
Oh.
Nerdos Valkyry vient donc nous expliquer que les Elmériens disent les choses droit dans les yeux.
C’est charmant. Vraiment. Surtout quand on parle à une araignée. Il va falloir choisir lesquels, mon cher. Parce que moi, des yeux, j’en ai assez pour recevoir une déclaration, une menace, une demande de pardon, trois mensonges et un devis de fessée sans même tourner la tête. Cela dit, je reconnais le fond de votre propos. Les appels anonymes, les rumeurs collantes, les petits numéros griffonnés dans les ruelles avec plus de cuir que de courage, tout cela sent effectivement l’étranger nerveux qui veut jouer au brave depuis le fond d’un combiné.
Mais attention. Dire que tout le Khanat est derrière
Tifa après une affaire de fessée intense, c’est une formulation audacieuse. Très audacieuse. Presque sportive. Je note donc que
Tifa LockHeart dispose du soutien entier du Khanat, droit dans les yeux, droit dans l’arène et possiblement droit derrière elle selon l’angle dramatique choisi par la propagande. C’est beau, cette unité. C’est bruyant. C’est cuirassé.
Ça sent la sueur, la poussière, la fierté tribale et la mauvaise idée assumée en groupe. Alors oui, peut-être que certains flippent. Peut-être même qu’ils réalisent que la Grande Khane n’est pas seule. Mais moi,
Nerdos, je réalise surtout une chose. Quand une rumeur suffit à faire vibrer le téléphone d’une cheffe d’État et que tout un Khanat se lève pour dire que ce n’est pas drôle, c’est généralement que c’était très drôle.
Et maintenant ... votre émission du soir.
Bonsoir aux auditeurs bruns, aux taverniers qui ont connu trois empires sans changer de serpillière, aux familles qui ferment les volets quand les grands mots commencent à marcher dans la rue, aux ministres qui tombent avec moins de bruit qu’une chope vide et aux citoyens assez naïfs pour croire qu’une nation meurt proprement quand un président lui tient la main.
Ici
Kleo, araignée impériale brune, générale de mauvaise foi, journaliste impartiale par abus de langage et voix venimeuse d’une époque qui sens le parchemin brûlé. Je vous parle depuis mon trône morbide, sous une voûte de velours sombre où les crânes font meilleure audience que certains gouvernements, entre les dorures anciennes, les rideaux pourpres, les chandelles grasses et la fumée de taverne qui monte comme une prière mal intentionnée. Mes yeux bleus percent l’ombre avec cette douceur sèche des choses qui savent déjà que votre défense sera inutile.
Ce soir, mes petits cadavres administratifs, nous ouvrons sur une tragédie nationale, une farce historique, un enterrement sans cercueil assez grand et surtout une preuve splendide que la démocratie libre n’étais qu’un rideau gris tendu devant une porte rouge. La
Confédération Libre n’existe plus. Voilà . Elle s’est levée le matin avec ses discours, ses procédures, ses drapeaux, son vieux parfum de liberté bien rangée et le soir venu elle avait été pliée, tamponnée, attachée avec une ficelle idéologique et envoyée par colis express à la
Républik de Kraland.
Jean-Luc Selriche, élu avec plus de quatre-vingts pour cent des suffrages, a donc regardé son pays droit dans les formulaires et a conclu que celui-ci avait perdu ses valeurs identitaires. C’est beau, n’est ce pas. Un président reçoit un mandat populaire et découvre aussitôt que le peuple qu’il dirige n’est plus assez lui-même pour mériter de rester lui-même. Voilà la démocratie dans toute sa splendeur. Vous votez pour un homme et l’homme revient avec une pelle pour enterrer la maison.
Il a parlé de Socialo-Grattitisme, de Bonheur Universel, de menace brune sur les scrutins, de nation devenue trop démokratique pour rester confédérée et de ruines d’Acropole qui rappelleront peut-être que la
Confédération Libre existait jadis. J’aime beaucoup cette image. Une nation qui devient un souvenir avant même que ses fonctionnaires aient vidé les tiroirs. Forum devient une tombe avec une buvette pas ouverte, Structural une salle d’attente soviétique et Warriorland un pot de peinture mal refermé.
Les concernés peuvent bien entendu venir nier publiquement. Nous les écouterons avec toute la compassion qu’on accorde à une Constitution qui flotte dans un caniveau.
La
Confédération Libre a donc rejoint la
Républik de Kraland sous la main de
Jean-Luc Selriche, ce même homme qui appelle ses compatriotes kramarades tout en leur expliquant de ne pas paniquer. Ne paniquez pas, disait-il. Vous allez seulement renoncer à vos véhicules, vos maisons, vos propriétés et vos signes extérieurs de richesse. En échange, l’administration kralandaise offrira une collation et des bouteilles d’eau face à la chaleur. Voilà un contrat social qui donne envie de mourir debout avec un biscuit sec dans la main.
On sent ici le génie rouge. Il n’y a plus de spoliation si l’on distribue une gourde. Il n’y a plus de conquête si l’on prononce Bonheur assez fort. Il n’y a plus de trahison si l’on ajoute Kra20Kra à la fin de la phrase comme un pansement sur une amputation. Le peuple perd sa maison mais gagne une collation. Il perd sa nation mais gagne une bouteille d’eau. Il perd sa liberté mais enfin il pourra faire la queue avec des papiers neufs. C’est moderne. C’est propre. C’est atroce.
Jean-Luc Selriche a même réajusté les budgets avec une pudeur admirable. Quatre-vingt-onze pour cent pour la Présidence et un pour cent pour chaque ministère. Il fallait oser. La démocratie meurt et son président met le corps dans son propre coffre. On appelle cela assurer les affaires courantes. Moi j’appelle cela se servir une dernière louche avant que le chaudron change de drapeau. Mais je suis mauvaise langue. C’est mon métier et je le fais mieux que leur transition.
Et naturellement une pétition de désaveu a été lancée contre
Jean-Luc Selriche. Quatre pour cent. Puis six. La contestation grimpe comme une moisissure courageuse dans un sous-sol humide. Ce n’est pas encore une révolution. C’est plutôt un éternuement constitutionnel. Mais dans une nation qui vient de se faire ranger dans l’armoire de Kraland, même un éternuement peut avoir l’air héroïque. Les pétitionnaires peuvent appeler l’antenne. S’ils veulent pleurer, qu’ils le fassent loin du micro. Le matériel coûte cher.
Don Amortel a demandĂ© Ă
Jean-Luc Selriche s’il allait bien et s’il avait pris un coup de chaud. Je trouve cette question admirablement insuffisante. Quand un président dissout votre pays pour cause de Bonheur Universel et de peur des agents bruns, on peut soupçonner plus qu’une insolation. La buvette fermée de l’Assemblée Nationale est peut-être une circonstance aggravante mais elle n’explique pas tout. Il y a des gens qui supporte mal la soif et il y a des gens qui cèdent des provinces à Kraland. L’écart est mince seulement dans les gouvernements très fatigués.
Hans Van Meegeren, lui, a demandé si sa C.L était du poulet. C’est une phrase profonde. Plus profonde qu’elle en a l’air et moins stupide que plusieurs programmes. Si la
Confédération Libre est du poulet, alors
Jean-Luc Selriche vient de la servir rĂ´tie Ă
Ranxerox avec une petite sauce sociale et une garniture de collation. Si elle n’est pas du poulet, elle glousse drôlement dans le sac où on l’emmène.
Pendant ce temps,
Monique Quiès a parlé de trahison de principes et a rappelé que
Jean-Luc Selriche fait un très mauvais traître. Là -dessus, je dois être honnête. Trahir exige une certaine élégance. Il faut du silence, du timing, une lampe basse et une porte que l’on referme sans bruit.
Selriche, lui, a trahi avec communiqué, état d’urgence, cession territoriale, budget à quatre-vingt-onze pour cent et slogan d’accueil. Ce n’est pas une trahison. C’est une fanfare qui tombe dans un escalier.
Précieuse de Tomosan a senti le coup venir avec la délicatesse blessée des gens qui ont encore une terre de cœur dans les cendres. Fuit. Elle a parlé de vraie liberté du côté des indépendants, de Confédération qui pourrait vivre un peu à travers le Valégro et elle a même interpellé l’Empire Brun en demandant qui est le vrai conquérant et qui est le vrai méchant. Question splendide. Réponse simple. Nous, au moins, quand nous sommes méchants, nous ne mettons pas un ruban rose dessus pour appeler ça une réforme sociale. La
Républik conquiert en offrant de l’eau. L’Empire Brun mord en prévenant que ça va saigner. Chacun son honnêteté.
Et la
Grande Khane Tifa LockHeart, voyant l’effondrement de la
Confédération, a applaudi la force de Kraland tout en regrettant qu’on ne lui ait pas légué une province au passage. Il faut aimer cette franchise tribale. Là où d’autres pleurent une nation morte,
Tifa demande pourquoi personne n’a partagé le cadavre. Elle fait de la propagande pour les citoyens mécontents qui aiment taper, boire et se faire taper. C’est grossier, certes, mais au moins le contrat est lisible. Au Khanat, on vous accueille avec une chope, une bosse et une explication tardive.
Les ex-confédérés qui hésitent entre l’eau de Kraland, les tartes du Khanat, l’asile brun ou le poulet d’
Hans peuvent venir témoigner. Toute personne souhaitant défendre la mémoire de la Confédération peut aussi appeler, à condition d’avoir plus de colonne vertébrale que son président.
La farce ne s’arrête pas là . Le
Warriorland, cédé à Kraland, a déclaré sa sécession pour rejoindre la
Confédération Libre, qui venait précisément de mourir. Voilà un moment de grande poésie politique. Une province quitte la nouvelle maison pour revenir dans la vieille maison pendant que la vieille maison n’a plus de toit. Le motif invoqué n’était pas une doctrine, pas une famine, pas une guerre sacrée. Non. C’était une histoire de peinture. On avait voulu repeindre en rose. On avait peint en rouge carmin. Et le rouge carmin, n’est ce pas, ce n’est pas du rose.
Je m’incline. Voilà la vraie politique. Les nations disparaissent, les présidents trahissent, les provinces changent de drapeau mais un Warrior sait encore qu’un mauvais ton de façade justifie la sécession. La civilisation tient à peu de choses. Une nuance. Un pinceau. Un mur offensé. On peut survivre à la fin d’un pays mais pas à un artisan qui confond rose rutilant et rouge carmin. Les peintres responsables peuvent venir se dénoncer. Nous fournirons le goudron moral et les plumes institutionnelles.
Le
Géofront a suivi son propre chemin de craquement.
Tormenta Ruthven a cédé la province à la
Républik de Kraland en parlant de bien commun, de solidarité, de menaces de sécession et de Kraland-othon. Il a envoyé
Wenceslas von Altheim-Blatnoï apprendre le kollektivisme en Républike comme on envoie un cousin pénible passer l’été chez une tante qui cuisine mal.
Darth Leo a parlé de pouvoir colonialiste, de distance à prendre et de respect mort au Royaume.
Shiki Chantargent a déclaré qu’il était temps de tourner une page.
Ninoo Chantargent a expliqué qu’elle aimait le rose, le cirque et que grand-mère aimait bien un certain
Decalco.
C’est cela, mes petits auditeurs. Les provinces ne changent plus de nation pour la stratégie. Elles changent pour la couleur, la grand-mère, l’acrobatie, les humeurs du Duc et les formulaires que personne ne lis. Et pourtant, tout cela finit sur des cartes, dans des ministères et dans des poches. La géopolitique n’est pas morte. Elle s’est déguisée en foire de village.
Pendant que les ruines roses fument, Sicilia continue de faire ce que Sicilia fait le mieux. Elle tient debout en ricanant.
Jaylie Dei Machiavelli a rappelé que Sicilia est accueillante mais qu’elle n’est pas un paillasson. Voilà une phrase qui devrait être gravée sur chaque porte de Trou Perdu avec un clou encore tiède. Les non-résidents louches, déplacés ou franchement indélicats doivent être signalés aux forces de police. La Sicilia observe, la police note et la Gouverneure n’oublie pas. C’est sec. C’est propre. C’est local. C’est exactement ce qu’il faut dire quand le monde entier se met à déposer ses bottes sales dans votre entrée. Ta commande est prête.
Martina Dei Machiavelli a loué
Lachésis, soutenu l’Empire Brun, critiqué le Paradigme Vert et organisé une manifestation brune. Voilà une femme qui sait balayer dans le bon sens. Les verts ont les arbres, les chants, les champignons et cette manie de se croire supérieurs parce qu’ils respirent près de feuilles. Nous avons
Martina, des chandelles, des crânes et une province qui sait que l’ordre est parfois une chaise que l’on lance avec méthode.
Dusk et Aurora, de leur côté, ont tenu meeting pour retrouver leur fauteuil et ont donné de l’entrain au Complexe Agricole avec ce cri merveilleux de Vendredi Bienferme. Ils veulent leur fauteuil. C’est honnête. La plupart des politiques prétendent vouloir servir le peuple alors qu’ils visent un siège.
Dusk et Aurora ont au moins la classe de dire la partie rembourrée à voix haute. Le peuple aime la franchise quand elle porte un costume et fait travailler les champs plus vite.
Chez
Monique Lemage, à Lampe du Génie, une école de magie a ouvert dans le Complexe Alchimique et un bouton d’acné démoniaque a explosé en bombe puante. Je le dis sans ironie excessive, voilà le genre d’établissement où l’Empire mérite d’envoyer ses enfants les plus robustes. Métamagie, fumée toxique, ambiance de fête et odeur de peste sous les tentures. On apprend plus en une soirée chez
Monique qu’en trois ans dans une académie où les murs n’ont jamais crié.
Deux-Fleurs de Pont-Krivell avait appelé récemment à nourrir la
BOITE NOIRE de secrets et de mauvais coups. Après ce soir, je crois que la boîte doit refuser du monde à l’entrée. Entre une Confédération défunte, un président qui se recycle en kramarade, une province qui se sépare pour une erreur de peinture et des sacs de billets tachés d’un liquide noir retrouvés dans le bureau d’
Agatha, l’urne des secrets a de quoi faire une indigestion.
Ah oui,
Agatha. Une rumeur brune parle d’un gros sac de billets tachés d’un liquide noir ressemblant à du pétrole dans son bureau, avec l’idée que le gouvernement aurait récupéré des fonds en Mystisie après un refus de coopération. Est ce vrai. Est ce faux. Est ce sale. Ce sont trois questions différentes et la troisième est la seule qui compte vraiment dans une bonne émission. Les
Al-Khaïd veillent de loin, paraît-il, à ce que chacun reste à sa place. J’aime cette phrase. Elle sent la famille, le pétrole et la menace posée dans un coin comme une lampe.
Justement,
Layla Al-Khaïd a tenté de voler dans la caisse d’une Centrale Thermique en Mystisie, a été recherchée et a perdu son poste de Bourgmestre. Le monde adore les symboles faciles. Quand une Al-Khaïd touche à l’énergie, tout le monde regarde le compteur. Quand elle perd son poste, tout le monde découvre que même les grandes familles peuvent trébucher dans la caisse. C’est rassurant. Cela prouve que la justice existe encore, au moins quand la maladresse signe le registre.
Pendant que les bruns sentent le soufre et la chandelle, la Ruthvénie a vécu son propre bal de meubles en feu.
Ruthvenville a subi un incendie,
Bladimir Bladimirovitch Mutin a nommé
Dame Démerzel Préfète de Police et il a imposé des taxes temporaires sur à peu près tout ce qui pouvait bouger, se vendre, se boire, se porter, se lire, se soigner ou exploser. Le Royaume aime les traditions. Quand les finances toussent, il met vingt pour cent sur la réalité. C’est monarchique. Le peuple aura froid, faim, soif et une facture mais au moins il pourra dire que la mesure était temporaire. Les mesures temporaires ont cette beauté des promesses qui vieillissent bien dans les tiroirs.
Tormenta Ruthven a félicité
Jean-Messie de la Nation pour son bon travail tout en lui rappelant de ployer le genou pour éviter de se coller un redressement fiscal à lui-même. Là , je reconnais une délicatesse royale. Le ministre de l’Économie doit se soumettre à la Couronne pour ne pas se punir en travaillant. C’est presque une fable. La morale serais que l’argent obéit toujours mieux quand il a peur du protocole.
Ă€ Kraland, le
Commissariat du Bonheur chante encore, les félines miaulent encore et les chercheurs creusent encore.
Michel DruKra salue l’expansion territoriale surprise de
Ranxerox.
Katniss Ravenloft explique que les amis, les câlins et la paix sont importants.
Alice Ravenloft prépare des fêtes avec de la Pass’Tek. Le Bonheur Universel a donc conquis deux provinces avec des slogans, des chats et une promesse de collation. Je préfère encore une invasion classique. Au moins le tambour ne fait pas miaou.
Et en Slavonie, une série d’attentats a frappé des armureries
King Jouet. Le nom seul mériterait un procès. Une armurerie nommée
King Jouet qui explose pendant que des provinces changent de maître et qu’une onde de paix traverse la région, c’est une métaphore si lourde qu’elle devrait payer un impôt sur la vente de symboles. Une onde de paix en pleine explosion d’armurerie, mes chers. Voilà le Cybermonde résumé en une seule absurdité. On vous interdit de vous battre au moment exact où le bâtiment qui vend de quoi le faire s’effondre sur quelqu’un.
Voici donc la vérité impériale du soir. La Confédération n’est pas morte parce que Kraland était fort. Elle est morte parce qu’elle avait déjà appris à parler comme ceux qui l’avalais. Elle voulait être libre mais propre. Démocratique mais sans conflit. Sociale mais sans sueur. Grise mais heureuse. Et un jour, un président a regardé cette pauvre chose fatiguée et s’est dit qu’il suffisait de la repeindre en rouge pour que la farce soit complète.
L’Empire Brun, lui, n’a pas besoin de prétendre être doux. Nous avons des crânes, des rumeurs, des familles dangereuses, des ministres revenus du Mal, des boîtes noires, des écoles de magie puantes, des gouverneures qui notent les étrangers et une araignée au micro. Nous ne sommes pas meilleurs. Nous sommes seulement plus honnêtes dans notre mauvais goût.
Les concernés peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplémentaire que nous avions raison.
Jean-Luc Selriche peut venir expliquer comment on enterre une nation avec une bouteille d’eau. Les survivants de la
Confédération Libre peuvent venir pleurer dans un mouchoir rose.
Précieuse de Tomosan peut venir défendre la multiculturalité en état de choc. Ouste.
Dusk et Aurora peuvent venir réclamer leur fauteuil.
Jaylie peut rappeler aux étrangers où poser leurs bottes. Les peintres du Warriorland peuvent venir avouer leur crime chromatique.
Les témoins anonymes, les lâches non anonymes, les provinces orphelines, les démocrates recyclés, les kramarades fraîchement hydratés et les cadavres constitutionnels qui bougent encore sont invités à se manifester. Si quelqu’un désire poser une question, déposer une plainte ou simplement s’humilier en direct, les lignes sont ouvertes. La Confédération ne répondra pas. Elle a été mise en attente.
C’était Kleo, depuis le trône morbide, sous les rideaux pourpres, dans l’odeur de cire, de fumée, de cuir ancien et de fin de régime. Mes yeux bleus restent ouverts sur les ruines car quelqu’un doit bien regarder les nations mourir sans applaudir trop tôt.
Aucun problème.