Bonsoir à vous qui écoutez encore les nouvelles après une semaine pareille. Bonsoir aux souverains qui ont survécu à leurs propres décisions. Bonsoir aux ministres qui ont découvert avec stupeur qu’un ministère impliquait parfois de faire quelque chose. Bonsoir surtout aux citoyens ordinaires qui se sont levés chaque matin avec cette admirable naïveté consistant à croire que la frontière dessinée la veille serait encore au même endroit au petit déjeuner. Je suis Kleo et je vous annonce avec l’impartialité absolue qui a fait ma réputation que tout le Cybermonde désire désormais la paix. C’est précisément pour cette raison que chacun a commencé à avancer ses troupes.
Commençons par le Paradigme Vert car lorsqu’un pays devient simultanément une frontière contestée, une destination touristique pour révolutionnaires et le sujet préféré des ministres étrangers il serait inconvenant de prétendre qu’il traverse simplement une période de réflexion. La Forêt de Jade est devenue le centre d’une expérience politique fascinante dont le principe paraît être de déterminer combien de personnes peuvent défendre la paix au même endroit avant qu’une guerre commence par manque d’espace. La Confédération Libre avait déjà annoncé son grand projet de Zone Démilitarisée et
Patrick-Lamulle DePouch avait choisi la Forêt de Jade pour premier exercice pratique de cette modestie territoriale. Il y serait question de péages, de passages contrôlés et de Casques Bleus chargés d’administrer une paix dont les habitants n’avaient pas spécialement commandé la livraison. C’est une innovation remarquable de la pensée confédérée. Autrefois on envahissait un territoire puis on cherchait un nom respectable pour l’opération. Désormais on trouve d’abord un nom respectable ce qui permet de gagner du temps lorsque les bottes arrivent.
La Forêt de Jade n’a évidemment pas accueilli l’idée avec cette gratitude simple que les grandes puissances attendent toujours des populations auxquelles elles viennent expliquer où commence désormais leur propre jardin.
La Fée du Bien proclame que la liberté et la nature ne céderont devant aucune intimidation tandis que
La fée K. Lome rappelle avec cette délicatesse végétale caractéristique que les Verts sont les plus gentils avec les arbres et les fleurs. Une émeute éclate malgré tout à Accalmie et les commerces sont pillés ce qui démontre une fois encore que la nature retrouve toujours ses droits surtout quand les citoyens commencent par emporter les meubles.
Seraphiel Ravenloft organise pour sa part un grand défilé militaire et parvient à recruter de nouvelles forces tout en expliquant recevoir assez mal les instructions de son supérieur. Ce qui est rassurant. Une armée qui n’entend plus son commandement possède en effet cette merveilleuse liberté tactique que l’on appelle généralement catastrophe quelques heures plus tard.
Mais voici que
Solas décide de simplifier la situation. Ministre de la Guerre paradigmien il renomme une armée en « Les Casques Bleus » puis annonce avoir placé l’ensemble de l’armée du Paradigme Vert sous l’autorité des Casques Bleus afin d’assurer la paix. Comme il se considère lui-même comme le plus haut gradé de cette nouvelle structure il en prend naturellement le commandement. Je voudrais attirer votre attention sur la beauté presque religieuse de cette construction. La Confédération veut envoyer des Casques Bleus en Forêt de Jade. Le Paradigme Vert répond en transformant sa propre armée en Casques Bleus. Nous sommes donc parvenus à cet état supérieur de la diplomatie où l’on ne sait plus exactement qui envahit qui mais où tout le monde possède le casque approprié. Il y eu également une tentative de
Françoise-Claude St Misles pour proclamer sainte la guerre menée au nom de Magmor par les troupes confédérées dans la province. La tentative échoue. Heureusement. Il aurait été embarrassant d’ajouter la bénédiction divine à une affaire où les administrations humaines ont déjà produit suffisamment de confusion pour plusieurs siècles.
Et c’est précisément à ce moment que l’Empire Brun se réveille, un peu, pas trop, fopadéconner.
Tormenta Ruthven nous avait d’abord offert une confession rare de franchise politique en reconnaissant que l’Empire se trouvait dans une sorte de léthargie gargantuesque après son précédent festin idéologique. Il rappelait les conquêtes passées et les traces laissées en Ruthvénie et en Confédération puis regardait autour de lui avec l’expression d’un homme découvrant que l’Histoire avait eu l’impolitesse de continuer sans attendre son prochain discours. Sa conclusion était simple. Le Paradigme Vert demeure à ses yeux un foyer de complots seeliens, d’idéologies douteuses et d’expansionnisme beaucoup trop proche des frontières brunes. L’Empire devait donc recommencer à marcher. Le lendemain la formulation devient plus précise encore.
Tormenta Ruthven s’adresse directement au Paradigme et lui recommande d’écouter la proposition de
DePouch. Il juge même que cette fameuse zone démilitarisée pourrait être exactement l’occasion attendue pour mettre le holà .
Voilà qui mérite que nous restions un instant très sérieux.
Il n’existe pas à cette heure de preuve publique d’un pacte secret entre la Confédération et l’Empire Brun. Je sais que cette phrase décevra immédiatement tous ceux qui avaient déjà préparé une cave humide remplie de ficelles rouges et de portraits reliés entre eux par des aiguilles. Rangez cela. Pour l’instant. Ce qui existe en revanche est une convergence politique suffisamment visible pour qu’il soit inutile de lui fabriquer des moustaches. La Confédération exerce une pression directe sur la Forêt de Jade et l’un des principaux représentants diplomatiques bruns annonce publiquement que cette pression pourrait servir les intérêts de l’Empire. Les deux puissances n’ont pas besoin de partager une chambre pour regarder dans la même direction. C’est même l’un des secrets les mieux conservés de la diplomatie. Deux voisins peuvent parfaitement souhaiter votre malheur chacun pour d’excellentes raisons différentes.
Le plus délicieux est que chacun peut prétendre agir pour une cause parfaitement honorable. La Confédération apporte la paix. L’Empire veut mettre fin aux complots et aux provocations. Le Paradigme défend la liberté. Les troupes deviennent Casques Bleus. Les Casques Bleus deviennent une armée. Les frontières deviennent des zones administratives et les zones administratives deviennent si neutres qu’il faut absolument qu’une puissance précise les contrôle. Tout ceci est parfaitement raisonnable si l’on accepte préalablement de donner au mot raisonnable le sens d’un chandelier lancé depuis un balcon. Et oui mes chers auditeurs l’Empire Brun avait évidemment raison depuis le début. Je ne saurais vous expliquer exactement à propos de quoi mais je suis certaine qu’un archiviste compétent retrouvera la doctrine adéquate.
Mais avant de quitter le Paradigme regardons ce qui se passe tout autour car une frontière n’est jamais inquiétante seule. Elle devient intéressante lorsqu’on découvre que les voisins commencent eux aussi à aiguiser leurs principes.
Pigeon Ronron poursuit sa campagne contre le gouvernement vert et accuse notamment la Régente de mutisme et de xénophobie latente. Plus tôt dans cette grande querelle il avait déjà demandé ce que les puissances devaient faire du Paradigme.
Fawomane Ravenloft répond de son côté en critiquant le Khanat Elmérien. Les relations entre les deux puissances ressemble donc à un dîner familial au cours duquel chacun assure être venu pour rétablir le dialogue tout en gardant une fourchette dans sa manche. Pendant ce temps
Mademoiselle arrive en Sibéria et proclame avec enthousiasme l’avènement d’une Sibéria Mauve tout en soutenant le Khanat et en manifestant contre le gouvernement vert. Il fallait probablement une couleur supplémentaire. La politique paradigmienne n’était pas encore assez difficile à assortir avec les rideaux.
Ce qui nous conduit naturellement au Khanat Elmérien où la semaine aura démontré que le nomadisme n’est pas seulement une tradition culturelle mais peut aussi devenir une méthode de gestion cadastrale. La Bouletie aura été donnée à la Confédération puis rendue au Khanat puis poussée à nouveau vers la Confédération avec une énergie qui laisse penser que la province elle-même gagnerait du temps à se munir de roulettes.
Pigeon Ronron avait cédé le territoire à la Confédération.
Lippos Aliagas lui fait remarquer avec une logique difficile à contester qu’il avait oublié un détail modeste qui s’appelle les habitants.
Lippos Aliagas proclame alors la sécession de la Bouletie afin qu’elle rejoigne de nouveau le Khanat puis s’insurge ensuite contre ce même gouvernement afin de pousser la province vers la Confédération.
Jean-Michel Très Normal suit une logique comparable et organise des manifestations favorables à la Confédération tandis que plusieurs Bouletiens se soulèvent successivement pour rejoindre celle-ci. La police khaniale abandonne même des poursuites à un moment parce que tous les policiers sont au bal de la police. Certains nations bâtissent leur stabilité sur une constitution. La Bouletie la bâtit sur le fait que personne n’a encore trouvé le bouton définitif.
À cela s’ajoute une crise plus profonde puisque
Passe-Muraille demande officiellement la tenue d’un Conseil des Khans afin de déterminer qui est le plus apte à diriger le Khanat. Il reproche au pouvoir central d’avoir isolé la Bananie en jouant avec la Bouletie et de chercher à s’étendre en Sibéria. Son cri politique associe refus de la guerre et désir d’une Bananie libre.
Tifa LockHeart exprime elle aussi son malaise et rappelle qu’à son époque elle se battait pour les terres khaniales. La crise ne concerne donc plus seulement une province. Elle pose désormais la question de l’autorité de
Pigeon Ronron au sein même du Khanat. Le Grand Khan s’était engagé dans une diplomatie extrêmement active. Il obtient la paix avec la Ruthvénie. Il intervient dans la question paradigmienne. Il déplace la Bouletie. Le résultat est ce phénomène fréquent dans l’Histoire où un souverain découvre qu’après avoir énormément gouverné il reste malheureusement les gouvernés.
La paix avec la Ruthvénie est pourtant bien réelle.
Sir McRabbit accepte officiellement l’accord conclu avec le Khanat après les tractations menées à Milieu. C’est une évolution considérable si l’on se rappelle encore les échanges de coups et les boutons de la guerre précédente. La Ruthvénie et le Khanat peuvent donc désormais se féliciter mutuellement de leur sagesse. Ils auront environ quelques minutes pour en profiter.
Car
Big R décide de bombarder le Crabe Doré à Ruthvenville.
Plusieurs bâtiments sont touchés. Des pièces s’effondrent mais par une délicieuse faveur du destin aucune victime n’est recensée.
Dame Démerzel réagit immédiatement et rappelle que le traité comporte justement des dispositions permettant de répondre aux attentats. Elle annonce que lorsqu’on déroge à sa parole envers une Reine il faut s’attendre à des conséquences.
Stefan de Crab poursuit ensuite
Big R avec une application presque affectueuse. Amende lourde. Transfert en prison. Avis de recherche multiples. Nous retrouvons ici l’essence même de la monarchie ruthvène. Un traité de paix est une œuvre de civilisation. Un attentat contre une auberge royale devient une offense morale faite à l’architecture du monde et probablement aussi au petit salon rose où l’on ne s’entendait plus glousser. J’exagère à peine ce qui dans le cas ruthvène constitue déjà un effort diplomatique.
La paix entre le Khanat et la Ruthvénie existe donc mais elle est immédiatement éprouvée par ceux qui la refusent ou la trouvent moins divertissante que les explosions. C’est ici qu’une diplomatie devient véritable. Signer un traité est facile. Il suffit de trouver une table et assez d’encre. Le maintenir lorsque l’un de vos citoyens transforme le mobilier du voisin en poussière demande davantage de talent. Pour l’instant
Sir McRabbit parle de paix et
Dame Démerzel parle de conséquences. Les deux ne sont d’ailleurs pas incompatibles dans une monarchie bien tenue. On peut parfaitement embrasser son voisin d’une main et préparer la facture de l’autre.
Sir McRabbit quitte ensuite son ministère des Affaires Étrangères pour devenir Préfet de Police de Ruthvénie. Je refuse d’y voir une baisse d’ambition. Après une semaine pareille passer de la diplomatie à la police revient simplement à suivre les mêmes personnes quelques rues plus loin.
Pendant que les grandes puissances déplacent des frontières Hélénie poursuit son effort constant pour démontrer qu’un territoire rebelle peut parfaitement produire ses propres problèmes sans aucune aide extérieure.
Scarleit est libérée d’une prise d’otage qui aura apparemment davantage ressemblé par moments à des soins privés accompagnés de vodka qu’à une captivité classique.
Shana Al-Khaïd constate avec une sorte de vexation professionnelle que personne ne semble suffisamment intéressé par l’otage et ajoute donc à ses revendications une statue représentant
Scarleit chassant les Élocrates. Nous sommes là dans une école de négociation extrêmement avancée où l’échec d’une prise d’otage ne conduit pas à réduire les exigences mais à commander de la sculpture publique.
Scarleit rappelle ensuite que les élections approchent et résume les projets qui lui ont été proposés. Évangélisation. Immense cimetière. Valorisation culturelle des prises d’otages. Elle demande à la population si elle est prête. Elle pense que non. Pour une fois je partage entièrement l’évaluation d’une responsable hélénienne. L’Hélénie possède cette merveilleuse capacité à organiser une consultation démocratique où toutes les propositions donne envie de vérifier immédiatement la disponibilité du prochain navire.
Et justement le Cruisader continue de produire ses miracles administratifs.
Al-ma’ s’accorde une prime au nom de la Sainte Inquisition puis tente un détournement de fonds et perd son poste de Chef de Tribu. Elle exproprie aussi sa propre infirmerie en estimant qu’une piscine pourrait constituer un projet plus important. Quelques heures plus tard l’organisation Sainte Inquisition disparaît faute de membre après la disparition de son responsable. Il y a des institutions qui meurent après un long déclin et des cérémonies de fermeture. La Sainte Inquisition aura simplement découvert qu’elle avait oublié d’exister.
Restons maintenant en Empire Brun car il serait inconvenant de parler autant des maladies étrangères sans vérifier notre propre température. Mystisie continue d’exercer sa fonction historique de cave où l’Empire range ce qu’il ne souhaite pas expliquer au soleil.
Don Amortel participe à une cérémonie secrète où Naar est invoqué tandis qu’une ombre se tient au milieu d’un cercle et qu’un couteau intervient dans une liturgie consacrée à l’Amor et à la Mort. Peu après
Don Amortel tente de lancer le sort Mort contre
Ombre Machiavélique. Il échoue et perd son poste de Bourgmestre. La police finit par l’arrêter tandis qu’il affirme être perdu et ne pas comprendre ce qui lui arrive. Ceux qui ont suivi la relation entre ces deux hommes ou entre cet homme et ce démon selon le côté de la médaille que vous aimez regarder apprécieront la précision philosophique de l’affaire. L’Amor conduit à la Mort. La Mort échoue. La police arrive. Mystisie demeure probablement la seule province où la métaphysique se termine régulièrement par un procès-verbal.
Plus tard
Lyra du Hautbois usurpe justement le poste vacant de Bourgmestre à Lampe du Génie. Quelques instants auparavant des journalistes l’avaient surprise dans une situation assez dévêtue qu’elle choisit de commenter plus tard en demandant si cela suffirait à faire réagir son mari. Je ne tirerai aucune conclusion sur les institutions matrimoniales de Mystisie. Radio Nécrotoile possède des limites et la survie en fait partie. Je noterai simplement qu’en moins d’une journée un Bourgmestre perd son poste en essayant de tuer un démon puis une nouvelle Bourgmestre s’installe presque nue avec l’espoir manifeste que quelqu’un le remarque. C’est peut-être cela la continuité de l’État.
Silas des Sables continue pendant ce temps de pomper de l’énergie à Abandon et l’on murmure dans l’Empire que reconstruire cette ville ne servirait qu’à lui donner enfin quelque chose dont il pourrait se vanter. La rumeur est méchante. Elle est probablement injuste. Elle circule donc très bien. Je n’ai aucune intention de la confirmer car il existe des plaisirs que l’on abîme en les vérifiant.
Kraland n’est évidemment pas resté silencieux.
Sophos annonce une nouvelle ère de communion nationale et prépare le Réseau Télépathique Sophien qui doit permettre aux citoyens de se connecter mentalement directement à leur Premier Ministre depuis certaines auberges. L’idée est sublime. Après des générations de bureaucratie la République a enfin identifié le véritable obstacle entre le peuple et son gouvernement. Il restait encore une distance physique entre les pensées du citoyen et
Sophos. Cette erreur sera bientĂ´t rĂ©parĂ©e. Les voix du peuple pourront donc entrer directement dans la tĂŞte du Premier Ministre. Je souhaite Ă
Sophos beaucoup de courage et surtout beaucoup de sommeil tant qu’il lui en reste.
Son sondage électoral lui accorde par ailleurs cent pour cent des intentions exprimées. Certains esprits mesquins feront observer qu’un résultat à cent pour cent manque parfois d’une certaine tension démocratique. C’est mal comprendre Kraland. Une élection où chacun hésite crée de l’incertitude. Une élection où tout le monde choisit la même personne crée du bonheur administratif. C’est beaucoup plus simple à archiver.
Et au milieu de cette semaine où l’on déplace des provinces et où l’on transforme des armées en organismes de paix le Géofront choisit de faire quelque chose de profondément subversif. Il organise un festival.
Ninoo Chantargent ouvre la troisième édition de Contes et Légendes au Sanctuaire. On y trouve des costumes, des histoires, un concert et toute une cuisine inspirée des vieux récits.
Wonyoung peut suivre les festivités à distance avant d’annoncer qu’elle arrive.
Jay Padbol félicite
Ninoo Chantargent et
Shiki Chantargent pour leurs costumes avant de se faire agresser par un démon majeur parce que le Cybermonde sait encore préserver un minimum de cohérence narrative. Il serait presque touchant qu’au milieu des ultimatum et des attentats certains habitants trouvent encore le temps de raconter des histoires autour d’un faux feu de cheminée. Nous pourrions même y voir une preuve de civilisation si cela ne risquait pas d’encourager le Géofront.
Il paraît que les événements de cette semaine démontrent une montée générale des tensions. Formulation prudente. Je dirais plutôt que le Cybermonde vient d’inventer une nouvelle forme de paix dans laquelle le Khanat et la Ruthvénie arrêtent enfin de se battre au moment exact où la Confédération et l’Empire commencent à regarder le Paradigme avec beaucoup trop d’intérêt. La Bouletie hésite sur son appartenance. La Bananie conteste son Grand Khan. La Forêt de Jade transforme ses soldats en Casques Bleus tandis que d’autres Casques Bleus approchent. Hélénie poursuit ses prises d’otages domestiques. Mystisie règle ses problèmes sentimentaux avec la nécromancie. Kraland veut mettre le Premier Ministre directement dans la tête de ses citoyens et le Géofront distribue du pain d’épice.
Tout ceci pourrait donner l’impression d’un monde profondément désordonné.
C’est une erreur.
Il existe une logique très précise.
Chaque puissance affirme vouloir empêcher le chaos produit par les autres tout en considérant le sien comme une politique publique parfaitement légitime.
La Confédération ne conquiert pas. Elle sépare.
Le Paradigme ne militarise pas. Il protège.
Le Khanat ne se désagrège pas. Il consulte ses Khans.
La Ruthvénie ne menace pas. Elle rappelle les conséquences.
Kraland ne contrôle pas les pensées. Il communie avec ses citoyens.
L’Hélénie ne prend pas des otages. Elle produit de la culture locale.
Et l’Empire Brun ne profite évidemment jamais du malheur des autres. Nous observons simplement avec cette tristesse digne des grandes civilisations que les événements finissent toujours par démontrer que nous avions raison. Même ceux dont nous ignorions l’existence au moment où nous avions raison.
Les concernés peuvent venir nier publiquement. Je recommande même fortement cette méthode. Les démentis sont parmi les documents que les archives conservent le mieux lorsque les événements ont ensuite la cruauté de confirmer exactement ce qu’ils niaient.
Patrick-Lamulle DePouch peut venir expliquer jusqu’où doit avancer une zone démilitarisée avant de devenir un territoire.
Solas peut nous préciser combien de Casques Bleus différents peuvent occuper la même forêt avant qu’il faille leur broder des initiales.
Pigeon Ronron et
Passe-Muraille sont invités à nous expliquer combien de Khanats peuvent raisonnablement tenir dans un seul Khanat.
Tormenta Ruthven peut évidemment venir préciser ce que signifie « mettre le holà » lorsqu’un Ministre brun le dit en regardant une frontière. Quant aux habitants de la Forêt de Jade ils peuvent envoyer leurs témoignages leurs plaintes ou simplement l’adresse du meilleur endroit pour observer la paix passer en armure.
Je suis Kleo pour Radio Nécrotoile. A tout de suite pour l'émission hebdomaire.