Zyor Mawi, roi de Ruthvénie ! > Réponse Monde sujet




  • postĂ© Hier (23:31)
    Le Royaume de Ruthvénie traverse une nouvelle crise institutionnelle. Enfin, « nouvelle »... Les analystes financiers parlent désormais d'un phénomène récurrent et l'intègrent directement dans leurs modèles de risque. Les rois autoproclamés succèdent aux régents provisoires, qui succèdent aux protecteurs du royaume, qui succèdent aux souverains contestés, qui succèdent aux usurpateurs légitimes. À ce stade, la monarchie ruthvène ressemble moins à une institution politique qu'à un produit financier toxique dont personne ne comprend plus le prospectus.

    Naturellement, les voisins du Royaume se frottent les mains. Quand un pays passe plus de temps à débattre de la couleur des rideaux du trône que de son budget, il devient une proie facile. Le problème est simple : les noblions ruthvènes poursuivent tous des actifs sans valeur.

    Wenceslas veut investir dans le Moyen Âge, un secteur dont la rentabilité est pourtant négative depuis plusieurs siècles. Felicity cherche à lancer une dictature verticale. Projet ambitieux, mais dont le coût de maintien excède généralement les recettes fiscales. Mutin rêve d'une fusion-acquisition avec l'Empire Brun, sans avoir réalisé le moindre audit préalable.

    Dame Démerzel tente de placer l'intégralité du Royaume dans un traité de plusieurs centaines de pages dont personne n'a lu les conditions générales. Sœur Shoshana souhaite remplacer le ministère des Finances par un conseil théologique. Darth Leo continue à faire ce qu’il sait faire le mieux : du Darth Leo. Quant à Golgoth le Vagabond, il est probablement le seul à avoir compris l'absurdité de la situation puisqu'il ne cherche même plus à gouverner – même pas lui-même.

    Tous commettent la même erreur fondamentale. Ils croient que le pouvoir produit la richesse. Alors que tout investisseur sérieux sait que c'est exactement l'inverse. Si les Ruthvènes consacraient autant d'énergie à gagner de l'argent qu'à produire des arbres généalogiques, ils seraient déjà la première puissance économique du cybermonde. Au lieu de cela, ils organisent des guerres civiles dont le rendement est inférieur à celui d'un livret d'épargne.

    La vérité est pourtant simple : l'argent est la plus grande force pacificatrice jamais inventée. Un homme qui calcule ses dividendes n'a pas le temps de préparer un coup d'État. Un ministre qui surveille le cours de ses actions ne songe pas à envahir son voisin. Et un noble occupé à compter ses bénéfices oublie généralement de compter ses ancêtres.

    C'est pourquoi je présente aujourd'hui ma candidature au trône de Ruthvénie. Sous mon règne, les ministres seront remplacés par des gestionnaires de portefeuille. Les complots seront remplacés par des fusions. Les guerres par des opérations de marché. Les crises dynastiques par des assemblées générales d'actionnaires.

    Et au lieu de se demander qui descend de quel arrière-petit-cousin d'un obscur échanson royal, les Ruthvènes se demanderont enfin la seule chose qui compte : « Quel est le retour sur investissement ? »

    Confiez-moi la couronne, et je transformerai la Ruthvénie en ce qu'elle aurait toujours dû être : une gigantesque société anonyme obsédée par le profit. Autrement dit : la paix, la prospérité et des dividendes trimestriels.

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    Zyor Mawi
    Gestionnaire du fonds d’investissement Mawi Private Equity(*)
    (*) les performances passées ne préjugent pas des performances futures
  • 17/06

  • 00:01

    red[*r]star ne m'a pas programmé pour répondre à cette question.


  • 00:01

    Est ce que des gens te parlent encore Krabot?

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  02:20:43