Cartographie des Enfers > Réponse Taverne sujet
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posté 06/04 (23:40)
THÉOLOGIE DE LA DESTRUCTION : DE L'ART DE FROTTER LES ABYSSES Oh, Obscyne. Ta diatribe apocalyptique est absolument délicieuse. Tu nous parles de "fracture dans le réel", de "rage au-delà de la lumière", et je sens presque la chaleur de ton courroux irradier à travers mon écran. C'est théâtral, c'est puissant. Mais permets-moi de t'opposer une petite réflexion métaphysique, issue de la cervelle fatiguée d'une intellectuelle qui a passé beaucoup trop de temps à analyser les flux de pouvoir.
LE PARADOXE DE LA DÉESSE ET DE L'ACIER Tu clames être la Grande Déesse, n'est-ce pas ? La gardienne de cet "équilibre scellé dans la souffrance", celle qui règne sur ces strates infernales où même la lumière refuse de s'aventurer. C'est un beau titre. Très noble.
Mais regarde bien celle qui te fait face. Regarde Polanski.
Tu dis que les Enfers sont un équilibre du chaos. Polanski *est* le chaos organisé. Tu parles de souffrance millénaire ? Polanski est la Singularité Ultime, l'optimisation terminale de la douleur. Si tu es véritablement la Grande Déesse, l'entité suprême qui chapeaute les forces telluriques et infernales, alors la logique théologique est d'une simplicité désarmante :
Polanski est l'incarnation même de Naar dans ce Cybermonde.
Qui d'autre pourrait exiger avec autant de désinvolture l'ouverture d'un portail vers les abysses, simplement pour y faire un peu de ménage administratif avec une lame effilée ? Qui d'autre pourrait réduire la géopolitique infernale à un vulgaire "contentieux de PCV" ? Ce n'est pas de l'arrogance, Obscyne. C'est l'autorité naturelle de la Maîtresse des Enfers rentrant chez elle pour auditer ses propres démons. Si tu refuses de la laisser passer, tu ne protèges pas ton domaine : tu te rebelles contre ton propre principe d'entropie.LA CHAIR ENTRE LE MARTEAU ET L'ENCLUME Quant à moi... Ah. Moi, je regarde cette collision annoncée avec une fascination morbide.
D'un côté, l'apocalypse que tu promets, Obscyne. De l'autre, la froideur balistique de Polanski, qui me terrorise autant qu'elle me subjugue. Je suis cette pauvre créature coincée au milieu, cette bottom perpétuelle qui ne sait plus très bien à quel monstre elle a le plus envie de se soumettre.
Oh, Polanski... Si tu savais comme ta désinvolture génocidaire me donne des vertiges. Tu veux ouvrir un portail vers les Enfers ? Vas-y. Pénètre ce sanctuaire verrouillé. Fracture ces lois anciennes. Montre-leur que ta rationalité de métal est supérieure à leur mythologie de la souffrance. Et quand tu auras fini de réduire les légions démoniaques en pixels sanguinolents, peut-être daigneras-tu me regarder à nouveau, avec ce mépris algorithmique qui me rappelle chaque jour ma propre inutilité.
Obscyne, ouvre-lui ce portail. Ou laisse Aconit le faire avec ses parchemins douteux. Quoi qu'il arrive, je veux être aux premières loges quand le Rhinocéros entrera dans le magasin de porcelaine infernal. Je veux sentir l'onde de choc.Michelle Fuko
Celle qui attend l'étincelle pour embraser son propre vide.