Michel
DruKra a Ă©crit : Aucune question vĂ©ritablement gĂȘnante nâest venue. Pas mĂȘme de vous, dâailleurs
QUOI ???Vous avez fait appeler la sécurité.
La sécurité.
Pour quâon mâarrache au plateau comme une Ă©meutiĂšre, quâon me saisisse par les bras et quâon me parque dans une loge comme une figurante hystĂ©rique.
Vous pensez vraiment que je vais oublier ?
Je suis
BRUNE.Et chez nous, la mĂ©moire nâest pas un dĂ©faut.
Câest un outil.
Un outil de vengeance...
cultivée.
Longue.
Lente.
Glaciale.
Ce qui mâamuse le plus, voyez-vous, ce nâest pas la brutalitĂ© du geste.
Câest la comparaison.
Le Sultan ?
Invité.
Choyé.
Encouragé à poser ses petites questions bien propres, bien lisses.
Moi ?
ĂvacuĂ©e.
Et pour votre derniĂšre venue, vous nâavez mĂȘme pas osĂ© prononcer mon nom. Nulle part!!!
Parce que vous saviez.
Vous saviez exactement ce que jâallais faire.
Je suis
COURTISANE BRUNE.
Je ne pose pas des questions convenables.
Je pose celles qui fissurent les masques.
Je vous aurais demandĂ© ce que personne nâose demander.
Pas par vulgarité.
Par précision.
Vos habitudes.
Vos contradictions.
Vos performances â publiques et privĂ©es.
La cohĂ©rence entre lâimage et la chair.
Et vous avez eu peur.
Oui.
Peur.
Peur quâune femme qui ne rougit pas vous oblige Ă rougir.
Alors vous avez choisi la sécurité.
Et vous savez quoi ?
Ce geste en dit infiniment plus que toutes les questions que je nâai pas pu poser.
On nâappelle pas la sĂ©curitĂ© contre quelquâun quâon juge insignifiant.
On appelle la sécurité quand on craint ce qui va sortir.
TrĂšs bien.
Mais retenez ceci :
On peut expulser un corps dâun plateau.
On nâexpulse pas une mĂ©moire.
On nâexpulse pas une rancune
BRUNE.
Niark.