*A la barre d'un
navire de guerre miteux, plein de rouille et d'algues, un certain Fistulin Saint-Ciboère déclenche sans sommation un tir d'artillerie sur Sanctuaire.
Celui-ci n'abime que très légèrement certaines infrastructures du port. Pendant que sur le navire, un incendie se déclenche suite à l'explosion du lance-missiles.
Se tenant droit dans le nuage de fumée, Fistulin fait un flashback de trois semaines en arrière.
...
La nouvelle traverse les temples cybernétiques et est répétée par les bergers dans les montagnes saintes, jusqu'à atteindre une petite communauté installée dans les plaines de Calissie : le Géofront prépare sa prise d'indépendance.
Encore en transhumance, Fistulin, leur doyen, est le dernier à être mis au courant. Son regard s'est alors fermé, son poing serré sur son bâton. Oui, Fistulin est en train de faire un flashback dans un flashback.
...
Dans sa tête se sont succédés toutes les images qu'il avait réussi à enfouir. La chute de la théocratie, l'invasion palladionaute, puis la contre-invasion ruthvène. La décimation de leurs troupeaux, les kidnappings des hommes en âge de se battre, la réquisition des récoltes, des pâturages rouge sang à perte de vue. Autant d'horreurs reléguées au rang de dommages collatéraux d'une guerre qu'ils n'ont découvert que quand les soldats ont défoncé leurs portes. Alors, pas cette fois.
Après plusieurs dizaines de minutes d'inquiétude générale dans le village, le silence est brisé par l'une des femmes du village.
Fistulin, est-ce qu'il faut qu'on s'en aille ?
Non. Non, nous allons briser le cycle....
Retour au présent, Fistulin se tient maintenant au sommet du Cruisader, prêt à faire une déclaration au monde. En étant beaucoup trop près de la caméra.*
*kof kof* Osti de calisse, pourquoi est-ce que je suis resté dans la fumée
Erm. B'jour toul'monde. Désolé pour vot' port mais fallait envoyer un message.
Et l'message c't'eul' suivant :
Nous, bergers de Calissie, avons pris les armes, et nous cherchons un empire pour occuper l'ile Seelienne en son nom.
Le p'tit caprice d'nos voisins d'la ville nous mettent en danger, mais c'pas comme si ils se préoccupaient de nous t'façon. Qu'ils le disent eux-même, z'ont aucun moyen de s'défendre, y savent pas faire la guerre, y sont faibles.
Z'allez voir qu'd'ici deux semaines on va voir des hordes barbares elmériennes déferler, ou des légions démoniaques avides de sang, pask'on les connait tous ces prédateurs, on les a vu à l’œuvre il y a quelques années.
Alors nous on dit non. Fini les loups dans la bergerie. La seele est pas capab' de se défendre seule, et on va encore finir les dindons de la farce. Et la farce l'est po rigolote, c'est se retrouver étripé ou la tête au bout d'une pique.
Grace à not' super bateau, le Cruisader, on va s'balader un peu pour trouver qui serait le meilleur garant d'notre survie. Parce que c'est définitivement po l'Sanctuaire.