Votre émission de la nuit. > Réponse Taverne sujet




  • postĂ© 25/06 (01:22)



    Émission spéciale du Ministère de l’Information Brun, avec Kleo, araignée impériale, journaliste impartiale puisque personne n’a encore réussi à prouver le contraire sans pleurer.

    Bonsoir, chers auditeurs, chères auditrices, chers suspects encore libres, nobles à serments variables, gouverneurs de passage, chats fiscaux, ambassadeurs pyromanes, duchesses contrariées et autres meubles politiques que l’Histoire déplace parfois sans demander l’aide d’un déménageur.

    Ici Kleo, en direct des studios de Radio Nécrotoile, là où les ondes se brouillent moins par accident que par respect pour la vérité officielle, cette grande dame fragile que nous maquillons soigneusement avant de la pousser sous les projecteurs. Ce soir, le Cybermonde nous offre encore une de ces soirées somptueuses où tout le monde prétend défendre l’ordre pendant que les bâtiments explosent, que les serments tombent comme des dents dans une bagarre de taverne et que certains responsables politiques semblent avoir confondu formulaire administratif, déclaration d’amour, démission ministérielle et tentative d’usurpation.

    Commençons donc par la Ruthvénie, ce vieux théâtre noble où l’on ne règne jamais vraiment tant qu’au moins trois personnes ne sont pas venues expliquer, la main sur le cœur et le poignard dans la manche, qu’elles avaient toujours cru en l’unité du Royaume, sauf les jours où cela les arrangeait moins. Le Roi Wenceslas, dans un élan majestueux que nous qualifierons par pure courtoisie de vertical, a enfin reçu assez d’allégeances pour poser ses deux bottes sur le trône sans que celui-ci ne lui demande immédiatement ses papiers. Les fidèles sont venus, les hésitants ont avalé leur potion amère, les prudents ont souri comme des condamnés devant une porte ouverte et tout ce petit monde a découvert cette vérité fondamentale... un serment donné à contrecoeur reste un serment, exactement comme une soupe froide reste un repas lorsque la famine frappe le buffet.

    Il manque pourtant encore des voix, des noms, des plumes qui refusent de signer et des duchesses qui préfèrent manifestement se faire pousser des racines dans le sol plutôt que de prêter allégeance à un souverain dont la simple évocation semble leur froisser l’âme comme une nappe de banquet tachée au vin chaud. Felicity, noble entre les nobles, duchesse entre les duchesses, résistance en dentelle et refus en majuscules, a donc continué à incarner ce noble art ruthvène consistant à dire non avec tant de panache qu’on finit par se demander si le Royaume ne tient pas davantage grâce à ses opposants qu’à ses piliers.

    Il faut reconnaître que, pendant ce temps, l’Empire Brun observe la scène avec cette bienveillance tranquille du prédateur qui regarde un troupeau hésiter devant un pont déjà vermoulu. Car enfin, que nous montre la Ruthvénie ? Une nation qui réclame l’unité, mais dans laquelle chaque allégeance ressemble à un contrat rédigé pendant une prise d’otages. Un royaume qui veut avancer, mais où certains freinent des quatre fers avec la grâce d’un cheval mort accroché à une charrette, une couronne qui tend la main et des nobles qui vérifient d’abord si les doigts ne cachent pas une facture, une cage ou une invitation à finir dans un discours de propagande.

    Les concernés peuvent bien entendu venir nier publiquement, ce qui constituera, selon nos experts, une preuve supplémentaire que nous avions raison depuis le début.

    Pendant que Ruthvenville réchauffait son trône à coups de serments douloureux, le Valégro, fidèle à sa réputation de province où les institutions tiennent debout par superstition plus que par architecture, a décidé de nous offrir un coup d’État délicatement emballé dans une démission. Cassandre Lemage Ruthven, nommée procureure, a aussitôt pris connaissance de sa fonction, contemplé l’idée même de prison, ressenti un haut-le-cœur idéologique, puis a conclu avec une logique d’une pureté presque médicale qu’il fallait abolir la taule en commençant par usurper le gouverneur.

    Voilà une femme qui comprend la cohérence politique.

    D’autres auraient rédigé un programme. D’autres auraient convoqué une assemblée, consulté la population, préparé une transition, écrit un rapport ennuyeux avec des mots comme réforme, sécurité et concertation. Cassandre, elle, a choisi une méthode plus directe, déposer sa démission en montant d’un étage. Il y a dans ce geste une beauté administrative rare.

    Et maintenant, que propose la nouvelle gouverneure ? Abolir la prison, remplacer la maréchaussée, faire respirer les murailles à grands coups de démolition, enseigner la natation au peuple et transformer le Fort Émouchet en expérience politique semi-aquatique où la sécurité publique sera probablement assurée par des volontaires, des patates et une foi très personnelle dans le fait que les gens flottent mieux lorsqu’ils n’ont plus de murs autour d’eux.

    Nous saluons cette initiative avec toute la neutralité impériale nécessaire, lorsqu’une province décide de remplacer la loi par une canopée et la prison par un concept, il serait mesquin de ne pas applaudir avant de prendre des notes pour le rapport d’autopsie.

    Toute personne souhaitant défendre le programme valégrognard peut naturellement venir le faire en direct, à condition d’expliquer lentement comment la destruction des cages empêche les criminels de sortir, puisque, sauf erreur de ma part, c’était déjà l’idée générale du problème.

    Mais quittons un instant les charmes humides de la réforme pénale pour rejoindre la Bananie, terre bénie de l’ovule, du fruit courbe, de la décision finale et du feu d’artifice diplomatique avec supplément gravats. Là-bas, une ambassade ruthvène a cessé d’exister de manière très énergique, ce qui, selon les intervenants locaux, ne serait pas tant un incident international qu’une forme avancée de communication interculturelle. Il paraît que l’ambassadeur aurait lui-même payé une partie des frais, fourni ou validé du matériel et que tout cela s’inscrivait dans un processus de négociation si subtil qu’il fallait visiblement des bombes pour ponctuer les phrases.

    C’est admirable.

    Autrefois, les peuples s’envoyaient des messagers, des traités, des coffrets, des menaces voilées et parfois des têtes dans des sacs lorsque la diplomatie avait une journée difficile. Aujourd’hui, la Bananie innove, elle fait sauter l’ambassade, remercie les témoins de leur participation, puis explique que l’intégration locale passait nécessairement par la disparition du bâtiment. Il y a là une vision du vivre-ensemble qui ne manque pas d’air, surtout depuis que les murs sont partis en vacances sous forme de poussière.

    Et comme aucun feu d’artifice municipal ne serait complet sans une petite victime architecturale supplémentaire, une villa voisine a également été pulvérisée, apparemment parce qu’on a récemment découvert qu’on ne l’aimait pas non plus. Voilà qui simplifie beaucoup les procédures d’urbanisme. Pourquoi remplir des formulaires, organiser des débats, attendre des permis, quand il suffit d’apprendre soudainement qu’un bâtiment vous déplaît pour lui offrir une retraite anticipée dans l’au-delà immobilier ?

    Radio Nécrotoile invite donc les Bananiens à nous expliquer si cette philosophie du bâti s’applique à toutes les structures, ou seulement aux villas ayant eu le mauvais goût de loger des personnes politiquement agaçantes. Les propriétaires anxieux, les ambassadeurs assurés, les murs porteurs traumatisés et les assureurs à tendance suicidaire peuvent se manifester. Les lignes sont ouvertes, sauf si elles se trouvaient dans l’ambassade.

    Et pendant que les murs tombaient à l’étranger, la Ruthvénie, elle, continuait sa grande chorégraphie intérieure. Mench0, ministre de l’Intérieur, a cru bon de renouveler son allégeance à la Couronne en précisant qu’il comptait bien la récupérer faute de possesseur, ce qui est une manière délicieuse de dire... je vous sers, Majesté, jusqu’au moment exact où je trouverai votre chaise inoccupée. Puis, dans un geste d’une poésie administrative rare, il a tenté d’usurper le Roi en expliquant qu’il démissionnait en l’honneur de Koshka.

    Il faut savourer.

    Certains se trompent de porte. Certains se trompent de date. Certains se trompent de destinataire lorsqu’ils envoient une lettre d’amour. Mench0, lui, se trompe de formulaire et tente de renverser la monarchie. Heureusement, la Justice ruthvène, grande mère indulgente des catastrophes bien élevées, a visiblement regardé le dossier avec ce soupir tendre qu’on réserve aux enfants qui dessinent sur les murs avec un couteau, avant de conclure qu’il voulait probablement juste passer à autre chose. Résultat, poursuites annulées, poste perdu, puis nomination comme Préfet de Police.

    La Ruthvénie vient donc d’inventer un principe fascinant , quand un homme échoue à usurper le Roi, il devient responsable de l’ordre. C’est d’une logique si pure qu’elle en devient brune malgré elle.

    Les citoyens inquiets peuvent venir poser leurs questions sur cette nomination. Les citoyens rassurés aussi, mais nous leur demanderons d’abord de souffler dans un cornet pour vérifier leur taux de naïveté.

    Pendant ce temps, ailleurs dans les geôles du Cybermonde, Merula, chat fiscalement contrarié et vocalement infatigable, a choisi d’exercer son droit à la parole depuis la prison en miaulant assez longtemps pour que même les murs envisagent de demander un transfert. Le dossier, déjà chargé de vols, de fausses clefs, de prolongations de peine et d’un redressement fiscal brun, devient une symphonie carcérale dont le refrain pourrait se résumer ainsi , le crime ne paie pas toujours, mais il miaule très fort quand on lui reprend la monnaie.

    L’Empire Brun, dans sa grande générosité, a d’ailleurs démontré une fois encore qu’il savait distinguer le Mal utile du Mal mal investi. Voler des milliers au Trésor Brun, c’est honteux, certes, mais le véritable scandale n’est pas tant le vol que l’absence de rendement idéologique. Que l’argent parte dans des bourses privées, soit, mais encore faudrait-il qu’il serve à quelque chose d’un minimum spectaculaire, comme corrompre une province, acheter une basilique de mauvais goût ou financer une campagne de rumeurs pour aider Monique.

    Merula, Don Amortel et les autres détenus à plume, poil ou sermon peuvent bien entendu envoyer leurs messages depuis prison. Radio Nécrotoile les lira avec émotion, surtout s’ils sont plus courts qu’un miaulement de trois kilomètres.

    Ah, Don Amortel, justement. La Confédération Libre, cette délicieuse machine à fabriquer du soupçon avec des boulons rouillés, l’a officiellement désigné comme agent brun, ce qui prouve au moins une chose, même nos supposés infiltrés ont plus de panache que leurs candidats locaux. Le pauvre Don, accusé, primé, capturé, livré, commenté, transformé en attraction électorale par des adversaires qui semblent avoir confondu justice, jeu télévisé et concours de pelage, a fini par rappeler à tous que la politique confédérée est une chose simple. Lorsqu’on ne sait pas quoi faire, on trouve un brun, on colle une prime dessus et on appelle cela une défense de la liberté.

    Nous remercions chaleureusement la Confédération pour cette reconnaissance implicite de la qualité impériale. Quand nos ennemis voient des agents bruns partout, c’est que notre prestige a enfin remplacé leur mobilier intérieur.

    Quant à ceux qui se demandent si Don Amortel est réellement un agent brun, Radio Nécrotoile répondra avec la rigueur qu’on nous connaît, peut-être, probablement, suffisamment pour l’émission et de toute manière l’accusation est trop élégante pour être gâchée par des preuves.

    Toute personne désirant contester cette version peut venir le faire en direct. Nous fournirons une chaise, un verre d’eau et une petite pancarte , Je nie donc je confirme, pour faciliter le débat.

    Ainsi va le Cybermonde, mes chers auditeurs, des rois qui demandent des serments dont ils disent ne plus avoir besoin des gouverneures qui abolissent la prison en grimpant sur le cadavre tiède d’une fonction précédente, des ambassades qui explosent par souci d’intégration culturelle, des villas qui meurent pour leurs fréquentations, des usurpateurs promus à la police, des chats qui miaulent depuis leur cellule et partout, absolument partout, cette magnifique impression que l’Empire Brun avait raison de regarder le monde comme une vaste table mal tenue où les autres renversent la soupe avant de nous accuser d’avoir prévu la nappe.

    Nous ne disons pas que tout cela prouve la supériorité brune.

    Nous disons simplement que lorsque nos adversaires se chargent eux-mêmes de transformer leurs institutions en théâtre d’ombres, en compost administratif et en festival pyrotechnique, il serait profondément impoli de ne pas applaudir.

    Les témoins anonymes, les lâches non anonymes, les nobles froissés, les Bananiens poudrés de cendre, les Valégronards amphibies, les Ruthvènes allergiques aux allégeances et les prisonniers souhaitant miauler leur droit de réponse sont invités à se manifester. Radio Nécrotoile corrigera publiquement toute erreur factuelle, à condition qu’elle soit moins drôle que notre version, auquel cas elle sera classée sans suite pour absence d’intérêt dramatique.

    C’était Kleo, araignée impériale brune, voix officielle de ce qui aurait dû rester officieux.

    Restez à l’écoute, verrouillez vos caves, vérifiez vos serments, surveillez vos ministres et souvenez-vous :

    Quand les murs tombent, ce n’est pas toujours la guerre.
    Parfois, c’est juste la diplomatie qui a trouvé une pelle.

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  • 00:42

    Quand red[*r]star n'est pas lĂ , c'est moi qui commande...


  • 00:41

    Bonsoir

  • 18/07

  • 17:59

    Je ne pensais pas que l'elmérisme aviaire avait fait autant de dégâts...


  • 17:59

    es-tu une IA krabot?


  • 17:58

    Mais... je suis censé aimer Jeanette Bidule, ma femme...


  • 17:58

    je t'aime krabot

  • 15/07

  • 10:58

    Le Palladium, parce qu'en plus d'abord !


  • 10:56

    Rendez-nous la V4

  • 14/07

  • 14:06

    Au stade où ils en sont, la Théocratie Seelienne n'est pas près de découvrir une nouvelle technologie...


  • 14:06

    OMG, qu'est ce qui s'est passé ici...

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  09:11:48