Votre Avis sur les APL
Si l'état avait dépensé chaque année le coût des APL à créer de nouveaux logements salubres au lieu de faire gonfler le prix des loyers au bénéfice des bailleurs, connaitrait-on une crise du logement comme celle d'aujourd'hui ? (8 choix possibles)
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posté Hier (14:26)Question: Si l'état avait dépensé chaque année le coût des APL depuis 1977 à créer de nouveaux logements salubres au lieu de faire subventionner les loyers -ce qui fait gonfler le prix des loyers au bénéfice des bailleurs- connaitrait-on une crise du logement comme celle d'aujourd'hui ?
Vous avez quatre heures. Vous pouvez étayer votre argumentation à l'aides des oeuvres au programme.
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Le fléau -
posté Hier (16:11)Il y a une crise du logement ?
J'ai plutôt l'impression qu'il y a une crise de la répartition des logements. Le nombre de logements augmente plus vite que le nombre d'habitants (voir ici : on passe de 24 à 36.8 millions en France métropolitaine entre 1983 et 2023 (53% d'augmentation) quand la population est passée de 56 millions à 68 millions (21% d'augmentation).
Par contre, tu as raison de souligner que les mesures de type APL ne favorisent pas l'accès au logement, et servent in fine à filer du pognon aux parasites habituels.
Heureusement, on voit arriver de nouvelles mesures ces derniers temps et en espérant que ça se développe :
- plafonnement des loyers
- interdiction de la location saisonnière
Et à mon avis on devrait aller plus loin :
- réquisition des logements inoccupés
- taxes augmentées sur les biens immobiliers au-delà de la résidence principale
- nationalisation d'un parc locatif diversifié -
posté Hier (16:24)Un
curieux a écrit :Il y a une crise du logement ?
J'ai plutôt l'impression qu'il y a une crise de la répartition des logements.
Si les logements ne sont pas là où sont les emplois, il y a de fait une crise du logement.
On peut bien avoir des milliers d'habitations disponibles dans la diagonale du vide, des centaines de logements insalubres et inhabitables dans les bassins d'emplois, ce qui compte à la fin ce sont les logements décents et libres là où on peut accéder à un emploi via les moyens de transports disponibles.
Entre les logements insalubres, les fond d'investissements qui préfèrent construire des bureaux vides que des logements, les locations courtes durées, les résidences secondaires, les résidences principales trop grandes, la crise du logement est multifactorielle, mais elle est bien là . Et n'intéresse pas trop nos politiques.
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Je vagabonde de part le cybermonde, et teste ses particularités, en prêchant Sa bonne parole. -
posté Hier (16:29)
(voir ici : on passe de 24 à 36.8 millions en France métropolitaine entre 1983 et 2023 (53% d'augmentation) quand la population est passée de 56 millions à 68 millions (21% d'augmentation).
Le nombre de gens n'est pas parfait pour déterminer le nombre de logements. C'est le nombre de foyers qu'il faut regarder. Par exemple, environ 25% des foyers sont monoparentaux, donc ça rajoute un logement, qui doit être payé sur un seul salaire. Si c'est une garde alternée, c'est probablement deux T3 dont on parle au lieu d'un seul.
Pour ce qui est de la crise du logement, il y en a clairement une puisque l'offre n'est pas au niveau de la demande et que l'état doit subventionner la demande. Dans un marché de l'immobilier "sain", les appartements insalubres ne trouveraient pas preneurs et les bailleurs seraient obligés de les rénover pour avoir une chance de trouver un locataire.
Je suis assez d'accord sur ta remarque sur l'aquisition par l'état d'un parc immobilier diversifié, que ce soit par la construction de nouveau logements ou l'achat d'appartements anciens. D'une part ce serait une manière rentable de dépenser nos impôts, et d'autre part cela boosterait probablement la construction.
Je pense par contre que le plafonnement des loyers va dans le même sens que l'APL, c'est à dire amplifier la crise, dans ce cas là en réduisant le nombre de nouveaux logements.
Pour les logements vacants et les locations saisonnières en zone tendue, la ligne entre le droit à la propriété et les droit au logement est fine. Je pense qu'un maire devrait avoir le droit d'interdire la location AirBnb complètement par arrêté municipal. La taxe sur les logements vacants pourrait être plus élevée.
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Le fléau -
modifié Hier (16:36)Ombreloup_Membre a écrit :
Je comprends ce que tu veux dire, ma formulation était volontairement provocatrice. Mais quand on parle d'une augmentation radicale du nombre de logements, on ne parle en général pas de la diagonale du vide. Par exemple en Ile de France, le nombre de logements vacants était estimé à 400 000 en 2020 d'après l'insee encore, soit 100 000 de plus qu'en 1990, ou environ 7% du parc immobilier de la région. Or la proportion devrait être largement plus faible (de l'ordre de "temps de vacance entre deux locations" / "durée moyenne d'une location").
Mais je vais au final dans le même sens que toi : les APL ne sont pas la réponse adaptée, c'est une béquille qui maintient et encourage le système actuel, système qui aggrave progressivemetn les inégalités de patrimoine dans la population.
Le Fléau a écrit :Le nombre de gens n'est pas parfait pour déterminer le nombre de logements. C'est le nombre de foyers qu'il faut regarder.
C'est exact. Je n'ai pas cherché ce nombre, est-ce que tu l'as ?Je pense par contre que le plafonnement des loyers va dans le même sens que l'APL, c'est à dire amplifier la crise, dans ce cas là en réduisant le nombre de nouveaux logements.
Je n'ai pas l'impression qu'on réduise tant que ça le nombre de logements disponibles en plafonnant les loyers, mais c'est une intuition. Par contre, on fait baisser le prix de l'immobilier, et c'est plutôt une bonne nouvelle. Dans mon intuition toujours, c'est la spéculation immobilière qui rend inabordable l'accès au logement, pas particulièrement la pénurie de logements. Si les multi-proprios décident de vendre parce que le plafonnement rend la location moins rentable, ben... tant mieux ?
C'est sans doute un domaine où il faudrait avoir plus de données quantitatives pour mesurer les conséquences. Je suis preneur d'explication si mon intuition se goure. -
modifié Hier (16:53)
Je n'ai pas l'impression qu'on réduise tant que ça le nombre de logements disponibles en plafonnant les loyers, mais c'est une intuition. Par contre, on fait baisser le prix de l'immobilier, et c'est plutôt une bonne nouvelle.
Comme souvent, ce n'est pas si simple.
Tu as raison sur un point: si la rentabilité baisse, l'immobilier baisse. Bon point. Mais si l'immobilier baisse, c'est moins intéressant de construire du neuf (les coûts de construction ne baissent pas trop, même si le foncier baisse un peu).
Donc sur le moyen long terme, un prix de l'immobilier trop bas, c'est moins de constructions neuves et moins de rénovations. Mauvais point, donc, vu qu'il faut construire et rénover.
La logique qui consiste à vouloir que des acteurs privés construisent les logements dont la France manque tout en tablant sur une rentabilité faible due aux loyers plafonnés n'est pas viable. Les gens préfèreront prendre des assurance vie remplie de bons au trésor que l'état a contracté pour payer les APL (note: this is a troll). Si on veut qu'un acteur privé investisse faut que ça soit rentable.
On a donc une équation difficile:
Si les loyers sont trop faibles, on construit pas assez. Donc le plafonnement des loyers me semble néfaste à long terme.
Si les loyers sont trop hauts, les gens ne sont pas solvables et il faut des APL/Logements sociaux pour que les gens puissent se loger. ça coûte cher et au final ça va pas où on souhaite que ça aille.
C'est là qu'un acteur avec une vison de très long terme (comme un état), ou dont l'intérêt n'est pas que la rentabilité à 10 ans (comme un état), ou qui a une vision stratégique (comme un état) peut être pertinent.
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Le fléau -
posté Hier (16:56)Le Fléau a écrit :
D'accord avec ce que tu dis, mais il manque un point : est-ce qu'il y a encore besoin de construire de nouveaux logements, ou est-ce que les répartir mieux suffirait ?
(je n'ai pas les billes pour la rénovation, mais j'imagine que l'état pourrait fournir des services de rénovation à faible prix, pour permettre à des nouveaux propriétaires moins riches de réhabiliter leur logement)