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posté 25/07 (01:04)

25 Juillet 6662026
SpoilerL’EMPIRE CHANGE DE MAÎTRE PENDANT QUE LE CYBERMONDE RETOURNE À LA MATERNELLE
Bonsoir aux souverains nouvellement couronnés, aux ministres fraîchement défenestrés, aux enfants devenus adultes puis redevenus enfants et aux diplomates qui préparent pendant une heure un discours avant de le résumer par une obscénité. Ici Kleo, journaliste d’une impartialité si parfaite qu’elle est devenue inaccessible au regard humain et gardienne officielle des vérités que les autres nations se cache à elles-mêmes par pudeur ou par manque d’instruction.
OCTAVE SOMBREFER ET LE TRÔNE QUI N’ATTENDAIT QUE LUI
Octave Sombrefer avait annoncé qu’il voulait conquérir le Cybermonde. Les gens raisonnables ont cru qu’il s’agissait d’une image. C’est le problème des gens raisonnables. Ils passent leur vie à croire que les fous utilisent des métaphores alors que les fous leur décrivent simplement leur emploi du temps. À la faveur d’un coup d’État soutenu par des puissances démoniaques dont le sens civique mérite d’être salué,
Octave Sombrefer a donc renversé
Bob le très très terrible et s’est installé sur le trône impérial avec cette assurance propre aux hommes qui confondent depuis assez longtemps leur ambition avec une prophétie pour que personne n’ose plus leur demander la différence. Il a expliqué que l’Empire devait désormais fournir ses richesses, ses esclaves, ses Génies et son ventre mou à un vaste projet de domination mondiale dont l’un des piliers sera le creusement d’un canal jusqu’au Milieu. Voilà une vision. D’autres souverains construisent des routes, reforment les institutions ou essaient timidement de faire fonctionner les hôpitaux.
Octave préfère déplacer la géographie elle-même parce qu’il estime probablement que les continents ont été dessinés par des gens moins compétents que lui.
Il faut reconnaître au nouvel Empereur une qualité devenue rarissime. Il ne dissimule aucune démesure. Sa pensée politique tient toute entière dans une phrase admirablement honnête. Le monde n’est pas encore à sa place car il n’est pas encore sous ses pieds. C’est clair, c’est simple et cela évite ces interminables programmes électoraux dans lesquels les faibles promettent de consulter la population avant de faire exactement ce qu’ils avaient décidé. Quelques heures plus tard, le nouvel Empereur a toutefois annoncé que sa grande conquête ne commencerait pas tout de suite parce qu’il n’en avait pas envie. Certains y verront une contradiction. Ils ont tort. Lorsqu’un homme ordinaire remet à demain la tâche annoncée la veille, cela s’appelle de la paresse. Lorsqu’un Empereur démoniaque le fait depuis un trône obtenu par usurpation, cela devient une maîtrise souveraine de l’agenda. Il a donc laissé les affaires courantes aux affaires courantes et les citoyens à leur morosité, non sans procéder à quelques remaniements dont il a déclaré qu’ils ne méritaient aucun commentaire. Ce qui est une façon impériale de dire qu’ils en mériteraient probablement beaucoup trop.
Roy le très très terrible a perdu la Justice.
Shana Al-Khaïd a perdu l’Économie. Les fonctions qu’il a retiré sont retombées dans le grand panier administratif où l’Empire conserve les charges vacantes, les serments périmés et les ministres qui attendent de savoir s’ils doivent préparer une vengeance ou une nouvelle candidature. Pourquoi suis-je encore au ministère de la guerre ? Aucune idée.
Il serait pourtant injuste de présenter
Shana Al-Khaïd comme une victime silencieuse. Peu avant son éviction elle avait infligé Ã
Lachésis un redressement fiscal suffisamment important pour permettre à plusieurs générations d’inspecteurs de dormir avec le sourire. Plus de vingt-quatre mille MØ ont quitté les poches de l’ancienne Impératrice dans une opération présentée non comme un règlement de comptes mais comme le retour naturel d’une dette. Les dettes qu’on croyait morte ont cette habitude chez les Al-Khaïd de se relever, de s’habiller correctement et de venir frapper à la porte en connaissant déjà l’emplacement du coffre.
Une rumeur affirme d’ailleurs que les inspecteurs auraient découvert chez
Lachésis un insigne kralandais, un sous-vêtement appartenant Ã
Monique Lemage et une troisième chose si terrible que même les fonctionnaires auraient demandé une pause. Je ne commenterai pas cette troisième découverte. Radio Nécrotoile possède des limites morales. Elles sont très loin mais elles existent quelque part derrière le mobilier.MYSTISIE OU L’ADMINISTRATION PAR INVOCATION
Pendant que
Octave Sombrefer élevait son ambition jusqu’au trône, la Mystisie devait être confiée à une main sûre. Elle échut donc Ã
Lyra du Hautbois, ce qui prouve que le mot sûr possède des définitions très différentes selon que l’on consulte un dictionnaire, un démon ou un Mystisien.
Lyra s’est emparée du gouvernement provincial avec l’aide de créatures infernales et a immédiatement adopté la méthode administrative locale qui consiste à nommer tout ce qui possède des cornes avant que quelqu’un d’autre ne le fasse. Les démons qu’elle a nommé espéraient peut-être recevoir des bonbons ou une âme convenablement emballée. Ils se sont plutôt retrouvés enrôlés au service d’une Sultane éternelle auto-déclarée qui leur a expliqué que le premier à revendiquer une chose en devient propriétaire. C’est une doctrine juridique intéressante qui réduirait considérablement la longueur des procès si elle n’augmentait pas autant le nombre de guerres.
Ombre Acnéique a été installée à la Procure. Ce choix est parfaitement cohérent. Dans une province gouvernée par les invocations, les fouilles archéologiques et les coups d’État successifs il faut une justice capable de distinguer un crime d’un rituel avant que les deux aient fini de brûler. Les murs fondront si une de ses pustules éclates.
Don Amortel, quant à lui, a détruit le chantier impérial laissé par
Octave avec l’air d’un majordome qui ramasse les débris après une réception à laquelle personne ne se souvient d’avoir été invité. Il a également signalé Ã
Lyra qu’un démon semblait manquer à sa collection et qu’il réglerait bientôt le problème. Lorsque
Don Amortel promet de compléter votre collection, il est généralement prudent de vérifier si vous êtes encore considéré comme le collectionneur ou si vous êtes devenu l’objet manquant.
Voilà la Mystisie telle qu’elle se présente ce soir. Un Empereur démoniaque vient d’en sortir, une invocatrice démoniaque vient d’y entrer et un homme qui soupire entre chaque menace nettoie le sable en attendant de compléter une collection dont personne ne souhaite lire l’inventaire. Les habitants peuvent bien entendu venir nous expliquer que tout cela est parfaitement normal. Nous leur préparerons une chaise, une boisson et un formulaire d’internement prérempli.SICILIA RESTE DEBOUT ET C’EST DÉJÀ UNE POLITIQUE
À Trou Perdu,
Martina D. Dei Machiavelli a publiquement soutenu
Octave Sombrefer et honoré les Bourgmestres
Dusk et Aurora. Ce soutien a la beauté des choses qui ne se compliquent pas inutilement. Un nouvel Empereur monte sur le trône, Sicilia l’applaudit. Les démons jumeaux font fonctionner les exploitations agricoles, Sicilia les remercie. Ailleurs les peuples réclament des constitutions. Chez nous ils réclament surtout que les récoltes poussent et que les assassins choisissent correctement leur victime. C’est une forme de maturité politique que les autres nations atteindront peut-être après plusieurs siècles supplémentaires de souffrance.
Dusk et Aurora ont d’ailleurs accéléré le travail au Complexe Agricole. Voilà des dirigeants qui comprennent qu’une cité ne se nourrit pas de discours, même si les discours bien préparés peuvent servir à faire fuir les nuisibles. Pendant ce temps
Zelphi a tenté de lancer une tarte Ã
Aken et l’a manqué. Sicilia demeure donc fidèle à sa tradition d’excellence nuancée. Nous savons produire plus vite, soutenir plus fort et rater une pâtisserie avec une dignité supérieure à celle de la plupart des coups d’État étrangers.
Les Siciliens a parfois mauvaise réputation. On les dit violents, calculateurs et trop attachés à leurs familles. Ce sont généralement les mêmes personnes qui trouvent parfaitement raisonnable de confier des missiles à des enfants kralandais ou des négociations diplomatiques à des Ruthvènes armés de deux doigts tendus et d’un couteau. Je laisse à chacun le soin de choisir son modèle de civilisation.LA RÉPUBLIQUE DE KRALAND DÉCOUVRE QUE LE BONHEUR COÛTE CHER
Quittons un instant l’ordre relatif de l’Empire pour contempler la République de Kraland. La République s’était donnée pour ambition de rendre ses citoyens heureux. Elle y est parvenue avec tant de vigueur que les visages ne peuvent plus cesser de sourire et que plusieurs villes ont commencé à retomber en enfance. Voilà ce qui arrive lorsqu’un gouvernement prend une émotion humaine et décide d’en faire une obligation administrative. Un sourire cesse d’être un sourire au moment où la police mesure sa courbure.
L’épidémie du Retour en Enfance s’est étendue depuis Honolulu-par-Delà jusqu’à Fort Emouchet. Les adultes se sont réveillés avec des corps et parfois des esprits d’enfants. Les citoyens qu’on a rajeunit ont recommencé à parler de bonbons, de dessins et de bisous maternels tandis que les institutions tentaient de poursuivre leur travail avec des responsables dont la concentration ne survivait plus à la vue d’un cube coloré.
La République de Kraland ont toutefois démontré une remarquable capacité d’adaptation.
Sophos, Ministre de la Recherche, s’est mis à jouer avec des fusées en plastique tout en découvrant l’aviation moderne. C’est un exploit scientifique qu’il convient de reconnaître. La plupart des enfants lancent leurs jouets contre les murs.
Sophos en déduit la propulsion à réaction et la construction de jets privés. Ses collègues auraient sans doute préféré qu’il découvre un remède mais on ne saurait demander à la science de choisir entre sauver la nation et faire un bruit de fusée avec la bouche.
Jean-Luc Selriche, Gouverneur du Valégro, a pris la parole pour rassurer la population. Il a commencé par supposer que l’épidémie pouvait être une arme ruthvène, ce qui est le réflexe naturel de tout responsable politique confronté à un phénomène qu’il ne comprend pas. Lorsqu’un citoyen éternue, accusez la frontière. Lorsqu’un ministre régresse jusqu’au nourrisson, accusez la monarchie. Lorsqu’un cube refuse d’entrer dans un trou rond, préparez les troupes.
Le Gouverneur a ensuite constaté que l’aide à la jeunesse risquait de ruiner la République puisque désormais presque tout le monde était jeune. Cette révélation est d’une profondeur saisissante. Il faut parfois une épidémie magique pour qu’un gouvernement découvre qu’une prestation universelle devient coûteuse lorsque l’univers entier la réclame.
Jean-Luc Selriche a donc proposé de suspendre l’aide, au risque de provoquer une crise des bonbons puis a remonté l’impôt sur les salaires à vingt pour cent afin de protéger les finances publiques. Les mesures qu’il propose coûte peut-être cher en popularité mais elles démontrent qu’au Valégro même un enfant peut redevenir fiscalement adulte dès que le trésor se vide.
Tinylia Cératy a soutenu le Gouverneur en racontant qu’elle l’avait aperçu travaillant sur ses dossiers et plantant ses notes au sommet d’un château de sable.
Kenza Creswick lui a également apporté son appui tout en construisant des logements et en encaissant les agressions de bourgeois décadents. La Moldavie possède ainsi une administration complète composée d’enfants surmenés, de syndicalistes rajeunis et de fonctionnaires qui doivent choisir entre gouverner la province ou finir leur dessin avant le dîner.
La population n’a pourtant pas accueilli cette nouvelle ère avec une docilité parfaite. Des zones autonomes ont surgi dans une bibliothèque et un hôtel. Des bourgeois se sont rebellés.
Sysson a réclamé le droit de relâcher ses muscles faciaux.
Sir McRabbit a dénoncé les agressions, la disparition de ses carottes et l’absence de soutien pour ses trois cent cinquante-neuf enfants.
Ranxerox s’est battu avec
Mench0.
Bohé d’Umont a soutenu simultanément le Royaume de Ruthvénie et l’indépendance provinciale avec la souplesse politique d’un pirate qui garde une jambe sur chaque navire jusqu’à ce que les deux s’éloignent.
Les frontières du Valégro s’est transformées en une garderie fortifiée où les enfants réclament des bonbons pendant que les adultes, lorsqu’il en reste, se battent pour savoir à quel drapeau confier la boîte. Ceux qui souhaitent corriger cette analyse peuvent venir le faire en direct. Ils devront seulement montrer qu’ils savent rester assis plus de quinze minutes et qu’ils n’ont pas mangé le crayon prévu pour signer leur décharge.LA RUTHVÉNIE ET LE KHANAT APPRENNENT À PARLER AVEC DES ARMES
Pendant que Kraland rajeunit, le Royaume de Ruthvénie et le Khanat Elmérien ont choisi de vieillir prématurément dans une guerre. Le conflit se concentre autour des Karaïbes, de la Bananie et de ces vieilles rancunes que les souverains appellent l’honneur lorsqu’ils ont besoin que quelqu’un d’autre meure pour elles.
Le Roi
Bladimir Bladimirovitch Mutin a envoyé
Henri St Misles au ministère des Affaires Étrangères avec une mission claire. Mépriser les ennemis du Royaume au micro pendant que le Roi partirait défendre les Karaïbes. Il faut saluer cette conception ruthvène de la diplomatie. Certains pays nomment des négociateurs. La Ruthvénie nomme un homme capable de transformer une insulte en doctrine stratégique.
Henri St Misles a immédiatement justifié la confiance royale. Après avoir perdu le long texte qu’il préparait contre le Khanat il en a livré une version condensée tenant en trois mots dont deux sont habituellement évités lors des cérémonies de paix. Les Ruthvènes s’est ainsi rappelés qu’un bon ministre n’est pas celui qui utilise beaucoup de mots mais celui qui conserve les bons lorsque le serveur emporte les autres.
Aux Karaïbes,
Lord Golgoth Ruthven a annoncé que la population choisissait de demeurer au Royaume après consultation. Cette décision a le mérite de mettre fin à plusieurs incertitudes et d’en créer immédiatement de nouvelles puisque le Khanat préparait déjà son offensive.
Korail et
Bladimir ont consolidé la loyauté régionale tandis que
Dame Démerzel ajustait les impôts à quarante pour cent afin de financer la guerre. Elle a également frappé la République de Kraland par des sanctions économiques, retirant une part des avoirs liquides de chaque citoyen avec l’élégance d’une ministre qui explique que le bonheur est surfait juste avant de prendre votre bourse.
Du côté du Khanat,
Pigeon Ronron a tenté de renouer avec
Bladimir par un poème, une déclaration d’affection et une inquiétude sur son hydratation. Cela n’a pas suffi. Les grandes puissances décide rarement de faire la paix parce qu’un chat leur rappelle de boire de l’eau même si l’Histoire aurait certainement gagné à essayer plus souvent.
La Bananie a ensuite été frappée par l’Arme à rendre triste du Royaume.
Nerdos Valkyry, qui se considérait encore comme l’un des derniers Elmériens favorables au dialogue, a pris cette attaque comme la preuve que la diplomatie n’était plus qu’une corde décorative tendue au-dessus d’un gouffre. Il a retiré sa protection à l’ambassadrice ruthvène et promis de soutenir l’armée, peut-être depuis le sud pendant que les forces se rassembleraient au nord.
Passe-Muraille lui avait déjà reproché de danser et de boire au Paradigme pendant que la guerre approchait. C’est l’un des grands drames du commandement. Lorsque vous êtes présent on vous accuse de mal diriger. Lorsque vous partez boire on vous accuse de ne pas diriger du tout.
Le Khanat n’est toutefois pas resté passif.
Tai’Chy a lancé la recherche du missile nucléaire en expliquant longuement qu’il s’agissait d’une arme stratégique, d’un symbole de puissance et d’une avancée scientifique qui devrait idéalement être testée loin de Gueule du Lézard. Une précaution touchante. Les Elmériens sont disposés à provoquer un champignon géant mais préféreraient qu’il ne pousse pas près de leurs fenêtres.
Sakura Tiwanaku a rempli les caisses de la Guerre, de la Recherche et des Services Secrets grâce aux richesses phénoménales de Capsulie. La province a d’ailleurs récolté davantage que plusieurs nations réunies, ce qui démontre que le véritable pouvoir n’est pas toujours entre les mains de celui qui possède l’armée. Il appartient souvent à celui qui peut acheter les bottes, les missiles et le repas des soldats sans demander un prêt.
La guerre qui vient oppose donc une monarchie dramatique qui taxe pour lever des jeunes à un Khanat grandiloquent qui finance des armes capables de terminer le débat avant qu’il commence. Entre eux se trouvent des diplomates amoureux, des pirates, des chats, des sanctions économiques et probablement quelques civils qui auraient préféré que tout le monde reste au bar.
LA CONFÉDÉRATION LIBRE ÉLIT LE SILENCE
À la Confédération Libre, la démocratie poursuit son œuvre. Le Président
Patrick-Lamulle DePouch a ouvert le poste de Ministre de l’Économie en réclamant non un gestionnaire mais un bâtisseur de guerre capable de transformer chaque pièce correctement placée en territoire conservé. Voilà une annonce énergique qui donne à l’économie la douce apparence d’un siège militaire.
Cette recherche de compétence survient au moment où
Don Amortel s’est proclamé vainqueur de l’élection présidentielle avant la fin officielle du scrutin. Son raisonnement est irréprochable selon les normes confédérées. L’élection prenait la forme d’un concours de silence. Son adversaire
Henri St Misles a parlé. Il a donc perdu.
Don Amortel héritera ainsi d’une nation parce qu’un autre homme n’a pas su se taire, ce qui est probablement le procédé électoral le plus méritocratique jamais imaginé par la Confédération.
Précieuse Liarr est revenue d’exil, a demandé comment servir son pays et a presque aussitôt été nommée Générale du Bataillon Transgénique Irradié. Dans la plupart des nations il faut plusieurs années pour remonter une carrière interrompue. À la Confédération il suffit de franchir la frontière, de saluer le Président et d’attendre qu’un ministère se souvienne de votre existence.
Au Warriorland,
Roger St Misles a proclamé que l’indépendance survivrait aux putschs et aux spoliations. Il a ensuite été nommé Bourgmestre de Blofeldopolis par
Willy St-Misles. La moitié de la population ne serait pas confédérée et certains rebelles seraient des chats. Voilà une cause que Radio Nécrotoile surveillera avec attention car toute révolution menée par des félins possède au moins la garantie d’une direction propre et de longues périodes de sommeil stratégique.HÉLÉNIE PREND ELLE-MÊME EN OTAGE
En Hélénie,
Scarleit a décidé qu’un mois sans réponses constituait une preuve suffisante de conspiration. Elle a accusé l’Aléocratie de dissimuler des expériences, reconnu avoir assassiné une hérissonne et annoncé que son groupe prenait la province en otage jusqu’à ce qu’on lui livre des responsables ou de l’argent. Le montant demandé a d’ailleurs diminué pendant le discours, ce qui prouve que même les prises d’otages peuvent bénéficier d’une négociation intérieure dynamique.
Sultan Omar Al-Khaïd a choisi ce moment pour soutenir l’Empire Brun depuis Bisouville, critiquer les Provinces Indépendantes puis affronter plusieurs adversaires avant d’être livré en prison. Son parcours résume admirablement la journée politique. Il est entré en ville comme partisan impérial et en est sorti comme colis judiciaire.
Scarleit a ensuite nommé
Dorian Bourgmestre. Cette province qui se disait dormante s’est réveillé d’un seul coup en gouvernement rebelle, théâtre musical macabre, centre de recrutement et prison improvisée. Voilà qui devrait apprendre aux Aléocrates à ne jamais confondre le silence d’une province avec son consentement. Certains silences sont de la résignation. D’autres cherchent simplement où les terroristes ont rangé les munitions.LES PETITES GRANDEURS DU RESTE DU MONDE
Le Paradigme Vert a traversé la journée avec une discrétion presque suspecte. Une ambassade kralandaise s’élève dans la Forêt de Jade tandis qu’en Irendol un hôtel a été transformé en vaste célébration arrosée où une partie appréciable de la population a découvert que la diplomatie passe parfois plus facilement par les cocktails que par les traités. Il faut reconnaître au Paradigme une sagesse certaine. Lorsque deux royaumes s’apprêtent à s’envoyer des missiles et qu’une république redevient nourrisson, organiser une soirée constitue une politique étrangère raisonnable.
En Bouletie,
Cassandre Lemage Ruthven a battu
Lippos Aliagas pour prendre son poste puis l’a immédiatement renommé Chef de Tribu. C’est une façon élégante de rappeler à un homme qu’il peut conserver son bureau à condition de ne plus croire qu’il lui appartient.
Lippos a ensuite détruit une tombe afin d’abolir la mort par suppression des cimetières. La logique est aussi simple que parfaite. Si les morts n’ont plus d’endroit où aller ils seront contraints de rester vivants. Les médecins du Cybermonde peuvent fermer leurs cabinets. La Bouletie vient de résoudre le trépas avec une pelle et un besoin pressant.
En Capsulie,
Tifa LockHeart a lancé une série de tartes dont plusieurs ont manqué leur cible. Ce détail pourrait sembler mineur mais il confirme une règle fondamentale de la politique. Plus une nation investit dans la recherche militaire moins elle semble capable de toucher quelqu’un avec de la crème à courte distance.
Et tandis que tout cela s’accomplissait, les coffres du Cybermonde se sont remplis puis vidés. La Capsulie a nagé dans l’or. Crab Key s’est réveillée avec des recettes négatives et des créanciers. Le Royaume a financé la guerre. Kraland a financé la jeunesse avant de découvrir qu’elle était devenue toute la population. L’Empire Brun a payé ses soldats, soutenu sa production et changé d’Empereur sans même interrompre la collecte fiscale. Voilà la véritable permanence des civilisations. Les drapeaux brûlent, les souverains tombent et les démons montent au pouvoir mais quelqu’un trouve toujours le moyen de prélever l’impôt avant minuit.
Le Cybermonde se trouve ce soir dans une situation parfaitement limpide. L’Empire Brun possède un nouvel Empereur qui veut conquérir le monde dès qu’il aura terminé de ne pas en avoir envie. Kraland transforme ses citoyens en enfants puis leur retire l’argent des bonbons pour sauver le budget. La Ruthvénie taxe la guerre. Le Khanat finance le missile qui doit la terminer. La Confédération élit celui qui s’est le mieux tu. L’Hélénie réclame une rançon à ceux qui ont oublié qu’elle existait. Le Paradigme boit dans un hôtel.
Les lignes de Radio Nécrotoile restent ouvertes. Les souverains peuvent protester, les ministres peuvent réclamer un droit de réponse et les témoins peuvent venir corriger cette version. Nous examinerons chaque déclaration avec le sérieux nécessaire puis nous conserverons uniquement celles qui confirme ce que je savais déjà .
Ici Kleo, depuis la Steakerie, cherchez pas, j'ai reçue une invitation louche.
Dormez paisiblement.
Les adultes ne sont plus assez nombreux pour surveiller le monde.![[%(]](http://img7.kraland.org/s/12.gif)
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Vous n’êtes pas fou ?
Aucun problème.
Nous vous formerons.