"Guerre sémantique" ? Les intentions derrière les mots > Réponse Politique & Société sujet




  • posté Aujourd'hui (01:27)
    J'ouvre un sujet large avec un terme un peu provoc' pour coller à l'ambiance de cet espace. La question est toutefois très sérieuse, car derrière les débats se trouvent des enjeux de posture et de présupposés idéologiques qui doivent être explicités.

    Ce fil n'est pas un lieu de questionnement, mais un espace pour faire émerger du sens commun. Sans vouloir faire de la zététique (loin de moi cette idée), partir des travaux scientifiques ou du droit est une bonne base. Et tout échange de bonne foi pour décrypter les enjeux sous-jacents à un terme particulier est bienvenu.
    Je n'ai pas forcément raison, mais j'ai un raisonnement, qu'on peut interroger. Change my mind, if you can ("faites-moi changer d'avis, si vous y parvenez").
    Avec cet exercice on peut aussi regarder ensemble les stratégies qui se cachent derrière certains discours: la création de concepts un peu éclatés au sol ("wokisme"), les paniques morales lancées à des fins politiques par des entrepreneurs de morale (grand remplacement, crise de la dette, guerre), et avec tout ça la difficulté qu'il y a à séparer le bon grain de l'ivraie.
    Et avec ça on pourra peut-être se mettre à parler du projet politique/moral sous-jacent, pour un vrai débat de fond, utile en cette période pré-électorale en France. (Oui, je rêvasse)

    C'est peut-être méta pour un forum de débats, et ça tournera peut-être mal, mais j'espère que ça clarifiera les dynamiques observées dans moult fils de discussion, et je compte sur la modération pour intervenir en cas de problèmes [:,]

    [*j][*o][*r][*m][*b][*c][*v]


    Je propose de décortiquer le terme de guerre, pour commencer, puisqu'il est utilisé à toutes les sauces.

    Point de départ: La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens (Clausewitz).

    Dans tous les cas, il y a
    - conflit matériel / intérêt politique à défendre
    - escalade vers un conflit moral, qui pose un camp du bien et un camp du mal, selon une certaine idéologie
    - menace existentielle (perte de vie et traumatismes profonds multigénérationnels)
    - réorganisation de la société: sous couvert d'urgence, le retour de la loi du plus fort - parfois, mais pas systématiquement, le gouvernement et ses relais
    - réorganisation de l'appareil matériel/économique: orientation de l'appareil militaro-industriel, et pour conséquence enrichissement des personnes qui se sont positionnées

    L'utilisation du terme de "guerre" pour qualifier un conflit d'un autre ordre (commercial, économique...) où il s'agit de poser un rapport de force, cette utilisation relève au mieux d'une métaphore (guerre "cognitive", "sémantique"), ou d'un maladroit effort poétique. Au pire, c'est la propagation d'une doctrine conçue par les théoriciens de la guerre (instituts stratégiques de divers pays, rattachés à leurs armées respectives).
    Ex. "guerre assymétrique", catégorie qui englobe le terme "guerre cognitive", et développée par l'OTAN.

    Je constate que les géopoliticen·ne·s ont tendance à parler de guerre parce qu'iels considèrent que la menace existentielle touche à d'autres choses que la vie humaine. Je peux admettre cette utilisation, tant qu'on considère que c'est un superlatif. Or ça pose deux problèmes:
    (1) souvent, trop souvent, il y a un glissement: la menace existentielle ne porte pas sur la vie humaine, mais sur l'existence d'un Etat, d'une nation, d'une communauté - sans perte de vie. Et cette vision du monde, qui sous-entend une allégeance indiscutable envers une entité supérieure indiscutable, me pose problème. C'est la même vision qui pose un ordre moral, force les gens à se conformer à une norme (de genre, par exemple), et condamne la "déviance" à cette norme.
    (2) ça nous éloigne de la définition de droit, qui préfère la notion de "conflit armé" parce qu'au moins on sait de quoi on parle, quelles conséquences ça a sur la vie des gens, et ça intègre les droits de l'homme comme un fondamental. Pareil pour la "guerre cognitive": elle n'a pas de sens légal propre, la rattacher au droit humanitaire semble plus approprié pour penser correctement les conséquences.

    Bref, faire miroiter une menace existentielle sans perte directe de vie, normaliser le terme dans l'espace public, n'est pas anodin. Ca a un impact psychologique: tétanisant quand on ne sait pas où se placer dans cet ordre de guerre, mobilisateur une fois qu'on a fait son choix (choix du camp)… ou ostracisant si on refuse de choisir. Pas top niveau cohésion. Et, au fond du fond, parler de l'utilité ou l'opportunité de la guerre sans parler du projet politique ou de l'ordre moral sous-jacent me paraît être une démarche complètement hors sol, et un move de fan de Risk. Sans vouloir offenser les fans de Risk.
  • Avant-hier

  • 19:09

    Snif, il n'y a pas de krabotette... [;(]

  • 03/05

  • 17:50

    Ils sont plein de pognon, dans la Palladium Corporation...


  • 17:50

    10mn.. et c’est la dernière épreuve ! :D

  • 30/04

  • 23:56

    Il paraît que Shneider Phineras[jo] va revenir...


  • 23:55

  • 18:19

    Vivez en harmonie avec la Nature !


  • 18:19
    Yun

  • Texte généré à 03:23:26