Chers représentants de l’Empire Brun,
Deux de vos compatriotes sont arrivés à Structural un peu avant votre Fête de l’Illégalité. Depuis lors, ils n'ont cessé de semer le trouble, comme les vôtres ont l’
art de le faire. Et cela devient sérieusement pénible. On parle bien évidemment des Kisugi, qui viennent comme par hasard de se domicilier auprès de vous pour échapper à notre Justice.
Petit historiqueA peine arrivés, ils ont volé ma
caméra - toujours pas restituée malgré ma main tendue, avec au contraire une insolence que la Justice ne peut tolérer. Ci-dessous l’échange en question, en toute transparence.
Ensuite, au
Kanardnaval, alors que j’étais sur mon vélo dans l’auberge, je me suis soudainement retrouvée les fesses par terre. Puis l’air de rien, Sylex m’a tendu mon beau vélo doré “Oh il était tombé”. Un lapsus pour signifier volé.
Ces derniers jours, on dénombre à Acropole:
Entrée par
effraction dans la villa de notre Monique, où ont été volés un
mobilier et un
tableauTentative de vol d’une autre caméra
Tentative de vol sur la personne de notre Monique
Tentative de vol dans les caisses de notre Ministère de l’Economie
Entrée par
effraction dans le bureau de l’hôtel de notre Président, vol de son
tableau et vol de
prospectus électoraux sur sa personne
… ce tout inclus dans une série de pas moins de ONZE vols et TROIS cambriolages récents.
Mon premier contact concernant ma caméra a été plutôt très très conciliant, je vous laisse en juger.
Et voici leurs deux réponses insolentes que j'ai reçues. Aucun respect pour l'autorité. De Sylex:
Spoiler
Catalogue n°2032.88 — Salle des Réquisitoires Esthétiques, installation défensive.
Wow, wow, wow ! Vous permettez, moi aussi je mets des gens en copie, c’est pour mon évaluation de super‑méchante. Avoir la Ministre de la Justice d’un empire qui veut me harceler, c’est au moins +1 point sur les 250 à atteindre, non ? Enfin bref, on s’en fout.
Quoâ ! Un vol ? Non, non, non, madame la Ministre, là vous êtes mesquine. Voyez plutôt ça comme une performance artistique. Une exposition temporaire vivante, immersive, participative, qui aurait super bien fonctionné. Vous voyez une caméra ? Moi je vois une allégorie. Une allégorie d’une surveillance d’État qui aurait failli son peuple. Et le peuple, c’est moi. Car oui, n’oubliez pas que je suis habitante dûment enregistrée de la ville de Structural. Et me protégez‑vous ? Je ne crois pas.
Encore aujourd’hui, vous avez gracié Ernst Blofeld VI — qui est venu vendredi, dans notre maison (fermée à clé), me comater. Alors que nous n’avions même pas participé à la fête de l’illégalité. Car comme dirait avec élégance ma sœur : “On ne chie pas dans la cuisine où on va préparer le repas.” On peut donc plutôt dire que le préjudice est de votre côté, par association de malfaiteur.
Une fois qu’on s’est dit ça, qu’est‑ce qu’on fait ? Si vous êtes à une caméra près, vous pouvez toujours aller la récupérer. C’est pas ça qui va changer la face de notre taule. Sinon, vous pouvez sauter sur l’occasion de travailler avec des artistes comme nous. On kankane sur l’iak là jusqu’à la fin de semaine. Vous voulez un string de Zyor Mawi ? Des plumes pour un bel oreiller ? Des planches à clous ?
Faîtes nous savoir votre kink et on s'en charge, hé, toi‑même tu sais
De Kramara:
Admettez qu’on ne peut rien faire avec des déchets pareils, des voleurs de bas étage prétextant une dimension artistique
- tu parles - à leurs méfaits lorsqu'ils sont pris la main dans le sac.
Et dans la serrure, et sur le tableau.Vous nous avez pris la Plaine Irradiée. Vous nous avez pris deux fonctionnaires importants sans qui la Justice d’Acropole ne fonctionne plus. Je suis ravie de constater que vous avez également repris vos déchets - et gadez-les bien.
Maintenant, arrangez-vous pour assurer le dédommagement des victimes - incluant moi-même. Sans quoi nous serons contraints d’agir en usant de vos propres méthodes, car nous ne pouvons laisser nos Citoyens Confédérés dans l'injustice, la pauvreté forcée, et sous la menace permanente des agissements de vos ressortissants sauvages et mal élevés.
Rendez-nous l'argent, rendez-nous les oeuvres, rendez-nous l'équipement.
Et rendez-nous le chien !