Arnold de Schartzenprout a écrit : La présence de l'Etat recule dans les quartiers sensibles
Bon déjà c'est faux, c'est l'inverse : les stratégies déployées dans les quartiers sont des stratégies de saturation policière de l'espace. Si tu avais vécu dans un quartier tu aurais connu les sirènes de flic en continu, qui te réveillent la nuit, les contrôles dans les rues, etc.
Je ne connais aucune étude qui montre un quelconque recul sur ce plan. Toi oui ? Avant que tu ne sortes des témoignages de flics, je te préviens tout de suite que même s'ils sont de bonne foi, leur point de vue est biaisé par leur angle de vue sur le terrain. Typiquement cette stratégie de saturation agace légitimement la population et il arrive (rarement) que des flics prennent des jets de pierre. Ça ne veut pas dire que les flics reculent : au contraire ils passent leur temps à emmerder les populations pour se venger. Les enquêtes journalistiques démentes sur la csi 93 ne sont qu'une partie extrême d'échanges qui ont lieu partout.
C'est drôle aussi parce que à l'inverse il y a des endroits où la police ne peut pas rentrer, parce qu'on le lui interdit, parce que les enquêtes sont empêchées : les beaux quartiers.
Et dernier truc : la présence de l'état ne se résume pas à la police. T'inquiète que les agents de la CAF ont aucun problème pour y aller quand il s'agit de priver des allocataires de leurs droits parce qu'il y a deux brosses à dent dans la salle de bain. Le nombre de contrôles de l'état en général est supérieur à partout ailleurs.
Bref : le point de vue que tu as quand tu parles des zones où on a volontairement regroupé les personnes migrantes pendant 60 ans, c'est un point de vue situé, qui analyse ces zones en leur appliquant un filtre d'altérité (on ne les analyse pas comme d'autres zones en France). Ironiquement, ce point de vue participe à l'exclusion et a l'échec de l'intégration des personnes qui y habitent (ce qu'on appellerait de la xénophobie et du racisme, au moins dans les effets qu'il produit).