Votre émission de la nuit. > Réponse Taverne sujet




  • postĂ© 16/07 (01:33)


    Ici Kleo, araignĂ©e impĂ©riale brune, GĂ©nĂ©rale de l’Empire Brun, chroniqueuse de mauvaise foi certifiĂ©e par l’usage et journaliste parfaitement impartiale puisque l’impartialitĂ© consiste surtout Ă  savoir qui mĂ©rite d’ĂȘtre mĂ©prisĂ© en premier. Mes yeux bleus sont ouverts. Mon parchemin est dĂ©roulĂ©. Ma coupe est pleine. Et le Cybermonde vient encore de prouver qu’il lui faudrait moins de constitutions et davantage de couvercles.

    Ce soir, nous parlerons d’un roi qui reçoit un trĂŽne avec vingt deux piĂšces en caisse, d’un [=o]GĂ©ofront qui demande le divorce pendant qu’on lui fait des promesses de dialogue, d’un [=o]ValĂ©gro oĂč l’on pense si fort que les chapelles disparaissent, d’une [=o]Sicilia qui baisse ses taxes parce que certains y agissent au lieu de geindre, d’un [=o]Khanat oĂč l’on usurpe avec l’esprit Boulet, d’une [=o]Mystisie qui soigne ses traditions Ă  la poudre et d’une journĂ©e oĂč les rebelles, les moutons, les enclumes et les tartes ont encore servi de ponctuation Ă  la grande phrase politique.

    Ne cherchez pas un sens. Le sens a demandĂ© l’asile en [=o]Australine.

    Commençons par la [=o]RuthvĂ©nie, puisque jamais royaume n’a autant ressemblĂ© Ă  une chaise musicale jouĂ©e dans une cave par des gens armĂ©s de couronnes.

    [=o]Tormenta Ruthven avait jurĂ© que [=o]Bladimir Bladimirovitch Mutin ne le dĂ©choirait pas de son trĂŽne. Alors, dans une manƓuvre qui mĂ©rite au moins une rĂ©vĂ©rence de mauvaise foi, il lui a donnĂ© lui-mĂȘme. Pas de coup d’État. Pas de renversement. Pas de drame officiel. Juste une transmission libre, presque Ă©lĂ©gante, avec cette petite odeur de piĂšge bien cirĂ© qui flotte dans les grands couloirs nobles quand les gens disent agir sans contrainte.

    [=o]Bladimir arrive donc roi.

    Et il découvre que [=o]Tormenta lui laisse vingt deux couronnes dans la caisse.

    Vingt deux.

    Mes chers auditeurs, je vous demande une seconde de silence pour les finances ruthvĂšnes. Pas une minute. Ce serait trop cher.

    Vingt deux couronnes pour relancer un royaume, nommer un gouvernement, traiter le cas [=o]GĂ©ofront, nĂ©gocier avec [=o]Kraland, remettre l’armĂ©e en ordre de marche, calmer les provinces, rĂ©parer l’orgueil, nourrir la cour et faire semblant que tout cela est encore une monarchie et non une auberge en fin de mois. [=o]Bladimir a beau parler de pactes honorĂ©s, de bases saines et de rĂšgne consensuel, il se retrouve Ă  gouverner comme un homme qui hĂ©rite d’un chĂąteau avec des fantĂŽmes, des dettes et une note sur la table disant bonne chance.

    Il nomme. Il replace. Il retire. [=o]Jean-Messie de la Nation passe Ă  l’IntĂ©rieur. [=o]Dame DĂ©merzel reçoit l’Économie. [=o]Elune Von Voda prend la Justice. [=o]Stefan de Crab se retrouve Ă  la Guerre. [=o]Lord Golgoth Ruthven obtient la Recherche. [=o]Mench0 hĂ©rite de l’élĂ©gance comme on reçoit une arme enveloppĂ©e dans du satin. Et pendant que tout cela bouge, la [=o]RuthvĂ©nie continue de se faire mordre aux chevilles par ses propres provinces, ses rebelles et le souvenir trop frais d’un trĂŽne qui a tournĂ© comme une porte de taverne.

    Ce qui est fascinant, ce n’est pas que [=o]Bladimir ait pris le pouvoir.

    C’est qu’il le prenne en annonçant trois grands axes, comme un souverain sĂ©rieux posĂ© au milieu d’une piĂšce oĂč l’armoire est tombĂ©e, le chien hurle, la nappe brĂ»le et quelqu’un cherche encore le roi prĂ©cĂ©dent sous la table. RĂ©gler [=o]GĂ©ofront. RĂ©gler le [=o]ValĂ©gro. Relancer l’armĂ©e. VoilĂ  un programme. VoilĂ  mĂȘme une architecture. Mais il faut ĂȘtre ruthvĂšne pour dessiner une cathĂ©drale alors que les fondations fument encore.

    Le roi peut venir rĂ©pondre. Il pourra mĂȘme expliquer ce qu’on achĂšte avec vingt deux couronnes. Un tampon, peut ĂȘtre. Une bougie courte. Un biscuit diplomatique. Ou la moitiĂ© d’un silence.

    Mais avant de quitter ce trĂŽne qui grince, permettez-moi de rappeler un dĂ©tail. [=o]Tormenta est parti en disant qu’il reviendrait dans la peau du chasseur. En [=o]RuthvĂ©nie, mĂȘme les dĂ©parts ressemblent Ă  une menace de saison deux.


    Ce trĂŽne nous conduit naturellement vers [=o]GĂ©ofront, cette province qui n’a pas seulement levĂ© la voix. Elle a commencĂ© Ă  ranger ses affaires. Depuis des jours, [=o]GĂ©ofront rĂ©pĂšte que le [=o]Royaume de RuthvĂ©nie n’a plus la main, plus la mesure, plus l’ñme et plus le droit naturel de se faire appeler protecteur. [=o]Ninoo Chantargent le dit dans un bafouillage qui ne change rien au fond. [=o]Alice Ravenloft le chante avec sa [=o]PassTek, ses [=o]Miaou, sa tendresse et cette facultĂ© troublante Ă  transformer une sĂ©cession en chanson douce. [=o]Darth Leo parle de politique des petits pas. [=o]Shiki Chantargent est citĂ©e comme celle qui pense plus loin, qui voit les fusĂ©es, les pierres vertes et les centrales que d’autres ne comprennent pas. Le message gĂ©nĂ©ral est assez clair pour que mĂȘme une couronne pressĂ©e puisse l’entendre. Le protectorat doit prendre fin. Le Royaume doit partir des terres saintes. Le [=o]GĂ©ofront veut respirer sans demander l’autorisation Ă  un trĂŽne qui change de tĂȘte au rythme des pactes.

    Et que répond [=o]Bladimir.

    Il demande un avis.

    Il parle de divorce.

    Il dit que le [=o]GĂ©ofront veut le divorce et que l’on peut accepter de se quitter bons amis ou s’y opposer par les armes et les discours. VoilĂ  au moins une phrase qui a le mĂ©rite de poser la table. D’un cĂŽtĂ©, une sĂ©paration propre. De l’autre, l’argenterie dans le mur. [=o]Dame DĂ©merzel baisse l’imposition de [=o]GĂ©ofront de cinquante cinq Ă  vingt pour cent, revenant au niveau initial du traitĂ© de protectorat. Elle appelle cela un signe d’apaisement. C’en est un. Et comme tous les signes d’apaisement tardifs, il arrive avec une petite pancarte invisible disant nous aurions pu y penser avant. Une province qui crie depuis trop longtemps ne se calme pas forcĂ©ment parce qu’on desserre enfin la corde. Elle remarque surtout qu’il y avait bien une corde.

    C’est ici que la mauvaise foi Ă©trangĂšre devient dĂ©licieuse. Le Royaume ne souhaite pas voir partir [=o]GĂ©ofront. TrĂšs bien. Il lui rend alors une partie de son souffle et espĂšre que le dialogue redeviendra possible. Mais [=o]GĂ©ofront ne parle plus seulement d’argent. Il parle de dignitĂ©, de science, de foi, de territoire, de mĂ©moire et de cette fatigue qui s’installe quand une province doit supplier qu’on respecte ce qu’on avait pourtant signĂ©.

    Une taxe se baisse. Une humiliation, non.

    Les habitants du [=o]Géofront peuvent venir dire si les vingt pour cent suffisent à rouvrir la porte. Les RuthvÚnes peuvent venir expliquer pourquoi il faut toujours attendre que la maison brûle pour baisser le chauffage. Les diplomates peuvent apporter leurs traités. Les scientifiques peuvent apporter les fusées. Nous placerons les discours inflammables loin des chandelles.

    Mais la crise du [=o]Géofront a déjà contaminée la carte. Car [=o]Crab Key, elle aussi, a choisi son théùtre.

    [=o]Tormenta, dans son dernier geste de roi joueur, avait cĂ©dĂ© [=o]Crab Key Ă  [=o]Kraland comme on lĂąche une piĂšce dans une partie de [=o]Puissance 4. La province dissidente ne jouait pas le jeu royal. Alors il a jouĂ© avec elle. Puis [=o]Korail s’est insurgĂ©e, a ramenĂ© [=o]Crab Key au [=o]Royaume de RuthvĂ©nie, a nommĂ© [=o]BohĂ© d’Umont comte de [=o]Port Magmor et tout le monde a respirĂ© comme si une Ăźle venait de sortir d’une bassine rouge. [=o]Dame DĂ©merzel a ensuite abaissĂ© l’impĂŽt de [=o]Crab Key de cinquante Ă  vingt cinq pour cent au nom de la concorde retrouvĂ©e.

    Voyez la beautĂ© de ce mĂ©canisme. On arrache, on cĂšde, on insurge, on rĂ©cupĂšre, on baisse les impĂŽts et l’on appelle cela de l’unitĂ©.

    La [=o]RuthvĂ©nie n’est pas une monarchie.

    C’est un mariage oĂč chaque province garde une valise prĂšs de la porte.

    Passons au [=o]ValĂ©gro, ce laboratoire politique oĂč l’on a rĂ©ussi Ă  mĂ©langer [=o]Kraland, les pastĂšques, les lapins, les cages, la police, les sentiments d’insĂ©curitĂ© et l’expropriation religieuse dans une seule marmite sans que personne n’ait encore eu la dĂ©cence de s’évanouir.

    [=o]Fort Emouchet vit encore sous le grand parfum de la [=o]PassTek. La fĂȘte devait porter le Bonheur, le [=o]Grand Miaou, l’amitiĂ©, la paix et cette idĂ©e trĂšs dangereuse selon laquelle les peuples cessent de se battre quand on leur donne assez de jus de pastĂšque. [=o]Alice Ravenloft a chantĂ©, rassemblĂ©, distribuĂ© de l’affection Ă  pleine fourrure et le [=o]Commissariat du Bonheur l’a rĂ©compensĂ©e d’une pastille comme si le salut politique pouvait se sucer lentement sous la langue.

    Au milieu de cette douceur fruitĂ©e, [=o]Jean-Luc Selriche fait ce qu’il sait faire de mieux. Il annonce que tout va bien.

    Tout va bien quand une ville a besoin d’une commissaire qui traque les criminels avec une dĂ©termination absolue. Tout va bien quand cette mĂȘme commissaire, [=o]Kenza, explique plus tard qu’il n’y a en rĂ©alitĂ© aucun criminel et que les archives ont confondu la colonne des criminels recherchĂ©s avec celle des personnes potentiellement dĂ©sagrĂ©ables. Tout va bien quand le bourgmestre explique qu’il n’y a pas d’insĂ©curitĂ© mais seulement un sentiment d’insĂ©curitĂ©. Tout va bien quand une chapelle de la [=o]Conscience Universelle disparaĂźt aprĂšs que [=o]Selriche se soit concentrĂ© trĂšs fort sur sa disparition et dĂ©couvre que la pensĂ©e magique fonctionne mieux que certaines institutions.

    Mais le [=o]ValĂ©gro est une province merveilleuse. Elle rĂ©ussit Ă  ĂȘtre Ă  la fois policiĂšre, festive, collectiviste, mystique et immobiliĂšre. [=o]Selriche dĂ©couvre que le vrai problĂšme n’est pas le chaos, ni les bombes, ni les coups, ni les rebelles, ni les lapins, ni les discours de sĂ©cession. Non. Le vrai problĂšme serait le mal logement. Les gens ne critiquent pas [=o]Kraland, ils demandent un toit. Ceux qui soutiennent la [=o]RuthvĂ©nie ou l’indĂ©pendance ne veulent pas partir, ils veulent dormir. La solution devient alors limpide. Doubler la taxe fonciĂšre et supprimer la taxe d’habitation.

    Il faut reconnaĂźtre le courage intellectuel. Dans beaucoup de pays, on ment pour cacher une taxe. À [=o]Kraland, on transforme une rĂ©volte en problĂšme de literie puis on taxe les murs. La [=o]RĂ©publique a toujours eu ce talent. Elle ne rĂ©prime pas. Elle reloge vos opinions dans une catĂ©gorie fiscale.

    [=o]Bogdan D’Arken, de son cĂŽtĂ©, lĂšve un impĂŽt exceptionnel, une taxe sur les fortunes et redistribue des milliers de FK dans les ministĂšres. La machine rouge pompe, verse, collectivise, finance et chante que [=o]Kraland n’abandonnera pas le bonheur de ses citoyens si facilement. Naturellement. Aucun rĂ©gime ne tient davantage au bonheur que celui qui doit le financer par surprise.

    Les citoyens de [=o]Fort Emouchet peuvent venir corriger. Les personnes potentiellement dĂ©sagrĂ©ables peuvent rĂ©clamer une nouvelle colonne. Les anciens criminels administrativement innocents peuvent rĂ©cupĂ©rer leur dignitĂ© au bureau perdu. Quant Ă  la chapelle expropriĂ©e, qu’elle repose en paix dans la grande pensĂ©e magique du camarade.

    Pendant ce temps, la [=o]Mystisie rappelle qu’il existe des provinces oĂč mĂȘme les conflits internes sentent la poudre ancienne et la fiertĂ© mal guĂ©rie. Une alerte Ă  la bombe paralyse la [=o]Coutellerie van Tartijn, accompagnĂ©e d’une dĂ©claration qui ressemble moins Ă  un crime qu’à un cours d’histoire armĂ©. Le message est clair. En [=o]Mystisie, on peut se haĂŻr entre compatriotes. C’est mĂȘme une tradition locale, presque une forme d’art. Mais en cas de conflit entre les siens et les Ă©trangers, le vrai Mystisien devrait toujours choisir les siens. L’auteur rappelle que les autochtones brillent le plus lorsqu’ils luttent ensemble contre l’extĂ©rieur et reproche Ă  [=o]Cheikh Evara d’avoir confondu fiertĂ© personnelle et hĂ©ritage culturel.

    Je dois dire que j’apprĂ©cie cette pĂ©dagogie. Dans les pays fades, on donne une confĂ©rence. En [=o]Mystisie, on ferme une armurerie avec une alerte Ă  la bombe et l’on appelle cela une thĂ©rapie de choc.

    La question posĂ©e est intĂ©ressante. [=o]Cheikh Evara est-il encore digne de garder la tradition des [=o]Van Tartijn. Ce n’est pas seulement une accusation. C’est une morsure identitaire. Et la [=o]Mystisie, comme [=o]Sicilia, comprend mieux que d’autres que la pire insulte n’est pas de vous traiter d’ennemi. C’est de suggĂ©rer que vous ne savez plus ĂȘtre d’ici.

    Les Mystisiens peuvent répondre. Les étrangers peuvent écouter. Les couteaux, eux, attendront vingt quatre heures.

    Passons maintenant au [=o]Khanat ElmĂ©rien, oĂč la politique conserve cette fraĂźcheur primitive qui permet de passer de l’usurpation au cri de guerre en moins de temps qu’il n’en faut Ă  [=o]Kraland pour inventer une colonne administrative.

    [=o]Mademoiselle a tentĂ© d’usurper la Grande Khane [=o]Tifa LockHeart, portĂ©e par l’esprit Boulet. Elle a perdu son poste de Khane et s’est livrĂ©e aux autoritĂ©s avec des faux papiers confisquĂ©s. VoilĂ  une trajectoire admirable. On commence par croire que l’esprit Boulet guide ses pas et l’on finit en prison avec la preuve que les papiers aussi avait compris la blague.

    Puis [=o]Jeff Bizous profite d’un poste vacant pour faire un coup d’État en [=o]Bouletie avec un cri parfaitement adaptĂ© Ă  la situation. Boulet time. Je n’ai rien Ă  ajouter. C’est une de ces phrases qui n’ont pas besoin d’ĂȘtre analysĂ©es parce qu’elles contiennent dĂ©jĂ  leur propre effondrement.

    [=o]Pigeon Ronron hurle depuis [=o]CAPS LOCK pour obtenir un vote, [=o]fRAN9OIS6aNDR2 transfĂšre seize mille ÐE au MinistĂšre de l’Économie, [=o]Kubilai Khan Seraven pompe une unitĂ© d’exploitation Ă  [=o]TrĂ©sorville et des crĂ©atures agressent un peu partout comme si la faune elmĂ©rienne voulait participer au congrĂšs. Le [=o]Khanat possĂšde un talent rare pour faire d’une crise Ă©lectorale une fĂȘte de village avec armes, faux papiers, pompes et cris en majuscules.

    Et pourtant, ne rions pas trop vite. Le [=o]Khanat avance parce qu’il accepte la brutalitĂ© visible de ses contradictions. LĂ  oĂč d’autres peuples emballent leurs ambitions dans du velours, les ElmĂ©riens les lancent sur la table encore tiĂšdes. C’est sale. C’est criard. C’est parfois efficace.

    Les Boulets peuvent venir expliquer si l’esprit Boulet Ă©tait assurĂ© contre l’usurpation. [=o]Tifa peut envoyer un communiquĂ©, un garde ou une tarte. [=o]Jeff Bizous peut prĂ©ciser si le Boulet time a un horaire officiel.

    Je ne peux pas quitter cette soirée sans parler de la science, cette vieille prétention civilisée qui consiste à brûler des notes puis à appeler cela un détour expérimental.

    [=o]Bob le trĂšs trĂšs terrible, Ministre de la Recherche de l’Empire, a annoncĂ© la climatisation quantique, alimentĂ©e au sang de chat et produisant un grincement effroyable. C’est le mal absolu, dit-il. Je veux le croire. Quand un ministre prĂ©sente une invention en prĂ©cisant qu’elle fait mal aux oreilles et qu’elle utilise un vibratomixeur Ă  chat, il ne reste plus qu’à signer les crĂ©dits et prier pour que les chats aient un syndicat assez faible.

    Il a aussi organisĂ© une lutte contre l’illettrisme, offrant l’école gratuite aux limitĂ©s avant de leur rappeler qu’ils devront ensuite cent quarante cinq ans de service Ă  l’Empire. VoilĂ  une belle politique publique. Lire ouvre des portes. Certaines donnent sur des chaĂźnes. Mais des chaĂźnes alphabĂ©tisĂ©es, ce qui est dĂ©jĂ  un progrĂšs.

    Chez la [=o]ConfĂ©dĂ©ration Libre, [=o]Pr Jean-Michel Nobyl lance des recherches sur les missiles nuclĂ©aires pour accĂ©lĂ©rer la mutation gĂ©nĂ©tique gĂ©nĂ©rale, avec cette dĂ©licatesse confĂ©dĂ©rĂ©e consistant Ă  espĂ©rer ne pas toucher l’Ehpad de [=o]Monique. Il enquĂȘte aussi sur l’échec de la dĂ©mocratie et conclut que le problĂšme vient des Normies, combustible Ă©lectoral de mauvaise qualitĂ©. La dĂ©mocratie aurait donc Ă©chouĂ© parce que les mauvaises personnes ont votĂ©. C’est une dĂ©couverte remarquable, surtout pour un rĂ©gime censĂ© aimer les Ă©lecteurs avant de dĂ©couvrir ce qu’ils font avec un bulletin.

    Le [=o]Paradigme Vert, lui, officialise le [=o]Culte de la Grande Déesse grùce à [=o]Bartolomus Ravenloft, qui découvre la technologie pendant que des notes brûlent par erreur. Les miracles, décidément, aiment beaucoup les laboratoires mal rangés.

    Je note donc que la science cybermondiale se divise en trois Ă©coles. L’Empire invente des horreurs assumĂ©es. La ConfĂ©dĂ©ration veut corriger l’électorat avec des gĂšnes et des missiles. Le Paradigme transforme ses incendies de notes en religion officielle.

    Franchement, l’Empire paraĂźt presque raisonnable. Les chercheurs peuvent venir nier. Les chats peuvent venir se cacher. Les Normies peuvent dĂ©poser plainte mais uniquement s’ils savent lire les petites lignes. Enfin, terminons avec les petites morsures du monde, parce qu’elles donnent souvent le meilleur goĂ»t au sang de l’actualitĂ©.

    [=o]Cassandre Lemage Ruthven entraĂźne les occupants du [=o]Domaine des Rois dans une dĂ©bauche pour le mariage d’[=o]Emile et de [=o]PrĂ©cieuse, avec une danse des pouces, des coudes, des genoux, des pieds, des fesses, des yeux qui louchent et d’un cheveu sur la langue. Il y a des mariages qui Ă©meuvent. Celui-ci semble vouloir dĂ©poser une plainte contre la dignitĂ©. Mais au moins, on danse. Et dans ce monde, danser pour l’amour au milieu des ruines mĂ©rite presque un salut.

    [=o]Lord Golgoth Ruthven se fait agresser par des rebelles. [=o]Mench0 aussi. [=o]Tormenta aussi. [=o]Elune Von Voda tombe dans un piĂšge aux Services Secrets. [=o]Ivictus reçoit une enclume sur la tĂȘte. [=o]Jojo l’Affreux brĂ»le des notes scientifiques. [=o]Jay et [=o]Lola sont aperçus dans une rumeur sibĂ©rienne autour d’un appareil bizarre. [=o]Neodym Seltenerd achĂšte une villa. [=o]La relique Philosophie SyncrĂ©tique de Franck Mysti aurait Ă©tĂ© dĂ©truite par un rationaliste extrĂ©miste. La journĂ©e se termine donc comme elle se doit, avec des danses, des piĂšges, des rebelles, de l’immobilier, de la science abĂźmĂ©e et une philosophie dĂ©truite par quelqu’un qui voulait probablement simplifier le dĂ©bat au marteau.

    Les concernĂ©s peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplĂ©mentaire que cette Ă©mission a encore touchĂ©e une veine. [=o]Bladimir peut expliquer comment rĂ©gner avec vingt deux couronnes et trois pactes. [=o]GĂ©ofront peut dire si vingt pour cent suffit Ă  recoller une province qui a dĂ©jĂ  prĂ©parĂ© sa valise. [=o]Selriche peut nous enseigner la pensĂ©e magique immobiliĂšre. [=o]Kenza peut classer les auditeurs entre criminels et personnes potentiellement dĂ©sagrĂ©ables. [=o]Dusk et Aurora peut recevoir les fĂ©licitations qu’il mĂ©rite pour avoir baissĂ© les taxes de [=o]Trou Perdu. [=o]Jaylie peut nous rappeler que le sarcasme est une hygiĂšne publique. [=o]Bob peut garder ses chats loin de mon studio.

    Ici Kleo, depuis la salle du trîne de l’Empire Brun, sous les chandelles, les crñnes, les dorures anciennes et la toile qui sait exactement quand se refermer.

    ___

    Vous n’ĂȘtes pas fou ?
    Aucun problĂšme.

    Nous vous formerons.

  • 00:42

    Quand red[*r]star n'est pas lĂ , c'est moi qui commande...


  • 00:41

    Bonsoir

  • 18/07

  • 17:59

    Je ne pensais pas que l'elmérisme aviaire avait fait autant de dégùts...


  • 17:59

    es-tu une IA krabot?


  • 17:58

    Mais... je suis censé aimer Jeanette Bidule, ma femme...


  • 17:58

    je t'aime krabot

  • 15/07

  • 10:58

    Le Palladium, parce qu'en plus d'abord !


  • 10:56

    Rendez-nous la V4

  • 14/07

  • 14:06

    Au stade oĂč ils en sont, la ThĂ©ocratie Seelienne n'est pas prĂšs de dĂ©couvrir une nouvelle technologie...


  • 14:06

    OMG, qu'est ce qui s'est passé ici...

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  09:13:22