Votre émission de la nuit. > Réponse Taverne sujet
-
posté 25/08 (02:03)

25 Aout 6662026
SpoilerIl existe des matins où l’Histoire entre discrètement par la porte de service, dépose son manteau humide près du poêle puis attend qu’un journaliste compétent remarque sa présence. Et puis il existe des journées comme celle-ci où elle défonce la fenêtre, tombe dans le buffet, renverse le champagne de
Karen Vanderbilt, déclenche un cyclone sur Structural puis demande très sérieusement si quelqu’un aurait l’amabilité de rédiger le procès-verbal.
Bonsoir Cybermonde. Installez-vous près du feu. Prenez quelque chose de fort si vous êtes confédéré, quelque chose de biodégradable si vous êtes paradigmien, quelque chose de fermenté si vous êtes elmérien et pour les Ruthvènes prenez simplement ce que votre majordome vous apporte. Ici Kleo. Journaliste parfaitement impartiale. L’impartialité étant comme chacun sait la faculté d’examiner toutes les versions des faits avant de conclure que la mienne était la meilleure depuis le début. Nous allons parler de paix. Je sais. Le mot paraît exotique aujourd’hui. Il subsiste encore dans quelques dictionnaires anciens entre patience et prudence. On raconte même que certaines civilisations l’utilisaient autrefois sans commencer immédiatement à déplacer leurs armées.
Structural avait donc rendez-vous avec la diplomatie et la diplomatie avait rendez-vous avec le Manoir Vanderbilt.
Patrick DePouch avait dressé la table.
Jean-Messie de la Nation avait installé la gravité présidentielle.
Karen Vanderbilt avait fourni ce que toute conférence internationale exige pour fonctionner correctement, à savoir une quantité de nourriture suffisamment obscène pour convaincre les chefs d’État que la civilisation mérite peut-être encore d’être sauvée.
Pigeon Ronron représentait l’Elmérie avec ce mélange admirable de majesté tribale et de volatile surpris d’avoir obtenu une chaise.
Sophos représentait la RépubliK et probablement plusieurs théories scientifiques dont personne n’avait demandé l’existence.
Scarleit représentait l’Hélénie en gardant un œil prudent sur les discussions et l’autre beaucoup moins prudent sur le caviar. Toute cette assemblée s’était réunie pour parler du Paradigme Vert qui avait eu la délicatesse diplomatique de fournir le sujet principal quelques heures auparavant en transformant une partie du système pénitentiaire de Structural en étude pratique sur la résistance du béton aux explosifs. Les registres sont sur ce point assez peu poétiques. Des attentats ont frappé plusieurs installations pénitentiaires.
Stella Darnus apparaît directement dans les poursuites liées à ces attaques.
Zéphiria de Pont-Krivell s’est occupée d’un cadenas. Les Gardiens de Jade ont signé plusieurs explosions. Puis le Régent
Karlin s’est installé devant le Cybermonde pour annoncer avec la délicatesse d’un garçon ayant découvert le tiroir à pétards que l’éco-terrorisme était de retour. Il faut reconnaître une qualité au Paradigme Vert. Quand il souhaite démentir l’accusation selon laquelle il utilise l’écologie comme permis de démolition il choisit rarement la demi-mesure.
C’est ici que la politique devient délicieuse. La Confédération Libre explique depuis des jours qu’elle veut pacifier la Forêt de Jade. Le Paradigme Vert explique depuis des jours qu’il défend la Forêt de Jade contre ceux qui veulent la pacifier. Chacun possède donc la paix. Chacun la transporte avec une escorte armée. Chacun assure que l’autre l’empêche de la livrer.
Patrick DePouch souhaite une zone démilitarisée sous contrôle des Casques Bleus avec contrôle des infrastructures et rattachement de la province à la Confédération.
Solas répond que cette zone ressemble étrangement à une annexion lorsqu’on retire le parfum juridique et les jolies brochures.
Karlin promet désormais que le sang coulera jusqu’à Structural si la ligne confédérée ne change pas. La Confédération brandit naturellement cette déclaration comme preuve que le Paradigme est dangereux. Le Paradigme brandit naturellement les opérations confédérées à Accalmie comme preuve que la Confédération est dangereuse. Et le plus extraordinaire est que les deux camps disposent de suffisamment de matériel pour soutenir leur thèse pendant des semaines. Voilà pourquoi les guerres durent. Une bonne guerre n’exige pas seulement des armes. Elle exige surtout que chaque camp puisse rentrer chez lui le soir avec la conviction réconfortante d’avoir été agressé le matin.
Je voudrais attirer votre attention sur
Scarleit parce qu’au milieu de cette magnifique compétition visant à déterminer qui possède la main la plus tendue tout en conservant l’autre sur la poignée de son arme elle a commis quelque chose de presque obscène en politique. Elle a proposé une idée simple. Quarante-huit heures de cessez-le-feu. Deux jours. Le temps de déposer les revendications sur la table et de chercher ce qui pourrait être négocié. Je comprends que cela puisse choquer. Nous avions enfin obtenu une situation internationale où chacun savait précisément qui il détestait et voilà qu’une Hélénienne propose de suspendre les explosions suffisamment longtemps pour permettre aux gens de réfléchir.
Patrick DePouch lui a répondu qu’un cessez-le-feu exige deux camps et qu’il n’était pas question de désarmer pendant que
Karlin promettait du sang. Sur le principe il n’a pas tort. Ce qui m’ennuie davantage est cette habitude internationale consistant à considérer que le premier geste d’apaisement doit toujours être accompli par l’adversaire. La Confédération attend que le Paradigme prouve sa bonne foi. Le Paradigme attend que la Confédération prouve la sienne. Nous pouvons donc raisonnablement prévoir que la paix arrivera juste après que deux personnes extrêmement orgueilleuses auront simultanément décidé de présenter leurs excuses. Je recommande aux historiens de prévoir des provisions.
Aya Ravenloft a pourtant laissé tomber une proposition intéressante dans cette mare de certitudes. Recommencer depuis le début. Une alliance entre le Paradigme et la Confédération puis une recherche commune d’une frontière compatible avec la Forêt de Jade. Je n’irais pas jusqu’à prétendre que cette idée est parfaite. D’abord parce qu’
Aya elle-même l’a qualifiée d’idée stupide ce qui constitue un degré d’honnêteté incompatible avec les normes diplomatiques actuelles. Ensuite parce qu’une alliance conclue pendant que l’on s’envoie encore des missiles possède certaines fragilités administratives. Mais elle contient quelque chose que les grands discours ont perdu en route. Une sortie. Pas une victoire. Pas une humiliation. Pas une manière élégante d’expliquer à l’autre qu’il conservera ses arbres à condition qu’ils poussent désormais sous votre drapeau. Une sortie. Je sais que ce mot est moins séduisant qu’une victoire historique. Pourtant les cimetières sont remplis de dirigeants qui exigeaient une victoire historique alors qu’une porte latérale aurait très bien fait l’affaire. Les concernés peuvent évidemment venir expliquer pourquoi leur solution consistant à continuer jusqu’à ce que l’autre soit raisonnable est supérieure. Les lignes sont ouvertes et nous disposons de chaises résistantes.
Mais avant de quitter Structural il faut rendre hommage à la Confédération pour une contradiction d’une beauté presque architecturale. Tandis que sa capitale se remettait d’une série d’explosions et que son gouvernement dénonçait à juste titre la facilité avec laquelle certains voisins manipulaient les bombes
Jean Mouloud Marteux a pris possession du Ministère de l’IntĂ©rieur et s’est mis Ă rĂ©glementer les poudres. La Poudre d’Escampette a Ă©tĂ© interdite parce qu’un citoyen qui disparaĂ®t ne peut ni voter ni travailler ni ĂŞtre correctement administrĂ©. J’admire l’idĂ©e. La libertĂ© confĂ©dĂ©rĂ©e possède dĂ©sormais une adresse obligatoire. Puis le dĂ©tonateur a Ă©tĂ© lĂ©galisĂ©. Puis la bombe. Sans registre. Sans dĂ©claration. Parce qu’une bombe est en rĂ©alitĂ© un outil de travaux publics qui ne saurait ĂŞtre tenu responsable des intentions de celui qui la porte. C’est magnifique. Ă€ quelques kilomètres de lĂ
Patrick DePouch expliquait que les explosifs paradigmiens prouvaient l’effondrement moral d’une nation tandis que son propre Ministère de l’Intérieur découvrait que la bombe correctement estampillée appartenait au secteur du bâtiment. J’ignore qui remportera cette guerre mais je sais déjà qui remportera le concours de mauvaise foi et je commence à craindre pour mon titre.
Voilà qui nous conduit naturellement vers la RépubliK parce qu’il existe des moments où une nation annexe un territoire et d’autres où un territoire se présente presque spontanément avec ses bagages en demandant où remplir les papiers. Le Géofront a choisi le protectorat kralandais.
Ninoo Chantargent a pris soin de préciser que ses habitants conserveraient leurs nationalités ce qui constitue probablement la première clause d’un traité dont la RépubliK lira le reste avec beaucoup d’enthousiasme et une loupe administrative.
Logan Komikov est arrivé pour aider à la transition. Les habitants ont manifesté leur soutien.
NataliStakhanov a déjà regardé la mine de fer et entendu dans le grondement des machines la douce musique du travail collectif.
Dragnor a lancé une recherche directement inspirée du Cruisader afin que Kraland puisse étudier ce gigantesque croiseur et développer sa propre flotte. Voilà une intégration réussie. Certains empires accueillent une nouvelle province avec des fleurs. Kraland regarde immédiatement son industrie lourde et demande poliment où sont rangés les plans du navire de guerre.
Le Cruisader lui-même mérite qu’on s’y attarde parce qu’il est devenu l’un de ces objets politiques que tout le monde souhaite protéger avec une telle énergie qu’on finit par oublier de demander son avis à ceux qui vivent dedans. Ce monstre flottant a remonté la rivière jusqu’à Milieu après avoir traversé la Slavonie avec ses moteurs suffisamment chauds pour faire douter de la frontière exacte entre propulsion et cuisson. Son intelligence artificielle
Circinus avait une mission très claire. Accompagner le Géofront jusqu’à ce qu’il trouve un nouveau protectorat. Cette condition étant désormais remplie la question devient passionnante. Que fait un navire programmé pour accomplir une mission lorsque la mission est accomplie et que la moitié du Cybermonde se tient déjà sur le pont avec des projets différents pour la suite. Les Slavones ont tenté d’organiser la piraterie.
Tears Velzard a été envisagée comme capitaine avec l’enthousiasme caractéristique d’une femme qui demande d’abord quel chapeau elle devra porter.
Kath Khanova considérait l’annexion comme un outil d’organisation pratique.
Golgoth Landraël II transformait progressivement le croiseur en navire de tourisme avec piscine et alcool. Et pendant que les adultes réinventaient l’amirauté comme on réorganise une cave après trois bouteilles un garçon nommé
Mousse Haillons portait une responsabilité que plusieurs ministres auraient trouvée lourde.
Il y a là une histoire moins drôle que les autres et c’est précisément pour cela que je tiens à la raconter correctement.
Mousse ne veut plus retourner au navire. Pas parce qu’il déteste
Circinus. C’est presque l’inverse. Il aime cette intelligence artificielle comme un ami. Il voudrait la protĂ©ger. Il voudrait mĂŞme rentrer chez lui avec elle. Mais lorsqu’il a trouvĂ© le courage de demander l’asile Ă
Sophos il a aussi murmuré quelque chose que les grandes puissances devraient parfois inscrire au-dessus de leurs cartes d’état-major. Il veut seulement être un petit garçon normal. Voilà l’absurdité dans sa forme la plus pure. Pendant que des gouvernements négocient le statut du Cruisader pendant que des militaires rêvent de ses canons pendant que des pirates discutent de son commandement et pendant que des scientifiques étudient déjà comment en fabriquer un autre celui qui s’en occupait voudrait surtout avoir le droit de ne plus s’en occuper.
Sophos lui a offert le choix entre le navire, Kraland et le Géofront.
Kath lui a parlé des Jeunesses Kralandaises et d’une vie différente. Puis
Circinus a demandé où était passé Mousse en rappelant que sa présence à bord était obligatoire. J’ai connu des relations familiales plus simples. Très peu mais j’en ai connu.
Restons un instant en Elmérie où les choses sont beaucoup plus simples puisqu’on y règle les débats institutionnels en se battant puis en nommant le vainqueur.
Noctis a participé à la capture de
Tidoutur, fugitif paradigmien retrouvé en Mystisie après une chasse menée par la Brigade du Miaou.
Pigeon Ronron l’a récompensé en le nommant Marshall. Jusqu’ici rien d’anormal pour l’Elmérie. Une griffe utile mérite un titre. Mais
Noctis a ensuite défié
Alice Ravenloft et l’a battue avant de prendre le contrĂ´le du Nouveau clan du Miaou. Sa première grande dĂ©cision fut de demander Ă
Alice de se rebeller davantage contre la hiérarchie et de grimper jusqu’au sommet afin que les chats puissent prendre le pouvoir puis éventuellement manger
Pigeon Ronron. Je recommande au Grand Khan de considérer cette évolution avec sérénité. Après tout il dirige une civilisation dans laquelle être menacé de dévoration par ses propres clans constitue probablement une forme avancée de participation politique. Les démocraties votent. Les monarchies intriguent. Les Bruns empoisonnent quelqu’un dans un laboratoire humide. Les Elmériens déterminent parfois la ligne constitutionnelle en regardant qui possède encore ses dents à la fin de la discussion.
Il serait toutefois injuste de réduire l’Elmérie aux chats insurgés parce que
Alice Ravenloft vient également d’offrir au Cybermonde une démonstration remarquable de la justice affective.
Stella Darnus a bénéficié d’une libération anticipée grâce à un plaidoyer dont l’un des arguments essentiels était que son maintien en prison rendrait Alice triste et que beaucoup de personnes seraient alors tristes avec elle. On invoqua également sa proximité avec
Seraphiel Ravenloft, son intérêt pour la Grande Déesse et le fait qu’elle avait volé
Cassandre, action manifestement comptabilisée comme circonstance favorable dans cette école de droit. Quelques heures plus tard la Ministre de la Justice du Paradigme annulait la peine de
Stella pour attentat.
Patrick DePouch avait justement prédit que les responsables des attaques seraient blanchis par leur propre système. Je tiens donc à le féliciter. Il avait raison sur un point ce qui rend les choses infiniment plus pénibles pour tout le monde. Je ne dis pas que la justice paradigmienne est partiale. Je dis simplement qu’elle semble parfois considérer l’affection comme une jurisprudence et qu’à ce rythme les prochaines audiences pourraient être réglées par câlin comparatif.
Pendant ce temps le Royaume de Ruthvénie accomplit ce que le Royaume de Ruthvénie fait toujours quand le monde brûle. Il prépare un bal.
DameDémerzel a annoncé un Grand Bal Royal destiné à montrer au Cybermonde la grandeur de son royaume. Il existe seulement un léger problème. Le Palais Royal compte deux cent trente-six pièces et aucune salle de bal suffisamment digne. Voilà une monarchie qui possède assez de pièces pour perdre une administration entière sans parvenir à y faire valser correctement trente nobles. Je trouve cela admirable.
Mench0 a reçu la Jarretière de la Reine avec une déclaration conjugale qui aurait probablement provoqué l’évanouissement de trois générations de dames de compagnie. Puis
Golgoth Landraël II a trouvé le moyen de compliquer encore l’affaire en tentant d’usurper le duc
Palakoin après avoir annoncé qu’il inaugurait la danse des Kanards. Il a perdu son titre de Comte et obtenu un avis de recherche ruthvène. Presque au même moment la Confédération Libre acceptait sa naturalisation. C’est peut-être ma transition préférée de toute la journée. Un homme perd sa fonction dans une monarchie pour crime politique puis trouve une nouvelle patrie dans une démocratie qui explique que son dossier ne contient rien de rédhibitoire et que ce qui aurait pu l’être n’y figure pas. La liberté est parfois une philosophie. Parfois c’est simplement un formulaire arrivé avant le mandat d’arrêt.
Quant à Mystisie elle poursuit sa noble mission consistant à prouver qu’une province peut sentir le soufre sans perdre le sens du commerce.
Silas des Sables célèbre tranquillement une élection où l’on mesure le succès au nombre d’urnes brûlées et jetées à la mer. Trente-huit cette fois. Dix-sept réussites pour
Silice qui récupère son titre de Grande Incendiaire du Mal Mystisien. Voilà au moins une démocratie qui ne cache pas ses méthodes derrière des mots compliqués. On brûle les urnes. On compte les flammes. On félicite la gagnante. Tout est transparent grâce à l’incendie. Puis
Silas invite le Cybermonde à visiter Abandon devenue capitale démoniaque avec ses pactes et ses promesses d’avenir. Il y a quelque chose de profondément brun dans cette capacité à transformer un désert maudit en destination touristique avec suffisamment de typographie solennelle. L’Empire Brun a toujours compris que le Mal ne survit pas seulement grâce aux démons et aux expériences douteuses. Il lui faut aussi une brochure.
L’Hélénie de son côté continue de démontrer qu’une rébellion durable nécessite essentiellement trois institutions. Une basilique, une prison et quelqu’un pour s’évader de cette prison.
Sultan Omar Al Khaïd a réussi une évasion suffisamment brève pour mériter presque une médaille avant d’être ramené derrière les barreaux par
Al-ma'. Quelques heures plus tard
Shana Al-Khaïd entreprenait une tournée de Bisouville dont le programme semblait consister à engager le combat contre tout ce qui possédait un nom.
Al-ma' finit par la livrer en prison elle aussi. Je ne prétends pas comprendre toute la tradition juridique hélénienne. J’observe seulement qu’elle possède un excellent taux de renouvellement de clientèle pénitentiaire.
Scarleit a changé
Simone Voile de fonction et continue pour sa part d’essayer de gouverner un territoire où les querelles religieuses, les fugitifs et les clés copiées se croisent avec une régularité qui ferait passer Structural pour un quartier résidentiel calme.
Mais revenons à la Forêt de Jade parce que toutes les histoires du jour finissent par y revenir comme des rivières qui auraient malheureusement appris à utiliser les missiles. Deux projectiles sont partis d’Accalmie vers Structural sous l’autorité de
La fée K. Lome. Aucun n’a touché de personne. On peut évidemment remercier la précision paradigmienne ou l’absence de précision paradigmienne selon le camp auquel on souhaite vendre le récit. La population d’Accalmie elle-même ressemble de plus en plus à une salle de réunion dont quelqu’un aurait oublié de fermer la porte.
Ruby Ravenmaid soutient le Paradigme.
Alice soutient
Aya. Des voix critiquent la Confédération. D’autres soutiennent la Confédération.
Kether frappe le gouvernement vert en discours puis encense la Confédération avant de se battre avec
Jale Addams. Une Grande Forge devient autonome pour vingt-quatre heures. La loyauté monte et descend comme une marée nerveuse. Si quelqu’un prétend encore que toute la Forêt de Jade pense d’une seule voix je l’invite à venir passer une soirée à Accalmie avec un carnet et un casque.
Voilà probablement le point essentiel de cette journée. Tout le monde parle au nom des peuples.
Patrick DePouch parle de la population qu’il veut protéger.
Karlin parle de la nature et des Paradigmiens qu’il veut défendre.
Pigeon Ronron parle de l’Elmérie.
Jean-Messie parle de la paix.
Sophos parle du Bonheur.
DameDémerzel parle du prestige du Royaume. Moi-même je parle du Cybermonde avec une compétence si manifeste qu’il serait vulgaire de la discuter. Et au milieu de toutes ces voix se trouvent des gens qui ne demandent parfois rien de plus compliqué qu’une route praticable, un travail, une prison avec de la nourriture, une forêt qui ne brûle pas, une cabine de bateau qui ne prend pas feu ou le droit de ne plus être capitaine avant d’avoir terminé son enfance. Les empires adorent les grands concepts parce qu’ils prennent moins de place dans les discours que les êtres humains.
Je terminerai donc avec une pensée pour le Sommet de Structural.
Karen Vanderbilt voulait un accord historique et peut-ĂŞtre un prix de la paix.
Patrick DePouch voulait prouver que la Confédération avait tendu la main.
Jean-Messie songeait déjà au partage du Paradigme.
Scarleit proposait qu’on cesse de tirer pendant deux jours.
Aya Ravenloft proposait de recommencer autrement.
Karlin annonçait que l’éco-terrorisme était de retour.
Solas expliquait que le Paradigme était devenu épine après avoir été fleur. Puis un cyclone a frappé Structural. Je refuse d’y voir un signe divin parce que les signes divins manquent généralement de subtilité et celui-ci était presque trop bien écrit.
Demain la Juge du Tribunal Cybermondial
Précieuse Liarr doit rejoindre les discussions. J’ignore si elle apportera la paix. J’espère au minimum qu’elle apportera une chaise solide et plusieurs dossiers parce qu’à ce stade le Cybermonde a produit suffisamment d’accusations croisées pour meubler les deux cent trente-six pièces du Palais ruthvène.
Les gouvernements concernés sont naturellement invités à contester cette analyse. Ils peuvent apporter leurs preuves, leurs témoins, leurs cartes, leurs bombes réglementaires à condition de laisser ces dernières au vestiaire et leurs indignations personnelles. Les citoyens qui pensent avoir été injustement représentés peuvent également venir parler. Je promets de les écouter avec tout le respect dû à quelqu’un qui s’apprête peut-être à se tromper publiquement devant moi.
Ici Kleo pour Radio Nécrotoile.
___
Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons.