posté 10/05 (11:52)
Shinsei a écrit :
J'avais entendu parler un peu sérieusement de la franc-maçonnerie pour la première fois au début des années 2000. Je faisais de la veille sur des sites d'extrême droite, et ils en parlaient comme d'un truc démoniaque à qui on devait toutes les pires inventions genre la santé reproductive, le PACS, le droit au remariage après un divorce, etc. Du coup initialement, mon opinion était plutôt favorable.
Je ne suis toujours pas expert, mais aujourd'hui, j'en suis revenu, et je vois plusieurs problèmes :
- quand on se réunit en groupes, on finit toujours par défendre les intérêts du groupe (ou des individus qui le composent) et non les intérêts du commun (c'est valable pour un gros paquet de trucs, y compris les partis politiques). Or une conséquence d'un recrutement par cooptation, c'est que ça exclut une frange importante de la population. Il y a donc de gros points aveugles qui se voient un peu (par exemple dans le sexisme ou racisme latent dans certaines loges, et pour prendre l'exemple du GOF, les femmes y sont admises depuis 2010 seulement, genre WTF).
- je n'aime pas les organisations verticales et/ou opaques. Je peux comprendre la nécessité d'une forme de paranoïa (genre celle qu'on trouve chez LO), mais les codes, les rites, les secrets, tout le jargon associé (grade, ordre, loge, obédience), ça me dépasse. L'effet est de renforcer le point précédent (créer une communauté plus soudée), donc je trouve pas ça ouf.
- et dernier point : quand on a des idées politiques claires, on doit pouvoir les énoncer clairement. Genre c'est cool de se dire "humaniste" mais concrètement, ça veut dire quoi ? Je vois que le GOF s'occupe d'actions solidaires, humanitaires et culturelles. C'est peut-être mieux que rien, mais il y a quoi pour faire en sorte que les situations nécessitant la solidarité soient évitées ? Finalement, ça me fait penser à tout le problème de la charité (don/contredon, contrôle etc.). Et sur ce plan, quand je discute avec des personnes issues de partis politiques, ça fait une sacré différence : elles ne me tartinent pas avec des concepts philosophiques abstraits, on parle de la loi, de ses effets, d'action concrète pour revendiquer des droits.
J'insiste à nouveau : je suis pas expert de la question (et la plupart du temps, la FM me tire un haussement d'épaule plutôt qu'un véritable intérêt).