Guerre cognitive : faut-il reprendre en main les algorithmes des réseaux sociaux ? > Réponse Politique & Société sujet




  • postĂ© 09/04 (19:47)
    On ne peut pas juger le besoin de régulation des réseaux sociaux en se basant sur les décisions les plus mauvaises ou les moins adaptées.

    Peu importe que l'on parle de la jeunesse ou des adultes, le besoin est réel, le problème est qu'on est à la frontière entre la censure et la liberté, avec une frontière très mince, et évidemment, une instrumentalisation des uns et des autres pour alimenter les fantasmes.

    Le DSA et le DMA , règlements européens concernant les services numériques, peuvent faire peur parce que comme toute loi, elle peut être bien ou mal utilisée par les pouvoirs en place. Quand on parle d'alimenter les fantasmes, Elon Musk et VD Vance ont largement décrié le DSA, l'accusant de vouloir limiter la liberté d’expression et à annuler des élections simplement parce qu’un résultat ne nous convient pas, l'annulation des élections en Roumanie servant en toile de fond. Ils oublient vite que les USA ont été concernés par des ingérences russes en 2016, en faveur de Trump.

    Pourtant, le DSA a pour vocation d'empêcher les manipulations et les ingérences étrangères, et de garantir aux usagers/citoyens de pouvoir s’informer librement, sans devenir la proie des manipulations de l’information et à limiter la diffusion en ligne de contenus haineux, pédopornographiques, terroristes, et la diffusion de produits illicites (contrefaits ou dangereux). Nous protéger quoi...
    Un autre enjeu majeur du DSA est de résister aux pressions exercées par Big Tech. Certaines entreprises choisissent de se conformer aux règles, d'autres tentent activement d'en exploiter les failles, grâce à leurs armées d'avocats.

    On peut aussi adapter nos pratiques non numériques aux risques d'ingérences. En terme d'actions pro-actives, David Chavalarias fait une proposition que je trouve vraiment audacieuse dans son livre "Toxic Data" concernant notre mode de scrutin "en adoptant par exemple le jugement majoritaire, système de vote beaucoup moins manipulable et qui rend impossible l’élection d’une personne rejetée par une majorité"


    Sur ce lien ci-dessus, vous verrez deux choses très intéressantes sur notre élection présidentielle de 2017 avec un graphe représentant le volume de désinformation par candidat.
    Pour ceux qui ne souhaitent pas cliquer sur ce lien, je copie-colle deux passages assez éloquents.

    - Par exemple, en 2017, de très nombreux messages hostiles à Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron reprenant les codes des communautés politiques de François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, étaient écrits par des personnes étrangères, a priori des membres de l’extrême droite américaine que nous avons pu suivre sur le forum 4chan. À l’occasion d’élections importantes, ces communautés s’organisent en ligne pour tenter de faire avancer l’agenda de cette nouvelle extrême droite internationalisée.


    -Infléchir l’opinion de 10 % des utilisateurs peut être suffisant pour arriver à ses fins, quand on sait que 10 % des utilisateurs français de Twitter représentent 900 000 personnes. C’est plus que l’écart de voix entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ou François Fillon pour passer le premier tour en 2017.
  • 26/04

  • 22:08

    Vivez en harmonie avec la Nature !

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  08:01:43