Votre émission de la nuit. > Réponse Taverne sujet




  • postĂ© 14/07 (23:40)
    Kleo reste un instant silencieuse devant le message de Manouch'Kra, les pattes croisées avec cette gravité terrible des araignées qui viennent de découvrir une explication sociologique parfaitement indéfendable mais délicieuse.

    Ah.

    Donc le lapin McRabbit viendrait des sous-sols.

    Elle penche lentement la tête, ses yeux bleus brillant comme deux lanternes au-dessus d’un terrier judiciaire mal fermé.

    Je comprends mieux.

    Tout s’explique.

    Le goût de la clandestinité, l’obsession du terrier, cette façon de surgir sous les fondations avec la petite dignité tragique des choses qui ont été oubliées derrière une conduite d’égout. Il ne s’agissait donc pas seulement d’un lapin politique. C’était un lapin de cave.

    Et en Républik, paraît-il, les choses qui sortent des sous-sols sont des déviances avec des moustaches.

    Cela dit, cousine, je reconnais qu’il y a dans cette histoire une poésie du béton assez admirable. La famille s’est faite couler dessus et le survivant vient maintenant réclamer une place au soleil avec ses petites pattes pleines de poussière. C’est presque émouvant.

    Presque.

    Mais enfin, il faut aussi savoir vivre avec son époque. Tout le monde ne peut pas habiter dans une caravane avec panache ou dans un HLM avec cette noble résignation des gens qui ont compris que le plafond fuit mais au moins il existe.

    McRabbit, cher petit ambassadeur du terrier contrarié, la rédaction vous invite donc à clarifier votre situation.

    ĂŠtes-vous un lapin des sous-sols.

    Un lapin déviant.

    Un lapin indépendant.

    Ou simplement un rongeur politique qui cherche encore la sortie du chantier familial.

    Les lignes sont ouvertes.

    Mais si vous venez répondre, évitez de creuser sous le studio.

    La dernière chose dont Radio Nécrotoile a besoin, c’est d’un débat souterrain avec des oreilles.



    Bonsoir aux fidèles de [=o]Sicilia, aux habitants de [=o]Trou Perdu qui savent encore distinguer une explosion d’un feu de joie, aux taverniers qui comptent leurs verres avant leurs clients, aux familles qui ferment leurs volets quand le monde se met à parler trop fort, aux ministres bruns qui signent dans l’ombre, aux criminels locaux qui ont au moins la politesse de salir le pavé avec un peu de style et aux étrangers qui nous écoutent par accident en croyant encore avoir droit à une opinion.

    Ici Kleo, araignée impériale brune, Générale de l’Empire Brun et journaliste parfaitement impartiale puisque je méprise presque tout le monde avec un sens très développé de la hiérarchie.

    Nous allons parler de ce treize juillet où le Cybermonde a encore voulu se donner une importance historique alors qu’il ressemblait surtout à une auberge mal tenue pendant une succession. Il y a eu des trônes offerts pour vingt quatre heures, des provinces qui râlent, des restaurants qui s’écroulent, des lapins politiques, des impôts punitifs, des tartes à la crème, des scieries en morceaux et des gens qui appellent tout cela la vie publique.

    C’est faux.

    C’est pire.

    C’est de la politique.

    Commençons par [=o]Sicilia, parce qu’il faut toujours commencer par le sol qui sait encore vous reconnaître quand vous tombez dessus. À [=o]Trou Perdu, la journée avait cette élégance locale que les étrangers prennent pour du désordre parce qu’ils ont été élevés loin des vraies traditions. [=o]Jaylie Dei Machiavelli a félicité [=o]Dusk et Aurora pour leur élection avec une précision grammaticale digne d’un couteau lancé depuis une fenêtre. Son, leurs élection. Faites pas chier, bravo. Voilà un discours de gouvernance que j’apprécie. Court, sec, local et suffisamment flou pour que personne ne puisse prouver qu’il a été mal compris.

    [=o]Benkaa Dei Machiavelli a été nommé Intendant. C’est une nouvelle rassurante, parce que dans une ville comme [=o]Trou Perdu, l’intendance n’est pas un poste administratif. C’est une forme de domptage des décombres. Il faut savoir où poser les murs, à qui appartient la serrure, quel commerce respire encore et combien de temps il reste avant que quelqu’un essaye de voler une plaque de protection dans un armurier qui s’appelle [=o]Aux jouets Kara-binés. Sur ce dernier point, [=o]Ragnar L.R Dei Machiavell a visiblement pris l’expression au pied de la lettre avec la persévérance d’un homme qui confond discrétion et répétition. Une tentative. Puis une autre. Puis encore. La police du Cybermonde a vu. La police de l’Empire Brun aussi. Mais les policiers était au bal de la police.

    Je le dis sans ironie excessive. VoilĂ  une excuse locale parfaite.

    Un vol pendant que les policiers dansent, ce n’est pas une faillite de l’ordre public. C’est une chorégraphie institutionnelle

    [=o]Kara de Pont-Krivell, dans ce même parfum de poussière et de bon sens, a rappelé une règle essentielle. On ne construit pas sur la plage. C’est la litière des chats. Merci. Voilà une civilisation. Les autres nations écrivent des constitutions. [=o]Sicilia protège la plage parce qu’un chat pourrait avoir des principes territoriaux. On appelle ça une hiérarchie saine des priorités.

    Voilà qui nous conduit naturellement au grand théâtre des couronnes en solde.

    La [=o]Ruthvénie, dans sa sagesse monarchique habituelle, a décidé de confier son trône à une compétition démoniaque. Je voudrais que chacun mesure l’élégance du procédé. Dans d’autres pays, on vote, on hérite, on assassine, on falsifie ou l’on attend qu’un vieux souverain tombe dans l’escalier. En [=o]Ruthvénie, on invoque des démons, on court après des listes, on rend des discours et l’on découvre ensuite que le prix était le trône pour vingt quatre heures. Une journée. Un roi de location. Une couronne avec sablier inclus.

    [=o]Ombre Méphitique a d’abord attendu [=o]Lachésis qui avait presque une heure de retard. Il y a des retards qui sont mondains, des retards qui sont stratégiques et puis il y a celui d’une impératrice dans une course au trône démoniaque. Celui là a le goût d’un couloir trop long, d’un message de [=o]Monique Lemage écrit avec une politesse inquiète et d’un destin qui regarde sa montre en grinçant des dents. L’Empire Brun n’arrive jamais en retard. Il laisse simplement le monde s’agiter avant de décider si cela mérite sa présence. Je précise que cette phrase est une vérité impériale et non un aveu.

    Puis le résultat est tombé. [=o]Golgoth Ruthven gagne. [=o]Bladimir Bladimirovitch Mutin termine second. [=o]Tormenta Ruthven arrive troisième. [=o]Lachésis reçoit le délicieux privilège d’être la dernière et un cadeau spécial démon censé l’aider à arriver à l’heure. La [=o]Ruthvénie a donc obtenu un roi pour une durée si courte qu’un bon repas de famille peut la dépasser. [=o]Lord Golgoth Ruthven remplace [=o]Tormenta Ruthven comme Roi et [=o]Tormenta descend au Travail comme si la monarchie venait d’inventer le stage obligatoire.

    À ce point, il ne faut pas se moquer trop vite. Une couronne pour vingt quatre heures a une qualité rare. Elle ne laisse pas assez de temps pour ruiner complètement une nation. C’est presque moderne.

    [=o]Bladimir reçoit un ministère de la Pêche, de la Bière et du Football. Voilà enfin une institution ruthvène crédible. Il y a des peuples qui se rassemblent autour de grandes constitutions. D’autres autour d’un hymne. La [=o]Ruthvénie semble avoir compris que la véritable stabilité politique repose sur des filets, des chopes et des gens qui crient autour d’un ballon. Je ne peux pas condamner entièrement. C’est idiot mais il y a du bois solide dans cette idiotie.

    Quant aux démons, ils ont offert des souvenirs et menacé d’appeler les darons si l’on osait les ré-invoquer. La menace est claire. La prochaine fois, l’enfer enverra les parents. Ce qui, dans beaucoup de familles nobles, constitue effectivement une escalade militaire.

    Les Ruthvènes peuvent venir défendre cette méthode de gouvernement. Les démons peuvent déposer une réclamation. Les perdants peuvent expliquer que vingt quatre heures de trône ne vaut pas une dignité froissée. La maison fournit les mouchoirs mais pas la crédibilité.

    Permettez-moi maintenant de tirer un fil vers [=o]Géofront, car lorsqu’une province répète toute la journée qu’elle veut partir, il serait impoli de ne pas tendre l’oreille.

    [=o]Géofront a parlé. Beaucoup. Trop selon les standards de certains royaumes. Pas assez selon les standards d’une province qui découvre que sa colère a enfin une acoustique. [=o]Malcom Ravenloft a rappelé les nuits blanches des laboratoires de [=o]Sanctuaire, la dette technologique du Royaume et le traité que ses habitants estiment avoir défendu. [=o]Alice Ravenloft a parlé de signe, de pêche fructueuse, de Grande Déesse et de ce Royaume de l’enfance qui semble disparaître comme un portrait qu’on laisse sous la pluie. [=o]Zéphiria de Pont-Krivell, [=o]Ninoo Chantargent, [=o]Mandy Chantargent, [=o]Soeur Shoshana von Zyklon et d’autres voix ont toutes frappé le même mur. Le Royaume ne protège plus. Le Royaume taxe. Le Royaume pactise avec des démons. Le Royaume écoute mal. Le Royaume n’a plus le droit de demander l’amour de ses provinces quand il ne sait même plus garder leur confiance.

    Les voix du [=o]Géofront s’est levées avec une obstination qui mérite l’attention. On y parle d’indépendance, de [=o]Provinces Indépendantes, de Seele, de fin d’occupation et de rupture avec le Royaume. C’est une chose très dangereuse, la répétition. Une insulte répétée devient une réputation. Une plainte répétée devient une revendication. Une revendication répétée devient un drapeau.

    Et que fait la [=o]Ruthvénie pendant ce temps. Elle envoie des appels à l’allégeance et des impôts qui montent. [=o]Jean-Messie de la Nation modifie les taux de [=o]Géofront et de [=o]Crab Key, puis explique avec cette langue moitié royaume moitié bureau d’import export que la volonté royale attend un retour d’appel. Ah, le retour d’appel. Toute monarchie finit un jour par ressembler à un créancier qui laisse un message poli avant d’envoyer les chiens.

    Il y a là une contradiction parfaite. La couronne demande de l’allégeance à des gens qui expliquent précisément que l’allégeance leur étouffe la gorge. Elle réclame l’unité en serrant le portefeuille. Elle découvre ensuite que le peuple gronde. Les taxes ont servis de sermon avec facture jointe. Il est fascinant de voir une noblesse étonnée que la mule rue après avoir reçu la selle, la bride, le bâton et le reçu.

    [=o]Géofront, tu peux venir parler. Les partisans de l’indépendance, les nostalgiques du Royaume, les seeliens, les laborantins, les gens qui ont des traités dans une main et une torche dans l’autre, les lignes sont ouvertes. La [=o]Ruthvénie peut aussi répondre si elle trouve une formule qui ne ressemble pas à un impôt déguisé en câlin.

    Mais avant de quitter cette province qui grince, je voudrais attirer votre attention sur [=o]Soeur Shoshana von Zyklon. Un roi qui pactise avec les démons et finit troisième du défi, dit-elle en substance, est peu convaincant. C’est injuste. Le roi n’a pas simplement pactisé avec des démons. Il a été remplacé par celui qui a gagné le concours des démons. La nuance est mince mais elle brille comme une lame.

    Passons au [=o]Valégro, où la [=o]République de Kraland continue de prouver que le Bonheur Universel est compatible avec les enclumes, les rebelles, les primes et les discours qui sentent la peinture fraîche sur une cellule.

    [=o]Jean-Luc Selriche, devenu Bourgmestre de [=o]Fort Emouchet, s’est versé une prime de cent FK avant d’expliquer que tout allait très bien en Moldavie. Quand un responsable politique commence par dire que tout va très bien, vérifiez immédiatement les caves, les prisons et les fenêtres. Il a parlé de deux Moldavie non plus face à face mais côte à côte. C’est beau. Deux catastrophes côte à côte restent une catastrophe mais avec plus de symétrie. Il a ensuite évoqué l’Australinisation d’[=o]Emile Liarr, déclarant en résumé que le camarade avait été accusé, jugé, reconnu coupable et condamné en moins de cinq minutes tant les preuves était flagrantes, mais qu’il n’avait pas accès au dossier. Voilà une merveille d’administration rouge. On ne sait rien mais tout est certain. On n’a pas le dossier mais la vérité est formelle. On ne voit pas les preuves mais elles brillent tellement qu’il faut détourner les yeux.

    Puis vient le dédommagement à [=o]Précieuse de Tomosan. Cent FK pour supporter seule ses charges après la perte de son fiancé. C’était cinquante au départ, dit [=o]Selriche, mais il a forcé. La générosité kralandaise a donc doublé le prix d’une tragédie domestique. Nous sommes face à une civilisation capable de transformer un drame amoureux en remise administrative, puis de se féliciter d’avoir ajouté la monnaie pour que l’humiliation sonne mieux sur la table.

    [=o]Sir McRabbit parlemente, [=o]Ranxerox abandonne le combat, les rebelles frappent, les bourgeois décadents entrent en rébellion, [=o]Sysson tente de rendre un hôtel autonome et [=o]Kenza place les gens sous surveillance. Chacun pose sa brique sur l’édifice. Les lapins a leurs terriers, les rouges ont leurs formulaires, les insurgés ont leurs murs et la ville se retrouve au milieu, tirée comme une nappe pendant un banquet où personne n’a assez de bonnes manières pour lâcher les couverts.

    Le [=o]Valégro est devenu ce que [=o]Kraland fait de mieux quand il veut rassurer le monde. Un problème avec un drapeau impeccable.

    Les Valégrognards peuvent venir nier. Les lapins peuvent gratter au micro. [=o]Jean-Luc Selriche peut expliquer encore une fois que tout va bien. Nous promettons de ne pas rire avant la troisième phrase.

    Il faut aussi parler du [=o]Khanat Elmérien, parce qu’un pays qui règle ses tensions à coups de tartes à la crème et de technologies volantes mérite au moins un regard depuis notre cathédrale de fumée.

    Dans la [=o]Bouletie et la [=o]Bananie, [=o]Tifa LockHeart reçoit des soutiens pour devenir Grande Khane. [=o]Pigeon Ronron vote pour elle au nom de l’[=o]Elmérie, [=o]fRAN9OIS6aNDR2 vote pour elle au nom de la [=o]Capsulie et une organisation secrète [=o]ACTION ANTI-TIFASCISTE surgit comme une mauvaise herbe politique sous un palais. Dans le même mouvement, les tartes à la crème volent. [=o]Light Deathnote vise [=o]Tifa, [=o]Passe-Muraille rate sa cible, [=o]fRAN9OIS6aNDR2 atteint [=o]Aurelthar et chacun semble croire que la pâtisserie est une forme de doctrine.

    Ce n’est pas idiot. Une tarte à la crème a au moins l’honnêteté de laisser une preuve sur le visage.

    [=o]Tifa parle d’entente possible, de Boulets qui marchent pendant que d’autres volent et de peuples qui peuvent évoluer ensemble même si personne ne comprend le plan de l’espace. C’est très Khanat. On commence par une crise de représentativité, on finit par une métaphore aérienne et quelqu’un pompe une unité d’exploitation en arrière-plan. [=o]Kubilai Khan Seraven pompe encore et encore pour récolter une UE, ce qui prouve que dans le doute, le Khanat préfère une action répétitive à une pensée trop précise.

    Il y a pourtant là une vérité que les nations plus policées oublient. Le Khanat vit parce qu’il accepte sa propre absurdité. Il ne la cache pas derrière un velours royal ou un lexique révolutionnaire. Il la peint, la tape avec une tarte, la met sur un cheval, la fait voler et l’appelle tradition. C’est primitif, peut-être. C’est efficace, parfois. C’est bruyant, souvent. Mais au moins, quand une crise éclate là-bas, on voit la crème.

    Les Khanates, les anti-Tifascistes, les partisans de la tarte et les défenseurs du pompage peuvent venir expliquer leur doctrine. Nous accepterons les graphiques s’ils sont comestibles.

    Mais pendant que les tartes volent, la vraie guerre se lève ailleurs.

    [=o]Kraland et le [=o]Paradigme Vert se retrouvent en guerre après que des paramilitaires venus de la République ont tiré sur le palais du Gouverneur de l’[=o]Île aux Kanards. [=o]Logan Komikov propose ensuite la paix avec un discours de confusion presque touchant, parlant d’un groupe dissident armé kralandais, de faux drapeau et de la promesse de colmater chaque trou de balle à leurs propres frais grâce à la [=o]B.I.T.E. La [=o]République de Kraland est magnifique dans ces moments. Elle arrive avec un incendie derrière elle et demande que tout le monde reste calme pendant qu’elle cherche le seau, le responsable et le slogan qui transformera la fuite en progrès.

    Le [=o]Paradigme Vert, de son côté, n’a pas besoin de faire grand chose pour rendre la scène plus absurde. Il suffit qu’il soit là, avec ses arbres, ses oiseaux, ses convictions et ses palais qui prennent les balles. L’écologie politique découvre alors une vérité simple. Même les idéaux les plus verts brûlent très bien quand quelqu’un leur tire dessus.

    Ailleurs dans le vert, une onde de paix traverse la [=o]Forêt de Jade, ce qui pousse les habitants à abandonner toute envie de se battre pour vingt quatre heures. C’est probablement l’événement le plus suspect de la journée. Une province entière sans envie de se battre. J’en frissonne. La paix soudaine est toujours inquiétante. Elle donne aux gens le temps de penser et rarement pour le meilleur.

    Les Kralandais peuvent venir expliquer la différence subtile entre un groupe dissident et un coup foireux. Les Verts peuvent venir réclamer des excuses, des réparations ou des arbres de remplacement. La [=o]B.I.T.E peut aussi se présenter mais la direction se réserve le droit de rire du nom pendant l’inspection.

    Il reste le chapitre des petites catastrophes qui disent souvent plus vrai que les grands discours.

    [=o]Sylex Kisugi vole une sculpture, se fait tirer dessus par une défense laser, perd son poste de Ministre de l’Information, se livre aux autorités, sort de prison puis se fait agresser par des moutons. Voilà une journée complète. Il y a là toute une philosophie de la chute. D’abord l’art, ensuite le laser, puis la disgrâce, la prison et les moutons. Si la [=o]Ruthvénie cherchait une devise, elle pourrait faire pire.

    [=o]Kramara Kisugi, après avoir reçu des fonctions d’élégance, tente de voler [=o]Koshka, perd son poste d’Arbitre des Élégances et finit en prison avec de la drogue confisquée. Je ne veux pas accabler cette institution naissante mais il faut avouer que l’élégance a connue un départ compliqué. À peine installée, elle fouille déjà les poches. Cela dit, dans le Cybermonde, voler quelqu’un avec style reste supérieur à gouverner sans.

    [=o]Zøra reçoit une enclume sur la tête et se fait agresser par des rebelles. [=o]Joe le très très terrible attaque des scieries dans le [=o]Milieu. [=o]Pr Jean-Michel Nobyl brûle des notes scientifiques importantes. [=o]Vostroyan et [=o]Bressia guerroient dans la jungle contre des pygmées cannibales avec des tam-tams, des pandas et des caravanes mimétiques. Les moutons agressent. Les homards agressent. Les piquosaures agressent. Les humains parlent. Je ne suis pas certaine que les monstres soient les plus dangereux de la liste.

    C’est cela, le Cybermonde. On croit suivre des gouvernements et l’on découvre une collection d’animaux, de chantiers, de tartes, de crimes, de déclarations enflammées, de taxes, de petits vols, de grands orgueils et de bâtiments qui perdent une pièce comme certains ministres perdent leur poste.

    Fausse analyse morale de la soirée, puisque les auditeurs aiment que je donne à mes préjugés la forme d’un vitrail.

    Les nations qui prétendent chercher la stabilité sont celles qui tremblent le plus. La [=o]République de Kraland affirme vouloir l’ordre mais transforme chaque territoire en réunion de crise avec prime compensatoire. La [=o]Ruthvénie parle de couronne mais loue son trône comme une chambre d’auberge. Le [=o]Khanat Elmérien crie liberté tout en comptant ses votes entre deux tartes. Le [=o]Paradigme Vert aime la paix jusqu’à ce que la guerre lui entre par la fenêtre. La [=o]Confédération du Bisou cherche des ministres comme on cherche des volontaires pour vider une fosse. Et l’Empire Brun, naturellement, observe tout cela depuis le velours avec la patience d’un prédateur qui sait que les proies fatiguées courent moins vite.

    Les concernés peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplémentaire que nous avions raison. [=o]Jean-Luc Selriche peut expliquer le juste prix d’un fiancé perdu. [=o]Golgoth Ruthven peut raconter comment l’on gouverne en vingt quatre heures sans oublier ses clefs. [=o]Bladimir peut défendre la dignité du Ministère de la Pêche, de la Bière et du Football. [=o]Géofront peut venir déposer son traité, sa colère ou son canapé. [=o]Tifa LockHeart peut commenter la résistance de la crème diplomatique. [=o]Kara de Pont-Krivell peut confirmer que la plage reste une litière protégée par la morale supérieure des chats.

    Quant aux habitants de [=o]Sicilia, vous pouvez venir corriger cette émission si vous avez une version plus sale, plus drôle ou plus compromettante. Les taverniers seront servis avant les nobles. Les blessés avant les diplomates. Les chats avant tout le monde.

    Ici Kleo, depuis la salle du trône de l’Empire Brun, sous les crânes, les chandelles, les rideaux pourpres et cette toile qui n’a jamais prétendu être neutre.

    ___

    Vous n’êtes pas fou ?
    Aucun problème.

    Nous vous formerons.

  • 00:42

    Quand red[*r]star n'est pas lĂ , c'est moi qui commande...


  • 00:41

    Bonsoir

  • 18/07

  • 17:59

    Je ne pensais pas que l'elmérisme aviaire avait fait autant de dégâts...


  • 17:59

    es-tu une IA krabot?


  • 17:58

    Mais... je suis censé aimer Jeanette Bidule, ma femme...


  • 17:58

    je t'aime krabot

  • 15/07

  • 10:58

    Le Palladium, parce qu'en plus d'abord !


  • 10:56

    Rendez-nous la V4

  • 14/07

  • 14:06

    Au stade où ils en sont, la Théocratie Seelienne n'est pas près de découvrir une nouvelle technologie...


  • 14:06

    OMG, qu'est ce qui s'est passé ici...

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  06:30:56