Réchauffement climatique, CO2 : le futur Eldorado ?
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posté 27/04 (20:31)Arnold de Schartzenprout a écrit :
Tiens, c'est vrai, ça. Quid de l'électrification décarbonée, des éoliennes, ou des sandwiches au thon. Parce que qui vivra verra, mais manifestement pas tes sources sur la diminution attendue de la population d'ici la fin du siècle. Pour le mec qui expliquait doctement que si si la démographie est une science, ça la fout mal un peu. C'est quoi selon toi la démarche scientifique, et pourquoi est-ce que tu as autant de mal à la suivre ?
Au moins on sait maintenant que selon toi, balancer une connerie et revenir dessus en disant "en fait j'en sais rien je disais ça au pif" a de la valeur. Mais même ça on n'arrive pas à l'obtenir de toi. -
posté 03/05 (01:04)Arnold de Schartzenprout a écrit :
Si je m'amuse à faire un modèle de correction (oui, je ne sais pas compter mais j'aime bien les maths quand même), je trouve une probable baisse de 0,4 milliard d'êtres humains à l'horizon de 2100, par étude qui ont lieu tous les 2 ou 3 ans...
Ça aurait du sens si le calcul des études faites par l'ONU étaient systématiquement faits avec le même modèle, de la même manière. Dans ce cas et dans ce cas uniquement, une erreur de prévision donnerait un correctif qui pourrait suivre une tendance.
Ce n'est bien entendu pas ça qui est appliqué, et c'est évident que les erreurs de prédiction vont en s'amenuisant avec le rapprochement de la date de prédiction (dans un voisinage au moins). Il est absurde de penser que l'erreur puisse être de 0.4 milliards entre 2097 et 2100, par exemple.
Pour cette raison le modèle prédictif correspond (sauf preuve solide du contraire) à l'état de l'art. Statistiquement, il n'y a pas de raison de penser que la réalité va avancer dans le sens de diminuer cette valeur plutôt que l'augmenter. Constater deux corrections (entre trois valeurs) ne permet clairement pas de conclure à un biais systématique ou statistique à la baisse, surtout sans tenir compte des fourchettes prévues.
Enfin, quand bien même ce serait le cas, je rappelle qu'on a déjà fortement argumenté contre le lien que tu fais entre la population et le taux de CO2, qui témoigne d'une vision simpliste des dynamiques de production et donc d'émissions de GES. Peut-être que tu pourrais réserver tes théories concernant la démographie au topic que tu avais créé pour parler de démographie, et laisser ce topic parler de climat et de GES ? -
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posté 10/06 (13:41)Un
curieux a écrit :
La capture directe de carbone (qui était le sujet initial de ce topic) refait parler de lui.
J'expliquais à l'origine (il y a 4 ans, comme le temps passe) que la capture directe (CDR pour Carbon Dioxide Removal) est une impasse technologique : il faut plus d'énergie pour capter le CO2 et le stocker que ce qu'on peut obtenir en émettant une quantité équivalente de carbone (à moins d'utiliser des surplus, et encore). Sans grande surprise, la suite m'a donné raison, et on n'en entend plus trop parler de nos jours.
Il y a une autre grande famille de solution pour réduire le taux de carbone dans l'air : le captage directement en sortie de processus industriels émetteurs, typiquement des cimenteries ou de l'élevage (CSC). Une filiale de Total projetait d'éliminer annuellement 5 millions de tonnes par an (ce qui est plus que les 8000 annoncées en CDR par l'usine dont Arnold parlait en 2022).
Selon cet article de Mediapart, c'est un fiasco total : le projet a coûté plus d'un milliard, et réussit péniblement au rythme de 100 000 tonnes par an pour le moment. Et le problème ne vient pas de l'enfouissement (technologie mal maitrisée en particulier concernant ses limites dans le temps) mais bien de la captation : pannes, surcoûts, fuites, mises en danger, etc. À ça s'ajoute des délires sur les droits à polluer et crédits carbones qui permettent de vendre un ciment "zéro carbone" alors qu'on ne capte même pas la moitié du CO2 produit.
« Si l’échec du projet se confirme, il donnera raison aux écologistes, qui considèrent le CSC comme une « fausse solution » ruineuse et inefficace, promue par les industriels et les géants du pétrole pour perpétuer leur business et le recours aux énergies fossiles. » -
posté 25/06 (10:42)Les épisodes de canicule sont un bon moment pour reprendre un peu contact avec la réalité du dérèglement climatique. C'est délicat pour les climatosceptiques en ce moment de dire trop ouvertement que c'est "juste une canicule comme on en a de temps en temps", surtout parce que c'est la deuxième en peu de temps, qu'elle est inhabituellement longue et forte (record absolu de température en France battu hier).
Malheureusement, pour beaucoup, à peine la question de l'existence du réchauffement répondue, on passe à la question de l'adaptation (comment trouver un climatiseur, accrocher une couverture de survie devant ses fenêtres, les points d'eau qui font perdre deux degrés, etc.). C'est bien entendu utile de pouvoir survivre, mais ça manque un peu de sursaut collectif pour essayer d'endiguer les effets de la crise.
C'est l'objet de l'article de Romaric Godin : Face à la canicule, le déni par l'adaptation : le déni s'est juste décalé d'un cran, au lieu de nier le réchauffement, on nie désormais qu'il existerait des moyens d'agir autres que de s'adapter à coups de trucs et astuces, versez de l'eau par terre régulièrement, buvez du thé brûlant, etc.
Ce serait donc temps de se rappeler qu'il n'y a pas si longtemps (7 ans !), une convention citoyenne avait eu lieu, avait fait 149 propositions sur 7 thématiques (consommer, produire, déplacement, logement, nourriture, constitution et budget). Sur ces propositions, la plupart ont soit été ignorées, soit transposées de manière à les rendre sans effet. Nous ne subissons pas l'inaction climatique, mais une action délibérée de sabotage pour préserver les intérêts à très court terme du capital. -
posté 28/06 (12:50)Le débat sur l'adaptation se concentre par ailleurs sur les solutions individuelles, à l'échelle du logement : climatisation bien sûr (rappelons que cela vient aggraver le problème, avec une augmentation des consommations et un rejet de chaleur vers l'extérieur, augmentant l'effet d'îlot de chaleur en ville) ou protections solaires extérieures (qui sont indispensables et devraient être obligatoires pour toute rénovation énergétique), isolation du toit et brasseurs d'air.
Je vous mets un lien vers un manifeste d'experts du bâti.
Mais on oublie complètement qu'il y aurait des solutions collectives d'adaptation à prévoir : gratuité de lieux publics refuges (frais naturellement ou climatisés), aménagement de baignades naturelles comme à Paris (permettant d'éviter des noyades), ombrager les rues (voir illustration ici par exemple, et je recommande l'article et tout le site Low-tech magazine) autoriser voire imposer les protections solaires extérieures (certains ABF les refusent pour des raisons patrimoniales...), et bien sûr l'incontournable lutte contre les "îlots de chaleur".
Ces solutions sont à développer par les collectivités (il faut un peu d'argent et de l'anticipation)
Et puis le réchauffement climatique c'est la chaleur mais aussi le risque inondation, les sécheresses, le retrait-gonflement des argiles avec ses fissurations de structure - autant de sujets sur lesquels une préparation sérieuse est à faire pour l'adaptation.
Évidemment je ne dis pas du tout qu'il faut lâcher l'affaire sur la réduction des émissions de CO2 en parallèle, mais pour l'adaptation aussi il y a des politiques globales à faire - comme l'indique sans doute l'article de Mediapart, Un Curieux, mais je n'ai pas l'accès...
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Suis-je une poule qui rêve d'être Kanard ou Kanard qui rêve d'être une poule ? -
posté 09/07 (12:02)Le Haut Conseil pour le Climat a publié aujourd'hui son nouveau rapport sur l'état des engagements climatiques de la France.
En résumé succint : on est loin derrière les objectifs, et les effets ont des effets de plus en plus sensibles sur tous les aspects de notre vie en société, accentuant aussi les fossés entre les classes sociales.
Quelques extraits commentés :
« La transition du système alimentaire reste le parent pauvre de la transition climatique. Les émissions agricoles continuent de croître (+1,6 %/an), les pertes et gaspillages stagnent à 32 % de la production sans amélioration depuis 2015, la surconsommation de protéines animales se poursuit dans les économies développées et plus de 15 % des énergies fossiles mondiales sont consommées par le système alimentaire. »
Pas une découverte, mais ça me fume toujours à quel point les gens s'accrochent à la conso de viande. Bah ouais, trop dur de bouffer moins de steaks, c'est bien plus facile de crever de chauds 3 mois par an au point de paralyser toute l'économie et de défoncer les rendements agricoles.
L’intelligence artificielle concentre une concurrence inédite pour les ressources électriques et les financements publics. La priorité accordée au développement de l’intelligence artificielle, par rapport au développement humain, ajoute aux incertitudes sur les transitions socio-économiques. Si les applications
d’intelligence artificielle (IA) ciblées sur la transition (optimisation des réseaux, détection de fuites) offrent
un potentiel de réduction des émissions de GES, l’IA générative accapare les capacités de production
d’électricité décarbonée au détriment de son utilisation pour la substitution aux énergies fossiles, et créé
une demande pour de nouvelles centrales thermiques, en l’absence de régulation.
Si vous aviez besoin d'une confirmation de cet argument contre les IA, le voici.
Le coût de l’inaction est beaucoup plus élevé que le coût de la transition, ce qui rend rationnelle une
décarbonation unilatérale des grandes économies, avec des gains de bien-être considérables pour les sociétés.
Notre système capitaliste est incapable d'avoir une vision à seulement moyen terme (les études citées parlent de l'horizon 2050, on parle pas d'un terme dans 5 siècles). Et ce système va nous buter en se tirant aussi une balle dans le pieds (on imagine pas à quel point les capitalistes sont malheureux quand leur main d'œuvre crève et arrête de leur rapporter des profits). -
posté 13/07 (10:12)Un
curieux a écrit :
Chacun ses contradictions climatiques, certains sont bien pour les sanctions contre la Russie dont les conséquences direct sont la reprise du charbon germano-polonais pour électrifier l'Allemagne. Est-ce que les centrales à charbon, qu'on sait nuisible pour la santé, le climat et la nature depuis au moins la fin du 19ème siècle ont un rôle plus ou moins délétère sur notre planète que les élevages intensifs de bétails ? Vrai question.
Maintenant on va enfoncer des portes ouvertes, si ton apport en calorie ne vient pas de "bœuf", car le "bœuf", c'est mal, il produit du méthane et des nitrates dans les cours d'eau... Il vient d'où cet apport en calorie ? De la mer ? Avec toutes les conséquences qu'on constate déjà (aka y'a plus de poissons) ? Des champs de soja aux USA qui ont remplacés les grandes plaines ?
Du Kenya, pays au combien démocratique et respectueux de ses ouvriers ? Choisi ton scandale climatique ou social camarade, nous vivons dans une société pourrie à la moelle en état d'autodestruction avancée et ce depuis avant la naissance de nos arrières grands-parents et je trouve limite parodique ton message plus haut vu les autres problèmes systémiques qui ravagent l'UE et en particulier la France.
On est assez vieux pour pouvoir voir de nos propres yeux larmoyants ce qu'on a perdu de notre vivant (!) wsh dinguerie comme dirait mon gamin. Mais quelle solution tu vois concrètement sans imposer une forme de dictature violente et hyper-répressive avec des caractéristiques grossophobe ?
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modifié 13/07 (10:55)MVP
a écrit :
Tu réussis à raconter des bêtises dans un seul message sur :
- les sanctions contre la Russie (ta petite obsession ?)
- le mix énergétique allemand
- l'agriculture (fausse alternative)
- la grossophobie (wat)
- la dictature
Ça fait beaucoup, alors que tu répondais à un message assez simple et basé sur un rapport totalement accessible du HCC. N'hésite pas à aller le lire, la recommandation que je donne était détaillée dedans (ou dans n'importe quel rapport du GIEC, FWIW). -
posté 13/07 (11:24)L'indignation sélective ça t'apportera pas des étés moins caniculaires.
Je connais bien le sujet, pour ça que je prend des problématiques auxquels le GIEC ou le HCC ne répondent pas. Sinon ce serait pas intéressant, par ailleurs je demandais ton avis éclairé, pas celui de personnes ne sachant pas quoi faire et ne proposant pas un changement de paradigme. Bien au contraire ils proposent de déplacer les problèmes ailleurs, créant d'autres soucis environnementaux, parfois très loin de l'Europe, donc moins visible et plus tolérable.
C'est très hypocrite comme approche, tu peux pas vouloir limiter la pollution tout en tournant au charbon, point à la ligne. Indépendamment de la source de l'énergie fossile, je te rappel quand même que les USA sont un état faciste selon toi et pourtant la France consomme leurs hydrocarbures sans problèmes et on va surtout rien dire sur l'arabie saoudite, la lybie, les uae ou le qatar.