Tyller a écrit : Juste je suis pas totalement clair sur le bridg entre comment l'IA va remplacer des devs et comment ces métiers de services vont disparaitre. la technologie est rapide et tout, mais le big data ça a 20 ans. Les gens bossaient avant quand même.
Je regardais
une vidéo de Marouchka de qu'est-ce qu'on lit (aucun rapport avec le sujet, juste je trouve sa chaine cool donc je link), et j'y apprends que
les éditons Arlequin s'étaient débarrassées de toutes leur traductrices (je mets au féminin, comme l'article, parce que c'est essentiellement des femmes).
Je résume : les éditions Arlequin passent à la traduction IA. Jusque-là elles utilisaient des traductrices free-lance, et ne font donc plus appel à leurs services (sauf pour de la post-édition) ; il n'y a donc pas à proprement parler de licenciement. C'était de ce que je comprends de l'article des tafs de traductions pourris et mal rémunérés, mais : toujours en quantité, donc toujours possible à faire pour une traductrice qui avait besoin d'un revenu supplémentaire, et qui permettait à de jeunes traductrices de faire leur armes.
Déjà , on peut voir la magie des dernières évolutions fantastiques du capitalisme : grâce au mercenariat (aussi appelé "auto-entreprenariat" ou "micro-entreprenariat"... Le vrai nom est
tâcheronnage, ça date du 18ème siècle c'est dire si c'est moderne, et c'était sensé avoir été en grande partie détruit par les acquis sociaux genre le status d'employé), même plus besoin de payer des indemnités de licenciement ou de tenter de recaser les gens... Juste "merci, vous nous avez apporté assez de bénéfices pour qu'on puisse investir afin de se passer de vous, au revoir".
Donc voilà le genre de taf qui disparaît. Et en bas de l'article, j'ai un lien vers un article "livres audio : pourquoi la voix humaine est-elle menacée ?", pas envie de rentrer dans le rabbit hole avec encore un autre lien puis un autre lien... Mais je suis prêt à parier que la réponse est : "l'IA".
Par ailleurs, je suis même pas sûr que ça produise une baisse de qualité des traductions Arlequin... Pour faire une bonne traduction, c'est comme tous les domaines : faut du temps pour faire de la qualité. Au vu de l'article, Arlequin voulait surtout de la quantité (cf le côté mal payé et taf toujours dispo). Donc, même pas sûr que les consommateurs y perdent (livre moins cher pour même qualité), tant qu'on ne part pas dans des considérations macro-économiques de gauchistes (genre "certaines de ces traductrices étaient sans doute aussi consommatrices de romance, maintenant elle peuvent plus en acheter"). Et les traductrices, je peux me tromper, mais je pense qu'elle auraient préféré se faire la main sur quelques traductions bien faites de trucs choisis plutôt que des traduction en masse si ça avait payé autant. Bref, ce que je veux dire dans ce paragraphe : je peux me tromper, mais j'ai l'impression qu'en l'espèce, le problème c'est le système économique, au fond tout le monde serait content si les traductrice continuaient à être payées, et fournissaient quelques traductions de qualités en échange, le reste de la masse absurde de traductions étant confiée à l'IA (... bon en négligeant plein de questions quand même).
Et donc on va me dire que là c'est des traductions de mauvaise qualité et que l'IA est bonne en traduction... De même le truc des livres audio, c'est pour de la mauvaise qualité et l'IA est bonne dans ce domaine... De même que... Mais le truc, c'est que la qualité augmente et que le nombre de domaines où l'IA est bonne augmente, donc se contenter de cette réponse me semble très illusoire. Je pense pas être de l'opinion du curieux sur interdire/légiférer énormément (je vais y revenir), mais au moins je lui reconnais une cohérence : il se voile pas la face sur la question qui arrive dans nos sociétés, et propose une réponse autre que "oui mais pour l'instant l'IA se limite à ce genre de tâches, elle ne peut actuellement faire disparaitre que XXX postes".
Un
curieux a écrit : L'inéluctabilité de l'IA, ça ne marche que parce qu'il n'y a aucune politique sérieuse pour se pencher sur ces méthodes de mafieux sur internet.
Dans mon chemin sur les outils d'images génératives, j'en suis maintenant à qwen, et surtout qwenEdit :
- modèle open-source.
- qui tourne dans une interface open-source (comfyUI).
- qui fait des trucs parfaitement hallucinant, en particulier en édition (j'y reviens).
- qui tourne sur une machine de bureau (une bonne carte graphique de jeu vidéo fait tourner sans difficulté les versions "allégées" du modèle).
Pour situer, au départ de voulais faire des illustrations pour le jeu de rôle (et surtout pouvoir créer des illustrations de n'importe quel personnage, sans passer par
heroforge, dont le rendu... est pas fait pour avoir un beau portrait, mais une figurine. Et je trouve déjà l'éditeur heroforge surpuissant pour un truc mis à dispo gratuitement). je me retrouve avec un truc où je peux :
- faire une base du personnage sur heroforge et faire une capture d'écran.
- demander à qwenEdit d'en faire un personnage réaliste. Ou une illustration en peinture. Ou en style manga noir et blanc. Et puisque tu parles de pillage, on peut évidemment faire dans le style de akira toriyama, dans le style de geiger, etc (je ne vais pas faire semblant de nier les problèmes éthiques liés à ce genre de technologie sous prétexte que celui-ci est open source) (en vrai j'ai pas checké les artistes dont il connaît le style).
- demander à qwenEdit de le mettre en position de combat face à un dragon devant un ouragan de mana multicolore. Et de remplacer son bâton par une épée, tant qu'on y est, parce qu'à ce stade de l'aventure j'ai récupéré une super épée magique. Je peux même lui fournir une image de l'épée en question, pour que ce soit bien "ce personnage-là " avec "cette épée-là ".
Bon en vrai, j'ai pas encore essayé de prendre une capture heroforge et de voir s'il arrive à l'interpréter en personnage, mais je suis pratiquement sûr qu'il le fait. Une fois qu'il a un personnage, il sait faire ce que je dis, et même mieux.
Bref je voulais un papier-crayon assisté, je me retrouve avec une station de travail graphique.
Je vois pas à ce stade comment tu empêches ça : un truc totalement open-source qui tourne sur une machine de bureau. Je vois pas comment on met de la pubs dedans, vu que le modèle aussi est open-source.
Je sais pas les différences entre la génération d'images et les LLM (... sachant que qwen interprète des phrases, pas des tags... Je suppose que le modèle qui interpète le prompt a quand même des points communs avec les LLM ???), ce qui fait que l'un peut se faire en local avec des trucs déjà surpuissants (même si les versions plus lourdes de qwenEdit donnent d'encore meilleurs résultats, la version allégée est pas du tout "au rabais") et l'autre non ; je ne connais pas assez la technique.
A ce stade, il me semble tu peux bien interdire à Arlequin de faire appel à l'IA pour illustrer ses couvertures, ce sont les artistes auquel ils font appel qui vont utiliser l'IA ; et ils auraient tort de pas le faire, partant du principe que Arlequin minimise les coût en exploitant ses travailleurs. Et à ce stade, j'ai l'impression qu'on arrive au point où seule une IA est capable de détecter qu'une illustration a été faite par IA (ou on n'en est pas loin).
Bref, c'est pas vraiment de l'engouement, plutôt... je suis halluciné par ce qui est maintenant possible. Et je vois pas trop ce qu'on peut réellement faire contre - même si je suis d'accord qu'actuellement on fait
rien, donc on pourrait forcément faire
plus que rien. On fait tellement rien qu'
on en n'est même pas à se demander contre quoi il faudrait aller - qu'est-ce qui serait une utilisation "légitime" (tu vas peut-être me dire qu'il n'y en a aucune), qu'est-ce qui pose de réels problèmes.
Et pour reprendre ton dernier post, revenons à Arlequin pour aller dans ton sens : comme j'ai dit, le boulot était visiblement pourri, mais il a permis à de jeunes traductrices de faire leurs armes. Sur quoi vont faire leurs armes, comment les jeunes traductrice vont-elle se former si on les remplace par de l'IA, et quand elle finissent par trouver un taf, en fait on leur dit "non mais traduit pas ça prend trop de temps c'est trop cher ; utilise plutôt un bot et fait uniquement de la post-édition" ???
Parce que oui, nous on est expérimentés dans nos tafs, on sait "manager" une IA : on comprend l'essentiel de ce qu'elle fait, on sait vérifier sur le reste. Mais je vois pas trop ce que doit faire la jeune génération si on lui dit en même temps "fais par toi-même sinon tu apprendras pas" et "fais par IA sinon tu es pas concurrentiel dans notre économie".