
Deux jours déjà que le commandant
GrĂžbatchev et sa splendide moustache campait au cĆur de la jungle, tel un souverain oubliĂ© dont le royaume se rĂ©duisait Ă un trĂŽne fait d'une souche, d'un feu et
SURTOUT la conviction obstinée et
PROFONDE quâun grand dessein allait enfin Ă©clore.
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Deux jours quâil prĂ©parait
LE PLAN ! ![[:l]](http://img7.kraland.org/s/3A.gif)
Le plan, dâailleurs, existait. Il avait mĂȘme une grandeur certaine : des flĂšches tracĂ©es dans la terre, des horaires murmurĂ©s, des rĂŽles distribuĂ©s avec gravitĂ©. Puis la nuit tombait, le vin circulait dans le campement et le commandant, la moustache encore pleine de stratĂ©gie, sâendormait avant lâheure de lâassaut, comme un gĂ©nĂ©ral vaincu par son propre Ă©tat-major intĂ©rieur.
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Il ne doutait pourtant de rien.
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Car GrĂžbatchev savait !
OhmĂ©wi il le savait comme on sait les choses graves, que les armĂ©es des Casques bleus, ces hommes pĂąles et rĂ©glementaires, avaient peut-ĂȘtre versĂ© dans sa gourde un poison dâune subtilitĂ© diplomatique : non pas la mort, non, quelque chose de bien pire.
LâINACTION !
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Une torpeur officielle. Un sommeil homologué par la Confédération Libre.
(Les fourbes !)Ainsi restait-il lĂ , les mains tendues vers les flammes, lâĆil unique
de Sauron fixĂ© sur lâombre des lianes, attendant le moment dĂ©cisif. Ses hommes, eux, attendaient aussi. Ils attendaient que le commandant se rĂ©veille assez longtemps pour dĂ©clarer que, cette fois, câĂ©tait la bonne.
Demain, peut-ĂȘtre.