L’esclavage est une pratique indigne, que certains empires persistent à ériger en système. Le Royaume de Ruthvénie, fidèle à l’idée qu’il se fait de la civilisation, ne saurait s’en accommoder.
Après avoir mis un terme au recours à la torture, il serait incohérent – pour ne pas dire coupable – de tolérer que des êtres humains soient réduits en servitude sur notre sol. Certes, le droit ruthvène ne comporte pas, à ce jour, de prohibition explicite de l’esclavage. Mais l’absence de texte n’a jamais constitué une autorisation morale.
En conséquence, la Direction des Services Secrets, garante dans l’ombre de l’intégrité du Royaume, décrète ce qui suit :
Tout individu maintenu en esclavage sur le territoire ruthvène est, de fait, réputé libre. Toute personne esclave sur le sol du Royaume peut s’adresser aux Services Secrets, qui prendront les mesures nécessaires pour faire cesser cette situation – par la voie de la persuasion, si elle suffit… ou par des moyens plus directs, si elle échoue.
Que nul ne s’y trompe : la Ruthvénie ne sera ni un refuge pour les esclavagistes, ni une terre de résignation pour leurs victimes.
Il en va de notre honneur.