Arnold de Schartzenprout a écrit : Alors que la presse commence déjà à tester l'opinion en proposant de futurs présidentiables, d'après elle, et qu'en parallèle on tente de nous effrayer avec l'épouvantail des extrêmes, droite comme gauche, j'ai le sentiment que la solution viendra d'un candidat en dehors des partis classiques.
Ouais, genre Macron. C'était trop trop bien d'élire un mec en dehors des partis classiques, la société civile tout ça... Attal veut refaire la même (il est même passé sur je sais plus quelle chaîne pour le dire), je te suggère de voter pour lui, ça a l'air vraiment trop bien.
LFI est la caricature d'elle-même et semble décidée à renvoyer son leader charismatique Mélenchon les représenter alors qu'il est hyper clivant et va forcément perdre.
Prophétie auto-réalisatrice. Les médias traditionnels répètent tellement que Méluche ne peut pas être élu, c'est forcément vrai, faut toujours faire confiance aux médias traditionnels. Et puis, LFI sont une caricature d'eux-même, la preuve ils continuent à s'opposer au gouvernement avec tous les moyens dont ils disposent alors qu'ils pourraient faire comme le PS et soutenir la macronie, je l'ai vu dans les médias.
La réalité, c'est que le choix "utile" (c'est-à -dire, ceux qui auront des chances de gagner dans le système de scrutin tel qu'il est), ce sera entre LFI et l'extrême-droite (que l'extrême-droite "utile" soit représentée par Le Pen, Bardella ou Retailleau) (et que LFI soit représentée par Méluche, Panot ou Bompart, d'ailleurs ; je vais pas faire celui qui ne pense pas que ce sera Méluche, il n'empêche que c'est pas encore confirmé ; et à titre personnel je préfèrerais Panot ou Bompard, juste pour emmerder ceux qui disent que le parti ne soutient que Méluche).
Edit : si Méluche (ou Panot ou Bompard) passe au second tour,
evidemment que les Kuzmanovich, Autain, Ruffin etc appeleront à voter pour lui (ou elle).
Exactement comme Maigret avait appelé à voter Le Pen en 2002 : ça lui avait arraché la gueule, mais c'est une question de cohérence politique, à un moment tu es bien obligé d'appeler à voter pour ceux qui ont
presque le même programme que toi face à ceux qui ont un programme opposé. Et si en face c'est l'extrême-droite,
évidemment que les écologistes et le PC, et même le PS ou Glücksman appeleraient à voter LFI aussi - question de cohérence politique là aussi, ça risque d'être compliqué pour eux de continuer à faire croire qu'il sont de gauche contre si il appellent à voter RN. Le seul cas qui reste en l'état actuel, c'est LFI vs Retailleau, le PS pourrait trouver les bons éléments de langage pour faire style que Retailleau est totalement républicain (et même là , je pense qu'un PS qui appelerait à voter Retailleau provoquerait l'explosion totale de ce qui reste du PS).
(Note : j'exclus le cas LFI vs Villepin, pour la bête raison que Villepin est à droite ce que les gars comme Ruffin ou Roussel sont à gauche : des gars qui sont les préférés du camps politique opposé, qui n'auront donc ni les voix de leur propre camp parce que leur camp en préfère d'autres, ni les voix du camp opposé par définition de ce que signifie "le camp opposé").
Bref, à toi de voir si tu veux l'extrême-droite ou le macronisme (dans ce cas vote pour eux), si tu veux une alternative crédible avec des chance de gagner face à l'extrême-droite et au macronisme (auquel cas vote pour LFI), ou si tu veux un vote inutile qui ne passera pas le second tour avec le risque d'avoir un second tour extrême-droite vs droite extrême/macronisme (auquel cas fais ce que tu veux).
Alors personnellement, j'ai mon plan A et mon plan B en terme de vote pour ces présidentielles. Je ne m'en cache pas, mon plan A est Branco, mon plan B est Ruffin, même si l'ordre n'est pas définitif, la campagne en décidera.
Ruffin, le mec qui fait des campagnes racistes ? Et qui a déjà annoncé qu'il ne souhaite plus revaloriser le smic, mais uniquement les salaires d'une catégorie mal définie (dont ils pourra exclure à peu près qui il veut) ?
... Aucune chance qu'il passe face à LFI et aux macronistes. C'est bien pour lui de faire un virage macroniste vu qu'il peut plus vraiment se faire passer pour la gauche de rupture, mais il aura pas l'assise électorale des réels macronistes comme Hollande ou Glucksman.
Note que tu pourrais dire que je fais aussi une prophétie auto-réalisatrice... Sauf que bon, de ton côté tu explique que le mec qui était à quelques pourcent du second tour aux dernières élection (et qui a dernière lui tout un système entièrement conçu pour gagner dans la cinquième république telle qu'elle est) ne peut pas être élu, avant d'expliquer que ton plan B c'est un mec qui fait des campagnes racistes et ne pourra donc pas regrouper la gauche au premier tour, qui renie déjà sur le social, et qui sera pris dans l'étau entre la gauche de rupture qui augmente son score à chaque élection et les macronistes. Autant je suis ouvert à une surprise venant des macronistes du PS qui pourraient faire un score bien plus grand que je ne le pense, autant je te parie ce que tu veux que la surprise ne viendra pas de Ruffin.
Je vois en eux un renouveau de la classe politique, avec une approche qui rompra de celle des partis classiques, avec leurs dogmes et leurs interdits idéologiques de façade.
Je me berce peut-être d'illusion, parce que Branco est complètement invisibilisé par la presse, sauf quand il s'agit d'organiser un kompromat contre lui, et Ruffin passe pour un doux rêveur, avec une presse qui s'acharne à le présenter comme une personne qui n'a pas la stature présidentielle.
Pourtant, il se peut que ce soit la dernière élection qui se passe sans violence, sans révolte ou pire, sans révolution, tant le rejet de cette classe politique qui oeuvre contre la France et ses habitants est fort.
Soyons sérieux deux minutes : le mec qui n'a pas de parti autour de lui et juste un culte de la personnalité, on a déjà fait, c'était Macron. Le mec était d'extrême-droite économique, mais plutôt libéral sociétalement (il parlais du changement de genre en mairie, du fait qu'il fallait pas s'opposer au voile...).
Résultat : il est resté d'extrême-droite économique, et s'est fait complètement broyer au niveau sociétal, parce qu'une fois confronté aux patron d'extrême-droite, aux milieux d'affaires d'extrême-droite, et aux journalistes d'extrême-droite, avec pour seule arme son culte de la personnalité et aucun appareil de parti (avec une base militante lui rappelant son idéologie) le soutenant ni ministre ou conseiller le soutenant dans son idéologie, bah il a fait ce que ferait n'importe qui dans sa situation : il est passé d'extrême-droite.
Evidemment que Branco ou Ruffin finirait de la même façon - Ruffin a déjà commencé à virer rouge-brun et à renier le social juste sous la pression des journalistes (Ruffin cède du terrain face à des journalistes qui sont extrêmement complaisants envers lui, je ne sais pas si tu parviens à te rendre compte de la folie du truc), à quel moment tu peux espérer qu'il ne devienne pas purement brun sans un appareil de parti qui le soutient et le recadre ? Note que vu comme est faite la cinquième république, je ne suis même pas sûr que Méluche, Panot ou Bompard soient capable de tenir - mais au moins, ils ont montré qu'ils résistaient à la pression des médias, c'est plus que Ruffin.