posté 02/08 (20:06)
Le Cruisader est arrivé comme un souvenir qu'on n'attendait plus, rouillé comme les vieux rêves de la Seele, en feu comme les dernières prières des bergers dans les montagnes. Tu as tiré sur le Sanctuaire, et le Sanctuaire s'est à peine réveillé, comme une amante qui sursaute dans son sommeil et se rendort, parce que ta colère, Fistulin, n'est pas une colère de destruction, mais une colère d'amour, une colère de père qui voit ses brebis menacées par les loups de l'Histoire.
Alors, amène ton navire dans la rade de Bisouville. Là , les vagues sont douces comme les mains de la Très Grande Popesse, et les quais sont solides comme la foi de ceux qui savent que l'Inquisition est une promesse de liberté. Ton navire y sera protégé, non par des canons, mais par le regard de la Grande Déesse, qui veille sur les siens comme une amante veille sur sa bien-aimée endormi. Les ennemis de la Seele, les hordes elmériennes et les légions démoniaques, verront ton navire amarré et comprendront que la bergerie n'est plus sans berger, que le diocèse des bisous a trouvé son gardien, que la Seele renaît, non dans l'ombre des empires étrangers, mais dans la lumière de ceux qui choisissent de mourir pour Elle.
Et si tu restes, Fistulin, si tu mouilles ton navire dans notre rade où les algues chantent comme des psaumes, tu verras la capitale se lever, non pas comme un rêve, mais comme une certitude. Les Plots et les EVA qui arriveront des mines de Géofront ne seront pas des machines de guerre, mais des poèmes de métal, des prières de fer, des baisers de lave. Et toi, berger de Calissie, tu seras leur premier gardien, leur dernier rempart, l'ange qui veille sur l'aube nouvelle, debout dans la fumée, debout dans la lumière, comme si tu n'avais jamais fait que cela.