Les épisodes de canicule sont un bon moment pour reprendre un peu contact avec la réalité du dérèglement climatique. C'est délicat pour les climatosceptiques en ce moment de dire trop ouvertement que c'est "juste une canicule comme on en a de temps en temps", surtout parce que c'est la deuxième en peu de temps, qu'elle est inhabituellement longue et forte (record absolu de température en France battu hier).
Malheureusement, pour beaucoup, à peine la question de l'existence du réchauffement répondue, on passe à la question de l'adaptation (comment trouver un climatiseur, accrocher une couverture de survie devant ses fenêtres, les points d'eau qui font perdre deux degrés, etc.). C'est bien entendu utile de pouvoir survivre, mais ça manque un peu de sursaut collectif pour essayer d'endiguer les effets de la crise.
C'est l'objet de l'article de Romaric Godin :
Face à la canicule, le déni par l'adaptation : le déni s'est juste décalé d'un cran, au lieu de nier le réchauffement, on nie désormais qu'il existerait des moyens d'agir autres que de s'adapter à coups de trucs et astuces, versez de l'eau par terre régulièrement, buvez du thé brûlant, etc.
Ce serait donc temps de se rappeler qu'il n'y a pas si longtemps (7 ans !), une convention citoyenne avait eu lieu, avait fait 149 propositions sur 7 thématiques (consommer, produire, déplacement, logement, nourriture, constitution et budget). Sur ces propositions, la plupart ont soit été ignorées, soit transposées de manière à les rendre sans effet. Nous ne subissons pas l'inaction climatique, mais une action délibérée de sabotage pour préserver les intérêts à très court terme du capital.