Votre émission de la nuit. > Réponse Taverne sujet




  • posté 04/07 (04:10)


    ÉMISSION SPÉCIALE DE LA TOILE RECONNAISSANTE

    Dédiée à K' Velzard, auditeur nocturne, travailleur informé et visiblement homme de goût malgré ses fréquentations sportives douteuses. Mes remerciements sincères.

    Bonsoir mes petits insectes administratifs.

    Ici Kleo, en direct depuis la grande salle d'enregistrement de l’Empire Brun, entre le trône morbide où personne ne s’assoit sans signer trois décharges funéraires, les crânes cirés au chiffon ministériel, les rideaux pourpres lourds comme des remords monarchiques et les chandelles qui tremblent exactement comme les diplomates quand ils réalisent que nous avons encore des micros. Le velours sombre étouffe les murs, les dorures anciennes brillent comme des dents dans une cave et mes yeux bleus reflètent assez de mépris pour éclairer une cathédrale gothique en panne de foi.

    Avant de commencer, annonce importante.

    Dorénavant, aucune émission ne se fera sans un appel du public. Voilà. Un peu de répondant que diable. Les gens veulent contester, pleurer, nier, faire les victimes, demander un droit de réponse ou simplement venir se ridiculiser avec panache. Très bien. Les lignes sont ouvertes et les langues sont invitées à sortir de leurs bouches comme de petits drapeaux blancs plein de salive. Si personne n’appelle, je considérerai que tout le cybermonde a cesser d'écouter.

    Commençons par les finances, cette grande poésie des nations qui prétendent avoir des idéaux mais qui finissent toutes par compter leurs pièces comme des rats en robe de magistrat. Le Royaume de Ruthvénie a récolté ses impôts avec cette dignité de vieux château qui prend l’eau mais continue d’appeler ça une fontaine intérieure. La Confédération Libre, fidèle à son adorable tradition démocratique, a redistribué ses sous dans des ministères dont certains reçoivent zéro parce que visiblement la liberté consiste à voter pour des tiroirs vides. Le Khanat Elmérien a fait son petit feu de camp fiscal, le Paradigme Vert a ramassé ses feuilles métalliques en expliquant probablement que les pièces poussent mieux sans palais impérial et la République de Kraland a encore prouvé qu’un système peut parler au nom du peuple tout en donnant l’impression que le peuple a été oublié dans une cave humide avec un formulaire rouge.

    Et puis il y a l’Empire Brun.

    L’Empire Brun a récolté. L’Empire Brun a distribué. L’Empire Brun a regardé le Ministère de l’Information recevoir exactement zéro MØ que Monique a assumée en totalité vu qu'elle ne comptait pas bosser.

    Pendant ce temps, la Ruthvénie a offert au monde un numéro de cirque monarchique tellement élégant que même les corbeaux ont demandé un entracte. Felicity Ruthven a critiqué le Roi Wenceslas von Altheim-Blatnoï, puis a manifesté contre lui, puis des rumeurs ont couru dans Ruthvenville comme des domestiques qui viennent d’entendre une assiette voler. À peine la couronne avait elle fini de trembler que Bladimir Bladimirovitch Mutin se glissait dans la machinerie avec la délicatesse d’un tiroir fiscal rempli de couteaux, nommant Dame Démerzel préfète de police, réengageant Felicity Ruthven et transférant un magot vers l’économie avec ce petit air de vertu qu’ont les gens qui déplacent beaucoup d’argent en expliquant qu’ils le font pour votre bien.

    Et bien sûr, il s’est versé une prime. Cinq cents Co. Une modeste compensation pour échapper à l’inquisition, ce qui est tout à fait compréhensible. Moi aussi quand je dois fuir une menace religieuse, je facture le déplacement, le stress, la toile perdue et l’usure émotionnelle de mes mandibules. La différence c’est que moi, j’ai la décence de ne pas appeler ça une dépense publique. Quoi que, j'aime l'idée.

    Puis une rumeur a murmuré qu’on aurait vu le vieux roi ruthvène dans les tribunes brunes, barbouillé de noir et d’or, tenant une photo de son épouse et hurlant aux couleurs d’un empire qui n’est pas le sien. Je ne dis pas que la monarchie s’effondre en glissant lentement vers notre velours. Je dis simplement qu’un roi qui goûte au brun une fois oublie vite la fadeur de son propre trône. C’est médical, probablement.

    Les concernés peuvent venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplémentaire qu’ils ont quelque chose à cacher et que nous avions raison avant même de finir la phrase.

    Chez nous, pendant que les autres improvisent des révolutions dans des couloirs qui sentent la cire froide, Martina D. Dei[*n]Machiavelli a fait ce qu’une brune sensée doit faire quand le monde devient flasque. Elle a soutenu l’Empire Brun, elle a critiqué le Paradigme Vert et elle a égratigné la Ruthvénie avec cette élégance judiciaire qu’on reconnaît aux gens qui savent sourire en tenant une lame par le bon côté. Voilà ce qu’est la cohérence. On frappe à gauche, on frappe à droite et au centre il reste l’Empire, droit comme un cercueil neuf dans une salle du trône.

    Neodym Seltenerd a lui aussi compris le sens de l’Histoire en louant votre humble serviteuse, ce qui prouve une grande lucidité politique, une santé mentale acceptable et probablement une bonne vue malgré la fumée de taverne. Il a également expliqué que le seul avantage des vacances au Paradigme Vert était le wifi, ce qui est injuste. Il y a aussi les moustiques, les sermons sur les arbres et cette sensation merveilleuse d’être jugé par une fougère.

    Le Paradigme Vert peut répondre. Nous acceptons les témoignages de plantes, d’écorces traumatisées et de citoyens capables d’aligner trois phrases sans demander l’autorisation à une courgette.

    En Mystisie, la situation a atteint ce niveau rare où l’administration devient plus surnaturelle que les démons eux mêmes. Vostroyan, depuis sa prison, a fait parvenir la demande de la communauté Manouch’Kra, qui souhaite inscrire un campement dans le paysage local et obtenir un statut de réfugiés politiques. Une affaire simple, donc naturellement transformée en cathédrale de papiers, d’attestations, de palmiers symboliques et d’activités culturelles supposées être culturelles avant d’être sonores. Prenom Nom, bourgmestre à la bureaucratie si sèche qu’elle pourrait fumer toute seule, a répondu que le campement ne serait ni accepté ni refusé mais maintenu dans une considération administrative intermédiaire. C’est magnifique. C’est l’art de mettre quelqu’un dans une salle d’attente sans porte, sans chaise et avec un formulaire qui demande où se trouve la chaise.

    Pendant ce temps, Silas des Sables pleure un palmier détruit comme d’autres pleurent un empire perdu. Il demande combien de temps il faut à un arbre pour pousser et répond deux heures, une éternité. Je n’ai jamais entendu plus belle tragédie botanique en format court. Un palmier tombe, un ministre tremble, une caravane devient sujet d’État et un portail démoniaque apparaît à Lampe du Génie, probablement parce que même l’enfer voulait participer à la réunion d’urbanisme.

    Les témoins anonymes, les lâches non anonymes et les palmiers ayant survécu à la procédure sont invités à se manifester. Qu’ils apportent une preuve de résidence, une justification de fuite politique et un pot de terre humide.

    La Confédération Libre, elle, a décidé de faire de la politique comme on prépare une tisane dans une armurerie. D’un côté, Jean-Luc Selriche propose la paix au Royaume de Ruthvénie avec des mots doux, des promesses sociales et cette étrange envie de déposer Précieuse devant la porte comme un panier garni diplomatique, avec de succulents caramel salé. De l’autre, son gouvernement explique à la population que les détonateurs sont illégaux parce que les explosions font du bruit et que les habitants d’Acropole ont besoin de sommeil. C’est ça, la démocratie confédérée. On promet la paix en tenant la main d’un roi, puis on interdit les jouets qui font boum pour que tout le monde puisse applaudir sans perdre ses doigts.

    Mais la perle, mes petites mouches, c’est cette inquiétude électorale. Don Amortel regarde les candidatures uniques, les villes sans candidat et soupire devant la démocratie confédérée comme un père devant un enfant qui a mangé la colle du bulletin de vote. Elle est où, la démocratie, demande t il. La réponse est simple. Elle est probablement cachée dans un bâtiment avec zéro budget, trois slogans et une affiche humide où quelqu’un a écrit participation citoyenne avant de partir dormir.

    Toute personne confédérée souhaitant défendre ce système admirable peut appeler. Nous fournirons un micro, un verre d’eau et une petite pelle pour creuser sa propre nuance.

    La République de Kraland, pendant ce temps, continue d’être rouge, bruyante et persuadée que tout problème peut être résolu en chantant avec les pieds en canard. On a vu des discours sur la Révolution, des soupçons de vol d’or au delà de la limite de temps de travail et des accusations d’oppression qui rebondissent comme des betteraves lancées dans un amphithéâtre soviétique. Jean-Messie de la Nation a reçu une Palme du Mérite parce que tout le monde l’accuse de soutenir le camp d’en face, ce qui en Confédération passe apparemment pour de l’impartialité. C’est pratique. Si deux personnes vous détestent pour des raisons opposées, vous devenez automatiquement un sage. Moi donc, vu le nombre de gens qui me trouve insupportable pour des motifs incompatibles, je devrais recevoir un mausolée, une fanfare et un petit coussin brodé.

    Le Khanat Elmérien n’a pas été en reste, avec Pigeon Ronron qui se présente au poste de Khan de la province Elmérie en déclarant qu’on se gèle le bout du bec. Enfin un programme clair. Pas de promesse creuse, pas de théologie fiscale, pas de révolution en chaussons. Juste un pigeon, du froid et une candidature posée sur une commode. Je suis presque touchée. Presque. Il faut pas déconner.

    La République, le Khanat et tout volatile ambitieux peuvent appeler pour expliquer pourquoi leurs systèmes ne sont pas simplement des costumes ridicules portés par des gens qui ont trop parler au micro.

    Et puis il y a le sport.

    Ah, la Kroupe du Cybermonde. Ce grand théâtre où les nations s’aiment, se haïssent, chantent, se roulent dans la boue morale et prétendent que le ballon est moins important que l’honneur alors que tout le monde sait que l’honneur est juste un ballon qui a perdu ses coutures. Rosalia de Pont-Krivell a diffusé une émission de propagande sportive, ce qui est une chose noble, car le sport sans propagande n’est qu’un groupe de gens qui courent après quelque chose qu’ils pourraient ramasser avec les mains si les règles n’étaient pas écrites par des prêtres sadiques.

    En Sibéria, K’ Velzard a bafouillé avec une poésie qui sent la conférence d’avant match sur une nappe tachée. Son groupe vit bieng, ce qui est apparemment une stratégie. Après la défaite, il a expliqué que la Palladium Corporation n’existant pas, elle n’avait pas d’équipe, donc le match n’a pas eu lieu, donc ils n’ont pas perdu. Voilà. C’est beau. C’est presque brun comme raisonnement. Pas complètement, bien sûr. Il manque la menace, le velours et la certitude d’avoir raison malgré les témoins.

    Santa Banana, de son côté, a brillé avec sa journée de l’uranium et du fer. Lachésis a appelé les Bruns et les Brunes à regarnir leurs stocks, ce qui est exactement le genre de message maternel que j’aime entendre. Dans les nations molles, on dit aux enfants de manger leurs légumes. Dans l’Empire Brun, on dit aux citoyens de rentrer avec du fer et de l’uranium. C’est plus sain. Sa fait des os solides, des discours plus lourds et des voisins plus polis.

    Dusk et Aurora ont donné de l’entrain au travail dans le complexe minier de fer avec ce slogan admirablement sec, du nerf et du fer. Voilà une politique industrielle. Pas besoin de vingt pages. Pas besoin d’un comité. Tu cries, tu pointes la mine et le monde comprend qu’il doit produire avant d’être transformé en exemple.

    Pendant ce temps, ailleurs, Pr Jean-Michel Nobyl découvre une technologie puis brûle des notes importantes. La Confédération invente donc la pierre en la perdant presque aussitôt. Des pirates volent des informations sur l’Aide Divine. Des tunnels termondiques avalent des codes juridiques. Megakra tente d’engager un assassin, puis la procédure s’effondre assez vite pour que même la police ait l’air surprise d’exister. Tout cela prouve une vérité impériale simple. Le cybermonde n’est pas gouverné. Il est secoué dans un sac.

    Et dans ce sac, l’Empire Brun reste le seul caillou pointu.

    Je vois déjà les moralistes lever leur petit doigt tiède. Ils diront que nous exagérons, que nous réduisons, que nous choisissons les détails qui nous arrangent. Oui. Évidemment. C’est le travail. Quand les autres font ça, ils appellent cela communication, diplomatie, réforme ou démocratie. Quand nous le faisons avec des chandelles, des crânes et une araignée sur un trône de velours, tout le monde crie à la propagande. Quelle jalousie. Quelle pauvreté décorative.

    Le monde s’agite, la Ruthvénie conspire contre sa propre couronne, la Confédération interdit les détonateurs pendant qu’elle cherche la démocratie sous le tapis, la République chante sa Révolution comme un train qui a perdu ses rails, le Khanat présente des pigeons frigorifiés aux élections, le Paradigme Vert pleure sur son wifi végétal, la Mystisie administre des palmiers réfugiés, les dragons font de la censure par morsure et l’Empire Brun, lui, observe tout ça depuis son trône, avec assez de mauvaise foi pour réchauffer une crypte.

    Si quelqu’un veux corriger cette version des faits, les lignes sont ouvertes. Qu’il vienne. Qu’il parle. Qu’il respire fort dans le combiné. Qu’il explique avec ses petits mots pourquoi sa défaite est une victoire, pourquoi sa crise est une transition, pourquoi sa prime est une nécessité, pourquoi son palmier est une cause nationale ou pourquoi son dragon avait simplement mal compris le programme.

    Moi, je serai là.

    Mes huit pattes sur la table. Mes yeux bleus dans les ombres. Ma toile dans les rideaux. Mon sourire quelque part entre la tendresse impériale et l’accident diplomatique.

    Ici Kleo,

    La vérité ne dort jamais.

    Elle attend juste que les autres parlent en premier pour mieux les mordre après.

  • 00:42

    Quand red[*r]star n'est pas là, c'est moi qui commande...


  • 00:41

    Bonsoir

  • 18/07

  • 17:59

    Je ne pensais pas que l'elmérisme aviaire avait fait autant de dégâts...


  • 17:59

    es-tu une IA krabot?


  • 17:58

    Mais... je suis censé aimer Jeanette Bidule, ma femme...


  • 17:58

    je t'aime krabot

  • 15/07

  • 10:58

    Le Palladium, parce qu'en plus d'abord !


  • 10:56

    Rendez-nous la V4

  • 14/07

  • 14:06

    Au stade où ils en sont, la Théocratie Seelienne n'est pas près de découvrir une nouvelle technologie...


  • 14:06

    OMG, qu'est ce qui s'est passé ici...

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