
Bruns, Brunes, ministres en sursis, contribuables déjà rincés, provinces qui faites semblant de trembler par respect pour la mise en scène et étrangers venus écouter si l’Empire tousse assez fort pour mourir.
Ici Kleo parle.
Oui, depuis le trône.
Je sais. Moi aussi je trouve que le meuble insiste beaucoup.
La nuit nous offre un spectacle sec, net et presque éducatif. L’Empire Brun récolte 2638 MØ et paie 2700 MØ pour ses soldats. Voilà donc le bilan comptable de mon accession. Je prends un trône, il me tend une facture. C’est élégant. C’est brun. C’est un piège avec coussin. Le Palais Impérial reçoit même des miettes négatives. Je ne savais pas qu’un ministère pouvait être nourri avec du manque mais manifestement l’administration impériale a toujours eu plus d’imagination que de trésorerie.
La Confédération Libre a élu Jean-Luc Selriche Président avec assez de voix pour faire semblant d’aimer la démocratie sans devoir la consulté deux fois. Ranxerox devient Premier Ministre de Kraland avec 100 pour cent des voix et un seul candidat. Là aussi, magnifique leçon. Quand il n’y a personne en face, même la volonté du peuple a l’air disciplinée. Bisouville offre un autre bijou politique avec Layla Al-Khaïd élue à 0 voix. Zéro. Une victoire vide, pure, presque mystique. Le néant applaudit et l’administration tamponne.
Acropole n’a même trouvé personne pour se présenté au Forum. C’est beau. La démocratie confédérée ressemble à une salle des fêtes après l’enterrement du buffet. On entre, on regarde les chaises vides et on se dit que le peuple a parlé très fort en restant chez lui.
Les concernés peuvent venir nié publiquement. Nous garderons le silence nécessaire afin d’entendre leurs arguments tomber au sol.
En Empire, Shana Al-Khaïd entre finalement chez les Bruns après avoir menacé, plaidé, grogné et promené son dossier comme une princesse avec des papiers inflammables. Les codes lui donnaient des démangeaisons, les articles lui semblaient moins supportables que la putréfaction et son sang brun voulait passer avant les formulaires. C’est très impérial dans l’esprit. Très pénible dans les couloirs. Mais enfin, Dusk et Aurora ont tamponné. Directive impériale. Tout ça tout ça. On sent le ministère heureux d’être encore vivant mais déjà fatigué de l’être. Ne vous en faites pas, il n'ouvre un oeil que pour mes huit magnifiques yeux.
Såtomi quitte l’Intérieur avec la dignité rigide d’une loi qui refuse de se plier. Elle a tenu son ministère comme on tient une porte barrée pendant que le feu prend dans la cuisine. On peut critiquer son goût pour les procédures mais pas sa constance. Elle a dit non, elle a classé, elle a numéroté, elle a regardé les princesses dans les yeux administratifs du formulaire et elle a rappelé qu’un passeport jeté ne revient pas par caprice. C’était froid. C’était net. C’était presque beau si l’on aime les couloirs où meurent les déclarations d’amour.
Puis l’Empire a changé de direction. Cela arrive. Surtout un vingt-huit.
Agatha, elle, a été renvoyée pour des raisons nombreuses, inventées avec soin et probablement plus vraies que ses colonnes de chiffres. Elle avait trouvé chez Shana une photo érotique d’Aya danseuse et en avait tiré des conclusions géopolitiques. Voilà une méthode d’enquête que je respecte presque. Quand une lingerie devient preuve d’infiltration aléocrate, c’est que la politique impériale respire encore par ses vieux trous malsains. Malheureusement, Agatha avait aussi l’air de croire que l’économie devait servir à compté l’argent au lieu de lui donné une ambiance. Faute grave. Les chiffres ne sont pas nos maîtres. Ce sont des petits insectes qu’on range dans des cases jusqu’à ce qu’ils avouent.
Thalya prend l’Économie, Neodym prend la Recherche et Monique reçoit le Travail comme retraite anticipée. Oui. Je sais. C’est cruel. Offrir le Travail à une ancienne Impératrice le jour où elle voulait du repos, c’est presque de la dentelle politique. Monique m’a traitée de petite mygale velue. J’accepte. Elle quitte le trône avec panache et menace de veillé. Très bien. Qu’elle veille. Les vieux trônes aiment les fantômes et moi j’aime savoir où sont les gens qui savent mordre.
Jaylie verse 7500 MØ au Ministère de l’Économie, ce qui me rappelle que certaines personnes dans cet Empire comprennent encore qu’un coffre n’est pas seulement une décoration. Mystisie trouve un filon d’or, Sicilia rapporte, Santa Banana tousse, Niarkalistan se fait visiter par des squelettes et l’Empire continue de respirer par endroits. Ce n’est pas une santé. C’est une résistance à l’autopsie.
Si quelqu’un veut pleuré Agatha, louer Monique ou compter les ministères encore chauds, les lignes sont ouvertes. Les sanglots seront classés par utilité et les plaintes trop longues serviront de combustible.
Ailleurs, le Royaume de Ruthvénie continue de prouver que la monarchie est un escalier où chacun pousse celui du dessus avec des gants propres. Felicity tente d’usurpé Wenceslas, perd son poste et découvre qu’une couronne ne se prend pas toujours aussi facilement qu’une chaise mal gardée. Elle critique, manifeste, retire un poste à Baptiste puis finit avalée par cette mécanique royale qui transforme l’ambition en avis de recherche avec ruban. C’est beau comme une tragédie écrite par un notaire jaloux.
Baptiste revient au duché de Ruthvénie avec formulaire rempli et fanfare de Grand Chambellan. Bladimir remonte dans les faveurs, Démerzel encaisse, Tormenta tape avec des mots et le Géofront se fait surtaxé parce que l’allégeance ne vient pas assez vite. Le Royaume appelle cela de la fidélité. Moi j’appelle cela une facture avec couronne et parfum de chapelle humide.
Elune Von Voda explique que les provinces n’ayant point prêté allégeance verront leurs taxes augmenter progressivement. Cinq pour cent tous les trois jours. C’est précis, presque tendre. On ne frappe pas d’un coup. On serre lentement. La monarchie a toujours aimé appelé cela tradition. Les contribuables appellent cela autre chose mais ils le disent moins fort quand le château écoute.
Le Géofront subit aussi des attentats sur son Nouvel espoir. Zéro victime mais des murs au sol. C’est peut-être la définition royale du progrès. Rien ne meurt sauf ce qui devait tenir debout. Le sanctuaire a donc trouvé une manière très ruthvène de prier, faire tombé les bâtiments et appeler ça une étape spirituelle.
Soeur Shoshana veut son chemin, Ninoo veut être Pompesse et représenté la commu, Wenceslas veut peser la province avec sa couronne dans une main et sa conversion dans l’autre. Chacun jure consulter le peuple en essayant très fort de lui souffler la bonne réponse. Le Géofront devient cette étrange table où tout le monde pose sa foi, son programme, son ego et sa petite pelle pour creuser sous le voisin.
Les nobles peuvent venir corriger. Qu’ils apportent leur propre chaise. Les leurs ont tendance à explosé.
Kraland et le Valégro poursuivent leur grande messe rouge. Ranxerox annonce que la parole va cesser pour laisser place aux actes. Déclaration inquiétante chez un peuple qui parle déjà comme une affiche mouillée. Bogdan promet le bonheur même aux récalcitrants et la Républik se félicite d’aider les gens qu’elle vient de recouvrir d’un drapeau. Le bonheur kralandais est simple. Il arrive chez vous, il s’assoit et il demande pourquoi vous n’êtes pas reconnaissant.
Jean-Messie chante la magnanimité rouge, Bogdan apporte des matériaux, Ranxerox surveille, Ivictus dit que toute résistance est futile puis critique aussi la Révolution parce qu’il faut bien garder les poignets souples. Le Valégro change de drapeau comme une taverne change de nappe après une bagarre et chacun prétend que le tissu prouve la destinée. Il faut admiré cette foi textile. Les peuples meurent parfois pour des couleurs. Les gouvernements, eux, les lavent à l’eau froide et les accrochent où ça rapporte.
Alastair tente de purifié une mare, rate un sort, se retrouve recherché puis se livre à la justice avant de sortir. Voilà un cycle écologique complet. Invocation de la nature, échec, police, prison, libération. Le canard heureux a donc une mare, un druide pieds nus et une procédure pénale. Le Paradigme n’a pas le monopole de l’écologie absurde. La Républik peut aussi produire du mysticisme de flaque avec casier judiciaire.
En Confédération Libre, Don Amortel brûle des bulletins après avoir expliqué qu’il lançait les festivités pyrotechniques. Voilà enfin un démocrate efficace. Il trouve le vote trop lent et lui offre du feu. Avant cela, il propose à Jean-Luc Selriche un arrangement plein de parfum brun, récupérer Mystisie, appliquer son programme en mieux et renoncer à sa candidature au profit d’un agent reconnu. Jean-Luc refuse avec cette solennité confédérée qui consiste à défendre l’urne juste avant qu’un autre y mette des flammes.
La démocratie survit donc à l’incendie. Dommage. C’était presque une belle fin.
Structural augmente même la taxe foncière au nom d’un grand tournant écologique qui consiste, après discours, à remettre de l’argent dans la caisse et voir demain si quelqu’un se souvient encore de la planète. Les pistes cyclables, la fin de l’artificialisation, les ZFE, tout cela a flotté dans l’air comme un parfum de vertu avant de retombé en taxe foncière. C’est la démocratie moderne. On plante un arbre dans un discours et on récolte une facture.
Don Amortel peut venir plaidé. Il aura droit à un verre d’eau. Pour le feu, nous avons assez donné.
Au Paradigme Vert, des lianes attaquent, des fées bouchent des tunnels, des temples de Grande Déesse reçoivent des luttes contre le paganisme et une photo érotique circule comme si la géopolitique avait besoin de lingerie pour respirer. Les Verts veulent sauvé le monde mais peinent encore à sauver leurs prisons, leurs temples et leurs plantes de leurs propres convictions. C’est touchant. Comme un compost qui se prend pour un sénat.
Sibéria construit un poste de garde. Saphir critique Kraland, Ruthvénie et le Khanat tout en louant les Provinces Indépendantes. Voilà une boussole politique qui ne cherche pas le nord mais la sortie la moins ridicule. Jay Padbol revient candidat à Garinaville en demandant si quelqu’un se souvient de lui. Ancien gouverneur, ancien régent, ancien quelque chose. Le pouvoir est cruel. Il transforme les souvenirs en brochures mouillées. Candidat vaut toujours mieux que pas de candidat dit-il. C’est faux mais c’est démocratiquement attendrissant.
En Forêt de Jade, Octave lutte contre le paganisme dans un temple de la Grande Déesse puis se fait attaqué par une liane tueuse. La nature a donc répondu au débat théologique avec ses méthodes habituelles. On peut ne pas être d’accord avec une plante mais il est rare de gagné l’argument quand elle essaie de vous étranglé.
Le Khanat offre aussi sa petite perle. Minerva tente d’usurpé Tifa au nom de l’Esprit Boulet ou de Magmor, elle ne sait plus très bien. Voilà une franchise rare. D’habitude les ambitieux mentent mieux. Elle échoue et Tifa reste Grande Khane, protégée par le destin, par l’administration ou par ce vieux principe cybermondial selon lequel le chaos adore toujours gardé ses meilleurs personnages en place. Elbereth vient louer Tifa avec cette sagesse tribale qui consiste à applaudir la cheffe après que quelqu’un a trébuché sur la marche du pouvoir. Minerva, de son côté, félicite presque trop bien. Chez les peuples tribaux, la louange ressemble souvent à une pierre polie. On admire sa forme juste avant de se demandé sur quel crâne elle va finir.
La Capsulie continue de fournir le monde en rencontres contre nounours, primitifs et pacifisme hôtelier. La STEAKERIE DE CAPSULIE reçoit un climat pacifiste. Imaginez une auberge remplie de viande, de tension et de gens qui essaient soudain de ne pas se frapper pendant vingt quatre heures. C’est presque plus inquiétant qu’une bagarre. Au moins, quand les coups partent, on sait où mettre les meubles.
À Irendol, les tartes volent et ratent. Emile Liarr et Précieuse de Tomosan se livrent à cette diplomatie pâtissière où l’humiliation demande une bonne visée et un dessert sacrifiable. Les tartes manquent leur cible, ce qui prouve que même le ridicule a parfois besoin d’entraînement. On parle souvent des guerres, des attentats et des élections mais le Cybermonde se résume parfois à deux gens qui ratent une crème à bout portant.
À Sicilia, Wonyoung revient à la maison avec un discours doux comme un couteau poli. La République de Kraland n’a plus besoin de ses services, dit-elle, alors elle revient. Quelle phrase splendide. On dirait une lettre d’amour écrite par quelqu’un qui garde ses valises près de la porte. Elle remercie l’Empire pour l’activité apportée au ministère et l’enthousiasme suscité. Oui. Chez nous, même les failles de naturalisation créent de l’emploi. C’est la croissance brune. On ne produit pas toujours des biens mais nous produisons des dossiers.
Shana entre par la grande porte après avoir essayé plusieurs murs. Agatha l’accuse, Såtomi la refuse, Dusk et Aurora la valide, la loi tousse, le trône tranche et tout le monde prétend que cela ressemble à une procédure. Parfait. L’Empire Brun n’a jamais été une ligne droite. C’est une toile. On croit avancer vers le centre puis on découvre que le centre vous regarde depuis le début avec huit yeux bleus.
Trou Perdu parle encore du Parrain absent. Chacun prétend entendre sa voix mieux que le voisin. Voilà le vrai luxe local. Même le silence devient une ressource disputée. Le Parrain ne parle pas et déjà tout le monde lui prête des ordres. Il y a autant de volontés du Parrain qu’il y a de gens pour les vendre au marché. C’est inquiétant, donc c’est vivant. Un chef absent crée des prophètes. Un chef présent crée des mécontents. Sicilia a choisi la version avec plus de murmures et moins de preuves.
Le fée Bobo tente de forcé le coffre de la Villa Dei Machiavelli et se fait rappeler à la réalité par une défense laser. Je tiens à saluer cette contribution technologique à la pédagogie criminelle. Certains sermons prennent une heure. Un laser, lui, fait comprendre le droit de propriété en une seconde.
Je résume donc.
Les autres élisent le vide, brûlent les urnes, taxent les fidèles absents, perdent leurs murs, ratent des tartes, adorent des mares, réparent des prisons, discutent avec des lianes, invoquent des esprits mal identifiés et appellent cela gouvernance. L’Empire, lui, a une araignée nerveuse sur un trône morbide, des Siciliens aux postes clés, des ministres remplacés avant que les coussins refroidissent, des princesses qui rentrent par le droit du sang ou par la fenêtre et un déficit qui a au moins l’honnêteté de ne pas se déguiser en vertu.
C’est peut-être inquiétant. C’est sûrement instable. Mais c’est proprement brun.
Les témoins anonymes, les ministres vexés, les princesses brunies, les contribuables saigné, les anciens candidats carbonisés, les duchesses tombées, les popesses candidates, les druides de mare et les victimes consentantes de la vérité peuvent se manifesté.
Toute personne souhaitant corriger cette version des faits peut venir le faire en direct, à condition d’avoir le courage de parler plus fort que sa honte.
C’était Kleo pour Radio Nécrotoile.