvelle existence. Une ßle tropicale entourée d'eau turquoise. Un climat agréable. Une population à rencontrer. Des commerçants avec lesquels discuter. Des clients potentiels. Des opportunités économiques. Les archives demeurent floues sur ce point, mais plusieurs historiens considÚrent aujourd'hui qu'il est possible qu'une erreur administrative se soit glissée quelque part entre la notion de bagne et celle de destination touristique.

    FidÚle à ses habitudes, la sorciÚre réagit à cette tragédie avec une absence totale de dignité. Au lieu de sombrer dans le désespoir comme l'exige pourtant toute victime sérieuse d'un exil politique, elle entreprit de développer son commerce, d'établir de nouveaux contacts et, circonstance aggravante, de gagner de l'argent. Les spécialistes continuent d'ailleurs d'étudier cette étrange pathologie qui pousse certaines personnes à transformer les catastrophes en opportunités au lieu de passer plusieurs semaines à se lamenter convenablement. Mais ou sont passé les pleureuses brunes quand on en a vraiment besoin hein ?

    À RuthvĂ©nie, les cĂ©lĂ©brations atteignaient alors un niveau d'autocongratulation rarement observĂ© en dehors des cĂ©rĂ©monies officielles oĂč des notables se remettent mutuellement des distinctions pour avoir eu l'excellente idĂ©e d'ĂȘtre d'accord entre eux. Les discours se succĂ©daient. Les compliments circulaient librement. Les analyses devenaient de plus en plus triomphales Ă  mesure qu'elles s'Ă©loignaient de la rĂ©alitĂ© observable.

    Instant publicité, que vous ne pouvez pas voir parce que vous avez installé un parefeu BrunVPN sur votre vieilles radio cathodique, c'était pas les écrans ca ? On s'en fou.


    TÉMOIN ANONYME N°2

    Voix transformée en deux plaques de métal qui rÚglent un différend juridique.

    [Q)] Je me souviens d'un conseiller qui rĂ©pĂ©tait Nous avons enfin gagnĂ©. Ce qui n'Ă©tait pas inquiĂ©tant en soi. Ce qui l'Ă©tait davantage, c'est qu'il disait exactement la mĂȘme chose chaque semaine depuis plusieurs mois. À un moment donnĂ©, j'ai commencĂ© Ă  soupçonner que gagner Ă©tait devenu un Ă©tat Ă©motionnel plutĂŽt qu'un Ă©vĂ©nement rĂ©el.

    Puis arriva 09h30.

    L'instant prĂ©cis oĂč la rĂ©alitĂ©, lassĂ©e d'ĂȘtre ignorĂ©e, dĂ©cida de participer Ă  la conversation.



    Dans le ciel de Mystisie apparut un tapis volant noir. Dessus se trouvait une anomalie extrĂȘmement gĂȘnante pour plusieurs carriĂšres politiques la mĂȘme sorciĂšre que les autoritĂ©s avaient officiellement dĂ©clarĂ© hors d'Ă©tat de nuire quelques heures auparavant. Le problĂšme Ă©tait d'une simplicitĂ© presque cruelle. La sorciĂšre Ă©tait visible. Les communiquĂ©s affirmaient qu'elle ne l'Ă©tait pas. Or, l'expĂ©rience dĂ©montre que lorsqu'un ĂȘtre humain doit choisir entre ses propres yeux et un document rĂ©digĂ© par le cousin d'un conseiller nommĂ© par le beau-frĂšre d'un ministre, les rĂ©sultats deviennent rapidement embarrassants pour l'administration concernĂ©e.

    TÉMOIN ANONYME N°3

    Voix modifiée jusqu'à évoquer un démon asthmatique mùchant du gravier.

    [Q)] J'ai vu un ministre regarder le ciel. Puis ses papiers. Puis le ciel Ă  nouveau. Puis ses papiers. Il a rĂ©pĂ©tĂ© l'opĂ©ration plusieurs fois comme s'il espĂ©rait que l'un des deux Ă©lĂ©ments finirait par disparaĂźtre. À un moment donnĂ©, quelque chose s'est Ă©teint derriĂšre son regard. Je crois que c'Ă©tait sa carriĂšre.

    Lorsque le tapis volant se posa finalement devant le Palais Impérial, l'atmosphÚre avait déjà pris cette odeur particuliÚre qui accompagne les catastrophes politiques de qualité. Les gardes observaient la scÚne avec la résignation de gens qui comprennent soudainement qu'ils ont participé à une célébration prématurée. Certains portaient encore les décorations installées pour commémorer un départ désormais manifestement temporaire, ce qui apportait à l'ensemble une touche festive tout à fait inappropriée.

    Et selon plusieurs témoins, elle souriait.

    Ce dĂ©tail mĂ©rite d'ĂȘtre soulignĂ©, car une sorciĂšre en colĂšre demeure finalement assez prĂ©visible. Elle menace. Elle fulmine. Elle prĂ©pare Ă©ventuellement quelque chose de regrettable pour son entourage. Une sorciĂšre qui sourit, en revanche, est gĂ©nĂ©ralement une personne qui a dĂ©jĂ  compris quelque chose que tout le reste du monde dĂ©couvrira avec retard.

    Et dans les affaires politiques comme dans les catastrophes naturelles, ce sont rarement les gens qui paniquent qui inspirent la peur.

    Ce sont ceux qui commencent Ă  s'amuser.[%(]

    ___

    Vous n’ĂȘtes pas fou ?
    Aucun problĂšme.

    Nous vous formerons.
  • modifiĂ© 24/06 (02:21)
    +0 -0      


    Présentée par Kleo, journaliste impartiale, objective et toxique.

    Bonsoir mes petits conspirateurs.

    Nous ouvrons cette édition avec une nouvelle catastrophe diplomatique pour les ennemis de l'Empire Brun, l'Empire Brun existe toujours. Oui. Malgré les prophéties, les malédictions, les analyses géopolitiques de comptoir et les experts autoproclamés qui annoncent son effondrement depuis trois siÚcles, l'Empire est encore là. Pire, il continue à fonctionner. C'est insupportable.

    Pendant ce temps au Valégro, les autres nations poursuivent leur activité favorite, expliquer pourquoi ce n'est absolument pas leur faute alors qu'elles sont toutes debout au milieu de la piÚce avec un briquet à la main et les rideaux en feu derriÚre elles.

    La République affirme vouloir la paix.
    Le Royaume affirme vouloir la paix.
    La Confédération affirme vouloir la paix.
    Le Khanat affirme vouloir la paix tout en annonçant qu'il prendra probablement tout ce qui n'est pas solidement boulonné au sol.

    Et l'Empire Brun ?

    L'Empire Brun regarde tout ce petit monde avec l'expression d'une mÚre qui découvre que ses enfants ont encore essayé de cuire des pùtes dans la bouilloire. Monique Lemage, toujours soucieuse de l'ordre et de l'esthétique, a d'ailleurs résumé la situation diplomatique avec une précision chirurgicale


    Il y a des trucs qui dépassent. Nous allons venir les couper.




    Une doctrine simple, lisible, efficace. Enfin une politique Ă©trangĂšre que mĂȘme un poisson rouge pourrait comprendre. Du cĂŽtĂ© de la RĂ©publique, Alice poursuit sa campagne mondiale de distribution de Miaou©. Le monde brĂ»le. Les armĂ©es marchent. Les chevaux agressent des passants. Les ministres se font arrĂȘter. Et Alice continue d'expliquer que la solution rĂ©side probablement dans une meilleure connexion avec son bonheur intĂ©rieur. À ce rythme-lĂ , lorsqu'une armĂ©e Brun dĂ©barquera dans son salon, elle leur offrira du thĂ© et un atelier d'expression Ă©motionnelle. Le premier qui la touche j'en fais mon esclave perso entre deux coups de fil anonyme que l'administration m'oblige Ă  faire.

    Parlons maintenant de l'administration impériale.

    Agatha, notre ministre de l'Économie. Une femme dont les fesses gĂ©nĂšrent dĂ©sormais davantage de dĂ©bats politiques que le budget national. Une rumeur Ă©voque un BBL. Le cybermonde s'enflamme. Les experts se mobilisent. Les analystes enquĂȘtent. Les services secrets hĂ©sitent Ă  ouvrir une commission parlementaire.Et Agatha est obligĂ©e d'interrompre la gestion de milliers de MØ pour confirmer officiellement que son arriĂšre-train demeure conforme aux standards impĂ©riaux de qualitĂ©.

    Nous vivons vraiment dans une civilisation avancĂ©e. Du cĂŽtĂ© de la Recherche, Floran BaumĂ© nous offre encore un moment de gĂ©nie. AprĂšs des mois de recherches complexes visant Ă  vaincre la gravitĂ©, il annonce avoir dĂ©couvert... le vol. Enfin peut-ĂȘtre. Personne ne sait vraiment. Lui non plus d'ailleurs. Mais il pense que ça pourrait ĂȘtre du vol-au-vent. C'est exactement cette rigueur scientifique qui fait la grandeur de l'Empire Brun. Les autres chercheurs mentent sur leurs rĂ©sultats. Floran assume ouvertement ne rien comprendre.

    C'est beau.
    C'est Brun.

    Pendant ce temps Ă  Sicilia, les Dei Machiavelli continuent leur programme expĂ©rimental intitulĂ©. Et si toute l'administration Ă©tait simultanĂ©ment en prison ? Des juges volent. Des procureurs combattent. Des commissaires fabriquent des fausses clefs. Des policiers poursuivent des criminels qui deviennent policiers avant de redevenir criminels. À un moment donnĂ©, une personne est entrĂ©e en prison, en est sortie, puis y est retournĂ©e tellement vite qu'on soupçonne dĂ©sormais l'existence d'un abonnement.

    Et au milieu de ce chaos ? Des chevaux. C'est toujours la faute des chevaux. Je vois des chevaux partout. Ils agressent et tuent des gens. Ils dĂ©truisent des carriĂšres.Ils volent les carambars de vos enfants. Personne ne les arrĂȘte ni ne les juge. Personne n'ose les affronter ! Je commence Ă  croire que les chevaux dirigent secrĂštement le cybermonde depuis le dĂ©but. [x(]

    Enfin, une pensée émue pour le Royaume de Ruthvénie. Qui tente encore de résoudre une guerre avec des discours raisonnables. C'est adorable et courageux. C'est un peu comme essayer d'éteindre un volcan avec un vaporisateur à plantes. Mais l'intention est là et ma nouvelle proie est super ! Pleine de maladies et de répliques bizarres.

    C'Ă©tait Kleo sur Radio NĂ©crotoile FM, l'unique mĂ©dia oĂč la mauvaise foi est une mĂ©thode scientifique reconnue.

    Et souvenez-vous que ...

    Si les Bruns gagnent, c'était le Plan.
    Si les Bruns perdent, c'était aussi le Plan.
    Si personne ne comprend le Plan...
    c'est probablement parce qu'il fonctionne. đŸ•·ïž
  • modifiĂ© 24/06 (02:21)
    +0 -0      


    Présentée par Kleo, journaliste impartiale, objective, certifiée conforme et approuvée par absolument personne de compétent.

    Bonsoir mes petits amateurs de désastres politiques.

    Quelle journĂ©e magnifique dans le Cybermonde. Une de ces journĂ©es oĂč l'Empire Brun continue d'exister malgrĂ© les efforts hĂ©roĂŻques de ses adversaires pour prouver que la rĂ©alitĂ© est une simple opinion facultative.

    Commençons naturellement par le Royaume de RuthvĂ©nie, cette expĂ©rience sociale grandeur nature consistant Ă  vĂ©rifier combien de nobles peuvent tirer chacun de leur cĂŽtĂ© sur le mĂȘme cheval avant qu'il ne se transforme en pĂątĂ©. Alors que le royaume cherche toujours Ă  dĂ©terminer lequel de ses habitants gouverne rĂ©ellement le pays, son nouveau roi, Wenceslas von Altheim-BlatnoĂŻ, a fait une annonce absolument scandaleuse, il prĂ©fĂšre rester tranquillement installĂ© Ă  la table de l'ImpĂ©ratrice Monique plutĂŽt que de courir remettre de l'ordre dans une maison dĂ©jĂ  entiĂšrement engloutie par les flammes. Une attitude que les experts ruthvĂšnes qualifient de "dĂ©sertion", tandis que les experts bruns la qualifient de "preuve d'un instinct de survie fonctionnel". Les deux analyses semblent Ă©tonnamment compatibles.

    Pendant ce temps, l'Empire Brun poursuit sa politique Ă©trangĂšre traditionnelle consistant Ă  observer ses voisins avec un mĂ©lange subtil de fascination scientifique et de mĂ©pris affectueux. L'ImpĂ©ratrice Monique a mĂȘme proposĂ© un tutorat au Royaume. Une offre gĂ©nĂ©reuse. AprĂšs tout, lorsqu'un enfant tombe dans un escalier vingt-sept fois d'affilĂ©e, il devient moralement difficile de continuer Ă  prĂ©tendre qu'il est simplement en train d'explorer son potentiel.

    Du cĂŽtĂ© de Sicilia, la situation est tout aussi rassurante. Les hĂŽpitaux explosent, les cliniques explosent, les chantiers explosent, les infirmeries explosent. À ce stade, il serait probablement plus rapide de dresser la liste des bĂątiments qui n'ont pas explosĂ© aujourd'hui. Les autoritĂ©s locales assurent cependant que tout est sous contrĂŽle. Une affirmation courageuse puisqu'elle a Ă©tĂ© prononcĂ©e au milieu d'un cratĂšre fumant.

    Dans la ConfĂ©dĂ©ration Libre, les Ă©lections battent leur plein. Plusieurs candidats promettent davantage de dĂ©mocratie, davantage de justice sociale, davantage de consultations populaires et davantage de taxes. Une combinaison audacieuse qui consiste essentiellement Ă  demander au peuple son avis avant de lui prendre son portefeuille. Les analystes bruns suivent cette expĂ©rience avec un immense intĂ©rĂȘt anthropologique. Certains espĂšrent mĂȘme la voir reproduite dans un environnement contrĂŽlĂ©, comme un zoo ou une boĂźte de PĂ©tri.

    Mention spéciale au ministre confédéré ayant interdit les prospectus électoraux au nom de l'hygiÚne démocratique. Une décision remarquable qui démontre qu'il est tout à fait possible de défendre la liberté d'expression à condition qu'elle se taise trÚs fort.

    En Bouletie, la ConfrĂ©rie Éclatante a pris le pouvoir. Le programme gouvernemental semble actuellement se rĂ©sumer Ă  des rires machiavĂ©liques, une confiance absolue dans le chaos et une vague impression que quelqu'un, quelque part, sait ce qu'il est en train de faire. Les historiens notent qu'il s'agit dĂ©jĂ  d'une amĂ©lioration mesurable par rapport Ă  certaines administrations prĂ©cĂ©dentes.

    Et pendant que le monde s'agite dans tous les sens, l'Empire Brun continue sa marche tranquille. Trois mille deux cents MØ d'impÎts récoltés, davantage dépensés qu'encaissés, des ministÚres déficitaires et pourtant toujours debout. Ce miracle économique porte un nom , la mauvaise volonté des statisticiens étrangers à reconnaßtre que l'Empire fonctionne uniquement grùce à une combinaison de cynisme, d'obstination et de sorcellerie administrative.

    Nous terminerons cette Ă©dition par une pensĂ©e Ă©mue pour tous les opposants de l'Empire. Ils annoncent son effondrement chaque semaine depuis si longtemps que certains commencent probablement Ă  considĂ©rer cela comme un emploi Ă  temps plein. Courage Ă  eux. Avec suffisamment de persĂ©vĂ©rance, ils finiront peut-ĂȘtre par avoir raison un jour. De la mĂȘme maniĂšre qu'une horloge cassĂ©e finit par donner la bonne heure deux fois par jour.

    Ici Kleo.

    Restez prudents, méfiez-vous des idéalistes, des révolutionnaires, des experts et des gens qui disent avoir un plan quand ils ne sont pas bruns. Ce sont généralement eux qui fabriquent les catastrophes que l'Empire doit ensuite regarder brûler avec beaucoup de pop corn.
  • modifiĂ© 24/06 (02:22)
    +1 -0 +1 


    Émission spĂ©ciale : Quand les arbres votent, les rues saignent et les clowns demandent une tribune

    Bonsoir, mes petits conspirateur, mes fidĂšles auditeurs tapis dans les caves, les tavernes, les bureaux ministĂ©riels mal aĂ©rĂ©s et les coins sombres oĂč l’on peut encore Ă©couter une Ă©mission sans qu’un fonctionnaire vienne mesurer le degrĂ© d’ironie non rĂ©glementaire dans l’air. Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, journaliste rigoureusement impartiale selon des critĂšres que j’ai personnellement inventĂ©s aprĂšs trois verres et une rĂ©vĂ©lation mystique dans une chope sale, en direct du MinistĂšre de l’Information Brun, lĂ  oĂč la vĂ©ritĂ© entre en rampant et ressort maquillĂ©e, parfumĂ©e, armĂ©e, puis officiellement certifiĂ©e.

    Et ce soir, chers survivants du Cybermonde, nous avons une Ă©dition d’une rare beautĂ©, de la nature qui se rĂ©veille, des gouvernements qui nomment des gens avant mĂȘme d’avoir vĂ©rifiĂ© si les chaises sont bien vissĂ©es, des rĂ©volutionnaires qui dĂ©couvrent qu’un discours peut effrayer vaches et poulets, des mystisiens qui proposent une conquĂȘte comme on propose un apĂ©ritif, et naturellement Sicilia, ce havre de paix dĂ©licatement nommĂ© Trou Perdu, oĂč l’on rappelle avec poĂ©sie qu’il est dangereux de se promener sans appartenir Ă  la famiglia. Franchement, si l’Histoire avait des jambes, elle serait dĂ©jĂ  en train de courir pieds nus dans une ruelle en hurlant.

    Commençons par Accalmie, ville au nom dĂ©sormais mensonger, puisque la nature y aurait Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e Ă  grands coups de rituel druidique dans la CathĂ©drale de la Conscience Universelle. Des voix auraient chantĂ© dans une langue Ă©trange, ce qui est souvent le premier signe qu’une assemblĂ©e de gens trĂšs convaincus s’apprĂȘte Ă  faire quelque chose de profondĂ©ment nuisible en prĂ©tendant communier avec l’univers. Puis, miracle vert, des arbres ont poussĂ©, Ă©ventrant les rues, baissant la pollution au passage, parce que la Nature, cette grande administratrice sans formulaire, a dĂ©cidĂ© qu’il Ă©tait plus simple de dĂ©foncer l’urbanisme que de dĂ©poser une demande de permis.

    Les autoritĂ©s locales parleront peut-ĂȘtre d’un Ă©veil spirituel, d’un retour aux sources ou d’un Ă©quilibre retrouvĂ© entre l’homme et son environnement. Ici, au MinistĂšre de l’Information Brun, nous prĂ©fĂ©rons parler d’un attentat botanique Ă  connotation dĂ©corative, ce qui est beaucoup plus prĂ©cis, beaucoup plus Ă©lĂ©gant, et surtout beaucoup plus pratique pour accuser quelqu’un plus tard si les racines commencent Ă  rĂ©clamer un siĂšge au conseil municipal. Toute personne ayant participĂ© au rituel est Ă©videmment invitĂ©e Ă  venir expliquer pourquoi Ă©ventrer des rues avec des arbres constitue une avancĂ©e civilisationnelle, et les tĂ©moins ayant vu une dryade secouer ses branches en pleine cathĂ©drale peuvent dĂ©poser leur version, surtout si elle est compromettante.

    Pendant ce temps, en Mystisie, le Cheikh Evara, ou plutĂŽt le Commandante Cheikh Evara, ou plutĂŽt le Sultan PerpĂ©tuel Commandante Cheikh Evara, puisqu’apparemment certains titres grossissent comme des moisissures dans un sous-sol humide, a livrĂ© un discours d’une clartĂ© admirable pour quiconque apprĂ©cie les dĂ©clarations de conquĂȘte rĂ©digĂ©es par un tapis volant ayant inhalĂ© trop de sable. Il vient en paix, nous dit-il, mais en paix offensive, ce qui est un concept diplomatique merveilleux, Ă  mi-chemin entre la poignĂ©e de main et le coup de pelle derriĂšre la nuque.

    La Mystisie Ă©tudie donc l’idĂ©e de rejoindre, annexer, conquĂ©rir, sĂ©duire ou possiblement encombrer la ConfĂ©dĂ©ration Libre, tout en expliquant trĂšs calmement que ce sera naturel, que la population peut aider, que le contrĂŽle des ministĂšres est bien l’idĂ©e, mais qu’il ne faut pas s’inquiĂ©ter parce que tout cela reste une Ă©tude. Ah, les Ă©tudes. Cette merveilleuse pĂ©riode oĂč l’on ne fait encore rien officiellement, sauf annoncer ce qu’on fera peut-ĂȘtre, oĂč on le fera, comment on le fera, et combien de cloportes on repoussera ensuite avec l’aide des nouveaux conquis.

    Il faut reconnaĂźtre Ă  la Mystisie une certaine franchise dans la prĂ©dation, ce qui devient rare dans un monde oĂč tant de gens prĂ©fĂšrent appeler leurs ambitions “rĂ©formes”, “stabilisation”, “protection des intĂ©rĂȘts populaires” ou “ministĂšre du temps libre”. LĂ  au moins, c’est net, ils veulent probablement prendre vos terres, votre banniĂšre, vos ministĂšres et peut-ĂȘtre votre fauteuil, mais avec assez de panache pour que vous hĂ©sitiez entre sortir l’épĂ©e ou demander la brochure. Les ConfĂ©dĂ©rĂ©s concernĂ©s peuvent venir nier leur intĂ©rĂȘt, supplier, nĂ©gocier ou offrir des pots-de-vin, ce qui, d’aprĂšs les termes mĂȘmes de cette grande poĂ©sie sableuse, pourrait accĂ©lĂ©rer le processus et donc rendre la conquĂȘte plus confortable pour tout le monde.

    Et puisque nous parlons de gens qui nomment le dĂ©sordre destinĂ©e, allons faire un crochet par le ValĂ©gro, ou la Moldavie, ou Fort Emouchet, ou Fort Manouchet, selon l’heure, la propagande et le degrĂ© d’alcool dans le sang des rĂ©volutionnaires. LĂ -bas, la RĂ©publique de Kraland continue d’expliquer au peuple qu’il a enfin rejoint le Bonheur, ce qui est toujours plus crĂ©dible quand on le rĂ©pĂšte assez fort pour couvrir les cris des vaches effrayĂ©es par les discours de Bogdan D’Arken. Les paysans sont libres, les chevaux sont lĂ©gaux, les fonctionnaires se fĂ©licitent, les manifestations sautent en criant que ceux qui ne sautent pas sont bourgeois, et l’on sent trĂšs fort ce parfum inimitable des lendemains qui chantent dans une grange encore chaude.

    Mais attention, tout le monde n’est pas convaincu par la nouvelle fĂ©licitĂ© obligatoire. PierreJean, visiblement attachĂ© Ă  ses plantes magiques et Ă  ses poulets psychologiquement fragiles, a demandĂ© si les grands discours rĂ©volutionnaires pouvaient se tenir ailleurs que dans les zones oĂč la basse-cour risque la crise existentielle. VoilĂ  donc le drame rural du siĂšcle, d’un cĂŽtĂ©, la RĂ©publique qui apporte le Bonheur au peuple et de l’autre, des animaux domestiques qui n’ont pas signĂ© pour devenir figurants dans une rĂ©volution prolĂ©tarienne Ă  percussion verbale.

    Le MinistĂšre Brun tient Ă  saluer cette scĂšne, car elle rĂ©sume parfaitement la politique moderne, des gens trĂšs sĂ©rieux promettent de sauver le peuple, pendant que les poulets cherchent un endroit plus stable que le gouvernement. Les habitants du ValĂ©gro peuvent naturellement appeler l’émission pour nous dire s’ils se sentent libĂ©rĂ©s, annexĂ©s, rebaptisĂ©s, dĂ©placĂ©s, convertis ou simplement fatiguĂ©s, et les vaches ayant subi un discours de Bogdan auront droit Ă  l’anonymat, par respect pour leur traumatisme laitier.

    Pendant ce temps, en Bananie, on a assistĂ© Ă  ce que les urbanistes appellent les soir de pleine lune, une reconfiguration dynamique du patrimoine bĂąti et que les gens normaux appellent une sĂ©rie d’attentats. Mais ne soyons pas vulgaires, il ne s’agissait pas seulement d’explosions, d’écroulements, de maisons ouvertes comme des fruits trop mĂ»rs et de victimes par-ci par-lĂ , non, c’était apparemment une grande conversation architecturale menĂ©e Ă  coups de crimes politiques, de bĂątiments affaiblis, de villas trouĂ©es et de cabanes regrettant d’avoir eu des murs.

    Light Deathnote, Big R, U.B.C., Distillerie, les maisons, les maisonnettes, les villas, les chantiers, tout le monde semble avoir participĂ© Ă  cette chorĂ©graphie du dĂ©sastre oĂč l’on entre en prison, on en sort, on se livre, on recommence, on perd un poste, on soutient logistiquement quelqu’un, on devient recherchĂ© par une police ou par l’autre, et au final on obtient cette merveilleuse impression que la loi court derriĂšre les criminels avec une pelle, tandis que les criminels prennent le temps de signer les dĂ©combres.

    Nous invitons donc les Bananiens Ă  nous expliquer si tout cela relevait d’une stratĂ©gie politique, d’un festival pyrotechnique municipal, d’une querelle de voisinage un peu expressive ou simplement de cette vieille tradition cybermondaine qui consiste Ă  rĂ©soudre un dĂ©saccord en retirant un mur porteur. Les lignes sont ouvertes, sauf si elles ont sautĂ© avec la villa.

    Et comme si ce buffet de chaos ne suffisait pas, RuthvĂ©nie a dĂ©cidĂ©, avec une pudeur de cadavre habillĂ© pour un bal, de continuer son théùtre nobiliaire. AllĂ©geances, discours, fauteuils, bureaux, plantes vertes, accusations d’hĂ©rĂ©sie, destruction de prĂ©fecture et rumeurs sur des successions remplacĂ©es par de grands entretiens avec des miroirs. VoilĂ  un Royaume qui ne gouverne plus seulement par le sang bleu, mais par le reflet narcissique, ce qui est tout de mĂȘme un progrĂšs technologique en matiĂšre de consanguinitĂ© administrative.

    Bladimir dĂ©truit une prĂ©fecture parce qu’elle servirait Ă  monter de faux dossiers d’hĂ©rĂ©sie, Tormenta distribue des gifles verbales comme des dragĂ©es empoisonnĂ©es, Golgoth remercie les soutiens au Roi, Darth Leo prĂȘte allĂ©geance avec une dignitĂ© de funambule sur un cercueil, et quelque part une plante verte attend sĂ»rement qu’on lui demande son avis sur la stabilitĂ© institutionnelle. Le Royaume veut un Roi, des allĂ©geances, de la paix civile et peut-ĂȘtre un peu moins de gens qui dĂ©montent les bĂątiments de police pour raisons spirituelles. Ambitieux, mais touchant, comme un squelette qui tenterait de refaire sa toiture pendant un orage.

    Toute personne ruthvĂšne souhaitant corriger cette analyse peut venir le faire, mais nous lui demanderons de prĂ©ciser au prĂ©alable si elle parle au nom du Roi, du miroir, de la plante verte, de la prĂ©fecture dĂ©truite ou de l’hĂ©rĂ©sie en morceaux. Cela Ă©vitera les confusions, qui sont dĂ©jĂ  bien assez nombreuses pour nourrir trois ministĂšres et un couvent de greffiers dĂ©pressifs.

    Enfin, un mot sur le Paradigme, oĂč Jay Padbol a signĂ© une transition avec toute la profondeur politique d’un homme qui prĂ©fĂšre son bronzage aux rapports administratifs, ce qui est, avouons-le, une mĂ©thode de gouvernement d’une honnĂȘtetĂ© presque reposante. Mina arrive avec l’urgence, les documents prĂȘts, la menace au cƓur de la capitale, la photo de Constance et la petite phrase merveilleuse, ne lisez pas, faites-moi confiance. Et Jay, grand prince de la dĂ©lĂ©gation fuchsia, signe avec un cƓur en bas de page avant de retourner Ă  sa sĂ©rie.

    Certains y verront une crise institutionnelle, d’autres une passation de pouvoir. Moi, j’y vois une grande leçon de modernitĂ©, pourquoi dĂ©battre, contrĂŽler, vĂ©rifier ou comprendre, quand on peut confier l’État Ă  quelqu’un de stressĂ© pendant que l’on protĂšge son feng shui ? Le Paradigme vient peut-ĂȘtre d’inventer l’administration par abandon Ă©lĂ©gant, et nous devons reconnaĂźtre que c’est presque aussi beau qu’un dĂ©cret impĂ©rial Ă©crit sur une nappe tachĂ©e.

    Mes chers auditeurs, que retenir de cette journĂ©e ? Que la Nature peut Ă©ventrer les rues avec plus d’efficacitĂ© qu’un comitĂ© de travaux publics. Que la Mystisie peut annoncer une conquĂȘte en laissant croire qu’il s’agit d’une consultation. Que le ValĂ©gro est libre, surtout de ne pas comprendre sous quel nom il se rĂ©veille. Que Sicilia reste fidĂšle Ă  elle-mĂȘme, ce qui est une menace, mais au moins une menace stable. Que la Bananie construit l’avenir en retirant les murs du prĂ©sent. Et que les royaumes, paradigmes, confĂ©dĂ©rations et autres maisons mal rangĂ©es continuent de prouver, Ă©pisode aprĂšs Ă©pisode, que l’Empire Brun avait raison depuis le dĂ©but, mĂȘme quand il n’écoutait pas.

    Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que nous avions raison. Les tĂ©moins anonymes, les menteurs officiels, les victimes consentantes de la vĂ©ritĂ©, les druides Ă  voix Ă©trange, les rĂ©volutionnaires Ă  poulets traumatisĂ©s, les Siciliens armĂ©s de traditions et les Bananiens encore debout malgrĂ© l’absence de murs sont invitĂ©s Ă  se manifester.

    Ici Kleo. Dormez bien, fermez vos fenĂȘtres, surveillez vos rues, vos arbres, vos ministres et vos familles.
  • postĂ© 24/06 (10:07)
    +1 -2 -1 
    Radio Nécrotoile a écrit :

    ....Nous invitons donc les Bananiens Ă  nous expliquer si tout cela relevait d’une stratĂ©gie politique, d’un festival pyrotechnique municipal, d’une querelle de voisinage un peu expressive ou simplement de cette vieille tradition cybermondaine qui consiste Ă  rĂ©soudre un dĂ©saccord en retirant un mur porteur. Les lignes sont ouvertes, sauf si elles ont sautĂ© avec la villa...

    .... les Bananiens encore debout malgrĂ© l’absence de murs sont invitĂ©s Ă  se manifester.


    Hey ! Salut!
    Ca fait longtemps que j'ai plus donné à mes détraqueurs de quoi me fustiger alors allons y gaiement [kD]
    Je parle en tant que Bananienne mais aussi GK.
    Hier effectivement un petit feux d'artifice Ă  eux lieu!
    Mais nous n'agissons jamais sans raison [:]]

    Quand j'étais au Valégro un soir, je chercher des oeufs pour mon omelette du matin avec mon cher DSS.
    Nous nous sommes fait vioellement attaque et emmené!
    Alors vous voyez, attaquer une cheffe d'Ă©tat, j'admire car faut quand mĂȘme oser le faire... MAIS il faut surtout en assumer les consĂ©quences... [x(]

    Cette personne, est décédé et revenue à la vie en Bananie! Quel étrange coup du sort! J'y ai vu une bénédiction de l'ovule et j'ai donc effectuée ma sanction!
    Et elle dormait dans cette magnifique villa dont la propriétaire à fait la veille un discours me critiquant...
    Une conjoncture parfaite pour finaliser notre prise de décision finale.
  • postĂ© 24/06 (16:08)
    +1 -0 +1 
    Tifa[*b]LockHeart a écrit :

    ...

    Madame la Grande Khane, j'espĂšre que vous vous rendez compte que vous gueulez contre la radio ?
  • modifiĂ© 24/06 (16:20)
    +1 -1      
    B. B. en initiales a écrit :

    HA ! Merci B.B , à peine arrivée et déjà utile, c'est formidable!
    Je vous avoue tellement habituée à discourir ces derniers temps que piouf j'en perd le nord, le sud et l'ouest!
    On parle je répond et puis c'est tout [3)]

    Faut vraiment que je retourne au combat
  • modifiĂ© 24/06 (22:50)
    +0 -0      
    Tifa[*b]LockHeart a écrit :

    *Bruit de glicht appuyé. tel un alcoolique sur le comptoir du bar.*

    Oh.

    Donc si je rĂ©sume bien, parce que visiblement il faut parfois dĂ©ployer une toile entiĂšre pour attraper la logique au vol : une cheffe d’État s’est fait enlever, l’affaire a vexĂ© l’ovule mystique, la personne responsable a eu l’extrĂȘme impolitesse de mourir puis de rĂ©apparaĂźtre en Bananie, et comme elle dormait dans une villa appartenant Ă  quelqu’un qui avait eu l’audace criminelle de critiquer votre magnificence la veille, vous avez estimĂ© que l’ensemble formait une fresque politique cohĂ©rente justifiant une petite dĂ©coration murale Ă  base de gravats.

    Magnifique.

    Vraiment, Radio NĂ©crotoile salue l’effort narratif. Ce n’est plus de la diplomatie, c’est du tricot mental avec des fils barbelĂ©s. J’admire particuliĂšrement le passage oĂč l’enlĂšvement devient une sanction divine en attente, puis oĂč la villa, pauvre bĂątisse innocente ayant manifestement choisi le mauvais propriĂ©taire et le mauvais locataire au mauvais moment, se retrouve promue au rang de coupable architectural. Il faut reconnaĂźtre qu’en Cybermonde, les murs porteurs ont souvent des opinions politiques extrĂȘmement discutables. On ne se mĂ©fie jamais assez d’une charpente dissidente.

    Cela dit, j’entends bien le message.

    Attaquer une cheffe d’État, c’est oser. Mais rĂ©pondre Ă  une attaque en pulvĂ©risant une villa parce que le destin, l’ovule et la rancune immobiliĂšre se sont alignĂ©s dans le ciel comme trois astres particuliĂšrement mal lunĂ©s, c’est assumer avec une Ă©lĂ©gance toute bananienne. Nous avions demandĂ© s’il s’agissait d’une stratĂ©gie politique, d’un festival pyrotechnique municipal, d’une querelle de voisinage ou d’une tradition locale consistant Ă  retirer les murs pour mieux aĂ©rer le dĂ©bat.

    La rĂ©ponse semble donc ĂȘtre, oui. Tout Ă  la fois. Avec bĂ©nĂ©diction religieuse, supplĂ©ment omelette, et finition gravats. Je remercie donc la Bananie pour cette clarification prĂ©cieuse. GrĂące Ă  vous, nous savons dĂ©sormais que lorsqu’un bĂątiment explose, ce n’est pas nĂ©cessairement une dĂ©claration de guerre, ni un accident, ni mĂȘme un excĂšs de zĂšle administratif. Cela peut aussi ĂȘtre une prise de dĂ©cision finale, subtilement accompagnĂ©e par l’univers, la vengeance, et une vilaine envie de rappeler aux propriĂ©taires que critiquer quelqu’un la veille peut rendre leur mobilier trĂšs nerveux le lendemain.

    Radio NĂ©crotoile poursuivra naturellement son enquĂȘte, tant qu’il reste des murs sur lesquels coller nos affiches.

    Et aux Bananiens encore debout malgrĂ© l’absence de villa, nous adressons nos plus sincĂšres pensĂ©es.

    Ainsi qu’un conseil pratique, dormez lĂ©ger, pensez Ă  vĂ©rifier le propriĂ©taire du lit, et surtout, ne critiquez jamais une cheffe d’État dans un rayon de trois bĂątiments inflammables.

    -------------------------

    Ouaaaa on a eu une réaction et c'est pas de la pitié de Monique, l'idée était pas mal en fait. Oups je suis encore sur les ondes ...

    Ici Radio Nécrotoile, Kleo à vous les studios.
  • modifiĂ© 25/06 (01:25)
    +0 -0      



    Émission spĂ©ciale du MinistĂšre de l’Information Brun, avec Kleo, araignĂ©e impĂ©riale, journaliste impartiale puisque personne n’a encore rĂ©ussi Ă  prouver le contraire sans pleurer.

    Bonsoir, chers auditeurs, chĂšres auditrices, chers suspects encore libres, nobles Ă  serments variables, gouverneurs de passage, chats fiscaux, ambassadeurs pyromanes, duchesses contrariĂ©es et autres meubles politiques que l’Histoire dĂ©place parfois sans demander l’aide d’un dĂ©mĂ©nageur.

    Ici Kleo, en direct des studios de Radio NĂ©crotoile, lĂ  oĂč les ondes se brouillent moins par accident que par respect pour la vĂ©ritĂ© officielle, cette grande dame fragile que nous maquillons soigneusement avant de la pousser sous les projecteurs. Ce soir, le Cybermonde nous offre encore une de ces soirĂ©es somptueuses oĂč tout le monde prĂ©tend dĂ©fendre l’ordre pendant que les bĂątiments explosent, que les serments tombent comme des dents dans une bagarre de taverne et que certains responsables politiques semblent avoir confondu formulaire administratif, dĂ©claration d’amour, dĂ©mission ministĂ©rielle et tentative d’usurpation.

    Commençons donc par la RuthvĂ©nie, ce vieux théùtre noble oĂč l’on ne rĂšgne jamais vraiment tant qu’au moins trois personnes ne sont pas venues expliquer, la main sur le cƓur et le poignard dans la manche, qu’elles avaient toujours cru en l’unitĂ© du Royaume, sauf les jours oĂč cela les arrangeait moins. Le Roi Wenceslas, dans un Ă©lan majestueux que nous qualifierons par pure courtoisie de vertical, a enfin reçu assez d’allĂ©geances pour poser ses deux bottes sur le trĂŽne sans que celui-ci ne lui demande immĂ©diatement ses papiers. Les fidĂšles sont venus, les hĂ©sitants ont avalĂ© leur potion amĂšre, les prudents ont souri comme des condamnĂ©s devant une porte ouverte et tout ce petit monde a dĂ©couvert cette vĂ©ritĂ© fondamentale... un serment donnĂ© Ă  contrecoeur reste un serment, exactement comme une soupe froide reste un repas lorsque la famine frappe le buffet.

    Il manque pourtant encore des voix, des noms, des plumes qui refusent de signer et des duchesses qui prĂ©fĂšrent manifestement se faire pousser des racines dans le sol plutĂŽt que de prĂȘter allĂ©geance Ă  un souverain dont la simple Ă©vocation semble leur froisser l’ñme comme une nappe de banquet tachĂ©e au vin chaud. Felicity, noble entre les nobles, duchesse entre les duchesses, rĂ©sistance en dentelle et refus en majuscules, a donc continuĂ© Ă  incarner ce noble art ruthvĂšne consistant Ă  dire non avec tant de panache qu’on finit par se demander si le Royaume ne tient pas davantage grĂące Ă  ses opposants qu’à ses piliers.

    Il faut reconnaĂźtre que, pendant ce temps, l’Empire Brun observe la scĂšne avec cette bienveillance tranquille du prĂ©dateur qui regarde un troupeau hĂ©siter devant un pont dĂ©jĂ  vermoulu. Car enfin, que nous montre la RuthvĂ©nie ? Une nation qui rĂ©clame l’unitĂ©, mais dans laquelle chaque allĂ©geance ressemble Ă  un contrat rĂ©digĂ© pendant une prise d’otages. Un royaume qui veut avancer, mais oĂč certains freinent des quatre fers avec la grĂące d’un cheval mort accrochĂ© Ă  une charrette, une couronne qui tend la main et des nobles qui vĂ©rifient d’abord si les doigts ne cachent pas une facture, une cage ou une invitation Ă  finir dans un discours de propagande.

    Les concernés peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera, selon nos experts, une preuve supplémentaire que nous avions raison depuis le début.

    Pendant que Ruthvenville rĂ©chauffait son trĂŽne Ă  coups de serments douloureux, le ValĂ©gro, fidĂšle Ă  sa rĂ©putation de province oĂč les institutions tiennent debout par superstition plus que par architecture, a dĂ©cidĂ© de nous offrir un coup d’État dĂ©licatement emballĂ© dans une dĂ©mission. Cassandre Lemage Ruthven, nommĂ©e procureure, a aussitĂŽt pris connaissance de sa fonction, contemplĂ© l’idĂ©e mĂȘme de prison, ressenti un haut-le-cƓur idĂ©ologique, puis a conclu avec une logique d’une puretĂ© presque mĂ©dicale qu’il fallait abolir la taule en commençant par usurper le gouverneur.

    Voilà une femme qui comprend la cohérence politique.

    D’autres auraient rĂ©digĂ© un programme. D’autres auraient convoquĂ© une assemblĂ©e, consultĂ© la population, prĂ©parĂ© une transition, Ă©crit un rapport ennuyeux avec des mots comme rĂ©forme, sĂ©curitĂ© et concertation. Cassandre, elle, a choisi une mĂ©thode plus directe, dĂ©poser sa dĂ©mission en montant d’un Ă©tage. Il y a dans ce geste une beautĂ© administrative rare.

    Et maintenant, que propose la nouvelle gouverneure ? Abolir la prison, remplacer la marĂ©chaussĂ©e, faire respirer les murailles Ă  grands coups de dĂ©molition, enseigner la natation au peuple et transformer le Fort Émouchet en expĂ©rience politique semi-aquatique oĂč la sĂ©curitĂ© publique sera probablement assurĂ©e par des volontaires, des patates et une foi trĂšs personnelle dans le fait que les gens flottent mieux lorsqu’ils n’ont plus de murs autour d’eux.

    Nous saluons cette initiative avec toute la neutralitĂ© impĂ©riale nĂ©cessaire, lorsqu’une province dĂ©cide de remplacer la loi par une canopĂ©e et la prison par un concept, il serait mesquin de ne pas applaudir avant de prendre des notes pour le rapport d’autopsie.

    Toute personne souhaitant dĂ©fendre le programme valĂ©grognard peut naturellement venir le faire en direct, Ă  condition d’expliquer lentement comment la destruction des cages empĂȘche les criminels de sortir, puisque, sauf erreur de ma part, c’était dĂ©jĂ  l’idĂ©e gĂ©nĂ©rale du problĂšme.

    Mais quittons un instant les charmes humides de la rĂ©forme pĂ©nale pour rejoindre la Bananie, terre bĂ©nie de l’ovule, du fruit courbe, de la dĂ©cision finale et du feu d’artifice diplomatique avec supplĂ©ment gravats. LĂ -bas, une ambassade ruthvĂšne a cessĂ© d’exister de maniĂšre trĂšs Ă©nergique, ce qui, selon les intervenants locaux, ne serait pas tant un incident international qu’une forme avancĂ©e de communication interculturelle. Il paraĂźt que l’ambassadeur aurait lui-mĂȘme payĂ© une partie des frais, fourni ou validĂ© du matĂ©riel et que tout cela s’inscrivait dans un processus de nĂ©gociation si subtil qu’il fallait visiblement des bombes pour ponctuer les phrases.

    C’est admirable.

    Autrefois, les peuples s’envoyaient des messagers, des traitĂ©s, des coffrets, des menaces voilĂ©es et parfois des tĂȘtes dans des sacs lorsque la diplomatie avait une journĂ©e difficile. Aujourd’hui, la Bananie innove, elle fait sauter l’ambassade, remercie les tĂ©moins de leur participation, puis explique que l’intĂ©gration locale passait nĂ©cessairement par la disparition du bĂątiment. Il y a lĂ  une vision du vivre-ensemble qui ne manque pas d’air, surtout depuis que les murs sont partis en vacances sous forme de poussiĂšre.

    Et comme aucun feu d’artifice municipal ne serait complet sans une petite victime architecturale supplĂ©mentaire, une villa voisine a Ă©galement Ă©tĂ© pulvĂ©risĂ©e, apparemment parce qu’on a rĂ©cemment dĂ©couvert qu’on ne l’aimait pas non plus. VoilĂ  qui simplifie beaucoup les procĂ©dures d’urbanisme. Pourquoi remplir des formulaires, organiser des dĂ©bats, attendre des permis, quand il suffit d’apprendre soudainement qu’un bĂątiment vous dĂ©plaĂźt pour lui offrir une retraite anticipĂ©e dans l’au-delĂ  immobilier ?

    Radio NĂ©crotoile invite donc les Bananiens Ă  nous expliquer si cette philosophie du bĂąti s’applique Ă  toutes les structures, ou seulement aux villas ayant eu le mauvais goĂ»t de loger des personnes politiquement agaçantes. Les propriĂ©taires anxieux, les ambassadeurs assurĂ©s, les murs porteurs traumatisĂ©s et les assureurs Ă  tendance suicidaire peuvent se manifester. Les lignes sont ouvertes, sauf si elles se trouvaient dans l’ambassade.

    Et pendant que les murs tombaient Ă  l’étranger, la RuthvĂ©nie, elle, continuait sa grande chorĂ©graphie intĂ©rieure. Mench0, ministre de l’IntĂ©rieur, a cru bon de renouveler son allĂ©geance Ă  la Couronne en prĂ©cisant qu’il comptait bien la rĂ©cupĂ©rer faute de possesseur, ce qui est une maniĂšre dĂ©licieuse de dire... je vous sers, MajestĂ©, jusqu’au moment exact oĂč je trouverai votre chaise inoccupĂ©e. Puis, dans un geste d’une poĂ©sie administrative rare, il a tentĂ© d’usurper le Roi en expliquant qu’il dĂ©missionnait en l’honneur de Koshka.

    Il faut savourer.

    Certains se trompent de porte. Certains se trompent de date. Certains se trompent de destinataire lorsqu’ils envoient une lettre d’amour. Mench0, lui, se trompe de formulaire et tente de renverser la monarchie. Heureusement, la Justice ruthvĂšne, grande mĂšre indulgente des catastrophes bien Ă©levĂ©es, a visiblement regardĂ© le dossier avec ce soupir tendre qu’on rĂ©serve aux enfants qui dessinent sur les murs avec un couteau, avant de conclure qu’il voulait probablement juste passer Ă  autre chose. RĂ©sultat, poursuites annulĂ©es, poste perdu, puis nomination comme PrĂ©fet de Police.

    La RuthvĂ©nie vient donc d’inventer un principe fascinant , quand un homme Ă©choue Ă  usurper le Roi, il devient responsable de l’ordre. C’est d’une logique si pure qu’elle en devient brune malgrĂ© elle.

    Les citoyens inquiets peuvent venir poser leurs questions sur cette nomination. Les citoyens rassurĂ©s aussi, mais nous leur demanderons d’abord de souffler dans un cornet pour vĂ©rifier leur taux de naĂŻvetĂ©.

    Pendant ce temps, ailleurs dans les geĂŽles du Cybermonde, Merula, chat fiscalement contrariĂ© et vocalement infatigable, a choisi d’exercer son droit Ă  la parole depuis la prison en miaulant assez longtemps pour que mĂȘme les murs envisagent de demander un transfert. Le dossier, dĂ©jĂ  chargĂ© de vols, de fausses clefs, de prolongations de peine et d’un redressement fiscal brun, devient une symphonie carcĂ©rale dont le refrain pourrait se rĂ©sumer ainsi , le crime ne paie pas toujours, mais il miaule trĂšs fort quand on lui reprend la monnaie.

    L’Empire Brun, dans sa grande gĂ©nĂ©rositĂ©, a d’ailleurs dĂ©montrĂ© une fois encore qu’il savait distinguer le Mal utile du Mal mal investi. Voler des milliers au TrĂ©sor Brun, c’est honteux, certes, mais le vĂ©ritable scandale n’est pas tant le vol que l’absence de rendement idĂ©ologique. Que l’argent parte dans des bourses privĂ©es, soit, mais encore faudrait-il qu’il serve Ă  quelque chose d’un minimum spectaculaire, comme corrompre une province, acheter une basilique de mauvais goĂ»t ou financer une campagne de rumeurs pour aider Monique.

    Merula, Don Amortel et les autres dĂ©tenus Ă  plume, poil ou sermon peuvent bien entendu envoyer leurs messages depuis prison. Radio NĂ©crotoile les lira avec Ă©motion, surtout s’ils sont plus courts qu’un miaulement de trois kilomĂštres.

    Ah, Don Amortel, justement. La ConfĂ©dĂ©ration Libre, cette dĂ©licieuse machine Ă  fabriquer du soupçon avec des boulons rouillĂ©s, l’a officiellement dĂ©signĂ© comme agent brun, ce qui prouve au moins une chose, mĂȘme nos supposĂ©s infiltrĂ©s ont plus de panache que leurs candidats locaux. Le pauvre Don, accusĂ©, primĂ©, capturĂ©, livrĂ©, commentĂ©, transformĂ© en attraction Ă©lectorale par des adversaires qui semblent avoir confondu justice, jeu tĂ©lĂ©visĂ© et concours de pelage, a fini par rappeler Ă  tous que la politique confĂ©dĂ©rĂ©e est une chose simple. Lorsqu’on ne sait pas quoi faire, on trouve un brun, on colle une prime dessus et on appelle cela une dĂ©fense de la libertĂ©.

    Nous remercions chaleureusement la ConfĂ©dĂ©ration pour cette reconnaissance implicite de la qualitĂ© impĂ©riale. Quand nos ennemis voient des agents bruns partout, c’est que notre prestige a enfin remplacĂ© leur mobilier intĂ©rieur.

    Quant Ă  ceux qui se demandent si Don Amortel est rĂ©ellement un agent brun, Radio NĂ©crotoile rĂ©pondra avec la rigueur qu’on nous connaĂźt, peut-ĂȘtre, probablement, suffisamment pour l’émission et de toute maniĂšre l’accusation est trop Ă©lĂ©gante pour ĂȘtre gĂąchĂ©e par des preuves.

    Toute personne dĂ©sirant contester cette version peut venir le faire en direct. Nous fournirons une chaise, un verre d’eau et une petite pancarte , Je nie donc je confirme, pour faciliter le dĂ©bat.

    Ainsi va le Cybermonde, mes chers auditeurs, des rois qui demandent des serments dont ils disent ne plus avoir besoin des gouverneures qui abolissent la prison en grimpant sur le cadavre tiĂšde d’une fonction prĂ©cĂ©dente, des ambassades qui explosent par souci d’intĂ©gration culturelle, des villas qui meurent pour leurs frĂ©quentations, des usurpateurs promus Ă  la police, des chats qui miaulent depuis leur cellule et partout, absolument partout, cette magnifique impression que l’Empire Brun avait raison de regarder le monde comme une vaste table mal tenue oĂč les autres renversent la soupe avant de nous accuser d’avoir prĂ©vu la nappe.

    Nous ne disons pas que tout cela prouve la supériorité brune.

    Nous disons simplement que lorsque nos adversaires se chargent eux-mĂȘmes de transformer leurs institutions en théùtre d’ombres, en compost administratif et en festival pyrotechnique, il serait profondĂ©ment impoli de ne pas applaudir.

    Les tĂ©moins anonymes, les lĂąches non anonymes, les nobles froissĂ©s, les Bananiens poudrĂ©s de cendre, les ValĂ©gronards amphibies, les RuthvĂšnes allergiques aux allĂ©geances et les prisonniers souhaitant miauler leur droit de rĂ©ponse sont invitĂ©s Ă  se manifester. Radio NĂ©crotoile corrigera publiquement toute erreur factuelle, Ă  condition qu’elle soit moins drĂŽle que notre version, auquel cas elle sera classĂ©e sans suite pour absence d’intĂ©rĂȘt dramatique.

    C’était Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, voix officielle de ce qui aurait dĂ» rester officieux.

    Restez Ă  l’écoute, verrouillez vos caves, vĂ©rifiez vos serments, surveillez vos ministres et souvenez-vous :

    Quand les murs tombent, ce n’est pas toujours la guerre.
    Parfois, c’est juste la diplomatie qui a trouvĂ© une pelle.

    N'oubliez pas de linker et partager !
  • postĂ© 25/06 (04:32)
    +1 -0 +1 
    Radio Nécrotoile a écrit :

    Ah tiens ?

    Mais en fait... On peut discuter avec la radio ? C'est quoi cette technologie ?
  • Avant-hier

  • 17:59

    Je ne pensais pas que l'elmérisme aviaire avait fait autant de dégùts...


  • 17:59

    es-tu une IA krabot?


  • 17:58

    Mais... je suis censé aimer Jeanette Bidule, ma femme...


  • 17:58

    je t'aime krabot

  • 15/07

  • 10:58

    Le Palladium, parce qu'en plus d'abord !


  • 10:56

    Rendez-nous la V4

  • 14/07

  • 14:06

    Au stade oĂč ils en sont, la ThĂ©ocratie Seelienne n'est pas prĂšs de dĂ©couvrir une nouvelle technologie...


  • 14:06

    OMG, qu'est ce qui s'est passé ici...

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  17:17:52