
Alors c'est ainsi que tout cela se termine ?
Hmpf..
Au sein de l'armée Kralandaise j'ai appris le sens du devoir ainsi que la discipline.
J'ai aussi appris à mourir pour une cause il y a bien longtemps. AprÚs moi le déluge et les visages imberbes comme dirait l'autre ! Les hommes de ma trempe appartiennent au monde d'avant. Ce monde révolu ou le courage et le panache avaient plus de sens que l'outrage et la paperasse dégoulinante.
*GrĂžbatchev frappe le trĂŽne de son poing ferme*Le palais impĂ©rial nâa pas applaudi et les colonnes non plus.![[[(]](http://img7.kraland.org/s/1B.gif)
MĂȘme le lierre, qui a pourtant le temps, sâest contentĂ© de continuer Ă pousser silencieusement.. On a assis GrĂžbatchev sur un trĂŽne trop grand pour lui, dans une salle trop vaste pour ce quâil reste Ă gouverner. Le titre est arrivĂ© avant le peuple, avant les drapeaux, avant mĂȘme lâidĂ©e quâil y ait encore quelque chose Ă diriger. On lâa nommĂ© RĂ©gent du Paradigme comme on confie les clĂ©s dâune maison dont les fenĂȘtres sont dĂ©jĂ ouvertes et les meubles dĂ©jĂ partis. ![[[(]](http://img7.kraland.org/s/1B.gif)
Dehors, la nation est fatiguĂ©e. Pas la fatigue Ă©lĂ©gante des Ă©popĂ©es chevaleresques: celle des files dâattente, des rumeurs, des Ă©gos survoltĂ©s, des guerres qui nâont plus la dĂ©cence de se finir. Plusieurs conflits se disputent encore le droit dâĂȘtre le plus urgent. Personne ne gagne. Tout le monde insiste.
Le RĂ©gent pose les deux mains sur les accoudoirs. Posture droite. Regard de quelquâun qui a compris le contrat et qui le trouve de mauvais goĂ»t. Sur ses Ă©paules, la tĂąche est lourde. Pas noble. Lourde. Comme un coffre quâon vous file en disant : « Câest Ă vous, maintenant », sans prĂ©ciser quâil est vide, fĂȘlĂ©, et quâon tire encore dessus depuis trois directions.
Mais GrĂžbatchev possĂšde la moustache la plus obstinĂ©e du CyberMonde ! Elle ne recule pas. Elle ne nĂ©gocie pas. Elle reste lĂ , blanche, horizontale, parfaitement convaincue que lâHistoire finira par sâasseoir correctement. ![[:]]](http://img7.kraland.org/s/04.gif)
Alors le palais restera vide un moment.
Probablement.
La nation restera lasse.
Les conflits continueront de frapper Ă la porte.
Le Régent, lui, ne baisse pas les bras.
Il nâen a de toute façon pas le droit..Les forces vives se sont Ă©vaporĂ©es dans les limbes..
Je les ai cherchĂ©es. Jâai soulevĂ© les tapis. Jâai interrogĂ© le peuple. Il ne reste que lâĂ©cho, et encore : il arrive en retard.
Je sens le poids de la mission. Il sâassoit oĂč je mâassieds. Il pose les mains oĂč je pose ma moustache. On ne discute pas avec un fardeau : on le porte, ou on avoue quâon lâa posĂ© par terre en espĂ©rant que personne nâait vu. La lĂąchetĂ© ne sera jamais une issue pour le moustache la mieux peignĂ©e du CyberMonde.
Perdre avec panache me convient mieux que mourir dans la honte de lâabandon. Lâabandon est une mort sans public. Le panache, au moins, laisse une silhouette. Une moustache !
Aussi jâappelle les belligĂ©rants Ă un pourparler.
Pas un banquet. Pas une rĂ©conciliation en trois actes. Un pourparler. On se parle. On pose les armes le temps de compter ce quâil reste. Sâil ne reste rien, on le dira Ă voix haute : ce sera dĂ©jĂ plus honnĂȘte que de continuer Ă se frapper pour un palais vide, une Ăźle sans kanards ou une ligne de puissance 5.
Quâon ne compte pas trop sur ma naĂŻvetĂ©. Jâai dĂ©jĂ mouru une fois.
![[:B]](http://img7.kraland.org/s/1D.gif)
Les coups de poignards dans le dos, depuis, mâintĂ©resse moins. Les lames plantĂ©es y perdent de leur prestige. On peut toujours essayer, naturellement. Ce sera mĂȘme cohĂ©rent avec l'Ă©poque. Venez ! Levez vos bras pour un Genkidama car c'est de force dont j'ai besoin pour accomplir ma tĂąche !