Jalala,
Permettez-moi d’abord de vous remercier pour votre intervention.
La diplomatie gagne toujours Ă entendre des voix franches,
et je préfère largement une question directe à un silence rempli de malentendus.
Vous avez raison sur un point, je suis relativement nouvelle dans les affaires publiques du Cybermonde.
Mon entrée en fonction au Ministère des Affaires Étrangères est récente,
et je découvre encore certains usages et certaines sensibilités.
Parfois aussi, certaines traditions que je dois avouer observer avec un mélange de curiosité et de prudence.
Si je me suis trompée de boutons sur le terminal, je vous remercie de votre indulgence.
Les machines Ruthvénes sont parfois plus complexes qu’elles ne le laissent penser,
surtout pour une sauvageonne de mon calibre. ♪
Quant Ă votre question principale..
qui sommes-nous et que cherchons-nous Ă faire ?
La réponse est finalement assez simple.
La Ruthvénie cherche à ouvrir un dialogue stable avec la République de Kraland.
Ni plus… ni moins.
Nous ne prétendons pas réécrire l’histoire entre nos deux nations,
ni ignorer les épisodes qui ont laissé des traces dans les mémoires.
Mais nous pensons qu’un dialogue constant vaut mieux que des silences prolongés.
C’est précisément pour cela que j’ai nommé
Ashélia ambassadrice auprès de la République.
Son rôle n’est pas de construire des murs de béton diplomatique,
ni de réciter des formules creuses d’amitié éternelle.
Son rĂ´le est beaucoup plus simple et, Ă mon sens, beaucoup plus utile
Être présente, écouter, observer, parler lorsque c’est nécessaire mais surtout éviter que les malentendus ne deviennent des crises.
Vous demandez où elle viendra ? Là où la République jugera bon de l’accueillir.
Si cela doit commencer à bord d’une LADA ministérielle conduite par Vostroyan lui-même,
Alors je suppose que ce sera une entrée diplomatique particulièrement mémorable.
Et peut-être même très Kralandaise, si vous me permettez ce trait d'humour.
Je crois, Jalala, que nos deux peuples ont parfois davantage en commun qu’ils ne l’imaginent
Par exemple, un certain goût pour la franchise, et une certaine méfiance envers les discours trop parfaits.
C’est peut-être là un bon point de départ.