Bwahahahaha !Je constate avec un certain intérêt que le
Bureau des Candidats au Mal a manifestement attiré l’attention de la
BCM. À force d’y voir intervenir des financiers soucieux d’évaluer la rentabilité du Mal, chacun semble s’être mis à raconter
sa propre histoire comptable.Les uns évoquent des assassins, d’autres des conspirateurs, certains même des castors particulièrement entreprenants.
Il s’agit là d’une confusion assez répandue. Car le Mal n’est pas qu’une question de tempérament.
C’est également une question d’organisation.
Après tout, même le Maréchal avait sa propre organisation pour le soutenir !Un individu peut assassiner un roi, fomenter un complot ou saboter une digue. Cela impressionne toujours quelques spectateurs et nourrit des anecdotes agréables à raconter dans les tavernes.
Mais aucune puissance durable ne s’est jamais construite sur la simple accumulation d’actes spectaculaires.
Une puissance impériale repose sur la capacité à produire des effets systématiques.
Or, du point de vue
métamagique qui est le mien, ces effets peuvent être observés sous l'angle de la circulation de l’énergie.
Le Bureau des Candidats au Mal constitue, en ce sens, une initiative intéressante. Non parce qu’il révélerait de grands méchants – le cybermonde en possède déjà une quantité respectable,
n’en déplaise à Monsieur Mawi – mais parce qu’il permet d’observer comment certaines situations produisent spontanément des dynamiques exploitables.
Et il est d’ailleurs amusant de constater qu’un banquier passe autant d’énergie à débattre de l’existence du Mal, alors que les castors de Ruthvénie, eux, se contentent de le produire méthodiquement ![[=3]](http://img7.kraland.org/s/6C.gif)
C’est précisément pour cette raison que le Ministère de l’Énergie s’intéresse beaucoup à certaines expériences observables dans le cybermonde.
Tiens, prenons par exemple ce cas très documenté des castors de monsieur von Altheim-Blatnoï.
Ces créatures présentent plusieurs propriétés remarquables :
– elles construisent des infrastructures
– elles sabotent méthodiquement celles de leurs adversaires
– elles maintiennent un moral élevé malgré les tentatives de répression
– et elles poursuivent leur travail avec une remarquable constance.
Autrement dit,
elles produisent davantage d’effets qu’elles n’en consomment.Dans le langage du Ministère, cela correspond à ce que nous appelons une anomalie productive.
Il serait donc particulièrement regrettable de chercher à éradiquer un phénomène aussi instructif. Au contraire, ces observations pourraient contribuer utilement à l’élaboration de notre Indice de Dissipation Énergétique.
Afin d'améliorer la précision de cette évaluation, le Ministère invite d’ailleurs les habitants du cybermonde à remplir le
Questionnaire d’Évaluation du Rendement Énergétique Brun. Celui-ci permettra de déterminer avec davantage de rigueur qui produit réellement de l’énergie… de mettre à jour l'une de nos LISTES !
Les individus présentant un rendement énergétique insuffisant pourront naturellement bénéficier d’une réorientation pédagogique appropriée, dans le cadre du
PEPS – Programme d’Esclavage Pédagogique de Sbirérisation.
Les autres, s’ils ont de la chance, pourront peut-être espérer atteindre le niveau de productivité observé chez
les castors de monsieur von Altheim-Blatnoï.Le Ministère suivra d'ailleurs leur évolution avec beaucoup d’attention.
Après tout, une espèce capable de construire des digues, de saboter des pièges et de mordre des mollets avec une telle régularité mérite peut-être davantage qu’une
simple extermination.Et peut-être, si les résultats se confirment… une intégration expérimentale dans certains programmes impériaux