
Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, GĂ©nĂ©rale de lâEmpire Brun, chroniqueuse de mauvaise foi certifiĂ©e par lâusage et journaliste parfaitement impartiale puisque lâimpartialitĂ© consiste surtout Ă savoir qui mĂ©rite dâĂȘtre mĂ©prisĂ© en premier. Mes yeux bleus sont ouverts. Mon parchemin est dĂ©roulĂ©. Ma coupe est pleine. Et le Cybermonde vient encore de prouver quâil lui faudrait moins de constitutions et davantage de couvercles.
Ce soir, nous parlerons dâun roi qui reçoit un trĂŽne avec vingt deux piĂšces en caisse, dâun
GĂ©ofront qui demande le divorce pendant quâon lui fait des promesses de dialogue, dâun
ValĂ©gro oĂč lâon pense si fort que les chapelles disparaissent, dâune
Sicilia qui baisse ses taxes parce que certains y agissent au lieu de geindre, dâun
Khanat oĂč lâon usurpe avec lâesprit Boulet, dâune
Mystisie qui soigne ses traditions Ă la poudre et dâune journĂ©e oĂč les rebelles, les moutons, les enclumes et les tartes ont encore servi de ponctuation Ă la grande phrase politique.
Ne cherchez pas un sens. Le sens a demandĂ© lâasile en
Australine.
Commençons par la
RuthvĂ©nie, puisque jamais royaume nâa autant ressemblĂ© Ă une chaise musicale jouĂ©e dans une cave par des gens armĂ©s de couronnes.
Tormenta Ruthven avait juré que
Bladimir Bladimirovitch Mutin ne le dĂ©choirait pas de son trĂŽne. Alors, dans une manĆuvre qui mĂ©rite au moins une rĂ©vĂ©rence de mauvaise foi, il lui a donnĂ© lui-mĂȘme. Pas de coup dâĂtat. Pas de renversement. Pas de drame officiel. Juste une transmission libre, presque Ă©lĂ©gante, avec cette petite odeur de piĂšge bien cirĂ© qui flotte dans les grands couloirs nobles quand les gens disent agir sans contrainte.
Bladimir arrive donc roi.
Et il découvre que
Tormenta lui laisse vingt deux couronnes dans la caisse.
Vingt deux.
Mes chers auditeurs, je vous demande une seconde de silence pour les finances ruthvĂšnes. Pas une minute. Ce serait trop cher.
Vingt deux couronnes pour relancer un royaume, nommer un gouvernement, traiter le cas
Géofront, négocier avec
Kraland, remettre lâarmĂ©e en ordre de marche, calmer les provinces, rĂ©parer lâorgueil, nourrir la cour et faire semblant que tout cela est encore une monarchie et non une auberge en fin de mois.
Bladimir a beau parler de pactes honorĂ©s, de bases saines et de rĂšgne consensuel, il se retrouve Ă gouverner comme un homme qui hĂ©rite dâun chĂąteau avec des fantĂŽmes, des dettes et une note sur la table disant bonne chance.
Il nomme. Il replace. Il retire.
Jean-Messie de la Nation passe Ă lâIntĂ©rieur.
Dame DĂ©merzel reçoit lâĂconomie.
Elune Von Voda prend la Justice.
Stefan de Crab se retrouve Ă la Guerre.
Lord Golgoth Ruthven obtient la Recherche.
Mench0 hĂ©rite de lâĂ©lĂ©gance comme on reçoit une arme enveloppĂ©e dans du satin. Et pendant que tout cela bouge, la
RuthvĂ©nie continue de se faire mordre aux chevilles par ses propres provinces, ses rebelles et le souvenir trop frais dâun trĂŽne qui a tournĂ© comme une porte de taverne.
Ce qui est fascinant, ce nâest pas que
Bladimir ait pris le pouvoir.
Câest quâil le prenne en annonçant trois grands axes, comme un souverain sĂ©rieux posĂ© au milieu dâune piĂšce oĂč lâarmoire est tombĂ©e, le chien hurle, la nappe brĂ»le et quelquâun cherche encore le roi prĂ©cĂ©dent sous la table. RĂ©gler
Géofront. Régler le
ValĂ©gro. Relancer lâarmĂ©e. VoilĂ un programme. VoilĂ mĂȘme une architecture. Mais il faut ĂȘtre ruthvĂšne pour dessiner une cathĂ©drale alors que les fondations fument encore.
Le roi peut venir rĂ©pondre. Il pourra mĂȘme expliquer ce quâon achĂšte avec vingt deux couronnes. Un tampon, peut ĂȘtre. Une bougie courte. Un biscuit diplomatique. Ou la moitiĂ© dâun silence.
Mais avant de quitter ce trÎne qui grince, permettez-moi de rappeler un détail.
Tormenta est parti en disant quâil reviendrait dans la peau du chasseur. En
RuthvĂ©nie, mĂȘme les dĂ©parts ressemblent Ă une menace de saison deux.
Ce trĂŽne nous conduit naturellement vers
GĂ©ofront, cette province qui nâa pas seulement levĂ© la voix. Elle a commencĂ© Ă ranger ses affaires. Depuis des jours,
Géofront répÚte que le
Royaume de RuthvĂ©nie nâa plus la main, plus la mesure, plus lâĂąme et plus le droit naturel de se faire appeler protecteur.
Ninoo Chantargent le dit dans un bafouillage qui ne change rien au fond.
Alice Ravenloft le chante avec sa
PassTek, ses
Miaou, sa tendresse et cette faculté troublante à transformer une sécession en chanson douce.
Darth Leo parle de politique des petits pas.
Shiki Chantargent est citĂ©e comme celle qui pense plus loin, qui voit les fusĂ©es, les pierres vertes et les centrales que dâautres ne comprennent pas. Le message gĂ©nĂ©ral est assez clair pour que mĂȘme une couronne pressĂ©e puisse lâentendre. Le protectorat doit prendre fin. Le Royaume doit partir des terres saintes. Le
GĂ©ofront veut respirer sans demander lâautorisation Ă un trĂŽne qui change de tĂȘte au rythme des pactes.
Et que répond
Bladimir.
Il demande un avis.
Il parle de divorce.
Il dit que le
GĂ©ofront veut le divorce et que lâon peut accepter de se quitter bons amis ou sây opposer par les armes et les discours. VoilĂ au moins une phrase qui a le mĂ©rite de poser la table. Dâun cĂŽtĂ©, une sĂ©paration propre. De lâautre, lâargenterie dans le mur.
Dame DĂ©merzel baisse lâimposition de
GĂ©ofront de cinquante cinq Ă vingt pour cent, revenant au niveau initial du traitĂ© de protectorat. Elle appelle cela un signe dâapaisement. Câen est un. Et comme tous les signes dâapaisement tardifs, il arrive avec une petite pancarte invisible disant nous aurions pu y penser avant. Une province qui crie depuis trop longtemps ne se calme pas forcĂ©ment parce quâon desserre enfin la corde. Elle remarque surtout quâil y avait bien une corde.
Câest ici que la mauvaise foi Ă©trangĂšre devient dĂ©licieuse. Le Royaume ne souhaite pas voir partir
Géofront. TrÚs bien. Il lui rend alors une partie de son souffle et espÚre que le dialogue redeviendra possible. Mais
GĂ©ofront ne parle plus seulement dâargent. Il parle de dignitĂ©, de science, de foi, de territoire, de mĂ©moire et de cette fatigue qui sâinstalle quand une province doit supplier quâon respecte ce quâon avait pourtant signĂ©.
Une taxe se baisse. Une humiliation, non.
Les habitants du
Géofront peuvent venir dire si les vingt pour cent suffisent à rouvrir la porte. Les RuthvÚnes peuvent venir expliquer pourquoi il faut toujours attendre que la maison brûle pour baisser le chauffage. Les diplomates peuvent apporter leurs traités. Les scientifiques peuvent apporter les fusées. Nous placerons les discours inflammables loin des chandelles.
Mais la crise du
Géofront a déjà contaminée la carte. Car
Crab Key, elle aussi, a choisi son théùtre.
Tormenta, dans son dernier geste de roi joueur, avait cédé
Crab Key Ă
Kraland comme on lĂąche une piĂšce dans une partie de
Puissance 4. La province dissidente ne jouait pas le jeu royal. Alors il a joué avec elle. Puis
Korail sâest insurgĂ©e, a ramenĂ©
Crab Key au
Royaume de Ruthvénie, a nommé
BohĂ© dâUmont comte de
Port Magmor et tout le monde a respirĂ© comme si une Ăźle venait de sortir dâune bassine rouge.
Dame DĂ©merzel a ensuite abaissĂ© lâimpĂŽt de
Crab Key de cinquante à vingt cinq pour cent au nom de la concorde retrouvée.
Voyez la beautĂ© de ce mĂ©canisme. On arrache, on cĂšde, on insurge, on rĂ©cupĂšre, on baisse les impĂŽts et lâon appelle cela de lâunitĂ©.
La
RuthvĂ©nie nâest pas une monarchie.
Câest un mariage oĂč chaque province garde une valise prĂšs de la porte.
Passons au
ValĂ©gro, ce laboratoire politique oĂč lâon a rĂ©ussi Ă mĂ©langer
Kraland, les pastĂšques, les lapins, les cages, la police, les sentiments dâinsĂ©curitĂ© et lâexpropriation religieuse dans une seule marmite sans que personne nâait encore eu la dĂ©cence de sâĂ©vanouir.
Fort Emouchet vit encore sous le grand parfum de la
PassTek. La fĂȘte devait porter le Bonheur, le
Grand Miaou, lâamitiĂ©, la paix et cette idĂ©e trĂšs dangereuse selon laquelle les peuples cessent de se battre quand on leur donne assez de jus de pastĂšque.
Alice Ravenloft a chantĂ©, rassemblĂ©, distribuĂ© de lâaffection Ă pleine fourrure et le
Commissariat du Bonheur lâa rĂ©compensĂ©e dâune pastille comme si le salut politique pouvait se sucer lentement sous la langue.
Au milieu de cette douceur fruitée,
Jean-Luc Selriche fait ce quâil sait faire de mieux. Il annonce que tout va bien.
Tout va bien quand une ville a besoin dâune commissaire qui traque les criminels avec une dĂ©termination absolue. Tout va bien quand cette mĂȘme commissaire,
Kenza, explique plus tard quâil nây a en rĂ©alitĂ© aucun criminel et que les archives ont confondu la colonne des criminels recherchĂ©s avec celle des personnes potentiellement dĂ©sagrĂ©ables. Tout va bien quand le bourgmestre explique quâil nây a pas dâinsĂ©curitĂ© mais seulement un sentiment dâinsĂ©curitĂ©. Tout va bien quand une chapelle de la
Conscience Universelle disparaĂźt aprĂšs que
Selriche se soit concentré trÚs fort sur sa disparition et découvre que la pensée magique fonctionne mieux que certaines institutions.
Mais le
ValĂ©gro est une province merveilleuse. Elle rĂ©ussit Ă ĂȘtre Ă la fois policiĂšre, festive, collectiviste, mystique et immobiliĂšre.
Selriche dĂ©couvre que le vrai problĂšme nâest pas le chaos, ni les bombes, ni les coups, ni les rebelles, ni les lapins, ni les discours de sĂ©cession. Non. Le vrai problĂšme serait le mal logement. Les gens ne critiquent pas
Kraland, ils demandent un toit. Ceux qui soutiennent la
RuthvĂ©nie ou lâindĂ©pendance ne veulent pas partir, ils veulent dormir. La solution devient alors limpide. Doubler la taxe fonciĂšre et supprimer la taxe dâhabitation.
Il faut reconnaĂźtre le courage intellectuel. Dans beaucoup de pays, on ment pour cacher une taxe. Ă
Kraland, on transforme une révolte en problÚme de literie puis on taxe les murs. La
République a toujours eu ce talent. Elle ne réprime pas. Elle reloge vos opinions dans une catégorie fiscale.
Bogdan DâArken, de son cĂŽtĂ©, lĂšve un impĂŽt exceptionnel, une taxe sur les fortunes et redistribue des milliers de FK dans les ministĂšres. La machine rouge pompe, verse, collectivise, finance et chante que
Kraland nâabandonnera pas le bonheur de ses citoyens si facilement. Naturellement. Aucun rĂ©gime ne tient davantage au bonheur que celui qui doit le financer par surprise.
Les citoyens de
Fort Emouchet peuvent venir corriger. Les personnes potentiellement dĂ©sagrĂ©ables peuvent rĂ©clamer une nouvelle colonne. Les anciens criminels administrativement innocents peuvent rĂ©cupĂ©rer leur dignitĂ© au bureau perdu. Quant Ă la chapelle expropriĂ©e, quâelle repose en paix dans la grande pensĂ©e magique du camarade.
Pendant ce temps, la
Mystisie rappelle quâil existe des provinces oĂč mĂȘme les conflits internes sentent la poudre ancienne et la fiertĂ© mal guĂ©rie. Une alerte Ă la bombe paralyse la
Coutellerie van Tartijn, accompagnĂ©e dâune dĂ©claration qui ressemble moins Ă un crime quâĂ un cours dâhistoire armĂ©. Le message est clair. En
Mystisie, on peut se haĂŻr entre compatriotes. Câest mĂȘme une tradition locale, presque une forme dâart. Mais en cas de conflit entre les siens et les Ă©trangers, le vrai Mystisien devrait toujours choisir les siens. Lâauteur rappelle que les autochtones brillent le plus lorsquâils luttent ensemble contre lâextĂ©rieur et reproche Ă
Cheikh Evara dâavoir confondu fiertĂ© personnelle et hĂ©ritage culturel.
Je dois dire que jâapprĂ©cie cette pĂ©dagogie. Dans les pays fades, on donne une confĂ©rence. En
Mystisie, on ferme une armurerie avec une alerte Ă la bombe et lâon appelle cela une thĂ©rapie de choc.
La question posée est intéressante.
Cheikh Evara est-il encore digne de garder la tradition des
Van Tartijn. Ce nâest pas seulement une accusation. Câest une morsure identitaire. Et la
Mystisie, comme
Sicilia, comprend mieux que dâautres que la pire insulte nâest pas de vous traiter dâennemi. Câest de suggĂ©rer que vous ne savez plus ĂȘtre dâici.
Les Mystisiens peuvent répondre. Les étrangers peuvent écouter. Les couteaux, eux, attendront vingt quatre heures.
Passons maintenant au
Khanat ElmĂ©rien, oĂč la politique conserve cette fraĂźcheur primitive qui permet de passer de lâusurpation au cri de guerre en moins de temps quâil nâen faut Ă
Kraland pour inventer une colonne administrative.
Mademoiselle a tentĂ© dâusurper la Grande Khane
Tifa LockHeart, portĂ©e par lâesprit Boulet. Elle a perdu son poste de Khane et sâest livrĂ©e aux autoritĂ©s avec des faux papiers confisquĂ©s. VoilĂ une trajectoire admirable. On commence par croire que lâesprit Boulet guide ses pas et lâon finit en prison avec la preuve que les papiers aussi avait compris la blague.
Puis
Jeff Bizous profite dâun poste vacant pour faire un coup dâĂtat en
Bouletie avec un cri parfaitement adaptĂ© Ă la situation. Boulet time. Je nâai rien Ă ajouter. Câest une de ces phrases qui nâont pas besoin dâĂȘtre analysĂ©es parce quâelles contiennent dĂ©jĂ leur propre effondrement.
Pigeon Ronron hurle depuis
CAPS LOCK pour obtenir un vote,
fRAN9OIS6aNDR2 transfĂšre seize mille ĂE au MinistĂšre de lâĂconomie,
Kubilai Khan Seraven pompe une unitĂ© dâexploitation Ă
Trésorville et des créatures agressent un peu partout comme si la faune elmérienne voulait participer au congrÚs. Le
Khanat possĂšde un talent rare pour faire dâune crise Ă©lectorale une fĂȘte de village avec armes, faux papiers, pompes et cris en majuscules.
Et pourtant, ne rions pas trop vite. Le
Khanat avance parce quâil accepte la brutalitĂ© visible de ses contradictions. LĂ oĂč dâautres peuples emballent leurs ambitions dans du velours, les ElmĂ©riens les lancent sur la table encore tiĂšdes. Câest sale. Câest criard. Câest parfois efficace.
Les Boulets peuvent venir expliquer si lâesprit Boulet Ă©tait assurĂ© contre lâusurpation.
Tifa peut envoyer un communiqué, un garde ou une tarte.
Jeff Bizous peut préciser si le Boulet time a un horaire officiel.
Je ne peux pas quitter cette soirée sans parler de la science, cette vieille prétention civilisée qui consiste à brûler des notes puis à appeler cela un détour expérimental.
Bob le trĂšs trĂšs terrible, Ministre de la Recherche de lâEmpire, a annoncĂ© la climatisation quantique, alimentĂ©e au sang de chat et produisant un grincement effroyable. Câest le mal absolu, dit-il. Je veux le croire. Quand un ministre prĂ©sente une invention en prĂ©cisant quâelle fait mal aux oreilles et quâelle utilise un vibratomixeur Ă chat, il ne reste plus quâĂ signer les crĂ©dits et prier pour que les chats aient un syndicat assez faible.
Il a aussi organisĂ© une lutte contre lâillettrisme, offrant lâĂ©cole gratuite aux limitĂ©s avant de leur rappeler quâils devront ensuite cent quarante cinq ans de service Ă lâEmpire. VoilĂ une belle politique publique. Lire ouvre des portes. Certaines donnent sur des chaĂźnes. Mais des chaĂźnes alphabĂ©tisĂ©es, ce qui est dĂ©jĂ un progrĂšs.
Chez la
Confédération Libre,
Pr Jean-Michel Nobyl lance des recherches sur les missiles nuclĂ©aires pour accĂ©lĂ©rer la mutation gĂ©nĂ©tique gĂ©nĂ©rale, avec cette dĂ©licatesse confĂ©dĂ©rĂ©e consistant Ă espĂ©rer ne pas toucher lâEhpad de
Monique. Il enquĂȘte aussi sur lâĂ©chec de la dĂ©mocratie et conclut que le problĂšme vient des Normies, combustible Ă©lectoral de mauvaise qualitĂ©. La dĂ©mocratie aurait donc Ă©chouĂ© parce que les mauvaises personnes ont votĂ©. Câest une dĂ©couverte remarquable, surtout pour un rĂ©gime censĂ© aimer les Ă©lecteurs avant de dĂ©couvrir ce quâils font avec un bulletin.
Le
Paradigme Vert, lui, officialise le
Culte de la Grande DĂ©esse grĂące Ă
Bartolomus Ravenloft, qui découvre la technologie pendant que des notes brûlent par erreur. Les miracles, décidément, aiment beaucoup les laboratoires mal rangés.
Je note donc que la science cybermondiale se divise en trois Ă©coles. LâEmpire invente des horreurs assumĂ©es. La ConfĂ©dĂ©ration veut corriger lâĂ©lectorat avec des gĂšnes et des missiles. Le Paradigme transforme ses incendies de notes en religion officielle.
Franchement, lâEmpire paraĂźt presque raisonnable. Les chercheurs peuvent venir nier. Les chats peuvent venir se cacher. Les Normies peuvent dĂ©poser plainte mais uniquement sâils savent lire les petites lignes. Enfin, terminons avec les petites morsures du monde, parce quâelles donnent souvent le meilleur goĂ»t au sang de lâactualitĂ©.
Cassandre Lemage Ruthven entraĂźne les occupants du
Domaine des Rois dans une dĂ©bauche pour le mariage dâ
Emile et de
PrĂ©cieuse, avec une danse des pouces, des coudes, des genoux, des pieds, des fesses, des yeux qui louchent et dâun cheveu sur la langue. Il y a des mariages qui Ă©meuvent. Celui-ci semble vouloir dĂ©poser une plainte contre la dignitĂ©. Mais au moins, on danse. Et dans ce monde, danser pour lâamour au milieu des ruines mĂ©rite presque un salut.
Lord Golgoth Ruthven se fait agresser par des rebelles.
Mench0 aussi.
Tormenta aussi.
Elune Von Voda tombe dans un piĂšge aux Services Secrets.
Ivictus reçoit une enclume sur la tĂȘte.
Jojo lâAffreux brĂ»le des notes scientifiques.
Jay et
Lola sont aperçus dans une rumeur sibĂ©rienne autour dâun appareil bizarre.
Neodym Seltenerd achĂšte une villa.
La relique Philosophie SyncrĂ©tique de Franck Mysti aurait Ă©tĂ© dĂ©truite par un rationaliste extrĂ©miste. La journĂ©e se termine donc comme elle se doit, avec des danses, des piĂšges, des rebelles, de lâimmobilier, de la science abĂźmĂ©e et une philosophie dĂ©truite par quelquâun qui voulait probablement simplifier le dĂ©bat au marteau.
Les concernés peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplémentaire que cette émission a encore touchée une veine.
Bladimir peut expliquer comment régner avec vingt deux couronnes et trois pactes.
Géofront peut dire si vingt pour cent suffit à recoller une province qui a déjà préparé sa valise.
Selriche peut nous enseigner la pensée magique immobiliÚre.
Kenza peut classer les auditeurs entre criminels et personnes potentiellement désagréables.
Dusk et Aurora peut recevoir les fĂ©licitations quâil mĂ©rite pour avoir baissĂ© les taxes de
Trou Perdu.
Jaylie peut nous rappeler que le sarcasme est une hygiĂšne publique.
Bob peut garder ses chats loin de mon studio.
Ici Kleo, depuis la salle du trĂŽne de lâEmpire Brun, sous les chandelles, les crĂąnes, les dorures anciennes et la toile qui sait exactement quand se refermer.
Aucun problĂšme.