Les US et le fascisme
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posté 16/03 (19:02)Non, rien n'est en effet en cours contre Trump. Tous les contre-pouvoirs et garde-fous prévus par la constitution US ont été noyautés par des partisans du fascisme depuis des décennies et ils dévoilent enfin toute l'étendue de leur puissance. Tout ce qui arrêtera Trump maintenant ce sont les conséquences de sa propre stupidité, c'est-à -dire le choc pétrolier à venir.
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Viva el Presidente ! Viva Tropico ! -
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posté 17/03 (10:33)Il faut voir que pour qu'il y ait quelqu'un qui s'oppose, il faudrait autre chose que des démocrates.
D'autant que c'est une action qui consiste à rallier les warhawks parce qu'il a beaucoup perdu en popularité ces derniers temps (et il y a des war hawks du coté des dems aussi.), le tout est de jouer sur une technicité que "c'est pas une guerre de toute façon", mais une"opération spéciale"oops, mauvais pays. "engagement militaire"
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modifié 18/03 (09:57)Satori
9960 a écrit :
Ces appellations, réelles ou non, ne changent rien au coût de la guerre, et les américains avaient voté Trump pour que leur condition s'améliore, pas pour qu'il aille semer le trouble sur le reste de la planète. Des projets de loi pour de meilleurs remboursements médicaux des citoyens américains ont été retoqués et en parallèle, la guerre/intervention en Iran coûte une fortune aux contribuables US, 11 milliards de dollars pour la seule première semaine. Autant dire que les Américains se sentent trahis.
Dans combien de cas Trump a été désavoué par des juges fédéraux depuis le début de son mandat ? Il l'a été sur les droits de douane, là il l'est sur sa politique vaccinale. Ce n'est que ça. Il se torche avec les propres règles de son pays qu'il dirige.
De toute façon, d'une manière générale, l'irresponsabilité politique est aussi grande aux USA qu'en France. Tant qu'un homme politique ne payera pas de façon sérieuse ses actions illégales, qu'est-ce qu'il en aura à faire de jouer avec les limites de la démocratie.
Ce qui est inquiétant, c'est qu'on a le sentiment que cette impunité est généralisée dans le monde, et que tout est fait pour empêcher le droit de s'exercer. L'ONU risque de disparaitre depuis que les USA stoppent leur participation. La Cour Pénal Internationale n'est pas reconnue unanimement et on retrouve dans le liste des pays qui ne la reconnaissent pas les principaux belligérants du monde actuellement : les USA la reconnaissent mais n'ont pas ratifié leur adhésion au traité de Rome final, Israël et la Russie ne la reconnaissent tout simplement pas.
Pour info, Netanyahu et Poutine sont poursuivis par la CPI avec mandat d'arrêt. Quand Netanyahu l'a été, les USA ont fait pression sur les juges en prenant des sanctions contre eux. La CPI est une menace pour les intérêts américains et ils tentent de la mettre hors jeu. Et quelque part, nous sommes complices. Macron a proposé d'organiser une rencontre en France avec Netanyahu sur la guerre en Iran, désavouant de fait la CPI. Donc les USA, même s'ils restent dans l'unilatéralisme et le non respect du droit international, ils sont aussi confortés par la lâcheté de leurs alliés. La question au final est donc : avons nous vraiment des leçons de morale à donner aux USA ?
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posté 18/03 (09:44)Arnold de Schartzenprout a écrit :
Je suis entièrement d'accord avec ton analyse sur l'irresponsabilité et l'impunité des politiques (et le 6 janvier est quand même un énorme exemple dans le cas de Trump).
Par contre, sur un point précis :La question au final est donc : avons nous vraiment des leçons de morale à donner aux USA ?
Oui. Je ne me sens pas solidaire du gouvernement français. Je crois qu'il est possible de lutter à la fois contre la corruption et l'extrême droite en France et aux USA, surtout sachant que la politique des USA a des conséquences pour le monde entier (autrement dit : ne venez pas me dire que je suis pour un interventionnisme en général). -
posté 18/03 (10:58)Arnold de Schartzenprout a écrit :
Ces appellations, réelles ou non, ne changent rien au coût de la guerre, et les américains avaient voté Trump pour que leur condition s'améliore, pas pour qu'il aille semer le trouble sur le reste de la planète.
Je ne dis pas le contraire, j'explique par quel moyen il passe outre le congrès. Puisque ça n'est pas "une guerre" il peut mener les "opérations militaires" dont il a envie. Evidemment, c'est du vent, mais comme l'opposition (à comprendre : les démocrates) ne sont pas vraiment dans l'opposition, personne n'ira se plaindre de quoi que ce soit (à savoir, le défier sur l'évidence : c'est une guerre illégale qu'il a lancé sans la validation du congrès).Ce n'est que ça. Il se torche avec les propres règles de son pays qu'il dirige.
Oui mais là encore, il n'y a pas d'opposition. Quand les démocrates votent POUR les trucs les plus débiles de Trump, il est évident qu'il peut faire ce qu'il veut et se torcher avec les règles. Par exemple, tu pourrais t'attendre à ce que les démocrates ne votent pas pour un truc dont le peuple ne voudrait pas, comme par exemple, est-ce qu'ils devraient être ok pour financer ICE qui est une milice paramilitaire au service de trump et qui tue des gens dans la rue ? Et bien figure toi que pour certains démocrates, c'est pas forcement évidant comme vote. Ils sont aussi ok à ce qu'on retire le droit de vote à certains electeurs (par exemple, les pauvres qui n'ont pas de passeport), et ainsi de suite.
Forcement, il ne sera jamais tenu responsable de rien. Déjà , avant ça il n'était tenu responsable de rien, les juges sont aussi politiques aux usa, ils sont élus, et... Même quand il est clairement à faire de la trahison pour la Russie il est innocenté.La question au final est donc : avons nous vraiment des leçons de morale à donner aux USA ?
Comme pays, la France, tu veux dire ? Evidemment que non, on suit bien gentiment le mouvement, on prend exemple sur ce que fait Trump et on essaye de le répéter.
La démocratie ne dépend que du bon vouloir des gouvernants à jouer le jeu. On voit bien ce qui se passe quand Macron ou Trump décident de chier sur la démocratie.
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posté 23/03 (09:48)Satori
9960 a écrit :La démocratie ne dépend que du bon vouloir des gouvernants à jouer le jeu. On voit bien ce qui se passe quand Macron ou Trump décident de chier sur la démocratie.
Tu viens de résumer la chose.
J'ai le sentiment que l'on arrive aux limites de la démocratie représentative et qu'aujourd'hui on a compris qu'on ne vote pas pour un projet mais pour une personne qui une fois élue fait ce qu'elle veut sans que l'on puisse la révoquer ou même la sanctionner du fait de son immunité. Un mandat électif est trop verrouillé pour pouvoir intervenir en cours de route, seulement à postériori, et quand on voit la faiblesse des sanctions, on peut vraiment parler d'irresponsabilité et d'impunité.
Ce modèle électif on le retrouve dans bon nombre de pays occidentaux, et dans certains, dont les USA (mais pas la France), il existe la possibilité de provoquer un référendum révocatoire.
Cette procédure permettrait au peuple américain de décharger leurs élus s'ils allaient dans le sens non voulu voire illégal de Trump. Je ne sais pas si des procédures ont été engagées, en tout cas je n'en ai pas entendu parler.
L'autre question que cela soulève c'est celui de l'efficacité de la règle. Est-elle trop laborieuse pour être mise en application, tout en le restant suffisamment pour ne pas être une trop grosse source d'instabilité ?
En France, certains candidats sont pour le mandat révocatoire (Branco), reste à être élus pour mettre en place cela.
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modifié 23/03 (10:40)Arnold de Schartzenprout a écrit :
En France, certains candidats sont pour le mandat révocatoire (Branco), reste à être élus pour mettre en place cela.
C'est dans le programme de LFI aussi. Maintenant, je reste super sceptique : il n'y a pas vraiment de signe que le système politique soit beaucoup mieux dans les pays qui ont cette possibilité : le mécanisme est très peu utilisé, ou alors uniquement à l'échelon local et pour des problèmes de probité qui devraient surtout concerner la justice. À choisir, je crois que je préfère que la justice puisse prononcer directement des peines d'inéligibilité (mais je suis biaisé : on voit contre qui elles sont prononcées en ce moment). Certains systèmes exigent d'ailleurs une sanction judiciaire avant de pouvoir lancer une procédure de destitution.
Pour en revenir au sujet des USA et éviter que ce topic aussi se transforme en publicité vivante pour les candidats préférés d'Arnold), on voit bien l'impasse que cela représente : la popularité de Trump est au plus bas depuis le début de son mandat : il est à seulement 40% d'approbation. Soit on considère que c'est assez bas pour demander une destitution (mais alors la stabilité politique de ton pays est morte), soit on considère que ça n'est pas suffisant et alors il est clair qu'un Trump pourrait rester au pouvoir aussi longtemps que tu veux. -
posté 24/03 (09:30)Un
curieux a écrit :la popularité de Trump est au plus bas depuis le début de son mandat : il est à seulement 40% d'approbation.
Ben je trouve que c'est énorme. A titre de comparaison, la côte de popularité de Macron est à 18%, avec un taux de très mécontents record de 53%.
Donc si Trump en est à 40%, c'est encore confortable je trouve, ce n'est pas un complet désaveu.
On verra bien en novembre avec les élections de mi-mandat ce qu'il se passera. Ce sera vraiment le moment où on saura si les Américains soutiennent les Républicains et Trump ou non. A moins qu'il n'arrive à influencer ces élections...
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