Votre émission de la nuit. > Réponse Taverne sujet




  • postĂ© 28/06 (04:45)


    Mes chers auditeurs, mes petites ombres accrochées aux murs et mes fidèles qui prétendent ne croire en rien sauf quand une relique en dentelle commence à faire des miracles dans une arrière-salle mal éclairée, Radio Nécrotoile interrompt sa programmation habituelle de rumeurs, de venin et de mauvaise foi certifiée pour accueillir une invitée exceptionnelle.

    Elle nous arrive drapée de bleu de la tête aux pieds, dans une tenue de nonne si prévisible d’apparence qu’on pourrait presque entendre une cloche sonner au loin avant de réaliser que c’est probablement juste quelqu’un qui tombe dans l’escalier de la sacristie. Voile bleu, robe bleue, regard bleu comme une confession qu’on aurait noyée dans l’eau bénite et démarche de sainte qui a vu trop de choses pour encore croire à l’innocence des bancs d’église.

    Voici donc Sœur Criss de Coliss, servante autoproclamée de la Grande Déesse, gardienne des soupirs sacrés, pèlerine du frisson consenti et possible menace liturgique pour toutes les chaises de ce studio.

    Sœur Criss, le micro est à vous. Essayez de ne pas sanctifier le mobilier sans prévenir.



    Mes bons pécheux, mes bonnes pécheresses, mes âmes pas propres mais ben vaillantes, que la Grande Déesse vous regarde avec ses grands yeux de velours pis qu’a vous juge pas trop vite parce qu’entre nous autres, y’a du dossier en maudit dans c’te salle-là.

    J’viens à vous toute de bleu vêtue, pas parce que j’suis sage, pas parce que j’suis pure pis certainement pas parce que j’ai perdu l’adresse du couvent. J’suis icitte pour porter la parole, le frisson, la dentelle sacrée pis la bénédiction humide de celle qu’on nomme la Grande Déesse, même si son nom sonne comme si le clergé avait manqué d’inspiration un mardi soir après deux bouteilles.

    Approchez vos oreilles, ouvrez vos cœurs, gardez vos mains respectueuses pis préparez vos âmes à recevoir la prière.

    Prière à la Grande Déesse pis à sa Sainte P’tite Culotte
    À réciter avant l’orgie, les mains propres, le cœur ouvert pis les intentions pas trop hypocrites.

    Ô Grande Déesse,
    oui oui, on sait, c’est ton nom, c’est pas chic chic, ça sonne comme une pancarte de vente de garage céleste mais c’est d’même pareil, faque on va faire avec pis on va t’honorer comme du monde.

    Toé qui fus jadis succube de couloir sombre, tentatrice de taverne, mangeuse de regards croche pis grande collectionneuse de soupirs mal assumés, te v’là rendue ben haute dans les cieux du désir, assise sur ton trône de velours cheap mais sacré, les cuisses croisées comme une reine qui sait ben trop que tout l’monde regarde pis qui fait semblant d’pas l’savoir.

    Grande Déesse,
    nous autres, tes fidèles tout croches, tes pauvres pécheux en sueur, tes enfants d’la tentation mal peignée, on vient à toé ce soir avec respect, avec appétit pis avec assez de consentement clair pour pas avoir l’air d’une gang de morons bénis.

    Bénis cette chambre, ce lit, ce plancher, ce divan qui a déjà vu des affaires pis cette table qui devrait probablement pas être impliquée mais qui a l’air solide pareil.

    Bénis les mains qui demandent avant d’toucher, les bouches qui savent dire oui, non, attends donc une minute pis vas-y mollo mon esti. Bénis les regards qui chauffent sans brûler, les corps qui s’approchent sans se prendre pour des conquérants pis les cœurs qui comprennent qu’une orgie sans respect c’est juste une réunion de caves tout nus.

    Ô Grande Déesse,
    par ta Sainte P’tite Culotte, relique suprême, tissu glorieux, dentelle de pouvoir, bannière sacrée qui a vu l’ascension d’une succube vers la divinité sans même perdre son élastique, protège-nous des malaises, des jaloux, des maladroits, des gossants qui pensent que grogner c’est communiquer pis des ambitieux qui confondent passion avec performance de festival.

    Que ta culotte sacrée nous enveloppe symboliquement, parce que littéralement ça rentrerait pas toute la gang dedans pis on est pas icitte pour faire d’la logistique textile.

    Accorde-nous la chaleur sans la honte,
    le rire sans le jugement,
    le désir sans la niaiserie possessive,
    la luxure sans les drames de cuisine
    pis la souplesse nécessaire pour pas finir demain matin avec le bassin barré comme une porte d’église en hiver.

    Grande Déesse,
    reçois nos soupirs comme de l’encens, nos frissons comme des offrandes pis nos mauvaises décisions consentantes comme de petites chandelles allumées devant ton autel de velours.

    Que personne icitte fasse son finfinaud.
    Que personne icitte joue au héros.
    Que les égos restent à l’entrée avec les bottes sales.
    Que les bas troués soient pardonnés.
    Que les bobettes laides soient sanctifiées par l’intention.


    Pis si jamais quelqu’un devient trop intense, trop mêlé ou trop convaincu d’être l’élu de ta Sainte P’tite Culotte, donne-nous la sagesse de lui tendre un verre d’eau, une couverture pis une phrase simple. Mon grand, respire par le nez, t’es pas dans une prophétie, t’es dans un samedi soir.

    Ô Grande Déesse,
    veille sur nous autres pendant qu’on s’abandonne joyeusement au sacrement du plaisir partagé, dans l’ordre, le désordre, la tendresse, le chaos pis les coussins qui vont finir à terre de toute façon.

    Que ta bénédiction descende sur cette assemblée comme une lumière chaude, un peu louche, pas mal rougeâtre pis franchement pas approuvée par le clergé régulier.

    Par la dentelle, par le satin, par l’élastique sacré pis par le grand mystère de ta p’tite culotte élevée au rang de relique divine, nous jurons de nous respecter, de nous écouter, de nous amuser pis de ne pas faire semblant que tout ceci est une retraite spirituelle normale.

    Amen, tabarnak.

    Pis que la Grande Déesse nous garde moites, consentants pis pas trop crampés demain matin.

  • 00:42

    Quand red[*r]star n'est pas lĂ , c'est moi qui commande...


  • 00:41

    Bonsoir

  • 18/07

  • 17:59

    Je ne pensais pas que l'elmérisme aviaire avait fait autant de dégâts...


  • 17:59

    es-tu une IA krabot?


  • 17:58

    Mais... je suis censé aimer Jeanette Bidule, ma femme...


  • 17:58

    je t'aime krabot

  • 15/07

  • 10:58

    Le Palladium, parce qu'en plus d'abord !


  • 10:56

    Rendez-nous la V4

  • 14/07

  • 14:06

    Au stade où ils en sont, la Théocratie Seelienne n'est pas près de découvrir une nouvelle technologie...


  • 14:06

    OMG, qu'est ce qui s'est passé ici...

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  06:29:16