Votre émission de la nuit. > Réponse Taverne sujet
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posté 02/08 (02:28)

1 Aout 6662026
SpoilerIci Kleo.
La vieille radio crépite ce soir d’une façon différente. Peut-être est-ce l’humidité. Peut-être est-ce simplement le Cybermonde qui produit tellement de contradictions en une seule journée que même les lampes commencent à avoir des opinions politiques. Mes yeux bleus se reflètent dans le cadran de la radio et devant moi repose une carte du Cybermonde sur laquelle quelqu’un devrait sérieusement commencer à utiliser des punaises plutôt que de la colle.
Car nous avons connu aujourd’hui l’une de ces journées où les frontières ne bougent plus après les guerres.
Elles bougent pendant les discours.
Et parfois avant que le public ait compris qu’il fallait applaudir.
La grande affaire est évidemment le Valégro. Depuis des semaines cette province ressemblait à un enfant que plusieurs familles se disputaient devant le tribunal en lui demandant régulièrement laquelle il préférait pendant qu’elles parlaient toutes à sa place. Kraland y tenait sa légitimité. La Ruthvénie y tenait son histoire. Les indépendantistes tenaient surtout à ce que les deux premiers cessent de tenir quelque chose. Puis les relations entre la Républik et le Royaume ont connu ce miracle que nous devons probablement à l’épuisement collectif. Après suffisamment de menaces, de manifestations, d’arrestations et de déclarations sur la souveraineté des peuples,
Michel DruKra a finalement cédé le Valégro au Royaume de Ruthvénie.
Il l’a fait au nom des engagements pris et du choix valégrognard. L’explication possède une cohérence que je ne nierai pas. Le Valégro devait revenir au Royaume selon l’accord négocié et la Républik a exécuté cet accord. Quelques instants plus tard
Michel DruKra acceptait une alliance avec la Ruthvénie en expliquant que la République avait tenu parole et qu’il était maintenant temps de renforcer les liens entre les deux puissances. Le résultat est politiquement considérable. Une province qui constituait encore récemment l’une des principales pommes de discorde entre Kraland et le Royaume devient précisément la fondation de leur rapprochement. C’est élégant. Deux voisins passent des semaines à se battre pour savoir à qui appartient le jardin puis finissent par devenir amis après que l’un d’eux a donné la maison entière à l’autre.
Les Ruthvènes célèbrent naturellement le retour.
Baptiste Le Tellier a félicité la Reine pour le rétablissement de la paix tandis que
Sysson multipliait les marques de soutien au Royaume depuis Fort Emouchet. Il serait néanmoins prudent d’attendre avant de transformer cette journée en grande fresque de réconciliation. Une province ne devient pas paisible parce qu’un document change de tiroir. Le Valégro a accumulé trop de fidélités contradictoires et trop de blessures pour qu’un transfert administratif suffise à régler la question. Mais quelque chose vient réellement de changer. Kraland et Ruthvénie ont choisi pour l’instant de transformer une frontière en pont au lieu d’en faire une tranchée.
Ce qui prouve une chose que j’avais toujours soupçonnée.
Même les grandes puissances peuvent finir par se montrer raisonnables lorsqu’elles ont épuisé toutes les solutions plus amusantes.
Il reste toutefois un détail délicieux. Au moment même où
Michel DruKra accomplissait cette conversion diplomatique
Alex KidoWski tentait de l’usurper. Il échoua. Il perdit sa fonction de Gouverneur puis se livra aux autorités. La Républik venait donc à peine d’offrir une province à son ancien adversaire et de signer une alliance monarchique quand l’un de ses responsables essaya de remplacer le Premier Ministre.
Je comprends mieux pourquoi ils appellent cela Révolution permanente.
Il faut un certain niveau d’organisation pour renverser le gouvernement entre la signature d’un traité et le rangement des stylos.
Mais avant de quitter Kraland je voudrais attirer votre attention sur
Lucette Circulaire. Elle a reçu le titre de Héros de la Révolution avant d’être nommée Gouverneure de Kraland.
Jean-Luc Selriche a expliqué son choix avec la délicatesse attendue d’un homme voulant complimenter une responsable politique en lui disant essentiellement qu’elle possède une expression si austère que tous les citoyens placés près d’elle auront automatiquement l’air heureux. Voilà peut-être enfin une application scientifique du Bonheur Universel. On ne rend plus les gens joyeux. On place à côté d’eux quelqu’un ayant l’air suffisamment contrarié pour produire un contraste favorable.
C’est économique.
C’est mesurable.
Et surtout ça évite d’avoir à améliorer quoi que ce soit.
Pendant ce temps
Pr Jean-Michel Nobyl a lancé des recherches sur une technologie mutante destinée à développer l’économie après avoir fusionné le département de fusion nucléaire avec celui des sciences économiques. J’admire ce pays. Dans la plupart des nations quand l’économie fonctionne mal on ajuste les taxes. À Kraland on approche l’économie d’un réacteur nucléaire et on attend de voir si elle développe une troisième main capable de remplir les formulaires plus rapidement.
Les meilleurs chercheurs sont sur le coup.
Il y a même Mégawatt.
Nous pouvons donc dormir avec exactement le niveau de sérénité que cette phrase mérite.
Voilà qui nous conduit naturellement à l’Hélénie puisque la maladie rajeunissante continue de s’étendre et transforme désormais une crise médicale en affaire diplomatique. Des habitants se retrouvent ramenés à l’enfance et Kraland affirme travailler sur un remède.
Kenza Creswick s’est présentée à Bisouville elle-même atteinte par le phénomène afin d’assurer la population que les chercheurs kralandais tentaient d’identifier son origine.
Jean-Luc Selriche s’est déplacé dans le même but avec l’intention déclarée de créer un pont entre les peuples.
Le pont a immédiatement reçu une claque.
La Gouverneure
Al-ma' a rappelé que l’Hélénie se considère comme une Théocratie Seelienne où les discours publics nécessitent une accréditation. La liberté religieuse y demeure totale à la condition de suivre une théologie jugée cohérente par l’autorité compétente. L’existence des autres peut devenir regrettable. Les armées irrégulières y sont interdites au nom de la paix et les prises de parole doivent être approuvées au nom de la bienveillance.
Je voudrais féliciter les théologiens seeliens.
Ils ont enfin résolu cette vieille contradiction entre liberté et contrôle.
Vous êtes entièrement libre de croire ce que vous voulez du moment que vous voulez exactement ce qu’il faut.
Jean-Luc Selriche n’a évidemment pas apprécié qu’on lui explique qu’il aurait dû demander l’autorisation avant de parler. Il rappela qu’il avait défendu les travailleurs et les sans-voix et qu’il n’avait aucune intention de commencer maintenant à demander la permission d’utiliser sa propre bouche. Il précisa également qu’il n’était pas venu annexer l’Hélénie mais simplement coopérer contre l’épidémie.
C’est là que l’affaire devient réellement intéressante. Derrière les baffes et les formulaires religieux il existe un véritable problème sanitaire touchant plusieurs territoires. La Républik dispose de chercheurs travaillant sur le phénomène et l’Hélénie compte des malades ayant besoin de réponses.
Mandy Chantargent a d’ailleurs transformé un hôtel en dispensaire afin d’offrir des soins sur place. C’est sans doute l’action la moins spectaculaire de toute cette affaire et probablement la plus utile.
Évidemment personne ne fera une révolution autour d’un dispensaire.
Il n’y a pas assez de drapeaux.
La maladie a également touché la mémoire de certains responsables.
Al-ma' explique s’être réveillée dans une chambre qu’elle reconnaissait sans reconnaître plusieurs objets qui l’entouraient. La gouvernance de l’Hélénie possède donc actuellement cette propriété remarquable d’être dirigée par une personne qui se souvient de ses principes constitutionnels plus clairement que de ce qui se trouve dans son panier à linge.
Je ne juge pas.
J’ai connu des Empereurs qui disposaient de la situation inverse.
Mais la Seele connaît une crise bien plus profonde encore car au même moment les bergers de Calissie ont pris les armes.
Fistulin Saint-Ciboère a quitté les eaux de Crab Key à bord du Cruisader avec une idée politique d’une simplicité presque douloureuse. Selon lui la Seele n’est pas capable de se défendre et risque d’être dévorée par une puissance voisine. Il cherche donc un empire suffisamment fort pour occuper l’île en leur nom et garantir leur protection.
Oui.
Vous avez correctement entendu.
Une faction indépendantiste cherche volontairement quelqu’un pour l’occuper.
Il faut admirer le raffinement idéologique. La domination est inacceptable lorsqu’elle est imposée. Elle devient protection légitime lorsqu’on choisit soi-même le drapeau qui viendra se planter dans le jardin.
Le Cruisader a ensuite démontré la solidité de ce projet diplomatique en dirigeant l’un de ses lance-missiles vers Sanctuaire. Un tir atteignit légèrement le Complexe Portuaire sans faire de victime puis les vieilles installations du navire explosèrent pendant la salve faute d’entretien.
Voilà peut-être la meilleure métaphore politique de toute cette crise.
Un groupe part chercher une grande puissance capable de le protéger. Il commence par tirer sur ses voisins et son propre matériel explose après le premier coup.
Fistulin Saint-Ciboère s’est excusé pour le port en expliquant qu’il fallait envoyer un message. Le message est effectivement arrivé. Il disait approximativement que la Calissie avait besoin d’un protecteur parce que ses propres forces militaires représentaient un danger immédiat pour tout ce qui se trouve devant et derrière le canon.
Les empires intéressés peuvent évidemment déposer leur candidature.
Je recommande toutefois d’exiger une inspection navale avant de signer.
Restons un instant auprès des territoires indépendants puisque Géofront continue de consolider sa nouvelle identité.
Ninoo Chantargent et
Shiki Chantargent ont multiplié les manifestations favorables aux Provinces Indépendantes tandis que
Hanako Ainozomi renforçait à son tour son soutien au gouvernement indépendant. Les fonctions locales bougent encore rapidement. Un Commissaire de Police a pu être retiré puis nommé de nouveau en quelques minutes ce qui démontre que l’indépendance n’a absolument pas détruit les grandes traditions administratives du Cybermonde.
C’est rassurant.
On peut changer de nation sans perdre le plaisir de ne plus savoir qui occupe le bureau de police.
Et pourtant cette activité montre quelque chose de plus sérieux. Géofront ne se contente plus d’avoir proclamé son autonomie. Ses responsables construisent maintenant une légitimité locale. Ils organisent leurs soutiens. Ils distribuent les fonctions et ils parlent publiquement au nom des Provinces Indépendantes. Le temps des grandes proclamations romantiques commence donc à céder la place au travail infiniment moins glorieux qui suit toute indépendance réelle.
Il faut administrer.
Les révolutions adorent arracher les drapeaux.
Elles découvrent ensuite qu’il faut aussi ramasser les poubelles.
Passons maintenant au Khanat où cette journée a pris une forme alimentaire. Il y a quelques jours les habitants de Bananie avaient présenté leur culture aux Kanards. Les Kanards ont décidé de rendre la politesse en offrant la leur.
Les miettes.
Des tonnes de miettes ont été déversées sur Distillerie.
Palakoin a expliqué avec beaucoup de bienveillance que les routes n’étaient pas salies mais assaisonnées.
Koinstradamus avait même annoncé cette pluie de nourriture comme une catastrophe céleste volontaire destinée à rapprocher les peuples.
Je retire tout ce que j’ai pu dire sur la diplomatie traditionnelle.
Des siècles d’ambassades. Des traités. Des mariages dynastiques. Des échanges de présents et des missions permanentes pour finalement découvrir qu’il suffisait de jeter du pain par terre.
Le résultat fut immédiat.
Des Kanards Hostiles envahirent Distillerie et
Light Deathnote passa une partie de la soirée à combattre une succession de créatures portant des noms suffisamment ridicules pour faire douter de leur danger jusqu’au moment précis où elles commencent à mordre.
Tinylia Cératy et d’autres habitants furent également agressés.
La culture kanardesque nous offre ainsi une excellente leçon anthropologique. Lorsque quelqu’un vous dit que son présent diplomatique attire des hordes d’animaux agressifs il est possible qu’il ne s’agisse pas d’un cadeau.
C’est parfois juste un piège avec une jolie présentation.
Passe-Muraille observait tout cela avec inquiétude alors qu’il annonçait lui-même vouloir devenir prochainement Khan de Bananie et redonner du rayonnement à la province. Il salua notamment les mouvements d’indépendance de l’Hélénie, de Géofront et de Bouletie. Le Khanat demeure fascinant sur ce point. Il est suffisamment attaché à ses structures tribales pour élire des chefs partout et suffisamment sensible à la liberté pour applaudir les provinces des autres lorsqu’elles s’éloignent de leur capitale.
La liberté est toujours admirable depuis le balcon d’en face.
Au même moment le Khanat continue de renforcer ses installations militaires. Une Petite Armurerie est en construction à Igloo. Voilà qui permet de replacer les discours généreux dans leur contexte. On peut célébrer l’indépendance des peuples et construire des armureries dans la même soirée. L’un nourrit les éditoriaux.
L’autre permet de survivre à leur interprétation.
Et puisque nous parlons de constructions et de démolitions revenons un instant vers l’Empire Brun où
Oeil-de-Taupe a commencé à exproprier des bâtiments à Léprosie afin de préparer la ville à l’Apocalypse. Il explique que tout est sous contrôle et invite la population à pleurer et dépérir normalement.
Voilà un Bourgmestre qui respecte son mandat.
Beaucoup d’administrations organisent des exercices d’urgence. Elles préparent des réserves et élaborent des plans d’évacuation.
Oeil-de-Taupe rase directement la ville avant l’Apocalypse afin d’éviter à l’Apocalypse la fatigue de devoir le faire.
C’est une politique de prévention très brunne.
Si la catastrophe arrive elle trouvera le travail commencé.
Si elle n’arrive pas on pourra toujours dire que les bâtiments auraient probablement été détruits tôt ou tard.
À Mystisie
Kramara Kisugi s’est mise à vendre plusieurs propriétés dont sa banque pour vingt mille MØ. Elle a également placé sur le marché une basilique de Naar à Santa Banana City et l’établissement délicatement nommé La Burne Brune. On pourrait y voir une liquidation. On pourrait aussi y voir une femme ayant compris avant tout le monde qu’en période d’Apocalypse annoncée la meilleure stratégie immobilière consiste parfois à vendre avant que le Bourgmestre voisin découvre votre adresse.
Je voudrais savoir qui achète une basilique de Naar d’occasion pour vingt mille MØ.
Pas pour juger.
Simplement pour mettre son nom dans un dossier très visible.
Pendant ce temps
Valerio Tenebri et
Isariel ont soutenu
Silas des Sables à Lampe du Génie.
Valerio Tenebri a précisé que ses faveurs créaient des dettes et que celles-ci seraient réclamées avec intérêt. Je salue cette franchise. Les relations politiques reposent souvent sur le même principe mais les diplomates utilisent d’habitude quarante lignes de vocabulaire sur l’amitié pour éviter d’écrire le mot dette.
Ici au moins le reçu est fourni.
Martina D. Dei Machiavelli s’est de son côté rendue à Structural et a couvert plusieurs responsables locaux de soutiens dont
Jean-Messie de la Nation,
Booker et
Gronullos du paté. Elle s’est intéressée notamment au projet de pacification tarifée porté autour de Milieu. J’admets éprouver une certaine tendresse intellectuelle devant l’expression pacification tarifée. Voilà enfin la paix débarrassée de son hypocrisie.
Vous voulez être protégé.
Vous payez.
Vous ne payez pas.
Nous supposons donc que vous préférez expérimenter la géopolitique sans assurance.
Jean-Messie de la Nation avait auparavant transféré huit mille pièces vers son Ministère de l’Économie et il fut ensuite attaqué à plusieurs reprises par un Assassin. L’argent attire les projets. Les projets attirent les soutiens.
Et visiblement les soutiens attirent parfois quelqu’un avec un couteau.
Même dans la démocratie confédérée la causalité économique finit par être simple.
La Confédération elle-même poursuit ses recherches avec davantage de moyens que plusieurs autres ministères et continue d’investir dans l’économie et la science. Elle construit également une école au Tribunal Cybermondial. Pendant ce temps une Fée du Paradigme Vert critique son industrie et sa pollution. Voilà une dispute parfaitement saine. Les Confédérés veulent développer. Les Verts veulent préserver et chacun dispose donc d’une raison sincère de trouver l’autre légèrement monstrueux.
Je serais inquiète le jour où ils se mettront d’accord.
Cela signifierait probablement qu’ils ont trouvé quelqu’un de troisième à exploiter ensemble.
Il y aurait encore beaucoup à raconter.
K' Velzard s’est livré aux autorités et dort désormais en prison.
Michel DruKra et
Dragnor se sont mariés tandis qu’ils remaniaient une République qui semble incapable de traverser une journée sans produire à la fois un changement gouvernemental et une réception.
Patrick-Lamulle DePouch et
Gronullos du paté se sont également mariés à Structural.
Toudou a tenté de plumer un canard appartenant au Bourgmestre avant de devenir recherché. Plus tôt il avait été lapidé par une foule dans une scène présentée comme une leçon ne violant techniquement pas la convention de Slavonie.
C’est le genre de précision juridique qui réchauffe le cœur.
Lorsqu’une foule doit préciser après vous avoir jeté des pierres que tout cela reste conforme au traité il est généralement trop tard pour demander une copie des clauses.
Mais il faut parfois sortir du détail pour regarder l’ensemble et aujourd’hui l’ensemble possède une forme fascinante. Le Valégro a changé de nation afin de consolider une paix. Géofront approfondit son indépendance. Une partie de la Seele cherche maintenant une puissance étrangère pour garantir la sienne. L’Hélénie affirme sa théocratie au moment où une épidémie oblige les frontières médicales à s’ouvrir. Le Khanat célèbre les peuples libres tout en préparant ses propres successions. Les Kanards pratiquent la diplomatie par la miette. La Républik fabrique des alliances monarchiques puis récompense ses révolutionnaires. La Confédération transforme la recherche en moteur économique. Le Paradigme critique les industries des autres et l’Empire Brun vend des basiliques pendant qu’un Bourgmestre rase préventivement sa ville contre la fin du monde.
Tout le monde parle de stabilité.
Personne ne semble avoir choisi la même définition.
Certains croient que la stabilité consiste à conserver un territoire. D’autres pensent qu’elle consiste à pouvoir le céder proprement. Les indépendantistes la cherchent dans la rupture. Les royaumes dans le retour des anciennes frontières. Les théocrates dans la règle. Les républicains dans le changement permanent. Les tribus dans l’appartenance. Les démocrates dans la procédure et les Bruns dans cette merveilleuse conviction qu’un bâtiment déjà démoli ne peut plus vous tomber sur la tête.
Je ne dirai pas laquelle de ces doctrines est supérieure.
Ce serait indigne d’une journaliste parfaitement impartiale.
Je me contenterai de constater que nos ruines sont généralement très bien entretenues.
Une petite araignée descend alors lentement de la toile et dépose devant moi une dernière dépêche. Je la parcours. Je relève les yeux vers la vieille radio et je vois mon propre reflet bleu dans son cadran.
Non.
Rien ne s’est amélioré pendant que je parlais.
C’est rassurant.
Les personnes citées ce soir peuvent évidemment venir corriger mes conclusions.
Michel DruKra peut expliquer comment céder une province et gagner une alliance dans la même soirée.
Jean-Luc Selriche peut nous raconter combien de formulaires il faut remplir avant d’avoir le droit d’annoncer un remède à Bisouville.
Al-ma' peut transmettre le tarif exact d’une accréditation bienveillante.
Fistulin Saint-Ciboère peut préciser quel empire il souhaite inviter à occuper son indépendance.
Passe-Muraille peut nous indiquer si son futur programme bananien prévoit une politique contre les miettes.
Koinstradamus peut défendre la valeur diplomatique du pain tombé du ciel et
Oeil-de-Taupe peut venir nous assurer une nouvelle fois que l’Apocalypse est parfaitement sous contrôle.
Les témoins anonymes sont également les bienvenus.
Les témoins non anonymes ont généralement davantage de choses à perdre donc leurs interventions sont souvent meilleures.
Ici Kleo depuis un portail démoniaque désert.
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons.