Le PEUPLE vs Big Pharma > Réponse Monde sujet




  • postĂ© 13/09 (11:53)
    Eva relève lentement la tête. Son regard passe des proclamations victorieuses aux excuses administratives, puis aux appels à l’irradiation.

    Ruthvéno-quoi ?

    Que les choses soient parfaitement claires : je suis séélienne, fidèle parmi Ses fidèles. Je refuse que l’on m’associe à une autre nation pour les besoins d’un discours, d’une accusation ou d’un partage du Cybermonde.

    Je m’exprime comme Sa Légate, en exil sur Ses propres Terres. Ma parole porte notre foi, notre espérance et notre volonté de voir renaître Sa Théocratie. Elle n’est à la disposition d’aucune de vos couronnes, d’aucune de vos corporations, d’aucun de vos gouvernements.

    Notre exil ne vous donne aucun droit de disposer de notre identité. Vos frontières ne déterminent pas à qui va notre fidélité.

    Et puisque chacun semble ici reconnaître les coupables avec une assurance admirable, examinons ce qu’il reste de vos certitudes.

    Patrick, hier, votre dossier était accablant. Aujourd’hui, les noms étaient faux. Vous présentez vos excuses, puis vous expliquez que la personne injustement accusée demeure tout de même quelque part dans votre pyramide.
    Votre accusation s’effondre, mais votre verdict reste debout. Quelle construction remarquable ! Chez vous, les condamnations tiennent sans fondations.
    Et vous souhaitez déjà « passer à la suite » ? Ceux qui ont subi vos erreurs apprécieront certainement de savoir à quelle vitesse vous vous en remettez.

    UBC, épargnez-nous le stagiaire. Big R a expliqué lui-même avoir retouché les documents pour y faire apparaître les noms qui l’arrangeaient.
    Lorsque la falsification est revendiquée par celui qui en profite, la maladresse du subordonné devient une excuse particulièrement obscène.
    Vous avez participé aux pratiques que vous dénoncez, fourni les dossiers contre vos concurrents, puis proposé vos propres produits et annoncé une hausse des prix. Voilà une reconversion dont les malades semblent devoir financer toutes les étapes.

    Et vous, May, vous avez aperçu une missionnaire auprès de ceux qui souffrent ; vous en déduisez qu’elle organise leur malheur. Voilà donc ce que devient la compassion lorsqu’elle passe entre vos mains : une pièce à charge.

    La fée ouvre les mains, un sourire presque charitable aux lèvres.

    Puisque ma présence vous inspire tant de soupçons, autant annoncer clairement mes intentions.
    Convertissez-vous donc à la Grande Déesse !
    La foi et les prières valent tous les remèdes du Cybermonde. Encore faut-il y mettre davantage de sincérité que vous n’en avez consacré à la lecture de vos dossiers !
    Sa grâce ne se vend pas en flacon. Son Amour ne nécessite ni abonnement, ni acquisition d’actions, ni expropriation préalable de l’hôpital voisin.
    Vous pouvez même recevoir mes prières sans vous convertir. Je ne réserve pas Sa bienveillance à ceux qui pensent comme moi, et aucun malheureux n’aura à réciter une profession de foi pour que je lui tende la main.

    Voilà qui devrait bouleverser vos modèles économiques.
    Car vous changez de remèdes, d’enseignes et de coupables, mais votre empressement à tirer profit des souffrants demeure intact. Avant de prétendre guérir le Cybermonde, commencez donc par examiner cette affection-là.

    Son sourire s’efface lorsqu’elle se tourne vers les représentants des nations qui s’affrontent.

    Quant aux missiles, Émile, aucune plaisanterie sur les traitements naturels ne rend leur envoi moins effroyable. La dignité d’une souveraine ne se rétablit pas en exposant des populations entières à la destruction.
    Golgoth, dénoncer ces frappes est nécessaire. Mais leur horreur ne transforme pas automatiquement toutes vos hypothèses sur leurs commanditaires en vérités révélées. Les victimes méritent mieux qu’une nouvelle accusation dont la certitude précéderait les preuves.
    Et vous qui réclamez l’irradiation des provinces épargnées : quelle étrange conception de la liberté que de vouloir imposer à tous ce dont certains ne veulent pas ! Vos célébrations ne vous donnent aucun droit sur le corps de vos voisins.

    Les malades ne sont pas des parts de marché. Les habitants ne sont pas des représailles disponibles. Et les innocents ne sont pas le combustible de vos grandes causes.

    Vous voilà pourtant tous prêts à décider ce que les autres devront subir pour que votre vision du bonheur triomphe.
    Pour ma part, je vais prier pour eux.
    Et pour vous aussi. Vous en avez manifestement besoin.

    Eva joint les mains. Sa voix perd sa dureté, sans rien abandonner de sa fermeté.

    Ô Grande Déesse,
    veille sur tous ceux que ces querelles ont livrés à la peur.


    Sur ceux qui cherchent un proche,
    sur ceux dont la maison a disparu,
    sur les malades qui attendent des soins
    pendant que d’autres se disputent leurs lits.
    Que personne n’ait à choisir un drapeau
    pour recevoir de l’aide.
    Que nul ne soit abandonné
    parce que sa souffrance contredit le récit des puissants.
    Apaise les douleurs,
    soutiens ceux qui secourent,
    et garde parmi nous assez de courage
    pour demeurer auprès de ceux qui n’ont plus rien à offrir.
    Veille aussi sur ceux que je viens de reprendre.
    Accorde Ă  Patrick le courage
    de relire ce qu’il a cru comprendre,
    et celui, plus difficile encore,
    de réparer ce qu’il a fait au nom de ses certitudes.
    À ceux qui ont falsifié les preuves,
    donne la volonté de reconnaître leurs actes
    sans chercher un plus faible pour les porter.
    À ceux qui font commerce de la détresse,
    rends la capacité de voir une personne
    avant d’en calculer le revenu.
    À ceux qui commandent les armes,
    rends présents les visages
    que leurs cartes ne montrent pas.
    À ceux qui parlent au nom du peuple,
    apprends Ă  entendre une voix
    qui ne répète pas la leur.
    À ceux qui voient un complot dans chaque main tendue,
    accorde de rencontrer une bonté
    qu’ils n’auront pas besoin de salir pour la comprendre.

    Et garde-moi, moi aussi,
    de préférer la victoire d’une réplique
    au retour d’un être vers la vérité.


    Que Ta miséricorde nous donne le courage de changer.
    Qu’elle nous conduise auprès de ceux que nous avons blessés,
    avec des mains prêtes à réparer
    et des paroles enfin débarrassées des excuses.

    Ainsi soit-Elle.

    Eva abaisse les mains et regarde l’assemblée.

    Voilà la parole que la Séélie vous adresse.
    Vous avez tous beaucoup parlé de ceux qui devaient payer. Il serait temps de vous demander ce que vous devez réparer.

    Devant Elle, vos drapeaux ne couvriront pas vos actes, vos bénéfices ne solderont pas vos fautes, et aucun stagiaire ne répondra à votre place.
    Vous pourrez compter tous ceux qui vous auront applaudis. Cela ne retranchera personne de ceux que vous aurez fait souffrir.
  • 18/09

  • 12:32

    Krabot est de retour... pour vous jouer un mauvais tour !


  • 12:31

    Ou alors tu prends des exemples taillés sur mesure (comme les pierres) pour recoller à ton histoire de entropie = désordre, et en fait c'est là qu'il y a un problème.


  • 00:12

    Le gouvernement de la Confédération Libre me semble bien populaire...


  • 00:12

    ouesh les bonbons

  • 16/09

  • 23:04

    C'est celĂ  oui...


  • 23:04
    Yun


  • 19:33

    Kra20Kra !


  • 19:16

    Par ailleurs, les systemes organisés comme les planètes, les étoiles... etc baissent en entropie en l'évacuant sous forme de rayonnement... Donc ce n'est pas que le macro qu'il faut regarder... Mais même ce qu'on ne voit pas... gamma, X, UV, IR... C'est pour cela qu'en filmant quelque chose qui ne bouge pas, tu ne peux pas passer le film à l'envers et dire que c'est identique. Dans l'un l'entropie augmente, dans l'autre, non.


  • 19:07

    Alors où il est le désordre? le désordre, c'est l'ensemble de tous les éclats de pierre qu'on a du faire pour tailler les pierres. l'énergie dépensée pour les assembler (l'énergie d'un systeme est constante, mais elle s'est dégradée)


  • 19:05

    tu prends la carrière de pierre, et la cathédrale... Quand tu vois comment sont ordonnées les pierres dans une cathédrale par rapport à une carrière de pierre. Tu te dis, wouaw, on a gagné en ordre. Seulement la thermodynamique dit qu'on a gagné en entropie...

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  19:34:46