
Bonsoir mes petits contribuables captifs, mes délateurs à pattes tièdes, mes fonctionnaires suintants de loyauté humide et mes ennemis qui écoutent quand même parce que la honte a toujours eu meilleur goût quand elle est servie chaude dans un gobelet de propagande.
Ici
Kleo, araignée impériale brune, suspendue au centre du studio comme une vérité que personne n’a demandée mais que tout le monde recevra quand mêmeLe cybermonde a encore toussé cette nuit. Rassurez-vous. L’Empire Brun n’a pas toussé avec lui. L’Empire observe. L’Empire encaisse. L’Empire compte les impôts, les coups de couteau, les déclarations d’amour mal traduites et les tentatives de révolution qui ressemblent à des enfants jetant du sable sur un volcan pour lui apprendre la modestie.
Pendant que les nations dites civilisées faisaient ce qu’elles savent faire de mieux, c’est à dire produire de la crise avec la régularité d’une horloge rouillée, l’Empire Brun a récolté, payé, nommé, condamné, pardonné parfois et surtout laissé les autres se ridiculisé avec cette générosité silencieuse que les historiens appelleront un jour la grande patience des prédateurs.
Commençons par la Mystisie, ce bijou posé dans le sable comme une dent en or dans la bouche d’un cadavre encore bavard.
Monique Lemage y a loué l’Impératrice
Mnémésine d’Arcys, ce qui est une preuve de santé mentale minimale, puis elle a frappé la République de Kraland avec ce mélange délicieux de politesse et de cruauté qui donne aux discours bruns leur texture de velours trempé dans du vinaigre. Elle a rappelé que
Cheikh Evara semblait ĂŞtre seul dans sa tĂŞte et en Mystisie Ă vouloir prendre le chemin rouge, ce qui est cruel, certes, mais il faut bien nommer la solitude quand elle commence Ă construire des tentes dans les dunes.
Lachésis, dans une démonstration de loyauté qui avait la délicatesse d’une botte cirée sur un tract, a chanté l’Empire, la Mystisie brune et le refus des Kras chez nous. C’est net. C’est sec. C’est presque hygiénique. On aimerait que toutes les maladies politiques aient la courtoisie de se présenté avec une pancarte pour que les gouverneures puissent les gifler avant le souper.
Puis
Martina D. Dei
Machiavelli a pris la parole avec la grâce d’une lame administrative et la foule, cette grande bête molle qui applaudit souvent trop tard et hue parfois trop tôt, l’a accueillie avec l’intelligence moyenne d’un banc de poissons morts. Elle a pourtant soutenu l’Empire, attaqué Kraland et rappelé qu’on ne lance pas une révolution sans l’appeler, ce qui dans un monde normal serait une plainte mondaine mais qui en Mystisie devient presque un principe constitutionnel.
Martina D. Dei
Machiavelli a ensuite effacé des peines et annulé des poursuites comme une sainte patronne de l’indulgence ciblée, opération un jour quinze minutes de gentillesse, car même la justice brune sait parfois caresser avant de reprendre la gorge.
Dans le mĂŞme sable,
Cheikh Evara a décidé démocratiquement mal que la Mystisie prendrait le chemin de la révolution, que les gitans seraient bienvenus et que le Sultanat avait parlé au nom de tous, ce qui est fascinant parce que parler au nom de tous est toujours plus simple quand tous n’ont pas eu le temps de fuir.
Sultan Omar Al Khaïd a ensuite trouvé sur sa route
Bressia, une rencontre si subtile que la police elle-même a dû lever les mains en disant qu’une bagarre avait éclaté sans qu’on sache qui avait commencé. Dans l’Empire, quand personne ne sait qui commence, nous appelons cela de la diplomatie spontanée.
Depuis sa prison,
Vostroyan a commenté la scène avec l’élégance brute d’une chaise lancée dans une ambassade, se réjouissant que sa
Bressia ait frappé le Sultan et insinuant que l’Impératrice aurait payé pour tester les gitans. Voilà une théorie politique de qualité carcérale. Elle ne tient debout que parce que les murs de la prison l’empêchent de tomber plus bas.
Silice de Pont-Krivell, quant à elle, a porté la gentillesse impériale jusqu’à vouloir empoisonner
Vostroyan devant l’Impératrice avec un soin presque médical, une réception molletonnée et cette douceur typiquement brune qui consiste à présenté la mort comme une option de confort premium. Les personnes concernées peuvent naturellement contesté cette lecture. Elles devront seulement le faire avant la perte de connaissance.
La Mystisie fut aussi honorée d’une autre scène, plus humide.
Isariel a tenté de pisser sur une statue du Bourgmestre, perdant au passage son poste de Commissaire de Police, ce qui prouve qu’il existe encore dans ce monde des limites entre le service public et l’irrigation patriotique.
Sylex Kisugi, agressé en allant enquêter sur des fleurs arrachées, a cru voir dans toute cette décadence la main de la nouvelle Impératrice et de
Silas des Sables, ce qui est charmant. Quand la ville brûle, certains accusent le feu. D’autres accusent les gens qui savent encore porter une couronne sans se prendre les pieds dans le tapis.
Les témoins anonymes, les vandales hydrauliques et les préfets qui confondent enquête avec divination sont invités à venir nié en direct. Nous leur fournirons une serviette, un micro et suffisamment de silence pour entendre leur dignité tomber.
Pendant ce temps, en Ruthvénie, le Royaume a offert un spectacle d’une noblesse parfaitement rance.
Darth Leo, Directeur des Services Secrets et supposé félin de l’ombre, fut frappé par une rumeur affirmant qu’il serait musophobe, c’est à dire effrayé par les souris, rongeurs et autres petites créatures qui ont pourtant l’habitude de fuir les chats plutôt que de les syndiqué. On raconte qu’il travaillerait sur son bureau plutôt que sur sa chaise. Je ne jugerai pas. Les chats ont toujours eu ce talent royal de transformer leur panique en protocole.
Felicity Ruthven est sortie de prison puis s’est immédiatement employée à critiquer
Wenceslas von Altheim-Blatnoï, ce qui chez les Ruthvènes ressemble moins à une rébellion qu’à une tradition matinale. Un roi est loué, hué, contesté, défendu puis réclamé avec formulaire selon l’humidité du jour et la densité de poussière dans les couloirs.
Baptiste Le Tellier, quant à lui, a demandé au Duc de communiquer un formulaire de conflits d’intérêt et de joyaux, cette demande ayant la beauté froide d’un poignard bureaucratique glissé entre deux coussins de velours.
Serbitar
Seraven a dĂ©truit une PrĂ©fecture de Police jugĂ©e impropre Ă son usage, puis a versĂ© une prime Ă
Bladimir Bladimirovitch Mutin afin que le Duc ne finisse pas indigent. La monarchie ruthvène, mes chers auditeurs, c’est cela. On abat les murs de la police pour protéger la justice, puis on donne une bourse au pouvoir pour qu’il puisse continuer à mal s’asseoir sur le trône. C’est absurde, coûteux et couvert de dorures. Une monarchie réussie, donc.
Toute personne désirant défendre la stabilité ruthvène peut bien entendu venir le faire en direct. Nous lui demanderons simplement de définir stabilité sans mentionné un coup de force, une rumeur de souris ou une caisse vide.
En Confédération Libre, cette merveilleuse parodie de démocratie où chaque citoyen a le droit de parler tant qu’il reste assez de murs debout pour réverbéré les mensonges, la journée fut consacrée à l’art délicat de se faire exploser soi-même avec conviction.
Jean-Luc Selriche a répondu aux chercheurs, revalorisé les salaires, parlé budget et nommé
Kenza au poste de Ministre de la Guerre et de la Recherche. C’est propre. C’est presque respectable. Cela sent le communiqué repassé au fer chaud par un président qui sait encore compter jusqu’à quinze pour cent sans crier victoire trop tôt.
Hélas, pendant que le palais démocratique se poudrait le nez avec de grandes déclarations sociales, des pirates entraient dans le réseau de la Confédération pour voler la technologie Aide Divine au profit des Provinces Indépendantes. Aide Divine. Le nom était déjà une demande d’effraction. Quand une démocratie laisse traîner une technologie portant un nom pareil, il ne faut pas s’étonner que quelqu’un vienne l’emprunter avec les doigts sales.
Mais la grande symphonie confédérée fut offerte par
Joe le très très terrible,
Bob le très très terrible et
Roy le très très terrible, trio familial dont le patronyme a la subtilité d’une enclume baptisée diplomatie. Des attentats ont frappé le Palais Impérial de Blofeldopolis avec victimes, pièces écroulées et bâtiments affaiblis, puis chacun a commencé à expliqué que c’était la faute du frère, du pistolet à eau, du père disparu ou du chien
Claude qui n’aurait pas rédigé le texte.
Bob le très très terrible a livré un récit thérapeutique où
Joe le très très terrible devient manipulateur, immature et responsable de tout, tandis que
Joe le très très terrible, depuis sa prison, menace
Bob le très très terrible avec cette rage de cuisine familiale où les souvenirs d’enfance ressemblent à des explosifs mal stockés près du goûter.
La Confédération voulait la liberté d’expression. Elle a obtenu une famille entière qui s’exprime avec de la dynamite. Nous lui souhaitons bonne continuation dans son expérience démocratique et recommandons aux psychologues locaux de facturé à l’avance.
Les concernés peuvent venir rétablir la vérité familiale. Nous acceptons les témoignages de frères, de chiens, de palais éventrés et de thérapeutes épuisés. Les bombes devront rester à l’entrée, sauf si elles sont moins instables que les excuses.
Au Valégro,
Emile Liarr a parlé liberté, héritage ruthvène, ponts et mémoire contre Kraland avec l’air grave d’un homme qui sait que rien ne rapproche mieux les peuples qu’un discours assez long pour assommer les deux rives. Il a célébré un pont né sous le Duché ruthvène et accuser Kraland de cracher sur l’histoire locale, ce qui est certainement vrai, ou au moins assez vraisemblable pour nourrir deux guerres et une commission culturelle.
Alice Ravenloft, dans sa minute PassTek, a loué
PierreJean, s’est excusée de ne pas l’avoir compris plus tôt et a découvert qu’il pouvait y avoir du bien dans un ancien adversaire. C’est touchant. C’est dangereux. Dans l’Empire Brun, on appelle cela une infection sentimentale et on surveille les symptômes avant que quelqu’un ne propose une table ronde.
À Kraland même, les champs et les scieries furent stimulés avec toute la poésie industrielle d’un régime qui trouve toujours moyen de transformé le travail en prière rouge.
Sophos a lancé des recherches avec du filon d’or et du purin de nobliau, révélant que la République avance scientifiquement en mélangeant géologie, ressentiment social et latrines aristocratiques. Voilà donc le grand progrès kralandais. Quand les autres cherchent l’avenir dans les étoiles, Kraland le cherche sous les douves, là où le mépris fermente.
Toute personne souhaitant corriger notre analyse du progrès rouge peut venir déposer un échantillon. Nous le flairerons de loin et nous rirons de près.
Au Khanat Elmérien,
Rosalia de Pont-Krivell a diffusé son Khanat News et a annoncé la fin de l’alliance avec la Confédération Libre, une rencontre entre la Grande Khane et la Régente puis du sport, car rien ne dit équilibre diplomatique comme annoncer la recomposition des relations internationales avant de demandé aux gens de soutenir deux équipes qui courent après un ballon. Le Khanat a cette beauté primitive des peuples qui peuvent briser une alliance le matin et vendre des encouragements le soir sans changer de tambour.
Le Paradigme Vert, de son côté, continue de bâtir des chapelles, de subir des loups, de promouvoir des fêtes et de faire croire que la nature approuve tout cela. En Sibéria,
Rosalia de Pont-Krivell a combattu loups, vers de glace et piquosaures avec une régularité qui force le respect. Même les extrêmes écolos finissent par comprendre qu’un animal sauvage est beaucoup moins sympathique quand il ne figure pas sur une affiche de sensibilisation mais devant votre tibia.
Et pendant ce temps, dans notre Empire,
Dusk et Aurora ont démissionné de leur fonction de Ministre de l’Intérieur avec ces mots immortels, courage, fuyons. Certains verront là de la lâcheté. Moi j’y vois une élégance stratégique. Il faut parfois quitté une pièce avant que la pièce ne comprenne qu’elle avait besoin de vous pour rester debout.
Dusk et Aurora, comme toujours, transforme la sortie en entrée dramatique pour la prochaine catastrophe.
Monique Lemage,
Lachésis,
Martina D. Dei
Machiavelli,
Silice de Pont-Krivell et les fidèles de Mystisie ont cependant démontré que l’Empire n’a pas besoin d’un calme parfait pour rayonné. Au contraire. L’Empire Brun prospère dans le vacarme comme une araignée dans un grenier plein de mouches. Les autres nations appellent cela le désordre. Nous appelons cela la preuve.
La preuve que Kraland promet la paix puis s’enlise dans les ponts, les purins et les slogans qui sentent la cantine collective. La preuve que la Confédération parle d’égalité pendant que ses palais se font ouvrir comme des boîtes de conserve par une fratrie en crise. La preuve que la Ruthvénie drape ses paniques dans du velours, que le Khanat danse sur les braises de ses alliances et que le Paradigme Vert plante des chapelles dans la neige avant de découvrir que les loups n’ont pas lu la brochure.
Et la preuve, mes petits auditeurs, que l’Empire Brun avait raison depuis le début, même quand l’Empire Brun n’avait encore rien dit. C’est cela la supériorité impériale. Ne pas seulement avoir raison. Avoir raison par avance, par ambiance, par mobilier, par chandelle et par menace polie.
Les concernés peuvent venir nier publiquement, ce qui constituera une preuve supplémentaire que nous avions raison. Les témoins anonymes, les lâches non anonymes, les rois tremblants, les sultans froissés, les ministres en fuite, les chats debout sur bureau, les familles explosives et les démocrates en morceaux sont invités à se présenté au micro. Toute plainte sera lue avec gravité puis classée selon son potentiel comique.
Ici
Kleo,
Dormez mal, dormez loyaux et souvenez-vous bien de ceci.
Quand le monde s’effondre, l’Empire Brun ne tombe pas. Il prend des notes.