Arnold de Schartzenprout a écrit :Tu dis être en attente d'éléments pour te forger un avis, mais en pratique, tu affirmes déjà beaucoup de choses qui sont juste fausses ou imprécises. Peut-on construire une maison solide sur des fondations en boue ?
Quelques exemples :
l'IA générative et la concentration du pouvoir algorithmique entre quelques mains
Les IA génératives sont accessibles au public depuis 2022. Cambridge Analytica date de 2016. Du coup au mieux ce n'est pas précis, et on ne peut pas comprendre de quoi tu parles. Par la suite tu t'es concentré sur les RS, donc je suppose qu'en fait tu ne voulais pas parler des IA génératives ? Le "pouvoir algorithmique", c'est quoi ? Je n'arrive pas à trouver grand chose qui soit moins concentré entre quelques mains que la maitrise de l'algorithmique, de nos jours.
faut-il reprendre en main les algorithmes des réseaux sociaux ?
Tu n'as jamais défini ce que signifie "reprendre en main un algorithme". Tu as parfois parlé de simplement exiger de la transparence sur ces algorithmes ("mettre au clair ces sujets avec des RS"), tu as mentionné que les RS pouvaient collaborer avec l'état ("La collaboration des RS avec les autorités est tout à fait possible.") (collaborer à quoi ? On ne sait pas). Tu as parlé de censurer les RS pour les jeunes ("fixer l'âge à 15 ans n'est pas déconnant.") sans répondre vraiment au fait que ce n'est techniquement ni simple ni sans conséquences (en terme de perte de liberté d'expression). Tu as aussi présenté la censure comme une atteinte à la "liberté de s'informer" qui n'existe pas en droit (ce qui existe, c'est la liberté d'expression et on ne sait pas si c'est la même chose ou pas pour toi).
vous disiez que les algorithmes sont intentionnels
Je n'aurais jamais écrit quelque chose comme ça, parce que j'utilise des mots précis dans un sens précis. Je ne spécule pas non plus sur les intentions des créateurs de RS, j'ai précisément écrit l'inverse "le but d'un système est ce qu'il produit concrètement (ce qui est plus intéressant que de se poser la question de l'intention des acteurs)". Comment peux-tu faire un contre sens à ce point ?
Avoir accès aux algorithmes opaques des RS se situe pour moi entre "interdire les RS qui posent problème et aller sur des RS qui ne posent pas de problème mais ne sont pas aboutis ou conviviaux.
Mais ça veut dire quoi pour toi d'avoir "accès" aux algorithmes ? On a déjà accès aux algorithmes, il suffit d'avoir un compte sur une plateforme et de regarder ce que le RS te propose à la lecture. Comme K' le disait, il n'y a même pas de preuve d'une intention délétère dans la sélection des contenus affichés par un quelconque RS, juste de la spéculation (et perso, j'ai déjà dit que les discussions sur l'intention me semblent stérile, je vais ajouter que c'est quand même assez complotiste d'imaginer que les RS chercheraient à provoquer des suicides chez les jeunes, ce que tu suggères sans aucune preuve).
[Au sujet de FB :] Donc pas de faire du business et récolter de la donnée. Juste un projet dégueulasse qui s'est lissé avec le temps pour devenir ce qu'il est aujourd'hui.
Non plus. Le projet dégueulasse n'était effectivement pas directement pensé comme un business, mais il sert surtout à illustrer quel type de personne est Zuckerberg (et le fait que tu le présentes comme un site de rencontre me semble également parlant). Ce projet a été jeté et Zuckerberg a crée FB en février 2004, et l'entreprise en juin de la même année. Ainsi, dès 2004, dès que le projet s'appelle Facebook, le modèle économique visé est la collecte de données et la vente de publicités. Rien d'original, d'ailleurs, c'était déjà le modèle économique de Myspace à ce moment.
Artemis dit que mes propos sont des "glissements vers un horizon de guerre", je lui réponds que nous sommes déjà en guerre, économique, que son intensité a augmenté, et que pour développer cet argument il faudrait un topic dédié sans quoi le sujet initial dévierait.
Je me répète parce que tu n'as toujours pas compris la question : le propos d'Artemis n'était pas seulement d'observer qu'il y a un glissement vers un vocabulaire guerrier, mais de pointer qu'il s'agit d'une attitude fascisante (et non ça ne change rien que ce soit un glissement vers la guerre ou une guerre déjà existante dans ton esprit, cf Eco, dans la source déjà citée). Tu peux retourner voir, c'est écrit dans son post. Pour poser la question de manière plus directe : qu'est-ce qu'il y a, dans tes propos affirmant l'existence d'une guerre, qui les distingue de propos fascistes ?
Si aujourd'hui nous sommes sur un modèle assez vertical, j'essaie d'envisager un autre modèle, horizontal, dans lequel l'Etat respecte les choix des citoyens, de la société, car il est l'entité qui les représente. Une utopie peut-être, mais est-on à une utopie près quand on parle de politique ?
Voilà exactement ce qui donne l'immobilisme : il faut et il suffit d'attendre que l'état s'empare de cette question et obéisse aux citoyens. Sauf qu'ici, je note :
- il n'y a aucun indice que les citoyens souhaiteraient massivement un interventionnisme de l'état dans les politique des RS. Tous les exemples que j'ai ont plutôt été (légitimement) contestés par la base.
- pour la blague, la seule entité politique qui protège tes données personnelles, c'est l'Europe, parce que c'est une bonne échelle pour imposer des sanctions économiques contre des multinationales qui feraient n'importe quoi. Seulement à force de dunker sur l'Europe toute la journée tu arrives à parler de protection des données sans que le RGPD soit mentionné une seule fois. C'est un gros point aveugle.
- À l'inverse, un peu comme le mentionnait Artemis, il existe des initiatives à petite échelle : utiliser des logiciels libres, virer Microsoft, passer du temps à se former, fréquenter un hackerspace, installer linux, participer à l'amélioration de logiciels libres (y compris ergonomie / traductions pour les gens moins techniques), choisir des réseaux sociaux décentralisés. Tout ceci a un coût, mais c'est la base : on ne peut pas penser correctement un sujet en ayant de la bouillie dans la tête.