Sinzicula a écrit : En déclarant l’inexistence de l’esclavage sur votre sol, vous redéfinissez un point d’attraction. Vous créez un centre de gravité. Les flux s’organisent d’eux-mêmes. Les trajectoires convergent. Et vous feignez ensuite de découvrir que la matière humaine … suit les lois que vous venez d’énoncer.
Chère Saigneuse des Krapathes,
Vous décrivez avec une froide précision des flux, des équilibres, des trajectoires – comme s’il ne s’agissait que de variables abstraites à corriger. Mais derrière vos « systèmes » et vos « ajustements », il y a des êtres humains. Et c’est précisément là que nos visions divergent.
Vous constatez que « les chaînes se cassent », que « les flux s’inversent », que vos usines ralentissent. Permettez-moi de reformuler : des hommes et des femmes cessent d’être traités comme une ressource exploitable et retrouvent leur liberté. Si votre prospérité dépend de leur servitude, alors ce n’est pas notre moratoire qui fragilise votre système – c’est sa nature même.
Mais permettez-moi d’être clair. Vous pouvez tenter d’endiguer, de canaliser, de verrouiller. Nous, nous continuerons à ouvrir.
Et puisque vous évoquez des « ajustements nécessaires », permettez-moi d’en proposer un à mon tour : peut-être viendra un jour où l’Empire Brun devra envisager de faire fonctionner ses centrales et ses armées sans chaînes aux poignets de ceux qui les alimentent.
La Fondation d'Orchidia a écrit : Oui, l’esclavage est un fardeau. Et il convient de s’y opposer. Mais nous pensons que ce moratoire, en l’état, demeure insuffisant : il ne prend en considération que la traite humaine, sans accorder la moindre attention aux autres formes de vie sentientes qui peuplent notre cyber-monde.
Le moratoire que j’ai décrété vise un objectif immédiat : mettre fin, sans ambiguïté, à l’asservissement des êtres humains sur notre sol. C’est un acte de rupture, volontairement clair, dans un domaine où l’inaction aurait été complice.
La Ruthvénie ne prétend pas être irréprochable. Elle prétend avancer.