
Rosalia, au-delà des frontières de l’Empire, il ne reste pas qu’une Pont-Krivell dans le Cybermonde.
Ni même deux. Aucun décret impérial ne peut effacer cette famille.
C’est un hommage gédéïste que je rends aujourd’hui à Deux-Fleurs.Je ne la connais pas. Je ne l’ai jamais connue. Je n’inventerai donc ni souvenirs communs ni amitié ancienne. Mais je déplore sa mort et l’abandon dont elle et ses soldats ont été victimes de la part d’un Empire assez lâche pour les laisser tomber, puis salir son nom.
Deux-Fleurs n’était pas naariste. Sa disparition est aussi une perte pour notre Foi : elle a contribué à faire passer le nombre de magmoriens devant celui des gédéïstes. Derrière ces nombres, il y a des êtres que nous perdons et des voix qui nous manquent.
Et ce n’est pas pour rien qu’en Sicilia,
la Basilique de la Grande Déesse est entretenue, tandis que la basilique de Naar… heu, pardon,
sa cathédrale, a perdu un étage.
La Foi se manifeste aussi dans le soin apporté à ses lieux de culte.
Alors, Ayayaï, si vous faites semblant de les entretenir comme vous faites semblant d’honorer les morts en déposant vos pentacles là où ils n’ont rien à faire, il ne faut pas vous étonner que les sanctuaires naaristes périclitent, même en plein Empire.
Ce pentacle n’avait rien à faire sur sa tombe. Et, de toute façon, je l’aurais enlevé.Occupez-vous donc des étages de Naar avant de vouloir annexer la mémoire de Deux-Fleurs.
Mon hommage va aussi aux soldats abandonnés avec elle. Je ne partage pas la cause de l’Empire, mais je refuse que ses dirigeants exigent le sacrifice des leurs pour ensuite se dérober à leurs responsabilités.
Deux-Fleurs, je ne t’ai jamais connue, mais je refuse que ton nom disparaisse sous leurs accusations.
Que la Grande Déesse t’accueille dans Sa lumière et veille sur celles et ceux qui te pleurent.Et même si elle n'a pas toujours été gédéïste, la Grande Déesse sait acceuillir toutes les âmes... Moi je ne fais pas semblant de poser des pentacles comme un petit Ayayaï à la manque mesquin, moi je viens vraiment... Et je fais une vraie cérémonie...