Mediapart sort aujourd'hui deux papiers (
premier,
deuxième) sur le traitement de Rima Hassan par le système police/justice, avant, pendant et après sa garde à vue le 2 avril dernier. Petit résumé :
- Rima Hassan est régulièrement cible de procédures qu'on ne peut qualifier autrement que de procédures baillon (pour le moment, son casier est vierge, mais il y a eu 13 procédures classées sans suite et plusieurs abandons pour infraction non caractérisées).
- Le 26 mars, Rima Hassan poste sur un RS une citation d'un terroriste (la citation n'est, elle, pas une incitation au terrorisme).
- Le parquet ouvre une enquête en flagrance, ce qui permet de bypasser son immunité parlementaire de députée européenne (dont le principal objectif est pourtant de protéger la liberté d'expression).
- Au passage, vu qu'ils ont le droit de faire une enquête, ils balancent les moyens, et ils tracent son téléphone, surveillant ses déplacements, interrogeant les compagnies de transports qu'elle utilise, consignant ses déplacements en vacances etc. Oui oui, tout ça pour un tweet.
- Le 2 avril ils finissent par remettre une convocation en garde à vue. Pourquoi en garde à vue alors que Rima Hassan s'est toujours rendue à ses convocations ? On sait pas.
- Pendant cette garde à vue, les flics pensent trouver de la drogue et font fuiter l'info dans la presse (ce qui est illégal). Rima Hassan est trainée dans la boue sur tous les plateaux télés, on la traite de droguée. Pendant ce temps, elle est encore en garde à vue. Personne se pose la question de savoir pourquoi quelqu'un aurait l'idée de se rendre dans un comico avec son avocat et un pochon de drogue. "hihi c'est parce qu'elle est bête", disent les éditorialistes.
- Le lendemain de sa garde à vue, elle donne une conférence de presse. En fait il n'y avait pas de drogue, juste du CBD acheté légalement, va savoir, peut-être que l'acharnement médiatique augmente le niveau de stress des gens.
- Le 4 avril, les labos d'analyse confirment au parquet qu'il n'y a pas de stupéfiants dans les affaires de Rima Hassan. Mais le parquet prend son temps, ce serait dommage d'innocenter tout de suite, autant attendre que l'affaire refroidisse, et
- le 9 avril seulement, le parquet communique enfin sur les résultats de l'analyse et classe (une fois de plus) la plainte pour détention de stupéfiants sans suite. Autant dire que les chaines d'infos sont passées à autre chose, donc on verra pas de démenti.
Je comprendrais tout à fait qu'on soit en désaccord avec Rima Hassan sur plein de sujets, mais il s'agit d'une attaque caractérisée contre une élue de l'opposition par le pouvoir en place (police + parquet), et c'est pas exactement rassurant pour la démocratie en France (une enquête est ouverte concernant les fuites dans la presse, je prends les paris que ça ne donnera pas grand chose).